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Notes: Comment les entreprises canadiennes font face aux tensions commerciales

L’imposition par la Chine de droits de douane de 100 % sur l’huile et le tourteau de canola préoccupe les agriculteurs canadiens. Ces craintes pourraient bien s’intensifier, car la Chine vise aussi les graines de canola du Canada – le plus important segment de nos exportations de canola vers la Chine –, qui ont été épargnées jusqu’à présent. « Ce serait une autre tuile qui nous tomberait dessus », a déclaré Rick White, chef de la direction de la Canadian Canola Growers Association (CCGA), qui représente 40 000 agriculteurs par l’intermédiaire de cinq associations provinciales.

Le canola a été mis au point par des scientifiques canadiens dans les années 1960, d’où son nom. Il est considéré comme une huile saine, car il présente une faible teneur en graisses saturées (gras malsain) et est riche en gras mono-insaturés (considérés comme sains). Le Canada est le plus important producteur de canola au monde et compte 40 000 agriculteurs qui génèrent 43,7 milliards de dollars ; les États-Unis, la Chine et le Japon sont, dans cet ordre, ses trois plus grands marchés d’exportation. L’Australie est l’un des plus grands rivaux du Canada en ce qui concerne le canola.

Les producteurs canadiens de canola, frappés des droits de douane chinois, gèlent leurs investissements et ont besoin d’aide. M. White a présenté quelques idées sur les façons d’atténuer le choc.

Le canola est une cible populaire pour la Chine

  • White affirme que les droits de douane n’étaient pas une surprise, puisque les différends antérieurs avec la Chine (2019-2020) avaient ciblé le canola.

  • La Chine a une fois de plus ciblé le secteur agricole en réponse directe à la mise en œuvre par Ottawa de droits de douane sur les véhicules électriques, l’aluminium et l’acier chinois.

  • L’industrie estime que le gouvernement canadien porte « la responsabilité absolue » de cette mesure et qu’il devrait indemniser les agriculteurs pour les pertes financières qu’ils vont subir.

Les graines de canola dans la mire des Chinois

  • Une enquête antidumping chinoise prochaine sur les graines de canola canadiennes pourrait entraîner l’imposition de nouveaux droits de douane. Voilà en quoi consiste la « tuile qui devrait nous tomber dessus ».

  • Les graines de canola représentent la plus grande part des exportations de canola du Canada vers la Chine, l’huile et le tourteau de canola représentant une plus petite portion. En 2024, la Chine a importé six millions de tonnes métriques de graines de canola canadiennes, d’une valeur de 4 milliards de dollars.

  • Les Chinois suivent les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en matière de droits antidumping. Les recours devant l’OMC prennent du temps, mais ils offrent un recours juridique. La CCGA s’est inscrite comme partie à l’enquête de la Chine.

Les agriculteurs envisagent de geler leurs investissements

  • Les agriculteurs pratiquent la rotation des cultures pour des raisons agronomiques, mais le canola représente un produit de base canadien, ce qui limite les options de rechange. L’agronomie concerne la gestion des sols et des cultures et contribue à optimiser la distribution, la gestion et la productivité des terres.

  • Les agriculteurs expriment déjà des craintes au sujet des risques de marché attribuables à la Chine et aux États-Unis, certains suggérant de remettre à plus tard les dépenses en immobilisations et les achats d’équipement en raison de l’incertitude.

  • De plus, les achats de nouveaux équipements pourraient être effectués aux États-Unis et être assujettis à des droits compensateurs par le Canada.

  • « Les agriculteurs ne vont pas prendre le risque d’investir des sommes importantes dans le renouvellement des infrastructures. Il va y avoir un grand refroidissement du côté de l’investissement, du moins cette année. »

De l’autre côté de la frontière, d’autres problèmes se préparent

  • Les États-Unis représentent la plus grande destination des exportations de canola au Canada, évaluées à 7,7 milliards de dollars en 2023. Les États-Unis n’ont toujours pas imposé un droit de douane de 25 % sur le canola, étant donné que l’AEUMC (l’accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique) reste en vigueur. Mais lorsque les exemptions expireront, de nouveaux droits de douane américains pourraient nuire davantage aux exportations canadiennes de canola

Il existe des moyens de construire un écosystème sans droits de douane

  • En décembre dernier, la CCGA a envoyé une lettre au gouvernement fédéral, prévoyant des pertes à la ferme comprises entre 1,76 milliard et 4,33 milliards de dollars pour 2025-2026 en raison des droits de douane imposés par la Chine.

  • Ottawa a annoncé de nouveaux produits du prêt pour soutenir l’industrie, mais les agriculteurs affirment qu’ils ne peuvent emprunter pour traverser cette crise et qu’ils ont besoin d’une compensation en espèces.

  • « Le gouvernement fédéral doit dédommager les agriculteurs proportionnellement aux pertes qu’ils subiront à cause de la Chine. Les agriculteurs ne peuvent pas, et ne devraient pas, être tenus d’emprunter pour se tirer d’affaire : ils doivent être indemnisés. »

  • La CCGA plaide pour le développement d’un marché national des biocarburants et de l’aviation durable.

  • Il pourrait s’agir d’un nouveau marché intérieur pour au moins 2 à 3 millions de tonnes de graines de canola. Celui-ci contribuerait à atténuer le choc pour les producteurs de canola, étant donné que les risques et l’incertitude liés aux marchés américains et chinois vont persister longtemps. Il s’agirait d’une occasion de contribuer à la diversification et de réduire la forte dépendance du Canada à l’égard des marchés chinois et américains.


Pour approfondir la question :
  • Les droits de douane imposés par la Chine aggravent les difficultés des exportateurs

  • L’alimentation d’abord : Comment le secteur agricole peut ouvrir la voie à une nouvelle ère d’exportation canadienne

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

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Zone Notes: Comment les entreprises canadiennes font face aux tensions commerciales

Le secteur agricole du Canada est l’une des premières victimes des guerres commerciales qui opposent le pays à la Chine et aux États-Unis. Monty Reich, chef de la direction de SWT Ltd, société indépendante de céréales et d’intrants agricoles de la Saskatchewan, explique comment les agriculteurs font face aux tensions commerciales.

Des nouveaux éléments d’incertitude et de volatilité quasiment tous les jours

  • Le contexte actuel est difficile, incertain et déroutant. « Nous nous retrouvons chaque jour dans une situation différente », déclare Reich.

  • Les États-Unis avaient commencé à parler de droits de douane en décembre, avant que la Chine n’impose des droits de douane de 100 % sur l’huile et les tourteaux de canola et les pois, et le blé dur figurait déjà sur la liste.

  • SWT a dû absorber le coût financier des droits de douane américains sur le blé dur et a choisi de ne pas le répercuter sur ses agriculteurs-actionnaires. « Nous avons vendu la marchandise sur le marché à terme et intégré les coûts supplémentaires dans nos propres résultats », explique Reich.

  • Les droits de douane américains ont entraîné une hausse des prix des exportations de blé dur. « Nous sommes l’importateur officiel, » indique encore Reich. Autrement dit, SWT doit elle-même payer les droits de douane de 25 %, un prix trop élevé pour continuer à exporter aux États-Unis.

Chute des prix du canola

  • Le choc a été brutal pour les producteurs de canola. Les prix ont plongé de 25 à 30 % depuis l’imposition des droits de douane chinois, passant d’environ 16 $ à 12 $ le boisseau.

  • « En agriculture, les marges sont déjà très étroites », déclare Reich. Une variation des prix, aussi petite soit-elle, peut transformer une saison rentable en une catastrophe financière. Vu l’ampleur de la baisse, les agriculteurs voient leurs revenus disparaître.

Des droits de douane imposés partout

  • Les restrictions imposées par la Chine sur le canola et les pois jaunes ont réduit un marché crucial, et les producteurs ont peu d’autres débouchés. « La Chine représente environ 87 % du marché des pois jaunes, avec les États-Unis et l’Inde », et les agriculteurs doivent donc aujourd’hui faire face à une fermeture quasi totale de leur marché.

  • Les droits de douane qu’applique l’Inde par intermittence sur les légumineuses constituent une incertitude supplémentaire. Les agriculteurs canadiens ne disposent par conséquent de guère d’autres possibilités viables.

Les agriculteurs cherchent d’autres solutions

  • « En ce moment, les producteurs réfléchissent activement pour essayer de trouver ce qui pourra leur apporter le meilleur rendement », dit Reich.

  • Ils pourraient se tourner vers d’autres cultures, mais en fait, ce n’est pas aussi simple. « Ce n’est pas facile de simplement changer de produit », explique Reich.

  • Les agriculteurs « se démènent » pour s’adapter avant la prochaine saison de semis.

Investissements reportés, rentabilité en baisse

  • Des investissements dans des usines de broyage du canola ont déjà été reportés il y a deux ans en raison des difficultés rencontrées sur le marché chinois et des coûts de construction.

  • Les constructions en cours d’installations de production vont se poursuivre et les installations existantes continueront à fonctionner, mais les marges se réduisent de plus en plus.

  • Les agriculteurs se demandent s’ils doivent diminuer leur production, diminuer les coûts ou même diminuer leurs activités.

Crainte de voir les expéditions bloquées

  • Une autre menace vient du fait que la Chine pourrait bientôt imposer des droits antidumping sur les semences de canola.

  • Les exportations vers la Chine deviennent très risquées. Des expéditions de semences de canola peuvent être lancées, mais la Chine « peut décider du jour au lendemain de les taxer ». Cette incertitude suffit à effrayer les exportateurs et à faire baisser les prix.

  • Cette situation est différente du litige qui a opposé le Canada à la Chine en 2019. Il concernait alors uniquement quelques entreprises et portait sur des « questions de droit de bassin » et de qualité.

D’autres routes commerciales

  • La Chine a déjà limité les importations directes par le passé, mais le canola canadien a continué à y entrer, en passant par d’autres marchés.

  • « D’autres pays d’Asie du Sud-Pacifique importeront le produit et le livreront en Chine. » Mais ils essayeront de l’acheter à prix réduit.

  • Par ailleurs, cela prend du temps de nouer des relations commerciales avec de nouveaux marchés. Il ne s’agit pas simplement de passer d’un marché à un autre (par exemple, de la Chine aux Philippines).

D’autres cultures rencontrent également des difficultés

  • Les cultures de légumineuses (comme les lentilles) rencontrent également des difficultés, notamment en raison des droits de douane appliqués par l’Inde. Cela exacerbe les pressions exercées sur la rentabilité de ces cultures, car les agriculteurs doivent constamment s’adapter aux changements de politiques commerciales, en particulier si des droits de douane sont mis en place ou levés de façon imprévisible.

Qui fournira du canola à la place du Canada ?

  • À court terme, d’autres pays, comme l’Australie, peuvent fournir du canola à la place du Canada, mais le produit canadien est généralement considéré comme très fiable et de grande qualité.

  • Avec l’évolution de l’offre et de la demande, d’autres pays pourraient modifier leur rotation des cultures pour répondre aux besoins du marché.

  • Des milliards de dollars ont été investis dans l’ouest du Canada pour la culture canola et les installations de broyage. De grosses sommes d’argent sont en jeu avec le canola, et « on ne peut pas simplement tout abandonner », dit Reich.

Le gouvernement doit s’engager plus fortement

  • Même si les agriculteurs préfèrent souvent que le gouvernement intervienne le moins possible, il est indispensable de parvenir à des accords commerciaux forts pour résoudre la question des droits de douane et des restrictions.

  • Le gouvernement du Canada doit faire en sorte d’entretenir des relations commerciales solides avec ses partenaires essentiels (Chine, États-Unis, Inde) pour abaisser les barrières commerciales, préconise Reich.

  • La Saskatchewan a par exemple ouvert neuf bureaux à l’étranger pour faciliter les relations commerciales et atténuer les tensions.

  • L’agriculture canadienne doit être bien représentée à l’échelle mondiale, pas uniquement avec des accords commerciaux, mais aussi grâce à une présence sur place et un engagement diplomatique continu.

  • Le gouvernement doit investir pour améliorer les infrastructures qui stimuleront les marchés interprovinciaux et permettront de transporter les produits d’ouest en est.

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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Issue #09

La plupart des pays n’ont pas fait leurs devoirs liés aux changements climatiques

Pourquoi les projets énergétiques annulés refont les manchettes
Indicateur « Trump »
Présentation de l’Espace commercial

Sujets chauds

La plupart des pays n’ont pas fait leurs devoirs liés aux changements climatiques, Pratiquement la totalité (95 %) des pays n’a pas respecté l’échéance établie par les Nations Unies pour remettre leur nouvelle feuille de route climatique pour 2035. Selon les Nations Unies, nombre d’entre eux ont demandé une prolongation pour s’assurer que leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en vertu de l’Accord de Paris soient de la plus grande qualité. Cela dit, le Canada a envoyé son plan, s’engageant à réduire ses émissions de 45 à 50 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2035. Pour suivre les progrès du Canada à l’égard de son parcours vers la carboneutralité, lisez notre bulletin annuel Action climatique 2025.

Énergie Est, Northern Gateway et Énergie Saguenay de GNL. Les projets énergétiques mis sur les tablettes depuis belle lurette refont surface puisque le sujet de l’extraction des ressources et de leur livraison ailleurs qu’aux États-Unis gagne en popularité. Mais il faudrait que la réglementation change pour que ces projets bougent. Greg Ebel, chef de la direction d’Enbridge et ancien porteur du projet d’oléoduc Northern Gateway entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, a indiqué qu’il faudrait de « véritables changements » de la part des gouvernements pour que le projet reprenne. Il faudrait notamment que les lois changent, entre autres que le Projet de loi C-69, aussi appelé la « loi antipipeline » par ses détracteurs, soit abrogé. François Poirier, chef de la direction de TC Énergie, qui a proposé le projet d’oléoduc Énergie Est reliant l’Alberta à la côte Est en 2013, a déclaré que les projets canadiens sont en concurrence avec les autres occasions de l’entreprise aux États-Unis et au Mexique. Mais une rapide révision du cadre réglementaire, note M. Poirier, signalerait la volonté du Canada de mettre les projets en chantier.

BP a modifié sa stratégie. L’entreprise énergétique britannique a révélé qu’elle remodelait ses activités à faibles émissions de carbone en vue de les faire « croître, mais en engageant moins de capitaux ». Les analystes croient que cela entraînera la dilution des ambitions climatiques de l’entreprise. Ayant perdu près du quart de la valeur de son action au cours des deux dernières années, BP est aussi la cible d’un investisseur militant, qui fait partie des investisseurs aigris par les politiques de l’ancien chef de la direction. Murray Auchincloss, le nouveau chef de la direction et l’un des principaux architectes de la stratégie zéro émission nette de l’ancien régime, est à la tête du « virage profond » de l’entreprise.

De formidables idées ont été dévoilées lors du lancement de notre rapport annuel sur les progrès climatiques du Canada. Parmi les idées avancées lors d’un événement tenu pour célébrer notre Action climatique 2025 : Une année de réorientation, nous en avons choisi cinq à appliquer au cours des cinq prochaines années. Envoyez-moi un courriel, à Yadullah.hussain@rbc.com, pour obtenir une copie PDF du document.

Le plan de Carney

Parlons-nous d’un plan d’action sur le climat à notre époque ? Oui, tout à fait. Mark Carney, ancien gouverneur de deux banques centrales du G7, et principal candidat à la chefferie du Parti libéral pour les prochaines élections fédérales, nous a parlé de certaines idées présentées dans sa plateforme sur la façon d’intégrer les questions climatiques dans la politique économique. Tout d’abord, comme le chef conservateur Pierre Poilievre, il souhaite abolir la taxe sur le carbone à la consommation.

Voici les grandes lignes de son ébauche de plan d’action sur le climat :

Renforcer la taxe sur le carbone pour les émetteurs industriels. M. Carney veut raffiner le système de tarification fondé sur le rendement (STFR) et le prolonger jusqu’en 2035, resserrant les repères pour conserver un bon signal du prix du carbone et abaisser l’offre excédentaire de crédits. Le plan sous-entend également une collaboration entre les provinces. L’an dernier, nous avons travaillé avec l’Institut climatique du Canada et Clean Prosperity pour déterminer comment utiliser la tarification du carbone pour renforcer l’avantage concurrentiel du pays.

Le plan regorge d’incitatifs destinés aux consommateurs. Parmi les idées avancées, il y a le renforcement du Prêt canadien pour des maisons plus vertes, l’augmentation des subventions pour les thermopompes et la mise en place d’outils financiers de rechange, comme une assurance hypothécaire à prix réduit pour les maisons écoénergétiques. Le plan ne fournit aucun chiffre pour tous ces incitatifs et toutes ces subventions. Une autre idée qui a attiré notre attention : l’utilisation de la technologie pour évaluer en temps réel l’efficacité énergétique résidentielle pour favoriser l’adoption de décisions plus intelligentes en matière de consommation énergétique. (Nous avons aussi écrit un article à ce sujet.)

Mobiliser des capitaux. Il est difficile de mobiliser des capitaux quand la menace de droits de douane et les regards durs de nos voisins du Sud rendent les investisseurs nerveux. Selon le plan, il faudrait enfin finaliser la taxonomie de transition du Canada qui a été annulée depuis trop longtemps. « Rendre obligatoire une large diffusion de l’information sur les risques climatiques pour les entreprises à travers le Canada » constitue une autre mesure qui sera difficile à réaliser à une époque où les États-Unis s’attaquent activement aux entreprises qui respectent les règles sur le climat.

Chrystia Freeland, la rivale libérale de Carney et ancienne vice-première ministère, a aussi un programme pour transformer le Canada en « superpuissance énergétique » grâce à d’importants crédits d’impôt à l’investissement économique.

Si elle devait devenir la Première ministre, Mme Freeland a promis de « redoubler d’efforts » pour commercialiser l’énergie et les ressources canadiennes et construire des oléoducs entre l’Ouest et l’Est pour réduire la dépendance du Canada à l’égard des États-Unis et garantir la souveraineté du pays en matière d’énergie. De façon critique, son gouvernement accélérerait l’approbation chaque année de 10 projets d’importance régionale, dont trois doivent être des projets relatifs aux minéraux critiques.

Nous continuerons de surveiller les plateformes en matière de climat et d’énergie des autres candidats et des autres partis, et vous les résumerons d’ici les élections fédérales.

INDICATEUR TRUMP

Voici un aperçu des déclarations, des arrêtés, des actions et des envolées du Président américain Donald Trump et de son administration qui pourraient avoir des répercussions sur les tendances et les politiques en matière de climat.

Mesure 1 : Les États-Unis ont approuvé une proposition du plus important exploitant de réseau du pays visant la construction de 50 nouvelles centrales de production d’énergie.

Incidences : Supposément agnostique aux sources d’énergie, le projet devrait favoriser le gaz naturel, considéré comme plus fiable que les énergies éolienne et solaire, pour répondre aux besoins urgents en énergie. Les promoteurs d’installations aux énergies renouvelables et les groupes environnementalistes croient que les 50 nouvelles centrales « contourneront la file d’attente », ce qui retardera encore plus la construction de nouvelles fermes éoliennes et solaires.

Mesure 2 : Une défenseur de l’industrie pétrogazière a été nommée à la tête du Bureau of Land Management.

Incidences : Si la nomination est approuvée, Kathleen Sgamma aura la responsabilité de gérer les activités de pâturage, d’exploitation forestière, de forage et de conservation de la faune sur des terres publiques de 245 millions d’acres. Le rôle est considéré comme faisant partie de la vision de « domination énergétique » de la Maison-Blanche qui repose davantage sur les énergies conventionnelles que les énergies renouvelables.

Mesure 3 : Le jour où Doug Burgum a été nommé Secrétaire à l’Intérieur, il a rédigé plusieurs décrets qui auront des répercussions directes sur les émissions de dioxyde de carbone. Bien que la « prospérité grâce à la déréglementation » et la reprise des concessions offshore de pétrole et de gaz dans plusieurs régions figurent parmi les principaux décrets signés par le Secrétaire dès le premier jour de son mandat, un autre point nous a sauté aux yeux : la prise de mesures pour prioriser la mise à jour de la liste américaine des relèvements géologiques des minéraux critiques et l’accélération de la cartographie géologique continue du pays.

Incidences : Du Groenland au Canada, la nouvelle (qui a eu un mois aujourd’hui!) administration américaine considère les minéraux critiques comme un prix très précieux. Le Premier ministre Justin Trudeau a même suggéré que les minéraux critiques seraient derrière les menaces des États-Unis d’annexer le Canada par la « force économique ».

Mesure 4 : Les pailles en plastique sont de retour, au détriment des pailles en carton, selon un nouveau décret exécutif présidentiel.

Incidences : « Je ne pense pas que le plastique va affecter un requin quand il mange ou qu’il se fraye un chemin dans l’océan », a dit M. Trump.

Ouf… Nous sommes convaincus d’en avoir manqué quelques-unes. Signalez-nous toute réglementation ou tout décret pertinent et nous tenterons de l’inclure dans le prochain numéro.

Espace commercial

Aujourd’hui, il est impossible de parler de climat sans parler de commerce. L’Espace commercial, une nouvelle plateforme numérique de RBC, vise à mettre en évidence les occasions qui se présentent pour le Canada sur le plan économique et qui reposent sur l’énergie et la sécurité nationale. Nous examinerons plusieurs domaines clés dans lesquels le Canada peut tirer parti de ses atouts, notamment l’agriculture, l’énergie, les minéraux critiques et les chaînes logistiques de fabrication, ainsi que les réglementations et les politiques qui stimulent les investissements dans le pays.

Lisez nos plus récentes perspectives ici :

Ingéniosité : Comment le Canada s’y prendra-t-il pour conclure des contrats de marchandises avec les États-Unis et d’autres pays 

Plan de match pour mesurer l’impact d’un choc tarifaire au Canada

50 ways to leave your lover: Sizing the impact of a trade breakup (50 façons de quitter votre partenaire : évaluer les répercussions d’une rupture des échanges commerciaux)

Au cas où vous l’auriez manqué

How each country’s emissions and climate goals compare—a handy guide (Comment les émissions et les objectifs climatiques de chaque pays se comparent-ils ? – Un guide pratique)

Construire de nouveaux logements à l’abri des impacts climatiques

What are Ukraine’s critical minerals – and why does Trump want them? (Quels sont les minéraux critiques de l’Ukraine – Et pourquoi Trump les veut-il ?)

Climate aid projects fighting extremism and unrest are closing down (Les projets sur le climat qui luttent contre l’extrémisme et les troubles sont arrêtés)

Don’t say climate: how cleantech is rebranding as national security in the Trump era (Ne parlez pas de climat : Comment les technologies propres se positionnent en tant que sécurité nationale dans l’ère Trump)

L’institut à l’œuvre

Chef de l’Institut, John Stackhouse siégera sur un panel à la réunion annuelle générale de la Fédération canadienne de l’agriculture qui aura lieu les 25 et 26 février à Ottawa. Modéré par Tyler McCann, directeur général à l’Institut canadien des politiques agroalimentaires, le panel sur la place du Canada dans le monde se penchera sur l’évolution des dynamiques commerciales et géopolitiques et les répercussions de celles-ci sur les politiques étrangères et commerciales du Canada, et tout particulièrement ce que cela sous-tend pour l’agriculture canadienne.

L’économiste Farhad Panahov est allé au salon international de l’auto du Canada 2025. Restez à l’affût! À venir bientôt : ses plus récents commentaires sur les tendances en matière de demande de VÉ au Canada.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Issue #08

Indicateur « Trump » : l’influence du président sur la politique énergétique et climatique
Coup de frein sur les programmes liés aux véhicules électriques (VE) ?
Rencontre avec le « passionné de science » qui est aux commandes de la politique énergétique des États-Unis

Sujets chauds

Une guerre commerciale se profile d’un océan à l’autre. L’équipe Services économiques RBC estime que l’imposition de tarifs douaniers maintenus sur le long terme serait synonyme de récession pour le Canada. Cette mesure serait-elle également défavorable à la politique climatique canadienne ? C’est encore un peu tôt pour le dire, toutefois le fait que la Maison-Blanche accorde plus d’importance à la sécurité énergétique qu’à la transition énergétique pourrait inciter à accroître toute forme d’exploitation de ressources aux États-Unis et au Canada (voir l’article ci-dessous). Cela pourrait y avoir une incidence négative sur le plafonnement de la pollution découlant des activités du secteur pétrolier et gazier au Canada. La taxe sur le carbone pour les consommateurs, que de plus en plus de libéraux et de membres du NDP souhaiteraient abandonner, se retrouve également sur la sellette.

La Colombie-Britannique tire parti de la crise. Compte tenu des menaces de tarifs douaniers américains, le premier ministre David Eby simplifie le processus réglementaire pour le projet North Coast Transmission Line ainsi que pour d’autres projets de réseau à haute tension afin de soutenir le développement de projets visant les minéraux critiques et le gaz naturel liquéfié, entre autres. Le gouvernement accélère également l’approbation des projets d’exploitation de ressources naturelles pour contrer la « menace qui vient du sud de la frontière ». La Colombie-Britannique prévoit une baisse de 0,6 % de son PIB réel entre 2025 et 2026 si les États-Unis décident d’imposer des tarifs douaniers sur les produits canadiens.

Qu’est-ce que le tungstène, le tellure et l’indium ont en commun ? La Chine a interdit l’exportation de ces trois minéraux aux États-Unis, mais ceux-ci peuvent être remplacés en exploitant davantage les ressources canadiennes. En décembre dernier, le Département de la Défense des États-Unis et un fonds d’infrastructures canadien ont investi 35,4 millions de dollars dans la société Fireweed Metals basée à Vancouver pour permettre à celle-ci d’entériner la réalisation de son projet lié au tungstène dans le Yukon, un projet qu’elle détient en totalité. Par ailleurs, le Canada est l’un des cinq premiers producteurs mondiaux de tellure et d’indium, deux minéraux utilisés dans la fabrication de panneaux solaires. À bien des égards, la sécurité énergétique des États-Unis passe par le Canada.

Un dirigeant dans le secteur de la fracturation est nommé secrétaire à l’Énergie aux États-Unis. Chris Wright sera responsable de la diplomatie américaine en matière d’énergie et aura notamment pour mission clé de superviser la Réserve stratégique de pétrole (que les États-Unis souhaitent accroître). Dans son allocution devant le Sénat, celui qui s’est autoproclamé un « passionné de science » s’est engagé à « libérer » le potentiel énergétique américain aux États-Unis comme à l’étranger, à diminuer les coûts d’énergie et à alléger les contraintes administratives. Fervent adepte de la fusion nucléaire et de la géothermie, M. Wright a également balayé les questions des sénateurs américains sur l’augmentation des coûts d’assurance liés aux risques climatiques. Il est resté évasif sur la question d’un recul des investissements dans les énergies renouvelables aux États-Unis. Pour lire ses réponses fascinantes aux questions des sénateurs, cliquez ici.

DeepSeek calme l’emballement autour de l’IA, et ce n’est pas une mauvaise chose. Le succès inattendu de l’application chinoise d’intelligence artificielle (IA) à bas coût a secoué les titres des grandes sociétés technologiques, mais a également fait chuter les titres des producteurs d’électricité indépendants, des producteurs de gaz naturel et des exploitants de gazoducs qui avaient bondi en raison d’une demande record en énergie pour soutenir l’engouement envers l’IA. Il y a soudainement des doutes sur les perspectives des besoins mondiaux en énergie (niveaux actuels qui seraient multipliés par trois à l’horizon 2050). Nous n’en sommes qu’aux prémices, mais les PDG des grandes sociétés technologiques refont l’inventaire de leurs besoins en énergie (à faibles émissions de carbone).

Prix de l’action climatique : Il a récompensé le succès des efforts de conservation visant à réintroduire au Canada les loutres de mer et les faucons pèlerins, deux espèces menacées, sur la base des résultats de nouvelles recherches menées par Laurenne Schiller, et coll. de l’Université Carleton.

Coup de frein sur les programmes liés aux véhicules électriques (VE)

Même si les programmes liés aux VE pourraient être remis en cause lors des prochaines élections, ils sont pour le moment maintenus par Ottawa (20 % de toutes les ventes de voitures neuves devront être des VE d’ici 2026 et 100 % d’ici 2035). Les ventes de VE ne progressent plus, et ce, bien avant que le contexte politique jette une ombre sur ce marché. Premièrement, Ottawa a mis fin à son programme d’aide à l’achat de VE après avoir contribué à la mise en circulation de 546 000 VE. Deuxièmement, le Québec a temporairement suspendu son généreux programme Roulez vert jusqu’au 31 mars.

Si les programmes fédéraux liés aux VE sont reconduits au Canada après les prochaines élections, les constructeurs automobiles devront acheter des crédits à leurs concurrents afin de compenser leur retard s’ils n’atteignent pas leur quota de vente. En 2023, Tesla a récolté plus de 1,8 milliard de dollars US à l’échelle mondiale en vendant des crédits réglementés et deviendra l’un des principaux vendeurs de crédits ici au Canada, ce qui devrait amplement suffire à alimenter le secteur. (Cela explique pourquoi le fondateur de Tesla Elon Musk réclame l’arrêt des mesures incitatives pour les VE aux États-Unis.)

Troisièmement, l’annulation des mesures incitatives pour les VE décidée par la nouvelle administration américaine contraindra les constructeurs automobiles à revoir leurs plans d’électrification, alors qu’ils les ont déjà retardés à l’heure où ils devraient les accélérer. Alors que les VE représentent environ 20 % des ventes de Hyundai et de Kia au Canada en 2024, d’autres grands constructeurs automobiles devront donner un coup d’accélérateur à leurs objectifs d’électrification pour rattraper l’important retard.

Au final, tous ces facteurs pourraient entraîner une baisse de 2,5 millions du nombre de VE sur les routes canadiennes d’ici 2035 par rapport aux chiffres prévus, et un volume d’émissions de GES supérieur de 10 mégatonnes d’équivalent CO2, soit environ 6 % des émissions actuelles du secteur, selon l’économiste Farhad Panahov de l’Institut d’action climatique RBC.

INDICATEUR « TRUMP »

Les États-Unis modifient substantiellement leur politique climatique. Voici quelques modifications phares (ou devrait-on dire reculs ?) apportées par toute une série de décrets présidentiels et de revirements de politique :

Changement de politique no1 : Abolition des normes en matière d’émissions imposées par l’administration Biden aux constructeurs automobiles.

Conséquence : Possible interruption des projets des constructeurs automobiles au Canada et aux États-Unis visant à fabriquer des véhicules hybrides et électriques plus performants.

Changement de politique no2 : Abrogation des lois sur le plafonnement des émissions adoptées dans les États américains, comme celles de la Californie, qui visent à limiter les ventes de voitures à essence ; annulation de l’objectif de 50 % de VE sur le total des ventes de voitures neuves d’ici 2030 ; abandon de l’objectif de zéro émission pour l’ensemble de la flotte fédérale d’ici 2035.

Conséquence : Incertitude autour de la production de VE, mais il n’est pas certain que ce changement aura une incidence sur les crédits d’impôt pour les VE ou sur d’autres politiques en faveur des VE qui sont inscrites dans le code fiscal ou dans la loi sur la qualité de l’air (Clean Air Act).

Changement de politique no3 : Déclaration de l’état d’urgence énergétique nationale visant à accroître le nombre de forages, de pipelines, de raffineries, de centrales électriques et de réacteurs, et à « augmenter massivement les capacités d’approvisionnement en énergie du pays ».

Conséquence : Au cours des dernières années, les producteurs de pétrole avaient maintenu une discipline budgétaire et procédé à des distributions aux actionnaires plutôt qu’à des investissements pour augmenter leurs capacités de production. Trump a également exhorté les pays de l’OPEP à ouvrir les vannes pour augmenter la production de pétrole à une période où la demande mondiale de pétrole est atone. Toutefois, une récente mise aux enchères de droits de forage dans une réserve naturelle en Alaska n’a reçu aucune offre, ce qui suggère que les producteurs ne sont pas encore prêts à « forer, forer ».

Changement de politique no4 : Retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, un accord mondial visant à apporter des réponses aux enjeux climatiques.

Conséquence :
Les États-Unis seront les grands absents de plusieurs initiatives mondiales visant à lutter contre les changements climatiques, ce qui suggère une divergence dans l’approche internationale pour combattre le réchauffement planétaire.

Changement de politique no5 : Annulation de l’objectif de 100 % d’électricité produite sans pollution par le carbone d’ici 2035.

Conséquence : Coup porté aux secteurs de l’éolien et du solaire, qui devaient procéder à des investissements record pour augmenter leurs capacités de production d’électricité propre en 2024 et éventuellement en 2025.

Au cas où vous l’auriez manqué :

Los Angeles after the fires: ‘You can only live in a disaster zone for so long’ (Los Angeles après les incendies : « On ne peut simplement pas vivre éternellement dans une zone sinistrée »)

The rise of the Net-Zero Dad (montée d’une génération de « parents carboneutres »)

Trump’s cash freeze is making clean energy projects collapse (le gel des fonds décidé par Trump fait échouer des projets liés aux énergies propres)

Hotel rooms in Brazil would cost US$15,000 a night for COP30 delegates (les délégués à la COP30 pourraient devoir débourser 15 000 USD par nuit pour une chambre d’hôtel au Brésil)

Davos 2025 : Searching for nuggets in the new golden age (Davos 2025 : exploration d’un nouvel âge d’or)

L’institut à l’œuvre

Liste de lecture de l’équipe : Range : Le règne des généralistes : Pourquoi ils triomphent dans un monde de spécialistes de David Epstein, Code Source de Bill Gates, et Supremacy : AI, ChatGPT and the race that will change the world de Parmy Olson.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Myha Truong-Regan, Sarah Pendrith, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

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Issue #06

Comment le Canada peut-il se prémunir contre des États-Unis prompts à dégainer des barrières tarifaires ?
barrières douanières de M. Trump

Sujets chauds

Oubliez les blogues moralisateurs sur le climat pour Noël. Les moyens ne manquent pas pour réduire votre sentiment de culpabilité quant à votre empreinte carbone des Fêtes. Vous est-il possible de limiter vos déplacements pendant la course d’avant Noël, de prendre plus souvent les transports en commun, de vous abstenir du traditionnel voyage en avion, de cesser d’acheter du papier-cadeau – et même d’envoyer moins de cartes (Postes Canada est en grève, de toute façon) ? Et d’attaquer votre rôti de Noël sans vous sentir coupable ?

L’environnement et l’économie s’affrontent dans deux villes canadiennes : Crowsnest Pass (Alberta), veut redevenir une ville du charbon. La collectivité de 6 000 âmes a récemment voté en faveur de la réalisation du projet de charbon métallurgique de Grassy Mountain – et même par une large majorité : 72 % des citoyens, qui se sont exprimés en grand nombre, se sont prononcés en faveur de la proposition, dans l’espoir de générer de nouveaux revenus économiques. Même si le référendum municipal n’est que consultatif, il souligne combien le développement économique l’emporte sur les préoccupations environnementales dans certaines collectivités. Plus à l’ouest, Vancouver a réitéré son interdiction de chauffer les nouveaux logements au gaz naturel – mais de justesse. Les partisans de la suppression de l’interdiction, dont le maire Ken Sims, avançaient que cela rendrait les logements plus abordables dans une Colombie-Britannique hors de prix. Mais cela a aussi déclenché une large opposition. L’interdiction est restée en vigueur à la suite d’un vote du Conseil municipal à cinq voix contre cinq.

Opposition à l’opposition au plastique. L’année épouvantable des défenseurs du climat mondial semble s’être achevée sur une autre catastrophe cette semaine, en Corée du Sud, où il a été impossible de s’entendre sur la pollution plastique. Plus de 100 pays militaient en faveur d’une réduction progressive de la production de plastique, mais les producteurs de pétrole ont fait valoir que cela pourrait avoir des répercussions sur le développement économique. Les négociations reprendront l’an prochain. Cette dernière impasse s’inscrit dans un contexte plus large de maigres progrès sur les questions climatiques et environnementales, notamment lors de la COP29.

La Barbade troque une partie de sa dette contre des engagements climatiques. Un échange de dettes contre des engagements en faveur du climat permet à la Barbade de restructurer sa dette à taux d’intérêt élevé et de réaliser des économies budgétaires de 125 millions de dollars. En contrepartie, l’État des Antilles promet d’utiliser ces fonds pour améliorer la gestion des ressources en eau et améliorer la disponibilité de l’eau et la sécurité alimentaire. Cette pratique apparaît comme un moyen populaire pour les pays en développement d’alléger leurs fardeaux financiers, en échange d’une amélioration de leur gérance de l’environnement. Le Forum économique mondial estime que les échanges « dette-nature » pourraient permettre d’affecter 100 milliards de dollars US à la restauration de l’environnement et aider les pays à s’adapter aux changements climatiques.

Le prix bimensuel de l’action climatique est décerné à Omar Yaghi, chimiste à l’Université de Californie à Berkeley, pour avoir mis au point une poudre capable de capturer le carbone. Les premiers tests montrent qu’une livre à peine de cette matière pourrait absorber autant de dioxyde de carbone qu’un arbre.

Le prix bimensuel du flop climatique est décerné à la Norvège pour avoir autorisé l’exploitation minière en eaux profondes à titre commercial – une première mondiale. Le gouvernement a depuis lors suspendu sa décision, sous la pression d’un parti membre de sa coalition. Trente-deux pays, dont le Canada, ont appelé à un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins dans les eaux internationales.

Cinq atouts énergétiques dans les manches du Canada

Le président désigné Donald Trump a reçu le premier ministre Justin Trudeau à souper à Mar-a-Lago la semaine dernière, après avoir menacé d’imposer des droits de douane généralisés de 25 % sur les importations canadiennes. M. Trump a qualifié la rencontre dînatoire de « productive », mais le Canada est loin d’être tiré d’affaire. Ottawa a pourtant de bonnes cartes en main et pourrait tirer parti de ses ressources en énergie pour détourner les États-Unis d’une inflation réciproque assurée dans les deux pays.

Les chiffres ne concordent pas pour le brut : le pétrole lourd canadien se négocie encore moyennant un escompte d’environ 10 $ par rapport au prix de référence nord-américain. L’imposition d’une surtaxe de 25 % au plus gros fournisseur de pétrole des États-Unis pourrait propulser les prix de l’essence largement au-dessus du prix moyen actuel à l’échelle du pays de 3 $ US le gallon. Cela pourrait faire échouer le mandat confié au tsar de l’énergie Doug Burgum de ramener le prix du carburant à 2 $ US le gallon. Accessoirement, M. Burgum se trouvait à la table de MM. Trump et Trudeau lors du souper.

Il ne peut y avoir de domination énergétique américaine sans le Canada : le Canada est le principal fournisseur de gaz naturel par gazoduc des États-Unis. Si la nouvelle administration souhaite établir une « domination énergétique » américaine, elle devra s’appuyer sur le gaz canadien. Une production soutenue des sites de Montney et de Duvernay donnerait au législateur américain la souplesse nécessaire pour accroître les exportations américaines de gaz naturel vers l’Europe et l’Asie sans augmenter les prix au pays.

Il y a de l’uranium aux portes des États-Unis : selon toute vraisemblance, la nouvelle administration donnera suite au projet du gouvernement de Joe Biden de tripler la capacité nucléaire des États-Unis. Le cadre de travail de M. Biden prévoit de collaborer étroitement avec le Canada, entre autres, pour mettre en place « une chaîne d’approvisionnement en combustible nucléaire mondiale sûre et résiliente », y compris pour l’uranium. Le Canada est le deuxième producteur d’uranium le plus important au monde, avec une production dépassant de loin celle des États-Unis.

Nous sommes essentiels pour bâtir une solution de rechange aux chaînes d’approvisionnement chinoises : le Canada dispose de réserves de cobalt et de nickel, deux métaux cruciaux pour la transition énergétique, respectivement presque cinq et six fois plus importantes que celles que des États-Unis. Nous sommes aussi un plus gros producteur que nos voisins d’aluminium, de graphite (pour les batteries aux ions de lithium), d’indium (pour la fabrication de puces), de minerai de fer et de lithium, selon le U.S. Geological Survey. Les États-Unis ont besoin de nous pour desserrer l’emprise de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Nous alimentons vos villes en électricité. Il faut reconnaître que l’argument porte moins ces temps-ci (voir graphique). Il reste qu’Hydro-Québec a construit de nouvelles lignes de transport et conclu des contrats à long terme avec des clients du Massachusetts et de l’État de New York. Les sécheresses nuisent aux exportations canadiennes d’électricité, mais notre énergie reste une importante monnaie d’échange.

Miser sur l’IA ou la réduction des émissions ?

Le Canada peut faire les deux : prendre pied dans le secteur en pleine expansion des centres de données animés par l’intelligence artificielle (IA) en Amérique du Nord, tout en conservant ses ambitions climatiques. Il doit, pour ce faire, adopter une approche souple, harmoniser sa stratégie avec celle des États-Unis – et réduire notablement ses niveaux de gaz naturel.

Le récent rapport Enjeu énergétique : perturbation du réseau électrique du Canada par l’IA du responsable de la politique énergétique, Shaz Merwat, analyse la façon dont le Canada peut s’adapter à la surcharge que les centres de données pourraient éventuellement faire peser sur le réseau électrique du pays :

Où est l’occasion à saisir ?

Les organismes de réglementation canadiens étudient actuellement des demandes de centres de données représentant une capacité combinée estimée de 15 gigawatts – ce qui suffirait à alimenter 70 % des habitations au pays. L’IA étant le premier facteur de cette montée en puissance, les centres de données créent une occasion de 100 milliards de dollars pour la construction de centres de données et de l’infrastructure de TI connexe (songeons au prix des puces Nvidia).

Quelle est la marche à suivre ?

La réponse idéale semble être : « Apportez votre propre électricité ». C’est le modèle choisi par l’Alberta, qui permet un déploiement accéléré et soutient les prix du gaz naturel local, ce qui est bénéfique pour l’économie de la province.

Quels sont les coûts climatiques ?

Si le gaz naturel est utilisé pour générer six gigawatts supplémentaires pour les centres de données, les émissions annuelles pourraient augmenter de 16 millions de tonnes d’équivalents CO2 – soit une hausse de 3 % des émissions totales du Canada, selon les estimations de M. Shaz. Cependant, la capture et le stockage du carbone pourraient atténuer la hausse des émissions.

Lisez l’intégralité du rapport ici.

L’institut à l’œuvre

L’Institut d’action climatique RBC a coorganisé avec la British High Commission une séance spéciale en novembre à Ottawa, au cours de laquelle le chef de l’Institut John Stackhouse et le haut-commissaire adjoint David Prodger ont formulé huit messages clés pour le Canada.

M. Stackhouse s’est aussi exprimé devant le National Electricity Roundtable, à Ottawa, au sujet de l’occasion qu’a le Canada d’accroître sa production d’électricité pour alimenter l’IA, les batteries des véhicules électriques et divers autres pans de l’économie.

Le voyage trépidant de M. Stackhouse à Ottawa s’est conclu par une intervention au Forum sur la finance durable, quant à l’occasion pour le Canada de produire plus d’aliments en émettant moins – cela pourrait être notre meilleur investissement pour la décennie de rupture à venir.

Nos lectures préférées du moment : M. Stackhouse s’est plongé dans deux ouvrages publiés par d’anciens conseillers du président désigné pour approfondir sa compréhension de l’économie à la Donald Trump. Également dans notre liste de lecture : The New Cold War: How the Contest Between the U.S. and China Will Shape Our Century, de Robin Niblett, et The War Below: Lithium, Copper, and the Global Battle to Power Our Lives, d’Ernest Scheyder.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Myha Truong-Regan, Sarah Pendrith, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni et Frances Dawson.

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Issue #05

Les bêtes noires et les préférences de l’équipe Trump en matière de climat
Découvrez le métal le plus essentiel de tous
La COP29 de Bakou au pied du mur

Quel est le minéral le plus essentiel pour la décarbonation ? Il s’avère que c’est le lithium. L’ Agence internationale pour les énergies renouvelables et l’Institut norvégien des Affaires internationales en sont venus à cette conclusion après avoir analysé les données concernant différents minéraux pour tenir compte de la demande future, de la disponibilité des ressources et du potentiel de recyclage et de remplacement. Le cobalt est au deuxième rang des métaux les plus essentiels. Heureusement pour le Canada, le pays possède ces deux minéraux en quantités abondantes dans son sous-sol, et de nouveaux projets de mines sont proposés.

Comment les nations autochtones peuvent-elles combler un déficit de capitaux de 45 milliards de dollars ? Un nouveau rapport de l’Institut d’action climatique RBC propose des pistes pour aider à renforcer les capitaux des nations autochtones. Des partenariats financiers et non financiers dans le développement de projets majeurs peuvent émerger en tant que modèle typiquement canadien de croissance économique inclusive, écrit dans le rapport Varun Srivatsan, directeur général, Politique et engagement stratégique. Cela commence à se produire : le gouvernement fédéral, de même que les gouvernements de la Colombie-Britannique et du Manitoba, a annoncé des programmes de garantie de prêts en 2024, afin d’encourager la participation des Autochtones à plusieurs projets dans le domaine de l’énergie. Consultez notre rapport ici.

L’huile de cuisson pourrait être le carburant de votre prochain vol Air Canada. La compagnie aérienne a acquis 78 millions de litres de carburant d’aviation durable (CAD), fabriqué à partir d’huiles de cuisson usagées et de déchets de graisses animales. Le fournisseur, Neste, qualifie le carburant produit à Singapour de « pur et non mélangé ». Associée à du carburant d’aviation traditionnel, la mixture peut réduire les émissions de gaz à effet de serre dans une proportion pouvant atteindre 80 % sur le cycle de vie du carburant. Le CAD ne représente toutefois qu’à peine 0,54 % du marché des carburants d’aviation – même si la production mondiale a triplé en un an.

Le Canada doit installer 100 bornes de recharge… par jour. Il n’existe actuellement « aucun plan évident » pour réaliser une infrastructure canadienne de recharge permettant d’atteindre d’ici 2035 l’objectif de ventes de véhicules à émission zéro du gouvernement fédéral, selon l’Association canadienne des constructeurs de véhicules (ACCV). Pour atteindre cet objectif, le Canada aurait besoin de 446 800 bornes de recharge publiques d’ici cette date – il en compte aujourd’hui 30 000. Les inquiétudes de l’ACCV ont un poids considérable, car l’association représente Ford, General Motors et Stellantis – des entreprises qui jouent leur avenir sur la domination des véhicules électriques sur les routes nord-américaines dans un avenir relativement proche.

Le prix de l’action climatique est décerné à la Fondation familiale Trottier, à la Fondation Peter Gilgan, à la Fondation Ronald S. Roadburg, à la Fondation Chisholm Thomson Family, à David Keith et Kirsten Anderson, à la Fondation Sitka, à la Fondation Vohra Miller et à Allan Shiff pour avoir donné 405 millions de dollars en faveur d’initiatives liées au climat.

Le prix du flop climatique est décerné au gouvernement de la région de Valence (Espagne), qui n’envoyé aucune alerte sur les téléphones mobiles avant 20 heures, le premier jour des inondations catastrophiques – soit près de 13 heures après que l’Agence nationale de météorologie eut annoncé des précipitations « très intenses ».

Les tsars de l’énergie nommés par M. Trump et les aspirants

Les marchés de l’énergie sont nerveux, alors que le président désigné des États-Unis Donald Trump annonce ses choix, qu’ils accueillent avec plaisir ou avec aversion, selon le cas, pour combler des postes clés. Nombre de ces nominations doivent encore être confirmées, mais elles donnent une première idée des intentions du prochain président.

Un premier constat est qu’un grand nombre des districts et États d’origine de ces candidats ont largement bénéficié de l’Inflation Reduction Act (IRA), que M. Trump a qualifiée de « nouvelle arnaque verte ». De plus, la production pétrolière et gazière du pays a augmenté sans interruption, quel que soit l’occupant de la Maison-Blanche (voir graphique). L’intérêt de l’équipe de l’énergie de M. Trump pour les minéraux essentiels, le pétrole et le gaz, et le nucléaire est une bonne nouvelle pour le Canada, même si les choses sont moins claires en ce qui concerne les politiques relatives aux véhicules électriques.

Doug Burgum, secrétaire à l’Intérieur et tsar de l’énergie
Il aime : L’approche de la gestion « fondée sur les données ». L’ancien chef de la direction d’une société éditrice de logiciels est gouverneur de l’État pétrolier et agricole du Dakota du Nord. Il a milité en faveur des objectifs de carboneutralité de son État d’ici 2030, en misant essentiellement sur des technologies de capture du carbone.

Il déteste: Pas grand-chose. Neutre à l’égard des énergies renouvelables, il se montre pressé d’extraire des minéraux essentiels.

M. Burgum dirigerait un nouveau conseil national de l’énergie chapeautant les agences et ministères s’occupant de « TOUTES les formes d’énergie américaines » et passerait au tordeur la réglementation « totalement inutile ». Deux tâches importantes l’attendent : canaliser les incitatifs et remises prévus par l’IRA et tenir la promesse de M. Trump de ramener le prix de l’essence en dessous de deux dollars le gallon.

Sa nomination au secrétariat à l’Intérieur nécessite l’approbation du Sénat, mais pas sa fonction de tsar.

Chris Wright, secrétaire à l’Énergie (candidat)
Il aime : La fracturation. Le diplômé du MIT a contribué à la révolution du gaz de schiste aux États-Unis en mettant au point une nouvelle méthode de fracturation. Il a déjà bu du liquide utilisé pour la fracturation devant les caméras.
Il déteste : L’expression « crise climatique » ; il pense aussi que les promesses de carboneutralité sont « dingues ».

M. Wright ferait aussi partie du conseil national de l’énergie dirigé par M. Burgum.

John Thune, chef de la majorité au Sénat (élu)
Il aime : L’énergie éolienne et les biocarburants. L’énergie éolienne produit 55 % de l’électricité de son État d’origine, le Dakota du Sud. Il milite également en faveur du nucléaire.
Il déteste : Le moratoire imposé par Joe Biden sur les nouveaux projets de gaz naturel liquéfié (GNL), qui est selon lui une décision visant à « satisfaire des activistes du climat sur TikTok ».

Son appui à l’énergie éolienne le place potentiellement en porte-à-faux par rapport à M. Trump, qui a promis de mettre fin aux projets éoliens en mer dès le premier jour.

Kristi Noem, département de la Sécurité intérieure des États-Unis

Elle aime : L’éolien et l’hydroélectricité. La gouverneure du Dakota du Sud estime que son État est l’endroit idéal pour développer la prochaine génération de technologies nucléaires.
Elle déteste :
Son chien. Mme Noem fait aussi partie des cinq gouverneurs qui ont refusé les subventions de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis qu’offrait Washington à chaque État pour qu’il s’attaque à la pollution climatique. Elle a également refusé de distribuer des remises à l’achat d’appareils électroménagers écoénergétiques.

Mme Neom est candidate pour une entité qui supervise l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence des États-Unis (FEMA) à une époque où les perturbations climatiques sont fréquentes. La FEMA est le principal assureur américain contre les inondations.

Mike Waltz, conseiller national pour la sécurité
Il aime : La domination américaine dans le domaine de l’énergie. M. Waltz se montre ferme à l’égard de l’Iran et de la Russie, ce qui est susceptible de se traduire par un renforcement des sanctions contre les deux pays. Il a contribué à l’élaboration de la Stop Harboring Iranian Petroleum (SHIP) Act, qui pourrait connaître une nouvelle vie sous la nouvelle administration.
Il déteste : Le moratoire sur l’autorisation de nouveaux projets de GNL imposé par l’administration Biden.

Le conseiller national pour la sécurité n’a pas à être approuvé par le Sénat.

Marco Rubio, secrétaire d’État

Il aime : Les chaînes d’approvisionnement en minéraux essentiels. Il a présenté un projet de loi bipartite en juin pour « développer une stratégie […] visant à ce que les États-Unis, leurs alliés et leurs partenaires mondiaux puissent compter sur un approvisionnement sûr et diversifié de bout en bout en minéraux essentiels. »

Il déteste : La Chine, l’Iran et la Russie – ce qui pourrait avoir des répercussions tant sur les marchés pétroliers que sur ceux des énergies renouvelables.

Elon Musk, cochef, ministère de l’Efficacité gouvernementale (DOGE)

Il aime : Les véhicules électriques Tesla. Ainsi que les prêts du gouvernement fédéral des États-Unis, les allègements fiscaux et les autres politiques favorables aux véhicules électriques qui ont facilité l’essor de Tesla.

Il déteste : Les grosses administrations et les organismes de réglementation avec qui il a régulièrement eu maille à partir au sujet des problèmes de sécurité de Tesla. Il pourrait maintenant faire le ménage dans ces organismes.

Vivek Ramaswamy, cochef, ministère de l’Efficacité gouvernementale

Il aime :
Les carburants fossiles . Il possède des intérêts dans un fonds de gestion d’actifs qui gère un FNB axé sur l’énergie (DRL) – qui suit les grandes sociétés pétrolières et gazières.

Il déteste : Les subventions à l’achat de véhicules électriques du président Biden, qui, selon lui, accentuent l’indépendance de l’Amérique envers la Chine. Faut-il y voir une possible source de frictions avec le cochef du DOGE ?

Au delà du cercle vicieux de la COP29

La COP29 n’a pas précisément été un moment de gloire pour les diplomates du climat. Mais elle n’a pas non plus été totalement une perte de temps. John Stackhouse, chef de l’Institut d’action climatique RBC, et son équipe énumèrent ci-dessous quelques faits saillants de la conférence de Bakou.

1. Un article 6.4 réjouissant
Dans une décision marquante prise le premier jour des pourparlers sur le climat mondial, la COP29 a officiellement adopté les nouvelles normes opérationnelles d’un mécanisme prévu à l’article 6 de l’Accord de Paris, ce qui jette les bases d’un marché mondial du carbone.

L’adoption de l’article 6.4 ouvre la porte à la mise en œuvre de l’article 6, qui était bloquée depuis des années. Ce nouvel article établit un marché centralisé du carbone qui permet aux pays d’échanger des droits d’émission afin de tenir leurs engagements de l’Accord de Paris.

2. Montrez-nous l’argent
Pour de nombreux sceptiques à l’égard de l’ONU, la COP29 aurait aussi bien pu se tenir sur Mars, tant le programme de la conférence semblait ésotérique. Bien que la définition de règles pour un marché mondial de carbone soit un début, la majeure partie de l’attention est axée vers la grande question, que les Nations Unies, dans un discours, ont appelée, tenez-vous bien, le nouvel objectif collectif quantifié [de financement climatique]. Objectif : 1 000 milliards de dollars annuels. Elon Musk a le temps de se poser sur Mars d’ici là. Un engagement de 300 milliards de dollars semble plus probable.

On se souviendra que le même processus avait abouti à un engagement de 100 milliards de dollars par an il y a plus de 10 ans, et que cet objectif pour 2020 n’a pas été atteint avant 2022. Nous verrons bien si les choses sont différentes avec ce nouvel objectif collectif quantifié.

3. Multiplication des fonds
Un des changements les plus importants observés dans l’action climatique au cours de la dernière décennie a été la multiplication des fonds de bienfaisance cherchant à investir dans des projets durables. L’exemple le plus emblématique pourrait être le fonds pour la Terre de 10 milliards de dollars de Jeff Bezos, dont le chef de la direction, Andrew Steer, a fait le voyage à Bakou pour rappeler à l’assemblée sur le climat que les acteurs traditionnels de la finance sont loin d’exploiter suffisamment l’argent de la philanthropie. Il a avancé l’idée d’une « équipe tactique pour la planète », qui serait une sorte de version de la Banque mondiale capable de mobiliser des financements garantis par les États, des capitaux privés et des fonds philanthropiques pour de grands projets hors marché de réduction des émissions.

4. Le monde à l’envers
Le président désigné des États-Unis Donald Trump envisage de se retirer des discussions sur le climat, tandis que la France – l’architecte de l’Accord de Paris – pense rappeler son principal négociateur à la COP29. La Russie, quatrième émetteur de GES au monde, déclare en revanche, par la voix de son plus haut diplomate, qu’il ne faut pas interrompre les pourparlers sur le climat « malgré les divergences politiques ». La Chine dit également vouloir un dialogue constructif sur les changements climatiques avec les États-Unis sous l’administration Trump. C’est le monde à l’envers, vraiment.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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Issue #04

Un plafonnement déjà condamné
Ce qu’impliquera la politique Trump au Canada
La capture du carbone selon l’Alliance Nouvelles voies
Les problèmes de calendrier de la COP 29


Points saillants

Relance du grand projet albertain de capture de CO2. L’appel d’offres lancé par l’Alliance Nouvelles voies auprès des fabricants de conduites* et les discussions menées avec Ottawa* sur la question du financement indiquent que le projet avance enfin. Conçu par les six principales sociétés du secteur des sables bitumineux et censé coûter 16,5 milliards de dollars*, il consistera à transporter par pipeline le CO2 produit par 20 installations d’exploitation jusqu’à un terminal situé dans la région du lac Cold (Alberta), ce qui réduira leurs émissions de 22 mégatonnes par an, soit environ 10 % des émissions du secteur. Compte tenu de l’ampleur du partenariat et de l’ambition des protagonistes, cela pourrait changer la donne – si l’on nous permet cette image éculée.
Les rapports sur le climat se succèdent – c’est sans doute la saison des COP ! Pour atteindre les cibles de l’Accord de Paris, le monde doit dépenser quelque 9 000 milliards de dollars américains de plus chaque année, indique le rapport 2024 des Nations Unies sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions*, parmi l’avalanche d’analyses qui prélude à la COP de Bakou (Azerbaïdjan). De son côté, l’AIE vient de publier son tome 1 (le rapport World Energy Outlook* (Perspectives énergétiques mondiales, 398 pages) et son tome 2 (Energy Technology Perspectives 2024*, 573 pages) ; quant au dernier rapport sur l’efficacité énergétique (Energy Efficiency), il est censé paraître aujourd’hui. Considérés comme des étalons de mesure, les rapports de l’AIE sont fréquemment cités. Pendant les longs vols qui les conduiront de Toronto ou de Calgary à Bakou, les délégués pourront se délecter du rapport des Nations Unies* sur les plans climatiques des différents pays, ou du dernier bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre*.
La COP 16 se termine dans la désunion. Les participant au forum mondial sur la biodiversité, tenu à Cali (Colombie)*, n’ont pu se mettre d’accord sur le financement à prévoir au cours de cette décennie, ni sur les objectifs à atteindre. Fait symptomatique : la conférence s’étant prolongée, de nombreux délégués des pays en développement ont dû partir avant la fin, car ils n’avaient pas les moyens d’annuler leur billet de retour et de prendre un autre avion*. On note cependant quelques progrès, notamment l’établissement d’un prélèvement mondial sur les produits reposant sur des données génétiques d’origine naturelle, ainsi que la volonté historique de tenir compte du point de vue des communautés autochtones lors des décisions qui seront désormais prises en matière de conservation de la nature.

Cela aussi, Les Simpsons l’avaient prédit. Les milliardaires – notamment Bill Gates* et Sam Altman, le PDG d’OpenAI – songent à bloquer le rayonnement solaire. C’était déjà l’idée de Mr Burns*, personnage d’une série de dessins animés dont les dons de prophétie sont devenus célèbres*. Il est de plus en plus question de refroidir la planète en réfléchissant vers l’espace une part croissante du rayonnement solaire. Or les compagnies d’assurance* préviennent qu’il pourrait en résulter des changements climatiques imprévisibles susceptibles d’entraîner des conflits internationaux. De plus, le procédé ne permet pas de réduire sensiblement les émissions de GES. L’année dernière, l’ONU* en a qualifié la mise en œuvre d’inconsidérée. Cela arrêtera-t-il les milliardaires ?

Prix bimensuel de l’action climatique. Décerné aux chercheurs de l’Université de Zhengzhou (Chine)* et de l’Université d’Australie-Méridionale, qui ont mis au point un tissu qui protège des vagues de chaleur. Contrairement aux tissus ordinaires, qui conservent la chaleur, celui-ci comprend trois couches conçues pour refroidir au maximum.

Prix bimensuel du flop climatique. Décerné au Kremlin qui, selon l’OTAN, refuse de publier des données vitales sur les changements climatiques en Arctique*. Toujours selon l’alliance militaire occidentale, la Russie mène une intense campagne de désinformation contre la décarbonation.

Le plan de match climatique 2.0 de Donald Trump

Le retour en fanfare de Do*nald Trump à la Maison-Blanche soulève de graves questions quant à la politique climatique des États-Unis, à la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) – une réalisation phare du président Joe Biden – et à l’Accord de Paris. Une deuxième administration Trump ne va pas nécessairement briser l’élan international en matière de climat, mais la situation sera peut-être bien différente dans quelques années.

Quel semble être le destin de l’IRA ? Trump a menacé de réduire à néant tous les fonds encore non dépensés au titre de l’Inflation Reduction Act*, mais ce ne sera sans doute pas facile, car la loi profite à de nombreux États et districts républicains (voir tableau ci-dessous). Certains analystes* affirment que la transition est trop bien engagée pour être stoppée, mais Trump pourrait fort bien exiger qu’on refonde la politique en cours et que certaines technologies soient privilégiées. Trump considère notamment que l’énergie éolienne est chose « infecte »*, ce qui pourrait en entraîner la mise hors-jeu. À l’annonce de la victoire de Trump, le cours des actions du secteur des énergies renouvelables a plongé, ce qui semble confirmer les craintes des investisseurs.

Le sort de l’Accord de Paris. Au cours de son premier mandat, Trump a retiré son pays de cette entente mondiale sur le climat* ; il pourrait récidiver. Selon le secrétaire de l’ONU, Antonio Guterres,* un second désengagement des États-Unis pourrait mettre à mal l’Accord de Paris. Mais ce ne sera probablement pas la fin de tout. Une fois Trump au pouvoir, les alliés devront s’accoutumer à des politiques énergétiques bien différentes. Peut-être verra-t-on se former un club de partenaires dirigé par les États-Unis et dont la Chine serait exclue. Il y aura peut-être aussi un changement de cap sur de multiples fronts, avec de nouveaux objectifs climatiques pour 2030 et 2050 ainsi que des politiques qu’accepteront mieux entreprises et consommateurs, parce qu’elles reposeront sur un compromis entre sécurité énergétique, abordabilité et émissions – des solutions sur mesure plutôt que ces ambitieuses politiques censées répondre à tout mais que de nombreux pays répugnent à mettre en œuvre.

L’ACEUM, cette partie de plaisir. La prochaine phase de renégociation de l’ACEUM (ex-ALENA) à laquelle se livreront le Canada, les États-Unis et le Mexique en 2026 sera probablement plus compliquée sous l’administration Trump, qui entendra protéger le secteur automobile américain. « Je vais bien m’amuser »*, a déclaré Trump – ce qui est de mauvais augure. Peut-être pas pour le Canada, cependant, du fait de son grand atout : les minéraux critiques. Ils n’étaient pas au centre des dernières négociations, mais le Canada pourrait les faire valoir en 2026. En matière énergétique, Trump veut en effet s’affranchir de la filière chinoise ; Ottawa a donc tout lieu de renforcer la chaîne d’approvisionnement dont disposent les constructeurs automobiles canadiens le long de l’autoroute 401, jusqu’au Michigan – qu’il s’agisse du nickel, du cobalt, des batteries ou de l’assemblage des véhicules. Cela nous protègerait, compte tenu du fait que Trump entend taxer lourdement tous les produits importés aux États-Unis.

Que ferait Elon Musk ? Acquis à Trump (dont il sera peut-être le prochain gourou en matière d’efficacité administrative*), le patron milliardaire de Tesla est un acteur incontournable du secteur automobile nord-américain. Si le nouveau président vitupère contre le secteur manufacturier de la Chine, Musk*, quant à lui, dépend fortement des moyens de production de ce pays. Cela pourrait générer des conflits ou avoir des effets déstabilisants dont la chaîne d’approvisionnement canadienne pourrait tirer profit pour se présenter comme une avantageuse solution de remplacement. Une approche ambitieuse, certes – mais la timidité ne paie pas, actuellement.

Vers de nouvelles émissions. L’appel lancé par Trump aux producteurs de gaz et de pétrole (« forez, les gars, forez »*) va provoquer une hausse des émissions de GES américaines, surtout si la déréglementation s’accélère. Trump pourrait bien insister pour que le Canada (premier exportateur de pétrole aux États-Unis) maintienne sa production afin que les cours ne s’envolent pas. Or Ottawa vient de proposer de plafonner les émissions du secteur pétrogazier (voir point suivant). Quiconque aura à s’entendre avec la prochaine administration Trump en matière de commerce, de climat et d’énergie devra trouver l’adéquation entre les ambitions et les besoins du Canada d’une part, et, de l’autre, la nouvelle réalité américaine.

Un plafonnement déjà condamné

Comme on pouvait s’y attendre, le projet de règlement fédéral visant à plafonner les émissions de GES* du secteur pétrogazier a été accueilli froidement par l’Alberta*. La future politique climatique, qui est peut-être la plus controversée qu’ait conçue le gouvernement libéral, ressemblerait au cadre de plafonnement-échange proposé en décembre 2023.

  • Contenir les émissions. Le plafond sera fixé en 2029 et il faudra s’y conformer dès 2030 ; les quotas d’émissions, accordés gratuitement, devront être inférieurs de 27 % aux émissions déclarées en 2026. Ces droits d’émettre devront représenter au moins 80 % des émissions totales ; afin d’assurer la souplesse du mécanisme, les crédits de pollution et les paiements seront versés dans un fonds voué à la décarbonation.
  • Ce sur quoi reposent les calculs. À compter de 2030, les émissions devront être inférieures de 27 % à leur niveau de 2026. Seulement, quel sera ce niveau ? Selon Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique, Ottawa table sur une baisse de 22 % des émissions au cours des deux prochaines années, ce qui semble quelque peu ambitieux. Si l’on tient pour acquis que les émissions amont du secteur pétrogazier ne changeront pas d’ici 2026, le plafond fixé en 2030 correspondra à une diminution de 15 % par rapport au niveau de référence prévu dans l’Accord de Paris (2005) ou, peut-être, à une hausse de 7 % si l’on tient compte de la souplesse accordée en matière de conformité. On entend déjà les écologistes protester.
  • N’oubliez pas le méthane. Ce gaz est censé entrer pour au moins la moitié dans la réduction des émissions. Les émissions antérieures du secteur pétrogazier canadien ont été revues à la hausse cette année (+12 %), en partie parce qu’on sous-estimait le potentiel de réchauffement climatique du méthane. Le Canada a déjà prévu des règlements visant à réduire les émissions de méthane de 75 % entre 2012 et 2030. Pour une industrie qui a du mal à réduire ses émissions, le méthane n’est pas le problème le plus difficile à résoudre.
    Faut-il repenser les marchés du carbone ? Le règlement projeté ajouterait une autre couche de complexité à la mosaïque canadienne des marchés du carbone. Comme nous l’avons souligné dans un récent rapport*, le manque d’unité entre provinces nuit au bon fonctionnement de ces marchés. Les entreprises signalent régulièrement que l’incertitude réglementaire et le manque d’harmonisation freinent leurs investissements.
  • Que nous réserve l’avenir ? Des consultations officielles débutent actuellement ; une proposition définitive est attendue au printemps. La première ministre de l’Alberta Premier, Danielle Smith, dit envisager « toutes les options juridiques » lui permettant de contrer le projet de plafonnement. On peut par ailleurs se demander si les libéraux seront au pouvoir jusqu’en octobre 2025 et pourront donc appliquer leur nouvelle politique, sachant que le Parti conservateur, auquel les sondages sont favorables, a promis de supprimer le plafond*.

LES PROBLÈMES DE CALENDRIER DE LA COP 29

Plusieurs experts ont rayé de leur agenda la 29e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, prévue à Bakou (Azerbaïdjan). Les élections américaines y sont pour quelque chose, mais il se trouve aussi qu’en raison de la semaine du climat organisée à New York*, beaucoup n’ont pas jugé nécessaire d’aller rencontrer les mêmes interlocuteurs un mois plus tard, à 9 000 kilomètres de là. Bizarrement, une partie de la COP aura également lieu en même temps que le sommet du G20, qui se tiendra les 18 et 19 novembre à Rio de Janeiro, soit à l’autre bout du monde. Bref, un calendrier peu harmonieux.

Pour ceux qui auront la chance de se rendre en Azerbaïdjan, d’y déguster les spécialités locales (kababs, plovs et autres dolmas, comme le recommande Farhad Panahov, natif de Bakou) ou de visiter un peu le Bakou historique, le programme ne s’arrête pas là.

La COP en version allégée. Joe Biden et d’autres ténors mondiaux ne participeront pas à la COP, ce qui signifie que les ONG et les délégués des pays en développement se feront davantage entendre.

Bakou est le deuxième de trois grands sommets. Les Émirats arabes unis (EAU), qui ont accueilli la COP 28, ont fait équipe avec l’Azerbaïdjan et le Brésil (futur hôte de la COP 30). Cette troïka* doit élaborer le plan directeur de la mission « 1,5 °C ». La COP 28 visait à dresser l’inventaire mondial* des besoins, la COP 29 porte sur le financement et la COP 30 aura pour but d’examiner la prochaine série de contributions déterminées au niveau national (CDN) – autrement dit, les plans climatiques des différents pays.

En attendant les CDN. Si la rencontre de Bakou aura moins d’éclat, c’est aussi parce que la plupart des pays ne divulgueront leurs nouvelles contributions qu’en février 2025. Les Nations Unies les veulent généreuses, mais depuis la mouture antérieure, qui remonte à 2020-2021, plusieurs pays se sont dotés de nouveaux dirigeants et les consommateurs comme les entreprises sont plus réfractaires aux politiques climatiques audacieuses.

L’héritage à attendre de Bakou. Un consensus sur le financement serait le résultat le plus important de la rencontre. À court d’argent, l’Europe souhaite que la Chine assume une partie de la facture mondiale, laquelle pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars par an. De fait, comme le nouvel objectif collectif quantifié à atteindre après 2025 sera nécessairement ambitieux (l’engagement annuel n’étant actuellement que de 100 milliards de dollars américains), il faut accroître le nombre de pays donateurs. La question de savoir qui paiera la note divisera certainement les esprits.

Détournement cognitif. La COP 28 s’était terminée sur un mot fameux : c’était « le début de la fin » des combustibles fossiles. L’Azerbaïdjan, un géant du gaz*, ne semble pas de cet avis. Il faut s’attendre à voir l’Europe* croiser à nouveau le fer avec les pays producteurs de pétrole.

Pour le stockage d’énergie verte. La COP 28 tournait autour du méthane et de l’énergie nucléaire. L’Azerbaïdjan* propose aux autres pays de s’engager à se doter d’une capacité de stockage d’énergie de 1 500 gigawatts d’ici 2030. Autres propositions sur la table : rendre le secteur du tourisme moins polluant et créer un marché mondial de l’hydrogène propre.*

L’institut à l’œuvre

Lors du salon Royal Agricultural Winter Fair, qui s’est tenu le 1er novembre, Lisa Ashton, responsable de la politique agricole, a animé une table ronde sur les solutions naturelles auxquelles se prête le paysage agricole. Découvrez ici* les trois traits saillants qui s’en sont dégagés.

Le 4 novembre, nous avons tenu notre deuxième rencontre de la série « Matière à réflexion » à Montréal, où le responsable de l’institut, John Stackhouse*, a entendu des innovateurs exposer leurs idées sur la réduction des coûts et des émissions.

Nos lectures préférées du moment : Revenge of the Tipping Point (Malcolm Gladwell), Climate Capitalism (Akshat Rathi), Not The End of the World (Hannah Ritchie), Fire Weather (John Vaillant), Vampire State: The Rise and Fall of the Chinese Economy (Ian Williams). John parle de ces ouvrages ici*.

ICYMI

La concentration atmosphérique des polluants à effet de serre a atteint un niveau record en 2023*

En matière de climat, le militantisme n’est plus seulement l’affaire des jeunes*

Le premier projet de GNL mené par des Autochtones au Canada*

Comment des chaussures Nike Air ont révélé la faille d’un marché du carbone de 700 M$ US*

Reconstruire ou partir ? Les propriétaires face aux inondations répétées.

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AIOC: une visionnaire aide les communautés autochtones à exploiter leur potentiel

Éclaircissement des perspectives économiques de l’Ontario malgré le risque de ralentissement lié aux nouvelles cibles d’immigration

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Issue #03

Relance du nucléaire : les leçons à tirer au Canada
Une victoire de Trump pourrait bouleverser les marchés de l’énergie
Halloween et les changements climatiques
Le 7 novembre, le pseudo associé à notre infolettre deviendra « Bouleversements climatiques ». Pour éviter qu’elle ne soit considérée comme du pourriel, enregistrez notre adresse dans votre liste de contacts.


Points brûlants

Quoi de neuf dans le dernier rapport annuel de l’AIE? Un chapitre entier a été consacré à la sécurité, l’abordabilité et la durabilité. Ce n’était pas le cas dans les Perspectives énergétiques mondiales de 2023, et il n’était que temps. Nous sommes peut-être entrés dans l’« âge de l’électricité », mais loin de se limiter à 1,5 °C, comme le préconisait l’Accord de Paris, l’augmentation de la température moyenne du globe pourrait bien être de 2,4 °C si nous ne parvenons pas à garantir la production des minéraux critiques qu’exigent les énergies propres et si les consommateurs ne peuvent utiliser celles-ci à un coût suffisamment bas. Une bonne nouvelle, toutefois : l’existence de surplus (gaz naturel liquéfié, énergie photovoltaïque, etc.) signifie que nous pourrions bientôt être en présence d’un marché favorable aux acheteurs, toujours selon l’AIE qui, étant donné l’essor des énergies renouvelables, prévoit que les émissions de CO2 mondiales vont bientôt plafonner.

Les Canadiens peuvent à la fois économiser et profiter d’un mode de vie à moindre empreinte carbone. C’est ce qu’on lit dans un nouveau rapport de Clean Energy Canada. Entre autres exemples, l’installation d’une thermopompe et l’achat d’un véhicule électrique (VE) permettraient aux occupants britanno-colombiens d’une maison isolée d’économiser jusqu’à 777 $ par mois. Malheureusement, la fin de la subvention canadienne pour des maisons plus vertes et la pénurie de VE abordables pourraient rendre la transition plus coûteuse.

Une victoire de Trump pourrait bouleverser les marchés de l’énergie. D’après les sondages, le 45e président des États-Unis a autant de chances que sa rivale de gagner les élections du 5 novembre. L’impact géopolitique ne serait pas mince, explique Helima Croft, de RBC Marchés des Capitaux. L’Iran pourrait en effet devenir la principale cible des sanctions américaines. La limitation de sa production de pétrole ferait grimper les cours mondiaux, ce qui galvaniserait évidemment les producteurs nord-américains mais freinerait les efforts déployés par le Canada et (plus modestement) par les États-Unis pour réduire leurs émissions de CO2.

Réfection des infrastructures routières et de gestion des eaux : une facture de 350 G$ pour le Canada. Depuis la période 2020-2022, les différents ordres de gouvernement ont fait poser des aqueducs, des réseaux d’assainissement et des égouts à un rythme record, mais le coût de remplacement des infrastructures en mauvais ou en très mauvais état a grimpé à 357 G$, soit 100 G$ de plus que le coût estimé jusqu’ici. Le problème est criant, comme l’ont montré récemment les incidents survenus à Vancouver, à Montréal ou à Toronto. Par leur fréquence et leur gravité, de tels incidents ont d’énormes impacts économiques. D’après les assureurs, les réclamations pour dommages à la propriété causés par les inondations représentent désormais 36,8 % de toutes les déclarations de sinistre.

La COP 16 vient avant la COP 29. Elle a lieu à Cali (Colombie). Depuis la Conférence de Montréal de 2022 sur la biodiversité, qui a fait date, la COP 16 est le premier sommet bisannuel du genre organisé par les Nations Unies. L’ordre du jour prévoit notamment la mise sur pied d’un cadre de lutte contre le « biopiratage » afin que, notamment, chaque pays reçoive une rétribution en échange des empreintes numériques des espèces végétales rares poussant sur son territoire et utilisées par les compagnies pharmaceutiques. Vous assistez à la COP 16 ? Faites-nous part de vos impressions à cette adresse.

Les producteurs de citrouilles subissent revers après revers. Tam Andersen gère Prairie Gardens, une exploitation de 35 acres située dans le comté de Sturgeon, en Alberta. Elle dit avoir subi, en début de saison, des pertes causées par les froids inhabituels du mois de juin. L’an dernier, c’était la sécheresse qui avait frappé. « Une fois de plus, les changements climatiques sont en cause, explique Tam au téléphone. Nous parlons entre nous de la saison Lemony Snicket », ajoute-t-elle, en référence à l’auteur de A Series of Unfortunate Events. Comme d’autres exploitants, Tam cherche à s’adapter : l’année prochaine, elle sèmera dans des terrains surélevés, afin de protéger les plants des avalanches de neige fondante.

Prix bimensuel de l’action climatique. Le prix est décerné à Lennard de Kler. Ce chercheur spécialisé dans les émissions de GES en temps de guerre animera une table ronde lors de la COP 29 qui aura lieu à Bakou (Azerbaïdjan) en novembre.

Prix bimensuel du flop climatique. Décerné à une proposition délirante du gouvernement britannique qui, pour atteindre ses objectifs de carboneutralité, envisageait de brûler du bois importé en Corée du Nord, en Afghanistan ou ailleurs.

La course au nucléaire reprend

Comme le dit l’AIE, nous allons entrer dans l’âge de l’électricité. Pour l’énergie nucléaire, c’est la Renaissance qui s’amorce, grâce aux géants du numérique. Après le contrat de 960 MW qu’elle a conclu en mars avec Talen Energy, Amazon a signé avec X-energy une entente de 500 millions de dollars américains afin de pouvoir disposer de petits réacteurs modulaires (PRM) d’une puissance totale de 5 000 MW. Google a dévoilé des plans similaires et Microsoft va faire rouvrir la centrale de Three Mile Island. Nvidia, elle, lorgne les centrales japonaises. Il s’agit d’assouvir l’appétit insatiable de l’intelligence artificielle et des centres de données.

L’industrie nucléaire a reçu le feu vert des acteurs politiques à Dubaï, lors de la COP 28, mais le décollage s’est fait attendre. Les récentes annonces en cascade ont fait grimper le cours des actions, loin devant l’indice S&P 500 en valeur annuelle.

Voici ce que cela implique pour le Canada, selon Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique :

Le Canada est à la manœuvre. En matière de nucléaire, nous ne sommes pas des novices. Les provinces s’appuient de plus en plus sur ce secteur ; en Ontario, il est censé répondre à la hausse de 75 % de la demande prévue d’ici 2050, notamment en raison de l’IA. Nous pouvons également faire profiter de notre savoir-faire les pays qui ne font que s’engager dans cette voie – c’est l’un des objectifs assignés aux PRM d’Ontario Power Generation. Déjà, les États-Unis font l’article en Asie avec leur propre technologie.

On réalise que la mise en œuvre des nouvelles technologies de décarbonation dépend étroitement de la signature de conventions de vente et d’achat. Le Canada ne pourrait-il pas suivre cette voie dans le secteur de la capture de CO2 ? La loi américaine sur la réduction de l’inflation (IRA) prévoit un mécanisme ambitieux reposant sur un crédit d’impôt garanti de 85 $US par tonne. L’approche canadienne consiste à atténuer le risque lié aux dépenses en immobilisations par le jeu des crédits d’impôt à l’investissement. Du point de vue économique, cela se tient, mais jusqu’ici, l’incertitude a régné autour du prix du carbone (donc des revenus).

Les marchés du carbone à l’ère des changements climatiques

Selon un nouveau rapport de la Commission on Carbon Competitiveness (C3), qui vient d’être mise sur pied, la compétitivité carbone et les risques de perte de revenus rendent particulièrement vulnérables neuf secteurs canadiens (industrie pétrogazière, raffineries, sidérurgie, cimenteries et alumineries, etc.).

Selon Aaron Cosbey, président de C3 et co-auteur du rapport, la tarification du carbone industriel (on parle aussi de systèmes d’échange pour les grands émetteurs, les « LETS ») demeure la meilleure option à moyen terme.

« Cependant, ajoute M. Cosbey dans un courriel, nous avons constaté que certains produits – fer et acier, produits chimiques de base, engrais azotés, pâtes et papier, etc. (le ciment est un cas d’espèce) – sont beaucoup plus exposés que d’autres. Autant de secteurs dans lesquels il faudrait davantage utiliser les étalons de rendement prévus par les LETS, de manière à maintenir le coût moyen du carbone aussi bas que possible. »

À mesure que les grandes entreprises vont se décarboner, il sera difficile de maintenir les marchés du crédit équilibrés. Le Canada doit donc commencer à étudier différentes options pour mieux se protéger à long terme.

L’une de ces options consisterait en l’ajustement des taxes carbone aux frontières, mais cela contreviendrait aux lois sur le commerce international, perturberait les mesures incitatives prises à l’intérieur du pays et provoquerait bien des remous chez notre voisin du sud.

Autre possibilité : une norme fondée sur l’intensité en GES de chaque produit, qui conditionnerait les ventes sur le marché intérieur (importations comprises).

Ces deux options nécessiteraient la coopération des États-Unis et la mise au point de mécanismes complexes. C3 recommande que le Canada les mette à l’étude dès maintenant (le rapport se trouve ici).

Conclusion : s’il veut assurer sa compétitivité à long terme, le Canada doit soutenir les industries traditionnelles comme les secteurs à fort potentiel de croissance. « Les secteurs qui dépendent fortement de la demande auront probablement besoin de capitaux pour se décarboner et pour occuper les nouveaux créneaux. Quant aux secteurs en croissance, il leur faudra aussi de l’argent frais pour asseoir leur position, étendre leurs activités et passer à la mise en marché. » Tout cela doit se dérouler de manière concertée – et vite.

L’institut à l’œuvre

Lors de la conférence Energy Disruptors tenue le 2 octobre, John Stackhouse et Chana Martineau, cheffe de la direction d’AIOC (Alberta Indigenous Opportunities Corporation), ont discuté de réconciliation économique. Leurs propos ont été résumés ici.

Le 16 octobre, lors du Canada’s Productivity Summit tenu à Calgary, Myha Truong-Regan a expliqué comment la transition énergétique peut stimuler la croissance et la productivité au Canada.

Le 16 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, Lisa Ashton a participé au Arrell Food Summit, où il a été question d’innovation en matière alimentaire.

Lisa animera par ailleurs une table ronde sur les solutions naturelles auxquelles se prête le paysage agricole, lors du salon Royal Agricultural Winter Fair qui se tiendra le 1er novembre.

Parmi nos lectures préférées du moment, citons World Without End (Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain), The Burning Earth (Sunil Amrith) et Gambling Man (Lionel Barber).

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Myha Truong-Regan, Sarah Pendrith, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

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Issue #02

Le problème que pose Northvolt au Québec
Une taxonomie climatique canadienne pour attirer les capitaux verts
Un nouveau système canadien de tarification du carbone produit par le secteur industriel


Points brûlants

Le Royaume-Uni a cessé d’utiliser le charbon comme source d’énergie, le premier pays du G7 à le faire Ici au Canada, l’Alberta a éliminé cette année la production d’électricité alimentée par le charbon, mais la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick n’y sont pas encore parvenues. Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique, RBC, croit que la transition vers des sources d’énergie renouvelable, combinée au stockage sur batteries et au gaz naturel, s’avérera la stratégie à privilégier pour le reste de la décennie. Cela ne suffira toutefois pas pour permettre au Canada d’atteindre sa cible zéro émission nette : il faudra mettre en œuvre des mesures de capture du carbone et mieux synchroniser les stratégies provinciales.

Le Canada a diffusé des lignes directrices en matière d’investissement durable La nouvelle taxonomie climatique a pour but de permettre aux investisseurs, institutions financières et autres parties intéressées de cibler les activités économiques « vertes » ou « en transition ». Il s’agit d’une étape importante de l’établissement au Canada d’un écosystème de finance durable, alors que des investisseurs disposant de billions de dollars en capitaux sont à la recherche d’occasions de placement dans des activités dont le caractère vert ou en transition a été vérifié. Cette taxonomie pourrait contribuer à attirer les capitaux privés si importants pour la croissance économique et la réduction des gaz à effet de serre. Même s’il reste encore beaucoup de travail à accomplir – notamment la définition des utilisations du gaz naturel comme source d’énergie de transition –, la taxonomie canadienne constitue un jalon important dans le parcours du Canada vers la carboneutralité.

Une énergie nouvelle galvanise Calgary. John Stackhouse, directeur de l’Institut d’action climatique RBC, présent à Calgary pour la conférence Energy Disruptors Unite, a constaté l’enthousiasme qui marquait l’événement. Ses principales observations : l’énergie nucléaire est de retour, les critères ESG n’ont pas disparu, et l’équité à l’égard des peuples autochtones est la nouvelle norme. Pour prendre connaissance de ses dix points à retenir, cliquez ici (AN).

À propos des énergies nouvelles : la société de Calgary TC Énergie, fondée il y a 70 ans, a abandonné ses activités liées aux pipelines de pétrole afin de se réorienter vers des sources d’énergie à plus faibles émissions de carbone. Le gaz naturel et les solutions de production d’énergie « qui s’appuient sur le nucléaire, l’accumulation hydro-électrique par pompage et les nouvelles possibilités en matière d’énergie » ouvrent pour la société la voie à une infrastructure s’apparentant à celle des services publics. Autre bonne nouvelle : l’augmentation potentielle à 4 800 mégawatts de la capacité de la centrale nucléaire Bruce Power, en Ontario, dans le cadre du projet Bruce C.

Un émoji pour exprimer votre frustration face aux changements climatiques. Des émojis représentant des arbres morts seront bientôt disponibles pour permettre aux citoyens d’exprimer leur angoisse face aux changements climatiques. Les ouragans Helene et Milton ne sont que les plus récents phénomènes météorologiques suralimentés par les changements climatiques. Depuis 2019, pratiquement chaque province canadienne et État américain a été victime d’une coûteuse catastrophe naturelle. Et pourtant, les politiques permettant de lutter contre les changements climatiques sont de plus en plus impopulaires à Ottawa, à Vienne et à Washington.

Prix bimensuel de l’action climatique : attribué à Shane Gross, de la Colombie-Britannique, qui a remporté le prestigieux prix Wildlife Photographer of the Year du Natural History Museum du Royaume-Uni. Sa photo Swarm of Life, ci-dessous, qui montre un banc de têtards dans un lac près de l’île de Vancouver, lui a valu cette distinction.


Copyright Shane Gross

Prix bimensuel du flop climatique : attribué à une nouvelle étude de l’Université de Cambridge qui recommande de réduire les vitesses de vol de 15 % afin de diminuer les émissions de GES, ce qui augmenterait de 50 minutes la durée des vols transatlantiques
.

La production de batteries : un enjeu de taille pour le Canada et le Québec

Ayant misé sur Northvolt, Ottawa et le Québec se retrouvent maintenant devant un problème de taille. Le plus grand fabricant européen de batteries, ayant réuni 15 milliards de dollars US de capitaux provenant de l’industrie automobile, de banques et de gouvernements européens, planifiait la construction d’une usine de batteries pour véhicules électriques près de Montréal, avec l’appui de Québec et d’Ottawa.

Mais se tailler une part de marché dans ce secteur est difficile : les batteries pour VE chinoises sont moins coûteuses et offrent de meilleures performances, et la demande de nouveaux VE en Europe est à la baisse. Ces difficultés pourraient retarder d’au moins 18 mois la réalisation du projet d’usine au Québec.

Lorsqu’annoncé il y a un an, le projet a été qualifié « [d’usine qui produira les] batteries les plus vertes au monde ». Maintenant, il est plutôt perçu comme un « risque calculé », et il s’agit d’un risque énorme : en plus du financement promis par le gouvernement fédéral (voir le tableau), Northvolt a obtenu du gouvernement du Québec un prêt garanti de 240 millions de dollars pour l’acquisition d’un terrain dans la région de Montréal apte à accueillir la construction de l’usine. Le Québec a aussi investi 270 millions de dollars dans Northvolt AB, la société mère suédoise de Northvolt, et la caisse du RRQ y est allée d’un investissement de 200 millions de dollars.

Le délai dans l’exécution du projet pourrait entraver le développement de la chaîne canadienne d’approvisionnement en pièces pour VE. Le directeur parlementaire du budget estime que des trois plus importants projets liés aux VE (y compris les usines de Volkswagen et de Stellantis-LGES en Ontario), le projet de Northvolt était celui qui devait atteindre le plus rapidement, c’est-à-dire d’ici 2037, le seuil de rentabilité. Les délais potentiels dans la réalisation des plans de l’entreprise pourraient signifier que le Canada et le Québec ne tireront des avantages économiques de leurs investissements qu’en 2040 au plus tôt.

Ce projet promettait d’être la réponse du Canada aux géants chinois du secteur des batteries pour VE. Maintenant, cette industrie émergente doit résoudre des enjeux encore plus nombreux.

La tarification du carbone en transition

Les marchés du carbone industriel au Canada peuvent être des moteurs d’innovation, de croissance économique à faible intensité carbone et d’investissements, selon un nouveau rapport publié conjointement par l’Institut d’action climatique RBC, l’Institut climatique du Canada et Clean Prosperity. Or, le Canada compte actuellement neuf systèmes de tarification du carbone distincts, ce qui pose obstacle à la concrétisation de ces avantages.

Les auteurs du rapport avancent que l’harmonisation de ces marchés permettrait d’assurer leur rôle prépondérant dans la réalisation des objectifs économiques, environnementaux et géopolitiques du Canada.

ATandis que les décideurs se tournent vers la dernière moitié des années 2020 dans un monde plus fragmenté, une nouvelle approche à l’égard de nos marchés du carbone pourrait renforcer les politiques commerciales et climatiques, et favoriser un nouveau cycle de croissance à faible intensité carbone, affirment les trois instituts.

Pour lire le rapport en entier, cliquez ici.

L’institut à l’œuvre

Nous étions présents à Ottawa le 10 octobre pour Avantage carboneutralité, la plus importante conférence sur le climat au Canada, organisée par l’Institut climatique du Canada et le Groupe consultatif pour la carboneutralité. John Stackhouse a rencontré Alok Sharma et Candace Laing, de La Chambre de commerce du Canada, pour discuter de la compétitivité du Canada en matière de carbone. Suivez cette conversation sur le compte LinkedIn de John en cliquant ici.

Le capital catalytique C’était l’un des sujets dont ont discuté Myha Truong-Regan, cheffe, Recherche climatique, à l’Institut climatique RBC et Ravinder Gill, première directrice générale et cheffe, Finance durable, RBC, dans le cadre de la nouvelle série Matière à réflexion sur les perspectives climatiques, dont la première séance s’est tenue à Toronto. Pour prendre connaissance de leurs principales observations, cliquez ici.

Sur les listes de lecture des membres de l’équipe : Le chant du prophète (par Paul Lynch), Impossible ici (par Sinclair Lewis), Vers une économie à trois zéros (par Muhammad Yunus) et What If We Get It Right? (par Ayana Elizabeth Johnson).

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Myha Truong-Regan, Sarah Pendrith, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

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Issue #01

Bienvenue à ce bulletin, anciennement baptisé Signaux climatiques, qui contient des détails croustillants et de rapides mises à jour sur l’évolution des tendances dans l’action climatique et l’énergie.
Bagarres sur le climat à New York
Un fléchissement dans les ventes de VE ?


Points brûlants

La taxe carbone, autrefois considérée comme une excellente mesure climatique, est maintenant victime des politiques sur le climat. Jagmeet Singh du NPD et David Eby, premier ministre de la Colombie-Britannique actuellement en campagne électorale, ont fait volte-face à propos de la taxe carbone, qui jusque-là faisait l’objet d’une vaste publicité auprès des consommateurs. Ce revirement fait écho au changement d’opinion de l’électorat quant à la taxe carbone. Peu importe si l’impôt supplémentaire a eu un effet d’à peine 0,15 point de pourcentage sur l’inflation, le thème échauffe les esprits. De ce fait, les libéraux doivent se creuser la tête et imaginer des façons de corriger le tir. Alors que le gouvernement rejette toute idée de suspension de cet impôt, la taxe pourrait être sauvée par des exonérations ou des rabais plus importants (comme cela a été mis en place pour certains Canadiens en milieu rural), d’après Shaz Merwat, notre chef du secteur de l’énergie.

L’électricité est le grand défi de la décarbonation au Canada. Les émissions du secteur ont plongé de 38 % depuis 2005, ce qui s’est traduit par une chute de 0,8 % des émissions globales l’année dernière, selon les estimations de l’Institut climatique du Canada. Mais l’énergie propre peut-elle encore nous aveugler, étant donné que le réseau devra vraisemblablement tripler d’ici 2050, que l’énergie hydroélectrique est menacée par des sécheresses et que nous sommes encore à une décennie, voire plus, de la mise en exploitation des projets de captage de carbone et de production nucléaire ? Par ailleurs, la demande de secteurs gourmands en énergie, tels que l’IA et les centres de données, pourrait obliger certaines régions à recourir au gaz.

Pour continuer sur le thème de l’électricité, le Manitoba a dévoilé un nouveau plan qui met en avant le défi lié à la production d’une énergie plus abondante et plus propre. Quelques points saillants du plan :

  • remise en état des installations et de l’équipement vieillissants de Manitoba Hydro
  • garanties de prêt octroyées par la province pour aider les collectivités des Premières Nations et des Métis à acquérir des participations dans l’énergie éolienne
  • systèmes de chauffage par district pour aider les collectivités à remplacer le gaz
  • infrastructures de recharge de véhicules électriques
  • limitations de l’électricité consommée par les centres de données

La tâche ne sera pas aisée, dans une province déterminée à maintenir des prix bas et à laisser Manitoba Hydro aux mains du gouvernement (vous pouvez vérifier le nombre de mentions). Mais ce n’est pas si différent de la plupart des provinces, où la course fait rage pour produire plus d’électricité sans augmenter le coût pour les contribuables ou les usagers. L’innovation, le partenariat et l’effet d’échelle seront des facteurs clés.

La COP29 s’annonce tumultueuse. Le sommet débutera une semaine après les élections aux États-Unis, c’est-à-dire après la victoire de Kamala Harris, favorable à l’IRA (Inflation Reduction Act, loi sur la réduction de l’inflation), ou celle de Donald Trump, non favorable à l’IRA (à moins d’un coup de théâtre). Une victoire de Trump pourrait bouleverser ce sommet, étant donné qu’il a quitté la réunion sur l’Accord de Paris lors de son premier mandat et qu’il a menacé de recommencer. Il y a déjà eu beaucoup d’émotions quand l’Azerbaïdjan, pays hôte du sommet, a retiré la question de l’abandon des combustibles fossiles en tant que priorité du sommet. Beaucoup avaient bataillé, à la COP28 de Dubaï, pour insérer ces quelques mots dans la version finale de l’accord. Nous pouvons nous attendre à d’autres bagarres. Et à des jeux sur les mots.

Simon Kennedy, haut fonctionnaire canadien très en vue et Sous-ministre de l’Innovation, a pris sa retraite. Homme clé dans l’élaboration d’une réponse à la loi américaine sur la réduction de l’inflation, il a positionné le Canada comme un chef de file technologique dans la transition énergétique, a mis en avant l’agriculture en tant que priorité pour l’économie et l’exportation, et a fait progresser les secteurs canadiens des véhicules électriques, de l’informatique quantique et de l’intelligence artificielle. Son successeur peut se préparer à des temps plus difficiles sur le plan budgétaire.

Le leader d’opinion Bill Gates a lancé un documentaire sur Netflix intitulé What’s Next ? Le futur selon Bill Gates. Alors qu’il démantèle les théories de conspiration avec la diva pop Lady Gaga, qu’il s’attaque au réchauffement de la planète avec des activistes du climat, qu’il parle d’AI avec le metteur en scène James Cameron, et qu’il explore avec le sénateur Bernie Sanders la question de savoir si quelqu’un peut être trop riche (la réponse est oui, Bill), le fondateur de Microsoft met à profit l’esprit curieux qui a donné naissance à Outlook (et aux plantages de Windows). Il semble très optimiste, ce qui n’est pas étonnant de la part d’un milliardaire, mais il a raison sur un point : il faut rester mobilisés pour trouver la voie du progrès.

Prix bimensuel de l’action climatique : attribué au Conseil de la recherche de la Saskatchewan pour avoir créé un centre de commercialisation d’éléments de terres rares la semaine dernière.

Prix bimensuel du flop climatique : Tout effort visant à rendre les polices de caractères des livres plus fines afin de réduire leur empreinte carbone, ce qui rendra probablement les libres illisibles et entraînera leur disparition.


Nouveau capital climatique

Par John Stackhouse

Salutations de New York, capitale incontestée de la finance, de la mode, des médias, et maintenant du climat.

La semaine du climat de NY, qui a fermé ses portes le week-end dernier, est devenue une scène centrale pour les têtes pensantes de l’action climatique. Cet événement fait maintenant de l’ombre aux conférences des Nations unies sur le climat, connues sous le nom de COP, qui demeurent essentielles, mais qui font moins de bruit. Nous sommes désolés, Baku (hôte de la COP29 en novembre), mais il est difficile de rivaliser avec la Big Apple, étant donné que la ville attire :

  • 100 000 passionnés du climat ;
  • 900 événements, de Central Park à Greenwich Village ;
  • l’Assemblée générale des Nations unies et une forte représentation des dirigeants mondiaux (Joe Biden, Emmanuel Macron, Justin Trudeau et 130 autres) ;
  • une liste de célébrités digne du tapis rouge de Broadway, d’Elon Musk au Prince Harry.

Même les groupes de défense de l’environnement semblent séduits par le faste de Gotham, organisant des fêtes nocturnes sur Park Avenue (oui, la ville où l’ironie ne dort jamais).

Il n’est pas étonnant que le Wall Street Journal ait décrit la semaine du climat de NY comme « l’événement climatique le plus brûlant de l’année ».

Alors quels ont été les résultats ?

New York est surtout une ville qui fait bouger l’argent, et la semaine du climat en a mobilisé beaucoup. Fonds souverains, banques, sociétés de capital-investissement et fonds spéculatifs ont profité de l’événement pour collecter les milliards nécessaires à la réalisation de l’objectif Zéro émission.

Aussi positif que cela puisse paraître, la concentration des capitaux consacrés au climat, en particulier entre les mains des deux plus grandes économies mondiales (qui sont par ailleurs les deux plus grands émetteurs), a soulevé de nombreuses inquiétudes :

depuis 2021, les États-Unis ont investi 500 milliards de dollars dans les énergies propres.. Plus de 80 % de cette somme provient du secteur privé, en réponse à la loi sur la réduction de l’inflation.

Rien que l’année dernière, les États-Unis ont ajouté l’équivalent de 40 barrages Hoover sous forme de production d’énergie solaire et éolienne, ce qui a permis de réduire de deux tiers la part du charbon dans la production d’électricité. La baisse des taux d’intérêt pourrait encourager les investisseurs à prendre plus de risques dans les projets en faveur du climat.

Bien que l’essor des énergies renouvelables soit impressionnant en Amérique, la Chine représente 40 % des nouvelles constructions dans le monde. Le pays est en avance de six années sur ses objectifs, et pourrait bientôt être clairement sur la voie du Zéro émission. Une question se pose : les flux de capitaux de la Chine peuvent-ils se maintenir, dans le contexte d’un ralentissement économique qui s’aggrave de mois en mois ?

Certes, l’argent est précieux pour les promoteurs de projets, mais l’autonomie nationale l’est aussi.

J’ai participé à une discussion sectorielle sur le manque de lignes électriques qui empêche de distribuer un million de mégawatts d’énergie aux États-Unis. Apparemment, tout le monde veut des énergies renouvelables, mais à condition que les câbles ne passent pas trop près. Même la renaissance du nucléaire (voir notre partie ci-dessous sur Microsoft et Three Mile Island) se heurte à des questions sur la réglementation et la rapidité des délivrances de permis face à l’envolée de la demande liée à l’intelligence artificielle.

Malgré sa puissance apparente, la ville de New York ne peut pas rivaliser avec le sentiment du public, que ce soit aux États-Unis ou dans le reste du monde. À cet égard, la semaine du climat de NY a laissé en suspens une grande question à laquelle seuls les Américains pourront répondre, le 5 novembre. La personne que les États-Unis enverront à la semaine du climat de 2025 pourrait bien déterminer la direction de tout le reste.


Nous restons sur la voie rapide


Revenons-en au grand revirement observé dans le secteur des véhicules électriques. Alors que les ventes de VE ont fléchi dans plusieurs marchés développés importants, elles se sont bien maintenues au Canada. Jetons un coup d’œil aux chiffres :

Les VE se trouvent maintenant au niveau historique de 12,9 % des ventes de voitures totales, battant le record de 12,6 % enregistré au troisième trimestre 2023. Ce chiffre est impressionnant dans le contexte de l’essor général des ventes d’automobiles.

Les voitures hybrides avec batterie rechargeable ont représenté 74 % des ventes de VE totales, ce qui est stable par rapport aux trimestres précédents. En outre, les Canadiens conduisant des VE ont utilisé leurs véhicules 14 % de plus, en moyenne, que les propriétaires d’anciennes voitures à essence.

8 acheteurs de VE sur 10 ont eu recours aux subventions fédérales, tandis que les généreux incitatifs provinciaux ont aidé à combler les écarts de prix par rapport aux moteurs à essence.

L’Ontario doit-il rétablir les rabais sur les véhicules électriques ? Ce serait sans doute judicieux, compte tenu des milliards de dollars investis par l’Ontario dans la mise en place d’une chaîne logistique de VE dans le sud-ouest de la province.

Le Québec représente désormais la moitié des ventes de VE, mais les choses ne vont pas aussi bien en Colombie-Britannique où les ventes de VE sont en perte de vitesse depuis trois trimestres consécutifs, selon Farhad Panahov, notre économiste et observateur attentif des ventes de VE.

Farhad estime que la croissance des ventes de VE pourrait être entravée par l’entrée en vigueur, à la fin de l’automne, des droits de douane canadiens et américains à l’égard des VE chinois, ce qui limiterait la disponibilité d’options abordables.

Vous pouvez lire l’opinion de Salim Zanzana, économiste de RBC, à propos de l’incidence des droits de douane canadiens sur les VE et les métaux chinois.


Au cas où vous l’auriez manqué

Les minéraux critiques constituent un goulot d’étranglement qui passe souvent inaperçu dans la transition énergétique, avertit McKinsey dans son volumineux rapport Global Energy Perspective 2024. Parallèlement, 14 nations occidentales s’efforcent d’accélérer les choses.

Pour rester pertinent, le secteur du gaz doit fortement s’appuyer sur le captage du carbone, prévient l’Oxford Institute For Energy Studies dans un rapport qui aborde à peine la question du Canada.

Comment un grand pays producteur de pétrole lutte pour devenir un champion du climat, alors que des incendies de forêt ravagent son écosystème. (Non, ce n’est pas le Canada.)

Si l’hydrogène est cher à votre cœur et si vous avez 1 h 26 de libre, vous pouvez écouter sur YouTube la conversation entre Michael Liebreich et Eva Schmid, la reine de l’hydrogène en Allemagne.

La transition énergétique mondiale a l’air encore plus chancelante si nous enlevons la Chine de l’équation.

La centrale nucléaire Three Mile Island, site de l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire des États-Unis, a reçu un coup de pouce de Microsoft pour sa remise en marche.


L’Institut en action

Nous serons présents à l’événement Energy Disruptors : Unite 2024 le 1er octobre à Calgary pour parler de l’avenir de la transition énergétique avec les parties prenantes.

L’Institut d’action climatique RBC participera également à la conférence annuelle de l’Institut climatique du Canada, accessible sur invitation seulement, qui se tiendra le 10 octobre à Ottawa et sera consacrée au renforcement de la compétitivité du Canada.

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Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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