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Leadership avisé RBC Action climatique Bouleversements climatiques: New York contre Baku, les rebondissements de la taxe carbone, le dur labeur de la réduction des émissions
Action climatique

Bouleversements climatiques: New York contre Baku, les rebondissements de la taxe carbone, le dur labeur de la réduction des émissions

Issue #01 ➔ Bienvenue à ce bulletin, anciennement baptisé Signaux climatiques, qui contient des détails croustillants et de rapides mises à jour sur l’évolution des tendances dans l’action climatique et l’énergie.➔ Bagarres sur le climat à New York➔ Un fléchissement dans les ventes de VE ? Points brûlants ➔ La taxe carbone, autrefois considérée comme […]

Temps de lecture 13 minutes

Issue #01

Bienvenue à ce bulletin, anciennement baptisé Signaux climatiques, qui contient des détails croustillants et de rapides mises à jour sur l’évolution des tendances dans l’action climatique et l’énergie.
Bagarres sur le climat à New York
Un fléchissement dans les ventes de VE ?


Points brûlants

La taxe carbone, autrefois considérée comme une excellente mesure climatique, est maintenant victime des politiques sur le climat. Jagmeet Singh du NPD et David Eby, premier ministre de la Colombie-Britannique actuellement en campagne électorale, ont fait volte-face à propos de la taxe carbone, qui jusque-là faisait l’objet d’une vaste publicité auprès des consommateurs. Ce revirement fait écho au changement d’opinion de l’électorat quant à la taxe carbone. Peu importe si l’impôt supplémentaire a eu un effet d’à peine 0,15 point de pourcentage sur l’inflation, le thème échauffe les esprits. De ce fait, les libéraux doivent se creuser la tête et imaginer des façons de corriger le tir. Alors que le gouvernement rejette toute idée de suspension de cet impôt, la taxe pourrait être sauvée par des exonérations ou des rabais plus importants (comme cela a été mis en place pour certains Canadiens en milieu rural), d’après Shaz Merwat, notre chef du secteur de l’énergie.

L’électricité est le grand défi de la décarbonation au Canada. Les émissions du secteur ont plongé de 38 % depuis 2005, ce qui s’est traduit par une chute de 0,8 % des émissions globales l’année dernière, selon les estimations de l’Institut climatique du Canada. Mais l’énergie propre peut-elle encore nous aveugler, étant donné que le réseau devra vraisemblablement tripler d’ici 2050, que l’énergie hydroélectrique est menacée par des sécheresses et que nous sommes encore à une décennie, voire plus, de la mise en exploitation des projets de captage de carbone et de production nucléaire ? Par ailleurs, la demande de secteurs gourmands en énergie, tels que l’IA et les centres de données, pourrait obliger certaines régions à recourir au gaz.

Pour continuer sur le thème de l’électricité, le Manitoba a dévoilé un nouveau plan qui met en avant le défi lié à la production d’une énergie plus abondante et plus propre. Quelques points saillants du plan :

  • remise en état des installations et de l’équipement vieillissants de Manitoba Hydro
  • garanties de prêt octroyées par la province pour aider les collectivités des Premières Nations et des Métis à acquérir des participations dans l’énergie éolienne
  • systèmes de chauffage par district pour aider les collectivités à remplacer le gaz
  • infrastructures de recharge de véhicules électriques
  • limitations de l’électricité consommée par les centres de données

La tâche ne sera pas aisée, dans une province déterminée à maintenir des prix bas et à laisser Manitoba Hydro aux mains du gouvernement (vous pouvez vérifier le nombre de mentions). Mais ce n’est pas si différent de la plupart des provinces, où la course fait rage pour produire plus d’électricité sans augmenter le coût pour les contribuables ou les usagers. L’innovation, le partenariat et l’effet d’échelle seront des facteurs clés.

La COP29 s’annonce tumultueuse. Le sommet débutera une semaine après les élections aux États-Unis, c’est-à-dire après la victoire de Kamala Harris, favorable à l’IRA (Inflation Reduction Act, loi sur la réduction de l’inflation), ou celle de Donald Trump, non favorable à l’IRA (à moins d’un coup de théâtre). Une victoire de Trump pourrait bouleverser ce sommet, étant donné qu’il a quitté la réunion sur l’Accord de Paris lors de son premier mandat et qu’il a menacé de recommencer. Il y a déjà eu beaucoup d’émotions quand l’Azerbaïdjan, pays hôte du sommet, a retiré la question de l’abandon des combustibles fossiles en tant que priorité du sommet. Beaucoup avaient bataillé, à la COP28 de Dubaï, pour insérer ces quelques mots dans la version finale de l’accord. Nous pouvons nous attendre à d’autres bagarres. Et à des jeux sur les mots.

Simon Kennedy, haut fonctionnaire canadien très en vue et Sous-ministre de l’Innovation, a pris sa retraite. Homme clé dans l’élaboration d’une réponse à la loi américaine sur la réduction de l’inflation, il a positionné le Canada comme un chef de file technologique dans la transition énergétique, a mis en avant l’agriculture en tant que priorité pour l’économie et l’exportation, et a fait progresser les secteurs canadiens des véhicules électriques, de l’informatique quantique et de l’intelligence artificielle. Son successeur peut se préparer à des temps plus difficiles sur le plan budgétaire.

Le leader d’opinion Bill Gates a lancé un documentaire sur Netflix intitulé What’s Next ? Le futur selon Bill Gates. Alors qu’il démantèle les théories de conspiration avec la diva pop Lady Gaga, qu’il s’attaque au réchauffement de la planète avec des activistes du climat, qu’il parle d’AI avec le metteur en scène James Cameron, et qu’il explore avec le sénateur Bernie Sanders la question de savoir si quelqu’un peut être trop riche (la réponse est oui, Bill), le fondateur de Microsoft met à profit l’esprit curieux qui a donné naissance à Outlook (et aux plantages de Windows). Il semble très optimiste, ce qui n’est pas étonnant de la part d’un milliardaire, mais il a raison sur un point : il faut rester mobilisés pour trouver la voie du progrès.

Prix bimensuel de l’action climatique : attribué au Conseil de la recherche de la Saskatchewan pour avoir créé un centre de commercialisation d’éléments de terres rares la semaine dernière.

Prix bimensuel du flop climatique : Tout effort visant à rendre les polices de caractères des livres plus fines afin de réduire leur empreinte carbone, ce qui rendra probablement les libres illisibles et entraînera leur disparition.


Nouveau capital climatique

Par John Stackhouse

Salutations de New York, capitale incontestée de la finance, de la mode, des médias, et maintenant du climat.

La semaine du climat de NY, qui a fermé ses portes le week-end dernier, est devenue une scène centrale pour les têtes pensantes de l’action climatique. Cet événement fait maintenant de l’ombre aux conférences des Nations unies sur le climat, connues sous le nom de COP, qui demeurent essentielles, mais qui font moins de bruit. Nous sommes désolés, Baku (hôte de la COP29 en novembre), mais il est difficile de rivaliser avec la Big Apple, étant donné que la ville attire :

  • 100 000 passionnés du climat ;
  • 900 événements, de Central Park à Greenwich Village ;
  • l’Assemblée générale des Nations unies et une forte représentation des dirigeants mondiaux (Joe Biden, Emmanuel Macron, Justin Trudeau et 130 autres) ;
  • une liste de célébrités digne du tapis rouge de Broadway, d’Elon Musk au Prince Harry.

Même les groupes de défense de l’environnement semblent séduits par le faste de Gotham, organisant des fêtes nocturnes sur Park Avenue (oui, la ville où l’ironie ne dort jamais).

Il n’est pas étonnant que le Wall Street Journal ait décrit la semaine du climat de NY comme « l’événement climatique le plus brûlant de l’année ».

Alors quels ont été les résultats ?

New York est surtout une ville qui fait bouger l’argent, et la semaine du climat en a mobilisé beaucoup. Fonds souverains, banques, sociétés de capital-investissement et fonds spéculatifs ont profité de l’événement pour collecter les milliards nécessaires à la réalisation de l’objectif Zéro émission.

Aussi positif que cela puisse paraître, la concentration des capitaux consacrés au climat, en particulier entre les mains des deux plus grandes économies mondiales (qui sont par ailleurs les deux plus grands émetteurs), a soulevé de nombreuses inquiétudes :

depuis 2021, les États-Unis ont investi 500 milliards de dollars dans les énergies propres.. Plus de 80 % de cette somme provient du secteur privé, en réponse à la loi sur la réduction de l’inflation.

Rien que l’année dernière, les États-Unis ont ajouté l’équivalent de 40 barrages Hoover sous forme de production d’énergie solaire et éolienne, ce qui a permis de réduire de deux tiers la part du charbon dans la production d’électricité. La baisse des taux d’intérêt pourrait encourager les investisseurs à prendre plus de risques dans les projets en faveur du climat.

Bien que l’essor des énergies renouvelables soit impressionnant en Amérique, la Chine représente 40 % des nouvelles constructions dans le monde. Le pays est en avance de six années sur ses objectifs, et pourrait bientôt être clairement sur la voie du Zéro émission. Une question se pose : les flux de capitaux de la Chine peuvent-ils se maintenir, dans le contexte d’un ralentissement économique qui s’aggrave de mois en mois ?

Certes, l’argent est précieux pour les promoteurs de projets, mais l’autonomie nationale l’est aussi.

J’ai participé à une discussion sectorielle sur le manque de lignes électriques qui empêche de distribuer un million de mégawatts d’énergie aux États-Unis. Apparemment, tout le monde veut des énergies renouvelables, mais à condition que les câbles ne passent pas trop près. Même la renaissance du nucléaire (voir notre partie ci-dessous sur Microsoft et Three Mile Island) se heurte à des questions sur la réglementation et la rapidité des délivrances de permis face à l’envolée de la demande liée à l’intelligence artificielle.

Malgré sa puissance apparente, la ville de New York ne peut pas rivaliser avec le sentiment du public, que ce soit aux États-Unis ou dans le reste du monde. À cet égard, la semaine du climat de NY a laissé en suspens une grande question à laquelle seuls les Américains pourront répondre, le 5 novembre. La personne que les États-Unis enverront à la semaine du climat de 2025 pourrait bien déterminer la direction de tout le reste.


Nous restons sur la voie rapide


Revenons-en au grand revirement observé dans le secteur des véhicules électriques. Alors que les ventes de VE ont fléchi dans plusieurs marchés développés importants, elles se sont bien maintenues au Canada. Jetons un coup d’œil aux chiffres :

Les VE se trouvent maintenant au niveau historique de 12,9 % des ventes de voitures totales, battant le record de 12,6 % enregistré au troisième trimestre 2023. Ce chiffre est impressionnant dans le contexte de l’essor général des ventes d’automobiles.

Les voitures hybrides avec batterie rechargeable ont représenté 74 % des ventes de VE totales, ce qui est stable par rapport aux trimestres précédents. En outre, les Canadiens conduisant des VE ont utilisé leurs véhicules 14 % de plus, en moyenne, que les propriétaires d’anciennes voitures à essence.

8 acheteurs de VE sur 10 ont eu recours aux subventions fédérales, tandis que les généreux incitatifs provinciaux ont aidé à combler les écarts de prix par rapport aux moteurs à essence.

L’Ontario doit-il rétablir les rabais sur les véhicules électriques ? Ce serait sans doute judicieux, compte tenu des milliards de dollars investis par l’Ontario dans la mise en place d’une chaîne logistique de VE dans le sud-ouest de la province.

Le Québec représente désormais la moitié des ventes de VE, mais les choses ne vont pas aussi bien en Colombie-Britannique où les ventes de VE sont en perte de vitesse depuis trois trimestres consécutifs, selon Farhad Panahov, notre économiste et observateur attentif des ventes de VE.

Farhad estime que la croissance des ventes de VE pourrait être entravée par l’entrée en vigueur, à la fin de l’automne, des droits de douane canadiens et américains à l’égard des VE chinois, ce qui limiterait la disponibilité d’options abordables.

Vous pouvez lire l’opinion de Salim Zanzana, économiste de RBC, à propos de l’incidence des droits de douane canadiens sur les VE et les métaux chinois.


Au cas où vous l’auriez manqué

Les minéraux critiques constituent un goulot d’étranglement qui passe souvent inaperçu dans la transition énergétique, avertit McKinsey dans son volumineux rapport Global Energy Perspective 2024. Parallèlement, 14 nations occidentales s’efforcent d’accélérer les choses.

Pour rester pertinent, le secteur du gaz doit fortement s’appuyer sur le captage du carbone, prévient l’Oxford Institute For Energy Studies dans un rapport qui aborde à peine la question du Canada.

Comment un grand pays producteur de pétrole lutte pour devenir un champion du climat, alors que des incendies de forêt ravagent son écosystème. (Non, ce n’est pas le Canada.)

Si l’hydrogène est cher à votre cœur et si vous avez 1 h 26 de libre, vous pouvez écouter sur YouTube la conversation entre Michael Liebreich et Eva Schmid, la reine de l’hydrogène en Allemagne.

La transition énergétique mondiale a l’air encore plus chancelante si nous enlevons la Chine de l’équation.

La centrale nucléaire Three Mile Island, site de l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire des États-Unis, a reçu un coup de pouce de Microsoft pour sa remise en marche.


L’Institut en action

Nous serons présents à l’événement Energy Disruptors : Unite 2024 le 1er octobre à Calgary pour parler de l’avenir de la transition énergétique avec les parties prenantes.

L’Institut d’action climatique RBC participera également à la conférence annuelle de l’Institut climatique du Canada, accessible sur invitation seulement, qui se tiendra le 10 octobre à Ottawa et sera consacrée au renforcement de la compétitivité du Canada.

Découvrez nos derniers articles :

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Myha Truong-Regan, Sarah Pendrith, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

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