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Leadership avisé RBC Géopolitique, commerce et économie Zone commerciale : l’heure approche pour l’ACEUM
Géopolitique, commerce et économie

Zone commerciale : l’heure approche pour l’ACEUM

Ce qui se profile à présent que les consultations sur l’ACEUM ont démarré

Temps de lecture 8 minutes

Dans le numéro de cette semaine : les défis à relever maintenant que les consultations sur l’ACEUM ont été amorcées, et ce que signifie une nouvelle géopolitique des minéraux critiques pour le Canada

Auteur : John Stackhouse

L’offensive de charme de Mark Carney au Mexique et le succès de sa visite à Claudia Sheinbaum pourraient bientôt évoquer un joyeux souvenir de vacances. Cette fin de semaine, les deux pays renoueront avec la dure réalité, notamment dans leurs relations respectives avec les États-Unis – sur un front commun, mais aussi séparément. Voici comment les choses pourraient se dérouler :

  • L’administration Trump a déclenché une révision de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique en lançant des consultations publiques. Le Canada devrait en faire autant cette fin de semaine, ouvrant la porte à 45 jours de lobbyisme, de grincements de dents et peut-être de profonde réflexion.

  • Nous pouvons nous attendre à ce que les trois « amigos » (deux « amigos » et une « amiga ») rassemblent de petites armées d’experts du commerce et de l’industrie pour amorcer un dialogue plus formel. Le gouvernement canadien a déjà commencé à recruter des équipes qui seront responsables de discuter avec leurs homologues des États-Unis et du Mexique, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’automobile, de l’acier, de l’aluminium et du bois d’œuvre. Toutefois, il se peut que les Américains ne soient pas aussi bien préparés, voire qu’ils incitent à conclure un accord dans la précipitation (au risque de parvenir à un accord biaisé). 

  • Le Mexique a adopté une démarche différente, travaillant avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio sur plusieurs problématiques non commerciales comme la lutte contre les cartels de la drogue. Le gouvernement espère ainsi être en bons termes avec les États-Unis, en prévision de la prochaine ronde de négociation qui s’annonce délicate pour le Mexique. Les États-Unis ont en effet proscrit les tomates de serre et mis un frein aux envois de fonds, ce qui laisse présager des temps difficiles pour le Mexique. 

  • Le principal enjeu pour le Mexique aura trait aux « règles d’origine » qui pourraient contrecarrer la hausse massive des investissements et du commerce chinois qui a fait du Mexique une porte accessoire au marché américain.

  • En ce qui concerne le Canada, les premiers signes portent à croire que le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, et le représentant au Commerce, Jamieson Greer cherchent à protéger les fondements d’un accord commercial trilatéral avec un intérêt particulier pour le Canada et le renforcement du commerce bilatéral. Des ententes secondaires ou subordonnées pourraient émerger dans le cadre d’une structure nord-américaine. 

  • Pour le Canada, la principale préoccupation demeure l’automobile et la volonté affichée par Donald Trump de transférer une grande partie de la production canadienne sur le sol américain. Il reste à voir si le secteur automobile américain parviendra à le convaincre de la logique économique d’une production transfrontalière.  

  • Le Canada pourrait-il accepter des droits de douane de 10 %, par exemple, pour assurer une sorte de seconde vie aux usines canadiennes ? 

  • Au-delà de l’automobile, les préoccupations des Américains portent toujours sur l’industrie laitière et le numérique. Nous connaissons tous la crise du secteur laitier. Du côté du numérique, les plateformes technologiques américaines continuent de se plaindre de la façon dont les Canadiens abordent l’actualité en ligne. Cela dit, après avoir abandonné sa taxe sur les services numériques, le gouvernement Carney aura du mal à faire mieux, d’autant plus que toute nouvelle concession nuirait aux médias et aux éditeurs qui sont déjà en mauvaise posture. 

  • Pour les États-Unis, le plus grand défi pourrait être de nature plus politique. Donald Trump fait-il pression pour obtenir rapidement un ACEUM qui jouerait en sa faveur ? Afin de se concentrer au plus vite sur les plus grands défis posés par la Chine, l’Inde et le Brésil ? Ou son équipe travaille-t-elle à des changements profonds et durables à l’ACEUM dans le but d’afficher une victoire politique avant les élections de mi-mandat l’an prochain ? 

  • QSoulignons que les proches de Donald Trump continuent de laisser entendre qu’il est disposé à éradiquer l’ACEUM. Poudre aux yeux ? Technique de négociation ? Quoi qu’il en soit, maintenant que les choses sérieuses commencent, nous pouvons nous attendre à des surprises déroutantes au fil des pourparlers.

  • À l’occasion d’un évènement de la Chambre de commerce de Halifax, l’ambassadeur des États-Unis Pete Hoekstra s’est déclaré déçu par la rhétorique « antiaméricaine » et le cri de ralliement « Sortons les coudes » du Canada.

  • Des représentants des États-Unis et de la Chine se sont réunis à Madrid pour leur quatrième ronde de pourparlers – au sujet de TikTok.

  • En 2024, la Chine a importé du soja des États-Unis pour une valeur de 12,6 milliards de dollars américains. La semaine dernière : 0. C’est un signe clair que Beijing ne craint pas d’utiliser l’agriculture comme une arme de négociation contre Washington.

  • Sur la base de 25 années de données commerciales, Amazon lance un agent d’intelligence artificielle remanié afin d’aider les vendeurs à prendre des décisions de stockage en tenant compte de la forte volatilité causée par la guerre commerciale.

Auteur : Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

Deux sénateurs américains ont présenté la Restoring American Mineral Security (RAMS) Act, un projet de loi bipartite dont l’objectif est d’établir une alliance pour la sécurité des minéraux critiques qui accorderait un accès en franchise de droits de douane aux partenaires de confiance et obligerait les alliés à imposer des droits de douane équivalents aux droits américains à l’encontre des importations chinoises.

Ce projet implique trois conséquences pour le Canada :

  • L’adhésion à l’alliance s’accompagne d’obligations. Le Canada devrait répliquer les droits de douane imposés par les États-Unis aux minéraux chinois et renforcer leurs mesures contre l’approvisionnement et le transbordement en provenance de Chine. À l’approche de la renégociation officielle de l’ACEUM, les États-Unis cherchent à nouveau des alliés pour fermer l’accès indirect de la Chine (nota : le Mexique a augmenté ses droits de douane sur un certain nombre de marchandises chinoises). Dans le secteur des minéraux, en particulier, le blocage de l’approvisionnement chinois est indispensable à l’expansion du secteur. Le projet RAMS fait de ce principe de précaution une exigence.

  • Les capitaux suivront le mouvement. La proposition la plus novatrice des États-Unis serait de recycler les recettes tirées des droits de douane sur les importations hors alliance en faveur de projets alliés, avec notamment un réinvestissement de 20 % dans les projets internationaux de minéraux critiques des pays membres. Cela dit, compte tenu de nos relations commerciales étroites dans le secteur des minéraux (où nous sommes le premier partenaire commercial des États-Unis, et vice versa), le Canada aurait tout à gagner d’un réinvestissement dans les projets miniers américains. Cette mesure fournirait aux sociétés minières canadiennes des capitaux bon marché – le manque de capitaux étant historiquement un obstacle pour les petites sociétés minières.

  • L’accès préférentiel n’est utile que si nous prenons de l’expansion. L’exemption de droits de douane donnerait aux producteurs canadiens un avantage sur le plan des coûts pour entrer sur le marché américain. Toutefois, sans une accélération de l’approbation des projets et en l’absence d’investissements similaires dans les infrastructures de transport connexes, nous perdrions notre avantage. Il est intéressant de noter que deux projets miniers figurent dans la première tranche de la liste des grands projets prioritaires du Premier ministre Mark Carney : le projet McIlvenna Bay (cuivre et zinc) et l’expansion de la mine Red Chris (cuivre).

Selon les Services économiques RBC, alors que le Canada subit un choc national en raison de sa relation commerciale avec les États-Unis, les provinces connaissent des chocs distincts qui créent des divergences tant dans la croissance que dans les moteurs de croissance. Lire le rapport complet Mise à jour trimestrielle canadienne : une croissance faible, mais positive est attendue

La croissance provinciale diverge dans un contexte de tensions commerciales

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