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IPC de juillet aux États-Unis : rassurant en apparence, mais signaux d’alerte sous la surface

Les données sur l’IPC de ce matin étaient cruciales avant la réunion de septembre de la Fed. À +0,2 % (ce qui fera baisser le rythme sur 12 mois à 2,5 %), nous nous attendons à ce que l’inflation de base laisse une marge de manœuvre à la Fed. Néanmoins, les détails brossent peut-être un tableau un peu moins rassurant sous la surface.

L’inflation de base ne s’est pas exclusivement concentrée sur les services en juillet, les biens de base ayant également vu sa réaccélération. Bien sûr, elle concernait en partie les ordinateurs, les périphériques et les téléphones intelligents après qu’Apple a augmenté les prix à la fin de juin. Néanmoins, les tarifs douaniers imposés en vertu de l’article 232 pèsent sur le secteur de l’automobile, car la hausse des prix des pièces et du matériel des véhicules automobiles se répercute sur l’entretien et la réparation. Il ne s’agit donc probablement pas d’une hausse ponctuelle. L’augmentation des coûts des intrants pèse clairement sur l’inflation des biens, ce qui exercera une pression persistante cette année. Par ailleurs, les services sont demeurés stables, car les loyers et les loyers équivalents pour les propriétaires étaient élevés dans l’indice.

La bonne nouvelle, c’est qu’un ralentissement de la généralisation de l’inflation depuis le début de l’année et la baisse de l’inflation des services hors logement illustrent encore l’amélioration continue cette année. Le rythme annuel de l’inflation a également ralenti, passant de 3,5 % à 3,4 %, mais cette amélioration est surtout attribuable à la baisse des prix des produits énergétiques (-2,9 % sur un mois).

Dans l’ensemble, les données sur l’inflation de juillet ont été contrastées. À première vue, les données sont rassurantes, mais sous la surface, les pressions propres aux produits sont des signaux d’alerte sur la trajectoire des biens de base.

Trois thèmes principaux abordés dans le rapport d’aujourd’hui sont à retenir :

  • L’IPC des biens de base est passé de stable à négatif pendant trois mois consécutifs, mais en juillet, il a augmenté de 0,2 % sur un mois.

  • Les pressions ont été prononcées dans les secteurs exposés aux échanges commerciaux touchés par les droits de douane imposés en vertu de l’article 232, notamment sur les pièces et l’équipement des véhicules automobiles (+0,6 % sur un mois), les voitures et les camions d’occasion (+0,4 % sur un mois) et les produits de loisirs (+0,6 % sur un mois). Nous constatons que la hausse des coûts des intrants se répercute maintenant sur certains secteurs des services, comme l’entretien et la réparation des véhicules automobiles (+0,6 % sur un mois).

  • Les ordinateurs, les périphériques et les assistants intelligents ont bondi de 3,5 % sur un mois, en plus des prix des téléphones intelligents (+1,1 %). Cela n’a rien de surprenant, étant donné qu’Apple a annoncé des augmentations de prix le 25 juin et que nous avons observé des flambées des prix sur les ordinateurs, les périphériques, les assistants intelligents pour la maison et les téléphones intelligents. Cela reflète probablement directement la hausse des prix des intrants, comme dans l’IPP.

  • Les services de base sont restés stables à +0,23 % sur 12 mois. Les loyers de résidence principale et les loyers équivalents pour les propriétaires ont accéléré (+0,26 % sur un mois)

  • Néanmoins, nous avons constaté un recul important dans l’hébergement loin du domicile à la fin de la Coupe du monde.

  • Nous nous attendons toujours à ce que la baisse des loyers et des prix des logements se répercute sur le marché du logement avec un certain décalage. Nous pensons que le ralentissement le plus important se fera sentir plus tard cette année et en 2027.

  • Mis à part le logement, le transport en commun a également exercé des pressions à la hausse sur les services de base en juillet, les prix des billets d’avion ayant bondi de 2,2 % sur un mois, malgré l’amélioration continue des prix de l’énergie.

  • À long terme, nous demeurons préoccupés par le fait que la croissance persistante des salaires limitera la désinflation à l’égard des services de base.

  • Malgré les détails moins rassurants du côté des biens de base, les données de juillet montrent que l’inflation de base a considérablement ralenti depuis le début de l’année.

  • Fait important, le rythme sur 12 mois de l’inflation des services hors logement a continué de ralentir en juillet et a reculé de 0,9 point de pourcentage en deux mois (maintenant à 2,8 %). Néanmoins, le rythme d’un mois sur l’autre a rebondi (à +0,2 % en juillet) après avoir été négatif en juin.

  • La diffusion de l’inflation dans l’IPC s’est accélérée par rapport au mois dernier, mais elle demeure conforme au niveau d’avant la COVID-19 et bien en deçà des niveaux observés plus tôt cette année. À l’heure actuelle, 36 % des éléments du panier de l’IPC (hors logement) affichent une croissance des prix égale ou supérieure à 3 %. Cet indice de diffusion a considérablement diminué cette année.

  • Selon la stratégie de taux de RBC, une inflation de base de +0,22 % devrait être « suffisante pour continuer d’éviter une hausse », après avoir signalé +0,25 % comme indicateur décisif pour une pause ou une hausse en septembre. Dans ce contexte, nous nous attendons à ce que les données de ce matin préservent la marge de manœuvre de la Fed. Mais cela ne garantit pas non plus une trajectoire vers 2 %.




À propos des auteurs :

Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.


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