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Le Forum des politiques publiques, l’un des principaux groupes de réflexion au Canada, tient chaque année un Sommet sur la croissance, qui aborde généralement des enjeux de taille.

L’édition 2025, qui a eu lieu à Toronto, a porté sur ce que j’appellerais « le grand virage », et sur les moyens de favoriser l’indépendance et la résilience de notre économie. Celle-ci a été marquée par des conversations passionnantes au sujet de l’investissement, de la participation des Autochtones et de l’adoption de l’intelligence artificielle, pour ne citer que quelques exemples.

Voici certaines questions que j’ai retenues :

1. Faut-il regagner la confiance des investisseurs ?

Il semble que oui. Dans bon nombre de conversations à ce sujet, le Canada paraît extraordinaire aux yeux du monde. Si la rhétorique est facile, le crédit est plus coûteux. Gardez un œil sur la façon dont le prix de l’argent sera fixé au Canada dans les prochains mois.

2. Est-il possible d’accroître notre concurrence tout en réduisant notre dépendance à l’égard des États-Unis ?

Les États-Unis semblent être le principal moteur de la concurrence, que ce soit de façon directe ou indirecte. Et les options de rechange se font rares. Il est peu probable que les entreprises européennes apportent beaucoup de dynamisme aux marchés canadiens, et les nouveaux venus chinois ne sont probablement pas une option. Notre nouvelle concurrence doit peut-être venir davantage de l’intérieur.

3. Les gouvernements peuvent-ils jouer un rôle plus actif dans l’économie sans la mettre à mal ?

Nous avons connu des résultats mitigés au cours des dernières décennies. Néanmoins, nous allons probablement donner une nouvelle chance aux entreprises publiques, que ce soit pour construire des logements ou pour étendre le réseau d’oléoducs.

4. Qu’est-ce que l’« intérêt national » ?

Bon nombre de ces investissements publics seront réalisés au nom d’un intérêt national mal défini. Nous sommes une nation composée de diverses régions. Les intérêts peuvent donc différer de l’une à l’autre.

5. Pourquoi les Canadiens fuient-ils le risque ?

J’ai été sidérée par le nombre de conversations qui ont évité le risque. Nous sommes le seul pays à réclamer à cor et à cri une réduction des risques, comme si le rôle principal du gouvernement consistait à assumer les risques du secteur privé et des particuliers.

6. Comment développer l’Arctique sans le compromettre ?

Lors du Sommet, plusieurs voix importantes du Nord ont évoqué la nécessité de ne pas militariser le Nord comme cela a été fait dans les années 1950 et 1960. Elles souhaitent défendre le Canada par des moyens terrestres et aériens, mais pas à n’importe quel prix, particulièrement pour leur culture.

7. Dans quelle mesure voulons-nous exclure la Chine ?

Si nous réduisons notre dépendance à l’égard des États-Unis, nous devrons nous tourner vers de nouveaux marchés et de nouvelles sources de capitaux. L’Europe, à elle seule, ne suffira pas. Oui, il existe un tas de possibilités. Le monde est vaste ! Cela dit, c’est avec la Chine que nous devons développer une relation plus claire, car elle représente notre plus grande opportunité.

8. Comment trouver un équilibre entre les ambitions économiques et les engagements climatiques, et les attentes mondiales à l’égard de cet enjeu ?

Tout ce qui concerne Trump nous accapare tellement que nous semblons oublier que le reste du monde a une tout autre réalité. En effet, le climat demeure un enjeu primordial du Japon à l’Allemagne, les marchés que nous voulons maintenant conquérir, et nous devrons nous assurer d’être en adéquation avec eux.

9. Comment harmoniser notre devoir de consulter les communautés autochtones avec notre ambition d’aller plus vite ?

Il n’y aura peut-être jamais de formule toute faite pour la consultation et le consentement qui en découle. Toutefois, nous pourrons peut-être établir des normes qui seront largement acceptées. Les mots d’ordre ? Rapidité et certitude.

10. Comment mettre en commun les capitaux institutionnels pour des projets d’envergure ?

Nous pouvons continuer à laisser les forces du marché déterminer les financements, avec divers soutiens et incitatifs du gouvernement. Je ne crois pas que le Canada disposera un jour d’un fonds souverain. Ou le ferons-nous ? En revanche, pouvons-nous opter pour des véhicules de placement publics et privés qui pourraient s’inspirer du modèle québécois ?

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Pour prendre le pouls de l’industrie agroalimentaire, l’équipe Leadership avisé RBC a rencontré la semaine dernière des agriculteurs de tout le Canada, allant des producteurs de porcs du Manitoba aux membres du secteur des fruits et légumes rassemblés à Montréal pour leur salon annuel.

Il est évident que le secteur est fortement motivé à poursuivre sur sa lancée, d’autant plus que l’année dernière, la valeur des exportations agroalimentaires canadiennes a atteint le chiffre record de 106 milliards de dollars. Tous les regards sont tournés vers les prix des marchandises, la politique agricole américaine et, bien sûr, l’impact des droits de douane du président américain Donald Trump.

Ce que nous avons entendu:

  • De nombreux agriculteurs choisissent de rester calmes et de tenir bon. Les agriculteurs sont habitués à la volatilité, car ils doivent faire face aux conditions météorologiques imprévisibles, aux fluctuations des prix des marchandises et aux pannes d’équipement. Bon nombre d’entre eux voient les droits de douane imposés par Trump simplement comme une perturbation supplémentaire. D’autres tentent de surmonter les fluctuations de prix qui en ont découlé, notamment pour le canola. En réponse aux droits de douane du Canada sur les véhicules électriques, la Chine a imposé ses propres droits de douane sur les pois et les produits canadiens à base de canola. En conséquence, certains producteurs, notamment de céréales et de grains oléagineux, envisagent de modifier la rotation des cultures pour la saison de plantation 2025.

  • Faire face à la demande d’articles fabriqués au Canada. L’augmentation de la demande pour des produits canadiens conduit à une détérioration des produits américains que l’on trouve dans les épiceries. Ce mouvement s’ajoute aux efforts visant à accroître la superficie des serres canadiennes et la diversité des produits pour combler l’écart entre la production et la consommation de fruits et légumes.

  • Les producteurs et transformateurs alimentaires canadiens s’efforcent de renforcer leur conformité à l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC). Les entreprises se préparent à un examen minutieux à la frontière pour prouver leur conformité à l’AEUMC et leur respect des règles énoncées, notamment en ce qui concerne le pays d’origine. Seulement 0,1 % de tous les produits agroalimentaires échangés en 2024 n’étaient probablement pas conformes à l’AEUMC, mais plus d’un tiers des exportations agroalimentaires du Canada, bien que conformes, n’ont pas été échangées dans le cadre de l’accord.

  • La diversification des échanges est commencée. Il reste néanmoins à voir si les détaillants et les commerçants canadiens pourront se procurer des produits alimentaires de qualité et de prix équivalents. Les exportateurs et les détaillants cherchent à savoir où ils peuvent se procurer les produits dont ils ont besoin pour leurs clients. Toutefois, les Canadiens voudront-ils acheter une orange marocaine plutôt qu’une orange de la Floride ?

  • Nos ports peuvent-ils répondre à nos ambitions de croissance et de diversification ? Dans le secteur agroalimentaire, le Canada a des délais d’exécution plus longs que ses principaux concurrents, notamment les États-Unis, l’Australie et le Brésil. Le potentiel afflux de produits dans les ports canadiens, en raison de l’augmentation des coûts de transport des marchandises aux États-Unis, pourrait provoquer une congestion accrue et des goulets d’étranglement plus importants si le Canada ne se prépare pas à cette croissance.

Trois choses à surveiller :

  • L’impact du soutien agricole d’urgence des États-Unis sur la compétitivité des agriculteurs canadiens. L’Emergency Commodity Assistance Program (ECAP) du département de l’Agriculture est un programme d’aide économique ponctuelle de 10 milliards de dollars destiné à aider les agriculteurs à atténuer les effets de l’augmentation du coût des intrants et de la chute des prix des marchandises. Par exemple, les agriculteurs américains peuvent recevoir jusqu’à 77,66 $ par acre d’avoine et environ 30 $ par acre pour le soja et le blé.

  • Réductions dans les programmes et services de recherche agricole aux États-Unis. Le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et les réductions dans le financement de 19 laboratoires d’innovation basés dans 17 États dans des universités ayant bénéficié d’un don de terrain, ainsi que les réductions proposées dans la recherche climatique de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) peuvent compromettre l’innovation agricole et risquent d’interrompre des services essentiels tels que la surveillance météorologique.

  • Risque d’augmentation des coûts et de perturbation des chaînes d’approvisionnement passant par les ports américains, de La Nouvelle-Orléans à Philadelphie. Le décret du 9 avril de Trump, Restoring America’s Maritime Dominance (restaurer la domination maritime de l’Amérique), charge les représentants américains du commerce de donner suite à une proposition qui prévoit des droits de quai de 1 million de dollars dans les ports américains pour tout navire faisant partie d’une flotte comprenant des navires construits en Chine ou battant pavillon chinois. Outre le risque lié aux coûts, les services douaniers américains pourraient ralentir les chaînes d’approvisionnement « juste à temps » nécessaires pour acheminer les bleuets péruviens au Canada.

Lisa Ashton est responsable principale, Politique agricole

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Énergie. Géopolitique. Commerce international.

Ces trois thèmes étaient au cœur des discussions lors du Global Energy Summit 2025 de l’Université Columbia la semaine dernière. Les droits de douane et les politiques commerciales ont dominé le sommet en raison de leurs répercussions importantes sur l’offre et la demande d’énergie d’Amérique du Nord. Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique, Institut d’action climatique RBC, y assistait, et revient sur les cinq enjeux qui ont marqué le sommet de cette année.

Les enjeux énergétiques se complexifient

La réorientation des échanges commerciaux dans le but d’atteindre des résultats économiques précis (réduction du déficit commercial, relocalisation de la production) pourrait accentuer les risques liés aux prix en fracturant l’équilibre entre l’offre et la demande de certaines matières premières essentielles. Il est clair que les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et, possiblement, le cuivre – tous essentiels aux infrastructures énergétiques – entraînent une différenciation régionale des prix. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les prix de l’aluminium aux États-Unis ont fortement augmenté par rapport aux prix européens, une conséquence directe des droits de douane imposés par l’administration Trump. De manière similaire, l’écart entre les prix de l’acier laminé à chaud du Midwest américain (1 075 $ US/tonne) et ceux du nord de l’Europe (715 $ US/tonne) a augmenté pour atteindre environ 360 $ US/tonne, comparativement à 150 $ US/tonne en début d’année.

Prix de l'aluminium, dernière année

Sur le plan géopolitique, les risques s’étendent désormais au-delà du simple risque d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient auquel nous sommes confrontés depuis un demi-siècle. Les sphères d’influence peuvent redéfinir les dynamiques de l’offre et de la demande, en particulier pour le gaz naturel liquéfié et les minéraux critiques. Ces nouvelles restrictions commerciales à motivation politique réduisent la capacité des marchés mondiaux à absorber les chocs au chapitre de l’offre ou de la demande, ces chocs étant désormais de plus en plus délibérés dans un contexte de commerce mondial instrumentalisé (gaz russe, chaînes d’approvisionnement chinoises, marché américain).

Quelle hégémonie énergétique ?

L’administration américaine promettait d’assurer la suprématie énergétique des États-Unis, mais les faits démontrent qu’elle semble avoir fait exactement l’inverse. Au chapitre du pétrole, les stratégies américaines en matière de droits de douane et d’échanges commerciaux ont fait tomber les prix sous les niveaux observés pendant la majorité de la présidence de Joe Biden. Le prix WTI est tombé sous les 60 $ US le baril à deux reprises la semaine dernière. Ce seuil étant considéré comme le point d’équilibre du gaz de schiste américain, les producteurs pourraient bien décider de ralentir leurs activités de forage. Selon S&P Global, un prix de 50 $ US le baril pourrait motiver une chute de 1 million de barils par jour de la production américaine. Pendant ce temps, l’OPEP continue d’augmenter sa production.

Prix du pétrole brut WTI, quatre dernières années

Le désir constant de réduire les fonds alloués aux programmes et projets en vertu de la loi sur la réduction de l’inflation, même les crédits d’impôt considérés comme favorables à l’industrie pétrolière (comme les crédits d’impôt 45Q pour la capture du carbone), fait aussi obstacle au développement des énergies renouvelables aux États-Unis. Enfin, les inquiétudes concernant l’inflation des coûts d’approvisionnement (droits de douane sur l’acier et l’aluminium) et l’incertitude générale relative au marché et à l’économie ont créé des conditions particulièrement difficiles pour l’investissement de capitaux.

Les frictions commerciales liées au climat sont toujours bien présentes

Avec la lente agonie de l’OMC et les droits de douane « réciproques » de Trump, les conditions commerciales préférentielles offertes aux pays en développement (taux de douane « autorisés » plus élevés) disparaissent. Il faut ajouter le climat à la liste des enjeux, car les pays imposent des mesures commerciales liées au climat pour renforcer leur compétitivité économique.

En Europe, le mécanisme d’ajustement au carbone aux frontières (MACF) protège les politiques climatiques intérieures. Aux États-Unis, une taxe sur la pollution aux frontières exploite l’avantage carbone de l’Amérique, notamment vis-à-vis de la Chine. Le Royaume-Uni et l’Australie envisagent de mettre en place leurs propres ajustements carbone aux frontières.

Les politiques intérieures en matière de carbone sans mesure commerciale climatique (comme le MACF) sont presque certainement vouées à l’échec sur le plan politique. Il semble toutefois peu probable que les pays en développement puissent instaurer des prix du carbone s’apparentant à ceux du système d’échange de droits d’émission de carbone de l’Union européenne – au sein duquel le prix du carbone a augmenté au cours des deux dernières décennies – en l’espace de seulement quelques années. Cette situation risque d’accentuer les tensions commerciales liées au climat entre le Nord et le Sud.

Réduction du déficit commercial

Aux yeux de M. Trump, des droits de douane « réciproques » garantissent une relation commerciale équilibrée. Pour les partenaires commerciaux, une relation commerciale équilibrée est à peu près tout ce que l’on peut espérer dans la vision de l’« America First » (l’Amérique d’abord) du président américain. Les partenaires commerciaux seront bien servis s’ils parviennent à faire meilleure place aux exportations américaines de marchandises.

Le gaz naturel liquéfié des États-Unis semble promis à un bel avenir. Selon les prévisions de RBC Marchés des Capitaux présentées ci-dessous, le pays devrait dépasser le Qatar et devenir le plus grand exportateur de GNL au monde d’ici 2030. Pour les grands acheteurs de GNL qui affichent d’importants excédents commerciaux avec les États-Unis (l’Union européenne, le Japon, la Corée, l’Inde), l’augmentation de leurs achats de GNL pourrait constituer une stratégie gagnante.

Le Qatar maintient l'emprise sur le marché, mais les États-Unis prend la part du lion en 2030

Pôles d’IA et flux de données transfrontière

Les pays disposant d’électricité abondante et bon marché sont les mieux positionnés pour se lancer dans la construction de centres informatiques. Il en résultera probablement des « pôles » d’approvisionnement centrés sur la production d’énergie renouvelable, compte tenu des engagements climatiques des entreprises technologiques. Il est de plus en plus évident que le Canada, les États-Unis et le Moyen-Orient deviendront des pôles de déploiement de l’intelligence artificielle américaine.

Mais quelles seront les conséquences pour les flux de données ? Le protectionnisme en matière d’hébergement (colocation) persistera probablement, mais il faudra s’entendre sur les transferts de données transfrontière résultant des capacités informatiques (centres de données à très grande échelle). Ce sujet devrait revenir sur la table lors de la renégociation de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada en 2026.

Shaz Merwat est responsable principal, Politique énergétique, Institut d’action climatique RBC.

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Le président américain Donald Trump pense que l’automobile, l’acier et l’aluminium, le bois d’œuvre, les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs sont les cinq secteurs stratégiques qui stimuleront la relance industrielle des États-Unis. Son plan global consiste à réduire les importations (et les déficits commerciaux), ainsi qu’à rapatrier la production dans chacun de ces secteurs et des industries connexes. Cela représente un défi pour certains des principaux fournisseurs des États-Unis, y compris le Canada.
Au Canada, ces cinq secteurs, qui revêtent une importance cardinale, dépendent fortement des exportations au sud de la frontière.

Les droits de douane imposés par Washington sur ces cinq secteurs stratégiques, qui jouent un rôle déterminant en matière de sécurité énergétique et nationale, risquent de nuire aux perspectives économiques du Canada et pourraient entraîner des pertes d’emploi et une fuite des capitaux.

Voici un survol de l’importance de chacun de ces secteurs pour l’économie canadienne :

Le Canada exporte pour 125 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis dans des secteurs clés

Automobile

  • Exposition au marché américain : 75,6 milliards de dollars d’exportation (2024).

  • Marché américain total : Avec 15,8 millions de véhicules neufs vendus en 2024, les États-Unis se classent au deuxième rang mondial, derrière la Chine qui en a compté 31,3 millions1.

  • Marché mondial : La valeur du marché mondial des produits du bois, qui se chiffre actuellement à 788 milliards de dollars américains, devrait presque doubler d’ici 2033. Nous avons récemment écrit sur un article sur les mesures que le Canada peut prendre pour profiter davantage de cet essor.

  • Rôle du Canada : La part des constructeurs et équipementiers nationaux dans le marché nord-américain de la construction automobile a diminué au fil du temps, tandis que celle du Mexique a augmenté. Cela dit, 92 % des exportations automobiles canadiennes sont toujours expédiées au sud de la frontière.

  • Situation douanière : En août 2024, sous l’administration Biden, les États-Unis ont augmenté les droits de douane applicables aux importations de bois d’œuvre de résineux canadien, les faisant passer à 14,5 %. Ce taux est toujours en vigueur et de nouvelles hausses se profilent à l’horizon.

  • Conséquences : L’industrie du bois d’œuvre se heurte déjà à des obstacles réglementaires qui ont entraîné la fermeture de scieries en Colombie-Britannique.

  • Prochaines étapes : Possiblement à compter de cet automne, les droits de douane imposés par les États-Unis sur les importations de bois d’œuvre de résineux pourraient augmenter à 34,5 %.

Produits pharmaceutiques

  • Exposition au marché américain : 10,6 milliards de dollars d’exportations7.

  • Marché américain total : En 2022, il s’est vendu pour 716 milliards de dollars de médicaments sur ordonnance aux États-Unis8, ce qui représente environ 2,8 % du PIB du pays.

  • Selon les données de l’U.S. International Trade Commission, de 2019 à 2024, les États-Unis ont enregistré un déficit commercial annuel de 1,2 milliard de dollars avec le Canada dans le secteur des produits pharmaceutiques.

  • Marché mondial : On s’attend à ce que les dépenses en recherche et développement des sociétés pharmaceutiques dépassent 200 milliards de dollars américains9 cette année.

  • Rôle du Canada : Les États-Unis sont le principal marché d’exportation de produits pharmaceutiques du Canada. En effet, en 2024, le Canada y a envoyé 78 % de ses exportations dans ce secteur. Le Japon, qui occupe la deuxième place, a reçu 5 % des exportations (720 millions de dollars). Vient ensuite la Chine, avec 2 % des exportations (276 millions de dollars). L’industrie pharmaceutique canadienne employait 35 367 personnes en 2024.

  • Situation douanière: Initialement exemptées des droits de douane réciproques instaurés le 2 avril, les importations de produits pharmaceutiques font désormais l’objet d’une enquête officielle de la Maison-Blanche visant à déterminer leur incidence sur la sécurité nationale.

  • Conséquences : L’industrie met en garde contre une flambée des coûts et même des pénuries de médicaments clés10.

  • Prochaines étapes : Les produits pharmaceutiques pourraient bientôt être frappés d’importants droits de douane.

Semi-conducteurs

  • Exposition au marché américain : 637 millions de dollars, soit 56 % des exportations canadiennes de semi-conducteurs, en 202411.

  • Dans le secteur des semi-conducteurs, les États-Unis ont affiché un excédent commercial de 764 millions de dollars avec le Canada en 2024.

  • Marché mondial :  Les ventes mondiales de semi-conducteurs ont été estimées à 627 milliards de dollars en 202412.

  • Marché américain total : Selon une association industrielle, les entreprises évoluant dans l’écosystème des semi-conducteurs prévoient d’investir près de 450 milliards de dollars américains dans plus de 90 nouveaux projets manufacturiers dans 28 États américains13.

  • Rôle du Canada : Le Canada est en train d’émerger en tant que plaque tournante de l’IA, grâce à son électricité propre et bon marché, qui est considérée comme un avantage concurrentiel. L’auteur d’un rapport de Leadership avisé RBC, publié avant la guerre commerciale, estimait que le Canada pourrait attirer près de 100 milliards de dollars pour la construction de 20 à 30 centres de données. Des perturbations dans la jeune chaîne d’approvisionnement des puces pourraient interrompre ce flux de capitaux potentiel.

  • Situation douanière: Au début d’avril, les États-Unis ont annoncé l’ouverture d’une enquête sur les importations de puces et de produits électroniques, ouvrant la voie à de nouveaux droits de douane.

  • Conséquences : Plusieurs sociétés technologiques ont vu leurs actions chuter.

  • Prochaines étapes : Certains rapports14 laissent entendre que M. Trump pourrait annoncer un nouveau taux de taxation des importations de semi-conducteurs la semaine prochaine, avec une certaine flexibilité pour certaines entreprises. M. Lutnick a déclaré que cela devrait se faire d’ici un mois ou deux15.

Vivan Sorab est premier directeur, Technologie propre.


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Frances Donald, économiste en chef à RBC, explique comment une guerre commerciale prolongée rendra difficile pour toute économie d’échapper à la hausse des coûts.

Q : Quelles sont les conséquences des exemptions de droits de douane accordées par les États-Unis sur les perspectives de croissance économique du Canada ? Les États-Unis appliquent toujours des droits de douane sur les automobiles, l’acier et l’aluminium du Canada.
FD : La situation économique du Canada a changé rapidement. Avant le « jour de la libération », notre plus grande préoccupation était l’incidence des droits de douane généraux sur la croissance du Canada et, en particulier, le fait que le Canada semblait être le plus grand perdant relatif de la politique commerciale des États-Unis. Maintenant, alors que divers droits de douane sectoriels pèseront sur le Canada en 2025, nos préoccupations se tournent vers des risques plus « traditionnels » pour l’économie canadienne : le risque croissant d’une récession aux États-Unis et une baisse des prix du pétrole. Ce dernier risque est peut-être plus « indirect » dans une certaine mesure, mais il dépend aussi davantage des développements mondiaux qui ont beaucoup moins à voir avec les relations politiques entre le Canada et les États-Unis.

Q : Pensez-vous que la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine réévalueront la situation à mesure que les droits de douane américains sont mis en place ?
FD : La Banque du Canada et la Réserve fédérale sont confrontées à des défis différents, tout comme leurs économies luttent contre des risques distincts. Au Canada, l’inflation est d’environ 2 %, en légère hausse en raison des perturbations à venir de la chaîne logistique mondiale. Pourtant, la croissance canadienne reste timide et laisse entrevoir quelques nouvelles baisses de taux. Pour l’instant, nous continuons à nous attendre à d’autres baisses de taux de 50 pb.

La Réserve fédérale est dans une situation bien plus difficile. L’importance et la portée des droits de douane annoncés sont conformes à une inflation plus élevée et à un profil de croissance beaucoup plus faible. Cet ensemble « stagflationniste » va dans des directions opposées des deux aspects du double mandat de la Fed (stabilité des prix et plein emploi). À ce stade, nous prévoyons que les craintes d’une spirale de l’inflation empêcheront la Réserve fédérale d’intervenir, mais la probabilité de baisses des taux a augmenté sur les marchés pour soutenir une économie qui devrait être beaucoup plus faible.

Q : Une guerre de droits de douane plus importante se profile, les États-Unis imposant des droits de douane à la Chine et à l’Union européenne, et faisant l’objet de représailles en retour. Cette situation sera-t-elle inflationniste et préjudiciable à l’économie canadienne et mondiale ?
FD : Le degré de préjudice causé par les droits de douane américains dépendra en grande partie de la durée de leur application, et les économistes ont peu de moyens de le prédire. Toutefois, la plus grande préoccupation en ce moment est que nous assistons à une hausse mondiale des prix alors que les chaînes logistiques s’enchevêtrent et que la nature interconnectée de notre économie mondiale rend difficile pour toute économie d’échapper à la hausse des coûts. Bien sûr, on peut établir des similitudes avec la période de la pandémie, à l’exception d’une différence majeure : nous n’avons pas connu d’inflation due à la pandémie après avoir déjà traversé une telle période d’inflation. En effet, les Canadiens et les Américains ont déjà subi une hausse des prix de plus de 20 % depuis 2020, et les ménages et les entreprises ont peu de chances de pouvoir absorber une deuxième vague d’inflation si tôt après. Le mois dernier, la guerre commerciale semblait se limiter à l’Amérique du Nord. Aujourd’hui, elle est mondiale et sans frontières.

Lectures complémentaires :

  • Une épine dans le pied de la Fed : les répercussions possibles des droits de douane sur l’inflation et la croissance aux États-Unis

  • Le « jour de la libération » de Donald Trump : quelles sont les prochaines étapes ?

  • Espace commercial : Perspectives sur la façon dont le Canada peut rendre son économie résiliente et l’Amérique du Nord plus solide

Yadullah Hussain est directeur de rédaction, Leadership avisé RBC

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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Notes: Comment les entreprises canadiennes font face aux tensions commerciales

L’imposition par la Chine de droits de douane de 100 % sur l’huile et le tourteau de canola préoccupe les agriculteurs canadiens. Ces craintes pourraient bien s’intensifier, car la Chine vise aussi les graines de canola du Canada – le plus important segment de nos exportations de canola vers la Chine –, qui ont été épargnées jusqu’à présent. « Ce serait une autre tuile qui nous tomberait dessus », a déclaré Rick White, chef de la direction de la Canadian Canola Growers Association (CCGA), qui représente 40 000 agriculteurs par l’intermédiaire de cinq associations provinciales.

Le canola a été mis au point par des scientifiques canadiens dans les années 1960, d’où son nom. Il est considéré comme une huile saine, car il présente une faible teneur en graisses saturées (gras malsain) et est riche en gras mono-insaturés (considérés comme sains). Le Canada est le plus important producteur de canola au monde et compte 40 000 agriculteurs qui génèrent 43,7 milliards de dollars ; les États-Unis, la Chine et le Japon sont, dans cet ordre, ses trois plus grands marchés d’exportation. L’Australie est l’un des plus grands rivaux du Canada en ce qui concerne le canola.

Les producteurs canadiens de canola, frappés des droits de douane chinois, gèlent leurs investissements et ont besoin d’aide. M. White a présenté quelques idées sur les façons d’atténuer le choc.

Le canola est une cible populaire pour la Chine

  • White affirme que les droits de douane n’étaient pas une surprise, puisque les différends antérieurs avec la Chine (2019-2020) avaient ciblé le canola.

  • La Chine a une fois de plus ciblé le secteur agricole en réponse directe à la mise en œuvre par Ottawa de droits de douane sur les véhicules électriques, l’aluminium et l’acier chinois.

  • L’industrie estime que le gouvernement canadien porte « la responsabilité absolue » de cette mesure et qu’il devrait indemniser les agriculteurs pour les pertes financières qu’ils vont subir.

Les graines de canola dans la mire des Chinois

  • Une enquête antidumping chinoise prochaine sur les graines de canola canadiennes pourrait entraîner l’imposition de nouveaux droits de douane. Voilà en quoi consiste la « tuile qui devrait nous tomber dessus ».

  • Les graines de canola représentent la plus grande part des exportations de canola du Canada vers la Chine, l’huile et le tourteau de canola représentant une plus petite portion. En 2024, la Chine a importé six millions de tonnes métriques de graines de canola canadiennes, d’une valeur de 4 milliards de dollars.

  • Les Chinois suivent les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en matière de droits antidumping. Les recours devant l’OMC prennent du temps, mais ils offrent un recours juridique. La CCGA s’est inscrite comme partie à l’enquête de la Chine.

Les agriculteurs envisagent de geler leurs investissements

  • Les agriculteurs pratiquent la rotation des cultures pour des raisons agronomiques, mais le canola représente un produit de base canadien, ce qui limite les options de rechange. L’agronomie concerne la gestion des sols et des cultures et contribue à optimiser la distribution, la gestion et la productivité des terres.

  • Les agriculteurs expriment déjà des craintes au sujet des risques de marché attribuables à la Chine et aux États-Unis, certains suggérant de remettre à plus tard les dépenses en immobilisations et les achats d’équipement en raison de l’incertitude.

  • De plus, les achats de nouveaux équipements pourraient être effectués aux États-Unis et être assujettis à des droits compensateurs par le Canada.

  • « Les agriculteurs ne vont pas prendre le risque d’investir des sommes importantes dans le renouvellement des infrastructures. Il va y avoir un grand refroidissement du côté de l’investissement, du moins cette année. »

De l’autre côté de la frontière, d’autres problèmes se préparent

  • Les États-Unis représentent la plus grande destination des exportations de canola au Canada, évaluées à 7,7 milliards de dollars en 2023. Les États-Unis n’ont toujours pas imposé un droit de douane de 25 % sur le canola, étant donné que l’AEUMC (l’accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique) reste en vigueur. Mais lorsque les exemptions expireront, de nouveaux droits de douane américains pourraient nuire davantage aux exportations canadiennes de canola

Il existe des moyens de construire un écosystème sans droits de douane

  • En décembre dernier, la CCGA a envoyé une lettre au gouvernement fédéral, prévoyant des pertes à la ferme comprises entre 1,76 milliard et 4,33 milliards de dollars pour 2025-2026 en raison des droits de douane imposés par la Chine.

  • Ottawa a annoncé de nouveaux produits du prêt pour soutenir l’industrie, mais les agriculteurs affirment qu’ils ne peuvent emprunter pour traverser cette crise et qu’ils ont besoin d’une compensation en espèces.

  • « Le gouvernement fédéral doit dédommager les agriculteurs proportionnellement aux pertes qu’ils subiront à cause de la Chine. Les agriculteurs ne peuvent pas, et ne devraient pas, être tenus d’emprunter pour se tirer d’affaire : ils doivent être indemnisés. »

  • La CCGA plaide pour le développement d’un marché national des biocarburants et de l’aviation durable.

  • Il pourrait s’agir d’un nouveau marché intérieur pour au moins 2 à 3 millions de tonnes de graines de canola. Celui-ci contribuerait à atténuer le choc pour les producteurs de canola, étant donné que les risques et l’incertitude liés aux marchés américains et chinois vont persister longtemps. Il s’agirait d’une occasion de contribuer à la diversification et de réduire la forte dépendance du Canada à l’égard des marchés chinois et américains.


Pour approfondir la question :
  • Les droits de douane imposés par la Chine aggravent les difficultés des exportateurs

  • L’alimentation d’abord : Comment le secteur agricole peut ouvrir la voie à une nouvelle ère d’exportation canadienne

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

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Zone Notes: Comment les entreprises canadiennes font face aux tensions commerciales

Le secteur agricole du Canada est l’une des premières victimes des guerres commerciales qui opposent le pays à la Chine et aux États-Unis. Monty Reich, chef de la direction de SWT Ltd, société indépendante de céréales et d’intrants agricoles de la Saskatchewan, explique comment les agriculteurs font face aux tensions commerciales.

Des nouveaux éléments d’incertitude et de volatilité quasiment tous les jours

  • Le contexte actuel est difficile, incertain et déroutant. « Nous nous retrouvons chaque jour dans une situation différente », déclare Reich.

  • Les États-Unis avaient commencé à parler de droits de douane en décembre, avant que la Chine n’impose des droits de douane de 100 % sur l’huile et les tourteaux de canola et les pois, et le blé dur figurait déjà sur la liste.

  • SWT a dû absorber le coût financier des droits de douane américains sur le blé dur et a choisi de ne pas le répercuter sur ses agriculteurs-actionnaires. « Nous avons vendu la marchandise sur le marché à terme et intégré les coûts supplémentaires dans nos propres résultats », explique Reich.

  • Les droits de douane américains ont entraîné une hausse des prix des exportations de blé dur. « Nous sommes l’importateur officiel, » indique encore Reich. Autrement dit, SWT doit elle-même payer les droits de douane de 25 %, un prix trop élevé pour continuer à exporter aux États-Unis.

Chute des prix du canola

  • Le choc a été brutal pour les producteurs de canola. Les prix ont plongé de 25 à 30 % depuis l’imposition des droits de douane chinois, passant d’environ 16 $ à 12 $ le boisseau.

  • « En agriculture, les marges sont déjà très étroites », déclare Reich. Une variation des prix, aussi petite soit-elle, peut transformer une saison rentable en une catastrophe financière. Vu l’ampleur de la baisse, les agriculteurs voient leurs revenus disparaître.

Des droits de douane imposés partout

  • Les restrictions imposées par la Chine sur le canola et les pois jaunes ont réduit un marché crucial, et les producteurs ont peu d’autres débouchés. « La Chine représente environ 87 % du marché des pois jaunes, avec les États-Unis et l’Inde », et les agriculteurs doivent donc aujourd’hui faire face à une fermeture quasi totale de leur marché.

  • Les droits de douane qu’applique l’Inde par intermittence sur les légumineuses constituent une incertitude supplémentaire. Les agriculteurs canadiens ne disposent par conséquent de guère d’autres possibilités viables.

Les agriculteurs cherchent d’autres solutions

  • « En ce moment, les producteurs réfléchissent activement pour essayer de trouver ce qui pourra leur apporter le meilleur rendement », dit Reich.

  • Ils pourraient se tourner vers d’autres cultures, mais en fait, ce n’est pas aussi simple. « Ce n’est pas facile de simplement changer de produit », explique Reich.

  • Les agriculteurs « se démènent » pour s’adapter avant la prochaine saison de semis.

Investissements reportés, rentabilité en baisse

  • Des investissements dans des usines de broyage du canola ont déjà été reportés il y a deux ans en raison des difficultés rencontrées sur le marché chinois et des coûts de construction.

  • Les constructions en cours d’installations de production vont se poursuivre et les installations existantes continueront à fonctionner, mais les marges se réduisent de plus en plus.

  • Les agriculteurs se demandent s’ils doivent diminuer leur production, diminuer les coûts ou même diminuer leurs activités.

Crainte de voir les expéditions bloquées

  • Une autre menace vient du fait que la Chine pourrait bientôt imposer des droits antidumping sur les semences de canola.

  • Les exportations vers la Chine deviennent très risquées. Des expéditions de semences de canola peuvent être lancées, mais la Chine « peut décider du jour au lendemain de les taxer ». Cette incertitude suffit à effrayer les exportateurs et à faire baisser les prix.

  • Cette situation est différente du litige qui a opposé le Canada à la Chine en 2019. Il concernait alors uniquement quelques entreprises et portait sur des « questions de droit de bassin » et de qualité.

D’autres routes commerciales

  • La Chine a déjà limité les importations directes par le passé, mais le canola canadien a continué à y entrer, en passant par d’autres marchés.

  • « D’autres pays d’Asie du Sud-Pacifique importeront le produit et le livreront en Chine. » Mais ils essayeront de l’acheter à prix réduit.

  • Par ailleurs, cela prend du temps de nouer des relations commerciales avec de nouveaux marchés. Il ne s’agit pas simplement de passer d’un marché à un autre (par exemple, de la Chine aux Philippines).

D’autres cultures rencontrent également des difficultés

  • Les cultures de légumineuses (comme les lentilles) rencontrent également des difficultés, notamment en raison des droits de douane appliqués par l’Inde. Cela exacerbe les pressions exercées sur la rentabilité de ces cultures, car les agriculteurs doivent constamment s’adapter aux changements de politiques commerciales, en particulier si des droits de douane sont mis en place ou levés de façon imprévisible.

Qui fournira du canola à la place du Canada ?

  • À court terme, d’autres pays, comme l’Australie, peuvent fournir du canola à la place du Canada, mais le produit canadien est généralement considéré comme très fiable et de grande qualité.

  • Avec l’évolution de l’offre et de la demande, d’autres pays pourraient modifier leur rotation des cultures pour répondre aux besoins du marché.

  • Des milliards de dollars ont été investis dans l’ouest du Canada pour la culture canola et les installations de broyage. De grosses sommes d’argent sont en jeu avec le canola, et « on ne peut pas simplement tout abandonner », dit Reich.

Le gouvernement doit s’engager plus fortement

  • Même si les agriculteurs préfèrent souvent que le gouvernement intervienne le moins possible, il est indispensable de parvenir à des accords commerciaux forts pour résoudre la question des droits de douane et des restrictions.

  • Le gouvernement du Canada doit faire en sorte d’entretenir des relations commerciales solides avec ses partenaires essentiels (Chine, États-Unis, Inde) pour abaisser les barrières commerciales, préconise Reich.

  • La Saskatchewan a par exemple ouvert neuf bureaux à l’étranger pour faciliter les relations commerciales et atténuer les tensions.

  • L’agriculture canadienne doit être bien représentée à l’échelle mondiale, pas uniquement avec des accords commerciaux, mais aussi grâce à une présence sur place et un engagement diplomatique continu.

  • Le gouvernement doit investir pour améliorer les infrastructures qui stimuleront les marchés interprovinciaux et permettront de transporter les produits d’ouest en est.

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J’ai organisé un entretien à l’intention des Clients RBC avec Steve Verheul, le négociateur commercial en chef du Canada pendant la première administration Trump, et aujourd’hui membre du conseil consultatif sur le commerce du premier ministre. Voici quelques-uns des éléments dont nous avons parlé.

1. Le Canada et les États-Unis s’acheminent vers un conflit commercial encore plus important

  • Nous allons nous retrouver parmi les « dirty 15 », ce groupe de pays qui affichent l’excédent commercial le plus élevé avec les États-Unis, soit la Chine, le Canada, le Mexique, l’Union européenne, le Vietnam, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil, la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie.

  • Nous pourrions nous voir imposés des droits de douane de 14 à 15 %. Ils pourraient toutefois être plus bas au début et augmenter progressivement, jusqu’à ce que l’on parvienne à un certain équilibre commercial.

  • Il ne faut pas s’attendre à beaucoup d’exemptions au début, notamment pour l’énergie et l’alimentation.

  • Le Canada ripostera avec des contre-droits de douane, comme prévu cet hiver.

  • Le premier ministre Mark Carney ne négociera pas tant que les États-Unis n’auront pas retiré leur menace sur la souveraineté du Canada.

  • Verheul préconise de refuser toute négociation tant qu’il n’est pas convenu que la franchise de droits dont bénéficie le Canada reste d’actualité.

  • Les grands pays et les grandes régions du monde essaient de négocier des exemptions et des exclusions. Selon Eurasia Group, le Canada figure toujours parmi les pays soumis à des droits de douane peu élevés, d’après la grille tarifaire définie par le gouvernement américain, qui prévoit un taux bas, moyen et élevé (7 %, 15 %, 30 %).

2. L’approche américaine sera sans précédent et imprévisible

  • Le président des États-Unis Donald Trump recevra la semaine prochaine des rapports sur un grand nombre de sujets, qui détermineront l’ensemble de l’action du pays en matière d’échanges commerciaux, de la Chine aux déficits en passant par la manipulation de la monnaie.

  • Il semble que le président commencera par appliquer des mesures faibles et les intensifiera ensuite.

  • Le calendrier de mise en œuvre des mesures n’est pas clair, pas plus que ne le sont les exemptions éventuelles.

  • Les droits de douane réciproques seront appliqués à l’aide de différents outils, tels l’International Emergency Economic Powers Act, une loi fédérale américaine, et l’article 338 de la Tariff Act de 1930 ou l’article 301 de la Trade Act de 1974.

  • Le Congrès américain a adopté l’International Emergency Economic Powers Act il y a près de 50 ans pour permettre au président de prendre des mesures rapides pour protéger la sécurité du pays – elle n’a encore jamais été utilisée.

  • Le 2 avril – le jour où Trump doit annoncer les droits de douane réciproques – marque un début et non une fin, car des négociations se dérouleront ensuite.

  • Les États-Unis envisagent d’exclure de nombreux pays pour réduire leur liste et la limiter à un certain nombre de secteurs clés, car il serait trop complexe de définir des droits de douane mondiaux. Les États-Unis devraient en effet passer de 17 000 lignes tarifaires à trois millions, ce qui serait impossible à gérer.

3. La stratégie américaine est contradictoire

  • Il est difficile de négocier, car les États-Unis veulent obtenir un résultat qui n’est peut-être pas atteignable avec les droits de douane.

  • Leur objectif est de relocaliser le secteur manufacturier, mais il faudra plusieurs années aux entreprises pour y parvenir, et les droits de douane pénaliseront l’économie américaine à court terme.

  • Il s’avère également trop complexe et trop coûteux de relocaliser les chaînes d’approvisionnement.

  • Cela causera de nombreux dégâts au plan national, dégâts que l’administration semble vouloir ignorer. Les États-Unis ont appliqué des droits de douane sur l’acier et l’aluminium alors qu’ils doivent en importer pour répondre à 50 % de la demande. Ils devront par exemple construire quatre barrages Hoover pour répondre aux besoins énergétiques nécessaires à la fabrication d’acier dans le pays.

  • L’administration essaie également d’obtenir des concessions non tarifaires de la part de différents pays. On peut s’attendre à ce que les services soient également concernés par les droits de douane, même si les États-Unis n’ont apparemment aucune stratégie ou que le gouvernement ne dispose d’aucune infrastructure pour négocier dans des secteurs complexes.

  • L’administration américaine ne perçoit pas totalement les conséquences de ce qu’elle tente de faire, car elle est prise entre sa volonté d’agir très vite et la réalité selon laquelle les entreprises ne peuvent pas se relocaliser rapidement.

  • « Il est difficile de négocier avec un pays prêt à se tirer une balle dans le pied. »

4. Trump suit cette fois une approche radicalement différente

  • Peter Navarro, Steven Miller et Howard Lutnick, ses principaux conseillers actuels, ne possèdent pas de connaissances institutionnelles sur les échanges commerciaux et les accords en vigueur.

  • Robert Lighthizer, qui a dirigé les débats pendant le premier mandat de Trump, détenait une autorité évidente et des compétences certaines.

  • Jamieson Greer, l’actuel représentant américain au Commerce, ne joue pas encore un rôle important et s’intéresse surtout à la Chine.

  • Lutnick se montre particulièrement influent sur la question du Canada et supervise le bureau du représentant au Commerce.

  • Trump s’est engagé dans cinq secteurs stratégiques : l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre, les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques.

5. La TVA restera un problème

  • L’administration américaine attaque tout particulièrement l’UE et le Canada sur la taxe à la valeur ajoutée (TVA) et la taxe générale sur les ventes, qu’elle considère comme des pratiques déloyales.

  • L’UE ne changera rien, et l’on voit mal le Canada faire des concessions, car ce sont des sources de revenus essentielles.

  • Cette question suscitera des controverses dans le monde entier, puisque 90 % des pays appliquent une taxe générale sur les ventes sous une forme ou une autre, comme la TVA.

6. L’ACEUM est menacé

  • Verheul suggère de ne pas aborder la question des produits laitiers ou de la taxe sur les services numériques, ou toute autre question litigieuse tant que de véritables négociations ne sont pas mises en place.

  • Il préconise de ne pas négocier tant que les droits de douane ne seront pas supprimés et que les États-Unis n’ont pas manifesté leur volonté de préserver l’accès en franchise de droits. Sans cet engagement en faveur de la franchise de droits, il serait inutile de défendre l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

  • Il propose de s’en tenir à l’approche trilatérale. Le Canada a commis « une grave erreur » en isolant le Mexique.

  • Il vaut mieux conserver le Mexique à la table des négociations, car il permet au Canada d’apparaître sous un meilleur jour, surtout au moment où les États-Unis se préoccupent davantage de leur frontière sud. Laissons le Mexique s’occuper de ce qui le concerne.

7. Le Canada doit trouver une porte de sortie stratégique

  • Les États-Unis s’intéressent à la sécurité de l’ensemble du continent, mais l’on ne peut guère en discuter si l’accès aux échanges commerciaux n’est pas assuré.

  • Les premiers ministres du Canada ne sont pas d’accord sur les concessions à faire.

8. Les investissements chinois seront dans le viseur

  • Cela serait délicat, surtout pour les minéraux essentiels.

  • Le Canada a pris un certain nombre de mesures pour limiter les investissements directs étrangers de la Chine dans les secteurs sensibles. Elles ont été surtout adoptées pour répondre aux inquiétudes des États-Unis, mais le Canada doit maintenant relever le défi de savoir comment développer ses ressources en minéraux essentiels.

  • Le Canada doit revoir sa relation avec la Chine à travers le prisme des minéraux essentiels et de la sécurité frontalière.

9. La réaction de la Chine aux mesures américaines sera déterminante

  • La Chine a indiqué qu’elle prendra des mesures de représailles, notamment des droits de douane, des sanctions et des contrôles des exportations, mais seulement après l’entrée en vigueur des mesures américaines.

  • La Chine ciblera probablement l’agriculture américaine, puisqu’elle est le premier importateur de produits agricoles américains, à hauteur de 33,7 milliards $, suivie du Mexique pour 28,2 milliards $, et du Canada pour 27 milliards $.

10. Les marchés pourraient servir d’ultime contrepoids

  • Pour Trump, les marchés boursiers constituent toujours l’arbitre principal. Jusqu’à présent, ils n’ont pas bougé ou ont résisté aux menaces de droits de douane, en ce qui concerne les fluctuations au jour le jour tout du moins.

  • La confiance des entreprises et des consommateurs est toutefois ébranlée et entraîne une baisse des investissements.

  • Le S&P 500 a perdu 7,1 % depuis l’investiture de Trump, le 20 janvier. Il est inférieur de 9,3 % à son sommet historique du 19 février 2025.


John Stackhouse est premier vice-président, Bureau du chef de la direction, à la Banque Royale du Canada, et chef, Leadership avisé RBC.

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  • L’alimentation d’abord : Comment le secteur agricole peut ouvrir la voie à une nouvelle ère d’exportation canadienne

  • Ingéniosité : Comment le Canada s’y prendra-t-il pour conclure des contrats de marchandises avec les États-Unis et d’autres pays

  • Instabilité du commerce mondial.Voici comment le Canada peut prospérer dans le nouvel ordre économique

  • L’incidence des droits de douane sur l’économie américaine

Pour en savoir plus, allez à rbc.com/espacecommercial/.

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Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

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Le président américain Donald Trump a finalement donné le coup de grâce au secteur automobile en imposant des droits de douane sur les importations d’automobiles et de pièces, bouleversant l’industrie automobile mondiale et menaçant de dommages économiques les principaux fournisseurs du marché américain. La taxe générale de 25 % imposée par les États-Unis a dominé les manchettes, mais, comme nous le verrons, un examen détaillé des droits de douane sera nécessaire pour en connaître les véritables coûts. Au moment où des pays comme le Canada, l’Allemagne et le Japon sont secoués par ces annonces, l’industrie est confrontée aux questions suivantes :

1. Comment les droits de douane seront-ils appliqués ?

  • L’annonce donne peu de détails en ce qui concerne les automobiles et les pièces automobiles visées. Les moteurs et les pièces de moteur, les pièces de transmission et du groupe motopropulseur, ainsi que les composants électroniques ont été montrés du doigt lors d’une enquête menée en 2019 sur les répercussions des importations d’automobiles sur la sécurité nationale des États-Unis.

  • Mais cette fois-ci, l’industrie reste plongée dans l’incertitude quant à l’étendue de l’applicabilité des droits de douane. L’annonce permet également au secrétaire américain au Commerce et aux producteurs nationaux d’automobiles ou de pièces automobiles de demander que les pièces qui ne sont pas déjà visées par des droits de douane le soient à l’avenir.

  • En 2024, les États-Unis ont importé pour 83 milliards de dollars américains de pièces et d’accessoires automobiles (excluant les moteurs) ; 41 % d’entre eux (35 G$ US) provenaient du Mexique et 13 % (11 G$ US), du Canada.

Le Mexique arrive en tête pour les importations de pièces automobiles aux États-Unis

2. Comment les droits de douane seront-ils mis en œuvre et comment la conformité sera-t-elle déterminée ?

  • Le coût réel des droits de douane dépendra de la quantité de contenu d’origine américaine que contiendront les véhicules importés, mais les détails restent flous.

  • Selon le décret présidentiel, un droit de douane de 25 % s’appliquera à la valeur du contenu non américain des véhicules importés. Toutefois, les discussions entre les États-Unis et le Canada portent à croire que les importations d’automobiles conformes à l’AEUMC et contenant au moins 50 % de produits américains pourraient être exemptées. Les véhicules dont le contenu en produits américains est inférieur à 50 % seront frappés de droits de douane de 12,5 %.

  • En ce qui concerne les pièces automobiles, des droits de douane de 25 % s’appliqueront à la valeur du contenu non américain, selon un processus déterminé par la U.S. Customs and Border Protection et le secrétaire au Commerce des États-Unis. Ces droits de douane devraient entrer en vigueur d’ici au 3 mai.

3. Quelle sera l’incidence sur les chaînes logistiques ?

  • Le codéveloppement des industries automobiles américaine, canadienne et mexicaine a permis d’accroître l’efficacité de la production et la croissance du marché sur l’ensemble du continent, depuis l’Accord canado-américain sur les produits de l’industrie automobile de 1965 (aussi connu sous le nom de Pacte de l’automobile), jusqu’à l’intégration du Mexique dans le cadre de l’ALENA en 1994, et la renégociation plus récente des valeurs de contenu régional en vertu de l’AEUMC.

  • Au cours des trois dernières décennies, le Mexique a constamment augmenté sa part de la production de véhicules de tourisme en Amérique du Nord par rapport aux États-Unis, celle-ci passant de 10 % avant l’ALENA en 1991 à 30 % de la production de véhicules de tourisme sur le continent en 2023. Au cours de la même période, la part des États-Unis dans la production de véhicules de tourisme a chuté, passant de 75 % à 58 %. En 2008, la part de production du Mexique a dépassé celle du Canada pour l’ensemble du continent.

  • Bien que la part du Canada dans la production de véhicules de tourisme soit passée de 15 % en 1991 à un sommet d’environ 22 % en 2005, elle avait fléchi à 12 % en 2023.

Le Mexique a régulièrement augmenté sa part dans la production de véhicules de tourisme
  • Une tendance similaire est apparue dans le segment des pièces de véhicules automobiles. Le Mexique, qui représentait 9 % des importations américaines en 1990, est passé à 41 % des importations de pièces automobiles en 2024, tandis que la part du Canada, qui avait atteint un sommet de 36 % en 1990, a diminué pour s’établir à 13 % en 2024.

  • Selon les données sur l’origine géographique des composants de 315 modèles de voitures offerts au public américain entre 2021 et 2025, les pièces automobiles américaines et canadiennes représentent ensemble jusqu’à 77 % de la valeur totale de certains modèles, tandis que les pièces d’origine mexicaine atteignent jusqu’à 80 % de la valeur d’autres modèles.

  • Un tel niveau d’intégration signifie que les perturbations des chaînes logistiques automobiles imputables aux droits de douane risquent fort de se répercuter dans l’industrie, d’augmenter les coûts et d’exercer des pressions sur les constructeurs, les distributeurs et les consommateurs de toutes les régions.

4. Quelle est la marche à suivre ?

  • La nature précise de l’applicabilité, de la conformité et de l’application des droits de douane reste largement incertaine, de sorte que les fabricants disposent de peu d’options claires en ce qui a trait à la marche à suivre.

  • Ce qui est sûr, c’est que les répercussions se feront sentir des deux côtés de la frontière. En effet, 35 districts américains répartis dans 26 États ont importé des pièces automobiles du Canada en 2024, et le secteur automobile du sud de l’Ontario figurera parmi ceux qui seront les plus durement touchés.

  • L’ampleur des droits de douane de réciprocité déterminera les charges supplémentaires qui pèseront sur les constructeurs automobiles et les fabricants de pièces. La réponse du Canada aux droits de douane américains sur les automobiles déterminera aussi l’avenir des seuils d’exemption des droits de douane fondés sur les valeurs de contenu régional.

Vivan Sorab est premier directeur, Technologie propre, Institut d’action climatique RBC

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En représailles aux droits de douane imposés par Ottawa l’automne dernier sur les importations de métaux et de véhicules électriques chinois, la Chine a décidé d’appliquer à son tour des droits de douane sur divers produits agricoles en provenance du Canada.

Ces nouveaux droits de douane marquent une escalade des tensions commerciales entre le Canada et la Chine et le risque que celles-ci se détériorent encore reste orienté à la hausse. Cette mesure est mise en place alors que l’agriculture rencontre déjà des difficultés en raison des incertitudes qui entourent les échanges commerciaux avec les États-Unis.

Un nouveau coup porté aux exportateurs canadiens

La Chine a imposé des droits de douane de 100 % sur l’huile et les tourteaux de canola et les pois en provenance du Canada, et une taxe de 25 % sur le porc et les produits aquatiques, des mesures qui devraient toucher durement certains secteurs et provinces.

Les droits de douane devraient concerner des exportations canadiennes représentant quelque 2,9 milliards $ (chiffres de 2024). Les produits de la mer en constituent la part la plus importante, avec près de 1,2 milliard $, suivis de l’huile et des tourteaux de canola, avec 938 millions $, et du porc, avec 467 millions $. La Chine est aussi le deuxième plus grand marché d’exportation du Canada pour les pois (306 millions $).

Bien que les droits de douane ne visent qu’une petite part des exportations de marchandises canadiennes, environ 0,4 % en 2024, ils pourraient poser des difficultés à certains exportateurs canadiens de produits agricoles.

Valeur des exportations canadiennes ciblées par les droits chinois

Si la Chine demeure un important marché pour ces produits, la part qu’elle représente dans les exportations totales s’inscrit en baisse depuis quelques années. La valeur de ces marchandises exportées en Chine représentait environ 3,8 milliards $ (25 %) en 2019, mais a diminué à 2,9 milliards $, 14 %, en 2024. Sur la même période, les exportateurs canadiens se sont tournés vers les États-Unis, et les exportations de ces mêmes produits vers ce pays sont passées de 7,2 milliards $ (47 %) en 2019 à 12,3 milliards $ (60 ù) en 2024. Cette réorientation vers les États-Unis pourrait toutefois leur coûter cher si Washington décide d’appliquer des droits de douane sur les importations canadiennes à compter du 2 avril, date du « jour de la libération » selon le président américain.

Les provinces de l’Atlantique sont dans l’œil du cyclone

La Nouvelle-Écosse est la province la plus exposée à ces droits de douane. Les marchandises concernées représentent en effet environ 9,2 % de ses exportations totales. La Chine est en particulier son deuxième plus grand marché pour les exportations de homards, qui ont atteint près de 452 millions $ de dollars en 2024.

La Nouvelle-Écosse est très exposée aux nouveaux droits de douane imposés par la Chine

Les exportateurs de crevettes de Terre-Neuve-et-Labrador (105 millions $) et les exportateurs d’huiles et de tourteaux de canola de la Saskatchewan (515 millions $) comptent parmi les acteurs les plus exposés dans leur province. Les marchandises concernées par les droits de douane représentent respectivement environ 1,7 % et 1,5 % de leurs exportations totales.

La Chine ressort une mesure déjà utilisée

Les nouvelles taxes décidées par la Chine sur les exportations agricoles canadiennes ne sont pas une nouveauté. En 2019, les restrictions imposées par la Chine sur certaines importations de canola en provenance du Canada avaient entraîné une chute des exportations de graines de canola canadiennes vers la deuxième économie mondiale.

On estime que ces restrictions ont provoqué des pertes importantes pour les exportateurs canadiens, en raison de la baisse de volume des produits exportés et des répercussions sur les prix. Selon le Conseil canadien du canola, de mars 2019 à août 2020, les mesures prises par la Chine ont coûté au secteur de 1,54 à 2,35 milliards $, du fait des baisses de prix et des pertes de ventes.

D’après un cadre du secteur, si les droits de douane restent appliqués un certain temps, les producteurs de canola redoutent de devoir faire face à des disparitions d’emplois, une baisse des volumes de production et une diminution des capitaux qui touchera d’autres projets que ceux déjà en cours.

Les nouveaux droits de douane risquent de provoquer des pertes dans les secteurs ciblés, mais c’est la possible escalade de la guerre commerciale qui représente le risque le plus important. Entrées en vigueur le 20 mars, les dernières mesures ont été décidées à l’issue de l’enquête antidiscrimination menée par la Chine sur les droits de douane imposés par le Canada sur les véhicules électriques et les métaux chinois. Par ailleurs, compte tenu de l’enquête antidumping actuellement réalisée sur le canola (y compris les graines) et les produits chimiques canadiens, la Chine pourrait appliquer d’autres barrières commerciales. Le pays demeurant le premier marché des exportations de graines de canola canadiennes, évaluées à environ 4 milliards $ en 2024, de nouvelles restrictions pourraient entraîner de lourdes répercussions économiques dans le secteur.

Salim Zanzana est économiste aux Services économiques RBC.

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