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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Les relations entre l’Inde et le Canada reprennent vie, et cette fois-ci le processus ne se limitera pas à quelques poignées de main. 

Il y a deux ans, Justin Trudeau avait plombé les relations entre les deux pays en déclarant publiquement que le gouvernement indien pouvait être impliqué dans le meurtre d’un activiste sikh canadien, Hardeep Singh Nijjar, à Vancouver. Cette accusation avait provoqué la plus forte crise bilatérale depuis des décennies. Par la suite, les deux gouvernements avaient expulsé des diplomates, gelé les services de visa et suspendu toute négociation commerciale. Puis Donald Trump est revenu au pouvoir, et la nouvelle ère de « L’Amérique d’abord » a relégué au second plan les autres politiques étrangères.

Cette semaine, les gouvernements Carney et Modi ont amorcé un rapprochement délicat qui fera appel à des compromis de part et d’autre. Plus important encore, ils devront faire le point sur leurs intérêts mutuels (plutôt que sur leurs valeurs communes) dans un monde de plus en plus divisé.

Le Premier ministre Mark Carney a ouvert la voie à une politique fondée sur les intérêts communs en invitant Narendra Modi au sommet du G7, en Alberta, au mois de juin. M. Modi, qui n’a jamais été un grand partisan de M. Trudeau, s’est emparé de cette occasion de faire la paix.

Les deux gouvernements ont promptement nommé de nouveaux hauts-commissaires et repris leurs discussions sur les questions de sécurité, en particulier sur l’affaire Nijjar, avec l’intention de ne pas laisser ce sujet dominer leurs relations bilatérales. 

Cette semaine, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand et son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, se sont rencontrés aux Nations Unies en prévision d’un voyage officiel de Mme Anand en Inde à l’automne. Ottawa a rapidement réagi en désignant le gang indien Bishnoi comme entité terroriste, ce qui aidera les deux pays à lutter contre la montée des activités criminelles indiennes au Canada.

Ce sont de bonnes nouvelles pour ceux qui souhaitent ranimer ce partenariat, en particulier dans les domaines du commerce et de l’investissement. Mais il n’est pas question d’un simple retour à une relation normale, car les deux pays sont sur des longueurs d’onde économiques, sociales et géopolitiques très différentes. Ils devront trouver des points d’intérêt stratégiques.

Dans ce nouveau virage vers l’Inde, le Canada devra composer avec un pouvoir plus ferme et plus indépendant. De plus, le Canada doit se faire à l’idée qu’une décennie d’occasions bilatérales a été complètement ou partiellement perdue. Durant cette décennie, la situation de l’Inde a considérablement changé. 

Le pays affiche la plus forte croissance du PIB nominal parmi les grandes économies mondiales, et le revenu des ménages a presque doublé grâce à l’essor des collectivités rurales. L’Inde, pays le plus peuplé au monde, se considère désormais comme une puissance économique et politique qui pèsera dans la balance d’ici le milieu du siècle. L’Inde est aussi en voie de devenir l’un des pays les plus avancés au monde sur le plan du numérique, grâce à son système d’identification biométrique Aadhaar qui couvre désormais plus de 90 % de la population.  

Au cours de la décennie passée, le Canada a accueilli (officiellement) 500 000 personnes d’origine indienne, ce qui fait de l’Asie du Sud sa principale source d’immigration. 

Ces deux dynamiques, à savoir la montée de l’Inde et la diversité du Canada, exigeront d’assurer un équilibre délicat.

Jusqu’à présent, M. Carney a réussi à s’élever au-dessus de la politique nationale et à placer les intérêts du Canada au centre de cet exercice d’équilibre. Son gouvernement a indiqué que le nouveau chapitre de sa politique indienne serait axé sur les questions économiques, avec notamment une amélioration des garde-fous visant à protéger les intérêts des deux pays de la politique de la diaspora.

Une politique axée sur les intérêts passe par un renforcement des liens commerciaux, tant sur le plan des échanges que de l’investissement. Au cours des cinq dernières années, l’Inde est devenue une option stratégique pour de nombreux Canadiens (et habitants d’autres pays) souhaitant s’éloigner de la Chine, et malgré le refroidissement, puis le gel des relations entre les deux pays, l’intérêt des grands investisseurs s’est accru. Entre 2019 et 2023, les caisses de retraite canadiennes ont dirigé 25 % de leurs capitaux d’investissement vers l’Inde, ce qui marque une hausse de 10 % par rapport aux 15 années précédentes. L’Inde a ainsi supplanté la Chine au deuxième rang des destinataires pour les caisses de retraite canadiennes, uniquement devancée par les États-Unis.

Le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario s’est tenu à l’avant-plan, investissant l’année passée dans l’infrastructure (National Highways Trust), le financement automobile (Kogta) et l’intelligence artificielle (Darwinbox). Le groupe Brookfield s’est montré tout aussi présent sur le marché indien avec l’acquisition d’actifs liés aux énergies propres et de sites de télécommunications. À la fin de septembre, il a également conclu un partenariat d’une valeur de 1 milliard de dollars américains avec GIC, un fonds souverain de Singapour, pour gérer plus de cinq millions de pieds carrés de bureaux dans trois grandes villes : Mumbai, Bangladeshrou et Hyderbad.

Sur le plan commercial, l’Inde est passée du 16e rang des partenaires du Canada en importance en 2008 au 10e rang en 2015 puis au 7e rang l’an dernier.

Il en va autrement du Canada, qui se classe seulement au 30e rang des partenaires de l’Inde. Le commerce bilatéral a atteint 31 milliards de dollars en 2024, en prenant en compte les services, contre 117 milliards de dollars avec la Chine. La baisse du nombre d’étudiants étrangers, qui constituent l’une des plus importantes sources de revenus indiens pour le Canada, ralentira encore plus ces progrès, car la politique du Canada, perçue comme une politique de repli, a entaché notre réputation auprès de toute une génération de jeunes Indiens instruits.  

Et ce n’est pas l’unique raison pour laquelle la volonté du Canada de relancer les négociations commerciales pourrait exiger de la patience. En effet, l’Inde et M. Modi, qui font preuve d’une confiance croissante, ne feront pas facilement des compromis, surtout sur des questions telles que les droits de propriété intellectuelle, que l’Inde considère depuis longtemps comme une forme de colonialisme occidental. 

Ces différences mises à part, les deux pays partagent des liens uniques et profonds, en grande partie tissés par la population indo-canadienne. À l’avenir, l’Inde souhaitera établir des relations plus mûres, fondées sur des intérêts, en particulier sur le plan économique. Le Canada pourra aussi saisir de nouvelles occasions, allant du pétrole lourd au GNL, en passant par les technologies spatiales et de fabrication de pointe. 

Une relation renouvelée exigera que les deux pays reconnaissent ce que chacun d’eux apporte à l’autre. Elle peut aussi mettre l’accent sur ce que les deux pays peuvent accomplir grâce à des alliances et à des groupes multilatéraux. Cette semaine, Mme Anand et M. Jaishankar se sont exprimés devant l’ONU sur l’importance du multilatéralisme dans cette ère de « L’Amérique d’abord ». L’Inde, en tant que puissance de second ordre en plein essor, et le Canada, en tant que puissance moyenne en difficulté, pourraient tous deux tirer parti d’efforts collectifs.

Il y a cinquante ans, en 1975, les relations entre l’Inde et le Canada sont tombées au plus bas après que le gouvernement d’Indira Gandhi eut testé une bombe nucléaire l’année précédente puis déclaré l’état d’urgence. La relation ne s’est rétablie que lorsque Jean Chrétien s’est rendu en Inde en 1996.

Pour les deux pays, l’enjeu est trop important pour risquer un nouvel hiver de mécontentement. 

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➔ Préservation de la nature à l’occasion de la Semaine du climat de New York

➔ Les programmes liés aux véhicules électriques (VE) sont repoussés à plus tard

➔ La nouvelle vie de General Fusion débute alors que la course mondiale s’accélère

Les programmes liés aux véhicules électriques sont mis sur pause. Une autre politique climatique de l’époque de Justin Trudeau a subi un revers lorsque le gouvernement de Mark Carney a suspendu une norme selon laquelle les VE devaient représenter 20 % des ventes des constructeurs automobiles à compter de 2026. Les difficultés commerciales provenant des États-Unis font partie des raisons motivant cette décision, tout comme la fin des crédits d’impôt américains pour VE, qui entrera en vigueur au cours du mois. Les constructeurs automobiles sont déjà ébranlés par les droits de douane estimés à 12 milliards de dollars US (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) qui leur ont été imposés à ce jour. Plusieurs d’entre eux se retrouvent face à l’incertitude alors qu’ils ont englouti des milliards de dollars dans les chaînes d’approvisionnement de VE dans un marché qui a soudainement perdu de son élan. Cette situation représente un microcosme du plus grand débat opposant le climat et l’économie qui fait rage dans le monde entier.

La Banque de développement du Canada mise sur les minéraux essentiels. Le Fonds Innovation industrielle II (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de 200 M$ de l’organisme de financement appuie les entreprises en démarrage à un stade précoce exerçant des activités dans plusieurs secteurs, y compris les principales matières premières requises pour l’infrastructure d’énergie propre et les véhicules électriques. Les plus récentes données de l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement (ACCR) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) indiquent que les entreprises canadiennes de technologies propres ont amassé 191 millions de dollars au cours du premier semestre de 2025, comparativement à 657 millions de dollars pour la même période l’an dernier. Il va donc sans dire que le Canada a besoin de ce fonds.

Une nouvelle ruée mondiale vers le pétrole. La Norvège (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) se targue d’avoir un fonds souverain parmi les mieux garnis – et les plus respectueux des critères ESG – au monde, et d’être un chef de file en matière de véhicules électriques, mais tout cela est rendu possible par les combustibles fossiles. Sylvi Listhaug, dont le Parti progressiste a bondi en deuxième place lors des récentes élections, souhaite que la Norvège soit « le dernier pays du monde à mettre fin à la production de pétrole ». Il s’agit d’une prise de position récurrente, le Canada comptant parmi les nombreux autres pays qui ont été saisis de ce nouvel engouement pour le pétrole. Qu’est-ce que cela signifierait pour les émissions mondiales ? Les investissements dans le secteur du pétrole en amont devaient chuter cette année pour la première fois depuis 2020, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) Il pourrait s’agir d’une simple anomalie passagère.

Dawn Farrell, première dirigeante du tout nouveau Bureau des grands projets (BGP), doit accélérer la mise en œuvre de plusieurs projets susceptibles d’accroître les émissions au pays, ou non, selon sa manière de composer avec les impératifs environnementaux et économiques du pays, deux enjeux d’importance égale. Mme Farrell pourrait-elle réaliser les trois objectifs inconciliables du Canada : bâtir plus rapidement, accélérer la croissance durable et renforcer l’unité nationale ?

Son mandat de près de dix ans à titre de cheffe de la direction de TransAlta Corp., un géant du secteur des services publics établi à Calgary, nous en dit long sur le mode opératoire de la dirigeante :

  • Sous sa supervision, qui s’est terminée en mars 2021, l’entreprise de services publics est passée du charbon au gaz naturel, dans le cadre d’une transition à l’échelle sectorielle visant à réduire les émissions.

  • En 2021, TransAlta avait entièrement converti l’unité de 2 de Keephills, l’unité 3 de Keephills et l’unité 6 de Sundance, les faisant passer du charbon thermique au gaz naturel.

  • La transition énergétique a eu une incidence sur les travailleurs du charbon, et plusieurs collectivités provinciales ont bénéficié du fonds pour la transition de la communauté du charbon.

  • À la fin de 2021, TransAlta avait réduit ses émissions de GES de 70 % par rapport à 2005, excédant ainsi les cibles nationales en matière d’émissions d’ici 2030 au Canada, aux États-Unis et en Australie, où l’entreprise exerce ses activités.

  • TransAlta est devenue l’un des plus importants producteurs d’énergie éolienne au Canada et l’un des plus grands producteurs d’énergie hydroélectrique en Alberta, faisant passer sa capacité d’énergie renouvelable d’environ 900 MW en 2000 à plus de 2 800 MW en 2021.

Le chemin parcouru par TransAlta donne à Mme Farrell la crédibilité nécessaire pour contribuer à rationaliser plusieurs projets, . Toutefois, elle doit maintenant reproduire son approche au niveau national, où plusieurs intérêts concurrents – des gouvernement fédéral et provinciaux, des Autochtones et des grandes sociétés – se disputent l’attention.

Plusieurs projets de pipelines de pétrole, de GNL et d’énergies renouvelables sont avancés, mais voici les défis généraux qui attendent Mme Farrell :

  • Regagner la confiance des investisseurs : Le BGP devra prouver que le Canada est en mesure de bâtir de nouveau, et cette fois-ci de manière durable. Le Bureau devra produire des résultats rapidement pour que des intérêts étrangers osent recommencer à investir au Canada.

  • Au-delà de Trump : Nous ne nierons pas qu’un nuage aux allures du président américain plane sur le Canada. D’un autre côté, l’Europe (saluons l’, Allemagne [ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement]), le Japon et les économies émergentes veulent eux aussi nos ressources. La prochaine vague de projets devra pointer vers l’est comme vers l’ouest et compter sur l’engagement des pays consommateurs.

  • Harmonisation des priorités provinciales : Un autre défi monstre. Si Mme Farrell pouvait amener la Colombie-Britannique, l’Alberta et le Québec à se mettre d’accord, le Canada pourrait devenir une superpuissance au chapitre des ressources.

  • Faire appel aux groupes autochtones : Passer des promesses en l’air à de véritables partenariats avec les communautés autochtones pourrait bien être l’une des réalisations les plus durables du BGP.

Une technologie océanique d’élimination du carbone fait des vagues. La société Planetary Techologies, située en Nouvelle-Écosse, a récemment conclu un contrat de 43,3 millions de dollars avec Frontier Climat, lequel est soutenu par Shopify, Google et Meta. L’objectif visé ? Éliminer 115 211 tonnes métriques de CO₂ de 2026 à 2030 en ajoutant des minéraux alcalins, comme de l’oxyde de calcium et de l’oxyde de magnésium, aux eaux côtières. Le processus accélère l’absorption naturelle du CO2 et promet une période de stockage de plus de 10 000 ans. Frontier croit qu’elle pourrait faire passer le cours actuel d’environ 270 $ US la tonne à un prix allant de 50 $ US à 160 $ US en tirant parti de l’infrastructure existante des centrales électriques situées sur les côtes. Cette technologie permettra également de préserver les écosystèmes marins et donnera l’occasion aux communautés locales, dont la Nation Mi’kmaq, de participer.

Un rêve qui prend vie chez General Fusion. Le projet de fusion nucléaire de Richmond, en Colombie-Britannique, a récemment permis de soulever 30 millions de dollars (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), après avoir subi de nombreuses mises à pied et roulé à capacité réduite. Les capitaux alimenteront son programme de démonstration de fusion LM26, qui vise une température opérationnelle de 10 millions de degrés Celsius, une étape essentielle sur la voie de la fusion commerciale. Le bureau de gestion familiale Thistledown Capital appartenant à Tobi Lütke, chef de la direction de Shopify, ainsi que JIMCO, établie en Arabie saoudite, font partie des investisseurs ayant appuyé le cycle d’investissement. Les fonds totalisant 2,6 milliards de dollars US (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) injectés par les investisseurs dans 52 autres entreprises du monde au cours de l’année qui vient de s’écouler, dont 29 uniquement aux États-Unis, sont une véritable bouée de sauvetage pour la seule société de fusion du Canada. De plus, la course pour trouver la clé des technologies de fusion s’accélère, avec la China National Nuclear Corp. qui a établi la China Fusion Energy Co., d’une valeur de 2 milliards de dollars, en juillet, suivie de près par un nouveau cycle d’investissement de 863 millions de dollars US pour l’entreprise du Massachussets Commonwealth Fusion Systems (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), la plus grande société fermée de fusion au monde.

La capture de carbone s’apparente à faire rentrer le génie dans sa lampe, à la différence près que le carbone peut s’échapper. Une nouvelle étude évaluée par des pairs publiée dans Nature estime que la planète peut contenir à peine 1 460 gigatonnes de carbone, alors que les estimations antérieures s’élevaient plutôt à 40 000 gigatonnes (l’équivalent d’environ une année d’émissions de CO2). Selon l’étude, les failles structurelles et la mauvaise construction des puits pourraient miner l’efficacité des technologies de capture du carbone. Malgré cela, il reste encore de nombreux territoires dotés d’une géologie viable et de l’expertise nécessaire pour capturer le carbone. Environ quatre milliards de dollars américains ont déjà été investis dans les installations de capture, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) en 2024, et une capacité de capture de plus de 50 tonnes métriques de CO2 est actuellement opérationnelle, ne présentant que peu de fuites à ce jour. Le rapport estime par ailleurs que le Canada et les États-Unis sont «mieux placés » que l’Europe pour mettre en œuvre des solutions de stockage géologiques.

Power On: Hard choices, real consequences (Sous tension : Des choix difficiles aux conséquences concrètes). Le thème de la semaine du climat de New York de cette année, qui débute le 22 septembre, est bien choisi. L’événement, qui rivalise de plus en plus avec les événements annuels de la COP, réunit des experts en finances, des écologistes et des mordus de politique tout en créant l’un des pires embouteillages qu’a connus la Grosse Pomme.

Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, sera présente. Elle livrera une allocution le 24 septembre au Nature Hub dans le cadre d’un événement organisé par l’Institut d’action climatique RBC et Nature United.

La nature représente une contribution de 33 billions de dollars US à l’économie mondiale, ce qui correspond à la valeur du commerce mondial des biens et services. Pourtant, son rôle dans l’économie, en dehors des ressources que l’on en extrait (poissons, céréales et bois d’œuvre), n’est pas pris en compte dans le PIB national, laissant en marge une source de croissance économique et de risques. Voici un aperçu de quelques-uns des premiers thèmes couverts par le rapport que fera Lisa sur l’économie de la nature :

  • Le capital naturel est sous-utilisé en tant qu’atout dans la croissance économique. Au cours des vingt-cinq dernières années, le PIB des secteurs dépendants de la nature au Canada a enregistré une croissance d’une année sur l’autre inférieure de 0,6 % au reste de l’économie pendant la même période.

  • Il existe de vrais risques de ne pas tenir compte du rôle que pourrait jouer la nature dans la prospérité. Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni cherchent à reconstruire leurs économies. Et pourtant, leurs ressources naturelles s’épuisent. Le Royaume-Uni, par exemple, exerce une grande pression sur ses ressources en eau, le gouvernement prévoyant un écart de 5 milliards de litres par jour au chapitre de la disponibilité de l’eau d’ici 2055.

  • Les programmes en faveur de la croissance présentent des occasions de valoriser et de renforcer le capital naturel. La nature est maintenant un risque à signaler de même qu’une catégorie d’actifs à investir, et est prête à être intégrée dans les grands projets d’investissement et d’infrastructure.

« En cette ère de réindustrialisation, toutes les occasions de croissance durable doivent être présentées. C’est un facteur qui tombe à point, alors que les pays du monde entier ont de la difficulté à mobiliser des capitaux pour gérer, protéger et préserver leur capital naturel », déclare Lisa.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

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➔ Le plan canadien pour les batteries de véhicules électriques passe à la vitesse supérieure

➔ L’ère des avions à réaction électriques prend son envol à l’aéroport Billy Bishop

➔ Comment déconcerter les scientifiques

La vision canadienne en matière de batteries pour véhicules électriques prend forme. PowerCo, la filiale canadienne de Volkswagen spécialisée dans les batteries, poursuit la construction de sa giga-usine à St. Thomas, en Ontario, avec deux contrats de construction. L’usine devrait entrer en production en 2027. Mais il ne s’agit pas simplement d’un jalon important sur le plan des travaux de construction : c’est le signe que le pari risqué du Canada sur les chaînes d’approvisionnement des véhicules électriques se concrétise malgré les querelles tarifaires et l’incertitude de la demande. Pour Ottawa et l’Ontario, le véritable défi sera de savoir si cela permettra au Canada de s’implanter dans la chaîne d’approvisionnement en batteries en pleine évolution d’Amérique du Nord.

Les ambitions énergétiques se heurtent à la durabilité. La proposition de l’Ontario de relier les ressources pétrolières et gazières de l’Alberta et de la Saskatchewan aux raffineries situées dans le sud de l’Ontario et aux ports maritimes, y compris un nouveau port en eau profonde sur la côte de la baie James, se heurte à la résistance des Autochtones. Leur principale préoccupation se résume très simplement : ils se sentent « invisibles ». L’organisme Indigenous Resource Network (IRN) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) s’inquiète également du fait qu’ils soient considérés comme un obstacle au développement des projets, alors qu’en réalité « ils font partie de la solution », fait remarquer l’IRN. Il s’agira d’un défi récurrent alors que les gouvernements canadiens cherchent à accélérer la mise en œuvre des projets. Le Canada devra obtenir l’adhésion des groupes autochtones pour éviter tout retard dans la réalisation des projets.

Les scientifiques sont déconcertés. Le département américain de l’Énergie (DoE) a stupéfié le monde universitaire spécialisé dans les questions climatiques en publiant un nouveau rapport (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) qui laisse entendre que « le réchauffement induit par le CO2 pourrait être moins dommageable sur le plan économique qu’on ne le croit généralement ». Voilà de quoi déconcerter la communauté scientifique. Si plusieurs sites Web, dont Nature (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) et Carbon Brief (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), ont publié des réponses cinglantes, le nouveau rapport du DoE remet en question les idées reçues sur le climat. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies réagira-t-il promptement en publiant une réfutation ? Son prochain rapport d’évaluation (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) n’est pas prévu avant la mi-2028.

Le projet Ksi Lisims LNG est prêt à se retrouver sous le feu des projecteurs. Soutenu par les populations autochtones, ce projet d’exportation de gaz naturel attend une ordonnance du gouvernement de la Colombie-Britannique concernant l’évaluation environnementale (EE) qui pourrait lui permettre d’aller de l’avant. Les ministres de l’Environnement et des Parcs et de l’Énergie de la province doivent se prononcer d’ici le 7 septembre.

Voici comment le projet pourrait avoir une incidence sur l’économie, les émissions et l’énergie du Canada :

Qui en est à l’origine : la nation Nisga’a, une Première Nation autonome de la côte Pacifique. La société Western LNG, soutenue par une filiale du géant de l’investissement Blackstone Inc., est un partenaire.

Emplacement : juste à côté de la frontière américaine, sur l’île Pearse.

Échéancier : comme l’évaluation environnementale devait être produite au quatrième trimestre de 2024 (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), l’échéancier accuse déjà un certain retard. Dans la demande initiale, les travaux de construction devaient se dérouler entre le deuxième trimestre de 2025 et le quatrième trimestre de 2027, la phase d’exploitation débutant en 2028 (au moins jusqu’en 2058).

Description du projet : deux installations flottantes de GNL, chacune dotée d’unités de traitement de liquéfaction. Une fois achevé, le projet permettra de traiter jusqu’à deux milliards de pieds cubes par jour et d’exporter environ 12 millions de tonnes par an de GNL.

Qui s’y oppose : le projet se heurte à l’opposition de plusieurs groupes environnementaux et autochtones, notamment les chefs héréditaires Gitanyow (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) et la bande Lax Kw’alaams.

Infrastructure connexe : un certificat environnemental a été délivré pour le projet Prince Rupert Gas Transmission (PRGT) de 780 kilomètres, que la nation Nisga’a et la société Western ont racheté à TC Energy en 2024. Si le projet PRGT vous dit quelque chose, c’est parce qu’il s’agissait du principal conduit du défunt projet de GNL proposé en 2014 par le géant énergétique malaisien Petronas. Il avait déjà été approuvé (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) à l’époque, et des modifications ont été apportées en juillet pour répondre à de nouvelles préoccupations environnementales.

Qu’en est-il des émissions du projet ? Le projet devrait être zéro émission nette d’ici 2030, sous réserve d’un accord sur l’électricité avec la société BC Hydro. Les promoteurs du projet affirment qu’il contribuerait à hauteur de 0,02 % des émissions de la Colombie-Britannique et de 0,002 % des émissions totales du Canada.

Est-ce une bonne chose ? Le projet affirme offrir une intensité d’émissions « du puits au port » inférieure à celle des projets de la côte américaine du golfe du Mexique (inférieur de 0,76 à 1,19 tonne de carbone/tonne de GNL). À pleine production, Ksi Lisims LNG émettrait 9 à 14 millions de tonnes d’équivalent CO2 de moins par an qu’un projet de terminal sur la côte américaine du golfe du Mexique.

Est-ce l’avenir de l’aviation électrique ?

Shaz Merwat, responsable principal, Énergie, Leadership avisé RBC, était présent la semaine dernière sur la piste de l’aéroport Billy Bishop de Toronto lorsque la société Beta Technologies a dévoilé le Alia CX300, un avion entièrement électrique. Cet avion à décollage et atterrissage conventionnels peut être configuré pour le transport de passagers ou de marchandises. Voici quelques-unes de ses caractéristiques intéressantes :

  • Capacité en passagers : 5 passagers

  • Capacité de fret : 1 250 livres de fret

  • Autonomie maximale démontrée : 336 milles marins (soit de Toronto à Sarnia, ou de Calgary à la région d’Okanagan)

  • Vitesse maximale : 280 km/h (le Cessna 172 peut atteindre 344 km/h).

  • Temps de recharge : < 1 heure

  • Coût énergétique : 18 $ par heure de vol (Cessna 208 : 347 $ par heure de vol)

  • Émissions : au moins 75 % d’émissions en moins par rapport à un petit avion conventionnel

  • Utilisations : transport de marchandises sur de courtes distances et déplacements d’affaires

Le CX300 photographié ci-dessus est la version cargo. Quatrième appareil à sortir de la chaîne de production, il est destiné à Air New Zealand. La compagnie aérienne utilisera cet avion pour ses liaisons cargo régionales.

Si Billy Bishop est sans doute déjà l’un des aéroports les plus durables d’Amérique du Nord, il est en voie d’électrifier entièrement sa flotte de véhicules, y compris les navettes, les véhicules au sol, les remorques, etc.

Pour en apprendre plus sur la décarbonation de l’aviation, écoutez l’épisode du balado Les innovateurs (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de RBC portant sur le sujet avec Angela Avery, vice-présidente exécutive et directrice des ressources humaines, de l’entreprise et du développement durable, groupe WestJet, et Geoff Tauvette, directeur général, Conseil canadien des carburants d’aviation durables (C-SAF) : http://spr.ly/6043faYxZ (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Le Canada transforme son climat froid en avantage. Ottawa a récemment injecté la somme de 2,5 millions de dollars dans la technologie de capture directe dans l’air (CDA) de la société TerraFixing (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), qui vise à extraire le CO₂ dans les zones hivernales reculées où les basses températures rehaussent en fait l’efficacité. C’est une façon inventive de transformer les hivers canadiens en avantage. Si TerraFixing parvient à démontrer que la technologie de CDA par temps froid fonctionne à grande échelle, cela pourrait donner au Canada un avantage dans la course mondiale menant à la capture du carbone.

Une nouvelle approche inspirée de la « fiction climatique » des conditions météorologiques extrêmes. Helm, de Sarah Hall, est le dernier roman dans le nouveau genre de la fiction climatique qui allie les « principes atmosphériques » aux contes populaires pour brosser un tableau de la relation qu’entretiennent les humains avec la nature. Pendant ce temps, l’écologiste Bill McKibben, qui a jadis écrit un livre au titre sinistre, The End of Nature, nous propose cette fois un ouvrage étonnamment optimiste intitulé Here Comes the Sun: A Last Chance for the Climate and a Fresh Chance for Civilization.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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Cet automne, le gouvernement fédéral lancera le programme Maisons Canada, avec un objectif ambitieux : doubler le rythme actuel de la construction au Canada pour atteindre près de 500 000 nouvelles habitations par année.

Voici six éléments essentiels à la réussite de ce programme dans la lutte contre la crise du logement au pays :

Les progrès du programme Maisons Canada dépendront de deux éléments essentiels : une entente concertée autour du problème et la précision de la notion d’« accessibilité ».

En août, Logement, Infrastructure et collectivités Canada (LICC) a publié un « guide de sondage du marché » afin de mobiliser les parties prenantes du secteur. Même s’il contient des indices révélateurs, le texte n’aborde pas le problème de logement précis que Maisons Canada cherche à résoudre. Cette ambiguïté laisse place à l’interprétation et peut donner lieu à des attentes incohérentes de la part des différents auditoires dont on sollicite les commentaires.

De plus, l’accessibilité à la propriété dépend de divers facteurs, dont le revenu et l’emplacement. La question demeure : le programme Maisons Canada privilégiera-t-il la construction et le financement de logements sociaux dits « abordables », ou sa mission couvrira-t-elle un champ d’action beaucoup plus vaste ? Il faudra absolument se concentrer sur les résultats spécifiquement prévus, car l’accessibilité pour les personnes dont les besoins ne sont pas comblés par le marché exige une variété d’approches qui ne concernent pas l’ensemble des Canadiens.

La mise en œuvre du programme se fera en invitant les parties prenantes du secteur de l’habitation à travailler ensemble dans un véritable partenariat. Tous les ordres de gouvernement – fédéral, provincial et municipal – doivent travailler ensemble pour harmoniser les leviers du financement et de la réglementation. Pour ce faire, il faudra établir clairement la participation de Maisons Canada à la construction de nouveaux logements ; cette participation sera coordonnée avec d’autres efforts déployés par l’ensemble du gouvernement, notamment dans le cadre d’un programme de logements plus vaste à l’échelle fédérale.

Le partenariat doit également s’étendre au-delà du cadre du gouvernement. Un défi important doit être relevé : rassembler les principaux acteurs des secteurs privé, public et associatif en vue d’élaborer une feuille de route explicite, et ce, à brève échéance. Il est tout aussi important de collaborer avec des partenaires autochtones, à titre de titulaires de droits, pour faire face aux énormes défis en matière de logement auxquels sont confrontés les peuples des Premières nations, à l’intérieur ou à l’extérieur des réserves. En théorie, Maisons Canada pourrait être une solide plateforme pour une action conjointe, mais dans la pratique, les résultats seront déterminés par l’efficacité des partenariats. 

Le cadre de la politique du Canada en matière d’habitation est déjà complexe, et les multiples organismes, ministères et agences du gouvernement jouent un rôle important. Au gouvernement fédéral, un ministère (LICC) et deux sociétés d’État (Société canadienne d’hypothèques et de logement [SCHL] et Société immobilière du Canada) sont profondément intégrés au niveau de la conception et de la mise en œuvre des politiques et programmes en matière de logement. Pour être efficace, le gouvernement fédéral doit expliquer clairement de quelle façon Maisons Canada viendra épauler (et non pas concurrencer) les organismes établis ayant une grande expertise institutionnelle ; le programme devra aussi coordonner efficacement ses politiques de logement avec d’autres secteurs et domaines de compétences pertinents, notamment l’immigration, les infrastructures et l’environnement.

La création d’un organisme fédéral exige l’adoption de nouvelles lois, de nouvelles structures de gouvernance, de nouveaux employés et de nouveaux systèmes de responsabilité et de surveillance, avant même que les premières unités soutenues par Maisons Canada ne soient créées. En agissant trop rapidement, vous risquez de créer une structure redondante qui manquera de ressources et qui s’intégrera mal au contexte actuel. En même temps, les coûts associés à la création d’un nouvel organisme sont importants, d’où la question de savoir s’il serait plus judicieux d’affecter les ressources à des structures existantes. Bien qu’il doive agir avec célérité pour améliorer l’accessibilité au logement, le gouvernement doit faire preuve de transparence quant aux réalisations possibles et aux échéanciers. C’est ainsi qu’il établira un climat de confiance.

Au cœur des objectifs de Maisons Canada, on trouve un dilemme fondamental : comment construire rapidement et massivement, tout en mettant au point des techniques novatrices et en améliorant la productivité. Pour livrer rapidement un grand nombre de logements neufs, il faut connaître les leviers à actionner et savoir prioriser les approches traditionnelles qui optimisent les chantiers. Il sera également important d’indiquer les progrès réalisés avec des technologies éprouvées, mais moins utilisées, comme les constructions modulaires et préfabriquées, tout en mettant à l’essai d’autres méthodes, matériaux ou outils financiers moins connus.

La capacité, les compétences et la demande seront également des facteurs clés dans l’ensemble des régions. À quoi ressembleront les améliorations axées sur l’innovation à Whitehorse par rapport à Winnipeg ? Dans l’ensemble, le but de Maisons Canada sera de vérifier s’il est possible d’adapter ce qui fonctionne déjà tout en faisant des essais en parallèle, afin de réaliser des progrès rapides, adaptés aux particularités régionales.

La hausse du coût des matériaux importés en raison des droits de douane exerce des pressions sur les budgets et risque de retarder les projets, tandis que l’imprévisibilité des chaînes logistiques empêche l’industrie d’entreprendre des mises en chantier. Le guide de sondage du marché souligne qu’il est possible de prioriser les matériaux et les centres de production locaux, mais cela pourrait avoir une incidence sur les coûts et les échéanciers. Le gouvernement et le secteur de la construction devront composer avec ces pressions de façon stratégique pour offrir de façon soutenue des logements abordables et de grande qualité.

Le programme Maisons Canada offre des possibilités de meilleure coordination, d’innovation accrue et, en fin de compte, d’amélioration de l’accessibilité au logement pour les Canadiens. La réussite repose toutefois sur la capacité à réunir des partenaires en vue d’atteindre rapidement les objectifs ambitieux du programme, dans un contexte économique incertain. L’absence d’une entente claire sur les efforts de collaboration pourrait nuire à la confiance et aux résultats, ce qui soulèverait des difficultés encore plus grandes.

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Le vaste plan d’action en IA présenté la semaine dernière par l’administration Trump propulse la course mondiale à l’intelligence artificielle dans une nouvelle dimension. Il ne s’agit plus uniquement d’une compétition entre OpenAI et Google, mais d’un affrontement géopolitique dans lequel la première puissance technologique mondiale redouble d’efforts pour influencer (et dominer) les décennies numériques à venir.

Le Canada devra agir rapidement.

Voici ce qui me frappe le plus dans la politique de Trump :

  • Territoire. Les mégadonnées (et l’IA) sont, par nature, mondiales et locales. Et voilà que Trump veut désormais libérer les géants de la technologique de la réglementation étatique sur l’IA. Mark Carney pourrait bientôt être confronté aux mêmes défis avec les provinces, alors qu’il tente de mettre en place une approche « une seule économie » sur de nombreux fronts. Carney comme Trump se heurteront à des oppositions lorsque les grandes plateformes commenceront à exploiter les données en santé et en éducation, des domaines qui relèvent de compétences infranationales dans les deux pays. Chacun à leur manière, ils devront apprendre à concilier les intérêts individuels, locaux, nationaux et mondiaux à l’ère de l’IA.

  • Idéologie. Donald Trump souhaite éliminer le « wokisme » des modèles d’intelligence artificielle. J’ignore comment c’est possible, surtout si l’on veut éviter une forme de police de la pensée surveillant les algorithmes. Je ne dis pas que les modèles d’IA devraient échapper aux normes publiques, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression. Le problème, c’est que nous ne savons pas encore comment canaliser ce que nous avons lancé, si ce n’est en poursuivant les développeurs en justice, comme c’est déjà le cas pour d’autres formes de discours. Que vous soyez pour ou contre, la stratégie de Trump ouvre un nouveau chapitre dans la politisation des technologies.

  • Investissement. Une véritable ruée vers l’or est en cours autour des centres de données, et elle continuera d’attirer des milliards de dollars. Trump est déterminé à conserver et à construire ces centres en sol américain. Le Canada peut choisir d’alimenter ce modèle en fournissant énergie, capitaux et données ou bien d’élaborer sa propre stratégie concurrentielle. Un investisseur majeur m’a récemment dit qu’il attend toujours le feu vert pour un méga centre de données de plusieurs milliards de dollars au Canada alors que ses projets similaires aux États-Unis vont bon train. Les données n’attendent pas après les gouvernements.

  • Souveraineté. C’est peut-être le plus grand défi du Canada. Les modèles américain et chinois, ainsi que leurs infrastructures infonuagiques, ont atteint une telle ampleur qu’on peine à imaginer que d’autres pays puissent rivaliser avec eux. Mais il y a une chance pour le Canada. Nous comptons au pays des leaders technologiques mondiaux comme OpenText, Shopify et Cohere et disposons de certains avantages concurrentiels liés à nos propres ensembles de données, notamment en santé. Avons-nous l’ambition de bâtir un rival canadien ? Et faudra-t-il pour cela adopter des politiques technonationalistes, comme celles qu’on voit poindre aux États-Unis et en Europe ?

Face à l’ambition américaine de dominer en IA, le Canada devra miser sur l’ingéniosité humaine pour prospérer dans ce nouvel ordre numérique.

IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

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➔ La forte demande énergétique est le fait non seulement de l’intelligence artificielle, mais aussi de la climatisation des immeubles

➔ Les émissions invisibles du Canada

➔ Les visions du monde radicalement différentes de David Suzuki et de Chris Wright

Sujets chauds

Les émissions invisibles : des facteurs de changement climatique avec lesquels il faut compter. À l’échelle mondiale, les émissions liées à l’affectation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie (ATCATF) font l’objet d’un suivi, mais ne sont pas incluses dans le calcul des émissions des pays. Les émissions provenant des terres gérées sont incluses, mais non celles provenant des terres non gérées, car elles découlent de phénomènes qui échappent au contrôle humain, comme les incendies de forêt. Elles sont toutefois formidables : les émissions produites en 2023 par les feux de forêt sur des terres gérées ont surpassé de beaucoup les émissions comptabilisées du Canada. Les émissions liées à l’ATCATF pourraient s’avérer très importantes cette année aussi. Au 2 juin, les émissions totales estimatives découlant des feux de forêt au Canada n’avaient été surpassées que par celles de 2023 : environ 56 mégatonnes de carbone (ou 8 % des émissions de GES du Canada en 2023), selon le Système mondial d’assimilation des incendies du CAMS, exploité par le CEPMMT pour le compte de l’Union européenne. Ont donc été anéantis en quelques semaines les résultats d’années d’action climatique. Axée principalement sur l’atténuation des émissions au détriment de l’adaptation au climat, la politique climatique du Canada est clairement mal fondée. Et nous en payons tous le prix.

Le moment est-il venu de mettre en place un programme de pipeline de 100 milliards de dollars ? L’Alberta et Ottawa font avancer un important programme énergétique qui pourrait allier un pipeline pétrolier sur la côte ouest, le projet de captage et stockage du carbone de l’Alliance nouvelles voies, et un potentiel de production accrue de pétrole, selon John Stackhouse. Pour le faire aboutir, toutefois, il faudra trouver des façons de contourner le plafond imposé par l’ancien gouvernement libéral en matière d’émissions découlant du pétrole et du gaz naturel. Cela pourrait se faire au moyen d’une nouvelle cible, d’un report d’échéance, ou d’un raffinement de la méthode de calcul des émissions évitées. Les coûts associés au programme pourraient toutefois atteindre les 100 milliards de dollars.

La tragédie au Texas met en évidence la fréquence et l’intensité des inondations. Plus de 80 % des Canadiens vivent dans des zones urbaines et environ huit grandes villes canadiennes sur dix sont situées à proximité de zones inondables, selon le gouvernement fédéral. Au Canada, les inondations représentent déjà le sinistre naturel le plus coûteux en termes de dommages matériels –  2 milliards de dollars chaque année –, alors que les changements climatiques accroissent la violence des phénomènes météorologiques. Dans le cadre de sa Stratégie nationale d’adaptation, Ottawa affecte 164,2 millions de dollars à la mise à jour de la cartographie des inondations au pays d’ici 2028. Sera-ce suffisant ?

Les récents commentaires de David Suzuki et de Chris Wright mettent en évidence les tensions entre les écologistes et certains promoteurs du secteur de l’énergie. Le plus célèbre écologiste du Canada a affirmé récemment à iPolicy qu’il est « trop tard » pour inverser les changements climatiques, les décideurs étant axés sur la croissance économique et plutôt que sur la préservation de la nature. Pour sa part, le secrétaire à l’Énergie des États-Unis Christ Wright considère la crise climatique comme un effet secondaire du progrès, et non comme une menace existentielle. « Je suis prêt à accepter ce modeste effet négatif en contrepartie du progrès humain », écrit-il dans The Economist. Les politiques sont souvent dictées par les administrations en place, et les promoteurs du secteur de l’énergie sont gagnants cette fois. Il pourrait en être autrement d’ici quelques années.

On parle beaucoup de la demande énergétique liée aux centres de données, mais le fait est que la climatisation n’est pas en reste. Alors que la chaleur et l’humidité estivales deviennent de plus en plus accablantes au Canada et ailleurs dans le monde, l’Agence internationale de l’énergie prévoit que la climatisation comptera bientôt pour une part accrue de la demande énergétique mondiale, cette part devant vraisemblablement passer de 37 % à 45 % d’ici 2030.

Voici pourquoi la climatisation est en voie de devenir un enjeu climatique de premier plan :

➔ La climatisation a généré un peu plus d’une gigatonne d’émissions de carbone à l’échelle mondiale en 2022 (1,9 % des émissions totales). Outre ces émissions, elle présente un risque de fuites de fluides réfrigérants, qui ont un potentiel de réchauffement mondial environ 1 000 fois plus élevé que le CO2.

➔ La demande énergétique liée à la climatisation à l’échelle mondiale croît de 4 % par année, soit deux fois plus vite que celle liée au chauffage de l’eau. Cette situation exerce des pressions sur la capacité énergétique, d’autant plus que des pays comme le Canada s’efforcent de maintenir la propreté de leurs réseaux.

➔ Au Canada, le pourcentage de ménages qui climatisaient leur résidence était de 64 % en 2021, comparativement à 55 % en 2013. C’est encore plus impressionnant compte tenu de la hausse du nombre de ménages au cours de la dernière décennie.

➔ Les bâtiments représentent 18 % des émissions du Canada. Or, le chauffage et la climatisation comptent pour plus de 67 % de la consommation d’énergie des bâtiments.

➔ En 2021, une résidence canadienne sur dix était dotée d’une thermopompe (qui peut servir de système de climatisation) alors que cette proportion était presque nulle à peine quelques années auparavant. Les thermopompes sont 4,5 fois plus efficaces que les appareils de climatisation conventionnels, ce qui en fait un pilier clé de l’action climatique.

➔ Les importations de thermopompes résidentielles ont bondi de 71 % au Canada au premier trimestre comparativement à la même période l’an dernier, selon les données de l’ Institut canadien du chauffage, de la climatisation et de la réfrigération (ICCCR).

➔ Les décideurs fédéraux et provinciaux envisagent l’adoption d’un code du bâtiment stipulant qu’au moins une pièce d’une habitation doive être dotée d’un système de climatisation.

➔ L’accès à la climatisation est en passe de devenir une question de droits de la personne, en particulier depuis le décès de près de 600 personnes par suite d’un dôme de chaleur à Vancouver en 2021.

➔ « Les efforts d’atténuation des changements climatiques, principalement sous forme de politiques, de programmes de remises et de mesures incitatives, constituent une importante source d’affaires », explique Martin Luymes, vice-président, Relations avec les gouvernements et les parties prenantes, ICCCR. Par exemple, les remises fédérales ont suscité un nombre record de ventes de thermopompes, qui ont ensuite baissé lorsque les programmes ont pris fin.Plusieurs provinces, dont l’Ontario, la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse, continuer d’offrir des remises afin de soutenir l’intérêt à l’égard des thermopompes.

➔ Le secteur CVC canadien considère l’abolition envisagée du programme Energy Star  aux États-Unis comme une « erreur majeure », selon M. Luymes, qui fait remarquer que le programme, qui fait la promotion des produits écoénergétiques, dont les appareils de climatisation, constitue une précieuse et abordable source de conseils à l’intention des consommateurs. Des experts disent que l’élimination ou l’affaiblissement d’Energy Star pourrait nuire aux progrès climatiques.

C’est maintenant chose faite. La « grande et magnifique loi » de Donald Trump modifie plusieurs incitatifs fiscaux dans le domaine des énergies propres qui étaient régis par la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act). De plus, elle renforce les exigences en matière de contenu national, impose de nouvelles échéances de qualification, et met fin à d’autres crédits d’impôt qui pourraient avoir une incidence sur les entreprises canadiennes de technologies propres à la recherche d’occasions au sud de la frontière.

Voici quelques éléments positifs et négatifs de la nouvelle loi :

Captage du carbone : La loi maintient les crédits pour le captage du carbone et offre des incitatifs à l’utilisation du CO2 pour la récupération assistée des hydrocarbures, soulignant ainsi l’engagement de l’administration à l’égard de l’industrie des combustibles fossiles.

Énergie nucléaire : La loi maintient les crédits pour les installations nucléaires actuelles et pour les nouvelles technologies énergétiques de pointe. Les nouvelles dispositions relatives aux entités étrangères pourraient toutefois compromettre la croissance du secteur. Cette section de la loi est appuyée par un décret antérieur visant à quadrupler la capacité nucléaire des États-Unis, la faisant passer de 100 GW à 400 GW d’ici 2050.

VE : La fabrication des véhicules électriques et leur caractère concurrentiel seront « durement touchés », selon le Center on Global Energy Policy de l’Université Columbia, qui note que la loi pourrait provoquer une baisse de la demande de VE au pays, compromettre les investissements dans les piles pour VE, et permettre à la Chine et à d’autres concurrents étrangers de gagner des parts de marché plus importantes.

Réseau propre : Les énergies solaires et éoliennes ont été particulièrement touchées par l’élimination des crédits d’impôt à l’investissement et à la production plus tôt que prévu. Il s’ensuivra une réduction de 53 % à 59 % de la capacité de production d’énergie propre d’ici 2035, selon le Groupe Rhodium. Faisant suite à l’adoption de la « grande et magnifique loi », un décret présidentiel exige l’élimination des subventions des « sources vertes peu fiables, comme l’énergie éolienne et l’énergie solaire », qui mettraient en péril la sécurité nationale. Un autre décret présidentiel exige l’élimination des « subventions des sources d’énergie peu fiables et contrôlées par l’étranger, qui entravent le bon fonctionnement des marchés ».

Minéraux essentiels : Le charbon métallurgique est maintenantconsidéré comme un « minerai essentiel » donnant droit à un crédit d’impôt à la production. La loi a également fixé à 2033 l’échéance du crédit d’impôt pour la production 45X des minéraux essentiels (auparavant sans échéance), ce qui posera problème puisque la plupart des projets miniers essentiels nécessitent de longs échéanciers. Le Center for Strategic and International Studies explique que l’imposition de cette échéance découragera les investissements dans les nouveaux projets dont la mise en production exige plus de temps et favorisera les anciennes carrières prêtes à produire, mais dont les réserves sont de moindre qualité.

La Chine est en première place au chapitre de la transition énergétique. C’est la Chine qui compte pour environ 74 % (1,3 térawatt) des nouvelles installations éoliennes et solaires mondiales en construction, suivie par les États-Unis (5,9 %) et l’Inde (5,1 %), selon le Global Energy Monitor. Les 590 gigawatt de nouvelle énergie éolienne proposés ou en construction en Chine suffiraient à alimenter en énergie la quasi-totalité des ménages américains. Cette dominance annoncée de la Chine dans le secteur des technologies propres pose une problématique pour l’Occident, comme l’a souligné la présidente de l’UE Ursula von der Leyen plus tôt ce mois-ci : « Beijing est à la fois un concurrent déterminé dans la course aux technologies propres et un acteur essentiel de la décarbonation mondiale. » Ce dilemme au sein du G7 ne suffira certainement pas à ralentir cette tendance.

Le pont entre les technologies propres et l’intelligence artificielle. CleanAI, fondé par Nicholas Parker, un investisseur chevronné du secteur des technologies, a récemment lancé à l’intention des entrepreneurs et des entreprises un écosystème de réseautage et de financement alliant intelligence artificielle et technologies propres. Les études menées par CleanAI démontrent que le développement de solutions de technologies propres alimentées par l’intelligence artificielle exigera 138 milliards de dollars américains de capital-risque au cours des cinq prochaines années, mais que de telles solutions pourraient pallier jusqu’à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

  • La semaine dernière, John Stackhouse s’est rendu à Limberlost Place, le premier bâtiment en bois massif zéro émission nette de l’Ontario, pour participer à un documentaire sur le projet. L’immeuble du Collège George Brown à Toronto sera ouvert cet automne.

  • Le 15 juillet, Nathan Janzen et Lisa Ashton ont prononcé une allocution à l’assemblée générale annuelle des Producteurs laitiers du Canada à Toronto.

Les lectures de l’équipe :

  • Genesis, de Henry Ksinger, Craig Mundie et Eric Schmidt, sur le pouvoir transformateur de l’IA en politique, en sécurité, en prospérité et en science. Lisez le compte-rendu de John ici.

  • The Explorer’s Gene: Why We Seek Big Challenges, New Flavors, and the Blank Spots on the Map, de Alex Hutchinson.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

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L’Alberta s’apprête à devenir la Silicon Valley de la capture directe du dioxyde de carbone

Abondance mondiale : à l’aube de l’ère des nouvelles énergies

Le Brésil développe une variété de fèves de soja durables pour la Chine

Une Silicon Valley de la capture directe du dioxyde de carbone est en train de prendre forme dans le centre de l’Alberta. Grâce à une subvention de 40 millions de dollars américains de l’organisation Breakthrough Energy fondée par Bill Gates, la société québécoise Deep Sky inaugurera cet été son centre d’innovation et de commercialisation de la capture directe du dioxyde de carbone à Innisfail, dans le centre de l’Alberta. Considérée comme un pôle d’activité en matière de capture directe du dioxyde de carbone, l’installation servira de banc d’essai aux entreprises pour tester leurs technologies de capture directe du dioxyde de carbone avant d’étendre leurs activités à l’échelle commerciale. Huit entreprises provenant du Canada, des États-Unis, de l’Allemagne et d’autres pays se sont déjà inscrites. Misant sur le potentiel de Deep Sky, le gouvernement de l’Alberta a également investi récemment cinq millions de dollars grâce au fonds provincial Technology Innovation and Emissions Reduction (TIER).

L’Ontario élabore une nouvelle stratégie de construction en bois. Récemment annoncé, le Plan d’action pour les techniques avancées de construction en bois vise à promouvoir l’utilisation du bois dans des structures plus grandes et plus hautes afin d’achever les projets plus rapidement et de réduire les coûts jusqu’à 20 %. Remplacer le ciment et l’acier par du bois contribuerait également à réduire les émissions dans un secteur qui représente 18 % des émissions totales au Canada. Selon notre rapport sur le bois massif, l’adoption généralisée du bois, notamment du bois massif, en guise de substitut ou de complément au béton et à l’acier pourrait réduire les émissions intrinsèques des bâtiments jusqu’à 25 %. Ce programme sur cinq ans est lancé au moment où le secteur provincial, d’une valeur de 20 milliards de dollars, fait face à des droits de douane punitifs américains.

Les analystes s’empressent d’évaluer la demande des centres de données aux États-Unis. Selon un nouveau rapport de la société de services-conseils ICF, la demande d’électricité devrait croître de 25 % d’ici 2030 et de 78 % d’ici 2050 par rapport à la demande de 2023. Cela représente un taux de croissance annuel de 3,2 % d’ici 2030 (contre 1,4 % précédemment) et de 2,2 % d’ici 2050 (contre 1,1 % précédemment), ce qui tranche avec les deux dernières décennies durant lesquelles la demande en électricité aux États-Unis est restée essentiellement stable. Cette pression sur la capacité pourrait faire doubler le prix de l’électricité d’ici 2050, avertit ICF. La plus forte croissance de la demande est attendue au Texas, en Californie et dans la région de la Pennsylvanie, du New Jersey et du Maryland (qui couvre 13 États de la région du littoral médio-atlantique et du Midwest), c’est-à-dire dans des marchés qui importent déjà de l’électricité du Canada.

Le Brésil développe une variété de fèves de soja durables adaptée pour la Chine. Inspiré par le succès de son modèle Boi China beef, ce pays latino-américain compte développer une variété de fèves de soja destinée à la Chine, grâce à une chaîne d’approvisionnement qui respecte les normes environnementales chinoises et est alimentée par des énergies renouvelables. Cette initiative est également perçue comme un moyen pour la Chine de contrer le règlement européen sur la déforestation, dont les règles sont beaucoup plus strictes. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE, de nombreux pays ont exprimé leurs inquiétudes concernant ce règlement en raison de ses exigences strictes en matière de traçabilité, jugées inadaptées aux chaînes d’approvisionnement conventionnelles du soja. L’initiative du Brésil et de la Chine représente une voie alternative pour l’acheminement des fèves de soja. Le département de l’Agriculture des États-Unis a récemment averti que les fèves de soja durables constitueraient une menace directe pour la part de marché des exportateurs américains et canadiens en Chine.

Par Lisa Ashton

Des Hautes Terres d’Écosse aux milieux humides du Somerset, les changements climatiques bouleversent les paysages du Royaume-Uni et creusent un déficit de 97 milliards de livres sterling (181 milliards de dollars) en actifs naturels. Selon le Green Finance Institute (GFI), les dépenses publiques prévues par le gouvernement pour la conservation et la restauration sont très insuffisantes pour permettre au pays d’honorer ses engagements contraignants, notamment son plan environnemental sur 25 ans et ses objectifs 30 x 30 dans le cadre des cibles de l’ONU en matière de biodiversité. L’institut alerte également sur des risques et pertes économiques réels, estimés entre 150 et 300 milliards de livres sterling du PIB britannique d’ici 2030. Le gouvernement britannique est actuellement à la recherche de propositions d’entreprises, d’investisseurs et d’innovateurs pour protéger les fondements naturels de son économie et stimuler la croissance du secteur en plein essor des services liés à la nature.

Le Canada peut tirer des leçons de l’expérience du Royaume-Uni. Il accueille des investissements majeurs dans le cadre de plusieurs initiatives, notamment du financement de projets pour la permanence du projet de la mer de Great Bear et des engagements politiques en matière de gestion des bassins versants visant à protéger et conserver 30 % des terres et des eaux du Canada d’ici 2030.

Le Canada est une véritable puissance mondiale en matière de ressources naturelles avec des richesses incomparables :

➔ il fait partie des cinq pays qui abritent collectivement plus de 70 % des écosystèmes encore intacts dans le monde ;

➔ il abrite 20 % des ressources en eau douce mondiales ;

➔ il abrite 25 % des milieux humides mondiaux ;

➔ il abrite 24 % des forêts boréales mondiales ;

➔ il a le plus long littoral au monde ;

➔ il a le plus long littoral au monde ;

➔ les écosystèmes du Canada constituent un habitat essentiel pour environ 80 000 espèces.

Comme bien d’autres pays, le Canada n’a malheureusement pas réussi à mobiliser un financement à grande échelle dédié à la nature afin de contrer la baisse de la part du PIB du capital naturel (d’environ 70 % en 1995 à environ 40 % aujourd’hui), et d’atténuer les risques liés à un environnement naturel qui se dégrade plus rapidement qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni. Selon les estimations de Statistiques Canada, à eux seuls, les incendies de forêt survenus depuis le début de l’année pourraient coûter 0,4 % du PIB de la Saskatchewan et 0,2 % de celui de l’Alberta.

Le financement dédié à la nature en est à ses balbutiements, mais une voie commence peu à peu à se dessiner pour renforcer le capital naturel et encourager les investissements au Canada. En 2022, le gouvernement du Canada a émis sa première obligation verte, d’une valeur de 5 milliards de dollars. Une partie des fonds est destinée à des projets axés sur la nature, notamment au financement de l’adoption de pratiques agricoles adaptées au climat.

L’exploration du financement dédié à la nature constitue une occasion de renforcer la résilience de l’économie canadienne qui dépend des ressources naturelles telles que la production de carburants, d’aliments, d’engrais et de produits forestiers.

Tendances, technologie et science

Le torchage du gaz en Alberta inquiète les professionnels de la santé. La division albertaine de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) cite une étude qui démontre qu’une augmentation de 1 % de l’exposition au torchage du gaz a entraîné une hausse de 0,73 % des visites à l’hôpital pour des problèmes respiratoires. Cet avertissement fait suite à un article de Reuters rapportant que, pour la deuxième année consécutive, le torchage du gaz avait dépassé la limite que la province s’était imposée en 2024. En juin, l’Alberta Energy Regulatory a annoncé mettre fin aux limites sur le torchage du gaz.

La surcapacité renforce la réputation de l’acier comme secteur difficile à décarboner. Environ 30 % de la capacité mondiale de production d’acier demeure inutilisée, un excédent qui a fait plonger les prix à leur plus bas niveau depuis quatre ans. Les sidérurgistes ne sont pas enclins à décarboner leurs activités, compte tenu des pressions exercées sur leurs marges. Selon un rapport de l’OCDE, le problème risque donc de s’aggraver puisque plus de 40 % des nouvelles capacités de production d’acier, principalement issues d’acteurs non marchands comme la Chine, devraient arriver sur le marché d’ici 2027 et rester très émettrices. L’OCDE recommande donc de renforcer la coopération internationale pour lutter contre la surcapacité et les distorsions du marché, afin d’améliorer les perspectives des entreprises sidérurgiques dans les économies de marché. Les sidérurgistes devraient alors être en mesure de poursuivre leurs efforts de décarbonation. Les nouveaux droits de douane antidumping au Canada et aux États-Unis, qui visent principalement la Chine, représentent également une occasion de créer un marché de l’acier vert.

L’interdiction des sacs en plastique et la mise en place de frais associés commencent à porter leurs fruits. Plusieurs autorités américaines qui ont mis en œuvre ces politiques ont constaté une baisse de 25 % à 47 % de la proportion de sacs plastiques parmi les déchets ramassés lors des opérations de nettoyage des rivages, selon une étude approfondie de l’Université du Delaware et de l’Université Columbia. L’interdiction a également permis de réduire le nombre d’animaux pris au piège dans des sacs plastiques le long du littoral. La pollution par les plastiques demeure néanmoins un problème croissant. La dernière ronde de négociations d’un traité mondial sur les plastiques est prévue en août à Genève.

Par John Stackhouse

Plus, plus, plus d’énergie.

Voilà le principal message du 10e rapport annuel sur les investissements de l’Agence internationale de l’énergie (AEI).

L’AIE suit les flux d’investissements dans toutes les formes d’énergie et cette année, son rapport est plus pertinent que jamais compte tenu de la volatilité des prix de l’énergie observée depuis le début de la décennie. Si le ralentissement de l’économie mondiale peut freiner certaines tendances d’investissement, ce qui est bâti aujourd’hui façonnera les dynamiques énergétiques des années à venir.

Les investissements dans les énergies propres ont bondi à l'échelle mondiale

Quelques faits saillants :

  • Les flux de capitaux vers le secteur de l’énergie devraient atteindre 3,3 billions de dollars américains cette année.

  • La Chine est en tête de la forte croissance des investissements dans le secteur de l’énergie. Elle représente près du tiers des investissements mondiaux, répartis presque également entre les réseaux et le stockage, la production d’énergie renouvelable et les combustibles fossiles.

  • En 2024, l’Amérique du Nord a enregistré un montant record de 700 milliards de dollars américains en investissements en 2024, mais ce montant devrait baisser à 690 milliards cette année. Les investissements dans les énergies propres n’ont jamais été aussi élevés.

  • Le nouveau projet de loi américain qui supprime plusieurs incitatifs en faveur des énergies propres, ainsi que le projet de loi C-5 du Canada qui soutient des projets d’énergies propres et conventionnelles, pourraient-ils influencer les investissements énergétiques ?

  • L’électrification est le principal secteur d’investissement à l’échelle mondiale, représentant près de la moitié (1,5 billion de dollars) de tous les capitaux investis dans l’énergie.

  • Seulement un tiers des investissements sera destiné au pétrole, au gaz naturel et au charbon.

  • La baisse des prix du pétrole freinera probablement les investissements.

  • L’investissement dans le gaz naturel liquéfié (GNL) suit une « solide trajectoire à la hausse », portée notamment par les États-Unis, le Qatar et le Canada.

  • La résurgence de l’énergie nucléaire se poursuit, avec une croissance de 50 % au cours des cinq dernières années.

  • Dans les économies avancées, la production d’énergie au charbon est quasiment à l’arrêt, alors qu’elle connaît un regain en Chine et en Inde.

En résumé, le monde devra continuer à investir des billions de dollars chaque année dans le secteur de l’énergie, et ce, dans un vaste éventail de sources. Au fur et à mesure que la situation évolue, certaines tendances à long terme se dessinent clairement. En effet, une part croissante des investissements énergétiques sera dirigée vers l’Asie, en particulier vers la Chine, une part plus importante sera consacrée à l’électrification, et, comme le souligne notre rapport Stratégie du G7+ en matière de gaz naturel, davantage d’investissements seront alloués aux infrastructures gazières.

Countries that develop the right policies will generate and attract the bulk of that capital, in what’s shaping up to be a New Energy Age.

This massive new data centre is powered by used EV batteries (Fast Company, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Would you recycle more if every bottle gave you a chance to win $1,000? (CBC, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Net-zero push is still on at many companies: SBTi (WSJ, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Why Canada’s orphan wells are a bigger methane menace than active wells (ACS Publication, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

  • John Stackhouse et Lisa Ashton ont visité la ferme Kelburn au Manitoba à la fin de juin. La ferme de démonstration est implantée dans la vallée de la rivière Rouge, un foyer de l’innovation agroalimentaire en pleine expansion. La ferme Kelburn accueille des agriculteurs, des étudiants, des chercheurs et des entreprises de la chaîne agroalimentaire souhaitant mettre à l’essai de nouvelles idées qui font progresser le secteur de l’agriculture au Canada.

  • Shaz Merwat a assisté à la conférence sur la transition énergétique RBC qui a eu lieu à London la semaine dernière. Cette semaine, il a assisté à une conférence virtuelle de l’Agence internationale de l’énergie sur le gaz naturel certifié.

Liste de lecture de l’équipe :

  • Crisis: A Global Case Primer de Jason Miklian et John Katsos, sur le leadership en temps de crise (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement).

  • The Genius Myth de Helen Lewis, sur les raisons pour lesquelles nous ne devrions pas idéaliser des personnalités comme Elon Musk (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement).

  • How Countries Go Broke de Ray Dalio, sur les raisons pour lesquelles les États-Unis se trouvent dans les dernières phases d’un grand cycle d’endettement.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

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➔ Pourquoi le G7+ dépend autant du Canada pour ses métaux

➔ Pic du pétrole : l’AIE et l’OPEP en désaccord

➔ Une avancée majeure en géothermie

Au premier trimestre, les acheteurs canadiens ont boudé les voitures zéro émission. Comparativement à la même période de 2024, les ventes ont chuté de 19,5 %. Le nombre total de véhicules légers vendus (modèles hybrides et rechargeables y compris) a diminué de 3,2 %. D’après les données de S&P Global, les immatriculations de véhicules neufs ont représenté 9,5 % des ventes totales de voitures au premier trimestre, alors que cette proportion était de 18,9 % au trimestre précédent. Plusieurs facteurs ont joué, notamment le retrait du rabais fédéral de 5 000 $, la diminution du montant offert par le gouvernement du Québec et l’incertitude liée aux droits de douane. Signe des temps, Tesla perd du terrain au Canada : sa part de marché n’était que de 10 % en avril, contre 50 % il y a quelques années.

En Alberta ce mois-ci, il n’y en a pas eu que pour le G7. Lors de l’événement Calgary for the Global Energy Show, Haitham al-Ghais, le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a affirmé froidement que « la demande de pétrole n’est pas près de fléchir ». Depuis quelques années, l’OPEP et l’Agence internationale de l’énergie discutent âprement du fameux pic qui, selon le « gendarme » de Paris, pourrait survenir avant 2030. L’OPEP a déclaré récemment que le fait que l’AIE ait revu à la baisse ses prévisions de ventes de véhicules électriques prouve qu’elle n’est plus aussi certaine de son fait. L’Agence insiste cependant et,  dans ses projections publiées en juin, affirme à nouveau que le pic de la demande mondiale de pétrole est en vue.

L’Arctique, une région de plus en plus convoitée. Trois livres parus cette année rappellent que la région la plus septentrionale du globe est aussi celle qui, désormais, s’ouvre le plus au commerce. Dans The North Pole, l’auteur norvégien Erling Kagge rappelle que, dans les années 1600, des explorateurs cherchaient déjà des voies de communication plus rapides entre l’Europe et l’Asie. Dans End of the Earth, le chercheur de fossiles Neil Shubin traite des richesses souterraines que nous dévoile aujourd’hui la science. Enfin, le journaliste Kieran Mulvaney, auteur d’Arctic Passages, s’intéresse aux voies ouvertes par la fonte des glaces entre, par exemple, la Corée et les Pays-bas, court-circuitant ainsi les points de tension géopolitique que sont le canal de Suez et le canal de Panama.

De Nice à Kananaskis, on n’a parlé que de minéraux critiques. Un sujet délicat dans le chef-lieu des Alpes maritimes, où les participants à la Conférence des Nations Unies sur les océans ont critiqué les velléités américaines de forer en eaux profondes. De son côté, l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) estime que les plans de la Maison-Blanche créent « un dangereux précédent susceptible de déstabiliser l’ensemble du système de gouvernance mondiale des océans ». Il semble que la production des intrants nécessaires pour générer de l’électricité de manière écologique ne soit pas toujours… écologique.

À Kananaskis, Canada a exhorté les membres du G7 à s’entendre au moins sur un « plan d’action » à l’égard des minéraux critiques. Afin de ne pas irriter le locataire du Bureau ovale, les participants ont, sur plusieurs points, évité de faire une déclaration officielle qui soit unanime et de grande portée. Ils ont toutefois convenu d’élaborer un cadre permettant de financer de nouveaux projets miniers ou d’usines de traitement et de moins dépendre de la Chine pour l’approvisionnement en ces minéraux clés que sont le lithium, le cobalt et les éléments des terres rares.

Approvisionnement en métaux : le G7+ dépend étroitement du Canada

Grand producteur de biens indispensables à la fabrication de véhicules électriques, de matériel de défense, de téléphones intelligents et d’éoliennes, le Canada, qui a l’ambition de devenir une « superpuissance énergétique », entend jouer un rôle clé.

Là encore, ce ne sera pas chose facile, car le gouvernement voit poindre de l’opposition. Les Chiefs of Ontario, notamment, estiment que le projet de loi C-5, qui vise à accélérer les projets miniers et autres, est contraire au droit de l’environnement et aux obligations constitutionnelles du Canada.

D’après un sondage KPMG mené auprès de cadres canadiens, les sujets d’inquiétude ne manquent pas non plus dans le secteur privé (dont la plupart des acteurs souhaitent que tous les ordres de gouvernement établissent un couloir de services publics sans égard au type d’énergie fourni), qu’il s’agisse des dépassements des coûts ou du non-respect des échéanciers souvent observés lors des mégaprojets, de la dérive des objectifs, des consultations avec les parties prenantes, des évaluations environnementales ou des retards causés par les organismes de réglementation.

Dans le rapport Le nouveau grand jeu, nous indiquons comment le Canada peut éliminer les freins à l’expansion de son secteur des minéraux critiques (lire aussi Ingéniosité : Comment le Canada s’y prendra-t-il pour conclure des contrats de marchandises avec les États-Unis et d’autres pays).

Le nouveau marché canadien de l’énergie – facteurs climatiques en sus – est le Japon. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, y était en visite ce mois-ci pour promouvoir les ressources de sa province, notamment énergétiques. De son côté, Mitsubishi Corp., l’un des principaux investisseurs associés au projet LNG Canada, recevra les premières livraisons du terminal gazier britanno-colombien en juillet.

Dans le rapport Stratégie du G7+ en matière de gaz naturel, RBC s’intéresse au rôle que peut jouer le gaz dans la sécurité énergétique des pays membres du G7+. Le Canada imposera d’autant mieux son gaz naturel liquéfié (GNL) en Asie qu’il se conformera au système d’échange de droits d’émission GX-ETS (Green Transformation Emissions Trading System) mis en place par le Japon pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Détaillons ce point.

  • Le Japon reconnaît le GNL à faible teneur en carbone comme conforme à ses objectifs de transition, notamment si sont menés en parallèle la réduction des émissions de méthane, la capture et le stockage du carbone, ou encore l’application de normes de réduction certifiée des émissions. Il se peut que le GNL canadien soit admissible à des contrats d’approvisionnement à long terme en phase avec la transition verte, si la réduction des émissions peut être vérifiée.

  • Le Japon peut s’engager dans des investissements prenant la forme d’« obligations de transition », en particulier dans des installations de liquéfaction et de transport couplé à la capture et au stockage du carbone. Avec l’Australie et d’autres pays, le Japon s’est attelé au marché de l’ammoniac propre. Pour les produits d’énergie canadiens certifiés à faible teneur en carbone, il existe plusieurs avenues intéressantes, par exemple le financement fondé sur les obligations de transition ou sur le mécanisme de crédit conjoint du Japon (JCM).

  • En couplant la capture et le stockage du carbone à la production de gaz, le Canada peut tirer profit du plan japonais d’expansion des importations d’hydrogène bleu.

  • Le Japon a besoin d’énergie pour maintenir son avantage dans le domaine des capacités de calcul, des infrastructures numériques, des centres de données et de l’intelligence artificielle, qui vont de plus en plus dépendre des approvisionnements en gaz naturel. C’est un autre débouché qui s’offre pour le Canada.

Le rapport complet se trouve ici. Il a fait l’objet d’un débat entre John Stackhouse et l’auteur principal du rapport, Shaz Merwat.

La Banque mondiale entre dans l’arène de l’énergie nucléaire. Pour répondre à l’appel des États-Unis et de l’Allemagne, la Banque mondiale va, aux côtés de l’Agence internationale de l’énergie atomique (l’organisme de surveillance onusien), épauler les exploitants des réacteurs en place et la modernisation des infrastructures, qui passe notamment par l’installation de petits réacteurs modulaires (PRM). Les centrales électriques au gaz, qui ne compromettent pas le développement des énergies renouvelables, pourraient aussi bénéficier de la manne, mais la Banque mondiale n’a pas encore accepté de financer le développement en amont du secteur du gaz naturel.

Les projets de capture de carbone se multiplient. Pendant la période 2020-2030, la décarbonation devrait faire une large part à la seule capture du CO2 : environ 45 % des projets en cours ou programmés lui seront exclusivement consacrés, selon un nouveau rapport du Forum international de l’énergie. C’est aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada (dans cet ordre) qu’il a été prévu de mener le plus grand nombre de projets de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) d’ici 2030 ; la capacité mondiale atteindrait alors 1 gigatonne de CO2 (ce qui équivaudrait à retirer 306,3 millions d’automobiles de la circulation pendant un an). La plupart des projets seraient financés à même les deniers publics.

Une société spécialisée dans la géothermie et soutenue par Bill Gates annonce un développement majeur. L’industrie est en ébullition : établie à Houston, Fervo Energy  a réussi à forer près de 4,8 km en 16 jours, soit une réduction de 79 % des délais moyens habituels. Dans le secteur de la géothermie, le forage – l’opération la plus coûteuse – nuit à la compétitivité de cette source d’énergie ; c’est donc un pas de géant qui vient d’être réalisé. En outre, la technologie utilisée (fortement inspirée des techniques de fracturation hydraulique) laisse entrevoir l’exploitation de sites particulièrement prometteurs, par exemple en Islande. La société Breakthrough Energy de Bill Gates a immédiatement injecté 100 millions de dollars américains supplémentaires dans Fervo Energy, dans le cadre d’un cycle d’investissement de 206 millions de dollars.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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➔ La mise en service d’un projet de stockage par batterie et l’approbation d’un projet de petit réacteur modulaire (PRM) témoignent de la capacité du Canada à concrétiser ses projets

➔ Au sein du cabinet de Mark Carney : le médiateur, l’initiée et le sceptique

➔ General Fusion a besoin de fonds

Sujets chauds

➔ Les sociétés canadiennes de technologie climatique ont levé 468 millions $ au premier trimestre, un chiffre en hausse par rapport au montant dérisoire de 39 millions $ récolté à la même période l’an dernier. C’est donc un début d’année positif, après le ralentissement des investissements observé entre le deuxième et le quatrième trimestre de 2024. Ce sont des contrats conclus dans le domaine de l’entreposage d’énergie et de l’énergie propre qui ont apporté l’essentiel des fonds recueillis au premier trimestre de 2025. Si l’augmentation globale du financement des technologies climatiques est encourageante, il sera néanmoins indispensable d’investir davantage dans l’innovation industrielle – au-delà des 36 millions $ enregistrés à ce jour cette année avec un contrat unique – pour réussir à décarboner les secteurs qui produisent le plus d’émissions.

➔ Le Canada aura besoin de plus de capitaux étrangers pour réaliser ses ambitions dans le secteur des matières premières. Selon les travaux menés par Cynthia Leach, Shaz Merwat et Vivan Sorab de RBC, plus de 100 projets miniers représentant 107 milliards $ se trouveront à différents stades de développement au Canada au cours des dix prochaines années. Étant donné qu’Ottawa empêche la Chine d’investir dans le secteur minier, les sociétés minières canadiennes devraient se tourner vers différents pays, les États-Unis et les pays européens par exemple, et vers des institutions, comme les fonds souverains du Moyen-Orient, pour s’imposer comme des géants du secteur des matières premières. Lisez le rapport complet ici. Vous pouvez également regarder la vidéo dans laquelle les analystes de RBC discutent des ressources minérales.

➔ Après moult discussions, le nucléaire monte enfin en puissance. Aux États-Unis, un nouveau décret vise à accélérer les commandes de nouvelles centrales sur les 18 prochains mois, afin de quadrupler la production d’énergie nucléaire en 25 ans. La Belgique renonce à sa loi prévoyant la sortie progressive du nucléaire, et certains États membres de l’UE – l’Allemagne, le Danemark et l’Italie – revoient leur position sur le sujet. L’Ontario a également décidé en mai de la construction d’un réacteur modulaire. Pour sa part, le Nouveau-Brunswick reporte la construction de son petit réacteur modulaire (PRM), car ses deux partenaires n’ont pas réussi à réunir les capitaux et à embaucher les ouvriers nécessaires. Les ambitions sont bel et bien là, mais il faut désormais trouver l’argent et le personnel pour les réaliser.

INFRASTRUCTURES

Construire, construire, construire, mais aussi savoir patienter

De grandes ambitions en butte aux réalités du terrain. Malgré un nouveau départ, la volonté du Canada de développer de nouveaux projets dans le domaine des énergies propres et classiques se heurte à des obstacles bien connus, comme la rigidité des règles environnementales et le refus des Autochtones. Ce sont là des considérations essentielles qui ne devraient toutefois pas primer sur l’intérêt national.

Les provinces qui ont adopté de nouvelles lois à la hâte sont priées d’attendre.

  • Le projet de loi 5 de l’Ontario, qui devrait être adopté, confère aux autorités le pouvoir d’attribuer des projets à des « promoteurs fiables » dans les zones économiques spéciales. Selon l’Association canadienne des libertés civiles, il s’agit d’une « évolution inquiétante » qui permet au gouvernement de supprimer de manière unilatérale les dispositifs juridiques qui protègent les collectivités vulnérables et certains peuples autochtones.

  • Inquiètes de l’intensification des activités minières, les Premières Nations du Cercle de feu, en Ontario, demandent le retrait du projet de loi. Selon la Wildlands League, dans le Cercle de feu, le nombre de titres miniers a augmenté de 67 % depuis 2022, pour s’établir un peu au-dessous de 43 000 sur un territoire équivalent à 14 fois la superficie de Toronto.

  • En Colombie-Britannique, qui espère devenir un pôle majeur pour la production de GNL et de matières premières, le gouvernement a adopté de justesse (le président de l’Assemblée a dû départager les voix) la loi sur les projets d’infrastructure (Infrastructure Projects Act), qui vise à accélérer les projets, malgré l’opposition de l’assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, des municipalités et des organismes environnementaux.

  • Le chef régional Scott McLeod de la Nation Anishinabek a déclaré qu’un plan national visant à faire progresser des projets sans concertation pourrait déclencher un nouveau mouvement « Idle no more » (Jamais plus l’inaction).

Quels sont les risques que le gouvernement fédéral rencontre des difficultés similaires alors qu’il lance une nouvelle série de grands projets ? Le NPD et le Bloc Québécois se préparent déjà à livrer bataille, mais pour l’instant, les partisans du « construire absolument » ont le vent en poupe.

John Stackhouse, de RBC, qui s’est rendu récemment au Québec et en Colombie-Britannique, constate un changement des points de vue à l’égard du développement des ressources et des exportations de pétrole et de gaz. (Lisez le compte rendu complet de John sur le Québec et la Colombie-Britannique ici.)

Alors que le premier ministre Mark Carney et les premiers ministres élaborent une stratégie et préparent un projet de loi « d’intérêt national », ils doivent tenir compte de différents facteurs :

  • Il sera indispensable d’obtenir le consentement des peuples autochtones et cela prendra du temps, surtout compte tenu de l’engagement de la Colombie-Britannique en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La déclaration des premiers ministres, publiée après leur rencontre, reconnaît l’importance de ces enjeux.

  • La première ministre Danielle Smith demande le retrait de neuf politiques fédérales « terribles », comme le projet de plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier et l’interdiction des pétroliers sur la côte nord de la Colombie-Britannique, qui ont selon elle découragé les investissements. Comment les décideurs politiques parviendront-ils à trouver un équilibre entre leurs engagements économiques et environnementaux ?

  • La tarification du carbone produit par le secteur industriel reste un sujet de discorde, car elle rend les exportations de gaz canadien moins concurrentielles, mais contribue à l’avancée des objectifs climatiques du pays.

  • Autre proposition intéressante : la priorité donnée par les premiers ministres à la décarbonation des oléoducs et gazoducs, qui nécessiterait de recourir à la technologie de capture du carbone.

  • La construction de réseaux électriques plus propres et plus abordables financièrement pour parvenir à la carboneutralité d’ici à 2050 pourrait également stimuler l’activité dans plusieurs secteurs, notamment l’acier, le bois d’œuvre et l’aluminium, qui ont été durement touchés par les droits de douane américains.

Tendances, technologie et science

Quel lait produit le moins d'émissions ?

Le lait que vous achetez est-il écologique ? Lorsqu’ils achètent du lait, les consommateurs ne peuvent pas satisfaire en même temps aux critères de nutrition, de faibles émissions et de préservation de l’eau. Selon une étude réalisée par le World Resources Institute, les produits laitiers classiques émettent le plus d’émissions et entraînent la plus grande consommation d’eau, mais sont aussi les plus nutritifs. Le lait d’amande est le plus décevant : sa production nécessite quasiment autant d’eau que le lait de vache, mais il n’est en fait pas très bon pour la santé. Le lait de pois, moins connu, se révèle finalement le mieux placé.

Au Canada, les technologies propres restent une affaire d’hommes. En 2023, les femmes étaient payées 17 % de moins que les hommes dans le secteur des produits de l’environnement et des technologies propres (ETP), un écart salarial plus prononcé d’après Statistique Canada que celui observé dans l’ensemble de l’économie canadienne, qui ressort à 12,8 %. Les femmes employées dans ce secteur étaient pourtant près de deux fois plus susceptibles (41,6 %) que les hommes (24,6 %) d’être titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaires. Sept postes sur dix étaient occupés par des hommes dans un secteur qui représentait 1,7 % des emplois au Canada en 2023.

Chaque minute, l’équivalent d’un camion poubelle rempli de plastique se retrouve dans l’océan. Le documentaire Océan de David Attenborough (actuellement en salles et sur les plateformes de vidéos en ligne) relate cette catastrophe. « Nous avons la possibilité de protéger notre climat, notre alimentation, nos maisons », déclare David Attenborough, le célèbre biologiste de 99 ans. Les océans absorbent 30 % des émissions de CO2 issues des activités humaines, mais seulement 2,4 % sont protégés, alors que le monde entier s’est engagé à en protéger 30 % d’ici à 2030. Les Nations Unies, qui organisent une conférence sur les océans la semaine prochaine à Nice, en France, relèvent que, sur les 17 objectifs de développement durable, celui qui porte sur « la vie aquatique » reçoit le moins de financement.

L’institut à l’œuvre

  • En Colombie-Britannique, John Stackhouse a participé à une réunion entre les chambres de commerce du Grand Vancouver et de Calgary pour discuter du rôle du Canada dans les exportations mondiales de gaz naturel.

  • Myha Truong-Regan a récemment assisté à la conférence Walrus Talks, Power Economy: Using Electricity to Change Cities, Homes, and Industry, au cours de laquelle des leaders avisés et des professionnels du climat ont expliqué pourquoi l’avenir est et doit être électrique.

  • Lors du forum sur l’énergie des Premières Nations de la Saskatchewan qui s’est tenu la semaine dernière, Varun Srivatsan s’est exprimé sur le financement par actions et l’importance des capacités, des capitaux et du consentement pour le développement des ressources.

Liste de lectures de l’équipe

  • Fantasyland, How America Went Haywire, A 500-Year History, de Kurt Andersen. Lisez l’avis de John ici.

  • Hotshot: A Life On Fire, de River Selby, sur les feux incontrôlés et la politique fédérale américaine de lutte contre les incendies, l’utilisation des terres des peuples autochtones et l’histoire de l’écologie.

  • Is A River Alive? de Robert Macfarlane, s’intéresse à l’histoire de cours d’eau en Équateur, en Inde et au Canada.

  • Who is governmentThe Untold Story of Public Service, de Michael Lewis, explore la complexité de la bureaucratie américaine.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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Points clés

Plus de 100 projets miniers, d’une valeur de 107 milliards de dollars, se trouveront à différents stades de développement au Canada au cours des dix prochaines années. Tirer parti de ce potentiel nécessite des flux de capitaux diversifiés, tant nationaux qu’étrangers, pour que le Canada devienne un géant de la production de marchandises.

Puisque les capitaux chinois sont limités par le resserrement des règles fédérales, les Américains représentent le partenaire naturel contribuer à la mise en valeur des ressources minérales du Canada, compte tenu de l’alignement géostratégique des deux pays. Toutefois, les récentes tensions commerciales bilatérales avec les États-Unis portent à croire que le Canada devra faire preuve de prudence au moment de conclure de nouveaux partenariats et diversifier les sources de capitaux afin de réduire les risques liés aux projets.

S’il s’inscrit dans un cadre de sécurité plus large, le Canada peut se positionner comme un pilier essentiel de l’action menée par les États-Unis pour briser l’emprise de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement de plusieurs produits de base essentiels pour la défense, l’énergie et la fabrication de pointe. De nouvelles chaînes d’approvisionnement transfrontalières de produits de base pourraient servir de fondement pour la relance de la fabrication de pointe, de la défense et des infrastructures énergétiques en Amérique du Nord.

Building metal and critical mineral projects requires patient, long-term investors who can guarantee either long-term offtake agreements or security of demand to ensure their economic feasibility. To derisk projects, Canada could broaden its capital base beyond the U.S. and tap various global sources of foreign capital that are on the hunt for strategic assets—provided they meet Canada’s national interest and energy security thresholds.

Le Canada dans le Grand jeu des ressources

Les vastes ressources naturelles du Canada offrent des occasions d’investissement attrayantes. Surtout, elles deviennent des atouts stratégiques pour les pays du G7 et d’autres alliés dans un monde fragmenté.

La mise en valeur des ressources minières permet aussi au Canada d’avoir accès à plusieurs secteurs verticaux clés, dont l’automobile, les équipements énergétiques, la défense et la fabrication de pointe. À l’aide de la bonne stratégie, le Canada peut se positionner comme un nouveau pôle logistique de la fabrication dans un monde où la géopolitique joue un rôle prédominant, comme nous l’écrivions dans Le nouveau grand jeu.

Mais l’incursion de la géopolitique dans le domaine de l’exploitation des minéraux est une arme à double tranchant.

On a pu le constater ces dernières années dans le cas de la Chine, un fournisseur de premier ordre d’investissements directs étrangers dans le secteur minier mondial. Ces dernières années, sa participation dans le secteur canadien des minéraux a fait l’objet d’une surveillance étroite pour des raisons de sécurité. La situation a atteint son paroxysme en 2022, lorsqu’Ottawa a ordonné à trois entités chinoises de se céder leur participation dans trois sociétés minières canadiennes. Cette décision a largement refroidi l’intérêt de la Chine pour le secteur canadien des minéraux.

Les entreprises américaines sont considérées comme des partenaires plus naturels du Canada pour la mise en valeur des ressources minérales, compte tenu de l’alignement géopolitique de longue date entre les deux pays. Malgré les pressions que les États-Unis tentent d’exercer sur le Canada en matière de commerce, de défense et dans plusieurs secteurs tels que le bois d’œuvre, l’automobile, l’acier et l’aluminium, les synergies dans les secteurs des métaux et des minéraux pourraient revêtir une importance stratégique pour les deux pays. Abstraction faite de la récente rhétorique américaine, on pense que la collaboration au sein de plusieurs chaînes d’approvisionnement liées aux métaux et aux minéraux renforcerait la sécurité énergétique et nationale en Amérique du Nord.

Trump prend une nouvelle direction

L’approche de Washington pour la mise en valeur des minéraux reste en cours d’élaboration.

Des signaux indiquent que les États-Unis sont prêts à agir de manière décisive en ce qui concerne les minéraux critiques et d’autres ressources qu’ils considèrent comme vitales pour la défense, la technologie et les semi-conducteurs. La Maison-Blanche a accéléré la mise en œuvre de dix projets miniers, signé un décret visant à intensifier l’exploitation minière en eaux profondes dans les eaux américaines et internationales, et évoqué la possibilité d’investir directement dans des sociétés minières, notamment par l’intermédiaire d’un fonds souverain américain dont la mise en place a été évoquée.

Tirer parti des richesses minérales du Canada

L’attitude belliqueuse du président américain Donald Trump à l’égard du Groenland, riche en ressources, la signature récente d’un accord sur les minerais avec l’Ukraine et l’intérêt pour un accord avec la République démocratique du Congo donnent à penser que les minerais représentent un atout stratégique dans la quête des États-Unis pour contrer la domination de la Chine.

L’intérêt du premier ministre canadien Mark Carney à lier les négociations commerciales à la sécurité nationale des États-Unis est en phase avec l’intérêt des Américains pour l’exploitation des ressources énergétiques et des minéraux. En décembre , les deux pays ont investi dans un projet de minéraux critiques au Yukon, dans le cadre d’une large collaboration bilatérale liée au plan d’action canado‑américain pour la collaboration dans le domaine des minéraux critiques et au Groupe de travail bilatéral Canada-États-Unis sur la transformation de l’énergie.

Les gouvernements américain et canadien ont déjà injecté des milliards de dollars de capitaux dans ce secteur. Entre 2021 et 2024, le gouvernement américain a financé au moins 24 projets de minéraux critiques et de matériaux, dont cinq au Canada, conjointement avec le gouvernement canadien. Au début de 2024, Ottawa avait aussi financé au moins cinq autres projets.

Si le Canada est désireux de s’associer aux États-Unis pour la mise en valeur des ressources minières, il a pris des mesures ces derniers mois pour mettre en place quelques garde-fous à l’égard de ses actifs dans un monde qui adopte une approche plus transactionnelle et qui devient plus imprévisible. En mars 2025 , le ministère de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, responsable de l’examen des investissements du Canada, a élargi les critères pour l’examen de la sécurité nationale pour y inclure la sécurité économique, dans le cadre d’une démarche qui semble viser les États-Unis. Et en avril 2025, le gouvernement de l’Ontario a mis en œuvre de nouvelles mesures pour empêcher les entreprises ou gouvernements étrangers de revendiquer les minéraux critiques de l’Ontario.

Avoir accès au capital géostratégique

Pour réduire davantage les risques liés à ses ressources, le Canada devrait faire appel à une grande variété de capitaux qui sont à la recherche d’actifs stratégiques.

Le secteur minier canadien attire déjà d’importants capitaux. Selon la base de données sur les grands projets de Ressources naturelles Canada, plus de 100 projets miniers et minéraliers d’envergure se trouvent actuellement à différents stades de développement au Canada (annonce, examen en cours, approbation ou construction), pour une valeur de plus de 107 milliards de dollars de capitaux. Et la liste s’est sensiblement allongée ces dernières années, compte tenu de l’intérêt accru pour les ressources canadiennes.
Mais d’où proviendront ces capitaux ?

En préparation de projets d’exploitation futurs, les sociétés minières pourraient tirer parti de quatre sources de capitaux : l’autofinancement, les marchés boursiers mondiaux, les entités appartenant à un État étranger et les fonds souverains; chacune d’entre elles correspond à un horizon d’investissement et un appétit pour le risque différents.

Les capitaux étrangers sont déjà une caractéristique bien établie du secteur minier canadien, puisqu’ils représentent environ 40 % à 45 % des investissements effectués dans ce secteur au cours des dernières années.

Répartition des capitaux dans le secteur minier canadien

Autofinancement : Au cours des deux dernières décennies, la mobilisation de capitaux pour le secteur des minéraux a été difficile, car les sociétés minières et minéralières ont été à la traîne à la fois de la marchandise sous-jacente et de l’indice général. En ce qui concerne les actions, cette sous-performance est encore plus prononcée sur une base ajustée au risque, compte tenu des faibles fluctuations de l’indice composé S&P/TSX et de l’indice S&P 500.

Cette situation est devenue un important problème de financement pour les entreprises. Cependant, un nouveau supercycle des marchandises, alimenté par la dynamique géopolitique et la transition énergétique, pourrait raviver l’intérêt des investisseurs pour le secteur.

Malgré la sous-performance du marché, les sociétés minières canadiennes sont généralement bien placées pour financer partiellement leurs projets. Le secteur bénéficie d’une grande solidité financière et d’une grande rigueur, comme en témoigne son ratio dépenses en immobilisations / flux de trésorerie de 0,7x au cours des 12 derniers mois (contre un ratio de 1x au cours des dix dernières années), ce qui montre que des fonds sont disponibles pour investir, tandis que le fardeau de la dette a également considérablement diminué ces dernières années.

En fin de compte, les sociétés métallurgiques et minières de l’indice S&P/TSX ont accumulé 14 milliards de dollars de liquidités excédentaires au cours des 12 derniers mois, prêtes à être déployées à l’échelle mondiale . Bien que le Canada puisse attirer une partie de ces capitaux, les entreprises devront tout de même faire appel à d’autres sources de capitaux pour financer leurs projets.

Le rendement inférieur des métaux depuis 20 ans entrave le potentiel de mobilisation de capitaux

Marchés boursiers : Les marchés boursiers publics restent une source de capitaux viable. Les nouvelles émissions d’actions de sociétés représentent aussi une option attrayante pour les capitaux institutionnels et occidentaux, dont plus de 90 % sont constitués de fonds en gestion passive ou de fonds de positions acheteur. Si l’appétit des investisseurs pour le risque a été modéré, de nouveaux facteurs macroéconomiques et géopolitiques, combinés au bilan solide des entreprises, pourraient modifier l’humeur des investisseurs.

Sociétés d’État et fonds souverains : La pérennisation de certains de ces projets à longue période de gestation nécessite des acteurs géopolitiques qui ont une vision à long terme des ressources stratégiques. Ils sont déjà à l’affût : entre 2022 et 2024, nous estimons qu’environ 20 % des fusions et acquisitions dans le secteur minier mondial ont été effectuées par des fonds souverains. La part des transactions liée à des sociétés d’État était presque certainement plus élevée, puisque la majorité des 18 % de transactions mondiales attribuables à la Chine aurait été effectuée par l’intermédiaire des sociétés d’État de ce pays.

Le capitalisme d’État ne se limite pas aux fonds souverains et pourrait inclure des entreprises liées aux gouvernements ou soutenues par ces derniers.

Parmi ces entités appartenant à l’État, tous les acteurs ne sont pas considérés comme présentant un risque géopolitique élevé, comme ceux de la Chine, en termes de menace de contrôle du marché ou de transfert de la propriété intellectuelle en matière de minerais. Les fonds d’infrastructures d’énergie propre liés aux caisses de retraite publiques, aux fonds souverains ou aux grandes sociétés de capital-investissement sont aussi en quête d’occasions dans le secteur minier. Les caisses de retraite canadiennes bien capitalisées pourraient également jouer un rôle à cet égard.

D’autres investisseurs bien nantis, comme les fonds souverains du Moyen-Orient et les entités appartenant à un État, pourraient se montrer plus actifs à l’avenir. Bien qu’ils constituent une importante source de capitaux, ils pourraient poser des problèmes de sécurité, en raison par exemple de changements dans les alliances géopolitiques ou de querelles diplomatiques bilatérales, comme le conflit diplomatique entre le Canada et Riyad en 2018 au sujet du bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits de la personne.

Contenir la Chine

Les questions relatives à la sécurité des actifs stratégiques ne doivent pas être sous-estimées et ne feront que gagner en importance, comme en témoigne le bras de fer entre Washington et Pékin au sujet des chaînes d’approvisionnement. Alors que le président Trump s’apprête à signer des accords commerciaux avec plusieurs pays, il pourrait exercer des pressions sur ces derniers pour qu’ils éliminent les capitaux chinois de leurs chaînes d’approvisionnement minières.

Cette situation ne serait pas vraiment sans précédent. Les inquiétudes concernant les capitaux chinois ont amené l’administration américaine précédente de Joe Biden à renforcer son examen interne des nouveaux investissements chinois dans les minéraux critiques et d’autres secteurs stratégiques. [i]  Dans le passé, Washington a aussi exprimé des préoccupations plus générales concernant les nouveaux investissements chinois dans ses pays alliés, faisant pression sur ses proches partenaires commerciaux, le Canada et le Mexique, pour qu’ils renforcent leurs processus d’examen.

Renforcer la Loi sur Investissement Canada
Cette situation a déjà entraîné un changement dans la manière dont le Canada a traité les investissements chinois ces dernières années. En 2022, les dispositions relatives à la sécurité nationale de la Loi sur Investissement Canada ont été appliquées pour exiger la cession des investissements chinois dans trois entreprises canadiennes de minéraux critiques ayant des activités d’extraction de lithium. Ce faisant, le secteur des minéraux critiques a été désigné pour faire l’objet d’un examen plus approfondi de la part du gouvernement.

D’autres modifications apportées au cours de la dernière année permettent au gouvernement fédéral de procéder à un examen de sécurité nationale pour tout nouvel investissement étranger au Canada, et pas seulement pour ceux qui ont des participations majoritaires, et d’examiner de plus près les investissements d’entités appartenant à un État, ce qui vise principalement la Chine.

Ces modifications ont également précisé que les actifs étrangers des entreprises canadiennes entraient dans le champ d’application de l’examen dans le cadre de la Loi sur Investissement Canada en cas d’acquisition d’une entité appartenant à un État étranger.

Portée élargie du Canad

Combiné au fait que le Canada présente une forte concentration en sociétés minières – la Bourse de Toronto et la Bourse de croissance TSX représentent 40 % des sociétés minières publiques de la planète et accueillent plus de 1 000 inscriptions –, cela signifie que la Loi sur Investissement Canada représente un outil puissant pour contrôler certains investissements chinois à l’étranger. Le Canada a récemment fait valoir cette autorité, deux entreprises canadiennes ayant tenté de modifier leur domiciliation afin d’éviter l’examen de la Loi.

Dans le cas d’une rupture significative avec la Chine, le président Trump pourrait chercher à rendre la participation aux chaînes d’approvisionnement centrées sur les États-Unis conditionnelle à une élimination plus large des investissements chinois par le Canada. D’une part, cela pourrait inciter le Canada à tester les pouvoirs dont il dispose en vertu de la Loi sur Investissement Canada. Cela pourrait aussi remettre en question d’anciens investissements réalisés par des sociétés d’État chinoises dans de grandes sociétés minières canadiennes (voir la section Gestion d’anciens investissements chinois).

Toutefois, si on provoquait la Chine, celle-ci pourrait riposter contre le Canada en fermant ses marchés à certaines exportations, comme elle l’a fait en mars en imposant des droits de douane sur le canola canadien, ou en utilisant comme arme sa chaîne d’approvisionnement.

Même si les capitaux de la Chine ou les accords d’approvisionnement à long terme ne sont plus les bienvenus dans le secteur minier canadien, la Chine reste un important fournisseur de pièces et d’équipements industriels. Les gouvernements occidentaux pourraient remplacer l’équipement chinois au fil du temps, mais il s’agirait d’une embûche en ce qui concerne l’exploitation des ressources. Le récent recul de M. Trump en ce qui concerne les droits de douane chinois à la demande des entreprises américaines fait ressortir douane chinois à la demande des entreprises américaines fait ressortir l’importance des matériaux chinois au sein de l’économie mondiale.

Participations chinoises notables

Occasions d’investissement au Canada

Le monde considère le Canada comme un acteur stable et fiable dans le domaine des produits de base, qui l’aidera à diversifier son approvisionnement dans ce domaine. Il s’agit également d’une occasion générationnelle pour les provinces et le gouvernement fédéral d’exploiter des ressources riches en or (vital en tant que valeur refuge), en cuivre, en fer et en minéraux critiques. La mise en œuvre d’une stratégie, d’investissements et des mesures de sécurité appropriés peut contribuer à l’essor du secteur minier canadien.