Skip to main content
Rapport d’août sur l’emploi aux États-Unis : Quelle faiblesse? Je n’en vois aucune

Le marché américain de l’emploi est solide. Nous avons toujours été d’avis que le marché de l’emploi est tendu et que, même face à une faiblesse cyclique, les forces structurelles empêcheraient le taux de chômage d’augmenter considérablement. Le rapport sur l’emploi d’août montre que la résilience et la croissance se poursuivent malgré les vents contraires (droits de douane, énergie, etc.) – et, surtout, la vigueur cyclique s’étend au-delà d’un ensemble restreint de secteurs (c.-à-d. les soins de santé, les loisirs et l’hôtellerie). Les détails sous-jacents sont encourageants et ne montrent aucun signe de ralentissement de la demande :

  • l’indice agrégé des heures travaillées s’accélère sur 12 mois;

  • les mesures générales de la capacité excédentaire de main-d’œuvre frôlent des bas historiques (taux de chômage U6);

  • les licenciements sont exceptionnellement faibles;

  • et la part des travailleurs à temps partiel pour des raisons économiques (c.-à-d. ceux qui veulent travailler plus, mais qui ne le peuvent pas) se situe à 2,7 %, soit près du creux historique de 2,3 % observé en 2000.

Ce marché de l’emploi présente plus de similitudes avec l’économie de la fin des années 1990 qu’avec celle de la période qui a suivi la crise financière mondiale, et il faudra plus qu’un ralentissement estival pour qu’il dévisse.

Fait encourageant, la révision à juillet (+21 000 par rapport à une baisse précédente de -23 000) donne à penser que les préoccupations à l’égard de la faiblesse ont été surévaluées. C’est une donnée importante compte tenu de la faiblesse saisonnière « habituelle » dont nous avons été témoins pendant les étés des dernières années. Toutefois, d’autres révisions nous rappellent la volatilité et des révisions fréquentes qui devraient encourager la surveillance des tendances concernant les données prises isolément.

Il convient de noter que les révisions préliminaires des valeurs de référence, bien que négatives, ont été plutôt modestes chaque mois, ce qui signifie que nous avons une plus grande confiance dans la solidité de ces données par rapport aux années précédentes. Cette tension se reflète dans le fait que le taux de chômage est demeuré stable, à 4,1 %, soit un taux inférieur à 80 % de toutes les données mensuelles depuis 1948. Nous sommes toujours d’avis que le marché de l’emploi restera tendu jusqu’à la fin de l’année et qu’il changera peu en 2027. Pour la Fed, cela signifie qu’elle devrait continuer de se concentrer sur le contexte d’inflation.

Le rapport sur l’emploi d’août a fait état d’une forte hausse (+162 000), y compris des révisions à la hausse pour juillet (+21 000 par rapport au recul précédent de -23 000) et un taux de chômage stable à 4,1 %. Le taux d’activité est passé de 61,4 % à 61,6 %.

La hausse des emplois non agricoles est principalement attribuable à quelques secteurs. Le secteur des loisirs et de l’hôtellerie (+62 000) a regagné une part importante de ses emplois au cours des deux derniers mois, les embauches dans les gouvernements locaux ont augmenté dans le secteur de l’éducation avant la rentrée des classes (+33 000), et les soins de santé et l’aide sociale ont fortement contribué (+28 000), comme prévu. Si l’on exclut ces secteurs, les hausses d’effectifs ont été plus modestes, mais tout de même importants. Les deux secteurs qui ont perdu des emplois étaient les services financiers et l’information.

Les données de l’enquête auprès des ménages constituent la partie la plus intéressante de ce rapport. Le bond de la participation ce mois-ci est attribuable aux travailleurs hors du groupe d’âge actif de référence (25-55 ans). Les adultes âgés (55 ans et plus) représentaient la moitié de l’augmentation de la population active, et l’autre moitié, les jeunes de moins de 25 ans. Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté, mais à un rythme plus lent que la croissance de la population active, ce qui maintient le taux de chômage à un niveau stable. En ce qui concerne les flux de main-d’œuvre, il y avait beaucoup plus de travailleurs qui trouvaient un emploi hors de la population active que de travailleurs qui étaient auparavant au chômage, ce qui laisse entrevoir un bref calendrier de recherche d’emploi (moins d’un mois). Autre fait intéressant : il y a eu deux fois plus de démissions que de licenciements en août. Toutefois, cette situation pourrait s’expliquer par le fait que les étudiants quittent leur emploi d’été et retournent étudier.



À propos des auteurs :

Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias. 

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.


Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

Obtenez les dernières prévisions et analyses de services économique RBC.
Abonnez-vous maintenant