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Le marché du travail canadien a rebondi en mai

L’augmentation plus importante que prévu de l’emploi (88 000) et la baisse du taux de chômage (qui est passé de 6,9 % à 6,6 % en mai) constituent une surprise positive sur le marché du travail. Ce résultat survient après la publication, la semaine dernière, d’un rapport sur le PIB du premier trimestre étonnamment faible, qui avait ravivé les inquiétudes quant à un possible essoufflement de la croissance économique.

La forte hausse de l’emploi au Canada en mai ne représente que la deuxième augmentation au cours des cinq derniers mois et laisse encore le niveau d’emploi légèrement en recul depuis le début de l’année 2026.

Mais nous avons déjà soutenu qu’un ralentissement marqué de la croissance démographique fausse les comparaisons historiques de la croissance de l’emploi. Au cours de la dernière année, environ 26 000 travailleurs ont pris leur retraite chaque mois, tandis que le plafonnement des arrivées de résidents temporaires réduit l’offre de main-d’œuvre provenant de l’étranger.

La forte baisse du taux de chômage reste cohérente avec l’amélioration continue des conditions du marché du travail par travailleur depuis que le taux de chômage a atteint un sommet de 7,1 % en août/septembre 2025.

À l’avenir, le contexte de croissance économique demeure difficile. L’incertitude commerciale persiste à l’approche des négociations sur la prolongation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) qui auront lieu cet été, et la hausse des prix de l’énergie réduit le pouvoir d’achat des ménages. Toutefois, nous demeurons prudemment optimistes quant au fait que la croissance économique par habitant et les conditions du marché du travail continueront de s’améliorer graduellement cette année, le taux de chômage ayant globalement tendance à fléchir légèrement.



  • L’emploi a bondi de 88 000 en mai, après avoir reculé de 18 000 en avril, soutenu par des données sous-jacentes généralement favorables.

  • Les emplois à temps plein ont augmenté de 154 000, un gain en partie compensé par la suppression de 66 000 emplois à temps partiel.

  • Sur le plan sectoriel, l’emploi dans les secteurs du commerce de détail et du commerce de gros a chuté de 35 000, marquant une quatrième baisse mensuelle consécutive. À l’inverse, le secteur manufacturier, particulièrement sensible aux échanges commerciaux, a affiché un gain de 15 000, tandis que la construction a récupéré 27 000 postes après avoir chuté de 16 000 emplois en avril.

  • Le nombre d’emplois dans l’administration publique a diminué de 8 000 malgré l’embauche pour le recensement qui se produit habituellement en mai des années de recensement. Selon des données publiées séparément, ces embauches ajoutent généralement environ 15 000 emplois rémunérés en mai.

  • Le taux de chômage est tombé à 6,6 % par rapport au taux de 6,9 % enregistré en avril, ce qui est encore légèrement supérieur au faible taux de 6,5 % enregistré récemment en janvier, mais inférieur au sommet de 7,1 % atteint en 2025 et en baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport à l’an dernier. Le taux d’activité est demeuré inchangé à 65,0 %.

  • Les mises à pied ont continué de diminuer, ce qui a été une caractéristique persistante de la population active canadienne au cours des derniers mois, même lorsque les taux de chômage ont augmenté. Cela s’expliquait principalement par la durée plus longue des recherches d’emploi chez les nouveaux entrants sur le marché du travail plutôt que par une hausse des licenciements.

  • Et il y a eu quelques premiers signes de soulagement pour les jeunes qui ont été durement touchés par le marché du travail – le taux de chômage chez les 15 à 24 ans est encore élevé, mais il a chuté à 13,4 % en mai, comparativement à 14,3 % en avril, soit le premier mois du marché typique des emplois d’été pour étudiants.

  • Le nombre d’heures travaillées a bondi de 0,6 % en mai, ce qui correspond à une reprise de la croissance du PIB après les résultats décevants du premier trimestre.

  • Sur le plan régional, les gains d’emploi en mai ont été généralisés dans toutes les provinces. L’Ontario a été en tête avec une augmentation de 42 000, marquant la deuxième avance mensuelle consécutive et portant les gains cumulatifs depuis le début de l’année à 15 000. Le taux de chômage de la province a diminué de 0,5 point de pourcentage pour s’établir à 7,0 %, son plus bas niveau depuis septembre 2024. Le taux de chômage à Toronto est également tombé à son plus bas niveau (6,8 %) depuis novembre 2023.

  • De façon plus générale, des gains d’emploi ont été affichés en Colombie-Britannique (25 000), en Alberta (14 000) et au Québec (13 000), ce qui a fait baisser leur taux de chômage. La croissance de l’emploi en Alberta a atteint 104 000 par rapport à l’année précédente, soit la plus forte augmentation dans toutes les provinces.

  • La croissance des salaires constitue l’un des rares points faibles du rapport de mai. La progression du salaire horaire moyen a ralenti à 3,0 %, après avoir dépassé 4,5 % lors de chacun des deux mois précédents. Ce ralentissement demeure toutefois cohérent avec un taux de chômage qui reste relativement élevé. Même si le chômage amorce une tendance baissière, il demeure supérieur aux niveaux observés avant le ralentissement récent, ce qui devrait continuer d’exercer une pression à la baisse sur la croissance salariale à court terme.


À propos de l’auteur :

Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.


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