Skip to main content
IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Lors de sa visite à Toronto cette semaine, je me suis entretenu avec l’ancien premier ministre de l’Australie, Scott Morrison, au sujet des paris audacieux de son pays dans le secteur spatial et des leçons que le Canada peut en tirer.

M. Morrison a contribué à l’accélération du secteur spatial australien et est maintenant actif dans le secteur mondial, plus particulièrement aux États-Unis. Voici quelques-unes des informations qu’il m’a transmises, ainsi qu’à un groupe de leaders et d’investisseurs canadiens :

  • L’espace redevient une compétition géopolitique, comme ce fut le cas pour la course à l’espace des années 1950 et 1970. Presque tous les aspects du renseignement et de la sécurité nationale ont maintenant un lien avec l’espace. 

  • Le Canada devrait considérer l’espace comme un moyen de se joindre aux alliances militaires et de sécurité les plus importantes du monde. AUKUS (Australie, R.-U., É.-U.) fait partie de ces groupes, tout comme Quad (États-Unis, Australie, Inde et Japon) et le réseau de renseignements Five Eyes des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada. 

  • Il est intéressant de surveiller AUKUS, qui détourne son attention des sous-marins et de la domination sous-marine vers la domination orbitale. L’espace pourrait être l’occasion pour le Canada de se joindre à l’alliance AUKUS2.

  • L’OTAN a été lente sur le plan spatial, mais cela changera. La guerre en Ukraine – et le rôle des satellites et des drones – indique l’emplacement des prochains champs de bataille.

  • Le secteur devrait connaître une croissance d’environ 9 % par an, fortement stimulé par les semi-conducteurs, les satellites et la demande mondiale d’IA.

  • Ensemble, l’IA et l’espace seront les mégatendances qui façonneront les 50 prochaines années ainsi que la sécurité mondiale, l’économie et les capacités nationales.

  • Une agence spatiale nationale attitrée, sous la supervision des hauts responsables du gouvernement, est essentielle à la croissance du secteur : elle assurera la masse critique, la coordination et la légitimité.

  • D’importants acteurs du secteur privé sont également essentiels, mais des capitaux publics et des partenariats internationaux sont nécessaires.

  • Les lancements assoient la légitimité. Si un pays ne peut lancer ses propres actifs en orbite – comme c’est actuellement le cas du Canada –, il ne deviendra pas un chef de file. L’Australie souhaite construire l’unique site de lancement quasi équatorial parmi les Five Eyes, ce qui la rendrait encore plus indispensable pour ses partenaires du renseignement. 

  • Ne vous arrêtez pas aux lancements. « Ce qui est attrayant, ce sont les fusées », mais la croissance réelle de ce secteur dépend des infrastructures, de la logistique, des essais, du soutien scientifique et de la capacité de services.

  • D’autres pays ne restent pas les bras croisés. Le Japon renforce ses ambitions spatiales en ciblant 30 lancements par an et en misant sur une étroite coordination État-secteur. La Nouvelle-Zélande a lancé le Rocket Lab et un programme spatial particulièrement dynamique sur le plan politique.

Voici ce dont le Canada a besoin, selon M. Morrison :

  • Une stratégie spatiale nationale crédible et financièrement soutenue ;

  • Une capacité dont les autres ont besoin ;

  • La volonté d’investir sur le plan politique et financier à la hauteur des engagements pris par les États-Unis et l’Australie ;

  • Une capacité concrète qui renforce nos alliances, notamment la sensibilisation au domaine spatial, la surveillance de l’Arctique, la fabrication de satellites, la capacité de lancement, la détection par l’IA et la cyberintégration ;

  • Des considérations axées sur la sécurité et alignées sur les évaluations des menaces par les alliés, en particulier celles concernant la Chine.

« En fin de compte, il s’agit d’une initiative de sécurité, et non d’une initiative d’expansion sectorielle. Au pays, les gouvernements discuteront d’emplois et d’avantages économiques. Par contre, à Washington, à Canberra, à Londres, à Tokyo ou à Wellington, l’argument doit strictement être : « Voici la capacité du Canada en matière de sécurité collective ».

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

  • Projet de pipeline de Pathways : comprendre l’entente conclue entre l’Alberta et le Canada

  • Comment le projet Hope Bay renforce la participation autochtone

  • Les prix du pétrole bondissent, mais les actions d’énergie propre sont les véritables gagnantes

Même si Honda a suspendu son projet d’usine de véhicules électriques de 15 milliards de dollars en Ontario, il demeure possible de voir un jour les chaînes de montage canadiennes bourdonner d’activité. Dans son rapport Composer avec l’incertitude, Jordan Brennan, directeur général de leadership avisé RBC, décrit quatre avenues possibles pour l’industrie automobile canadienne en pleine tourmente. Selon l’une des prévisions les plus optimistes, l’industrie pourrait regagner l’accès au marché américain, débloquer des milliards de dollars d’investissements annoncés dans les véhicules électriques et traditionnels et faire passer la production automobile à deux millions d’unités d’ici 2040, comparativement à 1,3 million actuellement. L’exploitation des réserves de minéraux critiques renforcerait l’argument en faveur des véhicules fabriqués au Canada. C’est le scénario de la voie rapide. D’autres projections évoquent plutôt une diversification du secteur, un ralentissement ou même une impasse. Cliquez ici pour explorer ces quatre scénarios.

Le projet Hope Bay promet un développement mené par les Inuits. Ottawa a donné le coup d’envoi au réaménagement de la mine d’or Hope Bay au Nunavut. Ce projet de 2 milliards de dollars devrait entraîner une hausse annuelle des exportations de 2,6 milliards de dollars et créer près de 2 000 emplois. Ottawa a également annoncé un investissement de 25 millions de dollars dans le projet éolien Kitikmeot Tugliq Energy Hope Bay, un système de production éolienne et de stockage d’énergie par batteries appartenant à des Inuits et destiné à alimenter la mine. Le projet est un exemple concret du cadre étudié dans notre rapport Bâtir une nation, qui évalue les programmes de garantie de prêts pour les Autochtones dans le cadre de la nouvelle vague de projets au Canada. Le projet Hope Bay présente trois aspects prometteurs : 1) L’énergie éolienne et des batteries remplaceront le diesel pour alimenter la mine ; 2) La participation des Autochtones au capital dans le secteur minier demeure structurellement sous-représentée. Bien que Hope Bay porte sur l’or et non sur un minerai critique, il sert de modèle pour les projets plus difficiles qui suivront. 3) Un projet énergétique détenu par des Inuits pour alimenter une mine située sur des terres inuites offre aux collectivités éloignées des occasions de participer aux nouveaux projets canadiens.

Le rendement de l'indice des énergies propres dépasse celui du pétrole depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Données du 28 février ar 12 mai

Alors que le prix du pétrole s’envole, la dynamique favorise les titres du secteur à faible intensité de carbone. Les entreprises d’énergie propre profitent à la fois de la hausse du prix des combustibles fossiles et de l’accélération des politiques de soutien aux énergies renouvelables, dans un contexte de préoccupations croissantes liées à l’indépendance énergétique, nous dit Christopher Dendrinos, analyste des énergies propres, de RBC Marché des Capitaux. Cette tendance est particulièrement marquée en Europe, où la dépendance aux importations de pétrole et de gaz demeure élevée. Même si le gaz naturel occupe une place dominante dans le secteur des centres de données, les énergies renouvelables bénéficient elles aussi de la demande croissante en énergie alimentée par l’IA. « Le secteur continue de faire preuve de résilience grâce à un contexte macroéconomique favorable marqué par une forte demande énergétique », affirme M. Dendrinos.

Canada and Alberta’s landmark Implementation Agreement last week builds on the November 2025 Memorandum of Understanding that aimed to balance Canada’s economic and environmental goals.  However, the Implementation Agreement doesn’t stand alone. A day before, Carney had launched a National Electricity Strategy committing to double Canada’s grid capacity by 2050, with consultations now underway with provinces, territories, Indigenous Peoples, utilities, and unions. The strategy projects up to $15 billion in total energy savings and lower energy costs for 7 in 10 Canadian households. Natural gas retains a role for grid stability, nuclear and geothermal get explicit support, and the Clean Electricity Investment Tax Credit is being extended to intra-provincial transmission. A joint Alberta-Canada Electricity Working Group has been struck to advance the work.

Alors que d’autres parties prenantes commenceront maintenant à se prononcer sur la Stratégie nationale de l’électricité, le protocole d’entente entre le Canada et l’Alberta se trouve déjà à un stade avancé et semble en voie de concrétisation. Shaz Merwat, responsable principal de la politique, nous donne les faits saillants :

  • La tarification du carbone en Alberta est désormais fixée jusqu’en 2040 : les prix de référence à la tonne du système Technology Innovation and Emissions Reduction (TIER) sont établis à 95 $ aujourd’hui, à 115 $ en 2030, à 130 $ en 2035 et à 140 $ en 2040. Le filet de sécurité fédéral sera mis à jour en conséquence et devient essentiellement le cadre national de tarification du carbone pour l’industrie.

  • Établissement, pour la première fois, d’un prix plancher obligatoire dans le cadre du système TIER : 60 $ la tonne à compter de 2030, avec une hausse graduelle jusqu’à 110 $ en 2040. Avant la signature du protocole d’entente, les crédits du système TIER s’échangeaient autour de 20 $, malgré un prix de référence de 95 $. Ce mécanisme de prix plancher représente l’élément le plus important de l’accord.

  • Contrats sur différence pour le carbone (CDPC) pour 75 millions de tonnes de carbone : émis conjointement pour la période allant de 2030 à 2040, avec un partage égal des coûts et une responsabilité maximale de 600 millions de dollars par partie (1,2 milliard de dollars au total). Si l’un des gouvernements revient sur ses engagements, il assumera seul l’entière responsabilité financière.

  • Le pipeline de la côte Ouest suit désormais un échéancier précis : l’Alberta doit soumettre le projet au Bureau des grands projets d’ici le 1er juillet, et Ottawa le désignera comme « projet d’intérêt national » en vertu de la Loi visant à bâtir le Canada d’ici le 1er octobre. La construction du pipeline d’une capacité d’un million de barils par jour à destination des marchés asiatiques pourrait commencer d’ici septembre 2027.

  • Sans Pathways, il n’y aura pas de pipeline. Les deux projets sont directement liés l’un à l’autre. La stratégie vise à réduire les émissions totales de 16 millions de tonnes par an : 6 millions de tonnes d’ici 2035, 5 millions de tonnes d’ici 2040 et 5 millions de tonnes d’ici 2045. Le protocole d’entente trilatéral avec l’Alliance des sables bitumineux n’a pas encore été signé.

  • Des niveaux d’exigence adaptés selon les secteurs. En vertu du système TIER révisé, les grands producteurs des sables bitumineux devront réduire l’intensité de leurs émissions de 2 % par année jusqu’en 2040, alors que les exploitants de Pathways seront soumis à un resserrement de seulement 1 % à partir de 2031.

  • Entente de collaboration sur l’évaluation d’impact. Délai maximal de deux ans pour la réalisation des évaluations d’impact et reconnaissance par le fédéral des processus provinciaux lorsque les projets relèvent principalement de la compétence de l’Alberta.

  • La participation économique autochtone est au cœur du cadre. Les voies de copropriété et de partenariats en capital sont mentionnées à plusieurs reprises dans l’accord de mise en œuvre et l’entente de collaboration sur l’évaluation d’impact.

  • The Co-operation agreement reflects intriguingly different working on UNDRIP. Canada maintains its commitment, while Alberta views UNDRIP as non-binding.

  • Climate targets remain intact. Both Alberta and Ottawa re-commit their target of net zero by 2050.

Ensemble, ces deux annonces pourraient ouvrir la voie au cadre énergétique fédéral-provincial le plus vaste que le Canada ait mis en place depuis dix ans, couvrant à la fois les marchés du carbone, le captage, le stockage et l’utilisation du carbone, les infrastructures d’exportation pétrolière et l’expansion du réseau électrique. L’architecture est désormais définie, mais l’exécution sera déterminante. Voici les indicateurs à surveiller cet été, en prévision du Sommet canadien de l’investissement d’Ottawa en septembre : la désignation d’un promoteur pour le pipeline, le protocole d’entente trilatéral avec l’Alliance des sables bitumineux, ainsi que le premier accord significatif de consentement autochtone sur le tracé du pipeline.

  • L’incertitude persistante entourant les marchés pétroliers mondiaux pourrait favoriser une accélération du virage vers les véhicules électriques, alors que le Canada accroît sa production nationale d’électricité, a déclaré Victor Fedeli, ministre du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce de l’Ontario, à John Stackhouse lors de l’événement automobile du Toronto Region Board of Trade.

  • Lisa Ashton, responsable des politiques, Agriculture, revient sur les raisons pour lesquelles le Canada et d’autres pays amorcent une réforme de la comptabilisation des émissions attribuables aux engrais. Lisez le résumé ici.

  • La provenance des minéraux critiques demeure difficile à vérifier, ce qui nuit à leurs garanties environnementales. Seulement de 30 % à 40 % des entreprises disposent d’un système permettant d’assurer cette traçabilité. L’Agence internationale de l’énergie estime que le renforcement des incitatifs à la collecte et au partage des données pourrait être l’une des cinq solutions pour faire face à ce défi.

  • D’après les estimations de Will Noel, du Pembina Institute, l’incapacité de l’Alberta à développer de nouvelles lignes de transport d’électricité pourrait entraîner des coûts supplémentaires de plus d’un quart de millions de dollars par année pour les consommateurs de la province.

  • Leah Stokes, professeure en politique environnementale de l’University of California, Santa Barbara, soutient que le recul de l’administration américaine actuelle face aux énergies propres a déjà coûté 1 508 $ US par foyer américain en 2026.

    Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

    Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

    Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

    Bulletin d’information sur le climat

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Comme les agriculteurs canadiens produisent plus à l’acre pour nourrir la population mondiale grandissante, l’utilisation d’engrais a bondi de 108 % au cours des deux dernières décennies. Cela a eu des répercussions sur l’environnement, car les engrais synthétiques représentent maintenant le quart des émissions du secteur agricole au Canada1. Mais le système actuel de comptabilisation des émissions a des lacunes, car il se concentre principalement sur la quantité utilisée. Ce qui manque dans l’équation, c’est la gérance des agriculteurs relative à l’utilisation des engrais, afin d’en optimiser le placement, la source et le moment d’épandage pour réduire les émissions.

Les emissions produites par les engrais synthetiques ont augmente de 111 % depuis 2005. Emissions de GES annuelles (en Mt d'equivalent CO2).

Afin d’optimiser l’utilisation des engrais, le nombre d’agriculteurs canadiens suivant un programme de gérance des nutriments a plus que triplé au cours des cinq dernières années.2

La hausse du taux d’adoption témoigne de l’action climatique. Il s’agit toutefois aussi d’une décision économique, d’autant plus que les tensions géopolitiques continuent de perturber l’approvisionnement en engrais et de faire monter les prix. Au cours des cinq dernières années, les engrais azotés ont été durement touchés par les perturbations de la chaîne logistique causées par les conflits géopolitiques, car d’importants producteurs sont des pays du Moyen-Orient et la Russie. L’azote est aussi le principal moteur des émissions de GES liées à l’utilisation des engrais. Lorsque l’azote n’est pas entièrement consommé par les cultures, l’azote peut être émis dans l’atmosphère sous forme d’oxyde nitreux (N2O), un GES 273 fois plus puissant que le dioxyde de carbone sur une période de 100 ans. Lorsque les agriculteurs adoptent des pratiques de gérance des nutriments, la réduction de GES peut être considérable. Par exemple, une étude en Ontario a établi que lorsque les taux d’engrais azotés sont optimisés et que des technologies et des pratiques qui améliorent la source, le moment et le placement des engrais sont adoptées, les émissions de N2O peuvent diminuer de 57 %.

Pour tenir compte de l’éventail complet des pratiques, le Canada et d’autres pays producteurs agricoles, dont l’Australie, le Danemark, la Nouvelle-Zélande, le Brésil et les États-Unis, mettent en place des réseaux de recherche et sectoriels en vue de faire progresser les systèmes de mesure et de surveillance du N2O.

Ces réseaux axés sur la recherche offrent de nombreuses applications dans le marché, notamment pour :

  • Mieux comprendre l’incidence des pratiques agricoles sur les émissions de N2O, afin d’orienter les décisions d’investissement des agriculteurs, des entreprises et des gouvernements en matière de gérance des nutriments

  • Créer une série d’indicateurs qui permettent d’assurer un suivi plus précis des cibles d’émissions de GES à l’échelle d’une exploitation agricole, à l’échelle régionale et à l’échelle nationale

  • Affiner les protocoles de mesure, de surveillance, de déclaration et de vérification pour les programmes de compensation carbone et de durabilité, et améliorer la comptabilisation des actions climatiques des agriculteurs afin d’établir un lieu plus étroit avec les incitatifs du marché et d’assurer une plus grande assurance aux acheteurs de crédits carbone

Le Canada : une figure de proue dans l’innovation des pratiques de mesure et de surveillance

L’action du Canada relative aux émissions de N2O liées aux engrais se concentre de plus en plus sur l’amélioration de la mesure, de la coordination et de la gestion de l’azote à la ferme. L’une des principales initiatives est le Canadian Nitrous Oxide Network (CanN2ONet), un réseau collaboratif de recherche regroupant des universités, des organismes gouvernementaux, des groupes d’agriculteurs et des partenaires sectoriels. Le réseau a été établi peu après l’établissement en 2020 de l’objectif national du Canada visant à réduire les émissions de N2O liées aux engrais de 30 % d’ici 2030, une mesure qui a suscité une forte opposition de la part du secteur, mais qui s’est dissipée depuis.

CanN2ONet exploite une série de sites de surveillance à long terme en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario. Ces sites ont recours à des techniques micrométéorologiques pour mesurer en continu les émissions de N2O provenant de champs agricoles dans divers climats, diverses conditions de sol et divers systèmes de gestion. Le réseau vise aussi à relever un défi de longue date lié à la politique climatique agricole : mesurer avec précision les émissions dans les champs. Les inventaires nationaux traditionnels de GES reposent souvent sur des hypothèses généralisées qui ne tiennent pas pleinement compte des conditions météorologiques et des sols à l’échelle locale.

Danemark : une vision ambitieuse pour l’atteinte des cibles de GES

L’initiative SmartField au Danemark figure parmi les efforts les plus avancés en Europe en matière de réduction des émissions de N2O attribuables à l’agriculture grâce à l’innovation fondée sur les données et visant les champs agricoles. Dirigé par l’institut technologique danois et financé par la Novo Nordisk Foundation, SmartField vise à réduire les émissions de N2O attribuables à l’agriculture danoise de 30 % d’ici 2030 sans réduire les rendements ou augmenter la pollution par l’azote sous d’autres formes.

Des chercheurs du Canada et du Danemark collaborent dans le cadre des initiatives CanN2ONet et SmartField qui s’attachent toutes deux à mettre sur pied une plateforme nationale d’essai et de validation pour les technologies de réduction des émissions et les pratiques agricoles. L’initiative SmartField combine des « supersites » fixes, des systèmes de mesure mobiles, des capteurs avancés et des outils de modélisation pour surveiller le comportement des engrais dans des conditions agricoles réelles. Ces installations génèrent des ensembles de données détaillés sur le cycle de l’azote, la biologie des sols, la performance des cultures et les émissions de gaz à effet de serre.

L’une des caractéristiques de l’initiative est qu’elle intègre la science, les politiques et la mise en œuvre. SmartField réunit des universités, des organismes gouvernementaux, des organisations agricoles et des intervenants du secteur privé dans le but d’accélérer l’adoption de pratiques agricoles à faibles émissions.

Nouvelle-Zélande : un équilibre entre la croissance de l’économie rurale et les trajectoires des GES

L’agriculture produit environ la moitié des émissions de GES du pays. Le fumier de bovins et la fertilisation des pâturages pour l’alimentation des animaux sont les principaux responsables des émissions de N2O. Le secteur agricole est aussi celui qui contribue le plus aux revenus d’exportation ; il représente en effet 70 % des exportations de marchandises et la production agricole représente à elle seule 5 % du PIB du pays.

L’approche de la Nouvelle-Zélande pour gérer l’empreinte environnementale et économique importante de son secteur agricole a évolué au cours des cinq dernières années. Au départ, elle visait en priorité une réduction massive des GES, conformément aux objectifs zéro émission nette fixés par la loi. Grâce à la mobilisation sectorielle, la priorité est maintenant davantage accordée à l’innovation et au recours à des pratiques et des technologies qui permettent d’accroître la productivité et de réduire les émissions. L’approche centralisée menée par le gouvernement pour faire progresser la comptabilisation des émissions de N2O a été promue par le centre des émissions agricoles du pays et s’inscrit dans les ambitions plus larges de la Nouvelle-Zélande visant à réduire les émissions de GES provenant de l’agriculture.

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

➔ Les projets d’énergies renouvelables peuvent servir de modèle pour favoriser la participation autochtone aux futurs projets

➔ Comment la réduction des émissions de méthane pourrait compenser les pertes d’approvisionnement en gaz du Moyen-Orient

➔ Your backyard can help save the environment

Les dix principales catégories de projets détenus par des Autochtones, par nombre de projets

La participation autochtone se concentre surtout dans le secteur de l’électricité et des services publics. C’est à la fois sa force et sa limite, estime Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique. Les programmes de garanties de prêts ont surtout été utilisés dans l’Ouest canadien, tandis que les collectivités nordiques, pourtant les plus proches des gisements de minéraux dont dépend la transition énergétique, ne disposent pas de la préparation transactionnelle nécessaire. Or, l’électrification ouvre d’importantes possibilités d’investissement autochtone partout au pays. Consultez notre rapport Bâtir une nation, qui examine les moyens de renforcer la participation des Premières Nations alors que le Canada s’engage dans une nouvelle vague de projets.

La récupération du méthane perdu pourrait compenser les approvisionnements en gaz bloqués par la fermeture du détroit d’Ormuz. C’est le constat frappant que dresse l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui estime que les mesures déjà disponibles de récupération du gaz perdu sous forme de méthane pourraient libérer jusqu’à 200 milliards de mètres cubes de gaz naturel, soit le double des volumes d’approvisionnement interrompus par la fermeture de fait du détroit. D’importantes quantités de gaz produit ne sont pas utilisées à des fins productives en raison des fuites de méthane, ainsi que du torchage et de l’évacuation dans les activités pétrolières et gazières. Selon l’AIE, des technologies éprouvées et rentables pourraient réduire les trois quarts des émissions du secteur pétrolier et gazier, et environ la moitié des émissions liées au charbon. (À lire aussi : Ce que signifie pour les entreprises l’accord d’équivalence sur le méthane entre le Canada et l’Alberta)

Icône de la conservation de la nature, Sir David Attenborough s’intéresse maintenant à sa propre cour arrière sous l’angle de la durabilité. Après avoir parcouru les lieux les plus sauvages de la planète, la nouvelle série de la BBC d’Attenborough braque les projecteurs sur un espace souvent négligé : le jardin. Et les occasions à portée de main n’y manquent pas, au sens propre : les jardins résidentiels peuvent réduire les émissions de carbone, capter du carbone et produire des aliments frais (conseil de pro : utilisez l’eau de pluie pour jardiner vraiment écolo). Les Canadiens ont déjà une longueur d’avance : selon un sondage réalisé il y a quelques années, environ trois ménages canadiens sur cinq (59 %) cultivaient des fruits, des fines herbes, des légumes ou des fleurs pour leur usage personnel.

Il est encore tôt pour le dire, mais l’impasse qui se dessine dans le détroit d’Ormuz force les pays à se recentrer sur l’électrification comme voie de sortie des combustibles fossiles. Ce scénario n’est pas sans précédent : pas plus tard qu’en 2022, l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie avait bouleversé les liens énergétiques de l’Europe avec le pétrole et le gaz russes. Pourtant, le charbon, le pétrole et le gaz sont revenus à des niveaux proches de leurs sommets historiques.

Cette fois-ci sera-t-elle différente ? Voici cinq façons dont la crise a redonné de l’élan à la transition énergétique.

1. Le consensus mondial se renforce. Santa Marta, en Colombie, accueillait la semaine dernière la première Conférence sur la sortie des combustibles fossiles, où 57 pays, dont le Canada, ont cherché des moyens d’avancer vers une énergie plus propre.Si plusieurs objectifs ambitieux y ont été présentés, l’un des principaux constats a été la nécessité de créer un groupe d’experts chargé d’apporter un éclairage scientifique sur la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles, les prix élevés de l’énergie et les dommages causés par les phénomènes météorologiques extrêmes. Un tel forum pourrait devenir un véritable terreau d’idées nouvelles.

2. AccelerateEU vise à protéger l’Europe contre les chocs liés aux prix de l’énergie. L’une des pistes consiste à accélérer le passage à une « énergie propre, verte et produite localement », notamment grâce à un plan d’action pour l’électrification que la Commission européenne doit publier d’ici l’été.

3. Les réactions instinctives des consommateurs pourraient modifier la demande à long terme. Les ventes mondiales de véhicules électriques ont bondi de 66 % en mars par rapport à février, certains consommateurs ayant reculé devant les prix à la pompe et opté pour l’électrique. Plusieurs pays d’Europe et d’Asie ont connu des mois records. Cette dynamique pourrait avoir des effets durables sur la demande de carburant et sur ce qu’on appelle la « destruction de la demande ». Au Canada, plus de 12 600 véhicules à émission zéro ont été vendus en février, contre près de 8 700 le mois précédent, selon de récentes données de Statistique Canada. Selon un sondage d’AutoTrader mené auprès de 17 000 Canadiens, la moitié des répondants envisageraient maintenant d’acheter un véhicule électrique.

4. Les fonctionnaires chinois se mobilisent désormais pour l’énergie propre. Le pays lance une campagne visant à accélérer l’action climatique des autorités locales, dans l’objectif de faire plafonner les émissions de CO2 avant 2030. À la clé : des récompenses et des perspectives d’avancement pour les fonctionnaires locaux. Ne sous-estimez jamais l’ingéniosité d’un gestionnaire intermédiaire déterminé à décrocher sa prime de rendement.

5. La plupart des énergies renouvelables sont désormais concurrentielles par rapport aux combustibles fossiles. Même avant la guerre en Iran, la compétitivité des prix de l’énergie solaire et éolienne était le principal moteur de la décarbonation du secteur de l’électricité, selon Ember Energy. En 2025, le coût actualisé moyen de l’énergie (LCOE) du solaire (39 $/MWh) et de l’éolien terrestre (40 $/MWh) était inférieur de 60 % à celui des turbines à gaz à cycle combiné (TGCC), qui s’établissait à 102 $/MWh. L’éolien en mer (100 $/MWh) a lui aussi atteint la parité de prix avec les TGCC. Des prix du pétrole supérieurs à 100 $ US ne font que renforcer l’argument en faveur des énergies renouvelables. D’après une analyse de Carbon Brief fondée sur les données douanières chinoises, les exportations chinoises de panneaux solaires photovoltaïques, de batteries lithium-ion et de véhicules à énergies nouvelles ont bondi de 70 % en mars par rapport à l’année précédente.

Voici ce que Lisa Ashton, cheffe, Recherche, a retenu de la plus récente Mise à jour économique du printemps d’Ottawa :

Les efforts pour stimuler les investissements propres se poursuivent. L’élargissement des crédits d’impôt et des incitatifs visant la capture du carbone, l’électricité propre et les technologies propres vise à attirer des capitaux privés et à faire croître l’innovation canadienne.

Un investissement climatique international de 5 milliards de dollars est proposé. Par l’intermédiaire d’Environnement et Changement climatique Canada, de FinDev et d’Affaires mondiales Canada, la mise à jour propose des dépenses consacrées à des initiatives climatiques et au développement technologique dans les économies émergentes du monde entier afin de faire progresser la décarbonation mondiale.

Un financement de 3,5 milliards de dollars pour amplifier les retombées positives pour la nature. Annoncée dans la stratégie Une force de la nature du gouvernement, cette enveloppe fédérale stimulera les investissements dans la nature, en arrimant la compétitivité climatique aux objectifs de conservation, comme la protection de 30 % des terres et des eaux d’ici 2030.

Intégration à une stratégie économique plus large. La Conférence sur la finance durable proposée et l’élaboration de lignes directrices canadiennes sur l’investissement durable visent à mobiliser des capitaux publics et privés dans des secteurs économiques clés, en rattachant les investissements durables à l’emploi, à l’abordabilité et à la compétitivité mondiale.

Ce qu’il faut retenir. Le Canada renforce son approche de la politique climatique, axée sur le marché et portée par l’investissement. Pour que cette approche renouvelée produise des résultats concrets, le pays devra faire avancer des stratégies et des accords clés, notamment le protocole d’entente sur l’énergie conclu avec l’Alberta.

First Nations Major Project Coalition’s 9th annual conference
  • Lors dela 9e Conférence annuelle de la First Nations Major Project Coalition, John Stackhouse a expliqué en quoi la réconciliation économique et la participation au capital des Autochtones sont essentielles pour que les grandes ambitions du Canada se concrétisent pleinement.

  • Gregory Brew, historien de l’énergie internationale et des relations entre les États-Unis et l’Iran, et analyste principal à Eurasia Group, explique pourquoi l’Amérique paierait cher son arrogance énergétique.

  • Les subventions et les prix planchers sont des outils temporaires ; c’est la demande qui soutiendra les prix et la confiance des investisseurs dans les minéraux critiques, écrit Gracelin Baskaran, directrice, Sécurité des minéraux critiques, au Center for Strategic and International Studies.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

La récente entente de principe d’équivalence sur le méthane entre le Canada et l’Alberta fixe un objectif de réduction de 75 % des émissions de méthane de pétrole et de gaz d’ici 2035, par rapport aux niveaux de 2014.1 Cela pourrait s’avérer déterminant pour les ambitions climatiques du pays : le méthane a environ 80 fois plus d’incidence sur le réchauffement que le CO₂, sur une période de 20 ans, et représente près d’un quart des émissions totales de gaz à effet de serre du secteur, ce qui en fait l’un des leviers les moins coûteux et les plus percutants pour les avancées liées au climat à court terme.

Pour les producteurs de pétrole et de gaz, la mesure et l’analyse du rendement des émissions de méthane offrent maintenant une plus grande souplesse sur le plan de la mise en œuvre, mais avec la vérification au premier plan.

Dans de nombreux cas, les entreprises du secteur du pétrole et du gaz sont déjà en place et comprennent plusieurs technologies clés de réduction des émissions de méthane, notamment : 

  • Unités de récupération de vapeur qui captent le gaz de réservoirs d’entreposage qui autrement serait libéré dans l’atmosphère ;

  • Systèmes pneumatiques à faible purge qui éliminent les émissions de méthane courantes provenant des instruments de contrôle des vannes et des pompes ;

  • Remplacements de joint d’étanchéité de compresseur pour prévenir les fuites des appareils sous pression ;

  • Leak detection and repair programs that use optical gas imaging and continuous monitors to find and tackle fugitive emissions.

Ensemble, ces technologies pourraient réduire les émissions de plus de trois millions de tonnes par année, soit l’équivalent d’environ 1 % des émissions annuelles en Alberta.2 La province a déployé ces technologies à grande échelle. Depuis 2019, l’Alberta a investi 172 millions de dollars dans la technologie de réduction du méthane, incluant l’installation de plus de 58 000 dispositifs à faible purge ou à purge nulle. Les résultats sont tangibles : les programmes financés par le gouvernement ont permis d’éviter le rejet d’environ 17 millions de tonnes d’émissions, selon le gouvernement de l’Alberta. Un programme de mise en œuvre de 25 millions de dollars a permis à 49 exploitants de déployer l’équipement dans plus de 650 sites, à des coûts d’élimination inférieurs à 50 dollars la tonne.3

Le secteur canadien de l’atténuation des émissions de méthane compte plus de 130 entreprises, et les mesures de conformité en vertu de l’application renforcée des règles sur le méthane devraient créer 34 000 emplois entre 2027 et 2040.

Cependant, tout progrès comporte des vents contraires. L’Alberta avait gelé le prix des crédits du fonds provincial « Technology Innovation and Emissions Reduction » (TIER) à 95 dollars la tonne en mai 2025, bien en deçà de la trajectoire fédérale de 170 dollars, invoquant les pressions tarifaires exercées par les États-Unis.4 Le protocole d’accord engage les deux gouvernements à respecter un prix minimum réel de 130 dollars la tonne ; cependant, quelques jours après sa signature, l’Alberta a effectué des modifications qui ont inondé le marché des crédits.

Bien que l’accord soit prometteur, son succès dépend d’une vérification transparente, d’autant plus qu’une exploration aérienne pluriannuelle a révélé que les émissions de méthane de l’Ouest canadien s’avéraient presque deux fois les inventaires officiels.5 Le Canada en a tenu compte lorsqu’il a mis à niveau sa méthodologie, entraînant une augmentation de plus de 35 % des émissions fugitives déclarées.6 L’engagement de l’accord envers une évaluation indépendante par un tiers pourrait s’avérer son élément le plus important.

Grâce à une interdiction qui remonte à 1971, la Norvège affiche la plus faible intensité de méthane au monde, mais son secteur pétrolier et gazier ne représente qu’une fraction de celui du Canada.7 Le rapport Global Methane Tracker 2025 de l’AIE situe l’intensité des émissions en amont du Canada à environ 0,40 kg de méthane/GJ, ce qui est inférieur à la moyenne mondiale de 0,55 kg de méthane/GJ, bien devant la Russie, l’Iran et le Turkménistan, mais plus élevé que la Norvège et l’Arabie saoudite.8

La réglementation de l’Union européenne (UE) sur le méthane, soit la première norme juridiquement contraignante au monde, exigera des importateurs qu’ils signalent l’intensité du méthane à partir de 2028 et atteignent les seuils d’intensité maximale d’ici 2030, liant rendement du méthane à faible émission et accès au marché, offrant ainsi un avantage potentiel aux producteurs pour concurrencer sur le plan de l’intensité du méthane.9

Les capitaux privés surveillent cette tendance. Un exemple récent est l’entreprise montréalaise GHGSat qui a levé 47 millions de dollars en septembre 2025, portant le financement total à 173 millions de dollars, avec l’appui des entités canadiennes Yaletown Partners, BDC Capital et Banque Nationale.10 La société GHGSat exploite désormais 16 satellites de détection du méthane et s’est associée à ExxonMobil et à Aramco.

Plus tard cette année, une ébauche d’accord d’équivalence devrait faire l’objet d’une consultation publique de 60 jours. Les signaux laissent entrevoir un régime mondial de plus en plus strict pour les émissions de méthane : normes d’importation de l’UE d’ici 2030 ; recherche par le Japon et la Corée du Sud d’un approvisionnement en gaz à faible émission de carbone ; et l’Engagement mondial sur le méthane, approuvé par 159 pays.

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Jour de la Terre 2026. Richesses naturelles, ressources et revnoveau au Canada

« Notre pouvoir, notre planète » est le thème mondial du Jour de la Terre de cette année. En effet, l’énergie propre constitue souvent le socled’une économie plus propre. Selon une nouvelle recherche réalisée par Jordan Brennan et Farhad Panahov à RBC,un investissement d’environ 670 milliards de dollars au cours des dix prochaines années sera nécessaire pour soutenir la transition énergétique du réseau électrique du Canada. Même si 80 % de l’électricité est non émettrice, le réseau canadien devra accroître sa capacité et être modernisé. Pour en savoir plus, lisez le rapport Gains en capital.

Les feux de forêt ne prennent pas de pause pour le Jour de la Terre. Près de 200 feux de forêt brûlaient au Canada la semaine dernière, soit presque deux fois la moyenne des dix dernières années pour cette période de l’année. Cela met en évidence l’ampleur du défi que représente la protection de la nature. Comme l’indique un récent rapport de RBC, ignorer la nature, c’est compromettre la prospérité, surtout alors que nous déployons des projets majeurs d’intérêt national. La conservation doit désormais être vue comme un capital auquel les générations à venir pourront accéder.

Le célèbre procédé Fischer‑Tropsch nous a donné l’essence et le carburant d’aviation — et il est maintenant en voie de produire des carburants durables. Unsiècle exactement après queFranz Fischer et Hans Tropsch ont révolutionné les hydrocarbures, cette même technique est aujourd’hui utilisée pour dissocier la production d’hydrocarbures des matières premières d’origine fossile, notamment en produisant des carburants d’aviation durables à partir de dioxyde de carbone. Mais une véritable durabilité exige une intégration à l’échelle des systèmes avec des « modules en amont à faibles émissions de carbone, tels que l’hydrogène vert et le captage du CO₂ », explique Ding Ma, de l’Université de Pékin, dans Nature. Le procédé dépasse désormais le stade des laboratoires, plusieurs pays, dont la Chine, travaillant à une fabrication chimique à faibles émissions.

Le capital naturel, c’est-à-dire les forêts, l’eau potable, les sols fertiles et la biodiversité, est l’un des atouts les plus précieux d’un pays. Il soutient les industries, protège les collectivités et joue un rôle majeur dans la résilience climatique. Le Canada est exceptionnellement riche en capital naturel, mais quand il s’agit d’investir dans celui-ci et d’en assurer la gestion, le tableau est mitigé, surtout si on le compare à des pays comme le Royaume-Uni, l’Australie et le Danemark.

La richesse naturelle du Canada est difficile à surestimer. Le pays abrite environ 24 % de la forêt boréale mondiale et près de 20 % des ressources en eau douce de la planète. Les secteurs des ressources naturelles, notamment le pétrole, les mines, la foresterie et l’agriculture, représentent environ 20 % du PIB canadien, chaînes d’approvisionnement comprises. Pourtant, le Canada peine à transformer le capital naturel en une catégorie d’actifs investissables à grande échelle.

Leçons à tirer du reste du monde

Royaume-Uni : Le Royaume-Uni a adopté une approche plus systématique pour intégrer la comptabilité du capital naturel dans les politiques publiques et la planification. Depuis 2012, le Natural Capital Committee du Royaume-Uni conseille le gouvernement sur la manière de mesurer les écosystèmes et d’investir dans ceux-ci — une fonction qui a évolué vers la création de l’Office for Environmental Protection en 2021. Aujourd’hui, le Royaume-Uni publie des comptes officiels du capital naturel qui estiment la valeur économique des forêts, des rivières et d’autres actifs, un outil comptable dont dispose également le Canada dans le cadre du système des Nations Unies de comptabilité économique et environnementale. L’approche britannique, qui intègre des considérations économiques et environnementales dans la prise de décision, est complétée par des mécanismes de marché capables de stimuler les investissements dans les actifs naturels, comme le programme Biodiversity Net Gain.

Australie : Comme le Canada, ce pays est riche en ressources naturelles et en dépend fortement sur le plan économique pour l’exploitation minière, l’agriculture, le pétrole et le gaz. Toutefois, l’Australie a adopté une approche plus ambitieuse pour attirer les investisseurs privés dans le capital naturel. Des projets d’infrastructure d’envergure ont été réalisés pour mobiliser des investissements institutionnels, y compris ceux de fonds de pension canadiens, dans des projets à long terme, notamment dans le développement des énergies renouvelables et l’utilisation durable des terres. Un exemple est le Murray–Darling Basin Plan, une initiative de 13 milliards de dollars visant à gérer durablement les ressources en eau dans la principale région agricole du pays.

Danemark : Ce pays scandinave ne dispose pas des vastes ressources naturelles du Canada. Il a plutôt choisi d’intégrer la durabilité environnementale dans sa fiscalité afin de rendre l’investissement dans la gestion durable des ressources naturelles plus attrayant sur le plan économique. C’est pourquoi plus de 50 % de l’électricité du Danemark provient de l’énergie éolienne et solaire.

Bien que le Canada ait pris des engagements importants, il ne dispose toujours pas des systèmes coordonnés de ses pairs. Le troisième pilier de la stratégie Une force de la nature, Valoriser la nature et mobiliser des capitaux, vise à relever ce défi. En commençant par la mise sur pied d’un groupe d’experts sur la comptabilité du capital naturel et le financement de la nature, le gouvernement fédéral cherche à mobiliser des capitaux privés, en complément de son engagement de 3,8 milliards de dollars en faveur de résultats positifs pour la nature. Si le Canada peut évaluer la valeur de ses actifs naturels, attirer davantage d’investissements privés et aligner ses objectifs environnementaux avec la croissance économique, il pourra transformer son patrimoine en avantage économique durable.

Pour en savoir plus sur le capital naturel, lisez Extraire la valeur : la nature, un atout dans les programmes de stimulation de la croissance.

« L’agriculteur est responsable du sol qu’il exploite. Cette ressource naturelle ne se régénère pas au même rythme qu’elle s’épuise… Il lui faut donc constituer un compte d’épargne‑sol. Cela lui permettra non seulement de préserver son sol, mais aussi d’augmenter son revenu et d’accumuler des intérêts. »

Cette citation (traduite librement) tirée d’une édition de 1948 de la publication de RBC Making Money by Saving Soil, est aussi pertinente aujourd’hui qu’à son origine. En fait, la question de la conservation des sols fait partie des préoccupations des agriculteurs depuis bien longtemps. La situation a bien sûr évolué : la recherche, les mégadonnées et la technologie nous ont permis de mieux comprendre les dynamiques du sol sous nos pieds. Mais bon nombre des défis liés à la conservation des sols pour produire des cultures saines demeurent les mêmes. Lisez l’article de Lisa Ashton, cheffe intérimaire, Institut d’action climatique, à link.

  • Quelque 10 000 événements sont organisés dans le monde pour célébrer le Jour de la Terre 2026. Toutefois, si vous manquez de temps, Eathday.org propose50 moyens de passer à l’action pour la planète.

  • Selon un nouveau rapport de MaRS, le coût des rénovations en profondeur requises pour réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments canadiens d’ici 2030 serait d’environ 10 $ le pied carré

  • James Rising et ses collègues du Grantham Research Institute on Climate Change expliquent comment les investissements en adaptation climatique peuvent générer un « triple dividende » : prévenir les pertes, stimuler l’activité économique et offrir des co‑bénéfices sociaux et environnementaux.

  • Malgré le contrecoup subi par les énergies renouvelables, 44 % des Américains continuent de s’inquiéter au sujet du changement climatique, un niveau proche d’un sommet historique. À l’inverse, seuls 35 % des répondants se disent optimistes quant à l’état de l’environnement (un creux record), selon Gallup.

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.


« Soyons clairs : l’agriculteur est responsable du sol qu’il laboure. C’est une ressource naturelle qui ne se régénère pas aussi vite qu’elle s’épuise […]. L’agriculteur doit donc ouvrir un compte d’épargne « sol ». Non seulement cela en assurera la conservation, mais le compte produira un revenu et des intérêts. »

Cette citation, traduite librement, est extraite de Making Money by Saving Soils (édition de 1958), l’ouvrage qui fut la source initiale du Leadership avisé RBC. Elle n’a rien perdu de son actualité. La question de la conservation des sols préoccupe les agriculteurs depuis très longtemps. Si les études, les statistiques et les techniques modernes permettent de mieux comprendre ce qui se passe sous nos pieds, les défis à relever pour obtenir de bonnes récoltes n’en demeurent pas moins les mêmes.

En 1950, un Canadien sur cinq faisait partie de ce qu’on appelle la population agricole1. Pour RBC, à l’époque, s’il importait de préserver le sol, c’était parce qu’il représentait :

  • Un moyen de subsistance

  • L’espoir de s’enrichir

  • Un actif à transmettre à la génération suivante

Les agriculteurs étaient incités à pratiquer la rotation des cultures, la gestion responsable des éléments nutritifs et la préservation des milieux situés en bordure de champ (bois et cours d’eau). Trois raisons poussaient à labourer : cela permettait de préparer un lit de semence approprié, de détruire les plantes indésirables et d’améliorer les qualités physiques du sol. Aujourd’hui, on suggère plutôt le contraire, afin de réduire l’érosion, de favoriser la biodiversité des sols et d’éviter de perturber les puits de carbone qu’ils constituent. Au Canada, ce changement de pratique est favorable à la santé du sol. Nos sols sont considérés aujourd’hui comme des puits de carbone nets, du fait du non-recours au labourage dans les Prairies et à l’accroissement de la productivité dans l’ensemble du pays2.

Des années 1940 à la décennie 70, l’agriculture s’est grandement transformée. Les progrès accomplis par les sciences de la vie et la mécanisation allaient entraîner l’adoption massive de nouvelles variétés de végétaux, des engrais et pesticides industriels ainsi que d’équipements qui permettaient de produire davantage par hectare – il le fallait, car la population mondiale augmentait rapidement. Simultanément, le nombre d’agriculteurs diminuait sensiblement : en 1980, sur 21 Canadiens, un seul faisait partie de la population agricole3.

Pour optimiser la croissance des végétaux, les exploitants introduisaient davantage d’éléments nutritifs dans le sol (azote, phosphore et potassium, notamment). Cela a pu conduire à employer trop d’engrais, ce qui a des effets néfastes sur la composition du sol et entraîne la pollution des cours d’eau. Toutefois, la quantité de résidus de récolte retournant au sol augmentait aussi, d’où des gains de matière organique enfouie.

De nos jours, le perfectionnement de l’outillage apparu pendant la « révolution verte » se poursuit et conduit à produire davantage de récoltes de qualité. Les intrants et le matériel agricole offrent de plus en plus souvent autant d’avantages sur le plan de la santé du sol qu’au chapitre de la productivité. Citons par exemple les engrais biologiques et la vaporisation de pesticides dans les seuls cas où il est vraiment nécessaire d’éliminer des plantes envahissantes.

Aujourd’hui, moins de 2 % des Canadiens vivent ou travaillent dans une exploitation agricole4. Cela n’empêche pas le Canada de figurer, au classement mondial de la sécurité alimentaire, des exportations de produits agroalimentaires ou de la qualité et de la sécurité des aliments, parmi les 10 premiers5,6. Toutefois, le fait que la population agricole de notre pays soit si peu nombreuse représente une menace pour l’avenir de ce secteur.

Par rapport à ce qui se passait il y a 70 ans, les agriculteurs peuvent compter sur un réseau de partenaires et de conseillers beaucoup plus étendu, et ce, dans tous les domaines (finances, agronomie, technologie, machinerie, planification de la transition et durabilité). Au-delà des tâches agricoles, les jeunes peuvent embrasser aujourd’hui des carrières variées, dynamiques et stimulantes : les informaticiens conçoivent des outils reposant sur l’IA qui permettent de répandre les engrais avec beaucoup plus de précision ; les consultants en environnement informent les agriculteurs des crédits et primes offerts à ceux qui veillent à la conservation des sols ; les experts du commerce international trouvent de nouveaux marchés pour les produits canadiens. Les grands défis consistent désormais à mobiliser davantage nos compatriotes en faveur de l’agriculture, ce secteur essentiel à la prospérité nationale, et à souligner combien il importe de préserver nos actifs naturels, au premier rang desquels figurent les sols en santé.

Décidément avant-gardiste, l’ouvrage de 1958 que nous avons cité d’entrée de jeu le disait déjà : « Pour être de bons protecteurs de l’environnement, nous devons changer nos façons de voir, renoncer à certaines pratiques traditionnelles et repenser, parfois complètement, nos méthodes agricoles. »

C’est un sol qui constitue, de manière durable, un écosystème favorable à la croissance des végétaux, des animaux et des humains7. Les sols sont essentiels à nos économies et à l’environnement. Ils sont la source de près de 95 % de ce que nous mangeons8. Sur la terre ferme, ils sont aussi le plus important puits de carbone : ils absorbent trois fois plus de CO2 que l’atmosphère et deux fois plus que tous les végétaux vivants9.

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

➔ L’accord de principe entre le Canada et l’Alberta sur le méthane permet-il à la fois une hausse de la production de pétrole et de gaz et une baisse des émissions ?

➔ Les raisons pour lesquelles le commerce durable du Canada se retrouve déficitaire.

➔  Une ville de la Colombie-Britannique montre la voie en matière de réglementation liée au chauffage.

➔  Le déficit commercial écotechnologique du Canada ne cesse d’augmenter. Le déficit commercial environnemental et écotechnologique du pays n’a cessé d’augmenter pour s’établir à 15,6 milliards de dollars en 2024, comparativement à 2,4 milliards il y a dix ans, selon les dernières données de Statistique Canada . Les importations d’électricité propre, soit l’atout climatique le plus prisé du Canada, ont bondi ces dernières années, alors que les exportations chutaient en raison de la sécheresse et de la demande intérieure croissante d’électricité. Selon l’économiste Farhad Panahov, le matériel écotechnologique, des éoliennes aux véhicules électriques et au matériel de traitement de l’eau, représentait environ 80 % de la croissance des importations, en phase avec les fortes tendances d’adoption et de déploiement au Canada au cours de la même période.

Déficit commercial en matière d'énergie propre au Canada

➔  L’Union européenne a mis en place le premier programme du bloc, sur une base volontaire, pour générer des crédits carbone certifiés. Les crédits générés en vertu du Règlement sur l’élimination du carbone et l’agriculture du carbone (CRCF) sont conçus dans le cadre d’une certification volontaire du carbone, pour stimuler l’extensibilité et aider l’UE à atteindre ses objectifs de carboneutralité d’ici 2050. Selon Lisa Ashton, directrice intérimaire de l’Institut d’action climatique RBC, le Canada pourrait s’en inspirer : le secteur agricole dispose d’un ensemble de programmes pour conclure des ententes de conformité et saisir des occasions de marché volontaires, mais avec une disponibilité limitée de protocoles de conformité reconnaissant le rôle des agriculteurs dans la construction de puits de carbone du pays au moyen de pratiques durables. Toutefois, le protocole d’entente entre le Canada et l’Alberta et la révision de la tarification étalon du carbone pourraient améliorer la capacité des agriculteurs à accéder aux marchés du carbone.

➔  Hydro-Québec encourage les ménages à produire leur propre énergie. Une nouvelle subvention de 1 000 $ par kW pour les ensembles solaires couvre jusqu’à 40 % des coûts admissibles du projet. Le Québec retarde par rapport aux autres territoires nord-américains en ce qui concerne l’énergie solaire, car son hydroélectricité bon marché signifie que des périodes de remboursement de 25 à 30 ans ont rendu l’énergie solaire non rentable. Cela est en train de changer. Alors qu’Hydro-Québec met au point des sources d’énergie de remplacement et redirige les excédents vers l’exportation et le secteur, la production ainsi répartie allège la pression sur le réseau. En effet, les ménages peuvent même revendre leur électricité excédentaire au réseau. L’objectif des nouveaux incitatifs vise à faire passer les coûts d’investissement de 36 000 $ à 24 000 $, ce qui représente un délai de récupération de 10 à 12 ans. Bien que le délai de récupération des coûts soit long, il est difficile de rivaliser avec les prix d’électricité les plus faibles du continent. En revanche, pour le Pakistan qui est au beau milieu d’une révolution solaire, une mise en place semblable coûterait 6 500 $, selon les estimations du responsable de la politique énergétique Shaz Merwat. Lisez également notre rapport : Comment les maisons intelligentes peuvent accroître l’efficacité du réseau électrique.

Terre-Neuve-et-Labrador pourrait compter parmi les principaux producteurs d’énergie éolienne au Canada. Les dernières prévisions de la Régie de l’énergie du Canada (Avenir énergétique du Canada en 2026 ), s’attendent à ce que la province de l’Atlantique devienne une centrale éolienne extracôtière, représentant une part importante de la nouvelle capacité d’énergie éolienne d’ici 2050, de même que pour l’Alberta.

Shaz Merwat passe en revue les perspectives éoliennes de la province de l’Atlantique :

  • L’énergie éolienne, principalement en mer, pourrait représenter une capacité de 13,3 watts d’électricité d’ici 2050 dans la province, comparativement à des chiffres négligeables aujourd’hui, selon l’hypothèse de base de l’équipe de la Régie de l’énergie du Canada (scénario selon les mesures actuelles).

  • La capacité totale en électricité de la province devrait tripler, dont 98 % en énergies renouvelables d’ici 2050 (contre environ 87 % aujourd’hui).
    Source : Régie de l’énergie du Canada

  • La Régie de l’énergie du Canada (REC) mise gros sur Terre-Neuve. La province bénéficie de conditions éoliennes de niveau international, mais de presque aucune industrie éolienne à l’heure actuelle, et compte tenu de certaines baisses majeures récentes liées à la demande anticipée d’hydrogène vert, l’éolien représente probablement un risque de marché plus important.

  • Les coûts des turbines flottantes et de celles en eau profonde limitent également la mise en place d’une énergie éolienne extraterritoriale. Le corridor de transmission requis pour acheminer l’énergie vers le marché du Québec demeure une proposition de plusieurs milliards de dollars sans décision d’investissement finale, mais sera nécessaire si Terre-Neuve-et-Labrador souhaite poursuivre ses projets d’exportation d’énergie éolienne vers le Québec et les provinces de l’Atlantique.

  • L’Alberta pourrait représenter un défi de plus à l’effort du Canada pour accroître l’énergie éolienne. La province possède les ressources et le réseau requis pour devenir le plus important producteur d’énergie éolienne au Canada. Or, les nouveaux investissements en éolien sont essentiellement gelés, en raison d’une incertitude politique qui ne s’est pas encore dissipée.

  • La mise en place de l’énergie éolienne dépend fortement de l’Alberta et de Terre-Neuve, où l’on prévoit que ces provinces ajouteront respectivement 16 et 13 GW, selon l’hypothèse de base de la REC, constituant la majeure partie des 72 GW d’ici 2050 pour l’ensemble du Canada.

  • D’ici 2050, selon les perspectives de la REC, l’éolien devrait représenter 30 % de la capacité de production totale du Canada, par rapport à seulement 11 % en 2025.

Par Vivan Sorab

Le récent accord d’équivalence du méthane entre Ottawa et l’Alberta prépare le terrain pour que la province régule le méthane à sa manière.

La réduction des émissions de méthane se veut l’une des mesures les moins coûteuses et les plus efficaces pour réaliser des progrès climatiques à court terme. Sur une période de 20 ans, le méthane impacte environ 80 fois plus le réchauffement climatique que le dioxyde de carbone et représente près du quart des émissions totales de gaz à effet de serre du secteur pétrolier et gazier du Canada.

L’accord d’équivalence met en suspens la Réglementation d’Ottawa sur le méthane et permet à l’Alberta de mettre en œuvre sa propre approche axée sur le rendement qui regroupe des règlements, des crédits compensatoires et des investissements ciblés, ainsi que la modélisation du méthane, l’analyse et les résultats de la réduction des émissions, dont la supervision s’effectue par un tiers nommé conjointement et à coûts partagés.

La gestion du méthane s'est améliorée en Alberta mais le torchage demeure élevé

Les nouvelles règles provinciales entreront en vigueur le 1er janvier 2027. L’entente, d’une durée de dix ans, remplacera l’accord d’équivalence actuel, qui doit prendre fin en octobre 2030. Si les réductions sont insuffisantes, l’Alberta s’engage à prendre des mesures correctives.

Voici quelques observations :

  • Un véritable élan émerge de tout ça. L’Alberta a déjà réduit ses émissions de méthane de plus de 50 % par rapport à leurs niveaux de 2014, pour environ 172 millions de dollars d’investissements technologiques de réduction depuis 2019 et plus de 58 000 dispositifs à faible purge ou sans purge, installés dans le cadre du programme de compensation des émissions de carbonede la province.

  • L’acceptation de la vérification des émissions par un tiers représente une étape importante, compte tenu de la divergence des résultats précédents entre les données du secteur et celles d’études indépendantes.

  • L’objectif de 2035 prolonge le délai de conformité de l’Alberta de cinq ans par rapport aux règlements fédéraux existants sur le méthane, faisant passer le seuil de conformité à 75 %, contre 72 % auparavant.

  • Le secteur canadien de l’atténuation du méthane compte plus de 130 entreprises. Les mesures de conformité en vertu des règlements fédéraux pourraient générer 34 000 emplois entre 2027 et 2040, selon une estimation.

  • Les technologies utilisées sont en grande partie éprouvées et disponibles : unités de récupération de vapeur, dispositifs pneumatiques à faible purge, systèmes de contrôle en continu, et programmes de détection et de réparation des fuites.

  • Un projet d’accord d’équivalence est attendu plus tard cette année, suivi d’une consultation publique de 60 jours, les deux parties visant à le finaliser d’ici la fin de l’année.

  • Deux autres protocoles d’entente entre le Canada et l’Alberta demeurent en suspens, notamment l’équivalence de tarification du carbone industriel et un accord trilatéral avec les partenaires de Pathways Alliance.

Ottawa et l’Alberta parient qu’une réglementation coopérative fondée sur les résultats peut entraîner à la fois une augmentation de la production pétrolière et gazière et une baisse des émissions. Ce modèle deviendra un plan sous réserve que les détails puissent résister à un examen.

  • En Colombie-Britannique, l’objectif de ventes de véhicules électriques est passé de 100 % à 75 % en 2035, par souci de conformité aux objectifs fédéraux. Adam Thorn de l’Institut Pembina est « encouragé », mais Brian Kingston, chef de la direction de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, est « déçu » que la Colombie-Britannique se conforme à son mandat provincial en matière de véhicules électriques.

  • New Westminster veut éviter un autre épisode de « dôme de chaleur » : Après que la ville de la Colombie-Britannique ait connu le taux de mortalité le plus élevé lors du dôme de chaleur de 2021, elle est devenue la première ville canadienne à adopter un règlement de chaleur maximale, exigeant que les propriétaires conservent au moins une pièce dans un appartement loué à 26 °C ou moins. « Bien qu’imparfait… c’est une reconnaissance que d’autres vagues de chaleur vont survenir, et que nous devons tous nous adapter », explique Colin Chan, directeur exécutif de l’Autorité provinciale du service de santé de la Colombie-Britannique.

  • L’énergie solaire a atteint un point de bascule. « Dans l’ensemble et depuis un certain temps, l’énergie solaire est déjà moins chère que l’énergie fossile, mais les coûts initiaux étaient auparavant plus élevés », explique Nicolas Fulghum , analyste principal des données énergétiques et climatiques chez Ember.

  • À suivre : Jesse Jenkins, professeur agrégé de politique énergétique à l’Université Princeton, est la voix numérique la plus influente du secteur de l’énergie propre aux États-Unis. Voici une liste de 99 autres poids lourds d’influence aux États-Unis dans le domaine du climat.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

J’étais à Houston ces derniers jours pour la semaine CERAWeek, aussi appelée le Super Bowl de l’énergie, où se tenait une série d’échanges intenses et instructifs sur l’actuelle crise mondiale de l’énergie. L’an dernier, le forum était tout ouïe lorsque le nouveau gouvernement Trump a présenté sa stratégie de « domination énergétique ». Cette année, le forum n’en avait que pour la crise énergétique majeure causée par la guerre en Iran.

Selon le point de vue dominant, le conflit – et donc le danger dans le golfe Persique – perdurera pendant un certain temps encore, et les marchés de l’énergie peineront à trouver une nouvelle normalité. L’ancien secrétaire à la défense James Mattis, qui a participé à trois guerres dans la région du Golfe et autour, a déclaré que les États-Unis ne pouvaient pas crier victoire unilatéralement. Même si sa marine a été détruite, l’Iran peut encore déployer des missiles de croisière antinavires tout le long de sa côte de 1 000 kilomètres. Cela implique que le conflit pourrait durer plus longtemps que prévu et que les répercussions économiques pourraient s’accentuer si les chaînes d’approvisionnement restent paralysées. La circulation dans le détroit d’Ormuz est en baisse de 70 %, plus de 850 pétroliers y étant pris pour cibles. Il faudra des semaines pour évacuer cette flotte – ce qui a amené l’AIE à qualifier la situation de « plus grand défi mondial pour la sécurité énergétique et alimentaire de tous les temps ».

La perturbation du marché du GNL n’est pas un choc temporaire. Le chef de la direction de QatarEnergy a confirmé que le pays a perdu environ 17 % de sa capacité d’exportation de GNL pour des années et que la remise en état des installations nécessitera des milliards de dollars. Les marges sur le GNL ont déjà augmenté de 200 % en moyenne pour la période de 2026 à 2028. L’augmentation de l’offre en provenance de l’Australie, du Canada et des États-Unis suffira tout juste à compenser les pertes, mais n’entraînera aucune croissance de l’offre. Cela signifie qu’il est peu probable de voir l’offre de GNL revenir à ses niveaux d’avant la guerre d’ici la fin de 2027, dans le meilleur des cas. Les analystes de S&P Global Energy s’attendent à une perte de production pouvant atteindre 35 millions de tonnes de GNL en 2026, ce qui correspond à la moitié des importations annuelles du Japon.

Le Programme alimentaire mondial a averti que pas moins de 45 millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir d’insécurité alimentaire grave si le conflit ne se règle pas bientôt – une crise comparable à celle qu’a causée l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cela tient en grande partie au fait que 30 % de la production mondiale d’urée provient de l’Iran et de pays tributaires du détroit d’Ormuz et que les exportations d’engrais du golfe Persique ont brutalement chuté, avec pour effet de pousser les prix à la hausse partout dans le monde et de menacer la saison des plantations au printemps. Les coûts de stockage et de fret ont quadruplé en Europe, ce qui ajoute au cauchemar du transport. Les prix des intrants agricoles ont presque doublé en Égypte. Les usines d’engrais en Inde, au Bangladesh et au Pakistan ont dû arrêter complètement leur production en raison de l’envol des prix du gaz naturel et du pétrole – et, contrairement à 2022, il n’existe guère de solutions de rechange. L’Inde a réduit la production de trois de ses usines d’urée. Le Bangladesh a fermé quatre de ses cinq usines d’engrais.

Le détroit est la seule voie maritime pour 93 % des importations de pétrole du Japon, ce qui pousse Tokyo à commencer à libérer 80 millions de barils de pétrole de ses réserves stratégiques. Les réserves de GNL du pays sont considérablement moindres, les entreprises japonaises n’ayant qu’environ trois semaines de stocks de GNL, soit l’équivalent du volume total de leurs importations de GNL dépendantes du détroit d’Ormuz. Taïwan et la Corée du Sud sont aussi gravement menacés. En Asie du Sud, des mesures de rationnement du carburant sont mises en place. Le Pakistan et le Bangladesh dépendent du Qatar pour environ la moitié de leurs importations de GNL. Les prix au comptant du GNL en Asie ont bondi de 143 % depuis le 28 février.

Les hausses des coûts de la dette et des prix à l’importation ont toujours été problématiques pour les pays en développement, en particulier ceux qui ont recours au crédit étranger et à l’énergie pour stimuler leur croissance. Dans plusieurs économies africaines, l’énergie et les transports comptent pour 15 à 25 % de l’inflation. La Banque asiatique de développement a déterminé que les Philippines, le Pakistan et le Sri Lanka étaient les économies les plus vulnérables de la région. Des répercussions se feront également sentir dans les régions de fabrication à faible coût, où les prix des intrants – les plastiques à base de pétrole, par exemple – sont en hausse. Tous ces éléments vont obliger les pays endettés à emprunter davantage pour subventionner la consommation et l’industrie, alors même que les coûts d’intérêt augmentent de nouveau. En Ouzbékistan, en Égypte et en Mongolie, les subventions liées aux carburants représentent respectivement 28,3 %, 28,0 % et 11,9 % des dépenses publiques. Les pays qui dépendent du tourisme, comme le Kenya et le Sri Lanka, pourraient souffrir encore plus.

Tout le monde s’entend pour dire que la demande d’énergie des centres de données liés à l’IA continuera d’augmenter et qu’il n’y aura pas assez de gaz pour les faire fonctionner. De grandes entreprises technologiques comme Google et Microsoft élaborent des plans pour recourir à l’énergie nucléaire, et même relancer des centrales désaffectées aux États-Unis. Mais il faudra des années pour ce faire. Les centres de données représentent à présent 4 % de la consommation électrique américaine, et on prévoit que ce chiffre pourrait atteindre 12 %. Ce phénomène n’est pas propre aux États-Unis et à la Chine. Des pays asiatiques comme les Philippines ont des stratégies ambitieuses en matière de centres de données, qui dépendent d’une hausse des importations de gaz pour tourner. Ils auront maintenant besoin de ce gaz – à un coût beaucoup plus élevé – pour maintenir les usines et les systèmes de climatisation en marche. Le déséquilibre entre l’offre et la demande ne se calcule pas.

Le choc énergétique a mis en lumière l’ambition de la Chine de vendre des véhicules électriques au monde entier, en particulier aux pays en développement – pour autant que ces pays tributaires de l’énergie puissent trouver de nouvelles façons d’électrifier leurs parcs automobiles. À l’heure actuelle, quelque 60 % des véhicules entièrement électriques dans le monde se vendent en Chine. Le choc énergétique va-t-il doper la croissance de ce segment ? Cela risque de prendre un certain temps, notamment dans les pays qui doivent composer avec un certain nombre d’autres difficultés pour bâtir leur infrastructure électrique. Il faut s’attendre à voir à la fois des véhicules à essence et des véhicules électriques sur les routes de la plupart des pays pendant encore longtemps – même Ford Motor Co, aux États-Unis, a mis à profit le forum de Houston pour promouvoir sa stratégie de développement d’une nouvelle camionnette électrique, mise au point dans une unité de recherche avancée en Californie. L’attrait de cette camionnette tient davantage à sa simplicité qu’à ses besoins énergétiques. Les nouveaux véhicules n’utilisent qu’une fraction des composantes (tout tourne autour de la batterie) et du câblage interne de leurs prédécesseurs, ce qui en rend la fabrication beaucoup plus facile et moins coûteuse. Les constructeurs automobiles américains apprennent aussi de la Chine à concevoir des véhicules comme des plateformes technologiques. La principale question pour Jim Farley, le chef de la direction de Ford, est de savoir comment les Américains réagiront. Comme Ford le sait, l’automobile est une culture.

Nous n’en sommes qu’au début – et les événements imprévus se multiplient –, mais le conflit pourrait entraîner une perte de production de l’ordre de 10 millions de barils par jour cette année. Cela représente environ 10 % des besoins mondiaux. Il existe des quantités de champs de pétrole pour compenser cette perte, mais cela ne se fera ni rapidement ni efficacement. Prenons l’exemple du Venezuela. La récente augmentation de 250 000 barils par jour de sa production pour 2026 représente moins de 0,3 % de la consommation mondiale. La Guyane, sa voisine, est plus prometteuse, tout comme le Brésil, le Nigéria et même la Libye. Mais toutes ces possibilités, prises ensemble, ne permettent même pas d’approcher les volumes perdus. Certaines conversations, à la semaine CERAWeek, évoquaient une reprise des forages en Alaska et de l’exploration en mer du Nord, et même à l’extrême nord de la Norvège. La production devrait également augmenter au Canada, y compris en mer au large de Terre-Neuve-et-Labrador. Mais la plupart des yeux sont tournés vers la Russie. Le pays pourrait avoir quelque 80 millions de barils de pétrole en ce moment dans les eaux internationales, et bien davantage prêts à expédier.

Le ministre de l’Énergie Timothy Hodgson n’a pas mâché ses mots. Le Canada va produire et exporter beaucoup plus de pétrole et de gaz. Il a même chiffré cette perspective à 2,5 millions de barils de pétrole supplémentaires par jour (soit une hausse de 50 %) et à 100 milliards de pieds cubes de gaz (le double des prévisions) d’ici 2035. Le ministre a expliqué à divers auditoires que le soutien des Autochtones au développement des ressources avait rarement été aussi fort, en partie parce que la plupart des grands projets d’exploitation des ressources ont à présent un actionnariat autochtone. La première ministre de l’Alberta Danielle Smith a évoqué devant un auditoire la conclusion prochaine d’un accord sur la tarification du carbone entre Ottawa et sa province, lequel accord sera essentiel pour les contrats à long terme. Il pourrait également sous-tendre des plans d’investissement massif dans la capture et le stockage du carbone, un objectif auquel le gouvernement Carney demeure très attaché. En coulisses, des fonds souverains, des multinationales et des sociétés d’État se sont réunis pour faire progresser des négociations sur des contrats à long terme et des prises de participation. Une question semblait tous les habiter : Le Canada saura-t-il, cette fois-ci, agir rapidement et à grande échelle ?

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Cet article est un compagnon de l’épisode Disruptors sur la façon dont la plate-forme Wikipédia a construit la crédibilité grâce à la communauté, la transparence et un engagement partagé à la neutralité – Confiance à l’échelle : leçons de Wikipédia

La relation que les gens entretiennent avec les institutions a changé. Dans les pays de l’OCDE, davantage de gens se disent méfiants plutôt que confiants envers leur gouvernement national. Au Canada, seulement 48 % affirment faire confiance au gouvernement fédéral, comparativement à près de 60 % avant la pandémie1. Selon un sondage d’Ipsos, la confiance envers la capacité du gouvernement à agir de manière juste est passée de 58 % en 2019 à 43 % en 20222. Par ailleurs, l’indice CanTrust 2025 révèle que seulement 17 % des Canadiens font confiance aux politiciens, soit le niveau le plus bas en dix ans, et que six personnes sur dix estiment que les partis politiques sont des sources de division3.

Les médias sociaux et le contenu généré par l’IA ont accéléré cette tendance. Près de la moitié des Canadiens croient désormais que l’IA rendra les sources d’information moins fiables. Les algorithmes favorisent l’indignation au détriment de l’exactitude, inondant le débat public de contenus polarisants et de bruit généré par l’IA. Comme l’a souligné Jimmy Wales, cofondateur de Wikipédia, lors d’un récent épisode du balado Les innovateurs RBC, les plateformes encouragent de mauvais comportements en raison de l’engagement qu’ils suscitent : « les comportements provocateurs génèrent davantage d’interactions »4.

Dans son plus récent ouvrage, Seven Rules of Trust—A Blueprint for Building Things That Last (Les sept règles de la confiance : un plan pour construire des choses qui durent), Jimmy Wales s’intéresse à la crise mondiale de la crédibilité et des connaissances.Ces deux éléments se raréfient : selon le Baromètre de confiance Edelman 2026, 73 % des Canadiens se disent réticents à faire confiance à des personnes ayant des valeurs ou des sources d’information différentes5.

Les conséquences de cette méfiance sont nombreuses et concrètes. Lors des élections de 2023 en Slovaquie, un hypertrucage audio imitant un chef de parti politique est devenu viral pendant une période de silence électoral imposée par la loi, privant les journalistes d’une possibilité de réaction6. Aux États-Unis, un appel automatisé généré par l’IA et imitant le président Joe Biden a exhorté les électeurs du New Hampshire à rester chez eux lors de la primaire de 20247. Des incidents similaires sont survenus au Bangladesh, en Turquie et en Inde. Le German Marshall Fund a recensé 133 cas d’hypertrucage liés à des élections dans des dizaines de pays8.

Wikipédia est un modèle particulièrement instructif. Cette encyclopédie en ligne gratuite compte plus de sept millions d’articles en anglais, environ 283 000 contributeurs actifs et des milliards de pages consultées chaque année, le tout avec le budget d’un organisme sans but lucratif. Pour de nombreux utilisateurs, il s’agit d’une source de référence pour des sujets variés, allant de l’histoire d’entreprises à des faits insolites ou à des sujets peu connus.

Malgré sa diversité, la plateforme est loin d’être parfaite : des détracteurs soulignent des biais idéologiques, des écarts entre les sexes parmi les contributeurs et un risque de manipulation rémunérée. Toutefois, comme l’a souligné Jimmy Wales lors du balado, Wikipédia est passée « d’une plateforme autrefois perçue comme peu crédible à l’une des rares sources auxquelles les gens font confiance ».

Cela s’explique par sa structure. Le modèle de Wikipédia repose sur « la responsabilisation plutôt que le contrôle d’accès », a mentionné Jimmy Wales lors du balado Les innovateurs RBC9. « Toutes vos modifications sont visibles par tous. » Chaque source peut être vérifiée, les désaccords sont traités sur des pages de discussion publiques et les corrections surviennent en temps réel.

La réflexion de Jimmy Wales a été influencée dès le départ par l’argument du philosophe Friedrich Hayek, lauréat d’un prix Nobel, concernant la décentralisation des connaissances, selon lequel la prise de décision est plus efficace au niveau des utilisateurs finaux qu’à celui d’une hiérarchie centrale. Selon Jimmy Wales, les Notes de la communauté de la plateforme X sont une application prometteuse du même principe : donner davantage de pouvoir aux utilisateurs plutôt que de s’en remettre à une modération centralisée.

Des travaux de recherche remontant à l’étude de Knack et Keefer (1997) confirment que la confiance est un facteur mesurable de la croissance10. Une analyse d’Ira Kalish, économiste en chef mondial chez Deloitte, rend ce mécanisme concret : une hausse de la confiance entraîne une augmentation des investissements en immobilisations des entreprises et améliore la productivité grâce à des investissements de meilleure qualité, à l’accumulation de capital humain et à une plus grande internationalisation11.

Selon les modélisations du cabinet, une augmentation de dix points de pourcentage de la proportion de personnes qui font confiance au sein d’un pays se traduirait par une hausse d’environ un demi-point de pourcentage de la croissance annuelle du PIB par habitant ; il s’agit d’un gain appréciable dans un contexte où la croissance mondiale s’établissait en moyenne à 2,2 % entre 2015 et 2019.

Il n’existe pas de solution unique pour rétablir la confiance dans la gouvernance des entreprises et du secteur public. Toutefois, comme l’a mis en évidence la discussion avec Jimmy Wales lors du balado Les innovateurs RBC, la confiance n’est pas un simple principe abstrait. Sa reconstruction sera progressive, inégale et continue. En revanche, le coût de l’inaction est déjà mesurable.