Mettre en place une tarification du carbone efficace. Voilà l’un des défis centraux du Canada dans l’élaboration d’une stratégie de compétitivité carbone, et ce qui sous-tend l’examen des normes nationales minimales pour la tarification du carbone par Environnement et Changement climatique Canada (ECCC).
Les marchés du carbone ne relèvent plus d’un débat politique abstrait. Ils constituent une épreuve très concrète : le capital se mobilise-t-il — ou s’oriente-t-il ailleurs ?
Cette semaine, l’équipe du l’Institut de l’action climatique a échangé avec l’Institut Pembina ainsi qu’avec d’autres acteurs de premier plan des marchés du carbone et de l’investissement climatique afin d’examiner une question centrale : quelles conditions sont nécessaires pour stimuler de nouveaux investissements ?
La réponse a été claire et convergente : l’existence d’un marché du carbone robuste et pleinement fonctionnel. Or, au Canada, ce marché n’a pas encore atteint ce niveau de maturité.
Les principaux constats issus des échanges ont été les suivants :
1. Le commerce comme point d’ancrage
La politique climatique est de plus en plus façonnée par l’accès aux marchés mondiaux et par les enjeux de compétitivité, et non plus uniquement par des considérations de politique intérieure.
Les grands partenaires commerciaux intègrent désormais des contraintes carbone dans l’architecture même des échanges internationaux. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF/CBAM) de l’Union européenne en est l’exemple le plus emblématique : il étend de facto le prix du carbone de l’UE aux chaînes d’approvisionnement mondiales. À commencer par les exportateurs de l’acier, du ciment, de l’aluminium, des engrais ou de l’électricité à destination du marché européen, la tarification du carbone n’est plus une option — elle devient une condition d’accès au marché, et donc un coût incontournable des affaires. Toutefois, l’évolution des dynamiques politiques au sein de l’Union européenne pourrait introduire une incertitude quant à la mise en œuvre du MACF, créant un environnement complexe pour les décideurs canadiens en matière de politique carbone. Cette incertitude complique l’évaluation du niveau de rigueur des normes nationales minimales, notamment dans un contexte d’accès aux marchés marqué par des conditions géopolitiques imprévisibles.
Mais les économies émergentes n’attendent pas.
Le Brésil progresse dans la mise en place d’un cadre national de marché du carbone étroitement lié aux taxonomies de la finance durable. Plusieurs ressorts africains établissent des infrastructures de marchés du carbone parallèlement à des partenariats commerciaux et de développement, souvent accélérées par un approfondissement de leurs relations économiques avec l’Europe.
Ces systèmes peuvent, dans un premier temps, avoir une portée plus limitée, mais ils sont conçus dès l’origine dans une optique d’alignement international.
2. L’échelle fixe les règles
Les grands blocs de consommation intègrent désormais la politique climatique à grande échelle au cœur de leurs économies.
La Chine exploite aujourd’hui le plus vaste système d’échange de droits d’émission (SEQE/ETS) au monde en termes d’émissions couvertes. Le système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS) couvre des milliers d’installations, repose sur un plafond d’émissions décroissant, bénéficie d’une liquidité profonde et s’inscrit dans une trajectoire de long terme clairement définie. Le système britannique s’aligne sur cette même logique. Parallèlement, les dispositifs en vigueur au Japon, en Corée du Sud et en Inde connaissent une expansion rapide.
Le Canada se distingue — non pas par son niveau d’ambition, mais par la structure de son cadre. Plutôt que de s’appuyer sur un système d’échange unique et d’envergure, le pays fonctionne avec un ensemble fragmenté de mécanismes : le régime fédéral de référence, des redevances provinciales sur les combustibles, ainsi que plusieurs systèmes industriels fondés sur le rendement (OBPS, TIER, etc.), chacun assorti de règles, de niveaux de prix et d’options de conformité distincts. Dans d’autres ressorts, l’échelle et l’harmonisation ont permis de bâtir des systèmes de tarification du carbone fonctionnels et crédibles. À l’inverse, l’approche fragmentée du Canada complique l’engagement des investisseurs et des partenaires commerciaux. L’examen des normes nationales minimales devra donc se pencher sur une question fondamentale : la flexibilité accordée est-elle allée trop loin au point de se transformer en fragmentation ?
3. Des marchés fonctionnels sont une condition préalable à l’investissement
Le financement de la décarbonation à grande échelle en l’absence d’un marché du carbone structuré et fonctionnel sera extrêmement difficile. Les projets de décarbonation de grande ampleur comportent des risques qui ne peuvent être durablement absorbés par de simples garanties gouvernementales. Un marché national plus profond et plus liquide permettrait au marché lui-même d’absorber une part plus importante du risque de prix, réduisant ainsi la pression exercée sur les bilans publics.
L’établissement de la fongibilité des crédits carbone entre les systèmes fédéraux et provinciaux est apparu comme une première étape déterminante pour créer la profondeur de marché nécessaire à des investissements sérieux en décarbonation. Les investisseurs ont été explicites : la volatilité des prix freine la formation du capital.
Ils ont besoin de certitude sur les prix à l’horizon de leurs décisions d’investissement.
Ils ont besoin d’incitatifs crédibles qui récompensent une décarbonation réelle.
Ils ont besoin de mécanismes de soutien — réglementaires ou budgétaires — capables de tenir lorsque les marchés se déstabilisent.
Le marché TIER (Technology Innovation and Emissions Reduction) de l’Alberta est fréquemment cité comme exemple de forte volatilité des prix. Les prix y sont passés de moins de 15 dollars par tonne à plus de 40 dollars en l’espace de quelques semaines à la suite de l’annonce du protocole d’entente de l’Alberta. Cela sans même tenir compte du fait que, trop souvent, les prix du TIER peuvent se découpler du prix de référence fédéral du carbone, laissant entrevoir une volatilité future accrue. En conséquence, les investisseurs sont contraints d’intégrer dans leurs modèles le risque d’un élargissement supplémentaire des écarts de prix.
Les normes nationales d’Environnement et Changement climatique Canada, axées uniquement sur des niveaux de prix minimaux, risquent de passer à côté de l’enjeu central. La prévisibilité, l’existence de garde-fous et la crédibilité de corridors de prix comptent tout autant que la rigueur nominale. À l’inverse, le système européen d’échange de quotas d’émission combine une trajectoire de plafond à long terme avec des mécanismes de stabilité de marché qui atténuent les fluctuations extrêmes. Le résultat n’est pas un carbone bon marché, mais un carbone finançable.
4. 2026 : l’année de l’action
Les choix de conception du marché effectués aujourd’hui détermineront la destination des flux de capitaux demain. L’examen des normes nationales minimales d’Environnement et Changement climatique Canada constitue une occasion de montrer que le Canada prend au sérieux l’établissement d’un marché efficace et de signaler comment des instruments complémentaires peuvent attirer des investissements privés.
Les contrats carbone à différence (CCfD), par exemple, ont été évoqués comme un complément puissant à la tarification du carbone lorsqu’ils sont utilisés de manière ciblée. Ils réduisent le risque des investissements en garantissant un prix plancher du carbone pour les projets qui génèrent des réductions d’émissions significatives.
La conception du marché est une politique d’investissement. Elle détermine si le Canada attire la prochaine génération de projets industriels propres — ou s’il les verra se développer ailleurs.
Alors qu’Environnement et Changement climatique Canada examine les normes nationales minimales, la question n’est plus de savoir si une tarification du carbone doit exister. Ce débat est clos. La question centrale est désormais de savoir si le système canadien est crédible, évolutif et stable à suffisamment long terme pour rester concurrentiel dans un contexte mondial où les marchés du carbone structurent désormais le commerce, les flux de capitaux et la stratégie industrielle.
Dans le cadre du rapport Action climatique 2025, nous avons lancé un appel national à des photographes afin qu’ils illustrent ce qui se fait dans différents secteurs ou régions en matière d’adaptation aux changements climatiques. Leurs images en décrivent les effets concrets, parlent de cohabitation entre établissements industriels et milieux naturels ou montrent certaines des solutions mises en œuvre. En comblant le fossé entre la complexité des enjeux et notre ressenti, ces clichés visent à susciter le débat et l’action. Nous vous invitons à découvrir le travail de ces photographes qui font l’état des lieux et suivent les progrès réalisés au Canada.
Amanda Shalovelo
Amanda fait de la photo depuis l’âge de quatorze ans. Autodidacte, elle aime particulièrement photographier les paysages auxquels mènent les routes de campagne des prairies saskatchewanaises. Ses images ont paru treize fois dans les calendriers de Canadian Geographic, qui l’a récemment sélectionnée pour son prochain numéro spécial (« Best Wildlife Photography 2024 ») et pour son calendrier « Wicked Weather Calendar » 2025.
Une vache qui attend le départ du photographe, Lanigan (Saskatchewan)
Une collation rapide, Langham (Saskatchewan)
Une photo grand angle de ce groupe ayant leur collation, Langham, Saskatchewan
Plan de groupe du troupeau, Lanigan (Saskatchewan)
Portrait d’une vache peu impressionnée, Lanigan (Saskatchewan)
Fier propriétaire de ferme va accueillir son troupeau, Langham, Saskatchewan
Camion qui descend vers le parc d’engraissement, Langham (Saskatchewan)
Jeune veau au milieu du troupeau, Langham(Saskatchewan)
Harmony Le Reste
Harmony est une photographe française qui se consacre à la nature et aux grands espaces. En s’établissant à Montréal en 2015 – elle est alors âgée de 22 ans –, elle découvre les vastes étendues et la nature sauvage caractéristiques de l’Amérique du Nord. En 2016, elle commence à travailler comme pigiste auprès de différents offices du tourisme et sillonne le Québec. Depuis 2019, elle organise des excursions et des ateliers dans différents pays à l’intention des photographes désireux de s’initier sur le terrain à la capture de scènes naturelles.
Aujourd’hui, Harmony immortalise toujours la nature mais est aussi guide de voyage auprès d’autres photographes, en plus de travailler comme directrice artistique et vidéaste en extérieur.
Anse de sable, Charlevoix
Lac de la Roche, Saguenay-Lac-Saint-Jean
Lac Résimond, Saguenay-Lac-Saint-Jean
Parc national de la Jacques-Cartier, Capitale nationale
Parc national Forillon, Gaspésie
Len Wagg
Photographe, auteur et présentateur canadien, Len Wagg collectionne les lauriers. Celui qui raconte des histoires en images depuis plus de trois décennies est connu pour ses photos soulignant la beauté majestueuse de la faune et des paysages salins de sa Nouvelle-Écosse natale. Au fil de ses contrats, il a visité les déserts éthiopiens, survolé l’Europe à bord d’un chasseur CF-18 et parcouru tout le territoire canadien. Ses photos paraissent dans les quotidiens et les magazines du monde entier.
Un agriculteur prépare ses champs au printemps dans la vallée de l’Annapolis, en Nouvelle-Écosse
Un pêcheur a organisé des files d’attente pour des casiers à homard à Yarmouth, en Nouvelle-Écosse
Un bateau de pêche se dirige vers la brume dans la baie de Fundy, en Nouvelle-Écosse
Une mosaïque de glace entoure les bateaux de pêche dans la baie Saint-Laurent, au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse
Une ligne d’arbres projette une ombre sur les champs de bleuets, Port Grenville, Nouvelle-Écosse
Amherst Point, Nova Scotia
Champs de bleuets à l’automne près de Parrsboro, en Nouvelle-Écosse
Pisciculture au large des côtes de la Nouvelle-Écosse
Les boîtes à homards entreposées dans l’eau créent un dessin près de Tracadie, en Nouvelle-Écosse
Spring crop, Grand Pre, Nova Scotia
Marc Gilbert
Amoureux des beautés cachées du Manitoba, Marc Gilbert rapporte de ses explorations des images fascinantes des immenses parcs et des paisibles paysages ruraux de cette province canadienne. Par ses photos audacieuses et hautes en couleurs, il sait nous communiquer l’émerveillement que suscite en lui la beauté des grands espaces.
Gros plan du champ de canola sous un ciel bleu. Otterburne (Manitoba)
Gros plan du déversoir du barrage hydroélectrique. Seven Sisters Falls (Manitoba)
Combine des champs de récolte et un ciel poussiéreux. St-Pierre Jolys (Manitoba)
Champ de maïs au coucher du soleil, St-Pierre Jolys, Manitoba
Champ de maïs séché et broyeur d’aliments pour animaux. Carey (Manitoba)
Mur de la centrale hydroélectrique. Barrage hydroélectrique de Seven Sisters Falls, Manitoba
Tracteur d’irrigation dans un champ sous un ciel maussade. Otterburne (Manitoba)
Lacs et éoliennes. St-Leon (Manitoba)
Arbre solitaire dans un champ sous un lever de soleil de mauvaise humeur. St-Pierre Jolys (Manitoba)
Entraînez-vous par une journée enneigée. Sentier du lac Bear, parc provincial whiteshell, Manitoba
Mitchell Milbury
Originaire du Nouveau-Brunswick, Mitchell Milbury photographie la nature et les paysages. La plupart de ses images célèbrent la beauté des provinces Maritimes. Il a grandi à Woodstock (N.-B.). Enfant, il passait le plus clair de son temps à l’extérieur. Chaque semaine, Mitchell explore sa province, rapportant des photos qui mettent en valeur ses splendides milieux naturels.
Les galeries du Nouveau-Brunswick exposent ses œuvres, dont il vend de nombreux tirages sur Internet.
Usine de pâte à papier, St John (Nouveau-Brunswick) (2)
Usine de pâte à papier, St John (Nouveau-Brunswick) (3)
Carrière Springhill (Nouveau-Brunswick)
Neil Dankoff
Neil est né et a grandi à Montréal. Il étudie en cinéma et communications à l’Université McGill, puis part à Toronto en 1998. C’est l’époque des premiers appareils numériques. Tout de suite conquis, Neil consacre 1400 $ à l’achat d’un Olympus offrant une résolution de 1,3 mégapixel.
L’occasion se présente pour lui de parcourir le monde et d’affiner un style de photographie panoramique qui n’appartient qu’à lui. Avec son appareil de format intermédiaire Phase One, il produit des clichés immédiatement reconnaissables. Chaque œuvre se compose de multiples images prises selon différents réglages d’exposition et de mise au point, que Neil assemble avec le plus grand soin afin de transporter le spectateur en un point précis de l’espace-temps.
Familier des milieux artistiques torontois, Neil s’est notamment fait connaître grâce à la prestigieuse galerie Lonsdale qui, ces quatre dernières années, lui a consacré plusieurs expositions.
En 2013, Derek et Kirsty Stern accompagnent Neil dans le cadre d’un voyage en Afrique. Une expérience sensationnelle qui n’est que le prélude à des expéditions du même genre à Bora Bora, à Hawaï, en Islande, en Chine, au Japon, en France, en Bolivie, etc. En 2015, tous trois ouvrent la galerie Kandy de Montréal. Peu après, Neil se voit confier par l’Hotel X Toronto ce qui se révélera le plus important mandat jamais enregistré au Canada en matière de photographie artistique : pendant près de trois ans, il parcourra le monde afin d’en rapporter plus de 800 photos de paysages pour cet établissement de très grand luxe. Au début de 2018, Neil ouvre la galerie Kandy de la Ville reine, située dans le hall de l’Hotel X Toronto. Une autre galerie Kandy voit le jour à Memphis en décembre.
EV Charging, Toronto, Ontario
Greenhouse, Leamington, Ontario
Greenhouse, Leamington, Ontario (2)
Greenhouse, Leamington, Ontario (3)
Greenhouse, Leamington, Ontario (4)
Knapp Lane, Toronto, Ontario
Knapp Lane, Toronto, Ontario (2)
Woodrill Farms, Ontario
Woodrill Farms, Ontario (2)
Yu Ranch, Tillsonburg, Ontario
Ray Mackey
Ray est un photographe canadien amoureux des paysages et de la nature. Toute sa vie, il a su restituer l’émotion et produire des trames narratives par le jeu d’images qu’il publie depuis une quinzaine d’années. Toujours en quête de nouvelles scènes à immortaliser, Ray voyage ailleurs dans le monde, mais ses œuvres publiées portent avant tout sur les rivages de Terre-Neuve. Les couvertures de différents magazines et d’autres publications arborent souvent ses photos, que l’on peut voir également sur tous les continents, dans les ambassades du Canada.
Bay Bulls, Newfoundland
Cargo vessel passing an iceberg in Ferryland, Newfoundland
Come By Chance, Newfoundland (2)
Cooks Harbour, Newfoundland
Cougar helicopters in Harbour Grace, Newfoundland
Entrance to St. John’s Harbour, St. John’s Newfoundland
Iceberg season, Bay Bulls, Newfoundland (2)
Iceberg season, Bay Bulls, Newfoundland (3)
Inshore and offshoare fishing boats, Witless Bay, Newfoundland
À la fin du mois de mai, l’Institut d’action climatique RBC a organisé son premier événement jeunesse Action climatique. Nous avons réuni des dirigeants de l’industrie, des experts du climat et 70 membres de la prochaine génération de leaders en matière de climat du Canada afin de discuter de certains de nos récents travaux de recherche, de susciter des débats éclairés et de réfléchir à la façon de subvenir aux besoins mondiaux en matière de nourriture, d’énergie et de logement d’une manière carboneutre. Nous nous étions fixé pour objectif de faire participer la prochaine génération à nos recherches et de générer des idées concrètes dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie et du logement, idées que nous pourrions continuer à faire progresser au cours des prochaines années. Cependant, ce que nous avons appris va bien au-delà de simples idées.
En plus d’une réflexion critique sur la façon de relever les défis dans ces secteurs clés par l’éducation et l’engagement communautaire, les participants ont mis au défi nos membres représentant l’industrie quant à la façon d’engager de manière optimale leurs efforts, d’intervenir sur le plan de l’éducation et de faire preuve d’enthousiasme afin de rehausser le niveau de transparence et d’instaurer la confiance. Ils ont incité tant RBC que les représentants de l’industrie à accorder une plus large place et plus de temps aux voix des jeunes alors que nous continuons à prendre des mesures visant le climat.
Voici certaines des leçons que nous avons tirées de cet événement.
1. De petites actions peuvent faire boule de neige et avoir un impact significatif
Bien qu’une seule plante puisse sembler ne pas représenter grand-chose, si tous les membres d’une communauté donnée décidaient de faire pousser une plante indigène, cela contribuerait à restaurer l’ensemble de l’écosystème. Comme nous l’avons entendu de la voix de Megan Leslie, présidente-directrice générale du Fonds mondial pour la nature (Canada) (WWF-Canada), de petits changements collectifs peuvent rapidement faire boule de neige. Plateforme en ligne qui incite les Canadiens à planter des espèces indigènes dans leurs propres espaces, le programme re:grow (ce contenu est disponible en anglais seulement) de WWF-Canada contribuera à la restauration d’un million d’hectares d’écosystèmes complexes. Les représentants de l’industrie ont également souligné en quoi les participants peuvent contribuer à l’action climatique tout au long de leur carrière, y compris en choisissant leur lieu de travail et en contribuant à des stratégies de décarbonation à l’interne afin d’aider à la réalisation de changements au sein de leur propre organisation. Parmi les autres moyens figure la prise en compte des moyens scientifiques et technologiques « les plus récents et les plus formidables » afin d’éclairer et d’influencer les clients, les responsables du financement et les gouvernements à l’égard de façons inédites et durables de faire les choses.
2. Se tourner vers les systèmes pour aider à faire évoluer le comportement des consommateurs
Comme le recours aux subventions gouvernementales ne constitue pas une stratégie à long terme, il convient de se doter de nouvelles approches pour faire en sorte que des changements surviennent sur le plan des comportements des consommateurs, tant à l’égard de ce qu’ils consomment que des quantités en cause. Nous observons ce phénomène prendre forme dans les écoles alors que sont organisées des journées sans viande, ainsi que des programmes agricoles et alimentaires. Il existe également des programmes qui invitent à l’adoption de comportements durables, comme dans le cas de l’expansion des systèmes de transport public et des politiques qui encouragent les rénovations écologiques (comme les thermopompes). Une enquête menée par RBC et Ipsos nous apprend que trois quarts des répondants considèrent qu’étant donné l’état actuel de l’économie, ce n’est « pas le bon moment » pour consacrer de l’argent à la lutte contre les changements climatiques . Nous devons en faire plus pour contribuer au changement en mettant en œuvre un plus grand nombre de systèmes qui aident les consommateurs à surmonter les obstacles perçus à l’égard des pratiques durables, comme le manque d’abordabilité, de fiabilité et d’accès : 1) en faisant connaître les avantages, les impacts et les résultats de ces choix d’entrée de jeu, et 2) en incitant les consommateurs à faire des choix plus éclairés qui n’auront pas de répercussions sur leur qualité de vie.
3. Investir dans la technologie
Un thème majeur qui a émergé de cet événement tenait à l’investissement dans des solutions de décarbonation innovantes à l’étape de la production et aux technologies qui peuvent aider les consommateurs à faire des choix plus éclairés. Dans le domaine agricole, nous avons entendu parler du recours à l’intelligence artificielle (IA) pour réduire les déchets, optimiser la production alimentaire et promouvoir la viande cultivée en laboratoire afin de réduire l’empreinte environnementale de l’élevage traditionnel. Les bâtiments peuvent eux aussi devenir plus économes en énergie en faisant appel à des matériaux de construction écologiques, comme le béton intégrant du mycélium et des stores automatiques qui s’adaptent à la lumière naturelle, permettant ainsi de réduire les factures de chauffage. Dans le secteur de l’énergie, les participants ont discuté de l’utilisation de petits réacteurs modulaires (PRM), de parcs éoliens flottants et de la fusion nucléaire à titre de solutions de pointe produisant une énergie propre, ainsi que de la mise en place de meilleures subventions et infrastructures pour les véhicules électriques (VE) afin de les rendre plus accessibles et largement répandus. L’accent était mis sur la nécessité de voir grand, en soulignant l’impératif de fixer des délais audacieux tant à l’égard du développement que du déploiement de ces solutions (qu’il suffise de penser à la nécessité de se doter rapidement de vaccins contre la COVID 19) et de décupler le niveau de collaboration entre les consommateurs, les gouvernements et les entreprises de manière à s’assurer que nous puissions atteindre nos objectifs climatiques à l’horizon 2030.
4. Les membres des communautés autochtones à titre de collaborateurs
Les participants ont fait part de leurs inquiétudes quant au fait que l’action climatique ne tient pas compte des besoins de toutes les parties prenantes. La collaboration et la consultation avec les communautés autochtones qui peuvent tirer parti de leur connaissance à titre d’intendants de la terre pour accorder la priorité à la résilience et à la biodiversité plutôt qu’à la rentabilité font cruellement défaut. Un profond engagement envers des processus de développement et de prise de décision peut contribuer à la mise en œuvre d’initiatives qui témoignent des contextes environnementaux, économiques et culturels uniques de chacune des communautés, lesquelles seraient plus susceptibles d’être adoptées. Une approche marquée au sceau de la collaboration permet d’améliorer l’efficacité de l’action climatique, de favoriser la résilience et de contribuer au parcours en matière de réconciliation du Canada.
5. Les sociétés doivent instaurer la confiance
Cela nous amène directement au thème qui consiste à créer des liens de confiance avec nos communautés. Les communautés ne collaboreront pas si elles n’observent pas que des mesures sont prises et que les engagements sont respectés. Chacun en a assez de ce qu’il considère être des engagements vides de sens de la part des sociétés en matière de climat. Les participants ont fait état de l’érosion de leur niveau de confiance envers les sociétés et, selon le baromètre de la confiance Edelman, seulement 51 % de la population estime que les entreprises sauront faire ce qui s’avère juste en matière de changement climatique. Près du tiers des personnes sondées ont déclaré que les entreprises ne respectaient pas leurs engagements climatiques . Pour rétablir cette confiance, les organisations, et notamment RBC, doivent faire preuve de transparence quant à leurs engagements, les respecter et s’attendre à être tenues responsables si elles n’agissent pas en ce sens.
6. Parler moins, écouter davantage
Une étape tout aussi importante sur la voie de l’instauration de la confiance consiste à mettre en place un dialogue continu et pertinent – et parfois inconfortable – avec les jeunes, qui veulent que leur voix soit entendue. Le cas échéant, nous devons fournir suffisamment de temps et de place aux jeunes dirigeants pour qu’ils puissent tisser des liens significatifs et respectueux avec les décideurs. La nouvelle génération souhaite participer à des débats libres et francs qui permettent de répondre à leurs questions et les aident à mieux cerner le rôle qui pourrait être le leur dans la lutte contre le changement climatique.
Joanna Osawe est la fondatrice, présidente et cheffe de la direction de Women in Renewable Energy (WiRE). WiRE est un organisme sans but lucratif dont la mission consiste à promouvoir le rôle et la reconnaissance des femmes et d’autres groupes de personnes sous-représentées dans le secteur de l’énergie. Couvrant toutes les technologies des énergies renouvelables et d’énergie propre, leurs programmes comprennent des chapitres nationaux et internationaux, des chapitres destinés aux étudiants, des excursions sur le terrain pour renforcer ses capacités, des rencontres de réseautage, des programmes de reconnaissance par des prix, des bourses d’études, des séances de mentorat éclair, des entretiens d’embauche éclair, des actualités, des conférences, des ateliers et plus encore.
Le marché immobilier canadien est au bord de l’explosion. Notre parc de logements actuel est déjà largement inférieur aux besoins des Canadiens et il nous faudra bientôt trouver un moyen de répondre à la hausse record de la demande des nouveaux Canadiens. Cela signifie qu’il nous faudra construire près de six millions de nouvelles maisons.
La construction de façon durable (une exigence nécessaire pour atteindre nos objectifs climatiques) de ces maisons ouvre la voie à des débouchés économiques. Le Canada peut mener la prochaine ère écologique du secteur de la construction nord-américain, définie notamment par de nouveaux matériaux de construction, des systèmes intelligents de construction et l’utilisation de systèmes de chauffage et de refroidissement à faibles émissions. En plus de la construction des bâtiments, nous devrons constituer de nouvelles chaînes logistiques, regrouper une main-d’œuvre qualifiée et bâtir surtout une économie moderne qui facilite la transition.
C’est cet enjeu qui a incité RBC Institut d’action climatique et le Brookfield Sustainability Institute du Collège George Brown à entamer une collaboration, en commençant par ce document. Tours à faibles émissions de carbone : le défi zéro émission nette de 40 milliards $ du Canada vise à informer les Canadiens de l’urgence des besoins, mais aussi à mettre en avant les occasions grandissantes qui découleront de la construction d’édifices plus durables.
John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, RBC
Luigi Ferrara, président du conseil et chef de la direction, Brookfield Sustainability Institute
Points importants
D’ici 2030, le Canada aura besoin de 5,8 millions de nouvelles habitations, soit 40 % de plus, car la crise d’accessibilité à la propriété et le pic d’immigration actuels font augmenter la demande.
Si on les construit selon les pratiques actuelles et les codes qui sont en vigueur, ces structures ajouteront chaque année jusqu’à 18 Mt (millions de tonnes) d’émissions de gaz à effet de serre à notre bilan carbone.
Les émissions provenant de la production du ciment et de l’acier utilisés pour les construire s’ajouteront
Avec environ 90 Mt de gaz à effet de serre par année, les bâtiments actuels comptent déjà parmi les plus grands émetteurs du Canada.
Pour atteindre nos objectifs de carboneutralité, nous devrons changer notre façon de construire et ce que nous construisons. Nous devrons également moderniser nos bâtiments actuels en rénovant quelque 16 millions d’habitations et 750 millions de mètres carrés de locaux commerciaux.
Il faudra à cette fin des investissements de plus de 40 milliards de dollars par an, dont 60 % pour les rénovations et le reste pour les nouvelles constructions1.
Les nouvelles technologies seront essentielles. L’utilisation des pompes à chaleur (qui gagne déjà du terrain dans les provinces de l’Atlantique et en Colombie-Britannique) doit se généraliser, augmenter et finir par remplacer les fournaises au gaz, qui constituent la plus importante source d’émissions des bâtiments.
Key Charts
Sept idées
Les provinces devraient établir des normes d’émissions de plus en plus strictes pour les immeubles nouveaux et existants.
Les codes pour la construction de nouveaux bâtiments doivent se renforcer rapidement, et les émissions autorisées dans les structures actuelles doivent diminuer peu à peu selon un plan transparent, mais ambitieux. Il importe de réduire graduellement les ventes de technologies et de matériaux à fortes émissions de carbone, conformément à ce plan.
Les propriétaires d’immeubles sont tenus de recueillir les données relatives aux émissions et aux rénovations, et de les diffuser
Une base de données nationale en libre accès présentant les effets des diverses améliorations apportées à tous les types de bâtiments peut aider les propriétaires à élaborer des plans d’investissement pour respecter les règlements susmentionnés. Tous les paliers de gouvernement doivent contribuer au paiement des coûts de la base de données.
Les commissions des services publics doivent transmettre les bons messages sur les prix
Les provinces peuvent utiliser les tarifs d’électricité pour encourager l’installation de pompes à chaleur dans les grands bâtiments, ainsi que les économies d’énergie et le déplacement de la demande dans les plus petits.
Il faut cibler l’abordabilité grâce à l’assurance prêt hypothécaire, aux prêts et aux règles d’utilisation du sol.
Ottawa doit autoriser la prolongation de la période d’amortissement maximale pour les prêts hypothécaires verts assurés et accorder des subventions directes plus importantes aux acheteurs de pompes à chaleur à faibles revenus. Les administrations municipales doivent réduire les frais de développement et augmenter la densité autorisée pour les bâtiments durables. Les banques doivent examiner comment modifier les critères de crédit afin d’aider les propriétaires à acheter des logements écologiques plus coûteux.
Les municipalités doivent créer des quartiers à faibles émissions de carbone.
Désigner des zones de bâtiments à faibles émissions de carbone (p. ex. des bâtiments en bois massif, l’utilisation de nouvelles formes de béton ou des maisons préfabriquées), plutôt que des emplacements précis, afin d’augmenter rapidement l’échelle des projets pilotes.
Améliorer les compétences des travailleurs, faire croître la main-d’œuvre et adopter de nouvelles méthodes de conception.
Les syndicats et les employeurs peuvent unir leurs efforts pour enseigner aux travailleurs les méthodes de construction nécessitant moins de main-d’œuvre. Le gouvernement fédéral peut élaborer une politique d’immigration mieux ciblée afin d’attirer les nouveaux arrivants possédant les compétences requises en construction.
Les participants du secteur peuvent collaborer pour favoriser l’innovation au sujet des pompes à chaleur, ainsi que leur approvisionnement.
Les groupes sectoriels peuvent cibler d’autres pays froids pour améliorer les pompes à chaleur destinées aux climats froids et réduire leur coût. Les gouvernements peuvent appuyer les missions commerciales et stimuler la production nationale de pompes et de composants, notamment grâce à des synergies avec d’autres fabricants et innovateurs canadiens (p. ex. les fabricants de pièces automobiles).
Pourquoi il faut rendre l’environnement bâti du Canada plus durable
Il y a longtemps que les bâtiments sont au cœur du problème d’émissions du Canada.
Chauffés par des fournaises au gaz, alimentés par de l’électricité produite avec du charbon et soutenus par des fondations en béton à fortes émissions, nos bâtiments sont notre troisième source d’émissions de gaz à effet de serre en importance après les secteurs de l’énergie et du transport. Au total, ils génèrent un huitième de nos émissions, soit environ 90 millions de tonnes (Mt) de dioxyde de carbone par année. De plus, ces émissions augmentent, car on construit plus de maisons et de locaux commerciaux chauffés au gaz naturel.
Pour atteindre nos objectifs climatiques, nous devons bâtir d’une nouvelle façon. La conception et la modernisation peuvent nous permettre de faire bien plus que réduire nos émissions. Nous pouvons transformer nos bâtiments en puissants moteurs de transition durable qui serviront de bornes de recharge pour les véhicules électriques, de générateurs d’énergie solaire et de puits de carbone emprisonnant les émissions stockées dans les matières premières.
L’« environnement bâti » du Canada, c’est-à-dire les centres commerciaux, les habitations et les tours de bureaux qui sont au cœur de nos existences, est essentiel à l’économie. Les services immobiliers et le secteur de la construction produisent directement un cinquième du PIB, car des bâtiments commerciaux sont nécessaires à un vaste éventail d’activités économiques qui s’étendent des magasins de vente au détail aux chaînes de montage. Cependant, presque la moitié de notre parc immobilier a été construit avant 1980, époque où l’efficacité énergétique n’était pas une priorité absolue. Qui plus est, au Canada, la fraîcheur du climat et l’abondance de gaz naturel nous ont longtemps amenés à chauffer nos habitations généreusement sans avoir à faire attention aux émissions.
Ce n’est plus possible maintenant. Notre parc de logements actuel est déjà largement inférieur aux besoins des Canadiens et la flambée des prix rend la propriété de plus en plus inaccessible. Comme nos objectifs d’immigration records amèneront 5,5 millions de nouveaux arrivants au Canada d’ici 2035, nous devrons accroître notre parc de logements de 40 % au cours des dix prochaines années, et ce, sans augmenter les émissions.
L’ampleur de cette tâche est sans doute colossale, mais elle nous donne aussi la possibilité de repartir à zéro. Certaines entreprises canadiennes saisissent cette occasion en prenant l’initiative de développer des technologies de construction favorables au climat. La société Element5 de St Thomas, en Ontario, produit une technologie liée au bois massif qui permet d’en coller plusieurs couches ensemble afin de produire du bois suffisamment solide pour remplacer l’acier et le béton habituellement utilisés dans les bâtiments. L’entreprise QuadReal de la Colombie-Britannique est en train de transformer un entrepôt de Toronto en centrale solaire en installant sur son toit de nombreux panneaux destinés à alimenter des camions de livraison électriques. De plus, la société torontoise Morgan Solar conçoit des stores qui servent également de panneaux solaires. En exportant ces solutions de construction intelligente, en faisant croître l’économie et en réduisant ses propres émissions, le Canada peut jouer un rôle de chef de file en Amérique du Nord.
Nos constructeurs devront relever le défi d’intégrer ces innovations à faibles émissions de carbone à leurs activités courantes. Ils devront aussi composer avec le fait qu’au Canada, les espaces de vie sont plus vastes que dans la plupart des pays développés.
Les pénuries de main-d’œuvre, le fait que les systèmes électriques peinent à répondre à la demande et les tensions s’exerçant sur les chaînes logistiques liées aux nouvelles technologies constitueront d’importants obstacles. Le coût supplémentaire lié à la construction durable en sera un autre. Chaque dollar supplémentaire aura une incidence sur les ménages canadiens, aux prises avec la hausse du coût de la vie.
Toutefois, le maintien des normes de construction que nous appliquons depuis toujours s’accompagnera d’autres fardeaux financiers qui prendront la forme de futures rénovations et d’un prix du carbone supérieur. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’attendre plus longtemps.
Étude de cas
Création de communautés favorables au climat
Les nouvelles communautés offrent à leurs concepteurs une chance de mettre au point, à l’échelle de quartiers, des solutions qui nous rapprochent rapidement de la carboneutralité.
Les « communautés favorables au climat » adoptent des solutions fondées sur la nature, des pratiques d’économie circulaire et des types d’énergie renouvelable. Leurs travaux de conception sont axés sur la durabilité et la flexibilité des bâtiments, ainsi que sur la préservation des écosystèmes. Elles aident aussi leurs habitants à adopter des philosophies de vie simples, des économies fondées sur le partage et des réseaux communautaires intelligents.
Ces communautés privilégient généralement le transport en commun, les petites maisons et les quartiers densément peuplés dont les résidents peuvent se déplacer à pied pour vivre, travailler et jouer. Elles comprennent généralement des locaux destinés à divers usages et différents types de logements locatifs, créent un réseau d’espaces naturels et pavés à échelle humaine, adoptent des installations de cohabitation gérées par la communauté et intègrent des systèmes fondés sur l’énergie renouvelable et sur des solutions intelligentes pour réduire la consommation d’énergie.
Le quartier Bedzed de Londres, qui est l’une des premières communautés favorables au climat du monde, compte 100 habitations, un collège, des bureaux et diverses installations communautaires. Des matériaux locaux et recyclés ont été utilisés pour le construire, et son système de chauffage central et ses maisons à conception passive ont contribué à réduire de moitié les émissions liées au transport et d’un tiers celles qui sont liées au chauffage. L’utilisation d’eau a été réduite de deux tiers. Ainsi, les résidents, dont les factures annuelles sont inférieures de 1 400 livres sterling à celles de la moyenne des Londoniens, ont pu réaliser des économies importantes.
Nouvelles constructions et rénovations :
une nouvelle voie et un long effort
Les nouveaux bâtiments nous offrent une occasion unique de réinventer notre environnement bâti.
Dès le départ, les collectivités et les structures peuvent être conçues pour être plus efficaces sur le plan énergétique et plus résistantes aux menaces physiques et aux coûts liés aux changements climatiques comme la chaleur, les inondations et les incendies de forêt. Lorsqu’ils construisent des bâtiments entièrement neufs, les promoteurs peuvent créer de façon plus abordable des « enveloppes » étanches et des structures entraînant moins de pertes d’air et de chaleur. Ils peuvent aussi s’inspirer de technologies moins énergivores, comme les pompes à chaleur, qui déplacent la chaleur de l’air extérieur, de l’eau ou du sol pour la transférer à l’intérieur. De cette façon, des économies sont réalisées plus rapidement. En outre, comme les pompes à chaleur peuvent aussi bien servir à chauffer les espaces qu’à les rafraîchir, la technologie qui leur est associée peut aussi éliminer le besoin de fournaises et de climatiseurs dans de nombreuses parties du pays, ce qui permet de réduire encore plus les coûts.
Ces économies d’exploitation peuvent compenser en grande partie le coût initial supplémentaire de 5 à 10 % lié à la construction de bâtiments durables. Si l’on apportait des modifications aux politiques de prêts hypothécaires (par exemple, en prolongeant la période d’amortissement des prêts hypothécaires assurés pour les maisons carboneutres), la compensation serait encore meilleure. Entre-temps, la mise en œuvre d’un cadre réglementaire uniforme et de codes du bâtiment favorisant tous autant les bâtiments carboneutres dans toutes les municipalités ferait en sorte que les coûts et les normes soient les mêmes pour tous les constructeurs.
Ce qu’on appelle le « carbone intrinsèque » constitue un plus grand défi. Le carbone intrinsèque est constitué des émissions produites lors de la fabrication de matériaux de construction (comme le ciment destiné à de nouvelles fondations et le verre des nouvelles fenêtres). Selon certaines mesures, il représente 11 % des émissions mondiales,2 et peut correspondre à près de deux décennies d’émissions liées à l’exploitation d’un immeuble.
Heureusement, certaines des innovations les plus intéressantes ont lieu dans ce domaine. L’utilisation de bois dans les grands bâtiments permet d’emprisonner efficacement le carbone stocké dans les arbres pendant plus de 100 ans. De plus, certaines études portent à croire qu’elle réduit également les pertes de chaleur, ce qui facilite aussi la réduction des émissions liées à l’exploitation de ces bâtiments. Les innovations relatives au béton peuvent faire augmenter la quantité de carbone qu’il stocke et les bâtiments imprimés en 3D ou préfabriqués permettent de réduire considérablement la quantité de matériaux gaspillés. D’autres matériaux sont en cours de mise au point : par exemple, au Royaume-Uni, des chercheurs font pousser des structures à partir de mycélium, de sciure et de laine. Certaines de ces innovations ne pourront être utilisées à grande échelle, mais nous devons investir massivement dans les plus prometteuses.
La réglementation actuelle constitue un obstacle important. Pour construire un bâtiment de dix étages en bois massif, les architectes du Collège George Brown de Toronto ont dû obtenir des exemptions spéciales aux codes du bâtiment. Ils les ont obtenus au bout de quatre ans, ce qui est largement supérieur au temps de construction total prévu pour le bâtiment lui-même. Nous devrons accélérer la cadence et apprendre de nos pairs du monde entier. Par exemple, en Europe, il y a trois fois plus de grands bâtiments en bois massif en construction.
Bâtir à partir de rien est une chose. La rénovation des espaces actuels, dont beaucoup ont été construits il y a des décennies, sera plus difficile. Pour atteindre nos objectifs de 2050, nous devrons chaque année convertir 57 millions de m2 d’espaces résidentiels (400 000 logements) et plus de 25 millions de m2 d’espaces commerciaux au chauffage à faibles émissions. Rien que pour les logements, il faudrait à cette fin presque tripler notre rythme actuel de conversion.
Cependant, le simple fait de remplacer les bâtiments vieillissants sera coûteux et pourrait produire d’autres émissions. De plus, on peut travailler à partir des structures actuelles. Les rénovations qui améliorent l’étanchéité à l’air et l’isolation peuvent améliorer la rentabilité des pompes à chaleur, mais certains propriétaires pourraient devoir évacuer leurs locataires et perdre leurs loyers, et les propriétaires occupants pourraient devoir sacrifier de l’espace pour améliorer l’isolation. Pour les propriétaires, il est possible que les économies réalisées grâce aux rénovations ne compensent pas leur coût, sauf lorsque celles-ci devaient être effectuées de toute façon. De plus, à cause du carbone intrinsèque, les améliorations précoces peuvent même, dans certains cas, avoir un effet négatif en ce qui concerne les émissions.
Quoi qu’il en soit, chaque fois que nos bâtiments vieillissants ont besoin d’améliorations, il faut saisir l’occasion. Or, il y a suffisamment de bâtiments commerciaux en fin de vie pour nous tenir occupés jusqu’en 2030. Pour ne pas manquer cette occasion de réduire les tensions pesant sur notre réseau électrique déjà surchargé, nous devons rapidement mettre sur pied une économie de la rénovation.
Les technologies propres sont peut-être la meilleure solution pour réduire les émissions. Malheureusement, les chiffres font en sorte qu’il est difficile d’en convaincre les propriétaires occupants et commerciaux. En plus d’être des espaces dans lesquels nous vivons et travaillons, les bâtiments modernes sont aussi des systèmes mécaniques complexes. Les plans budgétaires d’investissement des grands bâtiments commerciaux sont complexes. De plus, les budgets des propriétaires occupants comportent de nombreuses priorités conflictuelles. Certaines rénovations peuvent être logiques et avoir un rendement raisonnable sur le plan financier (bien qu’elles soient moins enthousiasmantes qu’une nouvelle cuisine éclatante). Mais dans bien des cas, et surtout pour les changements importants comme le remplacement d’une fournaise au gaz par une pompe à chaleur, les calculs ne donnent pas un résultat intéressant. En effet, bien que les pompes à chaleur entraînent une réduction des factures de services publics au fil du temps, il revient moins cher de chauffer une habitation avec une fournaise au gaz.
Pour chauffer leur logement avec une nouvelle fournaise au gaz à haute efficacité et la rafraîchir avec un climatiseur, les propriétaires occupants de Toronto dépensent environ 2 700 $ par année3. Pour faire de même avec une pompe à chaleur pour climat froid,4 qui coûte plus cher, il leur faudrait payer entre 3 300 $ et 3 800 $. Pour que les pompes à chaleur soient plus avantageuses sur le plan financier, il faudrait que la taxe carbone soit supérieure à 200 $.
Les meilleures pompes à chaleur sont celles qui, comme les fournaises actuelles, sont en grande partie invisibles et poussent l’air à travers les conduits. Ce sont également celles qui coûtent le plus cher. En comparaison, les modèles les plus abordables chauffent les maisons de façon moins uniforme. Comme l’adoption des pompes à chaleur s’accroît à l’échelle mondiale, leur coût de fabrication (et leur prix de vente) devrait baisser. Mais de combien et à quelle vitesse ? Nous ne sommes pas certains de ces éléments essentiels.
Autre problème : les pompes à chaleur consomment moins d’énergie, mais elles fonctionnent à l’électricité, qui coûte quatre fois plus cher que le gaz naturel5. Les rénovations qui rendent l’enveloppe des bâtiments plus étanches peuvent permettre d’utiliser des pompes plus petites, qui coûtent moins cher. Cependant, le coût de ces rénovations dépasse parfois les économies réalisées sur le prix des pompes. Si les petites pompes à chaleur gagnaient en popularité, nous pourrions éviter les coûts liés à la construction d’un système électrique beaucoup plus vaste, mais cela ne suffira peut-être pas à convaincre les consommateurs.
Pour remédier à cette situation, les gouvernements se sont tournés vers des subventions aux ménages, comme l’initiative canadienne pour des maisons plus vertes, qui comprend des subventions et des prêts sans intérêt pour combler les écarts de coûts. Les ménages se montrent toutefois réticents à y participer. En près de 18 mois, seules 19 000 habitations (sur un total de 16 millions) ont profité de l’initiative canadienne pour des maisons plus vertes et 196 000 demandes ont été présentées (moins de la moitié des rénovations que nous devrions effectuer chaque année). Sur les 2,6 milliards de dollars disponibles, seuls 69 millions ont été utilisés6. Les programmes à l’échelle des villes, comme le Home Energy Loan Program de Toronto, sont encore moins efficaces (245 habitations depuis 2014)7.
Le Canada atlantique donne un peu d’espoir. Entre un cinquième et un tiers des ménages des trois provinces maritimes utilisent des pompes à chaleur comme principale source de chaleur (bien que ce soit souvent en combinaison avec le chauffage au bois ou à l’électricité). Ce taux était de moins de 10 % au cours de la dernière décennie. Il a donc beaucoup augmenté comparativement à ce qui s’est produit dans le reste du Canada. La principale cause de cette augmentation est le financement provincial pour les maisons écoénergétiques, notamment au moyen de subventions et de remises pour les pompes à chaleur8. L’existence d’un système provincial bien développé pour la réalisation des rénovations et l’éducation des propriétaires occupants y est aussi pour quelque chose.
Étude de cas
Première Nation Haíłzaqv
La Première Nation Haíłzaqv de Bella Bella (C.-B.) a entrepris d’importantes rénovations en vue de réduire sa dépendance envers le diesel et ses émissions, tout en offrant un accès équitable à de l’énergie propre.
Dans le cadre du programme, 154 maisons ont déjà été rénovées en y ajoutant des pompes à chaleur alimentées par de l’hydroélectricité propre, ce qui a réduit le coût élevé du chauffage pour les résidents utilisant du mazout. La spécificité du projet Haíłzaqv tient à son approche. Les dirigeants de la communauté ont stimulé l’engagement tant virtuellement qu’en personne en aidant, par exemple, les résidents à répondre à des sondages sur l’énergie. Le programme vise à distribuer des « trousses écologiques » pour permettre aux résidents d’installer des ampoules à DEL et de rendre leurs logements étanches à l’air. Il permet aussi d’obtenir une formation pour les travaux connexes (comme la vérification de l’efficacité énergétique). Coastal Heat Pumps a également formé les résidents de la communauté pour l’installation de nouveaux systèmes de chauffage, ce qui leur a permis de développer des compétences à long terme.
Cette approche ascendante, encouragée par des subventions d’efficacité énergétique de B.C. Hydro, a attiré près de 20 millions de dollars d’investissements de la communauté.
Les programmes offrant un moyen de rénover les bâtiments commerciaux sont encore plus rares. Ils ont tendance à dépendre de financement à bas prix provenant d’entités gouvernementales comme la Banque de l’infrastructure du Canada. Et même lorsque c’est le cas, le manque de pompes à chaleur commercialisées à grande échelle rend les économies peu attrayantes. Pour rendre les chiffres plus attrayants, les propriétaires réduisent souvent l’ampleur de leur stratégie de décarbonisation. Il sera essentiel d’offrir des services de rénovation simplifiés et normalisés guidant les propriétaires au moyen d’un processus efficace.
Tant que ce ne sera pas le cas, il faudra des subventions plus importantes ou des règlements plus stricts.
2. Les infrastructures électriques
Même une fois que nous aurons rénové les bâtiments, leur électrification pourrait quadrupler la demande maximale au sein du système, ce qui ferait augmenter les tarifs d’électricité pour tout le monde.
Selon BNEF, pour décarboner l’économie d’ici 2050, nous devrons investir 350 milliards de dollars dans nos réseaux de distribution d’électricité (les fils qui alimentent directement les bâtiments). Environ 40 % de ces dépenses seront consacrées à la modernisation des infrastructures actuelles9. Une partie de celles-ci sont nécessaires pour veiller à ce que nos réseaux puissent résister aux effets physiques des changements climatiques (les vagues de chaleur peuvent endommager les transformateurs et les lignes électriques), mais la plupart serviront à électrifier les bâtiments et à charger les véhicules électriques.
En utilisant l’énergie accumulée dans les batteries des véhicules électriques (et en dédommageant les propriétaires des véhicules), on pourrait répondre à au moins 8 % de la nouvelle demande de pointe prévue10. La conception du nouveau tarif de nuit extrêmement avantageux de l’Ontario, qui encourage les conducteurs de véhicules électriques à les brancher la nuit, lorsque la demande est plus faible, pourrait permettre aux propriétaires de véhicules électriques de réaliser des économies et d’alléger le fardeau imposé au réseau. Mais pour avoir un plus grand effet, nous devons prendre des mesures semblables pour beaucoup d’autres appareils qui dépendent de l’électricité. Il est également essentiel d’appuyer les propriétaires d’immeubles qui économisent de l’énergie.
Nous pouvons électrifier beaucoup plus de bâtiments avant de faire face à ces problèmes. Cependant, si nous n’effectuons aucun changement, nous risquons de le faire de la mauvaise façon. Dans l’obligation de décarboner, les propriétaires de grands bâtiments pourraient choisir des chaudières électriques plutôt que d’investir dans de coûteuses pompes à chaleur. Ces systèmes accroîtront les pressions subies par les réseaux de distribution.
Entre-temps, il existe de bonnes raisons d’utiliser des systèmes hybrides au gaz et à l’électricité pour réduire les coûts. Le gaz est déjà disponible et les systèmes de chauffage que l’on remplace aujourd’hui devront de nouveau être remplacés d’ici 2050, ce qui nous donnera une nouvelle occasion de décarboner complètement. Même compte tenu du coût supplémentaire lié au gaz naturel renouvelable, l’utilisation de pompes à chaleur combinées à des systèmes de chauffage au gaz naturel renouvelable réduit les coûts de deux tiers. Il s’agit d’une solution qu’examinent Hydro-Québec et Energir.
Les systèmes hybrides permettent également de régler un autre problème. Il arrive fréquemment que les bâtiments ne puissent pas obtenir toute l’électricité nécessaire pour une décarbonation complète. Deux tours d’habitation récemment construites à Toronto, qui comprennent 700 places de stationnement, ne pouvaient alimenter que dix bornes de recharge de véhicules électriques.
D’ici 2030, nous devrons déterminer si les systèmes hybrides nous permettront de devenir carboneutres ou si nous devons faire plus d’efforts pour électrifier les bâtiments. Si la réponse est la seconde, nous devrons repenser les structures tarifaires de l’électricité qui, actuellement, ne tiennent compte ni du chargement en période de pointe ni de la durée d’utilisation de façon uniforme ou transparente à l’échelle du pays.
3. La population active
Les nouvelles constructions et rénovations dont nous avons besoin pourraient ajouter une demande importante sur le marché de l’emploi, où le manque de main-d’œuvre se fait déjà sentir. Selon nos estimations, la demande de travailleurs des domaines du chauffage, de la climatisation, de la ventilation et de l’électricité augmentera au plus haut point. Nous aurons besoin de 45 % de travailleurs de plus dans le secteur du chauffage, de la ventilation et de la climatisation, ainsi que de 55 % d’électriciens de plus.
Certaines provinces éprouveront plus de difficultés que les autres. On peut remplacer les plinthes de chauffage électrique inefficaces par des pompes à chaleur. Toutefois, la plupart des économies d’émissions découleront du remplacement des fournaises au gaz par des pompes à chaleur. Le Québec et la Colombie-Britannique, qui disposent d’une main-d’œuvre plus importante dans les métiers de la construction et dont la dépendance à l’égard du gaz est moins grande, seront les mieux placés pour réaliser cette transition. L’Ontario et l’Alberta, qui dépendent davantage du gaz naturel, abritent les populations qui connaissent la croissance démographique la plus rapide et font face aux pénuries les plus criantes dans le secteur des métiers de la construction, auront de plus grandes difficultés.
Alors qu’au cours de la décennie actuelle, un quart des travailleurs du secteur de la construction au Canada approchent de la retraite, il nous faudra de nouvelles stratégies pour attirer de jeunes travailleurs. Nous devrons aussi améliorer les compétences des travailleurs actuels. Dans le secteur de la construction, la connaissance des pompes à chaleur et des améliorations nécessaires à leur utilisation demeure un obstacle.
L’innovation peut aussi nous aider. Par exemple, la construction de bâtiments en bois massif nécessite 25 % moins de temps et 40 % moins de main-d’œuvre sur les chantiers que celle des types de bâtiments actuels11. Toutefois, elle nécessite aussi des travailleurs ayant de l’expérience en modélisation 3D et en usinage à l’aide de commandes numériques par ordinateur (CNC) pour fabriquer des panneaux de bois. Les salaires de ces travailleurs sont 30 % plus élevés que ceux des ouvriers du secteur de la construction12. Pour obtenir les avantages liés à l’augmentation des salaires des travailleurs, à la réduction des émissions et à la conception durable, il faudra tout de même contribuer à la formation des travailleurs de ces corps de métier.
Étude de cas
Constitution d’une main-d’œuvre spécialisée en rénovation
Pour construire des bâtiments durables, il faut diverses compétences. Certains projets peuvent nécessiter une expertise dans des domaines tels que l’installation de panneaux solaires, de toits verts et de systèmes d’énergie géothermique ou la collecte de l’eau de pluie. Les gestionnaires de bâtiments devront recueillir et analyser des données sur l’utilisation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre, et acquérir de nouvelles compétences en gestion de rénovations. Ils devront aussi utiliser des systèmes de construction plus intelligents et plus complexes. Les architectes devront acquérir une expertise en matière de rénovation et de conception durable. Il faudra aussi se concentrer davantage sur l’amélioration des compétences des personnes qui travaillent dans le secteur du chauffage, de la ventilation et de la climatisation afin qu’elles installent des pompes à chaleur et de nouveaux systèmes complexes pour les bâtiments modernes.
Au Canada, Workforce 2030 tire parti d’un réseau d’organismes communautaires, d’éducateurs et d’experts sectoriels pour faire passer les travailleurs touchés par la pandémie à des activités du secteur du bâtiment durable, comme la rénovation écoénergétique et les nouvelles constructions à faibles émissions de carbone. Il faudra aussi plus de formation pratique. Le programme « Green Skills at Work » de Singapour offre aux travailleurs une formation pratique et une formation en classe pour leur permettre d’acquérir des compétences et des connaissances liées aux pratiques de construction à faibles émissions de carbone.
4. Les chaînes logistiques
Le Canada n’est pas le seul pays à vouloir décarboner ses bâtiments. En Europe, les ventes de pompes à chaleur ont augmenté rapidement, et environ 16 % des bâtiments sont chauffés grâce à cette technologie13. L’augmentation faramineuse des prix du gaz due à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les efforts considérables déployés par les gouvernements de l’UE pour encourager les économies de gaz ont contribué à cette situation.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévient que les ventes pourraient dépasser l’offre14. Des entreprises d’Asie et d’Europe ont annoncé des projets de construction de nouvelles usines de fabrication, mais celles-ci ne suffiront pas à répondre à la demande. Comme il suffit de deux ans pour construire ces installations, il pourrait être facile de régler ce problème. Cependant, pour stimuler les investissements, il faudra que la demande soit forte.
Notre climat froid et nos grandes pièces rendent les besoins du Canada uniques, mais nous incitent aussi à innover. Le programme conjoint de RNCan, de l’Environmental Protection Agency et du département de l’Énergie des États-Unis pour la mise au point de pompes à chaleur destinées aux climats froids constitue un bon départ.
Toutefois, étant donné les limites du secteur manufacturier canadien, nous devrons toujours faire concurrence pour obtenir ces produits essentiels. Par exemple, l’administration Biden a récemment ajouté les pompes à chaleur à la liste des marchandises désignées par le Defense Production Act comme essentielles aux objectifs climatiques critiques des États-Unis. Le Canada pourrait bénéficier d’une amélioration de l’approvisionnement américain, mais le fait de compter sur des fournisseurs étrangers ajoute un risque inutile à notre transition. La collaboration du Canada et des États-Unis devrait être accompagnée d’efforts pour diversifier nos chaînes logistiques concernant cette technologie essentielle et pour en établir la production au pays.
Principal auteur : Colin Guldimann, premier économiste, Institut d’action climatique RBC
RBCNaomi Powell, directrice de rédaction, Services économiques et leadership avisé
Farhad Panahov, économiste, Institut d’action climatique RBC
Ben Richardson, associé, Recherche
Trinh Theresa Do, première directrice, Stratégie de leadership avisé
Darren Chow, premier directeur, Médias numériques
Shiplu Talukder, spécialiste, Publication numérique
Brookfield Sustainability InstituteLuigi Ferrara, Centre des arts, du design et des technologies de l’information
Jacob Kessler, premier directeur, Expansion des affaires et gestion des comptes
Matt Hexemer, directeur, Global Design Studio
Joseph Enaje, concepteur en chef
Chiara Alberti, rédacteur/concepteur
Lucrezia Marsili, rédacteur/concepteur
Finn Crockatt, rédacteur/concepteur
Remerciements
Nous remercions les personnes suivantes pour les conversations éclairées que nous avons eues avec elles et l’aide qu’elles nous ont apportée sur le plan de l’analyse technique:
Julia McNally, Sheena Sharpe et Cara Sloat, quartier 2030 de Toronto
Jon Douglas, directeur général, Développement durable mondial, Services immobiliers RBC
Denise Grey, directrice générale, Stratégie ESG, RBC
Brendan Haley, directeur général, Efficacité énergétique Canada
Isabelle Smith, directrice, Ingénierie Net Zéro, SNC Lavalin
Stuart Galloway, VPD, SOFIAC
Aaron Berg, directeur, Investissements dans l’efficacité énergétique, Banque de l’infrastructure du Canada
Julia Langer, cheffe de la direction, TAF
Carl Pawlowski, cadre dirigeant, Développement durable, Minto Group
Joanna Jackson, directrice, Développement durable et innovation, Minto Group
Jeff Ranson, vice-président, Développement durable et relations avec les parties prenantes, BOMA
Mark Hutchinson, vice-président des programmes du bâtiment durable et de l’innovation, Conseil du bâtiment durable du Canada
Andrew Guido, vice-président, Développement durable et innovation, Empire Communities
Luke Gilgan, membre du conseil d’administration, Mattamy Asset Management
Roya Khaleeli, directrice, ESG, Mattamy Asset Management
Kevin Kruk, vice-président, Financement de projet, Tridel
Graeme Armster, directeur, Innovation et développement durable, Tridel
Malini Giridhar,vice-présidente, Expansion des affaires et réglementation, Enbridge
Les personnes qui ont participé au forum sur les bâtiments carboneutres de RBC et BSI le 15 mars 2023
Animateurs du forum sur les bâtiments carboneutres: Sandhya Casson Kevin Santus Graeme Kondruss Jasraj Singh Narula Wing Yan Chan Tyana Van-Tang Thanusha Kanagendran Isabel Mactal Carmen Skoretz Wing Yan Chan Monika Patel Lakshya Verma Yasaman Musician Haylie Wong Dhruv Sheliya Samyuktha Vasudevan Livy Morden Ka Man Carmen Lau Berk Ercan Angelo Barletta Mansi Bhojani Shree Shivrajnagesh
Ces estimations tiennent compte de la différence du coût en capital des nouveaux bâtiments carboneutres par rapport à celui des bâtiments respectant les codes actuels, ainsi que du coût initial en capital des rénovations (isolation, pompes à chaleur, etc.). Elles ne tiennent pas compte des dépenses annuelles supplémentaires ni de l’augmentation globale des coûts engagés pendant la durée de vie des immeubles, qui seraient compensés par les économies réalisées grâce à la diminution des factures d’énergie.
Le reste sera réparti uniformément entre le remplacement des infrastructures en fin de vie et les investissements destinés à faciliter l’acquisition d’actifs de nouvelle génération.
Wood Products Council, « Mass Timber: Shifting Labor from Jobsite to Shop »
Au Canada, le salaire médian des machinistes spécialisés en CNC est de 27,35 $ l’heure, contre 21 $ l’heure pour les ouvriers du secteur de la construction.