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Le blocage du détroit d’Ormuz a mis en lumière deux points de vulnérabilité dans le contexte du conflit au Moyen-Orient : l’un lié aux combustibles fossiles, l’autre aux politiques occidentales de décarbonation. À bien des égards, c’est la Chine qui mène aujourd’hui la transition énergétique mondiale. Les plus récentes données commerciales mettent en évidence la position souvent sous-estimée de la Chine au sein des chaînes logistiques mondiales en énergie propre — une position qui s’est encore renforcée avec la crise du détroit d’Ormuz.

Une marée rouge au tableau des technologies propres. Principaux exportateurs de technologies d'énergie propre, par produit et part du marché mondial (2025).

La Chine est le principal exportateur de presque toutes les grandes technologies propres, souvent avec une avance considérable. Les chefs de file non chinois — l’Union européenne pour les tours et les éoliennes, et la Corée du Sud pour les composants de batteries — s’approvisionnent auprès de la Chine ou investissent à ses côtés. En Amérique du Nord, les considérations géopolitiques ont jusqu’à présent pris le pas sur les avantages que procurerait l’exploitation de l’avantage structurel de la Chine.

Le capital d’État alimente la puissance manufacturière chinoise dans les technologies propres. Coût moyen pondéré du capital.
Surcapacité mondiale dans les principales technologies propres. De nombreux segments des technologies propres font face à une offre excédentaire.

Les producteurs chinois bénéficient d’un coût du capital structurellement inférieur à celui de leurs concurrents grâce au soutien de l’État et à un accès privilégié au financement. Cette situation engendre et entretient souvent une surcapacité à une échelle que les marchés privés ne pourraient ni financer ni tolérer. Il en résulte une concurrence féroce sur le marché intérieur où seuls les acteurs les plus performants survivent, ce qui continue d’abaisser le seuil minimal des coûts de production. Lorsque la demande se redresse — si elle se redresse —, la Chine est la mieux placée pour accroître sa part de marché grâce à cette surcapacité. La Chine a, depuis, tenté de freiner cette concurrence au moyen d’ententes d’autodiscipline entre fabricants, mais ces efforts n’ont jusqu’à présent pas porté leurs fruits.

L’avantage concurrentiel inégalé de la Chine en matière de coûts. $ par kilowattheure

Les matériaux des cellules et les coûts de fabrication en Chine représentent moins de 50 $ US du coût livré de 84 $ US par kilowattheure (kWh) des cellules de batterie vendues aux États-Unis. Les droits de douane à l’importation ajoutent 27 $ US/kWh — soit davantage que l’ensemble des coûts de fabrication en Chine. Malgré cela, les exportateurs chinois dégagent une marge de 2,7 %.

À titre de comparaison, l’indice S&P des sociétés mondiales estime que le coût des cellules de batterie nord-américaines NCM811 (nickel-cobalt-manganèse) s’élève à environ 95 $ US/kWh, soit près de 90 % de plus que celui des cellules de batterie chinoises. Pour mettre ces chiffres en perspective, une Tesla Model Y Standard Range est équipée d’un bloc-batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de 60 kWh. Au prix médian de 81 $ US/kWh pour les blocs-batteries LFP chinois, selon les données de BloombergNEF, une batterie de capacité comparable coûterait environ 4 900 $ US (6 500 $ CA), soit près de 13 % du prix affiché d’une Model Y au Canada.

Les technologies propres chinoises sont en voie de dominer les marchés à la croissance la plus rapide. Répartition des exportations chinoises de technologies propres selon le groupe de revenu du pays de destination.

Alors que l’Occident demeure souvent préoccupé par le coût élevé des technologies propres, environ 40 % des exportations chinoises de véhicules électriques et plus de 90 % de ses exportations de cellules solaires ont été destinées à des pays à revenu faible ou intermédiaire en 2025. La structure de coûts de la Chine a permis l’émergence d’une catégorie d’acheteurs de technologies propres que les producteurs occidentaux ne parviendront probablement jamais à rejoindre : les marchés à forte croissance, principalement situés en Asie, où l’adoption des énergies propres s’accélère rapidement.

À lui seul, le Pakistan a ajouté 18,3 GW de capacité solaire en 2025, soit l’équivalent de 75 % de l’ensemble de la capacité solaire et éolienne installée au Canada à ce jour, grâce principalement à des importations en provenance de la Chine. Le taux d’adoption des véhicules électriques au Vietnam et en Thaïlande — deux pays dont le PIB nominal par habitant est inférieur à 10 000 $ — dépasse respectivement 40 % et 20 % (comparativement à 11 % au Canada en 2025). Ni le Vietnam ni la Thaïlande n’offrent d’incitatifs fiscaux à l’achat de véhicules électriques.

La tendance à l’électrification s’accélère à un rythme soutenu alors que les flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz se tarissent. Exportations chinoises de modules et de cellules solaires par région importatrice, en valeur. Exportations chinoises de batteries lithium-ion par région importatrice, en valeur.

Le conflit au Moyen-Orient, qui a perturbé le trafic dans le détroit d’Ormuz, a mis en lumière la tendance à l’électrification, alors que les pays importateurs de combustibles fossiles accélèrent leurs achats de technologies d’énergie propre.

Par conséquent, les exportations chinoises de batteries ont atteint près de 10 milliards de dollars américains pour le seul mois de mars 2026, l’Europe, l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient absorbant l’essentiel des volumes. La demande américaine n’a représenté que 8 % des exportations de mars.

La transition énergétique s’opère selon les conditions dictées par la Chine. La Corée du Sud et l’Europe ont abordé cette réalité comme un enjeu d’approvisionnement et de partenariat plutôt que comme un choix binaire, et elles en ont tiré des avantages. L’Amérique du Nord doit, elle aussi, adopter des stratégies qui établissent un équilibre entre l’utilisation de contenu et d’intrants chinois et le développement d’une base industrielle nationale capable de rivaliser et de prendre de l’expansion afin de saisir les occasions offertes par la transition énergétique mondiale.

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Nous avons appris que malgré toutes les technologies dont nous disposons, nous ne pouvons pas échapper à la nature. Cette crise est une bonne leçon d’humilité. Elle devrait nous rappeler que même une puissante secousse à l’échelle planétaire ne saurait contrarier la progression de la quatrième révolution industrielle. Au contraire, nous sortons de cette crise avec une volonté encore plus grande d’exploiter les technologies intelligentes, l’intelligence artificielle et les vastes réservoirs de données pour transformer à peu près tout ce que nous faisons. La COVID n’a donc pas anéanti l’avenir. Elle l’a simplement avancé.

À court terme, la reprise économique ne sera pas aussi rapide que les changements de consommation et sociaux qui frappent toutes les entreprises et toutes les collectivités. Le tissu cicatriciel mettra du temps à guérir. Nous estimons que même en connaissant une reprise modeste, l’économie canadienne évoluera en deçà des niveaux antérieurs à la crise jusqu’en 2022, et que la perte de production économique pour le Canada pourrait dépasser les 500 milliards de dollars.

Les entrepreneurs sauront profiter de la reprise éventuelle. Certes, le nouveau coronavirus a bouleversé l’économie, mais il peut aussi déclencher des vagues d’innovation provoquées par les changements que nous apportons à nos façons de travailler, d’acheter, de manger et de voyager. Les sociétés, anciennes et nouvelles, qui tirent parti de ce changement soudain seront les principaux acteurs des années 2020.

Dans le présent rapport, nous examinons huit grandes tendances en cours dans le monde et mettons en évidence les possibilités qui s’offrent aux exploitants d’entreprise, aux investisseurs et aux innovateurs avisés.

Comme l’histoire se plaît à nous le rappeler, toute situation sans précédent s’accompagne d’occasions sans precedent.

Ce rapport a été mis à jour le 24 septembre 2020.

Recherchistes : Trinh Theresa Do Première directrice, Stratégie de leadership avisé et Ben Richardson Chargé de recherche associé.

Lire le rapport intégral

S’il y a une leçon à tirer de la pandémie de 2020,c’est que même en cette ère numérique, nousdemeurons des êtres biologiques.

Nous avonsappris que malgré toutes les technologies dontnous disposons, nous ne pouvons pas échapper à lanature. D’une part, cette crise est une bonne leçond’humilité. D’autre part, elle devrait nous rappelerque même une puissante secousse à l’échelleplanétaire ne saurait contrarier la progression de laquatrième révolution industrielle. Au contraire, noussortons de cette crise avec une volonté encore plusgrande d’exploiter les technologies intelligentes,les nouvelles formes de renseignement et les vastesréservoirs de données pour transformer à peu prèstout ce que nous faisons. La COVID n’a donc pasanéanti l’avenir. Elle l’a simplement avancé.

À court terme, la reprise économique ne sera pasaussi rapide que les changements de consommationet sociaux qui frappent toutes les entreprises ettoutes les collectivités. Le tissu cicatriciel mettradu temps à guérir. Nous nous attendons à ce quel’économie canadienne, c’est‑à‑dire le PIB, fléchissede 7,1 % en 2020 à cause de la stagnation ducommerce international, du chômage invariablementélevé et du confinement des consommateurs.Même si les provinces autorisent la réouvertured’entreprises, de groupes communautaires et,plus tard, d’écoles, une nervosité sourde entraîneraune pause collective de l’économie. Partout, lesgens accorderont une nouvelle priorité à la sécuritédu revenu et à la protection de la santé.

Cette nouvelle ère d’insécurité n’aura pas pourunique effet d’imprégner la psyché des Canadiens.Nous estimons que même en connaissant une reprisemodeste, l’économie canadienne évoluera en deçàdes niveaux antérieurs au coronavirus jusqu’en 2022,et que la perte combinée de production économiquepour le Canada pourrait dépasser les 1 000 milliardsde dollars. Ce revers freine déjà les investisseurset les entrepreneurs, et pourrait également donnerà réfléchir aux dirigeants gouvernementaux quidistribuent des sommes sans précédent dans lebut de relancer une économie qui pourrait peinerà redémarrer. Notre suivi régulier des propriétairesde petites et moyennes entreprises montre que laprudence est généralisée : les trois quarts ont ferméleurs portes, en partie ou en totalité, et le tiersa licencié du personnel. Plus inquiétant encore,un quart d’entre eux craignent de ne pouvoir passerà travers la crise. Et si un Canadien sur cinq al’impression de « sombrer » économiquement,les propriétaires de petite entreprise sont deux foisplus nombreux à partager ce sentiment.

Il est difficile de savoir qui sera le premier à braverla tempête, mais c’est dans de telles circonstancesque les occasions abondent. Certes, le nouveaucoronavirus de 2019 a déclenché une récessionmondiale massive, mais il déclenche égalementdes vagues d’innovation provoquées par leschangements que nous apportons tous à nos façonsde travailler, d’acheter, de manger et de voyager.Des sociétés, anciennes et nouvelles, qui observentce changement soudain du comportement humain,commencent à prendre de l’expansion.

Dans le présent rapport, nous examinons huitgrandes tendances en cours dans le monde etmettons en évidence les possibilités qui s’offrentaux exploitants d’entreprise, aux investisseurs etaux innovateurs avisés. Nous savons tous à quelpoint nos vies ont changé et à quel point lesprobabilités que nous revenions à nos ancienneshabitudes sont faibles. Nous serons plus prudents,mais nous serons peut‑être aussi plus créatifs.Comme l’histoire se plaît à nous le rappeler, toutesituation sans précédent s’accompagne d’occasionssans précédent.

Voir une version antérieure de ce rapport datée du 22 mai 2020