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Ô Canada, nous avons réussi à nous entendre

  • Enfin, et tout juste avant la fête du Canada, le gouvernement fédéral passe à l’action pour démanteler les barrières commerciales entre les provinces.

  • Le projet de loi C-5, appelé Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada, est entré en vigueur. Même si l’élimination des barrières fédérales aux échanges interprovinciaux est un pas vers l’avant, l’histoire enseigne que des obstacles persisteront.

  • Des groupes d’intérêts particuliers se mobiliseront en coulisse pour que des secteurs soient exemptés de la loi, ce qui pourrait nuire à son efficacité.

  • La situation commerciale réelle pose un défi encore plus grand. L’expérience du Canada en matière de libre-échange révèle que le simple fait d’abaisser les barrières douanières ne stimule pas automatiquement les échanges commerciaux. Par exemple, le Canada a libéralisé le commerce avec l’Europe et l’Asie, mais ses exportations vers ces régions n’ont pas beaucoup augmenté.

  • Pouvons-nous nous attendre à voir davantage de rieslings de l’Okanagan sur les rayons à l’est des Rocheuses ? Le moment de sabler le champagne pour célébrer cette victoire n’est probablement pas arrivé.

  • Selon les données en pourcentage de Statistique Canada, les Canadiens commercent moins entre eux qu’avec le reste du monde. Dans les années 1980, le commerce interprovincial représentait environ la moitié des échanges commerciaux du Canada. À la suite de la conclusion d’une série d’accords de libre-échange, cette proportion a diminué pour s’établir à près du tiers.

  • Les barrières internes peuvent contribuer à expliquer pourquoi le commerce entre les provinces est moins important que les échanges commerciaux avec le reste du monde. Le groupe Services économiques RBC a conclu en début d’année que les estimations peuvent différer en ce qui concerne les gains économiques associés à la réduction des barrières au commerce intérieur. Cependant, il semble certain que le libre-échange entre les provinces est une politique favorable à la croissance, en particulier pour les petites provinces.

La semaine écoulée

  • En plus d’apprendre que son mandat d’ambassadrice du Canada aux États-Unis avait été prolongé, Kirsten Hillman a été nommée négociatrice en chef pour les discussions sur les échanges commerciaux avec les États-Unis

  • En réaction aux plaintes de fabricants américains selon lesquelles la Chine limitait l’expédition de métaux des terres rares malgré la trêve commerciale conclue avec Washington, Beijing a promis vendredi d’approuver les demandes des États-Unis. La veille, M. Trump avait annoncé que les États-Unis et la Chine venaient de signer un accord.

  • Le Royaume-Uni a dévoilé une stratégie commerciale générale axée sur ses exportations de services, d’une valeur de 500 milliards de livres sterling par an, et sur le désir de s’entendre avec une série de partenaires, dont les six membres du Conseil de coopération du Golfe.

  • M. Trump a menacé l’Espagne d’augmenter les droits de douane après l’annonce, par le premier ministre espagnol Pedro Sánchez, du rejet de la nouvelle cible de l’OTAN visant à consacrer 5 % du PIB à la défense.

  • Sous la pression des dirigeants des sociétés pétrolières, Donald Trump s’efforce de faire reculer la réglementation liée au climat dans le cadre des négociations commerciales entre les États-Unis et l’UE.

Le chiffre à retenir

Valeur totale des exportations américaines en mai, en baisse de 5,2 % depuis avril. Il s’agit de la plus forte baisse d’un mois sur l’autre depuis 2000.

Le commerce mondial de pétrole et de gaz redevient périlleux

Alors que l’Iran et Israël s’attaquent à coups de missiles et que les États-Unis ont bombardé trois installations nucléaires à Téhéran, les coûts additionnels des navires pétroliers ont bondi de 83 %. De plus, le fait que le Qatar, un grand exportateur de GNL, ait brièvement été entraîné dans la crise a compliqué la donne pour le commerce mondial de pétrole et de gaz.

Les tarifs pour les navires pétroliers ont baissé quelques jours après le cessez-le-feu, mais leur volatilité pourrait rester un problème permanent qui pèsera sur la production et les prix des marchandises à l’échelle mondiale. Par ailleurs, les tarifs des transporteurs de gaz naturel liquéfié demeurent élevés en raison des changements d’itinéraires et de la demande estivale. Selon les données de Rystad, près de 25 % de l’approvisionnement mondial en GNL passera par le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole et le gaz au Moyen-Orient, d’ici 2030.

Le Canada a l’occasion de contribuer à l’atténuation du risque lié à l’approvisionnement mondial, tant sur le plan géopolitique que du point de vue de la concentration de l’offre. Cette possibilité est vue d’un bon œil par les acheteurs européens et asiatiques, comme nous l’avons souligné dans notre récent rapport intitulé Stratégie du G7+ en matière de gaz naturel : quatre scénarios pour la sécurité énergétique dans les années 2040.

Le Canada deviendrait bientôt un membre à part entière du club des exportateurs de gaz naturel liquéfié.Cette fin de semaine, LNG Canada attend l’arrivée de deux transporteurs de gaz naturel liquéfié, dont Puteri Sejinjang, un nouveau navire de 174 000 mètres cubes, qui prendra en charge la toute première livraison de gaz provenant de l’installation sur la côte ouest.

Le mot de la fin

« Notre réponse stratégique à cette nouvelle réalité ne peut être fondée sur la nostalgie ou une illusion post-impériale, et encore moins sur un attachement idéologique ou dogmatique à un bloc commercial ou à un autre. »
Douglas Alexander, ministre du Commerce du Royaume-Uni

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Dans le numéro de cette semaine : Un plan d’action pour les minéraux critiques ; la diversification des échanges commerciaux n’est peut-être pas une panacée ; les droits de douane exacerbent l’insécurité alimentaire

À noter

Par John Stackhouse

Mark Carney a survécu au G7. Le sommet de Kannaski aurait pu être un désastre commercial, mais Donald Trump avait manifestement d’autres chats à fouetter. Le Canada, ou les autres pays participants de la rencontre ne peuvent, pour autant, pas crier victoire. En voici les raisons, et ce qu’on entend : 

  • Il n’était pas prévu que le Canada et les États-Unis signent une entente au sommet du G7 puisque DJT n’allait tout de même pas annoncer un élément aussi important de son programme national en sol étranger (à moins, bien sûr, d’y avoir planté le drapeau étoilé.)

  • L’on a ensuite estimé que les deux pays pourraient conclure une entente dans un délai de 30 jours, ce qui est un objectif fort ambitieux. Tous ceux qui ont eu affaire à Trump savent que le président fait fi des délais et se sert du temps comme un outil de négociation. On ne signe pas si on n’y est pas obligé. L’équipe Carney voit maintenant sa plus grande préoccupation se concrétiser, avec le président des États-Unis qui se laisse distraire par les événements. L’on parle par exemple d’une guerre au Moyen-Orient.

  • Certains intervenants du côté canadien ne s’en inquiètent pas, estimant que cette stratégie qui consiste à « faire traîner le jeu » permettra au Canada d’entamer des discussions plus approfondies sur l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) à l’automne.

  • D’autres Canadiens craignent toutefois que cela accentue l’impact des droits réciproques. Il est beau de « jouer du coude » jusqu’à ce qu’on bouscule un membre de sa propre équipe. En clair, le Canada souffre plus de la guerre des droits de douane que les États-Unis à l’heure actuelle.

  • Et plus l’incertitude se prolonge, plus il sera difficile pour le Canada d’attirer des investissements.

  • À plus long terme, le Canada reste dans la mire des études sectorielles de M. Trump, et cela ne fera que compliquer les choses pour nos exportations dans les cinq catégories de base : automobiles, acier/aluminium, bois d’œuvre, produits pharmaceutiques et semi-conducteurs.

  • Comme l’a dit quelqu’un dans Zone commerciale : « On est mal parti pour négocier lorsque le partenaire de négociation se montre impitoyable. »

La semaine écoulée

  • Les États-Unis et le Canada souhaiteraient conclure une entente dans les 30 jours. M. Carney a laissé entendre que le Canada imposerait des droits de douane réciproques si les deux pays ne parviennent à aucun accord.

  • Le Canada prend des mesures sévères pour contrer l’importation d’acier étranger bon marché afin de soutenir ses producteurs d’acier, frappés par les droits de douane de 50 % imposés par M. Trump.

  • Le volume de camions commerciaux entrant aux États-Unis en provenance du Canada a baissé de plus de 10 % au cours des deux derniers mois par rapport à 2024. Par contre, le nombre des camions en provenance du Mexique et à destination des États-Unis n’a baissé que de 2,8 % en mai (et de 6,4 % en avril).

  • Le secrétaire d’État britannique au Commerce a déclaré que les efforts visant à obtenir un allègement pour les exportations d’acier vers les États-Unis seraient intégrés dans des négociations plus larges, laissant ainsi entendre qu’il y avait encore beaucoup à faire en ce qui concerne l’accord commercial récemment annoncé entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

  • La Réserve fédérale américaine a maintenu les taux inchangés et déclaré qu’elle suivrait de près l’impact des droits de douane cet été.

  • Les mises en chantier aux États-Unis ont atteint un creux en cinq ans en mai, en raison de l’imposition des droits de douane sur les matériaux de construction importés.

  • La Chine a retiré les États-Unis des pays vers lesquels elle exporte ses marchandises, mais a réussi à porter son excédent commercial global à 500 milliards de dollars américains depuis le début de l’année, affichant ainsi une hausse de 40 % par rapport à l’an dernier.

Les minéraux à l’ordre du jour du G7

Cette semaine, les dirigeants du G7 ont dévoilé un plan d’action pour les minéraux critiques afin de contrer les distorsions de marché, d’accroître la transparence des chaînes logistiques et de réduire la dépendance stratégique à l’égard de Pékin. Nous avons peu de détails à ce sujet, mais certains éléments clés correspondent aux renseignements fournis dans notre rapport Le nouveau grand jeu :

  • Restreindre les distorsions de prix : Les membres du G7 se sont engagés à coordonner leurs interventions face aux perturbations de l’approvisionnement et à améliorer la transparence et la traçabilité des marchés. Aucune mention explicite d’une « prime à la Chine » ou d’un prix plancher n’est faite, mais il y a tout de même une évolution positive.

  • Débloquer des financements : Encourager les banques de développement, les agences de crédit à l’exportation et les sociétés de capitaux privés à accélérer les investissements en amont dans les pays du G7 et les marchés émergents alliés.

  • Traçabilité de la chaîne logistique, établissement de normes et durabilité : Une feuille de route du G7, prévue pour la fin de l’année, vise à créer des critères de référence pour garantir une exploitation minière responsable, des mesures de protection de l’environnement et des normes du travail.

Le Canada reste un acteur central dans le secteur des ressources minières, capable de répondre aux besoins croissants de l’Europe et des États-Unis en matière de défense et de nouvelles énergies, ce qui constitue un avantage naturel dans les négociations commerciales avec les États-Unis et ses partenaires. D’autres efforts, comme la hausse de la capacité de raffinage, visant à renforcer le reste de la chaîne de valeur, viendront renforcer l’avantage du Canada en matière de ressources.

Pourquoi la diversification des échanges commerciaux n’est peut-être pas une panacée

Au vu du conflit avec les États-Unis, la diversification des partenaires commerciaux est devenue un sujet d’actualité. L’abaissement des barrières que constituent les droits de douane est une mesure économiquement rationnelle qui ne suffit pas, à elle seule, d’augmenter les volumes d’exportations.

Les conservateurs de M. Harper ont conclu des accords commerciaux bilatéraux avec toute une série de pays et de blocs économiques, notamment avec l’Europe (AECG), l’Asie-Pacifique (PTPGP) et un grand nombre de pays d’Amérique latine. Pourtant, seulement 4 % des exportations canadiennes sont destinées à l’UE et 6 % aux pays du PTPGP, des ratios qui n’ont pas évolué depuis plus de deux décennies.

Parallèlement, près de 80 % des exportations canadiennes sont destinés aux États-Unis. La dépendance du Canada à l’égard de quelques grands secteurs comme l’énergie, l’automobile et les métaux ne fait qu’accentuer cette dépendance. Le Canada a besoin d’une stratégie commerciale intégrée qui diversifie les partenaires commerciaux tout en renforçant la compétitivité des exportations. Le délai de 30 jours entre Carney et Trump pour conclure un accord est donc encore plus important.

Guerre commerciale et sécurité alimentaire

Un Canadien sur quatre est confronté à l’insécurité alimentaire ; un taux jamais vu au pays. C’est un problème d’accessibilité que les droits de douane et l’incertitude commerciale persistante risquent d’aggraver.

  • Les pertes d’emploi et l’insécurité obligent de nombreuses personnes à faire des choix difficiles : Entre janvier et mai, le secteur manufacturier canadien a perdu 54 000 emplois et le taux de chômage du pays s’est hissé à 7 %, ce qui représente son sommet depuis 2016, exception faite de la pandémie.

  • La hausse du coût de la vie menace d’aggraver la crise de l’insécurité alimentaire. Cela dit, il ne s’agit pas seulement d’emplois : plus de 60 % des ménages en situation d’insécurité alimentaire dépendent d’un salaire ou d’un revenu d’un travail indépendant pour subvenir à leurs besoins.

    Augmentation de l'écart entre le coût des aliments et les salaires
  • Les perturbations de la chaîne logistique ont un impact sur la cohérence et les coûts des produits alimentaires : Aux États-Unis, on estime que les droits de douane augmenteront les prix des denrées alimentaires de 2,6 % à court terme, les prix des fruits et légumes devant grimper de 5,4 %.

Dans notre dernier rapport, Alimenter la crise : l’incidence des droits de douane sur l’insécurité alimentaire – Nous présentons trois solutions potentielles, toutes liées aux ambitions de croissance du Canada.

Conclusion

« Si les droits de douane et droits de douane réciproques actuels sont maintenus, l’expérience passée porte à croire qu’environ 75 % des coûts des droits de douane auront des répercussions pendant environ un an et demi. »
Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, lors d’un discours prononcé cette semaine à St. John’s, Terre-Neuve.

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Les dernières années ont été extrêmement difficiles pour bon nombre de Canadiens. La pandémie a causé d’importantes perturbations sur le marché du travail et fait grimper l’inflation à des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies, tandis que la guerre en Ukraine n’a fait qu’empirer les choses. Et maintenant, le pays est confronté à une guerre commerciale avec les États-Unis qui provoque ses propres ondes de choc, dont des pertes d’emplois et des bouleversements dans les chaînes logistiques qui poussent les prix des biens vers des niveaux encore plus élevés. Beaucoup n’arrivent plus à suivre.

Aujourd’hui, un Canadien sur quatre fait face à l’insécurité alimentaire. Cela représente 10 millions de personnes, un chiffre sans précédent au Canada.1 Le problème est surtout celui de l’accessibilité financière. Il y a une abondance de nourriture. Mais cette nourriture est inabordable pour de plus en plus de monde. En mars 2024, les banques alimentaires canadiennes ont enregistré plus de deux millions de visites. Autrement dit, une hausse de 90 % en seulement cinq années.2 Sachant que les banques alimentaires sont utilisées en tout dernier recours, cette situation est dramatique. Le soutien aux banques alimentaires et leur approvisionnement est une question critique. Cependant, pour remédier à l’insécurité alimentaire à long terme, il est vital de construire une économie canadienne plus robuste. En particulier, il faut résoudre la crise de l’accessibilité, améliorer la productivité et faire avancer un développement économique durable dans les régions canadiennes rurales et éloignées.

Les taux de pauvreté et d'insécurité alimentaire en hausse au Canada

Guerre commerciale visant la nourriture : augmentation des pertes d’emplois, coûts et perturbations

Les pertes d’emploi et l’insécurité obligent de nombreuses personnes à faire des choix difficiles

La guerre commerciale du président américain Donald Trump a provoqué une incertitude générale. Des lancements ont été retardés. La production est en pause. Des mises à pied ont été annoncées. Entre janvier et mai, le secteur manufacturier canadien a perdu 54 000 emplois et le taux de chômage du pays s’est hissé à 7 %, ce qui représente son sommet depuis 2016 exception faite de la pandémie.3 4 Les secteurs sensibles aux échanges commerciaux, dont celui de la manufacture, continuent de procéder à des mises à pied, et l’incertitude s’est accrue au regard de l’emploi dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium qui subissent les droits de douane de 50 % imposés par l’administration Trump. Une telle volatilité pourrait entraîner les travailleurs dans une situation financière précaire.

Le ménage canadien moyen a consacré environ 76 750 $ à l’achat de biens et de services en 2023, avec des parts respectives de 15 % et 32 % dans la nourriture et le logement. Le quintile de revenu inférieur a dépensé 40 080 $ par an, soit environ la moitié des dépenses du ménage moyen, avec des parts de 18 % dans l’alimentation et de 35 % dans le logement.5 En cas de perte d’emploi ou dans la crainte d’une mise à pied, les Canadiens situés dans les tranches d’imposition supérieures ont la possibilité de réduire leurs dépenses de consommation discrétionnaire (nouveaux vêtements, repas au restaurant) à court terme. Les ménages à faible revenu, qui n’ont pas ce luxe, doivent faire un choix difficile entre leurs différents besoins de base à couvrir comme les services publics, les médicaments et la nourriture. Entre autres, ces choix peuvent avoir des répercussions sur la qualité des aliments achetés, les ménages à faible revenu optant pour des aliments plus économiques et moins nutritifs.6

Tout comme les replis du marché du travail, les fluctuations sur les marchés internationaux de marchandises touchés par les guerres commerciales peuvent impacter les Canadiens dont le revenu est directement lié aux prix du marché. Les agriculteurs sont souvent en bout de chaîne, dans l’incapacité de répercuter la hausse des coûts sur les acheteurs et les consommateurs. De plus, les droits de douane imposés par la Chine sur les produits agroalimentaires comme l’huile de canola et les fruits de mer ont récemment porté un dur coup à l’économie rurale du Canada. La Nouvelle-Écosse serait la province la plus touchée par les droits de 25 % imposés par la Chine sur les produits aquatiques, lesquels représentaient 9,2 % de la valeur totale des exportations de la province en 2024. Les agriculteurs et les pêcheurs sont habitués à la volatilité liée aux conditions météorologiques et à l’évolution de la demande. Néanmoins, des perturbations persistantes pourraient éroder la stabilité des régions rurales et éloignées déjà désavantagées pour accéder aux occasions économiques et aux services.

En outre, les droits de douane ne touchent pas seulement la sécurité de l’emploi. Par exemple Windsor, en Ontario, est tributaire de l’automobile, de la fabrication de pointe, de la transformation des aliments, et de la manutention et de l’expédition des céréales et oléagineux. Cette dépendance rend toute la ville et ses environs vulnérables aux droits de douane imposés par Donald Trump au secteur de l’automobile, ainsi qu’aux droits de douane de rétorsion imposés par la Chine aux produits agroalimentaires canadiens. Le taux de chômage de Windsor est supérieur à la moyenne nationale, avec un niveau de 10,8 % en mai 2025 contre 7,8 % en mai 2024.7 De plus, les multiples pressions sur l’emploi d’une région et la hausse du coût de la vie peuvent avoir des répercussions sur le commerce de détail et les services. À mesure que les dépenses de consommation se resserreront, tous les secteurs et leurs travailleurs seront touchés.

La hausse du coût de la vie menace d’aggraver la crise de l’insécurité alimentaire.

En raison de la hausse des coûts au Canada, un seul emploi ne suffit plus à répondre aux besoins de base. Plus de 60 % des ménages canadiens en situation d’insécurité alimentaire dépendent d’un salaire ou d’un revenu de travail autonome en tant que principale source de revenu.8 Les travailleurs qui font face à une insécurité alimentaire modérée à grave occupent souvent des emplois à faible rémunération ou des emplois précaires qui ne suffisent pas à suivre le rythme du coût de la vie. Au Canada, les membres des minorités visibles, les femmes et les nouveaux immigrants gagnent un revenu inférieur à la moyenne nationale. Par conséquent, l’insécurité alimentaire frappe ces groupes de façon disproportionnée. Plus de 46 % des ménages noirs et 39 % de la population autochtone vivant hors réserve sont en situation d’insécurité alimentaire.9 Les ménages monoparentaux ont également un taux d’insécurité alimentaire plus élevé, soit 52 %.10

Les effets de l’insécurité alimentaire aggravent la marginalisation des groupes vulnérables. L’insécurité alimentaire est associée à une plus forte probabilité de maladies chroniques comme le diabète et les troubles cardiovasculaires. Il en résulte davantage de consultations médicales et d’hospitalisations. Les coûts de santé associés aux Canadiens en situation d’insécurité alimentaire sont plus de deux fois plus élevés que ceux associés aux Canadiens en situation de sécurité alimentaire.11 L’insécurité alimentaire a également des répercussions sur le développement physique et mental des enfants, ainsi que sur leur rendement scolaire et leur comportement.12 Ces incidences mettent en lumière les coûts sanitaires et socioéconomiques qui pèsent sur les familles et sur l’économie canadienne.

Au cours des cinq dernières années, la crise de l’accessibilité a durement frappé les ménages dont les salaires ne suivent pas la montée des prix des biens et des services. À mesure que les stocks d’avant les droits de douane sortent des rayons des épiceries, les nouveaux prix incluant les droits de douane intensifient l’inaccessibilité des produits au Canada, en particulier dans l’alimentaire. Depuis janvier 2025, les prix des aliments constituent un important facteur de hausse de l’indice des prix à la consommation au Canada. En avril 2025, les prix des alimentes ont augmenté de 3,8 % par rapport à l’année précédente.

Augmentation de 'écart entre le coût des aliments et les salaires

Les perturbations de chaîne logistique impactent la stabilité et le coût des aliments

Les sociétés alimentaires et les détaillants ont fait état de pertes au premier trimestre, conséquence directe de la guerre des droits de douane.13 En plus de faire face à des pertes, les chaînes logistiques agroalimentaires entre le Canada et les États-Unis doivent maintenant satisfaire à des exigences administratives additionnelles pour prouver leur conformité à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), étant donné que seulement deux tiers des exportations agroalimentaires canadiennes ont été échangés dans le cadre de l’ACEUM en 2024. Les fournisseurs, grossistes et détaillants agroalimentaires, dont les marges sont souvent très minces, n’ont pas la capacité d’absorber ces complexités et ces coûts supplémentaires. En définitive, la hausse des coûts est répercutée sur le consommateur. Aux États-Unis, les droits de douane devraient entraîner une hausse de 2,6 % des prix des aliments à court terme, avec une incidence disproportionnée sur les fruits et légumes dont les prix pourraient augmenter de 5,4 %.14

Les guerres commerciales ont déclenché un mouvement en faveur de la diversification. Bien que la diversification des échanges commerciaux constitue une stratégie pour accroître et renforcer les exportations agroalimentaires canadiennes, cette approche comporte quelques inconvénients, parmi lesquels une certaine incertitude à court terme sur le plan de la qualité et des coûts pour les consommateurs en attendant que les chaînes logistiques soient bien établies. La stabilité et la régularité des échanges commerciaux sont des conditions déterminantes pour maintenir les coûts de transport, de logistique et d’exploitation à des niveaux raisonnables pour les négociants, les grossistes et les détaillants, ce qui contribue à la constance des prix, de la qualité et de la disponibilité pour les consommateurs. À l’heure actuelle, l’incertitude liée aux droits de douane remet en question les avantages auxquels les consommateurs nord-américains sont habitués en raison de la connexion des chaînes logistiques entre le Canada et les États-Unis.

Prochaine étape : lier les solutions alimentaires aux ambitions de croissance du Canada

Les solutions à l’insécurité alimentaire au Canada sont bien documentées, mais le problème reste du côté des politiques et des engagements financiers à grande échelle.

Les solutions pourraient inclure :

  • Combler les disparités entre les régions rurales et urbaines du Canada en ce qui a trait à l’accès aux ressources, aux revenus de subsistance et aux occasions de développement économique.

  • Reconstruire le filet de sécurité sociale du Canada en vue de mieux soutenir les ménages à faible revenu et d’intervenir de façon proactive lorsqu’un ménage fait face à une perte de revenu ou à une perturbation ayant un impact sur son budget.

  • Améliorer l’accessibilité au logement. 

Une cible de sécurité alimentaire pourrait constituer le catalyseur nécessaire pour unir ces solutions, susciter des actions à l’échelle du Canada et suivre les progrès réalisés. Cette idée n’est pas nouvelle. Les experts de la sécurité alimentaire au Canada recommandent une cible de 50 % d’ici 2030.15 16 Mais le moment est venu d’adopter une vision ambitieuse pour la sécurité alimentaire au Canada, alors que le pays s’emploie à bâtir une économie plus forte. L’un des principaux défis consiste à déterminer dans quels domaines les solutions de sécurité alimentaire peuvent être harmonisées avec les engagements existants, afin d’insuffler un nouvel élan. Le plan pour la sécurité alimentaire au Canada doit aussi veiller à améliorer les taux de façon proportionnelle dans les régions et les groupes les plus vulnérables.

Le taux d'insécurité alimentaire est exceptionnellement élevé dans le nord du Canada

Promouvoir le développement et renforcer les services de santé dans les collectivités rurales et éloignées, tout en accélérant les grands projets d’infrastructure au Canada. L’ambition du Canada d’accélérer les grands projets d’infrastructure, du port de Churchill au Cercle de feu, se concentre principalement dans les régions rurales et éloignées du nord du Canada. Les régions rurales et éloignées du Canada représentent 25 % du PIB du Canada, mais elles sont nettement déficientes en matière de soins de santé, de logement et d’accès aux autres besoins essentiels comme les aliments sains.17 L’insécurité alimentaire est élevée partout au Canada, mais plus particulièrement dans le Nord et dans les régions éloignées. Plus de 58 % des habitants du Nunavut sont en situation d’insécurité alimentaire. De plus, au Canada, seulement 7 % des médecins travaillent dans les régions rurales, alors que celles-ci représentent 18 % de la population totale du Canada.18

Les plans du Canada pour assurer sa sécurité et sa souveraineté économiques reposent en grande partie sur la disponibilité d’une main-d’œuvre productive dans les régions rurales et éloignées. Toutefois, il est compliqué de convaincre les travailleurs de rester ou d’emménager dans les régions rurales ou éloignées pour mener à bien les projets en question si ces régions ne leur permettent pas d’accéder aux ressources dont ils ont besoin pour assurer une vie saine à leurs familles. Le Canada pourrait renverser la tendance d’une croissance 15 fois plus rapide dans les zones urbaines que dans les régions rurales en atténuant la fuite des cerveaux et des ressources grâce à des investissements dans les ressources des collectivités, en renforçant par exemple l’accès aux soins de santé, aux aliments et au logement, afin de se mettre au niveau de ses ambitions en matière de grands projets d’infrastructure.19

Améliorer l’accès au soutien financier et aux prestations sociales pour les ménages en engageant des réformes politiques. Le moment serait bien choisi pour faire avancer les projets de réforme, à présent que le gouvernement libéral s’est engagé à examiner et réformer le processus de demande de crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH). Le CIPH donne accès à d’importants programmes du gouvernement fédéral, dont la Prestation canadienne pour les personnes handicapées, l’Allocation canadienne pour enfants destinée aux enfants handicapés et le Régime canadien de soins dentaires. Cet examen donne l’occasion d’encourager le réseau canadien de banques alimentaires desservant les familles bénéficiaires du CIPH à élaborer des solutions pratiques et efficaces pour les ménages, en particulier ceux qui font face à la crise du logement et à l’insécurité alimentaire.

En plus de l’admissibilité aux prestations, les groupes les plus vulnérables au Canada, y compris les personnes handicapées et les sans-abri, sont souvent les plus difficiles à joindre pour faire les déclarations fiscales, et le taux de déclaration de revenus de cette population est inférieur à la moyenne nationale de 92 %.20 Les revenus non déclarés et les crédits d’impôt non réclamés représentent plus de 8,9 millions de chèques de l’Agence du revenu du Canada (ARC) non encaissés, pour un total de 1,4 milliard de dollars.21 La valeur des crédits d’impôt ne résoudra pas toutes les difficultés financières des ménages, mais c’est un bon début.

Le projet pilote de l’ARC concernant la déclaration automatique des revenus, de même que les approches visant à rationaliser et à simplifier les déclarations fiscales sont l’occasion de définir des services de soutien qui aideraient les Canadiens à naviguer dans les processus administratifs pour devenir admissibles aux crédits d’impôt et en bénéficier. Nous avons aussi beaucoup à apprendre des organismes communautaires, comme les banques alimentaires, qui offrent des services intégrés tels que des programmes d’alimentation et de littératie financière aux populations les plus vulnérables et marginalisées du Canada.

Harmoniser les objectifs de sécurité alimentaire avec l’essor de la construction résidentielle au Canada. La réduction des coûts du logement peut transformer le budget d’un ménage. Le projet du nouveau gouvernement fédéral libéral de construire 500 000 logements par année stimulerait l’économie tout en répondant à un besoin essentiel, étant donné que l’une des priorités du plan « Construire des logements au Canada » est de construire des logements abordables à grande échelle. Cette priorité se traduit par un engagement de 6 milliards de dollars en faveur du logement très abordable couvrant les logements admissibles aux allocations, le logement pour les Autochtones et les refuges. En plus de construire rapidement de tels logements et d’établir des cibles relatives aux sans-abri dans les provinces, le gouvernement pourrait envisager de s’harmoniser avec les objectifs de sécurité alimentaire et les actions menées à l’échelle nationale afin d’évaluer ses progrès en matière de logement abordable, dans l’objectif d’améliorer l’accès à un mode de vie plus sain et plus productif, ce qui contribuerait à la croissance de l’économie canadienne.

L’insécurité alimentaire est un problème systémique qui requiert des solutions fondées sur les systèmes. Alors que le Canada s’engage dans une ère de stimulation de la croissance, le moment est venu d’examiner la façon dont le pays peut mettre à profit son approche unifiée pour lutter contre les symptômes les plus chroniques d’une économie à la dérive : l’insécurité alimentaire et la pauvreté.

Expériences et approches dans le reste du monde

L’insécurité alimentaire touche tous les pays, et plus de 295 millions de personnes sont aux prises avec la faim aiguë dans le monde. Les pays adoptent des approches différentes pour mesurer, surveiller et atténuer le problème, qui vont bien au-delà des programmes et des politiques alimentaires et s’étendent aux domaines du revenu, du logement et de l’équité sociale. Toutefois, les économies avancées comme le Canada élargissent de plus en plus leurs programmes alimentaires pour contrer les répercussions de l’insécurité alimentaire sur les collectivités à court terme. 

Au Royaume-Uni, plus de 7 millions de personnes, soit 11 % de la population, appartiennent aux ménages en situation d’insécurité alimentaire.22 Et un tiers des enfants du Royaume-Uni vivent dans la pauvreté. Pour relever ce défi, le gouvernement a mis sur pied un Groupe de travail contre la pauvreté des enfants.23 De plus, le Royaume-Uni a mis en place plusieurs programmes notables directement liés à l’accès aux aliments, parmi lesquels :

  • Un programme de repas scolaires gratuits fournit aux enfants et aux jeunes des repas conformes aux normes alimentaires recommandées. En plus des repas scolaires, le Royaume-Uni a lancé le programme Holiday Activities and Food (HAF) en 2022 afin d’améliorer l’accès à la nourriture et aux ressources pendant les vacances scolaires.24

  • En Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, les bons Healthy Start aident les personnes à faible revenu à se procurer des vitamines prénatales, du lait maternisé et des aliments adaptés à la santé des enfants en bas âge. En Écosse, un programme équivalent appelé Best Start Foods a été lancé en août 2019.

  • Household Support Fund : prestations de 1,5 milliard de livres sterling allouées en 2022-2023 pour aider les ménages à payer les dépenses essentielles comme l’alimentation, l’électricité et le logement.

De plus, le Royaume-Uni mène sa plus grande campagne de construction de logements depuis la Seconde Guerre mondiale. Cet effort de construction est motivé par les répercussions de la pénurie de logements abordables sur la stabilité et les dépenses des ménages. La campagne inclut un plan visant à créer une douzaine de nouvelles villes d’environ 10 000 logements chacune.25

En Nouvelle-Zélande, 27 % des ménages avec enfants ont souvent ou parfois manqué de nourriture en 2023, ce qui marque une hausse par rapport à 14,4 % en 2021.26 Face à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, la Nouvelle-Zélande a dirigé la mise sur pied d’une feuille de route sur 10 ans en faveur de la sécurité alimentaire pour la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC). Ce plan couvre quatre domaines clés : la numérisation, la productivité, l’inclusivité et la durabilité. L’APEC comprend 21 pays membres de la ceinture du Pacifique, y compris le Canada.

Plusieurs ministères néo-zélandais encadrent la recherche, les politiques et les programmes en faveur de la sécurité alimentaire, notamment ceux de la santé, de l’éducation et du développement social, ce qui témoigne de la reconnaissance de l’impact de l’insécurité alimentaire sur la santé et le bien-être des humains. La Nouvelle-Zélande connaît le développement d’un mouvement de plus en plus marqué en faveur de l’accès aux ressources dans les quatre principales régions du pays, en vue de répondre aux besoins essentiels et d’améliorer les conditions de vie :

  • Lancement en 2022 du Public Health Advisory Committee. En 2023, ce comité a été chargé d’examiner le système alimentaire de la Nouvelle-Zélande et d’émettre des conseils et des recommandations, lesquels sont présentés dans son rapport de 2024 intitulé Rebalancing Our Food System.

  • La Nouvelle-Zélande verse des fonds publics pour entretenir les infrastructures de distribution alimentaire dans les collectivités et soutenir les centres alimentaires communautaires régionaux dans le cadre du programme Food Secure Communities établi en 2020.

  • Le programme de repas sain à l’école (Ka Ora, Ka Ako) a été lancé en 2019 pour offrir des repas gratuits aux élèves qui fréquentent les écoles de régions à faible revenu. Le programme est mis en œuvre dans plus de 1 000 écoles et fournit des repas à près de 240 000 étudiants chaque jour.

L’insécurité alimentaire a touché 47 millions d’Américains en 2023. À l’issue de la pandémie, les États-Unis ont connu une tendance similaire à celle du Canada, c’est-à-dire que le taux des ménages en situation d’insécurité alimentaire est passé de 10 % à 14 % entre 2021 et 2023.27 Parmi les pays de l’OCDE, seul le Costa Rica présente des inégalités de revenus prononcées. Les projets de loi comme celui de la « grande et belle loi » menacent d’aggraver les inégalités aux États-Unis en augmentant la dette nationale, ce qui pourrait mener à des coupes dans les programmes visant à réduire l’insécurité alimentaire et améliorer l’accès à la nourriture, notamment :

  • Le programme Supplemental Nutrition Assistance Program (SNAP) offre une subvention soumise à restrictions pour l’achat de nourriture. Le SNAP dessert 42,2 millions de personnes par mois en moyenne (12,6 % de la population des États-Unis).28 Il a été démontré qu’une participation au programme SNAP pendant six mois permet de réduire l’insécurité alimentaire de 5 à 10 points de pourcentage, et que ce programme est encore plus efficace pour les enfants et les personnes dont la sécurité alimentaire est très faible.29 30 Le SNAP a également démontré son incidence positive sur l’activité économique et la création d’emplois au sein des collectivités locales.

  • TLe programme Special Supplemental Nutrition Program for Women, Infants and Children (WIC) offre une subvention alimentaire soumise à restrictions, destinée aux femmes enceintes, aux jeunes mères, aux nourrissons et aux enfants jusqu’à cinq ans qui répondent à des critères d’admissibilité fondés à la fois sur le revenu et la nutrition.31 En 2023, le gouvernement fédéral a consacré 6,6 milliards de dollars américains au programme WIC, qui a bénéficié en moyenne à 6,6 millions de personnes par mois.32

Nos partenaires de projet

Télécharger le rapport

  1. Statistique Canada. Insécurité alimentaire selon le type de famille économique, 2025.

  2. Banques alimentaires Canada. Bilan-Faim 2024, 2024.

  3. Statistique Canada. Caractéristiques de la population active selon la région métropolitaine de recensement, moyenne mobile sur trois mois, données désaisonnalisées, 2025.

  4. Statistique Canada. Emploi selon le secteur, données mensuelles désaisonnalisées et cycle de tendance, cinq derniers mois (x 1 000), 2025.

  5. Statistique Canada. Dépenses des ménages selon le quintile de revenu du ménage, Canada, régions et provinces, 2025.

  6. French et al. La qualité nutritive des aliments achetés varie selon le revenu des ménages (étude SHoPPER, 2019).

  7. Statistique Canada. Caractéristiques de la population active selon la région métropolitaine de recensement, moyenne mobile sur trois mois, données désaisonnalisées, 2025.

  8. Li T, Fafard St-Germain AA, Tarasuk V. : Surveillance de l’insécurité alimentaire des ménages au Canada (2022), 2023.

  9. Statistique Canada. Insécurité alimentaire selon certaines caractéristiques démographiques, 2025.

  10. Statistique Canada. Insécurité alimentaire selon le type de famille économique, 2025.

  11. Statistique Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) 2005, 2007-2008, 2009-2010, bases de données administratives de l’Ontario. D’après : Tarasuk, Cheng, de Oliveira, Dachner, Gundersen et Kurdyak (2015)

  12. Gallegos et al. Insécurité alimentaire et développement de l’enfant, 2021.

  13. Pepsico. PepsiCo Reports First-Quarter 2025 Results; Updates 2025 Financial Guidance, 2025.

  14. The Budget Lab at Yale. State of U.S. Tariffs : 15 avril 2025

  15. Banques alimentaires Canada. Lettre ouverte conjointe : Réduire de moitié l’insécurité alimentaire au Canada d’ici 2030, 2025.

  16. Beardsley, McCain et Saul. Engageons-nous à réduire l’insécurité alimentaire de moitié, 2022.

  17. Innovation, Sciences et Développement économique Canada Développement économique rural.

  18. Institut canadien d’information sur la santé. Profil des médecins au Canada, 2025

  19. Statistique Canada. Recensement en bref, 2022.

  20. Canada Revenue Agency. Statistical report on the participation of the hard-to-reach populations in the tax and benefit systems, 2024.

  21. Agence du revenu du Canada. Environ 1,4 milliard de dollars de chèques non encaissés dormaient dans les coffres de l’Agence du revenu du Canada en 2022.

  22. Parlement du Royaume-Uni. Who is experiencing food insecurity in the UK? 2024.

  23. Gouvernement du Royaume-Uni. Tackling Child Poverty: Developing Our Strategy, 2024.

  24. Gouvernement du Royaume-Uni. Guidance : Holiday activities and food programme 2024, 2025.

  25. Gouvernement du Royaume-Uni. Government unveils plans for next generation of new towns, 2025.

  26. Ministère de la Santé. New Zealand Health Survey, 2025.

  27. Economic Research Service, département de l’Agriculture des États-Unis. Food Security in the U.S. – Key Statistics & Graphics, 2025.

  28. Economic Research Service, département de l’Agriculture des États-Unis. SNAP in Action, 2025.

  29. Economic Research Service, département de l’Agriculture des États-Unis. Measuring the Effect of SNAP Participation on Food Security, 2025.

  30. Johnson-Green et Claflin. Gender and Racial Justice in SNAP, 2021.

  31. Economic Research Service, département de l’Agriculture des États-Unis. Programme WIC | Economic Research Service, 2025.

  32. Economic Research Service, département de l’Agriculture des États-Unis.

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Dans le numéro de cette semaine : Signaux commerciaux au sommet du G7, pour quelles raisons il est si difficile pour les producteurs d’acier et d’aluminium de diversifier leurs activités hors du marché américain et le temps généralement nécessaire pour conclure un accord commercial important.

La semaine écoulée

  • Des rapports révèlent (ici et ici) que le Canada et les États-Unis disposent d’un document de travail sur le commerce, y compris des précisions sur un possible accord. Aucun échéancier n’a encore été fixé.

  • Avec la présence de Claudia Sheinbaum, du Mexique, et de Narendra Modi, de l’Inde, à Kananaskis pour le sommet du G7, est-ce que davantage de discussions sur le commerce avec le Canada seront à l’ordre du jour ?

  • Selon la Banque mondiale, nous sommes sur le point de connaître la plus faible décennie de croissance depuis les années 1960… en raison de l’incertitude levée par les droits de douane.

  • Même si le président Trump se réjouit d’avoir conclu une entente avec la Chine après deux jours de négociations, les nouvelles émanant de la Chine sont moins expansives – l’agence de presse officielle de Beijing l’a simplement appelée une « entente de principe ». La Chine lèverait les restrictions sur les exportations de terres rares pendant seulement six mois, laissant la porte ouverte à une escalade ultérieure.

  • Dans les deux prochaines semaines, Donald Trump prévoit envoyer des lettres décrivant les droits de douane unilatéraux à de nombreux pays.

  • Les droits de douane n’ont pas encore entraîné le bond de l’inflation aux États-Unis auxquels plusieurs s’attendaient. Prenez votre mal en patience, disent les économistes.

  • La République dominicaine a gagné en popularité auprès des sociétés américaines à la recherche de centres manufacturiers de remplacement. Les 92 zones franches du pays et la proximité des États-Unis sont deux facteurs clés.

Signaux commerciaux au sommet du G7

Même si le sommet du G7 ne débouchera probablement sur aucune avancée majeure avec les États-Unis en regard des droits de douane et du commerce, il y a certainement quelques éléments à surveiller :

Minéraux critiques : La guerre commerciale des États-Unis avec la Chine a souligné d’importantes dépendances à l’égard des chaînes d’approvisionnement en terres rares et minéraux critiques, dominées par Beijing. L’administration Trump a besoin d’un approvisionnement fiable pour soutenir ses grandes ambitions énergétiques et technologiques. Collectivement, les pays du G7 possèdent des ressources inexploitées considérables et le capital nécessaire pour financer les projets.

AEUMC : La présence de Claudia Sheinbaum marquera la première fois depuis l’investiture du président Trump que les trois dirigeants nord-américains participent à la même rencontre multilatérale. Cela ouvre la voie à une réunion parallèle pour planifier l’examen de l’AEUMC en 2026 et discuter des efforts continus de lutte contre le fentanyl, qui demeure la principale justification des droits de douane imposés par les États-Unis au Canada et au Mexique au titre de l’International Economic Emergency Powers Act (IEEPA).

À souligner

Par Jordan Brennan

J’étais à Ottawa cette semaine pour participer à l’événement Canada 2020, où les participants étaient généralement optimistes, mais prudents. L’accent était mis sur la relance de la croissance par des projets de construction nationale. Les occasions ne manquent pas dans les secteurs de l’énergie, des mines, du logement, des infrastructures et de l’intelligence artificielle ; par contre, la refonte de notre modèle d’exploitation est nécessaire. Voici quelques thèmes qui se sont démarqués :

  • À l’échelle internationale, le Canada est considéré comme un territoire à risque élevé en raison des retards dans l’approbation réglementaire (p. ex., les évaluations d’impact qui peuvent s’étendre sur plus d’une décennie) et de l’instabilité politique (pensons à la montée du séparatisme en Alberta). Les investisseurs internationaux ajoutent régulièrement une prime de risque de 20 % aux décisions d’affectation du capital concernant le Canada. Puis, le cabinet a un pouvoir politique discrétionnaire étendu sur des projets majeurs. Pour libérer des capitaux au pays et à l’étranger, nous aurons besoin d’une plus grande certitude réglementaire et politique. Une stratégie de corridor commercial national pourrait-elle contribuer à réduire le profil de risque perçu du Canada ?

  • La construction d’infrastructures destinées aux exportations suppose la création de ressources permettant de les exploiter, mais de nombreux projets sont au point mort ou annulés. Alors, comment transférer de façon responsable les ressources du sol canadien vers les marchés mondiaux ? C’est ici que les droits issus des traités et l’obligation de consulter les Premières Nations sont mis de l’avant, non pas comme un obstacle, mais bien comme un avantage concurrentiel. Les sociétés qui réussissent établissent des partenariats économiques rigoureux avec les Premières Nations dès le début du processus, sur tous les plans, allant des évaluations d’impact aux conventions d’emploi et d’approvisionnement, en passant par les participations financières. Pour qu’un plus grand nombre de projets soient approuvés plus rapidement, ce genre de partenariat est essentiel.

  • Il en va de même pour la sécurité dans l’Arctique. Avec le recul de la glace côtière, le passage du Nord-Ouest fait l’objet de contestations par des puissances étrangères, en partie parce qu’il réduit considérablement le temps de transport entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Comme l’a dit un participant, il n’y a pas de meilleure façon d’affirmer la souveraineté du Canada dans le Nord que de développer la région. Cela signifie des infrastructures – numériques et physiques – ainsi que des emplois et des compétences liés au développement minier.

  • L’autre problème est celui du moment choisi. Les prix des ressources sont fixés en fonction de la volatilité sur les marchés mondiaux au comptant, mais le cycle de vie des projets comme les terminaux de GNL ou des grands projets miniers s’échelonne sur plusieurs décennies. Les activités d’aménagement doivent s’aligner sur les tendances de la demande future, mais nous devons aussi accorder beaucoup d’importance à la compétitivité des coûts. Prévoir les besoins d’énergie et de minéraux en 2050 est certes difficile, mais essentiel pour attirer les capitaux patients nécessaires aux projets de grande envergure.

Trois questions…

Puisque les États-Unis doublent les droits de douane imposés sur l’acier et l’aluminium, Jake Silverhorn de l’équipe Secteurs diversifiés RBC Marchés des Capitaux, nous aide à comprendre le contexte actuel.

Q : Pourquoi les droits de douane pénalisent-ils davantage les producteurs canadiens d’acier et d’aluminium que les producteurs américains ?
R : Il y a une différence structurelle entre les marchés américains et canadiens. Les producteurs canadiens exercent principalement leurs activités au comptant, tandis que les producteurs américains ont recours à des contrats, de sorte qu’il est difficile pour les sociétés canadiennes de répercuter efficacement les coûts des droits de douane. De plus, les droits de douane ont créé un déséquilibre sur le plan de la demande et des prix entre les marchés américains et canadiens.

Q : Pour quelles raisons est-il difficile pour les producteurs canadiens de diversifier leurs activités hors du marché américain ?
R : Compte tenu du coût élevé du transport, les États-Unis étaient la destination la plus économique. Les producteurs canadiens ont stratégiquement implanté leurs activités à proximité des ports américains afin de faciliter le transport.

Q : Que peuvent faire les producteurs canadiens pour conserver leur part du marché américain ?
R : Pour demeurer concurrentiels par rapport aux producteurs américains et maintenir leurs activités, les producteurs canadiens doivent absorber une partie des coûts des droits de douane, ce qui aura une incidence sur leurs marges et leurs flux de trésorerie.

Conclusion

917

Le nombre de jours requis pour conclure un accord commercial type du début à la fin (l’AEUMC a demandé 896 jours). En avril, Donald Trump avait promis de conclure 90 ententes en 90 jours. À quelques semaines de l’échéance qu’ils se sont imposée, les États-Unis ont signé un accord (avec le Royaume-Uni) et une trêve sur les droits de douane avec la Chine.

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Dans le numéro de cette semaine : Les négociations en deux volets entre le Canada et les États-Unis, les trois thèmes récurrents de Donald Trump en matière de commerce et la façon dont les entreprises composent avec l’incertitude

Faits saillants

Cette semaine, Ottawa a accueilli des invités de marque, allant d’une brochette de sénateurs américains au roi Charles, sans compter la première session du Parlement depuis 161 jours.

  • Cinq sénateurs américains, dont un républicain, ont rencontré de hauts fonctionnaires canadiens pour renforcer les relations entre le Canada et les États-Unis. Un accord en deux volets est envisagé.

    • Premier volet : Retrait de l’article 232 (droits de douane sur l’acier, l’aluminium et l’automobile pour des raisons de sécurité nationale) en contrepartie d’une hausse des dépenses du Canada en matière de défense, d’où les pourparlers concernant le système de protection antimissile appelé « Dôme d’or ». Il existe un espoir que cela puisse se faire avant ou pendant le sommet du G7, mais le temps presse, car le sommet commencera dans deux semaines.

    • Deuxième volet : La renégociation générale de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) dans son ensemble. Nous nous attendons à ce qu’elle s’amorce cet été et se termine juste avant la date limite de l’examen de l’accord, soit le 1er juillet 2026.

  • L’accord en matière d’économie et de sécurité a été salué lors du discours du Trône, prononcé par le roi, tout comme les priorités de Mark Carney au chapitre de la diversification commerciale. Le programme législatif et les travaux qui se dérouleront durant la session d’été de la Chambre des communes seront probablement davantage axés sur le marché intérieur, notamment sur l’accélération de projets d’intérêt national et l’élimination des barrières fédérales au commerce intérieur. Les négociations entre le Canada et les États-Unis devraient se dérouler en arrière-plan, comme ce fut le cas lors de la rencontre du ministre Dominic LeBlanc avec Howard Lutnick, secrétaire américain au commerce, et Jamieson Greer, représentant américain au Commerce.

La semaine écoulée

  • Vingt-quatre heures après que le Tribunal de commerce international des États-Unis eut jugé que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs au titre de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) en imposant des droits de douane, une cour d’appel fédérale les a rétablis, du moins temporairement.

  • L’atonie du marché de l’emploi en Chine pourrait s’aggraver sensiblement : ce pays pourrait perdre neuf millions d’emplois dans le secteur manufacturier en raison de la guerre commerciale.

  • Clear Seas estime que d’ici 2040, si tous les projets prévus se concrétisent, le trafic maritime sur la côte pacifique du Canada devrait augmenter de 60 %, grâce principalement aux projets de gaz naturel liquéfié (GNL).

  • Les plus grandes entreprises du Japon sont mises à mal, ce qui incite le gouvernement à mettre en œuvre un programme de 6,3 milliards de dollars américains pour protéger son économie.

  • La criminalité liée au commerce grimpe en flèche aux États-Unis, et il est difficile pour le gouvernement d’y mettre un frein.

  • L’Inde se montre intransigeante envers les États-Unis en ce qui concerne les principales marchandises (riz, blé, maïs) et les produits laitiers.

  • Une agence onusienne prévoit que l’instabilité causée par la guerre commerciale entraînera une baisse de sept millions d’emplois en 2025 par rapport aux prévisions initiales. De plus, la demande des consommateurs américains est liée à 84 millions d’emplois supplémentaires. Le Canada et le Mexique, avec 17,1 % des postes liés aux États-Unis, sont les pays les plus exposés.

Point de vue de Washington

À Washington, quelle est l’expression à la mode sur Wall Street cette semaine ? Il s’agit de TACO, l’acronyme de « Trump Always Chickens Out » (« Trump se dégonfle toujours »). Cette phrase témoigne du scepticisme grandissant quant à la détermination de la Maison-Blanche à maintenir les droits de douane face aux pressions du marché et aux mesures de représailles des partenaires commerciaux. En fait, la réalité est plus complexe. Pour justifier sa politique commerciale, l’administration s’appuie sur l’un ou l’autre des thèmes suivants :

  • Une tactique de négociation pour atteindre d’autres objectifs en matière de politique étrangère. La Maison-Blanche a recours à ce raisonnement lorsqu’elle met en place des droits de douane liés au fentanyl à l’égard du Canada et du Mexique, et l’utilise souvent comme prétexte pour justifier l’annulation ou le report de droits de douane : elle prétend alors avoir accompli sa mission, elle crie victoire et poursuit ses activités. Dans cette optique, les droits de douane sont de courte durée et souvent éliminés ou réduits à la suite de concessions mineures de la part du pays ciblé.

  • Un levier de sa politique industrielle. Les droits de douane visent à encourager les entreprises à rapatrier les chaînes logistiques et les chaînes de production, conformément à la promesse de M. Trump de redonner au secteur manufacturier américain son lustre d’antan au moyen de droits de douane sectoriels sur les automobiles, l’acier et l’aluminium. Selon ce raisonnement, les droits de douane visent avant tout à annoncer de nouvelles usines de production et d’autres investissements importants.

  • Un outil de production de recettes publiques. Même si le battage médiatique autour du service fiscal externe de M. Trump s’est apaisé (pour l’instant), ce thème a dominé la stratégie de politique commerciale de l’administration dans les semaines qui ont suivi son arrivée au pouvoir. Dans ce contexte, les pays étrangers ont peu d’arguments à proposer qui pourraient inciter le président à changer d’avis.

La difficulté consiste à discerner le thème sur lequel Trump s’appuie un jour donné. Interrogé cette semaine à propos de l’acronyme TACO, le président a parlé de « tactique de négociation ». Ce thème pourrait changer la semaine prochaine, alors que l’administration poursuivra sa bataille juridique concernant les droits imposés en vertu de l’IEEPA.

Trois questions

Par Andrew Skinner, vice-président, Financement du commerce international, RBC.

Q. : Comment les entreprises parviennent-elles à se diversifier, tant sur le plan de l’approvisionnement que des ventes ?
R. : Deux observations importantes : En avril, nous avons enregistré un nombre record de clients et de nouveaux utilisateurs potentiels de notre outil RBC Connexion Globale, qui fournit des ressources telles que les meilleurs pays où acheter et vendre, ainsi que d’autres renseignements sur le commerce. Ensuite, certains clients ont trouvé en Europe de meilleures occasions d’expansion des marges pour des produits qui étaient traditionnellement expédiés aux États-Unis. Par ailleurs, les importateurs assurent la résilience de l’offre en dénichant de nouveaux fournisseurs.

Q. : Qu’est-ce qui a changé ces derniers mois pour les entreprises qui ont poursuivi leurs activités auprès de leur clientèle aux États-Unis ?
R. : Le taux de conformité à l’ACEUM est passé de 33 % en février à 50 % en mars. D’après nos discussions avec les clients, nous nous attendons à ce que ce taux soit désormais beaucoup plus élevé, compte tenu de l’estimation selon laquelle 94 % des exportations canadiennes vers les États-Unis devraient être conformes. Les clients ont maximisé leur mode d’entreposage et leurs canaux de distribution aux États-Unis pour répondre à la demande à court terme et atténuer les répercussions des droits de douane. Ils revoient aussi régulièrement les délais d’expédition et les lieux de livraison afin de composer avec les droits de douane américains. Certains clients ont été en mesure de répercuter la hausse des droits de douane en l’absence d’autres sources d’approvisionnement et en cas de demande soutenue. D’autres interrompent les transactions le temps d’obtenir des précisions concernant les prix et la demande, surtout si elles ne sont pas en mesure de régler les droits de douane.

Q. : Que conseillez-vous aux entreprises qui doivent composer avec l’incertitude ?
R. : Nous encourageons les clients à passer en revue le cycle commercial de leurs principaux acheteurs et vendeurs – de la commande au paiement, les modalités du contrat et les documents disponibles – et à repérer les occasions de renégocier les modalités. L’objectif est de conserver des relations à long terme et d’éviter les perturbations au cours des périodes de pointe des ventes liées à la rentrée scolaire, au Vendredi fou et à Noël. Il existe toute une série de solutions visant à réduire le risque de non-paiement, à améliorer les flux de trésorerie et à assurer l’efficacité en termes de coûts et de rendement, alors que de nouveaux marchés, fournisseurs et acheteurs sont envisagés.

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Points clés

Plus de 100 projets miniers, d’une valeur de 107 milliards de dollars, se trouveront à différents stades de développement au Canada au cours des dix prochaines années. Tirer parti de ce potentiel nécessite des flux de capitaux diversifiés, tant nationaux qu’étrangers, pour que le Canada devienne un géant de la production de marchandises.

Puisque les capitaux chinois sont limités par le resserrement des règles fédérales, les Américains représentent le partenaire naturel contribuer à la mise en valeur des ressources minérales du Canada, compte tenu de l’alignement géostratégique des deux pays. Toutefois, les récentes tensions commerciales bilatérales avec les États-Unis portent à croire que le Canada devra faire preuve de prudence au moment de conclure de nouveaux partenariats et diversifier les sources de capitaux afin de réduire les risques liés aux projets.

S’il s’inscrit dans un cadre de sécurité plus large, le Canada peut se positionner comme un pilier essentiel de l’action menée par les États-Unis pour briser l’emprise de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement de plusieurs produits de base essentiels pour la défense, l’énergie et la fabrication de pointe. De nouvelles chaînes d’approvisionnement transfrontalières de produits de base pourraient servir de fondement pour la relance de la fabrication de pointe, de la défense et des infrastructures énergétiques en Amérique du Nord.

Building metal and critical mineral projects requires patient, long-term investors who can guarantee either long-term offtake agreements or security of demand to ensure their economic feasibility. To derisk projects, Canada could broaden its capital base beyond the U.S. and tap various global sources of foreign capital that are on the hunt for strategic assets—provided they meet Canada’s national interest and energy security thresholds.

Le Canada dans le Grand jeu des ressources

Les vastes ressources naturelles du Canada offrent des occasions d’investissement attrayantes. Surtout, elles deviennent des atouts stratégiques pour les pays du G7 et d’autres alliés dans un monde fragmenté.

La mise en valeur des ressources minières permet aussi au Canada d’avoir accès à plusieurs secteurs verticaux clés, dont l’automobile, les équipements énergétiques, la défense et la fabrication de pointe. À l’aide de la bonne stratégie, le Canada peut se positionner comme un nouveau pôle logistique de la fabrication dans un monde où la géopolitique joue un rôle prédominant, comme nous l’écrivions dans Le nouveau grand jeu.

Mais l’incursion de la géopolitique dans le domaine de l’exploitation des minéraux est une arme à double tranchant.

On a pu le constater ces dernières années dans le cas de la Chine, un fournisseur de premier ordre d’investissements directs étrangers dans le secteur minier mondial. Ces dernières années, sa participation dans le secteur canadien des minéraux a fait l’objet d’une surveillance étroite pour des raisons de sécurité. La situation a atteint son paroxysme en 2022, lorsqu’Ottawa a ordonné à trois entités chinoises de se céder leur participation dans trois sociétés minières canadiennes. Cette décision a largement refroidi l’intérêt de la Chine pour le secteur canadien des minéraux.

Les entreprises américaines sont considérées comme des partenaires plus naturels du Canada pour la mise en valeur des ressources minérales, compte tenu de l’alignement géopolitique de longue date entre les deux pays. Malgré les pressions que les États-Unis tentent d’exercer sur le Canada en matière de commerce, de défense et dans plusieurs secteurs tels que le bois d’œuvre, l’automobile, l’acier et l’aluminium, les synergies dans les secteurs des métaux et des minéraux pourraient revêtir une importance stratégique pour les deux pays. Abstraction faite de la récente rhétorique américaine, on pense que la collaboration au sein de plusieurs chaînes d’approvisionnement liées aux métaux et aux minéraux renforcerait la sécurité énergétique et nationale en Amérique du Nord.

Trump prend une nouvelle direction

L’approche de Washington pour la mise en valeur des minéraux reste en cours d’élaboration.

Des signaux indiquent que les États-Unis sont prêts à agir de manière décisive en ce qui concerne les minéraux critiques et d’autres ressources qu’ils considèrent comme vitales pour la défense, la technologie et les semi-conducteurs. La Maison-Blanche a accéléré la mise en œuvre de dix projets miniers, signé un décret visant à intensifier l’exploitation minière en eaux profondes dans les eaux américaines et internationales, et évoqué la possibilité d’investir directement dans des sociétés minières, notamment par l’intermédiaire d’un fonds souverain américain dont la mise en place a été évoquée.

Tirer parti des richesses minérales du Canada

L’attitude belliqueuse du président américain Donald Trump à l’égard du Groenland, riche en ressources, la signature récente d’un accord sur les minerais avec l’Ukraine et l’intérêt pour un accord avec la République démocratique du Congo donnent à penser que les minerais représentent un atout stratégique dans la quête des États-Unis pour contrer la domination de la Chine.

L’intérêt du premier ministre canadien Mark Carney à lier les négociations commerciales à la sécurité nationale des États-Unis est en phase avec l’intérêt des Américains pour l’exploitation des ressources énergétiques et des minéraux. En décembre , les deux pays ont investi dans un projet de minéraux critiques au Yukon, dans le cadre d’une large collaboration bilatérale liée au plan d’action canado‑américain pour la collaboration dans le domaine des minéraux critiques et au Groupe de travail bilatéral Canada-États-Unis sur la transformation de l’énergie.

Les gouvernements américain et canadien ont déjà injecté des milliards de dollars de capitaux dans ce secteur. Entre 2021 et 2024, le gouvernement américain a financé au moins 24 projets de minéraux critiques et de matériaux, dont cinq au Canada, conjointement avec le gouvernement canadien. Au début de 2024, Ottawa avait aussi financé au moins cinq autres projets.

Si le Canada est désireux de s’associer aux États-Unis pour la mise en valeur des ressources minières, il a pris des mesures ces derniers mois pour mettre en place quelques garde-fous à l’égard de ses actifs dans un monde qui adopte une approche plus transactionnelle et qui devient plus imprévisible. En mars 2025 , le ministère de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, responsable de l’examen des investissements du Canada, a élargi les critères pour l’examen de la sécurité nationale pour y inclure la sécurité économique, dans le cadre d’une démarche qui semble viser les États-Unis. Et en avril 2025, le gouvernement de l’Ontario a mis en œuvre de nouvelles mesures pour empêcher les entreprises ou gouvernements étrangers de revendiquer les minéraux critiques de l’Ontario.

Avoir accès au capital géostratégique

Pour réduire davantage les risques liés à ses ressources, le Canada devrait faire appel à une grande variété de capitaux qui sont à la recherche d’actifs stratégiques.

Le secteur minier canadien attire déjà d’importants capitaux. Selon la base de données sur les grands projets de Ressources naturelles Canada, plus de 100 projets miniers et minéraliers d’envergure se trouvent actuellement à différents stades de développement au Canada (annonce, examen en cours, approbation ou construction), pour une valeur de plus de 107 milliards de dollars de capitaux. Et la liste s’est sensiblement allongée ces dernières années, compte tenu de l’intérêt accru pour les ressources canadiennes.
Mais d’où proviendront ces capitaux ?

En préparation de projets d’exploitation futurs, les sociétés minières pourraient tirer parti de quatre sources de capitaux : l’autofinancement, les marchés boursiers mondiaux, les entités appartenant à un État étranger et les fonds souverains; chacune d’entre elles correspond à un horizon d’investissement et un appétit pour le risque différents.

Les capitaux étrangers sont déjà une caractéristique bien établie du secteur minier canadien, puisqu’ils représentent environ 40 % à 45 % des investissements effectués dans ce secteur au cours des dernières années.

Répartition des capitaux dans le secteur minier canadien

Autofinancement : Au cours des deux dernières décennies, la mobilisation de capitaux pour le secteur des minéraux a été difficile, car les sociétés minières et minéralières ont été à la traîne à la fois de la marchandise sous-jacente et de l’indice général. En ce qui concerne les actions, cette sous-performance est encore plus prononcée sur une base ajustée au risque, compte tenu des faibles fluctuations de l’indice composé S&P/TSX et de l’indice S&P 500.

Cette situation est devenue un important problème de financement pour les entreprises. Cependant, un nouveau supercycle des marchandises, alimenté par la dynamique géopolitique et la transition énergétique, pourrait raviver l’intérêt des investisseurs pour le secteur.

Malgré la sous-performance du marché, les sociétés minières canadiennes sont généralement bien placées pour financer partiellement leurs projets. Le secteur bénéficie d’une grande solidité financière et d’une grande rigueur, comme en témoigne son ratio dépenses en immobilisations / flux de trésorerie de 0,7x au cours des 12 derniers mois (contre un ratio de 1x au cours des dix dernières années), ce qui montre que des fonds sont disponibles pour investir, tandis que le fardeau de la dette a également considérablement diminué ces dernières années.

En fin de compte, les sociétés métallurgiques et minières de l’indice S&P/TSX ont accumulé 14 milliards de dollars de liquidités excédentaires au cours des 12 derniers mois, prêtes à être déployées à l’échelle mondiale . Bien que le Canada puisse attirer une partie de ces capitaux, les entreprises devront tout de même faire appel à d’autres sources de capitaux pour financer leurs projets.

Le rendement inférieur des métaux depuis 20 ans entrave le potentiel de mobilisation de capitaux

Marchés boursiers : Les marchés boursiers publics restent une source de capitaux viable. Les nouvelles émissions d’actions de sociétés représentent aussi une option attrayante pour les capitaux institutionnels et occidentaux, dont plus de 90 % sont constitués de fonds en gestion passive ou de fonds de positions acheteur. Si l’appétit des investisseurs pour le risque a été modéré, de nouveaux facteurs macroéconomiques et géopolitiques, combinés au bilan solide des entreprises, pourraient modifier l’humeur des investisseurs.

Sociétés d’État et fonds souverains : La pérennisation de certains de ces projets à longue période de gestation nécessite des acteurs géopolitiques qui ont une vision à long terme des ressources stratégiques. Ils sont déjà à l’affût : entre 2022 et 2024, nous estimons qu’environ 20 % des fusions et acquisitions dans le secteur minier mondial ont été effectuées par des fonds souverains. La part des transactions liée à des sociétés d’État était presque certainement plus élevée, puisque la majorité des 18 % de transactions mondiales attribuables à la Chine aurait été effectuée par l’intermédiaire des sociétés d’État de ce pays.

Le capitalisme d’État ne se limite pas aux fonds souverains et pourrait inclure des entreprises liées aux gouvernements ou soutenues par ces derniers.

Parmi ces entités appartenant à l’État, tous les acteurs ne sont pas considérés comme présentant un risque géopolitique élevé, comme ceux de la Chine, en termes de menace de contrôle du marché ou de transfert de la propriété intellectuelle en matière de minerais. Les fonds d’infrastructures d’énergie propre liés aux caisses de retraite publiques, aux fonds souverains ou aux grandes sociétés de capital-investissement sont aussi en quête d’occasions dans le secteur minier. Les caisses de retraite canadiennes bien capitalisées pourraient également jouer un rôle à cet égard.

D’autres investisseurs bien nantis, comme les fonds souverains du Moyen-Orient et les entités appartenant à un État, pourraient se montrer plus actifs à l’avenir. Bien qu’ils constituent une importante source de capitaux, ils pourraient poser des problèmes de sécurité, en raison par exemple de changements dans les alliances géopolitiques ou de querelles diplomatiques bilatérales, comme le conflit diplomatique entre le Canada et Riyad en 2018 au sujet du bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits de la personne.

Contenir la Chine

Les questions relatives à la sécurité des actifs stratégiques ne doivent pas être sous-estimées et ne feront que gagner en importance, comme en témoigne le bras de fer entre Washington et Pékin au sujet des chaînes d’approvisionnement. Alors que le président Trump s’apprête à signer des accords commerciaux avec plusieurs pays, il pourrait exercer des pressions sur ces derniers pour qu’ils éliminent les capitaux chinois de leurs chaînes d’approvisionnement minières.

Cette situation ne serait pas vraiment sans précédent. Les inquiétudes concernant les capitaux chinois ont amené l’administration américaine précédente de Joe Biden à renforcer son examen interne des nouveaux investissements chinois dans les minéraux critiques et d’autres secteurs stratégiques. [i]  Dans le passé, Washington a aussi exprimé des préoccupations plus générales concernant les nouveaux investissements chinois dans ses pays alliés, faisant pression sur ses proches partenaires commerciaux, le Canada et le Mexique, pour qu’ils renforcent leurs processus d’examen.

Renforcer la Loi sur Investissement Canada
Cette situation a déjà entraîné un changement dans la manière dont le Canada a traité les investissements chinois ces dernières années. En 2022, les dispositions relatives à la sécurité nationale de la Loi sur Investissement Canada ont été appliquées pour exiger la cession des investissements chinois dans trois entreprises canadiennes de minéraux critiques ayant des activités d’extraction de lithium. Ce faisant, le secteur des minéraux critiques a été désigné pour faire l’objet d’un examen plus approfondi de la part du gouvernement.

D’autres modifications apportées au cours de la dernière année permettent au gouvernement fédéral de procéder à un examen de sécurité nationale pour tout nouvel investissement étranger au Canada, et pas seulement pour ceux qui ont des participations majoritaires, et d’examiner de plus près les investissements d’entités appartenant à un État, ce qui vise principalement la Chine.

Ces modifications ont également précisé que les actifs étrangers des entreprises canadiennes entraient dans le champ d’application de l’examen dans le cadre de la Loi sur Investissement Canada en cas d’acquisition d’une entité appartenant à un État étranger.

Portée élargie du Canad

Combiné au fait que le Canada présente une forte concentration en sociétés minières – la Bourse de Toronto et la Bourse de croissance TSX représentent 40 % des sociétés minières publiques de la planète et accueillent plus de 1 000 inscriptions –, cela signifie que la Loi sur Investissement Canada représente un outil puissant pour contrôler certains investissements chinois à l’étranger. Le Canada a récemment fait valoir cette autorité, deux entreprises canadiennes ayant tenté de modifier leur domiciliation afin d’éviter l’examen de la Loi.

Dans le cas d’une rupture significative avec la Chine, le président Trump pourrait chercher à rendre la participation aux chaînes d’approvisionnement centrées sur les États-Unis conditionnelle à une élimination plus large des investissements chinois par le Canada. D’une part, cela pourrait inciter le Canada à tester les pouvoirs dont il dispose en vertu de la Loi sur Investissement Canada. Cela pourrait aussi remettre en question d’anciens investissements réalisés par des sociétés d’État chinoises dans de grandes sociétés minières canadiennes (voir la section Gestion d’anciens investissements chinois).

Toutefois, si on provoquait la Chine, celle-ci pourrait riposter contre le Canada en fermant ses marchés à certaines exportations, comme elle l’a fait en mars en imposant des droits de douane sur le canola canadien, ou en utilisant comme arme sa chaîne d’approvisionnement.

Même si les capitaux de la Chine ou les accords d’approvisionnement à long terme ne sont plus les bienvenus dans le secteur minier canadien, la Chine reste un important fournisseur de pièces et d’équipements industriels. Les gouvernements occidentaux pourraient remplacer l’équipement chinois au fil du temps, mais il s’agirait d’une embûche en ce qui concerne l’exploitation des ressources. Le récent recul de M. Trump en ce qui concerne les droits de douane chinois à la demande des entreprises américaines fait ressortir douane chinois à la demande des entreprises américaines fait ressortir l’importance des matériaux chinois au sein de l’économie mondiale.

Participations chinoises notables

Occasions d’investissement au Canada

Le monde considère le Canada comme un acteur stable et fiable dans le domaine des produits de base, qui l’aidera à diversifier son approvisionnement dans ce domaine. Il s’agit également d’une occasion générationnelle pour les provinces et le gouvernement fédéral d’exploiter des ressources riches en or (vital en tant que valeur refuge), en cuivre, en fer et en minéraux critiques. La mise en œuvre d’une stratégie, d’investissements et des mesures de sécurité appropriés peut contribuer à l’essor du secteur minier canadien.

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Les relations commerciales houleuses entre les États-Unis et la Chine a propulsé les minéraux critiques à l’avant-scène. En fait, les terres rares, ces 17 éléments aux propriétés physiques et chimiques qui en font des composantes essentielles à certaines des technologies les plus cruciales au monde, ont été la plus récente arme de l’arsenal commercial de la Chine contre les États-Unis.

Au terme de récentes négociations commerciales avec les États-Unis, la Chine a exprimé sa volonté de revenir sur les restrictions à l’exportation des terres rares qu’elle avait annoncées en avril. Toutefois, cette menace a de nouveau souligné la dépendance collective de l’Occident à l’égard de la Chine. En septembre 2020, la première administration Trump a signé un décret qui insistait sur la dépendance préoccupante du pays à l’égard de la Chine en ce qui concerne les terres rares et a appelé à une augmentation de la production nationale. Même si les tentatives des États-Unis de rapatrier l’offre sont couronnées de succès, leur production ne représentera qu’une fraction de celle de la Chine, ce qui fait de la collaboration internationale, y compris avec le Canada, une exigence absolue.

Sept chiffres illustrent la situation actuelle – et le rôle potentiel du Canada.

67 %

Part de la production minière mondiale de terres rares provenant de la Chine. Si les États-Unis produisent 11 % du total mondial, soit la deuxième plus grande quantité, ils exportent la quasi-totalité de leur production aux fins de transformation. Les États-Unis étaient autrefois le premier producteur mondial de terres rares, mais ils perdent des parts de marché depuis les années 1980, la Chine dominant la production mondiale depuis lors. Le Canada a produit des terres rares par le passé, mais aucune exploitation minière n’y a lieu à l’heure actuelle.

Les États-Unis ont pris du retard dans la production de terres rares 
depuis les années 1980

99 %

Part du contrôle chinois sur la séparation et le traitement des terres rares lourdes. Les terres rares lourdes, telles que le terbium, permettent aux aimants de terres rares de fonctionner dans des applications à plus haute température, y compris certaines technologies de défense, sans perte de rendement. La Chine contrôle également 90 % des terres rares légères, y compris le néodyme, qui sont également des composantes clés des aimants. Des pays comme l’Estonie et le Canada disposent ou développent des capacités de séparation et de traitement des terres rares légères et lourdes.

92 %

Part du contrôle chinois dans la fabrication mondiale d’aimants de terres rares. Si les terres rares sont utilisées sous diverses formes (poudres pour le polissage de l’équipement optique, catalyseurs dans le raffinage du pétrole), elles servent également à fabriquer les aimants permanents les plus puissants du monde. Ces aimants sont utilisés dans les technologies à très haut rendement, notamment dans les avions militaires, les sous-marins et les produits électroniques, et sont difficiles à remplacer.

16

Nombre d’entités américaines vers lesquelles les exportations de terres rares ont été interdites par la Chine en avril, tandis que les tensions commerciales s’intensifiaient entre les deux pays. Quinze de ces entités étaient liées à la fabrication de technologies de défense.

439 millions de dollars US

Montant dépensé par le ministère américain de la Défense depuis 2020 pour renforcer sa chaîne logistique nationale en terres rares.

22 millions de dollars

Ce que les États-Unis ont investi dans les entreprises canadiennes de traitement des terres rares depuis 2023. Le Canada est considéré comme une « source nationale » de minéraux critiques en vertu de la Defense Production Act (DPA) des États-Unis sur la production de défense, de sorte que les entreprises canadiennes peuvent bénéficier d’investissements en vertu du Titre III de la DPA.

 12

Projets de terres rares au Canada actuellement en phase d’exploration, d’estimation des ressources ou d’évaluation économique préliminaire. Il existe également trois installations de séparation et de traitement et deux usines de recyclage des terres rares. Pour tirer parti de cette occasion, quelques éléments pourraient accélérer les choses. 1/ Investissements publics : Le financement provincial en Saskatchewan, par exemple, a permis de rapprocher les installations de traitement des terres rares de la commercialité. Le soutien des pouvoirs publics pourrait également contribuer à accélérer les projets. 2/ Assurer l’écoulement des produits de terres rares : Comme le mentionne Le nouveau grand jeu, des décennies de politique industrielle et de percées technologiques ciblées ont laissé les fabricants occidentaux en concurrence avec des produits moins coûteux tout en étant assujettis à des normes environnementales plus strictes. La garantie d’un écoulement à des prix concurrentiels pourrait aider le secteur canadien des terres rares à s’implanter.

Vivan Sorab est premier directeur, Technologie propre, Institut d’action climatique RBC

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Dans le numéro de cette semaine : M. Carney choisit les membres de sa principale équipe chargée du commerce et de la sécurité ; les signaux commerciaux du voyage de Trump au Moyen-Orient ; et ce à quoi il faut s’attendre dans le cadre des négociations entre les États-Unis et la Chine

À NOTER

Par John Stackhous

J’étais à Ottawa cette semaine pour un événement appelé le B7, un rassemblement de chefs d’entreprise des pays membres du G7, dont les gouvernements se réuniront en Alberta dans quelques semaines. 

Quelle était la question qui divisait le plus ? Le commerce

  • L’ambiance était très pessimiste. Malgré la hausse des marchés en mai, on a l’impression que le monde démocratique, c’est-à-dire le monde du libre-échange, est de plus en plus divisé. Comme l’a déclaré un conférencier, « le commerce suit la géopolitique ».

  • L’Europe se replie sur elle-même et se concentre sur sa propre sécurité économique. Préparez-vous à davantage de politiques industrielles et d’investissements publics, ce qui ne favorisera pas le commerce.

  • Le Canada se trouve à la croisée des chemins : il doit réduire ses échanges commerciaux avec les États-Unis et accroître ses échanges avec d’autres marchés, alors même qu’il devient plus difficile de faire affaire avec ces derniers. 

  • Une nouvelle ère de « multilatéralisme » prend forme, au cours de laquelle les négociations constantes et soutenues seront la norme.

  • Certains conférenciers américains ont exhorté les Canadiens à regarder au-delà des attaques de M. Trump, affirmant que le pays était en train de changer d’état d’esprit. 

  • Mais pour l’instant, du moins, les États-Unis cherchent à jouer du coude, à l’américaine. 

  • Le nouvel ambassadeur Pete Hoekstra présentera la semaine prochaine son premier rapport d’importance au président des États-Unis et soulignera les mesures « scandaleuses » prises par le Canada, comme le retrait des marques d’alcool américaines et l’interdiction de s’approvisionner auprès d’entreprises américaines. 

  • On peut s’attendre à des échanges médiatiques entre M. Hoekstra, un ancien membre du Congrès du Michigan au franc-parler, et Doug Ford, le premier ministre de l’Ontario, qui n’a pas non plus la langue dans sa poche. 

  • La nouvelle ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, pourrait être amenée à compléter le groupe, alors que ces trois personnes s’efforceront d’éviter que le secteur automobile canado-américain ne subisse d’autres dommages. 

  • Une suggestion : qu’ils se rencontrent sur le pont Gordie-Howe, en hommage à ce hockeyeur qui se servait de ses coudes comme personne pour parvenir à ses fins.

Comment les choses se présentent-elles en ce qui concerne le dossier Canada-États-Unis, qui est d’une importance capitale ?

M. Carney a clairement indiqué qu’il était le patron et qu’il dirigerait les relations entre le Canada et les États-Unis. Cela dit, son équipe jouera un rôle majeur dans la conclusion d’un nouvel accord économique et de sécurité.

Cinq principaux négociateurs : En choisissant les membres de sa principale équipe de négociation, composée de Dominic LeBlanc, Anita Anand, David McGuinty, François Philippe-Champagne et Gary Anandasangaree, M. Carney a opté pour des ministres chevronnés qui, collectivement, possèdent une influence et des relations considérables à Washington. On peut s’attendre à ce que Mélanie Joly, ministre de l’Industrie, se joigne à ce groupe, en raison de sa vaste expérience dans ce dossier, et du fait qu’elle mènera les négociations nationales avec des secteurs critiques, comme l’acier, l’aluminium et l’automobile. Plus discrètement, Lisa Jorgenson, récemment nommée par M. Carney au poste de conseillère principale pour les relations canado-américaines, apportera son expérience acquise dans les domaines de la sécurité publique et de la justice et fournira des conseils ainsi qu’une coordination en coulisses entre les différents niveaux politiques et bureaucratiques.  

Remaniement du comité : Le comité Canada-États-Unis de M. Trudeau n’existe plus. Le groupe de travail « Un Canada sûr et souverain » est entré en fonction. Présidé par M. McGuinty et Mme Anand, ce nouveau groupe comprend quelques éléments remarquables. Maninder Sidhu, ministre du Commerce international, est chargé de diversifier les échanges commerciaux du Canada en diminuant la part des États-Unis, une promesse clé de M. Carney. Et Rebecca Chartrand, ministre des Affaires du Nord et de l’Arctique, représente un clin d’œil à l’importance de la sécurité dans l’Arctique, l’un des trois volets du pacte économique et de sécurité.

Remaniement diplomatique et bureaucratique : Les mandats de quelques ambassadeurs de premier plan (Kirsten Hillman à Washington, Ralph Goodale à Londres et Stéphane Dion à Paris) devraient bientôt prendre fin. M. Carney privilégiera probablement un mélange d’expérience, de relations et de poids politique, en particulier pour pourvoir le poste à Washington, car il ne sera pas facile de remplacer Mme Hillman, très respectée à Ottawa et à Washington. En ce qui concerne le secteur public, les bras droits de M. Carney au Bureau du Conseil privé seront le greffier John Hannaford et la sous-greffière Christiane Fox, qui possèdent tous deux une grande expérience des dossiers relatifs à la sécurité nationale, à l’énergie et au commerce. Un remaniement en profondeur de la fonction publique pourrait être envisagé, le premier ministre cherchant à obtenir des résultats à court terme.

La semaine en chiffres

7

Nombre de poursuites intentées contre Trump et son administration pour contester l’état d’« urgence » invoqué pour imposer des droits de douane en vertu de l‘International Economic Emergency Powers Act. Le Tribunal de commerce international des États-Unis (U.S. Court of International Trade) a tenu une première audience en début de semaine.

150

Nombre de pays qui, selon Trump, souhaitent négocier une entente. Faute de temps pour les rencontrer tous, son administration enverra dans les prochaines semaines des lettres à une liste de dirigeants pour leur dire simplement « ce qu’ils devront payer pour faire des affaires aux États-Unis ».

1 000

Produits marqués comme étant touchés par les droits de douane chez Loblaw. La chaîne d’épiceries prévoit que ce nombre atteindra 6 000 dans deux mois. Par ailleurs, Walmart, dont les bénéfices ont reculé au premier trimestre, a annoncé qu’il allait hausser ses prix aux États-Unis à cause des droits de douane.

60 millions

Nombre d’iPhones qu’Apple prévoit produire en Inde pour le marché américain. Lors de son voyage au Moyen-Orient, Donald Trump a critiqué le chef de la direction d’Apple (« J’ai eu un petit problème avec Tim Cook ») concernant la fabrication d’iPhones en Inde alors qu’il s’est engagé à investir 500 G$ US aux États-Unis.

Perspectives de Washington

Les détails du voyage de Donald Trump au Moyen-Orient donnent un aperçu de la manière dont les négociations commerciales en cours et à venir, y compris avec le Canada, pourraient se dérouler.

  • D’importantes dépenses pour les produits de défense américains : L’Arabie saoudite (142 G$ US) et le Qatar (3 G$ US) ont signé des contrats d’achat et d’approvisionnement de matériel de défense qui vont de la modernisation générale des systèmes d’information aux nouvelles capacités de défense aérienne et antimissile. Cette question revêt une importance particulière pour le Canada, étant donné que la Maison-Blanche a souvent critiqué les dépenses de défense du Canada. M. Trump pourrait utiliser l’accord entre les États-Unis et le Canada pour inciter ce dernier à atteindre plus rapidement la cible de 2 % des dépenses de défense au moyen d’accords avec des entreprises de défense américaines. 

  • N’oublions pas les grandes sociétés technologies : M. Trump a annoncé un investissement de 20 milliards de dollars d’une entreprise saoudienne dans des centres de données d’IA et des infrastructures énergétiques connexes aux États-Unis. Pour sa part, le Qatar a promis 1 milliard de dollars pour une coentreprise de technologie quantique entre la société américaine Quantinuum et la société qatarie Al Rabban Capital. Les centres de données sont intéressants dans le contexte américano-canadien en raison du potentiel du Canada à devenir un partenaire solide (terrains disponibles, capacités en matière d’énergie renouvelable, températures plus fraîches).

3 questions… sur les négociations entre les États-Unis et la Chine

Avec Jasmine Duan, première stratégiste, Placements, RBC Gestion de patrimoine, à Hong Kong

Q. : Comment pensez-vous que les marchés et les économies asiatiques réagiront et se comporteront au cours de la fenêtre de négociation de 90 jours ?
R. :
Nous observerons probablement un mélange d’optimisme et de volatilité. Les marchés pourraient chercher à obtenir des précisions sur l’accord, ce qui pourrait entraîner de la volatilité à court terme.

Q. : Quels sont les signaux que les investisseurs rechercheront ?
R. :
Les investisseurs seront attentifs aux conditions finalisées entre les deux parties ainsi qu’aux concessions ou incitatifs offerts par chacune d’entre elles. Il serait bon que les négociations se concentrent sur des questions liées au commerce, telles que l’accès aux marchés et l’achat de marchandises, et non sur des sujets nationaux tels que le fentanyl ou la politique.

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Cette l’année marque le 50e anniversaire du G7, et lorsque ses dirigeants se réuniront en Alberta le mois prochain, beaucoup se demanderont si le groupe continuera d’exister encore cinquante autres années.

Leurs ministres des Finances pourraient se poser les mêmes questions la semaine prochaine lorsqu’ils se réuniront à Banff, se demandant si les champions du capitalisme démocratique peuvent surmonter une guerre tarifaire, des menaces de stagflation et des inquiétudes croissantes concernant la dette américaine. 

Le sort du capitalisme démocratique est peut-être en jeu. 

J’ai passé une partie de la semaine dernière à Ottawa avec un groupe appelé le B7, composé de chefs d’entreprise des sept principales économies démocratiques, et je n’en suis pas ressorti enthousiasmé par le grand projet de l’Occident. Depuis 1975, alors que le monde était aux prises avec des chocs pétroliers et des crises monétaires, le G7 a contribué à maintenir la stabilité économique et financière. Ce sont les États-Unis qui ont fait le plus gros du travail, avec l’aide de l’Allemagne et du Japon, mais la coordination des politiques économiques et monétaires au sein du groupe dans son ensemble a également été déterminante.

Aujourd’hui, cette collaboration ne tient qu’à un fil. La visite de Donald Trump dans le golfe Persique cette semaine montre à quel point le centre de gravité des capitaux s’est déplacé. La Chine et l’Amérique latine revendiquent également des droits sur ce territoire.

Or, si le commerce suit la géopolitique, il faut s’attendre à d’autres perturbations.

Que peut donc faire le G7 ? Peut-être mettre au point de nouveaux moyens de générer, d’attirer et de réinvestir des capitaux. 

Pendant de trop nombreuses années, les bilans publics et privés des grandes démocraties ont été axés sur des objectifs à court terme. Parallèlement, les pays non démocratiques ont accumulé des capitaux pour des projets s’étalant sur plusieurs décennies. 

Alors que les économies des pays du G7 chancellent et que leurs dettes augmentent, ces derniers sont désormais confrontés à un déficit infrastructurel de 15 billions de dollars pour reconstruire les chaînes logistiques, accroître la production de minéraux critiques, se doter de capacités pour les économies fondées sur l’intelligence artificielle et décarboniser les systèmes énergétiques. 

Le Canada peut contribuer à orienter la réflexion de l’alliance vers ces besoins à long terme. La tâche ne sera pas aisée compte tenu des tensions politiques entre l’administration Trump et la plupart des alliés du G7. Cependant, si les États-Unis participent, le G7 peut créer de nouvelles approches pour le capitalisme démocratique, notamment :

  • des investissements coordonnés entre les pays ;

  • davantage de capitaux institutionnels pour les projets prioritaires ; 

  • des approches préférentielles en matière d’approvisionnement ; 

  • des approches communes en matière d’approvisionnement, en particulier dans les secteurs de l’énergie, des technologies de pointe et des minéraux critiques ;

  • des normes, des mesures et des principes communs.

Vous pouvez lire le communiqué final du groupe B7 ici.

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Dans l’édition de cette semaine : Comment les États-Unis-Royaume-Uni. l’accord prépare le terrain pour le reste du monde ; lire les signaux des négociations commerciales de Washington avec la Chine ; ce que Trump recherche lorsqu’il conclut un accord.

À noter

Par John Stackhouse

La semaine a été bonne pour le Canada et bien meilleure pour la Grande-Bretagne. La donne pourrait toutefois changer la semaine prochaine.

  • Mark Carney s’est entretenu avec Donald Trump et a réussi à repositionner les négociations autant au niveau du commerce que dans d’autres secteurs. Nous nous attendons à l’établissement d’un nouveau Partenariat nord-américain pour la sécurité.

  • Aucun des dirigeants n’a tourné le dos à la Mexicaine Claudia Sheinbaum, mais de nombreux chefs d’entreprise mexicains déplorent la stagnation des négociations entreprises avec le président Trump.

  • La Grande-Bretagne et les États-Unis ont conclu un accord qui n’était ni grand ni beau, mais qui est soudain devenu le modèle de référence pour les États-Unis et d’autres pays. Cela nous fait penser aux négociations types entreprises dans le secteur de l’automobile. 

  • L’accord que les États-Unis ont conclu avec le Royaume-Uni se concentre essentiellement sur des secteurs spécifiques. Plus d’automobiles de marque Land Rovers pour plus de hamburgers au fromage américains. (Autrement dit, des voitures contre du bœuf américain) La fin du commencement, comme dirait probablement M. Carney. La Grande-Bretagne estime que cet accord, qui s’ajoute à une autre entente bien plus large, lui confère un avantage concurrentiel par rapport à l’UE.

  • Le premier ministre britannique Keir Starmer espère faire un arrêt à Ottawa à la mi-juin avant de se rendre en Alberta pour la rencontre du G7. C’est là qu’il se rendra compte de la réalité. Le Canada et le Royaume-Uni ont eu de la difficulté à conclure des accords commerciaux au cours des dernières années, en raison particulièrement des activités de lobbyisme agricole qui sont menées dans les deux pays. Peut-on toutefois parier sur le fait que M. Carney finira par servir du fromage britannique, et M Starmer, par boire du lait canadien ?

  • Les deux alliés pourront ensuite se concentrer sur leurs approvisionnements en défense. M. Carney a fait part de son intérêt pour l’achat de plus de fournitures de BAE, mais doit également rester ouvert aux options de M. Trump qui souhaite que le Canada (et la Grande-Bretagne) achète plus d’avions et de systèmes d’armement américains. 

  • La rencontre du G7 qui aura lieu les 16 et 17 juin retiendra autant l’attention que les montagnes à Kananaskis. Les dirigeants devraient surtout parler de sécurité (un sommet de l’OTAN suivra à la fin juin), débattre des piliers de la démocratie après-guerre et décider des ententes commerciales en procédant à la remilitarisation de leurs pays ou en concluant des accords spécifiques. Que le Canada et la Grande-Bretagne restent unis, ou qu’ils soient coincés par les États-Unis constituera un signal.   

Ce que vous devez savoir

18 : Nombre des pays que les États-Unis privilégieraient pour les négociations commerciales.

79 : Pourcentage des Américains qui pensent que l’AEUMC avantagerait l’économie américaine, selon les résultats du dernier sondage réalisé par The Chicago Council on Global Affairs. Ce chiffre tient compte des réponses des 90 % des démocrates et des 72 % des républicains qui ont été interrogés.

2 500 : Produits américains, notamment l’huile d’olive et le vin qui bénéficieront d’une réduction des droits de douane dans le cadre du U.S.-U.K. Economic Prosperity Deal (accord de prospérité économique conclu entre les États-Unis et le Royaume-Uni).

100 000 : Véhicules britanniques pour lesquels les droits de douane américains sont ramenés à 10 % dans le cadre de l’accord conclu avec les É.-U. Les moteurs Rolls-Royce pourront bénéficier d’une exonération des droits de douane à l’entrée.

Point de vue de Washington

L’identité des dirigeants qui seront présents cette fin de semaine à Genève donnera une idée de la façon dont les États-Unis envisagent de négocier leurs ententes commerciales avec la Chine.

Mis en avant : Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, et le représentant américain au commerce, Jamieson Greer

Mis en retrait : Howard Lutnick, secrétaire américain au commerce, et Peter Navarro, conseiller au commerce et de la politique manufacturière de la Maison-Blanche

L’envoi de Bessent et Greer, perçus comme des représentants plus modérés, laisse penser que l’aspect pratique et le progrès l’emporteront sur l’idéologie politique maximaliste. À noter : M. Bessent a joué un rôle principal dans la conclusion de l’accord signé par les États-Unis et l’Ukraine sur l’exploitation des ressources naturelles dans le sol ukrainien, tant souhaité par la Maison-Blanche.

Quelques points à l’ordre du jour pour cette fin de semaine, et prochaines réunions :

  • Défense : L’utilisation par Pékin des contrôles à l’exportation de terres rares et de minéraux essentiels cible les vulnérabilités des chaînes logistiques américaines de semi-conducteurs, d’avions de chasse, de sous-marins, et d’autres produits essentiels à la base industrielle de défense des États-Unis.

  • Technologies de pointe : Les pratiques et les politiques commerciales chinoises, en particulier les exigences applicables aux coentreprises qui obligent les entreprises américaines à établir des partenariats avec des entreprises chinoises pour opérer en Chine et les obligations d’information pour l’obtention des licences, obligent les entreprises étrangères à transférer des droits de propriété intellectuelle sensibles pour accéder au marché chinois.

  • Transport/Expédition : Les constructeurs de navires et les travailleurs maritimes américains se sont plaints des pratiques chinoises qui font baisser les coûts de la construction navale, en particulier les bas salaires ou le travail forcé et l’offre excédentaire d’intrants pour la construction navale stimulés par les subventions gouvernementales.

Que veut vraiment M. Trump ?

Certains thèmes seront repris à mesure que M. Trump s’efforcera de conclure 90 ententes en 90 jours :

  • Baisse des droits de douane et retrait des obstacles au commerce intérieur : Trump considère injuste la position commerciale de nombreux pays par rapport à celle des États-Unis, et il cherche à réduire les obstacles liés aux droits de douane et autres dans la mesure du possible.

  • Accords d’achat : Comme les pays veulent réduire leur déficit commercial, les accords comprendront probablement des ententes d’achat. Prenons l’exemple de la chine qui a pris l’engagement d’acheter des marchandises pour un total de 200 milliards de dollars (un engagement qu’elle n’a finalement pas respecté).

  • Exemptions : M. Trump et son équipe subissent de fortes pressions pour exonérer les biens considérés comme stratégiques, nécessaires ou pour lesquels les États-Unis sont fortement tributaires des importations, qu’il s’agisse de poudre ou de sièges de voiture de bébé. La mise en place de nouvelles exemptions devrait permettre d’atténuer les répercussions des mesures commerciales.

  • Engagements pris sur le plan des investissements : Les investissements étrangers réduiront probablement la position qu’occupent les États-Unis en matière d’investissements internationaux, mais M. Trump souhaite voir d’autres pays et des entreprises étrangers investir aux États-Unis, à l’instar de l’usine de fabrication de semi-conducteurs de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company située en Arizona.

  • Corrections des taux de change : Les observateurs du marché doutent qu’un « accord de Mar-a-Lago » visant à corriger le déficit commercial entraîne une dépréciation coordonnée du dollar américain. Une telle coordination transfrontalière serait improbable, et il est très peu probable que la Chine, principale cible des manipulations monétaires, accepte une appréciation du renminbi.