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Leadership avisé RBC Yadullah Hussain

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➔ L’empreinte carbone croissante du soccer

➔ Comment reconnaître, encourager et déployer à grande échelle des initiatives de conservation

➔ Notes du Sommet Canada-États-Unis : le Canada doit utiliser ses réserves de minéraux critiques et ses capacités nucléaires comme un levier stratégique

  • La Canadian Deep Geothermal Coalition élaborera la première feuille de route nationale pour l’énergie géothermique du pays. Le gouvernement du Canada a mandaté ce groupe, composé de chefs de file de l’industrie, de représentants des communautés autochtones, de chercheurs et de décideurs politiques, pour exploiter cette énergie propre émergente qui a attiré l’attention de 50 territoires à l’échelle mondiale.

  • Le gouvernement du Québec a revu à la baisse son objectif initial de 100 % de ventes de véhicules zéro émission d’ici 2035. Sa nouvelle cible a été fixée à 80 %. Le gouvernement a qualifié cette décision d’« approche équilibrée » compte tenu des problèmes de chaîne logistique rencontrés par l’industrie automobile mondiale. En mars, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a exhorté les gouvernements du Québec et de la Colombie-Britannique à abaisser leurs objectifs de ventes de véhicules électriques afin de stimuler la compétitivité du pays.

  • Un été de soccer enflammant est à nos portes. Les 48 équipes qui s’affrontent lors de la Coupe du Monde de la FIFA doivent aussi faire face à un autre adversaire redoutable : un temps exceptionnellement chaud amplifié par le phénomène El Niño. Selon le secrétaire général de l’ONU António Guterres, ce cycle de réchauffement naturel « jettera de l’huile sur le feu d’une planète qui se réchauffe ». À noter que cet événement organisé par le Canada, les États-Unis et le Mexique présente également un bilan carbone élevé.

    Coupes du monde de la FIFA : matchs enflammés, bilan carbone élevé

Dans une récente tribune, Catherine Grenier, présidente et cheffe de la direction de Conservation de la nature Canada, explique qu’il est essentiel d’attribuer une valeur formelle à la nature.  

De l’agriculture à la foresterie, en passant par le développement municipal et l’exploitation minière, de nombreux secteurs gèrent activement leurs terres de manière à produire des résultats concrets et mesurables en matière de conservation. Toutefois, ces résultats ne sont pas correctement comptabilisés ou reflétés dans leurs bilans. En effet, ils ne contribuent pas officiellement à la réalisation des objectifs de conservation, n’éclairent pas la prise de décisions relatives à la conservation et ne sont pas pris en compte dans les cadres de référence qui attribuent une valeur à la nature. 

Il est temps de reconnaître davantage ces secteurs comme des acteurs à part entière dans le milieu de la conservation et de les inclure dans le débat sur la préservation de l’environnement. Ensemble, nous pouvons trouver et promouvoir des méthodes concrètes d’utilisation de nos terres qui continueront de soutenir la biodiversité.

AMCEZ : reconnaître, encourager et déployer à grande échelle

 Pour approfondir cette collaboration, il est essentiel de reconnaître officiellement le travail qui a déjà été accompli. L’une des approches consiste à reconnaître les autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ).

Les AMCEZ ne font pas partie des aires protégées, mais elles génèrent des retombées positives pour la nature à long terme même si la conservation n’est pas leur objectif principal. Ces aires offrent un moyen de valoriser et de maintenir des pratiques de gestion des terres efficaces, ce qui favorise la préservation de la biodiversité à long terme.

Prenons par exemple les décisions que prennent les villes pour protéger l’eau potable en imposant des restrictions d’utilisation des terres et une gestion adéquate des bassins versants. Ou comment les propriétaires fonciers et les entreprises soustraient certaines de leurs terres aux travaux forestiers et à l’exploitation industrielle. Les éleveurs soutiennent les activités compatibles avec la préservation de l’environnement, comme le pâturage dans les prairies naturelles. Les infrastructures vertes favorisent la connectivité de la faune en limitant la fragmentation des terres causée par le développement humain. La reconnaissance des AMCEZ est un moyen de mettre en lumière et d’asseoir la crédibilité de ces engagements à long terme, en offrant une distinction tangible à présenter sur des marchés de plus en plus soucieux des contributions environnementales. 

Les AMCEZ en action

Plus tôt cette année, la ville de Saint John, au Nouveau-Brunswick, a officiellement reconnu 4 800 hectares de terrains municipaux comme ayant un statut de conservation particulier. Ces aires comprennent des forêts matures intactes, des rives de lacs et de riches zones humides qui servent à améliorer et à protéger l’approvisionnement en eau potable de la ville, et dont les avantages s’étendent au-delà de la santé et du bien-être de ses citoyens.

En 2022, J.D. Irving, Limited est devenue la première entreprise forestière au Canada à voir une partie de ses terres, soit près de 10 000 hectares de forêt et littoral acadiens, reconnue comme une AMCEZ. Ce territoire favorise le respect des engagements publics et aide à répondre aux attentes en matière de loisirs, tout en préservant certaines des zones les plus singulières et les plus riches en espèces de la province.

La voie à suivre

Les AMCEZ ne sont pas une nouveauté, mais la stratégie du Canada pour protéger la nature récemment publiée par le gouvernement fédéral a rétabli un cadre politique susceptible d’accélérer leur application. Collectivement, nous avons l’occasion de tracer la voie à suivre, de favoriser l’innovation et de collaborer pour trouver de nouvelles façons de concevoir des solutions pour et avec des partenaires dont les efforts ne sont actuellement pas pris en compte.

Pour les leaders dans le domaine de la conservation, cela implique d’explorer des pistes comme les suivantes : Comment et dans quels contextes les décisions de gestion prises par l’industrie produisent-elles des résultats durables en matière de conservation ? Comment peut-on renforcer et soutenir ces pratiques de gestion à long terme ? Quels outils pourrions-nous élaborer pour répondre aux besoins de l’industrie tout en tenant compte de la biodiversité ?

La reconnaissance des AMCEZ a pris de l’ampleur dans les ranchs fonctionnels, les forêts gérées de façon durable, les municipalités et les milieux consacrés à la recherche et aux activités récréatives. L’avenir réside dans le fait de travailler en partenariat avec l’industrie pour approfondir les recherches, faire preuve de créativité et découvrir d’autres possibilités d’application.

Cette approche ouvre également la porte à une meilleure reconnaissance, à un soutien plus significatif et à un engagement accru dans la collectivité. Il est évident que, lorsqu’on les examine conjointement, la nature et l’économie peuvent fonctionner en harmonie.

  • Dans le nouvel ordre mondial, le Canada devra jouer ses nombreuses cartes de manière plus audacieuse : le gaz naturel à faible empreinte carbone, les minéraux critiques, l’alimentation et les engrais, le combustible nucléaire et un environnement stable régi par l’état de droit, que les capitaux prisent de plus en plus, note John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, RBC, dans son analyse lors du sommet Canada-États-Unis organisé par RBC et Eurasia Group qui s’est conclu récemment.

  • Lors du Sommet sur le leadership 2026 de l’Alliance climatique pour des bâtiments intelligents, les leaders de l’industrie se sont penchés sur les moyens par lesquels les secteurs de la construction et du bâtiment peuvent stimuler la croissance économique du Canada tout en respectant nos engagements climatiques. Stephanie Shewchuk de l’équipe Leadership avisé RBC a présenté les idées et les innovations qui font avancer ce débat. Lisez quelques faits saillants de l’événement ici.

  • À l’occasion de la Semaine d’action pour le climat de Londres qui se déroulera la semaine prochaine, plus de 75 000 participants discuteront de l’état d’avancement de la transition énergétique, des chaînes d’approvisionnement, de la sécurité énergétique, des villes durables, de l’élimination du carbone et d’autres sujets connexes. Allez-vous y participer ? Faites-nous part de vos commentaires. #LCAW2026

  • L’essor des batteries met fin à l’argument selon lequel « le vent ne souffle pas toujours et le soleil ne brille pas toujours », constate Alison Reeves, directrice de programme à l’Institut Grattan. « Qui se soucie encore de savoir si on peut stocker l’électricité à grande échelle ? »

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ L’affrontement autour du méthane

➔ Le Canada déploie ses ambitions nucléaires à l’échelle mondiale

➔ Pourquoi une municipalité canadienne a mis en pause un projet de centre de données

Les entreprises reviennent au premier plan : Le développement durable des entreprises semble amorcer un tournant, les sociétés affichant un engagement renouvelé porté par les vents favorables décrits précédemment, souligneBrian Hong, directeur général, Solutions des marchés environnementaux, qui a participé à la Semaine du climat de Londres. La diversité des participants aux différents événements — grandes entreprises, institutions financières, investisseurs, représentants gouvernementaux et organisations non gouvernementales — constitue également un indicateur encourageant. Lisez ses impressions complètes de la #LCAW2026 ici.

Le Canada fait figure de retardataire dans l’Indice de transition énergétique. Classé au 32e rang, le pays a perdu une place dans l’indice du Forum économique mondial, qui évalue 120 pays, et accuse un retard par rapport à la plupart des économies avancées comparables (les États-Unis occupent le 19e rang et l’Australie, le 26e).Le recul du Canada s’inscrit dans une tendance plus générale de détérioration de la performance des économies avancées attribuable à la hausse des prix de l’énergie et à l’affaiblissement des politiques climatiques.

Le phénomène El Niño alimente une crise du refroidissement. Le refroidissement des espaces est déjà la source de demande énergétique connaissant la croissance la plus rapide dans les bâtiments à l’échelle mondiale (4 % par année), exerçant une pression croissante sur les réseaux électriques. Alors que les températures demeurent accablantes, on peut s’attendre à une accélération de l’adoption des systèmes de climatisation — et, par conséquent, de la demande d’électricité. Au Canada, seulement 52 % des locataires ont accès à la climatisation, tandis qu’à l’échelle mondiale, à peine 15 % des 3,5 milliards de personnes vivant dans des climats chauds possèdent un climatiseur.

Par Vivan Sorab, responsable principal, Technologie propre RBC

La stratégie canadienne en matière d’électricité se trouve à un moment charnière, alors que les décideurs et les acteurs de l’industrie tentent de concilier les impératifs de croissance avec le maintien d’un réseau électrique qui demeure, dans une large mesure, propre.

À l’issue du Sommet sur la stratégie en matière d’électricité, organisé à Ottawa par Ressources naturelles Canada et le Smart Grid Innovation Network, je retiens les constats suivants :

L’activité se concentre au niveau de la distribution. La construction de nouveaux logements entraîne une forte hausse de la demande de transformateurs et de compteurs, tandis que l’adoption de panneaux solaires sur les toits, de véhicules électriques et d’autres ressources fondées sur des onduleurs s’accélère considérablement. Les centres de données se tournent de plus en plus vers les réseaux de distribution. Confrontés à des contraintes comme le plafond de 1,2 gigawatt imposé en Alberta et aux pénuries mondiales de semi-conducteurs, ils cherchent de plus en plus à se raccorder directement aux réseaux de distribution.

L’abordabilité constitue une contrainte déterminante. Une focalisation excessive sur le coût le plus bas freine les investissements dont le réseau électrique a besoin pour se développer. Or, l’abordabilité représente également la plus grande menace à la continuité politique et, par conséquent, à la pérennité de toute stratégie nationale.

La planification doit aller au-delà du kilowattheure. La planification intégrée des ressources vise à optimiser la capacité et l’approvisionnement énergétique, mais les ressources énergétiques distribuées et la gestion de la demande procurent des avantages qui dépassent largement la seule fourniture d’électricité. Elles favorisent notamment le développement économique local, améliorent le confort des consommateurs et génèrent des économies pour les ménages. Selon certains intervenants, ces bénéfices ne sont actuellement pas correctement valorisés. En conséquence, les solutions distribuées qui pourraient alléger la pression sur le réseau sont systématiquement sous-évaluées.

La main-d’œuvre et les chaînes logistiques limitent ce qu’il est possible de déployer et à quel rythme. Les prévisions de déploiement, notamment pour les thermopompes, reposent sur des trajectoires que les capacités actuelles de la main-d’œuvre et des chaînes logistiques ne permettent pas de soutenir. Le rythme de déploiement réalisable sera donc plus modeste que ne le laissent entendre les objectifs annoncés. Le déficit de compétences vient accentuer ces contraintes. Chaque départ à la retraite entraîne la perte de 30 à 40 années d’expertise, sans qu’il existe de mécanisme systématique de perfectionnement ou de transfert des connaissances pour assurer la relève.

Les interconnexions et un réseau électrique est-ouest sont de nouveau à l’ordre du jour. L’évolution du contexte géopolitique a ravivé l’intérêt pour une plus grande intégration régionale, mais le réseau électrique canadien demeure principalement orienté selon un axe nord-sud. Des interconnexions entre fuseaux horaires pourraient accroître de façon significative la valeur des énergies renouvelables en atténuant les pointes de demande à l’échelle du pays. Des travaux de modélisation plus approfondis et des analyses de faisabilité demeurent toutefois nécessaires.

La plus grande occasion d’exportation n’est peut-être pas matérielle. Les discussions sur les exportations se concentrent souvent sur des actifs physiques, comme les petits réacteurs modulaires et les grandes composantes nucléaires. Or, le Canada dispose d’un avantage encore sous-exploité : son expertise en électrification et ses logiciels de gestion des réseaux électriques.

Par Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

Les États-Unis et le Qatar sont en désaccord avec l’Union européenne au sujet de ses règles relatives aux importations de méthane. Bruxelles maintient sa position, tout en suspendant discrètement l’application de ces règles. Le débat s’articule désormais autour d’une opposition devenue familière : sécurité énergétique contre ambition climatique.

Cette situation pourrait toutefois jouer en faveur du Canada, compte tenu de ses normes élevées de conformité en matière de méthane. La plupart des grandes sources d’inquiétude qui alimentent actuellement l’anxiété mondiale quant à l’approvisionnement en gaz trouvent une réponse canadienne, affirme Shaz Merwat, notre responsable principal, Politique énergétique.

Des années d’efforts en matière de méthane portent leurs fruits. Le bassin de Montney affiche l’une des plus faibles intensités d’émissions de méthane parmi les bassins gaziers du monde. Les règlements fédéraux renforcés, finalisés en décembre, visent une réduction de 72 % des émissions de méthane par rapport aux niveaux de 2012 d’ici 2030. Le fardeau de conformité auquel s’opposent les États-Unis et le Qatar est déjà intégré aux activités des exploitants canadiens.

Des points de congestion ? Le terminal de Kitimat expédie son gaz vers l’ouest. Aucune préoccupation ne découle du conflit actuel dans le détroit d’Ormuz, des perturbations de la circulation dans le canal de Suez, de l’assèchement du canal de Panama, ou encore des incertitudes entourant l’avenir du détroit de Taïwan.

Pour les exploitants canadiens, la performance en matière de méthane s’impose comme un avantage concurrentiel discret et peu coûteux, alors qu’un nombre croissant d’acheteurs commencent à en faire une condition d’approvisionnement plutôt qu’un simple critère de préférence.

Par Vivan Sorab, responsable principale, Technologie propre RBC

La nouvelle Stratégie canadienne sur l’énergie nucléaire s’appuie sur l’héritage du pays en matière d’énergie nucléaire civile afin de renforcer la sécurité énergétique, de soutenir la politique industrielle et d’accroître les perspectives d’exportation.

Voici six constats qui illustrent l’ampleur et la profondeur des nouvelles ambitions nucléaires du Canada :

  • Nouveaux réacteurs : La stratégie prévoit la construction d’un maximum de dix nouveaux grands réacteurs — dont deux en chantier d’ici 2035 et cinq autres planifiés d’ici 2040 —, ainsi que le déploiement d’au moins un réacteur à l’extérieur de l’Ontario, actuel bastion de l’énergie nucléaire au Canada, d’ici 2035. Elle vise également la mise au point d’une version modernisée du réacteur CANDU d’ici 2030 et le doublement de la main-d’œuvre du secteur nucléaire.

  • Une approche fondée sur des parcs de réacteurs : La stratégie concentre les efforts réglementaires, industriels et de construction autour de modèles de réacteurs précis pour chaque usage. Cette approche vise à uniformiser les déploiements, à réduire les coûts et à bâtir une expérience de réalisation à grande échelle.

  • Une approche « Équipe Canada » : La stratégie met l’accent sur les exportations nucléaires et préconise une approche concertée à l’échelle du pays. Elle poursuit plusieurs objectifs : implanter la technologie CANDU dans au moins quatre nouveaux marchés d’ici 2040, accompagner de six à dix pays nouveaux venus dans le nucléaire, et obtenir une part des chaînes logistiques d’au moins cinq projets internationaux ne reposant pas sur la technologie CANDU. La création d’un cadre dédié au financement des exportations et à la commercialisation vise à permettre au Canada de rivaliser sur le terrain du financement souverain, un facteur déterminant dans les exportations de technologies nucléaires.

  • Miser sur l’uranium : Le Canada est le deuxième producteur mondial d’uranium, et les réacteurs CANDU fonctionnent à l’uranium naturel, ce qui les soustrait à la dépendance envers les chaînes logistiques en uranium enrichi, largement dominées par la Russie. La stratégie vise à doubler les exportations d’uranium d’ici 2035. Bien que les réacteurs actuellement en exploitation au Canada ne nécessitent pas d’uranium enrichi, le futur parc canadien de petits réacteurs modulaires (PRM) aura besoin de combustible enrichi. La stratégie indique que cette question est toujours à l’étude, tout en précisant que l’approvisionnement en combustible sera assuré pour les réacteurs qui en auront besoin.

  • Miser sur l’innovation : La fusion nucléaire, un microréacteur de pointe destiné aux applications de défense ainsi qu’un renforcement des capacités en matière d’isotopes médicaux figurent également parmi les composantes clés de la stratégie.

  • Les prochaines étapes : La mise en œuvre de la stratégie dépendra principalement du financement, des chaînes logistiques et des compétences des différentes administrations. La politique fédérale de financement, qui doit préciser les modalités d’intervention, n’est pas attendue avant avril 2027. La stratégie vise par ailleurs à attirer des capitaux privés et des investissements provenant des caisses de retraite, des sources de financement qui se sont jusqu’à présent révélées difficiles à mobiliser pour les projets nucléaires occidentaux. Sur le plan des chaînes logistiques, les capacités de production d’eau lourde, qui ont été abandonnées dans les années 1990, devront être rétablies, tout comme les capacités de fabrication de pièces forgées de grande dimension et de matériaux de qualité nucléaire. Enfin, ce sont les provinces, et non Ottawa, qui choisissent les technologies à déployer et qui assument la gestion de leurs retombées en aval. Le rôle du gouvernement fédéral consiste essentiellement à donner des orientations et à contribuer à l’atténuation des risques.

➔ Le Canada peut-il construire davantage de logements et renforcer ses infrastructures de défense tout en respectant ses objectifs climatiques ? John Stackhouse, de RBC, livre quelques réflexions sur ce triple défi qui sera bientôt mis à l’épreuve alors que le Canada s’engage dans une nouvelle phase d’expansion résidentielle.

➔ Quand les municipalités ripostent.Illustrant la montée des préoccupations municipales à l’égard des centres de données, les conseillers municipaux de Hamilton, en Ontario, ont unanimement suspendu un projet de centre de données, invoquant ses répercussions potentielles sur l’environnement, l’utilisation de l’eau et l’abordabilité. La conseillère municipale Nrindr Nann, à l’origine de l’initiative, a indiqué que 21 autres conseils municipaux ont demandé à recevoir sa motion.

➔ 25 % d’ici 2035. Il s’agit du nouvel objectif climatique proposé par la présidence turque de la COP31 visant à réduire l’intensité de la consommation énergétique dans le secteur du bâtiment d’ici 2035. Cet objectif pourrait trouver un écho favorable et contribuer à créer un nouvel élan, alors que la hausse des coûts de l’électricité est devenue un enjeu majeur tant pour les entreprises que pour les consommateurs.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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Bulletin d’information sur le climat

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➔ La F1 prend les devants avec son initiative sur les carburants durables

➔ Ce qui empêche Evan Fraser, de l’Arrell Institute,de dormir

➔ Quel sera le prochain grand moment de la politique climatique au Canada ?

Pour la première fois, les investissements dans l’énergie propre devraient être près de deux fois plus élevés que ceux consacrés aux combustibles fossiles. Pour chaque dollar investi dans le pétrole, le gaz et le charbon, soit 1,2 billion de dollars américains, près de deux dollars devraient être dirigés vers les énergies renouvelables, le nucléaire, les réseaux, le stockage, l’efficacité énergétique et l’électrification en 2026, estime l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport World Energy Investment 2026. Le conflit au Moyen-Orient rebat les cartes de l’investissement énergétique en temps réel et ramène la sécurité énergétique au premier plan, souligne Vivan Sorab, responsable principal, Technologie propre RBC. Les investissements mondiaux dans l’énergie sont en voie d’atteindre 3,4 billions de dollars américains cette année, en hausse de 5 % par rapport à 2025, tandis que le solaire attire en moyenne 1 milliard de dollars américains par jour. Le nucléaire fait lui aussi son retour, avec 78 GW en construction dans 15 pays et des investissements annuels de plus de 80 milliards de dollars américains. Cela dit, les signaux ne sont pas tous positifs : Les investissements dans l’approvisionnement en charbon atteignent 180 milliards de dollars américains, leur plus haut niveau depuis 2 012.

Montréal a récemment accueilli la Formule 1 et une nouvelle génération de carburants durables, poursuivant ainsi son héritage de leadership climatique – du Protocole de Montréal de 1987 au Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal de 2022 –, écrit John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction RBC, qui était sur place pour cet événement à haut indice d’octane, mais durable. L’initiative s’inscrivait dans la nouvelle norme sur les carburants adoptée par la F1 cette saison, qui vise la carboneutralité d’ici 2030. Les monoplaces roulaient avec un carburant durable avancé à 100 %, et l’écurie Mercedes a remporté le Grand Prix du Canada grâce à un carburant mis au point par son partenaire Petronas. L’initiative de durabilité va au-delà du carburant : Les équipes de soutien ont voyagé à bord d’avions-cargos alimentés par des carburants d’aviation durables, tandis que les voitures intègrent des conceptions axées sur une efficacité accrue. Montréal a aussi récemment accueilli la Série Innovation durable de la FIA, qui explore comment l’IA et la technologie peuvent générer des gains d’efficacité.

Pour Sarah Goodman, la crise des feux de forêt se vit de très près. Presque tout le monde en Colombie-Britannique connaît aujourd’hui quelqu’un qui a dû évacuer son domicile à cause des feux de forêt, explique Sarah Goodman, établie à Vancouver et à la tête de NorthX, une entreprise britanno-colombienne qui a fait des feux de forêt un secteur stratégique pour déployer des solutions climatiques « robustes ».

L’entreprise, soutenue par les gouvernements fédéral et provincial ainsi que par Shell, a investi 5,5 millions de dollars dans les technologies de lutte contre les feux de forêt, dont une nouvelle ronde de financement de 2,2 millions de dollars destinée à trois jeunes pousses prometteuses. La saison des feux de forêt de cette année ravage déjà certaines régions de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, alors que Vancouver a récemment enregistré une température de 23,9 degrés, fracassant un record de chaleur vieux de 128 ans pour un mois de mai.

Les feux de forêt sont à la fois une conséquence et un accélérateur des changements climatiques. La hausse des températures transforme les forêts en véritables poudrières, avec des conséquences économiques et environnementales désastreuses :

  • Selon CatIQ, les pertes assurées liées aux feux de forêt au Canada ont bondi de 1 003 % pour atteindre 8,1 milliards de dollars entre 2016 et 2025, contre 734 millions de dollars au cours de la décennie précédente.

    Un nombre record de Canadiens ont fui les feux de forêt au cours de la dernière décennie. Nombre total de personnes évacuées au Canada en raison de feux de végétation, par année.
  • Jusqu’à 7 % de la production pétrolière canadienne a été brièvement interrompue lors d’un feu de forêt en Alberta l’an dernier, alors que d’importantes infrastructures pipelinières se trouvaient dangereusement près des flammes.

  • Les saisons 2023 et 2025 ont été les deux pires saisons de feux de forêt jamais enregistrées au Canada. Selon la base de données Copernicus de la Commission européenne, les émissions de carbone attribuables aux feux de forêt au Canada ont atteint 250 mégatonnes au cours des dix premiers mois de 2025 – à titre de comparaison, les émissions de GES du pays s’élevaient à 661,5 Mt en 2024.

  • Si les feux de forêt du Canada étaient un pays, ils auraient été le huitième émetteur mondial en importance en 2023, selon 440megatonnes.ca. Pourtant, les feux qui ravagent les forêts non aménagées ne sont pas comptabilisés dans les émissions officielles du Canada.

  • « La gravité et le comportement des feux de végétation évoluent à un rythme qui dépasse de plus en plus notre capacité à suivre », affirme Stacey Sankey, conseillère en politiques à Ressources naturelles Canada et autrice du document Plan directeur pour une science des feux de forêt au Canada (2019-2029).

Les investissements s’accélèrent pour mieux supprimer, maîtriser et gérer les feux de forêt, mais, comme le souligne Sarah Goodman, « nous n’en sommes encore qu’aux débuts des technologies de lutte contre les feux de forêt » :

  • En avril, NorthX Climate Tech a investi au total 2,2 millions de dollars dans trois jeunes pousses de la Colombie-Britannique dans le cadre d’une nouvelle ronde de financement : Crown.ai, Nova et Skyward Wildfire Technologies.

    • Crwn.Ai utilise l’intelligence artificielle pour prédire les départs de feu causés par les lignes électriques ;

    • Nova, une autre technologie optimisée par l’IA, exploite des données aériennes pour repérer les zones à risque ; et

    • Skyward cherche à mieux gérer la foudre, souvent à l’origine de feux destructeurs.

  • « Les feux de forêt se comportent différemment selon les régions », souligne Sarah Goodman, mais les technologies canadiennes présentent un réel potentiel d’exportation. Nova, par exemple, est présente dans 200 territoires dans le monde.

  • Le gouvernement fédéral augmente de 70 millions de dollars le financement consacré aux feux de forêt, qui atteindra 629,8 millions de dollars d’ici 2030. Une partie du budget de défense de 290 milliards de dollars pourrait aussi avoir une double vocation, en servant à la fois à la surveillance aérienne et à la suppression des feux de forêt.

En matière de feux de forêt, Stacey Sankey a littéralement rédigé le plan directeur. Conseillère principale en politiques au Service canadien des forêts, elle est l’autrice du Plan directeur pour une science des feux de forêt au Canada (2019-2029). La situation s’est nettement améliorée, mais il reste encore beaucoup de travail à accomplir, affirme Stacey Sankey. L’entrevue a été abrégée par souci de concision :

Q. Les défis que vous aviez recensés dans le rapport se sont-ils atténués ou aggravés depuis sa publication ?

R. Le Plan directeur formulait quinze recommandations visant à orienter les investissements scientifiques, à attirer de nouveaux partenariats et à coordonner les efforts de recherche à l’échelle nationale. Des progrès réels ont été réalisés pour combler l’écart en matière de ressources humaines. Un investissement de 5 millions de dollars, réalisé par l’entremise de Ressources naturelles Canada (RNCan) et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), a permis de créer un réseau de recherche sur les feux de végétation, établi à l’Université de l’Alberta, qui forme 68 professionnels des feux de végétation aux cycles de la maîtrise, du doctorat et du postdoctorat. Dans le cadre de ce réseau, de nombreuses universités ont élargi leurs programmes afin d’y intégrer des recherches et des cours consacrés aux feux de végétation. Le gouvernement fédéral a également investi massivement dans la formation d’un plus grand nombre de pompiers communautaires. Cela dit, les progrès demeurent mis à l’épreuve par l’ampleur de l’aggravation des feux de végétation.

Q. Lesquelles de vos recommandations ont été mises en œuvre ?

R. Des avancées importantes et concrètes ont été réalisées dans les grands axes de recommandations du Plan directeur : renforcer la capacité de recherche et d’innovation, respecter les savoirs autochtones, élargir les partenariats et partager la gouvernance et la coordination.

RNCan a renforcé les systèmes de données, de modélisation et d’aide à la décision, notamment en modernisant le Système canadien d’information sur les feux de végétation (SCIFV) et la Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCEDIF). De nouveaux investissements ciblés ont fait progresser les outils d’évaluation des risques liés aux feux de végétation, tandis que le réseau du CRSNG a formé une nouvelle génération de spécialistes des feux de végétation.

En ce qui concerne l’intendance autochtone du feu, la mise en œuvre comprend notamment la création du Laboratoire REDfeu (réciprocité, écologie et diversité en matière de feu) et du collectif Thunderbird, qui œuvrent à faire progresser le leadership et les savoirs autochtones dans la gestion des feux de végétation.

Le gouvernement fédéral aide les provinces et les territoires à se procurer de l’équipement spécialisé, à former les pompiers et à garantir une capacité de lutte aérienne contre les feux. Le Canada s’est également engagé à coopérer à l’échelle internationale par l’entremise de la Charte de Kananaskis sur les feux de forêt du G7 et de La mission GardeFeu, une collaboration entre RNCan, Environnement et Changement climatique Canada et l’Agence spatiale canadienne, qui deviendra le premier système satellitaire gouvernemental au monde consacré à la surveillance des feux de forêt.

Q. Quels autres défis sont apparus depuis la publication du rapport ?

R. Le rythme auquel évoluent la gravité et le comportement des feux de végétation s’accélère plus vite que notre capacité à suivre aisément la cadence, et les ressources de lutte contre les feux demeurent sous pression, ce qui maintient le Canada dans une situation de dépendance envers les ressources internationales lors d’épisodes extrêmes. Il reste également du travail à faire pour faire progresser l’intendance autochtone des feux de végétation.

À la croisée de l’alimentation, de la durabilité et des changements climatiques, Evan Fraser, directeur général de l’Arrell Food Institute de l’Université de Guelph, craint qu’un climat en mutation déclenche une polycrise mondiale. Il demeure toutefois convaincu que le Canada peut jouer un rôle accru et devenir une source de stabilité alimentaire pour le monde.

Q. Quelle est la chose que vous aimeriez que davantage de gens comprennent au sujet du lien entre les changements climatiques et notre système alimentaire ?

R. On parle souvent des systèmes énergétiques – chauffage, éclairage, électricité, gaz – comme d’un levier essentiel pour lutter contre les changements climatiques, mais l’alimentation est elle aussi un levier majeur. Les systèmes alimentaires produisent environ 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais avec quelques grands changements, ces systèmes peuvent devenir carboneutres, voire « carbone-négatifs » (c’est-à-dire absorber plus de gaz à effet de serre qu’ils n’en émettent). La clé consiste à réduire l’utilisation des combustibles fossiles dans la production alimentaire et les chaînes d’approvisionnement, à appliquer avec précision des intrants comme les engrais, et à enrichir la matière organique des sols. C’est dans ce dernier élément que réside le potentiel « carbone-négatif ». La matière organique du sol, au fond, c’est du dioxyde de carbone transformé en matière végétale. Lorsque les agriculteurs adoptent des pratiques qui réduisent la perturbation des sols, par exemple, la matière organique peut s’y accumuler et capter le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. La matière organique du sol agit aussi comme une éponge : Elle capte l’eau lorsqu’elle est disponible et la retient lorsqu’elle est nécessaire, ce qui rend les sols plus résilients face aux phénomènes météorologiques extrêmes.

Q. Quels enjeux liés au climat et à l’alimentation vous empêchent de dormir ?

R. Ce qui m’empêche de dormir, ce ne sont pas les changements climatiques pris isolément, mais l’interaction entre les bouleversements climatiques, géopolitiques et économiques. Je crains que ces facteurs de stress ne s’accumulent jusqu’à provoquer une cascade de crises susceptible de dépasser la capacité d’adaptation des pays et des ménages. 

Depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, et le blocus du détroit d’Ormuz, les prix des engrais ont explosé, forçant les agriculteurs du monde entier – en particulier les petits exploitants en Afrique et ailleurs – à réduire leur utilisation d’engrais. Cela se traduira par une baisse des rendements. Parallèlement, le Midwest américain connaît une grave sécheresse, la mousson indienne s’annonce faible, et un épisode El Niño majeur menace la prochaine saison de croissance dans l’hémisphère Sud.

Je crains que nous soyons confrontés à une polycrise. Au cours des six à douze prochains mois, plusieurs éléments du système alimentaire pourraient dérailler et déclencher une nouvelle poussée d’inflation alimentaire. L’un des scénarios préoccupants serait la répétition des vastes émeutes de la faim qui ont éclaté entre 2008 et 2011 en Haïti, au Cameroun et dans des dizaines d’autres pays. Je vois déjà des signes inquiétants laissant penser que nous pourrions revenir vers ce type de situation dans des pays comme le Kenya.Une mauvaise récolte cette année, attribuable aux changements climatiques, pourrait accélérer les perturbations et entraîner une instabilité politique. 

Q. Quelles innovations dans le système alimentaire vous rendent le plus optimiste ? Et quel rôle le Canada joue-t-il – ou devrait-il jouer – pour faire progresser l’innovation ?

R. Le Canada devrait se positionner comme l’exportateur d’aliments et de produits agroalimentaires le plus fiable et le plus digne de confiance au monde, non seulement parce qu’il s’agit d’une marchandise économiquement précieuse à échanger, mais aussi parce que c’est un levier stratégique. Par ses exportations alimentaires, le Canada peut aussi exporter de la stabilité géopolitique et de la résilience, un rôle qu’il devrait assumer pleinement, surtout dans cette période d’extraordinaire turbulence. 

Pour jouer un rôle de chef de file, nous devons investir massivement dans la recherche et la formation agroalimentaires, en misant sur des innovations comme les semences résistantes à la sécheresse et aux ravageurs, les outils d’aide à la décision fondés sur l’IA pour les agriculteurs et les tracteurs intelligents. Ces avancées aideront les agriculteurs canadiens à composer avec les changements climatiques et les perturbations géopolitiques. Grâce à ces innovations, conjuguées à nos agriculteurs, à notre géographie ainsi qu’à nos ressources en terres et en eau, le Canada est bien placé pour devenir l’un des plus grands greniers du monde au cours de ce siècle. 

  • Rick Smith, de l’Institut climatique du Canada, croit que le prochain grand moment de la politique climatique au Canada sera la publication de la réglementation fédérale sur les véhicules visant à atteindre l’équivalent d’un taux d’adoption des V. É. de 75 % d’ici 2035.

  • Michael Liebreich se penche sur la Great Clean Energy Acceleration 2.0, une rupture dans les marchés de l’énergie aussi profonde que les chocs pétroliers des années 1970.

  • Jonathan Stern, chercheur émérite à l’Oxford Institute for Energy Studies, pose la question dans un rapport : Les efforts visant à réduire le torchage dans les activités pétrolières et gazières en amont sont-ils voués à l’échec ?

  • Celeste Saulo, secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale, explique pourquoi le phénomène météorologique El Niño attendu cet été constitue un « avertissement climatique urgent ».

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  • Projet de pipeline de Pathways : comprendre l’entente conclue entre l’Alberta et le Canada

  • Comment le projet Hope Bay renforce la participation autochtone

  • Les prix du pétrole bondissent, mais les actions d’énergie propre sont les véritables gagnantes

Même si Honda a suspendu son projet d’usine de véhicules électriques de 15 milliards de dollars en Ontario, il demeure possible de voir un jour les chaînes de montage canadiennes bourdonner d’activité. Dans son rapport Composer avec l’incertitude, Jordan Brennan, directeur général de leadership avisé RBC, décrit quatre avenues possibles pour l’industrie automobile canadienne en pleine tourmente. Selon l’une des prévisions les plus optimistes, l’industrie pourrait regagner l’accès au marché américain, débloquer des milliards de dollars d’investissements annoncés dans les véhicules électriques et traditionnels et faire passer la production automobile à deux millions d’unités d’ici 2040, comparativement à 1,3 million actuellement. L’exploitation des réserves de minéraux critiques renforcerait l’argument en faveur des véhicules fabriqués au Canada. C’est le scénario de la voie rapide. D’autres projections évoquent plutôt une diversification du secteur, un ralentissement ou même une impasse. Cliquez ici pour explorer ces quatre scénarios.

Le projet Hope Bay promet un développement mené par les Inuits. Ottawa a donné le coup d’envoi au réaménagement de la mine d’or Hope Bay au Nunavut. Ce projet de 2 milliards de dollars devrait entraîner une hausse annuelle des exportations de 2,6 milliards de dollars et créer près de 2 000 emplois. Ottawa a également annoncé un investissement de 25 millions de dollars dans le projet éolien Kitikmeot Tugliq Energy Hope Bay, un système de production éolienne et de stockage d’énergie par batteries appartenant à des Inuits et destiné à alimenter la mine. Le projet est un exemple concret du cadre étudié dans notre rapport Bâtir une nation, qui évalue les programmes de garantie de prêts pour les Autochtones dans le cadre de la nouvelle vague de projets au Canada. Le projet Hope Bay présente trois aspects prometteurs : 1) L’énergie éolienne et des batteries remplaceront le diesel pour alimenter la mine ; 2) La participation des Autochtones au capital dans le secteur minier demeure structurellement sous-représentée. Bien que Hope Bay porte sur l’or et non sur un minerai critique, il sert de modèle pour les projets plus difficiles qui suivront. 3) Un projet énergétique détenu par des Inuits pour alimenter une mine située sur des terres inuites offre aux collectivités éloignées des occasions de participer aux nouveaux projets canadiens.

Le rendement de l'indice des énergies propres dépasse celui du pétrole depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Données du 28 février ar 12 mai

Alors que le prix du pétrole s’envole, la dynamique favorise les titres du secteur à faible intensité de carbone. Les entreprises d’énergie propre profitent à la fois de la hausse du prix des combustibles fossiles et de l’accélération des politiques de soutien aux énergies renouvelables, dans un contexte de préoccupations croissantes liées à l’indépendance énergétique, nous dit Christopher Dendrinos, analyste des énergies propres, de RBC Marché des Capitaux. Cette tendance est particulièrement marquée en Europe, où la dépendance aux importations de pétrole et de gaz demeure élevée. Même si le gaz naturel occupe une place dominante dans le secteur des centres de données, les énergies renouvelables bénéficient elles aussi de la demande croissante en énergie alimentée par l’IA. « Le secteur continue de faire preuve de résilience grâce à un contexte macroéconomique favorable marqué par une forte demande énergétique », affirme M. Dendrinos.

Canada and Alberta’s landmark Implementation Agreement last week builds on the November 2025 Memorandum of Understanding that aimed to balance Canada’s economic and environmental goals.  However, the Implementation Agreement doesn’t stand alone. A day before, Carney had launched a National Electricity Strategy committing to double Canada’s grid capacity by 2050, with consultations now underway with provinces, territories, Indigenous Peoples, utilities, and unions. The strategy projects up to $15 billion in total energy savings and lower energy costs for 7 in 10 Canadian households. Natural gas retains a role for grid stability, nuclear and geothermal get explicit support, and the Clean Electricity Investment Tax Credit is being extended to intra-provincial transmission. A joint Alberta-Canada Electricity Working Group has been struck to advance the work.

Alors que d’autres parties prenantes commenceront maintenant à se prononcer sur la Stratégie nationale de l’électricité, le protocole d’entente entre le Canada et l’Alberta se trouve déjà à un stade avancé et semble en voie de concrétisation. Shaz Merwat, responsable principal de la politique, nous donne les faits saillants :

  • La tarification du carbone en Alberta est désormais fixée jusqu’en 2040 : les prix de référence à la tonne du système Technology Innovation and Emissions Reduction (TIER) sont établis à 95 $ aujourd’hui, à 115 $ en 2030, à 130 $ en 2035 et à 140 $ en 2040. Le filet de sécurité fédéral sera mis à jour en conséquence et devient essentiellement le cadre national de tarification du carbone pour l’industrie.

  • Établissement, pour la première fois, d’un prix plancher obligatoire dans le cadre du système TIER : 60 $ la tonne à compter de 2030, avec une hausse graduelle jusqu’à 110 $ en 2040. Avant la signature du protocole d’entente, les crédits du système TIER s’échangeaient autour de 20 $, malgré un prix de référence de 95 $. Ce mécanisme de prix plancher représente l’élément le plus important de l’accord.

  • Contrats sur différence pour le carbone (CDPC) pour 75 millions de tonnes de carbone : émis conjointement pour la période allant de 2030 à 2040, avec un partage égal des coûts et une responsabilité maximale de 600 millions de dollars par partie (1,2 milliard de dollars au total). Si l’un des gouvernements revient sur ses engagements, il assumera seul l’entière responsabilité financière.

  • Le pipeline de la côte Ouest suit désormais un échéancier précis : l’Alberta doit soumettre le projet au Bureau des grands projets d’ici le 1er juillet, et Ottawa le désignera comme « projet d’intérêt national » en vertu de la Loi visant à bâtir le Canada d’ici le 1er octobre. La construction du pipeline d’une capacité d’un million de barils par jour à destination des marchés asiatiques pourrait commencer d’ici septembre 2027.

  • Sans Pathways, il n’y aura pas de pipeline. Les deux projets sont directement liés l’un à l’autre. La stratégie vise à réduire les émissions totales de 16 millions de tonnes par an : 6 millions de tonnes d’ici 2035, 5 millions de tonnes d’ici 2040 et 5 millions de tonnes d’ici 2045. Le protocole d’entente trilatéral avec l’Alliance des sables bitumineux n’a pas encore été signé.

  • Des niveaux d’exigence adaptés selon les secteurs. En vertu du système TIER révisé, les grands producteurs des sables bitumineux devront réduire l’intensité de leurs émissions de 2 % par année jusqu’en 2040, alors que les exploitants de Pathways seront soumis à un resserrement de seulement 1 % à partir de 2031.

  • Entente de collaboration sur l’évaluation d’impact. Délai maximal de deux ans pour la réalisation des évaluations d’impact et reconnaissance par le fédéral des processus provinciaux lorsque les projets relèvent principalement de la compétence de l’Alberta.

  • La participation économique autochtone est au cœur du cadre. Les voies de copropriété et de partenariats en capital sont mentionnées à plusieurs reprises dans l’accord de mise en œuvre et l’entente de collaboration sur l’évaluation d’impact.

  • The Co-operation agreement reflects intriguingly different working on UNDRIP. Canada maintains its commitment, while Alberta views UNDRIP as non-binding.

  • Climate targets remain intact. Both Alberta and Ottawa re-commit their target of net zero by 2050.

Ensemble, ces deux annonces pourraient ouvrir la voie au cadre énergétique fédéral-provincial le plus vaste que le Canada ait mis en place depuis dix ans, couvrant à la fois les marchés du carbone, le captage, le stockage et l’utilisation du carbone, les infrastructures d’exportation pétrolière et l’expansion du réseau électrique. L’architecture est désormais définie, mais l’exécution sera déterminante. Voici les indicateurs à surveiller cet été, en prévision du Sommet canadien de l’investissement d’Ottawa en septembre : la désignation d’un promoteur pour le pipeline, le protocole d’entente trilatéral avec l’Alliance des sables bitumineux, ainsi que le premier accord significatif de consentement autochtone sur le tracé du pipeline.

  • L’incertitude persistante entourant les marchés pétroliers mondiaux pourrait favoriser une accélération du virage vers les véhicules électriques, alors que le Canada accroît sa production nationale d’électricité, a déclaré Victor Fedeli, ministre du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce de l’Ontario, à John Stackhouse lors de l’événement automobile du Toronto Region Board of Trade.

  • Lisa Ashton, responsable des politiques, Agriculture, revient sur les raisons pour lesquelles le Canada et d’autres pays amorcent une réforme de la comptabilisation des émissions attribuables aux engrais. Lisez le résumé ici.

  • La provenance des minéraux critiques demeure difficile à vérifier, ce qui nuit à leurs garanties environnementales. Seulement de 30 % à 40 % des entreprises disposent d’un système permettant d’assurer cette traçabilité. L’Agence internationale de l’énergie estime que le renforcement des incitatifs à la collecte et au partage des données pourrait être l’une des cinq solutions pour faire face à ce défi.

  • D’après les estimations de Will Noel, du Pembina Institute, l’incapacité de l’Alberta à développer de nouvelles lignes de transport d’électricité pourrait entraîner des coûts supplémentaires de plus d’un quart de millions de dollars par année pour les consommateurs de la province.

  • Leah Stokes, professeure en politique environnementale de l’University of California, Santa Barbara, soutient que le recul de l’administration américaine actuelle face aux énergies propres a déjà coûté 1 508 $ US par foyer américain en 2026.

    Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

    Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

    Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

    Bulletin d’information sur le climat

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➔ Les projets d’énergies renouvelables peuvent servir de modèle pour favoriser la participation autochtone aux futurs projets

➔ Comment la réduction des émissions de méthane pourrait compenser les pertes d’approvisionnement en gaz du Moyen-Orient

➔ Your backyard can help save the environment

Les dix principales catégories de projets détenus par des Autochtones, par nombre de projets

La participation autochtone se concentre surtout dans le secteur de l’électricité et des services publics. C’est à la fois sa force et sa limite, estime Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique. Les programmes de garanties de prêts ont surtout été utilisés dans l’Ouest canadien, tandis que les collectivités nordiques, pourtant les plus proches des gisements de minéraux dont dépend la transition énergétique, ne disposent pas de la préparation transactionnelle nécessaire. Or, l’électrification ouvre d’importantes possibilités d’investissement autochtone partout au pays. Consultez notre rapport Bâtir une nation, qui examine les moyens de renforcer la participation des Premières Nations alors que le Canada s’engage dans une nouvelle vague de projets.

La récupération du méthane perdu pourrait compenser les approvisionnements en gaz bloqués par la fermeture du détroit d’Ormuz. C’est le constat frappant que dresse l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui estime que les mesures déjà disponibles de récupération du gaz perdu sous forme de méthane pourraient libérer jusqu’à 200 milliards de mètres cubes de gaz naturel, soit le double des volumes d’approvisionnement interrompus par la fermeture de fait du détroit. D’importantes quantités de gaz produit ne sont pas utilisées à des fins productives en raison des fuites de méthane, ainsi que du torchage et de l’évacuation dans les activités pétrolières et gazières. Selon l’AIE, des technologies éprouvées et rentables pourraient réduire les trois quarts des émissions du secteur pétrolier et gazier, et environ la moitié des émissions liées au charbon. (À lire aussi : Ce que signifie pour les entreprises l’accord d’équivalence sur le méthane entre le Canada et l’Alberta)

Icône de la conservation de la nature, Sir David Attenborough s’intéresse maintenant à sa propre cour arrière sous l’angle de la durabilité. Après avoir parcouru les lieux les plus sauvages de la planète, la nouvelle série de la BBC d’Attenborough braque les projecteurs sur un espace souvent négligé : le jardin. Et les occasions à portée de main n’y manquent pas, au sens propre : les jardins résidentiels peuvent réduire les émissions de carbone, capter du carbone et produire des aliments frais (conseil de pro : utilisez l’eau de pluie pour jardiner vraiment écolo). Les Canadiens ont déjà une longueur d’avance : selon un sondage réalisé il y a quelques années, environ trois ménages canadiens sur cinq (59 %) cultivaient des fruits, des fines herbes, des légumes ou des fleurs pour leur usage personnel.

Il est encore tôt pour le dire, mais l’impasse qui se dessine dans le détroit d’Ormuz force les pays à se recentrer sur l’électrification comme voie de sortie des combustibles fossiles. Ce scénario n’est pas sans précédent : pas plus tard qu’en 2022, l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie avait bouleversé les liens énergétiques de l’Europe avec le pétrole et le gaz russes. Pourtant, le charbon, le pétrole et le gaz sont revenus à des niveaux proches de leurs sommets historiques.

Cette fois-ci sera-t-elle différente ? Voici cinq façons dont la crise a redonné de l’élan à la transition énergétique.

1. Le consensus mondial se renforce. Santa Marta, en Colombie, accueillait la semaine dernière la première Conférence sur la sortie des combustibles fossiles, où 57 pays, dont le Canada, ont cherché des moyens d’avancer vers une énergie plus propre.Si plusieurs objectifs ambitieux y ont été présentés, l’un des principaux constats a été la nécessité de créer un groupe d’experts chargé d’apporter un éclairage scientifique sur la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles, les prix élevés de l’énergie et les dommages causés par les phénomènes météorologiques extrêmes. Un tel forum pourrait devenir un véritable terreau d’idées nouvelles.

2. AccelerateEU vise à protéger l’Europe contre les chocs liés aux prix de l’énergie. L’une des pistes consiste à accélérer le passage à une « énergie propre, verte et produite localement », notamment grâce à un plan d’action pour l’électrification que la Commission européenne doit publier d’ici l’été.

3. Les réactions instinctives des consommateurs pourraient modifier la demande à long terme. Les ventes mondiales de véhicules électriques ont bondi de 66 % en mars par rapport à février, certains consommateurs ayant reculé devant les prix à la pompe et opté pour l’électrique. Plusieurs pays d’Europe et d’Asie ont connu des mois records. Cette dynamique pourrait avoir des effets durables sur la demande de carburant et sur ce qu’on appelle la « destruction de la demande ». Au Canada, plus de 12 600 véhicules à émission zéro ont été vendus en février, contre près de 8 700 le mois précédent, selon de récentes données de Statistique Canada. Selon un sondage d’AutoTrader mené auprès de 17 000 Canadiens, la moitié des répondants envisageraient maintenant d’acheter un véhicule électrique.

4. Les fonctionnaires chinois se mobilisent désormais pour l’énergie propre. Le pays lance une campagne visant à accélérer l’action climatique des autorités locales, dans l’objectif de faire plafonner les émissions de CO2 avant 2030. À la clé : des récompenses et des perspectives d’avancement pour les fonctionnaires locaux. Ne sous-estimez jamais l’ingéniosité d’un gestionnaire intermédiaire déterminé à décrocher sa prime de rendement.

5. La plupart des énergies renouvelables sont désormais concurrentielles par rapport aux combustibles fossiles. Même avant la guerre en Iran, la compétitivité des prix de l’énergie solaire et éolienne était le principal moteur de la décarbonation du secteur de l’électricité, selon Ember Energy. En 2025, le coût actualisé moyen de l’énergie (LCOE) du solaire (39 $/MWh) et de l’éolien terrestre (40 $/MWh) était inférieur de 60 % à celui des turbines à gaz à cycle combiné (TGCC), qui s’établissait à 102 $/MWh. L’éolien en mer (100 $/MWh) a lui aussi atteint la parité de prix avec les TGCC. Des prix du pétrole supérieurs à 100 $ US ne font que renforcer l’argument en faveur des énergies renouvelables. D’après une analyse de Carbon Brief fondée sur les données douanières chinoises, les exportations chinoises de panneaux solaires photovoltaïques, de batteries lithium-ion et de véhicules à énergies nouvelles ont bondi de 70 % en mars par rapport à l’année précédente.

Voici ce que Lisa Ashton, cheffe, Recherche, a retenu de la plus récente Mise à jour économique du printemps d’Ottawa :

Les efforts pour stimuler les investissements propres se poursuivent. L’élargissement des crédits d’impôt et des incitatifs visant la capture du carbone, l’électricité propre et les technologies propres vise à attirer des capitaux privés et à faire croître l’innovation canadienne.

Un investissement climatique international de 5 milliards de dollars est proposé. Par l’intermédiaire d’Environnement et Changement climatique Canada, de FinDev et d’Affaires mondiales Canada, la mise à jour propose des dépenses consacrées à des initiatives climatiques et au développement technologique dans les économies émergentes du monde entier afin de faire progresser la décarbonation mondiale.

Un financement de 3,5 milliards de dollars pour amplifier les retombées positives pour la nature. Annoncée dans la stratégie Une force de la nature du gouvernement, cette enveloppe fédérale stimulera les investissements dans la nature, en arrimant la compétitivité climatique aux objectifs de conservation, comme la protection de 30 % des terres et des eaux d’ici 2030.

Intégration à une stratégie économique plus large. La Conférence sur la finance durable proposée et l’élaboration de lignes directrices canadiennes sur l’investissement durable visent à mobiliser des capitaux publics et privés dans des secteurs économiques clés, en rattachant les investissements durables à l’emploi, à l’abordabilité et à la compétitivité mondiale.

Ce qu’il faut retenir. Le Canada renforce son approche de la politique climatique, axée sur le marché et portée par l’investissement. Pour que cette approche renouvelée produise des résultats concrets, le pays devra faire avancer des stratégies et des accords clés, notamment le protocole d’entente sur l’énergie conclu avec l’Alberta.

First Nations Major Project Coalition’s 9th annual conference
  • Lors dela 9e Conférence annuelle de la First Nations Major Project Coalition, John Stackhouse a expliqué en quoi la réconciliation économique et la participation au capital des Autochtones sont essentielles pour que les grandes ambitions du Canada se concrétisent pleinement.

  • Gregory Brew, historien de l’énergie internationale et des relations entre les États-Unis et l’Iran, et analyste principal à Eurasia Group, explique pourquoi l’Amérique paierait cher son arrogance énergétique.

  • Les subventions et les prix planchers sont des outils temporaires ; c’est la demande qui soutiendra les prix et la confiance des investisseurs dans les minéraux critiques, écrit Gracelin Baskaran, directrice, Sécurité des minéraux critiques, au Center for Strategic and International Studies.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

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Jour de la Terre 2026. Richesses naturelles, ressources et revnoveau au Canada

« Notre pouvoir, notre planète » est le thème mondial du Jour de la Terre de cette année. En effet, l’énergie propre constitue souvent le socled’une économie plus propre. Selon une nouvelle recherche réalisée par Jordan Brennan et Farhad Panahov à RBC,un investissement d’environ 670 milliards de dollars au cours des dix prochaines années sera nécessaire pour soutenir la transition énergétique du réseau électrique du Canada. Même si 80 % de l’électricité est non émettrice, le réseau canadien devra accroître sa capacité et être modernisé. Pour en savoir plus, lisez le rapport Gains en capital.

Les feux de forêt ne prennent pas de pause pour le Jour de la Terre. Près de 200 feux de forêt brûlaient au Canada la semaine dernière, soit presque deux fois la moyenne des dix dernières années pour cette période de l’année. Cela met en évidence l’ampleur du défi que représente la protection de la nature. Comme l’indique un récent rapport de RBC, ignorer la nature, c’est compromettre la prospérité, surtout alors que nous déployons des projets majeurs d’intérêt national. La conservation doit désormais être vue comme un capital auquel les générations à venir pourront accéder.

Le célèbre procédé Fischer‑Tropsch nous a donné l’essence et le carburant d’aviation — et il est maintenant en voie de produire des carburants durables. Unsiècle exactement après queFranz Fischer et Hans Tropsch ont révolutionné les hydrocarbures, cette même technique est aujourd’hui utilisée pour dissocier la production d’hydrocarbures des matières premières d’origine fossile, notamment en produisant des carburants d’aviation durables à partir de dioxyde de carbone. Mais une véritable durabilité exige une intégration à l’échelle des systèmes avec des « modules en amont à faibles émissions de carbone, tels que l’hydrogène vert et le captage du CO₂ », explique Ding Ma, de l’Université de Pékin, dans Nature. Le procédé dépasse désormais le stade des laboratoires, plusieurs pays, dont la Chine, travaillant à une fabrication chimique à faibles émissions.

Le capital naturel, c’est-à-dire les forêts, l’eau potable, les sols fertiles et la biodiversité, est l’un des atouts les plus précieux d’un pays. Il soutient les industries, protège les collectivités et joue un rôle majeur dans la résilience climatique. Le Canada est exceptionnellement riche en capital naturel, mais quand il s’agit d’investir dans celui-ci et d’en assurer la gestion, le tableau est mitigé, surtout si on le compare à des pays comme le Royaume-Uni, l’Australie et le Danemark.

La richesse naturelle du Canada est difficile à surestimer. Le pays abrite environ 24 % de la forêt boréale mondiale et près de 20 % des ressources en eau douce de la planète. Les secteurs des ressources naturelles, notamment le pétrole, les mines, la foresterie et l’agriculture, représentent environ 20 % du PIB canadien, chaînes d’approvisionnement comprises. Pourtant, le Canada peine à transformer le capital naturel en une catégorie d’actifs investissables à grande échelle.

Leçons à tirer du reste du monde

Royaume-Uni : Le Royaume-Uni a adopté une approche plus systématique pour intégrer la comptabilité du capital naturel dans les politiques publiques et la planification. Depuis 2012, le Natural Capital Committee du Royaume-Uni conseille le gouvernement sur la manière de mesurer les écosystèmes et d’investir dans ceux-ci — une fonction qui a évolué vers la création de l’Office for Environmental Protection en 2021. Aujourd’hui, le Royaume-Uni publie des comptes officiels du capital naturel qui estiment la valeur économique des forêts, des rivières et d’autres actifs, un outil comptable dont dispose également le Canada dans le cadre du système des Nations Unies de comptabilité économique et environnementale. L’approche britannique, qui intègre des considérations économiques et environnementales dans la prise de décision, est complétée par des mécanismes de marché capables de stimuler les investissements dans les actifs naturels, comme le programme Biodiversity Net Gain.

Australie : Comme le Canada, ce pays est riche en ressources naturelles et en dépend fortement sur le plan économique pour l’exploitation minière, l’agriculture, le pétrole et le gaz. Toutefois, l’Australie a adopté une approche plus ambitieuse pour attirer les investisseurs privés dans le capital naturel. Des projets d’infrastructure d’envergure ont été réalisés pour mobiliser des investissements institutionnels, y compris ceux de fonds de pension canadiens, dans des projets à long terme, notamment dans le développement des énergies renouvelables et l’utilisation durable des terres. Un exemple est le Murray–Darling Basin Plan, une initiative de 13 milliards de dollars visant à gérer durablement les ressources en eau dans la principale région agricole du pays.

Danemark : Ce pays scandinave ne dispose pas des vastes ressources naturelles du Canada. Il a plutôt choisi d’intégrer la durabilité environnementale dans sa fiscalité afin de rendre l’investissement dans la gestion durable des ressources naturelles plus attrayant sur le plan économique. C’est pourquoi plus de 50 % de l’électricité du Danemark provient de l’énergie éolienne et solaire.

Bien que le Canada ait pris des engagements importants, il ne dispose toujours pas des systèmes coordonnés de ses pairs. Le troisième pilier de la stratégie Une force de la nature, Valoriser la nature et mobiliser des capitaux, vise à relever ce défi. En commençant par la mise sur pied d’un groupe d’experts sur la comptabilité du capital naturel et le financement de la nature, le gouvernement fédéral cherche à mobiliser des capitaux privés, en complément de son engagement de 3,8 milliards de dollars en faveur de résultats positifs pour la nature. Si le Canada peut évaluer la valeur de ses actifs naturels, attirer davantage d’investissements privés et aligner ses objectifs environnementaux avec la croissance économique, il pourra transformer son patrimoine en avantage économique durable.

Pour en savoir plus sur le capital naturel, lisez Extraire la valeur : la nature, un atout dans les programmes de stimulation de la croissance.

« L’agriculteur est responsable du sol qu’il exploite. Cette ressource naturelle ne se régénère pas au même rythme qu’elle s’épuise… Il lui faut donc constituer un compte d’épargne‑sol. Cela lui permettra non seulement de préserver son sol, mais aussi d’augmenter son revenu et d’accumuler des intérêts. »

Cette citation (traduite librement) tirée d’une édition de 1948 de la publication de RBC Making Money by Saving Soil, est aussi pertinente aujourd’hui qu’à son origine. En fait, la question de la conservation des sols fait partie des préoccupations des agriculteurs depuis bien longtemps. La situation a bien sûr évolué : la recherche, les mégadonnées et la technologie nous ont permis de mieux comprendre les dynamiques du sol sous nos pieds. Mais bon nombre des défis liés à la conservation des sols pour produire des cultures saines demeurent les mêmes. Lisez l’article de Lisa Ashton, cheffe intérimaire, Institut d’action climatique, à link.

  • Quelque 10 000 événements sont organisés dans le monde pour célébrer le Jour de la Terre 2026. Toutefois, si vous manquez de temps, Eathday.org propose50 moyens de passer à l’action pour la planète.

  • Selon un nouveau rapport de MaRS, le coût des rénovations en profondeur requises pour réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments canadiens d’ici 2030 serait d’environ 10 $ le pied carré

  • James Rising et ses collègues du Grantham Research Institute on Climate Change expliquent comment les investissements en adaptation climatique peuvent générer un « triple dividende » : prévenir les pertes, stimuler l’activité économique et offrir des co‑bénéfices sociaux et environnementaux.

  • Malgré le contrecoup subi par les énergies renouvelables, 44 % des Américains continuent de s’inquiéter au sujet du changement climatique, un niveau proche d’un sommet historique. À l’inverse, seuls 35 % des répondants se disent optimistes quant à l’état de l’environnement (un creux record), selon Gallup.

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➔ L’accord de principe entre le Canada et l’Alberta sur le méthane permet-il à la fois une hausse de la production de pétrole et de gaz et une baisse des émissions ?

➔ Les raisons pour lesquelles le commerce durable du Canada se retrouve déficitaire.

➔  Une ville de la Colombie-Britannique montre la voie en matière de réglementation liée au chauffage.

➔  Le déficit commercial écotechnologique du Canada ne cesse d’augmenter. Le déficit commercial environnemental et écotechnologique du pays n’a cessé d’augmenter pour s’établir à 15,6 milliards de dollars en 2024, comparativement à 2,4 milliards il y a dix ans, selon les dernières données de Statistique Canada . Les importations d’électricité propre, soit l’atout climatique le plus prisé du Canada, ont bondi ces dernières années, alors que les exportations chutaient en raison de la sécheresse et de la demande intérieure croissante d’électricité. Selon l’économiste Farhad Panahov, le matériel écotechnologique, des éoliennes aux véhicules électriques et au matériel de traitement de l’eau, représentait environ 80 % de la croissance des importations, en phase avec les fortes tendances d’adoption et de déploiement au Canada au cours de la même période.

Déficit commercial en matière d'énergie propre au Canada

➔  L’Union européenne a mis en place le premier programme du bloc, sur une base volontaire, pour générer des crédits carbone certifiés. Les crédits générés en vertu du Règlement sur l’élimination du carbone et l’agriculture du carbone (CRCF) sont conçus dans le cadre d’une certification volontaire du carbone, pour stimuler l’extensibilité et aider l’UE à atteindre ses objectifs de carboneutralité d’ici 2050. Selon Lisa Ashton, directrice intérimaire de l’Institut d’action climatique RBC, le Canada pourrait s’en inspirer : le secteur agricole dispose d’un ensemble de programmes pour conclure des ententes de conformité et saisir des occasions de marché volontaires, mais avec une disponibilité limitée de protocoles de conformité reconnaissant le rôle des agriculteurs dans la construction de puits de carbone du pays au moyen de pratiques durables. Toutefois, le protocole d’entente entre le Canada et l’Alberta et la révision de la tarification étalon du carbone pourraient améliorer la capacité des agriculteurs à accéder aux marchés du carbone.

➔  Hydro-Québec encourage les ménages à produire leur propre énergie. Une nouvelle subvention de 1 000 $ par kW pour les ensembles solaires couvre jusqu’à 40 % des coûts admissibles du projet. Le Québec retarde par rapport aux autres territoires nord-américains en ce qui concerne l’énergie solaire, car son hydroélectricité bon marché signifie que des périodes de remboursement de 25 à 30 ans ont rendu l’énergie solaire non rentable. Cela est en train de changer. Alors qu’Hydro-Québec met au point des sources d’énergie de remplacement et redirige les excédents vers l’exportation et le secteur, la production ainsi répartie allège la pression sur le réseau. En effet, les ménages peuvent même revendre leur électricité excédentaire au réseau. L’objectif des nouveaux incitatifs vise à faire passer les coûts d’investissement de 36 000 $ à 24 000 $, ce qui représente un délai de récupération de 10 à 12 ans. Bien que le délai de récupération des coûts soit long, il est difficile de rivaliser avec les prix d’électricité les plus faibles du continent. En revanche, pour le Pakistan qui est au beau milieu d’une révolution solaire, une mise en place semblable coûterait 6 500 $, selon les estimations du responsable de la politique énergétique Shaz Merwat. Lisez également notre rapport : Comment les maisons intelligentes peuvent accroître l’efficacité du réseau électrique.

Terre-Neuve-et-Labrador pourrait compter parmi les principaux producteurs d’énergie éolienne au Canada. Les dernières prévisions de la Régie de l’énergie du Canada (Avenir énergétique du Canada en 2026 ), s’attendent à ce que la province de l’Atlantique devienne une centrale éolienne extracôtière, représentant une part importante de la nouvelle capacité d’énergie éolienne d’ici 2050, de même que pour l’Alberta.

Shaz Merwat passe en revue les perspectives éoliennes de la province de l’Atlantique :

  • L’énergie éolienne, principalement en mer, pourrait représenter une capacité de 13,3 watts d’électricité d’ici 2050 dans la province, comparativement à des chiffres négligeables aujourd’hui, selon l’hypothèse de base de l’équipe de la Régie de l’énergie du Canada (scénario selon les mesures actuelles).

  • La capacité totale en électricité de la province devrait tripler, dont 98 % en énergies renouvelables d’ici 2050 (contre environ 87 % aujourd’hui).
    Source : Régie de l’énergie du Canada

  • La Régie de l’énergie du Canada (REC) mise gros sur Terre-Neuve. La province bénéficie de conditions éoliennes de niveau international, mais de presque aucune industrie éolienne à l’heure actuelle, et compte tenu de certaines baisses majeures récentes liées à la demande anticipée d’hydrogène vert, l’éolien représente probablement un risque de marché plus important.

  • Les coûts des turbines flottantes et de celles en eau profonde limitent également la mise en place d’une énergie éolienne extraterritoriale. Le corridor de transmission requis pour acheminer l’énergie vers le marché du Québec demeure une proposition de plusieurs milliards de dollars sans décision d’investissement finale, mais sera nécessaire si Terre-Neuve-et-Labrador souhaite poursuivre ses projets d’exportation d’énergie éolienne vers le Québec et les provinces de l’Atlantique.

  • L’Alberta pourrait représenter un défi de plus à l’effort du Canada pour accroître l’énergie éolienne. La province possède les ressources et le réseau requis pour devenir le plus important producteur d’énergie éolienne au Canada. Or, les nouveaux investissements en éolien sont essentiellement gelés, en raison d’une incertitude politique qui ne s’est pas encore dissipée.

  • La mise en place de l’énergie éolienne dépend fortement de l’Alberta et de Terre-Neuve, où l’on prévoit que ces provinces ajouteront respectivement 16 et 13 GW, selon l’hypothèse de base de la REC, constituant la majeure partie des 72 GW d’ici 2050 pour l’ensemble du Canada.

  • D’ici 2050, selon les perspectives de la REC, l’éolien devrait représenter 30 % de la capacité de production totale du Canada, par rapport à seulement 11 % en 2025.

Par Vivan Sorab

Le récent accord d’équivalence du méthane entre Ottawa et l’Alberta prépare le terrain pour que la province régule le méthane à sa manière.

La réduction des émissions de méthane se veut l’une des mesures les moins coûteuses et les plus efficaces pour réaliser des progrès climatiques à court terme. Sur une période de 20 ans, le méthane impacte environ 80 fois plus le réchauffement climatique que le dioxyde de carbone et représente près du quart des émissions totales de gaz à effet de serre du secteur pétrolier et gazier du Canada.

L’accord d’équivalence met en suspens la Réglementation d’Ottawa sur le méthane et permet à l’Alberta de mettre en œuvre sa propre approche axée sur le rendement qui regroupe des règlements, des crédits compensatoires et des investissements ciblés, ainsi que la modélisation du méthane, l’analyse et les résultats de la réduction des émissions, dont la supervision s’effectue par un tiers nommé conjointement et à coûts partagés.

La gestion du méthane s'est améliorée en Alberta mais le torchage demeure élevé

Les nouvelles règles provinciales entreront en vigueur le 1er janvier 2027. L’entente, d’une durée de dix ans, remplacera l’accord d’équivalence actuel, qui doit prendre fin en octobre 2030. Si les réductions sont insuffisantes, l’Alberta s’engage à prendre des mesures correctives.

Voici quelques observations :

  • Un véritable élan émerge de tout ça. L’Alberta a déjà réduit ses émissions de méthane de plus de 50 % par rapport à leurs niveaux de 2014, pour environ 172 millions de dollars d’investissements technologiques de réduction depuis 2019 et plus de 58 000 dispositifs à faible purge ou sans purge, installés dans le cadre du programme de compensation des émissions de carbonede la province.

  • L’acceptation de la vérification des émissions par un tiers représente une étape importante, compte tenu de la divergence des résultats précédents entre les données du secteur et celles d’études indépendantes.

  • L’objectif de 2035 prolonge le délai de conformité de l’Alberta de cinq ans par rapport aux règlements fédéraux existants sur le méthane, faisant passer le seuil de conformité à 75 %, contre 72 % auparavant.

  • Le secteur canadien de l’atténuation du méthane compte plus de 130 entreprises. Les mesures de conformité en vertu des règlements fédéraux pourraient générer 34 000 emplois entre 2027 et 2040, selon une estimation.

  • Les technologies utilisées sont en grande partie éprouvées et disponibles : unités de récupération de vapeur, dispositifs pneumatiques à faible purge, systèmes de contrôle en continu, et programmes de détection et de réparation des fuites.

  • Un projet d’accord d’équivalence est attendu plus tard cette année, suivi d’une consultation publique de 60 jours, les deux parties visant à le finaliser d’ici la fin de l’année.

  • Deux autres protocoles d’entente entre le Canada et l’Alberta demeurent en suspens, notamment l’équivalence de tarification du carbone industriel et un accord trilatéral avec les partenaires de Pathways Alliance.

Ottawa et l’Alberta parient qu’une réglementation coopérative fondée sur les résultats peut entraîner à la fois une augmentation de la production pétrolière et gazière et une baisse des émissions. Ce modèle deviendra un plan sous réserve que les détails puissent résister à un examen.

  • En Colombie-Britannique, l’objectif de ventes de véhicules électriques est passé de 100 % à 75 % en 2035, par souci de conformité aux objectifs fédéraux. Adam Thorn de l’Institut Pembina est « encouragé », mais Brian Kingston, chef de la direction de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, est « déçu » que la Colombie-Britannique se conforme à son mandat provincial en matière de véhicules électriques.

  • New Westminster veut éviter un autre épisode de « dôme de chaleur » : Après que la ville de la Colombie-Britannique ait connu le taux de mortalité le plus élevé lors du dôme de chaleur de 2021, elle est devenue la première ville canadienne à adopter un règlement de chaleur maximale, exigeant que les propriétaires conservent au moins une pièce dans un appartement loué à 26 °C ou moins. « Bien qu’imparfait… c’est une reconnaissance que d’autres vagues de chaleur vont survenir, et que nous devons tous nous adapter », explique Colin Chan, directeur exécutif de l’Autorité provinciale du service de santé de la Colombie-Britannique.

  • L’énergie solaire a atteint un point de bascule. « Dans l’ensemble et depuis un certain temps, l’énergie solaire est déjà moins chère que l’énergie fossile, mais les coûts initiaux étaient auparavant plus élevés », explique Nicolas Fulghum , analyste principal des données énergétiques et climatiques chez Ember.

  • À suivre : Jesse Jenkins, professeur agrégé de politique énergétique à l’Université Princeton, est la voix numérique la plus influente du secteur de l’énergie propre aux États-Unis. Voici une liste de 99 autres poids lourds d’influence aux États-Unis dans le domaine du climat.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ Le Canada établit de nouveaux scénarios pour une nouvelle ère énergétique

➔ Le petit changement qui a révolutionné l’efficacité énergétique

➔ Un guide pour les climato-optimistes

Que deviennent les plantations de café lorsque les chauves-souris qui contrôlent les ravageurs disparaissent ? Le monde commence à prendre conscience que la biodiversité influence tout, de votre café du matin aux résultats financiers des entreprises. Récemment, 152 gouvernements membres, dont le Canada, ont appuyé le rapport d’évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité. Il s’agit d’une recherche marquante : plus de la moitié de l’économie mondiale – soit environ 78 billions de dollars US – dépend de la nature, qu’il s’agisse de l’alimentation, du tourisme ou de la construction, selon l’Institut de recherche RBC. L’un des principaux constats du rapport de l’IPBES : la nécessité d’aligner les politiques budgétaires et les flux financiers sur les objectifs de biodiversité et de durabilité. Cependant, une couverture médiatique discrète suggère que le message de la nature comme un actif stratégique, et un bouclier, n’a pas encore trouvé un écho auprès du grand public des entreprises. Pour en savoir plus, lisez Extraire la valeur : la nature, un atout dans les programmes de stimulation de la croissance.

Un moment déclic pour l’efficacité énergétique Même si la surface bâtie mondiale a augmenté de 20 % au cours de la dernière décennie, la consommation d’électricité liée à l’éclairage est demeurée stable. La raison ? Les ampoules DEL, près de 12 fois plus efficaces que les lampes halogènes. Sans elles, la consommation mondiale d’électricité aurait augmenté de 800 TWh – soit plus que la consommation annuelle de l’Afrique, selon l’Agence internationale de l’énergie. Le potentiel d’économie reste considérable : environ 30 % des lampes en Amérique du Sud et dans certaines régions d’Asie-Pacifique (hors Chine et Inde) doivent encore être modernisées. Et même dans les pays déjà équipés, le remplacement des premières générations de LED, aujourd’hui dépassées, permettrait de réduire encore davantage la consommation électrique.

Le nucléaire fait un retour dans le débat climatique Cette technologie d’électricité à faible émission de carbone est à la base de certains des réseaux les plus propres au monde et pourrait contribuer à la décarbonation de plusieurs industries, explique Vivan Sorab, responsable principal, Politique, Technologie propre RBC. Le réseau électrique français émet seulement 22 gCO₂/kWh, l’un des niveaux les plus faibles au monde, le nucléaire fournissant 65 % de l’électricité du pays. En Ontario, l’intensité des émissions du réseau a augmenté à 74 gCO₂/kWh en 2024 par rapport à l’année précédente, en raison de travaux de remise à neuf des centrales nucléaires et de la hausse de la demande, qui ont nécessité un recours accru au gaz naturel. Les petits réacteurs modulaires (PRM) pourraient étendre la contribution du nucléaire au-delà du réseau électrique. Certaines industries fortement émettrices – extraction de pétrole lourd, pétrochimie – ont besoin de vapeur à haute température que les énergies renouvelables peinent à fournir seules. Les PRM pourraient éventuellement produire à la fois de l’électricité et de la chaleur industrielle, ce qui en ferait l’une des rares technologies capables d’aider les secteurs difficiles à décarboner. Pour en savoir plus sur l’énergie nucléaire, lisez L’avantage atomique : une occasion historique pour le Canada à l’aube d’une nouvelle ère nucléaire.



Par John Stackhouse

La délégation climatique présente cette semaine à la grande conférence énergétique CERAWeek, à Houston, avait de quoi être un peu déboussolée. L’humidité du bayou et les files de la TSA y étaient pour quelque chose, certes, mais c’est surtout le changement dans le discours sur l’action climatique qui donnait l’impression d’un virage à 180 degrés. 

Il y a deux ans, la secrétaire à l’Énergie de Joe Biden, Jennifer Granholm, était venue expliquer la pause imposée aux exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Lundi, Chris Wright, secrétaire à l’Énergie sous Donald Trump, est monté sur la même scène pour présenter un plan visant à doubler la production de GNL d’ici la fin de la décennie.

Et ce n’est pas seulement la Maison-Blanche qui a changé de cap climatique. Des délégations de dizaines de pays sont venues à Houston pour demander plus de tout, surtout du gaz naturel. Le Japon, berceau du protocole de Kyoto et de nombreuses innovations climatiques, était en tête de file, expliquant qu’il ne peut plus compter uniquement sur le Qatar et quelques autres fournisseurs pour alimenter en gaz son économie insulaire. (Souvenons-nous de l’arrêt du nucléaire après Fukushima.)

Les États-Unis travaillent désormais à fournir au Japon et à d’autres alliés autant de gaz et de pétrole que possible. Et une grande partie de cet approvisionnement pourrait provenir du Canada.

En matière de pétrole, le Canada comble déjà les deux tiers de l’écart entre la production américaine (12 millions de barils/jour) et sa consommation (20 millions). Nous fournissons une part encore plus importante du gaz consommé par les Américains dans plusieurs États.

Le ministre canadien de l’Énergie, Tim Hodgson, est venu à Houston pour affirmer que le gouvernement fédéral est déterminé à voir la production pétrolière augmenter de 2,5 millions de barils par jour – une hausse de 50 % – et à doubler les exportations de GNL par rapport aux plans actuels. Peut-on concilier cette hausse avec les engagements climatiques ?

J’ai posé la question à Tim Hodgson et à la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, lors d’un échange que j’animais à Canada House dans le cadre de la conférence. Ils ont affiché une forte convergence de vues (à tel point que Mme Smith s’est décrite comme la porte-parole environnementale de la politique énergétique de Mark Carney). Ils ont ensuite insisté sur trois priorités : le méthane, la tarification du carbone et Pathways.

Leurs gouvernements ont d’ailleurs annoncé plus tard dans la journée une entente sur les émissions de méthane qui contribuera à maintenir le Canada – et l’Alberta – sur la voie vers l’objectif de zéro émission nette (ou la « carboneutralité », selon la terminologie privilégiée par Mme Smith). La tarification du carbone industriel demeure plus complexe, même si des prolongations d’échéancier pourraient permettre de débloquer la situation.

Le principal enjeu reste Pathways, que M. Hodgson décrit comme « le plus grand projet de captage du carbone au monde », et qui permettrait de réduire nettement l’empreinte carbone des barils supplémentaires. La question des coûts demeure toutefois entière. Ottawa estime que Pathways pourrait coûter aussi peu que 50 cents par baril – une aubaine pour l’industrie si cela permet d’atteindre une hausse de production de 50 %. Les acteurs du secteur présents sur place jugent plutôt que les coûts seront plus élevés, bien qu’ils espèrent que des investissements éventuels de fonds de pension canadiens pourraient réduire les coûts en capital à long terme.

Nous devrions en savoir davantage la semaine prochaine, à l’approche de l’échéance du 1er avril prévue dans le protocole d’entente Ottawa–Alberta sur l’énergie. La crise mondiale pourrait entraîner certains retards et nécessiter de nouveaux ajustements. Mais le message envoyé à Houston par Ottawa et l’Alberta était clair : davantage de production et moins d’émissions, voilà le nouveau plan canadien.

Par Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

L’électrification sera le principal moteur climatique du Canada. La production d’électricité devrait augmenter de 50 % d’ici 2050, les énergies renouvelables représentant 91 % du réseau (contre 79 % aujourd’hui), selon le plus récent scénario de référence de la Régie de l’énergie du Canada, qu’elle désigne sous le nom de Mesures actuelles.

Même si la carboneutralité d’ici 2050 demeure un objectif ambitieux, l’économie devrait continuer de progresser vers des sources plus sobres en carbone. Alors que le charbon, fortement émetteur, est presque éliminé et que la croissance de la production de pétrole brut ralentit, l’expansion des combustibles fossiles sera principalement portée par le gaz naturel, relativement moins émetteur : d’ici 2050, il représentera 43 % de la production totale de pétrole et de gaz, contre 36 % aujourd’hui.

Trajectoire énergétique et des émissions du Canada. Scénario selon les mesures actuelles.

Publié deux semaines après le début de la guerre en Iran, qui pourrait s’avérer l’un des événements énergétiques les plus marquants du siècle, le rapport propose plusieurs trajectoires pour la croissance de l’énergie et de l’électricité au Canada, ainsi que pour la réduction des émissions.

  • Le Canada va au-delà du scénario unique de carboneutralité : cette édition conserve les scénarios Mesures actuelles et Carboneutralité du Canada du rapport Avenir énergétique du Canada en 2023 (AE2023), mais y ajoute des scénarios à la hausse et à la baisse. Ceux-ci encadrent le scénario de référence en faisant varier la croissance économique, les exportations de gaz naturel liquéfié, la demande des centres de données et les prix mondiaux de l’énergie, offrant ainsi une fourchette de résultats plus réaliste de ±20 %, plutôt que de considérer la carboneutralité en 2050 comme seule trajectoire.

  • Les émissions diminueront d’environ 14 % d’ici 2050. Dans tous les cas, les émissions de GES sous Mesures actuelles sont plus faibles dans Avenir énergétique 2026 (AE2026) que dans l’édition précédente, mais une économie canadienne carboneutre n’apparaît toujours pas à l’horizon. D’ici 2050, AE2026 projette 546 mégatonnes (Mt), contre 566 Mt dans l’édition 2023, ce qui reflète une décarbonation plus rapide à court terme grâce aux politiques déjà en place, notamment dans le secteur de l’électricité.

  • Le soleil et le vent alimenteront le réseau. La production d’électricité dans le scénario Mesures actuelles est globalement similaire dans les deux rapports. D’ici 2050, la production atteint environ 975 TWh dans Avenir énergétique en 2026, contre 972 TWh dans Avenir énergétique 2023. La principale différence réside dans la part des énergies renouvelables : le rapport de 2026 prévoit une montée plus rapide, atteignant 91 % de production non émettrice d’ici 2050, contre 86 % dans le rapport de 2023, avec une accélération plus marquée après 2035.

  • Le pic pétrolier est repoussé La production pétrolière reste similaire à court terme, mais AE2026 est nettement plus prudent à moyen terme. D’ici 2035, AE2026 prévoit environ 6,0 millions de barils par jour, contre 6,5 millions dans AE2023. Les trajectoires convergent ensuite : 5,9 millions en 2050 dans AE2026, contre 6,3 millions dans AE2023. Le pic de production pétrolière est ainsi repoussé de sept ans, passant de 2035 à 2042. Selon le Scénario plus élevé, la production de pétrole montera à 6,4 millions de barils par jour.

  • …et le gaz naturel prend de l’ampleur. AE2026 prévoit une production nettement plus élevée à tous les horizons, atteignant 26,8 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2050, contre 21,5 dans AE2023 – soit une hausse de 25 %, largement attribuable aux nouvelles hypothèses d’exportations de GNL intégrées au modèle 2026.

  • Le captage du carbone restera marginal. Bien que les volumes ne soient pas détaillés dans les projections, environ 4 % de la production totale d’électricité proviendrait de gaz naturel avec captage du carbone dans le scénario Mesures actuelles.Les émissions totales du secteur pétrolier et gazier devraient atteindre 176 Mt en 2050, en baisse de 12 % par rapport aux 199 Mt projetées en 2025, malgré une hausse de 5 % de la production (5,9 millions de barils par jour en 2050, contre 5,6 millions en 2025).

  • Le Canada est à la traîne de ses pairs : à l’échelle mondiale, dans le scénario Mesures actuelles, les émissions du Canada passeraient de 694 Mt en 2023 (dernières données disponibles) à 562 Mt d’ici 2035, soit une réduction de 23 % par rapport au niveau de 2005 (environ 730 Mt). Cela place le Canada légèrement derrière les États-Unis, où Rhodium Group prévoit une réduction de 26 à 35 % d’ici 2035 par rapport à 2005. Les deux pays sont nettement derrière l’Union européenne, qui vise une réduction d’environ 45 à 47 % d’ici 2035 selon les mesures actuelles et prévues. Les trois restent toutefois loin de la carboneutralité sans mesures additionnelles.​​​​​​​​​​​​​​​​

Fred Pearce, écrivain scientifique et conférencier britannique, auteur au fil des ans de plusieurs ouvrages aux titres plutôt sombres — Quand meurent les grands fleuves, The Land Grabbers et With Speed and Violence – change de ton avec Despite it All: A Handbook for Climate Hopefuls.Il y racontedes histoires qui témoignent d’« espoir au milieu de la morosité ».

Voici un extrait d’un bref échange de courriels :

Qu’est-ce qui vous rend optimiste ?
Nous sommes toujours en grand danger. Chaque tonne de gaz à effet de serre ajoutée à l’atmosphère y demeure pendant des siècles. Mais mon espoir repose sur les progrès techniques extraordinaires que nous avons accomplis. La Chine, et de plus en plus l’Inde ainsi que d’autres pays en plein développement, adoptent l’énergie solaire comme source d’énergie par défaut, parce qu’elle est si peu coûteuse. C’était impensable il y a seulement vingt ans. La Chine est en train de révolutionner le marché des batteries : leur coût s’effondre, et le stockage de l’énergie solaire devient réellement envisageable. Nous entrons dans l’ère solaire. Ce sont désormais les facteurs économiques, et non politiques, qui font la différence. Il reste à savoir si les choses vont se faire assez rapidement. Mais elles avancent.

L’une des raisons de votre optimisme est la baisse de la taille des familles et le vieillissement de la population, mais cela ne risque-t-il pas de freiner la croissance économique et la capacité des gouvernements à soutenir les citoyens ?
 
Il s’agit d’une nouvelle forme de « bombe démographique ». On redoute souvent qu’un nombre croissant de personnes âgées « à charge » et un nombre décroissant d’actifs pour les soutenir ne pèsent sur l’économie. Le vieillissement pourrait aussi ralentir l’activité économique en affaiblissant l’innovation portée par les jeunes ambitieux. Il faut revoir notre regard sur les aînés : les considérer comme une source de savoir et d’expérience, comme des aidants autant que des personnes aidées. J’ai 74 ans et je travaille encore, alors je suis bien placé pour le dire ! Mais rappelons aussi que nous avons moins d’enfants à charge, et qu’aujourd’hui la majorité des femmes participent à l’économie, plutôt que de rester à la maison pour élever les enfants.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus ?
Les effets de seuil, les points de non-retour. La fonte des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique, et la montée du niveau des mers qui en résulte, pourraient bientôt devenir irréversibles – même si les températures redescendent. La déforestation en Amazonie pourrait approcher un seuil critique où le manque d’arbres assèche l’air, entraînant la mort des arbres restants. Le système de circulation océanique pourrait lui aussi être proche d’un effondrement, ce qui interromprait le Gulf Stream.  Sans oublier le dégel du pergélisol, qui libère du méthane – un puissant gaz à effet de serre – et accélère fortement le réchauffement. Là encore, de manière irréversible. La science ne peut pas encore nous dire précisément où et quand ces points de bascule pourraient être franchis. Ainsi, même si nous faisons des progrès remarquables pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, je crains qu’il soit déjà trop tard pour éviter ces grands bouleversements. Nous aurons peut-être de la chance… ou pas.

  • Le manque de valorisation et de prise en compte des actifs naturels fait partie des quatre obstaclesqui freinent les initiatives d’adaptation climatique au Canada, écrivent James Stewart, chercheur principal au CD Howe Instituteet Anabela Bonada, directrice générale du Centre Intact sur l’adaptation aux changements climatiques de l’Université de Waterloo.

  • Gavin Mooney, conseiller en transition énergétique analyse comment le déploiement rapide de l’énergie solaire a aidé le Pakistan à atténuer sa forte dépendance au gaz naturel du Moyen-Orient.

  • Le Canada s’apprête à lancer l’un des plus vastes programmes de développement de son réseau électrique de son histoire. Pour que ce vaste chantier réussisse, les Nations autochtones doivent en être au centre, et non en périphérie, écrivent Kwatuuma Cole Sayers et Blake Shaffer dans un article d’opinion.

  • As energy systems are struggling to transform in the face of climate change, Justice in Canada’s Energy Transition report asserts that justice and equity are central to making a low-carbon economy sustainable, writes Julie MacArthur, a co-editor of the report.

  • « Alertes à la chaleur extrême, avertissements de conditions propices aux feux de forêt, records mensuels de température battus une fois de plus… il s’agit sans doute de l’une des vagues de chaleur hors saison les plus anormales que j’ai observées », indique le climatologue Zachary Labe à propos de la saison actuelle.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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➔ La stratégie du Canada pour le « Davos de l’énergie ».

➔ Ce que les dirigeants canadiens nous ont confié sur leur vision de l’action climatique.

➔ Selon une étude, le secteur pétrolier canadien pourrait mettre en œuvre une tarification industrielle du carbone au coût équivalent à un Timbit par baril.

La transition énergétique — et non la défense — sera le moteur de la demande en minéraux critiques. Selon Shaz Merwat, responsable principal, Énergie, Leadership avisé RBC, l’accent mis sur les véhicules électriques et autres technologies de la transition énergétique sera essentiel pour soutenir les investissements dans le secteur canadien des minéraux critiques. La bonne nouvelle réside dans le fait que les technologies de traitement émergentes — comme le chauffage par joule flash et l’extraction directe du lithium — pourraient modifier la courbe de coût des nouveaux projets de raffinage au Canada. L’avantage du Canada en matière d’électricité propre pourrait également constituer un facteur différenciateur à mesure que les technologies de traitement réduisent suffisamment l’intensité énergétique pour rivaliser avec la Chine.​​​​​​​​​​​​​​ Lisez le rapport Exploiter et transformer de M. Merwat, et Sept points à retenir de la PDAC.

Comment les dirigeants d’entreprises canadiennes abordent-ils les politiques climatiques ? Au cours des dernières semaines, l’équipe Action climatique a mené une tournée d’écoute afin de mesurer l’engagement des dirigeants d’entreprises canadiennes en matière d’action climatique. Voici ce que nous avons constaté : les entreprises canadiennes privilégient ce qui est réalisable. Il ne s’agit pas d’un repli, mais d’une concentration accrue sur ce qui peut être bâti, financé et déployé à grande échelle au cours de la présente décennie. Les capitaux liés à l’action climatique sont abondants. Le défi réside dans leur déploiement. Consultez l’intégralité de notre dossier de synthèse ici.

La création de demande constitue l’impulsion à l’origine de la nouvelle Coalition pour l’élimination anticipée du carbone au Canada. Lancée ce mois-ci, la coalition réunit RBC, Shopify, le gouvernement du Canada ainsi que d’autres investisseurs afin de mobiliser 100 millions de dollars de nouveaux financements destinés à des projets canadiens d’élimination du dioxyde de carbone d’ici 2030. Ces projets couvrent plusieurs secteurs — notamment l’énergie, l’industrie lourde et l’agriculture — et visent à accélérer le déploiement à grande échelle de technologies durables d’élimination du carbone. Parmi celles-ci figurent le captage direct dans l’air, le biochar, la bioénergie avec captage et stockage du carbone, l’altération accélérée des minéraux et les solutions marines d’élimination du dioxyde de carbone. Compte tenu de l’abondance de ses ressources minérales et de sa biomasse, ainsi que de son accès à des sources d’électricité propres pour les procédés de transformation, le Canada dispose d’un avantage concurrentiel dans ces modes d’élimination du carbone.

On espère que le conflit au Moyen-Orient sera de courte durée, mais il affecte déjà la croissance économique et les flux d’énergie, ainsi que les objectifs climatiques, à l’échelle mondiale.

Alors qu’une grande partie de cette région riche en pétrole et en gaz est plongée dans la crise, d’importants importateurs en Europe et en Asie s’efforcent de sécuriser d’autres sources d’approvisionnement en combustibles fossiles. Si l’énergie solaire et l’énergie éolienne sont souvent qualifiées de sources « intermittentes », le pétrole et le gaz font désormais face, eux aussi, à leurs propres incertitudes. Pour les décideurs — qu’ils se trouvent dans des pays riches en ressources énergétiques ou dans des économies qui disposent de peu d’options —, l’enjeu consiste à prendre des décisions urgentes à court terme sans compromettre les objectifs climatiques à long terme.

Voici ce qui est en jeu…

Pour le Canada : des décisions majeures, des enjeux élevés

Superpuissance refuge.Des pays préoccupés se tournent vers le Canada à la recherche d’approvisionnements en pétrole et en gaz politiquement neutres, souligne Tim Hodgson, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. Atout supplémentaire : les hydrocarbures canadiens ne transitent pas par des points névralgiques mondiaux, mais ils se heurtent néanmoins à des obstacles logistiques sur le plan national. Le Canada peut-il accroître son rôle de fournisseur fiable sans compromettre ses objectifs climatiques ?

Les investisseurs commencent déjà à tâter le terrain. La tentation est grande de construire de nouveaux terminaux de GNL sur la côte Ouest et de nouveaux oléoducs, voire de lancer des projets sur la côte Est afin d’approvisionner l’Europe. Terre-Neuve-et-Labrador a récemment conclu une entente avec Equinor et BP p.l.c. afin de jeter les bases de la construction et de la production du projet extracôtier de 14 milliards de dollars de Bay-du-Nord. Le tracé d’oléoduc autrefois connu sous le nom de Keystone XL — désormais appelé Prairie Connector — refait, lui aussi, surface. Ces projets pourraient déclencher une poussée de croissance économique, mais ils entraîneraient presque certainement une hausse des émissions.

Enjeux provinciaux. La Colombie-Britannique et le Québec doivent désormais composer avec la tension entre leurs exigences environnementales strictes et la pression croissante visant à autoriser de nouvelles infrastructures énergétiques sur leur territoire. L’Alberta, pour sa part, devra veiller à ne pas miser de manière excessive sur les investissements dans le pétrole et le gaz dans un contexte de demande énergétique mondiale incertaine.

Pour l’Europe : un réalignement énergétique ?

Dérive continentale. La hausse de 40 % des prix du GNL en Europe à la suite de la frappe contre l’Iran a mis en évidence le peu d’options dont dispose le bloc économique. Alors que le continent demeure marqué par la perte des approvisionnements en gaz acheminés par gazoduc depuis la Russie, le choc actuel au Moyen-Orient a ébranlé le consensus européen en matière de transition verte. La décision récente de l’Italie de suspendre la tarification du carbone — ainsi que le recalibrage discret par l’Allemagne du système d’échange de quotas d’émission en place depuis plus de 20 ans — témoignent d’un virage privilégiant d’abord la sécurité énergétique plutôt que les impératifs climatiques.

Une énergie assortie de conditions. Alors que les exportations de GNL qatari transitant par le détroit d’Ormuz se tarissent, l’Europe fait face à une crise gazière à court terme, l’Italie, la Belgique et la Pologne étant plus exposées que d’autres. Si le GNL américain permet pour l’instant de combler une partie du manque, cette dépendance devient de plus en plus transactionnelle et s’accompagne de conditions politiques qui compliquent l’alliance transatlantique. Confrontée à un embargo complet sur le gaz russe et à une chaîne logistique des technologies renouvelables qui demeure dangereusement concentrée en Chine, l’Europe se retrouve dans une impasse stratégique : revenir au charbon traditionnel, payer la prime américaine, ou accélérer la transition énergétique en s’appuyant sur des chaînes logistiques dominées par la Chine.

Pour l’Asie : un signal d’alarme

Le paradoxe de l’« électro-État » : la sécurité énergétique de la Chine est aujourd’hui définie par une contradiction frappante. Destination d’environ 38 % du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, Pékin a beaucoup à perdre de l’instabilité au Moyen-Orient — une vulnérabilité accentuée par la disparition du brut vénézuélien à la suite de l’éviction du régime de Maduro plus tôt cette année. Si Pékin a récemment publié un prudent 15ᵉ plan quinquennal, abaissant son objectif d’intensité carbone à 17 % afin de privilégier la stabilité industrielle, ce recul apparent masque en réalité un virage plus profond. Comme le souligne Jason Bordoff, directeur du Centre on Global Energy Policy à l’Université Columbia, en absorbant dès aujourd’hui les coûts à court terme liés aux perturbations des combustibles fossiles, la Chine prépare en fait le terrain pour consolider sa domination en tant que premier véritable « électro-État » au monde.

Le dilemme de l’Inde. Même avant la récente déstabilisation au Moyen-Orient, New Delhi avait déjà manifesté un intérêt marqué pour l’énergie canadienne, le haut-commissaire Dinesh Patnaik affirmant que l’Inde était prête à absorber « tout ce que le Canada est en mesure d’offrir ». Bien que l’Inde entretienne des liens de longue date avec les pays du Moyen-Orient, la vulnérabilité du détroit d’Ormuz — par lequel transite près de 15 % de ses importations de pétrole brut — a accéléré un mandat de diversification énergétique déjà bien établi. Pour l’Inde, la crise pourrait ainsi avoir plusieurs effets simultanés : une hausse du recours au charbon, une augmentation des importations de GNL en provenance de pays occidentaux, mais aussi une accélération des efforts visant à développer l’énergie solaire et d’autres sources renouvelables.

Le virage asiatique. Environ 37 % du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz est destiné à la Corée du Sud, au Japon et à d’autres centres régionaux — une dépendance qui impose une révision stratégique radicale. Plutôt que d’attendre que les tensions au Moyen-Orient se calment, la Corée du Sud transforme cette volatilité en catalyseur. Le président du pays a qualifié la crise de « bonne occasion d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables ».

Il reste incertain si les combustibles fossiles ou les énergies renouvelables sortiront gagnants de ce conflit catastrophique. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la course mondiale pour sécuriser les approvisionnements énergétiques s’est intensifiée.

La conférence IHS CERA, qui se tiendra à Houston à partir du 23 mars, verra une présence canadienne bien plus importante que les années précédentes, avec le pavillon Canada House et la participation de Tim Hodgson, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, accompagné de représentants d’Invest in Canada, d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada et d’Affaires mondiales Canada, entre autres.

Le défi pour le Canada consiste à attirer les investissements américains tout en diversifiant ses sources de capitaux afin de préserver sa souveraineté et de réduire sa dépendance au marché américain.

—Quatre thèmes stratégiques pour le Canada lors de l’événement :

  • Veiller sur la sécurité énergétique : Positionner le Canada comme une superpuissance énergétique à la fois propre et conventionnelle, sûre et stable.

  • Being resourceful: Showcase Canada’s leadership in innovation, research and development, and emissions reduction in energy;

  • Soutenir l’équipe Canada : Appuyer les entreprises énergétiques en valorisant les avantages du Canada comme destination privilégiée pour les investissements dans le secteur de l’énergie.

  • Exploiter l’angle de la souveraineté : Souligner la souveraineté énergétique du Canada et sa capacité à répondre à la demande énergétique mondiale croissante grâce à une diversification des marchés.

— Plusieurs provinces canadiennes, entreprises énergétiques et leaders d’opinion contribueront à amplifier ce message, avec notamment la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith prévue à l’une de ces discussions.

— Avec le lancement, cette année, des travaux routiers dans le Cercle de feu riche en minéraux et l’adoption d’une nouvelle Stratégie sur les minéraux critiques, le ministre de l’Énergie et des Mines de l’Ontario, Stephen Lecce, participera à une discussion sur la nouvelle géopolitique des minéraux critiques.

— Canada House proposera une programmation couvrant le pétrole, l’énergie nucléaire, le GNL, l’intelligence artificielle appliquée à l’énergie, l’investissement au Canada et les technologies de réduction du méthane. Le ministre Tim Hodgson participera à certaines séances, y compris « Capital in Motion: Funding an Infrastructure Supercycle ». Une autre séance, animée par Sharleen Gale, présidente de la First Nations Major Projects Coalition, portera sur la livraison de l’énergie canadienne dans les marchés mondiaux.

—D’autres séances aborderont le GNL à faible empreinte carbone du Canada, les réacteurs nucléaires de nouvelle génération, le leadership canadien en matière d’innovation sur le méthane, les technologies propres assistées par intelligence artificielle, ainsi que les avancées et les obstacles dans l’acheminement du pétrole canadien vers les marchés internationaux.

— Le monde est confronté à une pénurie de cuivre. John Stackhouse et Shaz Merwat expliquent quel rôle le Canada peut jouer.

— Le secteur agricole se demande pourquoi les agriculteurs canadiens ne participent pas à grande échelle aux marchés carbone réglementaires pour générer des crédits compensatoires. Lisa Ashton, cheffe intérimaire, a présenté les conclusions d’Action climatique 2026 lors de la Conférence annuelle sur la durabilité de l’agriculture canadienne, et la tarification du carbone a dominé la période de questions.

Dale Beugin et Ross Linden‑Fraser, de l’Institut canadien du climat, expliquent pourquoi la tarification du carbone industriel ne coûtera qu’un Timbit par baril pour le secteur des sables bitumineux au Canada.

— ESG signifie désormais énergie, sécurité et géopolitique, écrit Liam Denning, chroniqueur d’opinion chez Bloomberg.

— Les provinces et territoires canadiens ont signé un accord pour construire l’infrastructure de transmission nécessaire à la prochaine génération de croissance énergétique du pays. Tim Weis, de Pembina, en explique l’importance.

— Ce ne sont pas seulement les derniers droits de douane américains qui ont fragilisé le secteur canadien du bois d’œuvre. Salim Zanana, Services économiques RBC, détaille les milliers de suppressions d’emplois.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ à Rester engagés vers la carboneutralité d’ici 2050 ou y renoncer ?

➔ à Certains secteurs fonciers se voient appliquer une nouvelle norme d’émissions.

➔ à Le Canada accentue son virage nucléaire en Europe.

Le 1er avril pourrait-il représenter un point de bascule pour réaligner la trajectoire climatique du Canada ? Selon le dernier rapport de l’Institut climatique du Canada, qui souligne que le pays est actuellement « hors trajectoire » par rapport à ses objectifs climatiques, le renforcement de mesures comme la tarification du carbone dans le secteur industriel et la réglementation du méthane pour le pétrole et le gaz apparaît essentiel pour se rapprocher des cibles établies. Ces deux initiatives sont intégrées au protocole d’entente que le gouvernement fédéral et la province de l’Alberta ont convenu de finaliser d’ici le 1er avril. La mise en œuvre conjointe de ces politiques pourrait générer une réduction significative des émissions (voir graphique).

Les cibles climatiques du Canada dépendent de quelques politiques à fort impact.

Faut-il abandonner l’objectif de carboneutralité d’ici 2050 ? Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, semble le penser. Il a récemment critiqué l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour ce qu’il qualifie « d’illusion destructrice » entourant Objectif 2050. Dans ce contexte de tensions, les ministres de l’Énergie réunis la semaine dernière lors du sommet de l’AIE à Paris n’ont pas réussi à s’entendre sur des objectifs climatiques communs. Il est vrai, selon les projections des Nations-Unies, que le monde peine à atteindre ses cibles net zéro alors que des pays allant du Canada à l’Allemagne reculent sur certaines de leurs politiques climatiques les plus ambitieuses. Toutefois, rares sont ceux qui sont prêts à renoncer à la carboneutralité. La France et d’autres pays européens ont réaffirmé, lors du sommet, que l’électrification demeure un pilier de la politique économique du bloc. Le Canada devrait bientôt dévoiler sa stratégie de compétitivité climatique, tandis que la Chine s’est déjà affirmée comme le premier « état électro » mondial.

La Chine a pris une avance décisive sur ses concurrents avec l’introduction d’un nouveau navire de transport maritime entièrement électrique. En résonance symbolique avec l’Année lunaire du Cheval, le pays a dévoilé le Ning Yuan Dian Kun, un bâtiment océanique doté d’un système de batteries dont la capacité équivaut à celle d’environ 380 véhicules Tesla Model 3. Le lancement d’essai du navire intervient à un moment où l’Organisation maritime internationale continue de délibérer sur l’adoption de mesures de réduction des émissions du secteur maritime. Une fois de plus, l’innovation technologique semble devancer l’élaboration des politiques publiques. Fait notable, les modules de batteries peuvent être rechargés à quai et remplacés selon un procédé comparable à la manutention de conteneurs, permettant ainsi au navire — conçu pour transporter 740 équivalents vingt pieds (EVP) — d’accroître son autonomie opérationnelle. Cette avancée constitue un jalon stratégique : environ la moitié de la flotte mondiale de porte-conteneurs est composée de navires d’une capacité inférieure à 3 000 EVP — des unités qui représentent l’épine dorsale du transport maritime. Des réductions d’émissions significatives dans ce segment pourraient contribuer de manière substantielle à la décarbonation du transport maritime.

– Par Lisa Ashton, cheffe intérimaire

La première norme internationale de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre (GES) des secteurs liés à l’utilisation des terres constitue un véritable test de transposition de la science du laboratoire au terrain — ainsi qu’un exercice de persévérance.Les secteurs fondés sur l’exploitation des terres, notamment l’agriculture et la foresterie, disposent désormais d’un cadre international pour la comptabilisation, la déclaration et le suivi des émissions de GES.

Le Land Sector and Removals Guidance (LSRG) du GHG Protocol vise à normaliser les méthodes d’inventaire des émissions pour les entreprises dont les activités génèrent ou séquestrent des GES liés aux terres. L’objectif est d’assurer la cohérence et la comparabilité des divulgations, condition essentielle au renforcement de leur crédibilité auprès des investisseurs et des autorités réglementaires — en particulier pour les déclarations portant sur l’augmentation de la séquestration du carbone dans les sols agricoles ou les initiatives de plantation d’arbres, dont les répercussions réelles peuvent être mal évaluées en raison de la complexité inhérente au suivi des sources et des puits de carbone dans les systèmes naturels.

L’élaboration de cette norme aura été longue, nécessitant plus de cinq années de débats, de révisions successives — et même une phase de blocage — avant d’aboutir à une version consolidée du cadre du GHG Protocol.

Pourquoi un tel délai ? En termes simples, il résulte de tensions persistantes entre les tenants d’une approche rigoureuse et doctrinale de la comptabilité climatique et les acteurs sectoriels cherchant à définir une norme applicable et opérationnelle dans la pratique.

Points d’achoppement :

  • L’absence de visibilité sur les producteurs agricoles : Les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires sont géographiquement dispersées et s’étendent sur de vastes superficies afin de répondre aux besoins d’une population mondiale croissante. Cette réalité complique les efforts des entreprises visant une traçabilité exhaustive des variations d’émissions de GES et des flux de séquestration du carbone dans les sols des exploitations dont elles s’approvisionnent.

  • La comptabilisation des émissions liées aux changements d’affectation des terres : La conversion de terres — par exemple, le passage de prairies à des cultures — entraîne des émissions de GES ainsi que des modifications des stocks de carbone des sols susceptibles d’influer sur l’inventaire global d’émissions d’une entreprise. La détermination des technologies de mesure admissibles, notamment la télédétection, ainsi que des modalités de déclaration des impacts nets, demeure une source d’ambiguïté et de débats.

  • La mesure, la quantification et le suivi du carbone des sols : Les variations de GES au sein des écosystèmes naturels, notamment les sols agricoles, présentent un degré élevé de complexité scientifique, et la constitution de jeux de données robustes requiert plusieurs années. L’approche la plus appropriée — permettant aux entreprises de suivre l’évolution du carbone des sols sans transformer l’exercice en une démarche académique lourde et coûteuse — fait encore l’objet de discussions, alors que les méthodologies continuent d’être affinées et que de nombreux facteurs influencent la dynamique du carbone dans les sols.

Les entreprises canadiennes devraient-elles s’aligner sur le Land Sector and Removals Guidance du GHG Protocol ?

Les entreprises qui s’approvisionnent en produits agricoles et forestiers sont désormais confrontées à cette question stratégique, dont les implications dépassent largement leurs seuls objectifs climatiques. La décision peut en effet influencer de manière structurante leurs modèles opérationnels — depuis la logistique et la gestion des chaînes d’approvisionnement jusqu’aux choix de régions d’approvisionnement et d’intrants. La complexité de cet arbitrage est accrue par le fait que la norme a nécessité un délai d’élaboration plus long que prévu, manquant ainsi une période charnière au début des années 2020, durant laquelle plusieurs entreprises de premier plan mettaient en place leurs cadres de comptabilisation des GES et concevaient des mécanismes d’incitation destinés aux agriculteurs et aux exploitants forestiers afin de soutenir des actions climatiques concrètes sur le terrain.

Par Stephanie Shewchuk, responsable des politiques du logement.

Le secteur forestier canadien, en perte de vitesse, risque d’affaiblir la capacité du pays à développer des solutions durables d’origine nationale pour les secteurs de l’emballage, de la construction et du commerce de détail. L’Association des produits forestiers du Canada a qualifié 2025 de « l’une des années les plus difficiles de mémoire récente ». Par ailleurs, les feux de forêt — phénomène paradoxalement aggravé par les changements climatiques — ont ravagé 886 300 hectares en 2025 seulement, un niveau largement supérieur à la moyenne provinciale des dix dernières années.

Le gouvernement fédéral à Ottawa et celui de la Colombie-Britannique ont tous deux reconnu l’ampleur de la crise forestière provinciale au moyen de mesures budgétaires ciblées. Toutefois, des interventions supplémentaires pourraient être envisagées : la mise en place de nouveaux crédits d’impôt à l’investissement afin d’encourager l’utilisation de la biomasse, l’amélioration des lignes directrices en matière d’approvisionnement public pour favoriser une plus grande utilisation du bois canadien dans les projets gouvernementaux, ainsi que l’intégration, par la nouvelle agence Maisons Canada, d’une priorité accordée au bois d’œuvre canadien dans les projets de construction fédéraux. Une telle orientation pourrait constituer un levier climatique significatif, alors que les bâtiments représentent actuellement 18 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada.

Si ces approches contribueraient à soutenir une industrie aujourd’hui en difficulté, sa viabilité à long terme dépendra de trois facteurs déterminants : la reprise des marchés, le positionnement des produits du bois durable comme actif stratégique dans la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, et la capacité du secteur à s’adapter efficacement aux risques accrus de feux de forêt liés aux changements climatiques.

  • Le ministre canadien de l’Énergie Tim Hodgson s’est récemment rendu à Varsovie pour promouvoir la technologie nucléaire CANDU en vue de la prochaine génération de réacteurs nucléaires polonais. « Nous avons ce que la Pologne recherche », a dit M. Hodgson, suscitant un intérêt accru pour cette source d’énergie de base. Le Canada envisagerait également un accord sur l’uranium avec l’Inde lors de la visite du premier ministre Mark Carney à New Delhi cette semaine.

  • La nouvelle stratégie automobile du Canada ouvre une voie inédite pour le secteur, mais Farhad Panahov, économiste de l’Institut d’action climatique, souligne que les développements futurs seront guidés par trois thèmes principaux.

  • La géothermie, soit la chaleur provenant du sous-sol, pourrait représenter une source d’énergie de base transformatrice. Vivan Sorab, responsable de l’énergie propre, Institut d’action climatique, examine le potentiel que présente cette occasion.

  • Qui a fixé l’objectif mondial de 1,5 °C ? La climatologue Katharine Hayhoe explique comment la science et la politique se sont rejointes pour déterminer ce chiffre, désormais référence des ambitions climatiques mondiales.

  • Tout scénario crédible pour l’avenir de l’électricité canadienne doit envisager que l’éolien et le solaire répondent à la majorité de la nouvelle demande. « La question n’est pas de savoir si ces sources vont se développer, mais si le Canada commencera à considérer le solaire comme un actif stratégique central ou continuera à le traiter comme marginal », écrit Peter Nicholson, président de l’Institut canadien du climat, dans un essai.

  • « L’énergie n’est pas une fin en soi ; ce que les gens veulent, ce sont des douches chaudes et des bières fraîches. » Micheal Liebreich et d’autres estiment que les décideurs auront davantage de succès s’ils abordent l’énergie du point de vue du consommateur.

  • La pollution constitue une menace plus importante pour l’économie indienne que les droits de douane, a récemment averti Gita Gopinath, économiste en chef du FMI. Voici pourquoi l’une des plus grandes économies mondiales est en train d’étouffer.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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