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Leadership avisé RBC Géopolitique, commerce et économie Le Canada aujourd’hui : un pays sous les projecteurs
Géopolitique, commerce et économie

Le Canada aujourd’hui : un pays sous les projecteurs

Analyse approfondie d’un vaste éventail de secteurs, de la fabrication de pointe et de l’intelligence artificielle au pétrole et au gaz, en passant par les minéraux critiques

Le monde évolue, le Canada aussi.

Les années 2020 ont déjà été marquées par plusieurs vagues de perturbations, allant des chocs géopolitiques et des guerres aux avancées et découvertes extraordinaires dans les domaines des technologies spatiales, des sciences de la vie et de l’intelligence artificielle. Dans la foulée de ces profondes transformations, les flux commerciaux et les flux d’investissement évoluent eux aussi, et le Canada se trouve au carrefour de ces changements.

C’est dans ce contexte que les plus grands investisseurs mondiaux se réunissent à Toronto en septembre pour explorer les nouvelles perspectives qu’offre le Canada. Au-delà des possibilités de transactions, le Canada se distingue par l’abondance de ses ressources, la solidité de son État de droit et une population qui compte parmi les plus instruites et les plus ouvertes sur le monde. L’occasion est là. Le moment est venu. Voilà le Canada d’aujourd’hui.

La fabrication est le plus important secteur de production de biens au Canada et celui qui entretient les liens les plus étroits avec l’économie américaine. Les usines, principalement situées en Ontario et au Québec, ont généré des ventes d’environ 850 milliards de dollars l’an dernier et emploient un Canadien sur douze, tandis qu’environ la moitié de leur production est exportée partout dans le monde.

Le corridor Windsor-Montréal constitue le cœur de cette activité. On y trouve des usines d’assemblage automobile, des entreprises aérospatiales, des fournisseurs de pièces de premier niveau, des fabricants de machinerie et d’équipement ainsi que des entreprises de robotique et de technologie. À cet important tissu industriel s’ajoutent une main-d’œuvre qualifiée et des universités concurrentielles à l’échelle mondiale, qui contribuent à former les travailleurs spécialisés et à générer les activités de recherche-développement et la propriété intellectuelle nécessaires au secteur.

850 G$

Ventes manufacturières en 2025

1er

fournisseur étranger d’acier et d’aluminium aux États-Unis

5e

plus grand exportateur de
produits aérospatiaux

9e

plus important exportateur automobile

Quatre industries de pointe constituent les piliers du secteur et s’appuient sur une solide assise dans les métaux primaires et les produits métalliques, les produits chimiques et les plastiques. Ensemble, ces activités génèrent près de 60 milliards de dollars de PIB par année.

Un pôle automobile concurrentiel

Le Canada accueille cinq constructeurs automobiles – Toyota, Honda et les trois grands de Detroit – ainsi que 700 fournisseurs qui expédient chaque année plus de 100 milliards de dollars de véhicules et de pièces.

Si les volumes d’assemblage de véhicules ont diminué depuis 2010, la production de pièces a, quant à elle, augmenté de 10 % au cours de la même période. La création de valeur se déplace vers les groupes motopropulseurs, l’électronique, les systèmes de batteries et les logiciels, des créneaux où des entreprises canadiennes comme Magna, Linamar et BlackBerry QNX sont bien présentes.

Le coût actualisé de l’assemblage de véhicules électriques au Canada est comparable à celui des États-Unis, tandis que l’Ontario et le Québec bénéficient d’une électricité moins chère et plus propre.

Une industrie aérospatiale en plein essor

L’industrie aérospatiale canadienne contribue à hauteur de 33 milliards de dollars au PIB et emploie près de 220 000 personnes.

En 2024, les revenus générés par les activités aérospatiales liées à la défense ont atteint 6 milliards de dollars, soit près de 15 % des revenus de l’industrie. À cela s’ajoute la modernisation du NORAD, un chantier de 40 milliards de dollars qui devrait soutenir la demande à long terme. Cette demande devrait d’ailleurs augmenter tant au Canada qu’à l’échelle mondiale, notamment sous l’effet de la hausse des dépenses des pays membres de l’OTAN.

Le Canada se classe déjà parmi les cinq premiers pays au monde dans les domaines des simulateurs de vol civils, des moteurs et des aéronefs.

De solides perspectives pour l’industrie lourde

L’industrie de la machinerie, qui représente 20 milliards de dollars, est bien placée pour approvisionner les terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL), les mines et les projets d’expansion du réseau électrique, auxquels s’ajoutent 290 milliards de dollars de projets d’investissement liés à la défense prévus au Canada.

À la fin de 2025, les commandes en carnet des fabricants avaient augmenté de 7 % pour atteindre 115 milliards de dollars, une progression alimentée par la construction navale et l’aérospatiale.

Un éventail d’industries à valeur ajoutée

Le Canada est le quatrième producteur mondial d’aluminium et dispose d’une capacité de production d’environ 3,3 millions de tonnes.

La fabrication de produits chimiques ajoute pour sa part 22 milliards de dollars au PIB, tandis que l’industrie pharmaceutique y contribue à hauteur de 8 milliards de dollars.

Le Canada est le berceau de l’apprentissage profond. Les conseillers scientifiques en chef de ses trois instituts nationaux d’IA – Amii à Edmonton, Mila à Montréal et le Vector Institute à Toronto – sont tous lauréats du prix Turing. En 2017, le Canada est par ailleurs devenu le premier pays au monde à adopter une stratégie nationale en matière d’IA. Il est également l’un des rares pays, hors des États-Unis et de la Chine, à compter une entreprise qui développe des modèles d’IA de pointe. Fondée à Toronto en 2019, Cohere conçoit des modèles de langage destinés aux entreprises et aux administrations publiques. Elle se distingue notamment par sa capacité à traiter des données sensibles dans des environnements sécurisés et sur place. La forte concentration de talents constitue un autre avantage durable. Toronto se classe au troisième rang mondial pour les talents technologiques, derrière la région de la baie de San Francisco et Seattle.

3 500

entreprises d’IA

10 %

des meilleurs chercheurs en IA

14,5 G$

Total VC funding across
2,468 deals (2014-2025)

3

des 10 plus grands bassins de talents
en IA au monde : Toronto, Montréal
et Vancouver

L’écosystème canadien de l’IA s’articule autour de cinq composantes : les modèles de fondation, soit les systèmes de langage sur lesquels reposent la plupart des applications ; l’IA physique, qui englobe la robotique et les systèmes autonomes capables d’agir dans le monde réel ; l’IA appliquée à des secteurs comme la santé, l’agriculture, la finance et les ressources ; les infrastructures de calcul et les centres de données ; et enfin, les établissements de recherche et de sécurité. Les forces du Canada se concentrent aux deux extrémités de cette chaîne. C’est toutefois dans les composantes intermédiaires que les besoins en capitaux sont les plus importants et que la concurrence pour les rendements est la moins forte.

Infrastructure de calcul : l’occasion la plus immédiate

Le Canada dispose actuellement d’une capacité d’environ 337 mégawatts dans ses centres de données consacrés à l’IA. Pour répondre aux besoins des acteurs commerciaux canadiens, cette capacité devrait atteindre quelque 5,5 gigawatts d’ici 2030.

De son côté, Ottawa vise une capacité souveraine de 850 mégawatts d’ici 2030, puis une augmentation progressive jusqu’à 2,3 gigawatts. Plus de 2 milliards de dollars d’engagements fédéraux soutiennent cette expansion, qui devrait également attirer des dizaines de milliards de dollars de capitaux privés.

À cela s’ajoute le potentiel d’exportation que représente la prestation de services à des marchés alliés à partir du Canada, estimé à une capacité supplémentaire de 1,7 à 6,7 gigawatts.

L’IA souveraine comme produit d’exportation

Grâce à sa capacité de développer des modèles d’IA de pointe, à son énergie propre et à son État de droit démocratique, le Canada peut se positionner comme un fournisseur crédible auprès des pays qui cherchent des solutions autres que les plateformes américaines ou chinoises.

Combler l’écart au stade de la croissance

Près de 70 % des entreprises en démarrage fondées au Canada finissent par établir leur siège social à l’étranger. Pour contrer ce phénomène de longue date, Ottawa a notamment mis en place un fonds canadien de croissance technologique de 500 millions de dollars, pris des participations directes dans des entreprises canadiennes de premier plan et créé récemment un fonds souverain.

Pour les investisseurs étrangers, la possibilité d’arbitrage réside dans des travaux de recherche et des entreprises de calibre mondial dont les valorisations sont inférieures à celles de leurs comparables américains, dans un contexte où le gouvernement agit lui-même comme coinvestisseur.

Un retard dans l’adoption de l’IA au sein d’une économie à forte valeur ajoutée

Seulement 12 % environ des entreprises canadiennes ont intégré l’IA, alors que la cible nationale est fixée à 60 % d’ici 2034.

Les cinq secteurs prioritaires – santé et sciences de la vie, énergie et minéraux critiques, transport, agriculture, ainsi que fabrication et robotique – sont précisément des domaines où le Canada possède des actifs physiques d’importance mondiale et des données exclusives.

Le Canada a contribué à l’invention de la cryptographie quantique. Le protocole BB84, première méthode pratique permettant de sécuriser les communications en s’appuyant sur les lois de la physique plutôt que sur la difficulté de problèmes mathématiques, a été mis au point conjointement en 1984 par Gilles Brassard, de l’Université de Montréal, et Charles Bennett, d’IBM. Tous deux ont reçu le prix Turing 2025 de l’ACM en mars 2026. Le Canada a également lancé le premier ordinateur quantique commercial au monde. En 2015, 1QBit, une entreprise établie à Toronto, a pour sa part été reconnue par le Forum économique mondial comme la première entreprise consacrée aux applications commerciales de l’informatique quantique.

Le secteur quantique canadien a attiré plus de 2,8 milliards de dollars en financement public et privé. De 2018 à 2022, ses revenus ont progressé de 93 %, le nombre d’entreprises, de 41 %, et l’emploi, de 111 %. D’ici 2045, l’industrie devrait contribuer 7,7 milliards de dollars à l’économie et permettre la création de plus de 157 000 emplois.

4

entreprises quantiques
canadiennes évaluées à
plus de 1 milliard de dollars
américains, une concentration
qu’aucun pays à l’extérieur
des États-Unis n’égale

300

chercheurs en technologies
quantiques à Waterloo, en
Ontario, où sont établies
20 entreprises et institutions du secteur

3

entreprises canadiennes – Xanadu,
Photonic et Nord Quantique – parmi
les 11 ayant accédé à l’étape B de la
Quantum Benchmarking Initiative,
programme phare de la DARPA
visant à valider les affirmations
concernant la viabilité commerciale
des technologies quantiques

695 M$

d’engagements fédéraux
au total dans le cadre de
la Stratégie industrielle
de défense et de la
Stratégie quantique
nationale de 2023

Selon le Quantum Technology Monitor 2026 de McKinsey, le marché mondial des technologies quantiques devrait atteindre de 60 à 100 milliards de dollars américains d’ici 2035, dont 43 à 71 milliards pour l’informatique quantique. McKinsey estime par ailleurs que ces technologies pourraient générer jusqu’à 2 700 milliards de dollars américains de valeur économique à plus grande échelle d’ici la même année.

Cryptographie à l’épreuve de l’informatique quantique : l’occasion de revenus la plus immédiate

La feuille de route du Centre canadien pour la cybersécurité exigeait des ministères fédéraux qu’ils établissent leurs plans de migration d’ici avril 2026. La transition des systèmes hautement prioritaires doit être achevée d’ici 2031 et celle de tous les autres systèmes, d’ici 2035. Selon l’horizon de la menace quantique 2026 du Global Risk Institute, du Global Risk Institute, produit en collaboration avec evolutionQ, une entreprise de Waterloo, l’avènement d’un ordinateur quantique capable de compromettre les systèmes cryptographiques est jugé « tout à fait possible » d’ici 10 ans et « probable » d’ici 15 ans. Or, comme des acteurs malveillants peuvent recueillir dès maintenant des données chiffrées afin de les déchiffrer ultérieurement, la nécessité de migrer vers de nouveaux systèmes existe indépendamment du moment où de tels ordinateurs deviendront disponibles.

La détection quantique au service des ressources

Les technologies de détection quantique trouvent des applications directes dans l’exploration minérale, l’imagerie du sous-sol et la navigation dans les environnements privés de GPS, notamment dans l’Arctique. Autant de domaines où le Canada a à la fois des besoins commerciaux et des intérêts liés à sa souveraineté. Le marché mondial des capteurs quantiques devrait atteindre environ 550 millions de dollars américains en 2026.

Des coinvestissements à moindre risque

Les entreprises quantiques canadiennes bénéficient aujourd’hui de financements conjugués des gouvernements fédéral et provinciaux et du secteur de la défense américain. Nord Quantique a atteint une valorisation de licorne après avoir mobilisé moins de 60 millions de dollars américains, ce qui témoigne d’une efficacité du capital peu commune dans ce secteur.

Le Canada possède les troisièmes réserves de pétrole brut en importance au monde, principalement concentrées en Alberta, où se trouvent ses vastes gisements de sables bitumineux. Le Canada est la principale source de pétrole brut importé aux États-Unis, les deux pays bénéficiant d’un marché énergétique continental et intégré. La volonté du Canada d’élargir son accès aux marchés asiatiques permettrait aux pays importateurs de pétrole de diversifier leurs sources d’approvisionnement. Sur la côte Est, ses réserves extracôtières de trois milliards de barils ont également suscité l’intérêt des grandes sociétés pétrolières mondiales.

Cinquième producteur mondial de gaz naturel, le Canada entend également tirer parti de ses abondantes réserves de gaz classique et de gaz de schiste. Plusieurs projets d’exportation de gaz de plusieurs milliards de dollars sont ainsi prévus ou déjà en cours sur la côte Ouest.

10,3 %

part du Canada dans les réserves prouvées
de pétrole à l’échelle mondiale

72 000

emplois à pourvoir dans le secteur
pétrolier et gazier d’ici 2035

4e

rang du Canada parmi les principaux
producteurs mondiaux de pétrole

151 G$

valeur des nouveaux projets
à l’étape de la planification

En 2025, le Canada a établi un nouveau record de production, à 5,35 millions de barils de pétrole par jour. Les principales régions productrices – l’Alberta, la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve-et-Labrador – ont toutes enregistré une croissance. La même année, le Canada a exporté vers les États-Unis pour 157,5 milliards de dollars de pétrole brut, de produits pétroliers raffinés et de produits du gaz naturel, soit l’équivalent du cinquième de la valeur totale de ses exportations de biens dans le monde. Plus de 90 % du pétrole et du gaz canadiens sont destinés aux États-Unis.

Nouveaux projets de pipeline

La mise en service, en 2024, du projet d’agrandissement du réseau de Trans Mountain, d’une capacité de 890 000 barils par jour, a permis au Canada d’accroître ses exportations vers l’Asie et d’accéder à de nouveaux marchés au-delà des États-Unis.

Un nouveau partenariat global entre l’Alberta et le gouvernement fédéral pourrait donner une nouvelle impulsion au développement du secteur. Il prévoit notamment un projet de pipeline d’une capacité d’un million de barils par jour entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, qui favoriserait une hausse de la production.

Des propositions visent également à relancer le projet d’oléoduc Keystone XL entre l’Alberta et la côte du golfe du Mexique. Celui-ci viendrait accroître les quelque 450 000 kilomètres d’oléoducs et de gazoducs qui relient les deux pays.

Miser sur l’avance du Canada dans le captage du carbone

Afin de réduire les émissions, cinq grandes sociétés exploitant les sables bitumineux collaborent avec les gouvernements fédéral et albertain au projet de captage du carbone Pathways, évalué à 16,5 milliards de dollars. D’ici le milieu des années 2030, celui-ci devrait permettre de capter six millions de tonnes de CO₂ par année.

Une industrie du GNL en plein essor

Sept projets d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) et un projet d’infrastructure sont actuellement à différents stades de développement. Ensemble, ils représentent des investissements d’environ 109 milliards de dollars et une capacité de production potentielle de 50,3 millions de tonnes de GNL par année.

Une croissance qui s’étend au-delà de l’Alberta

La formation de Montney, située dans les Prairies, pourrait produire quelque 450 billions de pieds cubes de gaz naturel, ce qui en fait l’une des plus importantes ressources gazières d’Amérique du Nord.

Au large de Terre-Neuve-et-Labrador, cinq champs pétroliers extracôtiers ont contribué à accroître la production et représentent aujourd’hui 4,5 % de la production canadienne. Exxon Mobil et Equinor comptent parmi les investisseurs mondiaux qui exercent leurs activités dans la province.

L’abondance des ressources hydriques du Canada et ses innovations technologiques en ont fait un chef de file de l’hydroélectricité et de l’énergie nucléaire. L’hydroélectricité représente 60 % de la production d’électricité au Canada et joue un rôle clé dans les réseaux du Québec, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Labrador et du Manitoba. Le Canada fait également figure de pionnier dans le domaine de la technologie nucléaire. Les réacteurs CANDU, conçus au pays, sont exploités dans six pays, tandis que le premier petit réacteur modulaire du G7 est en construction.

L’énergie solaire, l’énergie éolienne et le stockage par batteries occupent eux aussi une place croissante dans le vaste ensemble de réseaux et d’interconnexions qui alimentent les dix provinces et les trois territoires. Plusieurs provinces fournissent par ailleurs de l’électricité à des États américains comme New York, le Vermont, le Maine, le Massachusetts et le Michigan.

4e

rang mondial du Canada pour
la production hydroélectrique

14 %

part du nucléaire dans
la production d’électricité

28 000

postes à pourvoir dans
le secteur de l’électricité
propre d’ici 2028

56 %

croissance des installations
éoliennes, solaires et de stockage
d’énergie de 2020 à 2025

Malgré sa population relativement modeste d’environ 41 millions d’habitants, le Canada se classe au septième rang mondial pour la production d’électricité. L’électricité propre attire de nouvelles industries, des véhicules électriques aux centres de données, qui cherchent à réduire leur empreinte carbone.

Un plan de 1 000 milliards de dollars

Une nouvelle stratégie nationale sur l’électricité vise à doubler la capacité du réseau électrique canadien d’ici 2050 afin que le pays puisse continuer de compter sur une électricité propre, fiable et abordable pendant les décennies à venir.

Sa mise en œuvre nécessiterait des investissements de plusieurs milliards de dollars dans la production, le transport et la distribution d’électricité, le stockage d’énergie et la modernisation des réseaux. Elle prévoit également de renforcer les interconnexions entre les réseaux actuellement fragmentés de l’Est, de l’Ouest et du Nord du pays par l’expansion des lignes de transport.

Le plus important projet d’investissement dans l’énergie propre en Amérique du Nord

Le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador comptent tirer parti des vastes ressources hydroélectriques du Canada pour réaliser une série de projets majeurs évalués à 70 milliards de dollars, qui constitueraient le plus important investissement du genre en Amérique du Nord.

Ces projets comprendraient la modernisation des installations de Churchill Falls, la construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique de 2 700 MW, de nouvelles lignes de transport d’électricité et des projets éoliens terrestres. Ils contribueraient ainsi au développement du corridor régional d’infrastructures et de minéraux critiques.

La stratégie tous azimuts de l’Ontario

La demande d’électricité devrait augmenter de 65 % en Ontario, la province qui possède la plus importante économie du pays. Pour y répondre, l’Ontario entend miser sur l’hydroélectricité, le nucléaire et le gaz naturel, mais aussi sur l’éolien et le solaire, ce qui représenterait des investissements estimés à 450 milliards de dollars. Le nucléaire constitue l’un des piliers de cette stratégie. La province prévoit de construire de grandes installations nucléaires et envisage deux nouveaux sites. Elle construit également, sur le site nucléaire de Darlington, le premier petit réacteur modulaire (PRM) du G7 qui sera raccordé au réseau électrique.

Expansion régionale

BC Hydro investira 36 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie pour accroître la capacité de son réseau, électrifier davantage l’économie et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Au Québec, le Plan d’action 2035 prévoit le développement de 11 000 MW d’énergie propre grâce à des investissements totalisant 200 milliards de dollars.

Avec plus de 200 mines en exploitation produisant 60 minéraux et métaux, le Canada représente une source d’approvisionnement viable pour les pays qui cherchent à diversifier leurs sources de minéraux critiques. Le Canada est déjà le premier producteur mondial de potasse, le deuxième producteur d’uranium et le deuxième exportateur d’aluminium. Par ailleurs, les gisements de lithium, de graphite, de nickel, de cuivre, de cobalt et de terres rares répartis dans tout le pays ouvrent de nouvelles perspectives.

La politique fédérale vise maintenant à accélérer le développement des minéraux critiques par des investissements directs et des processus d’autorisation plus rapides. Le Canada peut compter sur des ressources diversifiées, un soutien gouvernemental croissant, une demande soutenue de la part de pays alliés et d’importantes possibilités dans le domaine de la transformation.

162 G$

exportations de minéraux et de métaux

140

projets miniers prévus
entre 2024 et 2034

171

projets à un stade avancé

$72.4B

valeur des projets liés
aux minéraux critiques
prévus au Canada d’ici 2034

Une ressource à forte teneur

Le bassin de l’Athabasca, en Saskatchewan, renferme les gisements d’uranium ayant la plus forte teneur au monde. Les exportations d’uranium ont dépassé 2,9 milliards de dollars en 2025.

Une ressource essentielle à la sécurité alimentaire

La potasse est un composant essentiel des engrais. Le Canada en est le premier producteur et exportateur mondial et possède les plus importantes réserves de potasse au monde.

Un acteur majeur du cuivre

Les exportations canadiennes de cuivre ont atteint 11,9 milliards de dollars en 2025, contre 4,3 milliards pour le nickel et 1,9 milliard pour le zinc. Le projet de fusion entre Teck et Anglo American ferait de Vancouver le siège social de l’un des cinq plus grands producteurs de cuivre au monde. L’entreprise issue de la fusion s’est engagée à investir au moins 4,5 milliards de dollars au Canada au cours des cinq prochaines années.

Des possibilités dans la transformation

Les principaux atouts du Canada se situent en amont de la chaîne de valeur : la majeure partie des 49,4 milliards de dollars d’exportations de minéraux critiques est constituée de produits primaires, fondus ou raffinés. Il reste toutefois des capacités à développer dans la transformation et la production de matériaux spécialisés. Les investissements fédéraux et les engagements d’achat de pays alliés ciblent désormais davantage ces activités, qui présentent un solide potentiel d’investissement.

Le Cercle de feu dans le Nord de l’Ontario

Situé à environ 500 kilomètres au nord-est de Thunder Bay, en Ontario, le Cercle de feu renferme de nombreux minéraux critiques. Bien qu’aucune mine n’y soit encore exploitée, l’Ontario fait progresser plusieurs projets routiers destinés à désenclaver la région, dont le développement pourrait créer 70 000 emplois et générer plus de 22 milliards de dollars sur 30 ans.

Terres rares et aimants

L’installation du Saskatchewan Research Council à Saskatoon a été la première en Amérique du Nord à produire des métaux de terres rares à l’échelle commerciale. L’essentiel des travaux devrait être achevé en septembre, et l’installation devrait être pleinement opérationnelle en 2027.

Deuxième plus grand pays du monde par sa superficie, le Canada construit, agrandit et modernise continuellement ses infrastructures. Cette évolution a commencé en 1871 avec la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique, long de 4 600 kilomètres, qui a contribué à relier le pays d’un océan à l’autre. Le réseau ferroviaire canadien est aujourd’hui le cinquième en importance au monde. Il est complété par un réseau routier d’un million de kilomètres, le huitième en importance à l’échelle mondiale.

Et les travaux sont appelés à se poursuivre. Le déficit d’infrastructures du Canada, qui touche également les aéroports et les ports maritimes, est estimé à 270 milliards de dollars. Transports Canada prévoit par ailleurs que 4 400 milliards de dollars devront être investis d’ici 2070 dans les infrastructures qui facilitent les échanges commerciaux. Des mesures commencent toutefois à être prises pour combler cet écart, tant sur le plan du financement que des politiques publiques.

7e

rang du Canada dans
l’indice de performance
logistique de la Banque
mondiale, devant les
États-Unis

224

aéroports
au pays

300 G$

valeur des marchandises transitant
chaque année par les 17 ports
maritimes du Canada

4,6 G$

investissements promis
par le gouvernement fédéral
pour élargir les corridors
commerciaux nationaux d’ici 2028

Le budget fédéral de 2025 prévoyait 6 milliards de dollars pour une stratégie sur les infrastructures commerciales couvrant les ports, les chemins de fer, les aéroports, les autoroutes et les corridors nordiques. Le Bureau des grands projets a également été créé afin d’accélérer les processus d’autorisation et d’attirer 500 milliards de dollars d’investissements privés au cours des cinq prochaines années.

Un réseau ferroviaire continental

Les deux principaux chemins de fer, le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique Kansas City (CPKC), assurent plus de 75 % du transport ferroviaire de marchandises au Canada, en tonnage.

Comme 70 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis, une grande partie des infrastructures ferroviaires et routières du pays est conçue en fonction de ce marché. Or, le Canada s’est donné pour objectif de doubler ses exportations vers les autres marchés au cours de la prochaine décennie et de générer 300 milliards de dollars de nouveaux échanges commerciaux. Pour y parvenir, il faudra acheminer beaucoup plus de marchandises vers l’est et l’ouest plutôt que vers le sud. D’importants investissements dans les chemins de fer, les ports et les routes seront donc nécessaires pour absorber ces nouveaux volumes.

Développer les ports pour diversifier les échanges commerciaux

Les 17 administrations portuaires canadiennes assurent le transport maritime de marchandises d’une valeur de 300 milliards de dollars par année. Vancouver arrive en tête, aux côtés de Prince Rupert, Montréal, Halifax et Saint John. De grands projets portuaires d’intérêt national, comme le projet de terminal à conteneurs de Contrecœur, à Montréal, et le projet de terminal 2 à Roberts Bank, au port de Vancouver, devraient accélérer le développement des routes commerciales diversifiées du pays.

La proximité de l’Asie

Depuis les projets de GNL de la côte de la Colombie-Britannique, il faut 10 jours de navigation pour atteindre l’Asie, contre 20 jours depuis la côte américaine du golfe du Mexique. Dans l’Est du Canada, l’Europe se trouve à seulement six à huit jours de navigation, soit la distance la plus courte parmi tous les projets de GNL en Amérique du Nord.

Acheminer les ressources de l’Arctique et du Nord vers les marchés

Le Fonds pour les infrastructures arctiques, doté de 1 milliard de dollars, devrait donner une première impulsion aux investissements dans les infrastructures logistiques. Des capitaux privés seront toutefois nécessaires pour poursuivre le développement du Nord à plus grande échelle.

La privatisation des aéroports : une possibilité d’investissement

Les grands aéroports canadiens sont exploités par des administrations sans but lucratif dont le modèle, instauré dans les années 1990, ne permet pas aux investisseurs privés de prendre une participation au capital. Plus de 28 milliards de dollars de travaux de modernisation seront nécessaires au cours de la prochaine décennie pour revitaliser les principaux aéroports. Le gouvernement fédéral s’est engagé à présenter en 2026 un projet de loi visant à revoir le régime de propriété et de location des aéroports, ce qui pourrait ouvrir d’importantes possibilités aux investisseurs privés.

Bordé par trois océans et doté d’un vaste territoire arctique, le Canada est confronté à une intensification de l’activité militaire. Alors que les dépenses de défense des pays alliés augmentent fortement, le Canada intensifie ses efforts en matière d’innovation militaire et prépare le terrain pour le développement d’une industrie de la défense concurrentielle à l’échelle mondiale. Le Canada partage avec les États-Unis la responsabilité de la défense continentale dans le cadre du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD). Il fait également partie du réseau de renseignement du Groupe des cinq et compte parmi les membres fondateurs de l’OTAN. Au cours des 18 derniers mois, le Canada a conclu plus de 20 partenariats et accords internationaux en matière de défense et de sécurité. Il est également devenu le seul pays non européen à bénéficier d’un accès préférentiel au programme SAFE de l’Union européenne, doté de 150 milliards d’euros et destiné aux achats dans le domaine de la défense.

5 %

engagement du Canada à
porter ses dépenses de
défense à 5 % du PIB, contre
moins de 2 %

2e

rang mondial du Canada parmi les
exportateurs de véhicules blindés

290 G$

Value of defence-related
capital investment
opportunities

600

Defence firms, employing
an 81,000-strong
workforce

La forte hausse des dépenses au chapitre de la défense du Canada comprend des achats prévus de 180 milliards de dollars ainsi que des possibilités d’investissements en immobilisations liés à la défense estimées à 290 milliards de dollars.

Une nouvelle Stratégie industrielle de défense

La nouvelle stratégie vise à accroître de 240 % les revenus de l’industrie canadienne de la défense, à porter à 70 % la part des achats de défense attribués à des entreprises canadiennes et à augmenter les exportations du secteur de 50 %.

Une nouvelle agence d’investissement spécialisée dans la défense vise à simplifier les principaux processus d’approvisionnement en ciblant dix secteurs d’activité clés, dont l’aérospatiale, les piles et la fabrication spécialisée.

La Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience, une institution multilatérale, aura son siège social au Canada. La Banque de développement du Canada et Exportation et développement Canada ont pour leur part créé des plateformes consacrées au secteur de la défense.

Commandement, contrôle, communications, informatique, renseignement, surveillance et reconnaissance (C4ISR)

La modernisation du programme NORAD, qui représente 38,6 milliards de dollars et s’échelonne sur 20 ans, engendre une demande soutenue en matière de capteurs, de communications sécurisées et de surveillance depuis l’espace. Les systèmes autonomes sans assistance joueront un rôle clé dans ces réseaux et constituent un segment en croissance de l’industrie canadienne de la défense.

Expertise en formation et en simulation

Le Canada se classe parmi les cinq premiers pays au monde dans le domaine de la simulation de vol et dispose d’une industrie tournée vers l’exportation dans les domaines de la formation et de la répétition de missions.

La formation et la simulation sont désignées comme des capacités souveraines. Parallèlement, de nouveaux programmes de défense donnent aux développeurs de technologies canadiens un accès accru aux environnements opérationnels, aux polygones d’essai ainsi qu’aux infrastructures d’essai nécessaires au développement de leurs technologies.

Renforcement des capacités industrielles à double usage

Un fonds industriel de 5 milliards de dollars a été lancé pour aider les entreprises des secteurs de l’acier, de l’aluminium et d’autres industries touchées par les droits de douane à réoutiller leurs installations, notamment pour répondre aux besoins du secteur de la défense. En avril 2026, des fabricants canadiens ont également créé la première entreprise intégrée de production d’acier balistique au pays. Les dépenses consacrées aux infrastructures de défense comprennent des projets de construction de logements militaires d’une valeur totale de 3,7 milliards de dollars, qui seront réalisés au moyen de techniques de construction modulaire et feront appel à de l’acier, du bois d’œuvre et des systèmes de construction canadiens. Une somme de 40 millions de dollars a également été affectée à l’évaluation du potentiel des microréacteurs

Le Canada possède une longue tradition dans le domaine spatial, qui remonte à 1962, lorsqu’il est devenu l’un des trois seuls pays au monde à avoir réussi à placer un satellite en orbite, grâce à Alouette 1. Dix ans plus tard, il est devenu le premier pays à placer en orbite son propre satellite national de télécommunications. Puis, en 1981, la technologie Canadarm a fait ses débuts lors de la deuxième mission de la navette spatiale de la NASA, révolutionnant l’exploration spatiale et la maintenance des satellites.

Plus récemment, en 2020, le Canada s’est joint à Artemis, le programme multinational dirigé par la NASA qui vise à ramener des humains sur la Lune et à préparer de futures missions habitées vers Mars. Plus tôt cette année, l’astronaute canadien Jeremy Hansen a participé à la mission Artemis II, qui l’a mené au-delà de la face cachée de la Lune. Il est ainsi devenu le premier non-Américain à voyager au-delà de l’orbite terrestre basse.

200

organisations

5 G$

de revenus annuels, dont 43 %
proviennent des exportations

170 %

d’augmentation depuis 2019
des revenus des activités en
amont liées à la fabrication de
systèmes spatiaux, à la navigation
et à l’observation de la Terre

413

brevets liés au secteur
spatial en 2024, en hausse
de 21 % en glissement annuel

Déploiement d’un système spatial commercial

Le Canada jouit déjà d’une reconnaissance mondiale pour son expertise dans les technologies de détection. Le pays développe l’un des plus importants systèmes spatiaux commerciaux, articulé autour d’une constellation souveraine de satellites à large bande en orbite terrestre basse, tout en accroissant ses capacités de fabrication de satellites.

Données spatiales, détection et infrastructures en orbite

Le Canada possède depuis longtemps des capacités d’observation de la Terre, tandis que de nouveaux systèmes permettent désormais de traiter et de stocker des données directement en orbite.

Capacité souveraine de lancement orbital

Le Canada vise à se doter d’une première capacité souveraine de lancement orbital d’ici 2028 à partir de sa côte atlantique. Sa situation géographique permet de placer des satellites sur des orbites polaires leur permettant de couvrir l’ensemble du globe.

Des perspectives prometteuses dans les communications

Quelque 12 milliards de dollars de nouveaux capitaux investis dans des entreprises spatiales canadiennes au cours de la prochaine décennie pourraient générer plus de 20 milliards de dollars de revenus annuels pour l’industrie, en s’appuyant sur ces capacités et en ouvrant de nouvelles possibilités.

Le Canada investit maintenant dans des programmes axés sur les technologies de prochaine génération dans les domaines de l’exploration spatiale robotisée, des infrastructures orbitales souveraines et des communications par satellite. Le mois dernier, le gouvernement a attribué exclusivement à des entreprises canadiennes un premier contrat de 2,3 milliards de dollars visant à accroître les capacités des systèmes de satellites en orbite terrestre basse dans l’Arctique.

Des possibilités à l’échelle nord-américaine

Le budget de 24 milliards de dollars américains de la NASA pour 2026 prévoit plus de 7 milliards pour l’exploration lunaire et 1 milliard de nouveaux investissements dans des programmes consacrés à Mars. Des entreprises privées prévoient également des investissements de plusieurs milliards de dollars dans les communications par satellite, le développement d’engins spatiaux et les voyages dans l’espace. Plusieurs de ces projets s’étendent à l’ensemble du continent.

Une industrie d’exportation en plein essor

Si 68 % des exportations canadiennes liées au secteur spatial sont destinées aux États-Unis, l’Europe est devenue le deuxième marché en importance pour le Canada. L’an dernier, le Canada a investi plus de 660 millions de dollars dans des programmes de l’Agence spatiale européenne afin de faire progresser la recherche et le développement de technologies spatiales canadiennes destinées à des applications civiles et militaires.

Grâce à l’abondance et à la fertilité de ses terres, le Canada est devenu l’un des plus grands exportateurs de produits alimentaires au monde. Le secteur emploie plus de deux millions de personnes et représente 7 % du PIB du pays. L’innovation agricole constitue depuis longtemps l’une des forces du Canada. C’est notamment au pays que le canola, dont le nom est dérivé de « Canada », a été mis au point dans les années 1970. Le Canada en est aujourd’hui le premier exportateur mondial.

L’agriculture canadienne poursuit sa transformation technologique. L’intelligence artificielle, les drones, la robotique, la génétique, les solutions biologiques et les outils d’agriculture de précision jouent un rôle croissant dans la production et ouvrent d’importantes possibilités au Canada.

1 sur 9

emplois soutenus par
l’agriculture canadienne

100 G$

valeur des exportations
agroalimentaires canadiennes

1er

rang mondial pour la production
de canola et de légumineuses

6, 2 %

part du territoire canadien occupée
par des exploitations agricoles

Transformation et création de valeur

La transformation des aliments et des boissons est le deuxième secteur manufacturier en importance au Canada, avec des ventes de 173,4 milliards de dollars en 2024.

Le Canada compte aujourd’hui 15 usines de trituration et de raffinage du canola qui en transforment 14 millions de tonnes par année, contribuant ainsi à répondre à la demande croissante de biocarburants et d’huile de cuisson. D’autres produits agricoles offrent des possibilités comparables.

Ère des technologies agricoles

Les technologies agricoles transforment les pratiques grâce à l’intelligence artificielle, aux drones et à la robotique, mais aussi aux progrès de la génétique et aux solutions biologiques. Le marché de l’agriculture de précision, qui mise sur la technologie pour accroître l’efficacité des activités agricoles, est en croissance et devrait atteindre 4,9 milliards de dollars d’ici 2030.

Le Canada dispose de solides capacités de recherche publique en génétique des semences et en protection des cultures, étroitement liées à l’industrie. Les entreprises du secteur cherchent à obtenir les capitaux nécessaires pour déployer leurs solutions à plus grande échelle.

Expansion des infrastructures

Les possibilités abondent tout au long de la chaîne de valeur agricole. Le projet de remise en état du réseau d’irrigation de Westside, en Saskatchewan, devrait par exemple permettre d’irriguer 90 000 acres supplémentaires et contribuer à hauteur de 12,9 milliards de dollars au PIB.

La majeure partie de la production agroalimentaire canadienne provient de régions qui dépendent des réseaux ferroviaires et des terminaux intérieurs. Les infrastructures devront suivre la croissance de la demande mondiale, ce qui nécessitera des investissements pour accroître les capacités, le débit des terminaux et les installations de stockage.

Possibilités d’exportation

La demande alimentaire mondiale continue d’augmenter alors que les terres arables et l’eau douce se font plus rares. Le Canada dispose quant à lui d’abondantes ressources dans ces deux domaines. Le Canada est le neuvième exportateur mondial de produits agroalimentaires, de poissons et de fruits de mer et, en 2024, exportait vers plus de 200 pays. Si les États-Unis demeurent la principale destination des exportations agroalimentaires canadiennes, le Canada diversifie progressivement ses marchés.

Le secteur canadien des sciences de la vie est un pôle économique et d’innovation en pleine croissance, qui réunit un réseau de recherche de calibre mondial ainsi que des entreprises de premier plan dans les domaines pharmaceutique, biotechnologique et des technologies médicales. Les chercheurs canadiens ont apporté des contributions fondamentales à la santé publique, notamment par la découverte de l’insuline, des cellules souches et de l’hormone GLP-1, et ont contribué à d’importantes avancées dans la mise au point de vaccins et le traitement des maladies.

Fort de milliards de dollars investis dans la recherche et le développement, le secteur allie expertise scientifique et potentiel commercial. La recherche novatrice, la présence de grandes multinationales et les investissements gouvernementaux destinés à favoriser la croissance du secteur placent le Canada en bonne position pour jouer un rôle plus important au cours des prochaines années.

Plus de 15 000

chercheurs participant
à des essais cliniques

51 G$

ventes de produits pharmaceutiques

23,6 %

taux de rendement
interne sur 10 ans

250 à
300 G$

Economic value that
Canadian innovations are
projected to generate by
2035

Un secteur pharmaceutique et biotechnologique dynamique

Le marché pharmaceutique mondial a dépassé 1 700 milliards de dollars américains en 2025 et poursuit sa croissance. L’an dernier, environ 95 % des médicaments novateurs figurant dans les principaux portefeuilles de développement pharmaceutique provenaient à l’origine de petites entreprises de biotechnologie. À mesure que les sociétés pharmaceutiques diversifient leurs activités d’innovation, les entreprises et les organismes de recherche canadiens jouent un rôle de plus en plus important en recherche et développement.

Le secteur pharmaceutique canadien se classe au neuvième rang mondial et connaît une croissance rapide, de 9 % par année depuis 2020.

Depuis 2021, des entreprises de biotechnologie canadiennes représentant une valeur de plus de 15 milliards de dollars ont été acquises par de grands groupes pharmaceutiques mondiaux, notamment Trillium par Pfizer en 2021, Inversago par Novo Nordisk en 2023, Chinook par Novartis en 2023, Bellus Health par GSK en 2023 et Fusion par AstraZeneca en 2024.

Certaines des plus grandes sociétés pharmaceutiques mondiales, dont AstraZeneca, Merck, Novartis, Pfizer et Sanofi, ont réalisé d’importants investissements au Canada, tant dans leurs activités que dans la recherche et le développement.

Essais cliniques et R&D

Le Canada se classe au premier rang des pays du G7 pour le nombre d’essais cliniques actifs par habitant et au quatrième rang mondial pour le nombre de sites où sont menés des essais cliniques. En 2025, environ 3 100 essais cliniques étaient menés à l’échelle du pays.

Le Canada dispose d’infrastructures de recherche de calibre mondial et d’un vaste réseau d’établissements universitaires menant des travaux de recherche clinique, dont 17 facultés de médecine, 40 établissements universitaires de santé et plus de 15 000 chercheurs.

L’expertise canadienne en oncologie, en immunothérapie et en médicaments spécialisés permet aux entreprises du pays d’attirer des partenariats et des investissements internationaux dans ces domaines thérapeutiques à forte valeur ajoutée.

Le processus agile d’homologation de Santé Canada permet d’accélérer l’examen de traitements prometteurs. Certains peuvent ainsi être autorisés en seulement 200 jours, un délai comparable à celui de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, tout en donnant accès rapidement au marché canadien.

Les investisseurs étrangers peuvent recourir à divers organismes et programmes gouvernementaux pour atténuer les risques et contribuer à améliorer le rendement de leurs investissements.

Absorption des premières pertes et prise de risque à des conditions avantageuses

Les capitaux publics peuvent être structurés de manière à absorber une part disproportionnée du risque de perte.

Créé en 2022, le Fonds de croissance Canada (FCC) dispose de 15 milliards de dollars pour investir dans des secteurs stratégiques et utilise des capitaux publics pour absorber une partie des risques liés aux politiques publiques, à l’exécution et aux marchés.

  • Ses investissements visent à accélérer le déploiement de technologies clés, à soutenir la réduction des émissions, à favoriser la croissance des entreprises et le maintien de la propriété intellectuelle au Canada, à tirer parti des ressources naturelles du pays et à renforcer les chaînes d’approvisionnement.

Dans certains cas, le FCC pourra accepter des conditions moins favorables que celles du marché, notamment, lorsque cela est nécessaire, un rendement inférieur à celui du marché compte tenu du risque qu’il assume.

  • Private investors will not get disproportionate returns compared to the risk they carry and must share in the downside even if the Fund absorbs first-loss. Les investisseurs privés ne bénéficieront pas pour autant d’un rendement disproportionné par rapport au risque qu’ils assument et devront supporter leur part des pertes éventuelles, même lorsque le Fonds assume les premières pertes.

Actions ordinaires

Les institutions publiques peuvent agir comme investisseurs de référence ou accroître les capitaux disponibles pour les prises de participation

En avril dernier, le gouvernement fédéral a annoncé la création du premier fonds souverain national du Canada, le Fonds pour un Canada fort, auquel 25 milliards de dollars seront affectés sur trois ans.

  • Le Fonds pour un Canada fort doit principalement agir comme coinvestisseur en capitaux propres, selon des critères commerciaux, dans des projets d’intérêt national, aux côtés d’investisseurs privés.

  • Sa structure permettra également aux investisseurs individuels canadiens d’y participer, et le gouvernement s’est engagé à procurer aux Canadiens des « rendements financiers conformes aux taux du marché ».

La Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) a été créée en 2017 pour combler le déficit d’infrastructure du Canada en soutenant des projets générateurs de revenus « dans l’intérêt public ».

  • Elle concentre ses activités sur les infrastructures communautaires et résidentielles ainsi que sur le développement de l’énergie propre. Elle a engagé 18,6 milliards de dollars dans 112 projets d’une valeur totale de 55 milliards de dollars.

  • La BIC peut prendre des participations au capital lorsqu’un déficit de financement empêche la réalisation d’un projet.

La Banque de développement du Canada (BDC) est la banque nationale de développement du pays. Elle a pour mandat d’aider les entrepreneurs ainsi que les petites et moyennes entreprises du Canada à créer et à développer des entreprises plus solides et a engagé 58,6 milliards de dollars auprès de ses clients.

  • Sa filiale, BDC Capital, prend principalement des participations au capital d’entreprises canadiennes en croissance.

Export Development Canada (EDC) is Canada’s trade and export financing agency to help Canadian companies access and expand in foreign markets with over $52 billion in assets. Exportation et développement Canada (EDC) est l’organisme canadien de financement du commerce et des exportations chargé d’aider les entreprises canadiennes à accéder aux marchés étrangers et à y développer leurs activités. EDC possède plus de 52 milliards de dollars d’actifs.

  • EDC peut investir en capitaux propres lorsqu’il existe un lien avec les activités commerciales ou d’exportation du Canada.

Actions privilégiées et instruments hybrides

La dette de rang inférieur fournie par les institutions publiques peut constituer une couche de capital absorbant les pertes avant les prêteurs de premier rang

Le FCC peut recourir à des actions privilégiées et à des titres hybrides assortis de droits négociés en matière de priorité, de rendement ou de conversion.

La BIC peut elle aussi recourir à des actions privilégiées ou à des instruments de capitaux propres hybrides afin d’absorber certains risques propres à un projet qui dissuadent les investisseurs privés.

Le Fonds pour un Canada fort devrait disposer d’une certaine souplesse dans la structuration de ses investissements en capitaux propres.

Dans certains cas, EDC peut prendre des participations sous forme d’actions privilégiées ou d’instruments hybrides selon les mêmes conditions commerciales que l’investisseur principal.

Dette subordonnée et mezzanine

La dette de rang inférieur fournie par les institutions publiques peut constituer une couche de capital absorbant les pertes avant les prêteurs de premier rang

La BIC offre du financement sous forme de dette subordonnée et de dette mezzanine à des conditions plus avantageuses que celles normalement offertes sur le marché.

À l’échelle des entreprises, BDC Capital peut fournir de la dette de rang inférieur aux entreprises canadiennes en croissance..

Titres de créance prioritaires

Les prêts accordés par des institutions publiques peuvent accroître la capacité de financement

Le financement de premier rang est généralement fourni par les banques commerciales et les prêteurs institutionnels.

EDC peut consentir des prêts directement aux côtés de ces prêteurs lorsque des activités commerciales ou d’exportation canadiennes sont en jeu, notamment dans le cadre de financements structurés et de financements de projets.

La BIC peut également accorder des prêts de premier rang pour financer des projets lorsque certaines contraintes, notamment la durée du financement ou la répartition des risques, limitent la participation des prêteurs privés.

Prix ou revenus planchers

TLe FCC peut soutenir les investissements dans des projets au moyen de contrats sur différence et d’ententes d’achat.

  • Ces instruments peuvent s’appliquer aux crédits de carbone industriels et aux produits de base. Ils visent à garantir un certain niveau de demande et à protéger les investisseurs contre les effets d’éventuels changements de politiques publiques ou de réglementation.

Protection contre le risque de crédit et le risque politique

Certains risques de crédit ou risques politiques peuvent être transférés au bilan d’une institution publique

EDC peut offrir de l’assurance crédit commercial, une protection contre le risque politique et des garanties à l’égard de prêts commerciaux. Son assurance crédit peut généralement couvrir jusqu’à 90 % d’une perte assurée.

  • Ces solutions comprennent notamment l’assurance crédit commercial en cas de défaut de paiement d’un acheteur étranger, l’assurance risques politiques couvrant l’inconvertibilité des devises, les restrictions sur les transferts et l’expropriation, ainsi que les garanties de prêts commerciaux.

La BIC peut également fournir des garanties de prêt pour de grands projets d’infrastructure afin de favoriser la participation de prêteurs privés à des projets présentant un risque plus élevé.

Soutien au crédit des partenaires autochtones

Les garanties gouvernementales peuvent financer la participation des Autochtones au capital de projets

Les droits territoriaux des peuples autochtones sont protégés par la Constitution canadienne, et la Couronne a l’obligation de consulter les groupes autochtones, ce qui peut retarder ou interrompre des projets d’infrastructure bénéficiant de l’appui des gouvernements.

  • La plupart des actifs situés dans les réserves autochtones ne peuvent servir de garantie. Les communautés ont donc longtemps eu beaucoup de difficulté à financer l’acquisition de participations au capital de projets.

  • Pour remédier à cette situation, les programmes de garanties de prêt se sont multipliés au Canada. Ils permettent de fournir ce financement tout en donnant aux communautés une participation au rendement des projets.

Dans le cadre des programmes fédéral et provinciaux de garanties de prêt pour les Autochtones, une communauté autochtone ou un groupe de communautés peut créer une entité qui emprunte les fonds nécessaires à l’acquisition d’une participation au capital d’un projet, le gouvernement garantissant le prêt auprès du prêteur.

  • Si le projet échoue, la participation au capital des partenaires autochtones subit les pertes au même rang que celle des autres détenteurs d’actions ordinaires, tandis que le prêteur est remboursé par le gouvernement.

  • Il existe au Canada six programmes gouvernementaux de garanties de prêt pour les Autochtones – un programme fédéral et cinq programmes provinciaux – dont la capacité combinée s’élève à 18 milliards de dollars. Les garanties fédérales et provinciales peuvent être combinées dans le cadre d’une même opération.

Un partenaire autochtone peut également emprunter directement. Dans le cadre de son Initiative de participation autochtone, la BIC peut accorder des prêts de 5 à 100 millions de dollars couvrant jusqu’à 90 % du prix d’acquisition d’une participation au capital, à condition qu’elle investisse déjà dans le même projet.

Risques liés aux autorisations et aux échéanciers

Un nouvel organisme gouvernemental accélérera les processus réglementaires visant les grands projets

Créé en août 2025 afin de réduire les obstacles réglementaires et les délais d’autorisation qui freinent le développement d’infrastructures nationales essentielles, le Bureau des grands projets (BGP) évalue les projets proposés en fonction de leur contribution à la résilience et à la sécurité nationales, de leurs retombées économiques, de leurs chances de réalisation, des avantages qu’ils procurent aux Autochtones et des objectifs climatiques.

  • Les projets retenus seront désignés comme projets d’intérêt national. Le Bureau a pour mandat de limiter à deux ans au maximum leur processus d’examen, alors que celui-ci pouvait auparavant prendre cinq ans ou plus.

  • Ce processus doit être mené parallèlement aux consultations auprès des Autochtones et, lorsqu’il y a lieu, aux processus provinciaux d’autorisation.

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