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➔ Le Canada établit de nouveaux scénarios pour une nouvelle ère énergétique

➔ Le petit changement qui a révolutionné l’efficacité énergétique

➔ Un guide pour les climato-optimistes

Que deviennent les plantations de café lorsque les chauves-souris qui contrôlent les ravageurs disparaissent ? Le monde commence à prendre conscience que la biodiversité influence tout, de votre café du matin aux résultats financiers des entreprises. Récemment, 152 gouvernements membres, dont le Canada, ont appuyé le rapport d’évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité. Il s’agit d’une recherche marquante : plus de la moitié de l’économie mondiale – soit environ 78 billions de dollars US – dépend de la nature, qu’il s’agisse de l’alimentation, du tourisme ou de la construction, selon l’Institut de recherche RBC. L’un des principaux constats du rapport de l’IPBES : la nécessité d’aligner les politiques budgétaires et les flux financiers sur les objectifs de biodiversité et de durabilité. Cependant, une couverture médiatique discrète suggère que le message de la nature comme un actif stratégique, et un bouclier, n’a pas encore trouvé un écho auprès du grand public des entreprises. Pour en savoir plus, lisez Extraire la valeur : la nature, un atout dans les programmes de stimulation de la croissance.

Un moment déclic pour l’efficacité énergétique Même si la surface bâtie mondiale a augmenté de 20 % au cours de la dernière décennie, la consommation d’électricité liée à l’éclairage est demeurée stable. La raison ? Les ampoules DEL, près de 12 fois plus efficaces que les lampes halogènes. Sans elles, la consommation mondiale d’électricité aurait augmenté de 800 TWh – soit plus que la consommation annuelle de l’Afrique, selon l’Agence internationale de l’énergie. Le potentiel d’économie reste considérable : environ 30 % des lampes en Amérique du Sud et dans certaines régions d’Asie-Pacifique (hors Chine et Inde) doivent encore être modernisées. Et même dans les pays déjà équipés, le remplacement des premières générations de LED, aujourd’hui dépassées, permettrait de réduire encore davantage la consommation électrique.

Le nucléaire fait un retour dans le débat climatique Cette technologie d’électricité à faible émission de carbone est à la base de certains des réseaux les plus propres au monde et pourrait contribuer à la décarbonation de plusieurs industries, explique Vivan Sorab, responsable principal, Politique, Technologie propre RBC. Le réseau électrique français émet seulement 22 gCO₂/kWh, l’un des niveaux les plus faibles au monde, le nucléaire fournissant 65 % de l’électricité du pays. En Ontario, l’intensité des émissions du réseau a augmenté à 74 gCO₂/kWh en 2024 par rapport à l’année précédente, en raison de travaux de remise à neuf des centrales nucléaires et de la hausse de la demande, qui ont nécessité un recours accru au gaz naturel. Les petits réacteurs modulaires (PRM) pourraient étendre la contribution du nucléaire au-delà du réseau électrique. Certaines industries fortement émettrices – extraction de pétrole lourd, pétrochimie – ont besoin de vapeur à haute température que les énergies renouvelables peinent à fournir seules. Les PRM pourraient éventuellement produire à la fois de l’électricité et de la chaleur industrielle, ce qui en ferait l’une des rares technologies capables d’aider les secteurs difficiles à décarboner. Pour en savoir plus sur l’énergie nucléaire, lisez L’avantage atomique : une occasion historique pour le Canada à l’aube d’une nouvelle ère nucléaire.



Par John Stackhouse

La délégation climatique présente cette semaine à la grande conférence énergétique CERAWeek, à Houston, avait de quoi être un peu déboussolée. L’humidité du bayou et les files de la TSA y étaient pour quelque chose, certes, mais c’est surtout le changement dans le discours sur l’action climatique qui donnait l’impression d’un virage à 180 degrés. 

Il y a deux ans, la secrétaire à l’Énergie de Joe Biden, Jennifer Granholm, était venue expliquer la pause imposée aux exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Lundi, Chris Wright, secrétaire à l’Énergie sous Donald Trump, est monté sur la même scène pour présenter un plan visant à doubler la production de GNL d’ici la fin de la décennie.

Et ce n’est pas seulement la Maison-Blanche qui a changé de cap climatique. Des délégations de dizaines de pays sont venues à Houston pour demander plus de tout, surtout du gaz naturel. Le Japon, berceau du protocole de Kyoto et de nombreuses innovations climatiques, était en tête de file, expliquant qu’il ne peut plus compter uniquement sur le Qatar et quelques autres fournisseurs pour alimenter en gaz son économie insulaire. (Souvenons-nous de l’arrêt du nucléaire après Fukushima.)

Les États-Unis travaillent désormais à fournir au Japon et à d’autres alliés autant de gaz et de pétrole que possible. Et une grande partie de cet approvisionnement pourrait provenir du Canada.

En matière de pétrole, le Canada comble déjà les deux tiers de l’écart entre la production américaine (12 millions de barils/jour) et sa consommation (20 millions). Nous fournissons une part encore plus importante du gaz consommé par les Américains dans plusieurs États.

Le ministre canadien de l’Énergie, Tim Hodgson, est venu à Houston pour affirmer que le gouvernement fédéral est déterminé à voir la production pétrolière augmenter de 2,5 millions de barils par jour – une hausse de 50 % – et à doubler les exportations de GNL par rapport aux plans actuels. Peut-on concilier cette hausse avec les engagements climatiques ?

J’ai posé la question à Tim Hodgson et à la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, lors d’un échange que j’animais à Canada House dans le cadre de la conférence. Ils ont affiché une forte convergence de vues (à tel point que Mme Smith s’est décrite comme la porte-parole environnementale de la politique énergétique de Mark Carney). Ils ont ensuite insisté sur trois priorités : le méthane, la tarification du carbone et Pathways.

Leurs gouvernements ont d’ailleurs annoncé plus tard dans la journée une entente sur les émissions de méthane qui contribuera à maintenir le Canada – et l’Alberta – sur la voie vers l’objectif de zéro émission nette (ou la « carboneutralité », selon la terminologie privilégiée par Mme Smith). La tarification du carbone industriel demeure plus complexe, même si des prolongations d’échéancier pourraient permettre de débloquer la situation.

Le principal enjeu reste Pathways, que M. Hodgson décrit comme « le plus grand projet de captage du carbone au monde », et qui permettrait de réduire nettement l’empreinte carbone des barils supplémentaires. La question des coûts demeure toutefois entière. Ottawa estime que Pathways pourrait coûter aussi peu que 50 cents par baril – une aubaine pour l’industrie si cela permet d’atteindre une hausse de production de 50 %. Les acteurs du secteur présents sur place jugent plutôt que les coûts seront plus élevés, bien qu’ils espèrent que des investissements éventuels de fonds de pension canadiens pourraient réduire les coûts en capital à long terme.

Nous devrions en savoir davantage la semaine prochaine, à l’approche de l’échéance du 1er avril prévue dans le protocole d’entente Ottawa–Alberta sur l’énergie. La crise mondiale pourrait entraîner certains retards et nécessiter de nouveaux ajustements. Mais le message envoyé à Houston par Ottawa et l’Alberta était clair : davantage de production et moins d’émissions, voilà le nouveau plan canadien.

Par Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

L’électrification sera le principal moteur climatique du Canada. La production d’électricité devrait augmenter de 50 % d’ici 2050, les énergies renouvelables représentant 91 % du réseau (contre 79 % aujourd’hui), selon le plus récent scénario de référence de la Régie de l’énergie du Canada, qu’elle désigne sous le nom de Mesures actuelles.

Même si la carboneutralité d’ici 2050 demeure un objectif ambitieux, l’économie devrait continuer de progresser vers des sources plus sobres en carbone. Alors que le charbon, fortement émetteur, est presque éliminé et que la croissance de la production de pétrole brut ralentit, l’expansion des combustibles fossiles sera principalement portée par le gaz naturel, relativement moins émetteur : d’ici 2050, il représentera 43 % de la production totale de pétrole et de gaz, contre 36 % aujourd’hui.

Trajectoire énergétique et des émissions du Canada. Scénario selon les mesures actuelles.

Publié deux semaines après le début de la guerre en Iran, qui pourrait s’avérer l’un des événements énergétiques les plus marquants du siècle, le rapport propose plusieurs trajectoires pour la croissance de l’énergie et de l’électricité au Canada, ainsi que pour la réduction des émissions.

  • Le Canada va au-delà du scénario unique de carboneutralité : cette édition conserve les scénarios Mesures actuelles et Carboneutralité du Canada du rapport Avenir énergétique du Canada en 2023 (AE2023), mais y ajoute des scénarios à la hausse et à la baisse. Ceux-ci encadrent le scénario de référence en faisant varier la croissance économique, les exportations de gaz naturel liquéfié, la demande des centres de données et les prix mondiaux de l’énergie, offrant ainsi une fourchette de résultats plus réaliste de ±20 %, plutôt que de considérer la carboneutralité en 2050 comme seule trajectoire.

  • Les émissions diminueront d’environ 14 % d’ici 2050. Dans tous les cas, les émissions de GES sous Mesures actuelles sont plus faibles dans Avenir énergétique 2026 (AE2026) que dans l’édition précédente, mais une économie canadienne carboneutre n’apparaît toujours pas à l’horizon. D’ici 2050, AE2026 projette 546 mégatonnes (Mt), contre 566 Mt dans l’édition 2023, ce qui reflète une décarbonation plus rapide à court terme grâce aux politiques déjà en place, notamment dans le secteur de l’électricité.

  • Le soleil et le vent alimenteront le réseau. La production d’électricité dans le scénario Mesures actuelles est globalement similaire dans les deux rapports. D’ici 2050, la production atteint environ 975 TWh dans Avenir énergétique en 2026, contre 972 TWh dans Avenir énergétique 2023. La principale différence réside dans la part des énergies renouvelables : le rapport de 2026 prévoit une montée plus rapide, atteignant 91 % de production non émettrice d’ici 2050, contre 86 % dans le rapport de 2023, avec une accélération plus marquée après 2035.

  • Le pic pétrolier est repoussé La production pétrolière reste similaire à court terme, mais AE2026 est nettement plus prudent à moyen terme. D’ici 2035, AE2026 prévoit environ 6,0 millions de barils par jour, contre 6,5 millions dans AE2023. Les trajectoires convergent ensuite : 5,9 millions en 2050 dans AE2026, contre 6,3 millions dans AE2023. Le pic de production pétrolière est ainsi repoussé de sept ans, passant de 2035 à 2042. Selon le Scénario plus élevé, la production de pétrole montera à 6,4 millions de barils par jour.

  • …et le gaz naturel prend de l’ampleur. AE2026 prévoit une production nettement plus élevée à tous les horizons, atteignant 26,8 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2050, contre 21,5 dans AE2023 – soit une hausse de 25 %, largement attribuable aux nouvelles hypothèses d’exportations de GNL intégrées au modèle 2026.

  • Le captage du carbone restera marginal. Bien que les volumes ne soient pas détaillés dans les projections, environ 4 % de la production totale d’électricité proviendrait de gaz naturel avec captage du carbone dans le scénario Mesures actuelles.Les émissions totales du secteur pétrolier et gazier devraient atteindre 176 Mt en 2050, en baisse de 12 % par rapport aux 199 Mt projetées en 2025, malgré une hausse de 5 % de la production (5,9 millions de barils par jour en 2050, contre 5,6 millions en 2025).

  • Le Canada est à la traîne de ses pairs : à l’échelle mondiale, dans le scénario Mesures actuelles, les émissions du Canada passeraient de 694 Mt en 2023 (dernières données disponibles) à 562 Mt d’ici 2035, soit une réduction de 23 % par rapport au niveau de 2005 (environ 730 Mt). Cela place le Canada légèrement derrière les États-Unis, où Rhodium Group prévoit une réduction de 26 à 35 % d’ici 2035 par rapport à 2005. Les deux pays sont nettement derrière l’Union européenne, qui vise une réduction d’environ 45 à 47 % d’ici 2035 selon les mesures actuelles et prévues. Les trois restent toutefois loin de la carboneutralité sans mesures additionnelles.​​​​​​​​​​​​​​​​

Fred Pearce, écrivain scientifique et conférencier britannique, auteur au fil des ans de plusieurs ouvrages aux titres plutôt sombres — Quand meurent les grands fleuves, The Land Grabbers et With Speed and Violence – change de ton avec Despite it All: A Handbook for Climate Hopefuls.Il y racontedes histoires qui témoignent d’« espoir au milieu de la morosité ».

Voici un extrait d’un bref échange de courriels :

Qu’est-ce qui vous rend optimiste ?
Nous sommes toujours en grand danger. Chaque tonne de gaz à effet de serre ajoutée à l’atmosphère y demeure pendant des siècles. Mais mon espoir repose sur les progrès techniques extraordinaires que nous avons accomplis. La Chine, et de plus en plus l’Inde ainsi que d’autres pays en plein développement, adoptent l’énergie solaire comme source d’énergie par défaut, parce qu’elle est si peu coûteuse. C’était impensable il y a seulement vingt ans. La Chine est en train de révolutionner le marché des batteries : leur coût s’effondre, et le stockage de l’énergie solaire devient réellement envisageable. Nous entrons dans l’ère solaire. Ce sont désormais les facteurs économiques, et non politiques, qui font la différence. Il reste à savoir si les choses vont se faire assez rapidement. Mais elles avancent.

L’une des raisons de votre optimisme est la baisse de la taille des familles et le vieillissement de la population, mais cela ne risque-t-il pas de freiner la croissance économique et la capacité des gouvernements à soutenir les citoyens ?
 
Il s’agit d’une nouvelle forme de « bombe démographique ». On redoute souvent qu’un nombre croissant de personnes âgées « à charge » et un nombre décroissant d’actifs pour les soutenir ne pèsent sur l’économie. Le vieillissement pourrait aussi ralentir l’activité économique en affaiblissant l’innovation portée par les jeunes ambitieux. Il faut revoir notre regard sur les aînés : les considérer comme une source de savoir et d’expérience, comme des aidants autant que des personnes aidées. J’ai 74 ans et je travaille encore, alors je suis bien placé pour le dire ! Mais rappelons aussi que nous avons moins d’enfants à charge, et qu’aujourd’hui la majorité des femmes participent à l’économie, plutôt que de rester à la maison pour élever les enfants.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus ?
Les effets de seuil, les points de non-retour. La fonte des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique, et la montée du niveau des mers qui en résulte, pourraient bientôt devenir irréversibles – même si les températures redescendent. La déforestation en Amazonie pourrait approcher un seuil critique où le manque d’arbres assèche l’air, entraînant la mort des arbres restants. Le système de circulation océanique pourrait lui aussi être proche d’un effondrement, ce qui interromprait le Gulf Stream.  Sans oublier le dégel du pergélisol, qui libère du méthane – un puissant gaz à effet de serre – et accélère fortement le réchauffement. Là encore, de manière irréversible. La science ne peut pas encore nous dire précisément où et quand ces points de bascule pourraient être franchis. Ainsi, même si nous faisons des progrès remarquables pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, je crains qu’il soit déjà trop tard pour éviter ces grands bouleversements. Nous aurons peut-être de la chance… ou pas.

  • Le manque de valorisation et de prise en compte des actifs naturels fait partie des quatre obstaclesqui freinent les initiatives d’adaptation climatique au Canada, écrivent James Stewart, chercheur principal au CD Howe Instituteet Anabela Bonada, directrice générale du Centre Intact sur l’adaptation aux changements climatiques de l’Université de Waterloo.

  • Gavin Mooney, conseiller en transition énergétique analyse comment le déploiement rapide de l’énergie solaire a aidé le Pakistan à atténuer sa forte dépendance au gaz naturel du Moyen-Orient.

  • Le Canada s’apprête à lancer l’un des plus vastes programmes de développement de son réseau électrique de son histoire. Pour que ce vaste chantier réussisse, les Nations autochtones doivent en être au centre, et non en périphérie, écrivent Kwatuuma Cole Sayers et Blake Shaffer dans un article d’opinion.

  • As energy systems are struggling to transform in the face of climate change, Justice in Canada’s Energy Transition report asserts that justice and equity are central to making a low-carbon economy sustainable, writes Julie MacArthur, a co-editor of the report.

  • « Alertes à la chaleur extrême, avertissements de conditions propices aux feux de forêt, records mensuels de température battus une fois de plus… il s’agit sans doute de l’une des vagues de chaleur hors saison les plus anormales que j’ai observées », indique le climatologue Zachary Labe à propos de la saison actuelle.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Il n’est pas nécessaire que les perturbations affectant les navires transitant par le détroit d’Ormuz soient prolongées pour que celui-ci cesse de fonctionner comme une artère fiable du commerce mondial. Les coûts commencent à s’accumuler : les taux de fret des conteneurs ont augmenté de 12 % au cours des deux semaines se terminant jeudi dernier, selon l’indice mondial des conteneurs de Drewry.

  • En période de risque de guerre maritime, un groupe relativement restreint d’assureurs désigne certaines zones comme étant à haut risque. Les protections habituelles ne suffisent alors plus, et les armateurs doivent souscrire une assurance contre les risques de guerre — au cas par cas (par voyage) —  tarifée en pourcentage de la valeur du navire.

  • Au cours des dernières semaines, ces primes sont passées de fractions de point de pourcentage à environ 5 % de la valeur d’un navire. Pour un grand pétrolier, cela représente des millions de dollars pour une seule traversée. Cette situation pourrait bientôt entraîner des pénuries et, vraisemblablement, une hausse des prix de biens de consommation courants allant des jouets et des vêtements aux semi-conducteurs.

  • Alors que des drones iraniens, des mines et des attaques menées par de petites embarcations constituent une menace persistante et crédible pour le détroit, la décision relève également du jugement humain des capitaines et des équipages, sans parler des armateurs peu enclins à voir l’un de leurs coûteux pétroliers couler ou devenir inutilisable.

  • Des efforts internationaux sont en hausse, notamment de la part du Canada, afin de rétablir en toute sécurité l’exploitation d’un corridor maritime clé dans le Golfe, où environ 1 000 navires — principalement des pétroliers — sont actuellement immobilisés.

  • Selon Lloyd’s List Intelligence, le conflit a déjà entraîné le ciblage de 23 navires, certains incidents ayant causé des pertes parmi les équipages.

  • Alors que la pandémie de COVID-19 a provoqué une chute marquée des volumes tout en faisant grimper fortement les taux de fret, la situation dans le détroit d’Ormuz met à l’épreuve la précision du système mondial de transport maritime : les flux sont redirigés, les trajets s’allongent et le tonnage est repositionné entre les différents bassins. Les cargaisons qui transiteraient normalement par Ormuz sont de plus en plus acheminées vers l’ouest par des corridors alternatifs, les ports de la mer Rouge s’imposant comme des nœuds clés dans une carte en rapide mutation des flux de marchandises transitant par le Moyen-Orient.

Quelle en est l’incidence ?

  • L’allongement des trajets absorbe des capacités, resserre la disponibilité des navires dans certaines régions et crée des déséquilibres ailleurs. Pour le commerce conteneurisé, l’incidence est conséquente. Les délais de livraison du commerce électronique touchent déjà le commerce de détail au Moyen-Orient, le fret aérien étant lui aussi perturbé.

  • Les chaînes logistiques mondiales reposent sur la synchronisation. Les marchandises circulent de manière séquentielle et selon des fenêtres temporelles définies. Cette prévisibilité s’érode désormais. Une hausse des taux de fret peut être absorbée ; une expédition qui arrive avec des semaines de retard, et sans certitude, ne le peut pas.

–Thomas Ashcroft

Le commerce du pétrole et du gaz est pratiquement à l’arrêt dans les pays entourant le détroit d’Ormuz, dans le golfe Persique. De plus, les installations d’exportation de gaz naturel du Qatar ayant été touchées, les prévisionnistes du secteur énergétique doivent revoir leurs scénarios.

Le marché mondial du GNL devait entrer dans une phase d’excédent notable en 2026, avec un surplus de deux millions de tonnes pour une offre totale de 475 millions de tonnes (Mt) cette année, puis un excédent de 30 Mt pour une offre de 585 Mt en 2029.

À quel point les exportations de GNL du Qatar sont-elles touchées ?

  • Une perturbation de l’approvisionnement qatari — le deuxième exportateur mondial de GNL — éliminerait entièrement le surplus prévu pendant environ trois ans, entraînant plutôt un déficit d’environ 30 Mt en 2026, et seulement un excédent de 8 Mt en 2029. Bien entendu, cela suppose l’absence de destruction de la demande, ce qui reste à confirmer.

  • D’après les échanges en cours, l’offre ajustée de GNL du Qatar pour cette année se situerait probablement  50 et 55 Mt, soit une perturbation d’environ 30 Mtpa par rapport aux quelque 83 Mtpa de production de l’an dernier. Il ne s’agit pas d’un écart marginal — c’est une baisse presque deux fois supérieure à la capacité totale actuelle d’exportation de GNL du Canada.

  • L’expansion du North Field du Qatar, qui soutient la croissance de l’offre mondiale jusqu’en 2030, pourrait être retardée avec une montée en puissance plus lente. Le marché anticipait ces volumes, mais réévalue désormais un déficit à court et moyen terme.

    Production de gaz naturel du vaste champ North Field du Qatar.

Un choc en deux temps

  • Un déficit d’approvisionnement à court terme, alors que des capacités existantes au Qatar sont mises hors service, suivi d’un retard à moyen terme des trains d’expansion qui devaient rééquilibrer le marché. 

  • La situation dans le détroit d’Ormuz vient aggraver le tableau. Avec un flux de pétroliers pratiquement à l’arrêt, la perturbation ne se limite pas à la production : même les volumes non touchés ne peuvent plus transiter par le détroit. 

  • LNG Canada monte en puissance. Huit navires ont quitté la Colombie-Britannique au cours des 17 premiers jours de mars, contre quatre pour l’ensemble du mois de décembre, ce qui indique que les acheteurs du bassin du Pacifique réorientent déjà leurs approvisionnements hors du Golfe. Des rapports indiquent également que des cargaisons américaines de GNL sont acheminées vers l’Asie par le canal de Panama.

  • En résumé : l’excédent de GNL anticipé — largement censé faire baisser les prix et améliorer l’accessibilité — est probablement écarté au moins jusqu’en 2028.

Pour plus d’information : Choc énergétique : huit graphiques pour expliquer les retombées mondiales de la crise du pétrole et du gaz.

–Shaz Merwat

Négocier des échanges commerciaux avec le président Donald Trump s’apparente à un jeu de « tape-taupe » : les irritants surgissent sans cesse, de manière agressive. Et si l’on réagit trop tard, le problème réapparaît et frappe encore plus fort. Le lancement, par le représentant américain au commerce, d’une enquête au titre de la section 301 visant le Canada constitue simplement le dernier épisode en date.

Les enquêtes, qui ciblent au total environ 60 partenaires commerciaux, s’inscrivent dans deux volets :

  • D’abord, déterminer si certains pays n’ont pas efficacement interdit ou appliqué les interdictions concernant l’entrée aux États-Unis de biens produits par le travail forcé (ce qui est au cœur de l’enquête visant le Canada).

  • Ensuite, évaluer si les subventions accordées par des gouvernements étrangers entraînent une surcapacité qui inonde les marchés et nuit à la production manufacturière américaine dans des secteurs clés.

L’objectif des États-Unis est d’inciter leurs alliés à partager le fardeau lié au renforcement des mesures contre les produits issus du travail forcé provenant notamment de régions comme le Xinjiang — où des minorités sont contraintes de produire des biens —, en plus de s’attaquer à la surcapacité et aux risques plus larges associés aux chaînes logistiques chinoises. Il ne s’agit donc pas seulement d’accusations bilatérales. Pour le Canada, cela enclenche un processus délibérément ciblé :

  • Washington soutient que le régime canadien d’application des règles relatives au travail forcé impose un fardeau injuste au commerce américain en permettant à des biens contaminés d’entrer en Amérique du Nord.

  • Cela déclenche des consultations obligatoires, des audiences publiques et une collecte de preuves avant l’éventuelle imposition de droits de douane.

Quelle est la menace réelle ?

Si le Canada est jugé en défaut dans le cadre de ces enquêtes, des droits de douane pourraient viser des intrants manufacturiers (acier, aluminium, minéraux), des biens de haute technologie (semi-conducteurs, solaire, véhicules électriques), ainsi que des produits comme les fruits de mer, les jouets, les équipements électriques et des biens de consommation courante comme les textiles et le cuir. 

Les données de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) indiquent des progrès modestes depuis l’entrée en vigueur, en 2024, de la Loi sur la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement. Les interceptions d’envois soupçonnés d’être liés au travail forcé — notamment des vêtements, des jouets et des produits électroniques souvent reliés indirectement à la région autonome du Xinjiang en Chine — ont légèrement augmenté, avec environ 50 détentions en 2024 contre presque aucune au cours des trois années précédentes. Cependant, un seul envoi a été confirmé comme contrevenant à l’interdiction au Canada, une fraction des saisies totalisant 1 milliard de dollars américains effectuées par le U.S. Customs and Border Protection pour des liens présumés avec le travail forcé. Le gouvernement canadien a engagé 25,1 millions de dollars sur deux ans à compter de 2025 pour Affaires mondiales Canada et l’ASFC afin de renforcer les enquêtes et l’application de la loi. Néanmoins, Washington remet en question l’efficacité de ces mesures, estimant que leur portée demeure insuffisante pour atteindre ses objectifs stratégiques à l’égard de la Chine.

À quoi faut-il s’attendre maintenant ?

  • La section 301 est un processus. Contrairement à la section 232, elle exige des consultations, la constitution d’un dossier probant et la tenue d’audiences publiques avant toute imposition de droits de douane.

  • Le Canada dispose d’une fenêtre étroite pour influencer le dossier : les soumissions prévues d’ici le 15 avril et les audiences débutant le 28 avril seront déterminantes pour démontrer les progrès en matière d’application et étayer les arguments fondés sur les engagements en matière de travail prévus par l’AEUMC (chapitre 23).

Incidences sur les négociations de l’AEUMC

  • Le calendrier est délibéré. Le processus au titre de la section 301 se déroule en parallèle de l’examen de l’AEUMC, offrant au Bureau du représentant américain au commerce (USTR) un signal précoce quant à l’efficacité des consultations.

  • Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a indiqué cette semaine que le Canada accuse un retard par rapport au Mexique dans le processus d’examen de l’AEUMC. Le rythme canadien est toutefois stratégique, reflétant une allocation réfléchie des risques et des leviers à Ottawa. Mark Carney a constitué son équipe et réparti les rôles en conséquence : l’ambassadeur Mark Wiseman mobilise le Congrès pour contrer des scénarios imprévisibles comme un retrait de l’AEUMC (possible par décret présidentiel, bien que le Congrès conserve ultimement le pouvoir d’abroger la loi).

  • Parallèlement, la négociatrice en chef Janice Charette coordonne les ministères concernés et les lignes rouges pour le premier ministre.

  • Avant les élections de mi-mandat américaines, le Canada doit coopérer sur la question du travail forcé sans concéder des éléments de grande valeur stratégique, comme l’accès aux minéraux critiques. Il s’agit de démontrer des progrès et une volonté d’agir en matière d’application, tout en conservant des atouts stratégiques et en laissant les élections de mi-mandat tester le rapport de force avec Donald Trump, afin de préserver la marge de manœuvre d’Ottawa dans les négociations.

–Thomas Ashcroft

La récente « offre » opportuniste de la Chine à Taïwan — proposant une réunification avec le continent en échange d’une sécurité énergétique — illustre la convergence croissante entre sécurité énergétique, commerce et géopolitique, alors que le conflit au Moyen-Orient bouleverse violemment les systèmes énergétiques mondiaux.

Pourquoi Taïwan a-t-il besoin de sécurité énergétique ?

  • L’île d’Asie de l’Est est le principal producteur mondial de semi-conducteurs. Le gaz naturel et le pétrole — majoritairement importés — représentent 61 % de son approvisionnement énergétique, selon le Statistical Review of World Energy.  Le charbon (33 %), le nucléaire (3 %) et les énergies renouvelables (3 %) composent le reste.

  • Taïwan a lancé des politiques visant à éliminer progressivement l’énergie nucléaire en 2016 et a achevé la fermeture de son dernier réacteur en mai 2025, retirant près de 5 GW de capacité — soit environ 42 % de la capacité nucléaire du Canada — et accentuant sa dépendance aux importations de gaz naturel liquéfié.

  • Environ 42 % des importations de GNL de Taïwan provenaient du Qatar, qui a subi cette semaine une importante attaque de missiles en provenance de l’Iran.

  • Taïwan réévalue désormais sa stratégie nucléaire, avec des études de faisabilité portant sur la remise en service de deux centrales. La société d’État Taipower devrait également soumettre ce mois-ci des plans de redémarrage de réacteurs.

Leçons pour une nouvelle ère énergétique

  • Notre rapport L’avantage atomique : une occasion historique pour le Canada à l’aube d’une nouvelle ère nucléaire a mis en évidence le rôle central de la sécurité énergétique dans la relance du nucléaire à l’échelle mondiale.

  • De nombreux pays européens et asiatiques diversifient à la fois leurs fournisseurs d’énergie et leurs sources de production afin de composer avec l’instabilité géopolitique qui perturbe les marchés énergétiques mondiaux.

  • À mesure que les pays cherchent à diversifier leurs approvisionnements et leurs sources d’énergie, le Canada est bien positionné pour soutenir ces objectifs. La technologie des réacteurs CANDU du Canada — incluant des réacteurs de moins d’un gigawatt adaptés aux réseaux de plus petite taille —, ainsi que l’expertise croissante du pays en matière de petits réacteurs modulaires, en font un partenaire tout désigné pour les pays souhaitant réduire leur dépendance aux combustibles fossiles sans recourir à des technologies chinoises ou russes.

–Vivan Sorab

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  • Le Canada est l’un des six pays à disposer d’un éventail de technologies nucléaires conçues sur son territoire et exportables. Cet atout stratégique confère au Canada une position idéale pour façonner la sécurité énergétique mondiale et forger des alliances à long terme.

  • Le Canada peut tirer parti de l’ambition nucléaire croissante à l’échelle mondiale. Les États-Unis ont pour ambition de quadrupler leur capacité nucléaire, et plus de 30 autres pays se sont engagés à tripler la leur d’ici 2050.Le Canada peut offrir une valeur éprouvée tout au long de la chaîne d’approvisionnement nucléaire pour aider à répondre aux besoins d’un marché mondial en pleine expansion.

  • L’uranium est la vulnérabilité structurelle des États-Unis, et l’avantage du Canada. Les réacteurs nucléaires américains ont besoin de 25 355 tonnes d’uranium par an, mais ne comblent que 8 % de ce besoin au pays. Le Canada, qui possède les troisièmes plus importantes ressources en uranium au monde et qui augmente sa production, s’impose comme un pilier des chaînes d’approvisionnement de combustibles nucléaires en Amérique du Nord grâce à la grande qualité de ses gisements, à la fiabilité de sa production et à sa stabilité géopolitique.

  • La chaîne d’approvisionnement nucléaire du Canada est prête à s’étendre, mais se trouve à un point d’inflexion stratégique. Les projets de remise à neuf des installations nucléaires de l’Ontario ont permis de préserver des capacités de fabrication et d’ingénierie à rentabilité élevée, et ont démontré que les projets nucléaires d’envergure pouvaient être achevés avant l’échéance et à un coût inférieur au budget. Toutefois, la compétitivité future dépend d’une clarté suffisante des politiques, d’un pipeline de projets bien fourni et de la réussite de la construction de nouvelles centrales nucléaires, nécessaires pour justifier des investissements et une expansion soutenus.

  • Le Canada est confronté à trois scénarios nucléaires plausibles et non mutuellement exclusifs. Le Canada peut axer sa stratégie sur : 1) la sécurité de l’approvisionnement en uranium et en combustible ; 2) le leadership technologique grâce aux réacteurs à eau lourde sous pression et aux petits réacteurs modulaires à eau légère ; ou 3) l’intégration plus étroite au développement de l’infrastructure nucléaire nord-américaine.

  • Le Canada doit agir rapidement pour réaliser son ambition nucléaire. Alors que l’intérêt mondial pour l’énergie nucléaire connaît un essor fulgurant, les concurrents dans le secteur du nucléaire civil associent technologie, financement, diplomatie et partenariats à long terme. Le Canada dispose d’une marge de manœuvre de plus en plus réduite pour transformer ses intentions en influence durable. Cela pourrait représenter une occasion d’exportation de plusieurs milliards de dollars. En effet, selon un scénario de l’Agence internationale de l’énergie, les investissements dans le domaine nucléaire doivent presque doubler pour atteindre 120 milliards de dollars américains par an d’ici 2030 afin de doubler la capacité nucléaire.

Après une période de stagnation dans le monde occidental, l’énergie nucléaire fait son retour – une résurgence mondiale alimentée par la demande croissante d’énergie liée à l’intelligence artificielle, les préoccupations en matière de sécurité énergétique et l’évolution des politiques industrielles.

Le secteur de la technologie, confronté à une augmentation imminente de la demande d’énergie en raison des centres de données de l’IA, est un facteur clé de la renaissance nucléaire. Des entreprises comme Google, Microsoft, Meta et Amazon ont signé des ententes avec des producteurs d’énergie nucléaire conventionnelle et des sociétés de technologie nucléaire de pointe. Google a signé une convention d’achat d’énergie de 25 ans avec NextEra Energy en vue de la remise en service du Duane Arnold Energy Centre dans l’Iowa, une centrale de 610 MW à l’arrêt depuis 20201. L’entreprise a également apporté un capital de démarrage à Elementl Power pour le développement de trois sites nucléaires de pointe aux États-Unis2, et s’est associée à l’entreprise Kairos Power, spécialisée dans les petits réacteurs modulaires, et à la Tennessee Valley Authority dans le cadre d’un projet de développement3. Amazon a investi plus d’un milliard de dollars américains dans des projets et des technologies nucléaires4, notamment en prenant une participation dans X-Energy, une société de conception de petits réacteurs modulaires de pointe5. Enfin, Meta, qui cherchait à s’assurer un approvisionnement fiable en électricité à long terme pour nourrir ses ambitions en matière d’IA, a signé des ententes de 20 ans pour acheter de l’énergie auprès de trois centrales nucléaires américaines. Elle s’est également engagée à développer des petits réacteurs modulaires avec deux entreprises. Selon Meta, ces ententes lui permettront de disposer de 6,6 gigawatts d’énergie d’ici 20356.

Au-delà des besoins croissants d’énergie liés à l’intelligence artificielle, les préoccupations en matière de sécurité énergétique, particulièrement en Europe, remettent en cause les plans de sortie du nucléaire en faveur de l’élaboration de nouvelles stratégies dans ce domaine. L’Italie a récemment commencé à envisager la réintroduction de l’énergie nucléaire dans son bouquet énergétique, près de quarante ans après la fermeture de sa dernière centrale7. Le Danemark envisage activement le recours à l’énergie nucléaire8, et la Norvège a lancé des analyses d’impact en vue de l’installation d’un éventuel petit réacteur modulaire9. La Commission européenne élabore également une stratégie visant le déploiement de petits réacteurs modulaires d’ici les années 203010.

Planification et construction de réacteurs nucléaires: le retard de l’Occident

La résurgence du nucléaire en Occident se heurte toutefois à d’importants défis. Les projets de construction de réacteurs dans plusieurs pays occidentaux ont notamment été marqués par des dépassements de coûts et de délais qui ont accru les risques de non-achèvement et freiné le financement. Vogtle 3 et 4 en Géorgie, les premiers projets de nouveaux réacteurs aux États-Unis depuis des décennies, ont été finalisés en 2014 pour un coût estimé à 36,8 milliards de dollars, alors que le coût initial était estimé à 14 milliards de dollars11. Le projet de Flamanville 3, en France, a été relié au réseau en décembre 2024, avec un retard de douze ans et un coût de 13,2 milliards d’euros, soit quatre fois l’estimation initiale12. Le projet britannique Hinckley Point C est toujours en construction et devrait désormais coûter 49 milliards de livres, soit près du triple de l’estimation de 18 milliards de livres quand la construction a débuté en 2017, la première unité ne devant pas être mise en service avant 203013. Aux États-Unis, le projet V.C. Summer en Caroline du Sud a été abandonné en 2017 en raison des retards et des dépassements de coûts14.   

Mais avec le regain d’intérêt pour le nucléaire, la capacité mondiale pourrait augmenter de 75 % pour atteindre environ 730 GW d’ici 2050 si les politiques actuelles sont maintenues, selon l’Agence internationale de l’énergie.15 

Les États-Unis, pour leur part, visent à quadrupler ce qui constitue déjà le plus grand parc de réacteurs nucléaires au monde d’ici 2050 (contre un objectif initial de tripler la capacité), à renforcer leur chaîne d’approvisionnement et à moderniser l’approvisionnement en combustible nucléaire. Ils progressent rapidement dans le domaine de la technologie nucléaire de nouvelle génération, en consacrant environ 5 milliards de dollars de fonds fédéraux à la recherche, à la démonstration et au déploiement précoce de petits réacteurs modulaires et avancés par le biais de programmes du département de l’Énergie des États-Unis.

La Chine développe quant à elle une capacité additionnelle de 38,5 GW16, tandis que la Russie tire parti de l’énergie nucléaire pour atteindre ses objectifs en matière de politique arctique, industrielle et étrangère, en étendant son modèle d’exportation de réacteurs soutenu par l’État.

Fort d’importantes réserves d’uranium et d’une grande expertise en technologie nucléaire, le Canada est l’un des six pays à disposer d’un éventail de technologies nucléaires conçues sur son territoire et exportables. Il lance par ailleurs un nouveau programme de construction nucléaire qui pourrait devenir l’un des plus importants de l’Occident si l’ensemble des projets se déroulent comme prévu. La construction du premier petit réacteur modulaire du G7 a débuté sur le site nucléaire de Darlington, à Clarington, en Ontario. En outre, plusieurs réacteurs ont été remis à neuf avant l’échéance et à un coût inférieur au budget, allant à l’encontre de la tendance au dépassement des coûts des projets nucléaires dans d’autres pays occidentaux.

En d’autres termes, le Canada a l’occasion de jouer un rôle clé dans la résurgence de l’énergie nucléaire en assurant l’approvisionnement mondial en uranium et en combustible, en jouant un rôle de premier plan dans l’exportation de technologies et de services nucléaires vers ses alliés, en développant les chaînes d’approvisionnement nucléaires nord-américaines et en renforçant les exportations nucléaires mondiales.

Pour analyser ces trois scénarios, Leadership avisé RBC s’est entretenu avec des experts en énergie nucléaire au Canada et aux États-Unis et a estimé les besoins en combustible nucléaire pour les parcs de réacteurs en expansion des deux pays.

L’objectif

À mesure que les réacteurs redémarrent à l’échelle mondiale, la stabilité de l’exploitation minière de l’uranium et des services liés au combustible nucléaire (conversion, enrichissement, fabrication) devient de plus en plus cruciale pour la sécurité énergétique. Les gisements d’uranium de classe mondiale du Canada et son expertise en matière de conversion d’uranium constituent le pilier de la sécurité de l’approvisionnement du combustible nucléaire de ses alliés en Amérique du Nord et à l’étranger, et permettent de se prémunir contre l’insécurité énergétique et les risques de nationalisation des ressources.

La demande mondiale d’uranium devrait fortement augmenter

Tirer parti de l’avantage canadien

Les réacteurs prévus et en construction augmenteront les besoins mondiaux d’uranium à mesure qu’ils entreront en service, ce qui nécessitera l’ouverture de nouvelles mines, car la qualité des ressources existantes diminuera et l’approvisionnement en uranium secondaire deviendra plus limité.

Le Canada possède les troisièmes plus importantes ressources en uranium au monde après l’Australie et le Kazakhstan,17 et joue déjà un rôle clé dans les chaînes d’approvisionnement en combustible nucléaire grâce à la haute qualité de ses gisements, à la fiabilité de sa production, à sa stabilité géopolitique et à son expertise en matière de fabrication de combustibles.

L’expansion continue des projets existants et l’ouverture de nouvelles mines en Saskatchewan renforceront la position du Canada en tant que pilier essentiel de la sécurité énergétique pour ses alliés en Amérique du Nord et dans le monde. En misant sur ses atouts dans le domaine de la conversion d’uranium (le Canada détient 18 % de la capacité mondiale de conversion d’uranium),18 le Canada peut renforcer la stabilité de l’approvisionnement en combustible du parc nucléaire en expansion en Amérique du Nord et à l’étranger.

Les voies vers la réussite

Le parc de réacteurs nucléaires américain présente déjà des faiblesses majeures en matière de sécurité énergétique, 20 % de son uranium enrichi provenant de la Russie en 2024.19 Les États-Unis ont cherché à réduire cette dépendance en proposant des investissements dans le retraitement du combustible épuisé et en instaurant, sous l’administration précédente, une interdiction d’importer de l’uranium enrichi provenant de la Russie (la Russie contrôle 40 % de la capacité mondiale d’enrichissement)20. Cependant, même avec une expansion potentielle des infrastructures d’enrichissement, les États-Unis resteront dépendants des importations d’uranium, la production nationale ne représentant actuellement qu’une fraction des besoins annuels des réacteurs. En 2024, les opérateurs de réacteurs américains ont acheté 25 355 tonnes d’uranium, dont seulement 8 % provenaient du marché intérieur, le Canada constituant la principale source d’approvisionnement des États-Unis avec 36 % du total21 La poursuite du partenariat entre les États-Unis et le Canada en matière d’uranium sera essentielle pour la sécurité de l’approvisionnement en combustible nucléaire des États-Unis.

L’objectif

En tirant parti de son expertise technologique et en développant son programme nucléaire national de grande envergure, parallèlement à une expertise croissante dans le déploiement de petits réacteurs modulaires, le Canada renforcerait sa sécurité énergétique et économique à l’échelle nationale. Cela lui permettrait également de disposer d’un éventail unique de technologies de réacteurs, de services d’ingénierie et d’exploitation, ainsi que d’un soutien réglementaire pour les territoires nouvellement ou déjà dotés de centrales nucléaires.

Tirer parti de l’avantage canadien

L’expérience du Canada en matière de conception, de construction et d’exploitation du réacteur à eau lourde sous pression CANDU, avec un parc de 17 réacteurs en Ontario et au Nouveau-Brunswick et 12 unités exportées à l’international depuis les années 197022, constitue un atout majeur. Alimentés à l’uranium naturel, les réacteurs canadiens ne dépendent pas de combustibles à uranium enrichi, ce qui leur permet de ne pas être tributaires d’un groupe restreint de fournisseurs d’uranium enrichi – un atout de plus en plus précieux à l’heure où l’indépendance énergétique gagne du terrain à l’échelle mondiale. Des conceptions modernes à l’échelle du gigawatt et des versions modernisées des réacteurs existants pourraient élargir l’éventail de réacteurs du Canada, sous réserve d’obtenir les autorisations nécessaires et de faire leurs preuves sur le marché canadien. Parallèlement, la construction et l’exploitation réussies de petits réacteurs modulaires à eau légère à l’échelle du réseau en Ontario consoliderait la position du Canada en tant que pionnier et exploitant de cette technologie, permettant ainsi aux fournisseurs et aux opérateurs de commercialiser leur expertise en matière de construction, d’exploitation et de réglementation dans de nouveaux marchés.

Grâce à ces capacités combinées, le Canada pourrait devenir l’un des rares pays à disposer d’une expertise et d’une capacité d’exportation crédibles couvrant un éventail de technologies, des grands réacteurs nucléaires aux petits réacteurs modulaires.

Une telle stratégie en matière d’énergie nucléaire pourrait aussi donner de l’élan à plus de 200 fabricants nationaux qui soutiennent le programme du Canada. Le déploiement des réacteurs à eau lourde sous pression et des petits réacteurs modulaires à l’étranger pourrait permettre au Canada de créer de la valeur tout au long du cycle de vie des réacteurs, de l’approvisionnement en uranium et en combustible, au soutien réglementaire et à la construction et l’exploitation des réacteurs, en passant par la remise à neuf et le déclassement, et ce, même en délocalisant partiellement la chaîne d’approvisionnement dans les pays partenaires.

Les voies vers la réussite

L’expérience acquise lors des premiers projets de petits réacteurs modulaires permettra au secteur nucléaire canadien, ainsi qu’à ses partenaires de la chaîne d’approvisionnement, de la construction et de l’ingénierie, de consolider le déploiement à l’échelle mondiale. La Pologne,23 la Hongrie24 et la Bulgarie25 pourraient représenter à elles seules un pipeline de 40 petits réacteurs modulaires, offrant ainsi au Canada un marché initial crucial dès les années 2030. Le déploiement national de grands réacteurs, quant à lui, ouvrira la voie aux exportations internationales plus tard dans la décennie. Pour y parvenir, le Canada devra mener à bien la mise en œuvre et l’exploitation de ses installations locales, en s’appuyant sur le développement de sa chaîne d’approvisionnement et de sa base de production nucléaire au-delà de ses capacités actuelles en matière de remise à neuf. Il faudra combler les principales lacunes en matière de production, comme les caissons de réacteurs et la production d’eau lourde pour les nouveaux réacteurs. Le Canada devra aussi étoffer son bassin de talents pour se préparer à la construction de réacteurs tout en préservant son expertise existante, les déploiements mondiaux créant une concurrence pour les talents.

L’objectif

Une intégration plus étroite au sein de la chaîne d’approvisionnement des États-Unis (y compris la fabrication, la construction et le déploiement des composants des réacteurs) permettrait au Canada d’accéder à un pipeline d’exportation bien établi pour les grands réacteurs nucléaires à eau légère. Si le Canada parvient à mener des négociations commerciales fructueuses et à mettre en place un transfert transfrontalier de propriété intellectuelle, il pourrait partiellement délocaliser les chaînes d’approvisionnement pour les composants de grands réacteurs d’origine américaine, ce qui lui permettrait de soutenir ses propres programmes de construction au pays et de contribuer à la construction de réacteurs à l’étranger.

Tirer parti de l’avantage canadien

La coopération entre les États-Unis et le Canada pour le nucléaire civil s’appuie sur plusieurs décennies de collaboration technologique et d’échange d’expertise. Bien que le Canada et les États-Unis exploitent aujourd’hui des technologies de réacteurs nucléaires différentes et disposent de procédures de réglementation nucléaire distinctes, les deux pays ont officiellement collaboré à l’élaboration de plusieurs technologies de pointe, comme les combustibles pour les petits réacteurs modulaires de nouvelle génération et les petits réacteurs modulaires à eau légère, dans le cadre d’un travail technique conjoint entre les organismes de réglementation de chaque pays.26

Le Canada, dont le parc nucléaire repose depuis toujours sur une seule technologie, pourrait élargir son parc de grands réacteurs nucléaires pour y inclure des modèles d’origine américaine, tels que l’AP-1000, qui est déjà exploité depuis plus d’une décennie aux États-Unis et en Chine. Cela pourrait réduire les risques liés à la construction de réacteurs de l’ordre du gigawatt au Canada en tirant parti des enseignements des projets de construction antérieurs aux États-Unis et en Chine. Cela permettrait également de développer la chaîne d’approvisionnement nucléaire canadienne et d’accéder de manière sélective à un pipeline d’exportation mondial. À l’heure actuelle, des contrats pour 20 réacteurs AP-1000 ont été conclus dans des marchés comme la Pologne, la Hongrie, l’Ukraine et l’Inde,27 et des fabricants canadiens ont signé des protocoles d’entente pour la fourniture potentielle de composants, tels que de la robinetterie et des équipements de régulation de débit,28 ainsi que des générateurs de vapeur, des caissons à pression et des échangeurs de chaleur.29

Des fabricants canadiens ont déjà fourni des composants, notamment de la robinetterie30 et des services de fabrication de modules de réacteurs31 pour des projets nucléaires américains, tels que les réacteurs Vogtle 3 et 4 en Géorgie. Les chaînes d’approvisionnement nucléaires américaines, largement inactives jusqu’à l’arrivée des projets Vogtle, n’ont pas la capacité requise pour porter la construction de réacteurs aux niveaux envisagés par le gouvernement américain32 Si des projets de construction voient le jour, cela pourrait donc créer des occasions pour les fabricants canadiens. La chaîne d’approvisionnement nucléaire canadienne compte déjà plus d’une vingtaine d’entreprises détenant des certifications délivrées par l’American Society of Mechanical Engineers, couvrant les composants de base, les systèmes de sûreté et les systèmes de décharge33 ce qui témoigne de l’existence d’une base industrielle établie et agréée en mesure de soutenir le déploiement de réacteurs à grande échelle.

Les voies vers la réussite

Pour parvenir à s’intégrer plus étroitement à la chaîne d’approvisionnement nord-américaine, le Canada devra consolider et accroître les occasions de fabrication et d’exportation sur son territoire à mesure que les États-Unis développent leur base industrielle nucléaire. Washington considère de plus en plus l’énergie nucléaire comme un secteur économique stratégique, la politique industrielle jouant un rôle accru au même titre que les considérations commerciales. Les récents accords conclus entre le gouvernement fédéral américain et les partenaires du secteur nucléaire reflètent cette orientation et positionnent le déploiement de réacteurs comme un vecteur de renouveau industriel aux États-Unis. L’évolution des dynamiques commerciales existantes entre les États-Unis et le Canada, comme les droits de douane sur les composants fabriqués au Canada, ainsi que les négociations commerciales, détermineront la mesure dans laquelle le Canada pourra délocaliser sa production et accroître ses exportations actuelles vers les États-Unis.

  • Il y a 80 ans, le Canada est devenu le deuxième pays après les États-Unis à réaliser une fission nucléaire durable grâce à la pile expérimentale d’énergie zéro (ZEEP – Zero Energy Experimental Pile) aux laboratoires Chak River, en Ontario.34

  • La technologie canadienne de réacteurs nucléaires à eau lourde sous pression, le CANDU, fournit 15 % de l’électricité du pays grâce à 16 réacteurs en Ontario et un réacteur au Nouveau-Brunswick.35

  • Le secteur nucléaire canadien emploie environ 89 000 personnes,36 et est un important producteur d’isotopes médicaux, comme le cobalt 60, produit par les réacteurs et utilisé dans le traitement du cancer et la stérilisation médicale.

  • Le Canada est un chef de file en matière de technologies nucléaires de nouvelle génération : il a élaboré la première feuille de route du projet pilote de petits réacteurs modulaires au monde en 2018 et travaille actuellement à la construction du premier petit réacteur modulaire du G7 près de Toronto, un projet qui fournira à terme 300 MW de capacité, soit assez pour alimenter 300 000 foyers en électricité fiable et sans émissions.

  • Le Canada progresse rapidement dans la mise en œuvre de son dépôt en formations géologiques profondes, l’aboutissement de nombreuses années de consultation avec les parties prenantes et les Autochtones. Ce projet en est désormais à la phase d’évaluation environnementale, un pas de plus vers une solution unique pour la gestion responsable et à long terme du combustible nucléaire épuisé.

Pour développer son secteur nucléaire, le Canada doit renforcer et perfectionner plusieurs aspects de la chaîne d’approvisionnement :

  • Établir une stratégie nucléaire globale axée sur la sécurité énergétique et économique et sur une approche de déploiement par parc de réacteurs, une stratégie pancanadienne globale, en coordination avec l’Ontario et d’autres provinces, l’industrie et les universités, peut renforcer la confiance nécessaire aux investissements dans la chaîne d’approvisionnement, au développement de la main-d’œuvre, à la coopération interprovinciale et aux partenariats internationaux. Cette stratégie pourrait intégrer des objectifs de déploiement, des calendriers de construction pour les grands projets et une vision claire des technologies à adopter dans le but d’assurer la sécurité énergétique et économique future.

  • Mettre en place une infrastructure diplomatique et de financement concurrentielle pour les exportations nucléaires. La création d’une facilité de financement dédiée aux exportations nucléaires, soutenant un éventail de réacteurs multi-technologies incluant les petits réacteurs modulaires, pourrait rehausser la compétitivité du Canada en tant qu’exportateur de réacteurs nucléaires, de composants et d’expertise. Celle-ci pourrait être associée à une infrastructure diplomatique renforcée, avec des délégués commerciaux spécialisés dans le nucléaire et l’intégration de la coopération nucléaire civile dans les stratégies de politique étrangère du Canada.

  • Constituer et maintenir une main-d’œuvre qualifiée dans le secteur nucléaire. La planification du perfectionnement des aptitudes, y compris l’expansion des programmes d’apprentissage, l’accélération des procédures d’obtention de visas pour les spécialistes du nucléaire, des partenariats avec les universités et des centres de formation liés aux calendriers de déploiement, pourraient faciliter le déploiement du nucléaire à grande échelle.

  • Combler les lacunes critiques de la chaîne d’approvisionnement et soutenir l’expansion. Le Canada devra accroître la production d’eau lourde et combler les lacunes dans la fabrication de calandres et l’approvisionnement en zirconium pour les gaines de combustible, tout en aidant les fournisseurs locaux à demeurer concurrentiels face aux fabricants d’autres pays où le nucléaire civil est développé, comme la Chine. La chaîne d’approvisionnement nucléaire peut offrir une voie de diversification aux fabricants d’autres secteurs (p. ex., automobile), mais elle pourrait aussi bénéficier d’un soutien ciblé pour obtenir des certifications de production de composants nucléaires, coûteuses et chronophages, délivrées par des organisations professionnelles comme l’Association canadienne de normalisation et l’American Society of Mechanical Engineers.

  • Protéger la chaîne de valeur de l’uranium et renforcer la sécurité en matière de combustible. L’augmentation des capacités d’exploitation minière, l’expansion des infrastructures de conversion pour offrir davantage de services à valeur ajoutée tout au long du cycle du combustible nucléaire, ainsi que l’évaluation des besoins en matière de combustible avancé et l’expansion potentielle des capacités du Canada en matière de combustible dans des secteurs comme la fabrication et l’enrichissement permettront au Canada et à ses alliés de se préparer à un avenir énergétique sûr, quelle que soit la technologie utilisée.

Télécharger le rapport

Leadership avisé RBC tient à remercier les personnes et les organisations suivantes d’avoir partagé leur expertise.

AtkinsRéalis

Énergie atomique du Canada limitée

BWXT Canada

Cameco Corporation

Commission canadienne de sûreté nucléaire

Conexus Nuclear Inc.

David Paterson

Laurentis Energy Partners

Michelle Leslie

Milt Caplan, MZ Consulting

Norm Sawyer, ION Nuclear Consulting

Ontario Power Generation

RBC Marché des Capitaux

SMR Forum

The Breakthrough Institute

Canadian Association of Small Modular Reactors

Association nucléaire canadienne

Organization of Canadian Nuclear Industries

World Nuclear Association

Westinghouse Canada

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Cet article s’ajoute à l’épisode « Les innovateurs » qui porte sur la technologie sportive : La technologie remporte l’or : comment le Canada peut rebâtir son bassin olympique.

Le 1er novembre 1959, trois minutes après le début d’un match au Madison Square Garden, un tir d’Andy Bathgate, attaquant des Rangers de New York, a fracturé le nez de Jacques Plante. Le gardien des Canadiens de Montréal a quitté la glace, a reçu plusieurs points de suture et est revenu en portant un masque en fibre de verre qu’il avait lui-même moulé. Montréal a gagné 3-1 et a ensuite enchaîné une série de 18 matchs sans défaite. Dès lors, Plante refusa de jouer sans masque. En l’espace d’une décennie, tous les gardiens de but de la ligue avaient emboîté le pas. Plante ne cherchait pas à perturber quoi que ce soit. Il avait simplement décidé que le fait d’arrêter une rondelle gelée avec son visage était un problème qui valait la peine d’être résolu. Depuis, faire preuve d’initiative – cerner un problème, mettre au point une solution et laisser les résultats parler d’eux-mêmes – fait partie du sport canadien.

Évalué à environ 19 milliards de dollars américains en 2024, le marché mondial de la technologie sportive enregistre une croissance annuelle d’environ 20 %. Le Canada détient une part de marché de 450 millions de dollars américains, soit un peu plus de 3 %, et son taux de croissance annuel est de près de 19 %, ce qui le place parmi les marchés nationaux les plus dynamiques. Pourtant, en matière de financement, le Canada considère le sport et les technologies sportives comme une dépense discrétionnaire. Comme le soulignait David Shoemaker, directeur général du Comité olympique canadien, dans un récent épisode de la série Les innovateurs, les pays comparables « investissent cinq, six, voire dix fois plus que [le Canada] au niveau fédéral ». À elle seule, l’Allemagne investit « environ un milliard de dollars par année dans le sport ».

Le laboratoire Future of Sport de l’Université métropolitaine de Toronto, lancé avec Maple Leaf Sports & Entertainment (MLSE) en 2015, est l’un des premiers incubateurs de technologie sportive d’Amérique du Nord et a contribué au lancement d’entreprises qui ont collectivement amassé plus de 100 millions de dollars.

Parmi celles-ci figure la société montréalaise Sportlogiq, cofondée par Craig Buntin, ancien patineur artistique olympique, qui a mis au point une technologie d’analyse sportive alimentée par l’IA, maintenant utilisée par presque toutes les équipes de la LNH. On peut également parler de Rapsodo et de 3Motion AI, qui mettent des outils d’entrainement biomécanique entre les mains des athlètes évoluant dans des clubs et des entraîneurs locaux. Ces outils sont maintenant accessibles à partir d’un appareil portatif ou d’une application pour téléphone intelligent.

Le problème avec le secteur des technologies sportives au Canada n’a jamais été ce qui est développé. C’est plutôt ce qui se passe ensuite. En janvier 2026, Sportlogiq a été acquise par Teamworks, une société établie aux États-Unis. Fondée à Halifax, la société Kinduct, dont la plateforme de gestion des athlètes était utilisée par plus de 550 équipes et organisations dans le monde entier, a été rachetée en 2020 par la société mCube, basée dans la Silicon Valley, dans le cadre de ce que son fondateur a qualifié de plus importante cession dans le secteur de la technologie sportive.

Le schéma est bien connu : les fonds publics consacrés à la recherche permettent de lancer l’entreprise, qui fait ses preuves à l’échelle mondiale avant d’être rachetée par des investisseurs étrangers qui fournissent l’infrastructure commerciale dont le Canada ne dispose pas. La même tendance émerge dans le domaine du capital humain. Dans Les innovateurs, Jennifer Heil, cheffe de mission canadienne aux Jeux olympiques d’hiver 2026 de Milan-Cortina et fondatrice d’une jeune entreprise technologique a décrit un « véritable exode des cerveaux » dans le sport de haut niveau, les meilleurs scientifiques et nutritionnistes s’installant aux États-Unis parce que « nous n’avons pas les moyens de les payer à l’heure actuelle ».

Les trois quarts des médaillés canadiens aux Jeux de Milan-Cortina étaient âgés de 30 ans ou plus. Le bassin de talents s’amenuise : chez Patinage de vitesse Canada, l’équipe pour la Coupe du monde est passée de 24 à 16 patineurs. Près de la moitié des familles canadiennes jugent que le sport organisé est trop cher, et les athlètes de niveau national déboursent jusqu’à 25 000 $ pour représenter leur pays.

La technologie sportive peut s’attaquer directement au problème. Lorsque la gymnaste Marion Thénault, 17 ans, a été repérée pour le Camp des recrues RBC, elle n’avait aucune expérience en ski ; en cinq ans, elle a remporté la médaille de bronze olympique. Un processus de repérage des talents assisté par l’intelligence artificielle pourrait permettre de reproduire ce type de découverte à grande échelle, en touchant des communautés que le recrutement traditionnel ne parviendra jamais à atteindre.

M. Shoemaker imagine ce que cela donnerait grâce à l’IA : « Montrez-nous comment vous sautez, courez ou lancez, et nous vous dirons dans quel sport vous devriez vous inscrire à votre club local. » La jeune entreprise de M. Heil, Revel, repose sur l’idée que l’intelligence artificielle peut « démocratiser l’accès » à des connaissances d’élite sur l’entraînement, auparavant réservées aux athlètes olympiques.

Et en veillant à ce que les entreprises qui développent ces outils restent sous contrôle canadien, on s’assure que les retombées (emplois, propriété intellectuelle, revenus générés par les plateformes) restent ici aussi.

Le secteur dispose des entreprises et des infrastructures de recherche nécessaires. Il lui manque toutefois les capitaux nationaux pour permettre aux entreprises de se développer sur le marché intérieur, ainsi qu’une stratégie nationale visant à mettre ces produits à la disposition des jeunes athlètes qui en ont besoin.

Cet écart est visible au sein même du système public : les organismes nationaux de sport n’ont pas vu leur financement de base augmenter depuis 2005 et M. Shoemaker souligne que certains athlètes doivent désormais s’acquitter de frais d’inscription pouvant atteindre 30 000 $. Une stratégie nationale en matière de technologie sportive pourrait considérer les données, les infrastructures et la détection des talents comme des investissements à long terme.

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Les marchés du pétrole et du gaz sont ébranlés par la guerre en Iran qui étouffe la production au Moyen-Orient et a des répercussions dans le monde entier. Face à la rupture des chaînes d’approvisionnement énergétique et à la volatilité des prix, nous examinons les tendances qui caractérisent cette nouvelle ère d’insécurité énergétique mondiale.

  • Cette voie navigable de 54 kilomètres est le lieu de passage de 20 millions de barils par jour (bpj), soit 20 % de l’offre mondiale de pétrole. Seul le détroit de Malacca, en Asie du Sud-Est, voit circuler plus de pétrole brut.

  • Près de 93 % des exportations de GNL du Qatar transitent par le détroit, ce qui représente 19 % du commerce mondial de GNL.

  • Les autres routes d’exportation du Moyen-Orient ont une capacité limitée de 3,5 à 5,5 millions de bpj.

Détroit d’Ormuz : l’autoroute mondiale de l’énergie
  • Le Japon a été le premier pays à annoncer le déblocage de pétrole de ses réserves, dans le cadre de l’action coordonnée de l’Agence internationale de l’énergie, injectant 80 millions de barils sur le marché.

  • Les États-Unis permettent à l’Inde d’acheter du pétrole russe, à titre provisoire, tandis que New Delhi s’efforce de trouver des substituts aux 2,5 à 2,7 millions de barils par jour que le pays importe de l’Irak, des Émirats arabes unis, de l’Arabie Saoudite et du Koweït.

  • Les États-Unis autorisent des exemptions aux sanctions sur le pétrole russe depuis au moins 30 jours, ce qui affaiblit le soutien occidental à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie.

Les marchés asiatiques sont les plus dépendants de l’approvisionnement en pétrole et en gaz du Moyen-Orient.
  • L’indice ayant enregistré la plus forte hausse a été le LNG Japan/Korea Marker (JKM), ce qui met en évidence la dépendance des titres asiatiques à l’égard du détroit.

  • La crise a éliminé la menace de surabondance de l’offre de GNL, alors que l’Europe et l’Asie Asie cherchent désespérément à s’approvisionner.

  • Les prix du pétrole sont demeurés instables, oscillant entre 76 $ US et 119 $ US le baril au cours de la dernière semaine.

Les indices du pétrole et du gaz ont bondi lorsque le conflit du Moyen-Orient s’est embrasé
  • La liquidation des actions coréennes et japonaises reflète non seulement le risque lié à l’énergie, mais aussi le rendement de ces marchés, qui était supérieur à la moyenne en cumul annuel avant la crise.

  • La capacité de la Chine à couvrir l’équivalent de 100 jours d’importation de pétrole, selon les estimations, a protégé son marché boursier d’un recul prononcé.

  • Les marchés américains et canadiens ont été structurellement avantagés par la réaffectation des actions mondiales.

La plupart des marchés boursiers ont subi une liquidation lorsque la guerre a éclaté, mais certains montrent des signes de résilience
  • Bien que l’Amérique du Nord soit un exportateur net de pétrole brut, la structure mondiale des marchés pétroliers n’a pas épargné l’économie américaine

  • Selon un récent sondage du Washington Post/CNN, environ sept électeurs américains sur dix sont « très » ou « assez » préoccupés par une hausse des prix du pétrole et de l’essence à cause de la guerre en Iran.

  • L’augmentation des prix de l’essence serait un évènement significatif pour l’administration américaine, alors qu’elle planifie ses prochaines actions.

La guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a immédiatement touché les portefeuilles des Américains, car les prix à la pompe ont monté en flèche.
  • Au Canada, aux États-Unis et dans l’Union européenne, un assouplissement monétaire était attendu pour le reste de l’année, mais cette anticipation s’est renversée en raison de la crainte d’une montée de l’inflation.

  • Selon Services économiques RBC, un pétrole qui se maintiendrait à 80 $ US pourrait faire grimper l’inflation de 2,2 % à 2,5 % au Canada.

  • De même, les États-Unis connaîtraient une augmentation de 2,7 % à 3,1 % si le prix se stabilisait à 80 $ US le baril.

Les attentes relatives aux taux directeurs dans les pays développés ont radicalement changé en l’espace de quelques semaines
  • À l’extérieur des États-Unis, la Chine est la principale destination des exportations de pétrole du Canada, et ce chiffre pourrait croître au fur et à mesure de l’amélioration des relations avec Beijing.

  • Jusqu’à présent, la Corée du Sud est la principale destination du GNL canadien.

  • À long terme, le Canada pourrait jouer un rôle plus important dans la réduction du risque d’approvisionnement en Asie.

Les sociétés canadiennes de pétrole et de gaz élargissent leurs exportations, mais demeurent centrées sur les États-Unis
  • Selon l’Agence internationale de l’énergie, la production d’environ 8 millions de barils de pétrole brut par jour et de 10 millions de barils de produits liquides par jour au Moyen-Orient est interrompue, tandis que le détroit d’Ormuz est pratiquement au point mort.

  • Même si les membres de l’Agence internationale de l’énergie comptent injecter 400 millions de barils dans les marchés, la trajectoire des prix dépendra probablement de la capacité des États-Unis à assurer la sécurité dans le détroit d’Ormuz.

Prix des contrats à terme sur le brut Brent ($ US) par baril avant et après le conflit

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Également dans ce numéro : Séance de questions et réponses avec l’ancien négociateur en chef du Bureau du représentant américain au commerce pour le secteur agricole

Cette semaine, RBC et Eurasia Group ont tenu une table ronde à Washington, D.C., réunissant des décideurs, des chefs d’entreprise et des experts du commerce dans le cadre de la préparation du sommet Canada–États-Unis que nous co-organiserons en juin à Toronto.

Le ton s’est avéré prudemment optimiste, ce qui a contrasté avec les manchettes alarmistes et l’agitation politique que nous constatons au quotidien. Les principaux acteurs des deux côtés de la frontière continuent de privilégier la préservation et le renforcement de l’une des relations économiques les plus profondément intégrées au monde.

La discussion a porté sur plusieurs thèmes essentiels.

  • La prochaine révision de l’ACEUM a été inscrite dans l’entente signée il y a six ans à titre de tribune pour présenter des griefs, et non pour démanteler le cadre en lui-même. Ce processus ne peut pas mettre fin à des relations commerciales qui font du Canada le principal partenaire commercial de plus de 30 États américains, ce dont le Bureau du représentant américain au commerce est tout à fait conscient.

  • Les droits de douane sur l’aluminium, le bois d’œuvre, l’acier et les automobiles, imposés en vertu de l’article 232 pour des raisons de sécurité nationale, n’entrent pas dans le périmètre de la révision officielle, et il y aura inévitablement des négociations à enjeux élevés à propos d’un statu quo.

  • D’autre part, M. Trump a une moindre disposition et surtout une moindre capacité à réimposer unilatéralement des droits de douane en 2026. Cependant, des initiatives comme le projet Vault montrent son intention d’aligner ses alliés sur les intérêts des États-Unis dans le domaine des minéraux critiques et des technologies de pointe. M. Trump voudra s’assurer que le Canada ne s’écarte pas trop de l’orientation des États-Unis sur ces questions, d’autant plus que l’UE s’emploie à élaborer son propre programme de souveraineté technologique et de réglementation du secteur.

  • Pour sa part, le Canada dispose de précieux atouts : son offre d’éléments de terres rares lourdes aux exceptionnelles propriétés magnétiques à température élevée, et ses capacités de pointe en informatique quantique.

  • Par ailleurs, le rôle de la Chine sur ces deux marchés demeure préoccupant et occupera une place prépondérante dans les négociations. Pour Washington, les priorités sont de réduire les possibilités d’utiliser le Canada comme une porte dérobée pour faire entrer les produits chinois sur le marché américain, et de dissocier sa chaîne d’approvisionnement en minéraux critiques. Ottawa devra naviguer dans ce changement tout en conservant une certaine souplesse économique.

  • L’interdépendance énergétique est une question clé. Le système énergétique intégré entre le Canada et les États-Unis, qui sont reliés par des pipelines et des réseaux, alimente un territoire plus grand que la Russie. Le Canada fournit plus de 60 % des importations américaines de pétrole brut, et les chefs de file du secteur recommandent de ne pas considérer cette relation comme un simple levier de négociation. Étant donné que les deux pays se classent parmi les premiers producteurs d’énergie au monde, il serait logique d’étendre les infrastructures communes et de renforcer la position concurrentielle de l’Amérique du Nord à l’échelle mondiale.

Les dirigeants politiques peuvent débattre des détails, mais le processus d’intégration continue, alimenté par l’habitude, la nécessité et les impératifs économiques.

-Thomas Ashcroft

John Stackhouse, RBC, sur la façon dont les tensions commerciales pourraient renforcer la position du Canada dans un marché intégré :

Les extraordinaires droits de douane mis en place par M. Trump ont préparé les Canadiens à une refonte fondamentale du libre-échange continental, à des conditions moins favorables pour le Canada et le Mexique.

Le Canada s’est ainsi retrouvé sur une voie plus ambivalente, mais stratégique et résolue. Il n’est pas inhabituel que les gouvernements canadiens des deux principaux partis politiques oscillent entre un resserrement de leurs liens avec Washington et de grands discours sur l’autonomie, au fil des décennies. Mais cette fois, les choses sont différentes, du moins en qui concerne un point important : le Canada investit massivement dans sa stratégie industrielle et dans d’autres politiques économiques souveraines.

Au moins trois restructurations majeures sont en cours :

  • Expansion des ports et des infrastructures d’exportation afin d’atteindre des marchés au-delà des États-Unis.

  • Renforcement des capacités nationales de défense, de numérique et de données dans le cadre d’une approche « Acheter au Canada », avec une volonté d’accroître la collaboration avec d’autres partenaires européens et asiatiques.

  • Reconstruction de la capacité industrielle nationale tout en réorientant la fabrication vers des activités concurrentielles à l’échelle mondiale et à plus forte valeur ajoutée.

Cette stratégie, si elle est mise en œuvre, entraînerait non pas un retrait du marché américain, mais plutôt un changement des relations entre le Canada et les États-Unis. Le commerce avec les États-Unis demeurerait important et central, mais moins unilatéral : le Canada augmenterait ses exportations à partir d’une plus grande capacité de production intérieure, dépendrait moins des intrants américains et gagnerait en pouvoir de négociation. Il en résulterait probablement des échanges commerciaux transfrontaliers plus stables et plus diversifiés.

Lire le commentaire complet ici.

Lisa Ashton, notre responsable du secteur de l’agriculture, s’est entretenue avec l’ambassadrice Darci Vetter, ancienne négociatrice en chef du Bureau du représentant américain au commerce pour le secteur agricole, pour analyser les récents changements apportés à la politique américaine en matière de droits de douane et ce à quoi le secteur agricole devrait réfléchir à l’approche la révision de l’ACEUM. (Cette entrevue a été modifiée et condensée.)

Q : Comment l’accent actuellement mis par l’administration Trump sur la réciprocité et les déficits commerciaux pourrait-il influer sur le commerce agricole et alimentaire, où les chaînes logistiques sont souvent complexes et partagées entre plusieurs pays?
R. : Les agriculteurs et les transformateurs d’aliments doivent maintenant tenir compte de multiples facteurs et de l’évolution des droits de douane dans leurs décisions d’approvisionnement. Les droits de douane sur l’acier, l’aluminium, les pièces automobiles, le bois d’œuvre et autres produits qui constituent des intrants essentiels compliquent encore davantage les calculs. 

Par ailleurs, je ne suis pas certaine que le déficit commercial agricole des États-Unis soit un bon indicateur de la santé du secteur agricole américain. Si vous regardez les produits exportés par les États-Unis par rapport aux produits importés, vous comparez littéralement des pommes et des oranges. Même s’il est pertinent d’examiner comment les agriculteurs américains peuvent mieux desservir les marchés locaux et nationaux, sachant qu’aucun pays ne souhaite être trop dépendant des importations d’aliments, les produits agricoles et alimentaires importés permettent aux consommateurs d’avoir accès à une alimentation variée, abordable et saine.

Les dernières prévisions de l’USDA pour le commerce agricole font état d’une réduction de 20 milliards de dollars US du déficit commercial agricole.1 Les prévisions tablent sur une légère hausse des exportations, mais un examen plus attentif montre que la majorité des changements est attribuable à une baisse des prix des importations à valeur élevée, comme le café, le cacao et les spiritueux, plutôt qu’à des changements de politique.

Q : Quels sont les aspects que les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation doivent surveiller dans le cadre de la révision de l’ACEUM ? 
R. : La relation commerciale trilatérale entre le Canada, les États-Unis et le Mexique sur le plan de l’alimentation et de l’agriculture est l’une des plus intégrées au monde. En 2024, les exportations de produits agricoles et de produits de la mer des États-Unis vers le Mexique et le Canada ont totalisé plus de 60 milliards de dollars américains2. Aux États-Unis, un vaste groupe d’associations agricoles a formé une coalition appelée Agricultural Coalition for USMCA, dont l’objectif est de plaider pour le maintien de l’accord et faire valoir son importance cruciale pour le secteur.

Dans les relations de longue date, il y a forcément quelques irritants. À l’occasion de son témoignage devant le Congrès en décembre, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a évoqué plusieurs enjeux pour le secteur agricole, notamment l’accès au marché pour les produits laitiers américains, que le Canada s’est engagé à garantir au titre de l’ACEUM, la question des exportations de certains produits laitiers canadiens, et l’incidence des importations de fruits et légumes mexicains de saison pour les producteurs américains. 

Q : Quels autres aspects de la révision de l’ACEUM pourraient avoir des retombées sur le secteur?
R. : Les États-Unis donneront probablement la priorité à un resserrement des règles d’origine et des exigences de contenu nord-américain pour les automobiles, les pièces automobiles, l’acier et l’aluminium, ce qui aura un impact sur les chaînes logistiques pour ces intrants importants dans la production agricole et la transformation des aliments.

L’un des aspects les plus importants de l’ACEUM était le chapitre sur les mesures sanitaires et phytosanitaires. L’ACEUM a créé d’importantes obligations visant la sécurité des aliments et la santé animale et végétale. Le chapitre sur les mesures sanitaires et phytosanitaires préconise la coordination afin d’assurer une réglementation transparente qui repose sur de solides données scientifiques et de risque et qui permette l’adoption de technologies agricoles clés. Le Comité des mesures sanitaires et phytosanitaires de l’ACEUM constitue une tribune pour coordonner les positions et faire valoir les normes internationales. Bien qu’un changement soit peu probable dans le cadre de la révision, cela illustre clairement les avantages d’une approche régionale à long terme dans les relations commerciales.

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➔ La stratégie du Canada pour le « Davos de l’énergie ».

➔ Ce que les dirigeants canadiens nous ont confié sur leur vision de l’action climatique.

➔ Selon une étude, le secteur pétrolier canadien pourrait mettre en œuvre une tarification industrielle du carbone au coût équivalent à un Timbit par baril.

La transition énergétique — et non la défense — sera le moteur de la demande en minéraux critiques. Selon Shaz Merwat, responsable principal, Énergie, Leadership avisé RBC, l’accent mis sur les véhicules électriques et autres technologies de la transition énergétique sera essentiel pour soutenir les investissements dans le secteur canadien des minéraux critiques. La bonne nouvelle réside dans le fait que les technologies de traitement émergentes — comme le chauffage par joule flash et l’extraction directe du lithium — pourraient modifier la courbe de coût des nouveaux projets de raffinage au Canada. L’avantage du Canada en matière d’électricité propre pourrait également constituer un facteur différenciateur à mesure que les technologies de traitement réduisent suffisamment l’intensité énergétique pour rivaliser avec la Chine.​​​​​​​​​​​​​​ Lisez le rapport Exploiter et transformer de M. Merwat, et Sept points à retenir de la PDAC.

Comment les dirigeants d’entreprises canadiennes abordent-ils les politiques climatiques ? Au cours des dernières semaines, l’équipe Action climatique a mené une tournée d’écoute afin de mesurer l’engagement des dirigeants d’entreprises canadiennes en matière d’action climatique. Voici ce que nous avons constaté : les entreprises canadiennes privilégient ce qui est réalisable. Il ne s’agit pas d’un repli, mais d’une concentration accrue sur ce qui peut être bâti, financé et déployé à grande échelle au cours de la présente décennie. Les capitaux liés à l’action climatique sont abondants. Le défi réside dans leur déploiement. Consultez l’intégralité de notre dossier de synthèse ici.

La création de demande constitue l’impulsion à l’origine de la nouvelle Coalition pour l’élimination anticipée du carbone au Canada. Lancée ce mois-ci, la coalition réunit RBC, Shopify, le gouvernement du Canada ainsi que d’autres investisseurs afin de mobiliser 100 millions de dollars de nouveaux financements destinés à des projets canadiens d’élimination du dioxyde de carbone d’ici 2030. Ces projets couvrent plusieurs secteurs — notamment l’énergie, l’industrie lourde et l’agriculture — et visent à accélérer le déploiement à grande échelle de technologies durables d’élimination du carbone. Parmi celles-ci figurent le captage direct dans l’air, le biochar, la bioénergie avec captage et stockage du carbone, l’altération accélérée des minéraux et les solutions marines d’élimination du dioxyde de carbone. Compte tenu de l’abondance de ses ressources minérales et de sa biomasse, ainsi que de son accès à des sources d’électricité propres pour les procédés de transformation, le Canada dispose d’un avantage concurrentiel dans ces modes d’élimination du carbone.

On espère que le conflit au Moyen-Orient sera de courte durée, mais il affecte déjà la croissance économique et les flux d’énergie, ainsi que les objectifs climatiques, à l’échelle mondiale.

Alors qu’une grande partie de cette région riche en pétrole et en gaz est plongée dans la crise, d’importants importateurs en Europe et en Asie s’efforcent de sécuriser d’autres sources d’approvisionnement en combustibles fossiles. Si l’énergie solaire et l’énergie éolienne sont souvent qualifiées de sources « intermittentes », le pétrole et le gaz font désormais face, eux aussi, à leurs propres incertitudes. Pour les décideurs — qu’ils se trouvent dans des pays riches en ressources énergétiques ou dans des économies qui disposent de peu d’options —, l’enjeu consiste à prendre des décisions urgentes à court terme sans compromettre les objectifs climatiques à long terme.

Voici ce qui est en jeu…

Pour le Canada : des décisions majeures, des enjeux élevés

Superpuissance refuge.Des pays préoccupés se tournent vers le Canada à la recherche d’approvisionnements en pétrole et en gaz politiquement neutres, souligne Tim Hodgson, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. Atout supplémentaire : les hydrocarbures canadiens ne transitent pas par des points névralgiques mondiaux, mais ils se heurtent néanmoins à des obstacles logistiques sur le plan national. Le Canada peut-il accroître son rôle de fournisseur fiable sans compromettre ses objectifs climatiques ?

Les investisseurs commencent déjà à tâter le terrain. La tentation est grande de construire de nouveaux terminaux de GNL sur la côte Ouest et de nouveaux oléoducs, voire de lancer des projets sur la côte Est afin d’approvisionner l’Europe. Terre-Neuve-et-Labrador a récemment conclu une entente avec Equinor et BP p.l.c. afin de jeter les bases de la construction et de la production du projet extracôtier de 14 milliards de dollars de Bay-du-Nord. Le tracé d’oléoduc autrefois connu sous le nom de Keystone XL — désormais appelé Prairie Connector — refait, lui aussi, surface. Ces projets pourraient déclencher une poussée de croissance économique, mais ils entraîneraient presque certainement une hausse des émissions.

Enjeux provinciaux. La Colombie-Britannique et le Québec doivent désormais composer avec la tension entre leurs exigences environnementales strictes et la pression croissante visant à autoriser de nouvelles infrastructures énergétiques sur leur territoire. L’Alberta, pour sa part, devra veiller à ne pas miser de manière excessive sur les investissements dans le pétrole et le gaz dans un contexte de demande énergétique mondiale incertaine.

Pour l’Europe : un réalignement énergétique ?

Dérive continentale. La hausse de 40 % des prix du GNL en Europe à la suite de la frappe contre l’Iran a mis en évidence le peu d’options dont dispose le bloc économique. Alors que le continent demeure marqué par la perte des approvisionnements en gaz acheminés par gazoduc depuis la Russie, le choc actuel au Moyen-Orient a ébranlé le consensus européen en matière de transition verte. La décision récente de l’Italie de suspendre la tarification du carbone — ainsi que le recalibrage discret par l’Allemagne du système d’échange de quotas d’émission en place depuis plus de 20 ans — témoignent d’un virage privilégiant d’abord la sécurité énergétique plutôt que les impératifs climatiques.

Une énergie assortie de conditions. Alors que les exportations de GNL qatari transitant par le détroit d’Ormuz se tarissent, l’Europe fait face à une crise gazière à court terme, l’Italie, la Belgique et la Pologne étant plus exposées que d’autres. Si le GNL américain permet pour l’instant de combler une partie du manque, cette dépendance devient de plus en plus transactionnelle et s’accompagne de conditions politiques qui compliquent l’alliance transatlantique. Confrontée à un embargo complet sur le gaz russe et à une chaîne logistique des technologies renouvelables qui demeure dangereusement concentrée en Chine, l’Europe se retrouve dans une impasse stratégique : revenir au charbon traditionnel, payer la prime américaine, ou accélérer la transition énergétique en s’appuyant sur des chaînes logistiques dominées par la Chine.

Pour l’Asie : un signal d’alarme

Le paradoxe de l’« électro-État » : la sécurité énergétique de la Chine est aujourd’hui définie par une contradiction frappante. Destination d’environ 38 % du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, Pékin a beaucoup à perdre de l’instabilité au Moyen-Orient — une vulnérabilité accentuée par la disparition du brut vénézuélien à la suite de l’éviction du régime de Maduro plus tôt cette année. Si Pékin a récemment publié un prudent 15ᵉ plan quinquennal, abaissant son objectif d’intensité carbone à 17 % afin de privilégier la stabilité industrielle, ce recul apparent masque en réalité un virage plus profond. Comme le souligne Jason Bordoff, directeur du Centre on Global Energy Policy à l’Université Columbia, en absorbant dès aujourd’hui les coûts à court terme liés aux perturbations des combustibles fossiles, la Chine prépare en fait le terrain pour consolider sa domination en tant que premier véritable « électro-État » au monde.

Le dilemme de l’Inde. Même avant la récente déstabilisation au Moyen-Orient, New Delhi avait déjà manifesté un intérêt marqué pour l’énergie canadienne, le haut-commissaire Dinesh Patnaik affirmant que l’Inde était prête à absorber « tout ce que le Canada est en mesure d’offrir ». Bien que l’Inde entretienne des liens de longue date avec les pays du Moyen-Orient, la vulnérabilité du détroit d’Ormuz — par lequel transite près de 15 % de ses importations de pétrole brut — a accéléré un mandat de diversification énergétique déjà bien établi. Pour l’Inde, la crise pourrait ainsi avoir plusieurs effets simultanés : une hausse du recours au charbon, une augmentation des importations de GNL en provenance de pays occidentaux, mais aussi une accélération des efforts visant à développer l’énergie solaire et d’autres sources renouvelables.

Le virage asiatique. Environ 37 % du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz est destiné à la Corée du Sud, au Japon et à d’autres centres régionaux — une dépendance qui impose une révision stratégique radicale. Plutôt que d’attendre que les tensions au Moyen-Orient se calment, la Corée du Sud transforme cette volatilité en catalyseur. Le président du pays a qualifié la crise de « bonne occasion d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables ».

Il reste incertain si les combustibles fossiles ou les énergies renouvelables sortiront gagnants de ce conflit catastrophique. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la course mondiale pour sécuriser les approvisionnements énergétiques s’est intensifiée.

La conférence IHS CERA, qui se tiendra à Houston à partir du 23 mars, verra une présence canadienne bien plus importante que les années précédentes, avec le pavillon Canada House et la participation de Tim Hodgson, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, accompagné de représentants d’Invest in Canada, d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada et d’Affaires mondiales Canada, entre autres.

Le défi pour le Canada consiste à attirer les investissements américains tout en diversifiant ses sources de capitaux afin de préserver sa souveraineté et de réduire sa dépendance au marché américain.

—Quatre thèmes stratégiques pour le Canada lors de l’événement :

  • Veiller sur la sécurité énergétique : Positionner le Canada comme une superpuissance énergétique à la fois propre et conventionnelle, sûre et stable.

  • Being resourceful: Showcase Canada’s leadership in innovation, research and development, and emissions reduction in energy;

  • Soutenir l’équipe Canada : Appuyer les entreprises énergétiques en valorisant les avantages du Canada comme destination privilégiée pour les investissements dans le secteur de l’énergie.

  • Exploiter l’angle de la souveraineté : Souligner la souveraineté énergétique du Canada et sa capacité à répondre à la demande énergétique mondiale croissante grâce à une diversification des marchés.

— Plusieurs provinces canadiennes, entreprises énergétiques et leaders d’opinion contribueront à amplifier ce message, avec notamment la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith prévue à l’une de ces discussions.

— Avec le lancement, cette année, des travaux routiers dans le Cercle de feu riche en minéraux et l’adoption d’une nouvelle Stratégie sur les minéraux critiques, le ministre de l’Énergie et des Mines de l’Ontario, Stephen Lecce, participera à une discussion sur la nouvelle géopolitique des minéraux critiques.

— Canada House proposera une programmation couvrant le pétrole, l’énergie nucléaire, le GNL, l’intelligence artificielle appliquée à l’énergie, l’investissement au Canada et les technologies de réduction du méthane. Le ministre Tim Hodgson participera à certaines séances, y compris « Capital in Motion: Funding an Infrastructure Supercycle ». Une autre séance, animée par Sharleen Gale, présidente de la First Nations Major Projects Coalition, portera sur la livraison de l’énergie canadienne dans les marchés mondiaux.

—D’autres séances aborderont le GNL à faible empreinte carbone du Canada, les réacteurs nucléaires de nouvelle génération, le leadership canadien en matière d’innovation sur le méthane, les technologies propres assistées par intelligence artificielle, ainsi que les avancées et les obstacles dans l’acheminement du pétrole canadien vers les marchés internationaux.

— Le monde est confronté à une pénurie de cuivre. John Stackhouse et Shaz Merwat expliquent quel rôle le Canada peut jouer.

— Le secteur agricole se demande pourquoi les agriculteurs canadiens ne participent pas à grande échelle aux marchés carbone réglementaires pour générer des crédits compensatoires. Lisa Ashton, cheffe intérimaire, a présenté les conclusions d’Action climatique 2026 lors de la Conférence annuelle sur la durabilité de l’agriculture canadienne, et la tarification du carbone a dominé la période de questions.

Dale Beugin et Ross Linden‑Fraser, de l’Institut canadien du climat, expliquent pourquoi la tarification du carbone industriel ne coûtera qu’un Timbit par baril pour le secteur des sables bitumineux au Canada.

— ESG signifie désormais énergie, sécurité et géopolitique, écrit Liam Denning, chroniqueur d’opinion chez Bloomberg.

— Les provinces et territoires canadiens ont signé un accord pour construire l’infrastructure de transmission nécessaire à la prochaine génération de croissance énergétique du pays. Tim Weis, de Pembina, en explique l’importance.

— Ce ne sont pas seulement les derniers droits de douane américains qui ont fragilisé le secteur canadien du bois d’œuvre. Salim Zanana, Services économiques RBC, détaille les milliers de suppressions d’emplois.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Également dans ce numéro : un entretien avec Anita Anand, ministre des Affaires étrangères du Canada, les principaux points à retenir de la PDAC et les répercussions du conflit avec l’Iran sur l’offre et les prix mondiaux du pétrole

Si le commerce et l’investissement sont les deux faces d’une même médaille, le Canada a longtemps privilégié le commerce. La doctrine Carney, une fois formulée, montre une préférence nouvelle pour l’investissement. Sans capital, rien ne se fait.

Lors de sa tournée éclair en Asie cette semaine, marquée par 30 000 kilomètres parcourus, trois pays visités et 5,5 milliards de dollars d’ententes, le premier ministre a indiqué qu’il entendait privilégier le capital. Le message livré à Mumbai, Sydney et Tokyo, trois centres financiers majeurs dans le monde, est que le Canada a besoin de capitaux et qu’il en veut réellement. Peu de protocoles d’entente symboliques ont été signés lors de ce voyage.

Les initiatives de M. Carney dans la région indopacifique étaient axées sur les flux de capitaux, les partenariats industriels et l’intégration des chaînes d’approvisionnement dans des secteurs tels que les minéraux critiques, les semi-conducteurs, l’IA, la fabrication de matériel de défense et la sécurité énergétique. De loin, la tournée ressemblait plus à une présentation sur le capital-investissement qu’à une mission commerciale. Par exemple, IFM, un géant de l’investissement dans les infrastructures détenu par des fonds de pension australiens, a annoncé son intention d’investir jusqu’à 10 milliards de dollars au Canada. Cela est important, car davantage d’infrastructures dans les deux pays faciliteront les échanges commerciaux.

Au Canada, des changements plus subtils ont confirmé la tendance qui fait du capital mondial un préalable au commerce. Le remaniement récent du ministère des Affaires étrangères montre que la politique étrangère s’ancre désormais au sein du bureau du premier ministre. Le premier ministre et son chef de la fonction publique, Michael Sabia, ont également nommé Glenn Purves sous-ministre du Commerce international. M. Purves, fonctionnaire de longue date, avait travaillé sous la direction de M. Sabia avant de rejoindre le secteur privé au début de l’année dernière comme chef de la recherche macroéconomique au BlackRock Investment Institute. 

La nomination d’un spécialiste des marchés des capitaux à la tête du service du commerce extérieur envoie un signal : le capital d’abord. M. Purves dispose maintenant de sa propre infrastructure mondiale, par l’intermédiaire des délégations commerciales, pour veiller à ce que les appels de capital de M. Carney soient satisfaits. Depuis son bureau, le premier ministre suit les engagements pris et tenus. Appelons cela la nouvelle balance commerciale. 

John Stackhouse

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est un point de passage crucial pour de nombreux pays asiatiques qui dépendent des importations d’énergie. La Chine arrive largement en tête de cette liste.

Pétrole transporté par ledétroi, par destination (millions de bpi), T1, 2025

Depuis le début du conflit avec l’Iran, les livraisons commerciales de pétrole brut et de gaz naturel ont ralenti pour s’arrêter presque totalement. Et les prix augmentent rapidement. Les contrats à terme sur le Brent ont franchi la barre des 90 $ US le baril, le niveau le plus élevé en près de deux ans, suscitant des craintes de hausse des prix à la pompe et de flambée de l’inflation. 

–Farhad Panahov

L’événement tenu cette année à Toronto par la PDAC (Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) a été animé par de nombreuses discussions sur les richesses du Canada en minéraux critiques et sur la rapidité avec laquelle celles-ci pourraient être acheminées vers les marchés mondiaux, à une échelle commerciale. Les acteurs du secteur sont enthousiastes et le gouvernement apporte son appui, mais il reste beaucoup à faire pour réaliser pleinement le potentiel minier du Canada.

Voici sept thèmes que nous avons relevés lors de l’événement.

  • Divergence d’opinions sur les risques liés aux chaînes d’approvisionnement

  • La résolution des goulots d’étranglement dans le raffinage sera essentielle

  • Le projet Vault n’est pas un partenariat entre égaux

  • Le cuivre est le signal de demande le plus clair

  • Ne pas négliger la demande civile

  • Établir un ordre de priorité parmi les minerais

  • Coordination réglementaire : un avantage concurrentiel

Pour en savoir plus sur ces points clés, lisez l’article de Shaz Merwat, responsable principal, Énergie, Leadership avisé RBC, ici.

Quelques heures après son retour d’Inde, où le premier ministre Mark Carney a amorcé les discussions sur un accord de partenariat économique global visant à doubler les échanges bilatéraux pour les porter à 70 milliards de dollars d’ici 2030, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand a rejoint John Stackhouse de RBC sur scène à la chambre de commerce de la région de Toronto. Voici quelques points saillants de cet entretien (édités pour plus de concision) :

JS: Quels signaux retenez-vous, en particulier pour les décideurs d’entreprise ?
AA: Nous sommes le seul pays du G7 à avoir un accord de libre-échange avec tous les autres pays du G7. Nous disposons déjà des infrastructures nécessaires sur le plan commercial. Il faut maintenant les rendre opérationnelles et les utiliser. C’est précisément l’objectif avec l’Inde. Nous devons tous exploiter pleinement les accords que nous concluons, sinon nous continuerons à dépendre d’un seul partenaire commercial, avec toutes les difficultés que cela entraîne.

JS: J’entends cela depuis des décennies. Nous devons diversifier. Nous faisons des progrès, mais ils sont lents. Qu’est-ce qui nous échappe, dans le milieu des affaires ?
AA: Il est très important d’expliquer clairement ce que nous faisons à l’international. C’est ce que j’essaie de faire : rendre la politique étrangère et ce type d’accords accessibles et compréhensibles afin que les entreprises puissent les utiliser. Cela permettra de diversifier réellement nos échanges commerciaux au-delà des accords que nous signons.

JS: Pourriez-vous conclure par une réflexion positive sur votre voyage et indiquer s’il y a un élément en particulier qui vous a donné confiance, notamment pour les entreprises ?
AA: Il y a des éléments encourageants, malgré la conjoncture économique très difficile dans laquelle nous nous trouvons et malgré un conflit mondial extrêmement troublant et stressant. Le Canada se trouve sur une trajectoire de croissance positive. Le Canada possède tout ce que le monde recherche. Partout où je vais, les gens s’intéressent au Canada.

Regardez l’entretien complet ici.

Des États contestent les nouvelles mesures commerciales de Donald Trump

  • Pas moins de 24 États américains ont intenté des poursuites contre l’administration Trump au sujet des nouveaux droits de douane de 10 % imposés en vertu de l’article 122 de la Trade Act de 1974. Selon eux, le président a de nouveau outrepassé ses prérogatives après que la Cour suprême a invalidé les précédents droits de douane fondés sur des pouvoirs d’urgence.

  • L’affaire ouvre un nouveau front juridique dans la contestation de la stratégie douanière de Washington et prolonge l’incertitude pour les entreprises, tandis que les tribunaux examinent les limites du pouvoir exécutif en matière de commerce.

Les exportations de puces d’IA pourraient être liées à des investissements aux États-Unis

  • Le département américain du Commerce propose de nouvelles règles d’exportation qui obligeraient les pays achetant de grandes quantités de puces d’IA de NVIDIA et d’AMD à investir dans l’infrastructure des centres de données aux États-Unis.

  • Cette initiative signale un virage vers une politique technologique où l’accès dépend de l’investissement, les États-Unis cherchant à exploiter leur avantage dans le segment des semi-conducteurs pour soutenir le déploiement massif de centres de données.

–Thomas Ashcroft

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Les acteurs du secteur sont enthousiastes et le gouvernement apporte son appui, mais il reste beaucoup à faire pour réaliser pleinement le potentiel minier du Canada.

L’événement tenu cette année à Toronto par la PDAC (Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) a été animé par de nombreuses discussions sur les richesses du Canada en minéraux critiques et sur la rapidité avec laquelle celles-ci pourraient être acheminées vers les marchés mondiaux, à une échelle commerciale. Les acteurs du secteur sont enthousiastes et le gouvernement apporte son appui, mais il reste beaucoup à faire pour réaliser pleinement le potentiel minier du Canada. Voici sept thèmes que nous avons relevés lors de l’événement.

Les États-Unis et le Canada abordent la question des minéraux critiques à partir de cadres stratégiques sensiblement différents, et cette divergence a des répercussions sur la coopération bilatérale.

Aux États-Unis, l’approche repose sur l’idée d’un déclin industriel et d’une urgence de sécurité nationale : capacité manufacturière d’appoint, dépendance aux systèmes d’armement et crainte que la Chine dépasse la capacité américaine de production d’armement par un facteur de cinq à six. Dans ce contexte, les minéraux critiques ne constituent pas un problème d’optimisation de la chaîne d’approvisionnement, mais plutôt le symptôme d’un affaiblissement plus large des capacités industrielles américaines, qui s’étend aux fonderies, au traitement chimique et à la fabrication de pointe.

L’approche canadienne est davantage commerciale : une occasion liée aux chaînes d’approvisionnement, un avantage géologique à monétiser et une place à consolider parmi les alliés.

Cet écart dans la perception de la menace crée des frictions, l’attente étant que les États-Unis agissent (ou finissent par agir) selon une logique plus binaire : alignement ou non-alignement. Le Canada, pour sa part, s’est positionné comme une puissance intermédiaire cherchant à promouvoir une coopération multilatérale fondée sur des règles.

La question de savoir si le Canada réduira cet écart de perception – ou s’il élaborera une justification stratégique indépendante fondée sur ses propres intérêts de sécurité économique – influencera probablement le sérieux avec lequel il sera considéré dans les discussions bilatérales à mesure que progressera l’examen de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.

Les ressources géologiques du Canada sont enviables, mais l’extraction sans transformation en aval est de plus en plus considérée comme sous-optimale. Or, les conditions économiques entourant la mise en place de capacités de transformation au Canada sont nettement défavorables.

À titre indicatif, les coûts de conversion du spodumène de lithium en matériau de qualité cathodique sont environ deux fois plus élevés qu’en Chine et, par moments, qu’en Amérique latine. À l’échelle mondiale, les marges des fonderies de cuivre se situent souvent entre 2 % et 5 %, voire à peine au seuil de rentabilité. Le Canada a fermé plusieurs fonderies au cours des quinze dernières années. Même en Chine, le secteur du raffinage des terres rares n’a pas généré, depuis trois décennies, un rendement couvrant son coût du capital, un repère auquel tout nouvel acteur devrait être mesuré.

De telles marges ne permettent pas au secteur privé d’investir à grande échelle sans aide. Un consensus clair s’est dégagé sur le fait que le capital public devra être investi en premier dans les infrastructures de transformation – et remboursé en dernier. Le concept de club d’acheteurs, qui consiste à regrouper la demande des pays du G7 et à stabiliser les prix lorsqu’ils sont faibles, permet de résoudre en partie ce problème. Toutefois, la structure de gouvernance et de confiance nécessaire pour déployer ce capital à grande échelle reste à définir.

La distinction bilatérale/plurilatérale qui est ressortie des séances – en lien avec la vision américaine d’un club d’acheteurs, où l’approvisionnement serait négocié de façon bilatérale tandis que la demande serait agrégée de manière multilatérale – semble représenter un partage du fardeau, mais mérite d’être examinée de plus près. Cette structure permet essentiellement aux États-Unis d’acquérir des approvisionnements en minéraux selon leurs propres conditions, de les stocker sur leur territoire, puis de demander à leurs alliés de regrouper leur demande autour de ce qui constitue, en fait, les stocks stratégiques américains. En termes simples : achetez américain.

La tendance des pays à agir dans leur propre intérêt en situation de pénurie explique précisément pourquoi le projet Vault exige un stockage national. Néanmoins, pour d’autres pays comme le Canada, le risque est de devenir un fournisseur privilégié sans garantie d’un accès préférentiel aux moments les plus cruciaux. Une telle asymétrie pourra, espérons-le, faire l’objet de négociations.

S’il est une marchandise dont la thèse d’investissement est particulièrement favorable, c’est bien le cuivre. La convergence des investissements dans les infrastructures liées à l’IA, l’électrification, la défense et l’expansion des réseaux électriques a créé un profil de demande auquel les investisseurs généralistes peuvent souscrire sans s’appuyer sur des hypothèses dépendant des politiques publiques.

Pourtant, même avec cette demande enviable, un large consensus persiste quant à une pénurie croissante d’approvisionnement en cuivre. Dans le cas du Canada, le cuivre pourrait constituer le point d’entrée le plus réaliste à court terme pour susciter des investissements miniers plus larges, notamment dans des gisements polymétalliques connexes, ce qui contribuerait à résoudre plusieurs défis plus traditionnels – et moins spécialisés – du développement minier.

En termes simples, une demande durable à long terme stabilise les chaînes d’approvisionnement. La Chine a établi sa domination dans le secteur des minéraux critiques grâce à la demande civile (véhicules électriques, éoliennes, batteries) à une échelle qui a justifié les investissements dans le raffinage et permis de créer des effets d’apprentissage qui rendent aujourd’hui ses marges de transformation difficiles à concurrencer.

Le paradoxe stratégique auquel est confrontée l’Amérique du Nord réside dans la tentative de bâtir des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques tout en réduisant simultanément les moteurs de la demande civile nécessaires pour justifier ces investissements. En l’absence d’un signal crédible de demande intérieure, les installations de transformation font face à des achats incertains, et sans engagements d’achat, le financement des projets est inaccessible. À court terme, d’autres leviers, tels que la défense, l’IA et les centres de données, devraient servir de catalyseurs. Toutefois, l’ampleur de la demande potentielle en énergie propre retient davantage l’attention des investisseurs généralistes et axés sur le long terme.

Le recours à une stratégie unique pour plus de 30 minerais ne tient pas compte de la complexité propre à la chaîne d’approvisionnement de chacun. En matière de politique publique, le véritable problème concerne les segments spécialisés où le Canada se distingue : les terres rares, le scandium, le tungstène, le graphite, le nickel et, possiblement, le lithium, dont les marchés sont souvent petits, opaques ou dominés par un seul producteur (souvent la Chine).

Une stratégie axée sur cinq à huit minerais, appuyée par un ancrage clair de la demande, serait jugée plus réalisable et plus crédible qu’une approche globale. Si elle est bien orientée, une telle stratégie aura des retombées positives sur l’acquisition des compétences et du capital humain nécessaires à sa mise en œuvre, notamment dans des domaines comme la séparation des terres rares, l’hydrométallurgie et le traitement avancé, qui exigent une spécialisation ne pouvant être obtenue par l’achat d’équipement seul. Le savoir-faire existant dans les pays du G7 constitue un potentiel inexploité.

Une étude de cas sur Foran Mining Corp., société établie à Vancouver, illustre le fonctionnement et les limites du système : un retard de financement de deux ans, un projet conçu pour produire 4 900 tonnes par jour relevant de la compétence provinciale afin d’éviter l’examen fédéral, et un fardeau général de conformité.

Le Bureau des grands projets représente un virage important vers la facilitation de ce type de projet. L’extension d’installations existantes offre des possibilités à court terme, tandis que des partenariats précoces avec les communautés autochtones, fondés sur une participation économique réelle, demeurent le levier le plus efficace pour atténuer les risques liés aux autorisations et au financement.

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Une façon plus sensée pour les apprenants adultes d’acquérir de nouvelles aptitudes

La formation axée sur les compétences (FAC) est un style d’apprentissage personnalisé de niveau postsecondaire qui permet aux participants d’obtenir des certifications en acquérant des aptitudes et des connaissances à leur propre rythme.

Il existe plus de 1 000 programmes de FAC offerts par des établissements américains, plusieurs au niveau d’un diplôme ou d’un diplôme associé.

Au Canada, bien que plusieurs établissements d’enseignement postsecondaire expérimentent la FAC au niveau des microcertifications et des certificats, aucun établissement public canadien n’offre la possibilité d’obtenir un diplôme axé sur les compétences (le Bow Valley College de Calgary prévoit offrir des diplômes hybrides en technologie de l’information et en cybersécurité à compter de septembre).

En 2013, l’administration Obama a demandé la mise en place de programmes que chacun peut suivre à son rythme et qui permettent d’obtenir des crédits en fonction des apprentissages plutôt que de la durée de la formation, comme moyen de promouvoir l’innovation et de créer des parcours d’obtention de diplôme accélérés et abordables pour les adultes. En dix ans, le nombre de fournisseurs est passé d’une douzaine à plus de 600.

Les programmes traditionnels menant à l’obtention d’un diplôme sont généralement conçus pour les étudiants à temps plein qui passent directement de l’école secondaire au cégep ou à l’université. Souvent, ces étudiants recherchent et profitent d’une expérience de groupe : ils commencent et progressent ensemble, à un rythme fixé par un formateur. Les notes finales varient.

Les programmes de FAC menant à l’obtention d’un diplôme sont conçus pour les adultes ayant déjà un niveau de compétence et d’expérience suffisant. Les programmes commencent habituellement chaque mois, voire chaque semaine. Les apprenants progressent à leur rythme avec le soutien personnalisé d’accompagnateurs ou de conseillers. Les évaluations de la FAC reposent généralement sur des tâches ou des projets axés sur le rendement qui illustrent des scénarios concrets. Par exemple, un étudiant en administration peut analyser les états financiers d’une entreprise et repérer les inefficacités, tandis qu’un étudiant en soins infirmiers procède à l’évaluation approfondie d’un patient.

Tout le monde doit satisfaire les mêmes critères. Les étudiants réussissent en démontrant la maîtrise des compétences attendues et obtiennent du soutien en cas de lacune (p. ex., ils peuvent obtenir de la rétroaction de la part d’un accompagnateur de la faculté, et persister jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de perfectionner une tâche donnée avant de passer à la suivante). Cette approche permet aux participants de progresser plus rapidement quand ils connaissent bien le contenu et de consacrer le temps nécessaire aux nouvelles aptitudes et aux nouveaux concepts.

Dans le contexte économique actuel en pleine mutation, la FAC peut aider les adultes dont les emplois sont perturbés à rehausser leurs aptitudes dans des secteurs en pleine évolution ou à les mettre à niveau pour changer de domaine de travail. Les programmes de FAC fournissent aussi aux travailleurs formés à l’étranger l’occasion d’obtenir des certifications canadiennes correspondant à leurs aptitudes et à leur expertise.

Les employeurs en profitent aussi. Les programmes de FAC peuvent aider à fournir rapidement les aptitudes pour un poste donné. De plus, l’accent mis sur la maîtrise permet aux diplômés d’atteindre un niveau élevé d’aptitudes.

Université Western Governors – Le pionnier de la FAC
Salt Lake City, Utah + centres régionaux dans neuf États

Offre : Diplôme universitaire de premier et de deuxième cycle en ligne en administration, en éducation, en technologie de l’information, en santé et en soins infirmiers.

Fonctionnement : La plupart des programmes commencent tous les mois. Les apprenants paient des droits de scolarité de 4 000 $ US par session de six mois et travaillent à leur propre rythme pour obtenir des unités de compétence en démontrant les aptitudes attendues dans le cadre de divers examens ou projets. En moyenne, il faut compter 2,5 ans pour obtenir un baccalauréat.

Université du Maine à Presque Isle – L’inscription au programme de FAC a presque doublé l’an dernier
Presque Isle, Maine

Offre : Diplôme universitaire de premier et de deuxième cycle en ligne dans des domaines tels que la comptabilité, l’éducation, les politiques publiques et la gestion.

Fonctionnement : Les apprenants progressent dans le cadre de sessions de huit semaines : 1 800 $ US par session pour les étudiants de premier cycle, et 2 450 $ US pour les étudiants de deuxième cycle. Un conseiller aide les étudiants à optimiser leur temps chaque session ; les programmes peuvent être achevés en un an.

Université Capella – Membre fondateur du Competency-Based Education Network
Minneapolis, Minnesota

Offre : Diplôme universitaire de premier et de deuxième cycle en administration, en éducation, en administration des soins de santé, en technologie de l’information, en soins infirmiers et en psychologie.

Fonctionnement : Les programmes sont offerts sur des périodes de 12 semaines, selon la formule « tout ce que vous pouvez apprendre ». Les étudiants peuvent commencer n’importe quel mois. Une évaluation des cinq premières années de prestation du programme ont révélé que le temps d’achèvement moyen était de 60 % plus rapide pour les programmes de FAC de premier cycle comparativement aux versions heures/crédit offertes par l’Université Capella ; et les frais de scolarité médians étaient inférieurs de 60 %.

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