➔ Les inondations au Népal mettent en lumière les conséquences de la fonte des glaciers
➔ Cinq signaux provenant du rapport sur le climat du gouvernement
➔ Trois goulots d’étranglement qui freinent les progrès en matière de climat
Signaux
Les droits de douane américains pèsent sur les entreprises canadiennes de technologies propres en démarrage. Les entreprises canadiennes de technologies propres ont levé 365 millions de dollars au cours du premier semestre de 2026, ce qui est plutôt stable d’une année sur l’autre. La Canadian Cleantech Alliance recommande aux petites entreprises d’adopter une approche « États-Unis et au-delà », plutôt que de se limiter aux seuls États-Unis, afin de diversifier leurs risques, de protéger leurs contrats et de mettre à l’épreuve la résilience de leurs activités face à plusieurs scénarios plausibles. Le budget qui sera présenté à l’automne à Ottawa est considéré comme essentiel à la compétitivité du secteur. Le lent déploiement du crédit d’impôt à l’investissement dans les technologies propres suscite déjà des inquiétudes.
Comment protégez-vous l’une des zones humides les plus vierges du Canada ? Canards Illimités Canada, chef de file de la conservation des zones humides, a récemment acquis l’East Meadows Ranch sur le lac Manitoba, ce qui représente le plus important achat de terres de conservation de l’histoire de la province.Cette acquisition permet de protéger 8 000 acres de marais côtiers, de prairies naturelles et de parcs à peupliers faux-trembles, au nord-ouest de Winnipeg. Selon Wilson Fink, responsable principal des politiques agricoles, cet achat, qui s’élève à quelque 9 millions de dollars payés par des donateurs privés et par le Programme de conservation du patrimoine naturel du gouvernement fédéral, fait la démonstration d’un modèle de capital mixte dont on a grandement besoin pour protéger les régions rurales du Canada.
Une entreprise en démarrage de la Saskatchewan a annoncé une percée dans le domaine de l’hydrogène. L’entreprise Max Power, établie à Regina, a foré le tout premier puit au Canada entièrement consacré à l’hydrogène naturel propre à son complexe Lawson. La société affirme que cette réussite est une première mondiale, susceptible de déboucher sur la création d’un tout nouveau secteur d’énergie primaire. L’important investisseur dans le secteur des matières premières Eric Sprott, qui a soutenu l’entreprise, a fait passer sa participation dans l’entreprise à 24,35 %. L’hydrogène naturel peut alimenter les piles à combustible pour produire de l’électricité et n’émet pas de gaz à effet de serre.
Momentum pour la transition énergétique
Le Sommet canadien de l’investissement, qui se tiendra les 14 et 15 septembre, vise à faire connaître les débouchés canadiens au monde entier. Les intérêts portent sur un vaste éventail d’actifs canadiens, mais nous nous concentrons sur deux enjeux liés à la transition énergétique : les minéraux critiques et la technologie nucléaire. Si ce sommet est axé sur les capitaux, les observateurs du climat chercheront à savoir quelle place occupent la politique climatique – et surtout la compétitivité climatique – dans le grand projet d’Ottawa visant à attirer les capitaux internationaux.
Les minéraux critiques et le nucléaire constituent tous deux un moteur pour la politique climatique, mais se heurtent également à plusieurs obstacles.
Minéraux critiques
Momentum
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Le Canada, qui compte plus de 55 exploitations de minéraux critiques actives, 31 installations de traitement et 171 projets complexes, dispose d’une solide fondation sur laquelle bâtir.
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Le Canada a conclu 13 nouveaux partenariats dans plus de huit pays par l’entremise de l’Alliance sur la production de minéraux critiques et la résilience, lancée pendant sa présidence du G7 en 2025.
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Dans son budget 2026-2027, le Québec a ajouté 1 milliard de dollars à son fonds dédié aux minéraux critiques et conclu de nouveaux accords miniers avec le Royaume-Uni (décembre 2025) et l’Allemagne (mars 2026). L’an dernier, l’Ontario a lancé son propre fonds de 500 millions de dollars.
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Selon notre nouveau rapport, rédigé en collaboration avec McKinsey & Co., il serait possible de contribuer à rendre les ressources canadiennes à la fois plus accessibles et plus abordables en comblant le déficit en infrastructures et en renforçant la prévisibilité des procédures d’autorisation et de réglementation.

Obstacles
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L’obtention de permis restent le principal frein, malgré les mesures d’harmonisation prévues par la Loi visant à bâtir le Canada de 2025, qui vise à mettre en place un guichet unique ; l’obtention des autorisations pour les projets prend encore des années.
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La stratégie reste fragmentée, les lacunes en matière de données et les systèmes circulaires sous-développés n’étant pas pris en considération d’un territoire de compétence à l’autre.
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La hausse des prix de l’énergie et les tensions commerciales à l’échelle mondiale exercent une pression sur la rentabilité des projets.
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La plupart des engagements de partenariat avec les Autochtones en sont encore à l’étape du cadre.
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Le recours massif aux instruments de subvention fédéraux (Fonds stratégique pour l’innovation, crédits d’impôt) pour réduire les risques liés à l’investissement privé donne à penser que le marché n’a pas encore démontré sa capacité à se suffire à lui-même.
Nucléaire
Momentum
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Le projet BWRX-300 de Darlington est en construction. Il s’agit du premier réacteur modulaire de petite taille du G7, dont le raccordement au réseau est prévu d’ici la fin de 2030.
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Solide fondation actuelle : les 17 réacteurs CANDU fournissent déjà 13 % de l’électricité nationale, alors que le Canada assure 24 % de la production mondiale d’uranium, ce qui lui procure un véritable pouvoir de négociation en amont.
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En juin 2026, une garantie de prêt a permis à sept Premières Nations des traités Williams d’acquérir une participation minoritaire dans le projet de Darlington, soulignant ainsi la participation des Autochtones au-delà des consultations.
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Le nouveau dossier de projet d’Ontario Power Generation concernant Wesleyville pourrait ajouter jusqu’à 10 GW de capacité supplémentaire.
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La Stratégie canadienne en matière d’énergie nucléaire de 100 milliards de dollars, qui a été lancée en juin, vise à construire jusqu’à 10 nouveaux grands réacteurs d’ici 2040 et jette les bases d’une industrie axée sur l’exportation, qui ciblera des pays comme la Pologne.
Obstacles
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Comme le réacteur modulaire de petite taille de Darlington est le tout premier en son genre au sein des pays du G7, les hypothèses relatives au budget et aux échéanciers doivent être étudiées attentivement.
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Le risque d’exécution est un problème clé : le respect des échéances et du budget n’est pas garanti et pourrait jeter de l’ombre sur tout projet futur.
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Le coût de 20,9 milliards de dollars pour seulement quatre unités de 300 MW invite à comparer ce projet avec d’autres options d’énergie propre plus abordables.
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Despite its advantages, Canada struggles with coordination between federal government, provinces, utilities and financing agencies, according to a new report by the Canadian Global Affairs Institute. Following the South Korea and France playbook of combining technology, diplomacy, financing and government advocacy could win contracts, the report recommends. Malgré ses avantages, le Canada peine à assurer la coordination entre le gouvernement fédéral, les provinces, les services publics et les agences de financement, selon un nouveau rapport de l’Institut canadien des affaires mondiales. Le rapport recommande que l’on s’efforce de suivre le plan de match de la Corée du Sud et de la France, qui combine la technologie, la diplomatie, le financement et la défense des intérêts des gouvernements pour obtenir des contrats.
Le spectacle déchirant de la fonte des glaces
Les récentes inondations au Népal, qui, selon certains analystes, auraient été déclenchées par des mouvements glaciaires, nous font prendre conscience de la véritable tragédie humaine et économique que représente l’instabilité du système naturel. Les catastrophes climatiques coûtent chaque année 450 milliards de dollars américains à la planète, dont une grande partie n’est pas couverte par une assurance.
Selon un nouveau rapport du gouvernement canadien, les glaciers de l’ouest du Canada devraient perdre plus de 75 % de leur masse glaciaire, les précipitations intenses devraient augmenter de 40 % en moyenne au Canada, et il y a plus des deux tiers des risques que le centre de l’océan Arctique soit libre de glace la plupart des mois de septembre. De l’approvisionnement en eau et de l’énergie hydroélectrique aux inondations et aux infrastructures, les risques économiques s’étendent bien au-delà de l’Arctique. Twila Moon, glaciologue du National Snow and Ice Data Center au Colorado, parle de ce qui change, de ce qui s’en vient et de ce qui peut encore être fait. Faits saillants de l’entrevue :
Après vingt ans d’études sur le Groenland, qu’est-ce qui vous permet de garder espoir ?
C’est parfois assez déchirant de constater ces changements. Mais j’essaie aussi de garder une vision très large des choses. Il y a tant d’esprits brillants et d’organisations engagées qui font avancer les choses. La meilleure façon d’améliorer vos perspectives pour l’avenir est de s’impliquer activement dans la lutte contre les changements climatiques.
Il est également très décevant de constater certains reculs, comme la suppression par le gouvernement américain du financement de l’Arctic Report Card de la NOAA — que j’ai rédigé en collaboration avec d’autres —, mais ce n’est pas tout. Nous continuons de faire des progrès et il y a des exemples de solutions auxquelles les gens peuvent avoir recours, tant pour s’adapter au changement que pour en atténuer les effets.
Pourquoi la fonte des glaces n’est-elle pas seulement un enjeu environnemental ?
C’est aussi un problème financier. Les glaciers sont d’une grande utilité pour notre eau potable et pour la production d’eau agricole, en plus de fournir de l’énergie hydroélectrique. Les répercussions économiques comprennent les incertitudes ou les pertes liées à l’énergie hydroélectrique, la variabilité des ressources en eau, les inondations et d’autres risques.
L’accent est-il désormais mis sur l’adaptation ?
Il ne faut pas s’attendre à ce que nous puissions enrayer la fonte des glaces ou inverser ce phénomène. L’objectif est de ralentir autant que possible la fonte des glaces, ainsi que de comprendre les changements qui se sont déjà produits et ceux qui sont en cours, et de s’y adapter.
Les cinq chiffres du climat au Canada
Selon le tout dernier Rapport sur le climat changeant du Canada, les Canadiens connaîtront des vagues de chaleur plus fortes, des averses plus intenses, des risques d’inondations éclair et de plus longues saisons de feux de forêt et de sécheresse à l’échelle du pays, phénomènes « sans aucun doute [dus] aux émissions provenant de la combustion de combustibles fossiles et aux changements d’affectation des terres causés par l’être humain ».
Cinq chiffres illustrent la situation d’un pays en proie à des changements climatiques spectaculaires :
2.6°C Warming across Canada’s North’s over the past 75 years—faster than the national average of 2.0°C.
2x Canada’s warming rate since the 1970s compared to the global average. The Canadian Arctic has warmed three times as fast.
1°C Canada’s forecast annual average temperature increase from 2021 to 2040—no matter how global emissions change.
5°C Canada’s projected temperature rise by 2100, relative to 1850 to 1900. There’s a greater than 50% chance winter warming in Nunavut will exceed 10°C.
34 centimetres Sea-levelrise already recorded in southern Atlantic Canada and the western Arctic, compared to 20 cm since 1900.
Conversations
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Alors que l’essor estival de l’IA battait son plein, John Stackhouse a choisi de lever le pied en août avec The Infinity Machine, biographie merveilleusement humaine de Demis Hassabis, fondateur de DeepMind et l’un des pionniers les plus influents de l’IA.
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Les investissements mondiaux dans les énergies propres ont atteint 2 100 milliards de dollars américains en 2025, et la production d’électricité propre progresse 2,3 fois plus vite que l’offre énergétique globale. Alors, pourquoi les émissions ne baissent-elles pas ? The Energy Transition Change 2026 présente trois goulots d’étranglement, notamment les contraintes de réseau qui freinent les progrès.
Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.
Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Jordan Brennan, John Intini, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.
Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).
Bulletin d’information sur le climat
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