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L’industrie du jeu a énormément tiré parti de la pandémie. Elle nous a permis de combler nos besoins de divertissement virtuel et de garder un lien social pendant le confinement. Elle est maintenant une puissance de 150 milliards de dollars américains, ce qui dépasse les recettes combinées de l’industrie du cinéma et de celles de la musique.

Comme nous l’avons appris dans la série Les innovateurs RBC, le secteur du jeu comporte des avantages qui vont bien au-delà du divertissement. Le jeu est extrêmement populaire auprès de la génération Z et s’avère utile non seulement en marketing, mais aussi dans des domaines inattendus, des campagnes de financement à la politique. Il permet de joindre une plus jeune génération qui ne consomme pas les médias de façon traditionnelle, sur son territoire. En 2020, même des politiciens de partis traditionnels ont vécu des expériences uniques et interactives du secteur ludique. Par exemple, une île virtuelle a été intégrée au jeu « Animal Crossing » pour appuyer la campagne électorale de M. Biden et de Mme Harris dans la dernière partie de l’élection présidentielle américaine. Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Canada, Jagmeet Singh, a saisi l’occasion d’atteindre les jeunes électeurs en affrontant l’élue démocrate américaine Alexandria Ocasio-Cortez dans une partie d’Among us. Selon le Washington Post,plus de gens ont regardé le contenu des jeux en 2020 comme jamais auparavant, totalisant près de 100 milliards d’heures. Les grandes marques et d’autres organisations en prennent conscience.

Voici quelques raisons pour lesquelles chaque entreprise devrait envisager la mise en place d’une stratégie de jeu pour 2021 et après :

Elle peut mobiliser des auditoires à l’échelle mondiale

L’hôpital Princess Margaret de Toronto a récemment adopté une composante de jeu virtuel appelé Quest Together dans le cadre de sa collecte de fonds annuelle Cyclo-défi contre le cancer. L’hôpital a étonnamment réussi à attirer l’attention d’un public mondial. Plus de 50 % des donateurs viennent de 45 pays. Les joueurs actuels sont passionnés, socialement motivés et portés à soutenir les causes auxquelles ils croient.

Elle donne directement accès à la génération Z

La génération Z est la plus grande génération (personnes nées après 1997), et elle représente près de 30 % de la population mondiale. Son pouvoir d’achat collectif est d’environ 143 milliards de dollars américains. Et selon Forbes, 90 % des membres de la génération Z se considèrent comme des joueurs. Ce ne sont toutefois pas les joueurs solitaires des générations passées. Cette génération de joueurs est plus connectée, influente et socialement responsable comme jamais auparavant.

Selon Adrian Montgomery, PDG du plus grand réseau de jeux d’Amérique du Nord, Enthusiast Gaming, les jeux vidéo sont un nouveau réseau social, où les participants n’ont pas nécessairement de préférence entre les amitiés virtuelles ou en personne. « L’une des façons uniques de joindre les membres de la génération Z à grande échelle, est d’aller à leur rencontre, là où ils consomment leur contenu », a-t-il dit dans le dernier épisode de la série Les innovateurs RBC.

Elle peut vous aider à vous démarquer

L’époque où les publicités à la radio ou à la télévision suffisaient à capter l’attention et à susciter l’intérêt des marchés cibles est révolue. Les marques et les industries intègrent des jeux dans leurs plans de marketing, dans le but de paraître amusantes et différentes. Des marques comme Wendy’s, Gillette et Uber Eats ont été actives sur des jeux populaires comme Fortnite et Twitch, sites de choix des joueurs. Même les marques de mode haut de gamme comme Gucci et Louis Vuitton ont présenté leurs collections en utilisant des personnages de jeux sur le nouveau défilé sur piste virtuel runway.

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Certains assimilent l’entrepreneuriat au saut dans le vide d’une personne qui confectionne ensuite son parachute. Or, l’année 2020 a exacerbé la prise de risque.

La pandémie a été particulièrement dure pour les petites entreprises du Canada. Du jour au lendemain, il leur a fallu innover, créer de nouveaux réseaux de vente et rivaliser en ligne avec des joueurs établis aux poches profondes et mieux pourvus qu’elles.

Plusieurs ont relevé le défi.

Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, les secteurs les plus durement touchés (tourisme, arts et culture) sont ceux où les taux d’adoption du commerce électronique depuis le début de la pandémie figurent parmi les plus élevés. De plus, près de 70 % des petites entreprises sur Internet indiquent que la vente en ligne a augmenté leur rentabilité, d’après un récent sondage de PayPal Canada et Edelman.

Dans le dernier épisode de l’année 2020 de la série Les innovateurs, nous nous sommes entretenus avec des entrepreneurs du Canada qui se mesurent aux grands noms du secteur de la technologie, et ce, avec une fraction de leurs ressources. Ils intègrent les données et prospèrent en ligne malgré une expérience limitée. Voici ce qu’ils peuvent nous apprendre.

Petit train va loin

Alisha Esmail, fondatrice de Road Coffee à Saskatoon, a pris conscience en janvier qu’un malheur se préparait lorsque ses fournisseurs de l’Asie ont soudainement cessé de respecter les délais de livraison. Suivant son instinct, Mme Esmail s’est retournée de bord et a lancé un site Web renouvelé facilitant la vente en ligne la veille du début du confinement en Saskatchewan.

Ayant déjà investi dans une plateforme de commerce en ligne, Andrew Feenstra, de la boutique de vélos Cyclesmith d’Halifax, faisait figure d’exception parmi les propriétaires de petites entreprises canadiennes, dont la majorité n’avait pas de site Web au début de la pandémie. En quelques semaines seulement, les ventes en ligne sont passées de 5 % à 50 % du total des ventes de Cyclesmith. Comme il était prêt, M. Feenstra a pu se consacrer à optimiser ces ventes et à dégager des gains d’efficacité.

Fabriqué au Canada : c’est possible avec un peu d’automatisation

Soslan Tsoutsiev, président de Transformer Table de Montréal, comptait auparavant sur 600 ouvriers à l’étranger pour fabriquer 60 % des produits de son entreprise. Lorsque la COVID-19 a perturbé la chaîne d’approvisionnement de Transformer Table, M. Tsoutsiev a devancé les projets de rapatriement de sa production au Québec. Pour assurer la viabilité financière de la fabrication au Canada, il a intégré l’automatisation en apprenant sur le tas. La fabrication d’un article, qui nécessitait auparavant 55 heures-personnes, a été ramenée à quatre heures : deux heures-personnes et deux heures-robots. M. Tsoutsiev a réduit ses coûts.

« Les entreprises s’aperçoivent que plus elles dépendent de la main-d’œuvre, plus elles sont vulnérables. Par contre, l’externalisation les rend aussi vulnérables. Il s’agit donc d’arriver à un équilibre », selon M.Tsoutsiev.

Toute entreprise peut devenir une entreprise de données

Même si le propriétaire de Cyclesmith était prêt à se lancer dans le commerce électronique, il ne savait pas quelle en serait l’incidence sur son entreprise. « Je possède une boutique de vélos, pas Amazon. C’est une tout autre chose de comprendre la logique des achats en ligne que de comprendre celle des achats en magasin, explique M. Feenstra.

Grâce à l’exploitation et à l’analyse de ses données, il a appris que sa procédure de vente de bicyclettes en ligne était inutilement compliquée. En prenant des mesures pour y remédier, il s’est aperçu qu’il pourrait vendre des bicyclettes à une clientèle plus diversifiée, dont des cyclistes occasionnels et des familles.

Cyclesmith a aussi constaté qu’elle comptait parmi ses clients de nombreux résidents d’Ottawa ou de Calgary, situés à des milliers de kilomètres d’Halifax. L’équipe de M. Feenstra, qui cherche à prendre de l’expansion dans ces villes, utilise maintenant les données pour définir la stratégie à suivre pour rivaliser avec les boutiques de vélos qui y ont pignon sur rue.

Mme Esmail, propriétaire de Road Coffee, a adopté des stratégies agiles et à faible coût de marketing numérique, et elle a utilisé les renseignements tirés des données pour accroître sa clientèle. En misant sur l’optimisation des moteurs de recherche et l’analyse des données ainsi que sur le suivi constant des mesures, Road Coffee est parvenue à doubler le nombre de ses abonnés et à faire croître ses ventes de façon importante. Elle a mis à profit pour ce faire le « marketing de croissance », technique des géants de la technologie que Mme Esmail a reprise à son compte. En voici un exemple : suivez dix personnes sur Instagram, commentez leurs publications tous les jours pendant cinq jours, puis envoyez-leur un message direct dans lequel vous leur posez une question, tout en leur apportant de la valeur d’une façon ou d’une autre. Et voilà, vous obtenez un fidèle abonné.

Si vous n’êtes pas certains de les vaincre, imitez-les

Brandon Grossutti, copropriétaire du restaurant PiDGiN de Vancouver, versait à contrecœur des frais élevés à des fournisseurs d’applications de livraison.

Il s’est servi de son expérience en technologie informatique pour concevoir sa plateforme de livraison, FromTo, afin d’offrir aux restaurants de la région de Vancouver des services de livraison et de soutien sans commission. Son idée : créer des conditions égales pour les restaurateurs de la région. Les restaurants du quartier de M. Grossutti disposent maintenant d’une solution de rechange économique à celle des grands du secteur de la livraison. L’interface est conviviale et les conditions sont avantageuses. La plateforme FromTo, qui comptait initialement six restaurants adhérents, a maintenant noué 24 partenariats et est en voie d’en conclure 60 de plus.

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Lorsque vous pensez aux réussites canadiennes en matière de technologies, il est fort probable que Shopify, Hootsuite ou Wealthsimple vous viennent à l’esprit. Ces entreprises, qui sont toutes des symboles de l’« économie des intangibles » du Canada, doivent leur force en partie à leur propriété intellectuelle.

Ces témoignages de réussite cachent une préoccupation répandue au sujet de la qualité de la propriété intellectuelle au Canada. Le Canada occupe le 22e rang, derrière la Slovénie, del’indice d’innovation Bloomberg de 2020, qui classe la capacité des économies à innover en fonction de critères comme les dépenses en recherche et développement, la capacité de fabrication et la concentration des sociétés ouvertes de haute technologie. L’an dernier, Microsoft a fait enregistrer à elle seule plus de brevets que l’ensemble du Canada.

Le ralentissement provoqué par la pandémie présente-t-il une occasion de nous mettre en valeur ?

La communauté technologique est de cet avis. En octobre, 133 fondateurs se sont adressés au premier ministre Justin Trudeau par l’entremise du Conseil canadien des innovateurs. Dans leur lettre, ils plaidaient en faveur d’une stratégie de reprise encourageant la commercialisation des idées canadiennes et le développement d’écosystèmes afin d’aider les entreprises novatrices à croître. Ils ont affirmé que la propriété intellectuelle était non seulement l’actif commercial le plus précieux au monde, mais qu’elle continuait également d’ajouter de la valeur après sa création. C’est pourquoi il est particulièrement important de conserver la propriété intellectuelle au Canada.

Jim Balsillie, ancien cochef de la direction de BlackBerry et président actuel du Conseil canadien des innovateurs, joue un rôle clé dans la promotion de l’importance de conserver la propriété intellectuelle et a pressé le gouvernement canadien d’élaborer la stratégie de prospérité décrite dans la lettre du Conseil canadien des innovateurs. « Les chefs de la direction des sociétés technologiques sont très ambitieux et déterminés, mais les responsables des politiques sont passifs et sans ambition, » a-t-il dit dans le dernier épisode du balado Les innovateurs RBC.

M. Balsillie a déclaré que le Canada devrait s’inspirer des petites puissances technologiques spécialisées, comme Israël (cybersécurité) ou Singapour (microélectronique). Il a également mentionné que le Canada devrait jouer un rôle plus actif dans la gouvernance, surtout en ce qui concerne les données.

Il existe déjà des preuves que les entreprises canadiennes dont la propriété intellectuelle est importante croissent plus rapidement, exportent plus et continuent d’innover.

Le talent est un élément clé, peu importe d’où il vient. La pandémie a temporairement ralenti l’immigration au Canada, qui favorise les plus brillants candidats du monde. Toutefois, comme l’a souligné Charles Plant, fondateur du Narwhal Project, la pandémie a aussi mis en évidence toutes sortes d’occasions et a démontré que l’endroit n’a pas d’importance dans le concours mondial de talents. « Il n’est pas nécessaire que votre chef du marketing soit dans le bureau d’à côté. Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas être situé à Dublin ou à Dallas. » Il est possible de tirer parti des ressources externes tout en continuant de former des champions de la propriété intellectuelle solidement ancrés au Canada, indique M. Plant.

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La 5G est présentée comme étant la technologie la plus révolutionnaire depuis l’arrivée des services sans fil en 1985. La cinquième génération de la technologie mobile devrait être 100 fois plus rapide que les réseaux 4G en place au Canada, de sorte qu’il sera possible d’envoyer et de recevoir des données instantanément. Vous pourrez par exemple télécharger sur votre téléphone intelligent un film HD de trois heures en moins d’une seconde. C’est cela, la 5G.

Mais attention. Ce n’est pas qu’une question de vitesse. Imaginez des pompiers qui portent un casque de réalité augmentée leur permettant de voir des plans et des images thermiques en temps réel, ou encore un médecin à Halifax qui effectue, toujours en temps réel, une chirurgie sur un patient à Regina.

Selon le Financial Times, la 5G révolutionnera nos vies, et elle est déployée au Canada en ce moment même.

Elle suscite un vif engouement, mais quelles répercussions aura-t-elle sur le Canada? Étant encore aux stades des balbutiements, la technologie n’a pas encore atteint sa pleine capacité. Cependant, d’ici l’été 2021, une étape importante sera franchie : le CRTC mettra aux enchères les extrêmes hautes fréquences (3 500 MHz). Il faut donc dès maintenant prévoir le coup. Que ce soit en agriculture ou en santé, le Canada dispose d’atouts pour accroître son avantage concurrentiel.

Lors de son passage au balado Disruptors, Claire Gilles, présidente de Bell Mobilité, affirmait que la 5G est une occasion de repenser les entreprises et les organisations, et d’explorer l’art du possible.

« Comment pouvons-nous tirer profit de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle dans un contexte de formation ? Comment utiliser ces technologies dans le domaine médical, pour effectuer des chirurgies à distance, par exemple ? Un monde de possibilités s’ouvre à nous, mais nous devons tous consacrer nos efforts et nos investissements à la réalisation de ces possibilités sur le marché canadien. »

Le Canada est freiné par la petite taille de son infrastructure et sa faible densité de population. Pour faire sa place, il devra donc bâtir une infrastructure solide. Nous pouvons toutefois nous appuyer sur une base solide et une longue histoire d’innovation.

« La promesse de la 5G ne réside pas tant dans le déploiement de l’infrastructure, » a déclaré Keith Ponton, consultant principal en systèmes informatiques à IBI Group, un cabinet mondial d’architecture, d’ingénierie et de technologie. « La course à la 5G consiste à développer des technologies et des approches novatrices pour tirer le maximum de l’infrastructure ».

Il rappelle la riche histoire du Canada en matière d’innovation dans le domaine agricole. « Il existe un certain nombre de technologies fondées sur la 5G dont profiteraient les fermes intelligentes de demain. Nous pourrions ainsi être un chef de file dans un domaine que nous comprenons déjà. »

« Il est important de connaître un bon départ dans cette course. Nous ne pouvons pas attendre que l’infrastructure soit entièrement déployée avant de commencer à réfléchir aux applications novatrices qui constitueront le fondement de l’innovation et de la conduite des affaires au cours des dix prochaines années, » ajoute-t-il.

L’avenir que nous imaginons aujourd’hui dictera l’avenir que nous construirons demain. La 5G procurera aux villes intelligentes la connexion permanente et en temps réel dont elles auront besoin (pensons aux véhicules autonomes, aux lampadaires connectés et munis de capteurs ou encore aux avis en temps réel sur l’achalandage dans les transports en commun).

La 5G se traduira également en économies pour les municipalités de partout au pays. Selon l’Association canadienne des télécommunications sans fil, la 5G pourrait entraîner, à Vancouver, une réduction des émissions de CO2 équivalant au retrait de 12 500 véhicules de la circulation. En mettant en place un réseau électrique intelligent fondé sur la 5G, Calgary pourrait faire économiser jusqu’à 87 millions de dollars à ses citoyens. Enfin, la petite ville de Kingston (Ontario) pourrait économiser 930 000 $ par année grâce à l’éclairage urbain intelligent.

Le déploiement de l’infrastructure commence tout juste, mais c’est maintenant qu’il faut innover. D’autres pays utilisent déjà des technologies 5G révolutionnaires. Ne les laissons pas nous distancer. Autrement, nous risquons de perdre l’avantage concurrentiel que nous procure notre statut de pionnier.

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L’intelligence artificielle est aujourd’hui omniprésente. Et nous y sommes devenus tellement habitués que nous n’y prêtons plus attention. Elle travaille en coulisse quand nous posons des questions à nos haut-parleurs intelligents, quand on nous propose la prochaine chanson à écouter, ou encore quand notre boîte de réception filtre les pourriels. Mais comme l’intelligence artificielle joue un rôle de plus en plus grand dans notre vie et notre travail, ses biais intrinsèques ont aussi un plus grand effet.

Une récente enquête réalisée par Borealis AI, l’institut de recherche en intelligence artificielle de RBC, a révélé que 88 % des entreprises croient qu’elles n’échappent pas aux biais internes. Pourtant, la moitié (44 %) des entreprises ne comprennent pas les problèmes éthiques que présentent les biais de l’intelligence artificielle.

L’utilisation massive des données et de la biométrie pendant la pandémie de COVID-19 n’a fait que rendre plus nécessaire l’examen de cet enjeu.

« L’intelligence artificielle amplifie le déséquilibre de pouvoir entre ceux qui produisent des données sur la population, et la capacité de cette population à comprendre qu’elle est surveillée », explique Ruha Benjamin, sociologue et professeure agrégée en études afro-américaines à l’Université Princeton, qui a récemment participé à une baladodiffusion de la série Les innovateurs RBC portant sur l’éthique de l’intelligence artificielle.

Donc, à quoi devons-nous réfléchir alors que nous sommes de plus en plus dépendants à l’intelligence artificielle ?

L’intelligence artificielle amplifie les biais

L’intelligence artificielle comporte un important élément humain. La technologie modifie notre façon de vivre et de travailler, mais nous la façonnons aussi. Après tout, ce sont des humains qui conçoivent les algorithmes, et les résultats générés par l’intelligence artificielle dépendent des données qu’on lui fournit. Par exemple, certains des premiers systèmes et algorithmes de reconnaissance faciale comportaient des biais ethniques. Leur reconnaissance des visages non blancs était hautement imprécise, en grande partie à cause des données d’entrée trop axées sur les hommes blancs. Selon une récente enquête de la BBC, les photos de femmes au teint très foncé donnaient quatre fois plus de résultats de « mauvaise qualité » que les photos de femmes au teint clair.

« L’intelligence artificielle amplifie rapidement les faiblesses de conception, et c’est le risque que nous devons gérer et atténuer », dit Saadia Muzzafar, une entrepreneure et auteure canadienne, fondatrice de TechGirls Canada, un organisme sans but lucratif qu’elle a créé pour favoriser la présence des femmes dans les secteurs de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques.

Les résultats de l’enquête soulèvent des questions sur l’essence de l’humanité et sur la relation que nous entretenons avec ces machines. Les algorithmes ne se soucient pas de ce que nous sommes ; bien utilisée, l’intelligence artificielle peut intégrer un large spectre de points de vue, à condition que les données soient de qualité et équitables.

L’intelligence artificielle responsable est possible

De nombreuses entreprises canadiennes ne savent pas exactement comment utiliser l’intelligence artificielle de façon responsable. Selon un récent rapport de Leadership avisé RBC sur l’utilisation de la reconnaissance faciale, six entreprises canadiennes sur dix considèrent que l’intelligence artificielle concerne surtout les grandes organisations.

Toutefois, son utilisation se généralise rapidement. Et peu importe l’ampleur de la tâche, les entreprises qui mettent au point l’intelligence artificielle doivent éviter de travailler en vase clos. Le Canada abrite les chefs de file mondiaux du développement éthique de l’intelligence artificielle. C’est ici qu’on a signé la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle, qu’on a élaboré la certification de protection de la vie privée dès la conception, et que le CIFAR a créé le programme IA et société. C’est dans ce contexte que RBC et Borealis ont lancé RESPECT AI, une plateforme offrant aux entreprises des solutions pratiques pour adopter l’intelligence de façon responsable.

« Au Canada, nous pouvons relever la barre en nous imposant des normes plus strictes. Nous devons envisager cet enjeu à long terme, conclut Mme Muzzafar.

Nous, les humains, savons comment maîtriser cette technologie – le rendement de l’intelligence artificielle dépend essentiellement de sa conception. Nous devons simplement la concevoir mieux ».

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Grâce à son littoral océanique le plus long au monde, le Canada possède une ressource remarquable qui unit les intérêts commerciaux et environnementaux de nombreuses façons.

Que ce soit pour l’absorption du dioxyde de carbone, pour la régulation de la température ou du fait que 90 % de nos exportations sont expédiées par voie maritime, il est impossible de surestimer l’importance de l’océan pour nos écosystèmes et notre économie.

Toutefois, la façon dont nous envisageons et gérons ces ressources océaniques doit être repensée.

Kate Moran et Julie Angus, qui s’y connaissent en la matière, croient toutes deux que le Canada peut devenir une importante économie bleue en soutenant les nouvelles technologies, les entrepreneurs et les solutions durables.

Mme Angus a traversé l’Atlantique à la rame en 2006 avant de cofonder une entreprise de technologies propres, Open Ocean Robotics, qui utilise des bateaux autonomes pour recueillir des données sur l’océan. Mme Moran est titulaire d’un doctorat en génie océanique de l’Université Dalhousie et a agi à titre de conseillère au sein de l’administration Obama concernant des sujets liés aux sciences de la mer. Elle est maintenant à la tête d’Ocean Networks Canada, l’observatoire océanique câblé le plus vaste et le plus évolué au monde.

Les entreprises des deux femmes ont déjà lancé des technologies innovatrices visant à mapper, à surveiller et à analyser des données océaniques aux fins d’applications commerciales et scientifiques. Les programmes de commercialisation et les programmes accélérateurs universitaires peuvent aider les entrepreneurs et les scientifiques à bâtir encore plus de technologies, disent-elles, et les gouvernements peuvent soutenir directement le secteur par l’intermédiaire de leurs programmes d’approvisionnement, alors que les technologies et les données océaniques deviennent de plus en plus importantes pour l’économie, l’environnement et la défense.

Le Canada peut devenir un chef de fil mondial en matière d’avenir océanique. Mme Angus et Mme Moran sont toutes deux d’avis qu’il est temps d’investir dans cet avenir.

Éléments à retenir

 

1. Il est essentiel de veiller à la santé des océans pour bâtir un avenir durable.

 

L’océan absorbe 90 % de la chaleur excédentaire de la planète, produit plus de la moitié de l’oxygène dans le monde et absorbe près de 30 % du dioxyde de carbone libéré dans l’atmosphère. Les océans sont d’une importance critique pour notre survie et présentent de formidables occasions d’innovation et de croissance économique.

 

2. Le Canada a ce qu’il faut pour montrer la voie en matière d’approche à l’égard des océans.

 

D’ici 2030, l’économie océanique mondiale devrait valoir trois billions de dollars US selon l’OCDE, et Mme Moran croit qu’elle est susceptible de valoir encore davantage. De plus, elle est d’avis que le Canada possède le littoral, l’expertise technique et le savoir-faire dans des domaines complémentaires comme l’intelligence artificielle pour saisir des occasions économiques dans les domaines de la gestion de l’aquaculture à émissions négatives de carbone, de l’infrastructure d’énergie océanique renouvelable, des technologies autonomes de la mer et des systèmes de transport maritime net nul.

 

3. Les communautés autochtones ont aussi un rôle à jouer dans la durabilité océanique

 

Puisqu’elles habitent des secteurs importants des trois côtes du Canada. Renommées pour leurs capacités de protection des terres, ces communautés devraient jouer un rôle de premier plan dans le secteur océanique du Canada. En mettant des technologies à la disposition des populations autochtones, nous pouvons favoriser une collaboration en vue d’un avenir durable pour notre pays et pour les océans.

 

4. Pour ce faire, nous devons récolter les abondantes données que recèlent les océans.

 

Les océans recouvrent 70 % de notre planète et de cette proportion, 80 % n’ont toujours pas fait l’objet d’exploration, d’observation ou de mappage. Grâce aux avancées technologiques, nous sommes plus prêts que jamais à cerner et à analyser les tendances océaniques. La collecte de données en temps réel peut nous aider à mieux comprendre les écosystèmes océaniques et les effets des changements climatiques, ainsi qu’à protéger l’Arctique et à freiner la pêche illégale.

 

5. Il faut attirer plus d’innovateurs vers le domaine maritime.

 

Mme Angus croit que les incubateurs et les accélérateurs universitaires sont cruciaux pour lancer la prochaine vague d’innovations. Elle estime toutefois que nous devons favoriser davantage la collaboration entre les entrepreneurs, l’industrie au sens large et le gouvernement. Mme Moran et l’Ocean Networks Canada ont déjà commencé à établir des liens avec des entreprises des secteurs gazier et pétrolier qui voient la nécessité du développement océanique durable.

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Derrière elle, il n’y aura pas que des acheteurs de vieilles sociétés de logiciels, mais aussi des créateurs, des entrepreneurs et des chefs d’entreprises qui bâtiront des secteurs d’activité.

Natif de Winnipeg, M. Lazarow a déjà travaillé dans une banque et servi de consultant auprès de McKinsey. Depuis, il s’est installé à Silicon Valley et travaille avec Cathay Innovation pour investir dans des sociétés technologiques aux quatre coins du monde. Son nouveau livre, Out Innovate, repose sur plus de 200 entrevues avec des fondateurs, des investisseurs et des créateurs d’écosystèmes et porte sur les bouleversements qui touchent le secteur de l’innovation.

M. Lazarow croit que l’époque de perturbations de Silicon Valley laissera sa place à une période plus constructive. Espérons qu’un nombre croissant d’innovateurs mobilisent leurs forces pour régler des problèmes cruciaux pour l’humain, tels que l’approvisionnement alimentaire, les soins de santé et la viabilité environnementale. Les puissances technologiques comme le Canada devraient réussir. À l’échelle mondiale, Toronto, Montréal et Vancouver se classent parmi les 30 premiers écosystèmes technologiques, mais la concurrence s’intensifie. Aujourd’hui, il existe plus de 480 pôles de sociétés technologiques en démarrage, qui abritent 1,3 million d’entreprises du genre.

Aussi, il croit que Minneapolis a ce qu’il faut pour devenir un centre d’excellence consacré aux soins de santé, que Londres peut se développer comme pôle des technologies financières et que Detroit pourrait redevenir le « Motown »… de l’innovation. Dans chacun des cas, les créateurs de grappes devront faire appel à des sociétés d’envergure (qu’il qualifie de « grands frères »), qui favoriseront l’approvisionnement local et trouveront des chercheurs talentueux dans les universités de la région.

Selon M. Lazarow, les centres qui ont le mieux réussi sont ceux qui, depuis leurs débuts, sont tournés vers le monde. C’est particulièrement le cas de Singapour et de Dubaï, où les entrepreneurs regardent tous dans la même direction : vers l’étranger.

« Je dis aux fondateurs : si vous allez consacrer la prochaine décennie de votre vie à régler un seul problème, trouvez-en un dont les retombées seront considérables », affirme M. Lazarow. « Vous pourriez aussi transformer les gros défis en occasions. Je pense que c’est ce qui va nous donner l’occasion de soutenir et de promouvoir cette prochaine génération de créateurs. »

M. Lazarow a dressé une liste de cinq points essentiels sur l’innovation dans les années 2020 :

1. Elle est plus répartie que jamais.

Auparavant concentrée à quelques endroits, l’innovation a désormais sa place presque partout. Comme il existe plus de 480 pôles de sociétés technologiques en démarrage, la prochaine entreprise milliardaire pourrait provenir de n’importe où.

2. Les idées sont mondiales.

Finie l’époque où seuls les pays riches pouvaient tirer profit des bonnes idées. Cela signifie qu’il y aura davantage de concurrence, mais aussi plus d’occasions. Pour le Canada, dont la densité de consommateurs et d’entreprises est insuffisante, l’occasion est parfaite de relever d’importants défis à l’échelle mondiale et de ne pas craindre de considérer le monde entier comme marché potentiel.

3. L’embauche de personnel diffère de la constitution d’une équipe.

Les entreprises en démarrage doivent réfléchir avec créativité à la façon d’assurer la fidélisation et le perfectionnement de leurs employés, au lieu de considérer que la rotation du personnel fait partie de leur modèle d’affaires. Lorsque les ressources humaines locales ne sont pas suffisantes, ils doivent réfléchir de façon plus large à l’embauche du personnel et à la répartition des équipes.

4. La devise de Silicon Valley, « faire avancer les choses et faire tomber les barrières », ne s’applique pas forcément à d’autres secteurs.

Les entreprises en démarrage doivent être plus conscientes de la gestion de risques, surtout dans des secteurs comme les soins de santé et les services financiers. Tout risque qui représente une menace pour le client doit être atténué rigoureusement.

5. Un vent de fraîcheur s’impose pour le capital-risque.

 

Le modèle original de capital-risque a été inspiré par les bailleurs de fonds de l’industrie américaine de la pêche à la baleine du 19e siècle. Ce modèle a bien fonctionné pendant longtemps. Cependant, les flux de capitaux mondiaux ont changé au cours des 25 dernières années et les entrepreneurs et investisseurs canadiens doivent changer aussi. Ce qui signifie qu’il faut trouver de nouvelles façons d’attirer du capital-risque et d’investir du capital-risque canadien à l’étranger.

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Fondée par un Canadien, l’enfant chérie de la Silicon Valley a réuni 100 millions de dollars américains la semaine dernière. Cette somme s’ajoute aux 225 millions de dollars (américains ?) que la société de technologie a obtenus en juin auprès d’investisseurs privés et porte sa valorisation à 13,8 milliards de dollars (américains ?).

Pas mal pour une entreprise qu’Apoorva Mehta, diplômé de l’Université de Waterloo, a créée en 2012 devant les difficultés d’Amazon, son ex-employeur, à percer le marché des aliments frais.

Par le passé, M. Mehta avait qualifié la livraison d’épicerie de « plus grand marché à la vue de tous ». Les services de livraison existent depuis les années 1800. Toutefois, ils ne se sont pas renouvelés à l’ère d’Internet, faute d’avoir donné préséance aux besoins des clients. Ceux-ci devaient plutôt attendre patiemment l’arrivée du livreur selon l’horaire de l’entreprise, comme ils le font pour les employés des services de câblodistribution.

Les applications mobiles et l’économie à la demande ayant changé la donne, des intermédiaires tels qu’Instacart ont eu accès à divers fournisseurs et ont engagé des pigistes pour livrer les commandes aux clients aux moments qui leur conviennent.

La COVID-19 a donné un formidable élan au modèle. Aux États-Unis, la part du marché des commandes en ligne détenue par Instacart est passée à 55 % à la troisième semaine du mois de mai, comparativement à 30 % en février. De plus, le volume des commandes effectuées par les clients a presque quintuplé sur un an.

Cela ne sonne pas pour autant le glas des supermarchés.

« Les clients aiment leur épicerie de quartier, et ce lien d’attachement s’est constitué au fil des générations », affirme Nilam Ganenthiran, président (lui aussi canadien) d’Instacart, dans la dernière baladodiffusion de la série Les innovateurs RBC.

Même si Instacart collabore avec plusieurs chaînes, elle a mis au point son modèle canadien avec Loblaw, le géant du commerce de détail qui emploie 200 000 personnes au sein de plusieurs filiales, dont Parmaprix/Shoppers Drug Mart, No Frills et Real Canadian Superstore.

Formé en 2017, leur partenariat s’est intensifié au cours de la crise, pendant laquelle des Canadiens ont décidé d’effectuer à peu près tous leurs achats à domicile.

Selon Sarah Davis, présidente de Loblaw, ce changement incite maintenant l’entreprise à se préoccuper tant de l’expérience en magasin que de l’expérience numérique, et les consommateurs souhaitent avoir accès à l’une et l’autre pour diverses raisons.

« Nous tenons à ce que nos clients développent un sentiment d’appartenance et d’attachement à notre endroit », dit-elle pendant la baladodiffusion.

Elle pense que les consommateurs accorderont toujours de l’importance à l’expérience en magasin par choix et tradition. La demande de services de livraison, particulièrement populaires auprès des personnes âgées et des parents occupés en raison de leur commodité, est néanmoins en hausse.

Avant la COVID-19, seulement 1,5 % des commandes d’épicerie étaient effectuées en ligne, alors que cette part était de 7 % aux États-Unis et de 10 % au Royaume-Uni. En avril, selon les résultats d’un sondage Angus Reid mené pour PayPal, 30 % des Canadiens ont fait leur épicerie en ligne.

Quels autres enseignements Loblaw et Instacart ont-elles tirés de la crise ?

1. Notre rapport au chez-soi change.

Le télétravail étant maintenant la norme, nous acquérons de nouvelles habitudes : veiller à la maison, jardiner, faire du pain et tricoter. Loblaw vend plus d’aiguilles à tricoter que jamais. Le changement des habitudes de consommation nécessite une gestion agile des stocks et des chaînes logistiques.

2. Le modèle d’avenir des épiceries sera mixte : les courses se feront en ligne et en magasin.

Les épiciers doivent se positionner pour offrir une expérience numérique de concert avec un modèle de magasin en évolution rapide.

3. La proximité compte.

Les Canadiens souhaitent avoir des liens avec les aliments et leur épicerie de quartier. L’esprit communautaire s’acquiert notamment par la connaissance de l’origine des aliments et le soutien des producteurs.

4. Il n’a jamais été aussi important de comprendre le consommateur.

Les données doivent contribuer à créer une expérience harmonieuse de bout en bout qui non seulement facilite l’interaction des clients avec les marques, mais améliore aussi leur relation avec le magasin.

5. Faire l’épicerie doit être agréable.

Chacun consomme des produits alimentaires, et les acheter doit être une expérience plaisante et partageable.

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Deux à trois millions d’entre eux vivent, travaillent et étudient à l’étranger, y compris 10 % dans la région de San Francisco et à Silicon Valley. C’est cette dissémination qui a permis à de nombreux pays, par exemple Israël, Singapour et l’Inde, de prendre leur place dans les marchés mondiaux.

Aucun groupe ne représente mieux cette approche que C100, une association d’expatriés canadiens établis à Silicon Valley qui a contribué au développement de l’écosystème technologique du Canada. Ces dix dernières années, le groupe a relevé le défi national en matière d’innovation et a contribué à susciter des changements de politiques, à établir des pipelines de talents et à mettre les entrepreneurs canadiens en ligne.

« Notre objectif est d’accroître la communauté de technologues canadiens de réputation mondiale et d’exporter vers d’autres marchés le modèle que nous avons établi à Silicon Valley », souligne Laura Buhler, directrice générale, C100. Mme Buhler participait au balado Les innovateurs RBC en compagnie d’Andre Charoo, coprésident de C100, pour expliquer comment le Canada est devenu un leader mondial en technologie et comment il peut poursuivre sur sa lancée.

Au cours des cinq dernières années, les investissements en capital-risque dans les sociétés technologiques canadiennes ont enregistré une croissance annuelle soutenue. En 2019, le volume de ces investissements au Canada a inscrit sa plus forte croissance, de 40 % par rapport à l’année précédente.

Selon Mme Buhler, cette situation est attribuable aux entrepreneurs canadiens. « Pour attirer des investissements, il faut des fondateurs et une équipe ambitieuse qui possèdent suffisamment de talent et de détermination pour s’attaquer à un problème et le résoudre. »

Au Canada, peu d’entreprises ont attiré davantage d’investissements que Shopify, établie à Ottawa et considérée comme la société canadienne la plus à même d’attirer le talent.

« Shopify et sa croissance phénoménale sont très importantes pour les flux de capitaux », dit M. Charoo.

Shopify est suivie de toute une génération de sociétés technologiques prometteuses fondées par des Canadiens –

Michael Katchen de Wealthsimple, Ray Reddy de Ritual, Andrew D’Souza de Clearbanc, par exemple – qui rentrent chez eux après leur expérience à Silicon Valley.

C’est probablement ce qui explique l’explosion d’emplois dans le domaine technologique au Canada. Au cours des cinq dernières années, plus de 80 000 emplois dans ce domaine ont été créés rien qu’à Toronto ; c’est plus qu’à San Francisco, Seattle et Washington D.C. réunis.

Comment l’écosystème canadien de la technologie peut-il poursuivre cette croissance impressionnante ? Voici cinq points à retenir.

1. Les expatriés représentent un atout.

Dans toutes les régions du monde, les Canadiens font partie de réseaux locaux et en font profiter nos entrepreneurs. Ces réseaux offrent des occasions stratégiques d’accélérer la croissance de nos entreprises et de nos talents.

2. Il faut saisir ces occasions sans tarder.

Les restrictions que les États-Unis imposent en matière d’immigration représentent une excellente occasion pour le Canada d’attirer les meilleurs talents au monde. Le moment est venu de montrer qu’au Canada, nous faisons les choses différemment. Nous valorisons l’inclusion et pouvons favoriser la réussite.

3. Payez le prix pour l’acquisition de talents.

Aux États-Unis, les dirigeants de haut vol de sociétés technologiques sont beaucoup mieux payés qu’au Canada. Pour attirer et retenir ces talents de calibre mondial, nous devons offrir une rémunération appropriée et veiller à ne pas rebuter les talents, notamment par notre régime fiscal.

4. Achetez au Canada.

L’approvisionnement est un thème récurrent de nos balados ; or, le moment n’a jamais été aussi propice pour soutenir les entreprises canadiennes. Les grandes entreprises et les gouvernements peuvent investir à l’échelle locale pour développer un écosystème prospère et capable de se mesurer à ses rivaux dans le monde.

5. L’innovation se manifeste d’un océan à l’autre.

Elle ne se limite pas à Waterloo ou à Vancouver. De Whitehorse à St. John’s, les Canadiens bâtissent des entreprises durables et innovatrices pour résoudre de grands problèmes. Certaines des sociétés les plus prospères et évolutives se trouvent dans de petits centres. Bref, où que vous soyez, n’hésitez pas à élargir vos horizons. Vous pourriez trouver exactement ce que vous cherchez.

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La COVID-19 a ébranlé pratiquement tous les segments du commerce de détail, mais nulle part plus que les centres commerciaux. Les ventes de vêtements à elles seules ont chuté de près de 50 % durant les premières semaines de la crise.

Green Street Advisors, aux États-Unis, s’attend à ce que plus de la moitié des grands magasins situés dans les centres commerciaux ferment leurs portes d’ici la fin de 2021. La firme Coresight Research prévoit qu’aux États-Unis, jusqu’à 25 000 magasins fermeront boutique cette année ; 60 % d’entre eux se trouvent dans des centres commerciaux.

Cadillac Fairview lance donc un nouveau programme appelé Ravel, qui vise à empêcher la disparition des centres commerciaux. Ravel élaborera une plateforme numérique qui permettra non seulement de transférer de l’information à sens unique sur les ventes ou sur les lieux, mais également de proposer un modèle hybride permettant aux consommateurs de voir les styles et les couleurs qui sont en stock et de comparer les articles d’une boutique à l’autre.

Le chef de l’innovation de Cadillac Fairview (CF), Jose Ribau, la qualifie de « centre commercial virtuel de poche ». Jose Ribau est l’invité d’une baladodiffusion de la série Les innovateurs RBC sur la transformation du secteur du commerce de détail.

« [Traduction] Ne serait-il pas merveilleux de pouvoir tirer parti de l’efficacité d’une plateforme numérique, tout en ayant la possibilité d’essayer la veste avant de l’acheter ? »

CF possède 68 immeubles au Canada, dont le centre Eaton à Toronto et le Pacific Centre à Vancouver. En Amérique du Sud et en Asie orientale, où CF exerce également des activités, des centres commerciaux ont mis au point des plateformes numériques qui permettent aux clients de choisir des articles et de se les faire livrer à l’auto ou à la maison, souvent après avoir réglé la facture au moyen d’une application.

L’enjeu, néanmoins, est considérable. Le secteur de détail emploie plus de deux millions de Canadiens et occupe une énorme partie des immeubles à vocation commerciale. En 2017, il existait 3 742 centres commerciaux dont la superficie dépassait 40 000 pieds carrés au pays, une hausse par rapport aux 3 496 centres commerciaux existants en 2012.

Voici quelques points que les centres commerciaux qui envisagent de fermer devraient prendre en considération :

1. Le magasinage en ligne est là pour de bon.

Mais il en va de même pour le modèle hybride. Il est vrai que nous apprécions la commodité du commerce électronique, mais la plupart d’entre nous aiment aussi explorer, voir et toucher. Les centres commerciaux nous permettent de passer physiquement d’une boutique à une autre, tout en nous permettant de magasiner en ligne et d’utiliser les plateformes numériques pour obtenir les articles parfaits au moment et à l’endroit qui nous conviennent.

2. Le centre commercial de l’avenir sera façonné à l’aide de données.

Les centres commerciaux sont de véritables mines de données susceptibles d’aider les détaillants à transmettre de l’information aux clients qui courent les magasins afin qu’ils utilisent ces données de manière à améliorer l’expérience de magasinage au moyen d’alertes, d’aubaines et de photos de produits.

3. Les services de livraison passent d’une relation interentreprises à une relation entreprise-consommateur.

Comme les clients continuent de faire des achats en ligne, les services de livraison deviennent progressivement une composante clé du commerce de détail et des chaînes logistiques de restauration. Les petits centres commerciaux s’efforcent de trouver des manières de faire parvenir les produits aux consommateurs à l’endroit de leur choix.

4. Les centres commerciaux doivent être agréables et inspirants.

Ceux qui y parviendront, tout en offrant un environnement physique sécuritaire, prospéreront assurément.