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Leadership avisé RBC Géopolitique, commerce et économie Zone Commerciale : Le pétrole vénézuélien peut-il remplacer les sables bitumineux ?
Géopolitique, commerce et économie

Zone Commerciale : Le pétrole vénézuélien peut-il remplacer les sables bitumineux ?

Ce que les projets américains de production de brut lourd pourraient signifier pour le Canada

Temps de lecture 6 minutes

Le président des États-Unis, Donald Trump, a pris le Canada par surprise en annonçant un virage vers le Venezuela et un plan pour prendre le contrôle d’une partie des réserves pétrolières du pays sud-américain.

Mais dans les faits, le Venezuela pourrait-il prendre le pas sur les sables bitumineux ?

Pourquoi le pétrole lourd est-il si important pour les États-Unis ? Il n’est pas facile pour les États-Unis de remplacer l’offre canadienne, dans le contexte d’une production nationale extrêmement faible et d’un déclin structurel de l’approvisionnement en brut lourd du Mexique et du Venezuela.

La rivalité entre le Venezuela et le Canada dans le domaine du pétrole lourd n’est pas quelque chose de nouveau. Les deux pays se disputaient déjà les capacités de raffinage des États-Unis dans les années 1990 et au début des années 2000 – bien que ce ne soit plus le cas depuis plusieurs années. Les exportations de brut lourd du Venezuela vers les États-Unis ont chuté, passant de plus de 1,5 million de barils par jour (bpj) en 2000 à des niveaux négligeables ces dernières années. Toutefois, depuis le renversement du régime de Nicolas Maduro par Washington, le brut vénézuélien a refait surface pour atteindre 630 000 bpj en juin. En comparaison, le Canada a exporté plus de quatre millions de barils par jour aux États-Unis au cours du même mois, et il demeure la principale source de pétrole brut importé pour les États-Unis.

Les coûts d’une relance de la production au Venezuela seraient colossaux. Selon l’équipe Stratégie marchandise de RBC, le projet coûterait des milliards de dollars en investissements sur une période de dix ans, notamment à cause de la mauvaise gestion des infrastructures et des actifs au Venezuela à partir du milieu des années 2000 et du vieillissement de bon nombre des gisements les plus prolifiques du pays. 

Le retour du pétrole vénézuélien « serait probablement un processus lent, coûteux et politiquement fragile », selon Shaz Merwat, Énergie, Leadership avisé RBC, dans une note publiée à la fin de l’année dernière.

La plupart des sociétés hésitent à retourner au Venezuela – pour le moment. Les sociétés ayant exercé des activités au Venezuela par le passé sont hésitantes, préoccupées par le recouvrement de la dette découlant de l’ère des sanctions. ExxonMobil et ConocoPhillips traînent à retourner au Venezuela, après avoir perdu des milliards de dollars d’actifs lors d’expropriations menées par l’État.

Cependant, certaines se sont lancées. L’entreprise américaine Chevron et l’entreprise italienne Eni sont ainsi les premières à revenir dans ce pays après l’annonce de M. Trump. Le plan d’investissement de 7 milliards de dollars américains de Chevron pour les cinq prochaines années pourrait plus que doubler sa production au Venezuela, la portant à 600 000 barils par jour.

La lutte pour le pétrole lourd s’intensifiera au cours des prochaines années. L’équipe Stratégie marchandise de RBC estime que l’offre du Venezuela pourrait augmenter de 110 000 bpj en 2026 et de 245 000 bpj supplémentaires en 2027. Les États-Unis prétendent contrôler 65 milliards de barils des réserves prouvées du Venezuela, ce qui laisse du potentiel pour augmenter cette part, à condition que le projet surmonte les obstacles juridiques et contractuels au Venezuela et aux États-Unis ainsi que les changements politiques dans ces deux pays.

Qu’est-ce que cela signifie pour le Canada ? L’an dernier, les sociétés pétrolières canadiennes ont extrait un volume record de 5,35 millions de barils de brut par jour, faisant fi des efforts des États-Unis pour ranimer l’industrie pétrolière du Venezuela. Les principales actions du secteur canadien de l’énergie ont continué de progresser à la faveur de la hausse des prix du pétrole.

Le secteur canadien du pétrole et du gaz attire l’attention des États-Unis et du reste du monde. Au cours des dernières semaines, des sociétés comme KKR, Apollo et Pétrole et gaz du Nord ont investi dans le secteur pétrolier tau Canada. La phase 2 du projet de LNG Canada, une coentreprise regroupant cinq sociétés mondiales du secteur de l’énergie, dont la grande société pétrolière Shell, est maintenant en attente de l’approbation simplifiée du Bureau des grands projets du gouvernement.

Le Canada se tourne vers l’Asie. Des efforts sont également déployés pour aider le Canada à se diversifier au cas où le Venezuela augmenterait sa production de façon encore plus significative. Le projet de pipeline de la côte ouest, qui acheminera un million de barils par jour de l’Alberta à la Colombie-Britannique, ciblera l’Asie. Peu importe l’évolution de la politique américaine, les producteurs canadiens sont en voie de se positionner pour accéder à un marché diversifié et accroître leur résilience face à l’intensification de la concurrence.

Le Canada et les États-Unis ont échangé des attaques verbales : Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré que son pays « n’était pas en guerre » avec le Canada, en se moquant de la menace que représenteraient des « sous-marins sortis du centre commercial d’Edmonton ». Le Premier ministre Mark Carney a déclaré que les Américains devraient « cesser de faire des mèmes, de lancer des pointes et de jouer les durs, et commencer à être sérieux. »

Les républicains soutiennent la guerre commerciale de Donald Trump : les membres républicains du Congrès ont rencontré le représentant américain au Commerce Jamieson Greer cette semaine, et dans l’ensemble ils ont appuyé la stratégie commerciale du président, reprochant à M. Carney de se retirer des négociations.

Les ministres des Finances et les dirigeants des banques centrales du monde se sont réunis au sommet du G20 : La Chine a été le seul pays à rejeter certaines parties d’une déclaration commune publiée à la suite du sommet, en particulier un paragraphe précisant que les pays prendraient des mesures pour éliminer les politiques et les pratiques non favorables aux marchés.

Le Sommet sur les placements du Canada approche, dans le contexte des tensions commerciales avec les États-Unis : Au cours du sommet, M. Carney et d’importants chefs de la direction canadiens comptent parler de l’énergie, des minéraux critiques, de la défense et des technologies avancées, selon un rapport.

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