Pour la semaine du 24 août
Les rapports de vendredi prochain sur le produit intérieur brut (PIB) du Canada pour juin et le deuxième trimestre devraient confirmer une forte reprise de l’activité économique à la suite du ralentissement de la croissance observé au cours de l’hiver.
Statistique Canada présente deux mesures différentes du PIB réel fondées sur la production mensuelle et les dépenses trimestrielles. Les deux estimations ont divergé considérablement au cours des derniers trimestres, y compris au premier trimestre, où l’estimation de la production a affiché une légère augmentation, tandis que les dépenses ont connu une deuxième légère baisse consécutive.
Toutefois, les données mensuelles sur le PIB semblent nettement meilleures à ce jour au deuxième trimestre. Nous prévoyons une hausse de 0,2 % en juin, conforme à l’estimation préliminaire publiée antérieurement par Statistique Canada, ce qui porterait à près d’un point de pourcentage l’augmentation cumulative enregistrée en avril et en mai.
Les données mensuelles ont fait l’objet de nombreuses révisions, mais elles demeurent compatibles avec une croissance annualisée supérieure à 3 % au deuxième trimestre dans son ensemble. Un large éventail d’indicateurs a également largement confirmé le rebond de la croissance au deuxième trimestre. Les données sur le marché de l’emploi se sont raffermies après un lent début d’année.
Une partie de cette vigueur au deuxième trimestre reflète un renversement de la faiblesse temporaire plus tôt dans l’année. Les échanges commerciaux nets devraient avoir apporté une contribution positive substantielle à la croissance, les exportations ayant surpassé les importations, notamment en raison du redressement du secteur automobile à la suite des perturbations de production observées cet hiver.
Mais l’amélioration enregistrée au deuxième trimestre semble aller au-delà du simple rebond des échanges commerciaux. Notre suivi des opérations des titulaires de carte RBC a révélé une augmentation des dépenses de consommation malgré la hausse des coûts du carburant au cours du trimestre. La hausse marquée des importations de biens d’équipement suggère un raffermissement de l’investissement des entreprises. Par ailleurs, l’investissement résidentiel semble s’être redressé parallèlement à l’amélioration des reventes de logements et des mises en chantier, bien que l’activité résidentielle demeure faible et que la reprise s’annonce progressive.
L’effet favorable découlant de la production automobile et des échanges commerciaux nets au deuxième trimestre ne devrait vraisemblablement pas se répéter au cours des prochains trimestres. De plus, le recul de la population devrait continuer de freiner la croissance du PIB global, tandis que l’incertitude entourant le commerce international et les droits de douane toujours en vigueur sur certains produits demeurent des obstacles à l’investissement des entreprises.
La croissance au troisième trimestre demeure solide jusqu’à présent
Les premiers indicateurs, notamment notre suivi des dépenses de consommation et le raffermissement du nombre d’heures travaillées en juillet, demeurent encourageants en ce début de troisième trimestre.
Les détails de l’accord commercial visant à éviter l’imposition des droits de douane additionnels sur les importations canadiennes, annoncés par les États-Unis en juillet, n’ont toujours pas été dévoilés. La date limite pour conclure l’accord et éviter l’application de droits de douane de 50 % sur un autre groupe de produits d’exportation canadiens est fixée à minuit ce soir (le 21 août). Toutefois, les premières informations indiquent que les droits de douane en vigueur sur des produits, tels que les automobiles, l’acier et l’aluminium, pourraient être abaissés. De plus, la plupart des entreprises canadiennes maintiennent un accès en franchise de droits aux États-Unis grâce aux exemptions convenues dans le cadre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
Nous prévoyons toujours une modération de la croissance après la forte progression enregistrée au deuxième trimestre, tout en conservant une opinion favorable quant aux perspectives pour le reste de 2026. Cela cadrerait avec notre scénario de base, qui table sur une reprise cyclique graduelle, y compris une poursuite de l’amélioration de la croissance par habitant, même si l’incertitude commerciale élevée demeure un risque.
À propos des auteurs :
Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.
Abbey Xu est économiste à RBC. En tant que membre du groupe d’analyse macroéconomique, elle se spécialise dans les modèles de prévisions macroéconomiques, et présente des analyses et des mises à jour opportunes sur les tendances économiques.
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