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IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Au moment où la première année de la pandémie prend fin, les premières leçons que nous en tirons se révèlent remarquablement durables. Il y a six mois, nous avons mis en lumière certaines des tendances mondiales que la COVID-19 a suscitées, notamment en ce qui a trait à notre façon de travailler, de magasiner, d’apprendre et plus encore. Ces tendances ne se sont pas renversées. En fait, la transformation numérique qui s’opérait dans pratiquement tous les secteurs s’est même accélérée.

Maintenant que la reprise mondiale est bien amorcée, les entreprises et les secteurs les plus innovants sont en mesure de tirer parti de ces changements. Leur défi sera aussi de s’adapter aux attentes quotidiennes des consommateurs et des employés, lesquelles ont également évolué.

À mesure que la crise sanitaire s’amenuisera, nous pouvons imaginer qu’une plus grande importance sera accordée à notre foyer et à la façon dont nous prenons soin de nous-mêmes. Les organisations qui offrent de la valeur (pour leurs clients et leurs actionnaires) et préservent certaines valeurs (pour leurs employés, les consommateurs et les parties prenantes) pourraient avoir la cote. Nous voulons tous plus d’options pour apprendre et créer, à nos conditions et sur les plateformes de notre choix, ainsi que pour mettre les institutions et les entreprises au défi de mieux répondre à nos besoins. Et lorsque nous nous mobiliserons de nouveau, nous chercherons de nouvelles manières de vivre plus d’expériences et de partager davantage.

En somme, il faut s’attendre à ce que l’automatisation et l’humanité revêtent une plus grande importance, et à une nouvelle ère créative capable de faire le pont entre elles. Les années 2020 seront très tumultueuses et marquées de nombreuses transitions. La période postérieure à la pandémie pourrait par ailleurs marquer le début de l’âge de la raison d’être.

 

Nous passerons plus de temps à la maison à l’avenir, que ce soit pour travailler, nous entraîner ou nous adonner à nos loisirs, et chercherons à rendre notre chez-nous plus branché au monde numérique que jamais.

Ce que nous observons

  • Nous veillons à adapter notre logement à l’ère du numérique.
  • Le nombre d’Américains qui ont fait des rénovations a augmenté de 20 % en 2020.
  • Les revenus réalisés par l’industrie électronique grand public ont bondi de 7 % à l’échelle mondiale pour s’établir à 360 milliards de dollars*
  • Les ventes d’ordinateurs domestiques et de tablettes ont grimpé de plus de 10 %.
  • Nous misons davantage sur les activités à la maison.
  • Les vidéos de cuisine ont été le troisième type de contenu le plus visionné aux États-Unis en 2020, après les vidéos de musique et d’humour ; quatre Américains sur cinq affirment qu’ils vont continuer de cuisiner davantage à la maison.
  • Les vendeurs de piscines ont enregistré jusqu’à trois fois plus de ventes en Amérique du Nord. Les ventes de chauffe-terrasses ont explosé.
  • L’adoption d’animaux de compagnie et les dépenses s’y rattachant ont augmenté de 5 % pour atteindre près de 6 milliards de dollars canadiens.
  • Nous faisons davantage d’activités en plein air.
  • Les ventes de motoneiges aux États-Unis ont atteint leur plus haut niveau depuis 1995.
  • Toujours aux États-Unis, les ventes d’équipement de ski ont bondi de plus de 50 %. La hausse est encore plus élevée dans la catégorie du ski de randonnée nordique.
  • Les ventes d’équipement de golf chez nos voisins du Sud se sont accrues de plus de 10 %, culminant à 2,8 milliards de dollars en 2020.

Ce que cela signifie

  • Le prix élevé des logements incitera les gens à investir davantage dans l’aménagement et l’ameublement de leur habitation.
  • Le mobilier de bureau à domicile aura la cote.
  • La stratégie concurrentielle « du dernier kilomètre » s’étendra au secteur des services.
  • Les fournisseurs de services à forte valeur ajoutée (vétérinaires, instructeurs de conditionnement physique, soutien technique) combineront les visites virtuelles et les visites à domicile.
  • La navigation en ligne deviendra primordiale.
  • Avant de faire un achat important, trois Américains sur quatre effectuent des recherches en ligne sur les articles et le mobilier pour la maison.

Ce qu’il faut

  • Les ménages nord-américains ont épargné 2 billions de dollars et pourraient se servir de ces économies pour rénover leur logement.
  • Les professionnels (médecins, avocats et comptables) devront revoir leur façon de fournir des services à une clientèle dispersée.
  • Les collectivités pourraient se redéfinir comme des carrefours « travail/vie personnelle ».
  • Les zones rurales auront besoin d’optimiser l’accès et les réseaux Internet.
  • Les banlieues et les villes environnantes devront attirer des fournisseurs de services haut de gamme.

 

Plus les modèles de travail hybrides s’enracineront, plus la technologie sera essentielle à chaque stratégie liée aux ressources humaines (RH).

Ce que nous observons

  • Les modèles de travail hybrides sont en train de devenir la norme.
  • Selon une étude, les employés de bureau aux États-Unis s’attendent à travailler à partir de la maison 22 % du temps, comparativement à 5 % auparavant.
  • Parmi les répondants, 81 % disent qu’ils retourneront au bureau d’ici les quatre prochains mois à la condition de pouvoir encore travailler à distance à temps partiel.
  • L’étude révèle par ailleurs que 90 % des directeurs de RH aux États-Unis permettront à leurs employés de télétravailler au moins à temps partiel.
  • Les outils de collaboration sont en plein essor.
  • Près de 40 % des employés de bureau en Chine disent qu’ils sont moins efficaces à la maison ; seulement 10 % disent qu’ils sont plus efficaces.
  • Trois employeurs sur cinq aux États-Unis cherchent à investir davantage dans des outils de collaboration virtuelle.
  • L’acquisition de Slack par Salesforce, au prix de 27,7 milliards de dollars, témoigne de la demande croissante d’outils de collaboration à distance.
  • Le stress augmente.
  • Parmi les travailleurs interrogés dans quatre pays, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, 74 % des répondants affirment que des problèmes de santé mentale nuisent à leur productivité.
  • Près de la moitié des répondants ont signalé des difficultés à dormir et ont l’impression que le télétravail altère leur santé mentale.

Ce que cela signifie

  • Les stratégies de gestion des talents devront mettre à profit la technologie.
  • Il sera essentiel de fournir des logiciels et de l’équipement aux travailleurs, où qu’ils soient.
  • Les investissements dans les services de cybersécurité devraient augmenter.
  • Les outils vidéo et de collaboration deviendront essentiels.
  • La gestion du rendement devra être revue.
  • Les employeurs devront se concentrer davantage sur les extrants que sur les intrants.
  • Les travailleurs pourraient exiger une grande latitude quant à la façon dont ils gèrent leur temps.
  • Les modèles de travail hybrides rendront essentielle la reconnaissance des employés en temps réel.
  • Dans les entreprises, l’aménagement des locaux sera adapté à l’ère de la COVID-19.
  • Les tests de dépistage et la recherche de contacts pourraient s’intensifier en milieu de travail.
  • Des cantines pour le personnel et des garderies ouvriront dans un plus grand nombre de lieux de travail.
  • Les services de livraison à la porte s’élargiront aux lieux de travail.

Ce qu’il faut

  • Les organisations devront repenser leur vision de l’innovation de manière à faciliter le travail d’équipe à distance et adopter un modèle réparti de prise de décisions.
  • Nous devrons réinventer la façon dont l’espace peut à la fois respecter la distanciation physique et favoriser les séances de remue-méninges créatives.
  • Les employeurs devraient considérer la collaboration à distance comme un avantage concurrentiel.

 

La reprise pourrait alimenter le retour d’un mode de vie sain et encourager les gens à se soucier davantage de leur condition physique et de leur santé mentale.

Ce que nous observons

  • Une personne sur trois dans le monde a pris du poids pendant la pandémie.
  • 45 % des gens disent essayer de perdre du poids.
  • Les abonnements à Peloton ont plus que doublé pour s’établir à 2 millions d’utilisateurs payants.
  • Le bien-être mental est un nouvel aspect du conditionnement physique.
  • Fitbit a enregistré une hausse de 2 900 % des gens qui adopte la méditation comme exercice.
  • 29 % des psychologues américains ont rencontré plus de patients souffrant principalement de troubles anxieux.
  • Les soins de santé virtuels se répandent.
  • En juin 2020, 70 % des soins ambulatoires ont été prodigués virtuellement au Canada.
  • 76 % des chefs de clinique affirment que la pandémie a modifié de manière importante ou modérée leur stratégie virtuelle.

Ce que cela signifie

  • De plus en plus d’applications permettront aux gens de s’entraîner à domicile et ailleurs, notamment dans les centres de conditionnement physique.
  • Les régimes de soins de santé devront investir davantage dans les données pour surveiller et mesurer tous les aspects de la santé individuelle, et reconnaître les progrès réalisés.
  • Les professionnels de la santé et du bien-être adopteront des modèles de collaboration.

Ce qu’il faut

  • Les organismes de santé publique pourraient investir davantage pour encourager l’autogestion de la santé.
  • On pourrait miser davantage sur des soins virtuels pour améliorer les coûts et rehausser l’expérience des patients.
  • Il faut un suivi attentif de la santé mentale pour soutenir les personnes perturbées qui se sentent perdues.

 

L’essor des plateformes technologiques et du commerce électronique amènera les petites et moyennes entreprises à recourir à la collecte et à l’analyse de données pour mieux servir leurs clients, où qu’ils soient.

Ce que nous observons

  • Aux États-Unis, 40 % des consommateurs se procurent en ligne des articles qu’ils achèteraient normalement en magasin.
  • Amazon a représenté 40 % des dépenses de commerce électronique au quatrième trimestre de 2020.
  • Les ventes en ligne de Walmart ont grimpé de 69 %.
  • Plus de 60 % des consommateurs devraient continuer d’utiliser les plateformes de livraison de repas et même y recourir encore plus.
  • Les dépenses mondiales des utilisateurs finaux des services infonuagiques publics devraient croître de 18,4 % en 2021 pour atteindre 305 milliards de dollars.
  • 70 % des organisations envisagent d’augmenter leurs dépenses liées aux services infonuagiques.

Ce que cela signifie

  • La pandémie a transformé l’économie numérique, créant pour la première fois un pont entre l’infonuagique et l’intelligence artificielle à très grande échelle.
  • Les plateformes technologiques ont élargi leur portée et leur connaissance des consommateurs, permettant aux petits fournisseurs (commerçants, restaurants, créateurs) d’accéder à de nouveaux marchés de plus grande envergure.
  • Les entreprises qui n’ont pas affermi leurs capacités numériques ou qui ne peuvent pas se démarquer continueront de céder du terrain aux grandes plateformes technologiques.

Ce qu’il faut

  • L’établissement d’un plus grand nombre de microplateformes, par région et par secteur, pourrait permettre aux petites entreprises et aux entreprises locales de communiquer entre elles les tendances en matière de données, les perspectives, les outils et les talents.
  • Les programmes de recyclage doivent être remaniés pour permettre l’augmentation massive de l’offre de données et du talent numérique.
  • La rapidité et la commodité ont dorénavant préséance dans tous les marchés ; les mesures de relance devraient aider les petites entreprises à investir dans des ressources numériques.

 

Grâce à la pandémie, les gens ont eu plus de temps et un plus grand accès numérique pour se mobiliser et remettre en question les décisions de gouvernements, des grandes entreprises et de puissants intérêts. Pendant la remise en marche de l’économie, les entreprises devront mieux gérer l’économie de la confiance et une nouvelle ère de dissidence numérique.

Ce que nous observons

  • Le degré de confiance à l’égard des institutions a chuté l’été et l’automne derniers.
  • Le Baromètre de confiance Edelman 2021 indique que la France, l’un des 11 pays faisant partie de l’étude, a été le seul pays où l’on a enregistré une hausse de la confiance depuis mai 2020.
  • Dans 18 des 27 pays sondés, les répondants font plus confiance aux entreprises (surtout leurs employeurs) qu’aux gouvernements.
  • La dissidence numérique progresse plus rapidement que les prises de décisions d’entreprises et de gouvernements.
  • Le mouvement #BlackLivesMatter est apparu sur Twitter près de 50 millions de fois dans les deux semaines qui ont suivi la mort de George Floyd. Plus de 15 millions d’Américains ont participé à des manifestations dans 2 500 villes en moins d’un mois.
  • Les mêmes forces perturbent les marchés.
  • Depuis le début de 2021, le bassin d’utilisateurs du forum wallstreetbets de Reddit a doublé et est passé à 9,5 millions.
  • En janvier 2021, les opérations sur actions des investisseurs individuelles représentaient 25 % du volume total du marché, par rapport à 10 % en 2019.

Ce que cela signifie

  • Les difficultés auxquelles sont confrontés les gouvernements (programmes d’aide à grande échelle et campagnes de vaccination massive) ont rendu le public suspicieux à l’égard des institutions.
  • La dissidence numérique demeurera importante et incitera chaque entreprise à être attentive et à apprendre.
  • Les entreprises qui s’aligneront sur de puissants mouvements et réseaux sociaux affermiront leurs relations avec leurs clients et employés.

Ce qu’il faut

  • Les entreprises devront se pencher sur tous les éléments de la reprise pour pouvoir résoudre de grands problèmes.
  • Les communications avec les consommateurs, les investisseurs et les fournisseurs devront être plus ouvertes et interactives.
  • Les chercheurs et les éducateurs peuvent se servir de la pandémie pour découvrir le rôle et les responsabilités des institutions dans la résolution de la crise, et tirer des leçons.

 

La pandémie a révélé les pouvoirs et les limites des gouvernements, de sorte que la résolution de nombreux problèmes complexes incombe maintenant aux entreprises. Le climat se situe en tête de liste.

Ce que nous observons

  • La stratégie zéro émission nette remodèlera les années 2020.
  • Près de la moitié des entreprises représentant plus de 80 % des émissions industrielles de GES à l’échelle mondiale se sont fixé un objectif de carboneutralité en 2020 ou ambitionnent de le faire.
  • 127 gouvernements représentant 63 % de l’économie mondiale ont des objectifs de carboneutralité.
  • La pandémie a révélé les difficultés liées à une réduction rapide des émissions.
  • Une diminution de 6 % des émissions de CO2 liées à l’énergie a été enregistrée en 2020. Ce recul est sans précédent.
  • Les émissions avaient augmenté de 2 % en décembre de la même année par rapport à l’année précédente.
  • Les consommateurs peuvent avoir du mal à changer
  • Les VUS et les camions ont représenté 85 % des ventes de véhicules au Canada en février. De 2010 à 2018, les VUS ont été le deuxième facteur ayant le plus contribué à l’augmentation des émissions mondiales de CO2.
  • Parmi les consommateurs, 58 % déclarent ne pas avoir opté pour des modes de transport à faible émission de carbone ou le transport en commun.
  • On s’attend à ce que 120 modèles de véhicules électriques entrent sur le marché canadien au cours des prochaines années, ce qui pourrait stimuler la demande et faire baisser les prix.

Ce que cela signifie

  • Les progrès en matière d’environnement, de société et de gouvernance (ESG) sont devenus la norme, la pandémie ayant centré l’attention du public sur les défis mondiaux et existentiels.
  • En raison de leur incapacité à combattre le virus, les gens se sentent de plus en plus privés de leurs droits.
  • Les gouvernements étant occupés à gérer les contrecoups de la crise sanitaire et économique, les entreprises devront jouer un rôle de premier plan si les changements climatiques continuent de constituer la principale préoccupation de la population à l’égard de la reprise.

Ce qu’il faut

  • Un nouveau modèle de coopération public-privé comportant des responsabilités claires transcendant les changements au niveau des gouvernements pourrait permettre de s’attaquer aux défis à long terme.
  • Les entreprises devraient mieux définir leurs rôles et responsabilités dans la résolution des problèmes climatiques.
  • Il nous faudra plus de précisions sur les mesures à court et à long terme (et les coûts) mises en place pour réduire les émissions.

 

La pandémie a accéléré l’explosion du contenu publié par les utilisateurs qui se poursuit depuis dix ans, puisque les gens ont maintenant les outils et le temps nécessaires pour élaborer des messages convaincants.

Ce que nous observons

  • La vidéo continue de dominer l’industrie du contenu.
  • 84 % de l’auditoire américain déclare avoir regardé au moins le même nombre de vidéos courtes qu’avant la pandémie.
  • Le consommateur moyen aux États-Unis est maintenant abonné à quatre services vidéo en continu.
  • L’augmentation du nombre d’auditeurs est prédominante dans le secteur du jeu.
  • Les heures de contenu de jeux regardées sur YouTube ont doublé par rapport à 2018 et dépasse maintenant 100 milliards.
  • Plus de 350 créateurs de jeux sur YouTube ont dépassé les 10 millions d’abonnés.
  • L’intérêt pour le contenu traditionnel, comme les médias sportifs, continue de diminuer.
  • En 2020, les séries mondiales n’ont jamais été si peu regardées, l’écoute du Super Bowl a atteint son plus bas niveau en 15 ans et l’écoute des finales de la Coupe Stanley et de la NBA a reculé respectivement de 61 % et de 51 % par rapport à 2019.
  • Certains sports individuels ont tenu le coup. En 2020, le championnat de la PGA a attiré son meilleur auditoire en cinq ans.

 

 

Ce que cela signifie

 

  • Les annonceurs et les créateurs de contenu doivent trouver comment rejoindre les auditoires en leur offrant plus de choix et en captant leur attention sur de plus courtes durées.
  • Les consommateurs de la génération Z s’attendent à être coauteurs et coproducteurs de contenu, qu’il s’agisse de messages sociaux ou de publicité.
  • La conception des jeux façonnera le contenu, tant des messages politiques que des programmes scolaires, et les utilisateurs s’attendent à des options multimédias immersives.

Ce qu’il faut

  • La formation doit intégrer les principes de conception et les capacités multimédias.
  • Les secteurs traditionnels (agriculture, ingénierie et politique publique) devraient chercher à collaborer davantage avec les secteurs créatifs (cinéma, jeux et conception graphique).
  • Le Canada devrait chercher à attirer des talents mondiaux en multimédia et en conception.

 

Trop d’écoles mettent les salles de classe à l’écran, alors qu’elles devraient investir dans les outils et les aptitudes numériques afin de personnaliser et d’améliorer l’éducation.

Ce que nous observons

  • Un sondage mondial a révélé que l’apprentissage en ligne a retardé de 1,5 à 3 mois les étudiants, la durée variant selon la matière. Selon une étude du Royaume-Uni, le fait de manquer la moitié d’une année d’études pourrait se traduire par une perte de revenu de 70 000 $ CA au cours de toute une vie.
  • Les mathématiques sont l’une des principales sources de problèmes. Une étude menée auprès de 8 000 écoles américaines a révélé une baisse des résultats en mathématiques de cinq à dix points de pourcentage en 2020.
  • L’intégrité scolaire est compromise. L’Université de Waterloo a surpris trois fois plus d’étudiants qui trichaient au cours de la dernière année scolaire.

Ce que cela signifie

  • Notre empressement à apprendre à distance n’a pas amélioré les résultats scolaires, car les liens ont été rompus entre l’enseignant et l’étudiant, ainsi qu’entre les étudiants.
  • Une génération risque aujourd’hui de présenter des lacunes éducatives permanentes, ce qui aura des conséquences à long terme. Nous devrons adopter des approches radicales en 2021 pour les aider à rattraper le retard.
  • De nombreux collèges et universités n’ont pas profité de la crise pour transformer leurs modèles.

Ce qu’il faut

  • Une nouvelle approche pourrait établir un équilibre entre l’apprentissage en personne et l’apprentissage à distance grâce aux outils numériques dans le cas de l’apprentissage dit « asynchrone », puisque la plupart des apprentissages se déroulent en dehors de la salle de classe.
  • Les collectivités à faible revenu auront besoin d’investissements importants en matière de réseau Wi-Fi et d’accès numérique. Les écoles publiques de la ville de New York ont découvert que plus de 60 000 élèves n’ont toujours pas les appareils nécessaires à l’apprentissage en ligne.
  • Un examen stratégique de tous les aspects de l’éducation, soit la formation des enseignants, la conception des salles de classe et plus encore, placerait les générations futures dans une ère d’apprentissage hybride.

 

Les mêmes forces numériques qui changent notre façon de travailler, de magasiner et de nous restaurer peuvent relancer la philanthropie, qui a diminué pendant la pandémie.

Ce que nous observons

  • Nous sommes moins généreux. Environ 42 % des organisations qui ont reçu des dons en 2019 en ont reçu moins en 2020.
  • Nous faisons des dons pour des causes très locales et très éloignées. Les dons aux banques alimentaires ont monté en flèche. De plus, des dons totalisant plus de 500 millions de dollars ont été amassés pour les incendies de forêt en Australie.
  • Nous cherchons le bien collectif. Benevity, une plateforme canadienne de gestion des dons, a enregistré une augmentation de plus de 70 % des dons, principalement grâce aux portails d’entreprise.

Ce que cela signifie

  • Les activités traditionnelles de collecte de fonds deviendront des expériences virtuelles.
  • Les organisations sociales chercheront à s’intégrer aux expériences des consommateurs, qu’il s’agisse d’options permettant d’arrondir les montants à la hausse ou de collectes de fonds virtuelles sur des applications de conditionnement physique.
  • Les organismes de bienfaisance se transformeront en organismes de contenu, se faisant connaître au moyen de la réalité augmentée dans le cadre des expériences vidéo, musicales et de jeux.

Ce qu’il faut

  • Des bassins de talents technologiques pourraient soutenir les organismes de bienfaisance et les organismes communautaires de petite taille.
  • Les organisations sociales pourraient bénéficier de stratégies axées sur les plateformes.
  • Les entreprises technologiques et les organisations sociales pourraient s’associer pour innover dans les domaines de la collecte de fonds et du bénévolat.
IA, technologie et innovation

L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

L’ enjeu

La pandémie a plongé les collèges et les universités canadiens dans une crise inédite. Toutefois, celle-ci représente peut-être aussi une occasion unique. Grâce à l’utilisation généralisée des plateformes et des outils d’apprentissage en ligne, les professeurs peuvent s’adresser à des étudiants situés aux quatre coins de la planète, un marché susceptible d’excéder largement celui du Canada.

La transition ne sera pas facile, car d’autres pays veulent saisir la même occasion et nos établissements devront investir pour prendre de l’expansion à un moment où on leur demande de réduire leurs dépenses. Toutefois, alors que le Canada cherche à relancer l’économie du savoir, l’exportation numérique de l’enseignement postsecondaire pourrait attirer des talents, créer des emplois de grande valeur et aider les collèges et les universités à se réinventer dans le contexte des perturbations causées par la pandémie.

Point De Vue

La propagation de la COVID-19 à l’échelle mondiale a été un choc pour les établissements d’enseignement internationaux et on ne sait pas encore à quelle vitesse ils se rétabliront. Depuis le début de l’année, le nombre d’étudiants étrangers entrés au pays représente seulement les trois quarts de celui enregistré en 2019. Le nombre de demandes de permis d’études a également chuté. Ces déclins risquent d’amoindrir l’apport économique que ces étudiants génèrent, estimé à 22 milliards de dollars par an, et mettent à rude épreuve un secteur d’environ 170 000 emplois.

La perte liée aux frais de scolarité de ces étudiants étrangers se répercute déjà sur le budget des collèges et des universités. Collèges et instituts Canada prévoit que les étudiants étrangers qui arriveront cet automne ne représenteront que le tiers, environ, de ce qu’ils étaient en 2019. En outre, du fait de la hausse des déficits, les provinces ont moins de ressources pour lutter contre les urgences économiques.

Pour que le Canada reprenne sa place de chef de file dans l’accueil d’étudiants étrangers, au nombre de 642 000 au début de 2020, les établissements, les provinces et les ministères fédéraux doivent mener un effort concerté. Il est essentiel d’accélérer le traitement des demandes de visas, d’offrir des logements sécuritaires et d’élargir le recrutement.

Cependant, l’éducation d’envergure internationale est également prête à adopter de nouveaux modèles. Le confinement a forcé quelque 1,6 milliard d’élèves à cesser de fréquenter leur établissement, entraînant une transition vers l’apprentissage à distance et en ligne. D’ici 2030, près de 300 millions de personnes dans le monde décrocheront un diplôme, le double du nombre actuel, et une bonne partie d’entre elles obtiendront un titre de compétence en ligne.

Si les universités canadiennes étaient capables d’attirer ces étudiants étrangers potentiels grâce à un modèle d’études postsecondaires hybride, en ligne en début de programme et sur place à la fin, elles pourraient devenir des acteurs clés dans ce secteur en pleine croissance. Imaginez que les universités canadiennes conjuguent leurs efforts pour créer une « Université du Canada » ouverte sur le monde. Les étudiants pourraient obtenir des crédits sans quitter leur pays d’origine, acquérir des compétences linguistiques, recevoir des conseils pour leur avenir professionnel et profiter d’occasions d’apprentissage virtuel intégré au travail. Ils deviendraient ainsi d’excellents candidats pour l’admission à des études supérieures au Canada.

Les Chiffres


 

Moins d’étudiants étrangers durant la pandémie

 

En juin 2020, le nombre d’étudiants provenant des dix principaux pays d’origine avait chuté de 26 % par rapport à 2019. Plus inquiétant, les demandes de nouveaux permis d’études reçus par IRCC en avril, mai et juin a chuté de 60 %, tandis que le traitement des demandes a ralenti, seulement 10 % environ du volume de l’année dernière ayant été traités au printemps.

Pourtant, l’envie d’étudier à l’étranger demeure forte

 

Les mesures de confinement n’ont découragé que 5 % des étudiants étrangers, les incitant à abandonner complètement leurs études. La majorité (54 %) est prête à attendre jusqu’à 12 mois, dans l’espoir d’entamer ses études sur un campus. Seulement trois personnes sur dix prévoient commencer leur cursus en ligne.

Le nombre de jeunes diplômés devrait doubler d’ici 2030

 

Au cours de la prochaine décennie, le nombre de jeunes diplômés atteindra des records en Asie, comptant pour plus de la moitié de ce qu’il sera à l’échelle mondiale. La hausse sera largement attribuable à la Chine et à l’Inde, dont le nombre de diplômés grimpera à 81 millions et à 70 millions, respectivement.

D’ici 2030, 1,7 milliard de personnes se joindront à la classe moyenne dans le monde

 

Si la reprise post-COVID-19 se généralise, la classe moyenne pourrait compter 5,7 milliards de personnes dans le monde d’ici 10 ans. Cette expansion favoriserait une hausse des inscriptions dans les établissements d’enseignement postsecondaire, bien que les contraintes liées au financement et au corps professoral dans l’hémisphère sud puissent freiner la croissance institutionnelle. En Inde, premier pays d’origine des étudiants étrangers au Canada, quelque 600 millions de personnes pourraient accéder à des niveaux de revenu moyen. Par ailleurs, 20 millions de personnes pourraient s’ajouter à l’ensemble de la classe moyenne de l’Éthiopie, de l’Angola et de la Côte d’Ivoire.

Le marché de l’éducation transfrontière en ligne touche deux fois plus d’étudiants dans le monde

 

On estime que 13 millions d’étudiants obtiennent des crédits en ligne auprès d’une institution étrangère. C’est deux fois plus que les étudiants étrangers qui fréquentaient les campus en 2019 (6 millions). Les destinations les plus prisées des étudiants étrangers pour les études sur campus sont le Canada (12 %) qui se classe en troisième position derrière les États-Unis (21 %) et l’Australie (13 %). Toutefois, le Canada fait pâle figure dans le domaine l’apprentissage en ligne transfrontière.

Questions Clés

1. Comment le fait d’accroître les capacités en ligne pourrait-il renforcer la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale ?

L’éducation en ligne brille par son absence dans la Stratégie en matière d’éducation internationale, publiée en août 2019. À peine six mois plus tard, le gouvernement fédéral a agi rapidement afin que les étudiants étrangers puissent achever jusqu’à la moitié de leur programme en ligne à partir de leur pays d’origine. Cette initiative visait à aider les étudiants actuels dans le contexte de la pandémie, mais elle ouvre la possibilité d’une nouvelle approche mondiale en matière d’éducation.

Les universités du Canada ont déjà investi massivement dans les méthodes et la technologie d’apprentissage à distance, étant donné qu’elles ont dû transférer 1,4 million d’étudiants vers les ressources virtuelles au printemps. Sans coordination, ces ressources peuvent répondre aux besoins immédiats des établissements, mais si elles étaient combinées au sein d’un programme international unique, leur portée serait accrue.

L’Université du Canada toucherait plus d’étudiants situés dans un plus grand nombre de pays ; elle offrirait la souplesse d’un cours en ligne ouvert à tous, la réputation d’un titre de compétence canadien et l’attrait d’une expérience professionnelle au Canada. Voici, en général, ce qu’elle pourrait offrir :

  • Inscription permanente aux cours en ligne pour la première année d’études dans le pays d’origine
  • Réduction des frais de scolarité par crédit, grâce à l’importance des inscriptions à l’échelle mondiale
  • Possibilité d’accumuler des crédits pour obtenir un titre de compétence canadien ou de les transférer à une université nationale
  • Professeurs établis au Canada et conseillers à distance pour les études, le cheminement professionnel et les langues
  • Occasions de réseautage par l’intermédiaire des bureaux commerciaux du Canada à l’étranger et des campus satellites
  • Possibilité d’effectuer à distance un apprentissage intégré au travail avec un employeur canadien
  • Possibilité d’admission à des études sur le campus d’une université canadienne, une fois que l’étudiant a obtenu la moitié des crédits équivalents du programme souhaité

Cette approche permettrait à des millions de jeunes étudiants mobiles d’accéder à une éducation canadienne.Ce ne serait pas une mince affaire. Il faudrait que les universités collaborent comme jamais auparavant afin de fournir de la formation et du matériel et, avec l’appui des gouvernements fédéral et provinciaux, de bâtir l’infrastructure numérique et d’organiser le marketing mondial. La collaboration entre les organismes chargés de transférer les crédits provinciaux serait aussi indispensable pour faciliter la transition scolaire.

2. Quelle est la taille du marché de l’éducation en ligne ?

Selon les estimations de l’OCDE, plus de 13 millions d’étudiants suivent des cours transfrontières en ligne, à la fois par l’entremise d’établissements officiels et de plateformes en ligne. La majorité de ces étudiants, qui profitent de la commodité des études en ligne, n’accumulent pas les crédits en vue de l’obtention d’un diplôme.

Le Royaume-Uni compte le plus grand nombre d’étudiants étrangers en téléapprentissage qui veulent obtenir un diplôme ; ils sont 120 000, soit environ 12 % des étudiants étrangers inscrits. Élément clé de la stratégie du Royaume-Uni, l’apprentissage ouvert et à distance (AOD) fait partie de la culture du Commonwealth, comme en témoignent plus de 2 millions de diplômés de l’Open University du Royaume-Uni dans le monde. À l’inverse aux États-Unis, seulement 5 % des étudiants étrangers sont établis à l’extérieur du pays, tandis que l’Université d’Athabasca, principale école en ligne au Canada, compte juste 3 % d’étudiants étrangers.

Durant la dernière décennie, la croissance la plus rapide a été observée du côté des cours en ligne ouverts à tous qui sont assez brefs. Bien que peu de gens les terminent et y soient fidèles, ces cours ont connu un regain de popularité dans le contexte actuel d’incertitude économique, alors que les étudiants cherchent à améliorer leurs compétences.

L’une des plus grandes plateformes, EdX, affirme avoir 33 millions d’utilisateurs, dont 70 % sont des Américains et des Européens. Le nouveau venu Lectera lance un programme de formation rapide multilingue axé sur les aptitudes professionnelles et destiné aux étudiants du monde entier. Google entre également dans ce secteur, avec un apprentissage en ligne rapide offrant d’acquérir des compétences professionnelles, qui concurrence les diplômes universitaires traditionnels.

Créé par le MIT et l’Université Harvard, Edx fait le pont entre les cours en ligne ouverts à tous et l’éducation traditionnelle. Grâce aux programmes MicroBachelors et MicroMasters, les étudiants, où qu’ils se trouvent, peuvent obtenir des crédits en ligne, ce qui accélère leur apprentissage lorsqu’ils sont admis sur le campus. Le succès de ces initiatives montre le potentiel d’une « Université du Canada ».

3. Les étudiants étrangers veulent-ils étudier en ligne ?

Dans la mesure du possible, les étudiants étrangers préfèrent, de loin, étudier sur les campus. Les sondages ont montré à maintes reprises qu’ils souhaitaient fortement intégrer le marché du travail canadien ; 70 % d’entre eux ont l’intention de travailler ici après l’obtention de leur diplôme. Seules la réputation de notre système d’éducation (82 %) et la perception d’une société sûre et tolérante (79 %) représentent des motivations plus fortes.

Pourtant, lorsqu’on s’intéresse aux personnes qui étudient principalement en ligne, les étudiants des pays émergents semblent plus attirés par le fait d’obtenir des crédits d’une institution étrangère. En Colombie, aux Philippines et en Afrique du Sud, 49 % des personnes inscrites à des cours en ligne ouverts à tous ont suivi au moins un cours. Cette proportion grimpe à 70 % parmi celles qui ont un emploi, selon un sondage réalisé en 2016. À titre de comparaison, seuls 5 % à 10 % des Américains et des Européens qui suivent des cours en ligne ouverts à tous termineront leurs études en ligne.

Une Université du Canada offrirait une approche équilibrée entre les cours en ligne et les cours sur les campus, un apprentissage à distance accessible à beaucoup de gens et la possibilité d’achever son cursus dans un établissement canadien.

4. Quels sont les pays où est la demande d’enseignement postsecondaire est la plus forte ?

Cinq des principaux pays d’origine des étudiants étrangers au Canada ont connu une augmentation considérable du nombre d’élèves ayant terminé leurs études secondaires, sans que le nombre de diplômés d’études postsecondaires ait grimpé aussi fortement : le Vietnam, le Brésil, l’Iran, la Chine et l’Inde. Parmi eux, la proportion d’adultes (âgés de plus de 25 ans) détenant seulement un diplôme d’études secondaires a augmenté entre 1990 et 2010.



Cette croissance montre deux choses. Premièrement, le fait d’achever ses études secondaires prend de plus en plus de valeur dans les pays en développement. Deuxièmement, la possibilité pour ces étudiants d’obtenir des diplômes postsecondaires fait défaut. Sans surprise, les pays d’où proviennent la plupart des étudiants étrangers sont aussi les pays d’origine de nombreux nouveaux Canadiens ; l’an dernier, plus de 11 000 nouveaux résidents permanents avaient étudié ici. Pour le Canada, l’exportation de l’éducation s’est directement traduite par l’importation de talents.

L’éducation en ligne peut attirer plus d’étudiants étrangers que l’éducation traditionnelle sur les campus, car elle réduit les coûts élevés que représentent les frais de scolarité, les voyages et le logement. Pour les nouvelles familles de la classe moyenne, les coûts seront un facteur décisif. Rien que cette année, les pressions sur les monnaies ont entraîné une forte appréciation du dollar canadien face au real brésilien, au naira nigérian, au birr éthiopien, au rouble russe et, dans une moindre mesure, à la roupie indienne et au yuan chinois, faisant augmenter les frais de scolarité.


 

À Surveiller

 


  • À mesure que les collèges et les universités rouvrent leurs portes et que les restrictions sur les déplacements sont levées, les demandes de permis d’études au Canada renoueront-elles avec les niveaux observés avant la pandémie de COVID-19 ? Disposons-nous de ressources suffisantes pour traiter rapidement ces demandes ?
  • Comment les universités perçoivent-elles leurs nouvelles ressources en ligne, comme des dépenses d’urgence ou comme une occasion de croissance potentielle ? Les écoles peuvent-elles collaborer en vue de partager leurs ressources en ligne ?
  • Pour attirer les étudiants du monde entier, les universités essaieront-elles d’accroître leur présence physique à l’étranger, à l’aide de campus satellites ou de partenariats locaux ?
  • Comment la propriété intellectuelle liée aux cours en ligne peut-elle être protégée sur des marchés où les règles sur la censure ou les régimes juridiques laissent à désirer ?

À Retenir

L’éducation est un bien social mondial. C’est aussi un marché mondial porteur. Les deux concepts n’ont pas à être séparés. Le Canada jouit d’une excellente réputation à l’étranger pour la qualité de son système éducatif ; c’est l’une des choses que nous faisons le mieux. Notre enseignement supérieur est le mieux noté au sein de l’OCDE et la population d’étudiants étrangers est déjà impressionnante.

Alors que l’économie du savoir se mondialise, l’éducation constitue l’un des principaux avantages concurrentiels du Canada. Notre vaste réseau d’anciens étudiants étrangers diplômés favorise les liens d’affaires à l’étranger et renforce les relations commerciales. Notre système avantageux de permis de travail destinés aux étudiants contribue à l’acquisition de talents solides, en menant vers la résidence permanente. L’éducation internationale doit être un pilier de la stratégie de reconstruction du Canada pour les années 2020.

L’Université du Canada est un moyen d’y arriver. Pour mener cette initiative audacieuse, il faudra supprimer les obstacles artificiels entre les établissements d’enseignement supérieur et les provinces, afin de promouvoir une approche collaborative de l’éducation internationale, fondée sur une plateforme. Un financement sera nécessaire pour obtenir les technologies, former le corps professoral et faire le marketing mondial qui assureront la réussite de cette initiative, sans diminuer les transferts dont nos universités bénéficient actuellement.

La concurrence ne manque pas dans le domaine de l’éducation internationale, des universités traditionnelles aux nouvelles entreprises technologiques en passant par l’enseignement supérieur qui gagne en importance dans tous les pays. Cependant, le Canada est particulièrement bien placé pour prendre la tête (s’il le souhaite).

Ce rapport a été rédigé par John Stackhouse, premier vice-président, et Andrew Schrum, premier directeur, Recherche, au Bureau du chef de la direction.

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L’enjeu

La COVID-19 a activé une cyberéducation de masse qui modifiera à long terme les procédés et les lieux d’enseignements des Canadiens. Le soudain changement pose un nouveau défi pour le système de l’enseignement supérieur canadien qui envisageait déjà un avenir économique très différent.

Point de vue

Les établissements d’enseignement postsecondaire du Canada ont transféré en ligne les cours de plus de deux millions d’étudiants en quelques semaines en mars. La rapide transition a permis de comprendre que l’apprentissage de la plupart des étudiants pouvait se faire de partout, et aussi que les établissements avaient la capacité de s’adapter rapidement.

L’urgence étant désormais consacrée à la reprise de l’économie canadienne, les étudiants qui cherchent à acquérir des compétences pour affronter le monde d’après la COVID exigeront davantage de l’éducation numérique. Les établissements devraient tirer parti de cette période pour offrir aux étudiants et aux férus de l’apprentissage permanent plus de flexibilité quant à l’endroit, au moment et à la façon choisis pour étudier.

Le système de l’enseignement supérieur est sur le point de devenir encore plus concurrentiel. Presque chaque établissement d’enseignement postsecondaire à l’échelle planétaire a beaucoup investi dans ses outils et procédés en ligne. Les établissements d’enseignement du Canada devront se distinguer des autres pour que le pays conserve sa position de chef de file de l’éducation et continue d’attirer les plus grands esprits. Pour commencer, il faudra définir la mesure de rentabilité de l’apprentissage en ligne et faire collaborer les secteurs pour que les étudiants puissent avoir plus d’options et de spécialisations. Il faudra ensuite adopter une approche globale d’apprentissage parallèle (apprentissage par l’expérience ou microcertifications – pour permettre aux étudiants de choisir la méthode et le lieu où ils voudront obtenir leurs crédits d’études. Les enseignants devront aussi offrir des outils de réalité augmentée et d’apprentissage automatique pour personnaliser l’éducation.

Principales Constatations

Près de 1,6 milliard d’apprenants ont été touchés par les fermetures d’écoles au pays.

91 % des étudiants dans le monde ont été contraints de quitter leurs salles de classe pendant la pandémie. Plus de 7 millions d’étudiants (dont 5,1 millions du jardin d’enfants à la 12e année, 1,2 million dans les universités, et 800 000 dans les collèges et les polytechniques) ont dû changer leur mode d’apprentissage Les 540 000 étudiants en fin d’études postsecondaires termineront probablement leurs études à distance cette année.


 

Les établissements canadiens ne disposaient pas des ressources ou de l’expertise requises pour tirer pleinement parti de l’apprentissage en ligne.

Environ 16 % des étudiants des universités et 12 % des étudiants de collèges ont essentiellement fait leur apprentissage en ligne en 2019, alors que plus d’un tiers des étudiants de premier cycle ont suivi au moins un cours en mode d’apprentissage hybride. Les problèmes de financement et de dotation en personnel ont entravé la formation numérique dans la moitié des universités et des collèges, et encore plus dans les plus petits établissements, malgré la plus grande utilisation des outils en ligne.

L’avantage du Canada au chapitre de l’attraction des étudiants internationaux est menacé.

L’émission de nouveaux permis des étudiants internationaux a chuté de 45 % en mars (d’une année sur l’autre). Les restrictions de déplacement et les retards de traitement des demandes de visa interrompront probablement l’arrivée des étudiants internationaux dans les prochains mois. Ces étudiants déboursent chaque année près de 6 milliards de dollars en droits de scolarité seulement dans les universités et les collèges.

Les dépenses numériques ne représentaient que 2,5 % des dépenses mondiales en éducation avant le confinement.

Même si les investissements en capital de risque dans le secteur des technologies de l’éducation ont augmenté de 14x depuis 2010, les dépenses numériques ne représentent qu’une infime portion des budgets en éducation. Les prévisions d’avant la crise laissaient entrevoir une hausse de 4,3 % de ces dépenses dans les budgets d’ici 2025. Les activités d’investissement ont été concentrées en Chine et aux États-Unis. Elles avaient attiré l’an dernier 52 % et 33 %, respectivement, d’investissement en éducation numérique.

Questions Clés

1. Est-ce que l’explosion de formations à distance donnera plus d’options aux étudiants ?

La réponse simple est « oui ». Plus les écoles devront attendre avant d’enseigner comme elles le faisaient, plus les formations en ligne prendront de place. Tant les étudiants que les enseignants voudront conserver les outils et les façons de faire qu’ils aiment.

Les établissements auront de la difficulté à attirer des étudiants une fois la pandémie terminée. Ceux-ci ayant compris qu’ils pouvaient apprendre ailleurs que dans une salle de classe, les établissements devront en effet leur démontrer en quoi leur campus offre une expérience différente.

L’éducation en ligne pourrait devenir un facteur nivelant déterminant. Les écoles, peu importe leur taille, leur emplacement ou les niveaux qu’on y enseigne, peuvent se distinguer grâce à l’éducation en ligne, car il s’agit d’un mode d’enseignement sans frontière et adaptable qui n’est pas limité par le calendrier scolaire conventionnel. Par ailleurs, les étudiants souhaitent acquérir des aptitudes qui les rendront aptes à intégrer un marché de l’emploi qui évolue rapidement. Des établissements en ligne ne délivrant pas de diplôme comme edX, Coursera et Udemy peuvent créer et adapter de nouveaux cours axés sur l’acquisition d’aptitudes plus rapidement que ne le peuvent les universités. Et si les étudiants obtenaient des crédits pour ce type de cours ? Les programmes d’apprentissage autodirigés, donnés en ligne, en classe ou en formule mixte – où les étudiants choisissent parmi une liste de microcertifications – pourraient devenir une option dans un avenir pas si lointain.

Nous devrons repousser les frontières conventionnelles de l’enseignement supérieur et amener les établissements à accorder plus de valeur aux diverses formes d’apprentissage. Certaines universités reconnaissent déjà les cours en ligne ouverts à tous (ce contenu est disponible en anglais seulement), mais le véritable point de friction réside dans le système de transfert des crédits. Parmi les exemples d’enseignement plus flexibles, mentionnons l’Academic Credit Bank (ACBS), en Corée du Sud, où les étudiants peuvent faire leurs études dans divers établissements, à leur rythme et selon leurs préférences. Ainsi, lorsqu’ils ont acquis suffisamment de crédits dans des cours de base, généraux et optionnels, l’ACBS attestera qu’ils ont bel et bien suivi ces cours et le ministère de l’Éducation délivrera un diplôme (qui ne sera rattaché à aucun établissement en particulier). Une telle façon de faire donnerait aux étudiants de nombreuses possibilités pour construire leur parcours.

2. Quels apprenants sont les plus vulnérables aux perturbations ?

L’éducation en ligne exige d’avoir accès à la fois à des appareils numériques personnels et à une bonne connexion Internet, de sorte que les étudiants n’ayant pas accès à l’un ou à l’autre risquent de perdre au change.

Environ un ménage canadien sur quatre du quartile de revenu le plus bas utilise uniquement un téléphone intelligent pour accéder à Internet. Plus ou moins 10 % des ménages – surtout en région rurale – n’ont pas Internet haute vitesse. Dans les deux cas, les étudiants autochtones sont surreprésentés. De plus, aux étudiants ayant des problèmes d’accessibilité, les établissements doivent parfois fournir des outils numériques adaptés pour qu’ils puissent poursuivre leur cursus.

L’ambiguïté entourant le retour à la normale dans les écoles dictera la manière dont certains étudiants prendront des décisions qui auront des répercussions à long terme. Au cours d’une année donnée, environ 40 000 élèves du secondaire abandonnent leurs études. Cette année, ce nombre sera sans doute plus élevé étant donné que près de 300 000 élèves risquent de ne pas obtenir leur diplôme pour des questions d’insécurité financière.

Et pour ceux qui doivent commencer leurs études universitaires, collégiales ou professionnelles cette année, l’orientation s’effectuera aussi sans doute à distance. De nombreux établissements se demandent s’il ne vaudrait pas mieux déplacer à l’automne les cours de première année, notamment les cours préalables en ligne dont les conditions d’admission étaient strictes. Alex Usher, expert en éducation, a invité des universités canadiennes à collaborer à l’établissement d’un curriculum de première année commun pour les entrants de 2020. Selon des sondages récents de l’Ivy Research Council, un étudiant sur quatre envisage de prendre une année sabbatique en raison de l’incertitude concernant l’année scolaire 2020-2021.

3. Le Canada sera-t-il aussi attrayant pour les étudiants étrangers si la formation a lieu en ligne ?

Cela reste à voir, et il s’agit d’une question importante, car les étudiants étrangers représentent une source de revenus considérable pour nos écoles. S’ils ne peuvent pas entrer au Canada, nous devrons trouver de nouvelles manières de vanter les programmes canadiens aux non-résidents.

Au début de 2020, plus de 640 000 étrangers détenaient un permis d’études et au moins 293 000 nouveaux permis avaient été délivrés pour la seule année 2019, tous niveaux d’études confondus. Le nombre d’étudiants étrangers inscrits à un programme d’études post-secondaires a doublé au cours des cinq dernières années et s’établit maintenant à 500 000. Ces étudiants, dont 11 000 deviennent résidents permanents chaque année, comptent pour environ le quart de la population estudiantine et contribuent au PIB à hauteur de 22 milliards de dollars par année.

En raison du confinement, les arrivées de nouveaux étudiants ont chuté au premier trimestre de 2020 et des chutes importantes sont à prévoir dans un avenir prévisible. Pour freiner cette baisse, le gouvernement fédéral permet aux nouveaux étudiants étrangers de commencer leur programme depuis leur pays de résidence, de faire jusqu’à 50 % de leurs cours à distance, et d’obtenir un permis de travail postdiplôme. Cependant, l’apprentissage en ligne modifiera grandement l’expérience des étudiants étrangers ; ils devront payer leurs études presque deux fois plus cher que les étudiants canadiens et ne pourront même pas venir au Canada et tisser des liens.

Environ 26 % des détenteurs d’un permis d’études (soit 168 000personnes) sont issus des pays ayant les politiques de censure d’Internet les plus sévères. Il sera impossible de garantir à ces personnes l’accès aux ressources éducatives canadiennes. Les collèges et les universités doivent donc s’attendre à ce qu’un grand nombre de personnes reportent leur adhésion à l’hiver 2021 ou à plus tard. Le cas échéant, il faudra revoir les préalables et les programmes de mise à niveau en cours d’année.

Les collèges qui offrent des programmes de réorientation professionnelle aux étudiants étrangers – programmes dont la popularité a connu une forte croissance ces 15 dernières années – pourraient grandement souffrir de la situation. Tout d’abord, l’apprentissage en ligne ne permet pas d’acquérir les aptitudes pratiques et en milieu de travail qui sont essentielles pour ces gens, qui sont surtout des travailleurs de la santé et des gens de métier. Ensuite, de nombreuses personnes ne prendront pas le risque de venir s’installer ici, compte tenu de l’incertitude qui règne sur le marché de l’emploi au Canada.

4. L’apprentissage en ligne peut-il aider à cultiver des compétences professionnelles ?

L’apprentissage à distance peut sans contredit favoriser l’acquisition de compétences prisées par les employeurs. Les étudiants qui s’y adonnent doivent gérer leur temps efficacement, parfaire leurs habiletés en communication écrite et utiliser la technologie avec aisance. Il reste qu’en ce moment, les apprentissages les plus importants que font les étudiants ne sont pas scolaires : ils résident plutôt dans le renforcement de leur résilience et de leur capacité d’adaptation. Ce sont là des atouts qui, à n’en pas douter, leur seront utiles à l’avenir.

Cela dit, la formation en ligne ne stimule pas toujours le développement de compétences socioaffectives comme l’écoute active, l’expression orale et la structuration de la pensée critique. Or selon les conclusions du rapport Humains recherchés, publié par RBC en 2018, ces compétences seront très en demande chez les employeurs canadiens. L’éducation en ligne ne nécessite pas les mêmes approches pédagogiques que l’éducation en personne pour parvenir aux mêmes résultats ; pour permettre à ses adeptes d’approfondir leurs compétences humaines, elle doit faire appel à différentes formes d’interaction sociale.

L’Université d’Athabasca, le plus grand établissement de formation à distance au Canada, ne tente pas de reproduire l’enseignement magistral sous une forme numérique. Elle mise plutôt sur une approche axée sur l’étudiant en encourageant par exemple les échanges entre pairs par le truchement de l’apprentissage en équipe et de groupes d’étude virtuels. En avril, le nombre d’inscriptions à l’Université d’Athabasca a grimpé de 12,3 % au premier cycle et de 10,7 % aux cycles supérieurs, ce qui est révélateur des préférences des étudiants dans le contexte de la pandémie de COVID‑19.

L’apprentissage intégré au travail fait aujourd’hui partie intégrante du cursus de près de 60 % des étudiants de niveau postsecondaire. Cette forme d’apprentissage facilite l’acquisition de compétences professionnelles et le réseautage, autant d’atouts qui favorisent une transition harmonieuse vers le marché du travail. Bon nombre d’employeurs ont cependant dû renoncer à cette possibilité à cause des mesures de confinement : environ le tiers des étudiants ont en effet subi l’annulation ou le report d’un placement en milieu de travail. Certains étudiants se sont dès lors tournés vers l’apprentissage intégré au travail virtuel, un format qui pourrait être là pour rester. Riipen Networks, une entreprise de Vancouver qui organise des projets de travail virtuels à court terme pour les étudiants, a ainsi mobilisé 45 000 étudiants à ce jour dans 200 établissements en Amérique du Nord. Les administrateurs d’universités du Canada (par l’intermédiaire d’ECAMT) ont veillé à ce que les étudiants des programmes coop reçoivent des crédits pour ces projets virtuels d’apprentissage intégré au travail.

5. Est-il possible de personnaliser l’apprentissage lorsqu’il est dispensé à une échelle aussi vaste ?

Dans la négative, les étudiants seront généralement moins motivés. Pour être rentable, la formation en ligne doit se faire à grande échelle ; une classe peut ainsi regrouper des centaines, voire des milliers d’étudiants. Toutefois, elle doit aussi offrir une expérience personnalisée à chacun d’eux.

Le marché des technologies de l’éducation est plus florissant que jamais : l’activité du capital-risque a atteint 3 milliards de dollars US au premier trimestre de 2020, ce qui correspond grosso modo à la valeur de tous les marchés conclus pour l’année 2016 au complet. Les outils les plus prisés sont ceux qui promettent de procurer à chaque apprenant une expérience numérique unique. La réalité augmentée et virtuelle (RA/RV) est ainsi utilisée pour remplacer des sujets vivants (p. ex., en soins infirmiers ou en médecine dentaire) ou pour permettre l’accès à de l’équipement d’essai coûteux (p. ex., réparation de machines, construction). Grâce à ces outils, les étudiants peuvent s’exercer dans un nouvel environnement et explorer celui-ci à leur gré sans risquer de commettre des erreurs ou de causer des dommages. HolonIQ, entreprise de surveillance du marché des technologies de l’éducation, se montre particulièrement optimiste par rapport à la RA/RV : elle prévoit une multiplication par sept des dépenses dans ce domaine d’ici 2025. Ces outils adaptés aux téléphones intelligents pourraient marquer le début d’une nouvelle ère dans l’apprentissage à distance, notamment parce qu’ils ouvrent la porte à des ressources qui seraient inaccessibles dans un environnement physique ; des laboratoires virtuels et l’apprentissage basé sur des mises en situation, entre autres.

L’intelligence artificielle jouera un rôle charnière dans l’évolution de l’éducation au cours de la décennie qui s’amorce. Outre le fait que des agents conversationnels pourraient alléger la tâche du corps enseignant par le tutorat et que les barrières linguistiques pourraient tomber grâce à la traduction en temps réel, l’apprentissage automatique a le potentiel de modifier de fond en comble la façon dont les étudiants sont évalués. Par la compréhension et la recension des progrès d’un étudiant s’adonnant à l’apprentissage numérique, l’intelligence artificielle est en effet capable d’élaborer des plans de formation sur mesure. S’ils étaient mis en application à grande échelle, ces outils pourraient mener à l’abolition des niveaux scolaires basés sur l’âge, de la maternelle à la cinquième secondaire. De même, la progression de l’étudiant au niveau postsecondaire pourrait être conditionnelle à l’acquisition de certaines compétences plutôt qu’à la réussite de cours préalables.

L’infrastructure de l’éducation pourrait également être transformée par la technologie des chaînes de blocs, qui permettrait une vérification instantanée des titres de compétences. Un tel système simplifierait aussi le transfert de crédits d’un établissement d’enseignement à l’autre et le cumul des titres de compétences. Dans la même optique, il est permis d’envisager la création d’un registre de compétences personnelles authentifié et accessible, lequel ferait état du parcours d’une personne (aptitudes, titres de compétences et programmes de formation continue).

6. Le modèle d’affaires des établissements d’enseignement postsecondaire se trouve-t-il à un point d’inflexion ?

La pandémie de COVID‑19 pourrait précipiter une révolution dans la prestation de l’éducation supérieure. La baisse du nombre d’inscriptions et des revenus, conjuguée à l’augmentation des coûts liés à la technologie, forcera les établissements d’enseignement à l’innovation. Ceux qui se cantonnent dans le statu quo resteront sur la touche.

D’abord, force est de constater que les écoles ont opéré une transformation majeure en mars, lorsque plus de 2 millions d’étudiants sont passés à l’apprentissage en ligne. Il s’agit d’une réalisation importante, surtout si l’on tient compte du fait qu’avant la pandémie de COVID‑19, près des deux tiers des établissements d’enseignement postsecondaire canadiens affirmaient que la résistance de la part du personnel enseignant était le principal obstacle les empêchant de proposer plus de choix de cours en ligne. Bon nombre de pédagogues croyaient alors que l’enseignement en ligne donnait des résultats limités, essentiellement à cause de l’incapacité des étudiants à autoréguler leur apprentissage. Ces réserves ont été mises de côté – du moins temporairement – au profit de mesures d’urgence, et les établissements ont fait des avancées notables au chapitre de la technologie et de la conception de cours.

Ensuite, les établissements qui avaient déjà investi dans l’éducation à distance sont les mieux placés pour assurer la transition harmonieuse de leurs activités. L’Université Laval a mis sur pied sa propre plateforme d’apprentissage en ligne à la fin des années 2000 par l’intermédiaire de l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval. Avant la pandémie de COVID‑19, 71 % des cours de l’établissement n’avaient aucune composante virtuelle ; à la fin mars, 95 % d’entre eux se donnaient par la plateforme en ligne. À l’Université de Windsor, l’Office of Open Learning n’a pas tardé à mettre en œuvre les ressources et la formation nécessaires pour que le corps enseignant « donne ses cours en ligne au plus vite ». Des établissements se sont échangé diverses ressources de microformation, qu’il s’agisse de modèles, d’outils, de blogues ou de balados. L’Université de Waterloo a quant à elle embauché plus de 300 étudiants pour l’été, lesquels travailleront avec les enseignants pour faciliter la transition vers l’apprentissage à distance à l’automne 2020.

Enfin, les barrières artificielles érigées entre les établissements d’enseignement supérieur canadiens tomberont. Face à l’augmentation de la dette publique et à la baisse prévisible de l’effectif étudiant, bon nombre de ces établissements sont déjà forcés de réduire leurs coûts. Il faudra que les universités et les collèges collaborent plus étroitement pour réduire la duplication des ressources en ligne et faciliter l’accès à celles-ci. Certains établissements s’échangent d’ailleurs déjà du matériel d’apprentissage et des ressources didactiques, notamment les universités de la Maple League dans les provinces de l’Atlantique, le groupe Tri-University dans le sud de l’Ontario et les établissements membres d’Education City à Ottawa. À l’avenir, ce type de partenariats sera nécessaire pour coordonner l’offre de cours en ligne et proposer aux étudiants un maximum de choix et d’expériences.

Ce Que Nous Surveillons :

Le système de l’enseignement supérieur canadien a une occasion d’évoluer et le Canada à l’occasion, de devenir un acteur mondial dans le domaine de l’éducation, même après la pandémie. Éléments à envisager pour se distinguer :

  • Collaborations entre les universités, les collèges et les polytechniques pour l’établissement de plateformes d’apprentissage numérique communes et de programmes en ligne partagés.
  • Modernisation du système de transfert de crédit reconnaissant l’attribution d’un diplôme ou d’un grade après un apprentissage par l’expérience et les microcertifications.
  • Modification du calendrier scolaire traditionnel afin d’augmenter les taux d’inscription au printemps et à l’été, et modification des dates d’inscription pour les étudiants en ligne.
  • Nouvelles formules de participation des étudiants internationaux pouvant nécessiter plus de présence des établissements canadiens dans les pays d’origine des étudiants.
  • Demande accrue pour les concepteurs de cours pour le développement d’une pédagogie intégrant la réalité augmentée et la réalité virtuelle et l’apprentissage automatique pour des expériences d’études personnalisées.
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Au cours des prochaines semaines, nous allons commencer à constater l’ampleur des répercussions économiques de la pandémie et du confinement qu’il a fallu observer. Le premier trimestre de l’année aura été marqué par un recul économique sans précédent en raison des pertes d’emplois et des fermetures d’entreprises inévitables, dont le pays tout entier risque de ressentir les répercussions longtemps après que la pandémie aura été maîtrisée.

En de pareilles circonstances, il est naturel de se concentrer sur les problèmes immédiats, mais nous devons aussi réfléchir à la reprise qui suivra la crise, afin d’être prêts à passer à l’action le temps venu.

Depuis le début de la crise actuelle, j’ai parlé à des dizaines de clients – des plus grandes entreprises du pays à de simples emprunteurs hypothécaires – et j’ai travaillé étroitement avec mes pairs d’ailleurs dans le monde ainsi qu’avec nos gouvernements afin de comprendre la situation et les risques complexes auxquels nous faisons face. Beaucoup d’entre nous reconnaissent maintenant qu’il est peu probable que nous assistions à une reprise économique en V, contrairement à ce qu’on espérait encore il y a quelques semaines ; il nous faudra sans doute travailler très fort au cours des prochains mois pour opérer plutôt un redressement en U.

Et nous n’atteindrons pas cet objectif sans mal. Même si les mesures de confinement sont abrogées à l’été, il faudra du temps pour effacer les cicatrices économiques laissées par la COVID-19. Heureusement, le gouvernement fédéral a mis sur pied d’importants programmes d’aide, qui totalisent actuellement plus de 100 milliards de dollars, mais il faudra qu’Ottawa et les provinces en face encore davantage.

À l’heure actuelle, il faut agir sans perdre un instant. Au cours des jours qui viennent, Équipe Canada doit réunir ses forces pour que les engagements historiques des gouvernements parviennent aux propriétaires d’entreprise, aux innovateurs, aux entrepreneurs sociaux et aux familles des quatre coins du pays. De nombreuses entreprises ne disposent que de quelques jours pour préserver leur effectif. Au cours des mois qui viennent, bien des familles auront du mal à joindre les deux bouts.

Malgré tout, les investissements historiques des autorités doivent non seulement nous permettre de survivre aujourd’hui, mais aussi servir à réformer l’économie pour demain. Et cela implique de passer de la défensive à l’offensive, comme sait le faire Équipe Canada.

Pour opérer cette transition, nous devons imaginer une nouvelle normalité, car nous ne pourrons pas revenir à nos anciennes façons de faire. Le commerce mondial ne pourra sans doute pas reprendre son cours traditionnel. Il y a peu de chances que les échanges internationaux restent inchangés. Les consommateurs, les gourmets et les touristes pourraient décider de garder leurs distances pendant un certain temps. Même le partage des technologies et des innovations pourrait ne pas revenir de sitôt à son rythme d’il y a quelques mois.

Pour un pays relativement petit comme le Canada, qui a profité sur bien des plans de l’économie mondiale ouverte, ces défis sont considérables. Cela n’implique pas nécessairement de renoncer à la mondialisation. Il nous faut toutefois, pour la première fois depuis des décennies, réfléchir aux façons d’être plus autosuffisants dans les secteurs qui comptent le plus pour notre compétitivité et notre prospérité.

Voici quelques exemples d’outils dont nous disposons :

Capital

Le Canada affiche un excellent bilan, parmi les meilleurs au monde. Le gouvernement fédéral commence à exploiter de façon plus ambitieuse sa situation financière, et il devra continuer à le faire ; par conséquent, les Canadiens doivent s’habituer à ce que leur dette collective soit plus élevée. Par ailleurs, nos banques, nos compagnies d’assurances et nos régimes de pension se classent parmi les plus solides au monde, et leur bilan enviable peut être exploité pour rétablir notre économie. Depuis la crise financière mondiale de 2008-2009, les Canadiens ont travaillé fort à consolider ces fondations et à protéger leur capital ; il est maintenant temps de mettre ce capital à l’œuvre en investissant dans les entrepreneurs et les innovateurs qui peuvent bâtir les marchés et les chaînes logistiques de demain.

Commerce

Nous avons longtemps tenu pour acquise la libre circulation des fournitures essentielles comme l’équipement médical, les médicaments, les aliments et les produits agricoles. Tout cela ne sera peut-être plus possible dans la prochaine normalité. Nos gouvernements, nos entreprises de pointe et nos universités doivent déterminer comment assurer la résilience des chaînes logistiques canadiennes. Évidemment, l’autosuffisance du pays pourrait coûter plus cher aux Canadiens, car notre marché intérieur est limité. Nous aurons besoin de nos meilleurs innovateurs pour concevoir et mettre en œuvre des technologies qui nous permettront de réaliser des gains de productivité et d’assurer ainsi la compétitivité du Canada.

Technologie

La crise a donné la possibilité à de nombreuses entreprises d’explorer d’autres manières de travailler et de garder le contact avec leurs clients. Si nous tirons parti des nouvelles technologies dans l’ensemble des secteurs, y compris au sein de la fonction publique, nous pouvons accélérer notre transition vers une économie plus concurrentielle et inclusive. De plus, nous pouvons nous assurer que ces technologies nous aident à mieux nous préparer à de futurs défis touchant la santé publique. Cela étant dit, les entreprises ne sont pas les seules à devoir évoluer. En s’appuyant sur son bilan, le Canada a l’occasion d’investir dans la prochaine génération d’infrastructures – comme les réseaux large bande par satellite en milieu rural et les villes intelligentes – en vue d’accroître notre ingéniosité, de créer des collectivités plus résilientes et de garantir des moyens de subsistance. La reprise à venir doit être axée sur les technologies numériques, optimisée par les données et assurée par des Canadiens dotés des compétences nécessaires pour affronter la prochaine décennie.

Aptitudes

Pour mener à bien cette transition, nous devons transformer nos modes d’apprentissage et de formation, afin que les entreprises et les collectivités soient mieux outillées pour faire face à un nouveau modèle de perturbation. Grâce au programme Objectif avenir, un engagement de 500 millions de dollars, et à sa série d’études Humains recherchés, la Banque Royale du Canada a encouragé au cours des dernières années les employeurs, les enseignants et les étudiants à se concentrer sur les emplois de demain. Nos écoles, collèges et universités ont répondu à l’appel en réalisant d’importants progrès qui font du système d’éducation canadien l’un des meilleurs au monde. Toutefois, si, au sortir de cette crise, nous continuons d’enseigner et d’apprendre comme nous le faisions auparavant, nous aurons échoué.

Jeunes

Malheureusement, la nouvelle génération de Canadiens portera pendant de nombreuses années les stigmates économiques de la présente crise. Si nous leur prêtons main-forte dès maintenant, ils pourront contribuer à la reprise et à la reconstruction de notre économie. Maîtrisant bien les technologies numériques, les jeunes n’ont pas tardé à s’adapter à cette nouvelle réalité. C’est pourquoi RBC s’est engagée à maintenir en poste les quelque 1 400 étudiants auxquels elle avait offert un emploi d’été, même si certains n’auront pas de lieu de travail à leur première journée. Pas d’inquiétude, cependant : la plupart d’entre eux travailleront de la maison et pourront nous aider à envisager autrement tout ce que nous pouvons bâtir ensemble. Ils représentent l’avenir et nous aideront à nous y préparer.

Au cours des mois d’épreuves et de tumultes que nous a apportés cette crise, j’ai été encouragé par la capacité des 85 000 employés de RBC à passer à un système d’exploitation mondial sans pratiquement aucune perturbation. À mes yeux, nous faisons les choses différemment, et aussi avec plus d’efficacité. Cette amélioration de nos façons de faire sera essentielle au succès de notre reprise dans un monde qui ressortira transformé de la période que nous traversons. C’est pourquoi j’ai demandé à tous nos gestionnaires de noter ce qu’ils apprennent et ce qui, selon eux, pourrait constituer la nouvelle normalité.

J’ai mis l’accent sur deux mots en particulier : « vitesse » et « envergure ». Nous avons besoin de ces deux forces pour assurer la croissance de nos activités. Les politiques publiques doivent également en tenir compte, pour que nous puissions élaborer des solutions au rythme où apparaissent nos problèmes communs, et pour que ces solutions aient une envergure à la hauteur de ce que nous observons ailleurs dans le monde.

Dans les prochaines semaines, il nous faudra avancer à une vitesse plus élevée qu’à l’habitude et viser une envergure à la fois audacieuse et ambitieuse. Nous devrons aussi maintenir la cadence, même si nous serons confrontés à des questions qui nous feront douter des moyens à employer pour nous rétablir collectivement de cette crise.

Nous devrons mettre sur pied des plans de reprise, pour déterminer quels secteurs de la société pourront reprendre leurs activités en premier et évaluer la meilleure façon de procéder pour éviter une cohue.

Par ailleurs, nous devrons investir massivement dans le dépistage à grande échelle de la COVID-19 et adopter de nouvelles approches de surveillance, afin de mieux situer le virus et d’en limiter la propagation le plus efficacement et humainement possible.

Nous devrons veiller à protéger l’ensemble des Canadiens tout en acceptant l’éventualité de coexister avec le virus, au pays et à l’étranger, avant qu’un vaccin ou un traitement efficace ne soit mis au point et produit à grande échelle.

La façon dont nous répondrons à ces questions et travaillerons ensemble dans les prochaines semaines restera ancrée dans les mémoires pendant de nombreuses années. La façon dont nous rebâtirons notre économie par la suite laissera un souvenir durable aux générations à venir.

Nous savons que cette crise est différente et plus grave que toutes celles que nous avons traversées par le passé. Nous savons aussi qu’elle peut annoncer le début d’un nouveau chapitre pour l’économie canadienne, un chapitre qui nous permettra de prospérer à l’ère numérique.

Il nous faudra unir nos forces – ce dans quoi les Canadiens excellent, même en des temps difficiles. Nous devrons adopter une approche à la fois offensive et défensive. Enfin, nous devrons comprendre que cette épreuve représente pour le Canada un défi à surmonter, mais aussi une occasion de briller.

Cela pourra être notre nouvelle normalité.

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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Le capitalisme allait-il tenir ? Les États-Unis reculaientface au communisme ; les populations adhéraient au socialisme, pas aux politiquesmonétaires ; et les jeunes s’opposaient aux multinationales qui dictaient les règles ducommerce mondial.

Le capitalisme l’a emporté, et pour la vaste majorité des gens, le monde est devenuplus ouvert, plus savant, plus novateur et – selon la plupart des indicateurs – plusprospère. La semaine dernière, pourtant, le 50e Forum économique mondial de Davosa révélé une nouvelle fracture. Après un demi-siècle de mondialisation, de règles etd’ambitions qui, depuis la fin de la Guerre froide, ont accompagné l’entrée dans l’èred’Internet et l’arrivée des appareils mobiles, maintenant omniprésents, le monde,confronté à de nouveaux défis, se questionne de plus belle. Et une fois de plus, lanouvelle génération réclame qu’on agisse. Le capitalisme peut-il encore releverle gant ?

Cette cinquième participation au Forum m’a ouvert les yeux : les appareilsgéopolitiques et les systèmes économiques sont des plateformes de lutte pouraborder le grand virage à venir et en encaisser les profonds contrecoups. Au cours desannées 2020, à mesure que nos sociétés relèveront le défi des changements climatiqueset que seront exploitées les possibilités qu’offrent les technologies intelligentes,on pourrait assister à une restructuration des économies et des secteurs d’activité.Seulement, qui sera l’artisan du changement ? Plus que jamais, le secteur privé vadevoir redoubler d’efforts.

Voici quelques constats que j’ai faits à Davos.

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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

Le commerce de détail traditionnel est-il mort ? La réponse courte : non. #LesInnovateursRBC.

Dans un monde moderne constamment bousculé par les changements technologiques, les travailleurs de la santé ont tout de même un avantage.

Étant donné la nature essentiellement humaine du travail, les technologies de pointe ne menacent pas dramatiquement l’emploi des médecins, des infirmières, des thérapeutes et des autres professionnels de la santé qui fournissent des soins de toutes sortes aux Canadiens. Même si l’automatisation promet des gains d’efficacité, personne ne s’attend à court terme à ce qu’un robot puisse poser un diagnostic de cancer ou effectuer des visites médicales à domicile.

Voilà un pronostic rassurant, mais le secteur canadien de la santé devra faire face à un autre défi de taille. La population vieillissante du pays exercera bientôt une grande pression sur le système, qui coûtera 120 milliards de dollars de plus au cours de la prochaine décennie. Pour tirer pleinement profit des nouvelles technologies alors qu’un Canadien sur quatre sera une personne âgée, le secteur de la santé devra adopter de nouvelles façons de travailler.

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Un nouveau rapport de RBC intitulé On demande Dr Données révèle qu’environ 17 % des emplois du secteur de la santé sont à risque d’automatisation – soit moitié moins que dans les autres secteurs de l’économie.

Le réseau de la santé devrait aussi continuer de créer beaucoup d’emploi : d’ici 2025, 370 000 nouveaux postes y seront offerts et le secteur connaîtra sans doute une pénurie de travailleurs, même selon les prévisions les plus optimistes. Cette pénurie annoncée présente une occasion de réorientation professionnelle pour un grand nombre de travailleurs dont l’emploi dans un autre secteur a été éliminé, bon nombre d’entre eux possédant déjà certaines des aptitudes fondamentales recherchées dans le secteur de la santé.

La nécessaire mise à niveau des aptitudes pose toutefois un énorme défi que le réseau canadien de la santé devra relever rapidement. Les travailleurs qui souhaitent se réorienter vers le secteur de la santé devront trouver le temps, l’argent et le soutien nécessaires. Ceux qui travaillent déjà dans le réseau de la santé devront acquérir une formation d’appoint pour s’adapter aux technologies de rupture. De plus, le secteur sera à l’affût de nouvelles compétences, par exemple dans les domaines de l’impression 3D et de la programmation des dispositifs portables.

Les spécialistes consultés s’entendent sur les aptitudes dont le secteur de la santé aura besoin dans un proche avenir, notamment la maîtrise du numérique (capacité non seulement de recueillir des données, mais aussi de les utiliser et de les analyser), la capacité de fournir des soins de santé virtuels (en raison de la croissance de la télémédecine) et la capacité d’orienter les patients dans un réseau toujours plus complexe. Quant aux qualités humaines caractéristiques des meilleurs soins de santé — l’empathie, l’écoute active, la pensée critique et la capacité de résoudre des problèmes complexes —, elles seront plus importantes que jamais.

La révolution des aptitudes est déjà en marche dans le réseau de la santé. Les enseignants adaptent des cours provenant d’autres disciplines afin de développer l’adaptabilité et la résilience chez leurs étudiants. Les médecins consultent des spécialistes de l’intelligence artificielle afin de trouver des algorithmes permettant d’améliorer les soins. Les hôpitaux adoptent certaines technologies de pointe qui leur permettent d’attirer de nouveaux talents.

S’il est bien conçu, un nouveau modèle combinant la technologie, les aptitudes et une approche de gestion novatrice pourrait atténuer le choc du vieillissement de la population pour le réseau de la santé du Canada. Il nous reste un peu de temps pour trouver la bonne formule, mais il faut que le réseau de la santé se tourne au plus vite vers l’économie fondée sur les aptitudes.

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L’avenir du commerce de détail: l’important, c’est vous!

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Alors que les agriculteurs canadiens laissent les tâches traditionnelles aux machines intelligentes pour se concentrer sur les stratégies et les systèmes, ils seront mieux placés que jamais pour nourrir la population mondiale en croissance rapide. Mais pour y arriver, en plus de devoir parfaire leurs aptitudes actuelles, ils auront besoin de nouvelles aptitudes que le Canada devra s’atteler à développer sans tarder.

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Selon Agriculteur 4.0, un nouveau rapport de RBC, le pays pourrait connaître une pénurie de main-d’œuvre possédant des aptitudes essentielles à la transformation du secteur : analyses des données, robotique, ventes internationales, pour n’en citer que quelques-unes. On prévoit en effet une transformation qui risque d’entraîner un manque à gagner de 123 000 travailleurs agricoles d’ici 2030. Toutefois, la bonne combinaison d’aptitudes pourrait ajouter 11 milliards de dollars au PIB du Canada et accroître la productivité du secteur à un niveau supérieur à celui des secteurs de l’automobile et de l’aérospatiale réunis.

Agriculteur 4.0 présente les résultats d’une étude de quatre mois menée par des chercheurs et des économistes sur l’évolution des aptitudes agricoles exigées, au moyen de l’analyse des données recueillies dans le cadre d’entrevues avec des personnes se trouvant au cœur même de la révolution agricole.

L’étude a révélé que les agriculteurs canadiens sont au carrefour d’une révolution démographique et technologique. D’ici 2025, un agriculteur sur quatre aura 65 ans ou plus. Par ailleurs, il y a moins de jeunes que jamais qui se lancent dans ce métier.

Agriculteur 4.0 a aussi analysé l’émergence des technologies de pointe dans des sous-secteurs agricoles et découvert qu’elles n’entraîneront pas de réduction du nombre d’emplois à court terme, mais plutôt une évolution des aptitudes requises dans les fermes, les établissements d’aquaculture, les vignobles et les serres au cours de la prochaine décennie.

Selon le rapport, 14 % des producteurs ont automatisé leurs tâches l’an dernier, et le secteur a dépensé quatre fois plus sur la machinerie par travailleur que tout autre secteur de l’économie. Cependant, même si 95 % des grands producteurs disent utiliser les technologies de pointe, la part des investissements du Canada en technologies agricoles n’était que de 3,4 % en 2018.

En fonction d’un modèle de groupe d’aptitudes élaboré dans le cadre du rapport Humains recherchés, publié en 2018 par RBC, Agriculteur 4.0 présente cinq catégories de travailleurs agricoles qui seront touchés différemment par la technologie :

  • Le groupe le plus important, les propriétaires et exploitants d’une ferme que nous surnommons les « décideurs », auront besoin de l’expertise numérique, des capacités de leadership et de l’esprit critique nécessaires à la gestion d’exploitations agricoles plus grandes et complexes.
  • Un deuxième groupe de travailleurs qualifiés qui assurent l’entretien de l’équipement agricole devront composer de plus en plus avec des machines intelligentes, ce qui signifie qu’ils devront développer les aptitudes technologiques nécessaires pour travailler avec des robots et faire du codage. D’après le rapport, on estime que le Canada aura encore besoin de 25 000 de ces travailleurs, soit les « facilitateurs », qui ont des connaissances sur les logiciels, le sens des affaires et des aptitudes en communications.
  • Dans un troisième groupe se trouvent les « spécialistes », des travailleurs ayant des connaissances spécialisées dans des domaines scientifiques comme la génétique, la chaîne de blocs et l’intelligence artificielle. Le rapport indique que la demande pour cette catégorie d’emploi sera de 18 000 travailleurs.

L’un des plus importants défis des décideurs politiques sera de trouver des solutions à la pénurie de travailleurs peu spécialisés, qui devrait atteindre 85 000 travailleurs d’ici 2030. La demande pour ce type de postes, notamment pour la cueillette de fruits et les plantations, sera plus problématique à court terme. Une automatisation est à prévoir à long terme. La transition nécessitera une nouvelle approche en matière d’immigration et de rééducation professionnelle, entre autres choses.

Agriculteur 4.0 souligne les innovations dans des pays comme les Pays-Bas, l’Australie et Israël, où les programmes agricoles sont au cœur des priorités. Le rapport invite d’ailleurs le Canada à adopter une nouvelle combinaison d’aptitudes agricoles davantage axées sur les données, l’innovation et la diversité. Parmi les recommandations du rapport, soulignons une stratégie nationale en matière d’aptitudes, y compris des mesures visant à inciter un nombre accru de jeunes à faire leur entrée dans le secteur.

L’agriculture jouera un rôle central dans la santé et la prospérité futures du Canada. Grâce à la bonne combinaison d’aptitudes et de technologies, les agriculteurs canadiens pourront nourrir le monde et faire croître l’économie canadienne.

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Il y a un an, RBC publiait Humains recherchés – Facteurs de réussite pour les jeunes Canadiens à l’ère des grandes perturbations, une étude inédite sur le passage d’une économie canadienne fondée sur les emplois à une économie fondée sur les aptitudes. On y traite des mesures prises par le Canada pour se préparer à cette transformation.

À la suite de ce rapport, nous avons décidé de prendre la route. Nous sommes partis d’Halifax pour nous rendre jusqu’à Victoria. L’objectif : communiquer nos résultats à 5 000 Canadiens dans le but de savoir en quoi les lacunes sur le plan des aptitudes changent notre façon d’étudier, d’instruire et d’exploiter nos entreprises.

Cette initiative a donné lieu à la rédaction d’un nouveau rapport, Combler les lacunes : Ce que les Canadiens nous ont dit au sujet de la révolution des aptitudes, qui met en commun les points de vue d’éducateurs, d’employeurs et de jeunes sur la révolution des aptitudes. Étonnamment, ce n’est pas tant le sujet de la technologie qui est ressorti de cette discussion, mais davantage celui des gens. Des Canadiens nous ont présenté des idées intéressantes, simples et ambitieuses, sur ce que nous pouvons faire pour nous préparer aux défis de l’avenir.

Selon eux, le Canada devrait s’attaquer en priorité aux enjeux suivants :

  • Promouvoir les arts et les sciences dans nos écoles
  • Développer les compétences de gestion dans l’économie numérique
  • Promouvoir les aptitudes numériques dans les secteurs traditionnels
  • Contribuer au perfectionnement des aptitudes des jeunes autochtones
  • Aider les petites entreprises à embaucher des étudiants

Notre prospérité à tous est directement liée à notre capacité à préparer les jeunes à réussir dans une économie mondiale qui évolue rapidement. Les thèmes et les idées qui sont ressortis de notre tournée pancanadienne sont porteurs d’avenir pour le Canada à l’approche de 2020.

Le monde du travail évolue, mais les jeunes Canadiens ont le potentiel, l’ambition et la force nécessaires pour y faire leur place.

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« D’emblée, j’ai dit aux responsables de l’embauche que les aptitudes techniques n’étaient pas mon point fort, a-t-il déclaré. J’ai quelque chose de différent à offrir. »

Finalement, il a décroché l’emploi. À l’ère des grandes perturbations, la différence peut être un atout.

Pour produire notre nouveau rapport, intitulé Combler les lacunes : Ce que les Canadiens nous ont dit au sujet de la révolution des aptitudes, qui fait suite à Humains recherchés, notre étude sur le monde du travail de l’avenir, nous nous sommes entretenus, sur une période d’un an, avec des étudiants, des enseignants, des employeurs et des décideurs de diverses régions du pays.

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De ces entretiens nous avons tiré quelques conclusions sur la révolution des aptitudes qui est en cours au Canada — ainsi que sur les défis qui en découlent.

L’un de ces défis est le fait que les programmes de lettres et de sciences humaines (ou d’« arts libéraux ») sont en déclin — même si la demande pour les aptitudes qu’ils permettent de développer est en hausse. Les employeurs nous ont dit qu’ils recherchent de plus en plus des candidats possédant les aptitudes non techniques développées dans le cadre des programmes de lettres et de sciences humaines, comme la pensée critique et la communication. Or, les inscriptions à ces programmes sont en baisse de plus de 10 %.

Dans notre société obsédée par la technologie, les opinions à l’égard des sciences humaines sont tellement défavorables que les jeunes délaissent ce domaine, selon Patrick Deane, président de l’Université McMaster.

« Les parents, les gouvernements et la société en général sous-estiment les compétences essentielles développées dans le domaine des sciences humaines ; c’est un problème systémique et culturel qui dure depuis longtemps », a déclaré M. Deane.

Entre 2011 et 2017, les inscriptions aux programmes de sciences humaines ont chuté de 17,5 %. Au cours de la même période, on a enregistré une hausse de 45 % des inscriptions aux programmes de mathématiques, d’informatique et de sciences de l’information. Ces champs d’études, en effet, sont considérés comme une voie plus directe vers un emploi stable après l’obtention d’un diplôme — ce à quoi aspirent les jeunes qui ont grandi dans l’ombre de la récession de 2008.

Les étudiants des programmes de sciences humaines s’inquiètent de la place qu’ils trouveront dans le monde du travail de l’avenir.

« Ils craignent tous de ne pas trouver d’emploi, a ajouté Tahir Adatia. On peut avoir une passion, mais elle ne mènera pas à un emploi ; c’est la perception qu’ont les étudiants en sciences humaines. »

Mais ce n’est pas la réalité. Les étudiants optent de plus en plus pour une formation spécialisée alors que les employeurs sont à la recherche de diplômés polyvalents. Selon LinkedIn, les aptitudes non techniques les plus recherchées par les employeurs sont la créativité, la capacité de persuasion et la collaboration.

« Les aptitudes non techniques sont tout aussi importantes que la numératie », a déclaré Steven Murphy, président et vice-chancelier de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario.

Tahir Adatia, titulaire d’une majeure en philosophie et d’une mineure en commerce, a découvert que son futur employeur était prêt à l’aider à se familiariser avec les aspects techniques de l’emploi. L’équipe était ravie par les aptitudes qu’il possédait déjà, comme la capacité de penser de façon critique, d’argumenter et de raisonner.

La demande actuelle pour les aptitudes développées dans le cadre des programmes de lettres et de sciences humaines est une conséquence de l’automatisation. Plus il y a de tâches automatisées dans les milieux de travail, plus on cherche des gens qui possèdent des aptitudes complémentaires à la technologie.

Les employeurs considèrent les capacités techniques comme une base. Les personnes que l’on embauche, comme Tahir Adatia, sont celles qui possèdent des aptitudes pour la communication et la résolution de problèmes complexes.

À l’aube des années 2020, les nouveaux diplômés au Canada doivent faire preuve de plus de curiosité et de créativité en raison des besoins croissants en matière de formation interdisciplinaire. Les diplômés en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) doivent acquérir des aptitudes non techniques, et les étudiants en sciences humaines, la maîtrise des outils numériques. Les étudiants ne peuvent plus se limiter à une spécialisation.

Le monde du travail évolue, mais les jeunes Canadiens ont le potentiel, l’ambition et la force nécessaires pour y faire leur place.

Renseigner les jeunes diplômés sur les occasions qui s’offrent à eux est un défi pour les employeurs et les orienteurs.

Les résultats de notre étude, Combler les lacunes, démontrent aux diplômés des programmes de lettres et de sciences humaines la valeur de leur diplôme dans le marché du travail.

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Mme Kennedy a en effet amorcé sa carrière comme associée aux ventes chez Pet Valu, pour ensuite gravir les échelons et devenir superviseure d’une équipe de vérificateurs. Passer des articles pour animaux aux articles de loi peut sembler un grand écart, mais un nouveau rapport de RBC publié à l’approche de la Journée internationale des femmes révèle que les femmes sont bien positionnées pour mettre leurs compétences à profit et réussir des transitions de carrière comme l’a fait Mme Kennedy.

Le rapport, intitulé Les forces des femmes pourraient être valorisées par l’automatisation, estime que le phénomène de l’automatisation entraînera un risque de perte d’emploi plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Malgré l’importante couverture médiatique accordée à la fermeture d’usines automobiles, où les travailleurs masculins sont majoritaires, 54 % des emplois à risque, soit 3,4 millions, sont occupés par des femmes. Les postes d’adjoint administratif, de commis et de caissier de banque, plus susceptibles d’être occupés par des femmes, perdent du terrain face aux nouveaux logiciels, caisses en libre-service et autres guichets automatiques.

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Si les travailleuses risquent davantage de voir leurs tâches remplacées par l’automatisation, elles sont cependant plus nombreuses à détenir les compétences qu’exigeront les emplois de demain. Les femmes sont largement employées dans des professions faisant appel à des compétences générales et sociales, qu’on appelle les « compétences relationnelles », comme le service à la clientèle, des rôles qui demandent de gérer des situations qui surpassent les capacités d’un robot.

Cette tendance fait en sorte que même si on assiste à l’automatisation croissante de tâches spécifiques, les compétences que les femmes sont plus susceptibles de posséder continuent d’être en forte demande : la capacité d’interagir avec le public, de bâtir des relations interpersonnelles et de veiller au bien-être des autres. Les femmes sont aussi généralement plus susceptibles d’avoir travaillé dans un environnement informatique et de connaître les technologies numériques. Elles sont ainsi mieux outillées pour faire la transition vers des domaines d’emploi en croissance, notamment l’éducation à la petite enfance, les techniques vétérinaires, les soins infirmiers ou l’aide à domicile.

Les hommes sont pour leur part trois fois plus susceptibles d’occuper des emplois dans le secteur de la construction, et plus de deux fois plus enclins à travailler en fabrication, des postes qui requièrent un savoir-faire plus pointu et des compétences spécialisées, comme la réparation et l’utilisation de machinerie, mais qui sont particulièrement vulnérables à l’automatisation. C’est ce fossé entre les généralistes et les spécialistes qui fera peut-être la différence entre le succès professionnel et les difficultés d’adaptation dans le futur automatisé, et qui permettra à un plus grand nombre de femmes de trouver de nouvelles carrières en s’appuyant sur les compétences qu’elles détiennent déjà.

Mme Kennedy constate de multiples parallèles entre son ancien et son nouvel emploi, qui font tous deux appel aux compétences en communication et au savoir-faire informatique, ainsi qu’à la capacité de résolution de problèmes. Il y a également un volume étonnant de tâches administratives à accomplir dans le service policier, qui exige la prise de notes détaillées, à l’image du processus de vérification.

Lorsque Pet Valu a décidé d’implanter un nouveau système d’exploitation pour l’ensemble des magasins de la chaîne, Mme Kennedy était aux premières lignes du déploiement : cette expérience s’est révélé une excellente formation en vue de son travail de terrain en tant que policière.

« Je me rappelle avoir été injuriée par un franchisé qui acceptait mal le nouveau système informatique, raconte Mme Kennedy. Ça m’a appris à demeurer calme face à des gens colériques ».

En tirant parti de leur pensée créative et en suivant de nouvelles formations, les femmes sont bien placées pour continuer de prospérer dans le futur marché du travail. Mais elles ne peuvent le faire seules. Selon la recherche de RBC, les femmes sont encore significativement sous-représentées dans les postes de gestion, parmi les moins menacés par l’automatisation. Chez les jeunes Canadiens de 25 à 29 ans, les hommes sont près de deux fois plus susceptibles d’occuper un poste de gestion que les femmes.

Le défi qui se pose donc aux décideurs, c’est d’aider les travailleuses et travailleurs à s’adapter à l’évolution du marché du travail, tout en tirant profit des possibilités issues de ces changements pour permettre aux femmes d’acquérir des compétences en gestion et accroître leur présence au sein des postes de direction.