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Énergie. Géopolitique. Commerce international.

Ces trois thèmes étaient au cœur des discussions lors du Global Energy Summit 2025 de l’Université Columbia la semaine dernière. Les droits de douane et les politiques commerciales ont dominé le sommet en raison de leurs répercussions importantes sur l’offre et la demande d’énergie d’Amérique du Nord. Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique, Institut d’action climatique RBC, y assistait, et revient sur les cinq enjeux qui ont marqué le sommet de cette année.

Les enjeux énergétiques se complexifient

La réorientation des échanges commerciaux dans le but d’atteindre des résultats économiques précis (réduction du déficit commercial, relocalisation de la production) pourrait accentuer les risques liés aux prix en fracturant l’équilibre entre l’offre et la demande de certaines matières premières essentielles. Il est clair que les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et, possiblement, le cuivre – tous essentiels aux infrastructures énergétiques – entraînent une différenciation régionale des prix. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les prix de l’aluminium aux États-Unis ont fortement augmenté par rapport aux prix européens, une conséquence directe des droits de douane imposés par l’administration Trump. De manière similaire, l’écart entre les prix de l’acier laminé à chaud du Midwest américain (1 075 $ US/tonne) et ceux du nord de l’Europe (715 $ US/tonne) a augmenté pour atteindre environ 360 $ US/tonne, comparativement à 150 $ US/tonne en début d’année.

Prix de l'aluminium, dernière année

Sur le plan géopolitique, les risques s’étendent désormais au-delà du simple risque d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient auquel nous sommes confrontés depuis un demi-siècle. Les sphères d’influence peuvent redéfinir les dynamiques de l’offre et de la demande, en particulier pour le gaz naturel liquéfié et les minéraux critiques. Ces nouvelles restrictions commerciales à motivation politique réduisent la capacité des marchés mondiaux à absorber les chocs au chapitre de l’offre ou de la demande, ces chocs étant désormais de plus en plus délibérés dans un contexte de commerce mondial instrumentalisé (gaz russe, chaînes d’approvisionnement chinoises, marché américain).

Quelle hégémonie énergétique ?

L’administration américaine promettait d’assurer la suprématie énergétique des États-Unis, mais les faits démontrent qu’elle semble avoir fait exactement l’inverse. Au chapitre du pétrole, les stratégies américaines en matière de droits de douane et d’échanges commerciaux ont fait tomber les prix sous les niveaux observés pendant la majorité de la présidence de Joe Biden. Le prix WTI est tombé sous les 60 $ US le baril à deux reprises la semaine dernière. Ce seuil étant considéré comme le point d’équilibre du gaz de schiste américain, les producteurs pourraient bien décider de ralentir leurs activités de forage. Selon S&P Global, un prix de 50 $ US le baril pourrait motiver une chute de 1 million de barils par jour de la production américaine. Pendant ce temps, l’OPEP continue d’augmenter sa production.

Prix du pétrole brut WTI, quatre dernières années

Le désir constant de réduire les fonds alloués aux programmes et projets en vertu de la loi sur la réduction de l’inflation, même les crédits d’impôt considérés comme favorables à l’industrie pétrolière (comme les crédits d’impôt 45Q pour la capture du carbone), fait aussi obstacle au développement des énergies renouvelables aux États-Unis. Enfin, les inquiétudes concernant l’inflation des coûts d’approvisionnement (droits de douane sur l’acier et l’aluminium) et l’incertitude générale relative au marché et à l’économie ont créé des conditions particulièrement difficiles pour l’investissement de capitaux.

Les frictions commerciales liées au climat sont toujours bien présentes

Avec la lente agonie de l’OMC et les droits de douane « réciproques » de Trump, les conditions commerciales préférentielles offertes aux pays en développement (taux de douane « autorisés » plus élevés) disparaissent. Il faut ajouter le climat à la liste des enjeux, car les pays imposent des mesures commerciales liées au climat pour renforcer leur compétitivité économique.

En Europe, le mécanisme d’ajustement au carbone aux frontières (MACF) protège les politiques climatiques intérieures. Aux États-Unis, une taxe sur la pollution aux frontières exploite l’avantage carbone de l’Amérique, notamment vis-à-vis de la Chine. Le Royaume-Uni et l’Australie envisagent de mettre en place leurs propres ajustements carbone aux frontières.

Les politiques intérieures en matière de carbone sans mesure commerciale climatique (comme le MACF) sont presque certainement vouées à l’échec sur le plan politique. Il semble toutefois peu probable que les pays en développement puissent instaurer des prix du carbone s’apparentant à ceux du système d’échange de droits d’émission de carbone de l’Union européenne – au sein duquel le prix du carbone a augmenté au cours des deux dernières décennies – en l’espace de seulement quelques années. Cette situation risque d’accentuer les tensions commerciales liées au climat entre le Nord et le Sud.

Réduction du déficit commercial

Aux yeux de M. Trump, des droits de douane « réciproques » garantissent une relation commerciale équilibrée. Pour les partenaires commerciaux, une relation commerciale équilibrée est à peu près tout ce que l’on peut espérer dans la vision de l’« America First » (l’Amérique d’abord) du président américain. Les partenaires commerciaux seront bien servis s’ils parviennent à faire meilleure place aux exportations américaines de marchandises.

Le gaz naturel liquéfié des États-Unis semble promis à un bel avenir. Selon les prévisions de RBC Marchés des Capitaux présentées ci-dessous, le pays devrait dépasser le Qatar et devenir le plus grand exportateur de GNL au monde d’ici 2030. Pour les grands acheteurs de GNL qui affichent d’importants excédents commerciaux avec les États-Unis (l’Union européenne, le Japon, la Corée, l’Inde), l’augmentation de leurs achats de GNL pourrait constituer une stratégie gagnante.

Le Qatar maintient l'emprise sur le marché, mais les États-Unis prend la part du lion en 2030

Pôles d’IA et flux de données transfrontière

Les pays disposant d’électricité abondante et bon marché sont les mieux positionnés pour se lancer dans la construction de centres informatiques. Il en résultera probablement des « pôles » d’approvisionnement centrés sur la production d’énergie renouvelable, compte tenu des engagements climatiques des entreprises technologiques. Il est de plus en plus évident que le Canada, les États-Unis et le Moyen-Orient deviendront des pôles de déploiement de l’intelligence artificielle américaine.

Mais quelles seront les conséquences pour les flux de données ? Le protectionnisme en matière d’hébergement (colocation) persistera probablement, mais il faudra s’entendre sur les transferts de données transfrontière résultant des capacités informatiques (centres de données à très grande échelle). Ce sujet devrait revenir sur la table lors de la renégociation de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada en 2026.

Shaz Merwat est responsable principal, Politique énergétique, Institut d’action climatique RBC.

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Issue #11

➔ L’édition du Jour de la Terre met l’accent sur les difficultés énergétiques du Canada et de la Colombie-Britannique
➔ L’acier vert est à nos portes
➔ Véhicules électriques : liberté ou obstacle?

Sujets chauds

➔ Notre énergie, notre planète. C’est le thème autour duquel gravite le Jour de la Terre cette année, célébré aujourd’hui, alors que nous voyons notre capacité à prendre soin de la planète diminuer légèrement. Ce numéro s’efforce cependant de célébrer les petites victoires dans un (très) long parcours vers la guérison de la planète. Malgré l’abolition et l’assouplissement de plusieurs politiques mondiales ambitieuses au chapitre du climat, il y a matière à se réjouir à certains égards. La capacité accrue en énergie renouvelable, avec en tête l’énergie solaire et éolienne, a atteint un nouveau sommet à l’échelle mondiale en 2024, dans un contexte où l’énergie renouvelable représentait plus de 92 % de l’expansion énergétique totale. La International Renewable Energy Agency (IRENA) prédit néanmoins que nous ne parviendrons pas à atteindre l’objectif collectif établi en 2023 visant à tripler la capacité installée d’énergie renouvelable d’ici 2030.

➔ C’est à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, qu’une révolution de l’énergie verte canadienne se prépare. La société Algoma Steel, établie dans le nord de l’Ontario, se prépare à lancer ce mois-ci son four à arc électrique. Cette innovation permettra de réduire le coke ou l’énergie au charbon et de diminuer les émissions annuelles de l’organisation de 70 %. Ce serait un exploit pour n’importe quel secteur, mais c’est une véritable prouesse pour une industrie considérée comme l’une des plus difficiles à décarboner.

➔ Le premier petit réacteur modulaire canadien a obtenu le feu vert ce mois-ci. Le petit réacteur modulaire (PRM) installé à la centrale nucléaire de Darlington, en Ontario – le premier au sein d’une nation du G7 – a été autorisé par la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Le développeur, Ontario Power Generation, attend maintenant l’accord de la province. L’histoire connaît toutefois un rebondissement sur le plan commercial. En effet, le réacteur BWRX-300 a été construit par GE-Hitachi Nuclear Energy, une société située en Caroline du Nord, de sorte que le Canada dépend de la chaîne d’approvisionnement américaine à un moment où les liens entre les deux pays sont tendus.

➔ Le climat est relégué aux oubliettes des enjeux électoraux. Lors des élections fédérales de 2021, environ 24 % des Canadiens estimaient que le climat était un enjeu important. Tandis qu’ils commencent à se rendre aux urnes dans la dernière ligne droite avant le jour des élections du 28 avril, un peu moins de 4 % sont d’accord avec cet énoncé. Comme l’on pouvait s’y attendre, les relations entre les États-Unis et le Canada figuraient en tête de liste dans le sondage non partisan de la Boussole électorale mené auprès de 161 000 Canadiens, suivies de l’économie, de l’abordabilité, de la justice sociale et des soins de santé. L’environnement n’a pas réussi à se tailler une place parmi les cinq principaux enjeux. De plus, les changements climatiques n’ont pratiquement pas été mentionnés lors des débats télévisés des chefs de partis (cliquez ici pour lire la publication LinkedIn de John Stackhouse).

Jour de la Terre : Une super-énergie propre

Comme le thème du Jour de la Terre est axé cette année sur l’objectif de tripler l’énergie renouvelable d’ici 2030, le Canada peut souligner quelques victoires dans le secteur de l’électricité, particulièrement le fait d’être déjà conforme à l’Accord de Paris. L’Alberta n’a plus recours au charbon six ans plus tôt que prévu, tandis que les émissions absolues liées au secteur de l’électricité ont diminué d’environ 10 % par rapport à 2023.

Trois graphiques illustrent pourquoi l’électricité incarne parfaitement les progrès du Canadien au chapitre du climat :

Nous ne devons cependant pas tomber dans la complaisance. Voici trois défis critiques que les décideurs politiques canadiens – et le nouveau gouvernement fédéral – devront bientôt relever.

➔ Assurer l’équilibre entre l’abordabilité et les objectifs d’énergie propre. Le coût de construction élevé des barrages hydroélectriques et des centrales nucléaires empêchera les services publics de maintenir des factures d’électricité abordables.

➔ Assurer l’expansion des réseaux électriques propres. Le Canada doit plus que doubler sa capacité électrique d’ici 2050 tout en veillant à ce qu’elle reste propre si nous souhaitons attirer les investissements nécessaires pour bâtir des centres de données, des chaînes d’approvisionnement automobiles et d’autres installations de fabrication lourde).

➔ Veiller au respect des droits des Autochtones. Les projets énergétiques, qui sont investis d’un nouveau sentiment d’urgence, ne peuvent être mis en œuvre qu’avec l’adhésion, le consentement et la participation financière des Premières Nations. Le Canada présente une feuille de route inégale dans ce dossier, qui doit être corrigée si nous voulons accélérer le déploiement des projets.

Prêts ou non

Toujours sur le thème de l’énergie, les projets de gaz naturel liquéfié (GNL) de Colombie-Britannique doivent maintenant seulement être prêts pour zéro émission nette. C’est la distinction que le gouvernement de Colombie-Britannique a faite dans une nouvelle lettre à l’intention de l’organisme de réglementation en matière d’environnement, largement considérée comme un assouplissement des règles environnementales de la province. Ou serait-ce plutôt une approche réaliste des enjeux climatiques ? Les territoires doivent se livrer à un exercice délicat alors qu’ils propulsent de nouveaux projets dans un monde frappé par les droits de douane sans pour autant abandonner leurs engagements en matière d’environnement.

BC Hydro, le service public provincial, a augmenté sa production, sans réussir à suivre le rythme de la demande accrue, qui devrait croître de 15 % d’ici 2030. Un peu plus de 90 % du réseau de la Colombie-Britannique n’émet aucune émission, mais cette proportion pourrait diminuer avec l’énergie au gaz naturel.

Voici comment la province met les bouchées doubles pour réaliser ses objectifs économiques et climatiques :

➔ Le plan d’immobilisations sur 10 ans (2024-2025 à 2033-2034) de BC Hydro comprend près de 36 milliards de dollars en investissements dans la collectivité et dans l’infrastructure régionale, une augmentation de 50 % par rapport à son plan précédent.

➔ La quatrième unité d’alimentation hydroélectrique du Site C a été mise en service ce mois-ci, et sera suivie de deux autres d’ici l’automne. Une fois pleinement opérationnel, le projet du nord-est de la province peut alimenter près de 500 000 foyers, augmentant l’offre d’électricité de BC Hydro de 8 %. Étant donné les attentes visant à doubler ou à tripler l’approvisionnement du Canada d’ici 2050, nous avons besoin d’augmentations similaires tous les deux ou trois ans, selon les estimations de Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique. « La politique voulant que les projets doivent être « prêts » ajoute probablement une certaine ambiguïté, mais il est bon de constater que les perspectives quant à la nécessité de bâtir sont en train de changer », ajoute-t-il.

➔ En février, la Colombie-Britannique a signé des contrats pour neuf projets éoliens et un projet solaire, qui totalisent 4 830 gigawattheures (GWh). Tous les projets sont détenus majoritairement par des Premières Nations.

➔ La Colombie-Britannique est en voie d’électrifier le nord de la province, une initiative essentielle pour plusieurs projets énergétiques d’envergure, y compris le projet de GNL Ksi Lsims actuellement assujetti à un examen réglementaire. Le projet d’exportation de gaz ayant reçu l’appui des Autochtones se dispute maintenant les marchés asiatiques avec un développement de GNL d’Alaska qui gagne du terrain. Le Canada doit agir rapidement.

➔ Le projet North Cost Transmission Line (NCTL)) est un élément essentiel du réseau d’énergie propre du nord de la Colombie-Britannique. Le gouvernement accélère l’émission de permis afin d’augmenter le rythme de construction du NCTL et d’autres lignes de transport à haut voltage majeures.

➔ Le gouvernement de la Colombie-Britannique n’exclut pas d’approuver de nouveaux barrages hydroélectriques dans la province.

➔ Enfin, nous surveillons les développements liés au plafond d’émissions de gaz à effet de serre pour les services publics de gaz naturel prévu dans le document Roadmap to 2030 de CleanBC.

Quatre obstacles en vue pour les véhicules électriques

John Stackhouse

Les véhicules électriques pourraient tout aussi bien figurer parmi les victimes de la guerre commerciale qu’en sortir gagnants. Il est encore trop tôt pour le dire.

La plus récente évaluation trimestrielle de BloombergNEF (BNEF) prévoit une volte-face dans certains marchés et une accélération dans d’autres, notamment en Chine. Le Canada fait partie des marchés qui se situent à un tournant.

Les véhicules électriques, y compris les véhicules hybrides rechargeables, ont représenté un cinquième des ventes de véhicules l’an dernier, ce qui correspond à 17,2 millions de nouveaux véhicules sur la route, une augmentation de 24 % en un an. Cette croissance provient principalement de Chine, où près de la moitié des nouveaux véhicules vendus sont électriques, une proportion qui est appelée à augmenter cette année en raison d’un incitatif de mise à la ferraille offert aux propriétaires de voiture.

Ailleurs, les véhicules électriques sont confrontés à de nouveaux défis, y compris la guerre des marques dans laquelle se trouve Tesla. Les ventes européennes ont commencé à plafonner en 2024, tandis qu’elles ont affiché une croissance modérée aux États-Unis. Par ailleurs, ces chiffres datent d’avant le jour de la libération (2 avril) et la décision de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 25 % sur les véhicules et les pièces automobiles importées. La dernière chose dont les producteurs de véhicules électriques ont besoin est une hausse des coûts. D’autres changements politiques, comme l’assouplissement des normes européennes sur les carburants et la fin de la taxe carbone pour les consommateurs au Canada, peuvent plomber davantage les ventes de véhicules électriques alors que l’aspect économique des moteurs conventionnels leur fait regagner du terrain par rapport aux batteries.

Les ventes canadiennes de véhicules électriques au cours de la dernière année ont représenté quelque 15 % des ventes de véhicules de tourisme. BNEF s’attend à ce que les ventes de véhicules électriques au Canada augmentent de 20 % cette année, dans un contexte de diminution des mesures de soutien.

Si les ventes de véhicules électriques ralentissent, ce sera en raison de quatre obstacles qui surviendront au cours des prochains mois :

➔ 1. Subventions. Les gouvernements aux prises avec des difficultés budgétaires tenteront de réduire les dépenses dans certains secteurs afin de financer des mesures économiques destinées aux entreprises et aux travailleurs touchés par la guerre commerciale. L’administration Trump a dans sa ligne de mire des mesures généreuses introduites pendant le mandat de Joe Biden. De plus, de nombreux gouvernements retirent leurs propres parcs automobiles des programmes liés aux véhicules électriques. 

➔ 2. Droits de douane. Les États-Unis appliquent un éventail de droits de douane et de restrictions commerciales sur les batteries et leurs composantes, tandis que la Chine restreint également les exportations de minéraux critiques. Les droits de douane sur les batteries devraient atteindre 115 % cette année et 132 % l’année suivante. On s’attend à ce que le gouvernement Trump continue d’explorer les mesures antidumping à l’encontre des producteurs de composantes de batteries chinoises, bien qu’un certain nombre de fabricants américains, dont Tesla, en dépendent.

➔ 3. Croissance économique. Si la guerre commerciale continue de freiner la croissance économique, les consommateurs achèteront moins de véhicules, électriques ou non, et les gammes de véhicules électriques plus dispendieuses seront particulièrement touchées.

➔ 4. Taux d’intérêt. Si les droits de douane alimentent l’inflation et maintiennent les taux d’intérêt à un niveau plus élevé, les voitures seront les premiers biens de consommation à voir leurs ventes reculer. Les véhicules électriques pourraient être les plus touchés, dans un contexte où les gens conserveront leur voiture pendant un an ou deux de plus qu’ils le font habituellement.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John StackhouseMyha Truong-ReganSarah PendrithFarhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Issue #11

➔ Droits de douane : un frein à la transition énergétique
➔ L’Inflation Reduction Act : abroger, modifier ou conserver ?
➔ Une approche réaliste des enjeux climatiques

Sujets chauds

➔ Les Canadiens gardent un vif intérêt pour le climat. Selon un sondage Ipsos réalisé pour le compte de RBC (tableau ci-dessous), les Canadiens sont plus nombreux que les Américains et les Britanniques à estimer que la réduction des émissions industrielles est un objectif climatique important. Cependant, ils sont moins portés à favoriser une réduction de l’utilisation des ressources naturelles.

Les Canadiens soucieux du climat

➔ Une approche réaliste des enjeux climatiques. Le Council on Foreign Relations a lancé la Climate Realism Initiative, dont la mission consistera à élaborer une nouvelle stratégie climatique pour les États-Unis. Cinq prémisses ont retenu l’attention de Myha Truong-Regan, cheffe, Recherche climatique : 1) les initiatives climatiques seront façonnées par les priorités économiques et relatives à la sécurité nationale ; 2) l’action climatique peut constituer un avantage concurrentiel dans le commerce mondial ; 3) les objectifs climatiques mondiaux et nationaux doivent être facilement compréhensibles pour susciter un appui généralisé ; 4) l’augmentation exponentielle de la demande énergétique exigera l’exploitation des combustibles fossiles et des énergies renouvelables ; 5) il faudra éviter de présenter l’action climatique comme un enjeu exigeant des sacrifices personnels plutôt que des décisions de consommation intelligentes.

➔ Les grands investisseurs s’empressent de faire l’acquisition d’actifs d’énergie renouvelable. Un certain nombre d’actifs d’énergie renouvelable dont la valeur a baissé depuis cinq ans ont suscité l’intérêt d’acheteurs. Récemment, la société de gestion d’actifs Brookfield a fait l’acquisition de la filiale américaine d’énergies terrestres renouvelables du groupe britannique National Grid pour la somme de 1,7 milliard de dollars US, et a déboursé 6,6 milliards de dollars US pour acheter le producteur d’énergies renouvelables français Neoen s.a. et 2,3 milliards de dollars pour mettre la main sur des centrales éoliennes en mer en exploitation au Royaume-Uni. Le fonds d’investissement KKR & Co. cherche à lever 7 milliards de dollars US pour son premier fonds mondial pour le climat, tandis que la société d’investissement Copenhagen Infrastructure Partners a clôturé en mars son plus important fonds dédié aux énergies renouvelables, qui avait atteint un actif de 12 milliards d’euros. Les investisseurs bien nantis sont à l’affût.

➔ Une nouvelle politique américaine sur les biocarburants risque de limiter les débouchés commerciaux du Canada. Bon nombre d’agriculteurs et de producteurs de biocarburants canadiens craignent d’être exclus du crédit à la production de carburants propres proposé aux États-Unis (45Z). Ce nouveau crédit, qui remplace les incitatifs dont bénéficiaient auparavant les producteurs canadiens, introduit un crédit d’impôt pour les agriculteurs assorti de restrictions liées à l’intensité carbone et au pays d’origine, explique Lisa Ashton, responsable principale, Politique agricole. Les agriculteurs américains pourraient se retrouver dans une position nettement plus avantageuse si la majorité des producteurs canadiens sont inadmissibles à ces crédits.​

Les guerres commerciales liées au climat ont commencé

Il faut maintenant ajouter le modeste terbium à la liste des matières premières prises dans la tourmente des droits de douane. Ce minéral argenté de la famille des terres rares qui est utilisé dans la fabrication des éoliennes est l’un des sept minéraux soumis aux contrôles des exportations imposés par Beijing en représailles relatives aux droits de douane américains. La Chine, qui contrôle 95 % de l’approvisionnement mondial en terbium, a également restreint les exportations de ses substituts, le gadolinium et le scandium, le tout risquant d’avoir des répercussions sur les grandes entreprises technologiques américaines.

Si les automobiles et l’acier font les manchettes, les entreprises actives dans la transition énergétique sont, elles aussi, touchées par les droits de douane affectant les matériaux nécessaires à la fabrication des pièces, engrenages et pistons indispensables aux technologies propres.

Il est encore tôt, mais voici les perturbations que nous prévoyons, surtout si les droits de douane sont maintenus au-delà de quelques mois:

  • Les batteries pour véhicules électriques seront durement touchées. Les droits de douane, plus élevés que les droits de base américains, imposés à la Chine et à l’Union européenne pourraient déstabiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales. BloombergNEF estime que les prix des batteries et de l’énergie solaire seront les plus durement touchés.

  • Certains métaux et minéraux ont été exemptés, mais la Chine entend néanmoins riposter. Le cuivre, le zinc, les métaux des terres rares, le germanium, le combustible nucléaire, le lithium et le cobalt sont exemptés des droits de douane, mais la Chine contre-attaquera tout de même en imposant un contrôle à l’exportation de plusieurs minéraux critiques qui nuirait aux pays occidentaux, du moins à court et à moyen terme. Le Canada, avec ses ressources abondantes, peut venir en aide à ses alliés.

  • L’uranium est sur le point de prendre de la valeur. La dépendance des États-Unis en ce qui a trait à l’uranium, notamment l’uranium du Canada, et aux services d’enrichissement étrangers, comme ceux de la Russie, rend la trajectoire des prix du combustible nucléaire incertaine, souligne Vivan Sorab, premier directeur, Technologie propre. Les droits de douane sur l’uranium canadien avaient d’abord été fixés à 25 % avant d’être abaissés à 10 %. Réagissant à l’incertitude entourant les droits de douane, les opérateurs de réacteurs américains ont évité de signer de nouveaux contrats d’achat au début de l’année, selon Mining.com. Et comme les États-Unis dépendent de fabricants étrangers pour certains composants de réacteurs (p. ex., les réservoirs de pression), des droits de douane pourraient faire augmenter les coûts encore davantage.

  • Les énergies renouvelables étaient déjà touchées par des droits de douane. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) soulignait l’an dernier – bien avant que les États-Unis amorcent la présente guerre commerciale – que les droits de douane sur les systèmes et composants des énergies renouvelables étaient en moyenne deux fois plus élevés que ceux imposés aux combustibles fossiles.

  • Les technologies propres devenaient de plus en plus abordables. De nombreuses technologies ont vu leurs coûts baisser au cours de la dernière décennie. Selon l’AIE, des droits de douane de 100 % sur les modules photovoltaïques solaires annuleraient la réduction des coûts observée au cours des cinq dernières années.BloombergNEF fait remarquer qu’un certain nombre d’importations d’énergie propre de la Chine étaient déjà soumises à des droits de douane élevés et que ceux-ci augmenteront encore.

  • Les enjeux climatiques demeurent urgents. Les indices boursiers fluctuent constamment, mais l’indice mondial des émissions de carbone n’évolue que dans une seule direction : à la hausse. Les niveaux de CO2 n’ont jamais été aussi élevés en 800 000 ans, selon les estimations des Nations Unies. Chaque obstacle, pénurie de matériau et barrière commerciale retarde la maîtrise des émissions.

L’Inflation Reduction Act : abroger modifier ou conserver ?

L’Inflation Reduction Act pourrait être affectée par les mesures de réduction des dépenses envisagées par Washington.

Le Congrès américain est confronté à la question du financement du prolongement des dispositions de la Tax Cuts and Jobs Act, ce qui pourrait avoir une incidence sur les crédits d’impôt de l’Inflation Reduction Act. Voici l’analyse de RBC Marchés des Capitaux concernant les perspectives liées à cette loi.

➔ Le coût du prolongement des allègements fiscaux, estimé à quelque 4,5 billions de dollars US sur 10 ans, incite les législateurs à revoir, en contrepartie, toutes les facettes du régime fiscal américain, y compris les crédits d’impôt liés à l’énergie de l’Inflation Reduction Act.

➔ Dans une manifestation de soutien, 21 élus républicains de la Chambre des représentants ont récemment signé une lettre affirmant que le développement des énergies propres était crucial pour assurer la domination énergétique dont rêve Trump.

➔ De plus, 83 % des 126 milliards de dollars US investis dans le secteur privé de la fabrication depuis l’adoption de l’Inflation Reduction Act l’ont été dans des circonscriptions républicaines.

➔ Bien que RBC Marchés des Capitaux ne considère pas l’abrogation complète de la loi comme un scénario probable, elle juge qu’il est sans doute trop optimiste de penser que les législateurs républicains réussiront à protéger les crédits d’impôt à l’investissement dans les technologies propres face aux pressions exercées par le parti républicain et par Donald Trump lui-même.

Indicateur Trump

Toute une série de décrets et de décisions de Washington a une incidence sur le climat et la transition énergétique :

➔ Droits de douane « de réciprocité » : L’annonce, le 2 avril, a fait plonger les marchés et exacerbé les tensions. Les droits de douane de base étaient déjà fixés à 10 %, mais de nombreux pays se sont fait imposer des droits de douane plus élevés. Les proches partenaires commerciaux – le Canada et le Mexique – ont été temporairement épargnés. Alors que les marchés s’effondraient, Donald Trump a maintenu le droit de douane universel de 10 % pour la plupart des pays, mais imposé à la Chine des droits de douane de 125 %. 

➔ Résultat : La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que les nouveaux droits de douane étaient un « coup dur pour l’économie mondiale ». La Chine a répliqué avec des droits de 84 % sur l’ensemble des produits américains. 

➔ Droits de douane sur les véhicules importés : Des droits de douane généraux de 25 % ont été imposés sur tous les véhicules fabriqués à l’étranger. Les pièces conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique en sont exemptées pour l’instant. 

➔ Résultat : Le Canada a réagi en imposant des droits de douane correspondants sur les véhicules américains qui ne sont pas conformes à l’accord de libre-échange nord-américain. L’usine d’assemblage de Stellantis à Windsor a suspendu ses activités pendant deux semaines. 

➔ Stimulation de la production américaine de minéraux critiques : Le décret vise à accélérer et à augmenter la production d’uranium, de cuivre et de potasse. L’or et le charbon, souvent considérés comme moins critiques, figurent également sur la liste. 

➔ Résultat : Plusieurs minéraux indispensables pour des technologies essentielles comme les semi-conducteurs ne se trouvent pas en abondance aux États-Unis. Toutefois, selon l’Atlantic Council, les prêts et le soutien à l’investissement pour de nouveaux projets prévus par la Société de financement du développement international des États-Unis (DFC) pourraient stimuler la production. Un accord minier potentiel entre les États-Unis et le Congo témoigne des efforts considérables de l’administration pour sécuriser l’approvisionnement en minéraux. 

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

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Bulletin d’information sur le climat

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Issue #10

➔ L’insatisfaction à l’égard de la Loi sur l’évaluation d’impact

➔ L’apport du gaz naturel pour la réduction des émissions sectorielles

➔ Que fait Donald Trump, et les droits de douane qui entreront en vigueur le 2 avril

Sujets chauds

Émissions du secteur pétrolier et gazier canadien (Mt d'éq. CO2)

➔ C’est le gaz naturel qui permettra de réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier canadien. Les émissions imputables au sous-secteur canadien ont diminué de 30 % depuis 2005, ce qui représente la baisse la plus importante dans l’ensemble du secteur pétrolier et gazier, selon le plus récent Rapport d’inventaire national. Les émissions totales de gaz à effet de serre du Canada ont diminué de 8,5 % en 2023 (par rapport à 2005), atteignant ainsi leur niveau le plus bas en 27 ans. Le secteur de l’électricité est en tête avec une baisse de 58 % par rapport à 2005, tandis que le secteur pétrolier et gazier est à la traîne avec une hausse de 7 %. Cette hausse est principalement attribuable aux sables bitumineux, dont les émissions ont bondi de 143 %, alors que le reste du secteur (y compris les pipelines, l’affinage et le pétrole traditionnel) enregistrait une baisse de 25 %.

➔ L’Ontario pourrait accueillir la première raffinerie de sulfate de cobalt d’Amérique du Nord. Ottawa financera l’entreprise Electra Battery Materials, de Toronto, à hauteur de 20 millions de dollars dans le cadre de la transformation de ses installations de Temiskaming Shores en une raffinerie de sulfate de cobalt, la première du continent. Ce financement s’ajoute à la subvention de 20 millions de dollars accordée par le Département de la Défense des États-Unis en septembre dernier, alors que Washington cherche à briser le monopole de la Chine dans le secteur mondial du cobalt. L’entreprise sud-coréenne LG Energy Solution achètera 80 % de la production de la raffinerie pour produire environ un million de véhicules électriques. La raffinerie s’inscrit dans le projet plus large d’Electra, qui comprend la construction d’une usine de recyclage de batteries à côté de sa raffinerie de sulfate de cobalt. Electra convoite également une raffinerie de sulfate de cobalt à Bécancour, au Québec, ainsi qu’une usine de sulfate de nickel.

Lecture complémentaire : Le nouveau grand jeu : le rôle des minéraux critiques dans la course à la suprématie technologique

➔ Greenpeace traverse une crise existentielle. Un jury du Dakota du Nord a imposé à l’organisation de protection de l’environnement des dommages-intérêts de 660 millions de dollars américains pour avoir organisé des manifestations contre l’oléoduc Dakota Access pipeline d’Energy Transfer en 2016 et 2017. Fondée à Vancouver en 1971, l’organisation pourrait ainsi faire faillite, ce qui mettrait fin à plus de 50 ans d’activisme. Si la décision judiciaire a eu un effet dissuasif sur les organisations non gouvernementales de protection de l’environnement, Greenpeace a juré qu’elle continuerait à se battre.

➔ Les milliardaires américains se retirent de la lutte climatique. L’organisation Breakthrough Energy, soutenue par Bill Gates, a licencié des dizaines de personnes engagées dans la résolution des problèmes liés au climat, mettant en évidence l’effritement de la lutte contre les changements climatiques. Cela fait suite à l’arrêt du financement de projets climatiques par l’organisation Earth Funds d’un autre milliardaire : Jeff Bezos. On peut supposer que ces deux décisions ont été prises en réponse à l’abandon par le gouvernement américain de plusieurs politiques climatiques clés. Censé résister aux aléas politiques, le soutien philanthropique et financier des initiatives climatiques a néanmoins cédé aux pressions des vents changeants.

Comment accélérer la mise en œuvre de projets énergétiques d’une valeur de 350 milliards de dollars

Saisissant l’occasion, 14 dirigeants du secteur pétrolier et gazier ont écrit aux principaux partis politiques canadiens, actuellement en campagne, pour leur demander de « Bâtir le Canada maintenant », notamment des oléoducs et gazoducs et des terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié. Ce plan de match pourrait s’étendre à toutes sortes d’autres infrastructures, y compris à des projets miniers et d’énergie propre.

Que doit-on retenir des cinq recommandations émises par l’industrie ? Il s’agit d’un appel à réviser et simplifier la Loi sur l’évaluation d’impact. Bien que promulguée il n’y a pas si longtemps, la Loi sur l’évaluation d’impact est déjà critiquée par l’industrie et les provinces, et même par la Cour suprême.

On estime, en effet, que dans sa forme actuelle, elle s’immisce dans des domaines de compétence provinciale et suscite l’incertitude, car elle couvre de nombreux facteurs sociaux qui ne sont pas liés à l’environnement, entraînant ainsi des retards dans les projets.

Les Canadiens étant d’humeur à reprendre la construction de grands projets, des milliards de dollars en capital pourraient être débloqués rapidement en simplifiant la Loi sur l’évaluation d’impact, de même qu’une foule de règlements provinciaux et fédéraux en matière de permis. Selon Ressources naturelles, l’inventaire des grands projets compte 231 projets énergétiques d’une valeur de 351 milliards de dollars à l’étape de révision, de planification ou de proposition. À cela s’ajoutent des projets d’une valeur de plusieurs milliards de dollars qui en sont à leurs tout débuts, mais qui engageraient plus de 400 milliards de dollars en capitaux.

Lisez l’analyse de John Stackhouse (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) concernant les cinq recommandations sectorielles visant à accélérer la réalisation de projets au Canada.

INDICATEUR « TRUMP »

Mesure no 1 : Décret. Le président américain Donald Trump a invoqué la Defense Production Act pour accroître la production nationale de minéraux critiques et déloger la Chine de sa position dominante dans la production de ces ressources.

État : facilite le soutien financier et simplifie le processus d’obtention de permis dans le but de stimuler l’industrie minière nationale. S’efforçant de sécuriser leur approvisionnement en minéraux critiques, les États-Unis convoitent apparemment les ressources du Canada, les richesses du Groenland et les minéraux de l’Ukraine.

Mesure no 2 : L’Agence de protection de l’environnement a supprimé 20 milliards de dollars US de financement de projets d’énergie propre qui étaient en cours de développement par des organismes sans but lucratif et des organismes communautaires.

État : Mis en œuvre. Créé en vertu de l’Inflation Reduction Act (loi sur la réduction de l’inflation), le Greenhouse Gas Reduction Fund (fonds pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre) visait à mobiliser les banques « vertes » et les bailleurs de fonds communautaires afin de décupler les investissements privés dans des projets d’énergie propre. L’Agence de protection de l’environnement a supprimé ces subventions, invoquant un manque de surveillance.

Mesure no 3 : Assouplissement de la réglementation des ressources archéologiques marines.

État : Mis en œuvre. Cette mesure vise à réduire les formalités administratives et à accélérer la réalisation de l’ambition américaine : dominer le secteur énergétique. Selon le règlement original, les exploitants d’hydrocarbures extracôtiers étaient tenus de mener une étude archéologique et de signaler toute nouvelle activité pétrolière et gazière susceptible de perturber les fonds marins.

Mesure no 4 : Entrée en vigueur des droits de douane de réciprocité à partir du 2 avril.

État : Annonce à venir. Les droits de douane de réciprocité feront partie d’une série de mesures et de décrets commerciaux qui affecteront le Canada et le reste du monde, apparemment selon une échelle mobile. Selon des proches du pouvoir américain, certaines industries clés pourraient être épargnées… pour le moment.

Tour d’horizon de RBC

Les analystes de RBC offrent leurs perspectives sur de nombreux sujets, du climat au commerce, en passant par l’économie.

Au cas où vous l’auriez manqué

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur.  Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

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En 2024, on comptait au-delà d’un quart de million de plus de véhicules électriques (VE) sur les routes canadiennes. Toutefois, comme on l’indique dans Action climatique 2025 : Une année de réorientation, notre rapport annuel phare, cette année, les ventes de VE au pays pourraient être affectées par la suppression progressive des mesures incitatives qui soutenaient les achats dans ce marché en pleine éclosion.

L’expérience européenne offre un indice : la fin des subventions pour véhicule électrique en Allemagne en 2023 a entraîné une hausse des ventes avant la date limite, suivie d’une baisse significative de 10 à 15 % des taux d’adoption au cours des 12 mois suivants. Des tendances similaires ont été observées dans d’autres régions de l’Europe.

Au Canada, le programme d’incitatifs du gouvernement fédéral a épuisé ses fonds au début de l’année, avant la date prévue, mettant fin à la subvention de 5 000 $ qui avait motivé les acheteurs à opter pour un VE. Le Québec, qui est en train de mettre fin à ses mesures incitatives, a également interrompu son programme pendant deux mois en raison du volume élevé de demandes. Les décideurs politiques et les acteurs de l’industrie automobile se demandent maintenant si les ventes de VE au Canada peuvent tenir la route en l’absence de mesures incitatives. Les données de janvier indiquent déjà une baisse des ventes de VE.

Grâce aux subventions, une voiture sur sept vendue l’année dernière était un VE. Ce niveau élevé peut être attribué au fait que les acheteurs se sont précipités pour faire un achat avant que les mesures incitatives ne soient progressivement supprimées. Comme on le souligne dans Action climatique 2025 : Une année de réorientation, notre rapport annuel phare, près de 90 % des ventes de VE ont bénéficié de subventions fédérales ou provinciales.

Voici les principaux facteurs qui pourraient influer sur l’adoption des VE au Canada cette année :

1. La suppression progressive des mesures incitatives. Certains constructeurs de véhicules continuent de remplacer les mesures incitatives précédemment offertes par les gouvernements afin d’atténuer les coûts pour les consommateurs. Nous croyons que les mesures incitatives demeureront un facteur d’adoption essentiel, jusqu’à l’atteinte de la parité des prix avec les véhicules à essence.

2. Les tarifs et les barrières commerciales. Généralement, les tarifs font monter les prix, et les VE n’échappent pas à cette tendance, malgré le fait qu’on trouve des véhicules de marques asiatiques, moins chers, dans ce segment. En outre, les incertitudes sur le plan géopolitique se traduisent par des retards dans la mise en œuvre des plans de production de VE au Canada.

3. Les craintes à l’égard de l’autonomie.
La crainte que la batterie se décharge complètement pendant les déplacements compte parmi les principaux facteurs de dissuasion pour les acheteurs. Cependant, l’autonomie des batteries a été grandement améliorée ; à preuve, des VE soumis à des essais par temps froid1 ont une autonomie moyenne de 300 kilomètres avec une seule charge, ce qui est suffisant pour permettre à 90 % des Canadiens de se rendre au travail chaque semaine.

4. La perception d’un manque de bornes de recharge. Ces dernières années, les sites de recharge publics se sont multipliés, passant à 12 000 au pays, tandis qu’on y compte 10 000 stations-service. Toutefois, ces sites se trouvent principalement dans des zones urbaines. Le ratio optimal est de 20 à 25 VE par borne de recharge2. Toutefois, il faudra élargir considérablement le réseau pour stimuler l’adoption des VE par les personnes n’ayant pas toujours accès à une borne de recharge à domicile.

5. L’incidence sur le climat. Selon notre rapport annuel, la croissance des ventes de VE au cours de la dernière année a contribué à réduire l’augmentation des émissions dans le secteur. Si l’objectif de ventes de VE est atteint malgré les difficultés qu’éprouvent les constructeurs automobiles, on devrait observer une autre réduction de 10 millions de tonnes en équivalent CO2 des émissions du secteur.

Pour en savoir plus sur les politiques, les personnes et les entreprises qui favorisent l’action climatique dans le secteur des transports, consultez l’analyse sectorielle de notre rapport phare ici.

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Issue #09

La plupart des pays n’ont pas fait leurs devoirs liés aux changements climatiques

Pourquoi les projets énergétiques annulés refont les manchettes
Indicateur « Trump »
Présentation de l’Espace commercial

Sujets chauds

La plupart des pays n’ont pas fait leurs devoirs liés aux changements climatiques, Pratiquement la totalité (95 %) des pays n’a pas respecté l’échéance établie par les Nations Unies pour remettre leur nouvelle feuille de route climatique pour 2035. Selon les Nations Unies, nombre d’entre eux ont demandé une prolongation pour s’assurer que leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en vertu de l’Accord de Paris soient de la plus grande qualité. Cela dit, le Canada a envoyé son plan, s’engageant à réduire ses émissions de 45 à 50 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2035. Pour suivre les progrès du Canada à l’égard de son parcours vers la carboneutralité, lisez notre bulletin annuel Action climatique 2025.

Énergie Est, Northern Gateway et Énergie Saguenay de GNL. Les projets énergétiques mis sur les tablettes depuis belle lurette refont surface puisque le sujet de l’extraction des ressources et de leur livraison ailleurs qu’aux États-Unis gagne en popularité. Mais il faudrait que la réglementation change pour que ces projets bougent. Greg Ebel, chef de la direction d’Enbridge et ancien porteur du projet d’oléoduc Northern Gateway entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, a indiqué qu’il faudrait de « véritables changements » de la part des gouvernements pour que le projet reprenne. Il faudrait notamment que les lois changent, entre autres que le Projet de loi C-69, aussi appelé la « loi antipipeline » par ses détracteurs, soit abrogé. François Poirier, chef de la direction de TC Énergie, qui a proposé le projet d’oléoduc Énergie Est reliant l’Alberta à la côte Est en 2013, a déclaré que les projets canadiens sont en concurrence avec les autres occasions de l’entreprise aux États-Unis et au Mexique. Mais une rapide révision du cadre réglementaire, note M. Poirier, signalerait la volonté du Canada de mettre les projets en chantier.

BP a modifié sa stratégie. L’entreprise énergétique britannique a révélé qu’elle remodelait ses activités à faibles émissions de carbone en vue de les faire « croître, mais en engageant moins de capitaux ». Les analystes croient que cela entraînera la dilution des ambitions climatiques de l’entreprise. Ayant perdu près du quart de la valeur de son action au cours des deux dernières années, BP est aussi la cible d’un investisseur militant, qui fait partie des investisseurs aigris par les politiques de l’ancien chef de la direction. Murray Auchincloss, le nouveau chef de la direction et l’un des principaux architectes de la stratégie zéro émission nette de l’ancien régime, est à la tête du « virage profond » de l’entreprise.

De formidables idées ont été dévoilées lors du lancement de notre rapport annuel sur les progrès climatiques du Canada. Parmi les idées avancées lors d’un événement tenu pour célébrer notre Action climatique 2025 : Une année de réorientation, nous en avons choisi cinq à appliquer au cours des cinq prochaines années. Envoyez-moi un courriel, à Yadullah.hussain@rbc.com, pour obtenir une copie PDF du document.

Le plan de Carney

Parlons-nous d’un plan d’action sur le climat à notre époque ? Oui, tout à fait. Mark Carney, ancien gouverneur de deux banques centrales du G7, et principal candidat à la chefferie du Parti libéral pour les prochaines élections fédérales, nous a parlé de certaines idées présentées dans sa plateforme sur la façon d’intégrer les questions climatiques dans la politique économique. Tout d’abord, comme le chef conservateur Pierre Poilievre, il souhaite abolir la taxe sur le carbone à la consommation.

Voici les grandes lignes de son ébauche de plan d’action sur le climat :

Renforcer la taxe sur le carbone pour les émetteurs industriels. M. Carney veut raffiner le système de tarification fondé sur le rendement (STFR) et le prolonger jusqu’en 2035, resserrant les repères pour conserver un bon signal du prix du carbone et abaisser l’offre excédentaire de crédits. Le plan sous-entend également une collaboration entre les provinces. L’an dernier, nous avons travaillé avec l’Institut climatique du Canada et Clean Prosperity pour déterminer comment utiliser la tarification du carbone pour renforcer l’avantage concurrentiel du pays.

Le plan regorge d’incitatifs destinés aux consommateurs. Parmi les idées avancées, il y a le renforcement du Prêt canadien pour des maisons plus vertes, l’augmentation des subventions pour les thermopompes et la mise en place d’outils financiers de rechange, comme une assurance hypothécaire à prix réduit pour les maisons écoénergétiques. Le plan ne fournit aucun chiffre pour tous ces incitatifs et toutes ces subventions. Une autre idée qui a attiré notre attention : l’utilisation de la technologie pour évaluer en temps réel l’efficacité énergétique résidentielle pour favoriser l’adoption de décisions plus intelligentes en matière de consommation énergétique. (Nous avons aussi écrit un article à ce sujet.)

Mobiliser des capitaux. Il est difficile de mobiliser des capitaux quand la menace de droits de douane et les regards durs de nos voisins du Sud rendent les investisseurs nerveux. Selon le plan, il faudrait enfin finaliser la taxonomie de transition du Canada qui a été annulée depuis trop longtemps. « Rendre obligatoire une large diffusion de l’information sur les risques climatiques pour les entreprises à travers le Canada » constitue une autre mesure qui sera difficile à réaliser à une époque où les États-Unis s’attaquent activement aux entreprises qui respectent les règles sur le climat.

Chrystia Freeland, la rivale libérale de Carney et ancienne vice-première ministère, a aussi un programme pour transformer le Canada en « superpuissance énergétique » grâce à d’importants crédits d’impôt à l’investissement économique.

Si elle devait devenir la Première ministre, Mme Freeland a promis de « redoubler d’efforts » pour commercialiser l’énergie et les ressources canadiennes et construire des oléoducs entre l’Ouest et l’Est pour réduire la dépendance du Canada à l’égard des États-Unis et garantir la souveraineté du pays en matière d’énergie. De façon critique, son gouvernement accélérerait l’approbation chaque année de 10 projets d’importance régionale, dont trois doivent être des projets relatifs aux minéraux critiques.

Nous continuerons de surveiller les plateformes en matière de climat et d’énergie des autres candidats et des autres partis, et vous les résumerons d’ici les élections fédérales.

INDICATEUR TRUMP

Voici un aperçu des déclarations, des arrêtés, des actions et des envolées du Président américain Donald Trump et de son administration qui pourraient avoir des répercussions sur les tendances et les politiques en matière de climat.

Mesure 1 : Les États-Unis ont approuvé une proposition du plus important exploitant de réseau du pays visant la construction de 50 nouvelles centrales de production d’énergie.

Incidences : Supposément agnostique aux sources d’énergie, le projet devrait favoriser le gaz naturel, considéré comme plus fiable que les énergies éolienne et solaire, pour répondre aux besoins urgents en énergie. Les promoteurs d’installations aux énergies renouvelables et les groupes environnementalistes croient que les 50 nouvelles centrales « contourneront la file d’attente », ce qui retardera encore plus la construction de nouvelles fermes éoliennes et solaires.

Mesure 2 : Une défenseur de l’industrie pétrogazière a été nommée à la tête du Bureau of Land Management.

Incidences : Si la nomination est approuvée, Kathleen Sgamma aura la responsabilité de gérer les activités de pâturage, d’exploitation forestière, de forage et de conservation de la faune sur des terres publiques de 245 millions d’acres. Le rôle est considéré comme faisant partie de la vision de « domination énergétique » de la Maison-Blanche qui repose davantage sur les énergies conventionnelles que les énergies renouvelables.

Mesure 3 : Le jour où Doug Burgum a été nommé Secrétaire à l’Intérieur, il a rédigé plusieurs décrets qui auront des répercussions directes sur les émissions de dioxyde de carbone. Bien que la « prospérité grâce à la déréglementation » et la reprise des concessions offshore de pétrole et de gaz dans plusieurs régions figurent parmi les principaux décrets signés par le Secrétaire dès le premier jour de son mandat, un autre point nous a sauté aux yeux : la prise de mesures pour prioriser la mise à jour de la liste américaine des relèvements géologiques des minéraux critiques et l’accélération de la cartographie géologique continue du pays.

Incidences : Du Groenland au Canada, la nouvelle (qui a eu un mois aujourd’hui!) administration américaine considère les minéraux critiques comme un prix très précieux. Le Premier ministre Justin Trudeau a même suggéré que les minéraux critiques seraient derrière les menaces des États-Unis d’annexer le Canada par la « force économique ».

Mesure 4 : Les pailles en plastique sont de retour, au détriment des pailles en carton, selon un nouveau décret exécutif présidentiel.

Incidences : « Je ne pense pas que le plastique va affecter un requin quand il mange ou qu’il se fraye un chemin dans l’océan », a dit M. Trump.

Ouf… Nous sommes convaincus d’en avoir manqué quelques-unes. Signalez-nous toute réglementation ou tout décret pertinent et nous tenterons de l’inclure dans le prochain numéro.

Espace commercial

Aujourd’hui, il est impossible de parler de climat sans parler de commerce. L’Espace commercial, une nouvelle plateforme numérique de RBC, vise à mettre en évidence les occasions qui se présentent pour le Canada sur le plan économique et qui reposent sur l’énergie et la sécurité nationale. Nous examinerons plusieurs domaines clés dans lesquels le Canada peut tirer parti de ses atouts, notamment l’agriculture, l’énergie, les minéraux critiques et les chaînes logistiques de fabrication, ainsi que les réglementations et les politiques qui stimulent les investissements dans le pays.

Lisez nos plus récentes perspectives ici :

Ingéniosité : Comment le Canada s’y prendra-t-il pour conclure des contrats de marchandises avec les États-Unis et d’autres pays 

Plan de match pour mesurer l’impact d’un choc tarifaire au Canada

50 ways to leave your lover: Sizing the impact of a trade breakup (50 façons de quitter votre partenaire : évaluer les répercussions d’une rupture des échanges commerciaux)

Au cas où vous l’auriez manqué

How each country’s emissions and climate goals compare—a handy guide (Comment les émissions et les objectifs climatiques de chaque pays se comparent-ils ? – Un guide pratique)

Construire de nouveaux logements à l’abri des impacts climatiques

What are Ukraine’s critical minerals – and why does Trump want them? (Quels sont les minéraux critiques de l’Ukraine – Et pourquoi Trump les veut-il ?)

Climate aid projects fighting extremism and unrest are closing down (Les projets sur le climat qui luttent contre l’extrémisme et les troubles sont arrêtés)

Don’t say climate: how cleantech is rebranding as national security in the Trump era (Ne parlez pas de climat : Comment les technologies propres se positionnent en tant que sécurité nationale dans l’ère Trump)

L’institut à l’œuvre

Chef de l’Institut, John Stackhouse siégera sur un panel à la réunion annuelle générale de la Fédération canadienne de l’agriculture qui aura lieu les 25 et 26 février à Ottawa. Modéré par Tyler McCann, directeur général à l’Institut canadien des politiques agroalimentaires, le panel sur la place du Canada dans le monde se penchera sur l’évolution des dynamiques commerciales et géopolitiques et les répercussions de celles-ci sur les politiques étrangères et commerciales du Canada, et tout particulièrement ce que cela sous-tend pour l’agriculture canadienne.

L’économiste Farhad Panahov est allé au salon international de l’auto du Canada 2025. Restez à l’affût! À venir bientôt : ses plus récents commentaires sur les tendances en matière de demande de VÉ au Canada.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Issue #08

Indicateur « Trump » : l’influence du président sur la politique énergétique et climatique
Coup de frein sur les programmes liés aux véhicules électriques (VE) ?
Rencontre avec le « passionné de science » qui est aux commandes de la politique énergétique des États-Unis

Sujets chauds

Une guerre commerciale se profile d’un océan à l’autre. L’équipe Services économiques RBC estime que l’imposition de tarifs douaniers maintenus sur le long terme serait synonyme de récession pour le Canada. Cette mesure serait-elle également défavorable à la politique climatique canadienne ? C’est encore un peu tôt pour le dire, toutefois le fait que la Maison-Blanche accorde plus d’importance à la sécurité énergétique qu’à la transition énergétique pourrait inciter à accroître toute forme d’exploitation de ressources aux États-Unis et au Canada (voir l’article ci-dessous). Cela pourrait y avoir une incidence négative sur le plafonnement de la pollution découlant des activités du secteur pétrolier et gazier au Canada. La taxe sur le carbone pour les consommateurs, que de plus en plus de libéraux et de membres du NDP souhaiteraient abandonner, se retrouve également sur la sellette.

La Colombie-Britannique tire parti de la crise. Compte tenu des menaces de tarifs douaniers américains, le premier ministre David Eby simplifie le processus réglementaire pour le projet North Coast Transmission Line ainsi que pour d’autres projets de réseau à haute tension afin de soutenir le développement de projets visant les minéraux critiques et le gaz naturel liquéfié, entre autres. Le gouvernement accélère également l’approbation des projets d’exploitation de ressources naturelles pour contrer la « menace qui vient du sud de la frontière ». La Colombie-Britannique prévoit une baisse de 0,6 % de son PIB réel entre 2025 et 2026 si les États-Unis décident d’imposer des tarifs douaniers sur les produits canadiens.

Qu’est-ce que le tungstène, le tellure et l’indium ont en commun ? La Chine a interdit l’exportation de ces trois minéraux aux États-Unis, mais ceux-ci peuvent être remplacés en exploitant davantage les ressources canadiennes. En décembre dernier, le Département de la Défense des États-Unis et un fonds d’infrastructures canadien ont investi 35,4 millions de dollars dans la société Fireweed Metals basée à Vancouver pour permettre à celle-ci d’entériner la réalisation de son projet lié au tungstène dans le Yukon, un projet qu’elle détient en totalité. Par ailleurs, le Canada est l’un des cinq premiers producteurs mondiaux de tellure et d’indium, deux minéraux utilisés dans la fabrication de panneaux solaires. À bien des égards, la sécurité énergétique des États-Unis passe par le Canada.

Un dirigeant dans le secteur de la fracturation est nommé secrétaire à l’Énergie aux États-Unis. Chris Wright sera responsable de la diplomatie américaine en matière d’énergie et aura notamment pour mission clé de superviser la Réserve stratégique de pétrole (que les États-Unis souhaitent accroître). Dans son allocution devant le Sénat, celui qui s’est autoproclamé un « passionné de science » s’est engagé à « libérer » le potentiel énergétique américain aux États-Unis comme à l’étranger, à diminuer les coûts d’énergie et à alléger les contraintes administratives. Fervent adepte de la fusion nucléaire et de la géothermie, M. Wright a également balayé les questions des sénateurs américains sur l’augmentation des coûts d’assurance liés aux risques climatiques. Il est resté évasif sur la question d’un recul des investissements dans les énergies renouvelables aux États-Unis. Pour lire ses réponses fascinantes aux questions des sénateurs, cliquez ici.

DeepSeek calme l’emballement autour de l’IA, et ce n’est pas une mauvaise chose. Le succès inattendu de l’application chinoise d’intelligence artificielle (IA) à bas coût a secoué les titres des grandes sociétés technologiques, mais a également fait chuter les titres des producteurs d’électricité indépendants, des producteurs de gaz naturel et des exploitants de gazoducs qui avaient bondi en raison d’une demande record en énergie pour soutenir l’engouement envers l’IA. Il y a soudainement des doutes sur les perspectives des besoins mondiaux en énergie (niveaux actuels qui seraient multipliés par trois à l’horizon 2050). Nous n’en sommes qu’aux prémices, mais les PDG des grandes sociétés technologiques refont l’inventaire de leurs besoins en énergie (à faibles émissions de carbone).

Prix de l’action climatique : Il a récompensé le succès des efforts de conservation visant à réintroduire au Canada les loutres de mer et les faucons pèlerins, deux espèces menacées, sur la base des résultats de nouvelles recherches menées par Laurenne Schiller, et coll. de l’Université Carleton.

Coup de frein sur les programmes liés aux véhicules électriques (VE)

Même si les programmes liés aux VE pourraient être remis en cause lors des prochaines élections, ils sont pour le moment maintenus par Ottawa (20 % de toutes les ventes de voitures neuves devront être des VE d’ici 2026 et 100 % d’ici 2035). Les ventes de VE ne progressent plus, et ce, bien avant que le contexte politique jette une ombre sur ce marché. Premièrement, Ottawa a mis fin à son programme d’aide à l’achat de VE après avoir contribué à la mise en circulation de 546 000 VE. Deuxièmement, le Québec a temporairement suspendu son généreux programme Roulez vert jusqu’au 31 mars.

Si les programmes fédéraux liés aux VE sont reconduits au Canada après les prochaines élections, les constructeurs automobiles devront acheter des crédits à leurs concurrents afin de compenser leur retard s’ils n’atteignent pas leur quota de vente. En 2023, Tesla a récolté plus de 1,8 milliard de dollars US à l’échelle mondiale en vendant des crédits réglementés et deviendra l’un des principaux vendeurs de crédits ici au Canada, ce qui devrait amplement suffire à alimenter le secteur. (Cela explique pourquoi le fondateur de Tesla Elon Musk réclame l’arrêt des mesures incitatives pour les VE aux États-Unis.)

Troisièmement, l’annulation des mesures incitatives pour les VE décidée par la nouvelle administration américaine contraindra les constructeurs automobiles à revoir leurs plans d’électrification, alors qu’ils les ont déjà retardés à l’heure où ils devraient les accélérer. Alors que les VE représentent environ 20 % des ventes de Hyundai et de Kia au Canada en 2024, d’autres grands constructeurs automobiles devront donner un coup d’accélérateur à leurs objectifs d’électrification pour rattraper l’important retard.

Au final, tous ces facteurs pourraient entraîner une baisse de 2,5 millions du nombre de VE sur les routes canadiennes d’ici 2035 par rapport aux chiffres prévus, et un volume d’émissions de GES supérieur de 10 mégatonnes d’équivalent CO2, soit environ 6 % des émissions actuelles du secteur, selon l’économiste Farhad Panahov de l’Institut d’action climatique RBC.

INDICATEUR « TRUMP »

Les États-Unis modifient substantiellement leur politique climatique. Voici quelques modifications phares (ou devrait-on dire reculs ?) apportées par toute une série de décrets présidentiels et de revirements de politique :

Changement de politique no1 : Abolition des normes en matière d’émissions imposées par l’administration Biden aux constructeurs automobiles.

Conséquence : Possible interruption des projets des constructeurs automobiles au Canada et aux États-Unis visant à fabriquer des véhicules hybrides et électriques plus performants.

Changement de politique no2 : Abrogation des lois sur le plafonnement des émissions adoptées dans les États américains, comme celles de la Californie, qui visent à limiter les ventes de voitures à essence ; annulation de l’objectif de 50 % de VE sur le total des ventes de voitures neuves d’ici 2030 ; abandon de l’objectif de zéro émission pour l’ensemble de la flotte fédérale d’ici 2035.

Conséquence : Incertitude autour de la production de VE, mais il n’est pas certain que ce changement aura une incidence sur les crédits d’impôt pour les VE ou sur d’autres politiques en faveur des VE qui sont inscrites dans le code fiscal ou dans la loi sur la qualité de l’air (Clean Air Act).

Changement de politique no3 : Déclaration de l’état d’urgence énergétique nationale visant à accroître le nombre de forages, de pipelines, de raffineries, de centrales électriques et de réacteurs, et à « augmenter massivement les capacités d’approvisionnement en énergie du pays ».

Conséquence : Au cours des dernières années, les producteurs de pétrole avaient maintenu une discipline budgétaire et procédé à des distributions aux actionnaires plutôt qu’à des investissements pour augmenter leurs capacités de production. Trump a également exhorté les pays de l’OPEP à ouvrir les vannes pour augmenter la production de pétrole à une période où la demande mondiale de pétrole est atone. Toutefois, une récente mise aux enchères de droits de forage dans une réserve naturelle en Alaska n’a reçu aucune offre, ce qui suggère que les producteurs ne sont pas encore prêts à « forer, forer ».

Changement de politique no4 : Retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, un accord mondial visant à apporter des réponses aux enjeux climatiques.

Conséquence :
Les États-Unis seront les grands absents de plusieurs initiatives mondiales visant à lutter contre les changements climatiques, ce qui suggère une divergence dans l’approche internationale pour combattre le réchauffement planétaire.

Changement de politique no5 : Annulation de l’objectif de 100 % d’électricité produite sans pollution par le carbone d’ici 2035.

Conséquence : Coup porté aux secteurs de l’éolien et du solaire, qui devaient procéder à des investissements record pour augmenter leurs capacités de production d’électricité propre en 2024 et éventuellement en 2025.

Au cas où vous l’auriez manqué :

Los Angeles after the fires: ‘You can only live in a disaster zone for so long’ (Los Angeles après les incendies : « On ne peut simplement pas vivre éternellement dans une zone sinistrée »)

The rise of the Net-Zero Dad (montée d’une génération de « parents carboneutres »)

Trump’s cash freeze is making clean energy projects collapse (le gel des fonds décidé par Trump fait échouer des projets liés aux énergies propres)

Hotel rooms in Brazil would cost US$15,000 a night for COP30 delegates (les délégués à la COP30 pourraient devoir débourser 15 000 USD par nuit pour une chambre d’hôtel au Brésil)

Davos 2025 : Searching for nuggets in the new golden age (Davos 2025 : exploration d’un nouvel âge d’or)

L’institut à l’œuvre

Liste de lecture de l’équipe : Range : Le règne des généralistes : Pourquoi ils triomphent dans un monde de spécialistes de David Epstein, Code Source de Bill Gates, et Supremacy : AI, ChatGPT and the race that will change the world de Parmy Olson.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Myha Truong-Regan, Sarah Pendrith, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni et Frances Dawson.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

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Dans le cadre du rapport Action climatique 2025, nous avons lancé un appel national à des photographes afin qu’ils illustrent ce qui se fait dans différents secteurs ou régions en matière d’adaptation aux changements climatiques. Leurs images en décrivent les effets concrets, parlent de cohabitation entre établissements industriels et milieux naturels ou montrent certaines des solutions mises en œuvre. En comblant le fossé entre la complexité des enjeux et notre ressenti, ces clichés visent à susciter le débat et l’action. Nous vous invitons à découvrir le travail de ces photographes qui font l’état des lieux et suivent les progrès réalisés au Canada.

Amanda Shalovelo

Amanda fait de la photo depuis l’âge de quatorze ans. Autodidacte, elle aime particulièrement photographier les paysages auxquels mènent les routes de campagne des prairies saskatchewanaises. Ses images ont paru treize fois dans les calendriers de Canadian Geographic, qui l’a récemment sélectionnée pour son prochain numéro spécial (« Best Wildlife Photography 2024 ») et pour son calendrier « Wicked Weather Calendar » 2025.

Harmony Le Reste

Harmony est une photographe française qui se consacre à la nature et aux grands espaces. En s’établissant à Montréal en 2015 – elle est alors âgée de 22 ans –, elle découvre les vastes étendues et la nature sauvage caractéristiques de l’Amérique du Nord. En 2016, elle commence à travailler comme pigiste auprès de différents offices du tourisme et sillonne le Québec. Depuis 2019, elle organise des excursions et des ateliers dans différents pays à l’intention des photographes désireux de s’initier sur le terrain à la capture de scènes naturelles.

Aujourd’hui, Harmony immortalise toujours la nature mais est aussi guide de voyage auprès d’autres photographes, en plus de travailler comme directrice artistique et vidéaste en extérieur.

Len Wagg

Photographe, auteur et présentateur canadien, Len Wagg collectionne les lauriers. Celui qui raconte des histoires en images depuis plus de trois décennies est connu pour ses photos soulignant la beauté majestueuse de la faune et des paysages salins de sa Nouvelle-Écosse natale. Au fil de ses contrats, il a visité les déserts éthiopiens, survolé l’Europe à bord d’un chasseur CF-18 et parcouru tout le territoire canadien. Ses photos paraissent dans les quotidiens et les magazines du monde entier.

Marc Gilbert

Amoureux des beautés cachées du Manitoba, Marc Gilbert rapporte de ses explorations des images fascinantes des immenses parcs et des paisibles paysages ruraux de cette province canadienne. Par ses photos audacieuses et hautes en couleurs, il sait nous communiquer l’émerveillement que suscite en lui la beauté des grands espaces.

Mitchell Milbury

Originaire du Nouveau-Brunswick, Mitchell Milbury photographie la nature et les paysages. La plupart de ses images célèbrent la beauté des provinces Maritimes. Il a grandi à Woodstock (N.-B.). Enfant, il passait le plus clair de son temps à l’extérieur. Chaque semaine, Mitchell explore sa province, rapportant des photos qui mettent en valeur ses splendides milieux naturels.

Les galeries du Nouveau-Brunswick exposent ses œuvres, dont il vend de nombreux tirages sur Internet.

Découvrez le portfolio en ligne de Mitchell Milbury.

Neil Dankoff

Neil est né et a grandi à Montréal. Il étudie en cinéma et communications à l’Université McGill, puis part à Toronto en 1998. C’est l’époque des premiers appareils numériques. Tout de suite conquis, Neil consacre 1400 $ à l’achat d’un Olympus offrant une résolution de 1,3 mégapixel.

L’occasion se présente pour lui de parcourir le monde et d’affiner un style de photographie panoramique qui n’appartient qu’à lui. Avec son appareil de format intermédiaire Phase One, il produit des clichés immédiatement reconnaissables. Chaque œuvre se compose de multiples images prises selon différents réglages d’exposition et de mise au point, que Neil assemble avec le plus grand soin afin de transporter le spectateur en un point précis de l’espace-temps.

Familier des milieux artistiques torontois, Neil s’est notamment fait connaître grâce à la prestigieuse galerie Lonsdale qui, ces quatre dernières années, lui a consacré plusieurs expositions.

En 2013, Derek et Kirsty Stern accompagnent Neil dans le cadre d’un voyage en Afrique. Une expérience sensationnelle qui n’est que le prélude à des expéditions du même genre à Bora Bora, à Hawaï, en Islande, en Chine, au Japon, en France, en Bolivie, etc. En 2015, tous trois ouvrent la galerie Kandy de Montréal. Peu après, Neil se voit confier par l’Hotel X Toronto ce qui se révélera le plus important mandat jamais enregistré au Canada en matière de photographie artistique : pendant près de trois ans, il parcourra le monde afin d’en rapporter plus de 800 photos de paysages pour cet établissement de très grand luxe. Au début de 2018, Neil ouvre la galerie Kandy de la Ville reine, située dans le hall de l’Hotel X Toronto. Une autre galerie Kandy voit le jour à Memphis en décembre.

Ray Mackey

Ray est un photographe canadien amoureux des paysages et de la nature. Toute sa vie, il a su restituer l’émotion et produire des trames narratives par le jeu d’images qu’il publie depuis une quinzaine d’années. Toujours en quête de nouvelles scènes à immortaliser, Ray voyage ailleurs dans le monde, mais ses œuvres publiées portent avant tout sur les rivages de Terre-Neuve. Les couvertures de différents magazines et d’autres publications arborent souvent ses photos, que l’on peut voir également sur tous les continents, dans les ambassades du Canada.

Le rapport complet se trouve à l’adresse rbc.com/climateaction25.

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L’Institut d’action climatique RBC et le Haut-commissariat du Royaume-Uni ont animé aujourd’hui à Ottawa une séance spéciale avec le corps diplomatique sur l’orientation de la politique climatique mondiale et sur la position du Canada pour le reste des années 2020. Voici quelques-uns des sujets dont j’ai traité lors d’une conversation animée par le haut-commissaire adjoint David Prodger :

  1. La politique climatique doit être recadrée (et peut-être remaniée) afin d’offrir des avantages directs sur le plan du coût de la vie. Je pense notamment à l’efficacité énergétique.
  2. Le mot « sécurité » pourrait bien faire partie des plus utilisés de l’année 2025. La politique climatique entraînera-t-elle un resserrement des exigences en matière de sécurité des exportations ? Nous pourrions mieux déployer nos systèmes industriels de tarification du carbone, gérés par les provinces, pour positionner les produits canadiens comme plus propres que les autres, surtout aux États-Unis et en Europe.
  3. On peut s’attendre à davantage d’alliances visant le double objectif de la sécurité énergétique et de l’action climatique. Le développement de l’approche du G7 à la coopération dans le domaine du nucléaire, par exemple, pourrait faire partie des responsabilités du Canada en tant qu’hôte en 2025.
  4. Le capital privé continuera de devancer la politique publique. Comme nous le démontrerons dans le rapport Action climatique 2025, les capitaux investis dans le climat continuent d’augmenter. Le rythme est insuffisant, certes, mais la tendance est à la hausse.
  5. L’innovation et la technologie seront des facteurs clés. Même en période de restrictions budgétaires, nous devrons investir de manière ambitieuse dans la recherche et le développement.
  6. Les institutions financières internationales telles que la Banque mondiale devront assumer une plus grande part de la charge financière liée au climat pour les pays en développement. La Chine apportera-t-elle son aide ? Et comment les États-Unis réagiront-ils ?
  7. Les pays en développement continueront de faire pression à l’égard de la résilience et de l’adaptation. L’augmentation des fonds consacrés à la protection contre les catastrophes peut être bénéfique, à moins qu’elle ne se fasse au détriment de la prévention.
  8. Alors que les plus gros émetteurs de la planète, soit les États-Unis et la Chine, suivent leur propre voie, d’autres pays devront jeter des ponts entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest, les riches et les pauvres, les grands et les petits. Le Canada devrait-il encore assumer ce rôle ?

Divers pays ont exprimé avec justesse leurs préoccupations quant à l’augmentation des obstacles à l’action climatique et la nécessité de renforcer la coopération internationale malgré les divisions qui s’accentuent dans le monde.

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À la remorque des applications d’avant-garde des GAFAM, dont le moteur ChatGPT d’OpenAI n’est qu’un exemple, l’intelligence artificielle redessine rapidement les contours de l’économie mondiale. Les entreprises voient en elle un outil de transformation de leurs activités, ce qui risque d’entraîner d’importantes mutations ou perturbations de l’économie. La révolution de l’IA repose sur l’infrastructure névralgique qui, du traitement des requêtes élémentaires aux processus génératifs les plus complexes, fait tourner les applications : les centres de données.

Chaque sollicitation de l’IA exige une importante puissance de traitement. Une requête ChatGPT nécessite 10 fois plus d’énergie qu’une recherche Google standard. Dans le cas d’une tâche IA plus complexe (génération de texte ou d’images, par exemple), la consommation croît exponentiellement. La croissance de la demande en électricité est due en grande partie aux centres de données. Si tous les projets de centre de données actuellement examinés par les organismes de réglementation étaient réalisés, ils compteraient, d’ici 20301, pour 14 % des besoins en électricité du Canada tout entier (la proportion serait voisine aux États-Unis : 12-15 %2.

La construction de ces 20 ou 30 centres et des infrastructures informatiques connexes3 entraînerait des dépenses en immobilisations de 100 milliards de dollars. L’IA est toutefois énergivore ; disposera-t-on d’assez d’électricité ? Quels seront les impacts sur l’environnement et, plus généralement, sur la compétitivité des branches d’activité canadiennes en jeu ?

The power behind ChatGPT: How data centres process search queries

Principaux points à retenir

  • Les organismes de réglementation canadiens examinent actuellement des demandes d’autorisation visant des centres de données qui exigeront au total une capacité de 15 GW – de quoi alimenter 70 % des ménages du pays.
  • L’IA est le premier moteur de cette croissance ; la construction des centres de données et des infrastructures connexes nécessitera des immobilisations chiffrées à 100 milliards de dollars.
  • Dans ce contexte de croissance axée sur l’IA, les sources d’énergie propre du Canada lui confèrent un avantage stratégique. Bien que sujet de controverse, le gaz naturel est aussi un élément de solution clé. L’énergie nucléaire offre également des possibilités, mais s’accompagne de longs délais de mise en œuvre.
  • Les émissions annuelles du Canada pourraient croître de 3 % s’il fallait produire les six gigawatts supplémentaires exigés par les centres de données au moyen de centrales au gaz. Des installations de captage et de stockage du carbone (CSC) permettraient d’infléchir cette hausse.
  • Sur la scène de l’IA, les centres de données locaux renforcent la position du Canada en préservant notre souveraineté et en renforçant la cybersécurité tout en favorisant l’intégration nord-américaine.
  • La prochaine étape clé vers le maintien du leadership nord-américain consistera à rationaliser la gouvernance en matière d’IA. Le réexamen dont l’AEUMC fera l’objet en 2026 entraînera probablement des changements sur le plan du commerce numérique.
  • Les efforts ciblés visant à promouvoir l’adoption de l’IA dans les PME canadiennes (dont dépend la moitié de notre PIB) pourraient contribuer au redressement du pays en matière de productivité.

Pour un pouvoir de négociation accru

Des choix stratégiques s’imposent à notre pays. Abstraction faite des intérêts économiques, la confidentialité des données, la sécurité nationale et la résilience face aux cybermenaces nous imposent de disposer de nos propres centres de données.

Ses barrages hydroélectriques, ses centrales nucléaires et ses réserves de gaz naturel peuvent faire du Canada un parc majeur d’installations à faible coût pour les géants du numérique. Nous pourrions pousser encore notre avantage en nous servant de l’IA pour stimuler la productivité nationale, accroître notre compétitivité et étoffer notre bassin de spécialistes du numérique.

Sans parler des ressorts commerciaux et géopolitiques – le Canada a besoin d’atouts supplémentaires face à une future administration américaine qui cherchera continuellement à négocier au meilleur prix. Washington a l’œil de plus en plus braqué sur la Chine et, ces prochaines années, la souveraineté en matière de données pourrait devenir l’un des grands enjeux. Cela ouvre bien des possibilités pour le Canada, mais lui fera courir aussi certains risques.

Nous pouvons être un partenaire de premier plan pour les États-Unis, ne serait-ce qu’en érigeant avec eux une forteresse nord-américaine du numérique dans laquelle seront entreposées, de façon sécuritaire et au moindre coût, les données sensibles. Les deux pays devront toutefois conclure une nouvelle entente sur la souveraineté numérique ; l’occasion leur en sera probablement offerte en 2026, lors des prochaines négociations entourant l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC).

Le remaniement du chapitre 19 de l’Accord était l’une des raisons pour lesquelles Washington avait cherché à renégocier celui-ci pendant le premier mandat du président Donald Trump. Dans sa prochaine mouture, le chapitre 19 pourrait insister sur l’harmonisation des données nord-américaines, que réclament aussi bien les virements de fonds transfrontières que la gouvernance en matière d’IA.

 

Des installations gourmandes en électricité

Les besoins des centres de données à très grande échelle des géants du Web ou d’autres entreprises pourraient mettre les réseaux électriques à rude épreuve, faire grimper les factures des consommateurs et mettre gouvernements et organismes de réglementation dans l’embarras – aux États-Unis, la Federal Energy Regulatory Commission a récemment refusé à Amazon d’acheter plus d’électricité à une centrale nucléaire de Pennsylvanie, car cela aurait fait augmenter les tarifs et compromis la fiabilité du réseau.

Au reste, bien des provinces canadiennes sont aux prises avec l’augmentation de leur population, avec l’électrification des transports et avec la décarbonation de l’industrie lourde. Il était déjà prévu que la demande en électricité du Canada doublerait d’ici 2050 (selon certains scénarios4, elle pourrait même tripler), alors que l’IA n’était même pas encore un enjeu pour l’économie mondiale.

Le pays dispose certes de différentes sources d’électricité, mais chacune soulève son lot de problèmes.

  • Énergie éolienne ou solaire. Sa production croît, mais en l’absence de moyens de stockage de l’électricité, le fait qu’elle soit intermittente la rend peu appropriée : les centres de données ont besoin d’une alimentation régulière et fiable.
  • Énergie éolienne ou solaire. Sa production croît, mais en l’absence de moyens de stockage de l’électricité, le fait qu’elle soit intermittente la rend peu appropriée : les centres de données ont besoin d’une alimentation régulière et fiable.
  • Énergie hydroélectrique. Les barrages de plusieurs provinces (Québec et Colombie-Britannique, notamment) sont déjà fortement sollicités et, tout comme pour le nucléaire, l’accroissement de la capacité prendra du temps.
  • Gaz naturel. Cette source d’énergie a la faveur de l’Alberta, voire (du moins à moyen terme) de l’Ontario, mais les émissions produites devront être compensées.

L’AI commande aux provinces d’adopter des approches régionales plus fines

En matière d’intelligence artificielle, les ambitions du Canada seront tributaires des politiques provinciales.

Avec ses lignes de transport moins sollicitées qu’ailleurs, l’Alberta, bien pourvue en gaz naturel, préfère que les centres de données soient alimentés autrement que par le réseau électrique public. C’est l’approche BYOP (bring your own power), qui permet une mise en œuvre plus rapide et est favorable aux marchés locaux du gaz, avec tous les bienfaits que cela implique pour l’économie de la province. Une approche qui satisfait par ailleurs aux exigences de la Régie de l’Énergie du Canada, étant donné que les installations n’injecteront pas dans le réseau plus d’électricité qu’elles n’en consommeront. Ce modèle ne peut toutefois être mis en œuvre partout au Canada.

Le Québec, avec ses normes environnementales sévères et son système de plafonnement et d’échange de droits d’émission, privilégie les solutions peu polluantes. Du fait de ses barrages, la province produit de l’énergie propre mais limite aussi les possibilités en ce qui concerne les projets à fortes émissions, d’autant qu’elle se présente comme un carrefour technologique faiblement carboné. Il en est de même pour la Colombie-Britannique, qui privilégie l’énergie hydroélectrique et où les sources à forte intensité carbonique sont strictement réglementées.

Ontario pratique une plus grande souplesse qui élargit le champ des possibilités. La densité de la population et le fort tissu industriel font que le réseau est fortement tiraillé – qu’il s’agisse des serres, des véhicules électriques ou des chaînes d’approvisionnement des fabricants de batteries, les besoins sont multiples ; la principale difficulté de la province est de trouver l’équilibre.

 

Où établir les centres de données et quels types choisir ? Les décideurs devront satisfaire à un ensemble complexe de critères économiques, environnementaux et sociaux. Nos recherches montrent que les centres de données ont un fort impact sur le PIB, comparativement par exemple aux secteurs de la fabrication et des transports, mais qu’ils créent moins d’emplois (fig. 2).

Le succès de notre stratégie en matière d’intelligence artificielle dépendra donc beaucoup de la coordination entre le gouvernement fédéral et les provinces. L’État devra mettre en place des cadres permettant aux provinces de concevoir des politiques sur mesure réalisant l’équilibre entre la croissance, la durabilité et les exigences de la nouvelle économie. Cela supposera notamment de promouvoir de manière ciblée l’adoption de l’IA dans les PME et de faire en sorte que les centres de données contribuent à accroître la productivité dans tous les secteurs. L’engagement qu’a pris par exemple Amazon Web Services (AWS) d’investir 25 milliards de dollars dans les centres de données canadiens prévoyait en 2023 d’affecter une partie de la capacité de traitement à l’Université de l’Alberta, grâce à un centre infonuagique qui venait d’être construit à Calgary au coût de 4 milliards.

Tirer parti des possibilités qu’offrent les centres de données à très grande échelle

Les centres de données exigent beaucoup d’électricité (entre 200 et 5 000 mégawatts, soit la consommation d’une ville de taille moyenne). Avec son électricité propre et peu coûteuse, le Canada occupe une position avantageuse. Les centrales hydroélectriques ou nucléaires de villes comme Montréal, Vancouver ou Toronto figurent parmi les sources d’énergie nord-américaines les moins chères et les moins polluantes (fig. 3). Aux États-Unis, les tarifs consentis aux établissements industriels dans les États clés où se trouvent des centres de données (Arizona, Illinois, Texas…) sont, en moyenne, 30 à 40 % plus élevés – et la consommation y est supérieure de 20 à 40 %, car le climat chaud complique le refroidissement des installations.

Les géants mondiaux ont bien saisi les avantages qui s’offrent à eux au Canada. Nous estimons que la capacité requise par les projets en attente d’examen dans les différentes provinces s’établit à 15 GW, soit 20 fois plus que la capacité actuelle5 ; elle suffirait aux besoins de 70 % des ménages canadiens d’aujourd’hui. C’est sans compter que l’intérêt réellement exprimé à l’égard des centres de données est fort probablement beaucoup plus grand : à elle seule, l’Alberta a reçu des propositions portant sur 50 projets réclamant une capacité totale de 20 GW6.

On prévoit déjà que l’électrification à grande échelle de l’économie va solliciter de manière inédite les réseaux électriques du pays. La capacité de production d’électricité du Canada devrait atteindre 750 GWh7 au cours des dix prochaines années, alors que la demande devrait passer à 875 GWh8, soit un écart de quelque 15 %. Il convient donc de procéder à une gestion rigoureuse des ressources.

 

Emissions: Tirer parti de la capture du carbone

Compte tenu des objectifs climatiques du Canada, l’empreinte carbone de l’IA inquiète. Les provinces ne peuvent se passer d’alimenter en électricité les importants secteurs que sont l’industrie lourde, les installations de liquéfaction du gaz naturel ou encore les serres. La plupart devront décider si l’exploitation de centres de données est conciliable avec leurs priorités économiques et avec leurs politiques de réduction des émissions.

Les centres de données ont besoin d’une alimentation stable que ne peuvent assurer les parcs d’éoliennes ou de panneaux solaires, sources intermittentes par définition. Dans certaines régions, on s’oppose d’ailleurs aux énergies renouvelables. Le gaz naturel, lui, permet une production stable et facile à moduler.

Par contre, s’il sert à alimenter les centres de données, un problème d’émissions se posera : en supposant qu’on doive produire ainsi six gigawatts supplémentaires, le total des émissions annuelles du Canada pourrait croître de 16 millions de tonnes d’équivalent CO2 (+3 %)9.

Des installations de captage et de stockage du carbone (CSC) permettraient d’infléchir cette hausse. En Alberta, des entreprises débattent déjà d’intégration de tels équipements aux centrales au gaz qui alimentent les centres de données. Le problème environnemental perdrait ainsi de son acuité et on tirerait parti des infrastructures existantes tout en stimulant les investissements en production de gaz naturel et en mise au point des systèmes CSC, qui n’en sont encore qu’à leurs débuts.

Les GAFAM qui, aux États-Unis, investissent massivement dans l’énergie nucléaire pour répondre aux besoins de l’IA pourraient en faire autant au Canada à l’égard du gaz naturel à faibles émissions.

Seulement, cela ne serait pas possible partout, vu le coût élevé et la complexité des systèmes CSC. La technologie est facile à transplanter mais, au Canada, les caractéristiques géologiques et les infrastructures requises pour stocker le carbone ne se trouvent qu’en Alberta.

 

Economy: Des possibilités de croissance chiffrées à 100 milliards de dollars

Qu’il s’agisse d’informatique en nuage ou d’intelligence artificielle, l’économie numérique croît rapidement et change la donne sur tous les plans.

D’après les estimations actuelles, l’économie numérique représente 6,3 % de notre PIB (en comptant plus largement, on aboutit même à 15 %) et elle se développe 2,5 fois plus vite que les secteurs traditionnels10. L’écosystème en jeu dépend étroitement des centres de données, où sont entreposées et traitées les immenses volumes de données que génèrent l’IA et les autres technologies d’avant-garde. À elle seule, la mise sur pied des centres en projet pourrait stimuler considérablement les secteurs de la construction et des infrastructures TI en entraînant des dépenses de 100 milliards de dollars, sans parler des retombées sur l’ensemble de l’économie.

Pour les entreprises canadiennes, l’avantage serait encore plus grand, puisqu’elles disposeraient dès lors d’un écosystème IA qui les aiderait à gagner en compétitivité dans des branches aussi diverses que la santé, l’industrie automobile, la fabrication ou les techniques propres. L’intelligence artificielle pourrait ainsi révolutionner la recherche sur les biotechnologies, aider à déterminer plus précisément les régimes météorologiques ou améliorer les fonctions de navigation des véhicules autonomes.

Le Canada est toutefois en retard sur ses pairs. La proportion des entreprises qui utilisent l’IA n’y est que de 35 %, contre 72 % aux États-Unis11. L’écart est dû en partie au pourcentage élevé de PME au Canada. Nos petites ou moyennes entreprises, qui emploient 65 % de la main-d’œuvre du secteur privé12, manquent souvent des capitaux et des spécialistes requis pour investir dans les technologies ultramodernes. Il est essentiel d’y remédier si l’on veut stimuler la productivité canadienne, en déclin depuis plus de 30 ans13. Le Canada, qui ne consacre que 1,7 % de son PIB14 (deux fois moins que les États-Unis) à la recherche et au développement, doit de toute urgence investir davantage en IA et en innovation technologique.

Le gouvernement fédéral a pris certaines mesures pour rattraper le retard en productivité, en lançant des initiatives comme le Fonds d’accès à une puissance de calcul pour l’IA ; d’un montant de 2 milliards de dollars, il vise à décupler les capacités technologiques et de traitement des grandes entreprises comme des PME, afin de promouvoir l’innovation.

L’adoption de l’IA n’a pas seulement pour but de procurer des gains économiques immédiats ; il s’agit aussi de faire du Canada un chef de file mondial de la technologie, par exemple en étoffant notre main-d’œuvre spécialisée en intelligence artificielle, grâce à des programmes de formation adaptés et à des partenariats avec les établissements universitaires en mesure de susciter une nouvelle génération d’experts en la matière.

Data Security: Préserver notre souveraineté numérique et la confidentialité des données

Une autre priorité est la souveraineté en matière de données. Les lois canadiennes qui encadrent la confidentialité de l’information sont strictes : les données sensibles doivent demeurer à l’intérieur de nos frontières et la conformité est de rigueur, tout comme la protection de la vie privée. La montée du numérique s’accompagne de l’augmentation des cyberrisques. IBM signale que 27 000 atteintes à la sécurité des données ont lieu au Canada chaque année ; les pertes économiques potentielles se chiffrent en milliards.

Seulement, le maintien des données sur le sol national pèse sur la capacité électrique et sur le commerce. Si l’impact des centres de données sur nos lignes de transport n’a pas été plus marqué jusqu’ici, c’est que, au Canada, ils servaient surtout à entreposer l’information. Il faut maintenant tenir compte de la généralisation de l’IA et des activités énergivores des grandes centres informatiques. Il est fort probable qu’une partie des données devra être hébergée et traitée localement, notamment dans les secteurs stratégiques de l’administration publique, de la santé, des services bancaires et des assurances, mais aussi dans les laboratoires R-D, que des délais de réponse trop longs rendraient moins performants.

Ailleurs, par exemple pour le commerce en ligne, un corridor nord-américain tel que celui qu’envisage le PDG d’OpenAI (Sam Altman) pourrait, aux fins de l’économie numérique, donner un avantage comparatif à des régions dont les ressources sont actuellement moins sollicitées. Cela exigerait toutefois une meilleure collaboration entre le Canada et les États-Unis.

Les centres de données peuvent aussi aider le Canada à tirer profit du savoir-faire qui est le sien en matière d’IA. Depuis les années 1980, le pays est l’un des ténors de la recherche en intelligence artificielle, grâce à des universitaires renommés comme Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, mais il risque d’être détrôné en raison de l’insuffisance de ses infrastructures. Pour demeurer concurrentiel, le Canada devra sans doute prioriser l’affectation des ressources TI aux secteurs publics (santé, éducation et défense, notamment) – des ressources essentielles à l’innovation et au maintien de notre avance technologique.

Conclusion

s’offre au Canada de tirer parti du leadership qu’on lui reconnaît dans le domaine de l’intelligence artificielle. L’écosystème connexe peut produire des outils qui, par le jeu des algorithmes et de l’analyse des grands ensembles de données, peuvent renforcer la compétitivité de nos entreprises dans des branches aussi diverses que la santé, les technologies propres, le secteur manufacturier, les services, les transports et la logistique.

Moyennant une approche flexible et la collaboration du gouvernement fédéral, l’infrastructure IA canadienne pourrait soutenir l’économie numérique conformément aux objectifs que s’est fixés le pays en matière de durabilité, de sécurité et de prospérité économique.

Contributors:

Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique, Institut d’action climatique RBC

Yadullah Hussain, Yadullah Hussain, directeur de rédaction, Institut d’action climatique RBC

Caprice Biasoni, Graphiste spécialisée

Shiplu Talukder, Spécialiste, Publication numérique

  1. Cette estimation repose sur les projets de centre de données que l’on suppose en attente d’examen par les organismes de réglementation provinciaux. La consommation d’électricité totale qui pourrait être celle du pays d’ici 2030 a été calculée par le Conseil consultatif canadien de l’électricité.
  2. D’après les chiffres publiés par S&P, BCG et McKinsey.
  3. Estimation reposant sur les coûts totaux de mise sur pied (achat des terrains, construction, coûts de traitement des données et de mise en réseau, dépenses liées aux systèmes de refroidissement).
  4. Conseil consultatif canadien de l’électricité
  5. S&P Global Market Intelligence
  6. The Calgary Herald
  7. S&P Global
  8. Conseil consultatif canadien de l’électricité
  9. Pour le chiffre de 16 millions, nous avons supposé des émissions de 360 kg par mégawattheure.
  10. Statistique Canada (lien)
  11. KPMG
  12. Innovation, Sciences et Développement économique Canada
  13. Statistique Canada
  14. Statistique Canada

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