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Leadership avisé RBC Action climatique Bouleversements climatiques : Le froid calcul du Canada face au réchauffement de l’Arctique
Action climatique

Bouleversements climatiques : Le froid calcul du Canada face au réchauffement de l’Arctique

De plus, les véhicules électriques chinois : faibles émissions, grand spectacle.

➔ Jeux olympiques d’hiver : en manque de pentes ?

➔ Véhicules électriques chinois : faibles émissions, grand spectacle

➔ Commentaires de Davos : La lutte imminente pour l’énergie du réseau électrique

➔ Si la tendance climatique actuelle se maintient, seules quatre régions pourraient accueillir des Jeux olympiques d’hiver d’ici 2050. Les organisateurs des Jeux olympiques d’hiver 2026alimentent des sites de Milan et de Cortina d’Ampezzo en électricité certifiée provenant de sources renouvelables et d’approvisionnement durable, même si l’événement de février devrait émettre quelque 930 000 tonnes de CO2. Fait plus important, la gestion de la neige demeure un problème, car la quantité de neige tombée dans la région alpine a baissé de 25 % depuis 1980. C’est un problème qui a peu de chances de disparaître : selon une nouvelle étude de l’Université de Waterloo, si les politiques actuelles en matière de climat persistent, seules 52 des 92 potentielles villes hôtes auraient un climat fiable pour les Jeux olympiques d’hiver et 22 pour les Jeux paralympiques. Sans technologie de fabrication de neige, seulement quatre d’entre elles seraient en mesure d’organiser l’événement de manière fiable d’ici 2050.

➔ Les véhicules électriques fabriqués en Chine pourraient réduire les émissions du Canada liées aux transports, mais impliqueraient un coût politique. La décision de permettre l’importation de véhicules électriques chinois en échange de l’accès au secteur agroalimentaire canadien a été prise au moment où les gouvernements canadiens ont mis fin aux subventions. Les véhicules électriques ont permis de réduire les émissions canadiennes au cours des six dernières années. En effet, selon le rapport Action climatique 2026, elles sont en baisse de 6 % par rapport à 2019. Les véhicules électriques bon marché pourraient contribuer au maintien de cette lancée. Si les 49 000 véhicules électriques étaient vendus, ils contribueraient à réduire les émissions canadiennes de 56 000 tonnes métriques chaque année. Cependant, des rumeurs en provenance de Washington suggèrent que cet accord pourrait compliquer les négociations de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC).

➔ Les transformateurs agroalimentaires du Canada n’attendent pas la perfection des politiques. Dans les provinces de l’Atlantique, les transformateurs investissent pour accroître la production à partir de moins d’énergie et d’eau, tandis que les agriculteurs voient la réduction des émissions comme un moyen d’accroître la productivité, a dit Lisa Ashton, cheffe intérimaire, lors de sa visite à l’Île-du-Prince-Édouard pour parler des conclusions du rapport Action climatique 2026. Les agriculteurs de l’Île-du-Prince-Édouard ouvrent la voie avec leur plan Pathway 2040 visant à réduire les émissions de GES, à accélérer l’adoption des mesures d’adaptation climatique dans les exploitations agricoles et à stimuler la production économique et le commerce d’ici 2040. C’est un exemple de la façon dont les agriculteurs peuvent organiser et concevoir un plan pragmatique pour stimuler les résultats environnementaux et économiques de leurs entreprises.

C’est la première fois que les changements climatiques, les ressources et la géopolitique s’entrechoquent aussi rapidement. L’intérêt des États-Unis pour l’île arctique du Groenland et la présence des navires russes qui patrouillent la région devraient inciter le Canada à protéger et à renforcer ses bases nordiques.

Les changements climatiques sont à l’origine de l’intérêt envers l’Arctique : L’intérêt soudain de Washington pour ce « morceau de glace » est suscité par le dégel induit par le changement climatique, qui ouvre la porte à toutes sortes d’activités dans la région, qu’elles soient ou non sans danger pour l’environnement. L’Arctique vient de connaître une année record en termes de chaleur et de fonte des glaces. Selon les scientifiques, la crise climatique explique l’augmentation des pluies et la diminution des glaces dans les latitudes nordiques. Le phénomène a aussi accéléré la course entre les États-Unis, la Russie et la Chine, « État voisin » de l’Arctique. Le Canada doit rattraper son retard.

Si la situation de l’Arctique est stratégique, il en est de même de ses ressources. L’Arctique recèle d’importantes réserves de combustibles fossiles, estimées à 13 % (90 milliards de barils) des ressources mondiales non découvertes de pétrole conventionnel et 30 % de ses ressources non découvertes de gaz naturel. On y trouve également des terres rares, du nickel, du cobalt, du graphite et d’autres éléments essentiels à la transition énergétique. Même s’il n’est pas certain que la région puisse répondre de manière significative à la demande mondiale croissante en énergie à un coût et à une échelle raisonnables dans un avenir proche, plus le réchauffement climatique s’accélère dans la région, plus ses ressources deviendront attrayantes et accessibles.

Souveraineté et concurrence stratégique : La souveraineté du Canada dans l’Arctique est façonnée par des interprétations contradictoires de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, le Canada ayant ratifié le traité et défini ses revendications sur le plateau continental étendu, tandis que les États-Unis l’ont signé, mais ne l’ont pas ratifié.

Le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) a détecté et suivi des avions militaires russes opérant dans l’espace aérien international près de l’Alaska en 2025, tandis que la Chine et la Russie ont lancé une patrouille conjointe en 2024.

Le calcul du Canada : Le Canada représente 28 % de la superficie terrestre de l’Arctique, juste derrière la Russie qui en détient 67 %. Toutefois, l’Arctique canadien représente un peu moins de 2 % de l’économie de la région arctique et sa population est négligeable.


Les projets du Bureau des grands projets suggèrent cependant que le Canada se joint à la course à l’Arctique : développement du port de Churchill à l’embouchure de la baie d’Hudson, agrandissement de la mine Red Chris, ligne de transport d’électricité de la côte nord et terminal GNL de Ksi Lisims, ainsi qu’un investissement distinct d’un milliard de dollars pour renforcer les infrastructures commerciales et de transport du Nord. Le fait de mener à bien ces propositions constituerait l’épreuve ultime. Ces projets, ainsi que l’augmentation des dépenses en matière de défense, seront essentiels pour apaiser les inquiétudes des États-Unis concernant la vulnérabilité de l’Arctique canadien.  Mais ce projets doivent également respecter les enjeux climatiques et autochtones.

RBC Par John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, RBC

John était à Davos la semaine dernière pour donner un sens au nouvel ordre mondial et à une économie qui ressemble davantage à un souk où l’on troque et bavarde qu’à un marché bien organisé. Deux de ses observations ont une incidence directe sur l’énergie et le climat : les priorités concurrentes liées à l’énergie du réseau et la hausse constante des énergies renouvelables – contre toute attente. Lisez les extraits :

Climatisation ou intelligence artificielle : le réseau sature
La prochaine crise énergétique ne viendra ni du pétrole ni du gaz, mais des réseaux électriques mondiaux, incapables de suivre la cadence. La demande d’électricité augmente trois fois plus vite que la demande énergétique totale, portée par la climatisation, les véhicules électriques et les centres de données.

Alors que 90 % des Américains ont accès à la climatisation, ce n’est le cas que de 20 % des habitants en Inde, 18 % en Indonésie et 5 % au Nigeria, des pays dont les villes connaissent aujourd’hui une croissance parmi les plus rapides au monde. À cela s’ajoute l’essor des véhicules électriques, qui représentent désormais un quart des ventes mondiales de voitures, contre 5 % il y a cinq ans.

Selon Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, le monde devra produire 10 000 térawatts d’électricité supplémentaires au cours de la prochaine décennie, soit autant que la consommation réunie des États‑Unis, du Canada, de l’Europe et du Japon. Sans percée technologique majeure, il faudrait 70 % de cuivre en plus, ainsi qu’une expansion massive de la production d’acier et du traitement des minéraux critiques.

Un nouveau souffle pour les énergies renouvelables :Deux moments très révélateurs ont marqué les débats dans la grande salle des congrès à Davos, l’un illustrant la pénurie, l’autre l’abondance. Donald Trump s’est écarté de son texte pour fustiger les énergies renouvelables, en particulier l’éolien, qu’il a qualifié de solution pour les « perdants ».

Le lendemain, sur la même scène, Elon Musk a au contraire vanté un avenir radieux pour les énergies renouvelables, en particulier le solaire, qu’il juge capable d’alimenter à lui seul l’ensemble des États-Unis. Il lui faudrait simplement, affirme‑t‑il, un terrain de cent soixante kilomètres sur cent soixante et des panneaux solaires exempts de droits de douane. En dehors de l’Amérique du Nord, les énergies renouvelables restent le principal moteur de la croissance énergétique et sont passées du statut de source de « transition » à celui de choix par défaut pour les nouvelles capacités dans de nombreux marchés. L’Europe a atteint environ cinquante pour cent de production renouvelable en 2024.

Dans d’autres marchés en forte expansion, les énergies renouvelables sont de plus en plus perçues comme des ajouts énergétiques, et non plus seulement comme des substituts aux combustibles fossiles. La baisse du coût des batteries, le solaire ayant chuté d’environ quatre‑vingts pour cent en Inde, et l’allongement de la durée de vie des installations, désormais de trente à trente‑cinq ans, ont déplacé l’analyse économique du simple coût unitaire vers le coût sur l’ensemble du cycle de vie.

Lire le commentaire complet de John sur Davos ici.

  • La directrice générale par intérim, Lisa Ashton, a récemment animé une table ronde à Edmonton avec des chefs de file de l’industrie et des investisseurs sur le capital de croissance dans le secteur agroalimentaire canadien, afin d’approfondir les défis d’investissement mis en lumière dans le rapport « La prochaine génération de croissance ».

  • Shaz Merwat, responsable du secteur de l’énergie, a animé une table ronde au Forum sur les ressources naturelles de la Colombie-Britannique à Prince George, portant sur la compétitivité future du Canada dans le secteur du gaz et du GNL. Cette table ronde réunissait de hauts dirigeants de l’industrie et des représentants d’organisations autochtones.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Jordan Brennan, John Intini, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran, Joelle Schonberg et Alicja Siekierska.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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