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Mise à jour sur le déflateur des DPC : une révision rétroactive, pas un signal de désinflation

Les mises à jour de la méthodologie du déflateur des dépenses personnelles de consommation (DPC) qui devraient être publiées ce mois-ci entraîneront un changement ponctuel de l’inflation mesurée aux États-Unis, ce qui, selon nous, entraînera des données inférieures aux attentes, mais sans modifier la tendance sous-jacente.

Le Bureau of Economic Analysis (BEA) a annoncé que des mises à jour de la méthodologie du déflateur des DPC seront publiées le 30 septembre 2026. Les changements seront appliqués rétroactivement jusqu’au premier trimestre de 2021 et seront utilisés dans l’estimation des déflateurs mensuels des DPC à l’avenir.

Nous prévoyons une réduction de 18 points de base du rythme annuel des DPC de base en conséquence, ce qui signifie que les DPC de base en juillet seraient révisées à la baisse, passant de 3,3 % à 3,1 %.

Il est important de noter que nous mettons en garde contre une interprétation erronée d’une donnée inférieure aux attentes mercredi comme signe de désinflation à venir.

Trois changements sont apportés à la méthodologie :

  • Services de gestion de portefeuille et de conseils en placement : La déflation des prix nominaux est entièrement remplacée par une série de quantités fondées sur les statistiques actuelles sur l’emploi (Current Employment Statistics, CES).

  • Logiciels et accessoires informatiques : La déflation des prix nominaux est maintenue, mais avec un nouveau déflateur : un indice composite regroupant divers indices des prix à la production (IPP) et indices des prix à la consommation (IPC), plutôt qu’un seul IPC pour les logiciels et les accessoires informatiques.

  • Services juridiques : La déflation des prix nominaux est maintenue avec un nouveau déflateur. Le déflateur actuel de l’IPC s’est avéré non fiable et a été supprimé.

Nous discutons de chaque changement et évaluons leur incidence respective sur le rythme mesuré de l’inflation des DPC.

Nous nous attendons à ce que les services de gestion de portefeuille et de conseils de placement contribuent moins à l’inflation des DPC à la suite de la mise à jour.

Le BEA n’a pas encore communiqué tous les détails de la nouvelle approche d’estimation de la quantité. Cependant, nous pensons que l’estimation de la quantité sera fondée sur la croissance des heures hebdomadaires moyenne pour le secteur. Le programme CES du Bureau of Labor Statistics (BLS) publie des données sur les heures travaillées et l’emploi ainsi que sur la rémunération horaire moyenne. Comme le BEA décrit précisément un « extrapolateur de quantité », la croissance des heures serait une mesure de la quantité plus intuitive que la rémunération horaire moyenne, qui est une mesure du prix de la main-d’œuvre.

Selon la méthodologie actuelle, les dépenses nominales sont ramenées aux dépenses réelles au moyen de la série d’IPP pour les services de gestion de portefeuille et de conseils de placement.

La nouvelle méthodologie remplace la série d’IPP par un indice des prix dérivé, obtenu au moyen de la relation entre les dépenses nominales et réelles, où les dépenses réelles sont déterminées implicitement par le nouvel extrapolateur de quantité (c.-à-d. les heures travaillées et la rémunération globale).

Depuis novembre 2025, la gestion de portefeuille a contribué en moyenne à hauteur de 0,28 point de pourcentage au taux annuel d’inflation de base des DPC. D’après notre évaluation, selon une pondération de 1,7 % des DPC de base, l’ancien déflateur s’est établi en moyenne à 14,1 % sur 12 mois depuis décembre 2023, tandis que le nouvel indice des prix implicite (en supposant qu’il reflète les DPC nominales pour la gestion de portefeuille rajustées en fonction du nombre total d’heures et de la rémunération pour le code SCIAN correspondant) s’est établi en moyenne à 12,3 %. Il en résulte une baisse de la contribution aux DPC de base d’environ 0,03 point de pourcentage, de 0,23 à 0,20 point de pourcentage.

L’indice des prix des DPC pour les logiciels et accessoires informatiques a considérablement progressé depuis novembre 2025. La contribution moyenne aux DPC globales a été élevée, à 0,12 point de pourcentage entre novembre 2025 et juillet 2026, ce qui est inhabituel pour un segment qui contribuait habituellement à réduire l’inflation avant 2025. Cela reflète probablement les récentes flambées de demande pour les produits de mémoire et informatiques.

Une erreur de mesure survient parce que la catégorie des dépenses nominales des DPC est déflatée par l’IPC pour les logiciels et accessoires informatiques. Cependant, la catégorie de dépenses des DPC ne comprend pas tous les produits de mémoire et de stockage. L’utilisation de la série de l’IPC comme déflateur crée donc une erreur de mesure.

Les recherches du Board of Governors of the Federal Reserve System font ressortir d’autres problèmes, notamment l’absence de rajustements de qualité et les changements dans les modèles de prix. D’après notre interprétation de la note sur la méthodologie du BEA, les rajustements ne résoudront que l’écart entre les catégories. La Fed a estimé que la contribution annualisée aux DPC de base diminuerait d’environ 0,16 point de pourcentage (de 0,66 à 0,50 point de pourcentage) à la suite de cette correction.

Parmi les trois composantes qui ont été rajustées, celle des services juridiques est la plus petite, avec une pondération de 0,76 %. Nous nous attendons à ce que la contribution de ce segment à l’inflation de base annuelle augmente légèrement, passant de 0,04 point de pourcentage en moyenne depuis décembre 2023 à 0,05 point de pourcentage.

La principale préoccupation pour cette série est la cohérence des données de l’IPC utilisées pour la déflation. Le BEA a choisi d’utiliser un indice composite des prix des IPP, mais n’a pas encore indiqué quelles séries précises seront incluses.


À propos des auteurs :

Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique. 

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias. 

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements. 


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