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➔ Découvrez Coalie, la mascotte américaine coiffée d’un casque de chantier

➔ La stratégie automobile d’Ottawa s’accompagne d’une dimension d’action climatique

➔ Quel devrait être le principe directeur de la stratégie nationale de l’électricité proposée pour le Canada ?

Les entreprises canadiennes n’attendent pas un signal d’Ottawa pour faire avancer l’ambition américaine en matière de minéraux. Alors que le gouvernement fédéral tarde à conclure des ententes formelles avec Washington sur les minéraux critiques, Cyclic Material établie à Toronto, investit stratégiquement 82 millions de dollars américains dans une installation de recyclage de terres rares en Caroline du Sud après avoir obtenu de nouveaux financements, notamment du Fonds de croissance du Canada. Il s’agit d’une tendance plus large : Lithium Americas, basée à Vancouver, développe un projet d’envergure au Nevada tandis que Trilogy Metals met en valeur un district cuivre-zinc-or en Alaska — le gouvernement américain ayant récemment pris la mesure sans précédent d’acquérir de petites participations dans ces deux projets. Les atouts du marché et de la géographie nord-américains devraient, espérons-le, l’emporter sur les manœuvres partisanes.

L’adaptabilité et la résilience pourraient constituer la prochaine priorité en matière d’investissement climatique. Le rapport Private Markets Innovation in Climate Adaptation and Resilience de RBC Marchés des Capitaux met en évidence cinq domaines stratégiques dans lesquels l’investissement pourrait permettre des avancées : les données terrestres, les solutions d’assurance pour les entreprises et la société, les incendies de forêt et le réseau électrique, l’eau, et l’environnement bâti. En 2023, l’adaptation au changement climatique et la résilience n’ont attiré que 65 milliards de dollars américains de capitaux, comparativement à 1,8 billion de dollars américains investis dans les efforts d’atténuation traditionnels comme les énergies renouvelables et le stockage d’énergie. Selon Vivan Sorab, chef des technologies propres à l’Institut d’action climatique, si les initiatives d’atténuation s’attaquent à la fois aux tendances actuelles et à long terme en matière d’émissions, leur incidence immédiate demeure souvent limitée. Les investissements en adaptabilité et résilience climatique peuvent générer des résultats plus visibles et plus rapides, notamment par une réduction des périodes d’indisponibilité et une meilleure protection des actifs. Les coûts d’assurance s’accumulent déjà : 34 événements météorologiques extrêmes ont entraîné des pertes assurées d’au moins 1 milliard $ US en 2024 — le deuxième total le plus élevé jamais enregistré.

Coalie, la mascotte américaine coiffée d’un casque de chantier, pourrait bien peiner à redonner un second souffle au charbon. Ce combustible à forte intensité carbone fait l’objet d’une nouvelle image à l’ère des mèmes alimentés par l’IA, tandis que le gouvernement américain promeut le charbon comme essentiel à l’économie. Malgré les critiques, le charbon a connu un regain l’an dernier : la production d’électricité à partir du charbon aux États-Unis a augmenté de 13 % sur un an en 2025, tandis que celle issue du gaz naturel — environ 50 % moins émetteur que le charbon — a reculé de 3,6 %, selon les plus récentes perspectives sur l’électricité de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ailleurs toutefois, la domination du charbon s’effrite dans ce que l’AIE qualifie de virage « inhabituel » : en 2025, les deux grands consommateurs que sont la Chine et l’Inde ont enregistré pour la première fois en plus de cinq décennies une baisse de leur production d’électricité à partir du charbon. Bien que le charbon devrait demeurer la principale source mondiale d’électricité jusqu’en 2030, l’AIE anticipe un recul de la consommation en Chine et dans l’Union européenne. Même aux États-Unis, la consommation de charbon devrait diminuer d’ici 2030, malgré les charmes de Coalie.

Crédit photo : États-Unis Ministère de l’Intérieur

Par Farhad Panahov, économiste, Institut d’action climatique RBC

La nouvelle stratégie du Canada visant à stimuler les ventes de véhicules électriques comporte particularité : un plafond de 50 000 $ pour la valeur totale de l’opération afin qu’elle soit admissible à une subvention. Il s’agit d’un critère plus strict — destiné à favoriser les modèles grand public — que celui du programme précédent, qui permettait l’achat de versions plus coûteuses.

Le prix moyen payé par les Canadiens l’an dernier pour un véhicule neuf s’élevait à 55 000 $, et à près de 70 000 $ pour un véhicule électrique. Selon une analyse de l’Institut climatique du Canada, chaque réduction de 1 000 $ pourrait accroître la demande de VE de 11 %. Malgré cela, seulement 13 des 163 modèles entièrement électriques offerts au Canada affichent un prix inférieur à ce plafond de 55 000 $, selon l’Association canadienne des automobilistes. Dix autres modèles, dont le prix avoisine 55 000 $, pourraient toutefois être ramenés sous le plafond afin de donner droit à la subvention.

Par ailleurs, le quota de 49 000 véhicules électriques chinois devrait donner une impulsion supplémentaire à la transition du parc automobile. Fait notable, bien que ces véhicules soient exclus du programme d’incitatifs, ils pourraient entrer sur le marché dans le segment inférieur de la fourchette de prix. Des modèles de BYD et de Geely — qui représentaient environ le quart des ventes mondiales de VE l’an dernier — se vendent autour de 35 000 $ en Chine, soit environ la moitié du prix payé par les Canadiens pour un VE en 2025.

L’Amérique du Nord demeure toutefois résolument attachée aux véhicules de grande taille, notamment les camionnettes et les VUS — un segment où les VE chinois pourraient ne pas bénéficier du même avantage prix. À cela s’ajoutent les droits de douane canadiens de 6,1 % toujours applicables aux voitures chinoises, ainsi que les coûts de transport. Et bénéficiant d’une concurrence moins intense qu’en Chine, les fabricants chinois pourraient chercher à appliquer des marges plus élevées sur leurs modèles au Canada.

Le succès de la stratégie canadienne pourrait dépendre autant de la confiance des consommateurs que du prix. Près de la moitié des Canadiens ne sont toujours pas convaincus par les véhicules électriques, selon un récent sondage de Clean Energy Canada, et seulement un sur dix envisagerait d’acheter un VE chinois tandis que deux autres se situent dans une zone d’hésitation.

Le précédent programme fédéral, doté de 2,7 milliards de dollars, a permis de mettre environ un demi-million de VE sur les routes canadiennes. Le nouveau volet de subventions, avec un budget moindre de 2,3 milliards de dollars, pourrait permettre l’ajout de 840 000 nouveaux VE, selon les projections du gouvernement.

Le Canada prêt pour l'ère des véhicules électriques grand public

La nouvelle stratégie automobile pourrait aider le secteur des transports — un pilier des réductions d’émissions au cours des cinq dernières années (voir notre rapport Action climatique) — à atteindre les objectifs climatiques suivants :

  • Remplacer les mandats de VE par des normes d’émissions. La suppression des mandats de vente de VE, très contestés, au profit de normes d’émissions vise à atteindre une part de 75 % de VE dans les ventes d’ici 2035.

  • Normes d’émissions. Pratique courante appliquée aux constructeurs automobiles, les normes d’émissions offrent une plus grande souplesse en matière de conformité par rapport aux mandats de vente, tout en continuant d’inciter à une transition vers des véhicules à zéro émission. Depuis 2011 seulement, les émissions par kilomètre des voitures de particuliers et des camions légers ont diminué respectivement de 50 % et 30 %.

  • Les politiques américaine et canadienne divergent. Auparavant, le Canada alignait ses normes d’émissions sur celles des États-Unis. La situation change désormais, la politique canadienne s’éloignant de l’approche de l’Environmental Protection Agency (EPA), qui tente de revenir sur les normes de l’ère Biden — normes qui auraient permis de réduire de moitié les émissions par kilomètre d’ici 2032.

  • …tout comme la stratégie des « Detroit Three ». La politique automobile soutient un nouvel investissement de 3 milliards de dollars dans le secteur des VE, « positionnant le Canada comme un lieu où seront construits les véhicules de l’avenir ». Cependant, les Detroit Three — Ford, General Motors et Stellantis — réduisent leurs projets de déploiement de VE, une stratégie qui leur a déjà coûté quelque 50 milliards $ US en raison d’une demande client plus faible que prévu.

  • Les réseaux se voient dopés. Ottawa s’engage à investir 1,5 milliard de dollars pour étendre le réseau de recharge, en complément des 1,1 milliard de dollars déjà alloués qui ont permis jusqu’ici d’installer 7 000 bornes. Le réseau public de recharge du Canada est déjà suffisant pour le niveau actuel d’adoption des VE, avec un ratio d’environ 21 VE par borne, mais il devra être considérablement accru à mesure que l’adoption s’accélérera.

    Voyez aussi la Calculatrice du coût d’une voiture électrique RBC.

Tour d’horizon des personnalités influentes et des développements récents

  • Lisa Ashton, directrice par intérim de l’Institut, est à Ottawa pour les festivités de la Journée de l’agriculture, une occasion idéale de diffuser les perspectives de Semer l’expansion, notre nouvelle étude sur le pipeline de capital de croissance dans le secteur agroalimentaire. Lisa a appris que le pipeline d’innovation nécessite lui aussi des améliorations ciblées, et que les universités et l’industrie travaillent de concert pour élaborer une vision claire du secteur avant la réunion des ministres de l’Agriculture prévue en juillet. 

  • Alors que les États-Unis ont réuni la semaine dernière leurs alliés, dont le Canada, autour de la question des minéraux critiques, John Stackhouse a fait part de quelques réflexions. Son premier point : même les États-Unis savent qu’ils ne peuvent pas se passer de partenaires dans le domaine minier.

  • Rick Smith, de l’Institut climatique du Canada, voit un autre angle climatique dans une récente décision de justice canadienne qui a confirmé le droit d’Ottawa de classer les plastiques comme « toxiques » : « …les secteurs polluants et certaines provinces estiment que le Règlement sur l’électricité propre du gouvernement fédéral, également adopté en vertu de l’APEG, constituerait un abus de pouvoir illégal. À ce jour, ces arguments apparaissent comme les plus fragiles qui soient. » Lire la décision.

  • Alors que le Canada élabore une stratégie nationale en matière d’électricité, Dan Woynillowicz, de Polaris Strategy, partage sa vision de ce que devrait être le principe directeur de cette stratégie : doubler la productivité énergétique, doubler la production et doubler la part de la demande finale d’énergie couverte par l’électricité propre.

  • Extrait d’un rapport de la Chambre des communes sur le changement climatique, commenté par Janis Sarra de l’initiative canadienne de droit climatique, sur l’importance de la taxonomie canadienne : « La transition vers une économie à faible carbone au Canada nécessiterait environ 115 milliards de dollars par année ; une taxonomie fondée sur la science créera l’intégrité du marché, la clarté et l’interopérabilité nécessaires à l’échelle mondiale pour accélérer l’afflux de capitaux et l’investissement dans les entreprises canadiennes. »

    Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

    Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

    Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

    Bulletin d’information sur le climat

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➔ Jeux olympiques d’hiver : en manque de pentes ?

➔ Véhicules électriques chinois : faibles émissions, grand spectacle

➔ Commentaires de Davos : La lutte imminente pour l’énergie du réseau électrique

Si la tendance climatique actuelle se maintient, seules quatre régions pourraient accueillir des Jeux olympiques d’hiver d’ici 2050. Les organisateurs des Jeux olympiques d’hiver 2026alimentent des sites de Milan et de Cortina d’Ampezzo en électricité certifiée provenant de sources renouvelables et d’approvisionnement durable, même si l’événement de février devrait émettre quelque 930 000 tonnes de CO2. Fait plus important, la gestion de la neige demeure un problème, car la quantité de neige tombée dans la région alpine a baissé de 25 % depuis 1980. C’est un problème qui a peu de chances de disparaître : selon une nouvelle étude de l’Université de Waterloo, si les politiques actuelles en matière de climat persistent, seules 52 des 92 potentielles villes hôtes auraient un climat fiable pour les Jeux olympiques d’hiver et 22 pour les Jeux paralympiques. Sans technologie de fabrication de neige, seulement quatre d’entre elles seraient en mesure d’organiser l’événement de manière fiable d’ici 2050.

Les véhicules électriques fabriqués en Chine pourraient réduire les émissions du Canada liées aux transports, mais impliqueraient un coût politique. La décision de permettre l’importation de véhicules électriques chinois en échange de l’accès au secteur agroalimentaire canadien a été prise au moment où les gouvernements canadiens ont mis fin aux subventions. Les véhicules électriques ont permis de réduire les émissions canadiennes au cours des six dernières années. En effet, selon le rapport Action climatique 2026, elles sont en baisse de 6 % par rapport à 2019. Les véhicules électriques bon marché pourraient contribuer au maintien de cette lancée. Si les 49 000 véhicules électriques étaient vendus, ils contribueraient à réduire les émissions canadiennes de 56 000 tonnes métriques chaque année. Cependant, des rumeurs en provenance de Washington suggèrent que cet accord pourrait compliquer les négociations de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC).

Les transformateurs agroalimentaires du Canada n’attendent pas la perfection des politiques. Dans les provinces de l’Atlantique, les transformateurs investissent pour accroître la production à partir de moins d’énergie et d’eau, tandis que les agriculteurs voient la réduction des émissions comme un moyen d’accroître la productivité, a dit Lisa Ashton, cheffe intérimaire, lors de sa visite à l’Île-du-Prince-Édouard pour parler des conclusions du rapport Action climatique 2026. Les agriculteurs de l’Île-du-Prince-Édouard ouvrent la voie avec leur plan Pathway 2040 visant à réduire les émissions de GES, à accélérer l’adoption des mesures d’adaptation climatique dans les exploitations agricoles et à stimuler la production économique et le commerce d’ici 2040. C’est un exemple de la façon dont les agriculteurs peuvent organiser et concevoir un plan pragmatique pour stimuler les résultats environnementaux et économiques de leurs entreprises.

C’est la première fois que les changements climatiques, les ressources et la géopolitique s’entrechoquent aussi rapidement. L’intérêt des États-Unis pour l’île arctique du Groenland et la présence des navires russes qui patrouillent la région devraient inciter le Canada à protéger et à renforcer ses bases nordiques.

Les changements climatiques sont à l’origine de l’intérêt envers l’Arctique : L’intérêt soudain de Washington pour ce « morceau de glace » est suscité par le dégel induit par le changement climatique, qui ouvre la porte à toutes sortes d’activités dans la région, qu’elles soient ou non sans danger pour l’environnement. L’Arctique vient de connaître une année record en termes de chaleur et de fonte des glaces. Selon les scientifiques, la crise climatique explique l’augmentation des pluies et la diminution des glaces dans les latitudes nordiques. Le phénomène a aussi accéléré la course entre les États-Unis, la Russie et la Chine, « État voisin » de l’Arctique. Le Canada doit rattraper son retard.

Si la situation de l’Arctique est stratégique, il en est de même de ses ressources. L’Arctique recèle d’importantes réserves de combustibles fossiles, estimées à 13 % (90 milliards de barils) des ressources mondiales non découvertes de pétrole conventionnel et 30 % de ses ressources non découvertes de gaz naturel. On y trouve également des terres rares, du nickel, du cobalt, du graphite et d’autres éléments essentiels à la transition énergétique. Même s’il n’est pas certain que la région puisse répondre de manière significative à la demande mondiale croissante en énergie à un coût et à une échelle raisonnables dans un avenir proche, plus le réchauffement climatique s’accélère dans la région, plus ses ressources deviendront attrayantes et accessibles.

Souveraineté et concurrence stratégique : La souveraineté du Canada dans l’Arctique est façonnée par des interprétations contradictoires de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, le Canada ayant ratifié le traité et défini ses revendications sur le plateau continental étendu, tandis que les États-Unis l’ont signé, mais ne l’ont pas ratifié.

Le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) a détecté et suivi des avions militaires russes opérant dans l’espace aérien international près de l’Alaska en 2025, tandis que la Chine et la Russie ont lancé une patrouille conjointe en 2024.

Le calcul du Canada : Le Canada représente 28 % de la superficie terrestre de l’Arctique, juste derrière la Russie qui en détient 67 %. Toutefois, l’Arctique canadien représente un peu moins de 2 % de l’économie de la région arctique et sa population est négligeable.


Les projets du Bureau des grands projets suggèrent cependant que le Canada se joint à la course à l’Arctique : développement du port de Churchill à l’embouchure de la baie d’Hudson, agrandissement de la mine Red Chris, ligne de transport d’électricité de la côte nord et terminal GNL de Ksi Lisims, ainsi qu’un investissement distinct d’un milliard de dollars pour renforcer les infrastructures commerciales et de transport du Nord. Le fait de mener à bien ces propositions constituerait l’épreuve ultime. Ces projets, ainsi que l’augmentation des dépenses en matière de défense, seront essentiels pour apaiser les inquiétudes des États-Unis concernant la vulnérabilité de l’Arctique canadien.  Mais ce projets doivent également respecter les enjeux climatiques et autochtones.

RBC Par John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, RBC

John était à Davos la semaine dernière pour donner un sens au nouvel ordre mondial et à une économie qui ressemble davantage à un souk où l’on troque et bavarde qu’à un marché bien organisé. Deux de ses observations ont une incidence directe sur l’énergie et le climat : les priorités concurrentes liées à l’énergie du réseau et la hausse constante des énergies renouvelables – contre toute attente. Lisez les extraits :

Climatisation ou intelligence artificielle : le réseau sature
La prochaine crise énergétique ne viendra ni du pétrole ni du gaz, mais des réseaux électriques mondiaux, incapables de suivre la cadence. La demande d’électricité augmente trois fois plus vite que la demande énergétique totale, portée par la climatisation, les véhicules électriques et les centres de données.

Alors que 90 % des Américains ont accès à la climatisation, ce n’est le cas que de 20 % des habitants en Inde, 18 % en Indonésie et 5 % au Nigeria, des pays dont les villes connaissent aujourd’hui une croissance parmi les plus rapides au monde. À cela s’ajoute l’essor des véhicules électriques, qui représentent désormais un quart des ventes mondiales de voitures, contre 5 % il y a cinq ans.

Selon Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, le monde devra produire 10 000 térawatts d’électricité supplémentaires au cours de la prochaine décennie, soit autant que la consommation réunie des États‑Unis, du Canada, de l’Europe et du Japon. Sans percée technologique majeure, il faudrait 70 % de cuivre en plus, ainsi qu’une expansion massive de la production d’acier et du traitement des minéraux critiques.

Un nouveau souffle pour les énergies renouvelables :Deux moments très révélateurs ont marqué les débats dans la grande salle des congrès à Davos, l’un illustrant la pénurie, l’autre l’abondance. Donald Trump s’est écarté de son texte pour fustiger les énergies renouvelables, en particulier l’éolien, qu’il a qualifié de solution pour les « perdants ».

Le lendemain, sur la même scène, Elon Musk a au contraire vanté un avenir radieux pour les énergies renouvelables, en particulier le solaire, qu’il juge capable d’alimenter à lui seul l’ensemble des États-Unis. Il lui faudrait simplement, affirme‑t‑il, un terrain de cent soixante kilomètres sur cent soixante et des panneaux solaires exempts de droits de douane. En dehors de l’Amérique du Nord, les énergies renouvelables restent le principal moteur de la croissance énergétique et sont passées du statut de source de « transition » à celui de choix par défaut pour les nouvelles capacités dans de nombreux marchés. L’Europe a atteint environ cinquante pour cent de production renouvelable en 2024.

Dans d’autres marchés en forte expansion, les énergies renouvelables sont de plus en plus perçues comme des ajouts énergétiques, et non plus seulement comme des substituts aux combustibles fossiles. La baisse du coût des batteries, le solaire ayant chuté d’environ quatre‑vingts pour cent en Inde, et l’allongement de la durée de vie des installations, désormais de trente à trente‑cinq ans, ont déplacé l’analyse économique du simple coût unitaire vers le coût sur l’ensemble du cycle de vie.

Lire le commentaire complet de John sur Davos ici.

  • La directrice générale par intérim, Lisa Ashton, a récemment animé une table ronde à Edmonton avec des chefs de file de l’industrie et des investisseurs sur le capital de croissance dans le secteur agroalimentaire canadien, afin d’approfondir les défis d’investissement mis en lumière dans le rapport « La prochaine génération de croissance ».

  • Shaz Merwat, responsable du secteur de l’énergie, a animé une table ronde au Forum sur les ressources naturelles de la Colombie-Britannique à Prince George, portant sur la compétitivité future du Canada dans le secteur du gaz et du GNL. Cette table ronde réunissait de hauts dirigeants de l’industrie et des représentants d’organisations autochtones.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ Où en est le Canada dans la lutte contre les changements climatiques ?  C’est… compliqué

➔ Le monde se détourne‑t‑il des Tesla ?

➔ Les règles canadiennes sur le méthane prennent un virage pragmatique

L’avenir du GIEC sans Washington LeGroupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), soutenu par l’ONU, est déterminé à garder le cap après le retrait des États‑Unis. L’organisme poursuit la préparation de son prochain cycle de rapports, prévu pour 2027. Ses analyses influencent profondément les politiques climatiques mondiales, mais certains lui reprochent de trop privilégier la science et la technologie au détriment des dimensions économiques et politiques de la transition énergétique. Alors que la Maison-Blanche qualifie le GIEC et d’autres organismes onusiens de « gaspillage » de l’argent des contribuables américains, d’autres rappellent le rôle essentiel joué par le GIEC pour mobiliser les décideurs face à l’un des plus grands défis de notre époque. Ils espèrent que la science continuera de guider l’action.

De nouvelles règles sur le méthane marquent une évolution pragmatique de la politique climatique canadienne. Les nouvelles règles, qui s’appliqueront dès 2028 aux activités pétrolières et gazières terrestres ainsi qu’aux grands sites d’enfouissement, allient ambition élevée et souplesse réglementaire. Le changement le plus déterminant est l’introduction de l’optionnalité, explique Vivan Sorab, responsable principale, Technologie propre RBC.  Selon les estimations gouvernementales, les nouvelles règles pourraient permettre des réductions cumulatives de 304 mégatonnes d’équivalent en dioxyde de carbone (Mt d’éq. CO₂) entre 2028 et 2040. Les exploitants pourront soit suivre un parcours d’inspection prescrit par l’organisme de réglementation, soumis à la vérification et à l’application de la réglementation, soit démontrer leur conformité au moyen de leurs propres processus, appuyés par des mécanismes de surveillance et de vérification. La suppression de l’échéance de cinq ans pour les ententes d’équivalence fédérales‑provinciales renforce le cadre en offrant une plus grande prévisibilité à long terme pour les provinces et pour l’industrie. Les règles sont également appuyées par un investissement fédéral de 16 millions de dollars dans les technologies de surveillance et de vérification du méthane. Compte tenu de l’incertitude persistante entourant les volumes d’émissions de méthane, l’accent mis sur la mesure pourrait s’avérer crucial.

Le monde tourne‑t‑il la page sur la Tesla d’Elon Musk ? Difficile à dire si les positions politiques du milliardaire ont rebuté une part importante du public, mais cela pourrait certainement être un facteur. À l’échelle mondiale, les ventes de voitures électriques ont atteint un sommet historique de 21,7 millions d’unités l’an dernier, selon les estimations de Bloomberg New Energy Finance (BNFE), alors même que les ventes de Tesla ont reculé de 9 %, à 1,64 million de véhicules. BNEF prévoit 24,3 millions de ventes de voitures électriques en 2026, un rythme de croissance plus lent que les années précédentes, la baisse des incitatifs gouvernementaux étant partiellement compensée par la diminution des coûts des batteries, une hausse des ventes de véhicules commerciaux et le déploiement progressif des robotaxis.

Dans les coulisses, l’équipe de l’Institut d’action climatique a consacré les six derniers mois à préparer ce qui s’impose peu à peu comme un baromètre de l’action climatique au Canada : le rapport Action climatique, qui en est à sa troisième année.

Même si certaines politiques climatiques ont reculé, l’action, elle, ne manque pas. Le titre de notre rapport, Recul, réinitialisation ou renouveau ?, laisse entendre que la réponse est un peu tout cela à la fois.

Le rapport repose sur des calculs, des agrégations et des estimations fondés sur une variété d’indicateurs provenant de l’ensemble de l’économie et de la société. Ces indicateurs ont été retenus afin de dresser un portrait de la situation actuelle, du chemin parcouru et de ce qu’il reste à accomplir. Le rapport, tout comme les outils de mesure qui le soutiennent, n’a pas pour objectif de fournir un diagnostic précis d’un secteur, d’une politique ou d’une technologie en particulier ; il se veut plutôt un miroir permettant de mettre en lumière à la fois les réussites et les lacunes du Canada.

Le rapport s’appuie également sur la participation de notre équipe à plus de 100 événements ainsi que sur des visites de fermes, d’installations et de bureaux partout au pays, au cours desquelles nous avons écouté, échangé et confronté nos points de vue avec des pairs, des experts et des voix plus sceptiques. Plus de 2 000 consommateurs canadiens et 150 dirigeants d’entreprise ont participé à nos deux sondages annuels. Des groupes de pairs ont examiné nos méthodologies en profondeur, et plusieurs experts externes ont soumis notre analyse à des tests rigoureux. Pour nos études de cas, plusieurs entreprises ont accepté de discuter franchement des défis liés à la mise en œuvre concrète de leurs engagements climatiques, du conseil d’administration jusqu’à l’usine ou au bureau. Le résultat est un instantané du parcours climatique du Canada : quelques jalons franchis, quelques impasses rencontrées, et la préparation pour affronter le prochain virage.

Le rapport intégral est accessible ici, mais voici un bref aperçu de certaines de ses conclusions :

  • Les progrès sur le plan des émissions sont mitigés : Les émissions nationales ont baissé de 7 % depuis 2019, des réductions ayant été enregistrées dans les secteurs de l’électricité (-27 %), du bâtiment (-19 %) et du pétrole et du gaz (-19 %). Toutefois, de nouveaux projets comme l’expansion du pipeline TMX et la phase 1 de LNG Canada devraient augmenter les émissions du secteur pétrolier et gazier.

  • Le pipeline de financement pour la lutte contre les changements climatiques est solide. Des flux de capitaux liés à l’action climatique s’élevant à environ 20 milliards de dollars par année continuent de soutenir le secteur à faibles émissions de carbone.

  • D’autres mesures de financement sont prévues. Près de 100 milliards de dollars d’incitatifs pour les programmes et les initiatives axés sur les technologies propres et le climat sont prévus au budget d’ici 2035, bien que l’incertitude persiste quant à la disponibilité des fonds en raison des réorientations politiques.

  • Le Baromètre de l’action climatique a descendu : L’indice phare de l’Institut a chuté pour la première fois en six ans dans un contexte d’incertitude politique.

  • Les Canadiens se soucient toujours du climat : Malgré la prédominance des enjeux liés au coût de la vie, à l’accès aux soins de santé et au renforcement de l’économie, 33 % considèrent encore les changements climatiques comme l’une des trois principales priorités des décideurs.

Il ne faut pas s’arrêter uniquement aux cibles de réduction des émissions du Canada pour 2030. C’était le message d’Environnement et Changement climatique Canada dans son dernier rapport d’étape sur le plan national de réduction des émissions pour 2030, publié quelques jours avant les Fêtes. Donner la priorité « à tout prix » aux cibles de 2030 risque de fragiliser l’effort climatique à long terme, souligne le rapport. « Se concentrer uniquement sur les réductions à court terme pourrait aussi détourner l’attention des transformations systémiques plus profondes nécessaires pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050. »

Exercer une pression excessive sur les secteurs des industries lourdes et du pétrole et gaz, deux secteurs étroitement liés à la compétitivité, aux flux d’investissement et au commerce, pourrait « provoquer une fuite des capitaux, une fuite de carbone et une perte de compétitivité internationale, surtout si les coûts de mise en conformité dépassent ceux supportés par les économies comparables ».

L’économiste Farhad Panahov a passé au crible l’ensemble des données pour en dégager cinq constats clés :

  • La baisse des émissions est impressionnante, compte tenu de la croissance démographique. En 2023, les émissions du Canada avaient diminué de 8,5 % par rapport aux niveaux de 2005. Plus remarquable encore, l’intensité des émissions avait reculé de 35 % par rapport à la taille de l’économie et de 29 % par habitant, alors même que la population a fortement augmenté au cours des deux dernières décennies.

  • Il faudrait quadrupler les baisses d’émissions observées durant la pandémie. Pour atteindre ses cibles de 2030, le Canada devrait réduire ses émissions d’un volume environ quatre fois supérieur à la baisse enregistrée en 2020, durant la pandémie de COVID‑19.

  • La plupart des secteurs font leur part. Les secteurs de l’électricité, des transports, de l’industrie lourde et des bâtiments devraient générer ensemble une réduction de 68 Mt d’éq. CO₂ d’ici 2030, grâce à diverses mesures, notamment l’adoption des véhicules électriques et des thermopompes, la substitution des combustibles et l’électrification dans l’industrie lourde, ainsi que le déploiement de technologies renouvelables.

  • Les combustibles fossiles font figure d’exception. Le secteur pétrolier et gazier présente une trajectoire divergente, avec des projections allant d’un niveau stable jusqu’à une réduction de 33 Mt d’éq. CO₂, selon l’application renforcée des règles sur le méthane, la substitution par l’hydrogène et l’adoption de technologies d’extraction à base de solvants.

  • Qu’est-ce qui permettra réellement de faire bouger les choses ? Le plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier, mesure controversée et désormais mise de côté, et exclue des projections, n’aurait permis qu’une réduction additionnelle de 3 Mt d’éq. CO₂. À l’inverse, les pratiques agricoles, notamment la gestion de l’azote, pourraient contribuer à une réduction des émissions pouvant atteindre 12 Mt d’éq. CO₂.

  • John Stackhouse sera à Davos la semaine prochaine. Ne manquez pas son analyse de ce qu’il a vu, communiqué et entendu lors du forum le plus influent au monde pour la discussion et le débat sur l’économie mondiale.

  • Lisa Ashton, cheffe intérimaire de l’Institut, a été conférencière principale cette semaine au Saskatchewan Crops Forum, où elle a présenté comment le secteur agroalimentaire peut ouvrir la voie à une nouvelle ère de développement économique.

  • Mme Ashton a également animé une table ronde à Saskatoon réunissant des chefs de file de l’industrie et des investisseurs en capital de croissance dans le secteur agroalimentaire canadien afin d’explorer les défis en matière d’investissement qui ont été mis en lumière dans La prochaine génération de croissance.

  • Shaz Merwat, directeur général, Politique énergétique, anime une table ronde sur l’avantage concurrentiel du Canada et de la Colombie-Britannique en tant que producteurs mondiaux de gaz naturel et de gaz naturel liquéfié le 21 janvier lors du forum sur les ressources naturelles de la Colombie-Britannique.

  • The Elements of Power: A Story of War, Technology and the Dirtiest Supply Chain on Earth, par Nicolas Niarchos, qui examine les réalités et les enjeux liés à la transition vers les technologies de batteries.

  • Série télévisée Landman, mettant en vedette Billy Bob Thornton, qui montre que le forage sauvage demeure bien vivant au Texas, souvent alimenté par des éoliennes.

  • Balado Les innovateurs sur le futur bouquet énergétique de l’Alberta. John Stackhouse s’entretient avec la première ministre Danielle Smith au sujet de l’avenir de l’énergie en Alberta.

  • Things Are Never So Bad That They Can’t Get Worse (2022), par William Neuman,  à propos de l’effondrement du Vénézuéla au fil des ans.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ La stratégie de compétitivité climatique de Mark Carney met l’accent sur les minerais critiques et les crédits d’impôt

➔ À quoi s’attendre à la COP30

➔  Bill Gates revisite sa vision du climat

Further reading: Unearthing Value: How nature can play a critical role in pro-growth agendas – RBC

La lutte pour les minerais critiques ne fait que s’intensifier. Beijing et Washington sont peut-être en bons termes ces jours-ci (contrairement à Ottawa et Washington), mais la bataille pour la suprématie au chapitre des terres rares constituera le grand affrontement de cette décennie. Le Canada est entré dans la mêlée avec 26 nouveaux partenariats avec neuf pays alliés et a prévu des fonds dans le nouveau budget (voir ci-dessous). Vivan Sorab, premier directeur, Énergie propre, affirme que le Canada dispose des ressources, du capital et de la propriété intellectuelle pour commencer à établir une chaîne d’approvisionnement, mais qu’il doit agir rapidement. Il s’agira (a) d’accélérer le financement visant les terres rares, (b) de garantir la demande de ces minerais et (c) d’accroître la capacité de transformation nationale. Lisez la note d’information de M. Sorab ici.

De l’autre côté de l’Atlantique, plusieurs États membres de l’UE ont refusé de s’accorder sur des objectifs contraignants pour 2040. Les États membres ont convenu de réduire leurs émissions de 66,3 % à 72,5 % d’ici 2035 dans le cadre d’une soumission à l’ONU avant le Sommet COP30 au Brésil. Cependant, plusieurs États membres ont refusé d’accepter l’objectif contraignant pour 2040 à moins que des concessions importantes ne soient faites permettant aux pays de comptabiliser 5 % de leurs réductions d’émissions en vendant des crédits carbone internationaux. L’UE a également accepté d’assouplir d’autres politiques climatiques politiquement sensibles, y compris de reporter d’un an, à 2028, le lancement du marché carbone européen prévu.

Le budget fédéral promettait de démontrer comment le gouvernement Mark Carney lie la politique climatiqueclimatique à son programme de croissance. Il est encore tôt, mais à mesure que la politique climatique fédérale prend forme, elle présente un échange fascinant : un renforcement de la tarification du carbone industrielle et des réglementations sur l’électricité propre en contrepartie d’une probable fin du plafond des émissions et d’une extension des incitations fiscales pour la capture du carbone. Voyons ce qu’Alberta et Saskatchewan ont à en dire (lisez ici l’opinion de John Stackhouse sur le budget fédéral.)

Voici ce qui a retenu notre attention :

Tarification du carbone industriel : le Canada a besoin de marchés du carbone solides pour soutenir les investissements dans la croissance verte. Le gouvernement prévoit collaborer avec les provinces afin de définir une trajectoire de prix du carbone industriel sur plusieurs décennies, visant la carboneutralité d’ici 2050. Cela donnera confiance aux entreprises. Le plan consiste à établir un repère et à harmoniser la tarification à l’échelle du pays afin de fournir un signal de prix commun et fort. L’an dernier, nous avons écrit sur l’importance d’harmoniser la tarification du carbone industriel. On s’attend à ce que le Fonds de croissance du Canada continue d’émettre des contrats de différence carbone (CCfD) pour les projets.

Méthane : Le gouvernement vise à finaliser des règlements renforcés sur le méthane pour le secteur pétrolier et gazier ainsi que pour les sites d’enfouissement, et à collaborer avec les provinces pour négocier des accords d’équivalence.

Plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et gazier : Le gouvernement prévoit tirer parti de technologies comme la capture et le stockage du carbone pour réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier, ce qui signifie que le plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et gazier « ne sera plus nécessaire ».

Carburants propres : Le gouvernement prévoit maintenir les règlements sur les carburants propres visant à aider le Canada à passer à de l’essence et du diesel moins émetteurs de carbone, une mesure que les conservateurs ont critiquée.

Crédits d’impôt : Le gouvernement a élargi les crédits d’impôt pour les investissements préalables dans la fabrication verte, ainsi que pour le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CUSC). Dans le cadre du budget, le crédit d’impôt pour le CUSC, qui couvre jusqu’à 60 % des investissements admissibles, prolongerait le taux actuel jusqu’en 2035.Minerais critiques : Un Fonds souverain de 2 milliards de dollars pour les minerais critiques comprendra des investissements en actions, des garanties de prêt et des accords d’achat. Le Fonds du premier et du dernier kilomètre, de 371,8 millions de dollars, vise à amener les projets en phase avancée jusqu’à la phase de production. D’autres minerais critiques, comme l’antimoine, l’indium et le gallium, sont désormais admissibles dans le cadre du Crédit d’impôt à l’investissement pour la fabrication de technologies propres.

Ils pourraient être plus discrets que les années précédentes, mais les événements COP servent toujours à prendre le pouls de l’action — ou de l’inaction — climatique mondiale.

Voici à quoi s’attendre :

Belém, l’hôte qui a le plus à perdre : La ville du nord du Brésil est la porte d’entrée de la région amazonienne — surnommée les « poumons de la planète » — puisqu’elle produit 20 % de l’oxygène mondial. Mais la région est confrontée à des perturbations dues à l’utilisation des terres, aux incendies de forêt et aux phénomènes météorologiques extrêmes accentués par le changement climatique, ainsi qu’à l’expansion industrielle et commerciale incessante. Belém apparaît donc comme un lieu approprié, bien que lointain, pour illustrer les réalités concrètes du changement climatique, contrairement aux centres financiers plus en vue de New York et Dubaï.

Une décennie après Paris. Le monde a changé depuis 2015 — lorsque pratiquement tous les pays étaient unis dans leur engagement à réduire les émissions. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. L’ambiance actuelle : sans compromis. Les pays exportateurs de matières premières se sentent encouragés, tandis que les litiges liés au climat atteignent un niveau record.

Un défi logistique pour une région n’offrant que 18 000 chambres d’hôtel. Le pays hôte, le Brésil, prévoit la participation de 50 000 responsables politiques aux négociations et a même suggéré que certains délégués partagent des chambres. Les organisateurs prévoient également mettre à contribution des bateaux de croisière, des propriétés privées et des écoles pour accueillir les visiteurs. Le mois dernier, 81 pays étaient en négociation avec les organisateurs concernant des chambres d’hôtel, tandis que 87 pays avaient déjà réservé un hébergement, selon la présidence brésilienne de la COP30.

Il pourrait y avoir un vide de la taille des États-Unis à la COP. Les États-Unis, qui sont en train de se retirer de l’Accord de Paris, ne prévoient pas envoyer de représentants « de haut niveau » à Belém. L’influence de Washington devrait néanmoins rester très présente lors des négociations.

Il pourrait y avoir un vide de la taille des États-Unis à la COP. Les États-Unis, qui sont en train de se retirer de l’Accord de Paris, ne prévoient pas envoyer de représentants « de haut niveau » à Belém. L’influence de Washington devrait néanmoins rester très présente lors des négociations.Les organisateurs nourrissent de grands espoirs. Les délégués à la COP30 font avancer cinq points clés à l’ordre du jour : (1) des plans climatiques nationaux renforcés avec des voies d’investissement plus claires, (2) la mobilisation de 1,3 billion de dollars US pour l’action climatique, dont 300 milliards de dollars US pour les pays en développement, (3) l’incitation à des investissements durables et alignés sur le climat, (4) la finalisation des règles d’un marché mondial du carbone soutenu par l’ONU, et (5) une « transition juste et inclusive » loin des combustibles fossiles, garantissant un soutien aux travailleurs et aux collectivités vulnérables affectés par le changement climatique. Que les négociations commencent.

Bill Gates, le cofondateur de Microsoft qui mène une seconde carrière en tant que financier dans la technologie climatique, a récemment exprimé « quelques dures vérités » sur le climat. Sa dernière note a contrarié certains, mais a été accueillie favorablement par d’autres, y compris le président des États-Unis.

Au-delà des gros titres, ses propos pourraient être plus nuancés.

Recadrer le risque : M. Gates soutient que, bien que le changement climatique transforme profondément les systèmes mondiaux, il est peu probable qu’il rende la planète inhabitable. Il met l’accent sur la proportionnalité — en considérant le changement climatique comme un défi chronique et croissant plutôt qu’un scénario existentiel ultime. Un nouveau rapport de l’ONU sur l’action climatique prévoit désormais une hausse des températures de 2,3 à 2,5 °C, contre 2,6 à 2,8 °C dans le rapport de l’an dernier, ce qui laisse le « monde en voie de subir une escalade sérieuse des risques et des dommages liés au climat ».

De la température au bien-être : M. Gates a souligné que l’action climatique ne devrait pas être évaluée uniquement en fonction des émissions évitées ou des degrés de réchauffement évités, mais aussi selon son efficacité à améliorer le bien-être humain, en particulier dans les régions vulnérables. Cela s’aligne sur un appel croissant dans les milieux du développement à intégrer l’adaptation et la réduction de la pauvreté dans l’ordre du jour climatique.

Innover, innover, innover : M. Gates continue de présenter l’innovation technologique — dans les énergies propres, les procédés industriels et l’agriculture — comme l’outil décisif pour la décarbonation, suggérant que cela permettra de réaliser des réductions durables des émissions.Éviter les récits apocalyptiques : M. Gates souligne que l’alarmisme peut éroder la confiance du public et mal orienter les ressources. Certains pourraient toutefois soutenir que l’attention continue portée aux enjeux climatiques a stimulé l’action et orienté des billions de dollars vers la transition énergétique.

➔ John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, s’est adressé à une délégation du G7 et à des conseillers avant la réunion des ministres de l’Énergie et de l’Environnement du G7 à Toronto la semaine dernière, présentant la vision de RBC de l’évolution du monde. Lire son discours ici.

➔ Lors du Forum économique international de Toronto, le 17 octobre, M. Stackhouse a s’est entretenu avec Heather Chalmers, présidente et cheffe de la direction de GE Vernova Canada, et a participé à une séance de travail sur les enjeux liés aux compétences et aux chaînes d’approvisionnement avec Stephen Lecce, ministre de l’Énergie de l’Ontario.

➔ Lors du Sommet GLOBE sur le leadership alimentaire à Calgary, l’Alliance canadienne pour l’agroalimentaire carboneutre (CANZA) a lancé le Défi du million d’acres, une initiative visant à étendre les pratiques agricoles climatiquement intelligentes à l’échelle du Canada.

➔ Lors du Sommet alimentaire Arrell, le 21 octobre, Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, Leadership avisé RBC, s’est entretenue avec Rene Van Acker, président et vice-chancelier de l’Université de Guelph pour discuter de la croissance durable de l’agriculture canadienne tout en abordant l’un de ses défis les plus pressants : le creusement des écarts d’innovation dans le secteur agroalimentaire.

➔ Mme Ashton a également participé à une table ronde sur les systèmes alimentaires et l’agriculture climatiquement intelligente à l’Université Simon Fraser, à Vancouver

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance des énergies renouvelables au Canada. Dans son récent rapport, elle s’attend toujours à ce que le Canada ajoute 21 gigawatts de capacité en matière d’énergies renouvelables d’ici 2030, soit près du double de la croissance enregistrée au cours des six dernières années, et ce, principalement dans les domaines de l’énergie éolienne terrestre et de l’énergie solaire photovoltaïque à des fins commerciales. Cependant, cela représente une baisse de 11 % par rapport à ses prévisions de 2024. Cette réévaluation s’explique notamment par les difficultés persistantes liées au réseau électrique, ainsi que les modifications apportées aux politiques et à la réglementation en Alberta. L’AIE constate également un revirement majeur ailleurs dans le monde. En effet, la croissance des énergies renouvelables s’essouffle aux États-Unis et en Chine, les deux plus grands marchés mondiaux, dans un contexte de changements politiques, de vulnérabilité des chaînes logistiques et de pressions financières.

La croissance des énergies renouvelables accuse un coup aux États-Unis et au Canada

Le Canada peut-il attirer les demandeurs de visas H1-B qui ne sont plus les bienvenus aux États-Unis ? Malgré toutes les discussions sur la possibilité que le Canada tire parti des problèmes de visas aux États-Unis pour attirer les meilleurs talents, un constat lucide s’impose : le délai de délivrance d’un visa pour démarrage d’entreprise par le gouvernement canadien est de 53 mois. Une nouvelle étude de Betakit révèle que ce programme, vieux de 10 ans, se heurte à plusieurs obstacles, le gouvernement ayant freiné le processus dans le cadre d’un ralentissement plus général de l’immigration. Pour attirer certains des cerveaux les plus brillants au monde dans les domaines du climat, des technologies propres et de l’innovation, les décideurs politiques devront faire preuve de vivacité d’esprit et accélérer la cadence.

David Greybeard a changé la vie de Jane Goodall. Le chimpanzé à la pilosité faciale argentée a été le premier animal que Mme Goodall a vu utiliser des outils et manger de la viande. Il est à l’origine de sa longue quête de protection de l’environnement et de la biodiversité. Mme Goodall, qui est décédée la semaine dernière à l’âge de 91 ans, anthropomorphisait les animaux (elle rejetait la pratique établie consistant à utiliser des numéros pour identifier les sujets et préférait leur attribuer des noms). En personnalisant son approche, elle leur donnait de la valeur et, par l’intermédiaire du Jane Goodall Institute, elle a contribué à sauver d’innombrables espèces (non anonymes). Elle était en avance sur son temps, mais sa cause gagne enfin du terrain.

Lecture complémentaire : Unearthing Value: How nature can play a critical role in pro-growth agendas – RBC (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Le secteur agricole canadien a tout ce qu’il faut pour être le meilleur au monde : des sols productifs, un climat tempéré, une mécanisation avancée des activités et une industrie agroalimentaire en pleine croissance. Toutefois, selon un nouveau rapport de Leadership avisé RBC, l’exploitation de ces forces n’est pas chose simple. Le secteur peine à attirer la bonne combinaison de talents et à maintenir le niveau d’investissement en recherche et développement requis pour rester un chef de file mondial.

Les travaux de Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, illustrent l’ampleur du défi à relever :

  • L’agriculture canadienne présente un potentiel immense, mais la courbe d’innovation pourrait s’aplanir. Le Canada abrite certains des sols les plus productifs et des agriculteurs les plus innovants au monde. Néanmoins, la croissance annuelle de la productivité du secteur a diminué pour atteindre environ 1 % au cours de la dernière décennie (contre 2 % durant la décennie précédente), ce qui laisse croire que peu d’innovations révolutionnaires parviennent jusqu’aux exploitations agricoles.

  • Le secteur n’attire pas suffisamment de talents. Le taux de postes vacants y est supérieur de 1,5 % à la moyenne nationale. Moins de 1 % des diplômés en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques ou en commerce, qui jouent un rôle de plus en plus important dans les exploitations agricoles modernes, choisissent une carrière en agriculture.

  • L’écosystème de recherche et développement est de moins en moins diversifié. Les investissements publics dans la production de connaissances agricoles, qui comprennent la recherche et le développement, ont reculé de 15 % depuis 2010. Le volume d’activités de recherche et développement confié aux universités par le secteur privé a chuté de 77 % dans les cinq dernières années. En outre, au cours de la dernière décennie, le nombre d’entreprises qui mettent en œuvre un programme de recherche et développement a baissé de 29 %.

  • D’autres pays nous devancent. Le Canada se trouve maintenant derrière l’Australie, les États-Unis, le Japon et le Brésil en ce qui concerne les investissements publics en matière de production de connaissances agricoles. La commercialisation des produits agricoles locaux est en déclin, tandis que la balance commerciale du pays s’améliore dans des domaines d’innovation comme ceux des produits chimiques, des engrais et des services agricoles.

  • La commercialisation des solutions agricoles prend de l’ampleur chez nos voisins du sud. Au cours des cinq dernières années, les investissements dans les jeunes pousses spécialisées dans les technologies agroalimentaires ont été 22 fois supérieurs aux États-Unis par rapport au Canada. Cet énorme écart attire les entreprises canadiennes à la recherche de capitaux, de mentorat et d’applications commerciales au sud de la frontière.

Afin de combler le déficit de compétences dans le secteur agricole, RBC a lancé aujourd’hui à Winnipeg une initiative d’investissement visant à soutenir la prochaine génération d’agriculteurs canadiens. Lancée aux côtés du premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, l’initiative Générateur RBC prévoit un investissement de 5 millions de dollars sur cinq ans dans l’agriculture des Prairies. Elle devrait s’étendre grâce à des programmes offerts dans le cadre d’un mouvement national avec les agriculteurs, la CANZA, Nature United, Sustainable Food Systems for Canada (SF4C) et des initiatives agricoles durables autochtones.

ÉNERGIE NUCLÉAIRE

La semaine dernière, à l’occasion du forum sur les petits réacteurs modulaires (PRM) qui se tenait à Edmonton, Vivan Sorab de Leadership avisé RBC a animé une table ronde sur le rôle de ceux-ci dans l’atteinte des objectifs énergétiques mondiaux.

Le groupe d’experts constitué de Carl Marcotte (Atkins Realis), William Smith (Terrestrial Energy), Lisa McBride (GE Vernova Hitachi) et George Christidis (Association nucléaire canadienne) a également abordé la question des avantages du Canada. Voici quelques-unes des principales conclusions :

  • L’avantage concurrentiel du Canada réside dans la collaboration : L’Ontario a pris les devants en lançant la construction du premier PRM du G7 pouvant être raccordé au réseau. Le projet a mis à contribution le gouvernement, les services publics, la chaîne d’approvisionnement en énergie nucléaire canadienne et des universitaires pour bâtir la première nouvelle centrale nucléaire au Canada depuis trois décennies. Au moment où des provinces qui ne possèdent pas d’installations nucléaires envisagent pour la première fois de se lancer dans cette voie, il est essentiel de s’inspirer de cette collaboration.

  • Le Canada doit saisir la balle au bond : Grâce à des initiatives comme la feuille de route des PRM et à l’avantage pour les investisseurs de la première heure dans la construction de PRM, le Canada s’est taillé une place de choix dans le domaine du nucléaire de nouvelle génération. Cependant, comme la concurrence des États-Unis et d’autres pays s’intensifie, le Canada doit agir rapidement pour conserver sa position de chef de file et veiller à ce que son expertise lui permette de garantir sa sécurité énergétique et contribue à la décarbonation de la planète. Une plus grande synergie entre les gouvernements fédéral et provinciaux sera déterminante.

  • Les investissements doivent augmenter : Il faudra injecter de l’argent pour soutenir les installations futures, la chaîne logistique en pleine croissance et la main-d’œuvre qualifiée nécessaire.

  • Les PRM coûtent cher. Les quatre PRM de la société Ontario Power Generation situés à Darlington, d’une capacité de 300 mégawatts, devraient coûter 20,9 milliards de dollars. En comparaison, une centrale électrique saskatchewanaise au gaz naturel, d’une capacité de 377 mégawatts, affiche une facture de 825 millions de dollars. Bien que les PRM puissent avoir une valeur géostratégique, ils devront rivaliser avec le gaz, l’hydroélectricité et les grosses centrales nucléaires pour attirer des capitaux.

  • Les communautés autochtones sont au premier plan : La prise en compte des communautés autochtones sera de rigueur pour favoriser la réussite de tout projet. Il faudra les consulter dès le départ et veiller à ce qu’elles puissent participer.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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Bulletin d’information sur le climat

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➔ Semaine du climat de New York : oubliez un instant la marche arrière des États-Unis

➔ Énergie éolienne : la Nouvelle-Écosse voit grand

➔ Notre rapport Unearthing Value souligne le rôle du capital naturel dans les plans de croissance

La semaine du climat de New York a lieu contre vents et marées. Dans le cadre de l’événement annuel en cours cette semaine à New York, plus de 1 000 séances vont s’y tenir, portant sur l’Arctique, la mode durable, les minéraux critiques et autres grands enjeux. L’événement a pour toile de fond les multiples volte-face opérées par Washington en ce qui a trait aux énergies propres. Le nombre record de sujets abordés et de participants (on en attend plus de 100 000) semblent indiquer que l’engouement pour la transition énergétique n’a pas nécessairement faibli pour autant.

Le projet Wind West de la Nouvelle-Écosse a le vent en poupe. D’une puissance de 5 000 MW, les installations qui seraient construites au coût de 60 milliards de dollars pourraient faire des provinces de l’Atlantique un pôle majeur en matière d’énergie non polluante. Ottawa, qui estime que la proposition a sa place parmi les grands projets d’intérêt national, est en train d’examiner dans quelle mesure l’appétit des investisseurs pourrait stimuler la production d’énergie renouvelable sur la côte Est. Toutefois, comme l’admettent les auteurs du plan stratégique, « ce ne sera pas facile », compte tenu des enjeux réglementaires et de la compétitivité des coûts. La Nouvelle-Écosse recherche le soutien du gouvernement fédéral, qui prendrait la forme de crédits d’impôt pour investissement et de prêts à faible taux d’intérêt accordés par la Banque de l’infrastructure du Canada. La province souhaite aussi que la nation micmaque achète des titres de participation. Les différentes mesures de soutien pourraient avoir pour effet de réduire les coûts du projet à 170 $/MWh – les Néo-Écossais, l’année dernière, payaient leur électricité 51,86 $/MWh.

L’Australie se présente comme un chef de file du stockage du CO2. Aux antipodes du Canada, la grande île mise sur son sous-sol pour devenir un acteur majeur du stockage du CO2 dans la région Asie-Pacifique. Dans son tout nouveau plan pour la carboneutralité dévoilé la semaine dernière, l’Australie s’engage en effet à réduire, d’ici dix ans, ses émissions d’au moins 62 % par rapport à 2005. En mettant l’accent sur le captage du CO2, investissements à l’appui, le pays cherche à compenser les émissions liées à sa production de gaz naturel et à son secteur minier.

Quand, à propos de la stratégie qu’il compte mettre en œuvre, Mark Carney parle de « compétitivité carbone », il se livre à une intéressante association de mots. Sous Justin Trudeau, il était plutôt question de réduction des émissions en général et de plafonnement de celles du secteur pétrogazier en particulier. Les mots que choisit son successeur traduisent une perspective bien différente : comment concilier la croissance de l’économie et les politiques de réduction des émissions, de stockage du CO2 ou de production faiblement carbonée ?

Dans ce contexte de réalignement politique, nous nous posons cinq grandes questions :

  • Que va devenir le système de tarification du CO2 émis par les industriels ? Le gel prévu par l’Alberta pour le prix de sa taxe carbone en 2026 et le retrait de la Saskatchewan constituent un défi aux règles fédérales. Mark Carney va devoir expliquer comment son gouvernement pourra soutenir les investissements en faveur des technologies propres sans s’aliéner les provinces.

  • Comment gérer l’ajustement du prix du carbone à la frontière ? Le Canada envisage d’appliquer des droits de douane visant à protéger son industrie contre les importations de biens produits à moindre coût par des installations plus polluantes mais, compte tenu des tensions commerciales avec Washington, cela risque de froisser notre voisin. Comme notre économiste Farhad Panahov l’écrivait récemment dans un rapport, « Des écarts importants entre la tarification carbone du Canada et celle de ses partenaires commerciaux peuvent nuire à la compétitivité du pays en période de bouleversements structurels d’envergure mondiale. » L’approche du gouvernement fédéral est-elle d’ailleurs réaliste ? Les « ajustements carbone à la frontière » pourraient-ils ne s’appliquer qu’à la Chine et à d’autres partenaires commerciaux non membres de l’OTAN ?

  • Que va-t-il advenir du plafonnement des émissions du secteur pétrogazier ? Va-t-il être maintenu, supprimé ou revu ? La décision prise sera d’une importance vitale pour le secteur énergétique canadien.

  • Comment relancer le financement des technologies propres ? Il existe déjà un certain nombre de crédits d’impôt pour investissement. Que peut faire encore Ottawa pour stimuler un financement en perte de vitesse ?

  • Pouvons-nous encore atteindre les objectifs de l’Accord de Paris ? Le gouvernement Carney dit maintenir son engagement à l’égard des objectifs qu’il s’est fixés pour 2030. Or l’Institut climatique du Canada estime que le pays ne se dirige pas dans la bonne direction. Que peut faire Mark Carney – ancien envoyé spécial de l’ONU pour le financement de l’action climatique – pour corriger le tir ?

Mise en service d’une nouvelle thermopompe intelligente au Canada. Le modèle Air de la jeune entreprise Jetson de Vancouver peut être raccordé aux conduits existants et fonctionne jusqu’à -30 °C. Un module recourant à l’IA analyse les conditions météorologiques, la consommation de l’immeuble et la qualité de l’air intérieur pour ajuster les paramètres ; l’occupant utilise ainsi moins d’électricité et fait des économies. Le PDG de Jetson, Stephen Lake, dirigeait auparavant une autre jeune pousse, North, ce fabricant de lunettes intelligentes que Google a acheté en 2022. Il explique que le logiciel qu’utilise la nouvelle thermopompe permettra d’importants gains d’efficacité. Cela pourrait fortement contribuer à la réduction des émissions – au Canada, le chauffage compte pour 13 % des émissions de GES liées à la consommation d’énergie.

➔ Une entreprise enfantée par le laboratoire de l’Université McGill a recueilli 3,5 M$ auprès d’investisseurs intéressés par son projet pilote de fabrication de dispositifs de stockage d’énergie fonctionnant au fer. Une fois au point, un tel équipement pourrait réduire de beaucoup la consommation de carburants fossiles (diesel et autres) dans l’industrie lourde.

➔ Les membres de l’Union européenne n’ont pas réussi à s’entendre sur un plan climatique contraignant avant l’Assemblée générale de l’ONU prévue cette semaine. Ils se sont contentés d’une déclaration d’intention selon laquelle leurs émissions diminueraient de 72,5 % d’ici 2035.

➔ Robert Redford, décédé la semaine dernière, n’était pas seulement une icône d’Hollywood, mais aussi un militant qui avait le don de parler de changements climatiques. On lui doit le Sundance Film Festival, qui a fait connaître plusieurs films consacrés à l’environnement. L’acteur avait aussi mis sur pied le Redford Centre ; sur les 60 films traitant d’action ou d’inaction en matière de climat dont cette entité à but non lucratif a soutenu la production, 11 ont été inscrits aux programmes des plateformes de diffusion en continu.

Nature

Environ la moitié du PIB mondial (soit plus de 78 000 milliards de dollars) dépend dans une grande mesure ou modérément de la nature. Or les pays ne comptabilisent son apport qu’une fois la ressource (poisson, céréales, bois d’œuvre…) extraite ; les services écosystémiques sont très peu pris en compte. Dans notre rapport, Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, explique comment le recours au « capital naturel » peut tout à fait s’inscrire dans les stratégies de croissance.

Voici quelques-uns des constats du rapport :

  • En tant que moteur économique, le capital naturel est encore sous-utilisé. Au cours des vingt-cinq dernières années, le PIB des secteurs qui dépendent de la nature au Canada (foresterie, agriculture, mines, pêche…) a enregistré une croissance d’une année sur l’autre inférieure de 0,3 % au reste de l’économie. Une tendance similaire a été observée aux États-Unis et au Royaume-Uni.

  • Ignorer la nature, c’est compromettre la prospérité. Alimentation, tourisme, bâtiment… : plus de la moitié de l’économie mondiale (soit environ 78 000 milliards de dollars) dépend de la nature. Au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, où l’on cherche à relancer l’économie, les ressources naturelles s’épuisent. Or la croissance à long terme repose en grande partie sur elles.

  • Une possibilité qui se présente rarement nous est actuellement offerte de mettre à profit le capital naturel pour continuer à bâtir nos nations. Les pays qui inventorient et font fructifier leur capital naturel se donnent la possibilité de générer davantage de croissance et d’attirer des investisseurs étrangers que ce secteur intéresse. La mobilisation des acteurs financiers qui s’ensuit entraîne une hausse de la demande. Les besoins sont chiffrés à 580 000 milliards de dollars d’ici 2030 et à près de 940 000 milliards d’ici 2050.

  • La montée en puissance dépend des capitaux privés. En matière de capital naturel, le financement est assuré à 82 % par les gouvernements (222 000 milliards de dollars). Le secteur privé attend en effet de leur part des signaux plus clairs et veut avoir l’assurance que ses investissements produiront les effets attendus.

  • Sur les marchés financiers et environnementaux, la nature occupe une place croissante mais demeure sous-représentée. La nature ne constitue qu’un petit segment de la finance durable. En 2025, les crédits carbone auxquels elle donnait lieu représentaient 13 % de ceux offerts sur les marchés volontaires du carbone, alors que leur part dans la création annuelle de nouveaux crédits pourrait être de 50 %.

  • L’intégration des politiques, l’IA et (tiens donc !) des mesures comptables permettraient de mieux faire figurer la nature dans les bilans et les plans de croissance. Au Canada, ces trois approches vont justement subir un test : la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière de minéraux critiques et le lancement de grands projets miniersvont être l’occasion d’intégrer les valeurs autochtones et les bases de connaissances aux cadres de comptabilisation du capital naturel.

  • Lisa Ashton présente aujourd’hui son rapport, Unearthing Value, consacré à l’économie du milieu naturel. Aux côtés de Nature United, elle animera aussi un groupe de discussion dans le cadre de la Semaine du climat de New York.

  • Cette semaine, notre équipe a accueilli une délégation de représentants du Congrès et d’agents d’ambassade avec lesquels elle discutera des possibilités de coopération accrue entre les États-Unis et le Canada sur la question des minéraux critiques.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ Préservation de la nature à l’occasion de la Semaine du climat de New York

➔ Les programmes liés aux véhicules électriques (VE) sont repoussés à plus tard

➔ La nouvelle vie de General Fusion débute alors que la course mondiale s’accélère

Les programmes liés aux véhicules électriques sont mis sur pause. Une autre politique climatique de l’époque de Justin Trudeau a subi un revers lorsque le gouvernement de Mark Carney a suspendu une norme selon laquelle les VE devaient représenter 20 % des ventes des constructeurs automobiles à compter de 2026. Les difficultés commerciales provenant des États-Unis font partie des raisons motivant cette décision, tout comme la fin des crédits d’impôt américains pour VE, qui entrera en vigueur au cours du mois. Les constructeurs automobiles sont déjà ébranlés par les droits de douane estimés à 12 milliards de dollars US (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) qui leur ont été imposés à ce jour. Plusieurs d’entre eux se retrouvent face à l’incertitude alors qu’ils ont englouti des milliards de dollars dans les chaînes d’approvisionnement de VE dans un marché qui a soudainement perdu de son élan. Cette situation représente un microcosme du plus grand débat opposant le climat et l’économie qui fait rage dans le monde entier.

La Banque de développement du Canada mise sur les minéraux essentiels. Le Fonds Innovation industrielle II (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de 200 M$ de l’organisme de financement appuie les entreprises en démarrage à un stade précoce exerçant des activités dans plusieurs secteurs, y compris les principales matières premières requises pour l’infrastructure d’énergie propre et les véhicules électriques. Les plus récentes données de l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement (ACCR) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) indiquent que les entreprises canadiennes de technologies propres ont amassé 191 millions de dollars au cours du premier semestre de 2025, comparativement à 657 millions de dollars pour la même période l’an dernier. Il va donc sans dire que le Canada a besoin de ce fonds.

Une nouvelle ruée mondiale vers le pétrole. La Norvège (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) se targue d’avoir un fonds souverain parmi les mieux garnis – et les plus respectueux des critères ESG – au monde, et d’être un chef de file en matière de véhicules électriques, mais tout cela est rendu possible par les combustibles fossiles. Sylvi Listhaug, dont le Parti progressiste a bondi en deuxième place lors des récentes élections, souhaite que la Norvège soit « le dernier pays du monde à mettre fin à la production de pétrole ». Il s’agit d’une prise de position récurrente, le Canada comptant parmi les nombreux autres pays qui ont été saisis de ce nouvel engouement pour le pétrole. Qu’est-ce que cela signifierait pour les émissions mondiales ? Les investissements dans le secteur du pétrole en amont devaient chuter cette année pour la première fois depuis 2020, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) Il pourrait s’agir d’une simple anomalie passagère.

Dawn Farrell, première dirigeante du tout nouveau Bureau des grands projets (BGP), doit accélérer la mise en œuvre de plusieurs projets susceptibles d’accroître les émissions au pays, ou non, selon sa manière de composer avec les impératifs environnementaux et économiques du pays, deux enjeux d’importance égale. Mme Farrell pourrait-elle réaliser les trois objectifs inconciliables du Canada : bâtir plus rapidement, accélérer la croissance durable et renforcer l’unité nationale ?

Son mandat de près de dix ans à titre de cheffe de la direction de TransAlta Corp., un géant du secteur des services publics établi à Calgary, nous en dit long sur le mode opératoire de la dirigeante :

  • Sous sa supervision, qui s’est terminée en mars 2021, l’entreprise de services publics est passée du charbon au gaz naturel, dans le cadre d’une transition à l’échelle sectorielle visant à réduire les émissions.

  • En 2021, TransAlta avait entièrement converti l’unité de 2 de Keephills, l’unité 3 de Keephills et l’unité 6 de Sundance, les faisant passer du charbon thermique au gaz naturel.

  • La transition énergétique a eu une incidence sur les travailleurs du charbon, et plusieurs collectivités provinciales ont bénéficié du fonds pour la transition de la communauté du charbon.

  • À la fin de 2021, TransAlta avait réduit ses émissions de GES de 70 % par rapport à 2005, excédant ainsi les cibles nationales en matière d’émissions d’ici 2030 au Canada, aux États-Unis et en Australie, où l’entreprise exerce ses activités.

  • TransAlta est devenue l’un des plus importants producteurs d’énergie éolienne au Canada et l’un des plus grands producteurs d’énergie hydroélectrique en Alberta, faisant passer sa capacité d’énergie renouvelable d’environ 900 MW en 2000 à plus de 2 800 MW en 2021.

Le chemin parcouru par TransAlta donne à Mme Farrell la crédibilité nécessaire pour contribuer à rationaliser plusieurs projets, . Toutefois, elle doit maintenant reproduire son approche au niveau national, où plusieurs intérêts concurrents – des gouvernement fédéral et provinciaux, des Autochtones et des grandes sociétés – se disputent l’attention.

Plusieurs projets de pipelines de pétrole, de GNL et d’énergies renouvelables sont avancés, mais voici les défis généraux qui attendent Mme Farrell :

  • Regagner la confiance des investisseurs : Le BGP devra prouver que le Canada est en mesure de bâtir de nouveau, et cette fois-ci de manière durable. Le Bureau devra produire des résultats rapidement pour que des intérêts étrangers osent recommencer à investir au Canada.

  • Au-delà de Trump : Nous ne nierons pas qu’un nuage aux allures du président américain plane sur le Canada. D’un autre côté, l’Europe (saluons l’, Allemagne [ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement]), le Japon et les économies émergentes veulent eux aussi nos ressources. La prochaine vague de projets devra pointer vers l’est comme vers l’ouest et compter sur l’engagement des pays consommateurs.

  • Harmonisation des priorités provinciales : Un autre défi monstre. Si Mme Farrell pouvait amener la Colombie-Britannique, l’Alberta et le Québec à se mettre d’accord, le Canada pourrait devenir une superpuissance au chapitre des ressources.

  • Faire appel aux groupes autochtones : Passer des promesses en l’air à de véritables partenariats avec les communautés autochtones pourrait bien être l’une des réalisations les plus durables du BGP.

Une technologie océanique d’élimination du carbone fait des vagues. La société Planetary Techologies, située en Nouvelle-Écosse, a récemment conclu un contrat de 43,3 millions de dollars avec Frontier Climat, lequel est soutenu par Shopify, Google et Meta. L’objectif visé ? Éliminer 115 211 tonnes métriques de CO₂ de 2026 à 2030 en ajoutant des minéraux alcalins, comme de l’oxyde de calcium et de l’oxyde de magnésium, aux eaux côtières. Le processus accélère l’absorption naturelle du CO2 et promet une période de stockage de plus de 10 000 ans. Frontier croit qu’elle pourrait faire passer le cours actuel d’environ 270 $ US la tonne à un prix allant de 50 $ US à 160 $ US en tirant parti de l’infrastructure existante des centrales électriques situées sur les côtes. Cette technologie permettra également de préserver les écosystèmes marins et donnera l’occasion aux communautés locales, dont la Nation Mi’kmaq, de participer.

Un rêve qui prend vie chez General Fusion. Le projet de fusion nucléaire de Richmond, en Colombie-Britannique, a récemment permis de soulever 30 millions de dollars (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), après avoir subi de nombreuses mises à pied et roulé à capacité réduite. Les capitaux alimenteront son programme de démonstration de fusion LM26, qui vise une température opérationnelle de 10 millions de degrés Celsius, une étape essentielle sur la voie de la fusion commerciale. Le bureau de gestion familiale Thistledown Capital appartenant à Tobi Lütke, chef de la direction de Shopify, ainsi que JIMCO, établie en Arabie saoudite, font partie des investisseurs ayant appuyé le cycle d’investissement. Les fonds totalisant 2,6 milliards de dollars US (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) injectés par les investisseurs dans 52 autres entreprises du monde au cours de l’année qui vient de s’écouler, dont 29 uniquement aux États-Unis, sont une véritable bouée de sauvetage pour la seule société de fusion du Canada. De plus, la course pour trouver la clé des technologies de fusion s’accélère, avec la China National Nuclear Corp. qui a établi la China Fusion Energy Co., d’une valeur de 2 milliards de dollars, en juillet, suivie de près par un nouveau cycle d’investissement de 863 millions de dollars US pour l’entreprise du Massachussets Commonwealth Fusion Systems (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), la plus grande société fermée de fusion au monde.

La capture de carbone s’apparente à faire rentrer le génie dans sa lampe, à la différence près que le carbone peut s’échapper. Une nouvelle étude évaluée par des pairs publiée dans Nature estime que la planète peut contenir à peine 1 460 gigatonnes de carbone, alors que les estimations antérieures s’élevaient plutôt à 40 000 gigatonnes (l’équivalent d’environ une année d’émissions de CO2). Selon l’étude, les failles structurelles et la mauvaise construction des puits pourraient miner l’efficacité des technologies de capture du carbone. Malgré cela, il reste encore de nombreux territoires dotés d’une géologie viable et de l’expertise nécessaire pour capturer le carbone. Environ quatre milliards de dollars américains ont déjà été investis dans les installations de capture, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) en 2024, et une capacité de capture de plus de 50 tonnes métriques de CO2 est actuellement opérationnelle, ne présentant que peu de fuites à ce jour. Le rapport estime par ailleurs que le Canada et les États-Unis sont «mieux placés » que l’Europe pour mettre en œuvre des solutions de stockage géologiques.

Power On: Hard choices, real consequences (Sous tension : Des choix difficiles aux conséquences concrètes). Le thème de la semaine du climat de New York de cette année, qui débute le 22 septembre, est bien choisi. L’événement, qui rivalise de plus en plus avec les événements annuels de la COP, réunit des experts en finances, des écologistes et des mordus de politique tout en créant l’un des pires embouteillages qu’a connus la Grosse Pomme.

Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, sera présente. Elle livrera une allocution le 24 septembre au Nature Hub dans le cadre d’un événement organisé par l’Institut d’action climatique RBC et Nature United.

La nature représente une contribution de 33 billions de dollars US à l’économie mondiale, ce qui correspond à la valeur du commerce mondial des biens et services. Pourtant, son rôle dans l’économie, en dehors des ressources que l’on en extrait (poissons, céréales et bois d’œuvre), n’est pas pris en compte dans le PIB national, laissant en marge une source de croissance économique et de risques. Voici un aperçu de quelques-uns des premiers thèmes couverts par le rapport que fera Lisa sur l’économie de la nature :

  • Le capital naturel est sous-utilisé en tant qu’atout dans la croissance économique. Au cours des vingt-cinq dernières années, le PIB des secteurs dépendants de la nature au Canada a enregistré une croissance d’une année sur l’autre inférieure de 0,6 % au reste de l’économie pendant la même période.

  • Il existe de vrais risques de ne pas tenir compte du rôle que pourrait jouer la nature dans la prospérité. Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni cherchent à reconstruire leurs économies. Et pourtant, leurs ressources naturelles s’épuisent. Le Royaume-Uni, par exemple, exerce une grande pression sur ses ressources en eau, le gouvernement prévoyant un écart de 5 milliards de litres par jour au chapitre de la disponibilité de l’eau d’ici 2055.

  • Les programmes en faveur de la croissance présentent des occasions de valoriser et de renforcer le capital naturel. La nature est maintenant un risque à signaler de même qu’une catégorie d’actifs à investir, et est prête à être intégrée dans les grands projets d’investissement et d’infrastructure.

« En cette ère de réindustrialisation, toutes les occasions de croissance durable doivent être présentées. C’est un facteur qui tombe à point, alors que les pays du monde entier ont de la difficulté à mobiliser des capitaux pour gérer, protéger et préserver leur capital naturel », déclare Lisa.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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Bulletin d’information sur le climat

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➔ Le plan canadien pour les batteries de véhicules électriques passe à la vitesse supérieure

➔ L’ère des avions à réaction électriques prend son envol à l’aéroport Billy Bishop

➔ Comment déconcerter les scientifiques

La vision canadienne en matière de batteries pour véhicules électriques prend forme. PowerCo, la filiale canadienne de Volkswagen spécialisée dans les batteries, poursuit la construction de sa giga-usine à St. Thomas, en Ontario, avec deux contrats de construction. L’usine devrait entrer en production en 2027. Mais il ne s’agit pas simplement d’un jalon important sur le plan des travaux de construction : c’est le signe que le pari risqué du Canada sur les chaînes d’approvisionnement des véhicules électriques se concrétise malgré les querelles tarifaires et l’incertitude de la demande. Pour Ottawa et l’Ontario, le véritable défi sera de savoir si cela permettra au Canada de s’implanter dans la chaîne d’approvisionnement en batteries en pleine évolution d’Amérique du Nord.

Les ambitions énergétiques se heurtent à la durabilité. La proposition de l’Ontario de relier les ressources pétrolières et gazières de l’Alberta et de la Saskatchewan aux raffineries situées dans le sud de l’Ontario et aux ports maritimes, y compris un nouveau port en eau profonde sur la côte de la baie James, se heurte à la résistance des Autochtones. Leur principale préoccupation se résume très simplement : ils se sentent « invisibles ». L’organisme Indigenous Resource Network (IRN) (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) s’inquiète également du fait qu’ils soient considérés comme un obstacle au développement des projets, alors qu’en réalité « ils font partie de la solution », fait remarquer l’IRN. Il s’agira d’un défi récurrent alors que les gouvernements canadiens cherchent à accélérer la mise en œuvre des projets. Le Canada devra obtenir l’adhésion des groupes autochtones pour éviter tout retard dans la réalisation des projets.

Les scientifiques sont déconcertés. Le département américain de l’Énergie (DoE) a stupéfié le monde universitaire spécialisé dans les questions climatiques en publiant un nouveau rapport (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) qui laisse entendre que « le réchauffement induit par le CO2 pourrait être moins dommageable sur le plan économique qu’on ne le croit généralement ». Voilà de quoi déconcerter la communauté scientifique. Si plusieurs sites Web, dont Nature (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) et Carbon Brief (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), ont publié des réponses cinglantes, le nouveau rapport du DoE remet en question les idées reçues sur le climat. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies réagira-t-il promptement en publiant une réfutation ? Son prochain rapport d’évaluation (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) n’est pas prévu avant la mi-2028.

Le projet Ksi Lisims LNG est prêt à se retrouver sous le feu des projecteurs. Soutenu par les populations autochtones, ce projet d’exportation de gaz naturel attend une ordonnance du gouvernement de la Colombie-Britannique concernant l’évaluation environnementale (EE) qui pourrait lui permettre d’aller de l’avant. Les ministres de l’Environnement et des Parcs et de l’Énergie de la province doivent se prononcer d’ici le 7 septembre.

Voici comment le projet pourrait avoir une incidence sur l’économie, les émissions et l’énergie du Canada :

Qui en est à l’origine : la nation Nisga’a, une Première Nation autonome de la côte Pacifique. La société Western LNG, soutenue par une filiale du géant de l’investissement Blackstone Inc., est un partenaire.

Emplacement : juste à côté de la frontière américaine, sur l’île Pearse.

Échéancier : comme l’évaluation environnementale devait être produite au quatrième trimestre de 2024 (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), l’échéancier accuse déjà un certain retard. Dans la demande initiale, les travaux de construction devaient se dérouler entre le deuxième trimestre de 2025 et le quatrième trimestre de 2027, la phase d’exploitation débutant en 2028 (au moins jusqu’en 2058).

Description du projet : deux installations flottantes de GNL, chacune dotée d’unités de traitement de liquéfaction. Une fois achevé, le projet permettra de traiter jusqu’à deux milliards de pieds cubes par jour et d’exporter environ 12 millions de tonnes par an de GNL.

Qui s’y oppose : le projet se heurte à l’opposition de plusieurs groupes environnementaux et autochtones, notamment les chefs héréditaires Gitanyow (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) et la bande Lax Kw’alaams.

Infrastructure connexe : un certificat environnemental a été délivré pour le projet Prince Rupert Gas Transmission (PRGT) de 780 kilomètres, que la nation Nisga’a et la société Western ont racheté à TC Energy en 2024. Si le projet PRGT vous dit quelque chose, c’est parce qu’il s’agissait du principal conduit du défunt projet de GNL proposé en 2014 par le géant énergétique malaisien Petronas. Il avait déjà été approuvé (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) à l’époque, et des modifications ont été apportées en juillet pour répondre à de nouvelles préoccupations environnementales.

Qu’en est-il des émissions du projet ? Le projet devrait être zéro émission nette d’ici 2030, sous réserve d’un accord sur l’électricité avec la société BC Hydro. Les promoteurs du projet affirment qu’il contribuerait à hauteur de 0,02 % des émissions de la Colombie-Britannique et de 0,002 % des émissions totales du Canada.

Est-ce une bonne chose ? Le projet affirme offrir une intensité d’émissions « du puits au port » inférieure à celle des projets de la côte américaine du golfe du Mexique (inférieur de 0,76 à 1,19 tonne de carbone/tonne de GNL). À pleine production, Ksi Lisims LNG émettrait 9 à 14 millions de tonnes d’équivalent CO2 de moins par an qu’un projet de terminal sur la côte américaine du golfe du Mexique.

Est-ce l’avenir de l’aviation électrique ?

Shaz Merwat, responsable principal, Énergie, Leadership avisé RBC, était présent la semaine dernière sur la piste de l’aéroport Billy Bishop de Toronto lorsque la société Beta Technologies a dévoilé le Alia CX300, un avion entièrement électrique. Cet avion à décollage et atterrissage conventionnels peut être configuré pour le transport de passagers ou de marchandises. Voici quelques-unes de ses caractéristiques intéressantes :

  • Capacité en passagers : 5 passagers

  • Capacité de fret : 1 250 livres de fret

  • Autonomie maximale démontrée : 336 milles marins (soit de Toronto à Sarnia, ou de Calgary à la région d’Okanagan)

  • Vitesse maximale : 280 km/h (le Cessna 172 peut atteindre 344 km/h).

  • Temps de recharge : < 1 heure

  • Coût énergétique : 18 $ par heure de vol (Cessna 208 : 347 $ par heure de vol)

  • Émissions : au moins 75 % d’émissions en moins par rapport à un petit avion conventionnel

  • Utilisations : transport de marchandises sur de courtes distances et déplacements d’affaires

Le CX300 photographié ci-dessus est la version cargo. Quatrième appareil à sortir de la chaîne de production, il est destiné à Air New Zealand. La compagnie aérienne utilisera cet avion pour ses liaisons cargo régionales.

Si Billy Bishop est sans doute déjà l’un des aéroports les plus durables d’Amérique du Nord, il est en voie d’électrifier entièrement sa flotte de véhicules, y compris les navettes, les véhicules au sol, les remorques, etc.

Pour en apprendre plus sur la décarbonation de l’aviation, écoutez l’épisode du balado Les innovateurs (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de RBC portant sur le sujet avec Angela Avery, vice-présidente exécutive et directrice des ressources humaines, de l’entreprise et du développement durable, groupe WestJet, et Geoff Tauvette, directeur général, Conseil canadien des carburants d’aviation durables (C-SAF) : http://spr.ly/6043faYxZ (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Le Canada transforme son climat froid en avantage. Ottawa a récemment injecté la somme de 2,5 millions de dollars dans la technologie de capture directe dans l’air (CDA) de la société TerraFixing (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), qui vise à extraire le CO₂ dans les zones hivernales reculées où les basses températures rehaussent en fait l’efficacité. C’est une façon inventive de transformer les hivers canadiens en avantage. Si TerraFixing parvient à démontrer que la technologie de CDA par temps froid fonctionne à grande échelle, cela pourrait donner au Canada un avantage dans la course mondiale menant à la capture du carbone.

Une nouvelle approche inspirée de la « fiction climatique » des conditions météorologiques extrêmes. Helm, de Sarah Hall, est le dernier roman dans le nouveau genre de la fiction climatique qui allie les « principes atmosphériques » aux contes populaires pour brosser un tableau de la relation qu’entretiennent les humains avec la nature. Pendant ce temps, l’écologiste Bill McKibben, qui a jadis écrit un livre au titre sinistre, The End of Nature, nous propose cette fois un ouvrage étonnamment optimiste intitulé Here Comes the Sun: A Last Chance for the Climate and a Fresh Chance for Civilization.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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➔ La forte demande énergétique est le fait non seulement de l’intelligence artificielle, mais aussi de la climatisation des immeubles

➔ Les émissions invisibles du Canada

➔ Les visions du monde radicalement différentes de David Suzuki et de Chris Wright

Sujets chauds

Les émissions invisibles : des facteurs de changement climatique avec lesquels il faut compter. À l’échelle mondiale, les émissions liées à l’affectation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie (ATCATF) font l’objet d’un suivi, mais ne sont pas incluses dans le calcul des émissions des pays. Les émissions provenant des terres gérées sont incluses, mais non celles provenant des terres non gérées, car elles découlent de phénomènes qui échappent au contrôle humain, comme les incendies de forêt. Elles sont toutefois formidables : les émissions produites en 2023 par les feux de forêt sur des terres gérées ont surpassé de beaucoup les émissions comptabilisées du Canada. Les émissions liées à l’ATCATF pourraient s’avérer très importantes cette année aussi. Au 2 juin, les émissions totales estimatives découlant des feux de forêt au Canada n’avaient été surpassées que par celles de 2023 : environ 56 mégatonnes de carbone (ou 8 % des émissions de GES du Canada en 2023), selon le Système mondial d’assimilation des incendies du CAMS, exploité par le CEPMMT pour le compte de l’Union européenne. Ont donc été anéantis en quelques semaines les résultats d’années d’action climatique. Axée principalement sur l’atténuation des émissions au détriment de l’adaptation au climat, la politique climatique du Canada est clairement mal fondée. Et nous en payons tous le prix.

Le moment est-il venu de mettre en place un programme de pipeline de 100 milliards de dollars ? L’Alberta et Ottawa font avancer un important programme énergétique qui pourrait allier un pipeline pétrolier sur la côte ouest, le projet de captage et stockage du carbone de l’Alliance nouvelles voies, et un potentiel de production accrue de pétrole, selon John Stackhouse. Pour le faire aboutir, toutefois, il faudra trouver des façons de contourner le plafond imposé par l’ancien gouvernement libéral en matière d’émissions découlant du pétrole et du gaz naturel. Cela pourrait se faire au moyen d’une nouvelle cible, d’un report d’échéance, ou d’un raffinement de la méthode de calcul des émissions évitées. Les coûts associés au programme pourraient toutefois atteindre les 100 milliards de dollars.

La tragédie au Texas met en évidence la fréquence et l’intensité des inondations. Plus de 80 % des Canadiens vivent dans des zones urbaines et environ huit grandes villes canadiennes sur dix sont situées à proximité de zones inondables, selon le gouvernement fédéral. Au Canada, les inondations représentent déjà le sinistre naturel le plus coûteux en termes de dommages matériels –  2 milliards de dollars chaque année –, alors que les changements climatiques accroissent la violence des phénomènes météorologiques. Dans le cadre de sa Stratégie nationale d’adaptation, Ottawa affecte 164,2 millions de dollars à la mise à jour de la cartographie des inondations au pays d’ici 2028. Sera-ce suffisant ?

Les récents commentaires de David Suzuki et de Chris Wright mettent en évidence les tensions entre les écologistes et certains promoteurs du secteur de l’énergie. Le plus célèbre écologiste du Canada a affirmé récemment à iPolicy qu’il est « trop tard » pour inverser les changements climatiques, les décideurs étant axés sur la croissance économique et plutôt que sur la préservation de la nature. Pour sa part, le secrétaire à l’Énergie des États-Unis Christ Wright considère la crise climatique comme un effet secondaire du progrès, et non comme une menace existentielle. « Je suis prêt à accepter ce modeste effet négatif en contrepartie du progrès humain », écrit-il dans The Economist. Les politiques sont souvent dictées par les administrations en place, et les promoteurs du secteur de l’énergie sont gagnants cette fois. Il pourrait en être autrement d’ici quelques années.

On parle beaucoup de la demande énergétique liée aux centres de données, mais le fait est que la climatisation n’est pas en reste. Alors que la chaleur et l’humidité estivales deviennent de plus en plus accablantes au Canada et ailleurs dans le monde, l’Agence internationale de l’énergie prévoit que la climatisation comptera bientôt pour une part accrue de la demande énergétique mondiale, cette part devant vraisemblablement passer de 37 % à 45 % d’ici 2030.

Voici pourquoi la climatisation est en voie de devenir un enjeu climatique de premier plan :

➔ La climatisation a généré un peu plus d’une gigatonne d’émissions de carbone à l’échelle mondiale en 2022 (1,9 % des émissions totales). Outre ces émissions, elle présente un risque de fuites de fluides réfrigérants, qui ont un potentiel de réchauffement mondial environ 1 000 fois plus élevé que le CO2.

➔ La demande énergétique liée à la climatisation à l’échelle mondiale croît de 4 % par année, soit deux fois plus vite que celle liée au chauffage de l’eau. Cette situation exerce des pressions sur la capacité énergétique, d’autant plus que des pays comme le Canada s’efforcent de maintenir la propreté de leurs réseaux.

➔ Au Canada, le pourcentage de ménages qui climatisaient leur résidence était de 64 % en 2021, comparativement à 55 % en 2013. C’est encore plus impressionnant compte tenu de la hausse du nombre de ménages au cours de la dernière décennie.

➔ Les bâtiments représentent 18 % des émissions du Canada. Or, le chauffage et la climatisation comptent pour plus de 67 % de la consommation d’énergie des bâtiments.

➔ En 2021, une résidence canadienne sur dix était dotée d’une thermopompe (qui peut servir de système de climatisation) alors que cette proportion était presque nulle à peine quelques années auparavant. Les thermopompes sont 4,5 fois plus efficaces que les appareils de climatisation conventionnels, ce qui en fait un pilier clé de l’action climatique.

➔ Les importations de thermopompes résidentielles ont bondi de 71 % au Canada au premier trimestre comparativement à la même période l’an dernier, selon les données de l’ Institut canadien du chauffage, de la climatisation et de la réfrigération (ICCCR).

➔ Les décideurs fédéraux et provinciaux envisagent l’adoption d’un code du bâtiment stipulant qu’au moins une pièce d’une habitation doive être dotée d’un système de climatisation.

➔ L’accès à la climatisation est en passe de devenir une question de droits de la personne, en particulier depuis le décès de près de 600 personnes par suite d’un dôme de chaleur à Vancouver en 2021.

➔ « Les efforts d’atténuation des changements climatiques, principalement sous forme de politiques, de programmes de remises et de mesures incitatives, constituent une importante source d’affaires », explique Martin Luymes, vice-président, Relations avec les gouvernements et les parties prenantes, ICCCR. Par exemple, les remises fédérales ont suscité un nombre record de ventes de thermopompes, qui ont ensuite baissé lorsque les programmes ont pris fin.Plusieurs provinces, dont l’Ontario, la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse, continuer d’offrir des remises afin de soutenir l’intérêt à l’égard des thermopompes.

➔ Le secteur CVC canadien considère l’abolition envisagée du programme Energy Star  aux États-Unis comme une « erreur majeure », selon M. Luymes, qui fait remarquer que le programme, qui fait la promotion des produits écoénergétiques, dont les appareils de climatisation, constitue une précieuse et abordable source de conseils à l’intention des consommateurs. Des experts disent que l’élimination ou l’affaiblissement d’Energy Star pourrait nuire aux progrès climatiques.

C’est maintenant chose faite. La « grande et magnifique loi » de Donald Trump modifie plusieurs incitatifs fiscaux dans le domaine des énergies propres qui étaient régis par la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act). De plus, elle renforce les exigences en matière de contenu national, impose de nouvelles échéances de qualification, et met fin à d’autres crédits d’impôt qui pourraient avoir une incidence sur les entreprises canadiennes de technologies propres à la recherche d’occasions au sud de la frontière.

Voici quelques éléments positifs et négatifs de la nouvelle loi :

Captage du carbone : La loi maintient les crédits pour le captage du carbone et offre des incitatifs à l’utilisation du CO2 pour la récupération assistée des hydrocarbures, soulignant ainsi l’engagement de l’administration à l’égard de l’industrie des combustibles fossiles.

Énergie nucléaire : La loi maintient les crédits pour les installations nucléaires actuelles et pour les nouvelles technologies énergétiques de pointe. Les nouvelles dispositions relatives aux entités étrangères pourraient toutefois compromettre la croissance du secteur. Cette section de la loi est appuyée par un décret antérieur visant à quadrupler la capacité nucléaire des États-Unis, la faisant passer de 100 GW à 400 GW d’ici 2050.

VE : La fabrication des véhicules électriques et leur caractère concurrentiel seront « durement touchés », selon le Center on Global Energy Policy de l’Université Columbia, qui note que la loi pourrait provoquer une baisse de la demande de VE au pays, compromettre les investissements dans les piles pour VE, et permettre à la Chine et à d’autres concurrents étrangers de gagner des parts de marché plus importantes.

Réseau propre : Les énergies solaires et éoliennes ont été particulièrement touchées par l’élimination des crédits d’impôt à l’investissement et à la production plus tôt que prévu. Il s’ensuivra une réduction de 53 % à 59 % de la capacité de production d’énergie propre d’ici 2035, selon le Groupe Rhodium. Faisant suite à l’adoption de la « grande et magnifique loi », un décret présidentiel exige l’élimination des subventions des « sources vertes peu fiables, comme l’énergie éolienne et l’énergie solaire », qui mettraient en péril la sécurité nationale. Un autre décret présidentiel exige l’élimination des « subventions des sources d’énergie peu fiables et contrôlées par l’étranger, qui entravent le bon fonctionnement des marchés ».

Minéraux essentiels : Le charbon métallurgique est maintenantconsidéré comme un « minerai essentiel » donnant droit à un crédit d’impôt à la production. La loi a également fixé à 2033 l’échéance du crédit d’impôt pour la production 45X des minéraux essentiels (auparavant sans échéance), ce qui posera problème puisque la plupart des projets miniers essentiels nécessitent de longs échéanciers. Le Center for Strategic and International Studies explique que l’imposition de cette échéance découragera les investissements dans les nouveaux projets dont la mise en production exige plus de temps et favorisera les anciennes carrières prêtes à produire, mais dont les réserves sont de moindre qualité.

La Chine est en première place au chapitre de la transition énergétique. C’est la Chine qui compte pour environ 74 % (1,3 térawatt) des nouvelles installations éoliennes et solaires mondiales en construction, suivie par les États-Unis (5,9 %) et l’Inde (5,1 %), selon le Global Energy Monitor. Les 590 gigawatt de nouvelle énergie éolienne proposés ou en construction en Chine suffiraient à alimenter en énergie la quasi-totalité des ménages américains. Cette dominance annoncée de la Chine dans le secteur des technologies propres pose une problématique pour l’Occident, comme l’a souligné la présidente de l’UE Ursula von der Leyen plus tôt ce mois-ci : « Beijing est à la fois un concurrent déterminé dans la course aux technologies propres et un acteur essentiel de la décarbonation mondiale. » Ce dilemme au sein du G7 ne suffira certainement pas à ralentir cette tendance.

Le pont entre les technologies propres et l’intelligence artificielle. CleanAI, fondé par Nicholas Parker, un investisseur chevronné du secteur des technologies, a récemment lancé à l’intention des entrepreneurs et des entreprises un écosystème de réseautage et de financement alliant intelligence artificielle et technologies propres. Les études menées par CleanAI démontrent que le développement de solutions de technologies propres alimentées par l’intelligence artificielle exigera 138 milliards de dollars américains de capital-risque au cours des cinq prochaines années, mais que de telles solutions pourraient pallier jusqu’à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

  • La semaine dernière, John Stackhouse s’est rendu à Limberlost Place, le premier bâtiment en bois massif zéro émission nette de l’Ontario, pour participer à un documentaire sur le projet. L’immeuble du Collège George Brown à Toronto sera ouvert cet automne.

  • Le 15 juillet, Nathan Janzen et Lisa Ashton ont prononcé une allocution à l’assemblée générale annuelle des Producteurs laitiers du Canada à Toronto.

Les lectures de l’équipe :

  • Genesis, de Henry Ksinger, Craig Mundie et Eric Schmidt, sur le pouvoir transformateur de l’IA en politique, en sécurité, en prospérité et en science. Lisez le compte-rendu de John ici.

  • The Explorer’s Gene: Why We Seek Big Challenges, New Flavors, and the Blank Spots on the Map, de Alex Hutchinson.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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L’Alberta s’apprête à devenir la Silicon Valley de la capture directe du dioxyde de carbone

Abondance mondiale : à l’aube de l’ère des nouvelles énergies

Le Brésil développe une variété de fèves de soja durables pour la Chine

Une Silicon Valley de la capture directe du dioxyde de carbone est en train de prendre forme dans le centre de l’Alberta. Grâce à une subvention de 40 millions de dollars américains de l’organisation Breakthrough Energy fondée par Bill Gates, la société québécoise Deep Sky inaugurera cet été son centre d’innovation et de commercialisation de la capture directe du dioxyde de carbone à Innisfail, dans le centre de l’Alberta. Considérée comme un pôle d’activité en matière de capture directe du dioxyde de carbone, l’installation servira de banc d’essai aux entreprises pour tester leurs technologies de capture directe du dioxyde de carbone avant d’étendre leurs activités à l’échelle commerciale. Huit entreprises provenant du Canada, des États-Unis, de l’Allemagne et d’autres pays se sont déjà inscrites. Misant sur le potentiel de Deep Sky, le gouvernement de l’Alberta a également investi récemment cinq millions de dollars grâce au fonds provincial Technology Innovation and Emissions Reduction (TIER).

L’Ontario élabore une nouvelle stratégie de construction en bois. Récemment annoncé, le Plan d’action pour les techniques avancées de construction en bois vise à promouvoir l’utilisation du bois dans des structures plus grandes et plus hautes afin d’achever les projets plus rapidement et de réduire les coûts jusqu’à 20 %. Remplacer le ciment et l’acier par du bois contribuerait également à réduire les émissions dans un secteur qui représente 18 % des émissions totales au Canada. Selon notre rapport sur le bois massif, l’adoption généralisée du bois, notamment du bois massif, en guise de substitut ou de complément au béton et à l’acier pourrait réduire les émissions intrinsèques des bâtiments jusqu’à 25 %. Ce programme sur cinq ans est lancé au moment où le secteur provincial, d’une valeur de 20 milliards de dollars, fait face à des droits de douane punitifs américains.

Les analystes s’empressent d’évaluer la demande des centres de données aux États-Unis. Selon un nouveau rapport de la société de services-conseils ICF, la demande d’électricité devrait croître de 25 % d’ici 2030 et de 78 % d’ici 2050 par rapport à la demande de 2023. Cela représente un taux de croissance annuel de 3,2 % d’ici 2030 (contre 1,4 % précédemment) et de 2,2 % d’ici 2050 (contre 1,1 % précédemment), ce qui tranche avec les deux dernières décennies durant lesquelles la demande en électricité aux États-Unis est restée essentiellement stable. Cette pression sur la capacité pourrait faire doubler le prix de l’électricité d’ici 2050, avertit ICF. La plus forte croissance de la demande est attendue au Texas, en Californie et dans la région de la Pennsylvanie, du New Jersey et du Maryland (qui couvre 13 États de la région du littoral médio-atlantique et du Midwest), c’est-à-dire dans des marchés qui importent déjà de l’électricité du Canada.

Le Brésil développe une variété de fèves de soja durables adaptée pour la Chine. Inspiré par le succès de son modèle Boi China beef, ce pays latino-américain compte développer une variété de fèves de soja destinée à la Chine, grâce à une chaîne d’approvisionnement qui respecte les normes environnementales chinoises et est alimentée par des énergies renouvelables. Cette initiative est également perçue comme un moyen pour la Chine de contrer le règlement européen sur la déforestation, dont les règles sont beaucoup plus strictes. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE, de nombreux pays ont exprimé leurs inquiétudes concernant ce règlement en raison de ses exigences strictes en matière de traçabilité, jugées inadaptées aux chaînes d’approvisionnement conventionnelles du soja. L’initiative du Brésil et de la Chine représente une voie alternative pour l’acheminement des fèves de soja. Le département de l’Agriculture des États-Unis a récemment averti que les fèves de soja durables constitueraient une menace directe pour la part de marché des exportateurs américains et canadiens en Chine.

Par Lisa Ashton

Des Hautes Terres d’Écosse aux milieux humides du Somerset, les changements climatiques bouleversent les paysages du Royaume-Uni et creusent un déficit de 97 milliards de livres sterling (181 milliards de dollars) en actifs naturels. Selon le Green Finance Institute (GFI), les dépenses publiques prévues par le gouvernement pour la conservation et la restauration sont très insuffisantes pour permettre au pays d’honorer ses engagements contraignants, notamment son plan environnemental sur 25 ans et ses objectifs 30 x 30 dans le cadre des cibles de l’ONU en matière de biodiversité. L’institut alerte également sur des risques et pertes économiques réels, estimés entre 150 et 300 milliards de livres sterling du PIB britannique d’ici 2030. Le gouvernement britannique est actuellement à la recherche de propositions d’entreprises, d’investisseurs et d’innovateurs pour protéger les fondements naturels de son économie et stimuler la croissance du secteur en plein essor des services liés à la nature.

Le Canada peut tirer des leçons de l’expérience du Royaume-Uni. Il accueille des investissements majeurs dans le cadre de plusieurs initiatives, notamment du financement de projets pour la permanence du projet de la mer de Great Bear et des engagements politiques en matière de gestion des bassins versants visant à protéger et conserver 30 % des terres et des eaux du Canada d’ici 2030.

Le Canada est une véritable puissance mondiale en matière de ressources naturelles avec des richesses incomparables :

➔ il fait partie des cinq pays qui abritent collectivement plus de 70 % des écosystèmes encore intacts dans le monde ;

➔ il abrite 20 % des ressources en eau douce mondiales ;

➔ il abrite 25 % des milieux humides mondiaux ;

➔ il abrite 24 % des forêts boréales mondiales ;

➔ il a le plus long littoral au monde ;

➔ il a le plus long littoral au monde ;

➔ les écosystèmes du Canada constituent un habitat essentiel pour environ 80 000 espèces.

Comme bien d’autres pays, le Canada n’a malheureusement pas réussi à mobiliser un financement à grande échelle dédié à la nature afin de contrer la baisse de la part du PIB du capital naturel (d’environ 70 % en 1995 à environ 40 % aujourd’hui), et d’atténuer les risques liés à un environnement naturel qui se dégrade plus rapidement qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni. Selon les estimations de Statistiques Canada, à eux seuls, les incendies de forêt survenus depuis le début de l’année pourraient coûter 0,4 % du PIB de la Saskatchewan et 0,2 % de celui de l’Alberta.

Le financement dédié à la nature en est à ses balbutiements, mais une voie commence peu à peu à se dessiner pour renforcer le capital naturel et encourager les investissements au Canada. En 2022, le gouvernement du Canada a émis sa première obligation verte, d’une valeur de 5 milliards de dollars. Une partie des fonds est destinée à des projets axés sur la nature, notamment au financement de l’adoption de pratiques agricoles adaptées au climat.

L’exploration du financement dédié à la nature constitue une occasion de renforcer la résilience de l’économie canadienne qui dépend des ressources naturelles telles que la production de carburants, d’aliments, d’engrais et de produits forestiers.

Tendances, technologie et science

Le torchage du gaz en Alberta inquiète les professionnels de la santé. La division albertaine de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) cite une étude qui démontre qu’une augmentation de 1 % de l’exposition au torchage du gaz a entraîné une hausse de 0,73 % des visites à l’hôpital pour des problèmes respiratoires. Cet avertissement fait suite à un article de Reuters rapportant que, pour la deuxième année consécutive, le torchage du gaz avait dépassé la limite que la province s’était imposée en 2024. En juin, l’Alberta Energy Regulatory a annoncé mettre fin aux limites sur le torchage du gaz.

La surcapacité renforce la réputation de l’acier comme secteur difficile à décarboner. Environ 30 % de la capacité mondiale de production d’acier demeure inutilisée, un excédent qui a fait plonger les prix à leur plus bas niveau depuis quatre ans. Les sidérurgistes ne sont pas enclins à décarboner leurs activités, compte tenu des pressions exercées sur leurs marges. Selon un rapport de l’OCDE, le problème risque donc de s’aggraver puisque plus de 40 % des nouvelles capacités de production d’acier, principalement issues d’acteurs non marchands comme la Chine, devraient arriver sur le marché d’ici 2027 et rester très émettrices. L’OCDE recommande donc de renforcer la coopération internationale pour lutter contre la surcapacité et les distorsions du marché, afin d’améliorer les perspectives des entreprises sidérurgiques dans les économies de marché. Les sidérurgistes devraient alors être en mesure de poursuivre leurs efforts de décarbonation. Les nouveaux droits de douane antidumping au Canada et aux États-Unis, qui visent principalement la Chine, représentent également une occasion de créer un marché de l’acier vert.

L’interdiction des sacs en plastique et la mise en place de frais associés commencent à porter leurs fruits. Plusieurs autorités américaines qui ont mis en œuvre ces politiques ont constaté une baisse de 25 % à 47 % de la proportion de sacs plastiques parmi les déchets ramassés lors des opérations de nettoyage des rivages, selon une étude approfondie de l’Université du Delaware et de l’Université Columbia. L’interdiction a également permis de réduire le nombre d’animaux pris au piège dans des sacs plastiques le long du littoral. La pollution par les plastiques demeure néanmoins un problème croissant. La dernière ronde de négociations d’un traité mondial sur les plastiques est prévue en août à Genève.

Par John Stackhouse

Plus, plus, plus d’énergie.

Voilà le principal message du 10e rapport annuel sur les investissements de l’Agence internationale de l’énergie (AEI).

L’AIE suit les flux d’investissements dans toutes les formes d’énergie et cette année, son rapport est plus pertinent que jamais compte tenu de la volatilité des prix de l’énergie observée depuis le début de la décennie. Si le ralentissement de l’économie mondiale peut freiner certaines tendances d’investissement, ce qui est bâti aujourd’hui façonnera les dynamiques énergétiques des années à venir.

Les investissements dans les énergies propres ont bondi à l'échelle mondiale

Quelques faits saillants :

  • Les flux de capitaux vers le secteur de l’énergie devraient atteindre 3,3 billions de dollars américains cette année.

  • La Chine est en tête de la forte croissance des investissements dans le secteur de l’énergie. Elle représente près du tiers des investissements mondiaux, répartis presque également entre les réseaux et le stockage, la production d’énergie renouvelable et les combustibles fossiles.

  • En 2024, l’Amérique du Nord a enregistré un montant record de 700 milliards de dollars américains en investissements en 2024, mais ce montant devrait baisser à 690 milliards cette année. Les investissements dans les énergies propres n’ont jamais été aussi élevés.

  • Le nouveau projet de loi américain qui supprime plusieurs incitatifs en faveur des énergies propres, ainsi que le projet de loi C-5 du Canada qui soutient des projets d’énergies propres et conventionnelles, pourraient-ils influencer les investissements énergétiques ?

  • L’électrification est le principal secteur d’investissement à l’échelle mondiale, représentant près de la moitié (1,5 billion de dollars) de tous les capitaux investis dans l’énergie.

  • Seulement un tiers des investissements sera destiné au pétrole, au gaz naturel et au charbon.

  • La baisse des prix du pétrole freinera probablement les investissements.

  • L’investissement dans le gaz naturel liquéfié (GNL) suit une « solide trajectoire à la hausse », portée notamment par les États-Unis, le Qatar et le Canada.

  • La résurgence de l’énergie nucléaire se poursuit, avec une croissance de 50 % au cours des cinq dernières années.

  • Dans les économies avancées, la production d’énergie au charbon est quasiment à l’arrêt, alors qu’elle connaît un regain en Chine et en Inde.

En résumé, le monde devra continuer à investir des billions de dollars chaque année dans le secteur de l’énergie, et ce, dans un vaste éventail de sources. Au fur et à mesure que la situation évolue, certaines tendances à long terme se dessinent clairement. En effet, une part croissante des investissements énergétiques sera dirigée vers l’Asie, en particulier vers la Chine, une part plus importante sera consacrée à l’électrification, et, comme le souligne notre rapport Stratégie du G7+ en matière de gaz naturel, davantage d’investissements seront alloués aux infrastructures gazières.

Countries that develop the right policies will generate and attract the bulk of that capital, in what’s shaping up to be a New Energy Age.

This massive new data centre is powered by used EV batteries (Fast Company, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Would you recycle more if every bottle gave you a chance to win $1,000? (CBC, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Net-zero push is still on at many companies: SBTi (WSJ, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Why Canada’s orphan wells are a bigger methane menace than active wells (ACS Publication, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

  • John Stackhouse et Lisa Ashton ont visité la ferme Kelburn au Manitoba à la fin de juin. La ferme de démonstration est implantée dans la vallée de la rivière Rouge, un foyer de l’innovation agroalimentaire en pleine expansion. La ferme Kelburn accueille des agriculteurs, des étudiants, des chercheurs et des entreprises de la chaîne agroalimentaire souhaitant mettre à l’essai de nouvelles idées qui font progresser le secteur de l’agriculture au Canada.

  • Shaz Merwat a assisté à la conférence sur la transition énergétique RBC qui a eu lieu à London la semaine dernière. Cette semaine, il a assisté à une conférence virtuelle de l’Agence internationale de l’énergie sur le gaz naturel certifié.

Liste de lecture de l’équipe :

  • Crisis: A Global Case Primer de Jason Miklian et John Katsos, sur le leadership en temps de crise (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement).

  • The Genius Myth de Helen Lewis, sur les raisons pour lesquelles nous ne devrions pas idéaliser des personnalités comme Elon Musk (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement).

  • How Countries Go Broke de Ray Dalio, sur les raisons pour lesquelles les États-Unis se trouvent dans les dernières phases d’un grand cycle d’endettement.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

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