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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Compromis.

C’est ainsi que les plus grands médias du monde ont résumé la 30e conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) qui vient de se terminer à Belém, au Brésil. Quelques exemples :

« Un compromis climatique » – Le Monde (France)
« Verdict mixe » – The Times Of India (New Delhi)
« Entente fragile » – The New York Times
« Une aide financière historique » – O Globo (Brazil)
« Des progrès sur le plan financier, le statu quo sur le pétrole, le gaz et le charbon » – DER SPIEGEL (Allemagne)
« Les pays vulnérables dénoncent l’absence de mesures de retrait progressif des combustibles fossiles » – Al Jazeera Media Network (Qatar)
« Multitrao consensus, showcasing unity » – China Daily (Beijing)

L’esprit mutirão, ou effort collectif, était ce que la conférence avait de mieux à offrir, étant donné que cela nécessitait des compromis à chaque étape. Voici les principaux enjeux retenus au bout du compte :

  • Engagement envers un mécanisme de transition juste, visant à soutenir les groupes et les communautés les plus touchés par les mesures climatiques.

  • Engagement à tripler le financement de l’adaptation, bien qu’aucune voie claire ne soit définie pour y parvenir.

  • Quatre-vingts (80) pays ont demandé qu’une feuille de route soit élaborée pour éliminer les combustibles fossiles, soit un nombre moins élevé que prévu.

  • Nouvel élan en faveur des solutions basées sur les océans.

  • Nouvel accent mis sur « l’intégrité de l’information » pour lutter contre la désinformation sur le climat.

  • Aucun accord significatif sur la déforestation, ce qui constitue un revers pour beaucoup compte tenu du lieu où se tient le sommet, dans le bassin amazonien.

COPs (or Conference of the Parties who signed the UN climate framework) tend to end in a mix of commitment and disappointment. This one was no different — although given its milestone status and location in Brazil, home to the first Earth Summit in 1992, it fell short of most expectations. Perhaps that’s not surprising, given the state of geopolitics and the global economy.

L’année prochaine, la Turquie organisera la COP31 et l’Australie dirigera les négociations. Les deux pays se disputaient le rôle principal et ont convenu de partager la vedette.

Un autre compromis !


John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, RBC

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➔ La stratégie de compétitivité climatique de Mark Carney met l’accent sur les minerais critiques et les crédits d’impôt

➔ À quoi s’attendre à la COP30

➔  Bill Gates revisite sa vision du climat

Further reading: Unearthing Value: How nature can play a critical role in pro-growth agendas – RBC

La lutte pour les minerais critiques ne fait que s’intensifier. Beijing et Washington sont peut-être en bons termes ces jours-ci (contrairement à Ottawa et Washington), mais la bataille pour la suprématie au chapitre des terres rares constituera le grand affrontement de cette décennie. Le Canada est entré dans la mêlée avec 26 nouveaux partenariats avec neuf pays alliés et a prévu des fonds dans le nouveau budget (voir ci-dessous). Vivan Sorab, premier directeur, Énergie propre, affirme que le Canada dispose des ressources, du capital et de la propriété intellectuelle pour commencer à établir une chaîne d’approvisionnement, mais qu’il doit agir rapidement. Il s’agira (a) d’accélérer le financement visant les terres rares, (b) de garantir la demande de ces minerais et (c) d’accroître la capacité de transformation nationale. Lisez la note d’information de M. Sorab ici.

De l’autre côté de l’Atlantique, plusieurs États membres de l’UE ont refusé de s’accorder sur des objectifs contraignants pour 2040. Les États membres ont convenu de réduire leurs émissions de 66,3 % à 72,5 % d’ici 2035 dans le cadre d’une soumission à l’ONU avant le Sommet COP30 au Brésil. Cependant, plusieurs États membres ont refusé d’accepter l’objectif contraignant pour 2040 à moins que des concessions importantes ne soient faites permettant aux pays de comptabiliser 5 % de leurs réductions d’émissions en vendant des crédits carbone internationaux. L’UE a également accepté d’assouplir d’autres politiques climatiques politiquement sensibles, y compris de reporter d’un an, à 2028, le lancement du marché carbone européen prévu.

Le budget fédéral promettait de démontrer comment le gouvernement Mark Carney lie la politique climatiqueclimatique à son programme de croissance. Il est encore tôt, mais à mesure que la politique climatique fédérale prend forme, elle présente un échange fascinant : un renforcement de la tarification du carbone industrielle et des réglementations sur l’électricité propre en contrepartie d’une probable fin du plafond des émissions et d’une extension des incitations fiscales pour la capture du carbone. Voyons ce qu’Alberta et Saskatchewan ont à en dire (lisez ici l’opinion de John Stackhouse sur le budget fédéral.)

Voici ce qui a retenu notre attention :

Tarification du carbone industriel : le Canada a besoin de marchés du carbone solides pour soutenir les investissements dans la croissance verte. Le gouvernement prévoit collaborer avec les provinces afin de définir une trajectoire de prix du carbone industriel sur plusieurs décennies, visant la carboneutralité d’ici 2050. Cela donnera confiance aux entreprises. Le plan consiste à établir un repère et à harmoniser la tarification à l’échelle du pays afin de fournir un signal de prix commun et fort. L’an dernier, nous avons écrit sur l’importance d’harmoniser la tarification du carbone industriel. On s’attend à ce que le Fonds de croissance du Canada continue d’émettre des contrats de différence carbone (CCfD) pour les projets.

Méthane : Le gouvernement vise à finaliser des règlements renforcés sur le méthane pour le secteur pétrolier et gazier ainsi que pour les sites d’enfouissement, et à collaborer avec les provinces pour négocier des accords d’équivalence.

Plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et gazier : Le gouvernement prévoit tirer parti de technologies comme la capture et le stockage du carbone pour réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier, ce qui signifie que le plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et gazier « ne sera plus nécessaire ».

Carburants propres : Le gouvernement prévoit maintenir les règlements sur les carburants propres visant à aider le Canada à passer à de l’essence et du diesel moins émetteurs de carbone, une mesure que les conservateurs ont critiquée.

Crédits d’impôt : Le gouvernement a élargi les crédits d’impôt pour les investissements préalables dans la fabrication verte, ainsi que pour le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CUSC). Dans le cadre du budget, le crédit d’impôt pour le CUSC, qui couvre jusqu’à 60 % des investissements admissibles, prolongerait le taux actuel jusqu’en 2035.Minerais critiques : Un Fonds souverain de 2 milliards de dollars pour les minerais critiques comprendra des investissements en actions, des garanties de prêt et des accords d’achat. Le Fonds du premier et du dernier kilomètre, de 371,8 millions de dollars, vise à amener les projets en phase avancée jusqu’à la phase de production. D’autres minerais critiques, comme l’antimoine, l’indium et le gallium, sont désormais admissibles dans le cadre du Crédit d’impôt à l’investissement pour la fabrication de technologies propres.

Ils pourraient être plus discrets que les années précédentes, mais les événements COP servent toujours à prendre le pouls de l’action — ou de l’inaction — climatique mondiale.

Voici à quoi s’attendre :

Belém, l’hôte qui a le plus à perdre : La ville du nord du Brésil est la porte d’entrée de la région amazonienne — surnommée les « poumons de la planète » — puisqu’elle produit 20 % de l’oxygène mondial. Mais la région est confrontée à des perturbations dues à l’utilisation des terres, aux incendies de forêt et aux phénomènes météorologiques extrêmes accentués par le changement climatique, ainsi qu’à l’expansion industrielle et commerciale incessante. Belém apparaît donc comme un lieu approprié, bien que lointain, pour illustrer les réalités concrètes du changement climatique, contrairement aux centres financiers plus en vue de New York et Dubaï.

Une décennie après Paris. Le monde a changé depuis 2015 — lorsque pratiquement tous les pays étaient unis dans leur engagement à réduire les émissions. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. L’ambiance actuelle : sans compromis. Les pays exportateurs de matières premières se sentent encouragés, tandis que les litiges liés au climat atteignent un niveau record.

Un défi logistique pour une région n’offrant que 18 000 chambres d’hôtel. Le pays hôte, le Brésil, prévoit la participation de 50 000 responsables politiques aux négociations et a même suggéré que certains délégués partagent des chambres. Les organisateurs prévoient également mettre à contribution des bateaux de croisière, des propriétés privées et des écoles pour accueillir les visiteurs. Le mois dernier, 81 pays étaient en négociation avec les organisateurs concernant des chambres d’hôtel, tandis que 87 pays avaient déjà réservé un hébergement, selon la présidence brésilienne de la COP30.

Il pourrait y avoir un vide de la taille des États-Unis à la COP. Les États-Unis, qui sont en train de se retirer de l’Accord de Paris, ne prévoient pas envoyer de représentants « de haut niveau » à Belém. L’influence de Washington devrait néanmoins rester très présente lors des négociations.

Il pourrait y avoir un vide de la taille des États-Unis à la COP. Les États-Unis, qui sont en train de se retirer de l’Accord de Paris, ne prévoient pas envoyer de représentants « de haut niveau » à Belém. L’influence de Washington devrait néanmoins rester très présente lors des négociations.Les organisateurs nourrissent de grands espoirs. Les délégués à la COP30 font avancer cinq points clés à l’ordre du jour : (1) des plans climatiques nationaux renforcés avec des voies d’investissement plus claires, (2) la mobilisation de 1,3 billion de dollars US pour l’action climatique, dont 300 milliards de dollars US pour les pays en développement, (3) l’incitation à des investissements durables et alignés sur le climat, (4) la finalisation des règles d’un marché mondial du carbone soutenu par l’ONU, et (5) une « transition juste et inclusive » loin des combustibles fossiles, garantissant un soutien aux travailleurs et aux collectivités vulnérables affectés par le changement climatique. Que les négociations commencent.

Bill Gates, le cofondateur de Microsoft qui mène une seconde carrière en tant que financier dans la technologie climatique, a récemment exprimé « quelques dures vérités » sur le climat. Sa dernière note a contrarié certains, mais a été accueillie favorablement par d’autres, y compris le président des États-Unis.

Au-delà des gros titres, ses propos pourraient être plus nuancés.

Recadrer le risque : M. Gates soutient que, bien que le changement climatique transforme profondément les systèmes mondiaux, il est peu probable qu’il rende la planète inhabitable. Il met l’accent sur la proportionnalité — en considérant le changement climatique comme un défi chronique et croissant plutôt qu’un scénario existentiel ultime. Un nouveau rapport de l’ONU sur l’action climatique prévoit désormais une hausse des températures de 2,3 à 2,5 °C, contre 2,6 à 2,8 °C dans le rapport de l’an dernier, ce qui laisse le « monde en voie de subir une escalade sérieuse des risques et des dommages liés au climat ».

De la température au bien-être : M. Gates a souligné que l’action climatique ne devrait pas être évaluée uniquement en fonction des émissions évitées ou des degrés de réchauffement évités, mais aussi selon son efficacité à améliorer le bien-être humain, en particulier dans les régions vulnérables. Cela s’aligne sur un appel croissant dans les milieux du développement à intégrer l’adaptation et la réduction de la pauvreté dans l’ordre du jour climatique.

Innover, innover, innover : M. Gates continue de présenter l’innovation technologique — dans les énergies propres, les procédés industriels et l’agriculture — comme l’outil décisif pour la décarbonation, suggérant que cela permettra de réaliser des réductions durables des émissions.Éviter les récits apocalyptiques : M. Gates souligne que l’alarmisme peut éroder la confiance du public et mal orienter les ressources. Certains pourraient toutefois soutenir que l’attention continue portée aux enjeux climatiques a stimulé l’action et orienté des billions de dollars vers la transition énergétique.

➔ John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, s’est adressé à une délégation du G7 et à des conseillers avant la réunion des ministres de l’Énergie et de l’Environnement du G7 à Toronto la semaine dernière, présentant la vision de RBC de l’évolution du monde. Lire son discours ici.

➔ Lors du Forum économique international de Toronto, le 17 octobre, M. Stackhouse a s’est entretenu avec Heather Chalmers, présidente et cheffe de la direction de GE Vernova Canada, et a participé à une séance de travail sur les enjeux liés aux compétences et aux chaînes d’approvisionnement avec Stephen Lecce, ministre de l’Énergie de l’Ontario.

➔ Lors du Sommet GLOBE sur le leadership alimentaire à Calgary, l’Alliance canadienne pour l’agroalimentaire carboneutre (CANZA) a lancé le Défi du million d’acres, une initiative visant à étendre les pratiques agricoles climatiquement intelligentes à l’échelle du Canada.

➔ Lors du Sommet alimentaire Arrell, le 21 octobre, Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, Leadership avisé RBC, s’est entretenue avec Rene Van Acker, président et vice-chancelier de l’Université de Guelph pour discuter de la croissance durable de l’agriculture canadienne tout en abordant l’un de ses défis les plus pressants : le creusement des écarts d’innovation dans le secteur agroalimentaire.

➔ Mme Ashton a également participé à une table ronde sur les systèmes alimentaires et l’agriculture climatiquement intelligente à l’Université Simon Fraser, à Vancouver

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

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  • L’agriculture canadienne recèle un potentiel immense, mais elle est freinée par un manque d’innovation. Le Canada abrite certains des sols les plus productifs et des agriculteurs les plus innovants au monde. Néanmoins, la croissance annuelle de la productivité du secteur a diminué pour atteindre environ 1 % au cours de la dernière décennie (contre 2 % durant la décennie précédente), ce qui laisse croire que peu d’innovations révolutionnaires parviennent jusqu’aux exploitations agricoles.

  • Le secteur n’attire pas suffisamment de talents. Le taux de postes vacants y est supérieur de 1,5 % à la moyenne nationale. Moins de 1 % des diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) ou en commerce, qui jouent un rôle de plus en plus important dans les exploitations agricoles modernes, choisissent une carrière en agriculture.

  • L’écosystème de recherche et développement est de moins en moins diversifié. Les investissements publics dans la production de connaissances agricoles, qui comprennent la recherche et le développement, ont reculé de 15 % depuis 2010. Le volume d’activités de recherche et développement confié aux universités par le secteur privé a chuté de 77 % dans les cinq dernières années. En outre, au cours de la dernière décennie, le nombre d’entreprises qui mettent en œuvre un programme de recherche et développement a baissé de 29 %.

  • D’autres pays nous devancent. Le Canada se trouve maintenant derrière l’Australie, les États-Unis, le Japon et le Brésil en ce qui concerne les investissements publics en matière de production de connaissances agricoles. La commercialisation des produits agricoles locaux est en déclin, tandis que la balance commerciale du pays s’améliore dans des domaines d’innovation comme ceux des produits chimiques, des engrais et des services agricoles..

  • La commercialisation des solutions agricoles prend de l’ampleur chez nos voisins du sud. Au cours des cinq dernières années, les investissements dans les entreprises de technologies agroalimentaires en démarrage ont été 22 fois supérieurs aux États-Unis par rapport au Canada. Cet énorme écart attire les entreprises canadiennes à la recherche de capitaux, de mentorat et d’applications commerciales au sud de la frontière.

CLe secteur agricole canadien a tout ce qu’il faut pour être le meilleur au monde : des sols productifs, un climat tempéré, une mécanisation avancée des activités et une industrie agroalimentaire en pleine croissance. L’ampleur des possibilités qui s’offrent au Canada apparaît clairement lorsque l’on considère l’importance de sa production agricole – qui fait de lui le grenier du monde –, le développement rapide des outils numériques – qui transforment tous les aspects de l’agriculture –, et l’accès croissant à des marchés d’exportation à fort potentiel, notamment en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

Il ne sera toutefois pas facile de tirer parti de cette situation. En effet, la productivité n’a cessé de diminuer ces dernières années1 Le secteur peine à attirer la bonne combinaison de talents et à maintenir le niveau d’investissement en recherche et développement requis pour rester un chef de file mondial. Relever ces défis alors que le secteur connaît un changement générationnel est essentiel non seulement pour renforcer la résilience et la compétitivité de l’agriculture canadienne, mais aussi pour faire progresser les ambitions plus larges du pays en matière de croissance. Cela permettra d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques, de maintenir l’innovation à l’intérieur des frontières canadiennes et de positionner le pays comme un chef de file mondial en production agroalimentaire durable et de haute qualité. Toutefois, le Canada a besoin d’un plan d’action. Et ce plan doit reposer sur une stratégie visant à préparer la prochaine génération de leaders agricoles à la réussite.

Le secteur agricole canadien a besoin de talents plus diversifiés et hautement qualifiés pour innover. Au cours des dix dernières années, le taux de postes vacants dans ce secteur a été en moyenne supérieur de 1,5 % au taux national2. Et la situation ne fait qu’empirer. Le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture estime que la pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur à l’échelle nationale pourrait atteindre plus de 100 000 emplois d’ici 20303. Et ce chiffre ne tient pas compte du fait que 40 % des agriculteurs canadiens atteindront l’âge de la retraite d’ici 20334. Bien sûr, ils ne prendront pas tous leur retraite, mais il ne fait aucun doute que le secteur est à l’aube d’un changement radical. 

D’un point de vue technologique, ce changement est déjà en train de se produire. Les technologies de pointe – pilotage automatisé des tracteurs, alimentation automatisée des animaux, trayeuses robotisées et système d’information géographique pour la cartographie des sols – sont monnaie courante dans les exploitations agricoles canadiennes d’aujourd’hui. Et elles génèrent des revenus considérables. Le nombre d’agriculteurs déclarant des revenus annuels supérieurs à 1 million de dollars a augmenté d’une année sur l’autre depuis 2015, avec une hausse de 67 % en 20235.

L’automatisation exige des aptitudes diversifiées : les agriculteurs demeurent la pierre angulaire du secteur, mais l’industrie a besoin de nouvelles aptitudes pour s’adapter à la révolution technologique en cours. Toutes sortes de professions, des ingénieurs aux experts en science de données, en passant par les responsables-marketing et les administrateurs d’entreprise, jouent un rôle crucial. Le Conference Board du Canada a révélé qu’un emploi sur trois en agriculture pourrait être automatisé au cours de la prochaine décennie6. Cette situation laisse entrevoir une possibilité d’atténuer la croissance exponentielle prévue des pénuries de main-d’œuvre agricole ; toutefois, davantage de talents formés en STIM doivent mettre leur expertise au service de l’agriculture.

Néamoins, attirer des talents diversifiés et hautement qualifiés s’est avéré un défi.

Le bassin de talents diminue : en 1931, un Canadien sur trois faisait partie de la population agricole ; en 2021, ce chiffre était passé à un sur 61, soit 1,6 % de la population du pays7. Bien que cette baisse témoigne des progrès des systèmes de production et de la technologie, il s’agit également d’un obstacle à l’attraction de talents. Si les jeunes générations issues du milieu agricole sont davantage attirées par les carrières dans ce secteur, il est nécessaire d’attirer de nouveaux talents. Or, de nombreux Canadiens titulaires d’un diplôme en ingénierie, en commerce ou en informatique ignorent que le secteur a besoin de leurs aptitudes. Si les Canadiens ne sont pas sensibilisés aux applications de l’ingénierie, du commerce et de l’informatique en agriculture – p. ex. robotique, exploitation d’entreprises agricoles de plusieurs millions de dollars, création de logiciels de surveillance de la santé des sols –, il est peu probable que ceux qui possèdent ces aptitudes envisagent de faire carrière dans ce secteur.

Il suffit de regarder les inscriptions aux études postsecondaires pour le constater. L’agriculture et les ressources naturelles constituent le deuxième domaine d’études le moins populaire au Canada, devant seulement le perfectionnement et l’initiation aux loisirs8. Les diplômés et titulaires de diplômes en agriculture occupent principalement des postes dans les domaines suivants : agriculture générale et production (32 %), horticulture et services (19 %), technique, administration et médecine vétérinaires (18 %) et sciences alimentaires, végétales et animales (18 %)9

Les diplômés en agriculture ne trouvent pas d’emploi dans des professions de plus en plus influentes comme la politique, les données, le commerce et les finances. Ces domaines professionnels jouent un rôle important dans la gestion des risques en agriculture, mais moins de 1,5 % des personnes travaillant dans ces domaines ont suivi une formation postsecondaire axée sur l’agriculture10. Il s’agit là d’une occasion manquée pour l’entrepreneuriat, qui pourrait mettre à profit les aptitudes des informaticiens, des experts en science des données et des techniciens en finance et en commerce afin de trouver de nouvelles façons d’aborder la gestion agricole, l’automatisation et le capital financier en agriculture.

Créer davantage d’occasions d’apprentissage par l’expérience et en milieu de travail pour les étudiants est un moyen de favoriser le décloisonnement des domaines d’études, d’attirer des personnes issues de disciplines autres que l’agriculture et de constituer un bassin de talents dans le secteur agricole canadien. 

La collaboration entre les facultés des collèges et des universités pourrait constituer un bon point de départ pour offrir aux étudiants des cours et des expériences plus diversifiés qui ne sont pas conventionnellement proposés par les départements d’agriculture. Par exemple, le Olds College, un établissement unique en Alberta axé sur l’agriculture, propose des programmes en agriculture numérique qui comprennent un large éventail de cours, notamment en sciences végétales, en gestion des données et en analyse de données. La création de centres multidisciplinaires offre également un lieu centralisé où les étudiants peuvent découvrir de nouvelles aptitudes et de nouveaux outils. Citons par exemple l’AI for Food de l’Université de Guelph, un centre dédié à l’intelligence artificielle (IA) et aux données en agroalimentaire.

Toutefois, pour véritablement élargir les horizons des étudiants, les établissements non spécialisés en agriculture devraient envisager de faire davantage pour présenter les possibilités de carrière en agriculture aux étudiants. Pour ce faire, il faut favoriser les relations entre les universitaires et l’industrie, notamment en faisant participer des chercheurs non spécialisés en agriculture à des conférences agricoles existantes qui n’attirent généralement que des délégués issus du secteur, afin de les informer des occasions qui s’offrent à leurs étudiants.

L’organisation de stages en milieu agricole permettrait aux étudiants qui ne suivent pas de cursus agricole de découvrir par eux-mêmes les possibilités de carrière offertes dans ce secteur. Pour multiplier les possibilités de placements, il faut un engagement accru de la part du secteur, ce qui est particulièrement important à une époque où les technologies perturbatrices telles que l’IA réduisent le nombre d’emplois de premier échelon. Un tel engagement pourrait s’appuyer sur des programmes efficaces comme le Programme d’emploi et d’acquisition de compétences des jeunes. Les programmes de formation et d’expérience pour les jeunes, comme le Programme d’emploi et d’acquisition de compétences des jeunes, pourraient également envisager de mettre en place des volets de recrutement dans les domaines des STIM, du commerce ou du développement durable pour les jeunes qui possèdent les aptitudes recherchées par le secteur.  

ÉTUDE DE CAS :

L’approche de Sustainable Food Systems for Canada (SF4C) consiste à tirer parti d’un réseau d’établissements d’enseignement pour offrir un apprentissage par l’expérience à la prochaine génération.

Lancée grâce à une subvention à la recherche accordée par le gouvernement fédéral, SF4C est une plateforme de formation et d’innovation agroalimentaire conçue pour familiariser les apprenants, qu’ils soient issus ou non du domaine agricole, avec les aptitudes en innovation agricole dont le secteur a besoin pour croître. Fondé en 2025, le réseau pancanadien comprend 13 universités et collèges, des organisations autochtones, des incubateurs d’entreprise et des groupes d’innovation sectorielle et offre ce qui suit :

  • Aptitudes : permet de former des milliers de professionnels hautement qualifiés et prêts à travailler grâce à des plateformes de rehaussement des aptitudes comme les microcertifications.

  • Collaboration : favorise les partenariats intersectoriels en créant un guichet unique où les participants peuvent utiliser les espaces d’apprentissage par l’expérience et de collaboration qui attirent les parties prenantes pour les marathons de programmation, les concours d’argumentaires et les séances de conception.

  • Mentorat : réduit l’ampleur du déficit d’innovation en agroalimentaire en préparant les entreprises en démarrage aux programmes d’incubateur et d’accélérateur existants. SF4C offre du mentorat, des contacts pour l’obtention de financement et du soutien à la commercialisation aux futurs entrepreneurs qui se préparent à amasser des fonds et à présenter leur projet à des incubateurs et à des accélérateurs.

L’approche du réseau consiste à mettre en commun les ressources afin de réduire les chevauchements dans la formation agroalimentaire au Canada et vise à offrir aux Canadiens des expériences concrètes en agriculture.

La recherche et le développement dans le secteur agroalimentaire canadien ont donné lieu à des innovations qui ont rapporté des milliards : la pomme Spartan, le canola et les pommes de terre Yukon Gold, pour n’en citer que quelques-unes. Ils ont également fait du pays un chef de file mondial dans le domaine du développement transformateur, notamment dans la production de tomates de serre, la génétique animale et le bien-être animal, ainsi que la production céréalière à grande échelle. Cependant, la baisse des investissements en recherche et développement et les obstacles dans le pipeline d’innovation ont diminué l’avantage concurrentiel du secteur. Par conséquent, les entreprises en démarrage quittent le Canada, souvent vers les États-Unis, pour obtenir du financement et tester leurs innovations. Quant aux agroentreprises multinationales, elles transfèrent leurs investissements en recherche et développement à l’étranger.

Les connaissances agricoles sont en chute libre : il est essentiel d’investir dans la recherche et le développement pour stimuler l’innovation et attirer les talents. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada ont augmenté de 500 millions de dollars leur investissement dans le cadre stratégique pour l’agriculture actuel, le Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCA durable) (2023-2028), un programme de financement quinquennal de 3,5 milliards de dollars. Néanmoins, les investissements publics du Canada dans la recherche et le développement sont en baisse. Selon l’OCDE, la production de connaissances agricoles a reculé de 15 % en 10 ansa 11.Parallèlement, l’Australie, le Brésil et les États-Unis ont enregistré une augmentation des dépenses publiques. On prévoit que les investissements fédéraux du Canada dans les sciences et l’innovation agricoles diminueront encore davantage, soit de 12 % d’ici 202712. Ces compressions compromettent la capacité du gouvernement à participer à des réseaux d’instituts de recherche et développement et à établir des partenariats public-privé efficaces.

Le soutien gouvernemental à la commercialisation de la recherche et du développement en agriculture diminue dans le cadre de son portefeuille de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique. Agri-innover, le programme fédéral visant à favoriser la commercialisation dans le secteur agricole, a vu son budget diminuer de 42 %, passant de 165 millions de dollars (2013-2018) à 95 millions de dollars (2023-2028)13.

Le financement privé évolue : on observe également un fossé grandissant entre l’industrie et le monde universitaire, les entreprises ayant réduit leurs financements externes destinés à la recherche et au développement dans les universités. Les investissements privés dans la recherche interne évoluent également. Alors que les entreprises agricoles canadiennes continuent d’augmenter leurs investissements dans la recherche et le développement internes – passant de 101 millions de dollars en 2018 à 120 millions de dollars en 2023 –, les investissements des entreprises internationales dans la recherche et le développement agricoles internes au Canada ont chuté de 60 millions de dollars en 2018 à 40 millions de dollars en 202314.

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Le volume d'activités de recherche et développement confiées aux universités par le secteur privé a baissé de 77 %.

Les centres d’innovation performants reposent souvent sur des regroupements d’universités, de collèges, d’entreprises et de gouvernements qui collaborent tout au long du cycle d’innovation, de la recherche d’idées à la croissance15. Au Canada, les perspectives de création de tels centres pour l’agriculture se détériorent, le nombre d’entreprises menant des activités de recherche et développement axées sur l’agriculture ayant diminué de 29 % au cours des dix dernières années16.

Le Canada n’est pas le premier pays où les innovateurs testent leurs solutions : au cours de la dernière décennie, il est passé de la troisième à la dixième place parmi tous les pays en termes de valeur des investissements dans les technologies agroalimentaires17 18. Le Canada dispose des outils nécessaires pour accélérer la commercialisation de la recherche et du développement, mais ceux-ci sont sous-utilisés. Il s’agit notamment de mécanismes comme le Programme d’examen accéléré pour les technologies vertes de l’Office de la propriété intellectuelle du Canada (OPIC), qui peuvent être utilisés pour positionner le Canada comme un concurrent de taille dans le domaine des technologies agricoles. Bien que l’utilisation de ce programme reste faible, son taux d’octroi de brevets est plus élevé, soit 95 % contre 69 % pour les demandes de brevet standard19. Cela représente un avantage concurrentiel potentiel pour le Canada dans le domaine des technologies agricoles susceptibles d’avoir des résultats environnementaux positifs, alors que le United States Patent and Trademark Office met fin à son programme pilote d’atténuation des changements climatiques. Cependant, le Canada a encore beaucoup de chemin à parcourir, car il ne figure pas parmi les cinq premiers pays en matière de dépôt de demande de brevet dans les principaux sous-domaines des technologies agricoles : lutte contre les parasites et les maladies, adaptation et génétique des cultures, agriculture intelligente (p. ex. capteurs), gestion du bétail, cartographie et imagerie20. Il faudrait s’attaquer au délai de mise en œuvre des innovations agricoles au Canada afin d’attirer davantage d’investissements et de recherche et développement au pays, car le déficit commercial du Canada dans le domaine des pesticides et des produits chimiques agricoles a augmenté de 159 % au cours des dix dernières années21.

Les investissements dans les technologies agroalimentaires aux États-Unissont 22 fois plus impotants qu'au Canada

Les incitations à la recherche et au développement ne sont pas aussi lucratives que dans d’autres pays de l’OCDE : le Canada offre des incitations fiscales importantes pour les investissements dans la recherche et le développement en pourcentage du PIB, se classant au 9e rang de l’OCDE. Toutefois, si l’on considère l’ensemble des incitations à la recherche et au développement, il manque des plateformes de financement de contrepartie transformateur, et le pays se classe au 23e rang des pays de l’OCDE en termes de dépenses directes de recherche et développement en pourcentage du PIB22. Il existe des programmes qui offrent des possibilités de financement à coûts partagés pour la recherche et le développement ainsi que pour la commercialisation, notamment Agri-science et Agri-innover. Toutefois, les compressions budgétaires, les inefficacités dans la prestation des programmes et certains décalages entre les priorités de recherche et les besoins de l’industrie risquent généralement de nuire à l’innovation23.

Il faut favoriser une approche axée sur les résultats afin de stimuler la demande privée pour la recherche et le développement et la commercialisation en agriculture au Canada. Une option consiste à prioriser l’agriculture en tant que secteur pilote de la future Corporation d’innovation du Canada (CIC). Prioriser l’agriculture, qui souffre d’un problème évident en matière d’innovation caractérisé par un manque de dépenses en recherche et développement et en commercialisation, pourrait constituer un exemple pour le reste du Canada sur la manière de rationaliser et de réorienter l’approche d’un secteur en matière de recherche et développement afin de se concentrer sur l’obtention de résultats applicables pour l’industrie et l’économie en général. 

ÉTUDE DE CAS :

GrowAG, la plateforme numérique d’AgriFutures, est une plateforme centralisée qui permet de mettre en relation les acteurs et d’investir dans des projets d’innovation agricole en Australie.

AgriFutures Australia est un institut centralisé de recherche et développement dont la mission est de tirer parti des financements publics et privés, en combinant les fonds provenant des taxes de l’industrie, des contributions gouvernementales et des investissements privés. Il a pour mandat spécifique de répondre aux besoins en matière de recherche et développement tant des industries spécifiques soumises à taxation que des secteurs agricoles entièrement nouveaux. Cette position unique lui permet d’agir comme catalyseur de la croissance future de l’industrie, une fonction qui, dans d’autres pays, est souvent répartie entre plusieurs organisations.

La plateforme GrowAG d’AgriFutures contribue à remédier à la fragmentation de l’innovation agricole en créant un guichet unique regroupant des projets de recherche, des possibilités de financement, des entreprises en démarrage et de nouvelles occasions de collaboration, ce qui facilite l’accès aux occasions pour ceux qui cherchent à établir des partenariats dans les domaines de la recherche et du développement, de la commercialisation et de la croissance d’entreprise.

Il s’agit d’une « passerelle » d’innovation qui offre non seulement un centre d’échanges aux investisseurs, chercheurs et entreprises en démarrage du pays, mais qui fournit également aux utilisateurs internationaux un moyen clair de découvrir les occasions d’investissement dans l’innovation agricole australienne.

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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance des énergies renouvelables au Canada. Dans son récent rapport, elle s’attend toujours à ce que le Canada ajoute 21 gigawatts de capacité en matière d’énergies renouvelables d’ici 2030, soit près du double de la croissance enregistrée au cours des six dernières années, et ce, principalement dans les domaines de l’énergie éolienne terrestre et de l’énergie solaire photovoltaïque à des fins commerciales. Cependant, cela représente une baisse de 11 % par rapport à ses prévisions de 2024. Cette réévaluation s’explique notamment par les difficultés persistantes liées au réseau électrique, ainsi que les modifications apportées aux politiques et à la réglementation en Alberta. L’AIE constate également un revirement majeur ailleurs dans le monde. En effet, la croissance des énergies renouvelables s’essouffle aux États-Unis et en Chine, les deux plus grands marchés mondiaux, dans un contexte de changements politiques, de vulnérabilité des chaînes logistiques et de pressions financières.

La croissance des énergies renouvelables accuse un coup aux États-Unis et au Canada

Le Canada peut-il attirer les demandeurs de visas H1-B qui ne sont plus les bienvenus aux États-Unis ? Malgré toutes les discussions sur la possibilité que le Canada tire parti des problèmes de visas aux États-Unis pour attirer les meilleurs talents, un constat lucide s’impose : le délai de délivrance d’un visa pour démarrage d’entreprise par le gouvernement canadien est de 53 mois. Une nouvelle étude de Betakit révèle que ce programme, vieux de 10 ans, se heurte à plusieurs obstacles, le gouvernement ayant freiné le processus dans le cadre d’un ralentissement plus général de l’immigration. Pour attirer certains des cerveaux les plus brillants au monde dans les domaines du climat, des technologies propres et de l’innovation, les décideurs politiques devront faire preuve de vivacité d’esprit et accélérer la cadence.

David Greybeard a changé la vie de Jane Goodall. Le chimpanzé à la pilosité faciale argentée a été le premier animal que Mme Goodall a vu utiliser des outils et manger de la viande. Il est à l’origine de sa longue quête de protection de l’environnement et de la biodiversité. Mme Goodall, qui est décédée la semaine dernière à l’âge de 91 ans, anthropomorphisait les animaux (elle rejetait la pratique établie consistant à utiliser des numéros pour identifier les sujets et préférait leur attribuer des noms). En personnalisant son approche, elle leur donnait de la valeur et, par l’intermédiaire du Jane Goodall Institute, elle a contribué à sauver d’innombrables espèces (non anonymes). Elle était en avance sur son temps, mais sa cause gagne enfin du terrain.

Lecture complémentaire : Unearthing Value: How nature can play a critical role in pro-growth agendas – RBC (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Le secteur agricole canadien a tout ce qu’il faut pour être le meilleur au monde : des sols productifs, un climat tempéré, une mécanisation avancée des activités et une industrie agroalimentaire en pleine croissance. Toutefois, selon un nouveau rapport de Leadership avisé RBC, l’exploitation de ces forces n’est pas chose simple. Le secteur peine à attirer la bonne combinaison de talents et à maintenir le niveau d’investissement en recherche et développement requis pour rester un chef de file mondial.

Les travaux de Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, illustrent l’ampleur du défi à relever :

  • L’agriculture canadienne présente un potentiel immense, mais la courbe d’innovation pourrait s’aplanir. Le Canada abrite certains des sols les plus productifs et des agriculteurs les plus innovants au monde. Néanmoins, la croissance annuelle de la productivité du secteur a diminué pour atteindre environ 1 % au cours de la dernière décennie (contre 2 % durant la décennie précédente), ce qui laisse croire que peu d’innovations révolutionnaires parviennent jusqu’aux exploitations agricoles.

  • Le secteur n’attire pas suffisamment de talents. Le taux de postes vacants y est supérieur de 1,5 % à la moyenne nationale. Moins de 1 % des diplômés en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques ou en commerce, qui jouent un rôle de plus en plus important dans les exploitations agricoles modernes, choisissent une carrière en agriculture.

  • L’écosystème de recherche et développement est de moins en moins diversifié. Les investissements publics dans la production de connaissances agricoles, qui comprennent la recherche et le développement, ont reculé de 15 % depuis 2010. Le volume d’activités de recherche et développement confié aux universités par le secteur privé a chuté de 77 % dans les cinq dernières années. En outre, au cours de la dernière décennie, le nombre d’entreprises qui mettent en œuvre un programme de recherche et développement a baissé de 29 %.

  • D’autres pays nous devancent. Le Canada se trouve maintenant derrière l’Australie, les États-Unis, le Japon et le Brésil en ce qui concerne les investissements publics en matière de production de connaissances agricoles. La commercialisation des produits agricoles locaux est en déclin, tandis que la balance commerciale du pays s’améliore dans des domaines d’innovation comme ceux des produits chimiques, des engrais et des services agricoles.

  • La commercialisation des solutions agricoles prend de l’ampleur chez nos voisins du sud. Au cours des cinq dernières années, les investissements dans les jeunes pousses spécialisées dans les technologies agroalimentaires ont été 22 fois supérieurs aux États-Unis par rapport au Canada. Cet énorme écart attire les entreprises canadiennes à la recherche de capitaux, de mentorat et d’applications commerciales au sud de la frontière.

Afin de combler le déficit de compétences dans le secteur agricole, RBC a lancé aujourd’hui à Winnipeg une initiative d’investissement visant à soutenir la prochaine génération d’agriculteurs canadiens. Lancée aux côtés du premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, l’initiative Générateur RBC prévoit un investissement de 5 millions de dollars sur cinq ans dans l’agriculture des Prairies. Elle devrait s’étendre grâce à des programmes offerts dans le cadre d’un mouvement national avec les agriculteurs, la CANZA, Nature United, Sustainable Food Systems for Canada (SF4C) et des initiatives agricoles durables autochtones.

ÉNERGIE NUCLÉAIRE

La semaine dernière, à l’occasion du forum sur les petits réacteurs modulaires (PRM) qui se tenait à Edmonton, Vivan Sorab de Leadership avisé RBC a animé une table ronde sur le rôle de ceux-ci dans l’atteinte des objectifs énergétiques mondiaux.

Le groupe d’experts constitué de Carl Marcotte (Atkins Realis), William Smith (Terrestrial Energy), Lisa McBride (GE Vernova Hitachi) et George Christidis (Association nucléaire canadienne) a également abordé la question des avantages du Canada. Voici quelques-unes des principales conclusions :

  • L’avantage concurrentiel du Canada réside dans la collaboration : L’Ontario a pris les devants en lançant la construction du premier PRM du G7 pouvant être raccordé au réseau. Le projet a mis à contribution le gouvernement, les services publics, la chaîne d’approvisionnement en énergie nucléaire canadienne et des universitaires pour bâtir la première nouvelle centrale nucléaire au Canada depuis trois décennies. Au moment où des provinces qui ne possèdent pas d’installations nucléaires envisagent pour la première fois de se lancer dans cette voie, il est essentiel de s’inspirer de cette collaboration.

  • Le Canada doit saisir la balle au bond : Grâce à des initiatives comme la feuille de route des PRM et à l’avantage pour les investisseurs de la première heure dans la construction de PRM, le Canada s’est taillé une place de choix dans le domaine du nucléaire de nouvelle génération. Cependant, comme la concurrence des États-Unis et d’autres pays s’intensifie, le Canada doit agir rapidement pour conserver sa position de chef de file et veiller à ce que son expertise lui permette de garantir sa sécurité énergétique et contribue à la décarbonation de la planète. Une plus grande synergie entre les gouvernements fédéral et provinciaux sera déterminante.

  • Les investissements doivent augmenter : Il faudra injecter de l’argent pour soutenir les installations futures, la chaîne logistique en pleine croissance et la main-d’œuvre qualifiée nécessaire.

  • Les PRM coûtent cher. Les quatre PRM de la société Ontario Power Generation situés à Darlington, d’une capacité de 300 mégawatts, devraient coûter 20,9 milliards de dollars. En comparaison, une centrale électrique saskatchewanaise au gaz naturel, d’une capacité de 377 mégawatts, affiche une facture de 825 millions de dollars. Bien que les PRM puissent avoir une valeur géostratégique, ils devront rivaliser avec le gaz, l’hydroélectricité et les grosses centrales nucléaires pour attirer des capitaux.

  • Les communautés autochtones sont au premier plan : La prise en compte des communautés autochtones sera de rigueur pour favoriser la réussite de tout projet. Il faudra les consulter dès le départ et veiller à ce qu’elles puissent participer.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

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➔ Semaine du climat de New York : oubliez un instant la marche arrière des États-Unis

➔ Énergie éolienne : la Nouvelle-Écosse voit grand

➔ Notre rapport Unearthing Value souligne le rôle du capital naturel dans les plans de croissance

La semaine du climat de New York a lieu contre vents et marées. Dans le cadre de l’événement annuel en cours cette semaine à New York, plus de 1 000 séances vont s’y tenir, portant sur l’Arctique, la mode durable, les minéraux critiques et autres grands enjeux. L’événement a pour toile de fond les multiples volte-face opérées par Washington en ce qui a trait aux énergies propres. Le nombre record de sujets abordés et de participants (on en attend plus de 100 000) semblent indiquer que l’engouement pour la transition énergétique n’a pas nécessairement faibli pour autant.

Le projet Wind West de la Nouvelle-Écosse a le vent en poupe. D’une puissance de 5 000 MW, les installations qui seraient construites au coût de 60 milliards de dollars pourraient faire des provinces de l’Atlantique un pôle majeur en matière d’énergie non polluante. Ottawa, qui estime que la proposition a sa place parmi les grands projets d’intérêt national, est en train d’examiner dans quelle mesure l’appétit des investisseurs pourrait stimuler la production d’énergie renouvelable sur la côte Est. Toutefois, comme l’admettent les auteurs du plan stratégique, « ce ne sera pas facile », compte tenu des enjeux réglementaires et de la compétitivité des coûts. La Nouvelle-Écosse recherche le soutien du gouvernement fédéral, qui prendrait la forme de crédits d’impôt pour investissement et de prêts à faible taux d’intérêt accordés par la Banque de l’infrastructure du Canada. La province souhaite aussi que la nation micmaque achète des titres de participation. Les différentes mesures de soutien pourraient avoir pour effet de réduire les coûts du projet à 170 $/MWh – les Néo-Écossais, l’année dernière, payaient leur électricité 51,86 $/MWh.

L’Australie se présente comme un chef de file du stockage du CO2. Aux antipodes du Canada, la grande île mise sur son sous-sol pour devenir un acteur majeur du stockage du CO2 dans la région Asie-Pacifique. Dans son tout nouveau plan pour la carboneutralité dévoilé la semaine dernière, l’Australie s’engage en effet à réduire, d’ici dix ans, ses émissions d’au moins 62 % par rapport à 2005. En mettant l’accent sur le captage du CO2, investissements à l’appui, le pays cherche à compenser les émissions liées à sa production de gaz naturel et à son secteur minier.

Quand, à propos de la stratégie qu’il compte mettre en œuvre, Mark Carney parle de « compétitivité carbone », il se livre à une intéressante association de mots. Sous Justin Trudeau, il était plutôt question de réduction des émissions en général et de plafonnement de celles du secteur pétrogazier en particulier. Les mots que choisit son successeur traduisent une perspective bien différente : comment concilier la croissance de l’économie et les politiques de réduction des émissions, de stockage du CO2 ou de production faiblement carbonée ?

Dans ce contexte de réalignement politique, nous nous posons cinq grandes questions :

  • Que va devenir le système de tarification du CO2 émis par les industriels ? Le gel prévu par l’Alberta pour le prix de sa taxe carbone en 2026 et le retrait de la Saskatchewan constituent un défi aux règles fédérales. Mark Carney va devoir expliquer comment son gouvernement pourra soutenir les investissements en faveur des technologies propres sans s’aliéner les provinces.

  • Comment gérer l’ajustement du prix du carbone à la frontière ? Le Canada envisage d’appliquer des droits de douane visant à protéger son industrie contre les importations de biens produits à moindre coût par des installations plus polluantes mais, compte tenu des tensions commerciales avec Washington, cela risque de froisser notre voisin. Comme notre économiste Farhad Panahov l’écrivait récemment dans un rapport, « Des écarts importants entre la tarification carbone du Canada et celle de ses partenaires commerciaux peuvent nuire à la compétitivité du pays en période de bouleversements structurels d’envergure mondiale. » L’approche du gouvernement fédéral est-elle d’ailleurs réaliste ? Les « ajustements carbone à la frontière » pourraient-ils ne s’appliquer qu’à la Chine et à d’autres partenaires commerciaux non membres de l’OTAN ?

  • Que va-t-il advenir du plafonnement des émissions du secteur pétrogazier ? Va-t-il être maintenu, supprimé ou revu ? La décision prise sera d’une importance vitale pour le secteur énergétique canadien.

  • Comment relancer le financement des technologies propres ? Il existe déjà un certain nombre de crédits d’impôt pour investissement. Que peut faire encore Ottawa pour stimuler un financement en perte de vitesse ?

  • Pouvons-nous encore atteindre les objectifs de l’Accord de Paris ? Le gouvernement Carney dit maintenir son engagement à l’égard des objectifs qu’il s’est fixés pour 2030. Or l’Institut climatique du Canada estime que le pays ne se dirige pas dans la bonne direction. Que peut faire Mark Carney – ancien envoyé spécial de l’ONU pour le financement de l’action climatique – pour corriger le tir ?

Mise en service d’une nouvelle thermopompe intelligente au Canada. Le modèle Air de la jeune entreprise Jetson de Vancouver peut être raccordé aux conduits existants et fonctionne jusqu’à -30 °C. Un module recourant à l’IA analyse les conditions météorologiques, la consommation de l’immeuble et la qualité de l’air intérieur pour ajuster les paramètres ; l’occupant utilise ainsi moins d’électricité et fait des économies. Le PDG de Jetson, Stephen Lake, dirigeait auparavant une autre jeune pousse, North, ce fabricant de lunettes intelligentes que Google a acheté en 2022. Il explique que le logiciel qu’utilise la nouvelle thermopompe permettra d’importants gains d’efficacité. Cela pourrait fortement contribuer à la réduction des émissions – au Canada, le chauffage compte pour 13 % des émissions de GES liées à la consommation d’énergie.

➔ Une entreprise enfantée par le laboratoire de l’Université McGill a recueilli 3,5 M$ auprès d’investisseurs intéressés par son projet pilote de fabrication de dispositifs de stockage d’énergie fonctionnant au fer. Une fois au point, un tel équipement pourrait réduire de beaucoup la consommation de carburants fossiles (diesel et autres) dans l’industrie lourde.

➔ Les membres de l’Union européenne n’ont pas réussi à s’entendre sur un plan climatique contraignant avant l’Assemblée générale de l’ONU prévue cette semaine. Ils se sont contentés d’une déclaration d’intention selon laquelle leurs émissions diminueraient de 72,5 % d’ici 2035.

➔ Robert Redford, décédé la semaine dernière, n’était pas seulement une icône d’Hollywood, mais aussi un militant qui avait le don de parler de changements climatiques. On lui doit le Sundance Film Festival, qui a fait connaître plusieurs films consacrés à l’environnement. L’acteur avait aussi mis sur pied le Redford Centre ; sur les 60 films traitant d’action ou d’inaction en matière de climat dont cette entité à but non lucratif a soutenu la production, 11 ont été inscrits aux programmes des plateformes de diffusion en continu.

Nature

Environ la moitié du PIB mondial (soit plus de 78 000 milliards de dollars) dépend dans une grande mesure ou modérément de la nature. Or les pays ne comptabilisent son apport qu’une fois la ressource (poisson, céréales, bois d’œuvre…) extraite ; les services écosystémiques sont très peu pris en compte. Dans notre rapport, Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, explique comment le recours au « capital naturel » peut tout à fait s’inscrire dans les stratégies de croissance.

Voici quelques-uns des constats du rapport :

  • En tant que moteur économique, le capital naturel est encore sous-utilisé. Au cours des vingt-cinq dernières années, le PIB des secteurs qui dépendent de la nature au Canada (foresterie, agriculture, mines, pêche…) a enregistré une croissance d’une année sur l’autre inférieure de 0,3 % au reste de l’économie. Une tendance similaire a été observée aux États-Unis et au Royaume-Uni.

  • Ignorer la nature, c’est compromettre la prospérité. Alimentation, tourisme, bâtiment… : plus de la moitié de l’économie mondiale (soit environ 78 000 milliards de dollars) dépend de la nature. Au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, où l’on cherche à relancer l’économie, les ressources naturelles s’épuisent. Or la croissance à long terme repose en grande partie sur elles.

  • Une possibilité qui se présente rarement nous est actuellement offerte de mettre à profit le capital naturel pour continuer à bâtir nos nations. Les pays qui inventorient et font fructifier leur capital naturel se donnent la possibilité de générer davantage de croissance et d’attirer des investisseurs étrangers que ce secteur intéresse. La mobilisation des acteurs financiers qui s’ensuit entraîne une hausse de la demande. Les besoins sont chiffrés à 580 000 milliards de dollars d’ici 2030 et à près de 940 000 milliards d’ici 2050.

  • La montée en puissance dépend des capitaux privés. En matière de capital naturel, le financement est assuré à 82 % par les gouvernements (222 000 milliards de dollars). Le secteur privé attend en effet de leur part des signaux plus clairs et veut avoir l’assurance que ses investissements produiront les effets attendus.

  • Sur les marchés financiers et environnementaux, la nature occupe une place croissante mais demeure sous-représentée. La nature ne constitue qu’un petit segment de la finance durable. En 2025, les crédits carbone auxquels elle donnait lieu représentaient 13 % de ceux offerts sur les marchés volontaires du carbone, alors que leur part dans la création annuelle de nouveaux crédits pourrait être de 50 %.

  • L’intégration des politiques, l’IA et (tiens donc !) des mesures comptables permettraient de mieux faire figurer la nature dans les bilans et les plans de croissance. Au Canada, ces trois approches vont justement subir un test : la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière de minéraux critiques et le lancement de grands projets miniersvont être l’occasion d’intégrer les valeurs autochtones et les bases de connaissances aux cadres de comptabilisation du capital naturel.

  • Lisa Ashton présente aujourd’hui son rapport, Unearthing Value, consacré à l’économie du milieu naturel. Aux côtés de Nature United, elle animera aussi un groupe de discussion dans le cadre de la Semaine du climat de New York.

  • Cette semaine, notre équipe a accueilli une délégation de représentants du Congrès et d’agents d’ambassade avec lesquels elle discutera des possibilités de coopération accrue entre les États-Unis et le Canada sur la question des minéraux critiques.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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La Semaine du climat NYC de la semaine dernière illustre clairement que le mouvement en faveur de l’agriculture régénératrice prend de l’ampleur.

L’agriculture régénératrice est un moyen pour les agriculteurs de constituer un capital naturel, car cette approche leur permet d’accumuler des actifs tels que la santé des sols, l’eau potable et la biodiversité tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Les mécanismes financiers visant à mobiliser l’investissement en faveur de l’adoption de l’agriculture régénératrice comportent un large éventail de solutions : marchés du carbone, programmes de réduction des émissions, subventions gouvernementales, etc. Cependant, ces solutions ne sont pas accessibles à tous les agriculteurs et certaines, comme les produits de finance durable, n’en sont qu’à leurs balbutiements. Le marché et l’environnement politique qui soutiennent l’agriculture régénératrice sont donc en pleine évolution.

Lors de la Semaine du climat NYC, le groupe Leadership avisé RBC, en collaboration avec Nature United, a présenté Unearthing Value, un nouveau rapport sur le rôle critique que peut jouer la nature dans les programmes de stimulation de la croissance. Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, RBC, et coauteure du rapport, a passé quelques jours à la conférence de New York.

Voici quelques réflexions qu’elle a entendues.

  • La vision étroite concentrée sur le carbone n’est pas une si mauvaise chose. Selon les détracteurs de cette approche, le fait de se concentrer uniquement sur les avantages climatiques (élimination du carbone, atténuation des GES) liés aux techniques comme les cultures de couverture, la réduction du labour et la gestion des nutriments peut faire oublier les nombreux services écosystémiques offerts par l’agriculture régénératrice, en particulier l’amélioration de la productivité, la filtration de l’eau et le renforcement de la biodiversité. Toutefois, cette vision étroite a conduit à de véritables percées en matière d’accès au marché et de comptabilisation et mesure des GES, qui n’auraient peut-être pas été possibles sans un effort concerté des gouvernements, des chaînes logistiques agroalimentaires et du secteur du développement durable, et qui ont fait ressortir les avantages de l’agriculture régénératrice dans le domaine de l’action sur le climat. Les percées dans les protocoles de mesure, de déclaration et de vérification des GES ont fourni une plateforme à partir de laquelle ont émergé d’autres avantages de l’agriculture régénératrice. Par exemple, les protocoles des GES aident à mesurer le carbone du sol, qui est un indicateur de biodiversité, de santé et de résilience des sols. Par conséquent, d’autres avantages pourraient se cumuler aux initiatives axées sur le climat, comme les programmes de réduction du carbone.

  • Il est temps de faire fructifier l’argent investi dans l’agriculture régénératrice. Les investissements phares comprennent le Fonds d’action à la ferme pour le climat de 704 millions de dollars, au Canada, le fonds United States Department of Agriculture’s Partnerships for Climate-Smart Commodities de 4,2 milliards de dollars, aux États-Unis, et l’investissement de PepsiCo dans l’agriculture régénératrice d’une valeur de plus de 300 millions de dollars. Ces investissements, combinés à d’autres, ont permis de poser les bases d’une sensibilisation à l’importance de la résilience environnementale des systèmes agricoles mondiaux, en établissant des cadres de pratiques exemplaires pour les agriculteurs et les agronomes et des programmes destinés aux chaînes logistiques agroalimentaires. L’argent frais peut se baser sur ces produits pour parvenir directement aux agriculteurs et avoir un impact positif. Les partenariats peuvent aussi aider à mieux faire fructifier les investissements. Les sociétés, les gouvernements et les agriculteurs qui investissent dans les mêmes pratiques et les mêmes régions peuvent apporter une contribution équivalente aux investissements et former des partenariats pour combler leurs lacunes, par exemple avec des sociétés alimentaires associées à des entreprises agroalimentaires ayant déjà des agronomes en poste pour travailler sur le terrain avec les agriculteurs.

  • L’élaboration d’une définition rigide de l’agriculture régénératrice pourrait être une perte de temps. Les secteurs de l’agriculture et du développement durable n’ont pas fini de définir ce concept. Établir une limite entre ce qui est une agriculture régénératrice et ce qui n’est pas une agriculture régénératrice pourrait exclure certains agriculteurs et systèmes de production qui adoptent des pratiques conformes aux principes de l’agriculture régénératrice, avec des résultats positifs pour l’environnement et la productivité des agriculteurs. Le ton a été clair parmi les intervenants à la conférence : mettre l’accent sur des programmes qui fonctionnent pour les agriculteurs et qui produisent des résultats mesurables, et arrêter de s’inquiéter d’une définition de l’agriculture régénératrice.

1. Empreinte carbone des produits. Approche que les sociétés agroalimentaires peuvent adopter pour suivre la quantité totale d’émissions de GES liées aux produits qu’elles achètent tout au long de leur parcours dans la chaîne logistique. Cette approche diffère de la compensation carbone et de la réduction des émissions de carbone, car l’empreinte carbone est directement liée au produit alimentaire. En outre, l’empreinte carbone des produits aide les sociétés à atteindre certains objectifs de chaîne logistique, comme la participation à l’action sur le climat, à renforcer la transparence et la traçabilité, et à mettre l’accent sur les produits dont les caractéristiques intéressent les consommateurs soucieux de durabilité. Bien que cette approche réponde à la problématique d’intégrer les sociétés n’ayant pas investi dans l’agriculture régénératrice, elle a ses propres limites découlant de la granularité des données et de la connectivité des chaînes logistiques – qui sont des prérequis.

2. L’agriculture régénératrice est en voie de s’étendre d’un modèle « entreprise à entreprise » à un modèle « entreprise à consommateur », grâce à l’étiquetage des emballages alimentaires. Les investissements dans l’agriculture régénératrice ont grandement bénéficié des objectifs de durabilité des sociétés agroalimentaires et du secteur agroalimentaire, et de leur volonté de renforcer la résilience dans leurs régions d’approvisionnement. De nos jours, les consommateurs s’intéressent de plus en plus à l’étiquetage des produits de l’agriculture régénératrice. Grâce aux étiquetages mettant en avant les pratiques régénératrices, les consommateurs peuvent choisir les produits en fonction de leurs caractéristiques de conservation. Ces étiquetages sont souvent fondés sur des normes telles que la certification d’agriculture régénératrice de la Rainforest Alliance.

3. Augmentation des investissements dans le secteur de l’eau pour renforcer la résilience aux changements climatiques. Le public ressent les effets des changements climatiques principalement par l’entremise de l’eau. Les agriculteurs ne font pas exception. Les sécheresses, les pluies de plus en plus abondantes et les précipitations hors saison augmentent la volatilité dans la gestion des exploitations agricoles. Nous assistons à un essor des investissements et des stratégies visant à renforcer la résilience de l’agriculture par rapport à l’eau. Les exemples comprennent la Stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau promulguée par l’Union européenne et publiée à l’été 2025, qui prévoit des économies d’eau couvrant 40 % des terres agricoles en 2030, et le programme d’investissement d’infrastructure dans les systèmes d’irrigation en Alberta et dans la région de Niagara de l’Ontario.

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À la COP28 de 2023, 25 pays ont déclaré leur intention de tripler leur capacité nucléaire d’ici 2050, ouvrant la voie à une nouvelle course au déploiement de l’énergie nucléaire. Plusieurs changements structurels ont accéléré cet élan, encouragés par l’avantage concurrentiel du nucléaire pour alimenter les centres de données de l’intelligence artificielle et la fabrication de pointe, et par l’importance cruciale de la sécurité énergétique dans un ordre géopolitique en mutation.

Où en est le Canada dans un monde qui revient à l’énergie nucléaire ?

Le Canada a une occasion à saisir, mais il devra agir vite s’il veut en profiter. Ses principaux atouts comptent son statut de pionnier dans la construction d’un petit réacteur modulaire (PRM) raccordé au réseau, à l’est de Toronto, et ses 80 années d’expérience en tant que puissance nucléaire civile de premier ordre.

Le PRM de Darlington, dont la mise en service est attendue d’ici 2030, constitue la première construction de réacteur canadien depuis une trentaine d’années, avec une capacité potentielle de 300 000 foyers desservis. Ce projet témoigne surtout de l’excellence de l’Ontario en matière d’exploitation nucléaire et de chaîne d’approvisionnement, et ouvre la voie à la province pour mettre son expertise au service des réseaux qui relient la Saskatchewan et la Pologne en passant par le Tennessee.

Cependant, les rivaux du Canada sont aussi dans la course. Le programme pilote de réacteurs nucléaires de l’administration Trump a pour objectif qu’au moins trois réacteurs d’essais nucléaires de pointe passent à un stade avancé d’ici l’été 2026. Le programme de PRM de la Chine progresse également, comme en témoigne le réacteur chinois ACP100 de démonstration qui a franchi de nouveaux jalons de construction en 2025.

Légende de la photo – Vivan Sorab, de Leadership avisé RBC, anime une table ronde sur le rôle des PRM dans le triplement de la capacité nucléaire mondiale lors du forum 2025 de l’Association nucléaire canadienne consacré aux petits réacteurs modulaires, à Edmonton.

Le succès du Canada dépendra de la capacité du pays à dynamiser son secteur nucléaire afin de fournir de nouvelles capacités à des fins électriques et non électriques, et à sécuriser son approvisionnement en combustible nucléaire pour faire fonctionner les centrales nucléaires de demain.

Ce dont le Canada a besoin pour réussir :

Fonder l’approvisionnement en combustible nucléaire sur l’uranium canadien. La baisse potentielle de l’approvisionnement secondaire en uranium et l’émergence des PRM dans les années 2030 et 2040 entraîneront un remaniement des chaînes d’approvisionnement en combustible nucléaire, et nous assisterons à une augmentation des besoins de concentration, de conversion et d’enrichissement de l’uranium et de la demande de services liés à la production de combustible. Les gisements d’uranium du Canada, reconnus à l’échelle mondiale, ainsi que le savoir-faire canadien en matière de conversion et d’enrichissement de l’uranium sont des atouts qui pourraient favoriser l’établissement d’une chaîne d’approvisionnement de combustible nucléaire nord-américaine – et mondiale.

Collaborer avec les États-Unis pour assurer la sécurité énergétique nucléaire du continent. Les décennies d’expérience opérationnelle des États-Unis dans le secteur des réacteurs à eau bouillante (REB) seront précieuses pour le Canada au moment de construire son premier PRM sur le site du nouveau projet nucléaire de Darlington, sur la base d’un modèle REB. Le savoir-faire du Canada, en tant que pionnier dans la construction et le déploiement de PRM, jouera un rôle essentiel dans la réussite des projets de PRM similaires aux États-Unis, du début de leur construction à leur mise en service.

Rehausser la confiance des investisseurs Les risques liés à la construction ont entravé la participation du secteur privé au financement de nouveaux réacteurs nucléaires. Pour renforcer la confiance des investisseurs à l’égard des PRM, le succès de l’Ontario devra se traduire par la construction de nouveaux réacteurs. Cela dit, le soutien du gouvernement demeurera un facteur important, en particulier dans les territoires plus petits.

Promouvoir la mobilisation des Autochtones et l’équité. Le dialogue avec les communautés autochtones est essentiel pour assurer le succès des nouveaux projets nucléaires. L’effort comprend notamment la sensibilisation à la technologie, en particulier dans les collectivités où l’énergie nucléaire n’a jamais été développée auparavant, afin d’obtenir l’adhésion des collectivités et leur participation aux projets par l’entremise de la création d’emplois et de programmes de formation et de prise de participation.   

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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Les relations entre l’Inde et le Canada reprennent vie, et cette fois-ci le processus ne se limitera pas à quelques poignées de main. 

Il y a deux ans, Justin Trudeau avait plombé les relations entre les deux pays en déclarant publiquement que le gouvernement indien pouvait être impliqué dans le meurtre d’un activiste sikh canadien, Hardeep Singh Nijjar, à Vancouver. Cette accusation avait provoqué la plus forte crise bilatérale depuis des décennies. Par la suite, les deux gouvernements avaient expulsé des diplomates, gelé les services de visa et suspendu toute négociation commerciale. Puis Donald Trump est revenu au pouvoir, et la nouvelle ère de « L’Amérique d’abord » a relégué au second plan les autres politiques étrangères.

Cette semaine, les gouvernements Carney et Modi ont amorcé un rapprochement délicat qui fera appel à des compromis de part et d’autre. Plus important encore, ils devront faire le point sur leurs intérêts mutuels (plutôt que sur leurs valeurs communes) dans un monde de plus en plus divisé.

Le Premier ministre Mark Carney a ouvert la voie à une politique fondée sur les intérêts communs en invitant Narendra Modi au sommet du G7, en Alberta, au mois de juin. M. Modi, qui n’a jamais été un grand partisan de M. Trudeau, s’est emparé de cette occasion de faire la paix.

Les deux gouvernements ont promptement nommé de nouveaux hauts-commissaires et repris leurs discussions sur les questions de sécurité, en particulier sur l’affaire Nijjar, avec l’intention de ne pas laisser ce sujet dominer leurs relations bilatérales. 

Cette semaine, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand et son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, se sont rencontrés aux Nations Unies en prévision d’un voyage officiel de Mme Anand en Inde à l’automne. Ottawa a rapidement réagi en désignant le gang indien Bishnoi comme entité terroriste, ce qui aidera les deux pays à lutter contre la montée des activités criminelles indiennes au Canada.

Ce sont de bonnes nouvelles pour ceux qui souhaitent ranimer ce partenariat, en particulier dans les domaines du commerce et de l’investissement. Mais il n’est pas question d’un simple retour à une relation normale, car les deux pays sont sur des longueurs d’onde économiques, sociales et géopolitiques très différentes. Ils devront trouver des points d’intérêt stratégiques.

Dans ce nouveau virage vers l’Inde, le Canada devra composer avec un pouvoir plus ferme et plus indépendant. De plus, le Canada doit se faire à l’idée qu’une décennie d’occasions bilatérales a été complètement ou partiellement perdue. Durant cette décennie, la situation de l’Inde a considérablement changé. 

Le pays affiche la plus forte croissance du PIB nominal parmi les grandes économies mondiales, et le revenu des ménages a presque doublé grâce à l’essor des collectivités rurales. L’Inde, pays le plus peuplé au monde, se considère désormais comme une puissance économique et politique qui pèsera dans la balance d’ici le milieu du siècle. L’Inde est aussi en voie de devenir l’un des pays les plus avancés au monde sur le plan du numérique, grâce à son système d’identification biométrique Aadhaar qui couvre désormais plus de 90 % de la population.  

Au cours de la décennie passée, le Canada a accueilli (officiellement) 500 000 personnes d’origine indienne, ce qui fait de l’Asie du Sud sa principale source d’immigration. 

Ces deux dynamiques, à savoir la montée de l’Inde et la diversité du Canada, exigeront d’assurer un équilibre délicat.

Jusqu’à présent, M. Carney a réussi à s’élever au-dessus de la politique nationale et à placer les intérêts du Canada au centre de cet exercice d’équilibre. Son gouvernement a indiqué que le nouveau chapitre de sa politique indienne serait axé sur les questions économiques, avec notamment une amélioration des garde-fous visant à protéger les intérêts des deux pays de la politique de la diaspora.

Une politique axée sur les intérêts passe par un renforcement des liens commerciaux, tant sur le plan des échanges que de l’investissement. Au cours des cinq dernières années, l’Inde est devenue une option stratégique pour de nombreux Canadiens (et habitants d’autres pays) souhaitant s’éloigner de la Chine, et malgré le refroidissement, puis le gel des relations entre les deux pays, l’intérêt des grands investisseurs s’est accru. Entre 2019 et 2023, les caisses de retraite canadiennes ont dirigé 25 % de leurs capitaux d’investissement vers l’Inde, ce qui marque une hausse de 10 % par rapport aux 15 années précédentes. L’Inde a ainsi supplanté la Chine au deuxième rang des destinataires pour les caisses de retraite canadiennes, uniquement devancée par les États-Unis.

Le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario s’est tenu à l’avant-plan, investissant l’année passée dans l’infrastructure (National Highways Trust), le financement automobile (Kogta) et l’intelligence artificielle (Darwinbox). Le groupe Brookfield s’est montré tout aussi présent sur le marché indien avec l’acquisition d’actifs liés aux énergies propres et de sites de télécommunications. À la fin de septembre, il a également conclu un partenariat d’une valeur de 1 milliard de dollars américains avec GIC, un fonds souverain de Singapour, pour gérer plus de cinq millions de pieds carrés de bureaux dans trois grandes villes : Mumbai, Bangladeshrou et Hyderbad.

Sur le plan commercial, l’Inde est passée du 16e rang des partenaires du Canada en importance en 2008 au 10e rang en 2015 puis au 7e rang l’an dernier.

Il en va autrement du Canada, qui se classe seulement au 30e rang des partenaires de l’Inde. Le commerce bilatéral a atteint 31 milliards de dollars en 2024, en prenant en compte les services, contre 117 milliards de dollars avec la Chine. La baisse du nombre d’étudiants étrangers, qui constituent l’une des plus importantes sources de revenus indiens pour le Canada, ralentira encore plus ces progrès, car la politique du Canada, perçue comme une politique de repli, a entaché notre réputation auprès de toute une génération de jeunes Indiens instruits.  

Et ce n’est pas l’unique raison pour laquelle la volonté du Canada de relancer les négociations commerciales pourrait exiger de la patience. En effet, l’Inde et M. Modi, qui font preuve d’une confiance croissante, ne feront pas facilement des compromis, surtout sur des questions telles que les droits de propriété intellectuelle, que l’Inde considère depuis longtemps comme une forme de colonialisme occidental. 

Ces différences mises à part, les deux pays partagent des liens uniques et profonds, en grande partie tissés par la population indo-canadienne. À l’avenir, l’Inde souhaitera établir des relations plus mûres, fondées sur des intérêts, en particulier sur le plan économique. Le Canada pourra aussi saisir de nouvelles occasions, allant du pétrole lourd au GNL, en passant par les technologies spatiales et de fabrication de pointe. 

Une relation renouvelée exigera que les deux pays reconnaissent ce que chacun d’eux apporte à l’autre. Elle peut aussi mettre l’accent sur ce que les deux pays peuvent accomplir grâce à des alliances et à des groupes multilatéraux. Cette semaine, Mme Anand et M. Jaishankar se sont exprimés devant l’ONU sur l’importance du multilatéralisme dans cette ère de « L’Amérique d’abord ». L’Inde, en tant que puissance de second ordre en plein essor, et le Canada, en tant que puissance moyenne en difficulté, pourraient tous deux tirer parti d’efforts collectifs.

Il y a cinquante ans, en 1975, les relations entre l’Inde et le Canada sont tombées au plus bas après que le gouvernement d’Indira Gandhi eut testé une bombe nucléaire l’année précédente puis déclaré l’état d’urgence. La relation ne s’est rétablie que lorsque Jean Chrétien s’est rendu en Inde en 1996.

Pour les deux pays, l’enjeu est trop important pour risquer un nouvel hiver de mécontentement. 

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➔ Préservation de la nature à l’occasion de la Semaine du climat de New York

➔ Les programmes liés aux véhicules électriques (VE) sont repoussés à plus tard

➔ La nouvelle vie de General Fusion débute alors que la course mondiale s’accélère

Les programmes liés aux véhicules électriques sont mis sur pause. Une autre politique climatique de l’époque de Justin Trudeau a subi un revers lorsque le gouvernement de Mark Carney a suspendu une norme selon laquelle les VE devaient représenter 20 % des ventes des constructeurs automobiles à compter de 2026. Les difficultés commerciales provenant des États-Unis font partie des raisons motivant cette décision, tout comme la fin des crédits d’impôt américains pour VE, qui entrera en vigueur au cours du mois. Les constructeurs automobiles sont déjà ébranlés par les droits de douane estimés à 12 milliards de dollars US (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) qui leur ont été imposés à ce jour. Plusieurs d’entre eux se retrouvent face à l’incertitude alors qu’ils ont englouti des milliards de dollars dans les chaînes d’approvisionnement de VE dans un marché qui a soudainement perdu de son élan. Cette situation représente un microcosme du plus grand débat opposant le climat et l’économie qui fait rage dans le monde entier.

La Banque de développement du Canada mise sur les minéraux essentiels. Le Fonds Innovation industrielle II (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de 200 M$ de l’organisme de financement appuie les entreprises en démarrage à un stade précoce exerçant des activités dans plusieurs secteurs, y compris les principales matières premières requises pour l’infrastructure d’énergie propre et les véhicules électriques. Les plus récentes données de l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement (ACCR) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) indiquent que les entreprises canadiennes de technologies propres ont amassé 191 millions de dollars au cours du premier semestre de 2025, comparativement à 657 millions de dollars pour la même période l’an dernier. Il va donc sans dire que le Canada a besoin de ce fonds.

Une nouvelle ruée mondiale vers le pétrole. La Norvège (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) se targue d’avoir un fonds souverain parmi les mieux garnis – et les plus respectueux des critères ESG – au monde, et d’être un chef de file en matière de véhicules électriques, mais tout cela est rendu possible par les combustibles fossiles. Sylvi Listhaug, dont le Parti progressiste a bondi en deuxième place lors des récentes élections, souhaite que la Norvège soit « le dernier pays du monde à mettre fin à la production de pétrole ». Il s’agit d’une prise de position récurrente, le Canada comptant parmi les nombreux autres pays qui ont été saisis de ce nouvel engouement pour le pétrole. Qu’est-ce que cela signifierait pour les émissions mondiales ? Les investissements dans le secteur du pétrole en amont devaient chuter cette année pour la première fois depuis 2020, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) Il pourrait s’agir d’une simple anomalie passagère.

Dawn Farrell, première dirigeante du tout nouveau Bureau des grands projets (BGP), doit accélérer la mise en œuvre de plusieurs projets susceptibles d’accroître les émissions au pays, ou non, selon sa manière de composer avec les impératifs environnementaux et économiques du pays, deux enjeux d’importance égale. Mme Farrell pourrait-elle réaliser les trois objectifs inconciliables du Canada : bâtir plus rapidement, accélérer la croissance durable et renforcer l’unité nationale ?

Son mandat de près de dix ans à titre de cheffe de la direction de TransAlta Corp., un géant du secteur des services publics établi à Calgary, nous en dit long sur le mode opératoire de la dirigeante :

  • Sous sa supervision, qui s’est terminée en mars 2021, l’entreprise de services publics est passée du charbon au gaz naturel, dans le cadre d’une transition à l’échelle sectorielle visant à réduire les émissions.

  • En 2021, TransAlta avait entièrement converti l’unité de 2 de Keephills, l’unité 3 de Keephills et l’unité 6 de Sundance, les faisant passer du charbon thermique au gaz naturel.

  • La transition énergétique a eu une incidence sur les travailleurs du charbon, et plusieurs collectivités provinciales ont bénéficié du fonds pour la transition de la communauté du charbon.

  • À la fin de 2021, TransAlta avait réduit ses émissions de GES de 70 % par rapport à 2005, excédant ainsi les cibles nationales en matière d’émissions d’ici 2030 au Canada, aux États-Unis et en Australie, où l’entreprise exerce ses activités.

  • TransAlta est devenue l’un des plus importants producteurs d’énergie éolienne au Canada et l’un des plus grands producteurs d’énergie hydroélectrique en Alberta, faisant passer sa capacité d’énergie renouvelable d’environ 900 MW en 2000 à plus de 2 800 MW en 2021.

Le chemin parcouru par TransAlta donne à Mme Farrell la crédibilité nécessaire pour contribuer à rationaliser plusieurs projets, . Toutefois, elle doit maintenant reproduire son approche au niveau national, où plusieurs intérêts concurrents – des gouvernement fédéral et provinciaux, des Autochtones et des grandes sociétés – se disputent l’attention.

Plusieurs projets de pipelines de pétrole, de GNL et d’énergies renouvelables sont avancés, mais voici les défis généraux qui attendent Mme Farrell :

  • Regagner la confiance des investisseurs : Le BGP devra prouver que le Canada est en mesure de bâtir de nouveau, et cette fois-ci de manière durable. Le Bureau devra produire des résultats rapidement pour que des intérêts étrangers osent recommencer à investir au Canada.

  • Au-delà de Trump : Nous ne nierons pas qu’un nuage aux allures du président américain plane sur le Canada. D’un autre côté, l’Europe (saluons l’, Allemagne [ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement]), le Japon et les économies émergentes veulent eux aussi nos ressources. La prochaine vague de projets devra pointer vers l’est comme vers l’ouest et compter sur l’engagement des pays consommateurs.

  • Harmonisation des priorités provinciales : Un autre défi monstre. Si Mme Farrell pouvait amener la Colombie-Britannique, l’Alberta et le Québec à se mettre d’accord, le Canada pourrait devenir une superpuissance au chapitre des ressources.

  • Faire appel aux groupes autochtones : Passer des promesses en l’air à de véritables partenariats avec les communautés autochtones pourrait bien être l’une des réalisations les plus durables du BGP.

Une technologie océanique d’élimination du carbone fait des vagues. La société Planetary Techologies, située en Nouvelle-Écosse, a récemment conclu un contrat de 43,3 millions de dollars avec Frontier Climat, lequel est soutenu par Shopify, Google et Meta. L’objectif visé ? Éliminer 115 211 tonnes métriques de CO₂ de 2026 à 2030 en ajoutant des minéraux alcalins, comme de l’oxyde de calcium et de l’oxyde de magnésium, aux eaux côtières. Le processus accélère l’absorption naturelle du CO2 et promet une période de stockage de plus de 10 000 ans. Frontier croit qu’elle pourrait faire passer le cours actuel d’environ 270 $ US la tonne à un prix allant de 50 $ US à 160 $ US en tirant parti de l’infrastructure existante des centrales électriques situées sur les côtes. Cette technologie permettra également de préserver les écosystèmes marins et donnera l’occasion aux communautés locales, dont la Nation Mi’kmaq, de participer.

Un rêve qui prend vie chez General Fusion. Le projet de fusion nucléaire de Richmond, en Colombie-Britannique, a récemment permis de soulever 30 millions de dollars (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), après avoir subi de nombreuses mises à pied et roulé à capacité réduite. Les capitaux alimenteront son programme de démonstration de fusion LM26, qui vise une température opérationnelle de 10 millions de degrés Celsius, une étape essentielle sur la voie de la fusion commerciale. Le bureau de gestion familiale Thistledown Capital appartenant à Tobi Lütke, chef de la direction de Shopify, ainsi que JIMCO, établie en Arabie saoudite, font partie des investisseurs ayant appuyé le cycle d’investissement. Les fonds totalisant 2,6 milliards de dollars US (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) injectés par les investisseurs dans 52 autres entreprises du monde au cours de l’année qui vient de s’écouler, dont 29 uniquement aux États-Unis, sont une véritable bouée de sauvetage pour la seule société de fusion du Canada. De plus, la course pour trouver la clé des technologies de fusion s’accélère, avec la China National Nuclear Corp. qui a établi la China Fusion Energy Co., d’une valeur de 2 milliards de dollars, en juillet, suivie de près par un nouveau cycle d’investissement de 863 millions de dollars US pour l’entreprise du Massachussets Commonwealth Fusion Systems (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), la plus grande société fermée de fusion au monde.

La capture de carbone s’apparente à faire rentrer le génie dans sa lampe, à la différence près que le carbone peut s’échapper. Une nouvelle étude évaluée par des pairs publiée dans Nature estime que la planète peut contenir à peine 1 460 gigatonnes de carbone, alors que les estimations antérieures s’élevaient plutôt à 40 000 gigatonnes (l’équivalent d’environ une année d’émissions de CO2). Selon l’étude, les failles structurelles et la mauvaise construction des puits pourraient miner l’efficacité des technologies de capture du carbone. Malgré cela, il reste encore de nombreux territoires dotés d’une géologie viable et de l’expertise nécessaire pour capturer le carbone. Environ quatre milliards de dollars américains ont déjà été investis dans les installations de capture, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) en 2024, et une capacité de capture de plus de 50 tonnes métriques de CO2 est actuellement opérationnelle, ne présentant que peu de fuites à ce jour. Le rapport estime par ailleurs que le Canada et les États-Unis sont «mieux placés » que l’Europe pour mettre en œuvre des solutions de stockage géologiques.

Power On: Hard choices, real consequences (Sous tension : Des choix difficiles aux conséquences concrètes). Le thème de la semaine du climat de New York de cette année, qui débute le 22 septembre, est bien choisi. L’événement, qui rivalise de plus en plus avec les événements annuels de la COP, réunit des experts en finances, des écologistes et des mordus de politique tout en créant l’un des pires embouteillages qu’a connus la Grosse Pomme.

Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, sera présente. Elle livrera une allocution le 24 septembre au Nature Hub dans le cadre d’un événement organisé par l’Institut d’action climatique RBC et Nature United.

La nature représente une contribution de 33 billions de dollars US à l’économie mondiale, ce qui correspond à la valeur du commerce mondial des biens et services. Pourtant, son rôle dans l’économie, en dehors des ressources que l’on en extrait (poissons, céréales et bois d’œuvre), n’est pas pris en compte dans le PIB national, laissant en marge une source de croissance économique et de risques. Voici un aperçu de quelques-uns des premiers thèmes couverts par le rapport que fera Lisa sur l’économie de la nature :

  • Le capital naturel est sous-utilisé en tant qu’atout dans la croissance économique. Au cours des vingt-cinq dernières années, le PIB des secteurs dépendants de la nature au Canada a enregistré une croissance d’une année sur l’autre inférieure de 0,6 % au reste de l’économie pendant la même période.

  • Il existe de vrais risques de ne pas tenir compte du rôle que pourrait jouer la nature dans la prospérité. Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni cherchent à reconstruire leurs économies. Et pourtant, leurs ressources naturelles s’épuisent. Le Royaume-Uni, par exemple, exerce une grande pression sur ses ressources en eau, le gouvernement prévoyant un écart de 5 milliards de litres par jour au chapitre de la disponibilité de l’eau d’ici 2055.

  • Les programmes en faveur de la croissance présentent des occasions de valoriser et de renforcer le capital naturel. La nature est maintenant un risque à signaler de même qu’une catégorie d’actifs à investir, et est prête à être intégrée dans les grands projets d’investissement et d’infrastructure.

« En cette ère de réindustrialisation, toutes les occasions de croissance durable doivent être présentées. C’est un facteur qui tombe à point, alors que les pays du monde entier ont de la difficulté à mobiliser des capitaux pour gérer, protéger et préserver leur capital naturel », déclare Lisa.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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➔ Le plan canadien pour les batteries de véhicules électriques passe à la vitesse supérieure

➔ L’ère des avions à réaction électriques prend son envol à l’aéroport Billy Bishop

➔ Comment déconcerter les scientifiques

La vision canadienne en matière de batteries pour véhicules électriques prend forme. PowerCo, la filiale canadienne de Volkswagen spécialisée dans les batteries, poursuit la construction de sa giga-usine à St. Thomas, en Ontario, avec deux contrats de construction. L’usine devrait entrer en production en 2027. Mais il ne s’agit pas simplement d’un jalon important sur le plan des travaux de construction : c’est le signe que le pari risqué du Canada sur les chaînes d’approvisionnement des véhicules électriques se concrétise malgré les querelles tarifaires et l’incertitude de la demande. Pour Ottawa et l’Ontario, le véritable défi sera de savoir si cela permettra au Canada de s’implanter dans la chaîne d’approvisionnement en batteries en pleine évolution d’Amérique du Nord.

Les ambitions énergétiques se heurtent à la durabilité. La proposition de l’Ontario de relier les ressources pétrolières et gazières de l’Alberta et de la Saskatchewan aux raffineries situées dans le sud de l’Ontario et aux ports maritimes, y compris un nouveau port en eau profonde sur la côte de la baie James, se heurte à la résistance des Autochtones. Leur principale préoccupation se résume très simplement : ils se sentent « invisibles ». L’organisme Indigenous Resource Network (IRN) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) s’inquiète également du fait qu’ils soient considérés comme un obstacle au développement des projets, alors qu’en réalité « ils font partie de la solution », fait remarquer l’IRN. Il s’agira d’un défi récurrent alors que les gouvernements canadiens cherchent à accélérer la mise en œuvre des projets. Le Canada devra obtenir l’adhésion des groupes autochtones pour éviter tout retard dans la réalisation des projets.

Les scientifiques sont déconcertés. Le département américain de l’Énergie (DoE) a stupéfié le monde universitaire spécialisé dans les questions climatiques en publiant un nouveau rapport (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) qui laisse entendre que « le réchauffement induit par le CO2 pourrait être moins dommageable sur le plan économique qu’on ne le croit généralement ». Voilà de quoi déconcerter la communauté scientifique. Si plusieurs sites Web, dont Nature (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) et Carbon Brief (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), ont publié des réponses cinglantes, le nouveau rapport du DoE remet en question les idées reçues sur le climat. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies réagira-t-il promptement en publiant une réfutation ? Son prochain rapport d’évaluation (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) n’est pas prévu avant la mi-2028.

Le projet Ksi Lisims LNG est prêt à se retrouver sous le feu des projecteurs. Soutenu par les populations autochtones, ce projet d’exportation de gaz naturel attend une ordonnance du gouvernement de la Colombie-Britannique concernant l’évaluation environnementale (EE) qui pourrait lui permettre d’aller de l’avant. Les ministres de l’Environnement et des Parcs et de l’Énergie de la province doivent se prononcer d’ici le 7 septembre.

Voici comment le projet pourrait avoir une incidence sur l’économie, les émissions et l’énergie du Canada :

Qui en est à l’origine : la nation Nisga’a, une Première Nation autonome de la côte Pacifique. La société Western LNG, soutenue par une filiale du géant de l’investissement Blackstone Inc., est un partenaire.

Emplacement : juste à côté de la frontière américaine, sur l’île Pearse.

Échéancier : comme l’évaluation environnementale devait être produite au quatrième trimestre de 2024 (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), l’échéancier accuse déjà un certain retard. Dans la demande initiale, les travaux de construction devaient se dérouler entre le deuxième trimestre de 2025 et le quatrième trimestre de 2027, la phase d’exploitation débutant en 2028 (au moins jusqu’en 2058).

Description du projet : deux installations flottantes de GNL, chacune dotée d’unités de traitement de liquéfaction. Une fois achevé, le projet permettra de traiter jusqu’à deux milliards de pieds cubes par jour et d’exporter environ 12 millions de tonnes par an de GNL.

Qui s’y oppose : le projet se heurte à l’opposition de plusieurs groupes environnementaux et autochtones, notamment les chefs héréditaires Gitanyow (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) et la bande Lax Kw’alaams.

Infrastructure connexe : un certificat environnemental a été délivré pour le projet Prince Rupert Gas Transmission (PRGT) de 780 kilomètres, que la nation Nisga’a et la société Western ont racheté à TC Energy en 2024. Si le projet PRGT vous dit quelque chose, c’est parce qu’il s’agissait du principal conduit du défunt projet de GNL proposé en 2014 par le géant énergétique malaisien Petronas. Il avait déjà été approuvé (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) à l’époque, et des modifications ont été apportées en juillet pour répondre à de nouvelles préoccupations environnementales.

Qu’en est-il des émissions du projet ? Le projet devrait être zéro émission nette d’ici 2030, sous réserve d’un accord sur l’électricité avec la société BC Hydro. Les promoteurs du projet affirment qu’il contribuerait à hauteur de 0,02 % des émissions de la Colombie-Britannique et de 0,002 % des émissions totales du Canada.

Est-ce une bonne chose ? Le projet affirme offrir une intensité d’émissions « du puits au port » inférieure à celle des projets de la côte américaine du golfe du Mexique (inférieur de 0,76 à 1,19 tonne de carbone/tonne de GNL). À pleine production, Ksi Lisims LNG émettrait 9 à 14 millions de tonnes d’équivalent CO2 de moins par an qu’un projet de terminal sur la côte américaine du golfe du Mexique.

Est-ce l’avenir de l’aviation électrique ?

Shaz Merwat, responsable principal, Énergie, Leadership avisé RBC, était présent la semaine dernière sur la piste de l’aéroport Billy Bishop de Toronto lorsque la société Beta Technologies a dévoilé le Alia CX300, un avion entièrement électrique. Cet avion à décollage et atterrissage conventionnels peut être configuré pour le transport de passagers ou de marchandises. Voici quelques-unes de ses caractéristiques intéressantes :

  • Capacité en passagers : 5 passagers

  • Capacité de fret : 1 250 livres de fret

  • Autonomie maximale démontrée : 336 milles marins (soit de Toronto à Sarnia, ou de Calgary à la région d’Okanagan)

  • Vitesse maximale : 280 km/h (le Cessna 172 peut atteindre 344 km/h).

  • Temps de recharge : < 1 heure

  • Coût énergétique : 18 $ par heure de vol (Cessna 208 : 347 $ par heure de vol)

  • Émissions : au moins 75 % d’émissions en moins par rapport à un petit avion conventionnel

  • Utilisations : transport de marchandises sur de courtes distances et déplacements d’affaires

Le CX300 photographié ci-dessus est la version cargo. Quatrième appareil à sortir de la chaîne de production, il est destiné à Air New Zealand. La compagnie aérienne utilisera cet avion pour ses liaisons cargo régionales.

Si Billy Bishop est sans doute déjà l’un des aéroports les plus durables d’Amérique du Nord, il est en voie d’électrifier entièrement sa flotte de véhicules, y compris les navettes, les véhicules au sol, les remorques, etc.

Pour en apprendre plus sur la décarbonation de l’aviation, écoutez l’épisode du balado Les innovateurs (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de RBC portant sur le sujet avec Angela Avery, vice-présidente exécutive et directrice des ressources humaines, de l’entreprise et du développement durable, groupe WestJet, et Geoff Tauvette, directeur général, Conseil canadien des carburants d’aviation durables (C-SAF) : http://spr.ly/6043faYxZ (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Le Canada transforme son climat froid en avantage. Ottawa a récemment injecté la somme de 2,5 millions de dollars dans la technologie de capture directe dans l’air (CDA) de la société TerraFixing (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), qui vise à extraire le CO₂ dans les zones hivernales reculées où les basses températures rehaussent en fait l’efficacité. C’est une façon inventive de transformer les hivers canadiens en avantage. Si TerraFixing parvient à démontrer que la technologie de CDA par temps froid fonctionne à grande échelle, cela pourrait donner au Canada un avantage dans la course mondiale menant à la capture du carbone.

Une nouvelle approche inspirée de la « fiction climatique » des conditions météorologiques extrêmes. Helm, de Sarah Hall, est le dernier roman dans le nouveau genre de la fiction climatique qui allie les « principes atmosphériques » aux contes populaires pour brosser un tableau de la relation qu’entretiennent les humains avec la nature. Pendant ce temps, l’écologiste Bill McKibben, qui a jadis écrit un livre au titre sinistre, The End of Nature, nous propose cette fois un ouvrage étonnamment optimiste intitulé Here Comes the Sun: A Last Chance for the Climate and a Fresh Chance for Civilization.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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