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IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Pour prendre le pouls de l’industrie agroalimentaire, l’équipe Leadership avisé RBC a rencontré la semaine dernière des agriculteurs de tout le Canada, allant des producteurs de porcs du Manitoba aux membres du secteur des fruits et légumes rassemblés à Montréal pour leur salon annuel.

Il est évident que le secteur est fortement motivé à poursuivre sur sa lancée, d’autant plus que l’année dernière, la valeur des exportations agroalimentaires canadiennes a atteint le chiffre record de 106 milliards de dollars. Tous les regards sont tournés vers les prix des marchandises, la politique agricole américaine et, bien sûr, l’impact des droits de douane du président américain Donald Trump.

Ce que nous avons entendu:

  • De nombreux agriculteurs choisissent de rester calmes et de tenir bon. Les agriculteurs sont habitués à la volatilité, car ils doivent faire face aux conditions météorologiques imprévisibles, aux fluctuations des prix des marchandises et aux pannes d’équipement. Bon nombre d’entre eux voient les droits de douane imposés par Trump simplement comme une perturbation supplémentaire. D’autres tentent de surmonter les fluctuations de prix qui en ont découlé, notamment pour le canola. En réponse aux droits de douane du Canada sur les véhicules électriques, la Chine a imposé ses propres droits de douane sur les pois et les produits canadiens à base de canola. En conséquence, certains producteurs, notamment de céréales et de grains oléagineux, envisagent de modifier la rotation des cultures pour la saison de plantation 2025.

  • Faire face à la demande d’articles fabriqués au Canada. L’augmentation de la demande pour des produits canadiens conduit à une détérioration des produits américains que l’on trouve dans les épiceries. Ce mouvement s’ajoute aux efforts visant à accroître la superficie des serres canadiennes et la diversité des produits pour combler l’écart entre la production et la consommation de fruits et légumes.

  • Les producteurs et transformateurs alimentaires canadiens s’efforcent de renforcer leur conformité à l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC). Les entreprises se préparent à un examen minutieux à la frontière pour prouver leur conformité à l’AEUMC et leur respect des règles énoncées, notamment en ce qui concerne le pays d’origine. Seulement 0,1 % de tous les produits agroalimentaires échangés en 2024 n’étaient probablement pas conformes à l’AEUMC, mais plus d’un tiers des exportations agroalimentaires du Canada, bien que conformes, n’ont pas été échangées dans le cadre de l’accord.

  • La diversification des échanges est commencée. Il reste néanmoins à voir si les détaillants et les commerçants canadiens pourront se procurer des produits alimentaires de qualité et de prix équivalents. Les exportateurs et les détaillants cherchent à savoir où ils peuvent se procurer les produits dont ils ont besoin pour leurs clients. Toutefois, les Canadiens voudront-ils acheter une orange marocaine plutôt qu’une orange de la Floride ?

  • Nos ports peuvent-ils répondre à nos ambitions de croissance et de diversification ? Dans le secteur agroalimentaire, le Canada a des délais d’exécution plus longs que ses principaux concurrents, notamment les États-Unis, l’Australie et le Brésil. Le potentiel afflux de produits dans les ports canadiens, en raison de l’augmentation des coûts de transport des marchandises aux États-Unis, pourrait provoquer une congestion accrue et des goulets d’étranglement plus importants si le Canada ne se prépare pas à cette croissance.

Trois choses à surveiller :

  • L’impact du soutien agricole d’urgence des États-Unis sur la compétitivité des agriculteurs canadiens. L’Emergency Commodity Assistance Program (ECAP) du département de l’Agriculture est un programme d’aide économique ponctuelle de 10 milliards de dollars destiné à aider les agriculteurs à atténuer les effets de l’augmentation du coût des intrants et de la chute des prix des marchandises. Par exemple, les agriculteurs américains peuvent recevoir jusqu’à 77,66 $ par acre d’avoine et environ 30 $ par acre pour le soja et le blé.

  • Réductions dans les programmes et services de recherche agricole aux États-Unis. Le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et les réductions dans le financement de 19 laboratoires d’innovation basés dans 17 États dans des universités ayant bénéficié d’un don de terrain, ainsi que les réductions proposées dans la recherche climatique de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) peuvent compromettre l’innovation agricole et risquent d’interrompre des services essentiels tels que la surveillance météorologique.

  • Risque d’augmentation des coûts et de perturbation des chaînes d’approvisionnement passant par les ports américains, de La Nouvelle-Orléans à Philadelphie. Le décret du 9 avril de Trump, Restoring America’s Maritime Dominance (restaurer la domination maritime de l’Amérique), charge les représentants américains du commerce de donner suite à une proposition qui prévoit des droits de quai de 1 million de dollars dans les ports américains pour tout navire faisant partie d’une flotte comprenant des navires construits en Chine ou battant pavillon chinois. Outre le risque lié aux coûts, les services douaniers américains pourraient ralentir les chaînes d’approvisionnement « juste à temps » nécessaires pour acheminer les bleuets péruviens au Canada.

Lisa Ashton est responsable principale, Politique agricole

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Énergie. Géopolitique. Commerce international.

Ces trois thèmes étaient au cœur des discussions lors du Global Energy Summit 2025 de l’Université Columbia la semaine dernière. Les droits de douane et les politiques commerciales ont dominé le sommet en raison de leurs répercussions importantes sur l’offre et la demande d’énergie d’Amérique du Nord. Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique, Institut d’action climatique RBC, y assistait, et revient sur les cinq enjeux qui ont marqué le sommet de cette année.

Les enjeux énergétiques se complexifient

La réorientation des échanges commerciaux dans le but d’atteindre des résultats économiques précis (réduction du déficit commercial, relocalisation de la production) pourrait accentuer les risques liés aux prix en fracturant l’équilibre entre l’offre et la demande de certaines matières premières essentielles. Il est clair que les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et, possiblement, le cuivre – tous essentiels aux infrastructures énergétiques – entraînent une différenciation régionale des prix. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les prix de l’aluminium aux États-Unis ont fortement augmenté par rapport aux prix européens, une conséquence directe des droits de douane imposés par l’administration Trump. De manière similaire, l’écart entre les prix de l’acier laminé à chaud du Midwest américain (1 075 $ US/tonne) et ceux du nord de l’Europe (715 $ US/tonne) a augmenté pour atteindre environ 360 $ US/tonne, comparativement à 150 $ US/tonne en début d’année.

Prix de l'aluminium, dernière année

Sur le plan géopolitique, les risques s’étendent désormais au-delà du simple risque d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient auquel nous sommes confrontés depuis un demi-siècle. Les sphères d’influence peuvent redéfinir les dynamiques de l’offre et de la demande, en particulier pour le gaz naturel liquéfié et les minéraux critiques. Ces nouvelles restrictions commerciales à motivation politique réduisent la capacité des marchés mondiaux à absorber les chocs au chapitre de l’offre ou de la demande, ces chocs étant désormais de plus en plus délibérés dans un contexte de commerce mondial instrumentalisé (gaz russe, chaînes d’approvisionnement chinoises, marché américain).

Quelle hégémonie énergétique ?

L’administration américaine promettait d’assurer la suprématie énergétique des États-Unis, mais les faits démontrent qu’elle semble avoir fait exactement l’inverse. Au chapitre du pétrole, les stratégies américaines en matière de droits de douane et d’échanges commerciaux ont fait tomber les prix sous les niveaux observés pendant la majorité de la présidence de Joe Biden. Le prix WTI est tombé sous les 60 $ US le baril à deux reprises la semaine dernière. Ce seuil étant considéré comme le point d’équilibre du gaz de schiste américain, les producteurs pourraient bien décider de ralentir leurs activités de forage. Selon S&P Global, un prix de 50 $ US le baril pourrait motiver une chute de 1 million de barils par jour de la production américaine. Pendant ce temps, l’OPEP continue d’augmenter sa production.

Prix du pétrole brut WTI, quatre dernières années

Le désir constant de réduire les fonds alloués aux programmes et projets en vertu de la loi sur la réduction de l’inflation, même les crédits d’impôt considérés comme favorables à l’industrie pétrolière (comme les crédits d’impôt 45Q pour la capture du carbone), fait aussi obstacle au développement des énergies renouvelables aux États-Unis. Enfin, les inquiétudes concernant l’inflation des coûts d’approvisionnement (droits de douane sur l’acier et l’aluminium) et l’incertitude générale relative au marché et à l’économie ont créé des conditions particulièrement difficiles pour l’investissement de capitaux.

Les frictions commerciales liées au climat sont toujours bien présentes

Avec la lente agonie de l’OMC et les droits de douane « réciproques » de Trump, les conditions commerciales préférentielles offertes aux pays en développement (taux de douane « autorisés » plus élevés) disparaissent. Il faut ajouter le climat à la liste des enjeux, car les pays imposent des mesures commerciales liées au climat pour renforcer leur compétitivité économique.

En Europe, le mécanisme d’ajustement au carbone aux frontières (MACF) protège les politiques climatiques intérieures. Aux États-Unis, une taxe sur la pollution aux frontières exploite l’avantage carbone de l’Amérique, notamment vis-à-vis de la Chine. Le Royaume-Uni et l’Australie envisagent de mettre en place leurs propres ajustements carbone aux frontières.

Les politiques intérieures en matière de carbone sans mesure commerciale climatique (comme le MACF) sont presque certainement vouées à l’échec sur le plan politique. Il semble toutefois peu probable que les pays en développement puissent instaurer des prix du carbone s’apparentant à ceux du système d’échange de droits d’émission de carbone de l’Union européenne – au sein duquel le prix du carbone a augmenté au cours des deux dernières décennies – en l’espace de seulement quelques années. Cette situation risque d’accentuer les tensions commerciales liées au climat entre le Nord et le Sud.

Réduction du déficit commercial

Aux yeux de M. Trump, des droits de douane « réciproques » garantissent une relation commerciale équilibrée. Pour les partenaires commerciaux, une relation commerciale équilibrée est à peu près tout ce que l’on peut espérer dans la vision de l’« America First » (l’Amérique d’abord) du président américain. Les partenaires commerciaux seront bien servis s’ils parviennent à faire meilleure place aux exportations américaines de marchandises.

Le gaz naturel liquéfié des États-Unis semble promis à un bel avenir. Selon les prévisions de RBC Marchés des Capitaux présentées ci-dessous, le pays devrait dépasser le Qatar et devenir le plus grand exportateur de GNL au monde d’ici 2030. Pour les grands acheteurs de GNL qui affichent d’importants excédents commerciaux avec les États-Unis (l’Union européenne, le Japon, la Corée, l’Inde), l’augmentation de leurs achats de GNL pourrait constituer une stratégie gagnante.

Le Qatar maintient l'emprise sur le marché, mais les États-Unis prend la part du lion en 2030

Pôles d’IA et flux de données transfrontière

Les pays disposant d’électricité abondante et bon marché sont les mieux positionnés pour se lancer dans la construction de centres informatiques. Il en résultera probablement des « pôles » d’approvisionnement centrés sur la production d’énergie renouvelable, compte tenu des engagements climatiques des entreprises technologiques. Il est de plus en plus évident que le Canada, les États-Unis et le Moyen-Orient deviendront des pôles de déploiement de l’intelligence artificielle américaine.

Mais quelles seront les conséquences pour les flux de données ? Le protectionnisme en matière d’hébergement (colocation) persistera probablement, mais il faudra s’entendre sur les transferts de données transfrontière résultant des capacités informatiques (centres de données à très grande échelle). Ce sujet devrait revenir sur la table lors de la renégociation de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada en 2026.

Shaz Merwat est responsable principal, Politique énergétique, Institut d’action climatique RBC.

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Issue #11

➔ L’édition du Jour de la Terre met l’accent sur les difficultés énergétiques du Canada et de la Colombie-Britannique
➔ L’acier vert est à nos portes
➔ Véhicules électriques : liberté ou obstacle?

Sujets chauds

➔ Notre énergie, notre planète. C’est le thème autour duquel gravite le Jour de la Terre cette année, célébré aujourd’hui, alors que nous voyons notre capacité à prendre soin de la planète diminuer légèrement. Ce numéro s’efforce cependant de célébrer les petites victoires dans un (très) long parcours vers la guérison de la planète. Malgré l’abolition et l’assouplissement de plusieurs politiques mondiales ambitieuses au chapitre du climat, il y a matière à se réjouir à certains égards. La capacité accrue en énergie renouvelable, avec en tête l’énergie solaire et éolienne, a atteint un nouveau sommet à l’échelle mondiale en 2024, dans un contexte où l’énergie renouvelable représentait plus de 92 % de l’expansion énergétique totale. La International Renewable Energy Agency (IRENA) prédit néanmoins que nous ne parviendrons pas à atteindre l’objectif collectif établi en 2023 visant à tripler la capacité installée d’énergie renouvelable d’ici 2030.

➔ C’est à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, qu’une révolution de l’énergie verte canadienne se prépare. La société Algoma Steel, établie dans le nord de l’Ontario, se prépare à lancer ce mois-ci son four à arc électrique. Cette innovation permettra de réduire le coke ou l’énergie au charbon et de diminuer les émissions annuelles de l’organisation de 70 %. Ce serait un exploit pour n’importe quel secteur, mais c’est une véritable prouesse pour une industrie considérée comme l’une des plus difficiles à décarboner.

➔ Le premier petit réacteur modulaire canadien a obtenu le feu vert ce mois-ci. Le petit réacteur modulaire (PRM) installé à la centrale nucléaire de Darlington, en Ontario – le premier au sein d’une nation du G7 – a été autorisé par la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Le développeur, Ontario Power Generation, attend maintenant l’accord de la province. L’histoire connaît toutefois un rebondissement sur le plan commercial. En effet, le réacteur BWRX-300 a été construit par GE-Hitachi Nuclear Energy, une société située en Caroline du Nord, de sorte que le Canada dépend de la chaîne d’approvisionnement américaine à un moment où les liens entre les deux pays sont tendus.

➔ Le climat est relégué aux oubliettes des enjeux électoraux. Lors des élections fédérales de 2021, environ 24 % des Canadiens estimaient que le climat était un enjeu important. Tandis qu’ils commencent à se rendre aux urnes dans la dernière ligne droite avant le jour des élections du 28 avril, un peu moins de 4 % sont d’accord avec cet énoncé. Comme l’on pouvait s’y attendre, les relations entre les États-Unis et le Canada figuraient en tête de liste dans le sondage non partisan de la Boussole électorale mené auprès de 161 000 Canadiens, suivies de l’économie, de l’abordabilité, de la justice sociale et des soins de santé. L’environnement n’a pas réussi à se tailler une place parmi les cinq principaux enjeux. De plus, les changements climatiques n’ont pratiquement pas été mentionnés lors des débats télévisés des chefs de partis (cliquez ici pour lire la publication LinkedIn de John Stackhouse).

Jour de la Terre : Une super-énergie propre

Comme le thème du Jour de la Terre est axé cette année sur l’objectif de tripler l’énergie renouvelable d’ici 2030, le Canada peut souligner quelques victoires dans le secteur de l’électricité, particulièrement le fait d’être déjà conforme à l’Accord de Paris. L’Alberta n’a plus recours au charbon six ans plus tôt que prévu, tandis que les émissions absolues liées au secteur de l’électricité ont diminué d’environ 10 % par rapport à 2023.

Trois graphiques illustrent pourquoi l’électricité incarne parfaitement les progrès du Canadien au chapitre du climat :

Nous ne devons cependant pas tomber dans la complaisance. Voici trois défis critiques que les décideurs politiques canadiens – et le nouveau gouvernement fédéral – devront bientôt relever.

➔ Assurer l’équilibre entre l’abordabilité et les objectifs d’énergie propre. Le coût de construction élevé des barrages hydroélectriques et des centrales nucléaires empêchera les services publics de maintenir des factures d’électricité abordables.

➔ Assurer l’expansion des réseaux électriques propres. Le Canada doit plus que doubler sa capacité électrique d’ici 2050 tout en veillant à ce qu’elle reste propre si nous souhaitons attirer les investissements nécessaires pour bâtir des centres de données, des chaînes d’approvisionnement automobiles et d’autres installations de fabrication lourde).

➔ Veiller au respect des droits des Autochtones. Les projets énergétiques, qui sont investis d’un nouveau sentiment d’urgence, ne peuvent être mis en œuvre qu’avec l’adhésion, le consentement et la participation financière des Premières Nations. Le Canada présente une feuille de route inégale dans ce dossier, qui doit être corrigée si nous voulons accélérer le déploiement des projets.

Prêts ou non

Toujours sur le thème de l’énergie, les projets de gaz naturel liquéfié (GNL) de Colombie-Britannique doivent maintenant seulement être prêts pour zéro émission nette. C’est la distinction que le gouvernement de Colombie-Britannique a faite dans une nouvelle lettre à l’intention de l’organisme de réglementation en matière d’environnement, largement considérée comme un assouplissement des règles environnementales de la province. Ou serait-ce plutôt une approche réaliste des enjeux climatiques ? Les territoires doivent se livrer à un exercice délicat alors qu’ils propulsent de nouveaux projets dans un monde frappé par les droits de douane sans pour autant abandonner leurs engagements en matière d’environnement.

BC Hydro, le service public provincial, a augmenté sa production, sans réussir à suivre le rythme de la demande accrue, qui devrait croître de 15 % d’ici 2030. Un peu plus de 90 % du réseau de la Colombie-Britannique n’émet aucune émission, mais cette proportion pourrait diminuer avec l’énergie au gaz naturel.

Voici comment la province met les bouchées doubles pour réaliser ses objectifs économiques et climatiques :

➔ Le plan d’immobilisations sur 10 ans (2024-2025 à 2033-2034) de BC Hydro comprend près de 36 milliards de dollars en investissements dans la collectivité et dans l’infrastructure régionale, une augmentation de 50 % par rapport à son plan précédent.

➔ La quatrième unité d’alimentation hydroélectrique du Site C a été mise en service ce mois-ci, et sera suivie de deux autres d’ici l’automne. Une fois pleinement opérationnel, le projet du nord-est de la province peut alimenter près de 500 000 foyers, augmentant l’offre d’électricité de BC Hydro de 8 %. Étant donné les attentes visant à doubler ou à tripler l’approvisionnement du Canada d’ici 2050, nous avons besoin d’augmentations similaires tous les deux ou trois ans, selon les estimations de Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique. « La politique voulant que les projets doivent être « prêts » ajoute probablement une certaine ambiguïté, mais il est bon de constater que les perspectives quant à la nécessité de bâtir sont en train de changer », ajoute-t-il.

➔ En février, la Colombie-Britannique a signé des contrats pour neuf projets éoliens et un projet solaire, qui totalisent 4 830 gigawattheures (GWh). Tous les projets sont détenus majoritairement par des Premières Nations.

➔ La Colombie-Britannique est en voie d’électrifier le nord de la province, une initiative essentielle pour plusieurs projets énergétiques d’envergure, y compris le projet de GNL Ksi Lsims actuellement assujetti à un examen réglementaire. Le projet d’exportation de gaz ayant reçu l’appui des Autochtones se dispute maintenant les marchés asiatiques avec un développement de GNL d’Alaska qui gagne du terrain. Le Canada doit agir rapidement.

➔ Le projet North Cost Transmission Line (NCTL)) est un élément essentiel du réseau d’énergie propre du nord de la Colombie-Britannique. Le gouvernement accélère l’émission de permis afin d’augmenter le rythme de construction du NCTL et d’autres lignes de transport à haut voltage majeures.

➔ Le gouvernement de la Colombie-Britannique n’exclut pas d’approuver de nouveaux barrages hydroélectriques dans la province.

➔ Enfin, nous surveillons les développements liés au plafond d’émissions de gaz à effet de serre pour les services publics de gaz naturel prévu dans le document Roadmap to 2030 de CleanBC.

Quatre obstacles en vue pour les véhicules électriques

John Stackhouse

Les véhicules électriques pourraient tout aussi bien figurer parmi les victimes de la guerre commerciale qu’en sortir gagnants. Il est encore trop tôt pour le dire.

La plus récente évaluation trimestrielle de BloombergNEF (BNEF) prévoit une volte-face dans certains marchés et une accélération dans d’autres, notamment en Chine. Le Canada fait partie des marchés qui se situent à un tournant.

Les véhicules électriques, y compris les véhicules hybrides rechargeables, ont représenté un cinquième des ventes de véhicules l’an dernier, ce qui correspond à 17,2 millions de nouveaux véhicules sur la route, une augmentation de 24 % en un an. Cette croissance provient principalement de Chine, où près de la moitié des nouveaux véhicules vendus sont électriques, une proportion qui est appelée à augmenter cette année en raison d’un incitatif de mise à la ferraille offert aux propriétaires de voiture.

Ailleurs, les véhicules électriques sont confrontés à de nouveaux défis, y compris la guerre des marques dans laquelle se trouve Tesla. Les ventes européennes ont commencé à plafonner en 2024, tandis qu’elles ont affiché une croissance modérée aux États-Unis. Par ailleurs, ces chiffres datent d’avant le jour de la libération (2 avril) et la décision de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 25 % sur les véhicules et les pièces automobiles importées. La dernière chose dont les producteurs de véhicules électriques ont besoin est une hausse des coûts. D’autres changements politiques, comme l’assouplissement des normes européennes sur les carburants et la fin de la taxe carbone pour les consommateurs au Canada, peuvent plomber davantage les ventes de véhicules électriques alors que l’aspect économique des moteurs conventionnels leur fait regagner du terrain par rapport aux batteries.

Les ventes canadiennes de véhicules électriques au cours de la dernière année ont représenté quelque 15 % des ventes de véhicules de tourisme. BNEF s’attend à ce que les ventes de véhicules électriques au Canada augmentent de 20 % cette année, dans un contexte de diminution des mesures de soutien.

Si les ventes de véhicules électriques ralentissent, ce sera en raison de quatre obstacles qui surviendront au cours des prochains mois :

➔ 1. Subventions. Les gouvernements aux prises avec des difficultés budgétaires tenteront de réduire les dépenses dans certains secteurs afin de financer des mesures économiques destinées aux entreprises et aux travailleurs touchés par la guerre commerciale. L’administration Trump a dans sa ligne de mire des mesures généreuses introduites pendant le mandat de Joe Biden. De plus, de nombreux gouvernements retirent leurs propres parcs automobiles des programmes liés aux véhicules électriques. 

➔ 2. Droits de douane. Les États-Unis appliquent un éventail de droits de douane et de restrictions commerciales sur les batteries et leurs composantes, tandis que la Chine restreint également les exportations de minéraux critiques. Les droits de douane sur les batteries devraient atteindre 115 % cette année et 132 % l’année suivante. On s’attend à ce que le gouvernement Trump continue d’explorer les mesures antidumping à l’encontre des producteurs de composantes de batteries chinoises, bien qu’un certain nombre de fabricants américains, dont Tesla, en dépendent.

➔ 3. Croissance économique. Si la guerre commerciale continue de freiner la croissance économique, les consommateurs achèteront moins de véhicules, électriques ou non, et les gammes de véhicules électriques plus dispendieuses seront particulièrement touchées.

➔ 4. Taux d’intérêt. Si les droits de douane alimentent l’inflation et maintiennent les taux d’intérêt à un niveau plus élevé, les voitures seront les premiers biens de consommation à voir leurs ventes reculer. Les véhicules électriques pourraient être les plus touchés, dans un contexte où les gens conserveront leur voiture pendant un an ou deux de plus qu’ils le font habituellement.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John StackhouseMyha Truong-ReganSarah PendrithFarhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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➔ Droits de douane : un frein à la transition énergétique
➔ L’Inflation Reduction Act : abroger, modifier ou conserver ?
➔ Une approche réaliste des enjeux climatiques

Sujets chauds

➔ Les Canadiens gardent un vif intérêt pour le climat. Selon un sondage Ipsos réalisé pour le compte de RBC (tableau ci-dessous), les Canadiens sont plus nombreux que les Américains et les Britanniques à estimer que la réduction des émissions industrielles est un objectif climatique important. Cependant, ils sont moins portés à favoriser une réduction de l’utilisation des ressources naturelles.

Les Canadiens soucieux du climat

➔ Une approche réaliste des enjeux climatiques. Le Council on Foreign Relations a lancé la Climate Realism Initiative, dont la mission consistera à élaborer une nouvelle stratégie climatique pour les États-Unis. Cinq prémisses ont retenu l’attention de Myha Truong-Regan, cheffe, Recherche climatique : 1) les initiatives climatiques seront façonnées par les priorités économiques et relatives à la sécurité nationale ; 2) l’action climatique peut constituer un avantage concurrentiel dans le commerce mondial ; 3) les objectifs climatiques mondiaux et nationaux doivent être facilement compréhensibles pour susciter un appui généralisé ; 4) l’augmentation exponentielle de la demande énergétique exigera l’exploitation des combustibles fossiles et des énergies renouvelables ; 5) il faudra éviter de présenter l’action climatique comme un enjeu exigeant des sacrifices personnels plutôt que des décisions de consommation intelligentes.

➔ Les grands investisseurs s’empressent de faire l’acquisition d’actifs d’énergie renouvelable. Un certain nombre d’actifs d’énergie renouvelable dont la valeur a baissé depuis cinq ans ont suscité l’intérêt d’acheteurs. Récemment, la société de gestion d’actifs Brookfield a fait l’acquisition de la filiale américaine d’énergies terrestres renouvelables du groupe britannique National Grid pour la somme de 1,7 milliard de dollars US, et a déboursé 6,6 milliards de dollars US pour acheter le producteur d’énergies renouvelables français Neoen s.a. et 2,3 milliards de dollars pour mettre la main sur des centrales éoliennes en mer en exploitation au Royaume-Uni. Le fonds d’investissement KKR & Co. cherche à lever 7 milliards de dollars US pour son premier fonds mondial pour le climat, tandis que la société d’investissement Copenhagen Infrastructure Partners a clôturé en mars son plus important fonds dédié aux énergies renouvelables, qui avait atteint un actif de 12 milliards d’euros. Les investisseurs bien nantis sont à l’affût.

➔ Une nouvelle politique américaine sur les biocarburants risque de limiter les débouchés commerciaux du Canada. Bon nombre d’agriculteurs et de producteurs de biocarburants canadiens craignent d’être exclus du crédit à la production de carburants propres proposé aux États-Unis (45Z). Ce nouveau crédit, qui remplace les incitatifs dont bénéficiaient auparavant les producteurs canadiens, introduit un crédit d’impôt pour les agriculteurs assorti de restrictions liées à l’intensité carbone et au pays d’origine, explique Lisa Ashton, responsable principale, Politique agricole. Les agriculteurs américains pourraient se retrouver dans une position nettement plus avantageuse si la majorité des producteurs canadiens sont inadmissibles à ces crédits.​

Les guerres commerciales liées au climat ont commencé

Il faut maintenant ajouter le modeste terbium à la liste des matières premières prises dans la tourmente des droits de douane. Ce minéral argenté de la famille des terres rares qui est utilisé dans la fabrication des éoliennes est l’un des sept minéraux soumis aux contrôles des exportations imposés par Beijing en représailles relatives aux droits de douane américains. La Chine, qui contrôle 95 % de l’approvisionnement mondial en terbium, a également restreint les exportations de ses substituts, le gadolinium et le scandium, le tout risquant d’avoir des répercussions sur les grandes entreprises technologiques américaines.

Si les automobiles et l’acier font les manchettes, les entreprises actives dans la transition énergétique sont, elles aussi, touchées par les droits de douane affectant les matériaux nécessaires à la fabrication des pièces, engrenages et pistons indispensables aux technologies propres.

Il est encore tôt, mais voici les perturbations que nous prévoyons, surtout si les droits de douane sont maintenus au-delà de quelques mois:

  • Les batteries pour véhicules électriques seront durement touchées. Les droits de douane, plus élevés que les droits de base américains, imposés à la Chine et à l’Union européenne pourraient déstabiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales. BloombergNEF estime que les prix des batteries et de l’énergie solaire seront les plus durement touchés.

  • Certains métaux et minéraux ont été exemptés, mais la Chine entend néanmoins riposter. Le cuivre, le zinc, les métaux des terres rares, le germanium, le combustible nucléaire, le lithium et le cobalt sont exemptés des droits de douane, mais la Chine contre-attaquera tout de même en imposant un contrôle à l’exportation de plusieurs minéraux critiques qui nuirait aux pays occidentaux, du moins à court et à moyen terme. Le Canada, avec ses ressources abondantes, peut venir en aide à ses alliés.

  • L’uranium est sur le point de prendre de la valeur. La dépendance des États-Unis en ce qui a trait à l’uranium, notamment l’uranium du Canada, et aux services d’enrichissement étrangers, comme ceux de la Russie, rend la trajectoire des prix du combustible nucléaire incertaine, souligne Vivan Sorab, premier directeur, Technologie propre. Les droits de douane sur l’uranium canadien avaient d’abord été fixés à 25 % avant d’être abaissés à 10 %. Réagissant à l’incertitude entourant les droits de douane, les opérateurs de réacteurs américains ont évité de signer de nouveaux contrats d’achat au début de l’année, selon Mining.com. Et comme les États-Unis dépendent de fabricants étrangers pour certains composants de réacteurs (p. ex., les réservoirs de pression), des droits de douane pourraient faire augmenter les coûts encore davantage.

  • Les énergies renouvelables étaient déjà touchées par des droits de douane. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) soulignait l’an dernier – bien avant que les États-Unis amorcent la présente guerre commerciale – que les droits de douane sur les systèmes et composants des énergies renouvelables étaient en moyenne deux fois plus élevés que ceux imposés aux combustibles fossiles.

  • Les technologies propres devenaient de plus en plus abordables. De nombreuses technologies ont vu leurs coûts baisser au cours de la dernière décennie. Selon l’AIE, des droits de douane de 100 % sur les modules photovoltaïques solaires annuleraient la réduction des coûts observée au cours des cinq dernières années.BloombergNEF fait remarquer qu’un certain nombre d’importations d’énergie propre de la Chine étaient déjà soumises à des droits de douane élevés et que ceux-ci augmenteront encore.

  • Les enjeux climatiques demeurent urgents. Les indices boursiers fluctuent constamment, mais l’indice mondial des émissions de carbone n’évolue que dans une seule direction : à la hausse. Les niveaux de CO2 n’ont jamais été aussi élevés en 800 000 ans, selon les estimations des Nations Unies. Chaque obstacle, pénurie de matériau et barrière commerciale retarde la maîtrise des émissions.

L’Inflation Reduction Act : abroger modifier ou conserver ?

L’Inflation Reduction Act pourrait être affectée par les mesures de réduction des dépenses envisagées par Washington.

Le Congrès américain est confronté à la question du financement du prolongement des dispositions de la Tax Cuts and Jobs Act, ce qui pourrait avoir une incidence sur les crédits d’impôt de l’Inflation Reduction Act. Voici l’analyse de RBC Marchés des Capitaux concernant les perspectives liées à cette loi.

➔ Le coût du prolongement des allègements fiscaux, estimé à quelque 4,5 billions de dollars US sur 10 ans, incite les législateurs à revoir, en contrepartie, toutes les facettes du régime fiscal américain, y compris les crédits d’impôt liés à l’énergie de l’Inflation Reduction Act.

➔ Dans une manifestation de soutien, 21 élus républicains de la Chambre des représentants ont récemment signé une lettre affirmant que le développement des énergies propres était crucial pour assurer la domination énergétique dont rêve Trump.

➔ De plus, 83 % des 126 milliards de dollars US investis dans le secteur privé de la fabrication depuis l’adoption de l’Inflation Reduction Act l’ont été dans des circonscriptions républicaines.

➔ Bien que RBC Marchés des Capitaux ne considère pas l’abrogation complète de la loi comme un scénario probable, elle juge qu’il est sans doute trop optimiste de penser que les législateurs républicains réussiront à protéger les crédits d’impôt à l’investissement dans les technologies propres face aux pressions exercées par le parti républicain et par Donald Trump lui-même.

Indicateur Trump

Toute une série de décrets et de décisions de Washington a une incidence sur le climat et la transition énergétique :

➔ Droits de douane « de réciprocité » : L’annonce, le 2 avril, a fait plonger les marchés et exacerbé les tensions. Les droits de douane de base étaient déjà fixés à 10 %, mais de nombreux pays se sont fait imposer des droits de douane plus élevés. Les proches partenaires commerciaux – le Canada et le Mexique – ont été temporairement épargnés. Alors que les marchés s’effondraient, Donald Trump a maintenu le droit de douane universel de 10 % pour la plupart des pays, mais imposé à la Chine des droits de douane de 125 %. 

➔ Résultat : La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que les nouveaux droits de douane étaient un « coup dur pour l’économie mondiale ». La Chine a répliqué avec des droits de 84 % sur l’ensemble des produits américains. 

➔ Droits de douane sur les véhicules importés : Des droits de douane généraux de 25 % ont été imposés sur tous les véhicules fabriqués à l’étranger. Les pièces conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique en sont exemptées pour l’instant. 

➔ Résultat : Le Canada a réagi en imposant des droits de douane correspondants sur les véhicules américains qui ne sont pas conformes à l’accord de libre-échange nord-américain. L’usine d’assemblage de Stellantis à Windsor a suspendu ses activités pendant deux semaines. 

➔ Stimulation de la production américaine de minéraux critiques : Le décret vise à accélérer et à augmenter la production d’uranium, de cuivre et de potasse. L’or et le charbon, souvent considérés comme moins critiques, figurent également sur la liste. 

➔ Résultat : Plusieurs minéraux indispensables pour des technologies essentielles comme les semi-conducteurs ne se trouvent pas en abondance aux États-Unis. Toutefois, selon l’Atlantic Council, les prêts et le soutien à l’investissement pour de nouveaux projets prévus par la Société de financement du développement international des États-Unis (DFC) pourraient stimuler la production. Un accord minier potentiel entre les États-Unis et le Congo témoigne des efforts considérables de l’administration pour sécuriser l’approvisionnement en minéraux. 

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John StackhouseMyha Truong-ReganSarah PendrithFarhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Le président américain Donald Trump pense que l’automobile, l’acier et l’aluminium, le bois d’œuvre, les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs sont les cinq secteurs stratégiques qui stimuleront la relance industrielle des États-Unis. Son plan global consiste à réduire les importations (et les déficits commerciaux), ainsi qu’à rapatrier la production dans chacun de ces secteurs et des industries connexes. Cela représente un défi pour certains des principaux fournisseurs des États-Unis, y compris le Canada.
Au Canada, ces cinq secteurs, qui revêtent une importance cardinale, dépendent fortement des exportations au sud de la frontière.

Les droits de douane imposés par Washington sur ces cinq secteurs stratégiques, qui jouent un rôle déterminant en matière de sécurité énergétique et nationale, risquent de nuire aux perspectives économiques du Canada et pourraient entraîner des pertes d’emploi et une fuite des capitaux.

Voici un survol de l’importance de chacun de ces secteurs pour l’économie canadienne :

Le Canada exporte pour 125 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis dans des secteurs clés

Automobile

  • Exposition au marché américain : 75,6 milliards de dollars d’exportation (2024).

  • Marché américain total : Avec 15,8 millions de véhicules neufs vendus en 2024, les États-Unis se classent au deuxième rang mondial, derrière la Chine qui en a compté 31,3 millions1.

  • Marché mondial : La valeur du marché mondial des produits du bois, qui se chiffre actuellement à 788 milliards de dollars américains, devrait presque doubler d’ici 2033. Nous avons récemment écrit sur un article sur les mesures que le Canada peut prendre pour profiter davantage de cet essor.

  • Rôle du Canada : La part des constructeurs et équipementiers nationaux dans le marché nord-américain de la construction automobile a diminué au fil du temps, tandis que celle du Mexique a augmenté. Cela dit, 92 % des exportations automobiles canadiennes sont toujours expédiées au sud de la frontière.

  • Situation douanière : En août 2024, sous l’administration Biden, les États-Unis ont augmenté les droits de douane applicables aux importations de bois d’œuvre de résineux canadien, les faisant passer à 14,5 %. Ce taux est toujours en vigueur et de nouvelles hausses se profilent à l’horizon.

  • Conséquences : L’industrie du bois d’œuvre se heurte déjà à des obstacles réglementaires qui ont entraîné la fermeture de scieries en Colombie-Britannique.

  • Prochaines étapes : Possiblement à compter de cet automne, les droits de douane imposés par les États-Unis sur les importations de bois d’œuvre de résineux pourraient augmenter à 34,5 %.

Produits pharmaceutiques

  • Exposition au marché américain : 10,6 milliards de dollars d’exportations7.

  • Marché américain total : En 2022, il s’est vendu pour 716 milliards de dollars de médicaments sur ordonnance aux États-Unis8, ce qui représente environ 2,8 % du PIB du pays.

  • Selon les données de l’U.S. International Trade Commission, de 2019 à 2024, les États-Unis ont enregistré un déficit commercial annuel de 1,2 milliard de dollars avec le Canada dans le secteur des produits pharmaceutiques.

  • Marché mondial : On s’attend à ce que les dépenses en recherche et développement des sociétés pharmaceutiques dépassent 200 milliards de dollars américains9 cette année.

  • Rôle du Canada : Les États-Unis sont le principal marché d’exportation de produits pharmaceutiques du Canada. En effet, en 2024, le Canada y a envoyé 78 % de ses exportations dans ce secteur. Le Japon, qui occupe la deuxième place, a reçu 5 % des exportations (720 millions de dollars). Vient ensuite la Chine, avec 2 % des exportations (276 millions de dollars). L’industrie pharmaceutique canadienne employait 35 367 personnes en 2024.

  • Situation douanière: Initialement exemptées des droits de douane réciproques instaurés le 2 avril, les importations de produits pharmaceutiques font désormais l’objet d’une enquête officielle de la Maison-Blanche visant à déterminer leur incidence sur la sécurité nationale.

  • Conséquences : L’industrie met en garde contre une flambée des coûts et même des pénuries de médicaments clés10.

  • Prochaines étapes : Les produits pharmaceutiques pourraient bientôt être frappés d’importants droits de douane.

Semi-conducteurs

  • Exposition au marché américain : 637 millions de dollars, soit 56 % des exportations canadiennes de semi-conducteurs, en 202411.

  • Dans le secteur des semi-conducteurs, les États-Unis ont affiché un excédent commercial de 764 millions de dollars avec le Canada en 2024.

  • Marché mondial :  Les ventes mondiales de semi-conducteurs ont été estimées à 627 milliards de dollars en 202412.

  • Marché américain total : Selon une association industrielle, les entreprises évoluant dans l’écosystème des semi-conducteurs prévoient d’investir près de 450 milliards de dollars américains dans plus de 90 nouveaux projets manufacturiers dans 28 États américains13.

  • Rôle du Canada : Le Canada est en train d’émerger en tant que plaque tournante de l’IA, grâce à son électricité propre et bon marché, qui est considérée comme un avantage concurrentiel. L’auteur d’un rapport de Leadership avisé RBC, publié avant la guerre commerciale, estimait que le Canada pourrait attirer près de 100 milliards de dollars pour la construction de 20 à 30 centres de données. Des perturbations dans la jeune chaîne d’approvisionnement des puces pourraient interrompre ce flux de capitaux potentiel.

  • Situation douanière: Au début d’avril, les États-Unis ont annoncé l’ouverture d’une enquête sur les importations de puces et de produits électroniques, ouvrant la voie à de nouveaux droits de douane.

  • Conséquences : Plusieurs sociétés technologiques ont vu leurs actions chuter.

  • Prochaines étapes : Certains rapports14 laissent entendre que M. Trump pourrait annoncer un nouveau taux de taxation des importations de semi-conducteurs la semaine prochaine, avec une certaine flexibilité pour certaines entreprises. M. Lutnick a déclaré que cela devrait se faire d’ici un mois ou deux15.

Vivan Sorab est premier directeur, Technologie propre.


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Issue #10

➔ L’insatisfaction à l’égard de la Loi sur l’évaluation d’impact

➔ L’apport du gaz naturel pour la réduction des émissions sectorielles

➔ Que fait Donald Trump, et les droits de douane qui entreront en vigueur le 2 avril

Sujets chauds

Émissions du secteur pétrolier et gazier canadien (Mt d'éq. CO2)

➔ C’est le gaz naturel qui permettra de réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier canadien. Les émissions imputables au sous-secteur canadien ont diminué de 30 % depuis 2005, ce qui représente la baisse la plus importante dans l’ensemble du secteur pétrolier et gazier, selon le plus récent Rapport d’inventaire national. Les émissions totales de gaz à effet de serre du Canada ont diminué de 8,5 % en 2023 (par rapport à 2005), atteignant ainsi leur niveau le plus bas en 27 ans. Le secteur de l’électricité est en tête avec une baisse de 58 % par rapport à 2005, tandis que le secteur pétrolier et gazier est à la traîne avec une hausse de 7 %. Cette hausse est principalement attribuable aux sables bitumineux, dont les émissions ont bondi de 143 %, alors que le reste du secteur (y compris les pipelines, l’affinage et le pétrole traditionnel) enregistrait une baisse de 25 %.

➔ L’Ontario pourrait accueillir la première raffinerie de sulfate de cobalt d’Amérique du Nord. Ottawa financera l’entreprise Electra Battery Materials, de Toronto, à hauteur de 20 millions de dollars dans le cadre de la transformation de ses installations de Temiskaming Shores en une raffinerie de sulfate de cobalt, la première du continent. Ce financement s’ajoute à la subvention de 20 millions de dollars accordée par le Département de la Défense des États-Unis en septembre dernier, alors que Washington cherche à briser le monopole de la Chine dans le secteur mondial du cobalt. L’entreprise sud-coréenne LG Energy Solution achètera 80 % de la production de la raffinerie pour produire environ un million de véhicules électriques. La raffinerie s’inscrit dans le projet plus large d’Electra, qui comprend la construction d’une usine de recyclage de batteries à côté de sa raffinerie de sulfate de cobalt. Electra convoite également une raffinerie de sulfate de cobalt à Bécancour, au Québec, ainsi qu’une usine de sulfate de nickel.

Lecture complémentaire : Le nouveau grand jeu : le rôle des minéraux critiques dans la course à la suprématie technologique

➔ Greenpeace traverse une crise existentielle. Un jury du Dakota du Nord a imposé à l’organisation de protection de l’environnement des dommages-intérêts de 660 millions de dollars américains pour avoir organisé des manifestations contre l’oléoduc Dakota Access pipeline d’Energy Transfer en 2016 et 2017. Fondée à Vancouver en 1971, l’organisation pourrait ainsi faire faillite, ce qui mettrait fin à plus de 50 ans d’activisme. Si la décision judiciaire a eu un effet dissuasif sur les organisations non gouvernementales de protection de l’environnement, Greenpeace a juré qu’elle continuerait à se battre.

➔ Les milliardaires américains se retirent de la lutte climatique. L’organisation Breakthrough Energy, soutenue par Bill Gates, a licencié des dizaines de personnes engagées dans la résolution des problèmes liés au climat, mettant en évidence l’effritement de la lutte contre les changements climatiques. Cela fait suite à l’arrêt du financement de projets climatiques par l’organisation Earth Funds d’un autre milliardaire : Jeff Bezos. On peut supposer que ces deux décisions ont été prises en réponse à l’abandon par le gouvernement américain de plusieurs politiques climatiques clés. Censé résister aux aléas politiques, le soutien philanthropique et financier des initiatives climatiques a néanmoins cédé aux pressions des vents changeants.

Comment accélérer la mise en œuvre de projets énergétiques d’une valeur de 350 milliards de dollars

Saisissant l’occasion, 14 dirigeants du secteur pétrolier et gazier ont écrit aux principaux partis politiques canadiens, actuellement en campagne, pour leur demander de « Bâtir le Canada maintenant », notamment des oléoducs et gazoducs et des terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié. Ce plan de match pourrait s’étendre à toutes sortes d’autres infrastructures, y compris à des projets miniers et d’énergie propre.

Que doit-on retenir des cinq recommandations émises par l’industrie ? Il s’agit d’un appel à réviser et simplifier la Loi sur l’évaluation d’impact. Bien que promulguée il n’y a pas si longtemps, la Loi sur l’évaluation d’impact est déjà critiquée par l’industrie et les provinces, et même par la Cour suprême.

On estime, en effet, que dans sa forme actuelle, elle s’immisce dans des domaines de compétence provinciale et suscite l’incertitude, car elle couvre de nombreux facteurs sociaux qui ne sont pas liés à l’environnement, entraînant ainsi des retards dans les projets.

Les Canadiens étant d’humeur à reprendre la construction de grands projets, des milliards de dollars en capital pourraient être débloqués rapidement en simplifiant la Loi sur l’évaluation d’impact, de même qu’une foule de règlements provinciaux et fédéraux en matière de permis. Selon Ressources naturelles, l’inventaire des grands projets compte 231 projets énergétiques d’une valeur de 351 milliards de dollars à l’étape de révision, de planification ou de proposition. À cela s’ajoutent des projets d’une valeur de plusieurs milliards de dollars qui en sont à leurs tout débuts, mais qui engageraient plus de 400 milliards de dollars en capitaux.

Lisez l’analyse de John Stackhouse (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) concernant les cinq recommandations sectorielles visant à accélérer la réalisation de projets au Canada.

INDICATEUR « TRUMP »

Mesure no 1 : Décret. Le président américain Donald Trump a invoqué la Defense Production Act pour accroître la production nationale de minéraux critiques et déloger la Chine de sa position dominante dans la production de ces ressources.

État : facilite le soutien financier et simplifie le processus d’obtention de permis dans le but de stimuler l’industrie minière nationale. S’efforçant de sécuriser leur approvisionnement en minéraux critiques, les États-Unis convoitent apparemment les ressources du Canada, les richesses du Groenland et les minéraux de l’Ukraine.

Mesure no 2 : L’Agence de protection de l’environnement a supprimé 20 milliards de dollars US de financement de projets d’énergie propre qui étaient en cours de développement par des organismes sans but lucratif et des organismes communautaires.

État : Mis en œuvre. Créé en vertu de l’Inflation Reduction Act (loi sur la réduction de l’inflation), le Greenhouse Gas Reduction Fund (fonds pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre) visait à mobiliser les banques « vertes » et les bailleurs de fonds communautaires afin de décupler les investissements privés dans des projets d’énergie propre. L’Agence de protection de l’environnement a supprimé ces subventions, invoquant un manque de surveillance.

Mesure no 3 : Assouplissement de la réglementation des ressources archéologiques marines.

État : Mis en œuvre. Cette mesure vise à réduire les formalités administratives et à accélérer la réalisation de l’ambition américaine : dominer le secteur énergétique. Selon le règlement original, les exploitants d’hydrocarbures extracôtiers étaient tenus de mener une étude archéologique et de signaler toute nouvelle activité pétrolière et gazière susceptible de perturber les fonds marins.

Mesure no 4 : Entrée en vigueur des droits de douane de réciprocité à partir du 2 avril.

État : Annonce à venir. Les droits de douane de réciprocité feront partie d’une série de mesures et de décrets commerciaux qui affecteront le Canada et le reste du monde, apparemment selon une échelle mobile. Selon des proches du pouvoir américain, certaines industries clés pourraient être épargnées… pour le moment.

Tour d’horizon de RBC

Les analystes de RBC offrent leurs perspectives sur de nombreux sujets, du climat au commerce, en passant par l’économie.

Au cas où vous l’auriez manqué

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

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Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

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Frances Donald, économiste en chef à RBC, explique comment une guerre commerciale prolongée rendra difficile pour toute économie d’échapper à la hausse des coûts.

Q : Quelles sont les conséquences des exemptions de droits de douane accordées par les États-Unis sur les perspectives de croissance économique du Canada ? Les États-Unis appliquent toujours des droits de douane sur les automobiles, l’acier et l’aluminium du Canada.
FD : La situation économique du Canada a changé rapidement. Avant le « jour de la libération », notre plus grande préoccupation était l’incidence des droits de douane généraux sur la croissance du Canada et, en particulier, le fait que le Canada semblait être le plus grand perdant relatif de la politique commerciale des États-Unis. Maintenant, alors que divers droits de douane sectoriels pèseront sur le Canada en 2025, nos préoccupations se tournent vers des risques plus « traditionnels » pour l’économie canadienne : le risque croissant d’une récession aux États-Unis et une baisse des prix du pétrole. Ce dernier risque est peut-être plus « indirect » dans une certaine mesure, mais il dépend aussi davantage des développements mondiaux qui ont beaucoup moins à voir avec les relations politiques entre le Canada et les États-Unis.

Q : Pensez-vous que la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine réévalueront la situation à mesure que les droits de douane américains sont mis en place ?
FD : La Banque du Canada et la Réserve fédérale sont confrontées à des défis différents, tout comme leurs économies luttent contre des risques distincts. Au Canada, l’inflation est d’environ 2 %, en légère hausse en raison des perturbations à venir de la chaîne logistique mondiale. Pourtant, la croissance canadienne reste timide et laisse entrevoir quelques nouvelles baisses de taux. Pour l’instant, nous continuons à nous attendre à d’autres baisses de taux de 50 pb.

La Réserve fédérale est dans une situation bien plus difficile. L’importance et la portée des droits de douane annoncés sont conformes à une inflation plus élevée et à un profil de croissance beaucoup plus faible. Cet ensemble « stagflationniste » va dans des directions opposées des deux aspects du double mandat de la Fed (stabilité des prix et plein emploi). À ce stade, nous prévoyons que les craintes d’une spirale de l’inflation empêcheront la Réserve fédérale d’intervenir, mais la probabilité de baisses des taux a augmenté sur les marchés pour soutenir une économie qui devrait être beaucoup plus faible.

Q : Une guerre de droits de douane plus importante se profile, les États-Unis imposant des droits de douane à la Chine et à l’Union européenne, et faisant l’objet de représailles en retour. Cette situation sera-t-elle inflationniste et préjudiciable à l’économie canadienne et mondiale ?
FD : Le degré de préjudice causé par les droits de douane américains dépendra en grande partie de la durée de leur application, et les économistes ont peu de moyens de le prédire. Toutefois, la plus grande préoccupation en ce moment est que nous assistons à une hausse mondiale des prix alors que les chaînes logistiques s’enchevêtrent et que la nature interconnectée de notre économie mondiale rend difficile pour toute économie d’échapper à la hausse des coûts. Bien sûr, on peut établir des similitudes avec la période de la pandémie, à l’exception d’une différence majeure : nous n’avons pas connu d’inflation due à la pandémie après avoir déjà traversé une telle période d’inflation. En effet, les Canadiens et les Américains ont déjà subi une hausse des prix de plus de 20 % depuis 2020, et les ménages et les entreprises ont peu de chances de pouvoir absorber une deuxième vague d’inflation si tôt après. Le mois dernier, la guerre commerciale semblait se limiter à l’Amérique du Nord. Aujourd’hui, elle est mondiale et sans frontières.

Lectures complémentaires :

  • Une épine dans le pied de la Fed : les répercussions possibles des droits de douane sur l’inflation et la croissance aux États-Unis

  • Le « jour de la libération » de Donald Trump : quelles sont les prochaines étapes ?

  • Espace commercial : Perspectives sur la façon dont le Canada peut rendre son économie résiliente et l’Amérique du Nord plus solide

Yadullah Hussain est directeur de rédaction, Leadership avisé RBC

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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Notes: Comment les entreprises canadiennes font face aux tensions commerciales

L’imposition par la Chine de droits de douane de 100 % sur l’huile et le tourteau de canola préoccupe les agriculteurs canadiens. Ces craintes pourraient bien s’intensifier, car la Chine vise aussi les graines de canola du Canada – le plus important segment de nos exportations de canola vers la Chine –, qui ont été épargnées jusqu’à présent. « Ce serait une autre tuile qui nous tomberait dessus », a déclaré Rick White, chef de la direction de la Canadian Canola Growers Association (CCGA), qui représente 40 000 agriculteurs par l’intermédiaire de cinq associations provinciales.

Le canola a été mis au point par des scientifiques canadiens dans les années 1960, d’où son nom. Il est considéré comme une huile saine, car il présente une faible teneur en graisses saturées (gras malsain) et est riche en gras mono-insaturés (considérés comme sains). Le Canada est le plus important producteur de canola au monde et compte 40 000 agriculteurs qui génèrent 43,7 milliards de dollars ; les États-Unis, la Chine et le Japon sont, dans cet ordre, ses trois plus grands marchés d’exportation. L’Australie est l’un des plus grands rivaux du Canada en ce qui concerne le canola.

Les producteurs canadiens de canola, frappés des droits de douane chinois, gèlent leurs investissements et ont besoin d’aide. M. White a présenté quelques idées sur les façons d’atténuer le choc.

Le canola est une cible populaire pour la Chine

  • White affirme que les droits de douane n’étaient pas une surprise, puisque les différends antérieurs avec la Chine (2019-2020) avaient ciblé le canola.

  • La Chine a une fois de plus ciblé le secteur agricole en réponse directe à la mise en œuvre par Ottawa de droits de douane sur les véhicules électriques, l’aluminium et l’acier chinois.

  • L’industrie estime que le gouvernement canadien porte « la responsabilité absolue » de cette mesure et qu’il devrait indemniser les agriculteurs pour les pertes financières qu’ils vont subir.

Les graines de canola dans la mire des Chinois

  • Une enquête antidumping chinoise prochaine sur les graines de canola canadiennes pourrait entraîner l’imposition de nouveaux droits de douane. Voilà en quoi consiste la « tuile qui devrait nous tomber dessus ».

  • Les graines de canola représentent la plus grande part des exportations de canola du Canada vers la Chine, l’huile et le tourteau de canola représentant une plus petite portion. En 2024, la Chine a importé six millions de tonnes métriques de graines de canola canadiennes, d’une valeur de 4 milliards de dollars.

  • Les Chinois suivent les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en matière de droits antidumping. Les recours devant l’OMC prennent du temps, mais ils offrent un recours juridique. La CCGA s’est inscrite comme partie à l’enquête de la Chine.

Les agriculteurs envisagent de geler leurs investissements

  • Les agriculteurs pratiquent la rotation des cultures pour des raisons agronomiques, mais le canola représente un produit de base canadien, ce qui limite les options de rechange. L’agronomie concerne la gestion des sols et des cultures et contribue à optimiser la distribution, la gestion et la productivité des terres.

  • Les agriculteurs expriment déjà des craintes au sujet des risques de marché attribuables à la Chine et aux États-Unis, certains suggérant de remettre à plus tard les dépenses en immobilisations et les achats d’équipement en raison de l’incertitude.

  • De plus, les achats de nouveaux équipements pourraient être effectués aux États-Unis et être assujettis à des droits compensateurs par le Canada.

  • « Les agriculteurs ne vont pas prendre le risque d’investir des sommes importantes dans le renouvellement des infrastructures. Il va y avoir un grand refroidissement du côté de l’investissement, du moins cette année. »

De l’autre côté de la frontière, d’autres problèmes se préparent

  • Les États-Unis représentent la plus grande destination des exportations de canola au Canada, évaluées à 7,7 milliards de dollars en 2023. Les États-Unis n’ont toujours pas imposé un droit de douane de 25 % sur le canola, étant donné que l’AEUMC (l’accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique) reste en vigueur. Mais lorsque les exemptions expireront, de nouveaux droits de douane américains pourraient nuire davantage aux exportations canadiennes de canola

Il existe des moyens de construire un écosystème sans droits de douane

  • En décembre dernier, la CCGA a envoyé une lettre au gouvernement fédéral, prévoyant des pertes à la ferme comprises entre 1,76 milliard et 4,33 milliards de dollars pour 2025-2026 en raison des droits de douane imposés par la Chine.

  • Ottawa a annoncé de nouveaux produits du prêt pour soutenir l’industrie, mais les agriculteurs affirment qu’ils ne peuvent emprunter pour traverser cette crise et qu’ils ont besoin d’une compensation en espèces.

  • « Le gouvernement fédéral doit dédommager les agriculteurs proportionnellement aux pertes qu’ils subiront à cause de la Chine. Les agriculteurs ne peuvent pas, et ne devraient pas, être tenus d’emprunter pour se tirer d’affaire : ils doivent être indemnisés. »

  • La CCGA plaide pour le développement d’un marché national des biocarburants et de l’aviation durable.

  • Il pourrait s’agir d’un nouveau marché intérieur pour au moins 2 à 3 millions de tonnes de graines de canola. Celui-ci contribuerait à atténuer le choc pour les producteurs de canola, étant donné que les risques et l’incertitude liés aux marchés américains et chinois vont persister longtemps. Il s’agirait d’une occasion de contribuer à la diversification et de réduire la forte dépendance du Canada à l’égard des marchés chinois et américains.


Pour approfondir la question :
  • Les droits de douane imposés par la Chine aggravent les difficultés des exportateurs

  • L’alimentation d’abord : Comment le secteur agricole peut ouvrir la voie à une nouvelle ère d’exportation canadienne

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

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Zone Notes: Comment les entreprises canadiennes font face aux tensions commerciales

Le secteur agricole du Canada est l’une des premières victimes des guerres commerciales qui opposent le pays à la Chine et aux États-Unis. Monty Reich, chef de la direction de SWT Ltd, société indépendante de céréales et d’intrants agricoles de la Saskatchewan, explique comment les agriculteurs font face aux tensions commerciales.

Des nouveaux éléments d’incertitude et de volatilité quasiment tous les jours

  • Le contexte actuel est difficile, incertain et déroutant. « Nous nous retrouvons chaque jour dans une situation différente », déclare Reich.

  • Les États-Unis avaient commencé à parler de droits de douane en décembre, avant que la Chine n’impose des droits de douane de 100 % sur l’huile et les tourteaux de canola et les pois, et le blé dur figurait déjà sur la liste.

  • SWT a dû absorber le coût financier des droits de douane américains sur le blé dur et a choisi de ne pas le répercuter sur ses agriculteurs-actionnaires. « Nous avons vendu la marchandise sur le marché à terme et intégré les coûts supplémentaires dans nos propres résultats », explique Reich.

  • Les droits de douane américains ont entraîné une hausse des prix des exportations de blé dur. « Nous sommes l’importateur officiel, » indique encore Reich. Autrement dit, SWT doit elle-même payer les droits de douane de 25 %, un prix trop élevé pour continuer à exporter aux États-Unis.

Chute des prix du canola

  • Le choc a été brutal pour les producteurs de canola. Les prix ont plongé de 25 à 30 % depuis l’imposition des droits de douane chinois, passant d’environ 16 $ à 12 $ le boisseau.

  • « En agriculture, les marges sont déjà très étroites », déclare Reich. Une variation des prix, aussi petite soit-elle, peut transformer une saison rentable en une catastrophe financière. Vu l’ampleur de la baisse, les agriculteurs voient leurs revenus disparaître.

Des droits de douane imposés partout

  • Les restrictions imposées par la Chine sur le canola et les pois jaunes ont réduit un marché crucial, et les producteurs ont peu d’autres débouchés. « La Chine représente environ 87 % du marché des pois jaunes, avec les États-Unis et l’Inde », et les agriculteurs doivent donc aujourd’hui faire face à une fermeture quasi totale de leur marché.

  • Les droits de douane qu’applique l’Inde par intermittence sur les légumineuses constituent une incertitude supplémentaire. Les agriculteurs canadiens ne disposent par conséquent de guère d’autres possibilités viables.

Les agriculteurs cherchent d’autres solutions

  • « En ce moment, les producteurs réfléchissent activement pour essayer de trouver ce qui pourra leur apporter le meilleur rendement », dit Reich.

  • Ils pourraient se tourner vers d’autres cultures, mais en fait, ce n’est pas aussi simple. « Ce n’est pas facile de simplement changer de produit », explique Reich.

  • Les agriculteurs « se démènent » pour s’adapter avant la prochaine saison de semis.

Investissements reportés, rentabilité en baisse

  • Des investissements dans des usines de broyage du canola ont déjà été reportés il y a deux ans en raison des difficultés rencontrées sur le marché chinois et des coûts de construction.

  • Les constructions en cours d’installations de production vont se poursuivre et les installations existantes continueront à fonctionner, mais les marges se réduisent de plus en plus.

  • Les agriculteurs se demandent s’ils doivent diminuer leur production, diminuer les coûts ou même diminuer leurs activités.

Crainte de voir les expéditions bloquées

  • Une autre menace vient du fait que la Chine pourrait bientôt imposer des droits antidumping sur les semences de canola.

  • Les exportations vers la Chine deviennent très risquées. Des expéditions de semences de canola peuvent être lancées, mais la Chine « peut décider du jour au lendemain de les taxer ». Cette incertitude suffit à effrayer les exportateurs et à faire baisser les prix.

  • Cette situation est différente du litige qui a opposé le Canada à la Chine en 2019. Il concernait alors uniquement quelques entreprises et portait sur des « questions de droit de bassin » et de qualité.

D’autres routes commerciales

  • La Chine a déjà limité les importations directes par le passé, mais le canola canadien a continué à y entrer, en passant par d’autres marchés.

  • « D’autres pays d’Asie du Sud-Pacifique importeront le produit et le livreront en Chine. » Mais ils essayeront de l’acheter à prix réduit.

  • Par ailleurs, cela prend du temps de nouer des relations commerciales avec de nouveaux marchés. Il ne s’agit pas simplement de passer d’un marché à un autre (par exemple, de la Chine aux Philippines).

D’autres cultures rencontrent également des difficultés

  • Les cultures de légumineuses (comme les lentilles) rencontrent également des difficultés, notamment en raison des droits de douane appliqués par l’Inde. Cela exacerbe les pressions exercées sur la rentabilité de ces cultures, car les agriculteurs doivent constamment s’adapter aux changements de politiques commerciales, en particulier si des droits de douane sont mis en place ou levés de façon imprévisible.

Qui fournira du canola à la place du Canada ?

  • À court terme, d’autres pays, comme l’Australie, peuvent fournir du canola à la place du Canada, mais le produit canadien est généralement considéré comme très fiable et de grande qualité.

  • Avec l’évolution de l’offre et de la demande, d’autres pays pourraient modifier leur rotation des cultures pour répondre aux besoins du marché.

  • Des milliards de dollars ont été investis dans l’ouest du Canada pour la culture canola et les installations de broyage. De grosses sommes d’argent sont en jeu avec le canola, et « on ne peut pas simplement tout abandonner », dit Reich.

Le gouvernement doit s’engager plus fortement

  • Même si les agriculteurs préfèrent souvent que le gouvernement intervienne le moins possible, il est indispensable de parvenir à des accords commerciaux forts pour résoudre la question des droits de douane et des restrictions.

  • Le gouvernement du Canada doit faire en sorte d’entretenir des relations commerciales solides avec ses partenaires essentiels (Chine, États-Unis, Inde) pour abaisser les barrières commerciales, préconise Reich.

  • La Saskatchewan a par exemple ouvert neuf bureaux à l’étranger pour faciliter les relations commerciales et atténuer les tensions.

  • L’agriculture canadienne doit être bien représentée à l’échelle mondiale, pas uniquement avec des accords commerciaux, mais aussi grâce à une présence sur place et un engagement diplomatique continu.

  • Le gouvernement doit investir pour améliorer les infrastructures qui stimuleront les marchés interprovinciaux et permettront de transporter les produits d’ouest en est.

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J’ai organisé un entretien à l’intention des Clients RBC avec Steve Verheul, le négociateur commercial en chef du Canada pendant la première administration Trump, et aujourd’hui membre du conseil consultatif sur le commerce du premier ministre. Voici quelques-uns des éléments dont nous avons parlé.

1. Le Canada et les États-Unis s’acheminent vers un conflit commercial encore plus important

  • Nous allons nous retrouver parmi les « dirty 15 », ce groupe de pays qui affichent l’excédent commercial le plus élevé avec les États-Unis, soit la Chine, le Canada, le Mexique, l’Union européenne, le Vietnam, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil, la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie.

  • Nous pourrions nous voir imposés des droits de douane de 14 à 15 %. Ils pourraient toutefois être plus bas au début et augmenter progressivement, jusqu’à ce que l’on parvienne à un certain équilibre commercial.

  • Il ne faut pas s’attendre à beaucoup d’exemptions au début, notamment pour l’énergie et l’alimentation.

  • Le Canada ripostera avec des contre-droits de douane, comme prévu cet hiver.

  • Le premier ministre Mark Carney ne négociera pas tant que les États-Unis n’auront pas retiré leur menace sur la souveraineté du Canada.

  • Verheul préconise de refuser toute négociation tant qu’il n’est pas convenu que la franchise de droits dont bénéficie le Canada reste d’actualité.

  • Les grands pays et les grandes régions du monde essaient de négocier des exemptions et des exclusions. Selon Eurasia Group, le Canada figure toujours parmi les pays soumis à des droits de douane peu élevés, d’après la grille tarifaire définie par le gouvernement américain, qui prévoit un taux bas, moyen et élevé (7 %, 15 %, 30 %).

2. L’approche américaine sera sans précédent et imprévisible

  • Le président des États-Unis Donald Trump recevra la semaine prochaine des rapports sur un grand nombre de sujets, qui détermineront l’ensemble de l’action du pays en matière d’échanges commerciaux, de la Chine aux déficits en passant par la manipulation de la monnaie.

  • Il semble que le président commencera par appliquer des mesures faibles et les intensifiera ensuite.

  • Le calendrier de mise en œuvre des mesures n’est pas clair, pas plus que ne le sont les exemptions éventuelles.

  • Les droits de douane réciproques seront appliqués à l’aide de différents outils, tels l’International Emergency Economic Powers Act, une loi fédérale américaine, et l’article 338 de la Tariff Act de 1930 ou l’article 301 de la Trade Act de 1974.

  • Le Congrès américain a adopté l’International Emergency Economic Powers Act il y a près de 50 ans pour permettre au président de prendre des mesures rapides pour protéger la sécurité du pays – elle n’a encore jamais été utilisée.

  • Le 2 avril – le jour où Trump doit annoncer les droits de douane réciproques – marque un début et non une fin, car des négociations se dérouleront ensuite.

  • Les États-Unis envisagent d’exclure de nombreux pays pour réduire leur liste et la limiter à un certain nombre de secteurs clés, car il serait trop complexe de définir des droits de douane mondiaux. Les États-Unis devraient en effet passer de 17 000 lignes tarifaires à trois millions, ce qui serait impossible à gérer.

3. La stratégie américaine est contradictoire

  • Il est difficile de négocier, car les États-Unis veulent obtenir un résultat qui n’est peut-être pas atteignable avec les droits de douane.

  • Leur objectif est de relocaliser le secteur manufacturier, mais il faudra plusieurs années aux entreprises pour y parvenir, et les droits de douane pénaliseront l’économie américaine à court terme.

  • Il s’avère également trop complexe et trop coûteux de relocaliser les chaînes d’approvisionnement.

  • Cela causera de nombreux dégâts au plan national, dégâts que l’administration semble vouloir ignorer. Les États-Unis ont appliqué des droits de douane sur l’acier et l’aluminium alors qu’ils doivent en importer pour répondre à 50 % de la demande. Ils devront par exemple construire quatre barrages Hoover pour répondre aux besoins énergétiques nécessaires à la fabrication d’acier dans le pays.

  • L’administration essaie également d’obtenir des concessions non tarifaires de la part de différents pays. On peut s’attendre à ce que les services soient également concernés par les droits de douane, même si les États-Unis n’ont apparemment aucune stratégie ou que le gouvernement ne dispose d’aucune infrastructure pour négocier dans des secteurs complexes.

  • L’administration américaine ne perçoit pas totalement les conséquences de ce qu’elle tente de faire, car elle est prise entre sa volonté d’agir très vite et la réalité selon laquelle les entreprises ne peuvent pas se relocaliser rapidement.

  • « Il est difficile de négocier avec un pays prêt à se tirer une balle dans le pied. »

4. Trump suit cette fois une approche radicalement différente

  • Peter Navarro, Steven Miller et Howard Lutnick, ses principaux conseillers actuels, ne possèdent pas de connaissances institutionnelles sur les échanges commerciaux et les accords en vigueur.

  • Robert Lighthizer, qui a dirigé les débats pendant le premier mandat de Trump, détenait une autorité évidente et des compétences certaines.

  • Jamieson Greer, l’actuel représentant américain au Commerce, ne joue pas encore un rôle important et s’intéresse surtout à la Chine.

  • Lutnick se montre particulièrement influent sur la question du Canada et supervise le bureau du représentant au Commerce.

  • Trump s’est engagé dans cinq secteurs stratégiques : l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre, les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques.

5. La TVA restera un problème

  • L’administration américaine attaque tout particulièrement l’UE et le Canada sur la taxe à la valeur ajoutée (TVA) et la taxe générale sur les ventes, qu’elle considère comme des pratiques déloyales.

  • L’UE ne changera rien, et l’on voit mal le Canada faire des concessions, car ce sont des sources de revenus essentielles.

  • Cette question suscitera des controverses dans le monde entier, puisque 90 % des pays appliquent une taxe générale sur les ventes sous une forme ou une autre, comme la TVA.

6. L’ACEUM est menacé

  • Verheul suggère de ne pas aborder la question des produits laitiers ou de la taxe sur les services numériques, ou toute autre question litigieuse tant que de véritables négociations ne sont pas mises en place.

  • Il préconise de ne pas négocier tant que les droits de douane ne seront pas supprimés et que les États-Unis n’ont pas manifesté leur volonté de préserver l’accès en franchise de droits. Sans cet engagement en faveur de la franchise de droits, il serait inutile de défendre l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

  • Il propose de s’en tenir à l’approche trilatérale. Le Canada a commis « une grave erreur » en isolant le Mexique.

  • Il vaut mieux conserver le Mexique à la table des négociations, car il permet au Canada d’apparaître sous un meilleur jour, surtout au moment où les États-Unis se préoccupent davantage de leur frontière sud. Laissons le Mexique s’occuper de ce qui le concerne.

7. Le Canada doit trouver une porte de sortie stratégique

  • Les États-Unis s’intéressent à la sécurité de l’ensemble du continent, mais l’on ne peut guère en discuter si l’accès aux échanges commerciaux n’est pas assuré.

  • Les premiers ministres du Canada ne sont pas d’accord sur les concessions à faire.

8. Les investissements chinois seront dans le viseur

  • Cela serait délicat, surtout pour les minéraux essentiels.

  • Le Canada a pris un certain nombre de mesures pour limiter les investissements directs étrangers de la Chine dans les secteurs sensibles. Elles ont été surtout adoptées pour répondre aux inquiétudes des États-Unis, mais le Canada doit maintenant relever le défi de savoir comment développer ses ressources en minéraux essentiels.

  • Le Canada doit revoir sa relation avec la Chine à travers le prisme des minéraux essentiels et de la sécurité frontalière.

9. La réaction de la Chine aux mesures américaines sera déterminante

  • La Chine a indiqué qu’elle prendra des mesures de représailles, notamment des droits de douane, des sanctions et des contrôles des exportations, mais seulement après l’entrée en vigueur des mesures américaines.

  • La Chine ciblera probablement l’agriculture américaine, puisqu’elle est le premier importateur de produits agricoles américains, à hauteur de 33,7 milliards $, suivie du Mexique pour 28,2 milliards $, et du Canada pour 27 milliards $.

10. Les marchés pourraient servir d’ultime contrepoids

  • Pour Trump, les marchés boursiers constituent toujours l’arbitre principal. Jusqu’à présent, ils n’ont pas bougé ou ont résisté aux menaces de droits de douane, en ce qui concerne les fluctuations au jour le jour tout du moins.

  • La confiance des entreprises et des consommateurs est toutefois ébranlée et entraîne une baisse des investissements.

  • Le S&P 500 a perdu 7,1 % depuis l’investiture de Trump, le 20 janvier. Il est inférieur de 9,3 % à son sommet historique du 19 février 2025.


John Stackhouse est premier vice-président, Bureau du chef de la direction, à la Banque Royale du Canada, et chef, Leadership avisé RBC.

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