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Par John Stackhouse

Cette fin de semaine marque le septième anniversaire de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui a suscité de nombreuses critiques depuis sa signature le 30 novembre 2018. Un an plus tard, il a été modifié afin d’apporter des précisions concernant les règles d’origine pour le secteur de l’automobile, le commerce numérique, la propriété intellectuelle, les produits laitiers et, bien sûr, l’imposition d’une disposition de temporisation. 

Nous pouvons tous faire le calcul. Les modifications du 10 décembre 2019 ont établi que l’accord prendrait fin 16 ans après la date de son entrée en vigueur et qu’un examen devait obligatoirement être réalisé tous les six ans. On s’attend donc plus à un requiem qu’à une fête d’anniversaire la semaine prochaine lorsque Mark Carney sera à Washington pour donner le coup d’envoi à la Coupe du Monde de la FIFA 2026. 

Mais ne jetez pas tout de suite l’ACEUM aux oubliettes.

Malgré le gel des négociations avec le président des États-Unis, les représentants des deux pays se parlent tous les jours et préparent le terrain pour une année 2026 qui s’annonce intense. Peu d’initiés s’attendent sérieusement à ce que l’ACEUM disparaisse ; on prévoit d’y apporter des changements – des modifications, des améliorations ou des rectifications, selon votre point de vue – qui continueront de façonner le commerce continental.

Voici ce qu’il convient de retenir au sujet de l’ACEUM et de ses cinq premières années (puisqu’il n’est entré en vigueur qu’en 2020) :

  • Le commerce de marchandises entre le Canada et les États-Unis a augmenté d’environ 23 %.

  • Le Canada demeure le principal client des États-Unis, important 440 milliards de dollars américains de biens et services en 2024, ce qui représente 14 % des exportations américaines.

  • Les investissements directs des États-Unis au Canada ont atteint 684 milliards de dollars l’an dernier, comparativement à environ 400 milliards de dollars l’année précédente. 

  • Les investissements directs du Canada aux États-Unis ont doublé pour s’établir à 1,3 billion de dollars.

  • Entre 2020 et 2024, les constructeurs automobiles ont annoncé de nouveaux investissements dans la production nord-américaine totalisant près de 175 milliards de dollars américains, alors qu’ils réorganisaient leurs chaînes d’approvisionnement pour respecter ces règles d’origine.

  • Le commerce entre le Canada et les États-Unis dans les secteurs de l’énergie et de l’agroalimentaire a aussi connu une forte hausse dans les années 2020, en partie grâce à la confiance générée par l’ACEUM. Le secteur de l’énergie, qui représente de loin notre plus grande part d’exportation vers les États-Unis, s’est chiffré à 170 milliards de dollars en 2024, en hausse de 50 % par rapport à 2018.  

Cette augmentation risque d’être le message le plus important que M. Carney transmettra à Washington. Ce n’est pas par hasard si, cette semaine, il a rencontré la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, pour affirmer haut et fort aux Canadiens et au monde entier que son pays exportera beaucoup plus de pétrole vers l’Asie. Le gouvernement des États-Unis et de nombreux expéditeurs des États-Unis préféreraient que le transport du pétrole brut soit acheminé vers le sud. Mais avec l’aide de Mme Smith, M. Carney peut dorénavant exercer plus de pression lors de ses négociations commerciales avec Washington.

Le Canada a toujours tenté de maintenir l’énergie (et l’eau) à l’écart de la table des négociations, qui met davantage l’accent sur le secteur manufacturier. Or, en cette nouvelle ère de sécurité énergétique, cela pourrait être ce dont le Canada a le plus besoin pour maîtriser la situation, comme Beckham maîtrise le ballon.

  • Le Canada appliquera des droits de douane de 25 % à environ 10 milliards de dollars d’importations de produits dérivés de l’acier à partir du 26 décembre, afin de soutenir une industrie nationale malmenée par les droits de douane américains et l’acier chinois bon marché.

  • Canada Inc. fait fi des droits de douane. Selon Statistique Canada, les bénéfices d’exploitation des sociétés canadiennes ont augmenté de 3,8 % (le taux de croissance le plus rapide en deux ans) pour atteindre 200 milliards de dollars au troisième trimestre.

  • Les États-Unis exporteront un nombre record de 10,7 millions de tonnes (+40 % d’une année sur l’autre) de gaz naturel liquéfié en novembre, ce qui devrait faire baisser le prix du gaz en Asie et en Europe au cours de l’hiver.

  • Bien que les relations demeurent plutôt froides, Mark Carney a confirmé qu’il a parlé à Donald Trump cette semaine, mais il n’a pas voulu dire s’ils ont abordé la question du commerce. « Je ne veux pas trop en dire… [les négociations] n’ont pas encore repris », a déclaré le premier ministre canadien, qui sera à Washington la semaine prochaine pour participer à un événement de la Coupe du Monde, aux côtés du président américain.

  • L’Inde cherche à la fois à affermir les liens établis en matière de commerce avec le Mexique et à éviter les droits de douane que la présidente Claudia Sheinbaum prévoit d’imposer à plusieurs pays asiatiques.

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Dans le numéro de cette semaine : Période décisive pour les minéraux critiques et rôle stratégique du Canada

Par John Stackhouse

Il y a quelques années, le dialogue entre l’Arabie saoudite et le Canada était quasi inexistant. Aujourd’hui, ils discutent d’accords commerciaux, d’occasions d’investissement et, si tout se déroule comme prévu, d’une visite du premier ministre Mark Carney au Royaume l’an prochain.

À l’ère de Trump, l’Arabie saoudite et le Canada s’inscrivent parmi ces puissances moyennes qui cherchent à tracer une nouvelle voie sur les plans économique et géopolitique.

Plusieurs secteurs pourraient transformer les relations saoudo-canadiennes : l’énergie sous toutes ses formes (renouvelable, nucléaire, véhicules électriques), la fabrication avancée, notamment dans les drones et les satellites, l’intelligence artificielle et l’analyse quantitative, l’exploitation minière et les minéraux critiques, ainsi que l’enseignement supérieur et les soins de santé. Les deux pays disposent d’importants capitaux à investir, mais aussi d’importants besoins de financement.

Le rapprochement s’est accéléré plus tôt ce mois-ci, lorsque le ministre saoudien de l’Investissement, Khalid Al-Falih, a passé une journée à Ottawa, avec M. Carney et plusieurs ministres de haut rang, suivie d’une journée à Bay Street. Moins remarquée mais tout aussi importante, la visite de la première ministre de l’Alberta a joué un rôle important. Danielle Smith s’est rendue dans la région, notamment en Arabie Saoudite, afin de promouvoir les technologies et les investissements dans le secteur de l’énergie.

Voici quelques éléments à surveiller au cours des prochains mois :

  • L’appel de M. Carney à mobiliser plus de 1 000 milliards de dollars de nouveaux investissements, majoritairement privés, nécessitera la participation de fonds d’investissement et d’entreprises saoudiennes.

  • À la lumière de ses ambitions en matière de diversification énergétique, notamment l’hydrogène vert et bleu, l’ammoniac vert et les véhicules électriques, cités par M. Al-Falih, l’Arabie saoudite pourrait recourir davantage aux technologies, aux talents et aux investissements canadiens. Les représentants saoudiens en visite ont rencontré des fabricants ontariens de pièces automobiles, dans l’espoir qu’ils s’intéressent à leur objectif de produire 600 000 VE par an.

  • Les fabricants et producteurs canadiens, en particulier dans le domaine de l’agroalimentaire, peuvent jouer un rôle de premier plan dans le projet de l’Arabie saoudite de devenir une plaque tournante de l’alimentation pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

  • Ottawa espère relancer les pourparlers commerciaux avec l’Inde dans le cadre d’un « nouveau processus », a déclaré le ministre canadien du Commerce, Maninder Sidhu. Lors d’une visite de trois jours en Inde, le ministre a discuté des minéraux critiques, de l’énergie propre, de l’agriculture et de l’intelligence artificielle.

  • Pour tenter d’alléger les coûts à l’épicerie, le président américain Donald Trump cherche à abaisser les droits de douane sur des produits tels que le café et les bananes dans le cadre d’accords conclus avec quelques pays d’Amérique latine. 

  • En revanche, le prix des pâtes italiennes pourrait grimper en flèche dès janvier pour les Américains, en raison de droits de douane proposés de 107 % sur les produits de 13 sociétés italiennes.

  • L’industrie forestière canadienne prévoit de rediriger vers le Royaume-Uni et l’Europe environ 10 % du bois normalement exporté aux États-Unis, soit l’équivalent de matériaux suffisants pour construire 75 000 maisons.

  • Amazon et Microsoft ont exprimé leur soutien au Gain AI Act, une loi qui obligerait les fabricants de puces à répondre d’abord à la demande américaine avant d’exporter vers d’autres pays, y compris la Chine. Nvidia, soucieuse de préserver sa présence sur la deuxième économie mondiale, considère cette initiative comme une mesure interventionniste inutile.

Par Shaz Merwat, directeur général, Politique énergétique

La Coalition for North American Trade (CNAT), coprésidée par l’ancien président du U.S. House Ways and Means Committee, Kevin Brady, l’ex-négociateur en chef de l’ALENA au Canada, Steve Verheul et le mexicain Ken Ramos, a récemment remis au représentant américain du commerce, Jamieson Greer, un document qui présente la CNAT comme l’un des outils les plus puissants du continent pour rétablir la sécurité des minerais critiques.

Principaux éléments du dossier :

  • Les États-Unis dépendent encore entièrement des importations pour 16 minéraux critiques (dont le graphite) et à plus de 50 % pour 29 autres, notamment les terres rares, le zinc, le cobalt et le nickel.

  • Le Canada est la principale source d’approvisionnement des États-Unis pour l’indium, le nickel, la potasse, le tellure, l’uranium, le vanadium et le zinc, et leur deuxième source pour le cuivre, le graphite, le niobium et le tungstène.

Selon le dossier soumis par la CNAT, la structure sans droits de douane et le modèle de coproduction de la CNAT en font la plateforme idéale pour accélérer la relocalisation ou la quasi-relocalisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, de l’exploration aux processus d’autorisation jusqu’au traitement, au raffinage et aux matériaux de qualité pour batteries. L’intégration des ressources canadiennes à la force du secteur manufacturier américain et aux capacités de traitement du Mexique permet de combler une lacune dans la collaboration actuelle en matière de minéraux critiques, qui repose surtout sur les alliés du G7+.

Pour le Canada, l’ouverture stratégique passe par l’approfondissement de l’intégration trilatérale : tirer parti de la CNAT pour attirer des investissements, accroître le traitement à valeur ajoutée et mieux arrimer les ressources en amont au système de production nord-américain élargi, afin de créer une plateforme entièrement régionale pour les minéraux critiques.

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Par Shaz Merwat, directeur général, Politique énergétique

L’accélération de la diversification commerciale par Ottawa, présentée en partie dans le budget fédéral cette semaine, pourrait redéfinir la carte énergétique de l’Amérique du Nord et mettre à l’épreuve sa plus importante relation économique.

Pourquoi c’est important

  • Le budget fédéral de 2025 prévoit un objectif explicite : doubler les exportations de biens du Canada hors États-Unis à environ 600 milliards de dollars d’ici 2035.

  • La visite de Mark Carney la semaine dernière au sommet de l’ANASE a renforcé cette ambition, car il y a courtisé des partenaires asiatiques et a positionné la croissance du Canada en plein cœur de l’Orient.

  • Ensemble, ces initiatives transforment les exportations de pétrole et de GNL en croissance en instruments de diversification économique et renforcent le multilatéralisme au sein du commerce international.

  • La suppression du plafonnement des émissions de pétrole et de gaz ouvre la porte à l’augmentation des exportations de pétrole vers l’Asie.

En chiffres

  • Environ 75 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis.

  • En 2024, les exportations canadiennes d’énergie ont totalisé 197 milliards de dollars, le pétrole brut représentant à lui seul 147 milliards de dollars.

  • Environ 91 % des exportations de pétrole brut par le Canada sont restés à destination des États-Unis au cours des sept premiers mois de 2025. Le reste des exportations de pétrole brut du Canada, soit environ 490 000 barils par jour ou 1 % de la demande asiatique, est destiné à l’Asie.

  • La demande d’importation de pétrole de l’Asie, c’est-à-dire de l’Inde, de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud, a augmenté de plus de 25 % depuis 2015, à environ 22 millions de barils par jour, surtout en raison de la croissance rapide du secteur industriel de la Chine et de l’Inde.

Plus globalement

  • La capacité énergétique persistante du brut lourd : L’électrification remplace largement l’essence – un baril de brut léger –, mais pas le diesel, le carburéacteur ou les matières premières pétrochimiques. Cette longévité octroie aux barils de lourd une valeur stratégique.

  • La plaque tournante du pétrole lourd en Asie : La Chine se tourne vers les produits pétrochimiques, et vise à gagner des parts de marché du Japon et de la Corée. On s’attend aussi à ce que les importations de pétrole augmentent de 1,5 million de barils par jour d’ici 2025 en Inde, alors que les deux pays tenteront de se constituer des stocks stables de brut lourd et sulfureux. Aujourd’hui, cet approvisionnement provient du Moyen-Orient, de la Russie et du Vénézuéla, ce qui crée une ouverture pour un acteur occidental stable.

  • Enjeux d’investissement et de soutirage : L’expansion du secteur pétrolier canadien proviendra de la croissance des sables bitumineux. Des engagements à long terme (investissements et soutirage) seront essentiels pour implanter toute capacité future sur la côte ouest. CNOOC, Sinopec et Petro China étant déjà présentes au Canada, sans compter de meilleures relations possibles avec l’Inde, comment le renouvellement du capital asiatique sera-t-il accueilli à Ottawa… et à Washington ?

  • Contraintes d’émissions de carbone et d’expédition : La tarification du carbone industriel, les attentes de progression du projet de capture et de stockage du carbone de Nouvelles voies, une interdiction fédérale des pétroliers et le resserrement des règles d’expédition par l’Organisation maritime internationale (OMI) sont tous dans la balance, en attente de réponse.

Conclusion

L’ambition du Canada d’accroître ses exportations par l’intermédiaire d’un régime commercial multilatéral pourrait difficilement cadrer avec la propension plus bilatérale de Washington. Pendant des décennies, la politique américaine a traité l’énergie canadienne comme le prolongement sûr de sa propre chaîne logistique. Alors qu’Ottawa établit des liens avec l’Est et cherche à occuper une place plus importante sur les marchés mondiaux du pétrole, elle ne se contente pas de mettre à l’épreuve la souplesse du partenariat nord-américain – elle souhaite aussi savoir si les États-Unis permettront à cette indépendance de prendre forme.

  • Le budget fédéral du gouvernement libéral prévoit des milliards de dollars en réponse aux droits de douane imposés par l’administration Trump.

    • Dans le cadre du passage de la « dépendance à la résilience », le budget prévoit 5 milliards de dollars sur sept ans pour créer le Fonds pour la diversification des corridors commerciaux.

    • Un milliard de plus pour le Fonds d’infrastructure pour l’Arctique dans le but, en partie, de relier le Nord canadien aux marchés mondiaux.

    • Un fonds souverain de minéraux critiques de 2 milliards de dollars, qui effectuerait des placements en actions, octroierait des garanties sur prêts et conclurait des conventions de vente et d’achat avec les minières sera créé.

  • La Cour suprême a commencé son examen du recours par le président Trump à l’International Emergency Economic Powers Act pour imposer des droits de douane, dont ceux imposés au Canada sur le fentanyl. Même les juges appartenant à la majorité conservatrice ont exprimé des doutes quant au pouvoir du président américain d’imposer unilatéralement des droits de douane sur les importations. Il leur faudra probablement quelques mois avant de statuer.

  • En approuvant les mesures visant à protéger les agriculteurs, l’Union européenne s’est rapprochée d’un accord commercial avec le Mercosur, une entente d’envergure avec des pays sud-américains qui se trouve sur la table de négociation depuis un quart de siècle.

  • Malgré les pressions exercées par les droits de douane américains, l’Ontario prévoit un déficit moins élevé que prévu dans sa mise à jour budgétaire.L’Énoncé économique promet également un équilibre comptable en 2027-2028.

  • Le Department of the Interior des États-Unis a ajouté l’argent et le cuivre à sa liste de minéraux critiques, pavant ainsi la voie à leur inclusion dans les politiques de droits de douane futures.

« Le poids des États-Unis sera moins important dans le commerce international. Le monde doit s’adapter à cette situation. L’adaptation sera plus importante pour nous. »

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, qui s’est exprimé cette semaine lors du sommet de The Logic.

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➔ La stratégie de compétitivité climatique de Mark Carney met l’accent sur les minerais critiques et les crédits d’impôt

➔ À quoi s’attendre à la COP30

➔  Bill Gates revisite sa vision du climat

Further reading: Unearthing Value: How nature can play a critical role in pro-growth agendas – RBC

La lutte pour les minerais critiques ne fait que s’intensifier. Beijing et Washington sont peut-être en bons termes ces jours-ci (contrairement à Ottawa et Washington), mais la bataille pour la suprématie au chapitre des terres rares constituera le grand affrontement de cette décennie. Le Canada est entré dans la mêlée avec 26 nouveaux partenariats avec neuf pays alliés et a prévu des fonds dans le nouveau budget (voir ci-dessous). Vivan Sorab, premier directeur, Énergie propre, affirme que le Canada dispose des ressources, du capital et de la propriété intellectuelle pour commencer à établir une chaîne d’approvisionnement, mais qu’il doit agir rapidement. Il s’agira (a) d’accélérer le financement visant les terres rares, (b) de garantir la demande de ces minerais et (c) d’accroître la capacité de transformation nationale. Lisez la note d’information de M. Sorab ici.

De l’autre côté de l’Atlantique, plusieurs États membres de l’UE ont refusé de s’accorder sur des objectifs contraignants pour 2040. Les États membres ont convenu de réduire leurs émissions de 66,3 % à 72,5 % d’ici 2035 dans le cadre d’une soumission à l’ONU avant le Sommet COP30 au Brésil. Cependant, plusieurs États membres ont refusé d’accepter l’objectif contraignant pour 2040 à moins que des concessions importantes ne soient faites permettant aux pays de comptabiliser 5 % de leurs réductions d’émissions en vendant des crédits carbone internationaux. L’UE a également accepté d’assouplir d’autres politiques climatiques politiquement sensibles, y compris de reporter d’un an, à 2028, le lancement du marché carbone européen prévu.

Le budget fédéral promettait de démontrer comment le gouvernement Mark Carney lie la politique climatiqueclimatique à son programme de croissance. Il est encore tôt, mais à mesure que la politique climatique fédérale prend forme, elle présente un échange fascinant : un renforcement de la tarification du carbone industrielle et des réglementations sur l’électricité propre en contrepartie d’une probable fin du plafond des émissions et d’une extension des incitations fiscales pour la capture du carbone. Voyons ce qu’Alberta et Saskatchewan ont à en dire (lisez ici l’opinion de John Stackhouse sur le budget fédéral.)

Voici ce qui a retenu notre attention :

Tarification du carbone industriel : le Canada a besoin de marchés du carbone solides pour soutenir les investissements dans la croissance verte. Le gouvernement prévoit collaborer avec les provinces afin de définir une trajectoire de prix du carbone industriel sur plusieurs décennies, visant la carboneutralité d’ici 2050. Cela donnera confiance aux entreprises. Le plan consiste à établir un repère et à harmoniser la tarification à l’échelle du pays afin de fournir un signal de prix commun et fort. L’an dernier, nous avons écrit sur l’importance d’harmoniser la tarification du carbone industriel. On s’attend à ce que le Fonds de croissance du Canada continue d’émettre des contrats de différence carbone (CCfD) pour les projets.

Méthane : Le gouvernement vise à finaliser des règlements renforcés sur le méthane pour le secteur pétrolier et gazier ainsi que pour les sites d’enfouissement, et à collaborer avec les provinces pour négocier des accords d’équivalence.

Plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et gazier : Le gouvernement prévoit tirer parti de technologies comme la capture et le stockage du carbone pour réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier, ce qui signifie que le plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et gazier « ne sera plus nécessaire ».

Carburants propres : Le gouvernement prévoit maintenir les règlements sur les carburants propres visant à aider le Canada à passer à de l’essence et du diesel moins émetteurs de carbone, une mesure que les conservateurs ont critiquée.

Crédits d’impôt : Le gouvernement a élargi les crédits d’impôt pour les investissements préalables dans la fabrication verte, ainsi que pour le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CUSC). Dans le cadre du budget, le crédit d’impôt pour le CUSC, qui couvre jusqu’à 60 % des investissements admissibles, prolongerait le taux actuel jusqu’en 2035.Minerais critiques : Un Fonds souverain de 2 milliards de dollars pour les minerais critiques comprendra des investissements en actions, des garanties de prêt et des accords d’achat. Le Fonds du premier et du dernier kilomètre, de 371,8 millions de dollars, vise à amener les projets en phase avancée jusqu’à la phase de production. D’autres minerais critiques, comme l’antimoine, l’indium et le gallium, sont désormais admissibles dans le cadre du Crédit d’impôt à l’investissement pour la fabrication de technologies propres.

Ils pourraient être plus discrets que les années précédentes, mais les événements COP servent toujours à prendre le pouls de l’action — ou de l’inaction — climatique mondiale.

Voici à quoi s’attendre :

Belém, l’hôte qui a le plus à perdre : La ville du nord du Brésil est la porte d’entrée de la région amazonienne — surnommée les « poumons de la planète » — puisqu’elle produit 20 % de l’oxygène mondial. Mais la région est confrontée à des perturbations dues à l’utilisation des terres, aux incendies de forêt et aux phénomènes météorologiques extrêmes accentués par le changement climatique, ainsi qu’à l’expansion industrielle et commerciale incessante. Belém apparaît donc comme un lieu approprié, bien que lointain, pour illustrer les réalités concrètes du changement climatique, contrairement aux centres financiers plus en vue de New York et Dubaï.

Une décennie après Paris. Le monde a changé depuis 2015 — lorsque pratiquement tous les pays étaient unis dans leur engagement à réduire les émissions. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. L’ambiance actuelle : sans compromis. Les pays exportateurs de matières premières se sentent encouragés, tandis que les litiges liés au climat atteignent un niveau record.

Un défi logistique pour une région n’offrant que 18 000 chambres d’hôtel. Le pays hôte, le Brésil, prévoit la participation de 50 000 responsables politiques aux négociations et a même suggéré que certains délégués partagent des chambres. Les organisateurs prévoient également mettre à contribution des bateaux de croisière, des propriétés privées et des écoles pour accueillir les visiteurs. Le mois dernier, 81 pays étaient en négociation avec les organisateurs concernant des chambres d’hôtel, tandis que 87 pays avaient déjà réservé un hébergement, selon la présidence brésilienne de la COP30.

Il pourrait y avoir un vide de la taille des États-Unis à la COP. Les États-Unis, qui sont en train de se retirer de l’Accord de Paris, ne prévoient pas envoyer de représentants « de haut niveau » à Belém. L’influence de Washington devrait néanmoins rester très présente lors des négociations.

Il pourrait y avoir un vide de la taille des États-Unis à la COP. Les États-Unis, qui sont en train de se retirer de l’Accord de Paris, ne prévoient pas envoyer de représentants « de haut niveau » à Belém. L’influence de Washington devrait néanmoins rester très présente lors des négociations.Les organisateurs nourrissent de grands espoirs. Les délégués à la COP30 font avancer cinq points clés à l’ordre du jour : (1) des plans climatiques nationaux renforcés avec des voies d’investissement plus claires, (2) la mobilisation de 1,3 billion de dollars US pour l’action climatique, dont 300 milliards de dollars US pour les pays en développement, (3) l’incitation à des investissements durables et alignés sur le climat, (4) la finalisation des règles d’un marché mondial du carbone soutenu par l’ONU, et (5) une « transition juste et inclusive » loin des combustibles fossiles, garantissant un soutien aux travailleurs et aux collectivités vulnérables affectés par le changement climatique. Que les négociations commencent.

Bill Gates, le cofondateur de Microsoft qui mène une seconde carrière en tant que financier dans la technologie climatique, a récemment exprimé « quelques dures vérités » sur le climat. Sa dernière note a contrarié certains, mais a été accueillie favorablement par d’autres, y compris le président des États-Unis.

Au-delà des gros titres, ses propos pourraient être plus nuancés.

Recadrer le risque : M. Gates soutient que, bien que le changement climatique transforme profondément les systèmes mondiaux, il est peu probable qu’il rende la planète inhabitable. Il met l’accent sur la proportionnalité — en considérant le changement climatique comme un défi chronique et croissant plutôt qu’un scénario existentiel ultime. Un nouveau rapport de l’ONU sur l’action climatique prévoit désormais une hausse des températures de 2,3 à 2,5 °C, contre 2,6 à 2,8 °C dans le rapport de l’an dernier, ce qui laisse le « monde en voie de subir une escalade sérieuse des risques et des dommages liés au climat ».

De la température au bien-être : M. Gates a souligné que l’action climatique ne devrait pas être évaluée uniquement en fonction des émissions évitées ou des degrés de réchauffement évités, mais aussi selon son efficacité à améliorer le bien-être humain, en particulier dans les régions vulnérables. Cela s’aligne sur un appel croissant dans les milieux du développement à intégrer l’adaptation et la réduction de la pauvreté dans l’ordre du jour climatique.

Innover, innover, innover : M. Gates continue de présenter l’innovation technologique — dans les énergies propres, les procédés industriels et l’agriculture — comme l’outil décisif pour la décarbonation, suggérant que cela permettra de réaliser des réductions durables des émissions.Éviter les récits apocalyptiques : M. Gates souligne que l’alarmisme peut éroder la confiance du public et mal orienter les ressources. Certains pourraient toutefois soutenir que l’attention continue portée aux enjeux climatiques a stimulé l’action et orienté des billions de dollars vers la transition énergétique.

➔ John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, s’est adressé à une délégation du G7 et à des conseillers avant la réunion des ministres de l’Énergie et de l’Environnement du G7 à Toronto la semaine dernière, présentant la vision de RBC de l’évolution du monde. Lire son discours ici.

➔ Lors du Forum économique international de Toronto, le 17 octobre, M. Stackhouse a s’est entretenu avec Heather Chalmers, présidente et cheffe de la direction de GE Vernova Canada, et a participé à une séance de travail sur les enjeux liés aux compétences et aux chaînes d’approvisionnement avec Stephen Lecce, ministre de l’Énergie de l’Ontario.

➔ Lors du Sommet GLOBE sur le leadership alimentaire à Calgary, l’Alliance canadienne pour l’agroalimentaire carboneutre (CANZA) a lancé le Défi du million d’acres, une initiative visant à étendre les pratiques agricoles climatiquement intelligentes à l’échelle du Canada.

➔ Lors du Sommet alimentaire Arrell, le 21 octobre, Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, Leadership avisé RBC, s’est entretenue avec Rene Van Acker, président et vice-chancelier de l’Université de Guelph pour discuter de la croissance durable de l’agriculture canadienne tout en abordant l’un de ses défis les plus pressants : le creusement des écarts d’innovation dans le secteur agroalimentaire.

➔ Mme Ashton a également participé à une table ronde sur les systèmes alimentaires et l’agriculture climatiquement intelligente à l’Université Simon Fraser, à Vancouver

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Dans le numéro de cette semaine : Stellantis est-il le premier domino à tomber ? Et comment le Canada peut-il renforcer son rôle dans un monde divisé pour ce qui est des éléments des terres rares.

Est-ce la fin du Pacte de l’automobile ?

Par Jordan Brennan, chef, Leadership avisé RBC

La frustration grandit dans le secteur canadien de l’automobile. De même que l’incertitude.

Moins d’une semaine après que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, eut déclaré devant un auditoire canadien que l’assemblage automobile se ferait aux États-Unis et que le Canada ne pouvait rien y faire, Stellantis a annoncé que la production de la Jeep Compass, qui était attendue à Brampton, serait transférée à Belvidere dans l’Illinois.

C’est sans doute le fruit de la stratégie commerciale des États-Unis visant à réindustrialiser le pays au moyen du rapatriement de capacités manufacturières.

La crainte est que Stellantis soit le premier domino d’une série destinée à tomber. 

Les échanges dirigés du Canada ont commencé dans le secteur automobile avec la signature du Pacte de l’automobile en 1965, qui a établi au Canada un accès à la production en franchise d’impôt et des engagements de valeur ajoutée afin d’accélérer l’intégration de la chaîne logistique continentale et la transition du Canada de modèles nationaux nombreux, mais d’un faible volume, vers des modèles nord-américains moins nombreux, mais d’un volume plus important.

À l’heure actuelle, le Canada exporte neuf véhicules canadiens sur dix vers les États-Unis. Dans toute entreprise ordinaire, il serait fortement déconseillé de compter sur un seul client, mais ce modèle d’affaires semblait raisonnable dans le contexte du Pacte de l’automobile et de l’ALENA. Aujourd’hui, la volonté de rapatrier les emplois canadiens de l’automobile rompt avec la logique de 1965. Et cela nous rappelle que nous sommes exposés à un dangereux risque de concentration.

Face à la tourmente commerciale, le Premier ministre Carney a opté pour une stratégie de diplomatie patiente. Quelles seraient les options du Canada si le plan ne fonctionne pas ?

Chaque année, les États-Unis assemblent de 10 à 11 millions de véhicules, dont la plupart sont vendus sur le marché intérieur. Environ 15 % des véhicules fabriqués aux États-Unis sont exportés. Et chaque année, le tiers de ces exportations sont destinées au Canada, ce qui fait du Canada le plus grand marché d’exportation des États-Unis. Le fait de fermer la porte aux importations américaines impacterait de 7 % à 10 % de la production annuelle des États-Unis.

Il y a ensuite l’angle de la Chine. En août, Beijing a infligé des droits de douane provisoires de 75 % sur le canola canadien. Depuis, l’ambassadeur de la Chine a proposé la réciprocité, c’est-à-dire que la Chine accepterait de lever ses droits de douane sur le canola et le porc du Canada à condition qu’Ottawa supprime ses droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois. Les Premiers ministres Scott Moe et Wab Kinew ont exhorté Ottawa à examiner la proposition, qui se traduirait par une intensification de la concurrence avec Tesla, entre autres.

D’autres options sont possibles, parmi lesquelles des ententes sectorielles avec l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud. Nous pourrions aussi imaginer des conventions de vente et d’achat pour l’approvisionnement en GNL du secteur de la défense, en plaçant les mandats d’assemblage automobile sur la table des négociations.

Bien qu’aucune de ces options ne soit idéale, le Canada dispose d’un important pouvoir de négociation en tant que premier marché d’exportation d’automobiles des États-Unis et base d’approvisionnement profondément intégrée. Ces leviers ne fonctionneront que s’ils sont utilisés avec parcimonie. La véritable concurrence économique et principale menace stratégique pour les États-Unis est la Chine, et non le Canada. Une large négociation mettant dans la balance la capacité nord-américaine et l’accès au marché demeure le scénario le plus judicieux. 

  • Le projet de pipeline Keystone XL est de retour dans les conversations. Cette fois-ci, à la table de négociation durant les pourparlers commerciaux en cours à Washington entre les États-Unis et le Canada.

  • Établissement d’une « nouvelle feuille de route » pour les relations entre le Canada et l’Inde. La ministre des Affaires étrangères Anita Anand a rencontré le Premier ministre indien Narendra Modi après deux années de crise diplomatique.

  • Les ventes du secteur manufacturier canadien ont reculé de 1 % en août, tandis que les recettes des ventes en gros ont cédé 1,2 %, ce qui souligne l’impact des droits de douane américains sur les principaux secteurs sensibles aux échanges internationaux.

  • Le Canada a créé 28 000 nouveaux emplois dans le secteur manufacturier en septembre – l’augmentation, concentrée en Ontario et en Alberta, a partiellement contrebalancé la perte de 58 000 emplois subie par le secteur manufacturier entre janvier et août.

  • Ikea a réagi aux nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump sur les meubles en envisageant une augmentation de sa production aux États-Unis. À l’heure actuelle, à peine 15 % des produits que le géant suédois de l’ameublement vend aux États-Unis sont fabriqués dans ce pays.

Par Vivan Sorab, premier directeur, Énergie propre, Leadership avisé RBC

Alors que la Chine exploite son avantage sur les États-Unis dans le domaine des éléments des terres rares en renforçant le contrôle des exportations, ce qui pourrait avoir de vastes répercussions sur les chaînes logistiques critiques pour la défense et les semi-conducteurs, le Canada doit renforcer son rôle dans cette chaîne logistique.

Le défi Le Canada possède les ressources, le capital et la propriété intellectuelle nécessaires pour bâtir une chaîne logistique, mais il doit se mobiliser au plus vite.

Financement : des outils existent pour bâtir une chaîne logistique dans le secteur des éléments des terres rares. Le Canada classifie les éléments des terres rares parmi ses six minéraux critiques prioritaires (avec le lithium, le graphite, le nickel, le cobalt et le cuivre) aux fins d’un financement de 1,5 milliard de dollars puisé dans le Fonds de réponse stratégique. Bien que les fonds aient afflué dans le secteur de l’extraction minière d’éléments des terres rares (avec notamment des engagements en faveur de projets d’éléments des terres rares au Labrador), le Canada doit accélérer sa transition vers la transformation et la fabrication de produits à base d’éléments des terres rares comme les aimants.

Exigence de garantie : les prix planchers garantis par le gouvernement américain et les conventions de vente et d’achat portant sur les éléments des terres rares rendent les projets plus attrayants pour le secteur privé. L’adoption d’approches similaires au Canada pourrait renforcer la chaîne logistique nationale.

Renforcement des capacités nationales de transformation : le territoire canadien dispose d’une capacité de propriété intellectuelle dans le domaine des éléments des terres rares. La société Cyclic Materials de Kingston, qui recycle des aimants à base d’éléments des terres rares, est en train de construire un centre d’excellence de 25 millions de dollars, en partenariat avec la société française Solvay, pour fournir des oxydes d’éléments des terres rares recyclés aux fins de transformation. En accroissant ses capacités de transformation au pays, le Canada a les moyens de renforcer son positionnement.

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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance des énergies renouvelables au Canada. Dans son récent rapport, elle s’attend toujours à ce que le Canada ajoute 21 gigawatts de capacité en matière d’énergies renouvelables d’ici 2030, soit près du double de la croissance enregistrée au cours des six dernières années, et ce, principalement dans les domaines de l’énergie éolienne terrestre et de l’énergie solaire photovoltaïque à des fins commerciales. Cependant, cela représente une baisse de 11 % par rapport à ses prévisions de 2024. Cette réévaluation s’explique notamment par les difficultés persistantes liées au réseau électrique, ainsi que les modifications apportées aux politiques et à la réglementation en Alberta. L’AIE constate également un revirement majeur ailleurs dans le monde. En effet, la croissance des énergies renouvelables s’essouffle aux États-Unis et en Chine, les deux plus grands marchés mondiaux, dans un contexte de changements politiques, de vulnérabilité des chaînes logistiques et de pressions financières.

La croissance des énergies renouvelables accuse un coup aux États-Unis et au Canada

Le Canada peut-il attirer les demandeurs de visas H1-B qui ne sont plus les bienvenus aux États-Unis ? Malgré toutes les discussions sur la possibilité que le Canada tire parti des problèmes de visas aux États-Unis pour attirer les meilleurs talents, un constat lucide s’impose : le délai de délivrance d’un visa pour démarrage d’entreprise par le gouvernement canadien est de 53 mois. Une nouvelle étude de Betakit révèle que ce programme, vieux de 10 ans, se heurte à plusieurs obstacles, le gouvernement ayant freiné le processus dans le cadre d’un ralentissement plus général de l’immigration. Pour attirer certains des cerveaux les plus brillants au monde dans les domaines du climat, des technologies propres et de l’innovation, les décideurs politiques devront faire preuve de vivacité d’esprit et accélérer la cadence.

David Greybeard a changé la vie de Jane Goodall. Le chimpanzé à la pilosité faciale argentée a été le premier animal que Mme Goodall a vu utiliser des outils et manger de la viande. Il est à l’origine de sa longue quête de protection de l’environnement et de la biodiversité. Mme Goodall, qui est décédée la semaine dernière à l’âge de 91 ans, anthropomorphisait les animaux (elle rejetait la pratique établie consistant à utiliser des numéros pour identifier les sujets et préférait leur attribuer des noms). En personnalisant son approche, elle leur donnait de la valeur et, par l’intermédiaire du Jane Goodall Institute, elle a contribué à sauver d’innombrables espèces (non anonymes). Elle était en avance sur son temps, mais sa cause gagne enfin du terrain.

Lecture complémentaire : Unearthing Value: How nature can play a critical role in pro-growth agendas – RBC (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Le secteur agricole canadien a tout ce qu’il faut pour être le meilleur au monde : des sols productifs, un climat tempéré, une mécanisation avancée des activités et une industrie agroalimentaire en pleine croissance. Toutefois, selon un nouveau rapport de Leadership avisé RBC, l’exploitation de ces forces n’est pas chose simple. Le secteur peine à attirer la bonne combinaison de talents et à maintenir le niveau d’investissement en recherche et développement requis pour rester un chef de file mondial.

Les travaux de Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, illustrent l’ampleur du défi à relever :

  • L’agriculture canadienne présente un potentiel immense, mais la courbe d’innovation pourrait s’aplanir. Le Canada abrite certains des sols les plus productifs et des agriculteurs les plus innovants au monde. Néanmoins, la croissance annuelle de la productivité du secteur a diminué pour atteindre environ 1 % au cours de la dernière décennie (contre 2 % durant la décennie précédente), ce qui laisse croire que peu d’innovations révolutionnaires parviennent jusqu’aux exploitations agricoles.

  • Le secteur n’attire pas suffisamment de talents. Le taux de postes vacants y est supérieur de 1,5 % à la moyenne nationale. Moins de 1 % des diplômés en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques ou en commerce, qui jouent un rôle de plus en plus important dans les exploitations agricoles modernes, choisissent une carrière en agriculture.

  • L’écosystème de recherche et développement est de moins en moins diversifié. Les investissements publics dans la production de connaissances agricoles, qui comprennent la recherche et le développement, ont reculé de 15 % depuis 2010. Le volume d’activités de recherche et développement confié aux universités par le secteur privé a chuté de 77 % dans les cinq dernières années. En outre, au cours de la dernière décennie, le nombre d’entreprises qui mettent en œuvre un programme de recherche et développement a baissé de 29 %.

  • D’autres pays nous devancent. Le Canada se trouve maintenant derrière l’Australie, les États-Unis, le Japon et le Brésil en ce qui concerne les investissements publics en matière de production de connaissances agricoles. La commercialisation des produits agricoles locaux est en déclin, tandis que la balance commerciale du pays s’améliore dans des domaines d’innovation comme ceux des produits chimiques, des engrais et des services agricoles.

  • La commercialisation des solutions agricoles prend de l’ampleur chez nos voisins du sud. Au cours des cinq dernières années, les investissements dans les jeunes pousses spécialisées dans les technologies agroalimentaires ont été 22 fois supérieurs aux États-Unis par rapport au Canada. Cet énorme écart attire les entreprises canadiennes à la recherche de capitaux, de mentorat et d’applications commerciales au sud de la frontière.

Afin de combler le déficit de compétences dans le secteur agricole, RBC a lancé aujourd’hui à Winnipeg une initiative d’investissement visant à soutenir la prochaine génération d’agriculteurs canadiens. Lancée aux côtés du premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, l’initiative Générateur RBC prévoit un investissement de 5 millions de dollars sur cinq ans dans l’agriculture des Prairies. Elle devrait s’étendre grâce à des programmes offerts dans le cadre d’un mouvement national avec les agriculteurs, la CANZA, Nature United, Sustainable Food Systems for Canada (SF4C) et des initiatives agricoles durables autochtones.

ÉNERGIE NUCLÉAIRE

La semaine dernière, à l’occasion du forum sur les petits réacteurs modulaires (PRM) qui se tenait à Edmonton, Vivan Sorab de Leadership avisé RBC a animé une table ronde sur le rôle de ceux-ci dans l’atteinte des objectifs énergétiques mondiaux.

Le groupe d’experts constitué de Carl Marcotte (Atkins Realis), William Smith (Terrestrial Energy), Lisa McBride (GE Vernova Hitachi) et George Christidis (Association nucléaire canadienne) a également abordé la question des avantages du Canada. Voici quelques-unes des principales conclusions :

  • L’avantage concurrentiel du Canada réside dans la collaboration : L’Ontario a pris les devants en lançant la construction du premier PRM du G7 pouvant être raccordé au réseau. Le projet a mis à contribution le gouvernement, les services publics, la chaîne d’approvisionnement en énergie nucléaire canadienne et des universitaires pour bâtir la première nouvelle centrale nucléaire au Canada depuis trois décennies. Au moment où des provinces qui ne possèdent pas d’installations nucléaires envisagent pour la première fois de se lancer dans cette voie, il est essentiel de s’inspirer de cette collaboration.

  • Le Canada doit saisir la balle au bond : Grâce à des initiatives comme la feuille de route des PRM et à l’avantage pour les investisseurs de la première heure dans la construction de PRM, le Canada s’est taillé une place de choix dans le domaine du nucléaire de nouvelle génération. Cependant, comme la concurrence des États-Unis et d’autres pays s’intensifie, le Canada doit agir rapidement pour conserver sa position de chef de file et veiller à ce que son expertise lui permette de garantir sa sécurité énergétique et contribue à la décarbonation de la planète. Une plus grande synergie entre les gouvernements fédéral et provinciaux sera déterminante.

  • Les investissements doivent augmenter : Il faudra injecter de l’argent pour soutenir les installations futures, la chaîne logistique en pleine croissance et la main-d’œuvre qualifiée nécessaire.

  • Les PRM coûtent cher. Les quatre PRM de la société Ontario Power Generation situés à Darlington, d’une capacité de 300 mégawatts, devraient coûter 20,9 milliards de dollars. En comparaison, une centrale électrique saskatchewanaise au gaz naturel, d’une capacité de 377 mégawatts, affiche une facture de 825 millions de dollars. Bien que les PRM puissent avoir une valeur géostratégique, ils devront rivaliser avec le gaz, l’hydroélectricité et les grosses centrales nucléaires pour attirer des capitaux.

  • Les communautés autochtones sont au premier plan : La prise en compte des communautés autochtones sera de rigueur pour favoriser la réussite de tout projet. Il faudra les consulter dès le départ et veiller à ce qu’elles puissent participer.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Auteur : Jordan Brennan, chef, Leadership avisé RBC

À l’occasion de leur rencontre en début de semaine, nous avons assisté à un échange d’éloges, de sourires et d’accolades entre Donald Trump et Mark Carney, et le président des États-Unis a même assuré aux journalistes que le Canada ressortirait « très content » de cette réunion. Malheureusement, l’optimisme s’est effondré dès le lendemain, lorsque le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a déclaré publiquement à Toronto que l’assemblage d’automobiles se ferait aux États-Unis et que le Canada ne pouvait rien y faire.

L’opinion de la Maison-Blanche est que les Américains n’ont pas besoin du Canada pour assembler leurs voitures. Il est difficile de savoir que penser des propos du secrétaire Lutnick. S’agit-il d’une véritable menace, ou de la technique de négociation habituelle de Donald Trump consistant à réclamer le soleil, la lune et les étoiles pour finalement obtenir la lune ? Selon les rumeurs, le président Trump n’apprécie pas s’entendre dire que les États-Unis ont besoin du pétrole, de l’acier et du bois d’œuvre du Canada.

Une équipe de spécialistes du commerce est restée à Washington pour chercher à conclure des accords sectoriels sur l’acier, l’aluminium, l’énergie et l’automobile – bastions de ce que Washington appelle désormais les « échanges dirigés ». Étant donné que les pourparlers ont peu avancé à ce jour et que l’équipe de négociation américaine est enlisée dans des discussions bilatérales avec de nombreux pays, il reste à savoir si le Canada parviendra à conclure des ententes sectorielles significatives avant la révision officielle de l’AEUMC en juillet prochain.

Cette nouvelle ère des « échanges dirigés » semble bien partie pour durer. Que faut-il en déduire ?

En juin, M. Trump a doublé les droits de douane sur l’acier et l’aluminium canadiens, les portant à 50 % contre 25 % en février. L’impact a été immédiat. Le Canada produit environ 13 millions de tonnes d’acier primaire chaque année, dont la moitié est destinée à l’exportation et neuf tonnes sur dix sont envoyées aux États-Unis. Aujourd’hui, ces échanges se tarissent.

Les prix de l’acier sont parlants. Le graphique ci-dessous illustre la valeur des exportations canadiennes d’acier vers les États-Unis et les prix de l’acier américain, les deux mesures étant indexées à 100 en janvier 2025 pour faciliter la comparaison. Au cours des 12 mois qui ont précédé l’imposition des droits de douane par M. Trump, les exportations d’acier du Canada vers les États-Unis comme les prix de l’acier américain s’inscrivaient dans une tendance à la baisse. Puis la guerre commerciale a éclaté et les deux séries de données ont divergé : les exportations canadiennes d’acier se sont effondrées, tandis que les prix de l’acier américain se sont envolés.

Les nouveaux droits de douane ont ravivé l’inflation des prix de l’acier. Avec la limitation des importations canadiennes, les producteurs américains ont moins de concurrence et en profitent pour hausser tranquillement les prix. Les importations américaines d’acier canadien ont chuté de 49 % et les prix de l’acier américain ont augmenté de 17 % depuis janvier.

C’est la face visible des échanges dirigés. La question n’est pas d’ouvrir les marchés, mais de les organiser. Dans le cadre des politiques de libre-échange des quarante dernières années, les gouvernements ont décidé d’abaisser les barrières et de laisser les préférences de consommation, la technologie et la concurrence départager les gagnants et les perdants. Le concept des échanges dirigés renverse cette logique. Les gouvernements sélectionnent des secteurs stratégiques pour les mettre à l’abri de la concurrence mondiale et influencent les investissements à l’aide de droits de douane, de quotas et de subventions.

Pour le Canada, la question n’est pas de savoir si nous aimons cette politique, mais de trouver une façon de nous y adapter. Ottawa semble prête à changer de cap, après avoir annoncé des mesures de soutien aux secteurs en septembre. Nous devons apprendre à composer avec les nouvelles règles : déterminer les priorités nationales, déployer les capitaux de manière stratégique et faire en sorte que la réciprocité fonctionne en notre faveur.

Les échanges dirigés peuvent être cahoteux. Toutefois, dans cette nouvelle ère, nous n’avons pas d’autre choix.

  • Donald Trump souhaite que son équipe conclue rapidement des ententes avec le Canada. C’est ce qu’a déclaré le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, après la rencontre du président américain avec le Premier ministre Mark Carney à Washington. M. LeBlanc reste à Washington afin de poursuivre les pourparlers sur les échanges commerciaux.

  • La Chine a dévoilé de strictes mesures de contrôle sur les exportations de terres rares. Trump a menacé Beijing de droits de douane « massifs » en représailles.

  • La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a dévoilé un plan en trois points dont l’objectif est de contrer les droits de douane américains. Le plan met l’accent sur la protection de l’emploi, la création de nouveaux emplois et un effort pour attirer les investissements et les talents.

  • Les États-Unis ont perçu 195 milliards de dollars US de recettes au titre des droits de douane au cours de l’exercice 2025. Ce chiffre était de 77 milliards de dollars américains en 2024.

  • Les puces et autres produits liés à l’IA ont représenté près de la moitié de la croissance du commerce mondial au premier semestre de 2025, selon l’Organisation mondiale du commerce. Compte tenu de l’impact des droits de douane qui devrait se faire sentir l’année prochaine seulement, l’OMC s’attend à ce que les échanges commerciaux progressent d’un maigre 0,5 % en 2026.

Notez le 5 novembre dans vos agendas. C’est à cette date que la Cour suprême des États-Unis examinera le dossier des droits de douane d’urgence imposés par le président Donald Trump en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (loi IEEPA). Le département de la Justice espère invalider une décision prise en mai par le Tribunal du commerce international, selon laquelle M. Trump a outrepassé la loi IEEPA en l’utilisant à l’encontre du Canada et d’autres partenaires commerciaux des États-Unis.

Le dossier contient trois affaires distinctes alléguant que les droits de douane imposés par M. Trump sur le Canada, la Chine, le Mexique et d’autres partenaires commerciaux sont illégaux. L’un des dossiers a été ouvert par les procureurs généraux démocrates de plusieurs États, et les deux autres proviennent de coalitions de petites entreprises.

Voici ce que vous devez savoir :

  • Illégalité : le principal argument des plaignants est que les droits de douane n’ont jamais été conçus pour répondre aux griefs des États-Unis envers le Canada, le Mexique et la Chine dans le contexte du trafic de stupéfiants.

  • Jusque là, M. Trump est en désavantage, car un panel du Tribunal du commerce international composé de trois juges, plus un juge de district fédéral de Washington, D.C. et les 11 juges en fonction à la Cour d’appel du circuit fédéral des États-Unis soutiennent les plaignants à une majorité de 7 contre 4. Le département de la Justice espère que la Cour suprême invalidera cette décision qu’il considère comme « incohérente ».

  • La Cour suprême pourrait aller dans un sens comme dans l’autre, dans la mesure où les victoires dans les tribunaux de niveau inférieur peuvent encore se renverser. Selon Scott Lincicom, expert en commerce au Cato Institute, c’est à pile ou face.

  • La Maison-Blanche a de nombreux outils à sa disposition. Certains analystes sont d’avis que la Cour suprême pourrait donner raison aux tribunaux inférieurs, car l’administration américaine peut emprunter différentes voies pour remplacer les droits de douane au titre de la loi IEEPA, notamment l’article 232 du Trade Expansion Act de 1962.

  • Remboursement : si les adversaires du gouvernement obtiennent gain de cause, une vague de batailles juridiques pourrait s’ensuivre concernant des remboursements pour plus de 80 milliards de dollars américains.

La Cour suprême pourrait rendre sa décision d’ici la fin de l’année.

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Par Jordan Brennan, chef, Leadership avisé RBC

  • Mark Carney retournera à Washington la semaine prochaine. Au programme : rétablir les liens « sécuritaires et économiques » avec les États-Unis ou, à tout le moins, apporter un certain soulagement aux secteurs canadiens de l’acier, de l’aluminium et de l’automobile, qui sont malmenés.

  • La sécurité et l’économie occupant le devant de la scène, d’autres sujets devraient figurer au programme du Bureau ovale, notamment le projet de bouclier antimissile du Dôme doré, dont Donald Trump a encore parlé cette semaine pour piquer Ottawa, en faisant de nouveau allusion au « 51e État ». M. Carney pourrait-il mettre de l’avant l’importance de l’acier et de l’aluminium dans le cadre de la collaboration avec Washington en matière de défense ?

  • Dominic LeBlanc, ministre du Commerce Canada-États-Unis, paraissait optimiste cette semaine, quant à la possibilité de réaliser des progrès à l’égard des principaux points d’achoppement avec l’administration Trump.

  • Le mois dernier, les deux partenaires ont aussi amorcé des consultations sur l’Accord Canada–États-Unis–Mexique en prévision de la révision de l’accord commercial tripartite. Mais qu’adviendra-t-il si les jours d’un d’accès libre de droits de douane au marché américain sont définitivement révolus ?

  • Il n’est pas exagéré de supposer que le Canada pourrait se retrouver avec un accord comparable à celui du Royaume-Uni, à savoir des droits de douane généraux de 10 % pour l’accès au marché américain.

  • En mars, M. Trump a imposé des droits de douane de 25 % sur le contenu non américain des exportations d’automobiles (en vertu de l’article 232, pour des motifs de « sécurité nationale »). Étant donné qu’environ la moitié du contenu d’un véhicule assemblé au Canada provient des États-Unis, les automobiles canadiennes ont été assujetties à un taux tarifaire effectif d’environ 12,5 %. Ce taux est suffisamment proche des droits de douane de 10 %, pour l’accès au marché américain, pour justifier une comparaison.

  • Les deux parties souffrent : au Canada, le taux de chômage est en hausse depuis le début de la guerre commerciale, et la municipalité de Windsor, fortement tributaire de la construction d’automobiles, affiche le taux de chômage le plus élevé parmi les centres urbains du Canada. Au sud de la frontière, le secteur manufacturier a perdu 40 000 emplois au cours des six derniers mois, avec des répercussions supplémentaires sur les segments de la première transformation des métaux et de la fabrication de produits métalliques.

  • Les producteurs canadiens de bois d’œuvre ont été frappés de droits de douane supplémentaires de 10 %. Cette nouvelle taxe s’ajoutera aux droits de douane antidumping actuels de 35,16 % que les États-Unis ont imposé cette année sur les importations de bois d’œuvre en provenance du Canada.

  • La semaine prochaine, l’Union européenne devrait annoncer l’instauration d’un droit de douane de 50 % sur les importations d’acier, s’alignant sur les mesures similaires prises par les États-Unis et le Canada.

  • À la demande de Keir Starmer, premier ministre du Royaume-Uni, le président américain Donald Trump envisagerait de réduire les droits de douane de 10 % imposés sur les importations de whisky écossais.

  • Le ministère des Affaires étrangères de la Corée du Sud a fait savoir que Séoul devrait annoncer un nouvel accord sur la sécurité avec les États-Unis avant de finaliser les pourparlers commerciaux.

An India-Canada reset is underway, writes John Stackhouse, and this time it will require a lot more than handshakes. 

Selon John Stackhouse, le rétablissement des relations entre l’Inde et le Canada est en cours, mais, cette fois, il faudra bien plus que des poignées de main. 

Sur le plan commercial, l’Inde est passée du 16e rang des partenaires du Canada en importance en 2008, au 10e rang en 2015, puis au 7e rang l’an dernier.

Il en va autrement du Canada, qui se classe seulement au 30e rang des partenaires de l’Inde. Le commerce bilatéral a atteint 31 milliards de dollars en 2024, en prenant en compte les services, contre 117 milliards de dollars avec la Chine. La baisse du nombre d’étudiants étrangers, qui constituent l’une des plus importantes sources de revenus indiens pour le Canada, ralentira encore plus ces progrès, car la politique du Canada, perçue comme une politique de repli, a entaché notre réputation auprès de toute une génération de jeunes Indiens instruits.  

Et ce n’est pas l’unique raison pour laquelle la volonté du Canada de relancer les négociations commerciales pourrait exiger de la patience. En effet, l’Inde et M. Modi, qui font preuve d’une confiance croissante, ne feront pas facilement des compromis, surtout sur des questions telles que les droits de propriété intellectuelle, que l’Inde considère depuis longtemps comme une forme de colonialisme occidental. 

Ces différences mises à part, les deux pays partagent des liens uniques et profonds, en grande partie liés à la population indo-canadienne. À l’avenir, l’Inde souhaitera établir des relations plus mûres, fondées sur des intérêts, en particulier sur le plan économique. Le Canada pourra aussi saisir de nouvelles occasions, allant du pétrole lourd au GNL, en passant par les technologies spatiales et de fabrication de pointe. 

Une relation renouvelée exigera que les deux pays reconnaissent ce que chacun d’eux apporte à l’autre. Elle peut aussi mettre l’accent sur ce que les deux pays peuvent accomplir grâce à des alliances et à des groupes multilatéraux.

Lisez l’article complet.

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➔ Semaine du climat de New York : oubliez un instant la marche arrière des États-Unis

➔ Énergie éolienne : la Nouvelle-Écosse voit grand

➔ Notre rapport Unearthing Value souligne le rôle du capital naturel dans les plans de croissance

La semaine du climat de New York a lieu contre vents et marées. Dans le cadre de l’événement annuel en cours cette semaine à New York, plus de 1 000 séances vont s’y tenir, portant sur l’Arctique, la mode durable, les minéraux critiques et autres grands enjeux. L’événement a pour toile de fond les multiples volte-face opérées par Washington en ce qui a trait aux énergies propres. Le nombre record de sujets abordés et de participants (on en attend plus de 100 000) semblent indiquer que l’engouement pour la transition énergétique n’a pas nécessairement faibli pour autant.

Le projet Wind West de la Nouvelle-Écosse a le vent en poupe. D’une puissance de 5 000 MW, les installations qui seraient construites au coût de 60 milliards de dollars pourraient faire des provinces de l’Atlantique un pôle majeur en matière d’énergie non polluante. Ottawa, qui estime que la proposition a sa place parmi les grands projets d’intérêt national, est en train d’examiner dans quelle mesure l’appétit des investisseurs pourrait stimuler la production d’énergie renouvelable sur la côte Est. Toutefois, comme l’admettent les auteurs du plan stratégique, « ce ne sera pas facile », compte tenu des enjeux réglementaires et de la compétitivité des coûts. La Nouvelle-Écosse recherche le soutien du gouvernement fédéral, qui prendrait la forme de crédits d’impôt pour investissement et de prêts à faible taux d’intérêt accordés par la Banque de l’infrastructure du Canada. La province souhaite aussi que la nation micmaque achète des titres de participation. Les différentes mesures de soutien pourraient avoir pour effet de réduire les coûts du projet à 170 $/MWh – les Néo-Écossais, l’année dernière, payaient leur électricité 51,86 $/MWh.

L’Australie se présente comme un chef de file du stockage du CO2. Aux antipodes du Canada, la grande île mise sur son sous-sol pour devenir un acteur majeur du stockage du CO2 dans la région Asie-Pacifique. Dans son tout nouveau plan pour la carboneutralité dévoilé la semaine dernière, l’Australie s’engage en effet à réduire, d’ici dix ans, ses émissions d’au moins 62 % par rapport à 2005. En mettant l’accent sur le captage du CO2, investissements à l’appui, le pays cherche à compenser les émissions liées à sa production de gaz naturel et à son secteur minier.

Quand, à propos de la stratégie qu’il compte mettre en œuvre, Mark Carney parle de « compétitivité carbone », il se livre à une intéressante association de mots. Sous Justin Trudeau, il était plutôt question de réduction des émissions en général et de plafonnement de celles du secteur pétrogazier en particulier. Les mots que choisit son successeur traduisent une perspective bien différente : comment concilier la croissance de l’économie et les politiques de réduction des émissions, de stockage du CO2 ou de production faiblement carbonée ?

Dans ce contexte de réalignement politique, nous nous posons cinq grandes questions :

  • Que va devenir le système de tarification du CO2 émis par les industriels ? Le gel prévu par l’Alberta pour le prix de sa taxe carbone en 2026 et le retrait de la Saskatchewan constituent un défi aux règles fédérales. Mark Carney va devoir expliquer comment son gouvernement pourra soutenir les investissements en faveur des technologies propres sans s’aliéner les provinces.

  • Comment gérer l’ajustement du prix du carbone à la frontière ? Le Canada envisage d’appliquer des droits de douane visant à protéger son industrie contre les importations de biens produits à moindre coût par des installations plus polluantes mais, compte tenu des tensions commerciales avec Washington, cela risque de froisser notre voisin. Comme notre économiste Farhad Panahov l’écrivait récemment dans un rapport, « Des écarts importants entre la tarification carbone du Canada et celle de ses partenaires commerciaux peuvent nuire à la compétitivité du pays en période de bouleversements structurels d’envergure mondiale. » L’approche du gouvernement fédéral est-elle d’ailleurs réaliste ? Les « ajustements carbone à la frontière » pourraient-ils ne s’appliquer qu’à la Chine et à d’autres partenaires commerciaux non membres de l’OTAN ?

  • Que va-t-il advenir du plafonnement des émissions du secteur pétrogazier ? Va-t-il être maintenu, supprimé ou revu ? La décision prise sera d’une importance vitale pour le secteur énergétique canadien.

  • Comment relancer le financement des technologies propres ? Il existe déjà un certain nombre de crédits d’impôt pour investissement. Que peut faire encore Ottawa pour stimuler un financement en perte de vitesse ?

  • Pouvons-nous encore atteindre les objectifs de l’Accord de Paris ? Le gouvernement Carney dit maintenir son engagement à l’égard des objectifs qu’il s’est fixés pour 2030. Or l’Institut climatique du Canada estime que le pays ne se dirige pas dans la bonne direction. Que peut faire Mark Carney – ancien envoyé spécial de l’ONU pour le financement de l’action climatique – pour corriger le tir ?

Mise en service d’une nouvelle thermopompe intelligente au Canada. Le modèle Air de la jeune entreprise Jetson de Vancouver peut être raccordé aux conduits existants et fonctionne jusqu’à -30 °C. Un module recourant à l’IA analyse les conditions météorologiques, la consommation de l’immeuble et la qualité de l’air intérieur pour ajuster les paramètres ; l’occupant utilise ainsi moins d’électricité et fait des économies. Le PDG de Jetson, Stephen Lake, dirigeait auparavant une autre jeune pousse, North, ce fabricant de lunettes intelligentes que Google a acheté en 2022. Il explique que le logiciel qu’utilise la nouvelle thermopompe permettra d’importants gains d’efficacité. Cela pourrait fortement contribuer à la réduction des émissions – au Canada, le chauffage compte pour 13 % des émissions de GES liées à la consommation d’énergie.

➔ Une entreprise enfantée par le laboratoire de l’Université McGill a recueilli 3,5 M$ auprès d’investisseurs intéressés par son projet pilote de fabrication de dispositifs de stockage d’énergie fonctionnant au fer. Une fois au point, un tel équipement pourrait réduire de beaucoup la consommation de carburants fossiles (diesel et autres) dans l’industrie lourde.

➔ Les membres de l’Union européenne n’ont pas réussi à s’entendre sur un plan climatique contraignant avant l’Assemblée générale de l’ONU prévue cette semaine. Ils se sont contentés d’une déclaration d’intention selon laquelle leurs émissions diminueraient de 72,5 % d’ici 2035.

➔ Robert Redford, décédé la semaine dernière, n’était pas seulement une icône d’Hollywood, mais aussi un militant qui avait le don de parler de changements climatiques. On lui doit le Sundance Film Festival, qui a fait connaître plusieurs films consacrés à l’environnement. L’acteur avait aussi mis sur pied le Redford Centre ; sur les 60 films traitant d’action ou d’inaction en matière de climat dont cette entité à but non lucratif a soutenu la production, 11 ont été inscrits aux programmes des plateformes de diffusion en continu.

Nature

Environ la moitié du PIB mondial (soit plus de 78 000 milliards de dollars) dépend dans une grande mesure ou modérément de la nature. Or les pays ne comptabilisent son apport qu’une fois la ressource (poisson, céréales, bois d’œuvre…) extraite ; les services écosystémiques sont très peu pris en compte. Dans notre rapport, Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole, explique comment le recours au « capital naturel » peut tout à fait s’inscrire dans les stratégies de croissance.

Voici quelques-uns des constats du rapport :

  • En tant que moteur économique, le capital naturel est encore sous-utilisé. Au cours des vingt-cinq dernières années, le PIB des secteurs qui dépendent de la nature au Canada (foresterie, agriculture, mines, pêche…) a enregistré une croissance d’une année sur l’autre inférieure de 0,3 % au reste de l’économie. Une tendance similaire a été observée aux États-Unis et au Royaume-Uni.

  • Ignorer la nature, c’est compromettre la prospérité. Alimentation, tourisme, bâtiment… : plus de la moitié de l’économie mondiale (soit environ 78 000 milliards de dollars) dépend de la nature. Au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, où l’on cherche à relancer l’économie, les ressources naturelles s’épuisent. Or la croissance à long terme repose en grande partie sur elles.

  • Une possibilité qui se présente rarement nous est actuellement offerte de mettre à profit le capital naturel pour continuer à bâtir nos nations. Les pays qui inventorient et font fructifier leur capital naturel se donnent la possibilité de générer davantage de croissance et d’attirer des investisseurs étrangers que ce secteur intéresse. La mobilisation des acteurs financiers qui s’ensuit entraîne une hausse de la demande. Les besoins sont chiffrés à 580 000 milliards de dollars d’ici 2030 et à près de 940 000 milliards d’ici 2050.

  • La montée en puissance dépend des capitaux privés. En matière de capital naturel, le financement est assuré à 82 % par les gouvernements (222 000 milliards de dollars). Le secteur privé attend en effet de leur part des signaux plus clairs et veut avoir l’assurance que ses investissements produiront les effets attendus.

  • Sur les marchés financiers et environnementaux, la nature occupe une place croissante mais demeure sous-représentée. La nature ne constitue qu’un petit segment de la finance durable. En 2025, les crédits carbone auxquels elle donnait lieu représentaient 13 % de ceux offerts sur les marchés volontaires du carbone, alors que leur part dans la création annuelle de nouveaux crédits pourrait être de 50 %.

  • L’intégration des politiques, l’IA et (tiens donc !) des mesures comptables permettraient de mieux faire figurer la nature dans les bilans et les plans de croissance. Au Canada, ces trois approches vont justement subir un test : la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière de minéraux critiques et le lancement de grands projets miniersvont être l’occasion d’intégrer les valeurs autochtones et les bases de connaissances aux cadres de comptabilisation du capital naturel.

  • Lisa Ashton présente aujourd’hui son rapport, Unearthing Value, consacré à l’économie du milieu naturel. Aux côtés de Nature United, elle animera aussi un groupe de discussion dans le cadre de la Semaine du climat de New York.

  • Cette semaine, notre équipe a accueilli une délégation de représentants du Congrès et d’agents d’ambassade avec lesquels elle discutera des possibilités de coopération accrue entre les États-Unis et le Canada sur la question des minéraux critiques.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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Dans le numéro de cette semaine : la visite de Mark Carney au Royaume-Uni, les nouveaux droits de douane de Donald Trump et les retombées potentielles du nouvel accord entre le Canada et l’Indonésie

Auteur : Jordan Brennan, chef, Leadership avisé RBC

  • Le Premier ministre Mark Carney est de retour dans les manchettes aujourd’hui, cette fois depuis Londres en compagnie du Premier ministre britannique Keir Starmer. Enjeux : la diversification des échanges commerciaux et les alliances économiques et de sécurité qui façonneront la prochaine décennie. La situation de la sécurité en Europe, en particulier le risque d’incursion russe dans l’espace aérien de l’OTAN, fait évidemment partie des discussions.

  • La réunion de cette semaine fait suite aux pourparlers de juin. Le mois de juin a connu la création du Groupe de travail sur l’économie et les relations commerciales Canada–Royaume-Uni, dont le mandat consiste, entre autres, à formuler des recommandations sur les barrières au commerce et le secteur des minéraux critiques.

  • M. Carney est bien placé pour prendre la tête de cette initiative. Face à la fragmentation de l’ordre mondial, de nouveaux partenariats sont nécessaires pour renforcer la sécurité et donner de l’élan à la prospérité. Les minéraux critiques se situent au carrefour de ces deux enjeux. La sûreté et la stabilité de l’accès aux minéraux critiques constituent des facteurs essentiels au dynamisme économique et à la sécurité géopolitique du 21e siècle. Les minéraux critiques sont utilisés dans le secteur de la défense, mais aussi dans l’exploration spatiale, les technologies propres, l’économie numérique et les soins de santé, entre autres.

  • Cependant, le problème est que l’OTAN et ses alliés n’ont pas de stratégie cohérente. Pour M. Carney, le moment est venu de briller. C’est l’occasion pour le gouvernement du Canada d’élaborer une stratégie dans le domaine des minéraux critiques, en partenariat avec ses alliés, afin de sécuriser les chaînes logistiques tout en atténuant le dangereux risque de concentration lié à la Chine.

  • Comme nous l’avons mentionné dans un récent rapport Leadership avisé RBC intitulé Le nouveau grand jeu, la Chine a une grande longueur d’avance, car elle contrôle entre 60 % et 90 % de la capacité de raffinage du lithium, du cobalt, des terres rares et du graphite.

  • La stratégie pourrait tirer parti des abondantes ressources minières canadiennes pour positionner le Canada en tant que centre mondial de l’excellence minière. Du cuivre ou du cobalt en passant par l’uranium, le nickel, le lithium et le graphite, le Canada possède les matières premières utilisées dans les industries émergentes, ainsi que les capacités d’ingénierie et de financement nécessaires pour développer les produits jusqu’à leur introduction sur le marché. 

  • Les États-Unis prennent aussi des initiatives importantes dans ce domaine. En début de semaine, la Maison-Blanche a annoncé qu’elle ciblait une participation de 10 % dans Lithium Americas, une société minière établie à Vancouver. Appuyée par un prêt du département de l’Énergie, Lithium Americas est en train de développer au Nevada ce qui pourrait devenir la plus grande mine de lithium de l’hémisphère ouest.

  • À ce propos, RBC a accueilli une délégation de Washington cette semaine. Une vingtaine de représentants du Congrès (des deux côtés de la sphère politique) et de l’ambassade du Canada se sont penchés sur la possibilité d’un partenariat entre le Canada et les États-Unis dans le domaine des minéraux critiques. Si nous ajoutons à cette visite la position de Washington à l’égard de Lithium Americas, une coopération étroite dans le secteur des minéraux critiques pourrait être une solution pour renforcer les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

  • Le Premier ministre Mark Carney participera au sommet de l’ANASE en octobre, dans le contexte de pourparlers sur un éventuel accord commercial entre le Canada et le bloc de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est l’an prochain.

  • Le Canada pourrait songer à faire une proposition de fourniture de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’Allemagne, selon une récente suggestion de l’ambassadeur allemand. À l’heure actuelle, l’Allemagne importe environ 90 % de son GNL des États-Unis.

  • Dans le cas où une société pharmaceutique internationale ne construirait pas d’usines de production aux États-Unis, ses médicaments seront assujettis à des droits de douane de 100 % à compter du 1er octobre. Les poids lourds (25 %) et les meubles (30 %) fabriqués à l’étranger seront également assujettis à de nouveaux droits de douane à compter de la semaine prochaine.

  • Trump a promis aux agriculteurs américains, lesquels ont majoritairement voté en sa faveur en novembre dernier, mais qui ont durement souffert de sa politique commerciale, un certain soulagement sous la forme d’une redistribution « de l’argent des droits de douane ».

  • Boeing, le géant américain du secteur aérospatial, pourrait bientôt remporter un énorme contrat avec la Chine – ce qui constitue probablement une pièce maîtresse dans les pourparlers commerciaux entre les États-Unis et la Chine.

  • La plupart des pays se portent mieux que prévu, malgré la pression des droits de douane, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

Par Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

À l’issue de quatre années de négociations, le Canada a signé un accord de partenariat économique global (APEG) avec l’Indonésie la semaine dernière.

L’entente devrait accroître les exportations canadiennes de 447 millions de dollars, soit une maigre augmentation de 0,04 % par rapport aux chiffres actuels. Toutefois, cet accord procure au Canada une option de participation à la croissance économique de l’Indonésie. L’Indonésie pourrait devenir l’une des cinq plus grandes économies mondiales d’ici le milieu du siècle, et représenter un vaste marché pour l’agriculture, les produits alimentaires, la machinerie, les services et même la technologie nucléaire du Canada.

L’annonce a été faite dans la foulée de l’accord commercial réciproque conclu entre l’administration Trump et l’Indonésie, négocié à toute vitesse pour garantir l’accès aux minéraux critiques et à d’autres ressources dont le nickel. L’Indonésie a accepté d’éliminer ses restrictions à l’exportation du minerai, ce qui lui permettra d’expédier du nickel brut et semi-transformé aux États-Unis aux fins de raffinage tout en excluant de la chaîne logistique les fonderies indonésiennes exploitées par la Chine.

Pour les sociétés minières canadiennes, l’arithmétique du nickel est probablement négative. Selon BNEF, la production indonésienne de nickel de catégorie 1 (qualité supérieure requise pour les batteries) devrait atteindre 1,6 million de tonnes métriques d’ici 2030, ce qui représenterait 52 % de l’offre mondiale. Cette augmentation place l’offre indonésienne en concurrence directe avec celle du Canada (240 000 tonnes métriques d’ici 2030). Par conséquent, de plus grandes quantités de nickel arriveront en Amérique du Nord en franchise de droits, ce qui sera positif pour la sécurité de l’approvisionnement en Amérique du Nord, mais probablement défavorable au Canada.

L’accord commercial entre les États-Unis et l’Indonésie est celui qui aura le plus de retombées. En effet, compte tenu du manque de ressources minières aux États-Unis, la diversification des ressources est cruciale. Pour le Canada, la priorité est de tirer parti des intérêts communs en matière de sécurité nationale et d’intégration économique pour devenir une source d’approvisionnement à faible risque, ce qui constitue un avantage concurrentiel que les autres partenaires commerciaux auront plus de difficulté à offrir.  

L'investissement direct étranger canadien n'est pas touché par l'incertitude liée aux droits de douane