Skip to main content

1557104-Thumbnail-wide

L’enjeu

La COVID-19 a activé une cyberéducation de masse qui modifiera à long terme les procédés et les lieux d’enseignements des Canadiens. Le soudain changement pose un nouveau défi pour le système de l’enseignement supérieur canadien qui envisageait déjà un avenir économique très différent.

Point de vue

Les établissements d’enseignement postsecondaire du Canada ont transféré en ligne les cours de plus de deux millions d’étudiants en quelques semaines en mars. La rapide transition a permis de comprendre que l’apprentissage de la plupart des étudiants pouvait se faire de partout, et aussi que les établissements avaient la capacité de s’adapter rapidement.

L’urgence étant désormais consacrée à la reprise de l’économie canadienne, les étudiants qui cherchent à acquérir des compétences pour affronter le monde d’après la COVID exigeront davantage de l’éducation numérique. Les établissements devraient tirer parti de cette période pour offrir aux étudiants et aux férus de l’apprentissage permanent plus de flexibilité quant à l’endroit, au moment et à la façon choisis pour étudier.

Le système de l’enseignement supérieur est sur le point de devenir encore plus concurrentiel. Presque chaque établissement d’enseignement postsecondaire à l’échelle planétaire a beaucoup investi dans ses outils et procédés en ligne. Les établissements d’enseignement du Canada devront se distinguer des autres pour que le pays conserve sa position de chef de file de l’éducation et continue d’attirer les plus grands esprits. Pour commencer, il faudra définir la mesure de rentabilité de l’apprentissage en ligne et faire collaborer les secteurs pour que les étudiants puissent avoir plus d’options et de spécialisations. Il faudra ensuite adopter une approche globale d’apprentissage parallèle (apprentissage par l’expérience ou microcertifications – pour permettre aux étudiants de choisir la méthode et le lieu où ils voudront obtenir leurs crédits d’études. Les enseignants devront aussi offrir des outils de réalité augmentée et d’apprentissage automatique pour personnaliser l’éducation.

Principales Constatations

Près de 1,6 milliard d’apprenants ont été touchés par les fermetures d’écoles au pays.

91 % des étudiants dans le monde ont été contraints de quitter leurs salles de classe pendant la pandémie. Plus de 7 millions d’étudiants (dont 5,1 millions du jardin d’enfants à la 12e année, 1,2 million dans les universités, et 800 000 dans les collèges et les polytechniques) ont dû changer leur mode d’apprentissage Les 540 000 étudiants en fin d’études postsecondaires termineront probablement leurs études à distance cette année.


 

Les établissements canadiens ne disposaient pas des ressources ou de l’expertise requises pour tirer pleinement parti de l’apprentissage en ligne.

Environ 16 % des étudiants des universités et 12 % des étudiants de collèges ont essentiellement fait leur apprentissage en ligne en 2019, alors que plus d’un tiers des étudiants de premier cycle ont suivi au moins un cours en mode d’apprentissage hybride. Les problèmes de financement et de dotation en personnel ont entravé la formation numérique dans la moitié des universités et des collèges, et encore plus dans les plus petits établissements, malgré la plus grande utilisation des outils en ligne.

L’avantage du Canada au chapitre de l’attraction des étudiants internationaux est menacé.

L’émission de nouveaux permis des étudiants internationaux a chuté de 45 % en mars (d’une année sur l’autre). Les restrictions de déplacement et les retards de traitement des demandes de visa interrompront probablement l’arrivée des étudiants internationaux dans les prochains mois. Ces étudiants déboursent chaque année près de 6 milliards de dollars en droits de scolarité seulement dans les universités et les collèges.

Les dépenses numériques ne représentaient que 2,5 % des dépenses mondiales en éducation avant le confinement.

Même si les investissements en capital de risque dans le secteur des technologies de l’éducation ont augmenté de 14x depuis 2010, les dépenses numériques ne représentent qu’une infime portion des budgets en éducation. Les prévisions d’avant la crise laissaient entrevoir une hausse de 4,3 % de ces dépenses dans les budgets d’ici 2025. Les activités d’investissement ont été concentrées en Chine et aux États-Unis. Elles avaient attiré l’an dernier 52 % et 33 %, respectivement, d’investissement en éducation numérique.

Questions Clés

1. Est-ce que l’explosion de formations à distance donnera plus d’options aux étudiants ?

La réponse simple est « oui ». Plus les écoles devront attendre avant d’enseigner comme elles le faisaient, plus les formations en ligne prendront de place. Tant les étudiants que les enseignants voudront conserver les outils et les façons de faire qu’ils aiment.

Les établissements auront de la difficulté à attirer des étudiants une fois la pandémie terminée. Ceux-ci ayant compris qu’ils pouvaient apprendre ailleurs que dans une salle de classe, les établissements devront en effet leur démontrer en quoi leur campus offre une expérience différente.

L’éducation en ligne pourrait devenir un facteur nivelant déterminant. Les écoles, peu importe leur taille, leur emplacement ou les niveaux qu’on y enseigne, peuvent se distinguer grâce à l’éducation en ligne, car il s’agit d’un mode d’enseignement sans frontière et adaptable qui n’est pas limité par le calendrier scolaire conventionnel. Par ailleurs, les étudiants souhaitent acquérir des aptitudes qui les rendront aptes à intégrer un marché de l’emploi qui évolue rapidement. Des établissements en ligne ne délivrant pas de diplôme comme edX, Coursera et Udemy peuvent créer et adapter de nouveaux cours axés sur l’acquisition d’aptitudes plus rapidement que ne le peuvent les universités. Et si les étudiants obtenaient des crédits pour ce type de cours ? Les programmes d’apprentissage autodirigés, donnés en ligne, en classe ou en formule mixte – où les étudiants choisissent parmi une liste de microcertifications – pourraient devenir une option dans un avenir pas si lointain.

Nous devrons repousser les frontières conventionnelles de l’enseignement supérieur et amener les établissements à accorder plus de valeur aux diverses formes d’apprentissage. Certaines universités reconnaissent déjà les cours en ligne ouverts à tous (ce contenu est disponible en anglais seulement), mais le véritable point de friction réside dans le système de transfert des crédits. Parmi les exemples d’enseignement plus flexibles, mentionnons l’Academic Credit Bank (ACBS), en Corée du Sud, où les étudiants peuvent faire leurs études dans divers établissements, à leur rythme et selon leurs préférences. Ainsi, lorsqu’ils ont acquis suffisamment de crédits dans des cours de base, généraux et optionnels, l’ACBS attestera qu’ils ont bel et bien suivi ces cours et le ministère de l’Éducation délivrera un diplôme (qui ne sera rattaché à aucun établissement en particulier). Une telle façon de faire donnerait aux étudiants de nombreuses possibilités pour construire leur parcours.

2. Quels apprenants sont les plus vulnérables aux perturbations ?

L’éducation en ligne exige d’avoir accès à la fois à des appareils numériques personnels et à une bonne connexion Internet, de sorte que les étudiants n’ayant pas accès à l’un ou à l’autre risquent de perdre au change.

Environ un ménage canadien sur quatre du quartile de revenu le plus bas utilise uniquement un téléphone intelligent pour accéder à Internet. Plus ou moins 10 % des ménages – surtout en région rurale – n’ont pas Internet haute vitesse. Dans les deux cas, les étudiants autochtones sont surreprésentés. De plus, aux étudiants ayant des problèmes d’accessibilité, les établissements doivent parfois fournir des outils numériques adaptés pour qu’ils puissent poursuivre leur cursus.

L’ambiguïté entourant le retour à la normale dans les écoles dictera la manière dont certains étudiants prendront des décisions qui auront des répercussions à long terme. Au cours d’une année donnée, environ 40 000 élèves du secondaire abandonnent leurs études. Cette année, ce nombre sera sans doute plus élevé étant donné que près de 300 000 élèves risquent de ne pas obtenir leur diplôme pour des questions d’insécurité financière.

Et pour ceux qui doivent commencer leurs études universitaires, collégiales ou professionnelles cette année, l’orientation s’effectuera aussi sans doute à distance. De nombreux établissements se demandent s’il ne vaudrait pas mieux déplacer à l’automne les cours de première année, notamment les cours préalables en ligne dont les conditions d’admission étaient strictes. Alex Usher, expert en éducation, a invité des universités canadiennes à collaborer à l’établissement d’un curriculum de première année commun pour les entrants de 2020. Selon des sondages récents de l’Ivy Research Council, un étudiant sur quatre envisage de prendre une année sabbatique en raison de l’incertitude concernant l’année scolaire 2020-2021.

3. Le Canada sera-t-il aussi attrayant pour les étudiants étrangers si la formation a lieu en ligne ?

Cela reste à voir, et il s’agit d’une question importante, car les étudiants étrangers représentent une source de revenus considérable pour nos écoles. S’ils ne peuvent pas entrer au Canada, nous devrons trouver de nouvelles manières de vanter les programmes canadiens aux non-résidents.

Au début de 2020, plus de 640 000 étrangers détenaient un permis d’études et au moins 293 000 nouveaux permis avaient été délivrés pour la seule année 2019, tous niveaux d’études confondus. Le nombre d’étudiants étrangers inscrits à un programme d’études post-secondaires a doublé au cours des cinq dernières années et s’établit maintenant à 500 000. Ces étudiants, dont 11 000 deviennent résidents permanents chaque année, comptent pour environ le quart de la population estudiantine et contribuent au PIB à hauteur de 22 milliards de dollars par année.

En raison du confinement, les arrivées de nouveaux étudiants ont chuté au premier trimestre de 2020 et des chutes importantes sont à prévoir dans un avenir prévisible. Pour freiner cette baisse, le gouvernement fédéral permet aux nouveaux étudiants étrangers de commencer leur programme depuis leur pays de résidence, de faire jusqu’à 50 % de leurs cours à distance, et d’obtenir un permis de travail postdiplôme. Cependant, l’apprentissage en ligne modifiera grandement l’expérience des étudiants étrangers ; ils devront payer leurs études presque deux fois plus cher que les étudiants canadiens et ne pourront même pas venir au Canada et tisser des liens.

Environ 26 % des détenteurs d’un permis d’études (soit 168 000personnes) sont issus des pays ayant les politiques de censure d’Internet les plus sévères. Il sera impossible de garantir à ces personnes l’accès aux ressources éducatives canadiennes. Les collèges et les universités doivent donc s’attendre à ce qu’un grand nombre de personnes reportent leur adhésion à l’hiver 2021 ou à plus tard. Le cas échéant, il faudra revoir les préalables et les programmes de mise à niveau en cours d’année.

Les collèges qui offrent des programmes de réorientation professionnelle aux étudiants étrangers – programmes dont la popularité a connu une forte croissance ces 15 dernières années – pourraient grandement souffrir de la situation. Tout d’abord, l’apprentissage en ligne ne permet pas d’acquérir les aptitudes pratiques et en milieu de travail qui sont essentielles pour ces gens, qui sont surtout des travailleurs de la santé et des gens de métier. Ensuite, de nombreuses personnes ne prendront pas le risque de venir s’installer ici, compte tenu de l’incertitude qui règne sur le marché de l’emploi au Canada.

4. L’apprentissage en ligne peut-il aider à cultiver des compétences professionnelles ?

L’apprentissage à distance peut sans contredit favoriser l’acquisition de compétences prisées par les employeurs. Les étudiants qui s’y adonnent doivent gérer leur temps efficacement, parfaire leurs habiletés en communication écrite et utiliser la technologie avec aisance. Il reste qu’en ce moment, les apprentissages les plus importants que font les étudiants ne sont pas scolaires : ils résident plutôt dans le renforcement de leur résilience et de leur capacité d’adaptation. Ce sont là des atouts qui, à n’en pas douter, leur seront utiles à l’avenir.

Cela dit, la formation en ligne ne stimule pas toujours le développement de compétences socioaffectives comme l’écoute active, l’expression orale et la structuration de la pensée critique. Or selon les conclusions du rapport Humains recherchés, publié par RBC en 2018, ces compétences seront très en demande chez les employeurs canadiens. L’éducation en ligne ne nécessite pas les mêmes approches pédagogiques que l’éducation en personne pour parvenir aux mêmes résultats ; pour permettre à ses adeptes d’approfondir leurs compétences humaines, elle doit faire appel à différentes formes d’interaction sociale.

L’Université d’Athabasca, le plus grand établissement de formation à distance au Canada, ne tente pas de reproduire l’enseignement magistral sous une forme numérique. Elle mise plutôt sur une approche axée sur l’étudiant en encourageant par exemple les échanges entre pairs par le truchement de l’apprentissage en équipe et de groupes d’étude virtuels. En avril, le nombre d’inscriptions à l’Université d’Athabasca a grimpé de 12,3 % au premier cycle et de 10,7 % aux cycles supérieurs, ce qui est révélateur des préférences des étudiants dans le contexte de la pandémie de COVID‑19.

L’apprentissage intégré au travail fait aujourd’hui partie intégrante du cursus de près de 60 % des étudiants de niveau postsecondaire. Cette forme d’apprentissage facilite l’acquisition de compétences professionnelles et le réseautage, autant d’atouts qui favorisent une transition harmonieuse vers le marché du travail. Bon nombre d’employeurs ont cependant dû renoncer à cette possibilité à cause des mesures de confinement : environ le tiers des étudiants ont en effet subi l’annulation ou le report d’un placement en milieu de travail. Certains étudiants se sont dès lors tournés vers l’apprentissage intégré au travail virtuel, un format qui pourrait être là pour rester. Riipen Networks, une entreprise de Vancouver qui organise des projets de travail virtuels à court terme pour les étudiants, a ainsi mobilisé 45 000 étudiants à ce jour dans 200 établissements en Amérique du Nord. Les administrateurs d’universités du Canada (par l’intermédiaire d’ECAMT) ont veillé à ce que les étudiants des programmes coop reçoivent des crédits pour ces projets virtuels d’apprentissage intégré au travail.

5. Est-il possible de personnaliser l’apprentissage lorsqu’il est dispensé à une échelle aussi vaste ?

Dans la négative, les étudiants seront généralement moins motivés. Pour être rentable, la formation en ligne doit se faire à grande échelle ; une classe peut ainsi regrouper des centaines, voire des milliers d’étudiants. Toutefois, elle doit aussi offrir une expérience personnalisée à chacun d’eux.

Le marché des technologies de l’éducation est plus florissant que jamais : l’activité du capital-risque a atteint 3 milliards de dollars US au premier trimestre de 2020, ce qui correspond grosso modo à la valeur de tous les marchés conclus pour l’année 2016 au complet. Les outils les plus prisés sont ceux qui promettent de procurer à chaque apprenant une expérience numérique unique. La réalité augmentée et virtuelle (RA/RV) est ainsi utilisée pour remplacer des sujets vivants (p. ex., en soins infirmiers ou en médecine dentaire) ou pour permettre l’accès à de l’équipement d’essai coûteux (p. ex., réparation de machines, construction). Grâce à ces outils, les étudiants peuvent s’exercer dans un nouvel environnement et explorer celui-ci à leur gré sans risquer de commettre des erreurs ou de causer des dommages. HolonIQ, entreprise de surveillance du marché des technologies de l’éducation, se montre particulièrement optimiste par rapport à la RA/RV : elle prévoit une multiplication par sept des dépenses dans ce domaine d’ici 2025. Ces outils adaptés aux téléphones intelligents pourraient marquer le début d’une nouvelle ère dans l’apprentissage à distance, notamment parce qu’ils ouvrent la porte à des ressources qui seraient inaccessibles dans un environnement physique ; des laboratoires virtuels et l’apprentissage basé sur des mises en situation, entre autres.

L’intelligence artificielle jouera un rôle charnière dans l’évolution de l’éducation au cours de la décennie qui s’amorce. Outre le fait que des agents conversationnels pourraient alléger la tâche du corps enseignant par le tutorat et que les barrières linguistiques pourraient tomber grâce à la traduction en temps réel, l’apprentissage automatique a le potentiel de modifier de fond en comble la façon dont les étudiants sont évalués. Par la compréhension et la recension des progrès d’un étudiant s’adonnant à l’apprentissage numérique, l’intelligence artificielle est en effet capable d’élaborer des plans de formation sur mesure. S’ils étaient mis en application à grande échelle, ces outils pourraient mener à l’abolition des niveaux scolaires basés sur l’âge, de la maternelle à la cinquième secondaire. De même, la progression de l’étudiant au niveau postsecondaire pourrait être conditionnelle à l’acquisition de certaines compétences plutôt qu’à la réussite de cours préalables.

L’infrastructure de l’éducation pourrait également être transformée par la technologie des chaînes de blocs, qui permettrait une vérification instantanée des titres de compétences. Un tel système simplifierait aussi le transfert de crédits d’un établissement d’enseignement à l’autre et le cumul des titres de compétences. Dans la même optique, il est permis d’envisager la création d’un registre de compétences personnelles authentifié et accessible, lequel ferait état du parcours d’une personne (aptitudes, titres de compétences et programmes de formation continue).

6. Le modèle d’affaires des établissements d’enseignement postsecondaire se trouve-t-il à un point d’inflexion ?

La pandémie de COVID‑19 pourrait précipiter une révolution dans la prestation de l’éducation supérieure. La baisse du nombre d’inscriptions et des revenus, conjuguée à l’augmentation des coûts liés à la technologie, forcera les établissements d’enseignement à l’innovation. Ceux qui se cantonnent dans le statu quo resteront sur la touche.

D’abord, force est de constater que les écoles ont opéré une transformation majeure en mars, lorsque plus de 2 millions d’étudiants sont passés à l’apprentissage en ligne. Il s’agit d’une réalisation importante, surtout si l’on tient compte du fait qu’avant la pandémie de COVID‑19, près des deux tiers des établissements d’enseignement postsecondaire canadiens affirmaient que la résistance de la part du personnel enseignant était le principal obstacle les empêchant de proposer plus de choix de cours en ligne. Bon nombre de pédagogues croyaient alors que l’enseignement en ligne donnait des résultats limités, essentiellement à cause de l’incapacité des étudiants à autoréguler leur apprentissage. Ces réserves ont été mises de côté – du moins temporairement – au profit de mesures d’urgence, et les établissements ont fait des avancées notables au chapitre de la technologie et de la conception de cours.

Ensuite, les établissements qui avaient déjà investi dans l’éducation à distance sont les mieux placés pour assurer la transition harmonieuse de leurs activités. L’Université Laval a mis sur pied sa propre plateforme d’apprentissage en ligne à la fin des années 2000 par l’intermédiaire de l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval. Avant la pandémie de COVID‑19, 71 % des cours de l’établissement n’avaient aucune composante virtuelle ; à la fin mars, 95 % d’entre eux se donnaient par la plateforme en ligne. À l’Université de Windsor, l’Office of Open Learning n’a pas tardé à mettre en œuvre les ressources et la formation nécessaires pour que le corps enseignant « donne ses cours en ligne au plus vite ». Des établissements se sont échangé diverses ressources de microformation, qu’il s’agisse de modèles, d’outils, de blogues ou de balados. L’Université de Waterloo a quant à elle embauché plus de 300 étudiants pour l’été, lesquels travailleront avec les enseignants pour faciliter la transition vers l’apprentissage à distance à l’automne 2020.

Enfin, les barrières artificielles érigées entre les établissements d’enseignement supérieur canadiens tomberont. Face à l’augmentation de la dette publique et à la baisse prévisible de l’effectif étudiant, bon nombre de ces établissements sont déjà forcés de réduire leurs coûts. Il faudra que les universités et les collèges collaborent plus étroitement pour réduire la duplication des ressources en ligne et faciliter l’accès à celles-ci. Certains établissements s’échangent d’ailleurs déjà du matériel d’apprentissage et des ressources didactiques, notamment les universités de la Maple League dans les provinces de l’Atlantique, le groupe Tri-University dans le sud de l’Ontario et les établissements membres d’Education City à Ottawa. À l’avenir, ce type de partenariats sera nécessaire pour coordonner l’offre de cours en ligne et proposer aux étudiants un maximum de choix et d’expériences.

Ce Que Nous Surveillons :

Le système de l’enseignement supérieur canadien a une occasion d’évoluer et le Canada à l’occasion, de devenir un acteur mondial dans le domaine de l’éducation, même après la pandémie. Éléments à envisager pour se distinguer :

  • Collaborations entre les universités, les collèges et les polytechniques pour l’établissement de plateformes d’apprentissage numérique communes et de programmes en ligne partagés.
  • Modernisation du système de transfert de crédit reconnaissant l’attribution d’un diplôme ou d’un grade après un apprentissage par l’expérience et les microcertifications.
  • Modification du calendrier scolaire traditionnel afin d’augmenter les taux d’inscription au printemps et à l’été, et modification des dates d’inscription pour les étudiants en ligne.
  • Nouvelles formules de participation des étudiants internationaux pouvant nécessiter plus de présence des établissements canadiens dans les pays d’origine des étudiants.
  • Demande accrue pour les concepteurs de cours pour le développement d’une pédagogie intégrant la réalité augmentée et la réalité virtuelle et l’apprentissage automatique pour des expériences d’études personnalisées.

1557104-Thumbnail-wide

Dans un monde moderne constamment bousculé par les changements technologiques, les travailleurs de la santé ont tout de même un avantage.

Étant donné la nature essentiellement humaine du travail, les technologies de pointe ne menacent pas dramatiquement l’emploi des médecins, des infirmières, des thérapeutes et des autres professionnels de la santé qui fournissent des soins de toutes sortes aux Canadiens. Même si l’automatisation promet des gains d’efficacité, personne ne s’attend à court terme à ce qu’un robot puisse poser un diagnostic de cancer ou effectuer des visites médicales à domicile.

Voilà un pronostic rassurant, mais le secteur canadien de la santé devra faire face à un autre défi de taille. La population vieillissante du pays exercera bientôt une grande pression sur le système, qui coûtera 120 milliards de dollars de plus au cours de la prochaine décennie. Pour tirer pleinement profit des nouvelles technologies alors qu’un Canadien sur quatre sera une personne âgée, le secteur de la santé devra adopter de nouvelles façons de travailler.

Lire le rapport intégral

Télécharger

Un nouveau rapport de RBC intitulé On demande Dr Données révèle qu’environ 17 % des emplois du secteur de la santé sont à risque d’automatisation – soit moitié moins que dans les autres secteurs de l’économie.

Le réseau de la santé devrait aussi continuer de créer beaucoup d’emploi : d’ici 2025, 370 000 nouveaux postes y seront offerts et le secteur connaîtra sans doute une pénurie de travailleurs, même selon les prévisions les plus optimistes. Cette pénurie annoncée présente une occasion de réorientation professionnelle pour un grand nombre de travailleurs dont l’emploi dans un autre secteur a été éliminé, bon nombre d’entre eux possédant déjà certaines des aptitudes fondamentales recherchées dans le secteur de la santé.

La nécessaire mise à niveau des aptitudes pose toutefois un énorme défi que le réseau canadien de la santé devra relever rapidement. Les travailleurs qui souhaitent se réorienter vers le secteur de la santé devront trouver le temps, l’argent et le soutien nécessaires. Ceux qui travaillent déjà dans le réseau de la santé devront acquérir une formation d’appoint pour s’adapter aux technologies de rupture. De plus, le secteur sera à l’affût de nouvelles compétences, par exemple dans les domaines de l’impression 3D et de la programmation des dispositifs portables.

Les spécialistes consultés s’entendent sur les aptitudes dont le secteur de la santé aura besoin dans un proche avenir, notamment la maîtrise du numérique (capacité non seulement de recueillir des données, mais aussi de les utiliser et de les analyser), la capacité de fournir des soins de santé virtuels (en raison de la croissance de la télémédecine) et la capacité d’orienter les patients dans un réseau toujours plus complexe. Quant aux qualités humaines caractéristiques des meilleurs soins de santé — l’empathie, l’écoute active, la pensée critique et la capacité de résoudre des problèmes complexes —, elles seront plus importantes que jamais.

La révolution des aptitudes est déjà en marche dans le réseau de la santé. Les enseignants adaptent des cours provenant d’autres disciplines afin de développer l’adaptabilité et la résilience chez leurs étudiants. Les médecins consultent des spécialistes de l’intelligence artificielle afin de trouver des algorithmes permettant d’améliorer les soins. Les hôpitaux adoptent certaines technologies de pointe qui leur permettent d’attirer de nouveaux talents.

S’il est bien conçu, un nouveau modèle combinant la technologie, les aptitudes et une approche de gestion novatrice pourrait atténuer le choc du vieillissement de la population pour le réseau de la santé du Canada. Il nous reste un peu de temps pour trouver la bonne formule, mais il faut que le réseau de la santé se tourne au plus vite vers l’économie fondée sur les aptitudes.

1557104-Thumbnail-wide

Alors que les agriculteurs canadiens laissent les tâches traditionnelles aux machines intelligentes pour se concentrer sur les stratégies et les systèmes, ils seront mieux placés que jamais pour nourrir la population mondiale en croissance rapide. Mais pour y arriver, en plus de devoir parfaire leurs aptitudes actuelles, ils auront besoin de nouvelles aptitudes que le Canada devra s’atteler à développer sans tarder.

Lire le rapport intégral

Télécharger

Selon Agriculteur 4.0, un nouveau rapport de RBC, le pays pourrait connaître une pénurie de main-d’œuvre possédant des aptitudes essentielles à la transformation du secteur : analyses des données, robotique, ventes internationales, pour n’en citer que quelques-unes. On prévoit en effet une transformation qui risque d’entraîner un manque à gagner de 123 000 travailleurs agricoles d’ici 2030. Toutefois, la bonne combinaison d’aptitudes pourrait ajouter 11 milliards de dollars au PIB du Canada et accroître la productivité du secteur à un niveau supérieur à celui des secteurs de l’automobile et de l’aérospatiale réunis.

Agriculteur 4.0 présente les résultats d’une étude de quatre mois menée par des chercheurs et des économistes sur l’évolution des aptitudes agricoles exigées, au moyen de l’analyse des données recueillies dans le cadre d’entrevues avec des personnes se trouvant au cœur même de la révolution agricole.

L’étude a révélé que les agriculteurs canadiens sont au carrefour d’une révolution démographique et technologique. D’ici 2025, un agriculteur sur quatre aura 65 ans ou plus. Par ailleurs, il y a moins de jeunes que jamais qui se lancent dans ce métier.

Agriculteur 4.0 a aussi analysé l’émergence des technologies de pointe dans des sous-secteurs agricoles et découvert qu’elles n’entraîneront pas de réduction du nombre d’emplois à court terme, mais plutôt une évolution des aptitudes requises dans les fermes, les établissements d’aquaculture, les vignobles et les serres au cours de la prochaine décennie.

Selon le rapport, 14 % des producteurs ont automatisé leurs tâches l’an dernier, et le secteur a dépensé quatre fois plus sur la machinerie par travailleur que tout autre secteur de l’économie. Cependant, même si 95 % des grands producteurs disent utiliser les technologies de pointe, la part des investissements du Canada en technologies agricoles n’était que de 3,4 % en 2018.

En fonction d’un modèle de groupe d’aptitudes élaboré dans le cadre du rapport Humains recherchés, publié en 2018 par RBC, Agriculteur 4.0 présente cinq catégories de travailleurs agricoles qui seront touchés différemment par la technologie :

  • Le groupe le plus important, les propriétaires et exploitants d’une ferme que nous surnommons les « décideurs », auront besoin de l’expertise numérique, des capacités de leadership et de l’esprit critique nécessaires à la gestion d’exploitations agricoles plus grandes et complexes.
  • Un deuxième groupe de travailleurs qualifiés qui assurent l’entretien de l’équipement agricole devront composer de plus en plus avec des machines intelligentes, ce qui signifie qu’ils devront développer les aptitudes technologiques nécessaires pour travailler avec des robots et faire du codage. D’après le rapport, on estime que le Canada aura encore besoin de 25 000 de ces travailleurs, soit les « facilitateurs », qui ont des connaissances sur les logiciels, le sens des affaires et des aptitudes en communications.
  • Dans un troisième groupe se trouvent les « spécialistes », des travailleurs ayant des connaissances spécialisées dans des domaines scientifiques comme la génétique, la chaîne de blocs et l’intelligence artificielle. Le rapport indique que la demande pour cette catégorie d’emploi sera de 18 000 travailleurs.

L’un des plus importants défis des décideurs politiques sera de trouver des solutions à la pénurie de travailleurs peu spécialisés, qui devrait atteindre 85 000 travailleurs d’ici 2030. La demande pour ce type de postes, notamment pour la cueillette de fruits et les plantations, sera plus problématique à court terme. Une automatisation est à prévoir à long terme. La transition nécessitera une nouvelle approche en matière d’immigration et de rééducation professionnelle, entre autres choses.

Agriculteur 4.0 souligne les innovations dans des pays comme les Pays-Bas, l’Australie et Israël, où les programmes agricoles sont au cœur des priorités. Le rapport invite d’ailleurs le Canada à adopter une nouvelle combinaison d’aptitudes agricoles davantage axées sur les données, l’innovation et la diversité. Parmi les recommandations du rapport, soulignons une stratégie nationale en matière d’aptitudes, y compris des mesures visant à inciter un nombre accru de jeunes à faire leur entrée dans le secteur.

L’agriculture jouera un rôle central dans la santé et la prospérité futures du Canada. Grâce à la bonne combinaison d’aptitudes et de technologies, les agriculteurs canadiens pourront nourrir le monde et faire croître l’économie canadienne.

1557104-Thumbnail-wide

Lire le rapport intégral

Télécharger

Il y a un an, RBC publiait Humains recherchés – Facteurs de réussite pour les jeunes Canadiens à l’ère des grandes perturbations, une étude inédite sur le passage d’une économie canadienne fondée sur les emplois à une économie fondée sur les aptitudes. On y traite des mesures prises par le Canada pour se préparer à cette transformation.

À la suite de ce rapport, nous avons décidé de prendre la route. Nous sommes partis d’Halifax pour nous rendre jusqu’à Victoria. L’objectif : communiquer nos résultats à 5 000 Canadiens dans le but de savoir en quoi les lacunes sur le plan des aptitudes changent notre façon d’étudier, d’instruire et d’exploiter nos entreprises.

Cette initiative a donné lieu à la rédaction d’un nouveau rapport, Combler les lacunes : Ce que les Canadiens nous ont dit au sujet de la révolution des aptitudes, qui met en commun les points de vue d’éducateurs, d’employeurs et de jeunes sur la révolution des aptitudes. Étonnamment, ce n’est pas tant le sujet de la technologie qui est ressorti de cette discussion, mais davantage celui des gens. Des Canadiens nous ont présenté des idées intéressantes, simples et ambitieuses, sur ce que nous pouvons faire pour nous préparer aux défis de l’avenir.

Selon eux, le Canada devrait s’attaquer en priorité aux enjeux suivants :

  • Promouvoir les arts et les sciences dans nos écoles
  • Développer les compétences de gestion dans l’économie numérique
  • Promouvoir les aptitudes numériques dans les secteurs traditionnels
  • Contribuer au perfectionnement des aptitudes des jeunes autochtones
  • Aider les petites entreprises à embaucher des étudiants

Notre prospérité à tous est directement liée à notre capacité à préparer les jeunes à réussir dans une économie mondiale qui évolue rapidement. Les thèmes et les idées qui sont ressortis de notre tournée pancanadienne sont porteurs d’avenir pour le Canada à l’approche de 2020.

Le monde du travail évolue, mais les jeunes Canadiens ont le potentiel, l’ambition et la force nécessaires pour y faire leur place.

1557104-Thumbnail-wide

« D’emblée, j’ai dit aux responsables de l’embauche que les aptitudes techniques n’étaient pas mon point fort, a-t-il déclaré. J’ai quelque chose de différent à offrir. »

Finalement, il a décroché l’emploi. À l’ère des grandes perturbations, la différence peut être un atout.

Pour produire notre nouveau rapport, intitulé Combler les lacunes : Ce que les Canadiens nous ont dit au sujet de la révolution des aptitudes, qui fait suite à Humains recherchés, notre étude sur le monde du travail de l’avenir, nous nous sommes entretenus, sur une période d’un an, avec des étudiants, des enseignants, des employeurs et des décideurs de diverses régions du pays.

Lire le rapport intégral

Télécharger

De ces entretiens nous avons tiré quelques conclusions sur la révolution des aptitudes qui est en cours au Canada — ainsi que sur les défis qui en découlent.

L’un de ces défis est le fait que les programmes de lettres et de sciences humaines (ou d’« arts libéraux ») sont en déclin — même si la demande pour les aptitudes qu’ils permettent de développer est en hausse. Les employeurs nous ont dit qu’ils recherchent de plus en plus des candidats possédant les aptitudes non techniques développées dans le cadre des programmes de lettres et de sciences humaines, comme la pensée critique et la communication. Or, les inscriptions à ces programmes sont en baisse de plus de 10 %.

Dans notre société obsédée par la technologie, les opinions à l’égard des sciences humaines sont tellement défavorables que les jeunes délaissent ce domaine, selon Patrick Deane, président de l’Université McMaster.

« Les parents, les gouvernements et la société en général sous-estiment les compétences essentielles développées dans le domaine des sciences humaines ; c’est un problème systémique et culturel qui dure depuis longtemps », a déclaré M. Deane.

Entre 2011 et 2017, les inscriptions aux programmes de sciences humaines ont chuté de 17,5 %. Au cours de la même période, on a enregistré une hausse de 45 % des inscriptions aux programmes de mathématiques, d’informatique et de sciences de l’information. Ces champs d’études, en effet, sont considérés comme une voie plus directe vers un emploi stable après l’obtention d’un diplôme — ce à quoi aspirent les jeunes qui ont grandi dans l’ombre de la récession de 2008.

Les étudiants des programmes de sciences humaines s’inquiètent de la place qu’ils trouveront dans le monde du travail de l’avenir.

« Ils craignent tous de ne pas trouver d’emploi, a ajouté Tahir Adatia. On peut avoir une passion, mais elle ne mènera pas à un emploi ; c’est la perception qu’ont les étudiants en sciences humaines. »

Mais ce n’est pas la réalité. Les étudiants optent de plus en plus pour une formation spécialisée alors que les employeurs sont à la recherche de diplômés polyvalents. Selon LinkedIn, les aptitudes non techniques les plus recherchées par les employeurs sont la créativité, la capacité de persuasion et la collaboration.

« Les aptitudes non techniques sont tout aussi importantes que la numératie », a déclaré Steven Murphy, président et vice-chancelier de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario.

Tahir Adatia, titulaire d’une majeure en philosophie et d’une mineure en commerce, a découvert que son futur employeur était prêt à l’aider à se familiariser avec les aspects techniques de l’emploi. L’équipe était ravie par les aptitudes qu’il possédait déjà, comme la capacité de penser de façon critique, d’argumenter et de raisonner.

La demande actuelle pour les aptitudes développées dans le cadre des programmes de lettres et de sciences humaines est une conséquence de l’automatisation. Plus il y a de tâches automatisées dans les milieux de travail, plus on cherche des gens qui possèdent des aptitudes complémentaires à la technologie.

Les employeurs considèrent les capacités techniques comme une base. Les personnes que l’on embauche, comme Tahir Adatia, sont celles qui possèdent des aptitudes pour la communication et la résolution de problèmes complexes.

À l’aube des années 2020, les nouveaux diplômés au Canada doivent faire preuve de plus de curiosité et de créativité en raison des besoins croissants en matière de formation interdisciplinaire. Les diplômés en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) doivent acquérir des aptitudes non techniques, et les étudiants en sciences humaines, la maîtrise des outils numériques. Les étudiants ne peuvent plus se limiter à une spécialisation.

Le monde du travail évolue, mais les jeunes Canadiens ont le potentiel, l’ambition et la force nécessaires pour y faire leur place.

Renseigner les jeunes diplômés sur les occasions qui s’offrent à eux est un défi pour les employeurs et les orienteurs.

Les résultats de notre étude, Combler les lacunes, démontrent aux diplômés des programmes de lettres et de sciences humaines la valeur de leur diplôme dans le marché du travail.

1557104-Thumbnail-wide

Mme Kennedy a en effet amorcé sa carrière comme associée aux ventes chez Pet Valu, pour ensuite gravir les échelons et devenir superviseure d’une équipe de vérificateurs. Passer des articles pour animaux aux articles de loi peut sembler un grand écart, mais un nouveau rapport de RBC publié à l’approche de la Journée internationale des femmes révèle que les femmes sont bien positionnées pour mettre leurs compétences à profit et réussir des transitions de carrière comme l’a fait Mme Kennedy.

Le rapport, intitulé Les forces des femmes pourraient être valorisées par l’automatisation, estime que le phénomène de l’automatisation entraînera un risque de perte d’emploi plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Malgré l’importante couverture médiatique accordée à la fermeture d’usines automobiles, où les travailleurs masculins sont majoritaires, 54 % des emplois à risque, soit 3,4 millions, sont occupés par des femmes. Les postes d’adjoint administratif, de commis et de caissier de banque, plus susceptibles d’être occupés par des femmes, perdent du terrain face aux nouveaux logiciels, caisses en libre-service et autres guichets automatiques.

Lire le rapport intégral

Télécharger

 

Si les travailleuses risquent davantage de voir leurs tâches remplacées par l’automatisation, elles sont cependant plus nombreuses à détenir les compétences qu’exigeront les emplois de demain. Les femmes sont largement employées dans des professions faisant appel à des compétences générales et sociales, qu’on appelle les « compétences relationnelles », comme le service à la clientèle, des rôles qui demandent de gérer des situations qui surpassent les capacités d’un robot.

Cette tendance fait en sorte que même si on assiste à l’automatisation croissante de tâches spécifiques, les compétences que les femmes sont plus susceptibles de posséder continuent d’être en forte demande : la capacité d’interagir avec le public, de bâtir des relations interpersonnelles et de veiller au bien-être des autres. Les femmes sont aussi généralement plus susceptibles d’avoir travaillé dans un environnement informatique et de connaître les technologies numériques. Elles sont ainsi mieux outillées pour faire la transition vers des domaines d’emploi en croissance, notamment l’éducation à la petite enfance, les techniques vétérinaires, les soins infirmiers ou l’aide à domicile.

Les hommes sont pour leur part trois fois plus susceptibles d’occuper des emplois dans le secteur de la construction, et plus de deux fois plus enclins à travailler en fabrication, des postes qui requièrent un savoir-faire plus pointu et des compétences spécialisées, comme la réparation et l’utilisation de machinerie, mais qui sont particulièrement vulnérables à l’automatisation. C’est ce fossé entre les généralistes et les spécialistes qui fera peut-être la différence entre le succès professionnel et les difficultés d’adaptation dans le futur automatisé, et qui permettra à un plus grand nombre de femmes de trouver de nouvelles carrières en s’appuyant sur les compétences qu’elles détiennent déjà.

Mme Kennedy constate de multiples parallèles entre son ancien et son nouvel emploi, qui font tous deux appel aux compétences en communication et au savoir-faire informatique, ainsi qu’à la capacité de résolution de problèmes. Il y a également un volume étonnant de tâches administratives à accomplir dans le service policier, qui exige la prise de notes détaillées, à l’image du processus de vérification.

Lorsque Pet Valu a décidé d’implanter un nouveau système d’exploitation pour l’ensemble des magasins de la chaîne, Mme Kennedy était aux premières lignes du déploiement : cette expérience s’est révélé une excellente formation en vue de son travail de terrain en tant que policière.

« Je me rappelle avoir été injuriée par un franchisé qui acceptait mal le nouveau système informatique, raconte Mme Kennedy. Ça m’a appris à demeurer calme face à des gens colériques ».

En tirant parti de leur pensée créative et en suivant de nouvelles formations, les femmes sont bien placées pour continuer de prospérer dans le futur marché du travail. Mais elles ne peuvent le faire seules. Selon la recherche de RBC, les femmes sont encore significativement sous-représentées dans les postes de gestion, parmi les moins menacés par l’automatisation. Chez les jeunes Canadiens de 25 à 29 ans, les hommes sont près de deux fois plus susceptibles d’occuper un poste de gestion que les femmes.

Le défi qui se pose donc aux décideurs, c’est d’aider les travailleuses et travailleurs à s’adapter à l’évolution du marché du travail, tout en tirant profit des possibilités issues de ces changements pour permettre aux femmes d’acquérir des compétences en gestion et accroître leur présence au sein des postes de direction.

1557104-Thumbnail-wide

Malgré cela, le système d’éducation de la province se heurte à une crise démographique.

Étant donné le taux de décrochage persistant au secondaire et les difficultés linguistiques qu’éprouvent de nombreux néo-Canadiens, la province (et ses jeunes) aura un énorme défi à relever dans les années 2020, à mesure que les baby-boomers prendront leur retraite et que l’automatisation prendra de plus en plus d’importance.

La technologie ajoutera-t-elle au fardeau ou l’allégera-t-elle ?

Nous avons traité cette question récemment à Montréal, lors de la première table ronde d’une série de rencontres nationales avec des chefs de file du secteur de l’éducation et des jeunes pour explorer les conclusions et les recommandations du rapport Humains recherchés, publié à la suite d’une importante étude de RBC sur l’effectif canadien à l’ère de l’automatisation.

Au Québec, les avantages économiques de la technologie ne font aucun doute. Selon les Services économiques RBC, si la province peut faire en sorte que la productivité des jeunes égale la moyenne du G7, ses résultats économiques pourraient augmenter de 7 milliards de dollars.

De plus, le recrutement et le maintien en poste de la nouvelle génération pour rehausser la place du Québec dans le monde comportent des avantages sur le plan social.

Mais le statu quo ne suffira pas.

« Nous devons bousculer nos propres façons de faire », a affirmé Isabelle Bajeux-Besnainoux, doyenne de la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill.

Voici comment :

Plus de diplômes d’études secondaires

D’après un récent rapport de l’Institut du Québec, le taux d’obtention de diplôme d’études secondaires de la province (64 %) est le plus faible au Canada et est 20 % inférieur à ceux de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Ce problème est concentré dans les petites villes et les milieux ruraux, où les jeunes trouvent encore des perspectives intéressantes dans les métiers et le travail manuel. Malheureusement, ces emplois sont en cours d’automatisation rapide et bon nombre de jeunes ne possèdent pas les aptitudes nécessaires pour occuper les emplois de demain, qui reposeront beaucoup plus sur la technologie.

Plus de STIM

Le Québec est en retard par rapport à l’ensemble du Canada sur le plan de l’inscription à des programmes de science, technologie, ingénierie et mathématiques/informatique (STIM). Les données de 2016 de Statistique Canada indiquent que dans la province, seulement 17,7 % des jeunes de 20 à 29 ans ont poursuivi des études en STIM, ce qui est bien inférieur à l’Ontario (20,1 %) et à l’Alberta (21,5 %). Pierre Dumouchel, qui dirige l’École de technologie supérieure de Montréal, a souligné que l’Ontario avait deux fois plus d’étudiants en génie que le Québec. Par conséquent, son école n’a pu pourvoir que 3 600 des 6 000 stages offerts au cours de la dernière année. Pour combler l’écart actuel, M. Dumouchel calcule que le Québec devra augmenter ses placements en ingénierie de 5,4 % par année durant la prochaine décennie, en mettant fortement l’accent sur le génie logiciel.

Plus de diversité

Le Québec doit stimuler la participation des femmes, des jeunes Autochtones et des enfants de néo-Canadiens dans les domaines STIM. Pour y arriver, il faudra peut-être revoir les préalables aux programmes de génie, car ils ont tendance à exclure de nombreuses filles qui décident de ne pas suivre les cours de sciences dures facultatifs au secondaire. La barrière de la langue demeure également un défi. Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal, a mentionné que 40 % de ses étudiants ont une langue maternelle autre que le français ou l’anglais. C’est un problème grandissant à Montréal, où près du quart des jeunes de 20 à 24 ans indiquent que leur première langue n’est ni le français ni l’anglais, ce qui représente une hausse de 21,2 % en dix ans. Une piste de solution : la province pourrait permettre aux 40 000 étudiants étrangers par année qui obtiennent un diplôme au Québec de s’y établir ensuite.

Plus d’aptitudes humaines

François Bertrand, directeur de la recherche, de l’innovation et des affaires internationales à Polytechnique Montréal, a mis en relief l’importance de la communication, de la collaboration et de l’esprit critique. Ces aptitudes deviendront de plus en plus essentielles pour occuper tout emploi, du chirurgien au sous-chef. Malgré cela, les écoles québécoises ne font pas suffisamment la promotion ou le suivi de ces aptitudes. Et les employeurs n’envoient pas suffisamment de signaux au marché en intégrant ces aptitudes de manière explicite à leurs pratiques d’embauche. À titre d’exception, le programme de MBA de HEC Montréal exige que les étudiants fassent du bénévolat auprès d’organismes sans but lucratif pour renforcer leurs aptitudes humaines.

Plus de stages

Le Québec est en tête du Canada au chapitre de l’apprentissage pratique : 18,3 % des jeunes Québécois dans la vingtaine détiennent un certificat d’apprentissage ou d’une école de métiers. C’est plus du double de la moyenne nationale (8,3 %). Et c’est l’une des raisons pour lesquelles le Québec présente le moins grand déséquilibre des aptitudes au Canada : seulement 6,8 % des diplômés en STIM y occupent des emplois pour lesquels ils sont surqualifiés, comparativement à 11,1 % en Ontario et à 12,1 % en Colombie-Britannique, selon le recensement 2016. Iris Unger, directrice générale de l’organisme Youth Employment Services Montreal, a souligné l’importance des programmes de stages rémunérés pour l’intégration des jeunes au marché du travail.

Plus de place pour l’entrepreneuriat

Caroline Brouillette, conseillère stratégique en impact social à la firme-conseil Credo, souhaite que les écoles explorent de nouveaux modèles d’emploi, comme les horaires variables et les revenus d’appoint. Pour y arriver, un plus grand nombre d’employeurs devront faire preuve de souplesse pour permettre aux employés de poursuivre des projets d’entrepreneuriat tout en conservant leur emploi. Et dans cet esprit, bon nombre d’entreprises pourraient intégrer l’entrepreneuriat à leur culture pour favoriser l’innovation chez les jeunes employés et attirer des talents de qualité.

Lire le rapport intégral

Télécharger

1557104-Thumbnail-wide

Au cours de la prochaine décennie, la moitié des emplois seront touchés par la technologie et l’automatisation. Certains subiront une transformation. D’autres, appelés à disparaître, seront remplacés par des emplois qui n’existent pas encore.

Nous traversons une ère marquée par de profonds changements, alors que les récentes percées en matière d’intelligence artificielle et d’automatisation transforment les méthodes de travail, même dans les domaines où on ne s’y attendait pas comme le droit et le service à la clientèle.

Comment allons-nous préparer les jeunes Canadiens au marché du travail de l’avenir ?

Au cours de la dernière année, RBC a mené une importante étude sur le marché du travail canadien. Nous avons parcouru le pays pour discuter avec des étudiants, des travailleurs, des éducateurs et des employeurs de tous les secteurs. Nous nous sommes penchés sur l’évolution des perspectives d’emploi et de l’automatisation et avons analysé une quantité énorme de données pour comprendre les changements qui s’opèrent au pays et déterminer comment nous y préparer.

https://youtube.com/watch?v=Zav4QikC0fI%3Frel%3D0

Nous avons découvert que les quatre millions de jeunes Canadiens qui entreront sur le marché du travail dans la prochaine décennie devront posséder des aptitudes de base qui leur permettront d’occuper différents emplois et rôles plutôt que de suivre un parcours professionnel unique. Ils auront besoin d’un ensemble d’aptitudes humaines comme l’esprit critique, la perspicacité sociale et la résolution de problèmes complexes pour demeurer concurrentiels et résilients sur le marché du travail.

Le Canada passe d’une économie fondée sur les emplois à une économie fondée sur les aptitudes. Or, il semble que les employeurs, les éducateurs et les décideurs n’y soient pas bien préparés.

Voici quatre points à retenir sur la révolution des aptitudes qui s’amorce et l’avenir du monde du travail.

Le rythme auquel les perturbations surviennent s’accélère

Il fut un temps où l’automatisation menaçait uniquement les tâches routinières et répétitives, comme celles d’ouvriers sur une chaîne de montage. Aujourd’hui, des algorithmes permettent aux avocats de monter leurs dossiers, remplacent les adjoints administratifs et traitent les appels au service à la clientèle de grandes sociétés. La technologie a déjà remplacé des emplois par le passé, mais il en va autrement de la situation actuelle.

Plus du quart subiront de profonds changements liés à l’automatisation au cours des dix prochaines années et que la moitié exigeront de nouvelles aptitudes, même si le titre de poste reste le même.

Ces emplois ne disparaîtront pas nécessairement pour autant. D’ici 2021, 2,4 millions d’emplois s’ajouteront à l’économie canadienne. La presque totalité d’entre eux, cependant, exigera une approche différente. L’économie sera fondée sur une main-d’œuvre mobile qui ne cesse jamais d’apprendre, de suivre des formations et de mettre à niveau ses aptitudes pour s’adapter aux exigences d’un monde en constante évolution.

Pour réussir dans le monde de demain, il faudra faire preuve de souplesse

Comme l’évolution est rapide, il est difficile de savoir à quoi ressembleront les emplois dans dix ans. Les exigences des postes doivent être envisagées autrement. L’acquisition d’aptitudes humaines – esprit critique, discernement, prise de décision, etc. – permettra aux jeunes de réorienter leur carrière et de changer de secteur, même si la description des fonctions change.

Après avoir analysé les données de centaines de professions diverses, nous avons constaté que de nombreux emplois, même de domaines différents, étaient reliés entre eux par un ensemble d’aptitudes de base. Nous avons classé les emplois en six groupes en fonction de la similitude des aptitudes qu’ils exigent. En mettant l’accent sur les aptitudes requises, il est étonnant de voir qu’on peut passer aisément d’un rôle donné à un autre qui n’a apparemment aucun lien avec le précédent. On peut se demander ce que les postes de musicien et de technicien en soins médicaux d’urgence ont en commun. Pourtant, ces deux emplois nécessitent un niveau élevé de concentration, un solide esprit d’analyse et un grand souci du détail. Une assistante dentaire souhaitant devenir graphiste n’a que quatre aptitudes à développer.

Bien sûr, on peut difficilement opérer une transition sans y investir temps et argent. Les éducateurs et les décideurs ont là une belle occasion de revoir leur stratégie de formation et de perfectionnement.

La littératie numérique est essentielle

La maîtrise des outils numériques sera essentielle pour occuper tous les nouveaux emplois. Cela ne veut pas dire qu’on doit tous concevoir des codes comme un programmeur de Silicon Valley. Il s’agit plutôt de comprendre la technologie et de savoir comment se servir des ordinateurs, des téléphones intelligents et de tout ce qui suivra. Sous peu, nous percevrons l’alphabétisme numérique de la même manière que l’alphabétisme traditionnel : ce sera un prérequis à presque tous les emplois.

Il faut nous préparer à l’avenir du monde du travail

Les perturbations du marché de l’emploi comptent actuellement parmi les enjeux les plus pressants auxquels le Canada fait face. L’économie ne saurait fonctionner sans employés qualifiés et possédant les aptitudes voulues. Si on peut amener les Canadiens, surtout les jeunes, à exploiter ces aptitudes de bases, notre économie sera prête pour cette transition des aptitudes.

Il faut que les écoles transmettent et valident les aptitudes, que les gouvernements élaborent des programmes de soutien à l’éducation permanente et que les entreprises embauchent des employés en fonction de leurs aptitudes de base, et non de leurs titres professionnels.

En développant des aptitudes qui leur permettront de passer aisément d’un emploi à l’autre, les jeunes Canadiens pourront tirer profit d’une nouvelle économie qui mise sur ce qui peut être accompli plutôt que sur les réalisations passées.

Lire le rapport intégral

Télécharger

Télécharger l’annexe

À tous les jeunes : Apprenez à mieux vous préparer à l’évolution du monde du travail.

1557104-Thumbnail-wide

Certaines révolutions sont néanmoins annoncées de façon trop hâtive.

La multiplication des CLOT (ce contenu est disponible en anglais seulement) semblait à l’époque sonner le glas de l’enseignement traditionnel. Pourtant, ce type de formation a peiné à s’installer après ses balbutiements, tandis que la demande pour les collèges et universités n’a jamais été aussi grande.

Maintenant accoutumés à l’idée du caractère prolongé de l’innovation en matière de formation, les pédagogues découvrent que la technologie et l’enseignement vont de pair. Aux États-Unis, les fournisseurs de CLOT, dont Coursera et Udacity sont les fers de lance, se tournent vers des services payants, resserrent leurs normes et améliorent leurs liens avec les établissements d’enseignement reconnus. De leur côté, les établissements postsecondaires offrent maintenant aux étudiants et aux enseignants de puissants outils technologiques pour personnaliser et accélérer l’apprentissage, et amasser suffisamment de données pour faire avancer l’éducation à plus grands pas encore.

La dernière séance #LesInnovateursRBC présente John Baker, pionnier des technologies de l’éducation, et Rhonda Lenton, rectrice de l’Université York. On leur a demandé si le modèle d’enseignement postsecondaire actuel est dépassé. Leur réponse : sous certains aspects, oui, mais il peut être modernisé.

M. Baker, directeur général et fondateur de la plateforme d’apprentissage numérique D2L, est convaincu que de nouvelles méthodes d’enseignement pourraient améliorer radicalement le modèle actuel. Mme Lenton, à la tête de l’Université York depuis cet été, ne qualifie pas le modèle actuel d’obsolète, mais estime qu’il doit évoluer. La transition a selon elle déjà commencé.

« On assiste à des ajustements, mais pas encore à des changements fondamentaux », précise-t-elle.

Voici certains enjeux auxquels ils s’attellent.

Quand la technologie se substitue à l’enseignant

Comme dans presque tous les secteurs, la technologie est de plus en plus présente dans les salles de classe, offrant de meilleurs moyens de capter l’intérêt des étudiants et de faciliter l’apprentissage.

M. Baker souligne qu’il est très difficile pour un enseignant à l’avant de la classe de s’ajuster aux besoins individuels (adaptation des leçons, commentaires en temps réel, etc.).

Celui qui a fondé la plateforme D2L pendant sa troisième année d’études à l’Université de Waterloo note également que la technologie rend l’apprentissage accessible aux personnes aveugles, sourdes ou ayant une déficience visuelle, leur permettant même de suivre le rythme de leurs collègues de classe. La technologie permet également de reconnaître très tôt les signes annonciateurs d’abandon par un étudiant, et d’effectuer une intervention personnalisée grâce à l’intelligence artificielle.

L’expérience source d’apprentissage

Mme Lenton souligne que le terme « éducation expérientielle » ne doit pas être défini de façon trop étroite. Ce mode d’enseignement suppose un partenariat nouveau genre entre les établissements d’enseignement et les autres secteurs, y compris le secteur public et les organismes sans but lucratif.

« L’université n’est plus une tour d’ivoire », soutient-elle. Selon elle, la collaboration entre les établissements et les autres secteurs pour façonner les programmes d’enseignement sera de plus en plus fluide.

« En fait, l’Université York s’est engagée à intégrer un volet d’éducation expérientielle à chacun ses programmes d’ici cinq ans », précise-t-elle.

Pédagogie inversée

Selon cette méthode pédagogique, le temps de classe n’est plus exclusivement consacré à la présentation de contenu par un enseignant. Les étudiants accèdent à la documentation en ligne et se retrouvent lors des cours pour travailler en équipes et appliquer leurs nouvelles connaissances. Cela signifie moins de cours magistraux et plus de collaboration.

Le temps étant notre ressource la plus précieuse, M. Baker estime que cette approche, qui accorde moins de place à la théorie en classe, représente une énorme amélioration par rapport au modèle traditionnel.

Les campus de demain

Les deux intervenants s’entendent sur le fait que l’existence d’un espace physique sera toujours importante pour l’expérience d’apprentissage.

« Les étudiants tiennent à avoir l’occasion de travailler ensemble en personne », précise Mme Lenton.

De son côté, M. Baker prévoit que, d’ici cinq ans, la moitié de l’enseignement sera donné en ligne et que les universités pourront accueillir de nouveaux étudiants par milliers sans devoir construire d’édifices. « C’est une occasion de croissance pour les universités », soutient-il.

L’importance de l’éducation

Issue d’une famille de cinq enfants dont les parents n’avaient pas de formation postsecondaire, Mme Lenton a toujours su que l’accès à l’enseignement supérieur est une chance unique de se frotter au monde de la recherche et de réaliser son plein potentiel.

« Les diplômés universitaires tirent très bien leur épingle du jeu », rappelle-t-elle, soulignant que 91 % d’entre eux se trouvent un emploi dans les trois ans suivant l’obtention de leur diplôme et que 86 % des étudiants ont un travail lié à leur choix de carrière.

En ce qui concerne le revenu, Mme Lenton ajoute que les diplômés universitaires gagneront au cours de leur vie environ 1 million de dollars de plus que leurs collègues ayant une formation collégiale et environ 1,5 million de dollars de plus que les diplômés du secondaire.

L’accent sur les compétences

M. Baker est convaincu que l’adoption d’un modèle d’apprentissage fondé sur les résultats serait le changement le plus prometteur dans le monde de l’éducation. Il s’agirait de cesser de mesurer le temps passé en classe et d’abandonner les évaluations basées sur des critères de réussite ou d’échec au profit d’un modèle mettant beaucoup plus l’accent sur les compétences.

« Pour se présenter, les diplômés ne mentionneraient plus les cours suivis dans le cadre de tel ou tel programme, mais mettraient de l’avant leurs aptitudes, leur pensée critique, leurs compétences en recherche et leur portfolio. C’est de cette façon qu’ils seront appelés à se faire valoir plus tard dans leur vie. »

Mme Lenton ajoute que la raison d’être des universités est de fournir aux étudiants des compétences transférables qui leur permettront de s’adapter à des carrières en constante évolution.

Des bouleversements opportuns

« Bouleverser les règles n’est pas du tout négatif. Au contraire, cela ouvre des possibilités », ajoute Mme Lenton.

M. Baker abonde : « Le chambardement de l’ordre établi est parfois éprouvant, mais représente probablement une chance inouïe pour les établissements d’enseignement. Accueillir cette transformation est à mon sens la meilleure des occasions à saisir. »

 

1557104-Thumbnail-wide

Voici quelques qualités importantes que devraient posséder les candidats à un poste d’administrateur :

  • Expérience
    Trouvez des professionnels chevronnés qui peuvent offrir de la valeur, des perspectives, de la crédibilité et de l’expérience.
  • Volonté de vous amener à vous surpasser
    Recherchez des personnes qui remettront vos idées et vos stratégies en question pour vous aider à avancer.
  • Connaissances spécialisées
    Ciblez des personnes dotées de connaissances particulières pour favoriser un équilibre des points de vue.
  • Compréhension du portrait global
    Les membres de votre conseil d’administration ne sont pas là pour examiner tous les détails. Vous voulez qu’ils aient une vision globale et qu’ils soient au diapason des événements.
  • Réseau
    Les meilleurs administrateurs connaissent beaucoup de gens : des contacts qui sont au courant des projets de changement à la réglementation, connaissent des personnes talentueuses ne faisant pas partie de votre cercle, ou qui bénéficient d’un accès privilégié sur divers plans, comme les espaces à bureau ou les fournisseurs.
  • Capacité d’accroître votre notoriété
    Les membres du conseil qui peuvent vous fournir des occasions de prendre la parole en public, vous présenter à des décideurs et faire la promotion de votre marque sont très précieux.

Il y a beaucoup d’aspects à prendre en compte dans le choix d’un administrateur. Cette personne sera pour vous un partenaire, un promoteur, un costratège et un investisseur clé dans votre réussite.

Voici quelques questions importantes à poser au moment d’embaucher un administrateur :

  • Avec quelles autres entreprises avez-vous collaboré ?
    Découvrez s’il existe des synergies à exploiter.
  • Pouvez-vous nous présenter aux membres de votre réseau ?
    N’oubliez pas que les relations d’affaires d’une personne représentent l’une de ses plus importantes contributions à votre entreprise.
  • Avez-vous déjà démarré une entreprise ?
    Les finances d’une entreprise en démarrage peuvent parfois sembler absurdes. Le marché n’existe peut-être pas encore ou n’est pas encore établi et tout est nouveau. Il vous faut quelqu’un qui est déjà passé par là et qui est capable de visualiser un nouveau marché.

Les relations sont essentielles à la réussite d’une entreprise. Lorsque vous envisagerez de faire votre entrée en bourse, vous aurez besoin d’un conseil d’administration sur lequel vous pourrez compter à chaque étape et qui partage votre vision de l’entreprise. Sélectionnez-en les membres avec soin, prenez votre temps, et ayez recours aux conseils d’un professionnel, au besoin,pour mener à bien cet important processus.