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➔ Pourquoi le G7+ dépend autant du Canada pour ses métaux

➔ Pic du pétrole : l’AIE et l’OPEP en désaccord

➔ Une avancée majeure en géothermie

Au premier trimestre, les acheteurs canadiens ont boudé les voitures zéro émission. Comparativement à la même période de 2024, les ventes ont chuté de 19,5 %. Le nombre total de véhicules légers vendus (modèles hybrides et rechargeables y compris) a diminué de 3,2 %. D’après les données de S&P Global, les immatriculations de véhicules neufs ont représenté 9,5 % des ventes totales de voitures au premier trimestre, alors que cette proportion était de 18,9 % au trimestre précédent. Plusieurs facteurs ont joué, notamment le retrait du rabais fédéral de 5 000 $, la diminution du montant offert par le gouvernement du Québec et l’incertitude liée aux droits de douane. Signe des temps, Tesla perd du terrain au Canada : sa part de marché n’était que de 10 % en avril, contre 50 % il y a quelques années.

En Alberta ce mois-ci, il n’y en a pas eu que pour le G7. Lors de l’événement Calgary for the Global Energy Show, Haitham al-Ghais, le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a affirmé froidement que « la demande de pétrole n’est pas près de fléchir ». Depuis quelques années, l’OPEP et l’Agence internationale de l’énergie discutent âprement du fameux pic qui, selon le « gendarme » de Paris, pourrait survenir avant 2030. L’OPEP a déclaré récemment que le fait que l’AIE ait revu à la baisse ses prévisions de ventes de véhicules électriques prouve qu’elle n’est plus aussi certaine de son fait. L’Agence insiste cependant et,  dans ses projections publiées en juin, affirme à nouveau que le pic de la demande mondiale de pétrole est en vue.

L’Arctique, une région de plus en plus convoitée. Trois livres parus cette année rappellent que la région la plus septentrionale du globe est aussi celle qui, désormais, s’ouvre le plus au commerce. Dans The North Pole, l’auteur norvégien Erling Kagge rappelle que, dans les années 1600, des explorateurs cherchaient déjà des voies de communication plus rapides entre l’Europe et l’Asie. Dans End of the Earth, le chercheur de fossiles Neil Shubin traite des richesses souterraines que nous dévoile aujourd’hui la science. Enfin, le journaliste Kieran Mulvaney, auteur d’Arctic Passages, s’intéresse aux voies ouvertes par la fonte des glaces entre, par exemple, la Corée et les Pays-bas, court-circuitant ainsi les points de tension géopolitique que sont le canal de Suez et le canal de Panama.

De Nice à Kananaskis, on n’a parlé que de minéraux critiques. Un sujet délicat dans le chef-lieu des Alpes maritimes, où les participants à la Conférence des Nations Unies sur les océans ont critiqué les velléités américaines de forer en eaux profondes. De son côté, l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) estime que les plans de la Maison-Blanche créent « un dangereux précédent susceptible de déstabiliser l’ensemble du système de gouvernance mondiale des océans ». Il semble que la production des intrants nécessaires pour générer de l’électricité de manière écologique ne soit pas toujours… écologique.

À Kananaskis, Canada a exhorté les membres du G7 à s’entendre au moins sur un « plan d’action » à l’égard des minéraux critiques. Afin de ne pas irriter le locataire du Bureau ovale, les participants ont, sur plusieurs points, évité de faire une déclaration officielle qui soit unanime et de grande portée. Ils ont toutefois convenu d’élaborer un cadre permettant de financer de nouveaux projets miniers ou d’usines de traitement et de moins dépendre de la Chine pour l’approvisionnement en ces minéraux clés que sont le lithium, le cobalt et les éléments des terres rares.

Approvisionnement en métaux : le G7+ dépend étroitement du Canada

Grand producteur de biens indispensables à la fabrication de véhicules électriques, de matériel de défense, de téléphones intelligents et d’éoliennes, le Canada, qui a l’ambition de devenir une « superpuissance énergétique », entend jouer un rôle clé.

Là encore, ce ne sera pas chose facile, car le gouvernement voit poindre de l’opposition. Les Chiefs of Ontario, notamment, estiment que le projet de loi C-5, qui vise à accélérer les projets miniers et autres, est contraire au droit de l’environnement et aux obligations constitutionnelles du Canada.

D’après un sondage KPMG mené auprès de cadres canadiens, les sujets d’inquiétude ne manquent pas non plus dans le secteur privé (dont la plupart des acteurs souhaitent que tous les ordres de gouvernement établissent un couloir de services publics sans égard au type d’énergie fourni), qu’il s’agisse des dépassements des coûts ou du non-respect des échéanciers souvent observés lors des mégaprojets, de la dérive des objectifs, des consultations avec les parties prenantes, des évaluations environnementales ou des retards causés par les organismes de réglementation.

Dans le rapport Le nouveau grand jeu, nous indiquons comment le Canada peut éliminer les freins à l’expansion de son secteur des minéraux critiques (lire aussi Ingéniosité : Comment le Canada s’y prendra-t-il pour conclure des contrats de marchandises avec les États-Unis et d’autres pays).

Le nouveau marché canadien de l’énergie – facteurs climatiques en sus – est le Japon. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, y était en visite ce mois-ci pour promouvoir les ressources de sa province, notamment énergétiques. De son côté, Mitsubishi Corp., l’un des principaux investisseurs associés au projet LNG Canada, recevra les premières livraisons du terminal gazier britanno-colombien en juillet.

Dans le rapport Stratégie du G7+ en matière de gaz naturel, RBC s’intéresse au rôle que peut jouer le gaz dans la sécurité énergétique des pays membres du G7+. Le Canada imposera d’autant mieux son gaz naturel liquéfié (GNL) en Asie qu’il se conformera au système d’échange de droits d’émission GX-ETS (Green Transformation Emissions Trading System) mis en place par le Japon pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Détaillons ce point.

  • Le Japon reconnaît le GNL à faible teneur en carbone comme conforme à ses objectifs de transition, notamment si sont menés en parallèle la réduction des émissions de méthane, la capture et le stockage du carbone, ou encore l’application de normes de réduction certifiée des émissions. Il se peut que le GNL canadien soit admissible à des contrats d’approvisionnement à long terme en phase avec la transition verte, si la réduction des émissions peut être vérifiée.

  • Le Japon peut s’engager dans des investissements prenant la forme d’« obligations de transition », en particulier dans des installations de liquéfaction et de transport couplé à la capture et au stockage du carbone. Avec l’Australie et d’autres pays, le Japon s’est attelé au marché de l’ammoniac propre. Pour les produits d’énergie canadiens certifiés à faible teneur en carbone, il existe plusieurs avenues intéressantes, par exemple le financement fondé sur les obligations de transition ou sur le mécanisme de crédit conjoint du Japon (JCM).

  • En couplant la capture et le stockage du carbone à la production de gaz, le Canada peut tirer profit du plan japonais d’expansion des importations d’hydrogène bleu.

  • Le Japon a besoin d’énergie pour maintenir son avantage dans le domaine des capacités de calcul, des infrastructures numériques, des centres de données et de l’intelligence artificielle, qui vont de plus en plus dépendre des approvisionnements en gaz naturel. C’est un autre débouché qui s’offre pour le Canada.

Le rapport complet se trouve ici. Il a fait l’objet d’un débat entre John Stackhouse et l’auteur principal du rapport, Shaz Merwat.

La Banque mondiale entre dans l’arène de l’énergie nucléaire. Pour répondre à l’appel des États-Unis et de l’Allemagne, la Banque mondiale va, aux côtés de l’Agence internationale de l’énergie atomique (l’organisme de surveillance onusien), épauler les exploitants des réacteurs en place et la modernisation des infrastructures, qui passe notamment par l’installation de petits réacteurs modulaires (PRM). Les centrales électriques au gaz, qui ne compromettent pas le développement des énergies renouvelables, pourraient aussi bénéficier de la manne, mais la Banque mondiale n’a pas encore accepté de financer le développement en amont du secteur du gaz naturel.

Les projets de capture de carbone se multiplient. Pendant la période 2020-2030, la décarbonation devrait faire une large part à la seule capture du CO2 : environ 45 % des projets en cours ou programmés lui seront exclusivement consacrés, selon un nouveau rapport du Forum international de l’énergie. C’est aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada (dans cet ordre) qu’il a été prévu de mener le plus grand nombre de projets de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) d’ici 2030 ; la capacité mondiale atteindrait alors 1 gigatonne de CO2 (ce qui équivaudrait à retirer 306,3 millions d’automobiles de la circulation pendant un an). La plupart des projets seraient financés à même les deniers publics.

Une société spécialisée dans la géothermie et soutenue par Bill Gates annonce un développement majeur. L’industrie est en ébullition : établie à Houston, Fervo Energy  a réussi à forer près de 4,8 km en 16 jours, soit une réduction de 79 % des délais moyens habituels. Dans le secteur de la géothermie, le forage – l’opération la plus coûteuse – nuit à la compétitivité de cette source d’énergie ; c’est donc un pas de géant qui vient d’être réalisé. En outre, la technologie utilisée (fortement inspirée des techniques de fracturation hydraulique) laisse entrevoir l’exploitation de sites particulièrement prometteurs, par exemple en Islande. La société Breakthrough Energy de Bill Gates a immédiatement injecté 100 millions de dollars américains supplémentaires dans Fervo Energy, dans le cadre d’un cycle d’investissement de 206 millions de dollars.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ La mise en service d’un projet de stockage par batterie et l’approbation d’un projet de petit réacteur modulaire (PRM) témoignent de la capacité du Canada à concrétiser ses projets

➔ Au sein du cabinet de Mark Carney : le médiateur, l’initiée et le sceptique

➔ General Fusion a besoin de fonds

Sujets chauds

➔ Les sociétés canadiennes de technologie climatique ont levé 468 millions $ au premier trimestre, un chiffre en hausse par rapport au montant dérisoire de 39 millions $ récolté à la même période l’an dernier. C’est donc un début d’année positif, après le ralentissement des investissements observé entre le deuxième et le quatrième trimestre de 2024. Ce sont des contrats conclus dans le domaine de l’entreposage d’énergie et de l’énergie propre qui ont apporté l’essentiel des fonds recueillis au premier trimestre de 2025. Si l’augmentation globale du financement des technologies climatiques est encourageante, il sera néanmoins indispensable d’investir davantage dans l’innovation industrielle – au-delà des 36 millions $ enregistrés à ce jour cette année avec un contrat unique – pour réussir à décarboner les secteurs qui produisent le plus d’émissions.

➔ Le Canada aura besoin de plus de capitaux étrangers pour réaliser ses ambitions dans le secteur des matières premières. Selon les travaux menés par Cynthia Leach, Shaz Merwat et Vivan Sorab de RBC, plus de 100 projets miniers représentant 107 milliards $ se trouveront à différents stades de développement au Canada au cours des dix prochaines années. Étant donné qu’Ottawa empêche la Chine d’investir dans le secteur minier, les sociétés minières canadiennes devraient se tourner vers différents pays, les États-Unis et les pays européens par exemple, et vers des institutions, comme les fonds souverains du Moyen-Orient, pour s’imposer comme des géants du secteur des matières premières. Lisez le rapport complet ici. Vous pouvez également regarder la vidéo dans laquelle les analystes de RBC discutent des ressources minérales.

➔ Après moult discussions, le nucléaire monte enfin en puissance. Aux États-Unis, un nouveau décret vise à accélérer les commandes de nouvelles centrales sur les 18 prochains mois, afin de quadrupler la production d’énergie nucléaire en 25 ans. La Belgique renonce à sa loi prévoyant la sortie progressive du nucléaire, et certains États membres de l’UE – l’Allemagne, le Danemark et l’Italie – revoient leur position sur le sujet. L’Ontario a également décidé en mai de la construction d’un réacteur modulaire. Pour sa part, le Nouveau-Brunswick reporte la construction de son petit réacteur modulaire (PRM), car ses deux partenaires n’ont pas réussi à réunir les capitaux et à embaucher les ouvriers nécessaires. Les ambitions sont bel et bien là, mais il faut désormais trouver l’argent et le personnel pour les réaliser.

INFRASTRUCTURES

Construire, construire, construire, mais aussi savoir patienter

De grandes ambitions en butte aux réalités du terrain. Malgré un nouveau départ, la volonté du Canada de développer de nouveaux projets dans le domaine des énergies propres et classiques se heurte à des obstacles bien connus, comme la rigidité des règles environnementales et le refus des Autochtones. Ce sont là des considérations essentielles qui ne devraient toutefois pas primer sur l’intérêt national.

Les provinces qui ont adopté de nouvelles lois à la hâte sont priées d’attendre.

  • Le projet de loi 5 de l’Ontario, qui devrait être adopté, confère aux autorités le pouvoir d’attribuer des projets à des « promoteurs fiables » dans les zones économiques spéciales. Selon l’Association canadienne des libertés civiles, il s’agit d’une « évolution inquiétante » qui permet au gouvernement de supprimer de manière unilatérale les dispositifs juridiques qui protègent les collectivités vulnérables et certains peuples autochtones.

  • Inquiètes de l’intensification des activités minières, les Premières Nations du Cercle de feu, en Ontario, demandent le retrait du projet de loi. Selon la Wildlands League, dans le Cercle de feu, le nombre de titres miniers a augmenté de 67 % depuis 2022, pour s’établir un peu au-dessous de 43 000 sur un territoire équivalent à 14 fois la superficie de Toronto.

  • En Colombie-Britannique, qui espère devenir un pôle majeur pour la production de GNL et de matières premières, le gouvernement a adopté de justesse (le président de l’Assemblée a dû départager les voix) la loi sur les projets d’infrastructure (Infrastructure Projects Act), qui vise à accélérer les projets, malgré l’opposition de l’assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, des municipalités et des organismes environnementaux.

  • Le chef régional Scott McLeod de la Nation Anishinabek a déclaré qu’un plan national visant à faire progresser des projets sans concertation pourrait déclencher un nouveau mouvement « Idle no more » (Jamais plus l’inaction).

Quels sont les risques que le gouvernement fédéral rencontre des difficultés similaires alors qu’il lance une nouvelle série de grands projets ? Le NPD et le Bloc Québécois se préparent déjà à livrer bataille, mais pour l’instant, les partisans du « construire absolument » ont le vent en poupe.

John Stackhouse, de RBC, qui s’est rendu récemment au Québec et en Colombie-Britannique, constate un changement des points de vue à l’égard du développement des ressources et des exportations de pétrole et de gaz. (Lisez le compte rendu complet de John sur le Québec et la Colombie-Britannique ici.)

Alors que le premier ministre Mark Carney et les premiers ministres élaborent une stratégie et préparent un projet de loi « d’intérêt national », ils doivent tenir compte de différents facteurs :

  • Il sera indispensable d’obtenir le consentement des peuples autochtones et cela prendra du temps, surtout compte tenu de l’engagement de la Colombie-Britannique en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La déclaration des premiers ministres, publiée après leur rencontre, reconnaît l’importance de ces enjeux.

  • La première ministre Danielle Smith demande le retrait de neuf politiques fédérales « terribles », comme le projet de plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier et l’interdiction des pétroliers sur la côte nord de la Colombie-Britannique, qui ont selon elle découragé les investissements. Comment les décideurs politiques parviendront-ils à trouver un équilibre entre leurs engagements économiques et environnementaux ?

  • La tarification du carbone produit par le secteur industriel reste un sujet de discorde, car elle rend les exportations de gaz canadien moins concurrentielles, mais contribue à l’avancée des objectifs climatiques du pays.

  • Autre proposition intéressante : la priorité donnée par les premiers ministres à la décarbonation des oléoducs et gazoducs, qui nécessiterait de recourir à la technologie de capture du carbone.

  • La construction de réseaux électriques plus propres et plus abordables financièrement pour parvenir à la carboneutralité d’ici à 2050 pourrait également stimuler l’activité dans plusieurs secteurs, notamment l’acier, le bois d’œuvre et l’aluminium, qui ont été durement touchés par les droits de douane américains.

Tendances, technologie et science

Quel lait produit le moins d'émissions ?

Le lait que vous achetez est-il écologique ? Lorsqu’ils achètent du lait, les consommateurs ne peuvent pas satisfaire en même temps aux critères de nutrition, de faibles émissions et de préservation de l’eau. Selon une étude réalisée par le World Resources Institute, les produits laitiers classiques émettent le plus d’émissions et entraînent la plus grande consommation d’eau, mais sont aussi les plus nutritifs. Le lait d’amande est le plus décevant : sa production nécessite quasiment autant d’eau que le lait de vache, mais il n’est en fait pas très bon pour la santé. Le lait de pois, moins connu, se révèle finalement le mieux placé.

Au Canada, les technologies propres restent une affaire d’hommes. En 2023, les femmes étaient payées 17 % de moins que les hommes dans le secteur des produits de l’environnement et des technologies propres (ETP), un écart salarial plus prononcé d’après Statistique Canada que celui observé dans l’ensemble de l’économie canadienne, qui ressort à 12,8 %. Les femmes employées dans ce secteur étaient pourtant près de deux fois plus susceptibles (41,6 %) que les hommes (24,6 %) d’être titulaires d’un diplôme ou d’un grade universitaires. Sept postes sur dix étaient occupés par des hommes dans un secteur qui représentait 1,7 % des emplois au Canada en 2023.

Chaque minute, l’équivalent d’un camion poubelle rempli de plastique se retrouve dans l’océan. Le documentaire Océan de David Attenborough (actuellement en salles et sur les plateformes de vidéos en ligne) relate cette catastrophe. « Nous avons la possibilité de protéger notre climat, notre alimentation, nos maisons », déclare David Attenborough, le célèbre biologiste de 99 ans. Les océans absorbent 30 % des émissions de CO2 issues des activités humaines, mais seulement 2,4 % sont protégés, alors que le monde entier s’est engagé à en protéger 30 % d’ici à 2030. Les Nations Unies, qui organisent une conférence sur les océans la semaine prochaine à Nice, en France, relèvent que, sur les 17 objectifs de développement durable, celui qui porte sur « la vie aquatique » reçoit le moins de financement.

L’institut à l’œuvre

  • En Colombie-Britannique, John Stackhouse a participé à une réunion entre les chambres de commerce du Grand Vancouver et de Calgary pour discuter du rôle du Canada dans les exportations mondiales de gaz naturel.

  • Myha Truong-Regan a récemment assisté à la conférence Walrus Talks, Power Economy: Using Electricity to Change Cities, Homes, and Industry, au cours de laquelle des leaders avisés et des professionnels du climat ont expliqué pourquoi l’avenir est et doit être électrique.

  • Lors du forum sur l’énergie des Premières Nations de la Saskatchewan qui s’est tenu la semaine dernière, Varun Srivatsan s’est exprimé sur le financement par actions et l’importance des capacités, des capitaux et du consentement pour le développement des ressources.

Liste de lectures de l’équipe

  • Fantasyland, How America Went Haywire, A 500-Year History, de Kurt Andersen. Lisez l’avis de John ici.

  • Hotshot: A Life On Fire, de River Selby, sur les feux incontrôlés et la politique fédérale américaine de lutte contre les incendies, l’utilisation des terres des peuples autochtones et l’histoire de l’écologie.

  • Is A River Alive? de Robert Macfarlane, s’intéresse à l’histoire de cours d’eau en Équateur, en Inde et au Canada.

  • Who is governmentThe Untold Story of Public Service, de Michael Lewis, explore la complexité de la bureaucratie américaine.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ La mise en service d’un projet de stockage par batterie et l’approbation d’un projet de petit réacteur modulaire (PRM) témoignent de la capacité du Canada à concrétiser ses projets

➔ Au sein du cabinet de Mark Carney : le médiateur, l’initiée et le sceptique

➔ General Fusion a besoin de fonds

Sujets chauds

➔ Le Canada est un leader de la réduction des émissions de méthane. Selon l’Agence internationale de l’énergie, le Canada, qui fait partie des plus grands producteurs de pétrole et de gaz au côté des États-Unis, de la Russie et de l’Iran, présente l’une des intensités d’émissions de méthane les plus faibles. Par ailleurs, l’Agence estime que les émissions de méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone, demeurent à un niveau élevé à l’échelle mondiale, en dépit des engagements et de l’existence de solutions qui permettraient de réduire les émissions provenant des combustibles fossiles à un coût « quasi nul ». Pire encore, les émissions de méthane restent largement sous-évaluées au niveau mondial, selon le dernier rapport sur le méthane (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de l’Agence internationale de l’énergie.

Le Canada est un pilier de la réduction des émissions de méthane

➔ Les États-Unis s’attaquent à l’énergie solaire… et à la douche ! Aux États-Unis, une nouvelle proposition du Parti républicain cherche à éliminer les crédits d’impôt populaires accordés aux ménages qui installent des panneaux solaires et achètent des véhicules électriques. Selon des analystes, cette proposition d’envergure visant à supprimer plusieurs incitatifs prévus par la loi sur la réduction de l’inflation, ainsi que par d’autres programmes, permettrait au gouvernement d’économiser 560 milliards de dollars américains sur dix ans, mais entraînerait une hausse de 7 % des dépenses des ménages américains d’ici 2035. Ces mesures pourraient aussi entraver les efforts des États-Unis pour réduire leurs émissions de 43 à 48 % par rapport à 2005 au cours de la prochaine décennie. Une autre proposition prévoit de supprimer les règles qui limitent la consommation d’eau dans les douches et les toilettes. Également sur la sellette : le programme Energy Star, pourtant reconnu pour encourager l’efficacité énergétique et réduire le montant des factures d’électricité.

➔ Douze projets de terres rares actuellement en cours au Canada. Ces projets sont en phase d’exploration, d’estimation des ressources ou d’évaluation économique préliminaire. Selon un rapport de Vivan Sorab, première directrice, Technologie propre, trois installations de séparation et de traitement et deux usines de recyclage d’éléments des terres rares (ETR) existent déjà. La suppression de quelques goulots d’étranglement pourrait accélérer la réalisation des 12 projets. Dans cette optique, les investissements gouvernementaux, comme le financement provincial en Saskatchewan, favorisent l’accès à la commercialisation des installations de traitement de terres rares. Par ailleurs, des conventions de vente et d’achat à des prix concurrentiels pourraient aider l’industrie canadienne des ETR à prendre pied.

➔ Planter des arbres ne suffit pas pour lutter contre le changement climatique. La planète a besoin d’une industrie mondiale axée sur l’élimination à grande échelle du carbone dans l’atmosphère au moyen de solutions naturelles et artificielles. Écoutez le nouvel épisode de la série Les innovateurs x CDL : L’ère de l’innovation. John Stackhouse et Sonia Sennik reçoivent David Keith, pionnier de l’élimination du carbone et fondateur de Carbon Engineering, pour parler des mesures nécessaires pour réduire les émissions.

Politiques

Le médiateur, l’initiée et le sceptique

Tim Hodgson, le nouveau ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, a été chargé par son patron, Mark Carney, de transformer le Canada en « superpuissance énergétique mondiale ». Pour atteindre cet objectif, M. Hodgson devra jouer le rôle de médiateur dans le secteur des ressources naturelles, notamment en renouant avec les provinces de l’Ouest et les groupes autochtones. Jusqu’à présent, il a été chaleureusement accueilli dans l’Ouest, où règne un certain mécontentement à l’égard de l’attitude d’Ottawa envers le secteur des énergies fossiles.

Julie Dabrusin, ministre de l’Environnement et du Changement climatique, a suscité une réaction différente de la part des provinces productrices de pétrole et de gaz. En effet, sa biographie, où elle fait état de sa forte objection à l’expansion des sables bitumineux, soulève des inquiétudes. Mais sa qualité d’initiée, acquise en tant que secrétaire parlementaire auprès des ministres des Ressources naturelles et de l’Environnement et du Changement climatique, ainsi qu’à titre de membre du Comité des ressources naturelles, sera essentielle pour permettre à Ottawa de simplifier et d’accélérer le développement de projets, notamment d’oléoducs et de gazoducs. Tout comme le gouvernement du Québec, le premier ministre semble ouvert à l’idée de construire de nouveaux pipelines de combustibles fossiles. « Les Québécois ne comptent pas laisser Donald Trump contrôler le pétrole produit en Alberta. Est-il possible de passer par le Québec, pour l’exporter vers l’Europe au lieu de dépendre de Trump ? Nous sommes ouverts à cette idée. Je sens que les choses bougent », a récemment déclaré le premier ministre François Legault, ajoutant qu’aucun projet concret n’avait été proposé.

Désormais responsable du patrimoine, l’ancien ministre de l’Environnement Steve Guilbeault a fait sourciller dès son retour au parlement en se montrant sceptique à l’égard d’un projet d’oléoduc reliant l’Est à l’Ouest. Son portefeuille inclut Parcs Canada, ce qui renforce sa légitimité pour aborder les questions de biodiversité et d’érosion de la nature provoquée par le changement climatique.

Comités à suivre : La plupart des affaires gouvernementales sont traitées au sein de comités du Cabinet. Un des comités à suivre est Construire le Canada, qui examine une grande variété d’enjeux, notamment en ce qui a trait au logement, aux infrastructures, à la prospérité économique des Autochtones ou à l’action climatique. L’équipe composée de Tim Hodgson et Chrystia Freeland, respectivement président et vice-présidente du comité, combine expertise du secteur privé et expérience ministérielle.

TECHNOLOGIES PROPRES

Injection de fonds pour General Fusion

General Fusion a besoin de nouveaux capitaux. L’entreprise de fusion nucléaire établie en Colombie-Britannique a annoncé une percée technologique qui constitue un pas de plus vers l’intégration de la technologie de fusion sans carbone au réseau électrique. General Fusion a dû cependant réduire ses effectifs en raison de « contraintes financières inattendues », et est maintenant à la recherche de nouveaux capitaux pour mener à bien son projet, a déclaré son chef de la direction Greg Twinney.

La fusion nucléaire reproduit le processus par lequel les étoiles génèrent de l’énergie. Il s’agit d’une technologie extrêmement complexe, dont la mise en œuvre est constamment repoussée « dans cinq ans ». Néanmoins, les avancées technologiques récentes ont ravivé l’intérêt des investisseurs.

General Fusion a également besoin d’un alignement des étoiles. Bien que le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux aient déjà investi dans l’entreprise, Greg Twinney cherche à obtenir des financements supplémentaires, notamment de la part du secteur privé, car l’entreprise rivalise avec d’autres programmes de fusion financés par des fonds publics à l’échelle internationale. Selon PitchBook, depuis 2002, l’entreprise a amassé 440,53 millions de dollars américains, et compte parmi ses investisseurs Temasek, BDC Capital, Chrysalix Venture Capital et Jeff Bezos. General Fusion a récemment engagé l’ancien chef de la direction de Blue Origin LLC, la société aérospatiale du fondateur d’Amazon.com Inc., en tant que conseiller stratégique.

Ces dernières années, les États-Unis ont dépensé 800 millions de dollars par an dans la technologie de fusion, tandis que la Chine a injecté entre 1 et 1,5 milliard de dollars par an. Il existe aujourd’hui dans le monde 98 usines-pilotes ou prototypes en activité, 13 autres sont en construction et 33 à l’étape de projet.

General Fusion est talonnée par des entreprises canadiennes concurrentes. La société montréalaise Fuse Energy a levé 32 millions de dollars américains de nouveaux fonds à la fin de l’année dernière, et compte la National Nuclear Security Administration (agence américaine pour la sécurité nucléaire) comme principal collaborateur et client potentiel. L’idée est que Fuse Energy devienne pour la NNSA, ce que SpaceX est pour la NASA, a déclaré son chef de la direction de 24 ans, JC Btaiche. L’année dernière, les Laboratoires Nucléaires Canadiens ont demandé la mise en place d’une stratégie canadienne en matière de fusion pour aider le pays à atteindre son objectif de zéro émission nette d’ici 2050. Parmi les pays du G7, le Canada est celui qui offre le moins de soutien public par habitant au développement de la technologie de fusion, constatent les Laboratoires Nucléaires Canadiens.

Tendances, technologie et science

➔ L’Ontario s’apprête à construire le premier petit réacteur modulaire (PRM) du G7. La province a donné le feu vert à Ontario Power Generation pour lancer la construction du premier des quatre petits réacteurs modulaires dans le cadre de son projet Darlington New Nuclear, le premier du genre en Ontario depuis trois décennies.

➔ L’installation de stockage d’énergie d’Oneida est désormais en service. Cette installation de stockage par batterie, qui se trouve dans le sud de la province, près de Hamilton, dans le comté Haldimand, est la quatrième plus grande au monde. Ses 278 batteries aux ions de lithium stockeront suffisamment d’énergie pour alimenter le sud de l’Ontario durant les pointes de consommation ou lorsque d’autres sources d’énergie deviendront trop onéreuses. Dirigé par des Autochtones et utilisant des sources renouvelables, ce projet permettra de réduire les émissions de l’Ontario de près de 4 millions de tonnes, ce qui équivaut à retirer près de 850 000 voitures à essence de la circulation pendant un an. L’installation pourrait inspirer les grands consommateurs d’énergie, comme les centres de données, qui étudient actuellement différentes options. Dans son blogue, John Stackhouse explique comment le stockage par batterie accroît la possibilité de maintenir des coûts bas et une fiabilité élevée, tout en respectant les engagements climatiques du Canada.

➔ Le recyclage semble passer de mode. Un rapport du groupe de réflexion Circle Economy a révélé que seulement 6,9 % des 106 milliards de tonnes de matériaux utilisés chaque année par l’économie mondiale provenaient de sources recyclées, ce qui représente une baisse de 2,2 points de pourcentage depuis 2015. Le groupe de réflexion a constaté que si l’utilisation de matériaux recyclés a augmenté de 200 millions de tonnes entre 2018 et 2021, la consommation globale de matériaux a crû beaucoup plus vite, annulant ainsi ces progrès.

L’institut à l’œuvre

➔ John Stackhouse a participé au sommet du B7 à Ottawa la semaine dernière. Il y a présenté les résultats préliminaires du projet conjoint entre RBC et le Center on Global Energy Policy de l’Université de Columbia qui porte sur les options politiques liées au gaz et au gaz naturel liquéfié.

➔ Le 30 avril, John Stackhouse et Lisa Ashton ont présenté les résultats de nos dernières recherches sur l’agriculture, l’alimentation et l’enseignement postsecondaire au Conseil des doyens – Agriculture, Alimentation et Médecine vétérinaire à Ottawa. Ils ont souligné les principales perspectives en matière de perfectionnement des talents, d’innovation et de résilience du secteur.

➔ Découvrez les quatre principaux points à retenir de Myha Truong-Regan’s, cheffe, Recherche climatique, tirés d’un récent événement sur le gaz et l’électricité organisé par la Chambre de commerce de la région de Toronto.

➔ L’Institut d’action climatique RBC a coorganisé une table ronde avec Nature United dans le cadre du colloque du Salazar Center for North American Conservation, qui s’est tenu à Vancouver ce mois-ci. Lisa Ashton a animé la discussion qui portait sur la manière de positionner la conservation et la gérance de l’environnement en tant qu’atouts stratégiques dans les plans de croissance des secteurs dépendants de la nature, comme la foresterie, l’agriculture et l’exploitation minière.

➔ Liste de lecture de l’équipe : The Measure of Progress: Counting What Really Matters de Diane Coyle ; Bad Company: Private Equity and the Death of the American Dream de Megan Greenwell et Transcend: Unlocking humanity in the age of AI de Faisal Hoque.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Issue #12

➔ Le projet de capture du carbone et les obligations de transition, deux priorités pour Mark Carney
➔ Le successeur de Warren Buffett à la tête d’un véritable empire énergétique
➔ Des vedettes des technologies propres en difficulté et un prix de la fiction climatique

➔ Les politiques canadiennes en matière de véhicules électriques nuisent aux agriculteurs. Dans une lettre adressée à trois ministres fédéraux, les représentants du secteur agricole de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante  (FCEI) soulignent que les droits de douane appliqués par Ottawa aux véhicules électriques chinois ont eu comme « conséquence inattendue » l’imposition de droits de douane par Beijing, notamment sur le canola, les homards et les pois. Les 62 milliards de dollars de subventions accordés par le Canada aux constructeurs de véhicules électriques ne se sont pas non plus traduits par une envolée des investissements, car les entreprises concernées ont suspendu leurs projets au Canada, a précisé la FCEI. Les signataires plaident pour qu’une partie des fonds soit réorientée vers les petites entreprises.

➔ L’énergie verte a-t-elle déclenché des pannes d’électricité dans la péninsule ibérique ? Selon certains, les ressources « non contrôlables » (les installations solaires ou éoliennes, qui ne peuvent pas être commandées ou programmées à la demande) sont responsables des pannes survenues. Or les réseaux alimentés par des combustibles fossiles peuvent s’effondrer aussi, comme en Italie en 2003. L’intermittence de la production entraîne cependant son lot de problèmes. Alors que les causes exactes de la panne restent obscures, l’opérateur de réseau espagnol REE avait prévenu en février que la dépendance aux énergies renouvelables pourrait conduire à une instabilité du réseau, notamment si le gouvernement fermait ses centrales nucléaires d’ici 2027. La réponse pourrait-elle simplement consister à maintenir la diversification du bouquet énergétique ?

➔ Le successeur de Warren Buffett à la tête d’un véritable empire énergétique. L’« Oracle d’Omaha » a choisi Greg Abel, originaire d’Edmonton, pour lui succéder à la tête de Berkshire Hathaway. En sa qualité de président des activités de la compagnie dans le domaine de l’énergie et dans d’autres secteurs non liés à l’assurance, M. Abel dirige un conglomérat qui figure parmi les plus grands exploitants d’énergie éolienne et solaire aux États-Unis, sans parler des services publics d’électricité et des gazoducs. Berkshire Hathaway exploite certaines des centrales au charbon les plus polluantes aux États-Unis, mais ce type de centrale ne compte plus que pour 22 % de sa production d’électricité, contre 71 % en 2005.

➔ L’Ontario accélère l’exploitation des minéraux critiques. Les nouvelles règles proposées encourageront l’investissement dans les chaînes logistiques locales. En réduisant la dépendance à l’égard des importations, elles doperont la création d’emplois, stimuleront la croissance économique et feront de l’Ontario l’un des chefs de file de l’économie verte. Les nouvelles règles donneront également à la province des pouvoirs étendus pour protéger ses actifs stratégiques contre les « acteurs et régimes étrangers hostiles ». Cette décision intervient alors que les États-Unis tentent frénétiquement de sécuriser l’accès aux minerais critiques, notamment en concluant un accord avec l’Ukraine, en rationalisant les chaînes logistiques et en accélérant l’exploitation minière en eaux profondes.

POLITIQUE CLIMATIQUE

L’économie et le commerce sont en tête des priorités du nouveau gouvernement fédéral, mais les enjeux climatiques se fraient leur chemin. Les « corridors énergétiques », notamment, sont considérés comme moteurs possibles d’une croissance dopée par les investissements.

Voici quelques dossiers de premier plan auxquels entend s’atteler le gouvernement.

➔ Lancement d’un grand projet de capture du carbone en Alberta Comment faire décoller un projet de capture et de stockage du carbone soutenu par l’Alliance nouvelles voies, un consortium réunissant des producteurs des sables bitumineux ? Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a déclaré la semaine dernière à Edmonton qu’il attendait avec impatience le lancement du projet..

➔ Renforcement de la politique industrielle en matière de carbone. Les conservateurs voulaient abroger la tarification fédérale du carbone pour les émissions industrielles, mais cette dernière est maintenue pour l’instant. L’an dernier, Myha Truong-Regan, responsable de la recherche sur le climat à l’Institut d’action climatique RBC, a co-écrit un article sur le rôle central que jouent les marchés du carbone industriel pour accélérer la transition énergétique du Canada.

➔ Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Le mécanisme figurait dans le programme électoral des libéraux. Il pourrait être la version canadienne d’une « taxe climatique ». S’il est mis en œuvre, il accroîtrait la compétitivité des entreprises canadiennes vertueuses face à leurs rivales étrangères grandes émettrices de GES. L’imposition d’un tel mécanisme au Canada serait probablement saluée par les Européens mais se heurterait à une forte résistance et à des représailles de la part des États-Unis – entre autres partenaires commerciaux.

➔ Contrats sur différence pour le carbone. Mark Carney est favorable à l’extension de l’initiative mais son gouvernement doit d’abord gérer de nombreuses priorités financières.

➔ Diffusion de l’information sur les risques climatiques. L’idée a été lancée sur la plateforme électorale juste au moment où les commissions provinciales en valeurs mobilières du Canada suspendaient leurs travaux visant à rendre obligatoire la communication, par les sociétés ouvertes, d’informations touchant au climat.

➔ Obligations de transition. Dans leur programme électoral, les libéraux proposent de financer des projets industriels et agricoles « propres » grâce à des obligations, pour un montant annuel de 10 milliards de dollars.

➔ Plafonnement des émissions du secteur pétrogazier. Des ajustements sont possibles, Mark Carney ayant suggéré qu’il travaillerait avec le secteur et les provinces sur « des moyens spécifiques pour obtenir ces réductions, qui ne seraient pas […] des plafonds prédéfinis ni des restrictions prédéfinies, avec un calendrier prédéfini ».

➔ Pour plus de détails, voir l’article de John Stackhouse sur les options dont dispose Mark Carney sous la présidence de Donald Trump.

➔ Nouvelle sortie de route pour Li-Cycle. Les problèmes s’accumulent pour la société torontoise : après l’échec du rachat par la société minière suisse Glencore, le chef de la direction tire sa révérence.

➔ Le Québec ne sauvera pas Lion Electric Co. Aucun sauveur n’a encore volé au secours du fabricant d’autobus et de camions électriques, qui souffre des retards dans les programmes de subventions et d’incitations canadiens ou américains ainsi que des perturbations des chaînes logistiques.

➔ La Néo-écossaise Planetary Technologies remporte le prix XPrize (valeur : 1 M$ US). L’entreprise technologique spécialisée dans la capture du CO2 des océans était en lice avec 1 300 concurrents dans le cadre d’un concours doté de 100 millions de dollars américains et soutenu par Elon Musk. Mati Carbon, une entreprise américano-indo-africaine, a remporté le prix principal (50 M$) pour sa technologie d’élimination du carbone.

➔ Série Les innovateurs RBC. Avec Mike Kelland (Planetary Technologies), Jim Mann (UNDO), qui a remporté un prix XPrize de 5 M$ US, et David Keith (scientifique pionnier du climat et cofondateur de Carbon Engineering), John Stackhouse et Sonia Sennik discutent de la course à l’innovation visant à mettre en œuvre à grande échelle les technologies d’élimination du carbone.

➔ Le Nunavut se réjouit du recours à l’énergie solaire. Grâce à la mise en service de 2 500 panneaux solaires, une minuscule collectivité du cercle arctique pourra bientôt se passer de génératrices diesel, du moins en été.  

➔ Prix de la fiction climatique. La rencontre entre un garçon et une fille sur fond de changements climatiques et l’amour à l’ère des feux de forêt sont deux des thèmes abordés dans les cinq romans sélectionnés pour le tout premier prix de la fiction climatique, d’un montant de 10 000 livres sterling. Le lauréat sera désigné lors du Hay Festival, qui se tiendra au Pays de Galles d’ici la fin du mois.

➔ Un grand nombre des principaux dirigeants autochtones du Canada se sont réunis à l’occasion de la 8e conférence annuelle de la First Nations Major Projects Coalition, parrainée par RBC, afin de déterminer comment mieux mobiliser des capitaux pour des projets menés en partenariat avec des autochtones. RBC a également publié un rapport baptisé Bâtir ensemble et a organisé une table ronde privée avec 30 dirigeants autochtones et chefs de la direction sur le renforcement de la résilience économique du Canada et sur le rôle central des partenariats noués avec les Autochtones et de l’inclusion de ces derniers.

➔ Le Sommet ontarien sur l’alimentation a rassemblé des chefs de file de la chaîne d’approvisionnement alimentaire de toute la province. John Stackhouse et Lisa Ashton, de Leadership avisé RBC, ont prononcé l’allocution d’ouverture, consacrée aux relations commerciales canado-américaines et à leur impact sur l’agriculture et l’alimentation ; les orateurs ont souligné les principales conclusions de notre dernier rapport de recherche, L’alimentation d’abord.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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Issue #11

➔ L’édition du Jour de la Terre met l’accent sur les difficultés énergétiques du Canada et de la Colombie-Britannique
➔ L’acier vert est à nos portes
➔ Véhicules électriques : liberté ou obstacle?

Sujets chauds

➔ Notre énergie, notre planète. C’est le thème autour duquel gravite le Jour de la Terre cette année, célébré aujourd’hui, alors que nous voyons notre capacité à prendre soin de la planète diminuer légèrement. Ce numéro s’efforce cependant de célébrer les petites victoires dans un (très) long parcours vers la guérison de la planète. Malgré l’abolition et l’assouplissement de plusieurs politiques mondiales ambitieuses au chapitre du climat, il y a matière à se réjouir à certains égards. La capacité accrue en énergie renouvelable, avec en tête l’énergie solaire et éolienne, a atteint un nouveau sommet à l’échelle mondiale en 2024, dans un contexte où l’énergie renouvelable représentait plus de 92 % de l’expansion énergétique totale. La International Renewable Energy Agency (IRENA) prédit néanmoins que nous ne parviendrons pas à atteindre l’objectif collectif établi en 2023 visant à tripler la capacité installée d’énergie renouvelable d’ici 2030.

➔ C’est à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, qu’une révolution de l’énergie verte canadienne se prépare. La société Algoma Steel, établie dans le nord de l’Ontario, se prépare à lancer ce mois-ci son four à arc électrique. Cette innovation permettra de réduire le coke ou l’énergie au charbon et de diminuer les émissions annuelles de l’organisation de 70 %. Ce serait un exploit pour n’importe quel secteur, mais c’est une véritable prouesse pour une industrie considérée comme l’une des plus difficiles à décarboner.

➔ Le premier petit réacteur modulaire canadien a obtenu le feu vert ce mois-ci. Le petit réacteur modulaire (PRM) installé à la centrale nucléaire de Darlington, en Ontario – le premier au sein d’une nation du G7 – a été autorisé par la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Le développeur, Ontario Power Generation, attend maintenant l’accord de la province. L’histoire connaît toutefois un rebondissement sur le plan commercial. En effet, le réacteur BWRX-300 a été construit par GE-Hitachi Nuclear Energy, une société située en Caroline du Nord, de sorte que le Canada dépend de la chaîne d’approvisionnement américaine à un moment où les liens entre les deux pays sont tendus.

➔ Le climat est relégué aux oubliettes des enjeux électoraux. Lors des élections fédérales de 2021, environ 24 % des Canadiens estimaient que le climat était un enjeu important. Tandis qu’ils commencent à se rendre aux urnes dans la dernière ligne droite avant le jour des élections du 28 avril, un peu moins de 4 % sont d’accord avec cet énoncé. Comme l’on pouvait s’y attendre, les relations entre les États-Unis et le Canada figuraient en tête de liste dans le sondage non partisan de la Boussole électorale mené auprès de 161 000 Canadiens, suivies de l’économie, de l’abordabilité, de la justice sociale et des soins de santé. L’environnement n’a pas réussi à se tailler une place parmi les cinq principaux enjeux. De plus, les changements climatiques n’ont pratiquement pas été mentionnés lors des débats télévisés des chefs de partis (cliquez ici pour lire la publication LinkedIn de John Stackhouse).

Jour de la Terre : Une super-énergie propre

Comme le thème du Jour de la Terre est axé cette année sur l’objectif de tripler l’énergie renouvelable d’ici 2030, le Canada peut souligner quelques victoires dans le secteur de l’électricité, particulièrement le fait d’être déjà conforme à l’Accord de Paris. L’Alberta n’a plus recours au charbon six ans plus tôt que prévu, tandis que les émissions absolues liées au secteur de l’électricité ont diminué d’environ 10 % par rapport à 2023.

Trois graphiques illustrent pourquoi l’électricité incarne parfaitement les progrès du Canadien au chapitre du climat :

Nous ne devons cependant pas tomber dans la complaisance. Voici trois défis critiques que les décideurs politiques canadiens – et le nouveau gouvernement fédéral – devront bientôt relever.

➔ Assurer l’équilibre entre l’abordabilité et les objectifs d’énergie propre. Le coût de construction élevé des barrages hydroélectriques et des centrales nucléaires empêchera les services publics de maintenir des factures d’électricité abordables.

➔ Assurer l’expansion des réseaux électriques propres. Le Canada doit plus que doubler sa capacité électrique d’ici 2050 tout en veillant à ce qu’elle reste propre si nous souhaitons attirer les investissements nécessaires pour bâtir des centres de données, des chaînes d’approvisionnement automobiles et d’autres installations de fabrication lourde).

➔ Veiller au respect des droits des Autochtones. Les projets énergétiques, qui sont investis d’un nouveau sentiment d’urgence, ne peuvent être mis en œuvre qu’avec l’adhésion, le consentement et la participation financière des Premières Nations. Le Canada présente une feuille de route inégale dans ce dossier, qui doit être corrigée si nous voulons accélérer le déploiement des projets.

Prêts ou non

Toujours sur le thème de l’énergie, les projets de gaz naturel liquéfié (GNL) de Colombie-Britannique doivent maintenant seulement être prêts pour zéro émission nette. C’est la distinction que le gouvernement de Colombie-Britannique a faite dans une nouvelle lettre à l’intention de l’organisme de réglementation en matière d’environnement, largement considérée comme un assouplissement des règles environnementales de la province. Ou serait-ce plutôt une approche réaliste des enjeux climatiques ? Les territoires doivent se livrer à un exercice délicat alors qu’ils propulsent de nouveaux projets dans un monde frappé par les droits de douane sans pour autant abandonner leurs engagements en matière d’environnement.

BC Hydro, le service public provincial, a augmenté sa production, sans réussir à suivre le rythme de la demande accrue, qui devrait croître de 15 % d’ici 2030. Un peu plus de 90 % du réseau de la Colombie-Britannique n’émet aucune émission, mais cette proportion pourrait diminuer avec l’énergie au gaz naturel.

Voici comment la province met les bouchées doubles pour réaliser ses objectifs économiques et climatiques :

➔ Le plan d’immobilisations sur 10 ans (2024-2025 à 2033-2034) de BC Hydro comprend près de 36 milliards de dollars en investissements dans la collectivité et dans l’infrastructure régionale, une augmentation de 50 % par rapport à son plan précédent.

➔ La quatrième unité d’alimentation hydroélectrique du Site C a été mise en service ce mois-ci, et sera suivie de deux autres d’ici l’automne. Une fois pleinement opérationnel, le projet du nord-est de la province peut alimenter près de 500 000 foyers, augmentant l’offre d’électricité de BC Hydro de 8 %. Étant donné les attentes visant à doubler ou à tripler l’approvisionnement du Canada d’ici 2050, nous avons besoin d’augmentations similaires tous les deux ou trois ans, selon les estimations de Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique. « La politique voulant que les projets doivent être « prêts » ajoute probablement une certaine ambiguïté, mais il est bon de constater que les perspectives quant à la nécessité de bâtir sont en train de changer », ajoute-t-il.

➔ En février, la Colombie-Britannique a signé des contrats pour neuf projets éoliens et un projet solaire, qui totalisent 4 830 gigawattheures (GWh). Tous les projets sont détenus majoritairement par des Premières Nations.

➔ La Colombie-Britannique est en voie d’électrifier le nord de la province, une initiative essentielle pour plusieurs projets énergétiques d’envergure, y compris le projet de GNL Ksi Lsims actuellement assujetti à un examen réglementaire. Le projet d’exportation de gaz ayant reçu l’appui des Autochtones se dispute maintenant les marchés asiatiques avec un développement de GNL d’Alaska qui gagne du terrain. Le Canada doit agir rapidement.

➔ Le projet North Cost Transmission Line (NCTL)) est un élément essentiel du réseau d’énergie propre du nord de la Colombie-Britannique. Le gouvernement accélère l’émission de permis afin d’augmenter le rythme de construction du NCTL et d’autres lignes de transport à haut voltage majeures.

➔ Le gouvernement de la Colombie-Britannique n’exclut pas d’approuver de nouveaux barrages hydroélectriques dans la province.

➔ Enfin, nous surveillons les développements liés au plafond d’émissions de gaz à effet de serre pour les services publics de gaz naturel prévu dans le document Roadmap to 2030 de CleanBC.

Quatre obstacles en vue pour les véhicules électriques

John Stackhouse

Les véhicules électriques pourraient tout aussi bien figurer parmi les victimes de la guerre commerciale qu’en sortir gagnants. Il est encore trop tôt pour le dire.

La plus récente évaluation trimestrielle de BloombergNEF (BNEF) prévoit une volte-face dans certains marchés et une accélération dans d’autres, notamment en Chine. Le Canada fait partie des marchés qui se situent à un tournant.

Les véhicules électriques, y compris les véhicules hybrides rechargeables, ont représenté un cinquième des ventes de véhicules l’an dernier, ce qui correspond à 17,2 millions de nouveaux véhicules sur la route, une augmentation de 24 % en un an. Cette croissance provient principalement de Chine, où près de la moitié des nouveaux véhicules vendus sont électriques, une proportion qui est appelée à augmenter cette année en raison d’un incitatif de mise à la ferraille offert aux propriétaires de voiture.

Ailleurs, les véhicules électriques sont confrontés à de nouveaux défis, y compris la guerre des marques dans laquelle se trouve Tesla. Les ventes européennes ont commencé à plafonner en 2024, tandis qu’elles ont affiché une croissance modérée aux États-Unis. Par ailleurs, ces chiffres datent d’avant le jour de la libération (2 avril) et la décision de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 25 % sur les véhicules et les pièces automobiles importées. La dernière chose dont les producteurs de véhicules électriques ont besoin est une hausse des coûts. D’autres changements politiques, comme l’assouplissement des normes européennes sur les carburants et la fin de la taxe carbone pour les consommateurs au Canada, peuvent plomber davantage les ventes de véhicules électriques alors que l’aspect économique des moteurs conventionnels leur fait regagner du terrain par rapport aux batteries.

Les ventes canadiennes de véhicules électriques au cours de la dernière année ont représenté quelque 15 % des ventes de véhicules de tourisme. BNEF s’attend à ce que les ventes de véhicules électriques au Canada augmentent de 20 % cette année, dans un contexte de diminution des mesures de soutien.

Si les ventes de véhicules électriques ralentissent, ce sera en raison de quatre obstacles qui surviendront au cours des prochains mois :

➔ 1. Subventions. Les gouvernements aux prises avec des difficultés budgétaires tenteront de réduire les dépenses dans certains secteurs afin de financer des mesures économiques destinées aux entreprises et aux travailleurs touchés par la guerre commerciale. L’administration Trump a dans sa ligne de mire des mesures généreuses introduites pendant le mandat de Joe Biden. De plus, de nombreux gouvernements retirent leurs propres parcs automobiles des programmes liés aux véhicules électriques. 

➔ 2. Droits de douane. Les États-Unis appliquent un éventail de droits de douane et de restrictions commerciales sur les batteries et leurs composantes, tandis que la Chine restreint également les exportations de minéraux critiques. Les droits de douane sur les batteries devraient atteindre 115 % cette année et 132 % l’année suivante. On s’attend à ce que le gouvernement Trump continue d’explorer les mesures antidumping à l’encontre des producteurs de composantes de batteries chinoises, bien qu’un certain nombre de fabricants américains, dont Tesla, en dépendent.

➔ 3. Croissance économique. Si la guerre commerciale continue de freiner la croissance économique, les consommateurs achèteront moins de véhicules, électriques ou non, et les gammes de véhicules électriques plus dispendieuses seront particulièrement touchées.

➔ 4. Taux d’intérêt. Si les droits de douane alimentent l’inflation et maintiennent les taux d’intérêt à un niveau plus élevé, les voitures seront les premiers biens de consommation à voir leurs ventes reculer. Les véhicules électriques pourraient être les plus touchés, dans un contexte où les gens conserveront leur voiture pendant un an ou deux de plus qu’ils le font habituellement.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John StackhouseMyha Truong-ReganSarah PendrithFarhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni et Frances Dawson.

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Bulletin d’information sur le climat

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Issue #11

➔ Droits de douane : un frein à la transition énergétique
➔ L’Inflation Reduction Act : abroger, modifier ou conserver ?
➔ Une approche réaliste des enjeux climatiques

Sujets chauds

➔ Les Canadiens gardent un vif intérêt pour le climat. Selon un sondage Ipsos réalisé pour le compte de RBC (tableau ci-dessous), les Canadiens sont plus nombreux que les Américains et les Britanniques à estimer que la réduction des émissions industrielles est un objectif climatique important. Cependant, ils sont moins portés à favoriser une réduction de l’utilisation des ressources naturelles.

Les Canadiens soucieux du climat

➔ Une approche réaliste des enjeux climatiques. Le Council on Foreign Relations a lancé la Climate Realism Initiative, dont la mission consistera à élaborer une nouvelle stratégie climatique pour les États-Unis. Cinq prémisses ont retenu l’attention de Myha Truong-Regan, cheffe, Recherche climatique : 1) les initiatives climatiques seront façonnées par les priorités économiques et relatives à la sécurité nationale ; 2) l’action climatique peut constituer un avantage concurrentiel dans le commerce mondial ; 3) les objectifs climatiques mondiaux et nationaux doivent être facilement compréhensibles pour susciter un appui généralisé ; 4) l’augmentation exponentielle de la demande énergétique exigera l’exploitation des combustibles fossiles et des énergies renouvelables ; 5) il faudra éviter de présenter l’action climatique comme un enjeu exigeant des sacrifices personnels plutôt que des décisions de consommation intelligentes.

➔ Les grands investisseurs s’empressent de faire l’acquisition d’actifs d’énergie renouvelable. Un certain nombre d’actifs d’énergie renouvelable dont la valeur a baissé depuis cinq ans ont suscité l’intérêt d’acheteurs. Récemment, la société de gestion d’actifs Brookfield a fait l’acquisition de la filiale américaine d’énergies terrestres renouvelables du groupe britannique National Grid pour la somme de 1,7 milliard de dollars US, et a déboursé 6,6 milliards de dollars US pour acheter le producteur d’énergies renouvelables français Neoen s.a. et 2,3 milliards de dollars pour mettre la main sur des centrales éoliennes en mer en exploitation au Royaume-Uni. Le fonds d’investissement KKR & Co. cherche à lever 7 milliards de dollars US pour son premier fonds mondial pour le climat, tandis que la société d’investissement Copenhagen Infrastructure Partners a clôturé en mars son plus important fonds dédié aux énergies renouvelables, qui avait atteint un actif de 12 milliards d’euros. Les investisseurs bien nantis sont à l’affût.

➔ Une nouvelle politique américaine sur les biocarburants risque de limiter les débouchés commerciaux du Canada. Bon nombre d’agriculteurs et de producteurs de biocarburants canadiens craignent d’être exclus du crédit à la production de carburants propres proposé aux États-Unis (45Z). Ce nouveau crédit, qui remplace les incitatifs dont bénéficiaient auparavant les producteurs canadiens, introduit un crédit d’impôt pour les agriculteurs assorti de restrictions liées à l’intensité carbone et au pays d’origine, explique Lisa Ashton, responsable principale, Politique agricole. Les agriculteurs américains pourraient se retrouver dans une position nettement plus avantageuse si la majorité des producteurs canadiens sont inadmissibles à ces crédits.​

Les guerres commerciales liées au climat ont commencé

Il faut maintenant ajouter le modeste terbium à la liste des matières premières prises dans la tourmente des droits de douane. Ce minéral argenté de la famille des terres rares qui est utilisé dans la fabrication des éoliennes est l’un des sept minéraux soumis aux contrôles des exportations imposés par Beijing en représailles relatives aux droits de douane américains. La Chine, qui contrôle 95 % de l’approvisionnement mondial en terbium, a également restreint les exportations de ses substituts, le gadolinium et le scandium, le tout risquant d’avoir des répercussions sur les grandes entreprises technologiques américaines.

Si les automobiles et l’acier font les manchettes, les entreprises actives dans la transition énergétique sont, elles aussi, touchées par les droits de douane affectant les matériaux nécessaires à la fabrication des pièces, engrenages et pistons indispensables aux technologies propres.

Il est encore tôt, mais voici les perturbations que nous prévoyons, surtout si les droits de douane sont maintenus au-delà de quelques mois:

  • Les batteries pour véhicules électriques seront durement touchées. Les droits de douane, plus élevés que les droits de base américains, imposés à la Chine et à l’Union européenne pourraient déstabiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales. BloombergNEF estime que les prix des batteries et de l’énergie solaire seront les plus durement touchés.

  • Certains métaux et minéraux ont été exemptés, mais la Chine entend néanmoins riposter. Le cuivre, le zinc, les métaux des terres rares, le germanium, le combustible nucléaire, le lithium et le cobalt sont exemptés des droits de douane, mais la Chine contre-attaquera tout de même en imposant un contrôle à l’exportation de plusieurs minéraux critiques qui nuirait aux pays occidentaux, du moins à court et à moyen terme. Le Canada, avec ses ressources abondantes, peut venir en aide à ses alliés.

  • L’uranium est sur le point de prendre de la valeur. La dépendance des États-Unis en ce qui a trait à l’uranium, notamment l’uranium du Canada, et aux services d’enrichissement étrangers, comme ceux de la Russie, rend la trajectoire des prix du combustible nucléaire incertaine, souligne Vivan Sorab, premier directeur, Technologie propre. Les droits de douane sur l’uranium canadien avaient d’abord été fixés à 25 % avant d’être abaissés à 10 %. Réagissant à l’incertitude entourant les droits de douane, les opérateurs de réacteurs américains ont évité de signer de nouveaux contrats d’achat au début de l’année, selon Mining.com. Et comme les États-Unis dépendent de fabricants étrangers pour certains composants de réacteurs (p. ex., les réservoirs de pression), des droits de douane pourraient faire augmenter les coûts encore davantage.

  • Les énergies renouvelables étaient déjà touchées par des droits de douane. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) soulignait l’an dernier – bien avant que les États-Unis amorcent la présente guerre commerciale – que les droits de douane sur les systèmes et composants des énergies renouvelables étaient en moyenne deux fois plus élevés que ceux imposés aux combustibles fossiles.

  • Les technologies propres devenaient de plus en plus abordables. De nombreuses technologies ont vu leurs coûts baisser au cours de la dernière décennie. Selon l’AIE, des droits de douane de 100 % sur les modules photovoltaïques solaires annuleraient la réduction des coûts observée au cours des cinq dernières années.BloombergNEF fait remarquer qu’un certain nombre d’importations d’énergie propre de la Chine étaient déjà soumises à des droits de douane élevés et que ceux-ci augmenteront encore.

  • Les enjeux climatiques demeurent urgents. Les indices boursiers fluctuent constamment, mais l’indice mondial des émissions de carbone n’évolue que dans une seule direction : à la hausse. Les niveaux de CO2 n’ont jamais été aussi élevés en 800 000 ans, selon les estimations des Nations Unies. Chaque obstacle, pénurie de matériau et barrière commerciale retarde la maîtrise des émissions.

L’Inflation Reduction Act : abroger modifier ou conserver ?

L’Inflation Reduction Act pourrait être affectée par les mesures de réduction des dépenses envisagées par Washington.

Le Congrès américain est confronté à la question du financement du prolongement des dispositions de la Tax Cuts and Jobs Act, ce qui pourrait avoir une incidence sur les crédits d’impôt de l’Inflation Reduction Act. Voici l’analyse de RBC Marchés des Capitaux concernant les perspectives liées à cette loi.

➔ Le coût du prolongement des allègements fiscaux, estimé à quelque 4,5 billions de dollars US sur 10 ans, incite les législateurs à revoir, en contrepartie, toutes les facettes du régime fiscal américain, y compris les crédits d’impôt liés à l’énergie de l’Inflation Reduction Act.

➔ Dans une manifestation de soutien, 21 élus républicains de la Chambre des représentants ont récemment signé une lettre affirmant que le développement des énergies propres était crucial pour assurer la domination énergétique dont rêve Trump.

➔ De plus, 83 % des 126 milliards de dollars US investis dans le secteur privé de la fabrication depuis l’adoption de l’Inflation Reduction Act l’ont été dans des circonscriptions républicaines.

➔ Bien que RBC Marchés des Capitaux ne considère pas l’abrogation complète de la loi comme un scénario probable, elle juge qu’il est sans doute trop optimiste de penser que les législateurs républicains réussiront à protéger les crédits d’impôt à l’investissement dans les technologies propres face aux pressions exercées par le parti républicain et par Donald Trump lui-même.

Indicateur Trump

Toute une série de décrets et de décisions de Washington a une incidence sur le climat et la transition énergétique :

➔ Droits de douane « de réciprocité » : L’annonce, le 2 avril, a fait plonger les marchés et exacerbé les tensions. Les droits de douane de base étaient déjà fixés à 10 %, mais de nombreux pays se sont fait imposer des droits de douane plus élevés. Les proches partenaires commerciaux – le Canada et le Mexique – ont été temporairement épargnés. Alors que les marchés s’effondraient, Donald Trump a maintenu le droit de douane universel de 10 % pour la plupart des pays, mais imposé à la Chine des droits de douane de 125 %. 

➔ Résultat : La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que les nouveaux droits de douane étaient un « coup dur pour l’économie mondiale ». La Chine a répliqué avec des droits de 84 % sur l’ensemble des produits américains. 

➔ Droits de douane sur les véhicules importés : Des droits de douane généraux de 25 % ont été imposés sur tous les véhicules fabriqués à l’étranger. Les pièces conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique en sont exemptées pour l’instant. 

➔ Résultat : Le Canada a réagi en imposant des droits de douane correspondants sur les véhicules américains qui ne sont pas conformes à l’accord de libre-échange nord-américain. L’usine d’assemblage de Stellantis à Windsor a suspendu ses activités pendant deux semaines. 

➔ Stimulation de la production américaine de minéraux critiques : Le décret vise à accélérer et à augmenter la production d’uranium, de cuivre et de potasse. L’or et le charbon, souvent considérés comme moins critiques, figurent également sur la liste. 

➔ Résultat : Plusieurs minéraux indispensables pour des technologies essentielles comme les semi-conducteurs ne se trouvent pas en abondance aux États-Unis. Toutefois, selon l’Atlantic Council, les prêts et le soutien à l’investissement pour de nouveaux projets prévus par la Société de financement du développement international des États-Unis (DFC) pourraient stimuler la production. Un accord minier potentiel entre les États-Unis et le Congo témoigne des efforts considérables de l’administration pour sécuriser l’approvisionnement en minéraux. 

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John StackhouseMyha Truong-ReganSarah PendrithFarhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Issue #10

➔ L’insatisfaction à l’égard de la Loi sur l’évaluation d’impact

➔ L’apport du gaz naturel pour la réduction des émissions sectorielles

➔ Que fait Donald Trump, et les droits de douane qui entreront en vigueur le 2 avril

Sujets chauds

Émissions du secteur pétrolier et gazier canadien (Mt d'éq. CO2)

➔ C’est le gaz naturel qui permettra de réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier canadien. Les émissions imputables au sous-secteur canadien ont diminué de 30 % depuis 2005, ce qui représente la baisse la plus importante dans l’ensemble du secteur pétrolier et gazier, selon le plus récent Rapport d’inventaire national. Les émissions totales de gaz à effet de serre du Canada ont diminué de 8,5 % en 2023 (par rapport à 2005), atteignant ainsi leur niveau le plus bas en 27 ans. Le secteur de l’électricité est en tête avec une baisse de 58 % par rapport à 2005, tandis que le secteur pétrolier et gazier est à la traîne avec une hausse de 7 %. Cette hausse est principalement attribuable aux sables bitumineux, dont les émissions ont bondi de 143 %, alors que le reste du secteur (y compris les pipelines, l’affinage et le pétrole traditionnel) enregistrait une baisse de 25 %.

➔ L’Ontario pourrait accueillir la première raffinerie de sulfate de cobalt d’Amérique du Nord. Ottawa financera l’entreprise Electra Battery Materials, de Toronto, à hauteur de 20 millions de dollars dans le cadre de la transformation de ses installations de Temiskaming Shores en une raffinerie de sulfate de cobalt, la première du continent. Ce financement s’ajoute à la subvention de 20 millions de dollars accordée par le Département de la Défense des États-Unis en septembre dernier, alors que Washington cherche à briser le monopole de la Chine dans le secteur mondial du cobalt. L’entreprise sud-coréenne LG Energy Solution achètera 80 % de la production de la raffinerie pour produire environ un million de véhicules électriques. La raffinerie s’inscrit dans le projet plus large d’Electra, qui comprend la construction d’une usine de recyclage de batteries à côté de sa raffinerie de sulfate de cobalt. Electra convoite également une raffinerie de sulfate de cobalt à Bécancour, au Québec, ainsi qu’une usine de sulfate de nickel.

Lecture complémentaire : Le nouveau grand jeu : le rôle des minéraux critiques dans la course à la suprématie technologique

➔ Greenpeace traverse une crise existentielle. Un jury du Dakota du Nord a imposé à l’organisation de protection de l’environnement des dommages-intérêts de 660 millions de dollars américains pour avoir organisé des manifestations contre l’oléoduc Dakota Access pipeline d’Energy Transfer en 2016 et 2017. Fondée à Vancouver en 1971, l’organisation pourrait ainsi faire faillite, ce qui mettrait fin à plus de 50 ans d’activisme. Si la décision judiciaire a eu un effet dissuasif sur les organisations non gouvernementales de protection de l’environnement, Greenpeace a juré qu’elle continuerait à se battre.

➔ Les milliardaires américains se retirent de la lutte climatique. L’organisation Breakthrough Energy, soutenue par Bill Gates, a licencié des dizaines de personnes engagées dans la résolution des problèmes liés au climat, mettant en évidence l’effritement de la lutte contre les changements climatiques. Cela fait suite à l’arrêt du financement de projets climatiques par l’organisation Earth Funds d’un autre milliardaire : Jeff Bezos. On peut supposer que ces deux décisions ont été prises en réponse à l’abandon par le gouvernement américain de plusieurs politiques climatiques clés. Censé résister aux aléas politiques, le soutien philanthropique et financier des initiatives climatiques a néanmoins cédé aux pressions des vents changeants.

Comment accélérer la mise en œuvre de projets énergétiques d’une valeur de 350 milliards de dollars

Saisissant l’occasion, 14 dirigeants du secteur pétrolier et gazier ont écrit aux principaux partis politiques canadiens, actuellement en campagne, pour leur demander de « Bâtir le Canada maintenant », notamment des oléoducs et gazoducs et des terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié. Ce plan de match pourrait s’étendre à toutes sortes d’autres infrastructures, y compris à des projets miniers et d’énergie propre.

Que doit-on retenir des cinq recommandations émises par l’industrie ? Il s’agit d’un appel à réviser et simplifier la Loi sur l’évaluation d’impact. Bien que promulguée il n’y a pas si longtemps, la Loi sur l’évaluation d’impact est déjà critiquée par l’industrie et les provinces, et même par la Cour suprême.

On estime, en effet, que dans sa forme actuelle, elle s’immisce dans des domaines de compétence provinciale et suscite l’incertitude, car elle couvre de nombreux facteurs sociaux qui ne sont pas liés à l’environnement, entraînant ainsi des retards dans les projets.

Les Canadiens étant d’humeur à reprendre la construction de grands projets, des milliards de dollars en capital pourraient être débloqués rapidement en simplifiant la Loi sur l’évaluation d’impact, de même qu’une foule de règlements provinciaux et fédéraux en matière de permis. Selon Ressources naturelles, l’inventaire des grands projets compte 231 projets énergétiques d’une valeur de 351 milliards de dollars à l’étape de révision, de planification ou de proposition. À cela s’ajoutent des projets d’une valeur de plusieurs milliards de dollars qui en sont à leurs tout débuts, mais qui engageraient plus de 400 milliards de dollars en capitaux.

Lisez l’analyse de John Stackhouse (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) concernant les cinq recommandations sectorielles visant à accélérer la réalisation de projets au Canada.

INDICATEUR « TRUMP »

Mesure no 1 : Décret. Le président américain Donald Trump a invoqué la Defense Production Act pour accroître la production nationale de minéraux critiques et déloger la Chine de sa position dominante dans la production de ces ressources.

État : facilite le soutien financier et simplifie le processus d’obtention de permis dans le but de stimuler l’industrie minière nationale. S’efforçant de sécuriser leur approvisionnement en minéraux critiques, les États-Unis convoitent apparemment les ressources du Canada, les richesses du Groenland et les minéraux de l’Ukraine.

Mesure no 2 : L’Agence de protection de l’environnement a supprimé 20 milliards de dollars US de financement de projets d’énergie propre qui étaient en cours de développement par des organismes sans but lucratif et des organismes communautaires.

État : Mis en œuvre. Créé en vertu de l’Inflation Reduction Act (loi sur la réduction de l’inflation), le Greenhouse Gas Reduction Fund (fonds pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre) visait à mobiliser les banques « vertes » et les bailleurs de fonds communautaires afin de décupler les investissements privés dans des projets d’énergie propre. L’Agence de protection de l’environnement a supprimé ces subventions, invoquant un manque de surveillance.

Mesure no 3 : Assouplissement de la réglementation des ressources archéologiques marines.

État : Mis en œuvre. Cette mesure vise à réduire les formalités administratives et à accélérer la réalisation de l’ambition américaine : dominer le secteur énergétique. Selon le règlement original, les exploitants d’hydrocarbures extracôtiers étaient tenus de mener une étude archéologique et de signaler toute nouvelle activité pétrolière et gazière susceptible de perturber les fonds marins.

Mesure no 4 : Entrée en vigueur des droits de douane de réciprocité à partir du 2 avril.

État : Annonce à venir. Les droits de douane de réciprocité feront partie d’une série de mesures et de décrets commerciaux qui affecteront le Canada et le reste du monde, apparemment selon une échelle mobile. Selon des proches du pouvoir américain, certaines industries clés pourraient être épargnées… pour le moment.

Tour d’horizon de RBC

Les analystes de RBC offrent leurs perspectives sur de nombreux sujets, du climat au commerce, en passant par l’économie.

Au cas où vous l’auriez manqué

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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Bulletin d’information sur le climat

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

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Frances Donald, économiste en chef à RBC, explique comment une guerre commerciale prolongée rendra difficile pour toute économie d’échapper à la hausse des coûts.

Q : Quelles sont les conséquences des exemptions de droits de douane accordées par les États-Unis sur les perspectives de croissance économique du Canada ? Les États-Unis appliquent toujours des droits de douane sur les automobiles, l’acier et l’aluminium du Canada.
FD : La situation économique du Canada a changé rapidement. Avant le « jour de la libération », notre plus grande préoccupation était l’incidence des droits de douane généraux sur la croissance du Canada et, en particulier, le fait que le Canada semblait être le plus grand perdant relatif de la politique commerciale des États-Unis. Maintenant, alors que divers droits de douane sectoriels pèseront sur le Canada en 2025, nos préoccupations se tournent vers des risques plus « traditionnels » pour l’économie canadienne : le risque croissant d’une récession aux États-Unis et une baisse des prix du pétrole. Ce dernier risque est peut-être plus « indirect » dans une certaine mesure, mais il dépend aussi davantage des développements mondiaux qui ont beaucoup moins à voir avec les relations politiques entre le Canada et les États-Unis.

Q : Pensez-vous que la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine réévalueront la situation à mesure que les droits de douane américains sont mis en place ?
FD : La Banque du Canada et la Réserve fédérale sont confrontées à des défis différents, tout comme leurs économies luttent contre des risques distincts. Au Canada, l’inflation est d’environ 2 %, en légère hausse en raison des perturbations à venir de la chaîne logistique mondiale. Pourtant, la croissance canadienne reste timide et laisse entrevoir quelques nouvelles baisses de taux. Pour l’instant, nous continuons à nous attendre à d’autres baisses de taux de 50 pb.

La Réserve fédérale est dans une situation bien plus difficile. L’importance et la portée des droits de douane annoncés sont conformes à une inflation plus élevée et à un profil de croissance beaucoup plus faible. Cet ensemble « stagflationniste » va dans des directions opposées des deux aspects du double mandat de la Fed (stabilité des prix et plein emploi). À ce stade, nous prévoyons que les craintes d’une spirale de l’inflation empêcheront la Réserve fédérale d’intervenir, mais la probabilité de baisses des taux a augmenté sur les marchés pour soutenir une économie qui devrait être beaucoup plus faible.

Q : Une guerre de droits de douane plus importante se profile, les États-Unis imposant des droits de douane à la Chine et à l’Union européenne, et faisant l’objet de représailles en retour. Cette situation sera-t-elle inflationniste et préjudiciable à l’économie canadienne et mondiale ?
FD : Le degré de préjudice causé par les droits de douane américains dépendra en grande partie de la durée de leur application, et les économistes ont peu de moyens de le prédire. Toutefois, la plus grande préoccupation en ce moment est que nous assistons à une hausse mondiale des prix alors que les chaînes logistiques s’enchevêtrent et que la nature interconnectée de notre économie mondiale rend difficile pour toute économie d’échapper à la hausse des coûts. Bien sûr, on peut établir des similitudes avec la période de la pandémie, à l’exception d’une différence majeure : nous n’avons pas connu d’inflation due à la pandémie après avoir déjà traversé une telle période d’inflation. En effet, les Canadiens et les Américains ont déjà subi une hausse des prix de plus de 20 % depuis 2020, et les ménages et les entreprises ont peu de chances de pouvoir absorber une deuxième vague d’inflation si tôt après. Le mois dernier, la guerre commerciale semblait se limiter à l’Amérique du Nord. Aujourd’hui, elle est mondiale et sans frontières.

Lectures complémentaires :

  • Une épine dans le pied de la Fed : les répercussions possibles des droits de douane sur l’inflation et la croissance aux États-Unis

  • Le « jour de la libération » de Donald Trump : quelles sont les prochaines étapes ?

  • Espace commercial : Perspectives sur la façon dont le Canada peut rendre son économie résiliente et l’Amérique du Nord plus solide

Yadullah Hussain est directeur de rédaction, Leadership avisé RBC

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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Notes: Comment les entreprises canadiennes font face aux tensions commerciales

L’imposition par la Chine de droits de douane de 100 % sur l’huile et le tourteau de canola préoccupe les agriculteurs canadiens. Ces craintes pourraient bien s’intensifier, car la Chine vise aussi les graines de canola du Canada – le plus important segment de nos exportations de canola vers la Chine –, qui ont été épargnées jusqu’à présent. « Ce serait une autre tuile qui nous tomberait dessus », a déclaré Rick White, chef de la direction de la Canadian Canola Growers Association (CCGA), qui représente 40 000 agriculteurs par l’intermédiaire de cinq associations provinciales.

Le canola a été mis au point par des scientifiques canadiens dans les années 1960, d’où son nom. Il est considéré comme une huile saine, car il présente une faible teneur en graisses saturées (gras malsain) et est riche en gras mono-insaturés (considérés comme sains). Le Canada est le plus important producteur de canola au monde et compte 40 000 agriculteurs qui génèrent 43,7 milliards de dollars ; les États-Unis, la Chine et le Japon sont, dans cet ordre, ses trois plus grands marchés d’exportation. L’Australie est l’un des plus grands rivaux du Canada en ce qui concerne le canola.

Les producteurs canadiens de canola, frappés des droits de douane chinois, gèlent leurs investissements et ont besoin d’aide. M. White a présenté quelques idées sur les façons d’atténuer le choc.

Le canola est une cible populaire pour la Chine

  • White affirme que les droits de douane n’étaient pas une surprise, puisque les différends antérieurs avec la Chine (2019-2020) avaient ciblé le canola.

  • La Chine a une fois de plus ciblé le secteur agricole en réponse directe à la mise en œuvre par Ottawa de droits de douane sur les véhicules électriques, l’aluminium et l’acier chinois.

  • L’industrie estime que le gouvernement canadien porte « la responsabilité absolue » de cette mesure et qu’il devrait indemniser les agriculteurs pour les pertes financières qu’ils vont subir.

Les graines de canola dans la mire des Chinois

  • Une enquête antidumping chinoise prochaine sur les graines de canola canadiennes pourrait entraîner l’imposition de nouveaux droits de douane. Voilà en quoi consiste la « tuile qui devrait nous tomber dessus ».

  • Les graines de canola représentent la plus grande part des exportations de canola du Canada vers la Chine, l’huile et le tourteau de canola représentant une plus petite portion. En 2024, la Chine a importé six millions de tonnes métriques de graines de canola canadiennes, d’une valeur de 4 milliards de dollars.

  • Les Chinois suivent les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en matière de droits antidumping. Les recours devant l’OMC prennent du temps, mais ils offrent un recours juridique. La CCGA s’est inscrite comme partie à l’enquête de la Chine.

Les agriculteurs envisagent de geler leurs investissements

  • Les agriculteurs pratiquent la rotation des cultures pour des raisons agronomiques, mais le canola représente un produit de base canadien, ce qui limite les options de rechange. L’agronomie concerne la gestion des sols et des cultures et contribue à optimiser la distribution, la gestion et la productivité des terres.

  • Les agriculteurs expriment déjà des craintes au sujet des risques de marché attribuables à la Chine et aux États-Unis, certains suggérant de remettre à plus tard les dépenses en immobilisations et les achats d’équipement en raison de l’incertitude.

  • De plus, les achats de nouveaux équipements pourraient être effectués aux États-Unis et être assujettis à des droits compensateurs par le Canada.

  • « Les agriculteurs ne vont pas prendre le risque d’investir des sommes importantes dans le renouvellement des infrastructures. Il va y avoir un grand refroidissement du côté de l’investissement, du moins cette année. »

De l’autre côté de la frontière, d’autres problèmes se préparent

  • Les États-Unis représentent la plus grande destination des exportations de canola au Canada, évaluées à 7,7 milliards de dollars en 2023. Les États-Unis n’ont toujours pas imposé un droit de douane de 25 % sur le canola, étant donné que l’AEUMC (l’accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique) reste en vigueur. Mais lorsque les exemptions expireront, de nouveaux droits de douane américains pourraient nuire davantage aux exportations canadiennes de canola

Il existe des moyens de construire un écosystème sans droits de douane

  • En décembre dernier, la CCGA a envoyé une lettre au gouvernement fédéral, prévoyant des pertes à la ferme comprises entre 1,76 milliard et 4,33 milliards de dollars pour 2025-2026 en raison des droits de douane imposés par la Chine.

  • Ottawa a annoncé de nouveaux produits du prêt pour soutenir l’industrie, mais les agriculteurs affirment qu’ils ne peuvent emprunter pour traverser cette crise et qu’ils ont besoin d’une compensation en espèces.

  • « Le gouvernement fédéral doit dédommager les agriculteurs proportionnellement aux pertes qu’ils subiront à cause de la Chine. Les agriculteurs ne peuvent pas, et ne devraient pas, être tenus d’emprunter pour se tirer d’affaire : ils doivent être indemnisés. »

  • La CCGA plaide pour le développement d’un marché national des biocarburants et de l’aviation durable.

  • Il pourrait s’agir d’un nouveau marché intérieur pour au moins 2 à 3 millions de tonnes de graines de canola. Celui-ci contribuerait à atténuer le choc pour les producteurs de canola, étant donné que les risques et l’incertitude liés aux marchés américains et chinois vont persister longtemps. Il s’agirait d’une occasion de contribuer à la diversification et de réduire la forte dépendance du Canada à l’égard des marchés chinois et américains.


Pour approfondir la question :
  • Les droits de douane imposés par la Chine aggravent les difficultés des exportateurs

  • L’alimentation d’abord : Comment le secteur agricole peut ouvrir la voie à une nouvelle ère d’exportation canadienne

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Zone Notes: Comment les entreprises canadiennes font face aux tensions commerciales

Le secteur agricole du Canada est l’une des premières victimes des guerres commerciales qui opposent le pays à la Chine et aux États-Unis. Monty Reich, chef de la direction de SWT Ltd, société indépendante de céréales et d’intrants agricoles de la Saskatchewan, explique comment les agriculteurs font face aux tensions commerciales.

Des nouveaux éléments d’incertitude et de volatilité quasiment tous les jours

  • Le contexte actuel est difficile, incertain et déroutant. « Nous nous retrouvons chaque jour dans une situation différente », déclare Reich.

  • Les États-Unis avaient commencé à parler de droits de douane en décembre, avant que la Chine n’impose des droits de douane de 100 % sur l’huile et les tourteaux de canola et les pois, et le blé dur figurait déjà sur la liste.

  • SWT a dû absorber le coût financier des droits de douane américains sur le blé dur et a choisi de ne pas le répercuter sur ses agriculteurs-actionnaires. « Nous avons vendu la marchandise sur le marché à terme et intégré les coûts supplémentaires dans nos propres résultats », explique Reich.

  • Les droits de douane américains ont entraîné une hausse des prix des exportations de blé dur. « Nous sommes l’importateur officiel, » indique encore Reich. Autrement dit, SWT doit elle-même payer les droits de douane de 25 %, un prix trop élevé pour continuer à exporter aux États-Unis.

Chute des prix du canola

  • Le choc a été brutal pour les producteurs de canola. Les prix ont plongé de 25 à 30 % depuis l’imposition des droits de douane chinois, passant d’environ 16 $ à 12 $ le boisseau.

  • « En agriculture, les marges sont déjà très étroites », déclare Reich. Une variation des prix, aussi petite soit-elle, peut transformer une saison rentable en une catastrophe financière. Vu l’ampleur de la baisse, les agriculteurs voient leurs revenus disparaître.

Des droits de douane imposés partout

  • Les restrictions imposées par la Chine sur le canola et les pois jaunes ont réduit un marché crucial, et les producteurs ont peu d’autres débouchés. « La Chine représente environ 87 % du marché des pois jaunes, avec les États-Unis et l’Inde », et les agriculteurs doivent donc aujourd’hui faire face à une fermeture quasi totale de leur marché.

  • Les droits de douane qu’applique l’Inde par intermittence sur les légumineuses constituent une incertitude supplémentaire. Les agriculteurs canadiens ne disposent par conséquent de guère d’autres possibilités viables.

Les agriculteurs cherchent d’autres solutions

  • « En ce moment, les producteurs réfléchissent activement pour essayer de trouver ce qui pourra leur apporter le meilleur rendement », dit Reich.

  • Ils pourraient se tourner vers d’autres cultures, mais en fait, ce n’est pas aussi simple. « Ce n’est pas facile de simplement changer de produit », explique Reich.

  • Les agriculteurs « se démènent » pour s’adapter avant la prochaine saison de semis.

Investissements reportés, rentabilité en baisse

  • Des investissements dans des usines de broyage du canola ont déjà été reportés il y a deux ans en raison des difficultés rencontrées sur le marché chinois et des coûts de construction.

  • Les constructions en cours d’installations de production vont se poursuivre et les installations existantes continueront à fonctionner, mais les marges se réduisent de plus en plus.

  • Les agriculteurs se demandent s’ils doivent diminuer leur production, diminuer les coûts ou même diminuer leurs activités.

Crainte de voir les expéditions bloquées

  • Une autre menace vient du fait que la Chine pourrait bientôt imposer des droits antidumping sur les semences de canola.

  • Les exportations vers la Chine deviennent très risquées. Des expéditions de semences de canola peuvent être lancées, mais la Chine « peut décider du jour au lendemain de les taxer ». Cette incertitude suffit à effrayer les exportateurs et à faire baisser les prix.

  • Cette situation est différente du litige qui a opposé le Canada à la Chine en 2019. Il concernait alors uniquement quelques entreprises et portait sur des « questions de droit de bassin » et de qualité.

D’autres routes commerciales

  • La Chine a déjà limité les importations directes par le passé, mais le canola canadien a continué à y entrer, en passant par d’autres marchés.

  • « D’autres pays d’Asie du Sud-Pacifique importeront le produit et le livreront en Chine. » Mais ils essayeront de l’acheter à prix réduit.

  • Par ailleurs, cela prend du temps de nouer des relations commerciales avec de nouveaux marchés. Il ne s’agit pas simplement de passer d’un marché à un autre (par exemple, de la Chine aux Philippines).

D’autres cultures rencontrent également des difficultés

  • Les cultures de légumineuses (comme les lentilles) rencontrent également des difficultés, notamment en raison des droits de douane appliqués par l’Inde. Cela exacerbe les pressions exercées sur la rentabilité de ces cultures, car les agriculteurs doivent constamment s’adapter aux changements de politiques commerciales, en particulier si des droits de douane sont mis en place ou levés de façon imprévisible.

Qui fournira du canola à la place du Canada ?

  • À court terme, d’autres pays, comme l’Australie, peuvent fournir du canola à la place du Canada, mais le produit canadien est généralement considéré comme très fiable et de grande qualité.

  • Avec l’évolution de l’offre et de la demande, d’autres pays pourraient modifier leur rotation des cultures pour répondre aux besoins du marché.

  • Des milliards de dollars ont été investis dans l’ouest du Canada pour la culture canola et les installations de broyage. De grosses sommes d’argent sont en jeu avec le canola, et « on ne peut pas simplement tout abandonner », dit Reich.

Le gouvernement doit s’engager plus fortement

  • Même si les agriculteurs préfèrent souvent que le gouvernement intervienne le moins possible, il est indispensable de parvenir à des accords commerciaux forts pour résoudre la question des droits de douane et des restrictions.

  • Le gouvernement du Canada doit faire en sorte d’entretenir des relations commerciales solides avec ses partenaires essentiels (Chine, États-Unis, Inde) pour abaisser les barrières commerciales, préconise Reich.

  • La Saskatchewan a par exemple ouvert neuf bureaux à l’étranger pour faciliter les relations commerciales et atténuer les tensions.

  • L’agriculture canadienne doit être bien représentée à l’échelle mondiale, pas uniquement avec des accords commerciaux, mais aussi grâce à une présence sur place et un engagement diplomatique continu.

  • Le gouvernement doit investir pour améliorer les infrastructures qui stimuleront les marchés interprovinciaux et permettront de transporter les produits d’ouest en est.

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