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Leadership avisé RBC Compétences et études postsecondaires Des mesures axées sur les nouvelles aptitudes pour combler le déficit démographique du Québec
Compétences et études postsecondaires

Des mesures axées sur les nouvelles aptitudes pour combler le déficit démographique du Québec

La technologie ajoutera-t-elle au fardeau ou l'allégera-t-elle ? Nous avons traité cette question récemment à Montréal, lors de la première table ronde d'une série de rencontres nationales pour explorer les conclusions et les recommandations du rapport Humains recherchés.

Malgré cela, le système d’éducation de la province se heurte à une crise démographique.

Étant donné le taux de décrochage persistant au secondaire et les difficultés linguistiques qu’éprouvent de nombreux néo-Canadiens, la province (et ses jeunes) aura un énorme défi à relever dans les années 2020, à mesure que les baby-boomers prendront leur retraite et que l’automatisation prendra de plus en plus d’importance.

La technologie ajoutera-t-elle au fardeau ou l’allégera-t-elle ?

Nous avons traité cette question récemment à Montréal, lors de la première table ronde d’une série de rencontres nationales avec des chefs de file du secteur de l’éducation et des jeunes pour explorer les conclusions et les recommandations du rapport Humains recherchés, publié à la suite d’une importante étude de RBC sur l’effectif canadien à l’ère de l’automatisation.

Au Québec, les avantages économiques de la technologie ne font aucun doute. Selon les Services économiques RBC, si la province peut faire en sorte que la productivité des jeunes égale la moyenne du G7, ses résultats économiques pourraient augmenter de 7 milliards de dollars.

De plus, le recrutement et le maintien en poste de la nouvelle génération pour rehausser la place du Québec dans le monde comportent des avantages sur le plan social.

Mais le statu quo ne suffira pas.

« Nous devons bousculer nos propres façons de faire », a affirmé Isabelle Bajeux-Besnainoux, doyenne de la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill.

Voici comment :

Plus de diplômes d’études secondaires

D’après un récent rapport de l’Institut du Québec, le taux d’obtention de diplôme d’études secondaires de la province (64 %) est le plus faible au Canada et est 20 % inférieur à ceux de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Ce problème est concentré dans les petites villes et les milieux ruraux, où les jeunes trouvent encore des perspectives intéressantes dans les métiers et le travail manuel. Malheureusement, ces emplois sont en cours d’automatisation rapide et bon nombre de jeunes ne possèdent pas les aptitudes nécessaires pour occuper les emplois de demain, qui reposeront beaucoup plus sur la technologie.

Plus de STIM

Le Québec est en retard par rapport à l’ensemble du Canada sur le plan de l’inscription à des programmes de science, technologie, ingénierie et mathématiques/informatique (STIM). Les données de 2016 de Statistique Canada indiquent que dans la province, seulement 17,7 % des jeunes de 20 à 29 ans ont poursuivi des études en STIM, ce qui est bien inférieur à l’Ontario (20,1 %) et à l’Alberta (21,5 %). Pierre Dumouchel, qui dirige l’École de technologie supérieure de Montréal, a souligné que l’Ontario avait deux fois plus d’étudiants en génie que le Québec. Par conséquent, son école n’a pu pourvoir que 3 600 des 6 000 stages offerts au cours de la dernière année. Pour combler l’écart actuel, M. Dumouchel calcule que le Québec devra augmenter ses placements en ingénierie de 5,4 % par année durant la prochaine décennie, en mettant fortement l’accent sur le génie logiciel.

Plus de diversité

Le Québec doit stimuler la participation des femmes, des jeunes Autochtones et des enfants de néo-Canadiens dans les domaines STIM. Pour y arriver, il faudra peut-être revoir les préalables aux programmes de génie, car ils ont tendance à exclure de nombreuses filles qui décident de ne pas suivre les cours de sciences dures facultatifs au secondaire. La barrière de la langue demeure également un défi. Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal, a mentionné que 40 % de ses étudiants ont une langue maternelle autre que le français ou l’anglais. C’est un problème grandissant à Montréal, où près du quart des jeunes de 20 à 24 ans indiquent que leur première langue n’est ni le français ni l’anglais, ce qui représente une hausse de 21,2 % en dix ans. Une piste de solution : la province pourrait permettre aux 40 000 étudiants étrangers par année qui obtiennent un diplôme au Québec de s’y établir ensuite.

Plus d’aptitudes humaines

François Bertrand, directeur de la recherche, de l’innovation et des affaires internationales à Polytechnique Montréal, a mis en relief l’importance de la communication, de la collaboration et de l’esprit critique. Ces aptitudes deviendront de plus en plus essentielles pour occuper tout emploi, du chirurgien au sous-chef. Malgré cela, les écoles québécoises ne font pas suffisamment la promotion ou le suivi de ces aptitudes. Et les employeurs n’envoient pas suffisamment de signaux au marché en intégrant ces aptitudes de manière explicite à leurs pratiques d’embauche. À titre d’exception, le programme de MBA de HEC Montréal exige que les étudiants fassent du bénévolat auprès d’organismes sans but lucratif pour renforcer leurs aptitudes humaines.

Plus de stages

Le Québec est en tête du Canada au chapitre de l’apprentissage pratique : 18,3 % des jeunes Québécois dans la vingtaine détiennent un certificat d’apprentissage ou d’une école de métiers. C’est plus du double de la moyenne nationale (8,3 %). Et c’est l’une des raisons pour lesquelles le Québec présente le moins grand déséquilibre des aptitudes au Canada : seulement 6,8 % des diplômés en STIM y occupent des emplois pour lesquels ils sont surqualifiés, comparativement à 11,1 % en Ontario et à 12,1 % en Colombie-Britannique, selon le recensement 2016. Iris Unger, directrice générale de l’organisme Youth Employment Services Montreal, a souligné l’importance des programmes de stages rémunérés pour l’intégration des jeunes au marché du travail.

Plus de place pour l’entrepreneuriat

Caroline Brouillette, conseillère stratégique en impact social à la firme-conseil Credo, souhaite que les écoles explorent de nouveaux modèles d’emploi, comme les horaires variables et les revenus d’appoint. Pour y arriver, un plus grand nombre d’employeurs devront faire preuve de souplesse pour permettre aux employés de poursuivre des projets d’entrepreneuriat tout en conservant leur emploi. Et dans cet esprit, bon nombre d’entreprises pourraient intégrer l’entrepreneuriat à leur culture pour favoriser l’innovation chez les jeunes employés et attirer des talents de qualité.

Lire le rapport intégral

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