Issue #05
➔ Les bêtes noires et les préférences de l’équipe Trump en matière de climat
➔ Découvrez le métal le plus essentiel de tous
➔ La COP29 de Bakou au pied du mur

Quel est le minéral le plus essentiel pour la décarbonation ? Il s’avère que c’est le lithium. L’ Agence internationale pour les énergies renouvelables et l’Institut norvégien des Affaires internationales en sont venus à cette conclusion après avoir analysé les données concernant différents minéraux pour tenir compte de la demande future, de la disponibilité des ressources et du potentiel de recyclage et de remplacement. Le cobalt est au deuxième rang des métaux les plus essentiels. Heureusement pour le Canada, le pays possède ces deux minéraux en quantités abondantes dans son sous-sol, et de nouveaux projets de mines sont proposés.

Comment les nations autochtones peuvent-elles combler un déficit de capitaux de 45 milliards de dollars ? Un nouveau rapport de l’Institut d’action climatique RBC propose des pistes pour aider à renforcer les capitaux des nations autochtones. Des partenariats financiers et non financiers dans le développement de projets majeurs peuvent émerger en tant que modèle typiquement canadien de croissance économique inclusive, écrit dans le rapport Varun Srivatsan, directeur général, Politique et engagement stratégique. Cela commence à se produire : le gouvernement fédéral, de même que les gouvernements de la Colombie-Britannique et du Manitoba, a annoncé des programmes de garantie de prêts en 2024, afin d’encourager la participation des Autochtones à plusieurs projets dans le domaine de l’énergie. Consultez notre rapport ici.
L’huile de cuisson pourrait être le carburant de votre prochain vol Air Canada. La compagnie aérienne a acquis 78 millions de litres de carburant d’aviation durable (CAD), fabriqué à partir d’huiles de cuisson usagées et de déchets de graisses animales. Le fournisseur, Neste, qualifie le carburant produit à Singapour de « pur et non mélangé ». Associée à du carburant d’aviation traditionnel, la mixture peut réduire les émissions de gaz à effet de serre dans une proportion pouvant atteindre 80 % sur le cycle de vie du carburant. Le CAD ne représente toutefois qu’à peine 0,54 % du marché des carburants d’aviation – même si la production mondiale a triplé en un an.
Le Canada doit installer 100 bornes de recharge… par jour. Il n’existe actuellement « aucun plan évident » pour réaliser une infrastructure canadienne de recharge permettant d’atteindre d’ici 2035 l’objectif de ventes de véhicules à émission zéro du gouvernement fédéral, selon l’Association canadienne des constructeurs de véhicules (ACCV). Pour atteindre cet objectif, le Canada aurait besoin de 446 800 bornes de recharge publiques d’ici cette date – il en compte aujourd’hui 30 000. Les inquiétudes de l’ACCV ont un poids considérable, car l’association représente Ford, General Motors et Stellantis – des entreprises qui jouent leur avenir sur la domination des véhicules électriques sur les routes nord-américaines dans un avenir relativement proche.
Le prix de l’action climatique est décerné à la Fondation familiale Trottier, à la Fondation Peter Gilgan, à la Fondation Ronald S. Roadburg, à la Fondation Chisholm Thomson Family, à David Keith et Kirsten Anderson, à la Fondation Sitka, à la Fondation Vohra Miller et à Allan Shiff pour avoir donné 405 millions de dollars en faveur d’initiatives liées au climat.
Le prix du flop climatique est décerné au gouvernement de la région de Valence (Espagne), qui n’envoyé aucune alerte sur les téléphones mobiles avant 20 heures, le premier jour des inondations catastrophiques – soit près de 13 heures après que l’Agence nationale de météorologie eut annoncé des précipitations « très intenses ».
Les tsars de l’énergie nommés par M. Trump et les aspirants
Les marchés de l’énergie sont nerveux, alors que le président désigné des États-Unis Donald Trump annonce ses choix, qu’ils accueillent avec plaisir ou avec aversion, selon le cas, pour combler des postes clés. Nombre de ces nominations doivent encore être confirmées, mais elles donnent une première idée des intentions du prochain président.
Un premier constat est qu’un grand nombre des districts et États d’origine de ces candidats ont largement bénéficié de l’Inflation Reduction Act (IRA), que M. Trump a qualifiée de « nouvelle arnaque verte ». De plus, la production pétrolière et gazière du pays a augmenté sans interruption, quel que soit l’occupant de la Maison-Blanche (voir graphique). L’intérêt de l’équipe de l’énergie de M. Trump pour les minéraux essentiels, le pétrole et le gaz, et le nucléaire est une bonne nouvelle pour le Canada, même si les choses sont moins claires en ce qui concerne les politiques relatives aux véhicules électriques.

Doug Burgum, secrétaire à l’Intérieur et tsar de l’énergie
Il aime : L’approche de la gestion « fondée sur les données ». L’ancien chef de la direction d’une société éditrice de logiciels est gouverneur de l’État pétrolier et agricole du Dakota du Nord. Il a milité en faveur des objectifs de carboneutralité de son État d’ici 2030, en misant essentiellement sur des technologies de capture du carbone.
Il déteste: Pas grand-chose. Neutre à l’égard des énergies renouvelables, il se montre pressé d’extraire des minéraux essentiels.
M. Burgum dirigerait un nouveau conseil national de l’énergie chapeautant les agences et ministères s’occupant de « TOUTES les formes d’énergie américaines » et passerait au tordeur la réglementation « totalement inutile ». Deux tâches importantes l’attendent : canaliser les incitatifs et remises prévus par l’IRA et tenir la promesse de M. Trump de ramener le prix de l’essence en dessous de deux dollars le gallon.
Sa nomination au secrétariat à l’Intérieur nécessite l’approbation du Sénat, mais pas sa fonction de tsar.
Chris Wright, secrétaire à l’Énergie (candidat)
Il aime : La fracturation. Le diplômé du MIT a contribué à la révolution du gaz de schiste aux États-Unis en mettant au point une nouvelle méthode de fracturation. Il a déjà bu du liquide utilisé pour la fracturation devant les caméras.
Il déteste : L’expression « crise climatique » ; il pense aussi que les promesses de carboneutralité sont « dingues ».
M. Wright ferait aussi partie du conseil national de l’énergie dirigé par M. Burgum.
John Thune, chef de la majorité au Sénat (élu)
Il aime : L’énergie éolienne et les biocarburants. L’énergie éolienne produit 55 % de l’électricité de son État d’origine, le Dakota du Sud. Il milite également en faveur du nucléaire.
Il déteste : Le moratoire imposé par Joe Biden sur les nouveaux projets de gaz naturel liquéfié (GNL), qui est selon lui une décision visant à « satisfaire des activistes du climat sur TikTok ».
Son appui à l’énergie éolienne le place potentiellement en porte-à-faux par rapport à M. Trump, qui a promis de mettre fin aux projets éoliens en mer dès le premier jour.
Kristi Noem, département de la Sécurité intérieure des États-Unis
Elle aime : L’éolien et l’hydroélectricité. La gouverneure du Dakota du Sud estime que son État est l’endroit idéal pour développer la prochaine génération de technologies nucléaires.
Elle déteste : Son chien. Mme Noem fait aussi partie des cinq gouverneurs qui ont refusé les subventions de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis qu’offrait Washington à chaque État pour qu’il s’attaque à la pollution climatique. Elle a également refusé de distribuer des remises à l’achat d’appareils électroménagers écoénergétiques.
Mme Neom est candidate pour une entité qui supervise l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence des États-Unis (FEMA) à une époque où les perturbations climatiques sont fréquentes. La FEMA est le principal assureur américain contre les inondations.
Mike Waltz, conseiller national pour la sécurité
Il aime : La domination américaine dans le domaine de l’énergie. M. Waltz se montre ferme à l’égard de l’Iran et de la Russie, ce qui est susceptible de se traduire par un renforcement des sanctions contre les deux pays. Il a contribué à l’élaboration de la Stop Harboring Iranian Petroleum (SHIP) Act, qui pourrait connaître une nouvelle vie sous la nouvelle administration.
Il déteste : Le moratoire sur l’autorisation de nouveaux projets de GNL imposé par l’administration Biden.
Le conseiller national pour la sécurité n’a pas à être approuvé par le Sénat.
Marco Rubio, secrétaire d’État
Il aime : Les chaînes d’approvisionnement en minéraux essentiels. Il a présenté un projet de loi bipartite en juin pour « développer une stratégie […] visant à ce que les États-Unis, leurs alliés et leurs partenaires mondiaux puissent compter sur un approvisionnement sûr et diversifié de bout en bout en minéraux essentiels. »
Il déteste : La Chine, l’Iran et la Russie – ce qui pourrait avoir des répercussions tant sur les marchés pétroliers que sur ceux des énergies renouvelables.
Elon Musk, cochef, ministère de l’Efficacité gouvernementale (DOGE)
Il aime : Les véhicules électriques Tesla. Ainsi que les prêts du gouvernement fédéral des États-Unis, les allègements fiscaux et les autres politiques favorables aux véhicules électriques qui ont facilité l’essor de Tesla.
Il déteste : Les grosses administrations et les organismes de réglementation avec qui il a régulièrement eu maille à partir au sujet des problèmes de sécurité de Tesla. Il pourrait maintenant faire le ménage dans ces organismes.
Vivek Ramaswamy, cochef, ministère de l’Efficacité gouvernementale
Il aime : Les carburants fossiles . Il possède des intérêts dans un fonds de gestion d’actifs qui gère un FNB axé sur l’énergie (DRL) – qui suit les grandes sociétés pétrolières et gazières.
Il déteste : Les subventions à l’achat de véhicules électriques du président Biden, qui, selon lui, accentuent l’indépendance de l’Amérique envers la Chine. Faut-il y voir une possible source de frictions avec le cochef du DOGE ?
Au delà du cercle vicieux de la COP29
La COP29 n’a pas précisément été un moment de gloire pour les diplomates du climat. Mais elle n’a pas non plus été totalement une perte de temps. John Stackhouse, chef de l’Institut d’action climatique RBC, et son équipe énumèrent ci-dessous quelques faits saillants de la conférence de Bakou.
1. Un article 6.4 réjouissant
Dans une décision marquante prise le premier jour des pourparlers sur le climat mondial, la COP29 a officiellement adopté les nouvelles normes opérationnelles d’un mécanisme prévu à l’article 6 de l’Accord de Paris, ce qui jette les bases d’un marché mondial du carbone.
L’adoption de l’article 6.4 ouvre la porte à la mise en œuvre de l’article 6, qui était bloquée depuis des années. Ce nouvel article établit un marché centralisé du carbone qui permet aux pays d’échanger des droits d’émission afin de tenir leurs engagements de l’Accord de Paris.
2. Montrez-nous l’argent
Pour de nombreux sceptiques à l’égard de l’ONU, la COP29 aurait aussi bien pu se tenir sur Mars, tant le programme de la conférence semblait ésotérique. Bien que la définition de règles pour un marché mondial de carbone soit un début, la majeure partie de l’attention est axée vers la grande question, que les Nations Unies, dans un discours, ont appelée, tenez-vous bien, le nouvel objectif collectif quantifié [de financement climatique]. Objectif : 1 000 milliards de dollars annuels. Elon Musk a le temps de se poser sur Mars d’ici là. Un engagement de 300 milliards de dollars semble plus probable.
On se souviendra que le même processus avait abouti à un engagement de 100 milliards de dollars par an il y a plus de 10 ans, et que cet objectif pour 2020 n’a pas été atteint avant 2022. Nous verrons bien si les choses sont différentes avec ce nouvel objectif collectif quantifié.
3. Multiplication des fonds
Un des changements les plus importants observés dans l’action climatique au cours de la dernière décennie a été la multiplication des fonds de bienfaisance cherchant à investir dans des projets durables. L’exemple le plus emblématique pourrait être le fonds pour la Terre de 10 milliards de dollars de Jeff Bezos, dont le chef de la direction, Andrew Steer, a fait le voyage à Bakou pour rappeler à l’assemblée sur le climat que les acteurs traditionnels de la finance sont loin d’exploiter suffisamment l’argent de la philanthropie. Il a avancé l’idée d’une « équipe tactique pour la planète », qui serait une sorte de version de la Banque mondiale capable de mobiliser des financements garantis par les États, des capitaux privés et des fonds philanthropiques pour de grands projets hors marché de réduction des émissions.
4. Le monde à l’envers
Le président désigné des États-Unis Donald Trump envisage de se retirer des discussions sur le climat, tandis que la France – l’architecte de l’Accord de Paris – pense rappeler son principal négociateur à la COP29. La Russie, quatrième émetteur de GES au monde, déclare en revanche, par la voix de son plus haut diplomate, qu’il ne faut pas interrompre les pourparlers sur le climat « malgré les divergences politiques ». La Chine dit également vouloir un dialogue constructif sur les changements climatiques avec les États-Unis sous l’administration Trump. C’est le monde à l’envers, vraiment.
Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.
le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Myha Truong-Regan, Sarah Pendrith, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni et Frances Dawson.
Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).












Le Canada est un exportateur net d’électricité propre tirée du nucléaire et de sources d’énergie renouvelable. Les États-Unis représentaient 78 % de l’ensemble des exportations canadiennes d’énergie propre en 2022. La valeur des exportations a augmenté à 4,4 G$ ou de 185 % depuis 2012. La valeur des exportations canadiennes d’énergie propre représente une fraction des exportations d’énergie traditionnelle du pays, qui se sont élevées à 160 G$ en 2022.
Malgré tout, le ralentissement dans cette province des projets d’énergie renouvelable apporte une dose d’incertitude de la part des investisseurs à l’égard de ce qui devait représenter une nouvelle source de revenus pour les municipalités et d’autres ordres de gouvernement.
La décision du gouvernement répond aux préoccupations de certaines communautés rurales, mais l’on craint que l’Alberta puisse rater la vague de dollars liée à la transition énergétique qui attend d’être investie. La province est bien placée pour conserver sa vigueur dans le secteur de l’énergie traditionnelle tout en mettant sur pied un nouveau système d’énergie propre en parallèle. L’Alberta peut gagner sur les deux tableaux : l’atteinte de la carboneutralité n’a pas à être un jeu à somme nulle.
Rares sont les signes qui marquent aussi traditionnellement l’arrivée du printemps au Canada que la publication des budgets gouvernementaux. (Reconnaissons que les rêves brisés d’emporter la coupe Stanley ponctuent également cette période de l’année.) La Colombie-Britannique a lancé le bal cette semaine en publiant un budget d’année électorale, qui montre vers où les autres provinces et Ottawa pourraient également se tourner au cours des deux prochains mois. Le soutien des consommateurs et des propriétaires est à la mode tandis que les stratégies industrielles et les dépenses climatiques ne le sont pas. Notre récent rapport
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Il ne nous viendrait pas à l’idée de jouer le rôle du grincheux qui vient atténuer la joie que vous éprouvez durant le temps des Fêtes, mais cette saison peut conduire à un peu plus de gaspillage (et d’excès alimentaires), alors que nous faisons plus de folies qu’à l’habitude. Les arbres de Noël sont des décorations à l’égard desquels il pourrait y avoir lieu de se montrer un peu plus respectueux du climat. Bien que les arbres naturels puissent sembler constituer le choix durable – pour autant qu’ils soient détruits de manière responsable –, en vérité il n’y a pas de mauvaise réponse : si vous préférez les arbres artificiels, assurez-vous de vous en servir année après année.
SOMMET SUR LE CLIMAT
Il pourrait s’agir d’un pari à fort enjeu pour les compagnies pétrolières et gazières. Le monde se trouve à un point d’inflexion, la transition énergétique inarrêtable attirant des milliards de dollars. Si le scénario le plus ambitieux de l’AIE se concrétise – la carboneutralité d’ici 2050 –, la demande de pétrole pourrait s’effondrer (187 exajoules en 2022 contre 42 exajoules en 2050), tandis que celle du gaz naturel (146 EJ contre 14 EJ) et du charbon (170 EJ contre 12 EJ) pourrait pratiquement cesser.
Il semble que nous soyons dans une transition énergétique bipolaire, avec deux camps opposés qui investissent des milliards de dollars à un moment de grande incertitude, de flux géopolitique et d’économie mondiale vacillante. Le débat entre molécules et électrons sera au cœur de la COP28 qui se tiendra à Dubaï dans un mois. Cela ne semble pas être la recette d’une discussion ordonnée, ni d’un atterrissage en douceur pour la transition énergétique.

Bien que provoquant plus d’incertitude au chapitre de la réglementation climatique canadienne, la décision de la Cour suprême donne au gouvernement fédéral l’occasion de revoir la LEI, qui a suscité son lot de controverse depuis son adoption en 2019. La plupart des projets relevant de sa compétence, en effet, demeurent bloqués aux étapes de la planification et des déclarations d’impact des promoteurs, selon un rapport de la
Selon les prévisions du FMI, « un monde fragmenté serait plus volatil », au risque de faire grimper les prix des aliments et des marchandises tout en augmentant le coût de la décarbonation.
La hausse des prix de l’énergie a refroidi les consommateurs à l’égard des politiques susceptibles de gonfler davantage les prix de l’énergie. Le gouvernement conservateur du Royaume-Uni bat en retraite sur le front des objectifs climatiques, tandis que le mécontentement au sujet du
Les mesures prises par Edmonton arrivent à un moment où un sondage de
La plus grande préoccupation non pécuniaire du syndicat ? Les licenciements massifs, étant donné que les véhicules alimentés par batterie ne nécessitent pas de lignes d’assemblage de silencieux, de convertisseurs catalytiques et d’injecteurs de carburant, qui exigent beaucoup de main-d’œuvre. L’Organisation internationale du Travail définit une « transition juste » comme suit : s’assurer que la transition vers une économie plus verte crée des « occasions de travail décent » et ne laisse personne de côté.
Mis en difficulté par les réductions de prix de Tesla, le leader des VE, qui n’a pas de syndicat, les trois grands constructeurs automobiles contre-attaquent. Les exigences du syndicat « forceraient Ford à abandonner ses investissements dans les véhicules électriques », a averti Jim Farley, le PDG de Ford. Dans un contexte de pressions financières dues aux grèves, Ford a déjà suspendu ses projets de construction d’une usine de batteries pour VE de 3,5 milliards de dollars US au Michigan.
Une grève prolongée pourrait ralentir les ventes de VE, qui représentent désormais 7 % des ventes de voitures aux États-Unis et devraient dépasser le nombre record d’un million d’unités vendues cette année. Même si les stocks de VE sont pour l’instant suffisants, une grève prolongée pourrait augmenter les coûts et les délais de déploiement des véhicules électriques à un moment où les trois grands constructeurs automobiles cherchent à gagner des parts sur ce marché.
Compte tenu de l’intégration du secteur automobile en Amérique du Nord, les temps d’arrêt dans les usines américaines auraient probablement aussi des répercussions sur la chaîne logistique automobile au Canada. Le Canada a évité une crise en instaurant une « transition juste » : Ford et le syndicat Unifor ont ratifié un contrat de trois ans prévoyant les augmentations salariales les plus élevées de l’histoire des négociations automobiles du pays. Gain tout aussi crucial, ce contrat « offre des protections pendant la transition [vers les véhicules électriques] », a affirmé Lana Payne, la présidente d’Unifor.
Le secteur automobile, reconnu pour sa gestion de production fondée sur le juste à temps, devra réussir sa transition.
Selon l’AIE, le monde dispose des outils pour augmenter encore plus rapidement la part des énergies renouvelables. Des politiques bien pensées qui mettent l’accent sur l’efficacité et le développement des énergies renouvelables sont essentielles pour réduire la demande de combustibles fossiles de 25 % d’ici 2030, dans le scénario climatique le plus ambitieux de l’AIE (scénario zéro émission nette d’ici 2050).
Le nouveau rapport de l’AIE donne un aperçu de son rapport emblématique World Energy Outlook attendu en octobre, qui devrait prévoir un pic de la demande de combustibles fossiles d’ici 2030.
Le décalage entre les projections de l’AIE et ce que les sociétés du secteur de l’énergie observent sur le marché pourrait ralentir les flux d’investissement dans diverses sources d’énergie à un moment où « urgence, capacité d’agir et équité » sont les maîtres mots pour lutter contre les changements climatiques.
Ces deux rapports devraient être des points de discussion importants lors de la COP28 à Dubaï, aux Émirats arabes unis, en novembre.
Le magnifique soleil de septembre n’a pas réussi à dissiper les nuages politiques entourant l’ONU. Joe Biden a participé. Cependant, il n’a échappé à personne qu’il s’agissait probablement de sa dernière Assemblée générale, puisque l’élection présidentielle américaine de 2024 battra son plein en septembre prochain. Les grands projets de Biden pour financer la lutte contre les changements climatiques pèseront dans la balance des votes, tout comme sa campagne pour la révolution des véhicules électriques.
Bon nombre de pays influents – la Grande-Bretagne, la France, la Chine, l’Inde – ont fait profil bas, car leurs gouvernements se sont recentrés sur la sécurité énergétique au détriment de la lutte contre les changements climatiques Tout ce qui pourrait entraîner davantage de pénuries d’énergie – et donc plus d’inflation et des taux d’intérêt plus élevés – figure sur les radars politiques. Alors que le pétrole brut se dirigeait vers 100 dollars US le baril, j’ai rencontré de grands producteurs de pétrole et de gaz qui semblaient s’apprêter à produire plus, et pas moins. Même les pays qui essaient de se débarrasser du charbon – l’Allemagne, l’Indonésie, le Vietnam – m’ont avoué que c’était plus difficile et plus coûteux que prévu. Et ils ne veulent pas facturer un centime de ce programme aux citoyens. Certains représentants politiques ont laissé entendre, en privé, que nous avons besoin de plus de réglementations, et non moins, pour réduire les émissions. Mais alors que j’allais rentrer chez moi, je me suis demandé si tous ces conducteurs, dehors, étaient prêts à accepter de telles mesures, que ce soit à la pompe à essence ou dans les scrutins. – John Stackhouse
Nouvelle révolution verte : s’il n’existe aucune solution instantanée, pour le Canada, le défi consiste à accroître la production alimentaire et à réduire les émissions pour un monde affamé. Dans une série de récents rapports portant sur le thème de l’agriculture, RBC a identifié les stratégies qui pourraient nous mettre sur la voie d’une hausse de la production alimentaire conjuguée à une réduction des émissions. Vous pourrez en apprendre plus
La situation délicate du gaz : dans la foulée du conflit en Ukraine, le gaz est devenu une source d’énergie vitale mais néanmoins controversée. Pour les partisans du gaz, le fait de remplacer le charbon par le gaz naturel pourrait permettre de réduire rapidement les émissions en croissance rapide d’Asie. Pour leur part, les sceptiques font valoir que le fait de demeurer tributaire du gaz naturel ne fait que retarder l’adoption de sources d’énergie à zéro émission.
L’argumentaire autochtone : appuyée par la Nation Haisla et la société du secteur intermédiaire Pembina, Cedar LNG a déjà obtenu des approbations environnementales et elle vise une décision finale en matière d’investissement d’ici le quatrième trimestre de 2023. Les responsables de Woodfibre LNG, un plus petit projet piloté par les sociétés Pacific Energy Corp. et Enbridge, ont signé une entente sur les répercussions et les avantages avec la Nation Squamish, tandis que la Nation Nisga’a et un groupe de producteurs de pétrole et de gaz basé à Calgary appuient l’énorme projet GNL Ksi Lisims.
Permis pour exporter ? Le soutien autochtone confère au GNL une soi-disant acceptabilité sociale (bien que tous les groupes autochtones ne soutiennent pas les projets). Cependant, demeurent sans réponse un certain nombre de questions portant sur l’impact environnemental avant qu’une licence d’exportation puisse être délivrée. La modélisation réalisée par le Pembina Institute montre que le développement de la phase 1 du projet LNG Canada ayant reçu le soutien de Shell et de Woodfibre LNG signifierait que le niveau des émissions du secteur dépasserait largement les objectifs sectoriels de la province fixés pour 2030. Si les projets Cedar et Ksi Lisims devaient également aller de l’avant, le total des émissions pourrait tripler par rapport aux objectifs.
Article 6 : une clause de l’Accord de Paris qui permet aux pays – à tout le moins en théorie – de recevoir le crédit de la réduction d’émissions dans d’autres pays a figuré parmi les sujets de discussion évoqués entre la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en marge du Stampede de Calgary. Cependant, l’article 6 est loin de sa version définitive, les consommateurs étant réticents à transférer des émissions durement acquises aux producteurs. Un rapport de l’Institut d’action climatique RBC publié en avril et portant sur l’énigme que représente le GNL canadien montrait que le niveau mondial des émissions nettes pourrait reculer de 105 Mt éq. CO2 si le GNL canadien parvenait à remplacer le charbon consommé en Asie, cependant que le niveau canadien des émissions augmenterait de 16,6 Mt éq. CO2.
Prenez connaissance de l’analyse du premier économiste de l’Institut d’action climatique RBC, Colin Guldimann,
À l’heure actuelle, le Canada est le 11e producteur de cuivre au monde et le 13e sur le plan des réserves. Bien que la production de cuivre du pays ait diminué de 2 % par an au cours des cinq dernières années, on estime qu’elle pourrait augmenter de 3 % par an au cours des trois prochaines années, compte tenu des dix projets de cuivre qui sont prévus ou en cours.
Le Chili, le Pérou, la Russie et la République démocratique du Congo font partie des pays qui devraient générer un peu plus de 50 % de la croissance de la production. Tous ces pays étant confrontés à des difficultés politiques et économiques qui leur sont propres, la Stratégie canadienne sur les minéraux critiques et le crédit d’impôt pour l’exploration de minéraux critiques peuvent-ils aider le Canada à accroître sa production de cuivre ?
Le rapport ne constitue pas une prévision ou une recommandation, mais il examine l’évolution possible de l’économie canadienne dans le secteur de l’énergie.
Pétrole : mentionné 316 fois dans le rapport. Exportations (2022, $) : 156,6 G$.
La production de pétrole au Canada chute dans deux des trois scénarios (voir le tableau ci-dessus). Le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CUSC) contribuent à cette baisse : la capacité de la technologie dans les sables bitumineux plafonne à 27 Mt en 2033 dans le scénario de la carboneutralité mondiale (et à 49 Mt en 2035 dans le scénario de la carboneutralité du Canada). Cependant, dans un monde en décarbonation, la plupart des installations pétrolières devraient fermer et seuls les projets les plus efficaces continueraient d’être menés en 2050.
Gaz naturel : 345 mentions. Exportations (2022, $) : 24,6 G$.
Une source d’énergie qui recourt au captage, à l’utilisation et au stockage du carbone a un rôle à jouer, même réduit, dans un monde carboneutre. Les projets LNG Canada et Woodfibre LNG mis en oeuvre sur la côte ouest devraient constituer les deux principaux projets d’exportation de gaz naturel liquéfié dans un monde en décarbonation, mais il sera possible d’accroître les exportations (p. ex., phase II de LNG Canada) si le monde peine à réduire les émissions.
Électricité : 342 mentions. Exportations (2022, $) : 5,7 G$.
L’électricité est la nouvelle vedette du secteur de l’énergie au Canada : elle représentera 41 % de la consommation d’énergie d’ici 2050 (contre 17 % aujourd’hui). En raison de sa décarbonation d’ici 2035, l’électricité à faible émission de carbone alimentera les transports, les industries lourdes et les foyers. L’énergie éolienne, l’énergie nucléaire, l’énergie hydraulique, le gaz naturel utilisant les technologies CUSC, la bioénergie associée au captage et stockage du carbone (BECCS) et l’énergie solaire sont les principaux moteurs de la croissance de la nouvelle production pendant la période de projection. Les exportations nettes d’électricité vers les États-Unis diminueront légèrement dans les deux scénarios de la carboneutralité.
Hydrogène : 257 mentions. Exportations (2022, $) : 0,7 G$.
L’hydrogène fait l’objet d’un chapitre particulier dans le rapport. Dans les deux scénarios de la carboneutralité, le Canada pourrait exporter de 4,5 Mt à 5 Mt d’hydrogène à faible émission de carbone, produit à partir du gaz naturel utilisant les technologies CUSC, de l’électrolyse et de la gazéification de la biomasse.
Autres mentions remarquables : énergie éolienne (47 fois), énergie solaire (31 fois), énergie nucléaire (29 fois), hydroélectricité (5 fois).
Selon le Bureau d’assurance du Canada, les demandes de règlement d’assurance liées aux conditions météorologiques ont dépassé en moyenne les 2 milliards de dollars par année au pays au cours des dernières années. Parallèlement, deux
Le REP vise l’équilibre entre la gestion de la réduction des gaz à effet de serre (GES), la fiabilité et l’accessibilité.
Le rôle que jouera le gaz naturel dans le réseau réinventé de l’énergie figure parmi les plus épineux enjeux : d’importants investissements dans des projets de production à long terme de gaz naturel généreraient des émissions et seraient incompatibles avec les ambitions de carboneutralité du Canada. Le caractère fiable et abordable du gaz fait de ce produit une proposition convaincante, surtout dans les provinces des Prairies, où l’élimination progressive du charbon entraîne déjà d’importants déficits dans la production de base qui seront difficiles et coûteux de combler uniquement avec les énergies renouvelables. La société SaskPower, par exemple, dit qu’elle aura besoin de gaz naturel ou d’énergie nucléaire pour assurer la fiabilité du réseau.
Le gouvernement fédéral, pour sa part, propose dans son budget de 2023 de grandes subventions pour l’électricité propre qui permettront à Ottawa de prendre part à la course au réseau carboneutre, ce sont des incitatifs qui devraient être suffisamment motivants.
Le REP pourrait susciter bientôt des débats entre le gouvernement fédéral et les provinces. Voici quelques thèmes clés qui retiennent l’attention :
1. Urgence : En ce qui concerne la planification des infrastructures, 2035 est tout proche, et la mise en œuvre des nombreux projets nucléaires et hydroélectriques nécessite de longs délais. Les décideurs fédéraux et provinciaux doivent se mettre d’accord rapidement et fournir aux investisseurs un cadre réglementaire prévisible avant de pouvoir donner suite aux projets.
2. Questions entourant le gaz. Le REP vise à régler la question du gaz naturel pour permettre à ce produit de conserver sa nature fiable lors des conditions météorologiques extrêmes, des urgences ou d’autres événements cygnes noirs. Le crédit d’impôt à l’investissement d’Ottawa pour l’électricité propre (axé principalement sur l’éolien, le solaire photovoltaïque et l’hydroélectricité, etc.) cible également les centrales au gaz naturel à faible émission (qui seraient assujetties à un seuil d’intensité des émissions compatible avec l’établissement d’un réseau carboneutre d’ici 2035).
3. Nouvelles technologies. Le REP permettra-t-il à l’hydrogène et les petits réacteurs modulaires de progresser ? Au cours des dernières années, Ottawa a mis au point un Plan d’action des petits réacteurs modulaires (PRM) et une Stratégie relative à l’hydrogène, et ces deux technologies prometteuses nécessiteraient une prise de décision audacieuse et rapide.
RBC déclare dans le
Les conséquences financières de cette ignorance s’alourdissent à mesure que de plus en plus de pays se lancent dans la cartographie de leurs fonds marins et dans le développement du marché du carbone bleu, qui en est à ses balbutiements. Les crédits de carbone bleu valent deux à trois fois les crédits de carbone classiques en raison d’un potentiel de séquestration nettement plus élevé et de services écosystémiques supplémentaires. Selon les premières estimations, le « carbone bleu » du Canada représente un marché de 3,5 milliards de dollars.
Le rapport explore trois mesures clés que le Canada pourrait prendre pour profiter de cette occasion de développement de sites verts. Lisez le rapport
Mesures incitatives pour le captage du carbone : Le gouvernement albertain va-t-il mettre en place les mesures incitatives pour la décarbonisation des six entreprises membres de l’Initiative Alliance nouvelles voies, vu son objectif d’atteindre la carboneutralité dans le secteur des sables bitumineux d’ici 2050 ?
Sous le soleil : L’énergie solaire est la forme d’énergie renouvelable la plus populaire : le tiers des agriculteurs de l’Ontario et le quart des agriculteurs de l’Alberta exploitent les puissants rayons du soleil. L’installation est coûteuse, mais les économies potentielles à long terme peuvent compenser les coûts. L’un des agriculteurs avec qui l’Institut d’action climatique RBC s’est entretenu a installé des panneaux solaires d’une valeur de 300 000 $ et s’attend à rentabiliser cet investissement d’ici sept ans grâce aux économies d’énergie. L’énergie éolienne gagne aussi en popularité sur les terres agricoles canadiennes. Plus de la moitié des installations de ce genre se trouvent en Ontario.
Sous la terre : L’énergie géothermique, une importante source de chauffage des serres, des sols et de l’eau pour la pisciculture, est utilisée par 1,9 % des exploitations agricoles du Canada, en particulier au Manitoba (4,1 %) et en Ontario (3,5 %).
Un morceau du sol : Les agriculteurs de l’Île-du-Prince-Édouard et du Québec sont les plus enclins à faire des analyses d’échantillons de sol, mais cette pratique est en train de gagner du terrain dans les autres provinces. L’échantillonnage des sols permet de mesurer les nutriments qui demeurent dans les champs après une récolte, ce qui aide à faire une évaluation et à obtenir de meilleurs rendements.
Faire plus avec moins : En améliorant leur productivité, les exploitations agricoles aideront le Canada à produire plus en utilisant moins d’énergie. En 2021, plus du quart des exploitations ont déclaré utiliser des systèmes de pilotage automatique qui réduisent le gaspillage de semences et d’engrais (contre le cinquième en 2015), tandis que 20 % ont dit utiliser des trayeuses robotisées (contre près de 9 % en 2015).
Pour en savoir plus :
Un avertissement princier : Au fil des décennies, le nouveau roi s’est forgé une réputation d’héritier respectueux de l’environnement. Lors du sommet du G20 à Rome, en 2021, celui qui était alors prince de Galles a
Une vague d’investissements, y compris de généreux
Comment produit-on du GNR ? : Le biogaz utilisé pour produire du GNR provient, entre autres, de décharges de déchets solides, de fermes d’élevage et d’opérations de gestion des déchets organiques, au moyen d’un processus biochimique, tel que la biométhanisation. Le principal atout du GNR est sa capacité à capter et à récupérer le méthane, un puissant gaz à effet de serre. Une fois traité, le GNR ne se distingue pas du gaz classique et peut être injecté dans les gazoducs existants pour alimenter les transports, les industries et les habitations.
Le Québec mène le bal : La province a été la première au Canada à rendre obligatoire l’ajout de GNR dans le gaz naturel. L’objectif est que le gaz naturel contienne au moins 5 % de GNR d’ici 2025. La Colombie-Britannique s’est engagée à atteindre une teneur de 15 % de contenu renouvelable d’ici 2030. Les services publics s’associent aux agriculteurs pour exploiter leurs
déchets organiques, construire des installations de biogaz et réduire les émissions agricoles, qui représentent environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre au Canada.
Émissions : Selon l’Association canadienne du gaz, l’objectif fixé par les services publics canadiens, à savoir l’ajout de 10 % de GNR dans le mélange d’ici 2030, permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 24 millions de tonnes, ce qui équivaut à retirer 5,2 millions de voitures de la circulation.
Des défis ? : On en compte quelques-uns, comme la longueur des délais réglementaires pour les installations de biométhanisation et la difficulté à adapter les petites installations. Le gouvernement fédéral cherche à recueillir des commentaires sur une proposition de cadre réglementaire visant à réduire les émissions de méthane des décharges au Canada. Le GNR pourrait ainsi bénéficier d’un coup de pouce.
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Voici ce que la province pourrait faire pour améliorer son plan :
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