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Dans le numéro de cette semaine : les défis à relever maintenant que les consultations sur l’ACEUM ont été amorcées, et ce que signifie une nouvelle géopolitique des minéraux critiques pour le Canada

Auteur : John Stackhouse

L’offensive de charme de Mark Carney au Mexique et le succès de sa visite à Claudia Sheinbaum pourraient bientôt évoquer un joyeux souvenir de vacances. Cette fin de semaine, les deux pays renoueront avec la dure réalité, notamment dans leurs relations respectives avec les États-Unis – sur un front commun, mais aussi séparément. Voici comment les choses pourraient se dérouler :

  • L’administration Trump a déclenché une révision de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique en lançant des consultations publiques. Le Canada devrait en faire autant cette fin de semaine, ouvrant la porte à 45 jours de lobbyisme, de grincements de dents et peut-être de profonde réflexion.

  • Nous pouvons nous attendre à ce que les trois « amigos » (deux « amigos » et une « amiga ») rassemblent de petites armées d’experts du commerce et de l’industrie pour amorcer un dialogue plus formel. Le gouvernement canadien a déjà commencé à recruter des équipes qui seront responsables de discuter avec leurs homologues des États-Unis et du Mexique, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’automobile, de l’acier, de l’aluminium et du bois d’œuvre. Toutefois, il se peut que les Américains ne soient pas aussi bien préparés, voire qu’ils incitent à conclure un accord dans la précipitation (au risque de parvenir à un accord biaisé). 

  • Le Mexique a adopté une démarche différente, travaillant avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio sur plusieurs problématiques non commerciales comme la lutte contre les cartels de la drogue. Le gouvernement espère ainsi être en bons termes avec les États-Unis, en prévision de la prochaine ronde de négociation qui s’annonce délicate pour le Mexique. Les États-Unis ont en effet proscrit les tomates de serre et mis un frein aux envois de fonds, ce qui laisse présager des temps difficiles pour le Mexique. 

  • Le principal enjeu pour le Mexique aura trait aux « règles d’origine » qui pourraient contrecarrer la hausse massive des investissements et du commerce chinois qui a fait du Mexique une porte accessoire au marché américain.

  • En ce qui concerne le Canada, les premiers signes portent à croire que le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, et le représentant au Commerce, Jamieson Greer cherchent à protéger les fondements d’un accord commercial trilatéral avec un intérêt particulier pour le Canada et le renforcement du commerce bilatéral. Des ententes secondaires ou subordonnées pourraient émerger dans le cadre d’une structure nord-américaine. 

  • Pour le Canada, la principale préoccupation demeure l’automobile et la volonté affichée par Donald Trump de transférer une grande partie de la production canadienne sur le sol américain. Il reste à voir si le secteur automobile américain parviendra à le convaincre de la logique économique d’une production transfrontalière.  

  • Le Canada pourrait-il accepter des droits de douane de 10 %, par exemple, pour assurer une sorte de seconde vie aux usines canadiennes ? 

  • Au-delà de l’automobile, les préoccupations des Américains portent toujours sur l’industrie laitière et le numérique. Nous connaissons tous la crise du secteur laitier. Du côté du numérique, les plateformes technologiques américaines continuent de se plaindre de la façon dont les Canadiens abordent l’actualité en ligne. Cela dit, après avoir abandonné sa taxe sur les services numériques, le gouvernement Carney aura du mal à faire mieux, d’autant plus que toute nouvelle concession nuirait aux médias et aux éditeurs qui sont déjà en mauvaise posture. 

  • Pour les États-Unis, le plus grand défi pourrait être de nature plus politique. Donald Trump fait-il pression pour obtenir rapidement un ACEUM qui jouerait en sa faveur ? Afin de se concentrer au plus vite sur les plus grands défis posés par la Chine, l’Inde et le Brésil ? Ou son équipe travaille-t-elle à des changements profonds et durables à l’ACEUM dans le but d’afficher une victoire politique avant les élections de mi-mandat l’an prochain ? 

  • QSoulignons que les proches de Donald Trump continuent de laisser entendre qu’il est disposé à éradiquer l’ACEUM. Poudre aux yeux ? Technique de négociation ? Quoi qu’il en soit, maintenant que les choses sérieuses commencent, nous pouvons nous attendre à des surprises déroutantes au fil des pourparlers.

  • À l’occasion d’un évènement de la Chambre de commerce de Halifax, l’ambassadeur des États-Unis Pete Hoekstra s’est déclaré déçu par la rhétorique « antiaméricaine » et le cri de ralliement « Sortons les coudes » du Canada.

  • Des représentants des États-Unis et de la Chine se sont réunis à Madrid pour leur quatrième ronde de pourparlers – au sujet de TikTok.

  • En 2024, la Chine a importé du soja des États-Unis pour une valeur de 12,6 milliards de dollars américains. La semaine dernière : 0. C’est un signe clair que Beijing ne craint pas d’utiliser l’agriculture comme une arme de négociation contre Washington.

  • Sur la base de 25 années de données commerciales, Amazon lance un agent d’intelligence artificielle remanié afin d’aider les vendeurs à prendre des décisions de stockage en tenant compte de la forte volatilité causée par la guerre commerciale.

Auteur : Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

Deux sénateurs américains ont présenté la Restoring American Mineral Security (RAMS) Act, un projet de loi bipartite dont l’objectif est d’établir une alliance pour la sécurité des minéraux critiques qui accorderait un accès en franchise de droits de douane aux partenaires de confiance et obligerait les alliés à imposer des droits de douane équivalents aux droits américains à l’encontre des importations chinoises.

Ce projet implique trois conséquences pour le Canada :

  • L’adhésion à l’alliance s’accompagne d’obligations. Le Canada devrait répliquer les droits de douane imposés par les États-Unis aux minéraux chinois et renforcer leurs mesures contre l’approvisionnement et le transbordement en provenance de Chine. À l’approche de la renégociation officielle de l’ACEUM, les États-Unis cherchent à nouveau des alliés pour fermer l’accès indirect de la Chine (nota : le Mexique a augmenté ses droits de douane sur un certain nombre de marchandises chinoises). Dans le secteur des minéraux, en particulier, le blocage de l’approvisionnement chinois est indispensable à l’expansion du secteur. Le projet RAMS fait de ce principe de précaution une exigence.

  • Les capitaux suivront le mouvement. La proposition la plus novatrice des États-Unis serait de recycler les recettes tirées des droits de douane sur les importations hors alliance en faveur de projets alliés, avec notamment un réinvestissement de 20 % dans les projets internationaux de minéraux critiques des pays membres. Cela dit, compte tenu de nos relations commerciales étroites dans le secteur des minéraux (où nous sommes le premier partenaire commercial des États-Unis, et vice versa), le Canada aurait tout à gagner d’un réinvestissement dans les projets miniers américains. Cette mesure fournirait aux sociétés minières canadiennes des capitaux bon marché – le manque de capitaux étant historiquement un obstacle pour les petites sociétés minières.

  • L’accès préférentiel n’est utile que si nous prenons de l’expansion. L’exemption de droits de douane donnerait aux producteurs canadiens un avantage sur le plan des coûts pour entrer sur le marché américain. Toutefois, sans une accélération de l’approbation des projets et en l’absence d’investissements similaires dans les infrastructures de transport connexes, nous perdrions notre avantage. Il est intéressant de noter que deux projets miniers figurent dans la première tranche de la liste des grands projets prioritaires du Premier ministre Mark Carney : le projet McIlvenna Bay (cuivre et zinc) et l’expansion de la mine Red Chris (cuivre).

Selon les Services économiques RBC, alors que le Canada subit un choc national en raison de sa relation commerciale avec les États-Unis, les provinces connaissent des chocs distincts qui créent des divergences tant dans la croissance que dans les moteurs de croissance. Lire le rapport complet Mise à jour trimestrielle canadienne : une croissance faible, mais positive est attendue

La croissance provinciale diverge dans un contexte de tensions commerciales

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Dans le numéro de cette semaine : Trois secteurs dans lesquels le Canada et le Mexique peuvent approfondir leurs liens, comment une idée intelligente peut aider à atténuer le problème chinois des producteurs de canola, et pourquoi ce sont les infrastructures, et non les politiques, qui pourraient nous freiner.

Par Jordan Brennan, chef, Leadership avisé RBC

Six mois après le début de la guerre commerciale déclenchée par le président Trump, alors qu’aucun accord n’est en vue, le Canada a de bonnes raisons d’approfondir son partenariat avec le Mexique. (Et, si l’on en juge par plusieurs déplacements récents vers le sud, les gouvernements fédéral (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) et albertain (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) sont d’accord.)

Bien qu’il s’agisse du troisième partenaire commercial du Canada, le Mexique représente moins de 4 % des échanges commerciaux mondiaux de marchandises du Canada, dont la majeure partie est constituée d’importations. En 2024, le Canada n’a expédié que pour 9 milliards de dollars de marchandises au Mexique, tandis qu’il a importé pour 47 milliards de dollars de marchandises mexicaines.

Que l’on ne s’y trompe pas : aucun pays ne saurait supplanter les États-Unis en termes d’importance commerciale pour le Canada. Mais nous percevons trois grands secteurs dans lesquels le Canada et le Mexique peuvent approfondir leurs liens.

  • Construire des ponts et des infrastructures. Les huit grands régimes de retraite canadiens, qui disposent au total de plus de 2 000 milliards de dollars d’actifs, comptent parmi les plus importants au monde et possèdent une expertise dans les grands projets d’infrastructure tels que les pipelines, les chemins de fer et les capacités portuaires. C’est exactement ce dont le Mexique a besoin : du capital patient et une expertise en matière de financement. Le capital canadien est une source d’influence financière qui pourrait être mise à profit pour faire progresser les intérêts géopolitiques et commerciaux et renforcer les liens commerciaux. L’investissement du Canadian Pacific Kansas City (CPKC) Rail dans le pont ferroviaire international Patrick J. Ottensmeyer, un projet de 100 millions de dollars lancé au début de l’année qui a recours à une technologie innovante pour améliorer la mobilité des marchandises sur le continent à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, en est un bon exemple.    

  • Stimuler le commerce bilatéral. Plusieurs des industries exportatrices (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) du Canada, notamment l’énergie, l’acier et l’aluminium, le cuivre, l’agroalimentaire, le bois d’œuvre résineux, les pâtes et papiers et les plastiques, font intervenir des produits importés (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de ce pays de 130 millions d’habitants. L’amélioration des flux commerciaux, garantie par l’actuel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), pourrait aider plusieurs de nos secteurs en difficulté à trouver une forme de soulagement.

  • Faire front commun au sujet de l’ACEUM. Si les États-Unis demeureront la pierre angulaire du commerce nord-américain, le Canada et le Mexique doivent se préparer à l’examen conjoint de l’ACEUM, officiellement prévu pour 2026, mais qui pourrait survenir plus tôt. Plutôt que de se laisser opposer l’un contre l’autre, comme le président Trump l’a fait avec succès jusqu’à présent, le Canada et le Mexique pourraient, grâce à une coordination diplomatique, affirmer les mécanismes du traité et garantir l’accès en franchise de droits aux marchandises conformes à l’ACEUM. Il importe de gérer les aspects que représentent les irritants commerciaux dans des secteurs spécifiques (comme la gestion de l’offre) et le transbordement des marchandises chinoises. Le commerce venant s’inscrire dans un cadre plus vaste qui englobe la sécurité des frontières, la défense, les infrastructures et l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement, les trois pays peuvent améliorer leur situation en approfondissant leur coopération et en garantissant un commerce équilibré et mutuellement avantageux au sein du bloc.

  • Les droits de douane imposés par la Chine sur les exportations canadiennes de graines de canola ont incité le gouvernement à limiter les importations d’huile végétale (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement). Le chef conservateur Pierre Poilievre exige également que le gouvernement Carney annule un prêt d’un milliard de dollars (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) consenti à BC Ferries pour l’achat de navires construits en Chine.

  • La Chine a également intenté une action en justice contre les restrictions à l’importation (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) d’acier imposées par le Canada.

  • Le gouvernement de l’Ontario met en place un programme de prêts d’urgence (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) d’un milliard de dollars destiné aux entreprises admissibles des secteurs de l’acier, de l’aluminium et de l’automobile touchés par les droits de douane américains.

  • Les répercussions de la guerre commerciale commencent à se faire sentir sur les prix de gros aux États-Unis, qui ont augmenté de 3,3 % (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) en juin par rapport à l’année précédente, soit la plus forte hausse depuis février.

  • Dans le but de relocaliser une partie de sa production et de créer 1 000 emplois aux États-Unis, la société GE Appliances va investir 3 milliards de dollars (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) dans ses usines américaines au cours des cinq prochaines années.

Par Yadullah Hussain, directeur de rédaction, Leadership avisé RBC

La crise du canola au Canada s’aggrave. Pékin a imposé des droits de douane de 75,8 % sur la culture la plus lucrative du Canada après une enquête préliminaire qui en est venue à la conclusion qu’Ottawa accordait des subventions et un traitement préférentiel à ses agriculteurs.

La taxe sur les graines de canola s’ajoute aux droits de douane de 100 % déjà en vigueur sur l’huile et les farines de canola canadiennes. En avril dernier, la Canadian Canola Growers Association (CCGA) nous avait indiqué que les agriculteurs gelaient leurs investissements, craignant que des droits de douane sur les graines de canola ne soient la « goutte d’eau qui ferait déborder le vase ». Chris Davison (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement), président et chef de la direction du Canola Council of Canada, estime désormais que le marché chinois est « en tout état de cause fermé » aux producteurs de canola canadiens.

Cela représente 4,5 milliards de dollars supplémentaires de commerce de matières premières perturbé et désormais à la recherche de nouveaux marchés exempts de droits de douane, rejoignant sur ce plan le bois, l’aluminium et l’acier.

Voici comment se déroule la crise du canola au Canada :

  • Pris en étau entre deux géants économiques : Se pourrait-il que Pékin tente d’amener Ottawa à faire tomber les droits de douane de 100 % imposés sur les véhicules électriques chinois et de 25 % sur l’acier et l’aluminium chinois ? Pékin rendra sa décision finale sur les droits de douane imposés sur les graines de canola en septembre. Mais Ottawa se trouve dans une impasse, car elle a haussé les droits de douane sur l’aluminium et l’acier importés afin d’apaiser les craintes de Washington que des pays, dont la Chine, ne se servent du Canada comme d’une porte dérobée menant au marché américain.

  • Le tourteau en perte de vitesse : Les données de Statistique Canada montrent que les importations chinoises de tourteau de canola en provenance du Canada ont chuté à 32 506 tonnes en juin, contre 141 938 tonnes en juin 2024.

  • L’huile mise à mal : Les exportations canadiennes d’huile de canola vers la Chine ont atteint le chiffre symbolique de zéro en juin, selon les données de l’industrie.

  • Quelques graines… : Les expéditions de graines de canola (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) du Canada vers la Chine ont chuté à 237 897 tonnes en juin 2025, contre 651 080 tonnes au cours de la même période l’année dernière.

  • Les agriculteurs veulent une injection de liquidités : La CCGA est d’avis que les agriculteurs ne devraient pas être contraints d’emprunter pour traverser une crise dont ils ne sont pas responsables. Bien que cela ne ferait qu’exacerber les préoccupations de Pékin à l’égard des subventions accordées par Ottawa au secteur.

Les inquiétudes de Pékin quant au fait qu’Ottawa subventionne l’industrie.

  • Atténuer les effets négatifs : Stimuler la demande intérieure et la capacité de transformation des biocarburants tels que les carburants d’aviation durables (SAF) offre une possibilité de diversifier la demande de canola en tant que matière première pour les biocarburants. Selon Lisa Ashton, notre responsable principale, Politique agricole : « Le Canada devrait s’inspirer des stratégies d’autres pays pour développer ses marchés nationaux des biocarburants et le rôle de l’agriculture dans leur croissance. » Le Brésil, le Japon et la Malaisie augmentent tous leur capacité de transformation des biocarburants, y compris les SAF, et augmentent les mélanges de biodiesel et d’éthanol requis dans les carburants conventionnels.

Jordan Brennan, chef, Leadership avisé RBC, s’est récemment entretenu avec Trevor Tombe, de la School of Public Policy de l’Université de Calgary.

Q : Que peut faire le gouvernement fédéral pour réduire notre dépendance vis-à-vis des États-Unis ?
R :
Nous faisons face à des contraintes importantes. La capacité du Canada à développer ses échanges commerciaux avec d’autres pays par le biais d’accords commerciaux est largement épuisée. L’Inde et la Chine, pour des raisons géopolitiques, sont des perspectives peu probables à court terme. Notre limitation ne tient pas tant aux politiques, mais plutôt aux infrastructures. Notre configuration géographique demeure une réalité imparable qui nécessite des investissements importants dans les infrastructures. Le développement de nos infrastructures ferroviaires et portuaires constitue une priorité renouvelée au niveau fédéral, mais il faudra de nombreuses années pour que cette démarche porte ses fruits.

Q : Selon vous, quel sera l’impact à long terme des guerres tarifaires menées par Trump à l’échelle mondiale ?
R : L’incertitude liée aux menaces tarifaires suffit à elle seule à freiner les investissements. Cela pourrait entraîner une baisse permanente de la productivité canadienne si les investisseurs perçoivent un niveau de risque plus élevé au Canada en raison de l’incertitude quant à l’accès au marché américain. À l’échelle mondiale, s’il y a une leçon à tirer des années 1930, c’est que les spirales protectionnistes aggravent les difficultés économiques de toutes les parties en cause. Si les droits de douane pourraient temporairement stimuler certaines industries américaines, les coûts pour l’efficacité mondiale et le bien-être des consommateurs seraient considérables.

Q : De nouvelles connaissances permettent-elles de remettre en question l’idée répandue selon laquelle le libre-échange présente des avantages généralisés ?
R : Les arguments fondamentaux en faveur de la libéralisation des échanges demeurent solides. Mais cela impose que des ressources, des moyens de production, et que des emplois se déplacent d’un secteur à l’autre et d’une région à l’autre. Certains de mes travaux portent à croire qu’entre 1 et 2 % de la main-d’œuvre canadienne pourrait migrer d’une province à l’autre en réponse à l’élimination des coûts commerciaux intérieurs. Si ces mouvements sont bénéfiques pour la productivité de l’économie dans son ensemble à long terme, ils entraînent des coûts d’ajustement pour les individus alors que certaines entreprises touchées imposent des coûts importants à court terme à ces personnes.

À lire également : Discussion de Brennan et Tombe sur les obstacles au commerce interprovincial.

Le Canada a importé pour 43,4 millions de dollars de spiritueux distillés (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) des États-Unis, soit une baisse de 62 % par rapport à juin de l’année dernière. Les importations de vin américain ont également diminué de 67 %.

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Le vaste plan d’action en IA présenté la semaine dernière par l’administration Trump propulse la course mondiale à l’intelligence artificielle dans une nouvelle dimension. Il ne s’agit plus uniquement d’une compétition entre OpenAI et Google, mais d’un affrontement géopolitique dans lequel la première puissance technologique mondiale redouble d’efforts pour influencer (et dominer) les décennies numériques à venir.

Le Canada devra agir rapidement.

Voici ce qui me frappe le plus dans la politique de Trump :

  • Territoire. Les mégadonnées (et l’IA) sont, par nature, mondiales et locales. Et voilà que Trump veut désormais libérer les géants de la technologique de la réglementation étatique sur l’IA. Mark Carney pourrait bientôt être confronté aux mêmes défis avec les provinces, alors qu’il tente de mettre en place une approche « une seule économie » sur de nombreux fronts. Carney comme Trump se heurteront à des oppositions lorsque les grandes plateformes commenceront à exploiter les données en santé et en éducation, des domaines qui relèvent de compétences infranationales dans les deux pays. Chacun à leur manière, ils devront apprendre à concilier les intérêts individuels, locaux, nationaux et mondiaux à l’ère de l’IA.

  • Idéologie. Donald Trump souhaite éliminer le « wokisme » des modèles d’intelligence artificielle. J’ignore comment c’est possible, surtout si l’on veut éviter une forme de police de la pensée surveillant les algorithmes. Je ne dis pas que les modèles d’IA devraient échapper aux normes publiques, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression. Le problème, c’est que nous ne savons pas encore comment canaliser ce que nous avons lancé, si ce n’est en poursuivant les développeurs en justice, comme c’est déjà le cas pour d’autres formes de discours. Que vous soyez pour ou contre, la stratégie de Trump ouvre un nouveau chapitre dans la politisation des technologies.

  • Investissement. Une véritable ruée vers l’or est en cours autour des centres de données, et elle continuera d’attirer des milliards de dollars. Trump est déterminé à conserver et à construire ces centres en sol américain. Le Canada peut choisir d’alimenter ce modèle en fournissant énergie, capitaux et données ou bien d’élaborer sa propre stratégie concurrentielle. Un investisseur majeur m’a récemment dit qu’il attend toujours le feu vert pour un méga centre de données de plusieurs milliards de dollars au Canada alors que ses projets similaires aux États-Unis vont bon train. Les données n’attendent pas après les gouvernements.

  • Souveraineté. C’est peut-être le plus grand défi du Canada. Les modèles américain et chinois, ainsi que leurs infrastructures infonuagiques, ont atteint une telle ampleur qu’on peine à imaginer que d’autres pays puissent rivaliser avec eux. Mais il y a une chance pour le Canada. Nous comptons au pays des leaders technologiques mondiaux comme OpenText, Shopify et Cohere et disposons de certains avantages concurrentiels liés à nos propres ensembles de données, notamment en santé. Avons-nous l’ambition de bâtir un rival canadien ? Et faudra-t-il pour cela adopter des politiques technonationalistes, comme celles qu’on voit poindre aux États-Unis et en Europe ?

Face à l’ambition américaine de dominer en IA, le Canada devra miser sur l’ingéniosité humaine pour prospérer dans ce nouvel ordre numérique.

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  • Le Canada et le Mexique ont convenu de renforcer leur collaboration dans plusieurs domaines essentiels, dont les chaînes logistiques, l’IA, la sécurité énergétique et l’économie numérique.

  • Trump met à exécution sa menace de doubler les droits de douane sur l’Inde pour les porter à 50 % au motif que le pays achète du pétrole à la Russie.

  • En juin, les expéditions américaines de jus d’orange vers le Canada ont chuté à un creux jamais vu en plus de 20 ans, selon de nouvelles données.

  • Le Japon déclare que l’administration Trump promet de corriger une erreur « extrêmement regrettable » en matière de droits de douane dans le cadre de son accord avec les États-Unis.

  • Dans un nouveau sondage, près de 90 % participants affirment que les droits de douane ont perturbé la fabrication et la production aux États-Unis.

  • Trump menace d’imposer des droits de douane de 100 % sur les semi-conducteurs étrangers à moins que les entreprises promettent d’investir aux É.-U.

  • Les droits de douane sur les lingots d’or d’un kilo frapperont particulièrement la Suisse.

  • Le 8 août à minuit, les nouveaux droits de douane américains sont entrés en vigueur dans plus de 90 pays.

Malgré l’ambition grandissante du Canada d’élargir son bassin de partenaires commerciaux, les dernières données montrent qu’une telle diversification est compliquée. Les exportations vers les pays autres que les États-Unis sont restées globalement stables au deuxième trimestre. Il est à noter que la légère hausse des exportations hors États-Unis est principalement due à l’augmentation des expéditions d’or vers le Royaume-Uni, dont la valeur a plus que doublé par rapport à l’an dernier sous l’effet de la hausse des prix.

La hausse des exportations canadiennes - hors États-Unis - est principalement attribuable aux expéditions d'or au Royaume-Uni

Nathan Janzen, économiste en chef adjoint, Services économiques RBC, apporte quelques éclaircissements dans ce chaos qui entoure le commerce international.

Q: Pouvez-vous chiffrer ce que les droits de douane américains coûtent à l’économie canadienne ?
R: Le ralentissement de la croissance économique de part et d’autre de la frontière, qui découle en grande partie de l’incertitude liée aux futures politiques commerciales, a paralysé les décisions d’investissement des entreprises. Les mesures de représailles du Canada se sont montrées sévères dans certains secteurs, avec notamment une augmentation des droits de douane sur les importations d’acier en provenance de pays autres que les États-Unis, ce qui augmente le coût des intrants pour les entreprises canadiennes.

Toutefois, en termes relatifs, les droits de douane ont davantage fait grimper les coûts aux États-Unis qu’au Canada. Les recettes tarifaires perçues par le gouvernement fédéral canadien, payées par les acheteurs canadiens, ont augmenté d’environ 2 milliards de dollars par rapport à l’an dernier entre mars et mai, ce qui équivaut à 1,8 % de la valeur totale des biens importés au cours de cette période. Et une grande partie des recettes perçues sera restituée aux entreprises par l’entremise d’un processus de remise. À titre de comparaison, les recettes fiscales issues des droits de douane américains, qui sont payées par les acheteurs américains, ont augmenté de 48 milliards de dollars au cours de la période, ce qui représente 10 % de la valeur des importations en juin. Ce taux tarifaire moyen aux États-Unis est le plus élevé depuis les années 1940.

Q: Dans quelle mesure l’ACEUM a-t-il protégé les exportations canadiennes ?
R: L’accord commercial conclu antérieurement entre le Canada et les États-Unis garantit un accès libre de droits de douane pour la majeure partie des exportations canadiennes vers les États-Unis. Du fait que près de 90 % des exportations canadiennes ont continué d’accéder au marché des États-Unis en franchise de droits de douane entre mars et juin, le Canada s’est retrouvé avec le taux tarifaire effectif moyen le plus bas de tous les principaux partenaires commerciaux des États-Unis, malgré la hausse des droits de douane sur les exportations canadiennes non conformes à l’ACEUM à 35 % depuis le 1er août.

Le maintien de l’exemption de libre-échange en vertu de l’ACEUM est critique non seulement pour les exportateurs canadiens, mais aussi pour les partenaires commerciaux du Canada aux États-Unis – l’an dernier, le Canada représentait le premier marché d’exportation pour 32 États américains, et le premier pour 22 d’entre eux. L’ACEUM n’expirera pas automatiquement avant 2036, mais des négociations cruciales visant à prolonger l’accord seront entamées l’an prochain.

Q: Le Canada et le Mexique ont convenu cette semaine de renforcer leur collaboration en matière de commerce international. Quelles occasions entrevoyez-vous ?
R: La diversification des échanges commerciaux du Canada est une bonne chose, car elle se traduira par des occasions à l’étranger, mais aussi par des échanges commerciaux accrus avec le Mexique et entre les provinces canadiennes. De plus, le commerce international de services prend une part de plus importante dans le commerce canadien et mondial. Or, il est plus facile de diversifier les échanges commerciaux dans des domaines comme les services professionnels, par exemple, où la distance géographique est moins pénalisante.

Cela dit, le secteur manufacturier représente une part considérable des échanges commerciaux en Amérique du Nord. Étant donné que ce secteur est fortement intégré, après des décennies de libre intégration des chaînes logistiques du Canada, des États-Unis et du Mexique, il ne peut pas vraiment fonctionner sans l’intervention de tous ses participants. Les droits de douane imposés par les États-Unis sur des produits comme l’acier, l’aluminium et le cuivre alourdissent le coût des intrants et réduisent la compétitivité de l’écosystème manufacturier intégré nord-américain par rapport aux chaînes de production d’autres régions comme l’Europe et l’Asie. Il est impossible de diversifier ce type de commerce à court terme sans provoquer d’importantes perturbations économiques des deux côtés de la frontière.

12 milliards $ US

Estimation du coût de la guerre commerciale pour les constructeurs automobiles – jusqu’à présent.

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Par Jordan Brennan, chef, Leadership avisé

La date limite du 1er août est passée sans qu’aucun accord ne soit conclu. Par conséquent, les « droits de douane liés au fentanyl » sur les exportations canadiennes vers les États-Unis devraient passer de 25 % à 35 %. Ces droits s’ajoutent aux droits de douane sectoriels (appelés droits de douane au titre de l’article 232), qui comprennent des droits de douane de 50 % sur l’acier et l’aluminium, de 50 % sur certains produits en cuivre et de 25 % sur le contenu non américain des véhicules finis.

D’un certain point de vue, l’absence d’accord peut être interprétée négativement. Le climat défavorable à l’investissement des entreprises – déjà chroniquement faible au Canada – persistera tant que la guerre commerciale n’aura pas fait l’objet d’une résolution obligatoire.

D’un autre côté, l’absence d’accord pourrait indiquer que l’équipe de négociation canadienne adopte une position ferme. Et grâce à la protection qu’offre l’AEUMC face aux « droits de douane liés au fentanyl », le taux de droits de douane effectif sur les exportations canadiennes sera bien inférieur au taux de base de 35 %.

RBC a fait les calculs et a constaté que plus de 90 % des exportations canadiennes de marchandises vers les États-Unis sont conformes à l’AEUMC et entrent donc sans droits de douane. Malgré tous ces chiffres alarmants, nous estimons que le taux de droits de douane effectif sur les exportations canadiennes est d’environ 5 %, mais qu’il est souvent plus bas en réalité. Cette situation reflète en partie l’habileté et le savoir-faire de l’équipe de négociation canadienne, qui a obtenu la protection offerte par l’AEUMC, mais elle met aussi en évidence le fait que la prospérité américaine – notamment dans les États pivots – dépend du commerce avec le Canada.



Prenons l’exemple de l’industrie automobile. Si le président Trump a pris les rênes de la Maison-Blanche, c’est en partie grâce au soutien des ouvriers des anciens États de la « Rust Belt », qui ont historiquement soutenu les démocrates, mais qui ont changé pour le Parti républicain en 2024. L’industrie automobile nord-américaine est structurée selon un axe nord-sud, avec des chaînes d’approvisionnement reliant des États producteurs clés comme le Michigan, l’Indiana et l’Ohio aux provinces canadiennes.

Rien n’indique clairement que la guerre commerciale, y compris les droits de douane au titre de l’article 232 sur l’automobile, ramène des emplois dans les usines américaines. Les données récentes du Bureau of Labor Statistics montrent que l’emploi dans le secteur manufacturier en général, et dans la fabrication de véhicules et de pièces en particulier, a diminué depuis l’entrée en fonction de Trump. Cette interdépendance place le Canada dans une position de négociation plus favorable qu’on pourrait le croire, étant donné sa dépendance au commerce avec ses voisins américains.

Nous suivrons l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines et nous nous attendons à ce qu’un accord, sous une forme ou une autre, soit conclu. Entre-temps, les équipes de négociation de Trump ont conclu une série d’accords avec des partenaires commerciaux clés au cours des dix derniers jours, notamment avec l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud. Au milieu du chaos et de l’incertitude, une tendance commence à se dessiner.

En échange de droits de douane préférentiels, les partenaires commerciaux des États-Unis s’engagent à effectuer des investissements et des achats importants sur le marché américain, tout en offrant un meilleur accès au marché pour les exportateurs américains, avec certaines exemptions sectorielles et dérogations ciblées. Les « accords » conclus jusqu’à présent, qui ne sont en réalité que des cadres de négociation – se répartissent en trois grandes catégories :

  • Les proches alliés : Avec l’accord sur l’économie et la prospérité entre les États-Unis et le Royaume-Uni, le Royaume-Uni a obtenu les conditions les plus favorables à ce jour, avec des droits de douane de base de 10 %. En raison des exemptions et des dérogations, le taux de droits de douane effectif pourrait être inférieur à 10 %. L’accord est axé sur l’agriculture, l’automobile, l’aérospatiale et les produits pharmaceutiques, tandis que l’acier et l’aluminium sont visés par des taux plus élevés.   

  • Le noyau commercial : L’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, qui sont parmi les plus importants partenaires commerciaux des États-Unis, ont obtenu des droits de douane de base de 15 %, ce qui les place sur un pied d’égalité les uns avec les autres. Encore une fois, les exemptions et dérogations pourraient réduire le taux de droit de douane effectif.

  • Tous les autres : Les pays qui n’obtiennent pas de droits douaniers préférentiels seront assujettis à des droits de douane de base élevés ou à des droits de douane à la carte (p. ex., les droits de douane de 50 % sur le Brésil).

Qu’il y ait accord ou pas, le Canada fait face à d’importants obstacles. Une récession de la productivité qui dure depuis plusieurs années, combinée à un resserrement de l’immigration, à des frictions commerciales et à une incertitude macroéconomique élevée, signifie que des choix difficiles attendent les dirigeants politiques et économiques du Canada. 

  • En plus d’augmenter les droits de douane imposés au Canada juste avant la date limite du 1er août, Trump a imposé des tarifs coûteux à plusieurs pays – dont 39 % pour la Suisse.

  • Le Mexique bénéficie d’un sursis de 90 jours à la suite d’un appel entre Trump et la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.

  • Ford, le deuxième constructeur automobile américain en importance, affirme que les accords commerciaux conclus avec l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud le placent dans une position très défavorable, puisque la majorité de ses véhicules sont fabriqués aux États-Unis et qu’il dépend fortement de l’importation de pièces. Rien qu’au deuxième trimestre, Ford affirme que les droits de douane lui ont coûté 800 millions $ US.

  • Les titres américains du secteur des transports ont subi leur plus forte baisse depuis avril, l’indice Dow Jones Transportation Average ayant cédé 7 %.

  • Les transbordements –soit les marchandises expédiées aux États-Unis par l’intermédiaire d’autres pays pour contourner les droits douaniers liés au pays d’origine – seront désormais assujettis à des droits de douane de 40 %. Selon les experts, la Chine sera la plus durement touchée par le durcissement des mesures américaines contre les expéditions indirectes. 

  • Les répercussions de l’accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne ont entraîné la pire semaine pour l’euro depuis 2022.

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Dans le numéro de cette semaine : Les leçons à tirer de l’accord américano-japonais, le coût des obstacles au commerce intérieur, et le nouvel intérêt de Donald Trump pour la gestion de l’offre.

Dans l’accord commercial conclu entre le Japon et les États-Unis se trouve, sous une multitude de dispositions, la promesse d’établir un fonds souverain de 550 milliards de dollars américains et d’en confier la supervision au président des États-Unis lui-même. Pourrait-il s’agir d’un modèle à suivre pour le Canada et les États-Unis, qui souhaitent tous deux conclure des accords commerciaux avant le 1er août ?

Les détails sur le fonds japonais sont vagues, et les deux parties les présentent très différemment : les États-Unis considèrent le fonds comme un partenariat 90/10 en faveur des contribuables américains qui permet à Washington de dicter aux sociétés japonaises les secteurs où investir ; Tokyo le voit plutôt comme une promesse d’investissement de la part des sociétés japonaises. Les États-Unis brouillent de plus en plus les limites entre la création d’un écosystème facilitant les investissements et ce que certains qualifient d’intervention de l’État dans les activités et investissement des entreprises. L’exemple le plus récent est l’investissement direct de 400 millions de dollars américains par le Pentagone dans MP Materials, une société de minéraux de terres rares. Cet investissement, semblable à ceux que ferait la Chine, est décrié par les entreprises concurrentes pour sa portée excessive.

La tendance progressive des États-Unis à étendre leur influence pose un problème pour les marchés nord-américains libres et équitables, mais pourrait annoncer l’arrivée au premier plan d’entités fédérales américaines, c’est-à-dire d’une nouvelle génération d’organisations soutenues par le gouvernement et dont l’existence dans les pays autocratiques a été critiquée par les gouvernements occidentaux au cours des dernières décennies.

Le Canada a beaucoup à offrir aux États-Unis en matière d’investissement, mais dans les circonstances appropriées. La valeur des investissements directs du Canada aux États-Unis s’élève à 812 milliards de dollars américains, soit juste derrière le Japon (819 milliards de dollars américains). En principe, il est possible d’augmenter les investissements canadiens aux États-Unis, qui sont structurés pour enrichir également les chaînes logistiques au Canada. L’intégration continue du Canada et des États-Unis, dans les secteurs tant public que privé, devrait engendrer des retombées positives pour le Canada sur le plan des investissements, de l’activité économique et des échanges commerciaux. Il pourrait aussi y avoir suffisamment de place pour une multitude de projets conjoints entre le Canada et les États-Unis, notamment dans les domaines des minéraux critiques, de l’automobile, de l’énergie nucléaire, des combustibles fossiles et de l’électricité.

Investissements privés et étrangers annoncés sous la présidence de Donald Trump

Cela dit, si la création d’un quelconque fonds conjoint est envisagée, on ne peut pas donner carte blanche à Washington.
Le Canada vit un moment crucial, puisqu’il devra faire face à des droits de douane de 35 % sur tous les biens non visés par l’AEUMC en cas d’échec des négociations. (M. Carney et M. Trump ont tous deux minimisé la probabilité d’un accord commercial d’ici le 1er août.) Nous pourrions devoir composer avec des droits de douane de 15 %, taux le plus couramment observé, puisque l’Europe elle-même semble s’être résignée à accepter cette condition de Washington.

Cette situation pourrait s’avérer positive pour le Canada. 

Dans l’hypothèse où le traitement préférentiel prévu dans l’ACEUM demeurerait le même, le Canada devrait profiter d’un accès de premier ordre au marché américain. D’éventuels taux de droits de douane réels moyens pondérés de 2 % à 3 % sont attrayants sur les plans absolu et comparatif, à condition qu’un taux de droits de douane de 15 % s’applique seulement à de 10 % à 20 % des échanges commerciaux non conformes à l’ACEUM. Cela ressemble fondamentalement aux taux de droits de douane des pays les plus favorisés (2,5 % habituellement).

Alors que le premier ministre du Canada Mark Carney rencontrait les premiers ministres des provinces et territoires, le chef de Leadership avisé, Jordan Brennan, s’est entretenu avec Trevor Tombe de la School of Public Policy de l’Université de Calgary à propos des obstacles au commerce intérieur et de M. Trump.

Q. : Que coûtent les obstacles au commerce intérieur au Canada ?
R. :
D’après les recherches que j’ai réalisées avec d’autres collaborateurs, l’économie canadienne pourrait croître de 4,4 % à 7,9 % à long terme, soit un gain de 110 milliards de dollars à 200 milliards de dollars par année, en cas d’élimination des obstacles au commerce intérieur au moyen de politiques de reconnaissance mutuelle. Dans certains secteurs, comme celui du camionnage, ces obstacles font croître les tarifs de fret d’environ 8,3 %, bondir les coûts d’exploitation et diminuer la productivité dans son ensemble. Les provinces plus petites et à plus faible revenu, surtout celles de l’Atlantique, pourraient réaliser des gains plus importants que ceux des autres provinces.

Q. : À votre avis, quelles seront les conséquences probables du projet de loi C-5 sur le plan économique ?
R :
Le projet de loi C-5 constitue une initiative importante du gouvernement fédéral pour éliminer les obstacles au commerce intérieur. Nous devrions toutefois faire preuve de prudence quant aux répercussions immédiates sur le produit intérieur brut (PIB). La somme de 200 milliards de dollars évoquée par certains correspond à la limite supérieure des estimations et elle requiert une levée considérable des barrières commerciales, soit bien au-delà du contenu des propositions actuelles. Il y aura concrétisation des gains si les provinces adoptent leurs propres lois de reconnaissance mutuelle. Nous observons d’ailleurs un engouement considérable à cet égard.

Q : Le premier ministre Mark Carney semble croire que la suppression des obstacles au commerce intérieur compensera le tort économique causé par les droits de douane de Donald Trump. Dans quelle mesure cette opinion est-elle réaliste ?
R :
L’ampleur des coûts du commerce entre les provinces et les territoires dépasse celle des coûts engendrés par les perturbations liées aux droits de douane américains, mais il faudrait beaucoup plus de temps pour en ressentir les effets. Au fil du temps, nous pourrions plus que compenser ces perturbations, mais la libéralisation du commerce intérieur n’est pas un contrepoids suffisant à court terme pour contrer les bouleversements économiques immédiats.

La gestion de l’offre du Canada a attiré l’attention de l’administration Trump, encore une fois. Les critiques entendues au sud de la frontière se concentrent sur les contingents d’importation, surtout ceux liés aux produits laitiers.

  • Au Canada, le système de gestion de l’offre est régi au moyen de contingents d’importation, de prix fixés par les producteurs et de contingents de production pour les produits laitiers, les œufs et la volaille, une politique qui garantit aux agriculteurs leur part du marché national et des prix justes pour les produits par rapport aux intrants agricoles.

  • Les contingents d’importation visent à limiter les importations dans les secteurs canadiens sous gestion de l’offre. Toutefois, lors des dernières négociations commerciales, le Canada a fait davantage de concessions. Par exemple, dans le cadre des pourparlers entourant l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), le Canada a accepté d’accorder aux pays participants une part d’environ 3,25 % de son marché intérieur des produits laitiers.

  • Avec la mise en œuvre progressive de l’ACEUM, de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne et du PTPGP au cours des dix prochaines années, l’accès des produits laitiers canadiens aux marchés étrangers devrait grimper pour atteindre environ 10 % de la production laitière du Canada.

  • Cependant, comme les transformateurs canadiens détiennent la plupart des contingents tarifaires d’importation, les importateurs étrangers font valoir qu’ils ont un accès limité au marché canadien pour réaliser leurs volumes exemptés de droits de douane négociés dans l’accord.

Malgré les accords commerciaux, les entreprises étrangères ont du mal à commercialiser la plupart de leurs produits

Le dernier rapport de Leadership avisé RBC, intitulé « Démystification de la gestion de l’offre », traite des avantages et des inconvénients du système et de son rôle dans les guerres commerciales.

Le Canada et les États-Unis ont augmenté leurs exportations de produits de base au cours des dix dernières années, puisque les deux pays exploitent les ressources constituant leur richesse. Le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) révèle que ces deux pays, qui constituent l’« Amérique du Nord », ont enregistré une hausse des exportations combinées de produits de base de 10,8 % du total mondial il y a dix ans à 13,1 % en 2023. La part de marché des autres régions a à peine augmenté ou même diminué durant cette même période.

Concentration des produits de base : Les exportations de produits de base du Canada, qui comprennent ceux liés à l’énergie, aux mines ou à l’agriculture, selon la définition de la CNUCED, ont atteint 55,8 % du total des exportations de produits de base de 2021 à 2023, contre 53,3 % de 2012 à 2014. La dépendance des États-Unis est encore plus marquée : les produits liés à ces trois secteurs sont passés de 29,5 % du total des exportations américaines de produits de base à 35,5 % durant cette période. Comme les deux pays ont désigné l’énergie, l’agriculture et les mines comme des aspects prioritaires en matière d’exportation, ils pourraient accroître leur dépendance aux produits de base de ces trois secteurs, et à la volatilité de leurs prix.

Croissance de l’agriculture : Au Canada, le secteur de l’agriculture a réussi à augmenter sa part du marché des exportations de 14,7 % à 16,7 %. Pour sa part, le secteur de l’énergie a très peu progressé à 17,4 %. Aux États-Unis, tout se rapportait à l’évolution du schiste et à la révolution du gaz naturel liquéfié (GNL).

Contraction des produits de base : À l’échelle mondiale, les exportations de produits de base représentent maintenant 32,7 % de la valeur des échanges internationaux, contre 35,5 % il y a dix ans.

Efforts de diversification Les pays qui exportent principalement des matières premières pourraient ne pas profiter des avantages plus considérables du commerce mondial, stimulé par la diversification, l’innovation et la production à valeur ajoutée. La mise en garde de la CNUCED visait les pays en développement, mais les entreprises canadiennes souhaitant accroître leur présence dans les secteurs des mines, de l’énergie et de l’agriculture peuvent en tenir compte.

« Notre objectif n’est pas de conclure une entente à tout prix. »

Premier ministre Mark Carney au sujet des négociations avec les États-Unis


Collaborateurs : Jordan Brennan, Shaz Merwat, Lisa Ashton, Reid Mckay, Yadullah Hussain et Caprice Biasoni

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Dans le numéro de cette semaine : Quatre scénarios possibles en matière de commerce mondial, rebond du secteur agroalimentaire canadien, et explication de l’intérêt suscité par le cuivre

Par Jordan Brennan, Leadership avisé

Qu’adviendrait-il si les États-Unis ne se trouvaient plus au cœur du système commercial mondial ? Voilà l’une des idées explorées lors d’une table ronde, organisée par l’Institut Fields, à laquelle j’ai assisté cette semaine à Toronto.

En tant que gardien du système commercial mondial, les États-Unis ont exercé une extraordinaire puissance douce pendant près de 80 ans. Ce rôle a pris fin le 2 avril avec l’avènement des droits de douane du « Jour de la Libération » du président Trump, d’après un conférencier. Ce dernier a poursuivi en énonçant quatre scénarios pouvant se concrétiser avec la fin du leadership des États-Unis :

  • Une guerre commerciale mondiale. Ce scénario ressemble à celui des années 1930, période durant laquelle d’autres pays ont suivi l’exemple des États-Unis et ignoré les politiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). À moins d’une résolution au cours des prochaines semaines, les droits de douane de Donald Trump entraîneront probablement l’adoption de droits de douane de représailles par d’autres pays, une escalade ancrée sur un principe connu : œil pour œil, dent pour dent. Dans l’un des scénarios évoqués, l’élément déclencheur serait des représailles de la Chine contre les dispositions antichinoises réclamées par les États-Unis à leurs partenaires commerciaux (par exemple, l’accord entre les États-Unis et le Royaume-Uni vise à exclure la Chine des chaînes logistiques les plus importantes). Heureusement, ce scénario cauchemardesque est le moins probable.

  • Dérive multilatérale gérée. Il s’agit du scénario de base actuel. Le monde entier constate le protectionnisme accru des États-Unis et une plus grande libéralisation partout ailleurs. Les États-Unis sont les seuls à enfreindre les règles de l’OMC, mais tous les autres pays jouent franc jeu. 

  • L’affrontement des blocs commerciaux. Une fragmentation géopolitique accrue mène à la création de blocs commerciaux en opposition. Au sein de tels blocs se trouve un certain degré de collaboration et d’ouverture. Entre les blocs, toutefois, nous observons un non-respect des règles de l’OMC. Trois grands blocs seront constitués : un bloc formé des États-Unis, du Canada et du Mexique; un bloc paneuropéen; ainsi qu’un bloc sous la direction de la Chine. On ignore ce que fera le Japon.

  • Une remondialisation sans les États-Unis. Il s’agit du scénario le plus probable. Les États-Unis deviendront une économie plus fermée et ils auront moins d’échanges commerciaux avec le reste du monde. Étant donné que les États-Unis ne représentent que 15 % du commerce mondial, cette situation ne s’avère pas désastreuse pour le système commercial international.

On ne sait pas exactement les répercussions de tous ces scénarios pour le Canada. Étant donné que plus de 75 % de nos exportations de marchandises sont destinées à nos voisins américains, il est difficile d’imaginer un avenir pour lequel les États-Unis ne demeureraient pas le principal partenaire commercial du Canada.

Étrangement, le Canada pourrait renforcer son positionnement par rapport aux États-Unis, puisque les droits de douane américains qui lui seront imposés pourraient s’avérer bien inférieurs à ceux appliqués aux partenaires commerciaux européens et asiatiques des États-Unis. En définitive, le Canada pourrait générer plus d’échanges commerciaux avec les États-Unis, et ce, malgré les droits de douane.

Contre toute attente, encore une fois, les investissements étrangers directs destinés au Canada pourraient augmenter (songeons à l’automobile) alors que les pays heureux de payer le taux de droits de douane d’environ 3 % des nations les plus favorisées font désormais face à des barrières douanières de 25 % et devront donc tenter de s’emparer de la capacité excédentaire en Amérique du Nord pour surmonter cet obstacle.

De toute évidence, le Canada a besoin de « plans B et C » efficaces pour les négociations actuelles avec le président Trump. Le libre-échange avec les États-Unis est le résultat souhaité, mais le Canada a besoin de différentes options s’il devient impossible de conclure un accord satisfaisant.

  • Le premier ministre Mark Carney a reconnu qu’un accord avec les États-Unis n’entraînera probablement pas l’élimination de tous les droits de douane.

  • Les droits de douane de Donald Trump ont permis aux États-Unis d’amasser près de 50 milliards de dollars américains… jusqu’à présent.

  • La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et M. Carney ont parlé d’une collaboration accrue entre le Mexique et le Canada en matière de commerce.

  • Une dizaine de pays de l’Union européenne (UE) envisagent d’instaurer ce qu’ils appellent un « instrument anti-coercition », qui pourrait comprendre de nouvelles taxes visant les grandes sociétés technologiques américaines ou des restrictions sur les placements, si un accord n’est pas conclu avec les États-Unis d’ici le 1er août.

CAprès avoir chuté en avril, les exportations agroalimentaires ont rebondi au Canada en mai, surtout les exportations de viande et de produits de la mer. De nouvelles données sur le commerce de marchandises publiées par Statistique Canada révèlent que les exportations de viande ont grimpé de 13 % en mai, principalement en raison des exportations de porc vers le Japon, et que les exportations de produits de la mer emballés ont bondi jusqu’à 52,9 %, après un an de baisse.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les marchandises empruntent les chemins le plus faciles, mais les ajustements peuvent prendre du temps. Grâce à l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), les droits de douane de 4,3 % imposés par le Japon sur le porc frais, réfrigéré ou congelé disparaîtront graduellement d’ici au mois d’avril 2027, notamment ceux ciblant les produits au-dessus du prix de référence, ce qui correspond au système de prix minimal du Japon pour toutes les importations de porc. Les produits transformés comme les saucisses, qui étaient visés par des droits de douane allant jusqu’à 10 % avant l’entrée en vigueur du PTPGP, n’y sont plus soumis désormais. La viande de porc canadienne préparée et en conserve (qui englobe la charcuterie) destinée aux États-Unis est passée de 4 millions de dollars en janvier à 2,4 millions de dollars en mai, alors que cette même catégorie d’exportations vers le Japon a bondi de 3,2 millions de dollars en janvier à 8 millions de dollars en mai.

  • Pour l’instant, les efforts de diversification des échanges commerciaux de produits agroalimentaires déployés par le Canada ne sont peut-être pas si variés. Les États-Unis demeurent un partenaire important, surtout pour les produits hautement périssables, comme les tomates de serre. Pourtant, les exportateurs agroalimentaires canadiens s’activent dans de nombreuses catégories et cherchent à accroître leur présence dans des marchés où l’accès est déjà aisé et où les éléments logistiques sont en place, comme au Japon, au Mexique et en Corée du Sud. Il serait aussi possible d’accéder à des marchés périphériques ayant un fort potentiel de croissance pour le Canada grâce à un élargissement de l’accès aux marchés. Par exemple, la valeur des exportations vers la Colombie et Taïwan, deux pays ne figurant pas parmi les des cinq premiers marchés d’exportation du Canada pour le bœuf et le veau, a augmenté de 236 % et de 57 %, respectivement, de mai 2024 à 2025.

Conclusion : Comme il est peu probable de voir une abolition complète des droits de douane en Amérique du Nord, le Canada continue de diversifier ses partenaires commerciaux dans le secteur agroalimentaire et semble privilégier la croissance sur les marchés où les droits de douane sont nuls ou peu élevés.

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Le pourcentage de Canadiens et Canadiennes ne s’attendant pas à ce que l’administration Trump négocie en toute bonne foi.

Le cuivre est désormais ciblé par le programme de sécurité de l’énergie et des ressources axé sur l’intelligence artificielle (IA) de l’administration Trump, puisque l’usage de cette matière première en tant que conducteur électrique en fait un élément essentiel pour les transformateurs, les lignes de transmission et les technologies de batteries qui soutiendront la construction de l’infrastructure d’IA. D’ici la fin du mois, les importations de cuivre aux États-Unis pourraient être assujetties à des droits de douane de 50 %. Le cuivre deviendrait alors le dernier métal à se trouver au cœur de la réorganisation des chaînes d’approvisionnement en ressources.

  • En moyenne, les États-Unis ont importé 42 % de leur cuivre raffiné au cours des quatre dernières années. Toutefois, comme ils possèdent 5 % des réserves mondiales, ils pourraient d’accroître leur production nationale.

  • Le Canada effectue une part relativement faible du raffinage de cuivre à l’échelle mondiale, était responsable de 1,2 % de la production en raffinerie en 2024 et possède environ 0,8 % des réserves.

  • Le Canada est un important fournisseur de cuivre pour les États-Unis, notamment sous forme de minerai et de concentré, de cuivre raffiné, de déchets de cuivre ainsi que de mattes et de précipités de cuivre. Il en exporte également vers l’Asie et l’Europe. Les exportations canadiennes vers les États-Unis ont totalisé 4,8 milliards de dollars en 2023.

  • Certaines provinces ressentiront moins les effets des droits de douane sur le cuivre. Par exemple, la Colombie-Britannique possède les plus grandes mines de cuivre au Canada, mais elle n’exporte pas beaucoup de cuivre vers les États-Unis. D’autres provinces pourraient cependant être plus durement touchées. Le Québec possède une fonderie et une raffinerie de cuivre et, selon les données d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada, il constituait la source de 80 % des exportations de cuivre vers les États-Unis en 2024.

  • Les mines canadiennes ont produit 508 000 tonnes de cuivre en 2023, et 14 gisements de cuivre figuraient parmi les 100 premiers projets d’exploration minière du pays en 2024. L’accroissement des réserves du Canada et la mise sur le marché d’une plus grande quantité de cuivre canadien, au pays comme à l’étranger, s’avéreront essentiels à l’atteinte de nos objectifs en matière d’énergie et d’IA.    

L’Afrique constitue un champ de bataille pour la Chine et les États-Unis depuis longtemps, puisque ces deux pays s’y disputent l’influence économique et commerciale à exercer sur l’ensemble du continent. La concurrence ne fait que s’y intensifier, puisque les deux nations cherchent à s’y approvisionner en minerais, notamment en or et en graphite. Les États-Unis tentent de briser l’emprise de la Chine sur le continent en négociant un accord de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC). Washington a aussi récemment tenu un sommet commercial entre les États-Unis et l’Afrique et s’est engagé à effectuer des investissements de 2,5 milliards de dollars américains, dont 1,5 milliard de dollars américains pour l’aménagement d’une ligne de transmission de 1 150 kilomètres à partir de l’Angola afin d’acheminer 1,2 gigawatt d’électricité vers des sites miniers de la RDC. En contrepartie, les États-Unis obtiennent un accès aux ressources naturelles de la RDC, lesquelles comprennent les deux tiers des réserves mondiales du cobalt, métal servant à l’alimentation des batteries des véhicules électriques. Il s’agit aussi du premier fournisseur de tantale, un métal crucial dans les processeurs, et du deuxième fournisseur de cuivre en importance au monde.

L’Afrique pourrait devenir une nouvelle destination commerciale prospère au moment où Ottawa cherche à étendre ses exportations à d’autres endroits Les possibilités sont nombreuses :

  • Les échanges commerciaux entre le Canada et l’Afrique ont triplé au cours des 25 dernières années, mais ils ne représentent encore que 1 % du volume total des échanges commerciaux canadiens.

  • Le Canada pourrait vendre des technologies propres à un continent dépendant toujours fortement du charbon, et surtout aux économies en croissance, comme celle de l’Afrique du Sud. Il pourrait aussi offrir du gaz naturel liquéfié (GNL).

  • Le Canada peut également exporter de l’équipement minier et des méthodes d’extraction propres vers des pays africains riches en ressources.

  • Les entreprises de technologie de la santé et les sociétés pharmaceutiques pourraient aussi stimuler les services numériques de santé, surtout dans les régions mal desservies du continent. Les exportations de technologies éducatives vers ce continent abritant la plus jeune population au monde pourraient constituer un autre avantage.

  • Les réserves de minerais critiques de l’Afrique offrent une gamme diversifiée d’intrants pour les chaînes logistiques des batteries de véhicules électriques, ainsi que des solutions de rechange aux ressources sous le contrôle d’intérêts chinois. 

L'Afrique représente 1 % du volume total des échanges commerciaux du Canada

“« Dès le départ, nous avons affirmé haut et fort que la gestion de l’offre ne ferait l’objet d’aucune discussion. »

— François-Philippe Champagne, ministre des Finances du Canada, au sujet des mesures de protection mises en place pour protéger l’industrie laitière et agricole et ainsi l’écarter des négociations entre le Canada et les États-Unis. 

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Dans le numéro de cette semaine : Menace de droits de douane de 35 % de Donald Trump, recherche de partenaires de l’autre côté du Pacifique par le Canada, et entreprise chocolatière canadienne à qui profite le boycottage des États-Unis.

Il nous vient à l’esprit le Far West et sa loi du plus fort en entendant la dernière menace de Donald Trump sur l’imposition de droits de douane de 35 % au Canada, puisque cette semonce fait fi de la date d’échéance du 21 juillet et perturbe les négociations menées actuellement à huis clos.

Cette échéance est donc reportée au 1er août, date à laquelle le Canada devra proposer des solutions à plusieurs irritants des États-Unis pour le commerce, dont la gestion de l’offre et la circulation de fentanyl à la frontière. Les marchandises conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) qui franchiront la frontière jouiront « très certainement » d’une exemption, d’après un représentant américain s’exprimant dans le cadre d’une salve de menaces commerciales ciblant tant les pays alliés qu’ennemis et visant à semer la confusion, voire à favoriser la capitulation.

Les dernières menaces de Washington ont poussé les gouvernements fédéral et provinciaux à chercher des perspectives de croissance inexplorées, à dénicher de nouveaux partenaires – à l’est et à l’ouest – et à redynamiser le commerce interprovincial.

Voilà précisément ce que tentaient de faire certains décideurs canadiens lors du Stampede de Calgary cette semaine. Au fil du temps, le « plus grand spectacle en plein air au monde », comme on l’appelle, est devenu à la fois un rodéo, une fête foraine et une foire commerciale rassemblant un million de personnes tous les ans.

Mark Carney et Pierre Poilievre y ont assisté, tout comme de nombreux premiers ministres et ministres importants. Le premier ministre de l’Ontario Doug Ford était accompagné de six membres de son cabinet pour y mousser son programme de commerce intérieur.

Voici quelques enjeux au moment où le Canada se met en quête de nouveaux flux commerciaux :

  • Un programme énergétique de 100 milliards de dollars : Ottawa et l’Alberta travaillent toujours sur un important programme énergétique qui pourrait comprendre un oléoduc vers la côte ouest, le projet Nouvelles voies sur le captage du carbone et une possible expansion de la production pétrolière. La combinaison du programme d’oléoduc et du projet Nouvelles voies a une forte incidence politique, mais les coûts globaux pourraient donner à réfléchir. Si l’on ajoute à cela les coûts d’expansion de la production, la facture pourrait atteindre les 100 milliards de dollars. Il s’agit cependant d’un investissement pluriannuel visant à générer plus de croissance économique et de recettes publiques. Quoi qu’il en soit, il faudra un spécialiste de l’explication pour défendre le bien-fondé d’un projet d’une telle ampleur.

  • Nouveaux corridors : M. Ford, le maître cuisinier, et Danielle Smith, première ministre de l’Alberta, ont également convenu d’étudier la faisabilité de nouveaux oléoducs et chemins de fer entre leurs deux provinces ainsi que promis d’accroître le commerce interprovincial d’alcool et de véhicules et de favoriser le développement de l’énergie nucléaire.

  • Partenaires du Pacifique : Les investisseurs internationaux s’intéressent beaucoup au Canada, puisqu’il s’agit d’une solution de rechange relativement sûre pour la plupart des pays, y compris les États-Unis. Toutefois, le Japon et l’Inde s’attendent à une réforme de la réglementation et à davantage d’investissements dans les infrastructures d’exportation. La question la plus importante consiste à savoir le temps qu’il faudra au Canada afin d’obtenir le consentement des Autochtones pour les projets d’envergure.

  • Mégaprojet portuaire. Le port de Vancouver, principal point d’entrée au Canada, souhaite augmenter sa capacité totale de 70 % grâce au projet du Terminal 2 à Roberts Bank. Il s’est donc mis à la recherche d’un entrepreneur pour construire ce projet de trois milliards de dollars dans le but de stimuler le commerce avec l’Asie.

Les enjeux sont énormes, et le pays a peu de temps pour réaliser le tout.

  • Le gouvernement fédéral a commencé une révision des formalités administratives pour faciliter le commerce intérieur et les investissements des entreprises. On a aussi demandé aux ministres de dénicher des réductions de dépenses ambitieuses dans le cadre des restrictions budgétaires réclamées partout par Ottawa.

  • Des entreprises canadiennes, comme Purdys Chocolatiers, enregistrent de bonnes affaires au pays du fait de la poursuite du boycottage des marques américaines.

  • Le commerce mondial a bondi au premier semestre de 2025, mais le ralentissement de la croissance économique comporte des risques pour le commerce dans la deuxième moitié, prévient l’Organisation des Nations Unies (ONU).

  • En ce qui concerne le commerce, les menaces proférées et les mesures prises par le président Donald Trump s’étendent maintenant au cuivre, aux produits pharmaceutiques et au Brésil. Quelque 14 pays ont également reçu des lettres annonçant l’imposition de droits de douane, avec la signature habituelle du président : « Merci de votre attention à cet égard ! ».

  • Aux États-Unis, un cortège de petites entreprises américaines et de groupes d’intérêt déposent actuellement des plaintes contre la longue liste de droits de douane imposés par Donald Trump en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act.

Dans le meilleur des cas, la coopération multilatérale repose sur un équilibre délicat. Pendant 50 ans, les pays du G7 ont habilement jonglé avec des intérêts divergents et défendu sur la scène mondiale les valeurs que sont l’ouverture libérale, la gouvernance démocratique et la tolérance pluraliste. Toutefois, dans le contexte de cette rafale de droits de douane lâchée par le président Trump dans toutes les directions, même à l’endroit de ses partenaires du G7, le bloc BRICS+, qui fait contrepoids au G7 pour les marchés émergents, se positionne discrètement comme une solution de rechange attrayante pour certains pays.

Ce groupe comptant 11 pays s’est réuni la fin de semaine dernière à Rio de Janeiro. Si certains affirment que le bloc ne dispose d’aucune assise favorisant l’unité et la cohésion, exception faite de l’aversion pour le G7, on ne peut nier l’influence croissante de cette coalition géoéconomique.

  • Formé en 2009, le bloc regroupait au départ le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine; depuis, il englobe aussi l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Iran et les Émirats arabes unis, sans compter l’Arabie saoudite, qui envisage de s’y joindre. Ensemble, ces pays représentent plus du tiers du produit intérieur brut (PIB) mondial et près de la moitié de la population mondiale. En tant que bloc commercial, les pays BRICS+ ont éclipsé le G7 au chapitre des exportations de marchandises en 2021 et représentaient 30 % du total mondial.

    Comparaison entre le G7 et le bloc BRICS+ : Exportations de marchandises
  • La guerre des droits de douane déclenchée par Donald Trump accélérera-t-elle le déclin relatif du G7 ? Les pays BRICS+ parviendront-ils à réorienter les échanges commerciaux, devenant ainsi une voix plus influente pour les pays non occidentaux dans le contexte d’une gouvernance multilatérale ? Il est encore trop tôt pour le dire.

  • Les États-Unis sont déjà préoccupés par la situation, et Donald Trump menace d’imposer des droits de douane aux pays s’alignant sur ce qu’il appelle les « politiques anti-américaines » du bloc.

  • Le Canada sera-t-il emporté par les courants contraires des États-Unis et des BRICS ? Ottawa songe déjà à rétablir ses liens avec la Chine et l’Inde, deux membres fondateurs du bloc BRICS. La ministre des Affaires étrangères Anita Anand, qui se trouve actuellement en Asie, soutient que le Canada cherche à conclure le plus rapidement possible des accords de libre-échange avec des pays de l’Asie du Sud-Est, dont plusieurs pourraient se joindre sous peu au bloc BRICS.

  • Au moment où le gouvernement canadien tente de se soustraire aux multiples droits de douane de Donald Trump, une stratégie commerciale à plus long terme doit composer avec l’affaiblissement du statut des pays du G7. On ignore encore quel rôle joueront les pays BRICS+ dans l’avenir commercial du Canada, d’autant plus qu’Ottawa souhaite éviter de donner à Washington les munitions susceptibles d’entraîner l’échec de ses fragiles négociations commerciales.

Après des décennies d’un monde unipolaire, le retour d’un monde multipolaire complique la recherche de nouveaux partenaires commerciaux pour le Canada.

11 000

L’augmentation du nombre d’emplois dans le secteur manufacturier canadien tributaire des échanges commerciaux en juin. Dans l’ensemble, l’économie a créé 83 000 emplois, un résultat surprenant pour les analystes étant donné l’incertitude entourant le commerce et les investissements.

Au moment où le secteur nord-américain de l’automobile souffre de l’effet des droits de douane américains, les événements les plus décisifs dans ce domaine pourraient ne pas émaner de Washington, mais bien de Shenzhen, où se trouve le siège social de la société chinoise BYD, fabricant de premier ordre de véhicules électriques.

Le chef de la direction de Ford, Jim Farley, a beaucoup parlé de la nécessité d’« accepter humblement » le leadership chinois dans le domaine des technologies des véhicules électriques. Le dirigeant a même récemment importé des véhicules électriques chinois pour soumettre à des tests la qualité de leur construction. Le Canada et les États-Unis demeurent les deux seuls grands pays où les consommateurs n’ont pas accès aux véhicules chinois. En effet, les États-Unis imposent des droits de près de 150 % sur les importations chinoises de nouveaux véhicules électriques, et le Canada leur applique une taxe de 100 %. Néanmoins, les voitures chinoises devraient très certainement faire leur apparition sur le territoire nord-américain tôt ou tard.

Il convient de souligner le succès quasi instantané de BYD, dont la production a atteint quatre millions d’unités en quatre ans seulement. L’an dernier, le constructeur automobile a ravi à Tesla le premier rang des vendeurs de véhicules électriques à l’échelle mondiale. La batterie brevetée Blade de BYD est considérée comme l’une des plus sûres et des plus abordables au monde, et son système de conduite autonome semble aussi efficace – voire meilleur – que celui de Tesla. N’est-ce pas impressionnant ? Les véhicules électriques de BYD sont offerts au prix avantageux moyen de 20 000 $ US (27 400 $ CA), soit moins de la moitié du coût d’un nouveau véhicule nord-américain.

Quelles conséquences aura l’amélioration de la capacité industrielle de la Chine sur le secteur canadien de l’automobile, malmené depuis près de 20 ans ? Les gouvernements fédéral et provinciaux ont investi considérablement dans la chaîne de valeur des véhicules électriques. Toutefois, le recul des ventes de ce type de véhicules (9 % des ventes totales au premier trimestre de 2025 contre 18 % au quatrième trimestre de 2024) et l’arrêt ou le report des activités des usines de production (de Honda, de BASF et de Northvolt, pour n’en citer que quelques-unes) amènent à s’interroger sur le bien-fondé du pari fait par le Canada dans ce domaine. Les pressions exercées sur Ottawa par certains constructeurs automobiles pour l’annulation de la vente obligatoire de véhicules électriques pourraient donner un autre coup dur à cette industrie naissante.

Chose certaine, la lutte entre les Américains, les Canadiens et les Mexicains au sujet de la production automobile ne stimulera pas l’innovation. Elle accentuera plutôt la domination de la Chine sur le marché mondial des véhicules électriques.

Irritant pour le commerce, stable, coûteux, sûr, voilà quelques-uns des adjectifs employés pour décrire le système canadien de gestion de l’offre, attisant ainsi le regain des débats sur cet enjeu.

La gestion de l’offre a fait l’objet d’un examen minutieux lors de presque toutes les grandes négociations commerciales et de tous les replis économiques importants, et elle figurera sans doute parmi les sujets de discussion cruciaux durant la révision de l’ACEUM l’an prochain.

Les discussions ne se limitent plus qu’aux cloisonnements de l’agriculture. La gestion de l’offre a une incidence sur de nombreux aspects de l’économie canadienne : prix des aliments, choix des consommateurs, emplois liés aux chaînes logistiques, diversification des échanges commerciaux et croissance économique.

Dans le dernier rapport de Leadership avisé RBC, intitulé « Démystification de la gestion de l’offre », nous examinons en profondeur les avantages et inconvénients d’un tel système.

Lisez le rapport complet ici.

« Nous nous y opposerons. Point final. » – Réponse de la ministre du Commerce du Canada à la menace de Donald Trump concernant l’imposition de droits de douane de 50 % sur les importations de cuivre.

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  • Le système canadien de la gestion de l’offre, qui représente 30 milliards de dollars, est l’assise de la souveraineté et de la sécurité alimentaires du pays depuis plus de 50 ans. S’appliquant aux produits laitiers, au poulet, à la dinde et aux œufs, il assure la stabilité des prix et de l’offre de denrées de base.

  • Le système reconnaît que la production d’aliments coûte cher. Il favorise la stabilité de la chaîne logistique, mais peut faire monter les prix à la consommation, surtout dans un contexte de hausse du coût des intrants.

  • Les trois piliers de la gestion de l’offre sont de nouveau attaqués. L’intégrité du système est garantie par trois choses : des contingents de production, des prix fixes et des contingents d’importation. À l’heure actuelle, les trois font l’objet de critiques au sein du Canada et de la part de ses principaux partenaires commerciaux, dont les États-Unis.

  • Une nouvelle loi limite la capacité d’Ottawa à ouvrir le secteur. Les partisans du système soutiennent que le projet de loi C-202 accorde la priorité à la sécurité alimentaire nationale et empêche le ministre des Affaires étrangères d’accorder de nouvelles concessions dans le cadre d’éventuels accords commerciaux. D’autres experts affirment qu’il pourrait désavantager le Canada dans les négociations commerciales, notamment celles liées à la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) l’an prochain.

  • Les accords commerciaux réduisent la mainmise des producteurs canadiens. Par ailleurs, l’élargissement de l’accès aux marchés mondiaux pour les agriculteurs canadiens soumis à la gestion de l’offre pourrait aller à l’encontre de la conception du système.Une petite base de production adaptée à la consommation intérieure rend ces derniers mal équipés pour rivaliser en tant qu’exportateurs sur les marchés mondiaux, où les volumes élevés et les prix concurrentiels sont déterminants.

  • Le Canada n’est pas le seul pays à devoir faire des choix difficiles en matière de politique agricole. En Nouvelle-Zélande, le secteur agricole est aux prises avec une empreinte GES démesurée, et au Royaume-Uni, il peine à reprendre pied depuis le Brexit. Le Brésil, qui n’est devancé que par les États-Unis pour les exportations totales de produits agroalimentaires, aspire à accroître sa part du marché mondial. Le Canada pourrait tirer des leçons de ces changements sur la scène internationale, à l’heure des décisions concernant son secteur alimentaire national.

Les trois piliers de la gestion de l'offre. La stabilité de la chaîne logistique des secteurs sous gestion de l'offre, notamment les produits laitiers, la volaille et les œufs, repose sur trois piliers.

Dans le contexte actuel de renégociation de l’accord commercial entre le Canada et les États-Unis, le système canadien de la gestion de l’offre est une fois de plus dans la mire de l’administration Trump, qui le considère comme un irritant majeur.

Cela a donné lieu à un nouveau débat sur les secteurs alimentaires canadiens sous gestion de l’offre, notamment ceux des produits laitiers, du poulet, de la dinde et des œufs, qui sont au cœur de la politique nationale depuis les années 1970.

Essentiellement, le système garantit un prix stable qui rémunère équitablement les agriculteurs pour la production d’aliments de qualité supérieure. Ses défenseurs avancent qu’il renforce la sécurité alimentaire, soutient les producteurs nationaux et assure la régularité de la qualité et de l’offre pour les consommateurs. En revanche, ses détracteurs soutiennent qu’il freine l’innovation, gonfle les prix et limite la concurrence.

Le système a fait l’objet d’un examen minutieux dans presque toutes les négociations commerciales et périodes de ralentissement économique, et sera probablement à l’ordre du jour de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) l’an prochain. Il est également remis en question dans le cadre d’un mouvement national visant à développer un marché unifié pour les biens et les services. Les avis sont polarisés, allant des appels à l’abandon de la gestion de l’offre jusqu’au statu quo, en passant par une gamme d’idées nuancées sur la réforme d’un système en place depuis plus d’un demi-siècle.

Ceux qui veulent préserver le système passent à l’action. En juin, le projet de loi C-202 a reçu la sanction royale, avec le soutien massif des associations d’agriculteurs canadiens soumis à la gestion de l’offre. Cette loi ordonne au ministre des Affaires étrangères de cesser d’attribuer aux partenaires commerciaux de nouveaux contingents dans les secteurs des produits laitiers, de la volaille et des œufs en vertu d’accords internationaux. Néanmoins, le débat se poursuit, les parties prenantes désignant des éléments précis, allant des systèmes régionaux de mise en commun du lait jusqu’à la question de savoir quel maillon de la chaîne logistique devrait avoir accès aux contingents étrangers.

Et les discussions ne se limitent pas à l’agriculture. La gestion de l’offre a des répercussions sur de nombreux aspects de l’économie canadienne, y compris le prix des aliments, les options offertes, les emplois dans la chaîne logistique, la diversification des échanges commerciaux et les perspectives de croissance.

La gestion de l’offre en chiffres :

  • 1 %. L’apport des secteurs sous gestion de l’offre au PIB du Canada, soit plus de 30 milliards de dollars. L’ensemble du secteur agricole et agroalimentaire compte pour plus de 7 % du PIB du Canada.1 2

  • 339 000 Le nombre d’emplois à temps plein dans les secteurs sous gestion de l’offre, de l’exploitation à la transformation, en passant par la distribution.3

  • 14 699. Le nombre d’exploitations agricoles soumises à la gestion de l’offre au Canada, soit 8 % des quelque 190 000 exploitations agricoles du pays.4

  • 9 430. Le nombre de fermes laitières, principalement au Québec et en Ontario. Depuis le début des années 2000, le nombre de fermes laitières au Canada a chuté de plus de 50 % en raison de la consolidation du marché.5

  • 7 %. Le pourcentage d’augmentation du nombre d’élevages de volaille et de poules pondeuses au cours des 20 dernières années. On les retrouve principalement en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec, mais les provinces des Prairies connaissent aussi une hausse.6

Le système canadien est conçu pour préserver la souveraineté, la stabilité et les standards alimentaires, ce qui contribue à la prospérité de l’industrie, mais pose également des défis dans un marché mondial en constante évolution.

Souveraineté

La gestion de l’offre garantit des prix stables et une chaîne logistique nationale solide pour répondre à la demande. Toutefois, le Canada étant un pays orienté sur l’exportation, une chaîne logistique exclusivement nationale peut être la source de tensions lors de négociations commerciales.

La gestion de l’offre contrarie les principaux partenaires commerciaux du Canada, en particulier les États-Unis, l’Union européenne (UE) et, il y a peu, la Nouvelle-Zélande. Un point de friction majeur : les restrictions canadiennes sur les contingents d’importation.

Ces contingents visent à limiter les importations dans les secteurs canadiens sous gestion de l’offre. Cela dit, le Canada a récemment fait davantage de concessions. Par exemple, dans le cadre des pourparlers entourant l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), le Canada a accepté d’accorder aux pays participants une part d’environ 3,25 % de son marché intérieur des produits laitiers7. Cependant, comme les transformateurs canadiens détiennent la majorité des contingents tarifaires d’importation, les importateurs étrangers font valoir qu’ils ont un accès limité au marché canadien pour réaliser leurs volumes exemptés de droits de douane négociés dans l’accord.

Le déficit commercial du secteur laitier canadien avec le reste du monde s'accentue

Les accords commerciaux réduisent la mainmise des producteurs canadiens. Les concessions ont entraîné un léger déficit commercial pour le Canada pour tous les produits soumis à la gestion de l’offre, à l’exception de la viande de poulet. Par exemple, les importations représentent aujourd’hui environ 4 % du marché laitier canadien8. Résultat : le gouvernement a versé 4,8 milliards de dollars aux producteurs et transformateurs de produits laitiers, de volaille et d’œufs pour compenser les pertes de bénéfices découlant de la concurrence étrangère9. Autrement dit, les Canadiens paient doublement pour leurs aliments soumis à la gestion l’offre : à la caisse et par le biais de leurs impôts.

De 1995 à 2017, l’accès des autres pays aux contingents tarifaires dans le secteur laitier canadien était limité par des engagements pris dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Avec la mise en œuvre progressive de l’ACEUM, de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne et du PTPGP au cours des 10 prochaines années, l’accès des produits laitiers canadiens aux marchés étrangers devrait grimper pour atteindre environ 10 % de la production laitière du Canada10. En contrepartie, le Canada a élargi l’accès des pays concernés à ses marchés pour les produits laitiers, la volaille et les œufs. Toutefois, l’augmentation des volumes d’exportation n’est pas un objectif pour les secteurs canadiens sous gestion de l’offre. Le Canada a une petite base de production, et sa chaîne logistique de même que ses relations sont pensées pour le marché intérieur. Par conséquent, les secteurs sous gestion de l’offre sont mal équipés pour être des chefs de file sur les marchés mondiaux, où les volumes élevés et les prix concurrentiels sont essentiels à la réussite.

Le système du Canada n'est pas conçu pour être concurrentiel sur les marchés mondiaux

Les chaînes logistiques nationales contribuent à protéger les Canadiens contre les répercussions des guerres commerciales. En période de perturbations mondiales, la chaîne logistique alimentaire nationale a bien servi la population. Prenons l’exemple du mouvement « Acheter canadien » qui a vu le jour à la suite de la guerre commerciale déclenchée par le président américain Donald Trump. Il a entraîné une baisse des ventes des marques américaines, les Canadiens les remplaçant par des produits nationaux dans la mesure du possible. En ce qui concerne les produits laitiers, la volaille et les œufs, plus particulièrement, les Canadiens peuvent avoir la certitude d’un accès immédiat aux chaînes d’approvisionnement établies au pays.

Éliminer les failles :

  • Dans le cas des produits transformés, comme les plats préparés, les frontières peuvent être floues entre les différents codes SH (qui permettent de catégoriser les biens et de services).

  • Ainsi, certains importateurs introduisent leurs produits au Canada en franchise de droits de douane, contournant le système canadien de contingents tarifaires, qui fixe les volumes alloués en vertu d’accords de libre-échange, y compris l’ACEUM, l’AECG et le PTPGP.

  • Certaines de ces failles ont été comblées, notamment celle liée au fromage importé en franchise de droits de douane lorsqu’il entrait dans la composition de plats préparés, comme les nécessaires à pizza destinés aux restaurants, qui était exclu des contingents tarifaires. Par contre, d’autres subsistent. C’est le cas, par exemple, de la volaille de réforme (poules pondeuses âgées), qui peut être catégorisée à tort comme du poulet à frire élevé pour la consommation de viande afin d’éviter le paiement des droits de douane canadiens.

  • Bien que les importateurs bénéficient de contingents tarifaires pour les produits laitiers, les œufs et la volaille, cette voie d’accès est souvent sous-utilisée, puisque les transformateurs canadiens contrôlent la majorité du système ainsi que l’espace réservé dans les rayons des épiceries.

  • Cette situation cause de plus en plus de tensions entre le Canada et ses partenaires commerciaux, surtout les États-Unis qui prétendent que le Canada « ne respecte pas l’esprit » de l’ACEUM et complique l’accès des producteurs américains à son marché.

    Malgré les accords commerciaux, les entreprises étrangères ont du mal à commercialiser leurs produits au Canada

Stabilité

La gestion de l’offre est synonyme de stabilité. Mais à quel prix et pour qui ? Compte tenu de l’accentuation des perturbations sur les marchés mondiaux, il est essentiel de déterminer une voie qui profite à la fois aux agriculteurs et aux consommateurs canadiens.

Les chaînes logistiques alimentaires canadiennes se sont distinguées pendant la pandémie et lors d’autres crises, comme la récente éclosion de grippe aviaire qui a ravagé l’industrie américaine.

Aux États-Unis, les prix des œufs ont récemment explosé à cause de cette maladie. En juillet 2025, on dénombrait 174 millions de cas confirmés dans les exploitations avicoles et plus de 1 074 troupeaux de vaches laitières avaient été touchés.11

TLes répercussions ont été beaucoup moins graves au Canada, avec environ 14 millions d’oiseaux infectés et aucun cas signalé chez les vaches laitières12.Par ailleurs, les élevages canadiens de volaille, de poules pondeuses et de vaches laitières ont mieux résisté grâce aux normes de biosécurité et de bien-être animal en vigueur dans le secteur. La production à plus petite échelle et plus dispersée que celle des États-Unis (hormis les zones à forte densité telles que la vallée du Fraser en Colombie-Britannique) y est aussi pour quelque chose. Ces facteurs propres aux exploitations agricoles contribuent à la stabilité des prix à la consommation et à la disponibilité des produits. De 2017 à 2025, une douzaine d’œufs vendus au Canada se vendait en moyenne 1 $ de plus qu’aux États-Unis. En février 2025, toutefois, la situation s’est inversée, et la douzaine d’œufs coûtaient 3,52 $ de plus aux États-Unis qu’au Canada.13 14

Les perturbations de l'approvisionnement alimentent la volatilité des prix des œufs aux États-Unis

Divers enjeux risquent d’intensifier les perturbations des chaînes logistiques et des marchés, notamment l’abandon progressif de la réglementation du commerce à l’échelle mondiale, ainsi que les phénomènes météorologiques extrêmes et la propagation de maladies et de ravageurs découlant des changements climatiques. Les décideurs doivent en tenir compte, car la volatilité fréquente a une incidence sur les prix des marchandises.

La production d’aliments coûte cher. Dans les secteurs sous gestion de l’offre, les contingents et les prix fixes sont une source de certitude pour les agriculteurs, ce qui favorise la stabilité de la chaîne logistique. Cependant, cette stabilité n’est pas gratuite, car les produits deviennent inévitablement plus chers quand le coût des intrants augmente au Canada. La détérioration de l’accessibilité a un impact disproportionné sur la sécurité alimentaire des familles à faible revenu, mais la forte volatilité des prix influence aussi les dépenses des ménages de la classe moyenne.15 16

Au contraire, les producteurs de blé et les éleveurs de bovins de boucherie qui ne sont pas assujettis à la gestion de l’offre sont exposés aux marchés des marchandises, de sorte que leurs marges bénéficiaires et les prix de leurs produits fluctuent en fonction de l’évolution de ces marchés. Les agriculteurs non soumis à la gestion de l’offre sont souvent à la merci des prix et ne peuvent pas refiler la hausse des coûts aux consommateurs.

L’aide fournie par le Canada aux agriculteurs est controversée, mais comparable à celle des États-Unis. Si l’on compare le total du soutien direct aux producteurs, l’apport des États-Unis est 6,5 fois supérieur à celui du Canada. Cela dit, les deux pays sont à peu près à égalité si l’on considère les estimations du soutien direct aux producteurs en pourcentage de la valeur produite à la sortie de l’exploitation, soit environ 7 %17. En ce qui concerne les produits soumis à la gestion de l’offre, le soutien aux producteurs est clairement aligné sur l’approche de chaque pays. L’apport du Canada correspond au prix que les producteurs reçoivent en fonction de la gestion de l’offre, tandis que celui des États-Unis fluctue au gré de la volatilité des marchés.

L'industrie laitière canadienne bénéficie d'un soutien gouvernemental plus constant

Les exploitations agricoles sous gestion de l’offre contribuent à la prospérité de l’économie rurale du Canada. La stabilité joue également un rôle élargi dans l’économie rurale canadienne. Les données du plus récent recensement agricole montrent que, sur une période de cinq ans (de 2016 à 2021), le nombre de fermes laitières a diminué de 11 %, tandis que la taille des troupeaux a augmenté de 13 %18. Aux États-Unis, sur la même période, le nombre de fermes laitières a reculé de 34 %, et la taille des troupeaux a grimpé de 48 %19. La consolidation permet aux grandes exploitations laitières américaines de réaliser des économies d’échelle. Par contre, chez nos voisins du sud, cette tendance récente entraîne une perte de diversité en termes de taille des exploitations et une concentration des troupeaux, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies et aux épidémies de ravageurs. De plus, il y a un risque de chute de la demande à l’égard des entreprises de soutien et au sein des communautés rurales.

Standards

Le système canadien de la gestion de l’offre répond à des normes élevées, ce qui se traduit par une efficacité accrue et de meilleurs résultats en matière de durabilité. Néanmoins, ce système n’est pas conçu pour maximiser la production.

Les agriculteurs canadiens renforcent de plus en plus leurs capacités à mesurer, déclarer et vérifier leurs progrès dans l’adoption de pratiques de gestion exemplaires, plus particulièrement celles liées à la durabilité environnementale et au bien-être animal. La gestion de l’offre s’accompagne d’une solide gouvernance et d’un contrôle des marchés, ce qui favorise l’adoption généralisée et uniforme de pratiques et de normes, à la ferme et à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. Pour participer aux marchés réglementés, les exploitations soumises à la gestion de l’offre adhèrent à un code de pratique et à des normes, ce qui explique le rehaussement des standards canadiens concernant le bien-être et la santé des animaux, ainsi que la qualité des aliments. Bien que cela puisse être contraignant, les agriculteurs doivent s’y conformer afin d’accéder à ces marchés. Les systèmes de production canadiens qui ne sont pas assujettis à la gestion de l’offre, comme celui du bœuf, disposent aussi de programmes qui garantissent le respect de normes élevées dans les exploitations agricoles, par exemple, le programme d’assurance qualité du bœuf nourri au maïs de l’Ontario. Toujours est-il que le système de gouvernance de la gestion de l’offre permet une adoption généralisée et uniforme des pratiques – un objectif difficile à atteindre lorsque la réglementation et le contrôle des marchés sont moins rigoureux.

Des standards plus stricts que ceux des États-Unis : Le programme proAction a été mis sur pied par les Producteurs laitiers du Canada afin d’établir des normes et d’encadrer les pratiques entourant les six volets suivants : qualité du lait, salubrité des aliments, traçabilité, biosécurité, bien-être des animaux et environnement. Un total de 99,7 % des producteurs laitiers canadiens y adhèrent20. De même, aux États-Unis, il y a le programme National Dairy Farmers Assuring Responsible Management (FARM), qui couvre 99 % de l’offre de lait du pays21. Toutefois, les normes de ces deux programmes et les réglementations complémentaires diffèrent, ce qui peut avoir des répercussions sur la santé animale et la qualité du lait. Les États-Unis autorisent aussi des valeurs plus élevées pour le comptage des cellules somatiques, c’est-à-dire le nombre de globules blancs des vaches. Tout comme chez les humains, un taux élevé de globules blancs signifie que l’organisme lutte contre une maladie ou une inflammation, ce qui est susceptible d’altérer la qualité du lait. Aux États-Unis, la limite est de 750 000 cellules somatiques individuelles par millilitre (ml), tandis qu’au Canada, elle est de 400 000 cellules somatiques individuelles par ml 22 23.

L’industrie met l’accent sur l’efficacité et la durabilité. Les cadres de gouvernance de la gestion de l’offre fournissent également une plateforme pour accroître la participation des agriculteurs à des initiatives sectorielles touchant divers sujets, dont l’efficacité, l’innovation et la durabilité. Par exemple, les producteurs d’œufs du Canada mesurent et déclarent leurs progrès en matière de durabilité par l’intermédiaire de l’Outil d’évaluation de l’empreinte écologique des fermes (OEEEF). Cette approche unifiée fait contrepoids à la fragmentation croissante des projets axés sur la durabilité et la régénération que de nombreux agriculteurs entreprennent pour accéder au marché ou obtenir de nouvelles sources de revenus grâce à des mécanismes comme les crédits carbone et les primes vertes.

Le système laitier sous gestion de l'offre du Canada est un chef de file en matière d'efficacité de la production

La sécurité et la souveraineté alimentaires figurent parmi les priorités des gouvernements du monde entier, à l’heure où les phénomènes météorologiques extrêmes détruisent les cultures et où les barrières commerciales perturbent les échanges.

Les produits laitiers, qui sont importants tant sur le plan nutritif que culturel (qu’on pense au fromage français ou lassi indien) connaissent une forte demande, mais aussi une grande volatilité sur les marchés internationaux. C’est pourquoi le secteur fait l’objet d’une attention particulière en matière de politique, de commerce et de soutien aux agriculteurs.

Voici comment d’autres pays gèrent leur industrie laitière en cette période de transition et de perturbation.

Nouvelle-Zélande : Un chef de file international dont l’empreinte GES est en hausse

La Nouvelle-Zélande a aboli ses contingents de production dans les années 1980 en raison d’une crise budgétaire, faisant ainsi du pays le plus grand exportateur de produits laitiers au monde. En 2001, le gouvernement a mis en place Fonterra, une coopérative agricole qui fixe les prix. Cette dernière est maintenant le principal acheteur de lait néo-zélandais. Le calcul des prix est fondé sur les revenus tirés de la vente de lait, déduction faite des charges d’exploitation, des frais généraux et du recouvrement du capital. La Nouvelle-Zélande a plus que doublé son cheptel national depuis le début des années 1980. La taille des troupeaux individuels a triplé et leur nombre est passé de 15 753 en 1985 à 10 485 en 202424. La libéralisation du marché a métamorphosé les chaînes d’approvisionnement de l’industrie laitière néo-zélandaise, plus particulièrement celle de la production de lait en poudre, dont le volume a augmenté de 237 % depuis 2000, grâce aux accords de libre-échange conclus avec de grands importateurs comme la Chine et aux investissements étrangers et nationaux pour renforcer la capacité et automatiser les processus de transformation25.

Le secteur a gagné en efficacité et en compétitivité, comme en témoigne la consolidation du cheptel. En revanche, la croissance du nombre de vaches a accentué ses répercussions environnementales, notamment ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Aujourd’hui, en Nouvelle-Zélande, l’agriculture est à l’origine de plus de 50 % des émissions de GES du pays, et c’est surtout à cause de l’industrie laitière26. Les récents objectifs en matière de GES ont fait naître de l’incertitude dans le secteur, ce qui a donné lieu à une révision des cibles nationales et du rôle de l’agriculture dans l’atteinte de celles-ci. Le partenariat public-privé AgriZero met l’accent sur le financement participatif et l’accélération de la lutte contre les changements climatiques en agriculture. Il s’agit d’un modèle unique pour mobiliser des fonds à un moment où l’attention portée à cette lutte s’essouffle.

Leçon pour le Canada : En tant que première initiative du genre, AgriZero peut servir d’exemple au Canada, dans un contexte où les fonds destinés à la lutte contre les changements climatiques s’épuisent et où le besoin d’une action coordonnée et à grande échelle dans le secteur agricole se fait de plus en plus pressant.

Royaume-Uni : Abandon du modèle de l’UE

Depuis le Brexit, le Royaume-Uni réoriente sa politique vers des subventions régionales dans le cadre des dispositifs de gestion environnementale des terres. Ces dispositifs reposent sur des mesures d’agriculture durable, par exemple, la réhabilitation des terres marginales. Les producteurs laitiers britanniques recevaient des paiements directs au titre de la politique agricole commune de l’UE, mais ces versements seront progressivement éliminés d’ici 2028, étant donné la sortie du Royaume-Uni du bloc économique. Cette transition impose un fardeau financier et administratif, alors même que les agriculteurs doivent s’adapter au changement, tout en faisant face à la hausse des coûts de production au niveau national et à la concurrence accrue des importateurs.

Afin de favoriser les échanges agroalimentaires entre l’UE et le Royaume-Uni, les deux ont convenu d’établir un espace sanitaire et phytosanitaire commun (c’est-à-dire des normes collectives en matière de sécurité et de qualité des aliments). Toutefois, certains estiment que cette décision maintient les liens du Royaume-Uni avec l’UE et pourrait entraver sa capacité à conclure des accords commerciaux avec d’autres pays.

Leçon pour le Canada : Au moment où le Canada s’engage dans une mission visant à renforcer et à diversifier ses relations commerciales internationales, il convient d’éviter de passer d’une dépendance excessive envers les États-Unis à un alignement trop important sur des normes étrangères restrictives à outrance à l’égard des produits agroalimentaires.

Brésil : La difficulté de percer sur le marché mondial, malgré une ambition affichée

Le Brésil a transformé son secteur agricole et se classe maintenant parmi les plus grands exportateurs agroalimentaires, n’étant devancé que par les États-Unis. Pourtant, moins de 1 % de la production laitière du pays est exportée27. La demande intérieure, un système de commercialisation qui n’est pas axé sur les exportations et la forte concurrence sur le marché international ont freiné son expansion.

Les infrastructures de production et de transformation des produits laitiers du Brésil varient grandement, allant des petites exploitations de subsistance aux entreprises modernes de grande envergure. Les premières peuvent bénéficier de subventions pour les investissements dans des actifs tels que les cuves de refroidissement, les pâturages et les infrastructures de traite. Les prix payés aux agriculteurs sont principalement dictés par le marché, mais le gouvernement peut intervenir par l’intermédiaire de la CONAB (société nationale d’approvisionnement) et acheter le lait excédentaire ou accorder des subventions pour l’entreposage.

Affichant l’ambition d’une percée internationale fracassante, le Brésil devra affronter une vive concurrence, notamment de la part de la Nouvelle-Zélande, qui lorgne elle aussi les marchés du Moyen-Orient, de l’Amérique latine et de l’Asie. Pour connaître une croissance mondiale, le Brésil doit aussi revoir ses normes et réglementations moins rigoureuses en matière d’utilisation des terres, d’émissions de GES, de traçabilité et de services logistiques de la chaîne du froid.

Leçon pour le Canada : Bien que le Brésil et le Canada aient suivi jusqu’à présent des trajectoires différentes, ils se disputent de plus en plus la même part du marché mondial des exportations agroalimentaires. L’approche du Brésil, qui favorise la coexistence d’exploitations de tailles diverses et cible la croissance à la fois du marché intérieur et des exportations, devrait inciter le Canada à examiner sa propre production, qui continue de se consolider et qui fait face à une concurrence étrangère croissante.

PERSPECTIVES DES MARCHÉS

Le système canadien de la gestion de l’offre est conçu pour offrir une protection contre les fluctuations des marchés internationaux. Les décideurs doivent néanmoins rester à l’affût des changements structurels et des tendances macroéconomiques ayant trait à l’agriculture mondiale.

Produits laitiers

  • On s’attend à ce que les prix mondiaux réels des produits laitiers pour les producteurs suivent une tendance baissière au cours de cette décennie. Toutefois, ils devraient augmenter par rapport au coût des intrants, surtout à mesure que la production laitière par animal progresse28. Les agriculteurs américains pourraient voir leurs prix réels baisser en moyenne de 8 % par an, ce qui risque de se traduire par une baisse des rendements pour les fermes laitières qui n’innovent pas et ne se développent pas sur les marchés des marchandises29.

  • La consommation mondiale de produits laitiers devrait augmenter de 1 % par an. La production, quant à elle, devrait croître de 1,6 % par an pour s’établir à 1 085 millions de tonnes, stimulée par celle de l’Inde, du Pakistan et de l’Afrique subsaharienne, qui est principalement destinée à la consommation intérieure.30

  • La consommation de produits laitiers frais en Amérique du Nord et en Europe est stable ou en baisse. Cela s’explique par le fait que les consommateurs délaissent le lait entier et la crème et que des boissons végétales, comme le lait d’avoine, se sont imposées comme solution de remplacement. La consommation de produits laitiers transformés, notamment le beurre et le lait en poudre, est en hausse, en raison de leur utilisation dans la fabrication de produits alimentaires, comme les préparations pour nourrissons et les produits de boulangerie. Enfin, la consommation de fromage, qui est étroitement liée au revenu des ménages, augmente dans certains marchés internationaux en plein essor, tels que le Mexique, les États-Unis, le Brésil et l’Arabie saoudite.31

  • Seulement 7 % de la production mondiale de lait est vendue à l’international, à cause de la nature périssable de cette denrée et du fait que dans de nombreux pays, les systèmes de commercialisation sont surtout conçus pour la distribution nationale ou régionale, à quelques exceptions près comme la Nouvelle-Zélande et l’Irlande. Cependant, plus de 50 % du lait en poudre, y compris entier et écrémé, est exporté.32

  • Seulement 7 % de la production mondiale de lait est vendue à l’international, à cause de la nature périssable de cette denrée et du fait que dans de nombreux pays, les systèmes de commercialisation sont surtout conçus pour la distribution nationale ou régionale, à quelques exceptions près comme la Nouvelle-Zélande et l’Irlande. Cependant, plus de 50 % du lait en poudre, y compris entier et écrémé, est exporté.33

Volaille et œufs

  • Les prix mondiaux de la volaille et des œufs devraient baisser à la suite du repli de l’inflation et du coût des intrants. Par exemple, aux États-Unis, le prix à la ferme d’une douzaine d’œufs devrait diminuer de 0,90 $ US au cours de la prochaine décennie, avec un recul moyen de 4 % d’une année sur l’autre34. Par ailleurs, on s’attend à ce que la production américaine augmente de 12 % d’ici 2033, par rapport à l’année de référence 2022.

  • Stimulée par la demande croissante, la production de volaille devrait s’intensifier et finir par représenter près de la moitié de toute la viande produite. On anticipe une hausse de 16 % de la consommation de volaille dans les 10 années qui viennent, soit la plus forte progression parmi les protéines animales. D’ici 2034, la volaille devrait représenter 43 % des protéines animales consommées, avec une croissance notable au Brésil, en Europe et aux États-Unis.35

  • La politique alimentaire autonome de la Chine et la récente résurgence de la peste porcine africaine et de la grippe aviaire ont entraîné une diminution du commerce mondial de viande par rapport au sommet atteint en 2021, année où la Chine comptait pour environ le quart des importations mondiales de viande.

  • La croissance de la population et du PIB en Afrique et en Asie est susceptible de faire rebondir les exportations de viande au cours de la prochaine décennie, surtout celles de volaille, qui devrait représenter plus de 40 % du total.36

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Dans le numéro de cette semaine : Le Premier ministre,Mark Carney, a entouré sa propre date en rouge dans le calendrier : le 21 juillet.

Après le Jour de l’Indépendance, voici le Jour de la libération 2.0

L’Amérique a 249 ans : joyeux anniversaire ! Vous vous réjouissez de voir les feux d’artifice pendant la fin de semaine prolongée ? Le spectacle auquel se préparent les marchés aura toutefois des conséquences plus lourdes : le 9 juillet clôture le sursis de 90 jours des droits de douane dudit Jour de la libération. L’heure sera-t-elle alors à un autre bouquet final ou à un fiasco général ?

L’ambition de la Maison-Blanche des « 90 opérations en 90 jours », une sorte de « Folies de graduation » à l’américaine, a donné lieu à deux versions édulcorées de la série, à savoir des accords partiels avec le Royaume-Uni et la Chine, ainsi qu’un autre avec le Vietnam cette semaine.
Le président Donald Trump prolongera-t-il le cessez-le-feu ou déploiera-t-il un nouvel arsenal de droits de douane contre ses alliés, p. ex., le Japon, l’UE et le Canada ?

« De l’ordre de dix à douze pays sont très près d’arriver à une entente, a déclaré Joseph Lavorgna, un conseiller du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, et une vingtaine d’autres pays mènent des négociations de bonne foi. Par ailleurs, la secrétaire, Mme Bassett, a souligné que de nombreux accords pourraient être atteints d’ici la fête du Travail. » Doit-on comprendre que l’administration cherche à repousser la date butoir du 9 juillet ? Qui sait ?

Alors que le Canada tient cette date à l’œil, le Premier ministre, M. Carney, a entouré sa propre date en rouge dans le calendrier : la date butoir du 21 juillet pour conclure un accord sur la sécurité et l’économie avec les États-Unis. Pour faciliter les négociations, Ottawa a renoncé à sa taxe sur les services numériques visant les géants technologiques, qui irritait le président Donald Trump. Pour sa part, Pete Hoekstra, ambassadeur des États-Unis au Canada, a assuré que le Canada s’est désormais retrouvé en première ligne dans les négociations commerciales.

Sur le plan stratégique, il reste à savoir si le pays a tout intérêt à négocier à la hâte un accord bilatéral avec les États-Unis ou à attendre l’automne. D’une part, les pionniers donnent souvent le ton dans de telles négociations en série. Il pourrait donc être avantageux de conclure un accord illico presto avec M. Trump. D’autre part, le président s’acharne pour que la Réserve fédérale réduise les taux d’intérêt. Les versements d’intérêts sur la dette publique astronomique des États-Unis seraient ainsi réduits, le service de la dette, allégé et l’activité économique, stimulée. Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, n’est pas prêt à desserrer la vis tant que les turbulences commerciales ne s’apaisent pas. À l’automne, le compte à rebours jusqu’aux élections de mi-mandat se déclenchera. M. Trump sera alors mis sous pression pour faire passer le moteur économique de l’Amérique à la vitesse supérieure. Le Canada aurait-il tout intérêt à attendre que l’opinion publique accentue sa pression sur M. Trump ? Cela, dans l’hypothèse où ses propres statistiques commerciales et économiques tiendraient le coup évidemment.

Même si M. Trump vient d’affirmer que son administration avait toutes les cartes en main dans ses négociations avec Ottawa, M. Carney conserve lui aussi quelques atouts.

  • L’énergie. Le Canada regorge de pétrole, de gaz naturel, d’électricité, etc. Toutes ces ressources dont ont besoin les États-Unis pour alimenter leurs centres de données et, vraisemblablement, relancer leur industrie.

  • L’uranium. Le Canada, deuxième producteur mondiald’uranium,devrait occuper une place importante dans le projet de Donald Trump de construire dix grands réacteurs nucléaires d’ici 2030 et de faire passer la capacité d’énergie nucléaire actuelle des États-Unis de 100 GW à 400 GW d’ici 2050.

  • Les géants technologiques. Ottawa vient de supprimer sa taxe sur les services numériques de 3 % (disant ainsi adieu à trois milliards de dollars de revenus). Ce faisant, elle peut redorer son image dans les négociations tout en gardant ouverte la possibilité de réinstaurer cette taxe en cas d’impasse.

  • Les minéraux critiques. Le Canada produit ou raffine 21 des 50 minéraux répertoriés comme minéraux critiques aux États-Unis. Le développement de la capacité de la nouvelle usine de métaux des terres rares de la Saskatchewan et du Cercle de feu de l’Ontario est en voie de renforcer le leadership canadien dans la production responsable des minéraux critiques.

  • La contrattaque. En dernier recours, au vu des coûts potentiels pour les entreprises canadiennes, le ministère des Finances Canada peut faire écho aux décisions américaines en imposant des droits de douane sur des marchandises américaines d’un montant pouvant atteindre 155 milliards de dollars. Cette liste avait déjà été élaborée en février.

  • L’argumentaire concernant la délocalisation dans un pays allié. Un plan sur les chaînes logistiques bilatérales élaboré au cours des administrations précédentes plaide en faveur d’un renforcement de l’intégration nord-américaine – batteries pour véhicules électriques, semiconducteurs, acier vert. Il s’agirait d’une protection de premier plan contre la domination chinoise et le chaos lié aux droits de douane.

  • La gestion de l’offre. Des concessions pourraient être négociées dans le secteur de l’agriculture et des produits laitiers, à mesure qu’Ottawa parvient à trouver l’équilibre pour apaiser Washington sans contrarier les Canadiens.

La semaine écoulée

  • Dans la foulée du grand boycott canadien sur les importations de l’alcool américain, celles-ci sont passées d’un taux record de 94 % d’une année sur l’autre, à seulement 3 millions de dollars en avril. Certains responsables américains considèrent la suppression du boycott comme un élément de l’accord commercial.

  • Ottawa a annulé les 53 exemptions fédérales de l’Accord de libre-échange canadien qui entravaient le commerce interprovincial, juste à temps pour la fête du Canada. Voilà une bonne chose. L’heure est maintenant au démantèlement de la mosaïque d’obstacles provinciaux, selon la recommandation de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

  • Les républicains ont balayé la « revanche fiscale » du projet de loi budgétaire intitulé « Big Beautiful Bill » adopté hier. Celle-ci a été supprimée après l’accord des pays du G7 d’exempter les États-Unis d’un impôt minimum mondial proposé par l’OCDE. Voilà de quoi remettre en cause le caractère mondial de l’accord.

  • Sur le plan des autres laissez-passer gratuits, l’UE propose d’affranchir son acier et d’autres industries lourdes d’une taxe carbone à l’exportation aux frontières face à la concurrence de ses rivaux étrangers.

  • Les livraisons de navires-citernes de gaz naturel liquéfié (GNL) mondial ont augmenté de 60 %, soit 67 navires-citernes de plus l’an dernier, portant la flotte mondiale à 831 navires-citernes, avec l’explosion du commerce de GNL. Cette année, 103 navires supplémentaires devraient être livrés.

Le chiffre à retenir

En mai, le taux de chômage de Windsor, principal carrefour d’assemblage de véhicules automobiles de l’Ontario, accuse durement le coup des droits de douane américains. Le taux de chômage global de la province s’établit à 7,9 %.

Tendance actuelle sur le plan commercial :  une diversification mêlée à la crainte

Selon les nouvelles données de Statistique Canada, le Canada rajuste ses échanges commerciaux internationaux en réponse aux droits de douane américains. Après avoir fortement chuté en avril, les exportations semblent prendre une autre tournure, bien que les perspectives des industries canadiennes restent incertaines. La plupart des secteurs stratégiques, à savoir le fer, l’aluminium, le bois d’œuvre et les produits pharmaceutiques – des secteurs qualifiés de stratégiques pour l’économie américaine par M. Trump – ont reculé.

  • Une bonne nouvelle toutefois : les exportations ont légèrement progressé. Le déficit commercial du Canada, d’un montant record de 7,6 milliards de dollars en avril, a chuté pour atteindre 5,9 milliards de dollars en mai. Les exportations globales, propulsées par l’or, ont augmenté de 1,1 %. Les importations ont diminué de 1,6 %.

  • En revanche, les échanges commerciaux avec les États-Unis ont continué de se contracter. À la suite des droits de douane, les exportations canadiennes ont continué de diminuer pour le quatrième mois d’affiliée, avec une baisse de 0,9 % en mai.

  • Lancement de la campagne de diversification. Le Canada commence à accroître ses exportations vers d’autres pays que les États-Unis ; celles-ci ont augmenté de 5,7 % en mai, ce qui constitue un record.

  • Les secteurs touchés par les droits de douane ont payé le plus lourd tribut. En mai, les secteurs clés n’ont eu guère de répit à la suite des importantes diminutions des exportations en avril. Depuis lors, les exportations d’alliages et de produits de fer, d’acier et d’aluminium à l’état brut ont chuté de 4,9 %. Les exportations de bois d’œuvre et de sciages ont aussi reculé de 2,2 % et celles de produits pharmaceutiques, de 0,5 %. En revanche, les exportations de véhicules et pièces automobiles ont augmenté de 0,9 %.

  • Un avenir peu réjouissant pour le bois d’œuvre en perspective de l’augmentation des droits de douane. À moins d’une entente, les droits de douane sur les exportations canadiennes de bois de sciage résineux aux États-Unis pourraient passer de 14,5 % à 34,45 % en juillet.

    Cette semaine, les chefs de la direction de constructeurs automobiles ont discuté avec M. Carney des moyens de protéger les chaînes logistiques du secteur automobile de la guerre commerciale et de diversifier les relations commerciales. L’imposition par le Canada de contingents tarifaires provisoires sur les produits fabriqués en aciérie pourrait offrir un répit à court terme aux producteurs canadiens, bien que plusieurs secteurs d’activité attendent des éclaircissements sur leurs échanges commerciaux.

    Lecture supplémentaire : Cinq secteurs stratégiques dans la mire de Donald Trump : 125 milliards de dollars à risque pour le Canada