En résumé :
Le Bureau of Economic Analysis a indiqué que l’économie américaine a progressé de 1,5 % au deuxième trimestre, ce qui est inférieur aux attentes et à la tendance à long terme de 2,0 %. Ce qui ressort de ce rapport est le retour de la distorsion des données : les échanges commerciaux (c.-à-d. les exportations nettes) et les stocks ont retranché 1,7 point de pourcentage à la croissance globale, deux éléments qui réagissent aux droits de douane. L’invalidation des tarifs douaniers imposés en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) en février (premier trimestre) a entraîné une reprise des importations au deuxième trimestre. La baisse soutenue des stocks a toutefois surpris : ils ont diminué pour un cinquième mois consécutif, une tendance qui n’avait jamais été observée à l’extérieur des périodes de récession. Nous continuons de considérer qu’il s’agit d’une stratégie que les sociétés utilisent pour retarder la répercussion des droits de douane en puisant dans les stocks accumulés avant leur entrée en vigueur.
Des baisses consécutives des stocks n’ont jamais été observées à l’extérieur des périodes de récession

Malgré les récents obstacles, les dépenses des consommateurs et les investissements en intelligence artificielle (IA) ont continué de propulser la croissance, ce qui a ajouté 3,2 points de pourcentage à la croissance globale. La vigueur de la consommation a peut-être été la plus grande surprise : elle a augmenté de 3,2 % au cours d’un trimestre qui a été dominé par guerre en Iran et la hausse des prix du pétrole. Les fortes dépenses en biens ont surpassé les dépenses en services, mais il s’agira sans doute d’une situation ponctuelle, car les droits de douane et les coûts de transport devraient faire augmenter les prix des biens au cours du prochain mois. Le boom des dépenses en IA a continué sa forte croissance : les dépenses en équipement ont progressé de 15,2 % et celles en propriété intellectuelle (c.-à-d. logiciels et recherche et développement), de 8,8 % au cours du trimestre.
Nous sommes toujours d’avis que l’économie continuera de croître jusqu’à la fin de l’année, car le marché de l’emploi demeure tendu, les consommateurs continuent de dépenser et le boom de l’IA se poursuit. Toutefois, des risques extrêmes pèseraient sur la consommation des ménages : tarifs douaniers imposés en vertu de l’article 301, augmentation des prix du pétrole et probabilité croissante que la Réserve fédérale américaine augmente le taux des fonds fédéraux cette année.
Les dépenses de consommation et les investissements dans l’IA continuent de propulser la croissance du PIB

À propos des auteurs :
Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.
Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.
Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.
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