Après l’échec des pourparlers entre le Canada et les États-Unis, le président américain Donald Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur plus de 500 marchandises canadiennes, ce qui représente 5 % (environ 20 milliards de dollars américains) du total des exportations du pays vers les États-Unis. Le Canada a répliqué en annonçant des contre-mesures tarifaires « dollar pour dollar ».
Vue d’ensemble
Nos collègues des Services économiques RBC ont analysé les répercussions des nouveaux droits de douane américains :
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5,5 % – Le taux moyen des droits de douane sur les importations américaines en provenance du Canada, en hausse par rapport à 3 % environ, mais encore au-dessous du taux moyen appliqué par les États-Unis aux importations de tous les autres pays.
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0,4 % – L’impact sur le PIB du Canada. Bien que plus de 80 % des exportations demeurent exemptes de droits de douane en vertu de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), l’impact sur les secteurs ciblés sera considérable.
Vous pouvez consulter l’intégralité du rapport des Services économiques RBC ici.
Cartographie de l’impact
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La Colombie-Britannique, le Québec et l’Ontario sont les provinces les plus impactées par les nouveaux droits de douane, car de 10 % à 15 % de leurs exportations vers les États-Unis sont touchées.
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Le matériel électrique, le plastique, l’empaquetage, le mobilier et l’éclairage constituent la majeure partie des biens visés.
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Les Prairies et les provinces de l’Atlantique, dont les États-Unis dépendent largement pour s’approvisionner en biens essentiels comme l’énergie, la potasse et les céréales, sont largement épargnées.
Secteur agricole : ça va faire un peu mal
Bon nombre des principales exportations agroalimentaires du Canada, dont les céréales, les oléagineux, les aliments riches en protéines et le bétail, ainsi que les produits transformés, ont été exclues de la liste visée à l’article 338.
Cependant, plusieurs secteurs importants sont touchés :
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Produits laitiers : le secteur a été ciblé de façon significative, mais de façon inégale. Le barème s’applique à des dizaines de produits, en particulier le lactosérum, les concentrés de lait et de crème, ainsi que plusieurs ingrédients protéinés pour le lait. La famille de produits la plus impactée est celle du lactosérum, dont plus de 100 millions de dollars en valeur ont été vendus aux États-Unis en 2025. Il est à noter que le yogourt, le beurre et le fromage ne sont pas inclus dans la dernière liste de droits de douane.
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Miel, sucres, sirops : le miel naturel a été ciblé, ce qui pourrait avoir de graves répercussions pour les apiculteurs. L’an dernier, le miel envoyé aux États-Unis a atteint une valeur de 30 millions de dollars, soit plus de 50 % des exportations de ce produit. D’autres sirops et sucres, comme le glucose et le sirop de glucose (soit 100 millions de dollars d’exportations vers les États-Unis) figurent dans la liste, tandis que le sirop d’érable (540 millions de dollars) a été épargné.
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Horticulture, botanique, huiles essentielles : la plupart des bulbes, des fleurs coupées et des autres plantes vivantes sont touchés, de même que les huiles essentielles, lesquelles sont toutes incluses dans la liste. Ces mesures ont de lourdes conséquences. En 2025, les fleurs coupées et les boutons de fleurs exportés aux États-Unis ont représenté 155 millions de dollars, et les bulbes et tubercules, 52 millions de dollars. En outre, la valeur des exportations d’huiles essentielles vers les États-Unis s’est élevée à 55 millions de dollars environ, soit 80 % des exportations de ce segment.
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Boissons alcoolisées : le barème tarifaire comprend 63 lignes classifiées dans la catégorie des boissons alcoolisées, ce qui porte un coup considérable et généralisé au secteur. Cette liste englobe plus de 1,2 milliard de dollars de produits parmi les grandes familles de bières, de vins, de spiritueux et autres boissons fermentées.
Étant donné que plus de 60 % (60 milliards de dollars) des exportations du secteur agroalimentaire canadien sont destinées aux États-Unis chaque année, les Américains sont devenus dépendants du Canada pour assurer la sécurité et l’accessibilité alimentaires. Bien que les nouveaux droits de douane soient douloureux pour les secteurs visés et entraînent une hausse des prix pour les consommateurs américains, ils ne modifient pas la situation macroéconomique de l’agriculture canadienne.
Automobile : ce que représente le marché canadien pour les États-Unis
Lundi, Donald Trump a annoncé qu’il doublerait les droits de douane à l’égard de l’industrie automobile canadienne pour les porter à 50 % et qu’il appliquerait un taux punitif sur les voitures, les camions et les pièces, en plus de l’acier. Dans sa publication, le président a déclaré que les Américains n’ont pas besoin du Canada.
Or, le secteur nord-américain de l’automobile est hautement intégré – les pièces traversent les frontières nord-américaines jusqu’à huit reprises avant qu’un véhicule ne soit assemblé. Ces droits de douane sont plus dévastateurs pour le secteur automobile canadien que pour le secteur américain, mais dans l’absolu, l’escalade de la guerre commerciale pénalisera le secteur automobile des deux côtés de la frontière.
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Répartition : les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis dans le secteur de l’automobile s’élèvent à 100 milliards de dollars (entre l’assemblage, les pièces, la carrosserie et les semi-remorques). Les États-Unis ont un excédent de 3 milliards de dollars. Peu importe les échanges commerciaux perdus avec les Américains, ces derniers risquent d’être perdants également.
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Coup à la production des États-Unis : la plupart des 10 à 11 millions de véhicules assemblés aux États-Unis sont vendus sur le marché intérieur, mais environ 15 % sont exportés, le Canada représentant de loin le plus grand marché d’exportation – plus que les 10 marchés d’exportation suivants combinés. Le fait de fermer la porte aux importations américaines impacterait de 7 % à 10 % de la production annuelle des États-Unis.
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Les Canadiens sont de gros acheteurs de voitures : seuls les Américains achètent plus de voitures que les Canadiens, sur une base par habitant. Les Canadiens dépensent près de 110 milliards de dollars par année en voitures, dont 90 % sont fabriquées à l’étranger. Les Canadiens ont aussi une préférence marquée pour les véhicules plus lourds et à plus forte valeur. La série F de Ford est le véhicule le plus vendu au Canada depuis 15 ans.
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Les droits de douane rendent les véhicules plus chers : à eux seuls, les droits de douane à l’égard du Canada et du Mexique ont totalisé 1 600 $ par véhicule assemblé aux États-Unis, sans compter les droits imposés sur l’acier et l’aluminium. Les droits de douane à l’égard du Canada et du Mexique ont coûté 12,5 milliards de dollars aux fabricants et fournisseurs automobiles nord-américains l’année dernière.
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Les États-Unis perdent des parts de marché : le marché canadien est petit par rapport au marché américain, mais le pays demeure le plus grand acheteur mondial de voitures et de camions américains. Dans la décennie ayant précédé l’imposition de droits de douane sur l’industrie automobile canadienne par Donald Trump, 49 % des véhicules importés au Canada étaient fabriqués aux États-Unis. Mais au cours des dix premiers mois de 2025, ce pourcentage est tombé à 36 % au profit des véhicules sud-coréens et mexicains qui ont gagné des parts de marché. Si des droits de douane encore plus élevés entrent en vigueur, cette tendance pourrait se poursuivre.
Collaborateurs : Alicja Siekierska, Farhad Panahov, Wilson Fink et Jordan Brennan
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