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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

➔ à Rester engagés vers la carboneutralité d’ici 2050 ou y renoncer ?

➔ à Certains secteurs fonciers se voient appliquer une nouvelle norme d’émissions.

➔ à Le Canada accentue son virage nucléaire en Europe.

Le 1er avril pourrait-il représenter un point de bascule pour réaligner la trajectoire climatique du Canada ? Selon le dernier rapport de l’Institut climatique du Canada, qui souligne que le pays est actuellement « hors trajectoire » par rapport à ses objectifs climatiques, le renforcement de mesures comme la tarification du carbone dans le secteur industriel et la réglementation du méthane pour le pétrole et le gaz apparaît essentiel pour se rapprocher des cibles établies. Ces deux initiatives sont intégrées au protocole d’entente que le gouvernement fédéral et la province de l’Alberta ont convenu de finaliser d’ici le 1er avril. La mise en œuvre conjointe de ces politiques pourrait générer une réduction significative des émissions (voir graphique).

Les cibles climatiques du Canada dépendent de quelques politiques à fort impact.

Faut-il abandonner l’objectif de carboneutralité d’ici 2050 ? Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, semble le penser. Il a récemment critiqué l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour ce qu’il qualifie « d’illusion destructrice » entourant Objectif 2050. Dans ce contexte de tensions, les ministres de l’Énergie réunis la semaine dernière lors du sommet de l’AIE à Paris n’ont pas réussi à s’entendre sur des objectifs climatiques communs. Il est vrai, selon les projections des Nations-Unies, que le monde peine à atteindre ses cibles net zéro alors que des pays allant du Canada à l’Allemagne reculent sur certaines de leurs politiques climatiques les plus ambitieuses. Toutefois, rares sont ceux qui sont prêts à renoncer à la carboneutralité. La France et d’autres pays européens ont réaffirmé, lors du sommet, que l’électrification demeure un pilier de la politique économique du bloc. Le Canada devrait bientôt dévoiler sa stratégie de compétitivité climatique, tandis que la Chine s’est déjà affirmée comme le premier « état électro » mondial.

La Chine a pris une avance décisive sur ses concurrents avec l’introduction d’un nouveau navire de transport maritime entièrement électrique. En résonance symbolique avec l’Année lunaire du Cheval, le pays a dévoilé le Ning Yuan Dian Kun, un bâtiment océanique doté d’un système de batteries dont la capacité équivaut à celle d’environ 380 véhicules Tesla Model 3. Le lancement d’essai du navire intervient à un moment où l’Organisation maritime internationale continue de délibérer sur l’adoption de mesures de réduction des émissions du secteur maritime. Une fois de plus, l’innovation technologique semble devancer l’élaboration des politiques publiques. Fait notable, les modules de batteries peuvent être rechargés à quai et remplacés selon un procédé comparable à la manutention de conteneurs, permettant ainsi au navire — conçu pour transporter 740 équivalents vingt pieds (EVP) — d’accroître son autonomie opérationnelle. Cette avancée constitue un jalon stratégique : environ la moitié de la flotte mondiale de porte-conteneurs est composée de navires d’une capacité inférieure à 3 000 EVP — des unités qui représentent l’épine dorsale du transport maritime. Des réductions d’émissions significatives dans ce segment pourraient contribuer de manière substantielle à la décarbonation du transport maritime.

– Par Lisa Ashton, cheffe intérimaire

La première norme internationale de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre (GES) des secteurs liés à l’utilisation des terres constitue un véritable test de transposition de la science du laboratoire au terrain — ainsi qu’un exercice de persévérance.Les secteurs fondés sur l’exploitation des terres, notamment l’agriculture et la foresterie, disposent désormais d’un cadre international pour la comptabilisation, la déclaration et le suivi des émissions de GES.

Le Land Sector and Removals Guidance (LSRG) du GHG Protocol vise à normaliser les méthodes d’inventaire des émissions pour les entreprises dont les activités génèrent ou séquestrent des GES liés aux terres. L’objectif est d’assurer la cohérence et la comparabilité des divulgations, condition essentielle au renforcement de leur crédibilité auprès des investisseurs et des autorités réglementaires — en particulier pour les déclarations portant sur l’augmentation de la séquestration du carbone dans les sols agricoles ou les initiatives de plantation d’arbres, dont les répercussions réelles peuvent être mal évaluées en raison de la complexité inhérente au suivi des sources et des puits de carbone dans les systèmes naturels.

L’élaboration de cette norme aura été longue, nécessitant plus de cinq années de débats, de révisions successives — et même une phase de blocage — avant d’aboutir à une version consolidée du cadre du GHG Protocol.

Pourquoi un tel délai ? En termes simples, il résulte de tensions persistantes entre les tenants d’une approche rigoureuse et doctrinale de la comptabilité climatique et les acteurs sectoriels cherchant à définir une norme applicable et opérationnelle dans la pratique.

Points d’achoppement :

  • L’absence de visibilité sur les producteurs agricoles : Les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires sont géographiquement dispersées et s’étendent sur de vastes superficies afin de répondre aux besoins d’une population mondiale croissante. Cette réalité complique les efforts des entreprises visant une traçabilité exhaustive des variations d’émissions de GES et des flux de séquestration du carbone dans les sols des exploitations dont elles s’approvisionnent.

  • La comptabilisation des émissions liées aux changements d’affectation des terres : La conversion de terres — par exemple, le passage de prairies à des cultures — entraîne des émissions de GES ainsi que des modifications des stocks de carbone des sols susceptibles d’influer sur l’inventaire global d’émissions d’une entreprise. La détermination des technologies de mesure admissibles, notamment la télédétection, ainsi que des modalités de déclaration des impacts nets, demeure une source d’ambiguïté et de débats.

  • La mesure, la quantification et le suivi du carbone des sols : Les variations de GES au sein des écosystèmes naturels, notamment les sols agricoles, présentent un degré élevé de complexité scientifique, et la constitution de jeux de données robustes requiert plusieurs années. L’approche la plus appropriée — permettant aux entreprises de suivre l’évolution du carbone des sols sans transformer l’exercice en une démarche académique lourde et coûteuse — fait encore l’objet de discussions, alors que les méthodologies continuent d’être affinées et que de nombreux facteurs influencent la dynamique du carbone dans les sols.

Les entreprises canadiennes devraient-elles s’aligner sur le Land Sector and Removals Guidance du GHG Protocol ?

Les entreprises qui s’approvisionnent en produits agricoles et forestiers sont désormais confrontées à cette question stratégique, dont les implications dépassent largement leurs seuls objectifs climatiques. La décision peut en effet influencer de manière structurante leurs modèles opérationnels — depuis la logistique et la gestion des chaînes d’approvisionnement jusqu’aux choix de régions d’approvisionnement et d’intrants. La complexité de cet arbitrage est accrue par le fait que la norme a nécessité un délai d’élaboration plus long que prévu, manquant ainsi une période charnière au début des années 2020, durant laquelle plusieurs entreprises de premier plan mettaient en place leurs cadres de comptabilisation des GES et concevaient des mécanismes d’incitation destinés aux agriculteurs et aux exploitants forestiers afin de soutenir des actions climatiques concrètes sur le terrain.

Par Stephanie Shewchuk, responsable des politiques du logement.

Le secteur forestier canadien, en perte de vitesse, risque d’affaiblir la capacité du pays à développer des solutions durables d’origine nationale pour les secteurs de l’emballage, de la construction et du commerce de détail. L’Association des produits forestiers du Canada a qualifié 2025 de « l’une des années les plus difficiles de mémoire récente ». Par ailleurs, les feux de forêt — phénomène paradoxalement aggravé par les changements climatiques — ont ravagé 886 300 hectares en 2025 seulement, un niveau largement supérieur à la moyenne provinciale des dix dernières années.

Le gouvernement fédéral à Ottawa et celui de la Colombie-Britannique ont tous deux reconnu l’ampleur de la crise forestière provinciale au moyen de mesures budgétaires ciblées. Toutefois, des interventions supplémentaires pourraient être envisagées : la mise en place de nouveaux crédits d’impôt à l’investissement afin d’encourager l’utilisation de la biomasse, l’amélioration des lignes directrices en matière d’approvisionnement public pour favoriser une plus grande utilisation du bois canadien dans les projets gouvernementaux, ainsi que l’intégration, par la nouvelle agence Maisons Canada, d’une priorité accordée au bois d’œuvre canadien dans les projets de construction fédéraux. Une telle orientation pourrait constituer un levier climatique significatif, alors que les bâtiments représentent actuellement 18 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada.

Si ces approches contribueraient à soutenir une industrie aujourd’hui en difficulté, sa viabilité à long terme dépendra de trois facteurs déterminants : la reprise des marchés, le positionnement des produits du bois durable comme actif stratégique dans la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, et la capacité du secteur à s’adapter efficacement aux risques accrus de feux de forêt liés aux changements climatiques.

  • Le ministre canadien de l’Énergie Tim Hodgson s’est récemment rendu à Varsovie pour promouvoir la technologie nucléaire CANDU en vue de la prochaine génération de réacteurs nucléaires polonais. « Nous avons ce que la Pologne recherche », a dit M. Hodgson, suscitant un intérêt accru pour cette source d’énergie de base. Le Canada envisagerait également un accord sur l’uranium avec l’Inde lors de la visite du premier ministre Mark Carney à New Delhi cette semaine.

  • La nouvelle stratégie automobile du Canada ouvre une voie inédite pour le secteur, mais Farhad Panahov, économiste de l’Institut d’action climatique, souligne que les développements futurs seront guidés par trois thèmes principaux.

  • La géothermie, soit la chaleur provenant du sous-sol, pourrait représenter une source d’énergie de base transformatrice. Vivan Sorab, responsable de l’énergie propre, Institut d’action climatique, examine le potentiel que présente cette occasion.

  • Qui a fixé l’objectif mondial de 1,5 °C ? La climatologue Katharine Hayhoe explique comment la science et la politique se sont rejointes pour déterminer ce chiffre, désormais référence des ambitions climatiques mondiales.

  • Tout scénario crédible pour l’avenir de l’électricité canadienne doit envisager que l’éolien et le solaire répondent à la majorité de la nouvelle demande. « La question n’est pas de savoir si ces sources vont se développer, mais si le Canada commencera à considérer le solaire comme un actif stratégique central ou continuera à le traiter comme marginal », écrit Peter Nicholson, président de l’Institut canadien du climat, dans un essai.

  • « L’énergie n’est pas une fin en soi ; ce que les gens veulent, ce sont des douches chaudes et des bières fraîches. » Micheal Liebreich et d’autres estiment que les décideurs auront davantage de succès s’ils abordent l’énergie du point de vue du consommateur.

  • La pollution constitue une menace plus importante pour l’économie indienne que les droits de douane, a récemment averti Gita Gopinath, économiste en chef du FMI. Voici pourquoi l’une des plus grandes économies mondiales est en train d’étouffer.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Janice Charette a au moins deux séries d’instructions à suivre : celle qu’elle a reçue directement cette semaine de Mark Carney, et celle qu’elle recevra indirectement la semaine prochaine de Donald Trump.

La défaite peu surprenante de Trump devant la Cour suprême dans l’affaire des tarifs douaniers accentue encore la différence entre les deux approches.

D’abord, en ce qui concerne Carney :

  • Le premier ministre voue un grand respect à sa nouvelle négociatrice commerciale en chef, un respect qui remonte à leur collaboration passée à Londres, mais surtout à la période où elle a supervisé, l’an dernier, son équipe de transition.

  • Comme le pays est en train de le constater, Carney fonctionne avec des cercles concentriques de confiance et de loyauté. Elle fait partie d’une poignée de personnes au sein du premier cercle.

  • Le premier ministre apprécie également sa connaissance approfondie du gouvernement canadien et du milieu des affaires. Elle sait vers qui se tourner pour obtenir des réponses aux nombreuses questions et aux défis que les États-Unis lui lanceront.

  • Son premier défi sera d’élaborer le cadre d’un marathon de négociations commerciales. 

  • Cela suppose de structurer des discussions techniques avec un homologue qui, pour l’instant, n’est ni intéressé ni prêt.

  • Cela implique aussi de constituer une équipe solide pour mener l’affrontement. Lors du premier mandat de Trump, l’équipe Trudeau avait mis sur pied une cellule de crise qui avait tissé un réseau d’influenceurs, notamment dans l’industrie et au sein des gouvernements des États. Une structure comparable sera nécessaire cette fois-ci, mais plutôt sous la forme d’une salle de données : une unité capable de recueillir et de diffuser en continu des données sur l’impact des droits de douane dans les deux pays. 

  • Son prochain défi consistera à s’aligner avec le premier ministre sur les concessions possibles et les lignes rouges à ne jamais franchir.

  • Un élément non négociable demeure : veiller au maintien de l’exemption prévue par l’ACEUM.

Passons maintenant à Trump :

  • Le président, déjà engagé dans une confrontation avec l’Iran, passera aussi la fin de semaine à préparer sa prochaine offensive commerciale.

  • Plusieurs s’attendent à de nouveaux droits de douane en vertu de la section 301 pour remplacer ceux fondés sur les pouvoirs d’urgence que la Cour suprême vient d’invalider. On peut aussi s’attendre à une multiplication des mesures non tarifaires et à un durcissement des menaces.

  • Son message principal pourrait être livré lors de son discours sur l’état de l’Union mardi soir, censé porter sur l’abordabilité, mais qui oscillera vraisemblablement entre tensions géopolitiques et droits de douane. 

  • Le cadre, au Capitole, ne sera pas anodin pour un président qui cherchera à rallier le Congrès à sa cause sur les deux fronts.

  • Le négociateur en chef de Trump, Jamieson Grier, aurait confié en privé qu’il se prépare à des négociations avec le Canada et le Mexique qui s’étendraient au-delà des élections de mi-mandat de novembre.  

  • Cela va à l’encontre des attentes de plusieurs qui anticipaient une répétition de 2018, lorsque l’administration avait travaillé rapidement durant l’été pour conclure ce que le président pouvait présenter à la campagne d’automne comme le « meilleur accord de tous les temps ».

  • Si cela se produisait, une Chambre des représentants contrôlée par les démocrates rendrait hautement improbable la conclusion d’un accord global avec l’un ou l’autre des deux pays. Non seulement les démocrates voudront un accord différent de celui de Trump, mais le Congrès sera accaparé – presque à la manière du Watergate – par l’affaire Epstein. 

Charette a affronté de nombreux défis de ce genre au cours de sa carrière et est largement reconnue pour son calme sous pression.

Place au prochain grand test.

– John Stackhouse

Une échappatoire tarifaire vient de se refermer

  • La Cour suprême des États-Unis a effectivement retiré à tout président la possibilité d’utiliser l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) comme instrument rapide pour imposer des droits de douane : la décision précise que l’IEEPA ne confère pas le pouvoir d’imposer des droits de douane en l’absence d’une autorisation explicite du Congrès.

  • C’est important, car l’IEEPA constituait le mécanisme le plus flexible de l’administration, permettant de mettre en place des droits de douane étendus, ajustables et à l’échelle du pays (y compris des droits de douane « réciproques » et des droits de douane liés au fentanyl), pouvant être relevés ou abaissés rapidement comme levier de négociation.

  • Une grande partie de la perception des droits de douane liée à l’AEEP est maintenant exposée à des risques juridiques (et, à tout le moins, gelée en tant qu’outil de politique durable).

  • Pour le Canada, la décision ne touche pas les droits de douane les plus douloureux :  les outils sectoriels ou liés à la sécurité nationale (notamment la Section 232) demeurent le principal champ de bataille pour l’acier, l’aluminium, l’automobile et d’autres catégories ciblées.

  • Les Services économiques RBC soulignent clairement ce point dans « La véritable priorité du Canada maintenant que le jugement sur les droits américains imposés en vertu de l’IEEPA est connu. »«  Selon nos calculs, en décembre, 89 % des exportations canadiennes vers les États-Unis n’étaient pas assujetties à des droits de douane, parce qu’elles étaient conformes aux exigences des règles d’origine de l’ACEUM. Par conséquent, les droits appliqués en vertu de l’IEEPA concernaient moins de 5 % des exportations vers les États-Unis. En décembre (le reste étant composé des droits imposés en vertu de la Section 232), le taux effectif moyen des droits américains visant le Canada était de 3,1 %, soit le taux le plus faible de tous les principaux partenaires commerciaux des États-Unis. »



Canada : risque moins généralisé, secteurs clés toujours exposés

  • La décision affaiblit le pouvoir de négociation de Washington en privant toute menace d’escalade immédiate de sa crédibilité. Les droits de douane futurs devront désormais passer par des enquêtes, satisfaire à des normes de preuve et faire l’objet de consultations.

  • Les industries exposées à une hausse des coûts des intrants, les détaillants sensibles aux prix à la consommation, les exportateurs agricoles vulnérables et les élus opposés disposeront de davantage de marge pour intervenir avant l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane.

  • La pression économique des droits de douane au titre de la Section 232 demeure, mais la crédibilité d’une escalade à l’échelle de l’économie diminue, ce qui améliore la prévisibilité – un avantage significatif pour les négociations et les décisions d’investissement liées aux chaînes d’approvisionnement nord-américaines.

  • L’intégration devient un argument de poids. Lorsque l’imposition de tarifs doit être justifiée par des enquêtes formelles, la profondeur des chaînes d’approvisionnement transfrontalières devient une preuve contre toute perturbation.

Les tarifs devraient persister, mais avec une dimension politique accrue

  • L’administration cherchera à reconstruire son levier tarifaire en mobilisant d’autres lois, mais ces outils exigent davantage de procédures, de justification et de temps.

  • Le Canada peut considérer cela comme une occasion d’influencer le dossier, et non comme une sortie du risque tarifaire. Si le dossier évolue vers des enquêtes et des consultations, le Canada devra démontrer que les droits de douane sont contre-productifs pour les États-Unis.

La formation de coalitions est de plus en plus décisive

  • Le contrepoids le plus efficace à de nouveaux droits de douane proviendra souvent d’acteurs américains directement concernés : fabricants en aval, détaillants, agriculteurs, gouvernements des États et associations sectorielles capables d’argumenter de manière crédible sur les coûts, les pénuries et la perte de compétitivité.

  • Les meilleurs résultats pour le Canada viendront de l’identification des domaines où la dépendance américaine est la plus forte (intrants, composants, procédés énergivores, chaînes d’approvisionnement régionales) et de la transformation de ces éléments en arguments politiquement convaincants.

Ce que nous surveillerons de près

1. Les autres instruments que l’administration Trump décidera de mettre de l’avant, et la question de savoir si elle misera encore davantage sur les droits de douane au titre de la Section 232.

2. La volonté de la Maison-Blanche de rechercher des « gains » négociés en remplacement des droits de douane : engagements en matière d’approvisionnement, annonces d’investissements ou exemptions sectorielles.

3. La rapidité et l’efficacité avec lesquelles les groupes industriels et les acteurs étatiques américains se mobiliseront pour restreindre davantage le pouvoir commercial de la Maison-Blanche.

4. Les ramifications juridiques et budgétaires. La Cour n’a pas statué sur le remboursement des recettes perçues en vertu de l’IEEPA, laissant potentiellement 175 milliards de dollars américains exposés à des litiges. Toute pression en faveur de remboursements à grande échelle sera vigoureusement contestée, mais pourrait renforcer l’opposition, accentuer la pression budgétaire et compliquer toute tentative de rétablir un régime tarifaire similaire.

— Thomas Ashcroft

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La nouvelle stratégie automobile du Canada démontre qu’Ottawa tient à soutenir ce pilier central du secteur manufacturier du pays, malgré les pressions découlant des droits de douane et les commentaires de Donald Trump affirmant que les Américains n’ont « pas besoin de voitures fabriquées au Canada ». La stratégie vise à ouvrir une nouvelle voie pour le secteur en misant sur les véhicules électriques (VE), qui représentaient un marché mondial de 750 milliards de dollars américains en 2025.1

Les incitatifs sont de retour, mais ils ne devraient pas entraîner une hausse significative des ventes. Les gouvernements provinciaux mettent progressivement fin à leurs programmes de subventions, et le nombre de véhicules admissibles est restreint.

Le gouvernement prévoit que son nouveau programme de subvention de 2,3 milliards de dollars, qui offrira jusqu’à 5 000 $ aux consommateurs qui achètent un VE d’une valeur maximale de 50 000 $, permettra la mise en circulation de 840 000 véhicules électriques d’ici 2030.

L’incidence globale sur l’adoption pourrait toutefois être modeste. Au moins sept achats sur dix effectués dans le cadre de l’ancien programme fédéral ont bénéficié d’une subvention, généralement combinée à des remises provinciales. Or, le soutien provincial diminue également. Le gouvernement du Québec, qui proposait auparavant une subvention cumulable de 7 000 $, n’offre aujourd’hui que 2 000 $, tandis que la subvention de 4 000 $ offerte par la Colombie-Britannique pour l’achat de VE a pris fin. La plupart des autres provinces ont aussi réduit leurs mesures incitatives : l’Île-du-Prince-Édouard a diminué le montant de ses remises, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse mettent fin aux leurs, tandis que les remises offertes par le Manitoba et Terre-Neuve expirent en mars.

Le seuil de valeur des opérations de 50 000 $ fixé pour le segment grand public est aussi susceptible de limiter l’adoption. La liste des véhicules admissibles à une subvention ne compte que 18 modèles2, qui ne représentaient que 30 % des ventes de VE en 2024 et en 20253.

Modèles de VE les plus vendus au Canada

Le prix des VE est encore élevé, et les voitures chinoises pourraient ne pas apporter l’allègement escompté

L’an dernier, le prix moyen d’un VE neuf au Canada était d’environ 70 000 $4. L’importation de 49 000 véhicules dans le cadre du nouvel accord avec la Chine pourrait donc se révéler avantageuse. Toutefois, le coût final d’un VE chinois risque d’être supérieur aux attentes, car les importations chinoises sont toujours soumises à un droit de douane de 6,1 %, auquel s’ajoutent les frais d’expédition des véhicules vers le Canada. De plus, les constructeurs chinois chercheront probablement à accroître leurs marges bénéficiaires par rapport à leur marché intérieur concurrentiel, qui compte plus de 50 marques.

Dans l’ensemble, la baisse des prix des VE a ralenti, d’autant plus que les prix des batteries – qui représentent environ le tiers des coûts des VE – se stabilisent également. En effet, la différence de 25 à 40 % entre le coût d’un VE chinois et celui d’un VE américain est principalement attribuable à l’efficacité des processus de fabrication de batteries5. De plus, la récente réduction des projets de déploiement de VE des Detroit Three (Ford, GM et Stellantis) pourrait ralentir davantage la diminution des prix des VE en Amérique du Nord.

La baisse des prix des batteries est devenue progressive

Consultez le Calculateur des coûts des voitures électriques de RBC pour comparer les coûts des véhicules électriques aux modèles à essence

Les émissions devraient diminuer, principalement grâce à l’adoption des véhicules hybrides électriques

Toutefois, les nouvelles normes sur les émissions du Canada ne ciblent pas les ventes de VE : elles visent seulement une réduction des émissions équivalente à 75 % des ventes de VE d’ici 2035, alors que l’objectif fixé dans le cadre de l’ancienne réglementation était de 100 %.

Bien que le rendement en matière d’émissions se soit amélioré de 30 à 50 % au cours des dix dernières années, les émissions totales ont continué d’augmenter à mesure que le nombre de voitures en circulation au Canada a grimpé, passant d’environ 20,1 millions de voitures particulières en 2011 à 24,5 millions en 20246,7. BloombergNEF prévoit que le parc automobile du Canada demeurera relativement stable en 2035, et diminuera davantage dans l’avenir, auquel cas un meilleur rendement en matière d’émissions se traduira par une réduction absolue des émissions. Néanmoins, la réalisation d’un parc automobile propre dépend de l’élimination totale des émissions d’échappement8.

Les constructeurs automobiles américains ont désormais la possibilité d’adapter leur technologie pour se conformer à la réglementation, ce qui pourrait retarder la transition vers l’électrification totale au profit des voitures hybrides, qui émettent près de moitié moins de gaz à effet de serre et sont proposées à des prix plus avantageux. Les véhicules hybrides sont déjà en plein essor : les ventes dans cette catégorie ont grimpé en 2025, alors même que celles de véhicules électriques à batterie (VEB) ont chuté.

Le Canada prêt pour l'ère des véhicules électriques grand public
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Les investissements dans les technologies géothermiques de nouvelle génération connaissent une forte croissance à l’échelle mondiale, stimulés par des percées récentes dans les techniques de forage qui transforment rapidement l’économie et la viabilité de la production d’électricité géothermique. Selon l’Agence internationale de l’énergie et les données d’Underground Ventures, un investisseur spécialisé dans la géothermie, le financement consacré à ces technologies de nouvelle génération a atteint environ 3 milliards de dollars canadiens en 20251. Les États-Unis et l’Indonésie dominent actuellement les investissements dans les projets de production d’électricité et de chauffage géothermiques2.

Bien que le Canada dispose d’une expertise de calibre mondial en matière de sous-sol, de gradients géothermiques élevés dans l’Ouest et le Nord-Ouest du pays, ainsi que d’entreprises comme Eavor, DEEP Earth Energy et Tu Deh-Kah Geothermal, le déploiement de la géothermie à l’échelle nationale accuse un retard considérable. Le Canada produit actuellement moins de six mégawatts (MW) d’électricité géothermique, soit 0,004 % de la capacité installée du pays3.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, les investissements mondiaux dans l’énergie géothermique pourraient atteindre 3 000 milliards de dollars canadiens d’ici 20504, les pays recherchant une source d’énergie de base fiable et sans émissions pour compléter les énergies renouvelables intermittentes. Les technologies avancées sont essentielles pour développer la géothermie, qui était traditionnellement limitée à certaines zones présentant une géologie appropriée. Deux technologies se distinguent : 1) Les systèmes géothermiques stimulés, qui s’inspirent des techniques de forage du schiste, créent de nouvelles fractures dans les roches chaudes en profondeur, y injectent des fluides et utilisent la vapeur produite pour générer de l’électricité5 ; 2) Les systèmes géothermiques en boucle fermée, qui reposent également sur des techniques de forage avancées et font circuler un liquide dans des conduites souterraines pour produire de l’électricité6,7..

Les innovations récentes réduisent considérablement les coûts. Les techniques de forage évoluées empruntées au secteur pétrolier et gazier, notamment les trépans à pastilles de diamant polycristallin et la surveillance en temps réel par fibre optique, abaissent les coûts de puits de 12 à 26 % par rapport aux estimations antérieures8. Des entreprises comme Fervo Energy, basée à Houston, ont démontré une production soutenue de 8 à 10 MW à partir de puits uniques sur leur projet Cape Station, en Utah, confirmant la viabilité commerciale des systèmes géothermiques stimulés9. De nouvelles analyses technico économiques montrent que, dans des régions à fort gradient comme le mont Meager en Colombie-Britannique ou le bassin de Liard dans les Territoires du Nord-Ouest, le coût actualisé de l’énergie pour les systèmes géothermiques stimulés pourrait descendre à 45–53 $ CA par MWh grâce à l’innovation continue, les rendant compétitifs par rapport aux centrales à cycle combiné au gaz et moins coûteux que les technologies nucléaires de nouvelle génération10.

L’occasion pourrait être importante.

Des recherches récentes menées à Baker Lake, au Nunavut, révèlent que des régions auparavant écartées du Bouclier canadien pourraient receler des ressources géothermiques profondes exploitables. Avec un gradient mesuré de 28 °C/km, nettement supérieur aux estimations nationales antérieures, la modélisation indique une probabilité de 90 % qu’un système profond de quatre kilomètres puisse répondre aux besoins de chauffage de la communauté, avec un potentiel de production d’électricité à 7 ou 8 km de profondeur11.

La Saskatchewan tire déjà parti de son expertise dans le domaine du pétrole et du gaz.

L’entreprise DEEP Earth Energy, basée à Saskatoon, s’est associée au fournisseur de services pétroliers SLB pour développer la première installation géothermique commerciale du Canada près d’Estevan, à la frontière entre la Saskatchewan et le Dakota du Nord. La phase 1 prévoit le forage de deux puits, et la phase 2 pourrait atteindre 18 puits pour une production de 30 MW12. Le projet mise sur les aquifères sédimentaires chauds du Bassin sédimentaire de l’Ouest canadien et démontre que l’infrastructure pétrolière et gazière du pays, qu’il s’agisse des appareils de forage, de l’expertise ou des chaînes d’approvisionnement, peut être mobilisée pour la géothermie.

Cependant, la fragmentation réglementaire menace de freiner cette dynamique.

Seules l’Alberta, la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse ont adopté un cadre réglementaire dédié à la géothermie. Il n’existe aucune stratégie nationale, aucun programme coordonné de recherche et développement, et les outils financiers permettant de réduire les risques sont insuffisants pour accélérer les projets en phase initiale. Un modèle réglementaire national que les provinces pourraient adapter rapidement à leurs besoins, combiné à des initiatives soutenues par l’État comme l’Alberta Drilling Accelerator (ADA), pourrait catalyser le développement géothermique au Canada en réduisant les coûts de forage, en développant des outils adaptés aux hautes températures et en optimisant la stimulation des réservoirs.

Le Canada risque de laisser passer sa chance de prendre le leadership.

The U.S. Department of Energy’s Enhanced Geothermal Shot targets electricity costs below CAD$61/MWh by 2035.13 with billions in funding. Tech giants including Google, Meta, and Microsoft are investing heavily in geothermal partnerships. China, Indonesia, and the Philippines are rapidly expanding deployment. If Canada does not act with coordinated policy, regulatory harmonization, and strategic R&D investment, it risks becoming a technology taker rather than a technology maker in a sector where Canadian subsurface expertise and geological endowment offer natural advantages. Le programme Enhanced Geothermal Shot du département de l’Énergie des États‑Unis vise à ramener le coût de l’électricité sous les 61 $ CA par MWh d’ici 203513, grâce à des investissements de plusieurs milliards de dollars. Des géants technologiques comme Google, Meta et Microsoft investissent massivement dans des partenariats géothermiques. La Chine, l’Indonésie et les Philippines accélèrent rapidement le déploiement de cette technologie. Si le Canada n’agit pas avec des politiques coordonnées, une harmonisation de la réglementation et des investissements stratégiques en R-D, il risque de gaspiller l’expertise souterraine et la dotation géologique qui offrent des avantages naturels.


Vivan Sorab est responsable principale, Technologie propre, au sein de l’équipe Leadership avisé RBC.

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➔ La stratégie automobile d’Ottawa s’accompagne d’une dimension d’action climatique

➔ Quel devrait être le principe directeur de la stratégie nationale de l’électricité proposée pour le Canada ?

Les entreprises canadiennes n’attendent pas un signal d’Ottawa pour faire avancer l’ambition américaine en matière de minéraux. Alors que le gouvernement fédéral tarde à conclure des ententes formelles avec Washington sur les minéraux critiques, Cyclic Material établie à Toronto, investit stratégiquement 82 millions de dollars américains dans une installation de recyclage de terres rares en Caroline du Sud après avoir obtenu de nouveaux financements, notamment du Fonds de croissance du Canada. Il s’agit d’une tendance plus large : Lithium Americas, basée à Vancouver, développe un projet d’envergure au Nevada tandis que Trilogy Metals met en valeur un district cuivre-zinc-or en Alaska — le gouvernement américain ayant récemment pris la mesure sans précédent d’acquérir de petites participations dans ces deux projets. Les atouts du marché et de la géographie nord-américains devraient, espérons-le, l’emporter sur les manœuvres partisanes.

L’adaptabilité et la résilience pourraient constituer la prochaine priorité en matière d’investissement climatique. Le rapport Private Markets Innovation in Climate Adaptation and Resilience de RBC Marchés des Capitaux met en évidence cinq domaines stratégiques dans lesquels l’investissement pourrait permettre des avancées : les données terrestres, les solutions d’assurance pour les entreprises et la société, les incendies de forêt et le réseau électrique, l’eau, et l’environnement bâti. En 2023, l’adaptation au changement climatique et la résilience n’ont attiré que 65 milliards de dollars américains de capitaux, comparativement à 1,8 billion de dollars américains investis dans les efforts d’atténuation traditionnels comme les énergies renouvelables et le stockage d’énergie. Selon Vivan Sorab, chef des technologies propres à l’Institut d’action climatique, si les initiatives d’atténuation s’attaquent à la fois aux tendances actuelles et à long terme en matière d’émissions, leur incidence immédiate demeure souvent limitée. Les investissements en adaptabilité et résilience climatique peuvent générer des résultats plus visibles et plus rapides, notamment par une réduction des périodes d’indisponibilité et une meilleure protection des actifs. Les coûts d’assurance s’accumulent déjà : 34 événements météorologiques extrêmes ont entraîné des pertes assurées d’au moins 1 milliard $ US en 2024 — le deuxième total le plus élevé jamais enregistré.

Coalie, la mascotte américaine coiffée d’un casque de chantier, pourrait bien peiner à redonner un second souffle au charbon. Ce combustible à forte intensité carbone fait l’objet d’une nouvelle image à l’ère des mèmes alimentés par l’IA, tandis que le gouvernement américain promeut le charbon comme essentiel à l’économie. Malgré les critiques, le charbon a connu un regain l’an dernier : la production d’électricité à partir du charbon aux États-Unis a augmenté de 13 % sur un an en 2025, tandis que celle issue du gaz naturel — environ 50 % moins émetteur que le charbon — a reculé de 3,6 %, selon les plus récentes perspectives sur l’électricité de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ailleurs toutefois, la domination du charbon s’effrite dans ce que l’AIE qualifie de virage « inhabituel » : en 2025, les deux grands consommateurs que sont la Chine et l’Inde ont enregistré pour la première fois en plus de cinq décennies une baisse de leur production d’électricité à partir du charbon. Bien que le charbon devrait demeurer la principale source mondiale d’électricité jusqu’en 2030, l’AIE anticipe un recul de la consommation en Chine et dans l’Union européenne. Même aux États-Unis, la consommation de charbon devrait diminuer d’ici 2030, malgré les charmes de Coalie.

Crédit photo : États-Unis Ministère de l’Intérieur

Par Farhad Panahov, économiste, Institut d’action climatique RBC

La nouvelle stratégie du Canada visant à stimuler les ventes de véhicules électriques comporte particularité : un plafond de 50 000 $ pour la valeur totale de l’opération afin qu’elle soit admissible à une subvention. Il s’agit d’un critère plus strict — destiné à favoriser les modèles grand public — que celui du programme précédent, qui permettait l’achat de versions plus coûteuses.

Le prix moyen payé par les Canadiens l’an dernier pour un véhicule neuf s’élevait à 55 000 $, et à près de 70 000 $ pour un véhicule électrique. Selon une analyse de l’Institut climatique du Canada, chaque réduction de 1 000 $ pourrait accroître la demande de VE de 11 %. Malgré cela, seulement 13 des 163 modèles entièrement électriques offerts au Canada affichent un prix inférieur à ce plafond de 55 000 $, selon l’Association canadienne des automobilistes. Dix autres modèles, dont le prix avoisine 55 000 $, pourraient toutefois être ramenés sous le plafond afin de donner droit à la subvention.

Par ailleurs, le quota de 49 000 véhicules électriques chinois devrait donner une impulsion supplémentaire à la transition du parc automobile. Fait notable, bien que ces véhicules soient exclus du programme d’incitatifs, ils pourraient entrer sur le marché dans le segment inférieur de la fourchette de prix. Des modèles de BYD et de Geely — qui représentaient environ le quart des ventes mondiales de VE l’an dernier — se vendent autour de 35 000 $ en Chine, soit environ la moitié du prix payé par les Canadiens pour un VE en 2025.

L’Amérique du Nord demeure toutefois résolument attachée aux véhicules de grande taille, notamment les camionnettes et les VUS — un segment où les VE chinois pourraient ne pas bénéficier du même avantage prix. À cela s’ajoutent les droits de douane canadiens de 6,1 % toujours applicables aux voitures chinoises, ainsi que les coûts de transport. Et bénéficiant d’une concurrence moins intense qu’en Chine, les fabricants chinois pourraient chercher à appliquer des marges plus élevées sur leurs modèles au Canada.

Le succès de la stratégie canadienne pourrait dépendre autant de la confiance des consommateurs que du prix. Près de la moitié des Canadiens ne sont toujours pas convaincus par les véhicules électriques, selon un récent sondage de Clean Energy Canada, et seulement un sur dix envisagerait d’acheter un VE chinois tandis que deux autres se situent dans une zone d’hésitation.

Le précédent programme fédéral, doté de 2,7 milliards de dollars, a permis de mettre environ un demi-million de VE sur les routes canadiennes. Le nouveau volet de subventions, avec un budget moindre de 2,3 milliards de dollars, pourrait permettre l’ajout de 840 000 nouveaux VE, selon les projections du gouvernement.

Le Canada prêt pour l'ère des véhicules électriques grand public

La nouvelle stratégie automobile pourrait aider le secteur des transports — un pilier des réductions d’émissions au cours des cinq dernières années (voir notre rapport Action climatique) — à atteindre les objectifs climatiques suivants :

  • Remplacer les mandats de VE par des normes d’émissions. La suppression des mandats de vente de VE, très contestés, au profit de normes d’émissions vise à atteindre une part de 75 % de VE dans les ventes d’ici 2035.

  • Normes d’émissions. Pratique courante appliquée aux constructeurs automobiles, les normes d’émissions offrent une plus grande souplesse en matière de conformité par rapport aux mandats de vente, tout en continuant d’inciter à une transition vers des véhicules à zéro émission. Depuis 2011 seulement, les émissions par kilomètre des voitures de particuliers et des camions légers ont diminué respectivement de 50 % et 30 %.

  • Les politiques américaine et canadienne divergent. Auparavant, le Canada alignait ses normes d’émissions sur celles des États-Unis. La situation change désormais, la politique canadienne s’éloignant de l’approche de l’Environmental Protection Agency (EPA), qui tente de revenir sur les normes de l’ère Biden — normes qui auraient permis de réduire de moitié les émissions par kilomètre d’ici 2032.

  • …tout comme la stratégie des « Detroit Three ». La politique automobile soutient un nouvel investissement de 3 milliards de dollars dans le secteur des VE, « positionnant le Canada comme un lieu où seront construits les véhicules de l’avenir ». Cependant, les Detroit Three — Ford, General Motors et Stellantis — réduisent leurs projets de déploiement de VE, une stratégie qui leur a déjà coûté quelque 50 milliards $ US en raison d’une demande client plus faible que prévu.

  • Les réseaux se voient dopés. Ottawa s’engage à investir 1,5 milliard de dollars pour étendre le réseau de recharge, en complément des 1,1 milliard de dollars déjà alloués qui ont permis jusqu’ici d’installer 7 000 bornes. Le réseau public de recharge du Canada est déjà suffisant pour le niveau actuel d’adoption des VE, avec un ratio d’environ 21 VE par borne, mais il devra être considérablement accru à mesure que l’adoption s’accélérera.

    Voyez aussi la Calculatrice du coût d’une voiture électrique RBC.

Tour d’horizon des personnalités influentes et des développements récents

  • Lisa Ashton, directrice par intérim de l’Institut, est à Ottawa pour les festivités de la Journée de l’agriculture, une occasion idéale de diffuser les perspectives de Semer l’expansion, notre nouvelle étude sur le pipeline de capital de croissance dans le secteur agroalimentaire. Lisa a appris que le pipeline d’innovation nécessite lui aussi des améliorations ciblées, et que les universités et l’industrie travaillent de concert pour élaborer une vision claire du secteur avant la réunion des ministres de l’Agriculture prévue en juillet. 

  • Alors que les États-Unis ont réuni la semaine dernière leurs alliés, dont le Canada, autour de la question des minéraux critiques, John Stackhouse a fait part de quelques réflexions. Son premier point : même les États-Unis savent qu’ils ne peuvent pas se passer de partenaires dans le domaine minier.

  • Rick Smith, de l’Institut climatique du Canada, voit un autre angle climatique dans une récente décision de justice canadienne qui a confirmé le droit d’Ottawa de classer les plastiques comme « toxiques » : « …les secteurs polluants et certaines provinces estiment que le Règlement sur l’électricité propre du gouvernement fédéral, également adopté en vertu de l’APEG, constituerait un abus de pouvoir illégal. À ce jour, ces arguments apparaissent comme les plus fragiles qui soient. » Lire la décision.

  • Alors que le Canada élabore une stratégie nationale en matière d’électricité, Dan Woynillowicz, de Polaris Strategy, partage sa vision de ce que devrait être le principe directeur de cette stratégie : doubler la productivité énergétique, doubler la production et doubler la part de la demande finale d’énergie couverte par l’électricité propre.

  • Extrait d’un rapport de la Chambre des communes sur le changement climatique, commenté par Janis Sarra de l’initiative canadienne de droit climatique, sur l’importance de la taxonomie canadienne : « La transition vers une économie à faible carbone au Canada nécessiterait environ 115 milliards de dollars par année ; une taxonomie fondée sur la science créera l’intégrité du marché, la clarté et l’interopérabilité nécessaires à l’échelle mondiale pour accélérer l’afflux de capitaux et l’investissement dans les entreprises canadiennes. »

    Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

    Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

    Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

    Bulletin d’information sur le climat

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À découvrir également dans ce numéro : Les perspectives pour l’industrie automobile canadienne

Les accords issus de la toute première réunion ministérielle sur les minéraux critiques à Washington sont encore à l’analyse. Cette rencontre a donné lieu à des cadres bilatéraux avec plus d’une douzaine de partenaires commerciaux et au lancement du projet Vault.

Fait notable, le Canada ne figurait pas parmi les signataires. Alors que les États-Unis redéfinissent l’ordre mondial dans le secteur des minéraux, le Canada est-il en position de tirer parti de cette dynamique ou risque-t-il d’être laissé pour compte ?

Pourquoi c’est important

Le projet Vault représente la tentative des États-Unis de créer une réserve stratégique de minéraux critiques, à l’instar de leur Strategic Petroleum Reserve (SPR). Le problème : l’analogie avec la SPR montre rapidement ses limites, avec des conséquences majeures pour le Canada.

La SPR originale fonctionnait parce que les États-Unis disposaient d’une vaste capacité de raffinage nationale — le pétrole brut stocké pouvait être transformé en carburants raffinés le long de la côte du Golfe. Aujourd’hui, l’Amérique du Nord dispose de très peu d’infrastructures capables de transformer les minéraux critiques bruts en composés raffinés requis par la défense, les semi-conducteurs et les véhicules électriques.

Vault se heurte donc à un paradoxe fondamental : stocker des minerais bruts sans capacité de les transformer, ou stocker des matériaux raffinés très probablement achetés en Chine — la dépendance même que les États-Unis cherchent à réduire.

En chiffres

  • 15 milliards $ US — financement de la EXIM Bank déjà mobilisé avant le projet Vault pour des projets miniers alliés à l’échelle mondiale.

  • 12 milliards $ US — financement du projet Vault (10 milliards $ US provenant de l’Export-Import Bank des États-Unis et 2 milliards $ US de capitaux privés).

  • Stock cible de 60 jours pour les minéraux stratégiques.

  • 15 cadres bilatéraux signés cette semaine — incluant l’UE, le Japon et les ÉAU.

  • Mainmise de la Chine sur le raffinage — 98 % du gallium, 91 % des aimants en terres rares, 96 % du graphite qualité batterie, 79 % du cobalt.

  • Position du Canada — 71 % des importations américaines d’aluminium non transformé ; la raffinerie de Vaudreuil, au Québec, est l’une des deux seules raffineries d’alumine restantes en Amérique du Nord.

  • Le projet Vault couvre l’ensemble des 60 minéraux critiques figurant sur la liste de l’USGS, dont un grand nombre sont des exportations économiques essentielles pour le Canada.

Vue d’ensemble

Les États-Unis ne construisent pas un cadre multilatéral — le terme employé délibérément lors de la réunion ministérielle était plurilatéral. Il s’agit d’une coalition plus restreinte et alignée qui fixe ses propres règles, coordonne des planchers de prix et oriente les investissements de manière collective. Grâce à l’EXIM et à Vault, cette architecture se met en place en temps réel.

Le raffinage et la fusion à forte intensité énergétique — processus indispensables pour transformer les minerais stockés en intrants industriels utilisables — représentent, en théorie du moins, une occasion pour le Canada. Notre électricité propre et concurrentielle (hydroélectricité, nucléaire) complète les gisements minéraux existants et, combinée à des réseaux ferroviaires intégrés, permet une meilleure rentabilité sur l’ensemble du cycle par rapport à des opérations de traitement et de raffinage isolées.  

Conclusion

La richesse du Canada en minéraux critiques constitue sans doute son outil bilatéral le plus important à l’approche de la renégociation de l’AEUMC.   Son intégration plus large dans les chaînes d’approvisionnement américaines — couvrant l’aluminium, le cuivre, le nickel, le zinc et le manganèse — limite en grande partie tout risque d’exclusion. Si le Canada parvient à obtenir une reconnaissance explicite du contenu canadien dans les chaînes de valeur américaines par l’intermédiaire de l’AEUMC et soutenu par les engagements prévisionnels du projet Vault et l’accès au capital américain, il s’agira d’une victoire incontestable.

Cela dit, l’influence du Canada dans le domaine des minéraux s’érode jour après jour. Chaque cadre bilatéral signé par Washington avec un autre partenaire réduit le levier relatif du Canada, surtout si les négociations de l’AEUMC s’étendent jusqu’en 2027. Et à une époque où certaines décisions d’investissement dépendent moins de critères économiques que du simple désir d’obtenir le « ticket d’entrée » sur le marché américain (Korea Zinc JV).

Trouver le juste équilibre représentera le défi à relever.

— Shaz Merwat

L’économiste RBC Farhad Pananov a participé cette semaine à l’événement Future of Automotive du Globe & Mail. Voici quelques points saillants :

  • Les investissements dans le secteur automobile ont diminué par rapport à il y a seulement quelques années, lorsque les constructeurs planifiaient des stratégies à long terme.

  • Bien que les panélistes aient largement salué la main-d’œuvre canadienne hautement qualifiée et instruite, ainsi que la diversité des économies locales, il est apparu clairement que le principal atout du pays reste l’accès au deuxième plus grand marché automobile mondial. Du moins pour l’instant.

  • L’accord Canada-Chine sur les VE, qui permettra l’importation de 49 000 véhicules électriques chinois par an à faibles droits de douane, a été accueilli avec scepticisme : quelles marques arriveront au Canada ? Les Canadiens les achèteront-ils ?

La réponse à cette dernière question pourrait se résumer au prix…

Le Canada est sur le point d'accueillir les véhicules électriques du marché de masse.

Les législateurs américains rejettent les droits de douane de Trump sur le Canada 

  • La Chambre des représentants des États-Unis a voté pour l’abrogation des droits de douane sur les produits canadiens la même semaine où le président Trump menaçait de bloquer l’ouverture du pont international Gordie Howe en raison de différends commerciaux. 

  • Bien que le président soit susceptible de mettre son veto à cette motion, le vote de mercredi a reçu le soutien de six républicains, témoignant d’un mécontentement croissant à l’égard des politiques commerciales et des menaces de M. Trump. 

Le secteur agricole américain plaide pour le maintien de l’AEUMC

  • Plus de 40 organisations agricoles américaines ont formé une coalition pour soutenir l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC), soulignant les avantages économiques qu’il apporte aux collectivités rurales et aux exploitations agricoles américaines.

  • La campagne cible les membres de la Chambre des représentants, la Maison-Blanche et le président, s’appuyant sur des analyses économiques montrant que le Canada et le Mexique comptent pour environ le tiers de la valeur des exportations agricoles des États-Unis. 

Le gouvernement britannique signale un rapprochement avec l’Europe

  • La chancelière Rachel Reeves a annoncé que le Royaume-Uni est prêt à s’aligner unilatéralement sur les règles du marché unique de l’UE dans des secteurs comme les services financiers, afin de réduire les barrières commerciales, qualifiant une intégration plus étroite avec l’UE de « plus grande occasion » pour la croissance britannique, marquant un recentrage par rapport à la priorité accordée aux accords commerciaux hors d’Europe.

  • Le gouvernement travailliste a été réticent à revoir le Brexit comme enjeu politique, mais commence à envisager plus favorablement une intégration accrue avec l’UE dans sa recherche de leviers pour stimuler la croissance économique. 

— Thomas Ashcroft

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Également dans ce numéro : Les échanges du Canada avec les marchés non américains atteignent des sommets historiques, et les États-Unis envisagent la création d’un bloc commercial de minéraux critiques pour rivaliser avec la Chine

Comme anticipé, dans le cadre de sa nouvelle stratégie automobile, le gouvernement libéral relance les incitatifs à l’achat de véhicules électriques (VÉ), abolit les mandats de vente de VE, investit dans l’expansion du réseau de recharge de VÉ et propose des incitatifs et des allégements fiscaux pour attirer les constructeurs automobiles internationaux qui souhaitent s’implanter au Canada.

Ces mesures sont une réponse aux droits de douane américains et visent à contrer la menace croissante d’un démantèlement de l’ACEUM par l’administration Trump.

Le premier ministre Mark Carney souhaite naturellement maintenir l’ACEUM et miser sur les avantages de la chaîne d’approvisionnement nord-américaine pour attirer de nouveaux investisseurs. Toutefois, même dans un contexte où l’accès au marché américain serait moins ouvert, le Canada dispose de plusieurs atouts susceptibles d’attirer des pays européens et asiatiques dans le secteur automobile.
Même si l’accès du Canada au marché américain se resserre, Ottawa peut faire valoir plusieurs raisons pour lesquelles les pays européens et asiatiques pourraient vouloir installer leurs usines automobiles au pays :

  • Les Canadiens achètent beaucoup de voitures et de VUS coûteux : neuvième marché automobile mondial, le Canada vend environ 1,9 million de véhicules par an, principalement des VUS et des camions de grande valeur. Le marché de l’entretien et des pièces y est également très développé, notamment en raison de ses hivers rigoureux. De plus, les fabricants d’équipement d’origine se font concurrence et visent désormais les clients à forte marge plutôt que le volume. Bref, les Canadiens achètent beaucoup de voitures, et souvent les plus rentables.

  • Les constructeurs automobiles asiatiques cherchent une plaque tournante en Amérique du Nord : avec 7,2 millions de ventes mondiales en 2024, la puissance combinée de Hyundai-Kia a dépassé GM et Stellantis pour se hisser au troisième rang mondial. Mais la forte concentration asiatique des capacités de production et des parts de marché des constructeurs automobiles asiatiques renforce l’intérêt d’une diversification géographique vers l’Amérique du Nord. Dans ce contexte, le Canada est bien placé pour devenir une deuxième plateforme de production nord-américaine, contribuant à l’atténuation des risques géopolitiques, climatiques et liés au travail.

  • Le Canada est un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement mondiales grâce à ses minéraux critiques, à son secteur des batteries, à son écosystème de pièces détachées et à une énergie propre et fiable, garantissant des chaînes d’approvisionnement sûres et compétitives. Volkswagen en sait quelque chose.

  • Le corridor Ontario–Québec constitue une véritable Silicon Valley de la technologie automobile : les atouts du Canada en matière d’IA, en systèmes autonomes et en développement logiciel (les domaines clés de la création de valeur future dans l’industrie automobile), renforcent davantage son attrait.

  • Le Canada bénéficie d’un vaste réseau d’accords de libre-échange : même si l’accès au marché américain évolue, il restera suffisant pour soutenir le commerce automobile. Il ne faut pas non plus oublier que le pays a signé 14 autres accords de libre-échange couvrant plus de 50 pays, 1,5 milliard de consommateurs et 60 % du PIB mondial.

— Jordan Brennan

Selon Claire Fan, économiste à RBC :

« Même si la balance commerciale se détériore, les exportateurs canadiens continuent de se tourner vers les marchés non américains. En novembre, les exportations de biens vers ces marchés dépassaient de 29 % leur niveau d’il y a un an, tandis que les importations en provenance de ces marchés grimpaient de 18 % — des niveaux qui frôlent des records historiques. »

Les États-Unis veulent créer un bloc commercial dédié aux minerais critiques pour contrer la Chine

  • Lors d’un sommet à Washington réunissant des représentants de plus de 50 pays, les États-Unis ont exposé un projet de zone commerciale des terres rares, fondé sur l’utilisation des droits de douane pour fixer des prix planchers des minéraux et sur la mobilisation des forces respectives des pays partenaires tout au long de la chaîne de valeur pour contrer la domination chinoise.

  • « Plusieurs accords bilatéraux ont été conclus, dont des « plans d’action » américains avec le Mexique, l’UE et le Japon pour coordonner les politiques commerciales.

  • La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a souligné qu’un examen plus approfondi était requis avant toute adhésion à un tel cadre, qui pourrait néanmoins offrir au Canada un levier stratégique dans les futures négociations de l’ACEUM.  

Trump et Modi concluent une trêve commerciale

  • Washington s’est engagé à réduire de 50 % à 18 % les droits de douane sur les produits indiens, en échange de l’arrêt par New Delhi de ses achats de pétrole russe.

  • Même si les détails relatifs au calendrier des modifications aux droits de douane et aux autres assouplissements commerciaux restent vagues, la baisse de certains des droits de douane les plus sévères imposés par Trump a stimulé les actions de sociétés indiennes cotées aux États-Unis.

La réouverture de la mer Rouge accentue les pressions de surcapacité du transport maritime

  • Avec l’apaisement des attaques houthis et la remontée du trafic dans le canal de Suez, les transporteurs de conteneurs redoutent une pression accrue sur leurs bénéfices si les tarifs de fret baissent et que la surcapacité s’aggrave.

  • Le groupe Danois AP Møller-Maersk, deuxième plus grande compagnie mondiale de transport de conteneurs, a annoncé sa première perte d’exploitation depuis plusieurs années et prévoit des suppressions d’emplois pour en atténuer les conséquences.

  • Les escortes navales sont désormais nécessaires pour les porte‑conteneurs traversant la mer Rouge, et les tensions entre l’Iran, les États‑Unis et Israël constituent une menace pour la stabilité de cette route maritime.

Ottawa prévoit lier davantage l’aide internationale à ses objectifs commerciaux

  • Randeep Sarai, secrétaire d’État au Développement international, a indiqué que les dépenses canadiennes en développement et en aide humanitaire seront de plus en plus orientées vers des initiatives qui favorisent la « prospérité mutuelle. »

  • En diminuant le budget consacré à l’aide internationale, le gouvernement entend se servir de la répartition de ces fonds comme outil stratégique auprès des pays avec lesquels il souhaite renforcer ses relations commerciales.

— Thomas Ashcroft

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Également dans ce numéro : Les procédures judiciaires liées aux droits de douane s’intensifient, les relations entre le Canada et l’Inde reprennent de plus belle et deux géants économiques concluent « l’accord commercial ultime »

Le même jour où le Fonds monétaire international publiait un rapport selon lequel la suppression des barrières commerciales interieures au Canada pourrait entraîner une hausse de 7 % du PIB réel, une discussion s’est tenue au Canadian Club of Toronto.

Parmi les participants figuraient deux grands dirigeants d’entreprise canadienne, Tracy Robinson (CN) et Max Koeune (McCain Foods), qui se sont joints à Sean Strickland (Canada’s Building Trades Unions) et à Goldy Hyder (Conseil des entreprises du Canada) pour s’entretenir sur les changements majeurs que le Canada doit apporter en matière de développement des infrastructures, de réglementation des entreprises et d’immigration.

Voici quelques goulots d’étranglement qu’il faut régler rapidement :

  • Le Canada figure parmi les pires pays de l’OCDE pour le nombre de journées de travail perdues en raison d’interruptions de travail. Autrement dit, nos infrastructures de transport (ports, réseaux ferroviaires et voies maritimes ferrées), qui nous relient au reste du monde, se retrouvent paralysées, alors que l’on attend du Canada qu’il soit ponctuel.

  • L’obtention des permis nécessaires à l’extension de l’oléoduc TMX a pris plus de temps que la construction elle-même. Ce n’est là qu’un exemple parmi bien d’autres des difficultés causées par la lenteur des processus de délivrance des permis et des autres approbations.

  • Malgré une grave pénurie de main-d’œuvre qualifiée, nos provinces n’accueillent qu’un nombre dérisoire d’immigrants. Qui d’autre bâtira tous ces grands projets ?

  • Sur le plan réglementaire, il est plus facile d’exporter des aliments aux États-Unis que d’en expédier d’une province à l’autre. Quand le concept d’« économie unique » deviendra-t-il réalité ?

Que faut-il faire ?

Mme Robinson a souligné le besoin de revoir notre approche des négociations collectives afin d’éviter que l’économie ne soit aussi souvent paralysée, en particulier dans un contexte mondial où d’autres pays se réjouissent de cette situation.

M. Strickland a réclamé une meilleure planification de la main-d’œuvre pour recruter les bonnes personnes, en nombre suffisant, et répondre ainsi aux besoins de notre économie. On en parle depuis des années. C’est un problème qui peut se régler.

M. Koeune a appelé à des réformes en matière d’immigration qui permettraient aux demandeurs de résidence permanente d’avoir une idée plus claire des délais de traitement et de l’état d’avancement de leur dossier. Il a décrit le système comme une « boîte noire », une expression que j’ai entendue chez bien d’autres employeurs au cours des derniers mois.

Nous ne pouvons pas conquérir le monde sans commencer par régler nos propres difficultés.

Se défendre, d’accord. Avancer la tête haute, c’est encore mieux.

– John Stackhouse

Entreprises poursuivant les États-Unis Gouvernement à la suite d'une audience devant la Cour suprême

Depuis l’audience du 5 novembre devant la Cour suprême sur la légalité des droits de douane américains, plus de 1 000 entreprises, dont Costco, Revlon et Ray-Ban, ont intenté une poursuite contre l’administration Donald Trump, Pourquoi ? Si la plus haute cour du pays invalide ces droits de douane (verdict à une date encore inconnue), les plaignants espèrent obtenir un remboursement partiel des pertes qu’ils disent avoir subi en raison de ces mesures.

Production record : le pétrole canadien se tourne vers de nouveaux marchés

  • Même avec des prix mondiaux en berne, le Canada produit des volumes records de pétrole et augmente ses exportations vers l’Asie, en particulier vers la Chine où les ventes ont plus que quadruplé l’an dernier, mais aussi vers l’Inde et la Corée du Sud.  

  • Si les États-Unis restent la principale destination d’exportation du pétrole canadien, la hausse de capacité des pipelines et l’essor des marchés asiatiques soutiennent la valeur des actions des grandes sociétés pétrolières et favorisent la diversification économique. On peut s’attendre à une multiplication des demandes visant à accroître la capacité des pipelines.

Le Canada et l’Inde misent sur un commerce énergétique apolitique et fiable

  • Alors que les relations diplomatiques continuent de s’améliorer, les responsables se sont engagés à accroître les livraisons canadiennes de pétrole brut, de gaz naturel liquéfié et de gaz de pétrole liquéfié à l’Inde, tandis que davantage de produits pétroliers raffinés devraient être exportés en sens inverse.

  • Le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, a souligné que l’Inde constitue le marché où la demande d’énergie connaît la croissance la plus rapide, tout en assurant à ses homologues que le Canada n’utiliserait jamais l’énergie comme instrument de coercition. Un dialogue énergétique relancé entre les ministres canadien et indien pourrait aussi favoriser des investissements réciproques et une collaboration accrue dans d’autres domaines, notamment l’hydrogène, l’uranium, les biocarburants, le stockage des batteries, les minéraux essentiels, l’électricité et l’IA.   

  • Le haut-commissaire de l’Inde au Canada a déclaré que le premier ministre Carney se rendra probablement en Inde en mars et que, sous son gouvernement, le Canada n’est plus perçu comme le « petit frère » des États-Unis.

L’Inde et l’UE s’entendent sur l’accord commercial ultime

  • Alors que Washington s’apprête à imposer d’importants droits de douane, deux des plus grands marchés du monde ont conclu un accord commercial qui, une fois entré en vigueur, supprimera les droits de douane sur plus de 90 % des produits, ouvrant une nouvelle ère dans leurs relations économiques.

  • Les deux parties n’ont pas caché que cette avancée s’inscrivait en réaction à la politique commerciale américaine, afin d’atténuer l’impact des droits de douane et de renforcer leur autonomie économique. L’accord devrait stimuler les exportations de produits manufacturés indiens et offrir à l’UE un accès privilégié à ce vaste marché en forte croissance.

  • L’UE figure déjà parmi les principaux partenaires commerciaux de l’Inde. Si l’Inde n’est encore que le neuvième partenaire commercial de l’UE, cette dernière prévoit que ses échanges avec l’Inde doubleront d’ici 2032. Les négociations sur un accord de protection des investissements se poursuivent.

– Thomas Ashcroft

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Mettre en place une tarification du carbone efficace. Voilà l’un des défis centraux du Canada dans l’élaboration d’une stratégie de compétitivité carbone, et ce qui sous-tend l’examen des normes nationales minimales pour la tarification du carbone par Environnement et Changement climatique Canada (ECCC).

Les marchés du carbone ne relèvent plus d’un débat politique abstrait. Ils constituent une épreuve très concrète : le capital se mobilise-t-il — ou s’oriente-t-il ailleurs ?

Cette semaine, l’équipe du l’Institut de l’action climatique a échangé avec l’Institut Pembina ainsi qu’avec d’autres acteurs de premier plan des marchés du carbone et de l’investissement climatique afin d’examiner une question centrale : quelles conditions sont nécessaires pour stimuler de nouveaux investissements ?

La réponse a été claire et convergente : l’existence d’un marché du carbone robuste et pleinement fonctionnel. Or, au Canada, ce marché n’a pas encore atteint ce niveau de maturité.

Les principaux constats issus des échanges ont été les suivants :

La politique climatique est de plus en plus façonnée par l’accès aux marchés mondiaux et par les enjeux de compétitivité, et non plus uniquement par des considérations de politique intérieure.

Les grands partenaires commerciaux intègrent désormais des contraintes carbone dans l’architecture même des échanges internationaux. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF/CBAM) de l’Union européenne en est l’exemple le plus emblématique : il étend de facto le prix du carbone de l’UE aux chaînes d’approvisionnement mondiales. À commencer par les exportateurs de l’acier, du ciment, de l’aluminium, des engrais ou de l’électricité à destination du marché européen, la tarification du carbone n’est plus une option — elle devient une condition d’accès au marché, et donc un coût incontournable des affaires. Toutefois, l’évolution des dynamiques politiques au sein de l’Union européenne pourrait introduire une incertitude quant à la mise en œuvre du MACF, créant un environnement complexe pour les décideurs canadiens en matière de politique carbone. Cette incertitude complique l’évaluation du niveau de rigueur des normes nationales minimales, notamment dans un contexte d’accès aux marchés marqué par des conditions géopolitiques imprévisibles.

Mais les économies émergentes n’attendent pas.

Le Brésil progresse dans la mise en place d’un cadre national de marché du carbone étroitement lié aux taxonomies de la finance durable. Plusieurs ressorts africains établissent des infrastructures de marchés du carbone parallèlement à des partenariats commerciaux et de développement, souvent accélérées par un approfondissement de leurs relations économiques avec l’Europe.

Ces systèmes peuvent, dans un premier temps, avoir une portée plus limitée, mais ils sont conçus dès l’origine dans une optique d’alignement international.

Les grands blocs de consommation intègrent désormais la politique climatique à grande échelle au cœur de leurs économies.

La Chine exploite aujourd’hui le plus vaste système d’échange de droits d’émission (SEQE/ETS) au monde en termes d’émissions couvertes. Le système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS) couvre des milliers d’installations, repose sur un plafond d’émissions décroissant, bénéficie d’une liquidité profonde et s’inscrit dans une trajectoire de long terme clairement définie. Le système britannique s’aligne sur cette même logique. Parallèlement, les dispositifs en vigueur au Japon, en Corée du Sud et en Inde connaissent une expansion rapide.

Le Canada se distingue — non pas par son niveau d’ambition, mais par la structure de son cadre. Plutôt que de s’appuyer sur un système d’échange unique et d’envergure, le pays fonctionne avec un ensemble fragmenté de mécanismes : le régime fédéral de référence, des redevances provinciales sur les combustibles, ainsi que plusieurs systèmes industriels fondés sur le rendement (OBPS, TIER, etc.), chacun assorti de règles, de niveaux de prix et d’options de conformité distincts. Dans d’autres ressorts, l’échelle et l’harmonisation ont permis de bâtir des systèmes de tarification du carbone fonctionnels et crédibles. À l’inverse, l’approche fragmentée du Canada complique l’engagement des investisseurs et des partenaires commerciaux. L’examen des normes nationales minimales devra donc se pencher sur une question fondamentale : la flexibilité accordée est-elle allée trop loin au point de se transformer en fragmentation ?

Le financement de la décarbonation à grande échelle en l’absence d’un marché du carbone structuré et fonctionnel sera extrêmement difficile. Les projets de décarbonation de grande ampleur comportent des risques qui ne peuvent être durablement absorbés par de simples garanties gouvernementales. Un marché national plus profond et plus liquide permettrait au marché lui-même d’absorber une part plus importante du risque de prix, réduisant ainsi la pression exercée sur les bilans publics.

L’établissement de la fongibilité des crédits carbone entre les systèmes fédéraux et provinciaux est apparu comme une première étape déterminante pour créer la profondeur de marché nécessaire à des investissements sérieux en décarbonation. Les investisseurs ont été explicites : la volatilité des prix freine la formation du capital.

  • Ils ont besoin de certitude sur les prix à l’horizon de leurs décisions d’investissement.

  • Ils ont besoin d’incitatifs crédibles qui récompensent une décarbonation réelle.

  • Ils ont besoin de mécanismes de soutien — réglementaires ou budgétaires — capables de tenir lorsque les marchés se déstabilisent.

Le marché TIER (Technology Innovation and Emissions Reduction) de l’Alberta est fréquemment cité comme exemple de forte volatilité des prix. Les prix y sont passés de moins de 15 dollars par tonne à plus de 40 dollars en l’espace de quelques semaines à la suite de l’annonce du protocole d’entente de l’Alberta. Cela sans même tenir compte du fait que, trop souvent, les prix du TIER peuvent se découpler du prix de référence fédéral du carbone, laissant entrevoir une volatilité future accrue. En conséquence, les investisseurs sont contraints d’intégrer dans leurs modèles le risque d’un élargissement supplémentaire des écarts de prix.

Les normes nationales d’Environnement et Changement climatique Canada, axées uniquement sur des niveaux de prix minimaux, risquent de passer à côté de l’enjeu central. La prévisibilité, l’existence de garde-fous et la crédibilité de corridors de prix comptent tout autant que la rigueur nominale. À l’inverse, le système européen d’échange de quotas d’émission combine une trajectoire de plafond à long terme avec des mécanismes de stabilité de marché qui atténuent les fluctuations extrêmes. Le résultat n’est pas un carbone bon marché, mais un carbone finançable.

Les choix de conception du marché effectués aujourd’hui détermineront la destination des flux de capitaux demain. L’examen des normes nationales minimales d’Environnement et Changement climatique Canada constitue une occasion de montrer que le Canada prend au sérieux l’établissement d’un marché efficace et de signaler comment des instruments complémentaires peuvent attirer des investissements privés.

Les contrats carbone à différence (CCfD), par exemple, ont été évoqués comme un complément puissant à la tarification du carbone lorsqu’ils sont utilisés de manière ciblée. Ils réduisent le risque des investissements en garantissant un prix plancher du carbone pour les projets qui génèrent des réductions d’émissions significatives.


La conception du marché est une politique d’investissement. Elle détermine si le Canada attire la prochaine génération de projets industriels propres — ou s’il les verra se développer ailleurs.

Alors qu’Environnement et Changement climatique Canada examine les normes nationales minimales, la question n’est plus de savoir si une tarification du carbone doit exister. Ce débat est clos. La question centrale est désormais de savoir si le système canadien est crédible, évolutif et stable à suffisamment long terme pour rester concurrentiel dans un contexte mondial où les marchés du carbone structurent désormais le commerce, les flux de capitaux et la stratégie industrielle.

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Si la tendance climatique actuelle se maintient, seules quatre régions pourraient accueillir des Jeux olympiques d’hiver d’ici 2050. Les organisateurs des Jeux olympiques d’hiver 2026alimentent des sites de Milan et de Cortina d’Ampezzo en électricité certifiée provenant de sources renouvelables et d’approvisionnement durable, même si l’événement de février devrait émettre quelque 930 000 tonnes de CO2. Fait plus important, la gestion de la neige demeure un problème, car la quantité de neige tombée dans la région alpine a baissé de 25 % depuis 1980. C’est un problème qui a peu de chances de disparaître : selon une nouvelle étude de l’Université de Waterloo, si les politiques actuelles en matière de climat persistent, seules 52 des 92 potentielles villes hôtes auraient un climat fiable pour les Jeux olympiques d’hiver et 22 pour les Jeux paralympiques. Sans technologie de fabrication de neige, seulement quatre d’entre elles seraient en mesure d’organiser l’événement de manière fiable d’ici 2050.

Les véhicules électriques fabriqués en Chine pourraient réduire les émissions du Canada liées aux transports, mais impliqueraient un coût politique. La décision de permettre l’importation de véhicules électriques chinois en échange de l’accès au secteur agroalimentaire canadien a été prise au moment où les gouvernements canadiens ont mis fin aux subventions. Les véhicules électriques ont permis de réduire les émissions canadiennes au cours des six dernières années. En effet, selon le rapport Action climatique 2026, elles sont en baisse de 6 % par rapport à 2019. Les véhicules électriques bon marché pourraient contribuer au maintien de cette lancée. Si les 49 000 véhicules électriques étaient vendus, ils contribueraient à réduire les émissions canadiennes de 56 000 tonnes métriques chaque année. Cependant, des rumeurs en provenance de Washington suggèrent que cet accord pourrait compliquer les négociations de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC).

Les transformateurs agroalimentaires du Canada n’attendent pas la perfection des politiques. Dans les provinces de l’Atlantique, les transformateurs investissent pour accroître la production à partir de moins d’énergie et d’eau, tandis que les agriculteurs voient la réduction des émissions comme un moyen d’accroître la productivité, a dit Lisa Ashton, cheffe intérimaire, lors de sa visite à l’Île-du-Prince-Édouard pour parler des conclusions du rapport Action climatique 2026. Les agriculteurs de l’Île-du-Prince-Édouard ouvrent la voie avec leur plan Pathway 2040 visant à réduire les émissions de GES, à accélérer l’adoption des mesures d’adaptation climatique dans les exploitations agricoles et à stimuler la production économique et le commerce d’ici 2040. C’est un exemple de la façon dont les agriculteurs peuvent organiser et concevoir un plan pragmatique pour stimuler les résultats environnementaux et économiques de leurs entreprises.

C’est la première fois que les changements climatiques, les ressources et la géopolitique s’entrechoquent aussi rapidement. L’intérêt des États-Unis pour l’île arctique du Groenland et la présence des navires russes qui patrouillent la région devraient inciter le Canada à protéger et à renforcer ses bases nordiques.

Les changements climatiques sont à l’origine de l’intérêt envers l’Arctique : L’intérêt soudain de Washington pour ce « morceau de glace » est suscité par le dégel induit par le changement climatique, qui ouvre la porte à toutes sortes d’activités dans la région, qu’elles soient ou non sans danger pour l’environnement. L’Arctique vient de connaître une année record en termes de chaleur et de fonte des glaces. Selon les scientifiques, la crise climatique explique l’augmentation des pluies et la diminution des glaces dans les latitudes nordiques. Le phénomène a aussi accéléré la course entre les États-Unis, la Russie et la Chine, « État voisin » de l’Arctique. Le Canada doit rattraper son retard.

Si la situation de l’Arctique est stratégique, il en est de même de ses ressources. L’Arctique recèle d’importantes réserves de combustibles fossiles, estimées à 13 % (90 milliards de barils) des ressources mondiales non découvertes de pétrole conventionnel et 30 % de ses ressources non découvertes de gaz naturel. On y trouve également des terres rares, du nickel, du cobalt, du graphite et d’autres éléments essentiels à la transition énergétique. Même s’il n’est pas certain que la région puisse répondre de manière significative à la demande mondiale croissante en énergie à un coût et à une échelle raisonnables dans un avenir proche, plus le réchauffement climatique s’accélère dans la région, plus ses ressources deviendront attrayantes et accessibles.

Souveraineté et concurrence stratégique : La souveraineté du Canada dans l’Arctique est façonnée par des interprétations contradictoires de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, le Canada ayant ratifié le traité et défini ses revendications sur le plateau continental étendu, tandis que les États-Unis l’ont signé, mais ne l’ont pas ratifié.

Le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) a détecté et suivi des avions militaires russes opérant dans l’espace aérien international près de l’Alaska en 2025, tandis que la Chine et la Russie ont lancé une patrouille conjointe en 2024.

Le calcul du Canada : Le Canada représente 28 % de la superficie terrestre de l’Arctique, juste derrière la Russie qui en détient 67 %. Toutefois, l’Arctique canadien représente un peu moins de 2 % de l’économie de la région arctique et sa population est négligeable.


Les projets du Bureau des grands projets suggèrent cependant que le Canada se joint à la course à l’Arctique : développement du port de Churchill à l’embouchure de la baie d’Hudson, agrandissement de la mine Red Chris, ligne de transport d’électricité de la côte nord et terminal GNL de Ksi Lisims, ainsi qu’un investissement distinct d’un milliard de dollars pour renforcer les infrastructures commerciales et de transport du Nord. Le fait de mener à bien ces propositions constituerait l’épreuve ultime. Ces projets, ainsi que l’augmentation des dépenses en matière de défense, seront essentiels pour apaiser les inquiétudes des États-Unis concernant la vulnérabilité de l’Arctique canadien.  Mais ce projets doivent également respecter les enjeux climatiques et autochtones.

RBC Par John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, RBC

John était à Davos la semaine dernière pour donner un sens au nouvel ordre mondial et à une économie qui ressemble davantage à un souk où l’on troque et bavarde qu’à un marché bien organisé. Deux de ses observations ont une incidence directe sur l’énergie et le climat : les priorités concurrentes liées à l’énergie du réseau et la hausse constante des énergies renouvelables – contre toute attente. Lisez les extraits :

Climatisation ou intelligence artificielle : le réseau sature
La prochaine crise énergétique ne viendra ni du pétrole ni du gaz, mais des réseaux électriques mondiaux, incapables de suivre la cadence. La demande d’électricité augmente trois fois plus vite que la demande énergétique totale, portée par la climatisation, les véhicules électriques et les centres de données.

Alors que 90 % des Américains ont accès à la climatisation, ce n’est le cas que de 20 % des habitants en Inde, 18 % en Indonésie et 5 % au Nigeria, des pays dont les villes connaissent aujourd’hui une croissance parmi les plus rapides au monde. À cela s’ajoute l’essor des véhicules électriques, qui représentent désormais un quart des ventes mondiales de voitures, contre 5 % il y a cinq ans.

Selon Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, le monde devra produire 10 000 térawatts d’électricité supplémentaires au cours de la prochaine décennie, soit autant que la consommation réunie des États‑Unis, du Canada, de l’Europe et du Japon. Sans percée technologique majeure, il faudrait 70 % de cuivre en plus, ainsi qu’une expansion massive de la production d’acier et du traitement des minéraux critiques.

Un nouveau souffle pour les énergies renouvelables :Deux moments très révélateurs ont marqué les débats dans la grande salle des congrès à Davos, l’un illustrant la pénurie, l’autre l’abondance. Donald Trump s’est écarté de son texte pour fustiger les énergies renouvelables, en particulier l’éolien, qu’il a qualifié de solution pour les « perdants ».

Le lendemain, sur la même scène, Elon Musk a au contraire vanté un avenir radieux pour les énergies renouvelables, en particulier le solaire, qu’il juge capable d’alimenter à lui seul l’ensemble des États-Unis. Il lui faudrait simplement, affirme‑t‑il, un terrain de cent soixante kilomètres sur cent soixante et des panneaux solaires exempts de droits de douane. En dehors de l’Amérique du Nord, les énergies renouvelables restent le principal moteur de la croissance énergétique et sont passées du statut de source de « transition » à celui de choix par défaut pour les nouvelles capacités dans de nombreux marchés. L’Europe a atteint environ cinquante pour cent de production renouvelable en 2024.

Dans d’autres marchés en forte expansion, les énergies renouvelables sont de plus en plus perçues comme des ajouts énergétiques, et non plus seulement comme des substituts aux combustibles fossiles. La baisse du coût des batteries, le solaire ayant chuté d’environ quatre‑vingts pour cent en Inde, et l’allongement de la durée de vie des installations, désormais de trente à trente‑cinq ans, ont déplacé l’analyse économique du simple coût unitaire vers le coût sur l’ensemble du cycle de vie.

Lire le commentaire complet de John sur Davos ici.

  • La directrice générale par intérim, Lisa Ashton, a récemment animé une table ronde à Edmonton avec des chefs de file de l’industrie et des investisseurs sur le capital de croissance dans le secteur agroalimentaire canadien, afin d’approfondir les défis d’investissement mis en lumière dans le rapport « La prochaine génération de croissance ».

  • Shaz Merwat, responsable du secteur de l’énergie, a animé une table ronde au Forum sur les ressources naturelles de la Colombie-Britannique à Prince George, portant sur la compétitivité future du Canada dans le secteur du gaz et du GNL. Cette table ronde réunissait de hauts dirigeants de l’industrie et des représentants d’organisations autochtones.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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Bulletin d’information sur le climat