Skip to main content
Leadership avisé RBC Action climatique Bouleversements climatiques : L’IA dans notre cour
Action climatique

Bouleversements climatiques : L’IA dans notre cour

De plus, le Québec et Terre-Neuve planifient le plus important investissement en énergie propre en Amérique du Nord

Temps de lecture 10 minutes

Décloisonner les Maritimes

Le Canada intensifie la protection de la nature face aux assauts du climat

Is energy transition an illusion? An IMF working paper explores

  • Les Maritimes décloisonnent leurs réseaux d’électricité provinciaux. En juillet, les premiers ministres du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard ont conclu un protocole d’entente visant à bâtir un réseau électrique plus intégré. L’harmonisation, d’ici le printemps 2027, de la réglementation, des investissements et des services publics de trois des plus petites provinces canadiennes servira de projet pilote suivi de près par les grandes provinces, qui envisagent elles aussi des interconnexions pour mettre en commun leur production et leur capacité d’électricité. Parallèlement, Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec ont conclu une entente de 70 milliards de $ sur l’énergie propre qui, si elle se concrétise, représenterait le plus important investissement du genre en Amérique du Nord. Cette entente permettrait de doubler la puissance totale de Terre-Neuve et pourrait stimuler les exportations d’électricité du Québec. Dans le cadre de cette nouvelle entente, le Québec paiera 6,2 cents le kilowattheure, une hausse marquée par rapport au tarif de 0,2 cent issu d’un accord vieux de plusieurs décennies qui avait alimenté un long litige entre les deux provinces.

  • La participation autochtone dans les projets canadiens a bondi de 290 % en huit ans. Selon Indigenous Equity Monitor, le nombre de projets appartenant à des Autochtones mis en service est passé de 10 à 39 entre 2017 et 2025, et au moins 47 autres entreront en exploitation au Canada cette année. Près de 87 % des 546 projets détenus par des Autochtones touchent l’énergie, les services publics et la capture de carbone, ce qui illustre le rôle de premier plan des Premières Nations dans l’énergie propre. Le savoir-faire acquis en réalisation de projets dote ces collectivités d’une solide expertise, de fonds et de compétences pour participer aux nombreux projets énergétiques à venir.

  • Le Bureau des grands projets vient de donner le feu vert au projet canadien nickélifère Crawford. La mine de Timmins (présentée dans le rapport Action climatique 2025) devrait être la plus grande mine au monde lorsqu’elle sera achevée en 2029. Il s’agit d’une réalisation phare dans un pays occidental pour ce matériau essentiel aux batteries de véhicules électriques. La production de nickel est actuellement dominée par l’Indonésie, qui applique des quotas et un contrôle rigoureux de ses exportations, ainsi que par les usines de transformation chinoises. La demande de nickel devrait croître de 65 % au cours de la présente décennie seulement.

Le syndrome « d’accord, mais pas dans ma cour » se propage désormais aux centres de données d’IA.Oakville, Mississauga et l’État de New York figurent parmi les administrations nord-américaines qui cherchent à protéger leur réseau électrique contre l’essor de l’IA.


Cette technologie à la fois transformatrice et perturbatrice se révèle un véritable gouffre d’énergie et de capitaux. Les collectivités réclament également une plus grande transparence quant à l’empreinte en eau, aux rejets thermiques et à la pollution atmosphérique liés aux centres de données, en plus de s’inquiéter de l’incidence de ces projets énergivores sur les efforts de décarbonation des réseaux provinciaux canadiens.

Voici l’ampleur des besoins en capitaux et en énergie de l’IA :

715 milliards de dollars américains : Il s’agit des dépenses d’investissement des géants du Web à l’échelle mondiale en 2026, soit plus que les 600 milliards de dollars américains investis dans l’ensemble du secteur énergétique américain en 2024, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

200 milliards de dollars américains : Ce sont les capitaux levés par les entreprises d’IA sur les marchés de la dette pour financer leur expansion. Elles sont appelées à devenir les plus grands émetteurs d’obligations de sociétés à l’avenir.

De cinq à dix ans : C’est le délai d’attente pour un raccordement au réseau électrique dans de nombreuses régions du monde. Au Canada, ce délai est en moyenne de six ans.

10 % de la croissance de la demande mondiale d’électricité : La consommation d’électricité liée à l’IA fera plus que doubler par rapport aux niveaux actuels pour atteindre 950 TWh d’ici 2030. Aux États-Unis, la consommation d’électricité des centres de données représenterait 45 % de l’ensemble de cette croissance.

Les centres de données se tourneront probablement davantage vers les énergies fossiles d’ici 2030. Environ 252 TWh proviendront de sources d’énergie sobres en carbone, y compris le nucléaire. Toutefois, cet apport sera éclipsé par les géants des combustibles fossiles que sont le charbon et le gaz naturel, qui représenteront environ 270 TWh d’ici 2030, ce qui aura des conséquences sur les émissions selon les prévisions de l’AIE.

L’IA agentive est un gouffre énergétique. Une seule requête riche en contexte consomme 50 wattheures (l’équivalent de deux à trois recharges d’un téléphone intelligent),contre 0,05 Wh pour une simple requête textuelle (modèle de langage de taille moyenne).

La frénésie liée à l’IA pourrait faire grimper les émissions. L’adoption de l’IA pourrait faire augmenter les émissions nettes annuelles de CO₂ de 0,47 à 1,8 gigatonne (soit 1,2 à 4,8 % des émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie en 2024), selon une étude parue dans Nature. Les gains issus des énergies renouvelables doivent dépasser ceux des énergies fossiles d’un facteur de quatre à cinq pour que les émissions nettes atteignent le seuil de neutralité.

Les géants de la techno font silence radio sur leur bilan d’émissions. Les jeunes pousses de l’IA dotées de milliards de dollars n’ont aucune obligation de déclarer leur empreinte carbone, tandis que plusieurs sociétés cotées en bourse et investisseurs du secteur technologique ont eux aussi mis en veilleuse leurs publications d’informations environnementales pour se consacrer pleinement à la course effrénée de l’IA.

Conflit entre souveraineté et énergie. La province de l’Ontario a dévoilé la semaine dernière un guide visant à préserver la souveraineté des données canadiennes tout en s’assurant que les géants du Web aux poches bien garnies s’acquittent de tarifs plus élevés et ne reçoivent aucun soutien financier.

Le nouveau Groupe d’experts d’Ottawa sur la comptabilisation du capital naturel et le financement pour la nature constitue l’une des premières mesures cruciales pour attirer davantage d’investissements dans la protection de la nature face aux assauts des conditions météorologiques extrêmes. Cette démarche fait suite au lancement au printemps d’une stratégie fédérale de protection de la nature, qui vise à accroître les zones de conservation, à concilier croissance économique et intendance de la nature, ainsi qu’à mobiliser des capitaux privés.

Ces efforts surviennent alors que le Canada a raté de loin sa cible de 2025 prévoyant la protection et la conservation de 25 % de ses terres et de ses eaux intérieures, ce qui rétrécit considérablement la voie pour atteindre son objectif de 30 % de conservation des terres d’ici 2030.  Cet échec a été mis en lumière dans le Rapport de 2025 du commissaire à l’environnement et au développement durable au nom de la vérificatrice générale du Canada.

Il y a des raisons d’être plus optimiste quant à l’approche adoptée pour atteindre la cible de 30×30 que lors des initiatives de conservation antérieures, affirme Wilson Fink, directeur général, secteur agricole.

  • Premier pilier – Protéger la nature. Reconnaissance de la nécessité d’une approche pancanadienne. Il est difficile de protéger 30 % du territoire alors que 6 % seulement des terres canadiennes appartiennent au gouvernement fédéral1. Le reste relève des provinces, des gouvernements autochtones et de propriétaires fonciers privés. La collaboration sera donc essentielle.

  • Deuxième pilier – Bien bâtir le Canada. L’engagement à fonder les décisions sur des données probantes et à « favoriser une approche intégrée de la conservation, de la comptabilisation du carbone et de la planification de projets » pour faciliter le financement de la nature.

  • Troisième pilier – Mobiliser des capitaux. C’est le volet le moins avancé des trois, mais sans doute le plus déterminant. Un élan mondial se dessine pour établir des cadres favorables à la nature capables d’accueillir des investissements plus substantiels, mais ceux-ci doivent être harmonisés et comporter moins de risques pour se déployer à grande échelle. C’est précisément à cela que le groupe de travail consacrera l’essentiel de ses efforts.

  • « Nous souhaitons que les marchés du carbone prennent la place qui leur revient dans l’architecture de la finance climatique », a déclaré Murat Kurum, ministre de l’Environnement de la Turquie et président de la COP31, qui sera accueillie par son pays en novembre.

  • Les spécialistes du climat s’animent autour d’un nouveau document de travail du Fonds monétaire international signé par Jean-Baptiste Fressoz et coll., selon lequel les nouvelles sources d’énergie s’additionnent aux anciennes au lieu de s’y substituer, qualifiant ainsi la transition énergétique d’illusion. Certains nuancent ce constat en rappelant l’abandon progressif de l’huile de baleine.

  • Les avions-citernes de Canadair « constituent la colonne vertébrale de la plupart des opérations de lutte contre les incendies en Europe », selon Neil Sweeney, vice-président des opérations à De Havilland Canada. Alors que les feux de forêt en Amérique du Nord et en Europe ravagent des forêts et des paysages de carte postale, la chaîne de production de Canadair, autrefois en veille, reprend vie.

  • « Le bilan d’étape d’Ottawa sur sa Stratégie nationale d’adaptation fait état de nombreuses activités, mais rien n’indique vraiment que celles-ci réduisent concrètement les risques croissants liés au climat et aux phénomènes météorologiques extrêmes auxquels les Canadiens font face », a affirmé Ryan Ness, directeur, Adaptation à l’Institut climatique du Canada, en réaction au Rapport d’étape sur la Stratégie nationale d’adaptation 2026 du Canada.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/information-sur-la-durabilite/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

Avis important concernant le présent site Web et mise en garde au sujet des déclarations prospectives

Les renseignements figurant sur le présent site Web sont fournis à titre d’information seulement et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d’achat d’un titre, d’un produit ou d’un service dans quelque territoire que ce soit. Ils ne visent pas non plus à donner des conseils de placement ou des conseils à caractère financier, juridique, comptable, fiscal ou autre, et ces renseignements ne doivent pas servir de fondement à de tels conseils. Aucune partie des présentes ne doit servir de fondement à quelque contrat, engagement ou décision de placement que ce soit, ni être considérée à ce titre. Le lecteur est seul responsable des conséquences de l’utilisation qu’il fait des renseignements contenus dans les présentes. Ni la Banque Royale du Canada (« RBC », « nous », « notre » et « nos »), ni ses filiales ou sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation de tous renseignements figurant dans les présentes par le lecteur.

De temps à autre, nous faisons des déclarations prospectives écrites ou verbales au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières, y compris sur le présent site Web, dans les documents que nous déposons auprès d’organismes canadiens de réglementation des valeurs mobilières et de la Commission des valeurs mobilières des États-Unis (U.S. Securities and Exchange Commission), ainsi que dans d’autres communications. Ces déclarations sont assujetties à notre mise en garde concernant les déclarations prospectives. Les déclarations prospectives sur notre site Web portent notamment sur des déclarations concernant nos objectifs, notre vision, nos engagements, nos buts et nos cibles en matière d’économie, d’environnement (notamment en ce qui concerne les changements climatiques), de société et de gouvernance, ainsi que sur des événements et des actions potentiels. De par leur nature même, les déclarations prospectives reposent sur des hypothèses et font l’objet d’incertitudes et de risques intrinsèques pouvant faire que nos prédictions, prévisions, projections et autres déclarations prospectives, et que nos objectifs, notre vision, notre engagement et nos buts et nos cibles ne se matérialisent pas. Le lecteur ne doit pas se fier indûment à ces déclarations, puisque nos résultats réels pourraient différer sensiblement des attentes exprimées dans ces déclarations prospectives en raison d’un certain nombre de facteurs de risque, dont plusieurs sont indépendants de notre volonté et dont nous pouvons difficilement prédire les effets. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html.

Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté sur le présent site Web.

Les opinions exprimées sur le présent site Web reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. Nous ne garantissons pas l’exactitude des renseignements ni des opinions exprimées dans les présentes, et ceux-ci ne doivent pas être considérés comme constituant une analyse complète des sujets traités. RBC et ses sociétés affiliées ne cautionnent pas, explicitement ou implicitement, tout conseil, avis, renseignement, produit ou service de tiers.

Toutes les références à des sites Web sont fournies à titre d’information seulement. Le contenu des sites Web mentionnés sur le présent site Web, y compris ceux dont le lien est fourni, et de tout autre site Web auquel ces sites font référence n’est pas intégré par renvoi au présent site Web et n’en fait pas partie.  Le présent site Web n’est pas non plus destiné à faire des déclarations sur les initiatives liées aux critères ESG de tiers, qu’ils soient nommés aux présentes ou autrement, qui peuvent impliquer des renseignements et des événements qui échappent à notre contrôle.