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Une décision concernant l’ACEUM remet la politique commerciale au centre des préoccupations

La semaine prochaine, nous nous intéresserons de nouveau aux données commerciales découlant de la récente décision de l’administration de ne pas renouveler l’ACEUM. Nous nous attendons à ce que les données commerciales de mai montrent un déficit commercial beaucoup plus important (-79,1 G$), ce qui serait le plus important déficit depuis le premier trimestre de 2025.

Le rapport préliminaire sur les biens faisait état d’un déficit de 105,8 G$ pour les biens, un sommet sur 14 mois, attribuable à une hausse des importations de produits de consommation, de fournitures industrielles et d’automobiles, tandis que les exportations ont diminué. Le déficit commercial est encore nettement inférieur aux niveaux d’avant la pandémie, et progresse dans la mauvaise direction pour une administration qui a axé son programme sur la réduction de l’écart. Mais la composition du déficit commercial est importante et, compte tenu de la flambée de la demande pour l’IA, le déficit montre peu de signes de réduction.

Du côté des politiques, le contexte demeure instable. Après l’invalidation des tarifs douaniers imposés en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) par la Cour suprême des États-Unis à la fin de février, l’administration est passée à un tarif douanier général de 10 % sur toutes les importations mondiales en vertu de l’article 122, à compter du 24 février, mais ces tarifs doivent expirer après 150 jours (le 24 juillet). Le Congrès peut voter en faveur de la prolongation des tarifs en vertu de l’article 122, mais c’est peu probable. Comme nous l’avons déjà écrit, l’administration dispose d’autres options pour poursuivre son programme commercial, et de nombreuses enquêtes par pays (en vertu de l’article 301) et par produit (en vertu de l’article 232) sont en cours. Toutefois, à ce jour, les droits de douane n’ont pas permis de réduire le déficit comme prévu. L’expansion des infrastructures d’IA, qui continue de stimuler la demande de biens d’équipement, nuit en partie à la réduction du déficit. Un peu moins de 30 % des biens importés sont maintenant des produits informatiques et électroniques, soit le double de la part d’avant 2024. La hausse des importations en avril a été largement attribuable aux produits informatiques et électroniques, et nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive en mai.

La balance commerciale du secteur manufacturier a atteint le plus bas niveau jamais vu après l’imposition des droits de douane et demeure très négative. Même si l’IPP pour les composants et accessoires électroniques intermédiaires a bondi dernièrement, l’augmentation des importations de biens d’équipement n’est pas exclusivement une question de prix. Les importations de biens d’équipement réels ont augmenté de 3,2 % en avril, ce qui donne à penser que, même en éliminant les effets des prix, les volumes d’importations réels ont considérablement augmenté. Une forte baisse du déficit commercial au quatrième trimestre a coïncidé avec une forte hausse des investissements en équipement réel non résidentiel. À la fin du quatrième trimestre, une forte baisse du déficit commercial laissait entrevoir une forte hausse des investissements en équipement réel non résidentiel au premier trimestre. Si les importations de produits informatiques et électroniques se poursuivent au rythme actuel jusqu’au deuxième trimestre, cela soutiendra un autre trimestre vigoureux pour les investissements des entreprises. En effet, les droits de douane ne restreignent pas l’appétit pour l’expansion des infrastructures d’IA.

Voici ce que nous surveillerons la semaine prochaine :

  • Nous recevrons les données de l’indice ISM des services lundi et nous prévoyons que l’indice s’établira à 53,5 en juin, ce qui témoignerait d’une expansion de l’activité, mais à un rythme plus lent qu’en mai. Une seule des quatre enquêtes régionales de la Fed (Texas) a indiqué une accélération du rythme de l’activité des services, tandis que les autres ont progressé à un rythme plus lent (Kansas City) ou se sont contractées (Philadelphie et Richmond).

  • Nous prévoyons une augmentation du recours au crédit à la consommation de 18,04 G$ pour mai, en raison d’une hausse probable du crédit renouvelable, car les consommateurs confrontés à la hausse des prix de l’essence dépendent de l’épargne et du crédit pour maintenir leur consommation.

  • Nous prévoyons que les demandes initiales de prestation d’assurance-emploi (228 000) devraient indiquer que les licenciements sont demeurés faibles pour la semaine se terminant le 4 juillet.

  • Les données sur les ventes de logements existants devraient montrer une légère baisse en juin, car les acheteurs sont restés sur la touche après un bond des taux hypothécaires en mai.


À propos des auteurs :

Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.


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