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Le refus du président américain Donald Trump de renouveler l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) avant l’échéance du 1er juillet n’a surpris personne. Il marque toutefois, pour l’accord, le début d’une nouvelle ère qui s’annonce riche en négociations — et encore plus en incertitude.

Que signifie réellement l’absence d’accord à l’échéance ?

  • Tout d’abord, l’ACEUM est loin d’être chose du passé : il devra faire l’objet d’un examen annuel au cours des dix prochaines années. À court terme, la situation demeure donc essentiellement inchangée, puisque les exemptions tarifaires visant les produits canadiens et mexicains conformes à l’ACEUM restent en vigueur. Toutefois, si les trois parties ne parviennent pas à s’entendre sur une prolongation d’ici 2036, l’accord prendra fin.

  • Les États-Unis pourraient-ils se retirer de l’accord avant 2036 ? M. Trump a menacé de le faire. Il devra toutefois donner un préavis écrit de six mois et, selon le comité des finances du Sénat américain, obtenir l’approbation du Congrès. Comme le soulignent nos collègues des Services économiques RBC dans leur plus récent rapport, nous continuons de considérer qu’une résiliation pure et simple de l’ACEUM est peu probable, si la logique économique prévaut. Les exportateurs et les importateurs des deux côtés de la frontière ont tout intérêt à préserver l’accord. »

  • Des accords parallèles sont-ils envisagés ? On croit que les États-Unis chercheront à conclure des « protocoles » distincts avec le Canada et le Mexique. Le ministre canadien responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a indiqué que son gouvernement était ouvert à cette possibilité.

Les obstacles :

Les États-Unis ont une longue liste de sujets de mécontentement, exposés dans le National Trade Estimate de 2026 publié plus tôt cette année par le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR). On y retrouve plusieurs enjeux souvent évoqués, notamment le système canadien de gestion de l’offre, l’accès limité au marché canadien pour les vins, les bières et les spiritueux américains, ainsi que la politique fédérale « Achetez canadien ».

Mais la liste ne s’arrête pas là :

  • Un meilleur accès au marché de l’électricité de l’Alberta : Selon l’USTR, peu de progrès ont été réalisés pour faciliter l’accès des producteurs d’énergie du Montana au marché albertain. L’organisme estime également que l’électricité produite au Montana est désavantagée au profit de celle des producteurs albertains, même lorsque les prix sont équivalents.

  • Des délais trop longs pour les approbations réglementaires dans le secteur aéronautique : Les États-Unis indiquent que des parties prenantes ont soulevé des préoccupations concernant le processus réglementaire et les délais de validation des aéronefs au Canada.

  • Une réglementation « lourde » dans le secteur des semences : Selon l’USTR, le système canadien d’importation des semences est lent et lourd et désavantage les exportations américaines de semences et de céréales vers le Canada.

  • Une protection insuffisante de la propriété intellectuelle : L’USTR a inscrit le Canada sur sa liste de surveillance en matière de protection et d’application des droits de propriété intellectuelle. L’organisme a également déploré l’insuffisance des mesures prises pour lutter contre les produits contrefaits ou piratés, tant à la frontière qu’au Canada, citant expressément le Pacific Mall de Toronto.

La suite des choses

  • Les négociations se poursuivront tout au long de l’été : Les États-Unis rencontreront le Mexique durant la semaine du 20 juillet dans le cadre d’une troisième ronde de négociations bilatérales. Le Mexique pourrait se montrer disposé à faire certaines concessions, le gouvernement de Claudia Sheinbaum ayant fait de sa relation commerciale avec les États-Unis sa priorité. Washington et Ottawa n’ont toutefois pas encore amorcé leurs négociations.

  • Une nouvelle échéance approche : Les droits de douane imposés en vertu de l’article 122 expireront le 24 juillet, à moins que le Congrès ne les prolonge, ce qui semble peu probable. L’administration Trump devrait plutôt annoncer une nouvelle série de droits de douane. Cette perspective a déjà entraîné une hausse des expéditions — et des coûts de transport —, les entreprises cherchant à devancer l’entrée en vigueur de nouvelles mesures tarifaires.

    Les importateurs devancent leurs expéditions en prévision de nouveaux droits de douane américains
  • L’incertitude freinera les investissements : Bien que l’accord demeure en vigueur, les examens annuels prolongeront l’incertitude qui pèse déjà sur les décisions d’investissement des entreprises. Faute de visibilité, celles-ci risquent de reporter d’importantes décisions d’investissement à long terme.Comme l’a récemment déclaré le ministre mexicain de l’Économie, Marcelo Ebrard : « Si vous nous imposez un processus d’examen permanent, vous finirez par étouffer l’investissement. »

La nécessité de nourrir 10 milliards de personnes d’ici 2050 est depuis longtemps au cœur des recherches et des politiques agroalimentaires. Mais dans un contexte de baisse des taux de fécondité et de stabilisation progressive de la population mondiale, une nouvelle étude de S&P Global Energy pose la question à long terme sous un autre angle : et si l’offre finissait par dépasser la demande ?

Pour certaines cultures, la croissance de la demande devrait ralentir d’ici 2050. Les cultures destinées à l’alimentation animale seraient particulièrement touchées, alors que la croissance de la consommation de viande par habitant devrait ralentir pour s’établir à environ 0,1 % par année.

Parallèlement, les rendements agricoles et la production alimentaire continuent d’augmenter. Cette tendance s’observe également au Canada, où les rendements et la production globale de la plupart des cultures ont considérablement progressé depuis le début du siècle. Par exemple, entre 2000 et 2012, la production annuelle de blé n’a jamais dépassé 30 millions de tonnes. En 2025, elle atteignait près de 40 millions de tonnes.

Type de cultureCroissance annuelle moyenne du rendement (%), 2000-2025
Canola (colza)3,4
Maïs-grain2,1
Blé, tous types confondus3,0
Orge3,3

Source: Statistique Canada Tableau 32-10-0359-01 Estimation de la superficie, du rendement, de la production, du prix moyen à la ferme et de la valeur totale à la ferme des principales grandes cultures, en unités métriques et impériales

Si ces hausses annuelles de rendement se poursuivent de 2026 à 2050 et que les superficies ensemencées demeurent constantes, la production de blé et de canola augmenterait de plusieurs dizaines de millions de tonnes.

Même si l’on ne prévoit pas de baisse absolue de la consommation alimentaire, le ralentissement de la croissance démographique, conjugué à l’augmentation continue de la production agricole, pourrait créer un déséquilibre et poser des défis structurels pour la santé et la rentabilité à long terme des marchés d’exportation. La demande croissante de biocarburants et le développement de nouveaux débouchés pourraient absorber une partie de ces excédents. Le Canada devra néanmoins continuer d’accroître son efficacité tout en cherchant à se démarquer des autres grands pays exportateurs de produits agricoles. En misant sur la qualité de ses exportations et sa fiabilité comme partenaire commercial, le Canada pourra contribuer à préserver sa réputation de fournisseur privilégié.


Les personnes contributrices: Alicja Siekierska, Farhad Panahov, Wilson Fink

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Également dans ce numéro : 10 chiffres qui illustrent l’incidence du Brexit sur le Royaume-Uni 10 ans après

L’expertise, et non les électrons, pourrait constituer le principal atout du Canada en matière d’exportation d’énergie

  • Le débat sur le commerce de l’électricité à Ottawa tourne sans cesse autour des interconnexions est-ouest et des flux transfrontaliers d’électricité, mais l’expertise canadienne pourrait constituer un atout d’exportation sous-estimé. Un exemple de ce type, évoqué lors du sommet national de l’électricité du Canada (Canada’s Electricity Strategy Summit) qui s’est tenu cette semaine à Ottawa, est celui de Manitoba Hydro International (relancée en 2024 par la société provinciale de services publics après trois ans de fermeture), qui a commencé en 1998 à vendre l’expertise canadienne en matière de services publics à plus de 120 clients à travers le monde.

Le Canada doit supprimer les barrières au commerce et à l’investissement

  • L’un des principaux enseignements tirés d’une table ronde organisée cette semaine par le C.D. Howe Institute est que, si la diversification des échanges commerciaux est importante, la réduction des barrières à l’investissement étranger est tout aussi urgente. Une réforme globale du système d’imposition des sociétés du pays figurait parmi les idées qui ont été avancées.

La semaine prochaine, l’Amérique du Nord franchira une étape décisive dans les relations commerciales entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. 

Il ne s’agit pas d’un précipice, mais cet accord marquera le début d’un nouveau chapitre dans ce qui a été jusqu’à présent l’accord commercial le plus fructueux au monde.

Pour évaluer ce que l’avenir pourrait réserver, John Stackhouse, de RBC, a participé cette semaine à une table ronde virtuelle organisée par la Brookings Institution, aux côtés d’experts en politique des trois pays. Une chose semblait certaine : quelle que soit la forme que prendra l’ACEUM révisé, l’esprit du commerce nord-américain sera probablement marqué par davantage de coups de coude et moins de poignées de main.

Quelques autres points à retenir :

1. Un accord sera conclu : « Il y a des raisons d’être optimiste », tel était le refrain, même si les coûts de cet accord se feront sentir dans les trois pays. Il en va de même pour le calendrier, surtout si les négociations se poursuivent après les élections de mi-mandat aux États-Unis, dans un contexte où Washington sera plus divisé. 

2. Il faudra s’habituer aux droits de douane : Au-delà de la date butoir du 1er juillet pour la révision de l’ACEUM, le régime actuel de droits de douane prévu à l’article 122 expirera le 24 juillet, date à laquelle il faut s’attendre à ce que l’administration Trump mette en place un autre régime. La population canadienne doit envisager toute une série de droits de douane qui pourraient en découler, allant d’une « mesure musclée » de 15 à 25 % (ce qui est peu probable) à une variante du statu quo, qui pourrait s’accompagner de mesures frontalières plus strictes concernant le commerce numérique. On peut parier sans trop de risque sur une forme de « prix d’accès au marché », peut-être de l’ordre de 5 %, assorti d’une foule d’exemptions.

3. Les lettres d’accompagnement seront essentielles : L’accord général pourrait rester en place dans une large mesure, accompagné d’une série de conventions accessoires ne nécessitant pas de loi. Cela peut être une bonne nouvelle, car ces lettres peuvent être modifiées plus facilement qu’un accord complet. Toutefois, ce risque peut aussi s’appliquer aux garanties que le Canada et le Mexique pourraient chercher à obtenir dans le cadre d’opérations parallèles. 

4. Le Mexique est prêt à faire des concessions : Le gouvernement de Claudia Sheinbaum – de manière plus ouverte que le Canada – a fait des États-Unis sa priorité commerciale absolue et adopte des politiques pour s’aligner sur les demandes de Washington. Il pourrait en résulter un resserrement des règles d’origine pour le secteur automobile. Le Mexique est également intéressé par un cadre plus large pour régler les questions liées aux frontières, à l’énergie et à la sécurité alimentaire, ainsi qu’au commerce.

5. Le Canada doit gérer ses divisions internes : Le Canada n’a pas une économie unique en matière de commerce. Les droits de douane actuels au titre de l’article 232 couvrent 36 à 37 % des exportations canadiennes vers les États-Unis – mais 58 % pour l’Ontario et 55 % pour le Québec. Les Maritimes, la Saskatchewan et l’Alberta subissent des répercussions inférieures à 10 %. L’opinion publique canadienne s’est aussi durcie à l’idée d’un accord à tout prix, en partie parce que la confiance des Canadiens et Canadiennes dans les engagements américains s’est affaiblie. 

6. L’incertitude nuit à l’investissement et à la croissance : Dans les trois pays, les entreprises se protègent face aux aléas frontaliers en diversifiant leur production afin d’anticiper les nouvelles mesures tarifaires et non tarifaires. En ce qui a trait au Canada, certains investissements pourraient aussi être réalisés pour desservir des marchés d’exportation autres que les États-Unis, notamment l’Europe et la Chine. 

Cette semaine a marqué le 10e anniversaire du référendum à l’issue duquel le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne. Une décennie après ce vote sans précédent, les répercussions sont encore en cours d’évaluation et de prise de conscience.

  •  14% – La baisse des exportations britanniques de biens vers l’UE en 2025 par rapport à 2019, avant que les deux partenaires ne signent un nouvel accord commercial. Durant la même période, les exportations britanniques vers des pays non membres de l’UE ont chuté de 8 %. 

  • 28% – Le bond des exportations de services du Royaume-Uni vers l’UE par rapport à 2019. Les exportations vers les pays non membres de l’UE ont augmenté de 26 % par rapport à 2019. Toutefois, le Centre for European Reform estime que les exportations de services sont toujours inférieures de 7 % à ce qu’elles auraient été si le Royaume-Uni était resté dans l’UE.

  • ↓ 6 à 8 % – – La baisse de la croissance du PIB britannique d’ici fin 2025 attribuable au Brexit, selon une étude du National Bureau of Economic Research.


    Brexit, 10 ans après : le PIB par habitant du R.-U. est resté à la traîne par rapport à celui de certains de ses pairs

  •   5 à 10 % – La croissance du PIB par habitant du Royaume-Uni a été inférieure de 5 % à 10 % à celle d’autres pays comparables entre le Brexit et la fin de 2025, selon les estimations du NBER.

  • ↓  13% – Le recul des investissements des entreprises britanniques. Une autre étude suggère que les entreprises britanniques investissent à peine 11,1 % du PIB et que seul le Canada se classe au dernier rang parmi les pays du G7.

  • 16% – La part des entreprises qui ont déclaré que le Brexit constituait une source importante d’incertitude en septembre 2025. Ce chiffre atteignait 40 % peu après la sortie du Royaume-Uni de l’UE. 

  • 39 – Le nombre d’accords commerciaux que la Grande-Bretagne a signé avec 72 pays depuis le Brexit. Toutefois, bien que les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE aient fondamentalement changé après le Brexit, l’UE demeure le principal partenaire commercial du Royaume-Uni


    Le Royaume-Uni se sentir un peu de « Bregret  » 10 ans apres le Brexit

  • 57% – La proportion des répondants et répondantes qui ont estimé que la Grande-Bretagne avait eu tort de quitter l’UE lors d’un récent sondage.

  • 41% – L’UE représentait 41 % des exportations du Royaume-Uni et 50 % de ses importations.

  • – Le nombre de Premiers ministres que le Royaume-Uni a connus depuis le référendum. L’ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham, devrait devenir le septième Premier ministre depuis le Brexit.


    Un va-et-vient incessant au 10 Downing Street

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Les pourparlers commerciaux entre les États-Unis et le Mexique se sont détériorés pour des questions de sécurité  

  • Bien que les négociations entre les États-Unis et le Mexique semblent avancer, des impasses ont surgi à propos de la sécurité, notamment pour ce qui est des opérations extraterritoriales des États-Unis pour lutter contre les cartels de drogue.  

Les véhicules électriques chinois demeurent un point de friction important pour les États-Unis dans leurs pourparlers commerciaux avec le Canada 

  • Ce n’est pas une erreur si le Premier ministre Mark Carney a profité d’un moment privé avec le président Trump au sommet du G7 pour expliquer le plafond de l’accord. En coulisses, un groupe de décideurs américains demeure très inquiet de l’entrée de la Chine dans des secteurs stratégiques de l’économie nord-américaine.  

Le gouvernement continue d’harmoniser les politiques étrangères et commerciales. 

  • La semaine prochaine, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand fera visiter à son homologue turc une installation nucléaire de PRM à Darlington. C’est un autre signe que l’énergie prend une place grandissante dans la politique étrangère.  

Alors que les hostilités entre l’Iran et les États-Unis. semblent s’atténuer, la réouverture du détroit d’Ormuz continuera de façonner transaction flux dans les jours, les mois et les années à venir.  

Pourquoi c’est important : un protocole d’entente est signé, mais la question du détroit n’est pas résolue 

Le protocole d’entente entre Washington et Téhéran garantit une traversée sans péage pendant 60 jours seulement, et il sera suivi de négociations avec Oman quant à la future administration de cette voie navigable. 

L’expérience en mer Rouge devrait servir de leçon. En juillet 2024, un accord a été conclu avec les Houthis, mais le trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb, dans la péninsule d’Arabie, n’est jamais revenu à son niveau de début 2024. La réouverture d’Ormuz sera difficile sur le plan logistique, peu importe quand elle commencera, compte tenu des 500 navires bloqués dans le golfe Persique, des mines à désamorcer et des assureurs à convaincre. Le point culminant de la navigation dans le détroit d’Ormuz est peut-être derrière nous. « Le vase est brisé », a déclaré Fatih Birol, directeur général de l’AIE. « À présent, tous les acteurs savent que le détroit d’Ormuz a déjà été fermé, et qu’il peut l’être de nouveau. » 

La résilience et ses limites, en chiffres 

Le marché du pétrole s’est révélé plus résilient que ce qui était attendu. Le prix du Brent a culminé à environ 126 $ US le baril – ce qui représente un choc considérable, mais bien en deçà des scénarios pessimistes qui faisaient état de 200 $ US le baril au plus fort de la crise.  

Cela s’explique par une forte capacité d’adaptation, avec la mise en place d’un système logistique en parallèle.  

  • Les exportations de brut des États-Unis ont bondi à plus de 6 millions de barils par jour (bpj) 

  • Le transit des flottes fantômes a grimpé à environ 3 millions de barils par jour au début de juin, les cargaisons étant transférées de navire à navire dans le golfe d’Oman.  

  • Les pipelines alternatifs de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ont pris en charge tout ce qui était possible, ce qui a été significatif malgré des volumes inférieurs à ceux d’avant la crise d’Ormuz. 

  • Selon Kpler, plus de 90 millions de barils de pétrole brut non iranien et 70 millions de barils de pétrole brut iranien attendent maintenant de quitter la région, ce qui laisse entrevoir un surplus de l’offre à court terme au moment de la réouverture du détroit. 

Mais même la résilience a ses limites. Pendant un trimestre, les raffineries asiatiques, conçues pour transformer le pétrole brut lourd du Moyen-Orient, ont été contraintes de recourir au pétrole léger américain comme palliatif. La crise d’Ormuz a principalement limité les livraisons de pétrole lourd et de GNL. 

De façon générale, les acheteurs n’oublieront pas de sitôt le risque de concentration 

Les préoccupations se tournent maintenant vers un éventuel surplus à court terme, lorsque les barils bloqués dans le Golfe inonderont le marché. L’AIE prévoit un important surplus de pétrole brut d’ici 2027 si la paix se maintient. Il faut toutefois garder à l’esprit que les marchés du pétrole sont remarquablement résilients. Au plus fort des tensions, le système s’est adapté grâce à des infrastructures fantômes, des voies de contournement et des substitutions d’urgence. Si une partie de ces solutions a émergé spontanément, d’autres étaient déjà planifiées depuis des années, voire des décennies (par exemple, les réserves stratégiques de la Chine et le pipeline est-ouest de l’Arabie saoudite).  

Ces thèmes ont été abordés à l’occasion de la Conférence sur le marché mondial de l’énergie, de l’électricité et de l’infrastructure RBC qui s’est tenue ce mois-ci, où l’accès aux marchés mondiaux a été le principal sujet d’intérêt pour les producteurs et importateurs canadiens – alors que les acheteurs asiatiques, et un acheteur en Allemagne ont été mentionnés comme des piliers des projets canadiens de GNL dans les bassins de l’Atlantique aussi bien que du Pacifique. Les pays importateurs recherchent la sécurité d’approvisionnement et la diversification de leurs portefeuilles, avec une volonté de s’assurer de nouveaux contrats bien avant que le secteur ne décide de limiter l’offre. 

Conclusion : un cessez-le-feu peut changer la donne, mais pas les leçons à en tirer 

Au Canada, avec un seul projet de pipeline de brut transfrontalier soumis à une décision d’investissement finale à mi-2027, les volumes du TMX se sont déjà dirigés vers l’ouest, et la future réalisation de projets de GNL sur la côte ouest promet des volumes significatifs à court et à moyen terme. Le marché surveillera le détroit, mais les échanges commerciaux de la nouvelle génération dépendront des ententes à venir, lesquelles pourraient de plus en plus inclure le Canada. 

Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

Une nouvelle recherche de l’Université Purdue illustre les avantages de l’accord commercial maintenant connu sous le nom d’Accord États-Unis–Canada-Mexique sur le plan des prix des aliments, ainsi que les coûts associés à un éventuel démantèlement de l’accord. L’étude USMCA Affordability Study: The Effect of North American Trade on U.S. Food Prices vise à quantifier les effets des accords de libre-échange nord-américains sur les prix des aliments aux États-Unis, etdécrit un scénario dans lequel l’ALENA n’aurait pas été mis en œuvre et où les taux de droits de douane historiques seraient demeurés fixes. Voici la conclusion : 

  • Pour chaque point de pourcentage de réduction des taux de droits de douane, il y a eu une baisse cumulative du prix des aliments de 2,8 % sur une période de 10 ans.  

  • En 2014, les prix des aliments étaient 12 % moins élevés qu’ils ne l’auraient été dans un scénario sans l’ALENA, ce qui représente des économies d’environ 500 $ US par année pour le ménage moyen.  

  • Un renversement des accords commerciaux anéantirait ces améliorations. De plus, comme les importations de produits agroalimentaires des États-Unis en provenance du Canada et du Mexique ont considérablement augmenté depuis la période visée par l’étude, les consommateurs américains pourraient se retrouver confrontés à des factures d’épicerie beaucoup plus élevées à un moment où leur budget est déjà serré.  

À la suite de la réduction des droits de douane, le marché intérieur des principales marchandises d’exportation américaines comme le blé, le maïs et le bœuf n’a pas connu une hausse des prix à la hauteur ce que laisserait normalement entrevoir une plus forte demande à l’exportation. Cette situation montre à quel point les chaînes d’approvisionnement alimentaire en Amérique du Nord sont devenues interconnectées. 

L’abordabilité des aliments pèse déjà lourdement sur le budget des ménages au Canada et aux États-Unis. Or, les droits de douane et les restrictions commerciales susceptibles de se dégager des prochaines négociations risquent de réduire à néant des décennies d’intégration des chaînes logistiques alimentaires, tout en accentuant les pressions sur les consommateurs. 

Wilson Fink, responsable, Politique agricole

En quête d’investissements nationaux, Mélanie Joly s’est rendue en Chine cette semaine pour exhorter les constructeurs automobiles chinois à fabriquer au Canada, au lieu de seulement vendre. Une relocalisation des investissements dans le secteur canadien de l’automobile, bien malmené, est nécessaire, mais plusieurs crises se profilent à l’horizon.   

Aux prises avec deux géants de l’automobile 

Le Canada se trouve dans une situation très serrée dans les négociations de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada. Les droits de douane au titre de l’article 232 ont pour but de rendre l’assemblage au Canada trop coûteux, ce qui menace l’un des plus importants secteurs d’exportation du Canada s’ils ne sont pas supprimés. Pendant ce temps, la Chine a les yeux sur le Canada comme chef de pont en Amérique du Nord – BYD a déjà obtenu une approbation de son quota, tandis que Chery et Geely se disputent leurs parts respectives dans les 49 000 unités qui seront importées. 

Les dynamiques s’entrechoquent : la Chine veut les consommateurs canadiens, tandis que les États-Unis veulent les emplois canadiens dans l’assemblage. Les 125 000 travailleurs du secteur canadien de l’automobile sont pris entre deux feux. 

Mais dans ce bras de fer, tout le monde oublie un aspect important : alors que le Canada se bat pour garantir sa part dans l’assemblage en Amérique du Nord, la hausse des prix des véhicules fait sortir du marché des véhicules neufs un nombre croissant de consommateurs, au détriment de la demande, tandis que l’industrie automobile mondiale fait face à des problèmes de surcapacité.  

Le piège de l’abordabilité que personne ne regarde

Marché canadien des véhicules automobiles : Hausse des prix, baisse de la demande

Les prix des véhicules subissent des pressions structurelles qui rendent les droits de douane particulièrement dangereux. Les VUS et les camionnettes, qui coûtent plus cher que les berlines et les voitures compactes, dominent déjà les ventes. La multiplication des composants technologiques fait également grimper les prix. Lorsque nous cumulons des droits de douane sur les véhicules, l’acier et l’aluminium, l’abordabilité ne fait pas que souffrir, mais elle plonge. 

Les chiffres canadiens illustrent cette tendance : 1,92 million de véhicules neufs ont été vendus en 2024, soit 160 000 unités de moins qu’en 2017, malgré l’augmentation de 4,3 millions de résidents en âge de conduire au Canada. Les ventes ajustées à la population ont chuté de plus de 20 % depuis les années 1980, tandis que le prix moyen des véhicules a augmenté de 60 % après prise en compte de l’inflation.  

Le même scénario se répète aux États-Unis : il y a 20 millions d’Américains de plus aujourd’hui qu’il y a 10 ans, mais les ventes de véhicules ont chuté de 17,4 millions d’unités en 2015 à 16,4 millions en 2025. À mesure que les prix des véhicules augmenteront, les acheteurs seront poussés vers le marché des reventes.  

Conclusion 

En plus de nuire aux consommateurs, les hausses de prix menacent les emplois que ces politiques visent justement à protéger. La baisse des achats signifie une baisse de la demande, une aggravation du surplus et, en fin de compte, l’élimination d’emplois d’assemblage en Amérique du Nord.  

(Pour en savoir plus sur le secteur de l’automobile en Amérique du Nord, vous pouvez lire notre dernier rapport Composer avec l’incertitude

Jordan Brennan, premier directeur général, Leadership avisé RBC

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Également dans ce numéro : décryptage de six grandes tendances commerciales encore peu visibles et analyse approfondie de quatre secteurs stratégiques susceptibles de jouer un rôle clé dans l’évolution des relations canado-américaines à venir

Alors que l’échéance de l’ACEUM approche et que la rhétorique s’intensifie (« Nous n’avons besoin de rien de ce que possède le Canada », a déclaré le président Donald Trump aux journalistes plus tôt cette semaine), plus de 300 dirigeants d’entreprises et responsables gouvernementaux des deux côtés de la frontière se sont réunis à Toronto à l’occasion du sommet États-Unis–Canada organisé par RBC et Eurasia Group.

Voici quelques faits saillants :

  • Robert Lighthizer, 18e représentant américain au commerce, a expliqué pourquoi 50 ans de déficits commerciaux n’ont laissé aux États-Unis d’autre choix que d’imposer des droits de douane. Et pourquoi, même s’il n’était pas le principal contrevenant, le Canada a été pris pour cible. Dans un système politique démocratique, un gouvernement n’a pas des années pour traiter un enjeu, a-t-il dit. Il doit agir rapidement. Quant à l’évolution des droits de douane à venir, M. Lighthizer n’a pas mâché ses mots : « Personne ici n’a de petit-enfant qui verra, de son vivant, l’Amérique devenir une économie de libre-échange. »

  • Quoi qu’il en soit, c’est au Canada de mettre sa casquette de vendeur, a déclaré Pete Hoekstra. Bien que l’ambassadeur des États-Unis au Canada ait indiqué que la potasse est à peu près la seule chose dont les États-Unis ont besoin du Canada, les États-Unis restent ouverts aux propositions. M. Hoekstra a évoqué l’automobile et le pétrole, et a même avancé plusieurs arguments pour appuyer la position canadienne : des niveaux de rémunération similaires, des normes du travail comparables et un écosystème profondément intégré.

  • « L’Amérique d’abord ne signifie pas l’Amérique seule », a déclaré Mark Wiseman, ambassadeur du Canada aux États-Unis, et d’ajouter que les Canadiens ne rappellent pas toujours suffisamment aux Américains l’importance du Canada. Leur rappeler quoi exactement ? D’abord : le Canada est le plus grand acheteur de voitures américaines à l’extérieur des États-Unis. Le principal marché d’exportation pour 30 États. Il figure en outre parmi les trois premiers pour presque tous les États. Les Canadiens, par habitant, achètent 40 fois plus de biens américains que l’Union européenne, la Chine et l’Inde.

  • Dominic LeBlanc, ministre du Commerce Canada–États-Unis, a souligné que le gouvernement canadien a soumis plusieurs propositions à l’administration Trump, tout en construisant une économie canadienne forte et résiliente. Le Canada n’est pas un « spectateur passif ».

  • M. Wiseman, de concert avec Michael Sabia, greffier du Conseil privé et secrétaire du Cabinet, a clairement indiqué que les efforts de diversification du gouvernement ne signifient pas un découplage de son principal partenaire commercial. C’est « et », pas « ou ». Un Canada plus fort, ont-ils tous deux souligné, est un partenaire plus solide pour les États-Unis.

  • M. Hoekstra n’a pas été en désaccord, notant que si le Canada est un pays riche, une partie de ces fonds pourrait peut-être se diriger vers le sud – peut-être vers le Michigan (« en été »), la Floride et l’Arizona. Il a également plaisanté au sujet du bourbon du Kentucky, retiré de la vente par plusieurs provinces dans le contexte de la guerre commerciale : « Si vous en voulez, je veillerai à ce que vous en obteniez. »

Après des décennies de coopération économique, un choc commercial survient du côté américain. Dans un rapport publié en amont du sommet États-Unis–Canada, Frances Donald, première vice-présidente et économiste en chef aux Services économiques RBC, souligne que les relations tendues entre les États-Unis et le Canada ont mis au jour plusieurs thèmes commerciaux peu visibles. Voici quelques éléments qui méritent d’être soulignés :

  • Le taux de croissance du commerce mondial a doublé sans les États-Unis. Au lieu de déstabiliser l’économie mondiale, la dynamique actuelle pousse le reste du monde à se réorganiser autour du marché américain.

  • L’année de la divergence commerciale du Canada. La hausse des prix de l’or a aidé le Canada à augmenter ses exportations vers d’autres marchés, même si les expéditions vers les États-Unis ont reculé de 6 % en 2025.

  • Les Canadiens ont pris en main leur protection économique. La réduction des voyages vers les États-Unis, le boycottage des alcools américains et la recherche de produits nationaux témoignent de la détermination canadienne.

  • Le Canada a créé plus d’emplois que les États-Unis en 2025. Alors que 68 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis, seulement 12 % des emplois dépendent de la demande américaine.

L'emploi au Canada a progressé en 2025 en dépit du choc commercial

Lire l’intégralité du rapport de Frances Donald ici.

Il s’agit de la plus grande relation commerciale bilatérale au monde, mais elle est désormais sous tension. Jordan Brennan, premier directeur général, Leadership avisé RBC, a recensé quatre secteurs stratégiquement importants susceptibles de faire évoluer les relations États-Unis–Canada à l’avenir.

Fabrication automobile : s’appuyer sur la nature déjà intégrée du secteur en combinant l’énergie propre, l’aluminium et les minéraux critiques du Canada avec les marchés financiers américains, les sièges des constructeurs et la demande des consommateurs.

Minéraux critiques : relier la géologie et l’exploitation minière canadiennes au financement américain et à la demande manufacturière, afin de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et la dépendance aux minéraux contrôlés par la Chine.

La Chine exerce une emprise considérable sur les minéraux, mais le Canada offre une solution de rechange

Pétrole et gaz : associer les importantes ressources pétrolières et gazières du Canada, ses infrastructures de pipelines et son accès aux débouchés maritimes aux capacités de raffinage et aux marchés des capitaux des États-Unis afin de fournir une énergie abordable au niveau national, et à l’échelle mondiale.

Défense : combiner la profondeur financière, la sophistication technologique et les dépenses en R-D des États-Unis avec l’étendue géographique du Canada et ses capacités de classe mondiale en matière de capteurs, d’avionique, de technologies satellitaires ainsi que de formation et de simulation, afin de surveiller et défendre le continent.

Lire l’intégralité du rapport de Jordan Brennan ici.

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Tandis que les États-Unis et le Mexique entamaient des pourparlers bilatéraux sur l’ACEUM (et annonçaient deux autres séries de réunions en juin et juillet, sans mentionner le Canada), le Premier ministre Mark Carney s’est rendu à New York pour promouvoir le Canada devant un auditoire d’investisseurs.

Alors que les États-Unis opèrent un virage vers des pourparlers bilatéraux en vue de redéfinir la dynamique commerciale en Amérique du Nord, nous examinons comment le Canada et le Mexique s’en sont sortis face aux droits de douane et autres pressions économiques infligés par les États-Unis.

Les exportations du Mexique vers les États-Unis ont monté en flèche, alors que celles du Canada ont décliné en 2025

Importations annuelles des É.-U. en provenance du Canada et du Mexique, en milliards $ US

  • Malgré des taux tarifaires effectifs de 3 à 4 %, parmi les plus bas au monde grâce à l’ACEUM qui protège près de 90 % des exportations canadiennes, les États-Unis ont importé seulement 30 milliards de dollars américains de biens du Canada – ce qui représente la deuxième plus forte baisse parmi les partenaires commerciaux des États-Unis, derrière la Chine.

  • Le Canada a subi une perte presque équivalente au gain du Mexique. Le pays, qui demeure la plus importante source d’importation des États-Unis, a creusé son avance sur le reste du peloton.

  • Bien que le Canada et le Mexique aient tous deux été à l’épicentre de cette guerre tarifaire, une divergence est apparue en raison de la combinaison de produits et aux nouvelles tendances émergentes comme l’IA.

    Les secteurs touchés par les droits de douane ont mis les deux pays à rude épreuve, mais l’IA a soutenu le Mexique

    Variation des importations par rapport à 2024 par catégorie de produits, en milliards $ US

  • Au Canada, les pertes se sont montrées généralisées. Les achats américains auprès du Canada ont touché des catégories de produits représentant 84 % de toutes les importations en provenance du Canada. Un tiers de la chute des importations est attribuable à la baisse des volumes et des prix du pétrole en 2025, et le recul a été presque aussi prononcé dans les secteurs de l’automobile, de l’acier et de l’aluminium.

  • Tout comme le Canada, le Mexique a souffert des droits de douane appliqués en vertu de l’article 232. Les États-Unis ont importé 13 milliards de dollars US de moins d’automobiles et de pièces détachées du Mexique, ce qui représente la moitié de la baisse.

  • L’essor de l’IA a toutefois accru la balance commerciale du Mexique. L’an dernier, les États-Unis ont importé des processeurs de données pour 250 milliards de dollars américains (à savoir, près du double de ce qu’ils avaient acheté l’année précédente), et le Mexique s’est démarqué comme le plus grand fournisseur de ces produits avec une part d’un tiers de l’enveloppe globale.

  • Les machines de traitement de données se sont hissées au sommet des exportations mexicaines, ravissant la place aux voitures de tourisme. La part du Mexique dans l’offre mondiale a doublé au cours des deux dernières années. Le pays représente à présent 18 % des 550 milliards de dollars américains d’importations mondiales, et il est en voie de rattraper rapidement la Chine et Taïwan.

    Le secteur manufacturier est resté morose tout au long de 2025

    Indice des directeurs d’achats (PMI) du secteur manufacturier

  • Le secteur manufacturier canadien, qui représente un dixième de l’économie, a subi beaucoup plus qu’un dixième du déclin, avec un glissement du PIB de 2,5 % en 2025 qui marque le troisième recul consécutif. Les pressions ont été généralisées : 14 des 18 sous-secteurs manufacturiers ont subi une contraction, du matériel de transport aux aliments et boissons, en passant par les produits chimiques et métalliques.

  • Les deux pays ont supprimé des emplois en usine en 2025, mais les situations commencent à diverger. Le Canada reprend pied dans le domaine manufacturier. Le PMI s’est en effet hissé au-dessus de 50 cette année, soit un niveau qui laisse entrevoir une expansion soutenue par les nouvelles commandes. Au Mexique, l’activité manufacturière souffre d’une contraction depuis 22 mois – une tendance ayant démarré bien avant l’introduction des droits de douane – et ne montre aucun signe de reprise immédiate.

    Les répercussions des droits de douane américains sont moins dommageables que ce qui était redouté pour le Canada et le Mexique

    Projections de croissance et croissance réelle du PIB réel pour 2025

  • Les scénarios les plus alarmistes ne se sont pas matérialisés, en particulier grâce à l’ACEUM. Toutefois, les droits de douane ont amputé environ le cinquième des prévisions de croissance du Canada et plus de la moitié des prévisions du Mexique, comparativement aux données d’avant la guerre commerciale.

  • La résilience de la demande des consommateurs et la politique budgétaire ont procuré un coussin de sécurité à l’économie canadienne. Le Mexique a connu une tendance inverse, car le gouvernement a resserré son budget. Par ailleurs, les envois de fonds en provenance des États-Unis ont chuté de 4,6 %, en partie à cause des restrictions de l’immigration et du ralentissement de la consommation des ménages.

 Farhad Panahov, économiste

Bruxelles prépare des mesures plus générales contre les importations chinoises

  • The European Commission signalled it will expand the use of import quotas and safeguard tariffs across entire sectors as concerns grow over Chinese overcapacity in chemicals, metals, clean technology, and manufacturing. Industry Commissioner Stéphane Séjourné said the EU’s trade deficit with China has reached roughly €1 billion per day, with policymakers increasingly framing the issue as a threat to European industrial competitiveness.

L’Inde envoie la plus grande délégation commerciale jamais vue au Canada

  • Le ministre du Commerce de l’Inde, Piyush Goyal, a dirigé une délégation indienne axée sur le commerce et l’investissement. Ottawa et New Delhi souhaitent en effet accélérer les pourparlers de libre-échange, et les deux pays ciblent des échanges commerciaux bilatéraux de 50 milliards de dollars d’ici 2030 comparativement à 10 milliards de dollars à ce jour. 

Le secteur du transport maritime signale une hausse des coûts et des contraintes de capacité

  • De hauts dirigeants du transport mondial ont déclaré à l’Organisation mondiale du commerce que les perturbations dans la région du Golfe et dans les autres points d’étranglement maritimes faisaient grimper les coûts dans l’ensemble des chaînes logistiques, tandis que les voies de transport alternatives étaient confrontées à des contraintes de capacité de plus en plus pénalisantes. Les chefs de file du secteur ont fait remarquer qu’un seul porte-conteneurs peut transporter l’équivalent d’environ 70 trains de marchandises.

La BCE prévient que la géopolitique devient un risque pour la stabilité financière

  • La Banque centrale européenne a prévenu que le conflit iranien, la politique commerciale volatile des États-Unis et la fragmentation géoéconomique croissante intensifient les risques pour la stabilité financière mondiale. La Banque considère que les marchés pourraient sous-estimer l’impact économique potentiel des perturbations de l’énergie, des niveaux élevés de la dette souveraine et du retour des tensions inflationnistes découlant des chocs géopolitiques. La Banque centrale européenne a prévenu que le conflit iranien, la politique commerciale volatile des États-Unis et la fragmentation géoéconomique croissante intensifient les risques pour la stabilité financière mondiale. La Banque considère que les marchés pourraient sous-estimer l’impact économique potentiel des perturbations de l’énergie, des niveaux élevés de la dette souveraine et du retour des tensions inflationnistes découlant des chocs géopolitiques.

Thomas Ashcroft, responsable principal, Enjeux politiques mondiaux

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Aussi : Force de Sibérie 2 et ses implications pour le Canada

Un an après l’impulsion donnée par le Premier ministre Mark Carney à la diversification commerciale, les investisseurs mondiaux en infrastructures ont bien capté le message. Dans son sondage du printemps 2026, la Global Infrastructure Investor Association (GIIA), qui couvre de grands fonds d’infrastructure en Amérique du Nord et en Europe, classe le Canada au premier rang des destinations les plus attrayantes pour l’investissement, devant les États-Unis et l’Allemagne. C’est la première fois que le Canada arrive en tête de ce sondage annuel. Voici les faits saillants :

  • Les levées de fonds mondiales dans les infrastructures ont atteint un sommet record de 289 milliards de dollars américains en 2025. Les allocations des commanditaires continuent d’augmenter en 2026, mais les capitaux se concentrent : les dix principaux gestionnaires captent désormais 40 % du total des engagements. Les engagements de plus de 2 milliards de dollars sont ceux qui progressent le plus rapidement.

  • Le stockage par batteries arrive pour la première fois en tête du classement sectoriel nord-américain. Le gaz réglementé a nettement gagné du terrain. Le risque géopolitique est désormais intégré au prix de chaque transaction : exposition aux chaînes d’approvisionnement, solidité des politiques publiques et qualité des contreparties sont maintenant évaluées dossier par dossier.

  • Les caisses de retraite canadiennes – l’OIRPC, OMERS, le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario et Investissements PSP – se trouvent au carrefour de ces capitaux et de ces relations. Leurs réseaux de co-investissement souverain en Asie, dans le Golfe et en Europe servent de couche d’intermédiation pour les grands allocateurs mondiaux.

Le monde prend acte du virage qui s’opère au Canada, mais il attend maintenant des preuves d’intention et d’exécution. Le gouvernement fédéral aura l’occasion de renforcer les arguments en faveur du Canada lors du Sommet canadien de l’investissement, qui se tiendra à Toronto en septembre.

 Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

Dans l’article « La hausse des prix de l’or et les percées dans les marchés extérieurs protègent les exportations canadiennes », Services économiques RBC souligne que « les exportations d’or vers le Royaume-Uni ont bondi de 17 milliards de dollars en valeur nominale, soit 76 %, en 2025, faisant de l’or le deuxième produit d’exportation du Canada après le pétrole brut, ce qui a largement compensé le recul observé dans d’autres catégories de biens ».

Ce n’était pas un point central à l’ordre du jour du sommet Xi-Poutine cette semaine, mais Force de Sibérie 2, ce projet de gazoduc enlisé depuis longtemps qui acheminerait du gaz naturel russe vers l’est, jusqu’en Chine, est revenu timidement sous les projecteurs à la faveur de la rencontre très médiatisée entre les deux dirigeants.

Quel est le projet proposé ?

Un gazoduc de 2 600 kilomètres, capable de transporter jusqu’à 50 milliards de mètres cubes de gaz par an – soit une capacité presque équivalente à celle de Nord Stream 1, aujourd’hui à l’arrêt –, depuis les gisements gaziers de Yamal, en Sibérie, jusqu’à la Chine en passant par la Mongolie.

Qu’est-ce qui bloque ?

D’abord, le prix. Pékin vise environ 12 à 13 cents le mètre cube, un niveau proche du tarif intérieur russe ; Moscou en demande le double. Le sommet s’est conclu sur des paroles cordiales, mais sans accord sur le prix ni calendrier pour le projet.

Si le projet voyait le jour, quel serait son effet sur la demande chinoise d’importations non russes ?

Un gazoduc terrestre contournerait les points de passage maritimes obligés du GNL que la Chine importe par voie maritime, comme le détroit d’Ormuz, où les tensions ont immobilisé des pétroliers et des méthaniers pendant des semaines (deux méthaniers chinois ont franchi le détroit d’Ormuz cette semaine). Une liaison directe par gazoduc avec la Russie remplacerait une partie du gaz que la Chine aurait autrement acheté sur les marchés mondiaux du GNL, ce qui pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix.

Quelles implications pour les ambitions canadiennes en matière de GNL ?

Selon Robert Johnston, de l’Université de Calgary, l’avenir gazier du Canada se joue plus près de chez nous. Un afflux accru de gaz russe vers l’est pousserait les cargaisons de GNL américaines et qataries vers les mêmes acheteurs asiatiques que le Canada cherche à courtiser, ce qui pèserait sur les prix au moment où la deuxième phase de LNG Canada monte en puissance. Mais fort de sa stabilité géopolitique perçue et de son solide profil en matière d’émissions – le gaz russe affiche une intensité d’émissions 50 % plus élevée que le gaz canadien –, le Canada voit le facteur décisif de ses ambitions en GNL se jouer moins sur le terrain économique que sur celui de l’exécution au pays, à commencer par le déploiement des grands projets.

De plus, les importateurs d’énergie se montrent de plus en plus réticents à dépendre fortement d’une seule région, surtout depuis que la Russie a instrumentalisé ses exportations de gaz naturel pour faire pression sur l’Europe dans le contexte de l’intensification de sa guerre en Ukraine, tandis que les fournisseurs du Moyen-Orient se trouvent contraints par le blocage du détroit d’Ormuz. Dans un monde fragmenté, où les flux commerciaux énergétiques sont perturbés, le Canada offre un approvisionnement stable et largement apolitique.

 Vivan Sorab, responsable principal, Technologie propre RBC

L’AIE prévient que les marchés pétroliers pourraient approcher de la « zone rouge » d’ici la fin de l’été

  • Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, a averti que les marchés pétroliers pourraient entrer en « zone rouge » d’ici juillet-août, avec des perturbations touchant 14 millions de barils par jour, des stocks en baisse et aucune nouvelle offre significative en provenance du Moyen-Orient dans le contexte de la crise iranienne.

Le système chinois de paiement en renminbis enregistre une activité record

  • Le système chinois de paiement interbancaire transfrontalier (CIPS) a traité en mars une valeur quotidienne moyenne record de 920,5 milliards de RMB (135,7 milliards de dollars américains), avec un sommet ponctuel de 1,22 billion de RMB et près de 42 000 transactions en une seule journée, signe d’une forte progression du commerce énergétique hors du système du dollar américain.

 Bruxelles fait avancer la mise en œuvre du pacte commercial avec les États-Unis

  • Les législateurs de l’Union européenne et les États membres sont parvenus à un accord provisoire pour mettre en œuvre l’arrangement commercial conclu l’an dernier entre les États-Unis et l’UE, y compris des mesures de sauvegarde permettant à Bruxelles de suspendre les réductions tarifaires si Washington maintient, au-delà de 2026, des droits sur l’acier et l’aluminium supérieurs aux niveaux convenus.

 L’UE approuve l’élargissement de ses pouvoirs de filtrage des investissements étrangers

  • The European Parliament approved new foreign investment screening rules covering sectors including AI, semiconductors, quantum, aerospace, energy, and critical infrastructure, broadening scrutiny over third-country investment across the bloc.

Ottawa et le Nunavut lancent un programme de soutien à la main-d’œuvre en réponse aux droits de douane

  • Les gouvernements ont annoncé un financement de plus de 1,5 million de dollars pour la formation et l’aide à l’emploi dans le secteur maritime, en lien avec les perturbations économiques causées par les droits de douane.  

Le Manitoba ouvre un bureau commercial en Inde dans le cadre de ses efforts de diversification

  • Le Manitoba a annoncé son intention d’établir un bureau commercial en Inde, alors que les provinces continuent de tisser des relations commerciales directes à l’étranger et de réduire leur dépendance au marché américain.

—Thomas Ashcroft, responsable principal, Enjeux politiques mondiaux

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Aussi dans ce numéro : Les terres agricoles doivent-elles servir à produire des aliments ou du carburant ? Et quatre avenues possibles pour l’industrie automobile canadienne en pleine tourmente.

Le sommet entre le président Donald Trump et le président Xi Jinping à Pékin n’a débouché sur aucune percée significative, mais ce n’était peut-être pas le véritable enjeu. Après une année marquée par des droits de douane dépassant les 100 % entre les deux pays et une forte contraction des échanges commerciaux, les deux parties semblaient surtout chercher à stabiliser la situation plutôt qu’à la régler.

L’aspect symbolique des discussions comptait également. Trump a décrit les pourparlers comme ayant produit de « fantastiques accords commerciaux », tandis que Pékin a plutôt insisté sur des « consensus » et la continuité. Derrière ces messages diplomatiques, le sommet a toutefois mis en lumière les véritables points de négociation et les contraintes actuelles.

Voici quelques faits saillants :

Les relations commerciales sont aujourd’hui structurellement plus limitées qu’elles ne l’étaient.

  • Les importations américaines de produits chinois ainsi que le déficit commercial bilatéral se situent maintenant à des niveaux comparables aux plus bas niveaux observés depuis environ 20 ans. Les initiatives de Washington pour réduire son exposition à la Chine, notamment par les droits de douane, la diversification des chaînes d’approvisionnement et les politiques industrielles, ont produit des résultats mesurables. La relation entre les deux pays n’est plus fondée sur l’intégration économique.

  • Par ailleurs, aucun progrès significatif n’a été observé concernant les droits de douane ou les enquêtes au titre de l’article 301 visant la Chine en raison d’une surcapacité de production subventionnée par l’État dans des secteurs comme l’acier et les véhicules électriques.

La Chine privilégie avant tout la prévisibilité.

  • Les Chinois ont mis à profit les années entre le premier et le second mandat de Trump pour faire leurs devoirs et préparer des mesures de riposte en prévision d’une nouvelle confrontation commerciale avec les États-Unis. Les contrôles à l’exportation des terres rares et des minéraux essentiels, les outils de politique industrielle et le renforcement de la chaîne d’approvisionnement ont fait leurs preuves dans l’arsenal de la Chine.

  • Mais le sommet a démontré que la priorité immédiate de la Chine demeure un cadre plus prévisible dans ses relations avec Washington, afin de limiter les risques d’escalade et de maintenir l’accès aux marchés d’exportation, aux intrants technologiques et aux flux de capitaux.

Aucun progrès majeur concernant les puces électroniques et les contrôles à l’exportation.

  • Les actions mondiales du secteur des semi-conducteurs ont reculé, aucun accord important sur les puces n’ayant été annoncé, tandis que les discussions concernant la vente des puces H200 de Nvidia à la Chine demeurent au point mort.

  • Cela reste la ligne de fracture la plus claire dans la relation commerciale entre les deux pays. Washington considère toujours les puces de pointe et les contrôles à l’exportation comme un moyen de limiter l’accès de la Chine aux semi-conducteurs avancés susceptibles d’être utilisés à des fins militaires ou pour des innovations en intelligence artificielle. De son côté, Pékin n’a pas officiellement approuvé les expéditions de ces puces et a plutôt privilégié une approche interne, encourageant les entreprises chinoises à se tourner vers du matériel produit au pays.

Les achats dans le secteur agricole demeurent une priorité politique pour les États­Unis.

  • Les résultats les plus concrets, comme c’est souvent le cas dans les négociations commerciales avec la Chine, pourraient finalement concerner le secteur agricole. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué que Washington s’attend à ce que la Chine s’engage à acheter pour des « dizaines de milliards de dollars » de produits agricoles américains par année au cours des trois prochaines années, notamment du soya, de la volaille et du porc.

  • La Maison-Blanche doit démontrer qu’elle soutient les agriculteurs américains, particulièrement dans un contexte où les répercussions de la guerre en Iran sur les prix des engrais et d’autres intrants agricoles augmentent à l’approche des élections de mi-mandat et du début de la saison des semis.

Les deux parties semblent vouloir établir des garde-fous.

  • Les discussions entourant un possible « conseil du commerce », des mécanismes d’investissement et même des garde-fous préliminaires en matière d’intelligence artificielle montrent que ni Washington ni Pékin ne souhaitent actuellement une escalade incontrôlée.

  • Malgré la poursuite de la rivalité stratégique, les deux camps semblent chercher avant tout à éviter une intensification rapide des tensions.

Thomas Ashcroft, responsable principal, Enjeux politiques mondiaux

La flambée des prix du pétrole et du gaz ainsi que les contraintes d’approvisionnement poussent les pays à accroître la production et l’utilisation des biocarburants. Ce virage a pour objectif de réduire la dépendance aux importations de pétrole et de gaz provenant du Moyen-Orient. La demande croissante de biocarburants, portée par les mesures gouvernementales, survient alors même que la crise de l’accès à l’alimentation s’accentue, ravivant un débat bien connu : les terres agricoles doivent-elles servir à produire des aliments ou du carburant ?

L’essor des biocarburants :

  • L’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis a établi des obligations record de volumes renouvelables pour 2026 et 2027, avec des hausses notables pour le diesel issu de la biomasse, fabriqué principalement à partir d’huile de soya et de canola en Amérique du Nord. Par ailleurs, la Chambre des représentants américaine a adopté cette semaine une mesure législative autorisant la vente toute l’année d’essence contenant 15 % d’éthanol (E15) à l’échelle nationale, un carburant principalement produit à partir du maïs américain.

  • La Commission européenne a proposé en avril la stratégie AccelerateEU, qui comprend des mesures visant à accroître la production et l’utilisation de biocarburants durables dans l’Union européenne. Cette proposition constitue une réponse rapide au fait que le bloc européen a dépensé 24 milliards d’euros supplémentaires en importations de combustibles fossiles durant les 50 premiers jours du conflit avec l’Iran.

  • L’Indonésie a relancé ses projets visant à instaurer une teneur en biocarburant plus élevé en 2026, à la suite de la hausse des coûts d’importation des combustibles fossiles. La teneur obligatoire de biodiesel issu de l’huile de palme dans les carburants devrait passer de 40 % à 50 % cette année.  

  • Le Brésil devance la mise en œuvre de ses politiques de mélange de biocarburants afin de renforcer sa souveraineté énergétique. Le président Luiz Inácio Lula da Silva a annoncé en avril que la teneur en éthanol obligatoire dans l’essence sera portée à 32 % (E32) ce printemps. Pour le biodiesel, des essais sont en cours afin d’évaluer la faisabilité de faire passer la teneur en éthanol de 15 % à 20 %.

  • L’Inde a atteint son objectif de teneur en éthanol E20 en avril. Les perturbations qui touchent les prix et l’approvisionnement en pétrole et en gaz dans le pays alimentent maintenant les discussions sur la possibilité de passer à des essences E85 ou E100 à mesure que les capacités de production se développent. 

  • Le Vietnam a devancé la mise en application de son obligation nationale visant une teneur en éthanol de 10 % dans l’essence à partir d’avril, en réaction aux chocs liés aux prix et à l’approvisionnement énergétique. Dans ce pays d’Asie du Sud-Est, l’éthanol est principalement produit à partir du manioc, de la canne à sucre et, de plus en plus, du maïs.

  • … et le Canada ? En réponse au précédent choc subi par les chaînes d’approvisionnement canadiennes en biocarburants en raison des tensions commerciales avec les États-Unis, le gouvernement fédéral a annoncé un incitatif à la production de biocarburants de 370 millions de dollars et s’est engagé à modifier le Règlement sur les combustibles propres afin de favoriser la production nationale de carburants à faible teneur en carbone. Ces mesures, bien qu’elles ne soient pas une réponse à la guerre en Iran, visent à améliorer la résilience du secteur canadien des biocarburants.

Conclusion : Le marché mondial des biocarburants est sur le point d’amorcer une nouvelle phase de croissance, les pays augmentant leurs exigences de mélange pour améliorer leur sécurité énergétique et favoriser des sources d’énergie moins polluantes. Toutefois, les premiers signes de hausse des prix du maïs, de la canne à sucre et des légumes pourraient accentuer davantage la pression sur les prix alimentaires cette année.

Lisa Ashton, responsable principale, Politique agricole

Environ 200 dirigeants du secteur automobile se sont réunis cette semaine dans la salle de bal d’un hôtel pour le Forum automobile de l’Ontario, organisé par le Toronto Region Board of Trade. Le chef de la direction de Magna, Swamy Kotagiri, a présenté trois pistes de solution pour faire face aux difficultés de l’industrie : protéger les emplois, miser sur l’abordabilité ou renforcer la résilience en ancrant l’industrie dans des capacités difficiles à reproduire. D’après lui, cette dernière avenue devrait être privilégiée.

Jordan Brennan, directeur général de Leadership avisé RBC, a également pris la parole pour présenter les conclusions de son plus récent rapport, Composer avec l’incertitude, qui décrit quatre avenues possibles pour l’industrie automobile canadienne en pleine tourmente.

Le secteur automobile canadien a perdu des capacités productives durant les phases d'expansion

Lisez le rapport dans son intégralité, y compris les cinq considérations stratégiques communes aux quatre scénarios, ici.

Le représentant américain au Commerce souhaite intégrer des mesures de type « Fortress North America » pour protéger le secteur de l’acier dans le cadre de l’ACEUM.

  • Jeffrey Goettman, représentant adjoint des États-Unis au Commerce, a déclaré qu’une version révisée de l’ACEUM devrait instaurer des « frontières tarifaires communes » pour des secteurs comme l’acier, l’aluminium et l’automobile. L’objectif serait d’empêcher que des produits contenant des composantes ne provenant pas de l’Amérique du Nord transitent par le Canada ou le Mexique. Les dirigeants de l’industrie sidérurgique américaine ont également appuyé un resserrement des règles d’origine pour le pays de fonte et de coulage.

Les sanctions imposées par l’Union européenne au fabricant chinois de semi-conducteurs alimentent les inquiétudes quant à de nouvelles perturbations dans le secteur automobile.

  • Selon plusieurs dirigeants de l’industrie, les sanctions imposées par l’Union européenne au fabricant chinois de semi-conducteurs Yangzhou Yangjie Electronic Technology, soupçonné d’avoir fourni des technologies militaires à la Russie, risquent d’entraîner de nouvelles pénuries de puces dans le secteur automobile. Certaines entreprises cherchent déjà à obtenir des exemptions, tandis que les fabricants demeurent fragilisés par les perturbations qui ont touché l’an dernier les marchés des terres rares et des semi-conducteurs.

Exportation et développement Canada (EDC) accentue ses efforts dans les domaines de la diversification, de la défense et des secteurs stratégiques.

  • Exportation et développement Canada a annoncé avoir facilité des activités commerciales d’une valeur de 135 milliards de dollars en 2025, soutenu près de 24 000 entreprises, lancé de nouveaux programmes et élargi sa présence européenne et Indo-Pacifique.

Des recherches menées par la Banque du Canada révèlent un déclin de la connectivité maritime canadienne.

  • Entre 2016 et 2023, la place des ports canadiens dans les réseaux mondiaux de transport maritime est devenue moins centrale, avec une diminution des liaisons directes et une capacité maritime moindre par rapport aux grands ports asiatiques. La Banque du Canada avertit que cette situation pourrait se traduire par une exposition accrue « aux perturbations des chaînes d’approvisionnement susceptibles d’accroître le coût des activités ».

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Le détroit d’Ormuz est maintenant fermé de fait depuis 69 jours et, alors que les prix mondiaux du carburant d’aviation dépassent désormais 180 $ US le baril – près du double d’il y a un an –, les effets commencent à se faire sentir dans les conférences téléphoniques sur les résultats. À elle seule, la facture de carburant de Delta Air Lines devrait augmenter de 2,5 G$ US ce trimestre, et la société a indiqué qu’elle hausserait ses tarifs et ses frais pour contribuer à absorber ces coûts. La perturbation a déjà précipité Spirit Airlines dans la faillite, et d’autres transporteurs pourraient suivre si les prix restent élevés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Plus de la moitié du carburant d’aviation échangé dans le monde est touché

  • 23 % des flux maritimes de carburant d’aviation transitent directement par Ormuz, principalement à destination des marchés européens.

  • 40 à 50 % des exportations mondiales de carburant d’aviation proviennent d’Asie, et ces volumes ont chuté des deux tiers par rapport aux niveaux d’avant-crise, faute de matières premières en provenance du Moyen-Orient.

  • La Chine, grand exportateur asiatique de carburants, a réduit en mars jusqu’à 33 % de ses exportations de carburant d’aviation, de diesel et d’essence afin de protéger son marché intérieur contre les perturbations.

  • Comme l’Europe tire 75 % de ses importations nettes de carburant d’aviation du Moyen-Orient, l’AIE a averti à la mi-avril que certaines parties de la région pourraient être à court d’approvisionnement d’ici la fin mai si les pays ne trouvent pas de solutions de rechange.

Vue d’ensemble : La sécurité énergétique passe aussi par les raffineries

Comme le montre le cas d’Ormuz, la sécurité énergétique ne se limite pas à la maîtrise du pétrole brut ; comme pour les minéraux critiques, les produits finis comptent aussi. Outre la Chine, la Corée du Sud et la Thaïlande, deux autres grands exportateurs de carburants, ont également plafonné la plupart de leurs exportations de produits raffinés, alors que les pays peinent à composer avec les approvisionnements du Moyen-Orient ou cherchent à protéger leur secteur aérien intérieur.

La réaction de l’Inde est révélatrice. Plutôt que de chercher dans l’urgence d’autres sources d’importation, l’Inde a choisi de réduire son exposition structurelle en modifiant sa réglementation sur le carburant d’aviation afin d’autoriser les mélanges avec des matières premières agricoles produites au pays. Sécurité énergétique et carburants propres se sont ainsi retrouvés au cœur d’une même politique.

Au Canada, une vulnérabilité souvent évoquée revient au premier plan

L’exposition physique du Canada à Ormuz est limitée, mais l’Ontario et le Québec demeurent structurellement dépendants des importations de produits pétroliers raffinés, dont le carburant d’aviation représente la plus grande part. Cette dépendance aux importations concerne les États-Unis, qui n’hésitent pas à utiliser le commerce de l’énergie comme levier. La crise d’Ormuz remet sur la table une question plus délicate pour le Canada : Quelle forme devrait prendre, demain, son intégration énergétique avec les États-Unis ?

Carburant d’aviation durable (CAD) : Le point de rencontre entre énergie propre et sécurité énergétique ?

Le Canada se distingue de l’Asie sur un point important : Il dispose d’abondantes matières premières. Du pétrole, bien sûr, mais aussi du canola, du suif et des déchets municipaux, qui alimentent déjà des infrastructures de diesel renouvelable en activité, notamment à Strathcona, en Alberta, à la Compagnie Pétrolière Impériale Ltée, ainsi qu’à la raffinerie Come By Chance, à Terre-Neuve-et-Labrador (Braya). Pourtant, le Canada ne produit pas de CAD.

Le CAD représentait moins de 1 % du carburant d’aviation consommé dans le monde en 2025. Selon BloombergNEF, cette proportion devrait atteindre 4 % d’ici la fin de la décennie. Et même si la sécurité énergétique n’a pas fait partie de cette trajectoire de croissance jusqu’ici, elle pourrait devenir le catalyseur qui, comme l’a montré l’Inde, amènera de nouveaux acteurs à s’y intéresser. Pour le Canada, il ne s’agirait pas seulement d’un argument de résilience intérieure, mais aussi d’une occasion d’exportation grandissante pour les secteurs de l’énergie et de l’agriculture.

–Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

La flambée des prix du pétrole et une nouvelle poussée des exportations d’or ont ramené la balance commerciale du Canada en territoire excédentaire en mars.

Selon Nathan Janzen, économiste en chef adjoint : « Une forte incertitude commerciale persiste, et les négociations entourant le renouvellement de l’ACEUM devraient s’intensifier au cours des prochains mois. Cela dit, dans notre scénario de base, nous continuons de prévoir qu’un contexte tarifaire américain plus stable en 2026 – même si les tarifs demeurent nettement plus élevés pour certains produits – fera du commerce un frein moins important à la croissance qu’en 2025. »

Pour en savoir plus, lisez « La balance commerciale du Canada redevient excédentaire, portée par la hausse des prix de l’énergie » ici.

Le tribunal américain du commerce rejette la dernière offensive de Trump sur les droits de douane mondiaux

  • Le Tribunal de commerce international des États-Unis s’est prononcé contre les derniers droits de douane mondiaux de 10 % du président Trump, jugeant que l’administration avait indûment invoqué l’article 122 de la Trade Act américaine de 1974 pour justifier des droits généralisés liés aux déficits commerciaux.

  • Cette décision constitue un nouveau revers juridique pour la stratégie douanière de l’administration, après de précédents jugements défavorables concernant le recours à l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). La Maison-Blanche devrait interjeter appel et chercher d’autres moyens de mettre en œuvre ses droits de douane.

Trump prolonge l’échéance accordée à l’UE, tandis que de nouveaux différends réglementaires émergent

  • Le président Trump a repoussé au 4 juillet l’échéance accordée à l’UE pour mettre en œuvre certains volets de l’accord commercial conclu l’été dernier, tout en avertissant que les droits de douane pourraient encore augmenter si Bruxelles ne respecte pas ses engagements.

  • Par ailleurs, de grands groupes d’affaires américains pressent Washington d’intervenir contre la directive européenne actualisée sur la responsabilité du fait des produits, soutenant que les nouvelles règles entourant les produits numériques et les réclamations des consommateurs pourraient exposer les entreprises à un risque de litige considérable.

Les fusions et acquisitions chinoises à l’étranger s’accélèrent

  • Selon les données de Rhodium Group, les fusions et acquisitions chinoises à l’étranger ont atteint un sommet de cinq ans au premier trimestre, totalisant 9,6 G$ US et inscrivant un cinquième trimestre consécutif de croissance.

  • Cette progression survient alors que Beijing resserre parallèlement les contrôles sur les acquisitions étrangères entrantes dans les secteurs stratégiques, allant jusqu’à bloquer rétroactivement l’acquisition par Meta de l’application chinoise d’IA Manus.

Le secteur automobile plaide pour la continuité dans le cadre de l’ACEUM

  • De grandes associations nord-américaines de l’industrie automobile ont exhorté l’administration Trump à prolonger l’ACEUM, mettant en garde contre toute division de l’accord en ententes bilatérales distinctes.

  • Les groupes sectoriels représentant notamment GM, Toyota, Tesla, Volkswagen et Hyundai ont soutenu que des accords séparés alourdiraient la complexité réglementaire et perturberaient les chaînes d’approvisionnement nord-américaines intégrées, à un moment de transition technologique rapide.

Le Mexique intensifie ses échanges commerciaux avec le Canada à l’approche de l’examen de l’ACEUM

  • Cette semaine, le Mexique a lancé l’une de ses plus importantes missions commerciales au Canada des dernières années, réunissant plus de 240 entreprises à Toronto et à Montréal pour plus de 1 800 rencontres d’affaires.

  • Cette offensive de rapprochement survient alors qu’Ottawa et Mexico se positionnent en vue du prochain examen de l’ACEUM, même si les deux pays continuent d’adopter des approches nettement différentes dans leurs relations avec l’administration Trump.

–Thomas Ashcroft, Global Issues Policy Lead

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Le prix des aliments devait se stabiliser à l’échelle mondiale en 2026, mais les perturbations ont profondément changé la donne. Au lieu de s’atténuer, les risques penchent désormais vers une nouvelle poussée de l’inflation alimentaire.

Le principal facteur géopolitique, à l’heure actuelle, est le conflit au Moyen-Orient, et plus précisément les perturbations qui touchent une artère névralgique – le détroit d’Ormuz – pour le commerce mondial de l’énergie et des engrais. La Banque mondiale s’attend maintenant à ce que les prix de l’énergie bondissent d’environ 24 % en 2026. Cette hausse des prix de l’énergie est lourde de conséquences pour le prix des aliments, puisque l’énergie entre directement dans le coût du transport, de la transformation et de la réfrigération. C’est un effet inflationniste de second tour classique : l’inflation alimentaire suit l’inflation énergétique avec plusieurs mois de décalage.

Les perturbations des chaînes d’approvisionnement en engrais constituent le risque caché que le conflit fait peser sur les prix des aliments – et le plus sous-estimé. Selon la Banque mondiale, le prix des engrais devrait augmenter de 31 %, alors qu’environ le tiers du commerce mondial des engrais transite par le détroit d’Ormuz. L’urée, un engrais essentiel pour accroître les rendements agricoles, a augmenté de 86 % en mars 2026 par rapport à la même période l’an dernier, avec un bond de 53 % depuis février seulement en raison des tensions au Moyen-Orient.

En règle générale, le choc sur les prix des engrais produit un effet différé, mais puissant : les agriculteurs réduisent leur utilisation d’engrais, les rendements diminuent, puis une flambée des prix des aliments s’enclenche – avec un certain décalage (2026-2027).

Selon le Conseil international des céréales, nous en observons déjà les premiers signes : les agriculteurs devraient réduire les superficies ensemencées, tandis que les bilans céréaliers se resserreraient à l’approche de la saison 2026-2027.

À cela s’ajoute le risque climatique : les perspectives de production alimentaire de cette année, jusque-là plutôt rassurantes, pourraient désormais devenir un facteur supplémentaire d’aggravation de la faim dans le monde. Cette saison agricole, les agriculteurs devraient faire face à ce que les projections décrivent comme une perturbation liée à un « super » El Niño, qui provoquerait des sécheresses en Asie et en Australie, tout en risquant d’entraîner un excès d’humidité en Amérique du Nord et du Sud. Ces dynamiques météorologiques difficiles à prévoir pourraient freiner la production dans les plus grands greniers agricoles du monde, où l’on cultive le riz, le blé et le soya.

À l’échelle mondiale, on estime que 363 millions de personnes risquent de souffrir de faim aiguë en 2026, un nombre en hausse sous l’effet des conflits et des changements climatiques, en particulier les vagues de chaleur et les sécheresses, qui compliquent la production alimentaire et l’accès aux aliments dans les pays en développement et les pays instables.

Au Canada, pays d’abondance, ce sont les personnes en situation d’insécurité alimentaire qui ressentent le plus durement le poids de l’abordabilité des aliments. Or, les perturbations mondiales devraient faire monter les prix encore davantage en 2026. Selon les plus récentes estimations du Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation, les prix des aliments devraient augmenter de 4 % à 6 % pour les Canadiens entre 2025 et 2026, ce qui représente près de 1 000 $ de plus par année à l’épicerie pour une famille moyenne de quatre personnes.

À surveiller : les politiques adoptées en réaction à l’inflation alimentaire pourraient perturber encore davantage les flux commerciaux mondiaux. Lorsque les risques mondiaux s’intensifient, la géopolitique peut redessiner les flux commerciaux, notamment par des restrictions à l’exportation destinées à protéger les stocks alimentaires nationaux ; de leur côté, les resserrements monétaires des banques centrales peuvent freiner la demande, mais aussi accroître la volatilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Conclusion : les risques liés à l’accès aux aliments et aux prix sont passés d’un niveau modéré à une phase d’intensification. Les attentes d’inflation alimentaire sont revues à la hausse, et plus rapidement que prévu : l’indice des prix alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a augmenté de 2,4 % entre février et mars 2026, sous l’effet de pressions marquées sur les prix des huiles, du sucre et des céréales.

—Lisa Ashton

Ottawa prépare un sommet plus tard cette année afin d’attirer un billion de dollars en nouveaux investissements sur cinq ans. Les données de février sur les titres offrent un premier aperçu du plan de match des investisseurs étrangers au Canada.

Les investisseurs mondiaux restent au Canada, mais réorientent leurs positions en fonction de la guerre commerciale. En février, les investisseurs étrangers ont injecté 6,2 milliards de dollars dans les valeurs canadiennes, ce qui s’ajoute aux 106 milliards de dollars accumulés au cours des quatre mois précédents. Parallèlement, les investisseurs canadiens ont placé 25,4 milliards de dollars dans des valeurs étrangères, soit la plus importante sortie de capitaux depuis mars 2024. Même si les données mensuelles sur les titres sont, par nature, volatiles, le résultat net s’est traduit par une sortie de 19,2 milliards de dollars de l’économie canadienne. Le chiffre global, toutefois, ne dit pas tout. Les données de février racontent moins une seule histoire que trois dynamiques simultanées : des investisseurs étrangers qui font la distinction entre le crédit canadien et les perspectives de croissance, des capitaux canadiens en quête de rendements aux États-Unis, et un marché qui compose avec les remous commerciaux.

Du côté des actions, la rotation est structurelle, et non aléatoire. Les capitaux étrangers opèrent une forte rotation au sein des actions canadiennes : ils se retirent de l’énergie et du secteur manufacturier pour se tourner vers les banques. Les investisseurs étrangers ont vendu pour 9,2 milliards de dollars d’actions canadiennes en février, même si l’indice de référence TSX a progressé de 7,6 %. À l’échelle sectorielle, l’intermédiation de crédit et les services connexes ont absorbé 12,1 milliards de dollars en février seulement, soit le plus important afflux jamais enregistré pour un seul secteur dans l’ensemble de données. L’énergie et les mines ont perdu 9,4 milliards de dollars au cours du même mois, leur plus faible résultat des cinq derniers mois. Le secteur manufacturier a enregistré des sorties de capitaux dans quatre des cinq derniers mois. Cette tendance n’a rien d’aléatoire : les gestionnaires étrangers concentrent leurs placements dans des actifs à l’abri des perturbations commerciales, comme les banques, tout en réduisant leur exposition aux secteurs qui y sont plus vulnérables, comme l’énergie et le secteur manufacturier.

Le marché obligataire offre, lui, un certain réconfort. Les investisseurs étrangers ont ajouté 22,6 milliards de dollars en obligations canadiennes en février, dont 11,1 milliards de dollars en obligations de sociétés, principalement des obligations en devises émises par des sociétés financières canadiennes, ainsi que 8,4 milliards de dollars en obligations du gouvernement fédéral. Dans le même temps, ils ont vendu pour 9,2 milliards de dollars d’actions canadiennes. Ces mouvements témoignent de la confiance des investisseurs étrangers à l’égard de la qualité du crédit canadien, mais aussi d’une prudence accrue à l’égard des actions.

Sydney Wisener

Le représentant américain au Commerce a fourni de nouvelles observations sur l’ACEUM

  • Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré devant un auditoire à Washington que la politique américaine continuerait d’être guidée par « L’Amérique d’abord », et que l’accord commercial Canada–États-Unis–Mexique plaçait les deux partenaires des États-Unis dans la position commerciale la plus enviable qui soit avec ce pays.

  • M. Greer a toutefois indiqué une volonté de collaborer avec le Canada dans les secteurs de l’énergie et des minéraux critiques, tout en mettant en garde contre leur utilisation comme levier dans les négociations commerciales. Comme en écho à ces propos, le président américain Donald Trump a signé un décret autorisant un projet d’oléoduc Canada-Wyoming.

La plus haute responsable du commerce de l’UE quitte ses fonctions en raison de désaccords sur l’accord entre les États-Unis et l’UE

  • Sabine Weyand will step down as Director-General for Trade after raising concerns that the agreement the EU struck with President Donald Trump does not meet global trade rules.

  • La présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, a défendu à plusieurs reprises l’accord – aux termes duquel l’UE a accepté de payer des droits de douane de 15 % sur la plupart des produits, tout en ramenant à zéro les droits de douane sur la plupart des produits américains – en le présentant comme une première étape vers un accord de libre-échange plus vaste.

L’OCDE signale une hausse soutenue des restrictions à l’exportation de minéraux critiques

  • L’analyse montre que les restrictions à l’exportation de minéraux critiques ont quintuplé depuis 2009, un nombre croissant de pays imposant des contrôles sur des intrants liés à la défense, aux technologies et à l’énergie.

  • La Chine continue de dominer l’offre, assurant environ 70 % de la production de terres rares et plus de 90 % de certaines matières essentielles, tandis que les récentes perturbations des exportations mettent en relief la vulnérabilité persistante des chaînes d’approvisionnement.

La Chine menace de riposter au projet européen « Made in Europe »

  • Le ministère chinois du Commerce a averti l’UE qu’il pourrait prendre des contre-mesures si le projet de loi sur l’accélérateur industriel proposé par le bloc restreignait l’accès des entreprises chinoises aux subventions et aux marchés publics.

  • L’initiative de l’UE vise clairement à réduire les dépendances à l’égard de la Chine et à porter la part du secteur manufacturier dans le PIB à 20 % d’ici 2035, contre 14,3 % actuellement.

—Thomas Ashcroft

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Également dans ce numéro : Les enjeux non négociables de l’ACEUM et les frictions persistantes autour des interdictions provinciales sur l’alcool

L’avenir des relations économiques entre le Canada et l’UE repose sur la politique industrielle

  • À mesure que le Canada diversifie ses relations commerciales au‑delà des États‑Unis, l’Union européenne s’impose comme un partenaire prioritaire.

  • L’intensification des échanges diplomatiques a même amené certains à évoquer l’idée d’une adhésion du Canada au bloc.

  • Si cela demeure improbable pour plusieurs raisons, ce qui est pertinent et concret, en revanche, c’est l’alignement croissant entre le Canada et l’Europe en matière de politique industrielle – particulièrement dans les secteurs où les gouvernements orientent les investissements, structurent les chaînes logistiques et définissent les règles de la concurrence. 

De l’accès aux marchés à l’accès industriel

Au cours des dix dernières années, la relation entre le Canada et l’UE a été définie par l’Accord économique et commercial global (AECG) signé en 2016. Les échanges commerciaux ont connu une croissance importante durant cette période, mais l’accord ne s’est pas avéré sans friction dans la pratique :

  • La ratification n’est pas encore terminée et l’accord n’est pas encore pleinement en vigueur, plusieurs États membres de l’UE n’ayant pas encore approuvé son chapitre sur les investissements.

  • Des obstacles réglementaires persistent, en particulier dans le secteur agricole, où les exportateurs canadiens sont confrontés à des contraintes liées aux règles sanitaires de l’UE, aux seuils de pesticides et aux normes sur les produits.

  • Cependant, son application provisoire a permis une augmentation de plus de 77 % du commerce bilatéral de marchandises depuis 2016, atteignant 134 milliards de dollars en 2025.

  • Aujourd’hui, dans les domaines de l’énergie propre, de la fabrication de pointe et de la défense, le Canada et l’UE mobilisent leurs financements publics et leurs politiques d’approvisionnement pour développer des capacités nationales et sécuriser les chaînes logistiques. Ce virage transforme la manière dont l’accès aux marchés bilatéraux sera déterminé.

Redéfinition de l’accès

  • Le Pacte vert européen oriente les investissements vers les batteries, l’hydrogène et la décarbonation industrielle, afin de concentrer la production au sein de l’UE.

  • Le projet de loi d’accélération industrielle en faveur du « Made in Europe » conditionnerait l’accès aux subventions et aux marchés publics des secteurs stratégiques à une production située dans l’UE ou à une réciprocité fondée sur la production dans un pays partenaire.

  • Cette semaine, la ministre de l’industrie, Mélanie Joly, a indiqué que le Canada engagerait des discussions avec Bruxelles afin d’obtenir un accès au programme « Made in Europe », dans une approche de réciprocité alignée sur la politique industrielle.

La défense en tête de la collaboration industrielle Canada–UE

  • La participation du Canada au programme européen Security Action for Europe (SAFE) constitue l’exemple le plus clair de la manière dont ce virage s’opère.

  • Le programme SAFE accordera jusqu’à 244 milliards de dollars en prêts aux États membres de l’UE pour appuyer des projets de défense et, en décembre, le Canada est devenu le seul État non membre à obtenir un accès privilégié au programme.

Concrètement, cela signifie que :

  • Les entreprises canadiennes peuvent soumissionner à des contrats de défense financés par l’UE sur un pied d’égalité avec les fournisseurs européens, en compétition directe plutôt qu’en passant par la sous‑traitance ou des intermédiaires locaux.

  • Jusqu’à 80 % de contenu canadien est autorisé dans les contrats, comparativement à 35 % pour les autres pays tiers, ce qui accroît considérablement la capacité des secteurs manufacturier, de l’ingénierie et des chaînes logistiques du Canada à ancrer les activités au pays tout en étant admissibles aux marchés publics de l’UE.

  • Le Canada versera une cotisation initiale de 10 millions d’euros et des frais de participation de 15 % s’appliqueront à la valeur du contenu canadien dans les contrats où le contenu européen représente moins de 65 % de la valeur.

Ce qu’il faut surveiller

  • L’accès du Canada au programme « Made in Europe » : le gouvernement a ouvert la porte, mais l’adhésion éventuelle dépendra de la volonté de l’UE et nécessitera des discussions substantielles. La question clé est de savoir si le Canada peut transformer l’alignement politique en un accès formel à plusieurs secteurs, et non seulement à la défense, afin de participer à des projets soutenus par des subventions.

  • La concrétisation de SAFE en contrats : des conditions préférentielles sont en place, mais l’élément déterminant sera l’attribution de contrats. La capacité des entreprises canadiennes à obtenir des rôles significatifs dans des projets financés par SAFE et à accroître leurs exportations à l’échelle du continent déterminera l’ampleur et la durabilité de ce partenariat.

  • L’évolution de l’AECG : des points de friction importants subsistent pour les exportateurs ; l’accord n’est appliqué qu’à titre provisoire ; l’harmonisation réglementaire sera difficile à atteindre ; et des négociations sont en cours pour conclure un accord sur le commerce numérique.

Considérés conjointement, ces éléments détermineront si le Canada peut passer d’un partenaire privilégié à un participant structurel à la montée en puissance industrielle de l’Europe – et tirer parti, sur le plan commercial, des centaines de milliards mobilisés par l’UE.

–Thomas Ashcroft, responsable principal de politique, Enjeux mondiaux

Les importations de bières, de vins et de spiritueux en provenance des États-Unis ont chuté de 70 %
  • Les interdictions provinciales visant les alcools américains pourraient être levées « rapidement », selon Mark Carney. Le premier ministre a toutefois précisé que cela dépendrait de la volonté des États-Unis de prendre des mesures concernant les droits de douane imposés sur l’acier, l’aluminium et les automobiles canadiennes — ainsi que sur les produits forestiers : « Ce ne sont pas de simples irritants. Ce sont des violations de notre accord commercial. »

  • Le gouvernement fédéral a déclaré qu’il ne reculerait pas sur la question de la gestion de l’offre laitière dans le cadre des négociations commerciales. Dominic LeBlanc, ministre responsable du commerce canado-américain, a aussi affirmé que le Canada ne cédera pas aux demandes des États-Unis concernant les règles d’étiquetage en français lorsque les négociations de l’ACEUM débuteront plus tard cette année. Ces deux enjeux, de même que la Loi sur la diffusion continue en ligne et la politique « Achetez canadien », ont été critiqués par l’administration Trump. Quant à savoir si des droits de douane resteront en vigueur advenant la conclusion d’un accord, M. LeBlanc a dit : « Soyons réalistes, personne n’a encore été complètement exempté. »

  • L’administration Trump commencera à rembourser 166 milliards de dollars américains en droits de douane – intérêts compris. Deux mois après que la Cour suprême a invalidé les droits de douane du « Liberation Day », le gouvernement américain a commencé à accepter les demandes de remboursement cette semaine. Le gouvernement a dû mettre en place un système de traitement destiné aux 330 000 importateurs ayant acquitté des droits en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act.