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Pensons aux consultations vidéo, aux applications de traçage et à la biométrie qui deviennent rapidement la nouvelle norme.

De nombreux hôpitaux et entreprises technologiques au Canada sont déjà des chefs de file en matière d’innovation en soins de santé. Le docteur Abhinav Sharma, professeur et chercheur au Centre universitaire de santé McGill et Valérie Pisano, chef de la direction de Mila – Institut québécois d’intelligence artificielle, ont pris part au balado Les innovateurs pour parler de la façon dont la pandémie a agi comme catalyseur de l’adoption de nouvelles technologies et de la transformation du système de santé canadien.

Le docteur Sharma déclare être impressionné par la vitesse à laquelle les médecins et les professionnels de la santé ont adopté la télémédecine durant la pandémie.

« L’adoption de cette technologie, simple en apparence, représente un changement majeur », indique-t-il. « En fait, du point de vue médical, offrir des soins de santé par téléphone ou Skype constitue une véritable révolution. »

La capacité des professionnels de première ligne à s’adapter en temps réel est probablement rendue possible par le travail réalisé par la communauté technologique au cours des dernières années. Lorsque la crise de la COVID-19 a frappé, les chercheurs en technologies et en intelligence artificielle ont pu réagir immédiatement.

Madame Pisano indique que dans les jours suivant l’arrivée de la pandémie au Canada, des douzaines de chercheurs de MILA ont mobilisé plusieurs projets, dont l’imagerie des poumons aux fins de tests diagnostiques et l’analyse prédictive dans une optique de traçage des virus.

« L’intelligence artificielle est sollicitée de nombreuses façons maintenant », affirme Valérie Pisano.

« Le contexte est idéal pour se demander comment, si nous repoussons les limites de l’innovation, ces technologies pourront nous aider, pauvres humains, à faire face à cette pandémie au cours des mois et, probablement, des années à venir. »

Les chercheurs se penchent sur la question.

Donc, à quoi pouvons-nous nous attendre ? Voici quatre points saillants.

1. L’avenir des soins de santé est ici La COVID nous a prouvé que les soins de santé virtuels peuvent être une réalité. La télémédecine et les consultations médicales en ligne ne posent pas de problème. Bien évidemment, nous aurons toujours besoin et voudrons avoir des contacts en personne pour différentes raisons, mais nous devons mettre l’accent sur la création d’un système amélioré, plus inclusif et accessible.

2. Données et confidentialité. Nous avons actuellement l’occasion d’aider un plus grand nombre de Canadiens à être proactifs en ce qui concerne leur santé. Pour ce faire, les gens doivent accepter l’idée que leurs données soient utilisées dans le cadre de nouvelles technologies et de nouveaux protocoles. Ainsi, la question qu’il faut se poser est la suivante : comment communiquer clairement les avantages de ces innovations et comment les données nous aideront à atteindre ces objectifs ?

3. Les soins de santé sont mondiaux. Au Canada, nous mettons beaucoup l’accent sur l’équilibre des forces entre les gouvernements fédéral et provinciaux alors que la pandémie a démontré que les problèmes et solutions en matière de soins de santé ont une portée de plus en plus mondiale. Comment s’assurer que les innovations en cours d’élaboration au Canada aient une ambition mondiale ?

4. L’importance de l’être humain. Oui, la technologie transformera de plus en plus les soins de santé. Toutefois, la technologie n’atteindra jamais son plein potentiel sans son adoption par l’humain. Un changement culturel doit avoir lieu dans notre perception de l’utilisation de la technologie et de l’incidence du partage de données. Les chercheurs et les entrepreneurs peuvent concevoir les meilleures ressources en IA ou en équipement, mais il revient aux professionnels de la santé et aux patients de s’exprimer sur leur concrétisation au quotidien.

Alors que le Canada lutte contre la COVID-19, les technologies des soins de santé n’ont jamais été aussi importantes. Le défi sera de continuer à innover et de renforcer nos assises afin de créer un système inclusif et accessible.

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La crise actuelle transforme nos interactions avec notre environnement ainsi que notre façon de percevoir la réalité. Comme les mesures de confinement et de distanciation physique sont encore en place dans presque toutes les parties du monde, le retour aux voyages et à l’exploration, sous la forme à laquelle nous étions habitués, prendra un certain temps.

Toutefois, même une pandémie mondiale ne peut refouler la tendance naturelle de l’humain à explorer et à découvrir. Maintenant, plutôt que de sortir de chez nous, nous utilisons Internet pour visiter des endroits comme le British Museum et le Louvre, qui ont vu décupler le nombre de visites de leurs galeries virtuelles.

Avant même le début de la crise, Edward Burtynsky, célèbre photographe canadien, et Vikas Gupta, dirigeant du domaine des jeux interactifs, repoussaient les frontières de l’art en utilisant la réalité augmentée, la réalité virtuelle et la photogrammétrie. Ensemble, ils ont fondé AVARA Media pour créer des expériences visuelles immersives et tridimensionnelles qui transportent les gens vers des contrées lointaines. Ils se sont joints à nous à l’occasion d’une baladodiffusion de la série Les innovateurs RBC, afin de discuter de la façon dont nous pouvons nous servir de la réalité augmentée pour percevoir la réalité qui nous entoure comme jamais auparavant, et mieux comprendre l’impact de l’être humain sur la planète.

« Notre travail, à AVARA, a pour but de rapprocher les gens de la nature et de leur faire découvrir des parties du monde à la fois uniques et extraordinaires », a déclaré M. Gupta.

« Vous n’aurez peut-être jamais l’occasion d’aller en Indonésie et d’y voir un tigre, une espèce en voie de disparition. Mais si vous sortez de chez vous, nous pouvons vous donner l’impression qu’il y a un tigre juste là, dans votre cour », a-t-il ajouté.

Tout au long de sa carrière, amorcée il y a 40 ans, M. Burtynsky a mis de l’avant l’idée que la relation de l’être humain avec la nature est en total déséquilibre, d’abord au moyen de la photographie analogique, puis de la photographie numérique et d’autres supports. La réalité augmentée et la réalité virtuelle ont ouvert la voie à une façon nouvelle – et fascinante – de sensibiliser les gens à la relation de l’humain avec la nature, et qui va au-delà de ce que peuvent exprimer la photographie et le cinéma.

« Ici, vous êtes le protagoniste », a-t-il déclaré.

Toutefois, même si la réalité augmentée et la réalité virtuelle peuvent nous transporter vers de nouveaux endroits et nous faire vivre de nouvelles expériences, elles peuvent également déformer notre perception du monde.

« Nous sommes beaucoup trop dépendants de la technologie », a déclaré M. Gupta. « Depuis trop longtemps, nous nous en servons pour fuir la réalité. Ce que cette pandémie nous a surtout appris, c’est que nous tenons pour acquis que nous sommes maîtres de la nature. »

Donc, comment pouvons-nous atteindre un sain équilibre ? Voici cinq points à prendre en considération en ce qui a trait à la façon dont nos interactions, avec la technologie et entre humains, façonneront le monde de l’après-COVID.

1. La « photographie 3.0 ».

Elle est sur le point de transformer notre vision du monde. Nous sommes nombreux à avoir grandi à l’ère de la « photographie 1.0 ». Il s’agit de la technique, fondée sur un processus photochimique, qui est à la base de l’art photographique. Pensez aux photos du magazine National Geographic. Elles nous ont fait découvrir la planète. La « photographie 2.0 », de type numérique, crée un lien étroit entre la personne et l’image (pensez à Instagram). Ce qu’Edward Burtynsky appelle la « photographie 3.0 » est une forme d’art immersive et interactive, qui peut être plus puissante que la photographie analogique et la photographie numérique.

2. L’empathie.

Nous devons nous assurer que nos expériences de réalité augmentée et de réalité virtuelle ont un lien avec la réalité des autres habitants de la planète. En portant attention à ce qu’ils voient et à ce qu’ils souhaitent que nous voyions, nous pouvons envisager le monde tel qu’ils voudraient qu’il soit.

3. La théorie du jeu.

La technologie peut être beaucoup plus puissante lorsqu’on y applique la théorie du jeu. En donnant aux utilisateurs un éventail de choix qui influent sur les résultats, nous pouvons mieux comprendre le monde.

4. Le Canada.

Nous avons un rôle particulier à jouer dans cette révolution. Les Canadiens sont réputés pour leur créativité et leurs talents de conteurs. C’est pourquoi il y en a autant à Hollywood. Grâce à ces nouvelles plateformes, peut-être que nos artistes n’auront pas à aller à l’étranger pour exprimer leur vision du monde.

5. Le climat.

La crise de la COVID nous a rappelé l’importance de notre relation avec la nature. C’est encore la biologie, plus que la technologie, qui gouverne nos vies. Comment pouvons-nous, grâce au pouvoir des technologies visuelles, mieux comprendre notre relation de toujours avec la nature, ainsi que les problèmes que nous avons nous-mêmes créés ?

Nous ne pouvons pas faire régresser une technologie. Nous ne pouvons que la faire évoluer, et faire en sorte qu’elle contribue à notre propre évolution.

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Les mesures adoptées pour lutter contre la pandémie de COVID-19 ont eu un impact disproportionné sur les petites et moyennes entreprises. Comme 98 % des entreprises canadiennes sont des PME, nous devrons compter sur la débrouillardise des jeunes entrepreneurs les plus astucieux pour demeurer concurrentiels et innover dans l’économie post-pandémie.

David Skok est en première ligne de ces efforts. Il est le fondateur et rédacteur en chef de The Logic, un magazine dédié à l’économie de l’innovation, publié en ligne depuis maintenant deux ans. Sa petite équipe de journalistes couvre les entreprises et leurs créateurs, ainsi que les politiques stimulant les changements transformationnels dans notre pays. Il a participé au balado Les innovateurs RBC afin d’expliquer comment le Canada, un pays de moindre importance dont les entreprises sont relativement petites, peut briller dans un monde dominé par les grandes plateformes.

« Le Canada a lancé de grandes innovations sur la scène mondiale, a-t-il affirmé. Shopify, récemment devenue la société la plus valorisée au Canada, en constitue un excellent exemple. »

« Notre défi est de maintenir l’attrait de ces innovations. »

M. Skok a fondé son entreprise de média pour explorer les façons d’éliminer les obstacles à l’innovation au Canada, dont il a lui-même pâti en tant qu’immigrant sud-africain et ancien expatrié aux États-Unis.

« J’ai vu mon père se débattre avec la paperasserie administrative et se buter au statu quo », a-t-il confié.

L’inertie propre au pays peut expliquer les difficultés qu’éprouvent certaines organisations à se transformer. Elle est intégrée dans les processus et consolide le statu quo au fil du temps. Selon M. Skok, elle freine l’émergence et la diffusion d’idées nouvelles.

« Les entrepreneurs ont l’impression de ramer à contre-courant ; ils préféreraient être appuyés par les décideurs et ne pas avoir à se battre pour avancer », a-t-il déclaré.

Les promoteurs du défunt projet Quayside de Sidewalk Labs, qui visait à bâtir une ville intelligente dans le secteur riverain de Toronto, abonderaient certainement dans le même sens. Pendant plusieurs années, les questions entourant la protection des renseignements personnels, les processus de sélection gouvernementaux et la cession de propriété intellectuelle canadienne à des entités étrangères ont plongé le projet dans la controverse. L’année dernière, Sidewalks Labs a convenu de restreindre la portée de son ambitieux projet aux termes de négociations avec Waterfront Toronto ; cet organisme gouvernemental est chargé de superviser le développement de la zone riveraine de Toronto. La semaine dernière, l’entreprise a décidé d’abandonner définitivement le projet.

Selon M. Skok, la nouvelle soulève des questions sur la capacité des entrepreneurs canadiens à innover et à faire progresser le pays sans le concours d’entreprises étrangères.

« Les entrepreneurs canadiens qui veulent accéder à la scène mondiale devraient s’inspirer davantage des sociétés qui, comme Shopify, mènent leurs activités selon leurs propres conditions. »

De quoi le Canada aura-t-il besoin pour concurrencer les acteurs majeurs du monde post-pandémique ?

1. Envergure.

Le Canada constitue une excellente base et un bon marché pour les entrepreneurs, mais demeure trop petit pour favoriser la croissance. Pour croître, les sociétés canadiennes doivent avoir des visées internationales.

2. Talent et capitaux.

Les innovateurs doivent rechercher le talent et les capitaux à l’échelle mondiale. Pour se lancer à la conquête du monde, il faut d’abord en faire partie. Il faut donc ouvrir nos portes à l’immigration et aux investissements étrangers, tant pour les PME que pour les grandes entreprises.

3. Approvisionnement.

Les gouvernements doivent donner une orientation stratégique à leurs achats afin de soutenir les innovateurs canadiens. Ils doivent également mieux protéger la propriété intellectuelle canadienne.

4. Priorité.

Nous devons faire des choix difficiles et miser sur nos forces. Il peut sembler malavisé d’essayer de sélectionner des gagnants, mais nous devons repérer les étoiles montantes et les encourager.

« J’espère que durant cette crise, des idées et des entreprises ont reçu le soutien nécessaire pour devenir la prochaine Amazon ou Shopify », a déclaré M. Skok.

5. Autocritique.

Nous devons être capables d’autocritique ; dans le cas contraire, nous raterons des possibilités d’amélioration et nous n’aurons pas conscience de nos angles morts. C’est pourquoi nous avons besoin d’une presse solide et indépendante qui oblige les innovateurs et les entrepreneurs à rendre des comptes.

La pandémie touche durement plusieurs pans de notre société et la place du Canada dans le monde pourrait diminuer. Nous devrons miser beaucoup plus sur l’innovation pour gagner en envergure et dépasser nos limites naturelles.

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Une pandémie mondiale qui anéantit la demande de sa principale exportation. Une guerre des prix déclenchée par des pays étrangers. Des voix de plus en plus nombreuses qui l’appellent à transformer sa production pour participer à la lutte contre les changements climatiques.

Toutefois, ces menaces sont autant de possibilités qui s’offrent à nos meilleurs producteurs de pétrole et de gaz de transformer leurs activités et de devenir des chefs de file mondiaux, tout en contribuant à bâtir une nouvelle économie.

Alice Reimer et Marty Reed sont des innovateurs de premier plan de l’Ouest du Canada. Mme Reimer dirige le Creative Destruction Lab de Calgary et est cofondatrice de la plateforme de placement the51. M. Reed est chef de la direction de la société de capital-risque Evok Innovations, qui bénéficie du soutien de deux grandes sociétés pétrolières du Canada, soit Cenovus et Suncor, ainsi que de l’association BC CleanTech Alliance. Mme Reimer et M. Reed ont participé à une baladodiffusion de la série Les innovateurs RBC, au cours de laquelle ils ont expliqué pourquoi la situation actuelle offre à l’Alberta et au Canada l’occasion de réinventer avec créativité l’économie après-COVID-19 en vue de transformer la Bow Valley de l’Alberta en Silicon Valley.

Selon Mme Reimer, « la course à l’innovation ne se déroule pas à l’échelle régionale, mais à l’échelle mondiale. Il ne s’agit pas d’être les meilleurs au Canada, mais plutôt de livrer concurrence sur la planète. »

M. Reed imagine un bel avenir dans lequel l’Alberta est véritablement un titan du secteur mondial de l’énergie, non cantonné dans l’industrie pétrolière et gazière, qui aurait les moyens d’abriter une compagnie d’énergie en tant que service d’un millier de milliards de dollars d’ici une décennie. Pour y arriver, il faut « changer de perspective et adopter une culture différente » axée sur les idées et les modèles d’invention novateurs.

« Cette transition fondamentale doit se produire pour que Calgary puisse réellement adhérer à la nouvelle économie et y progresser », ajoute-t-il.

Il s’agit notamment d’élaborer une « politique intelligente » propice à la création d’un environnement favorable au développement de sociétés, de solutions et de technologies efficaces et à leur épanouissement. Prenons par exemple la Californie, berceau de la Silicon Valley, qui ambitionne d’atteindre la carboneutralité d’ici 2045. M. Reed indique que l’État se situe à l’avant-garde grâce à ses mesures qui ont procuré des avantages démesurés au secteur de l’innovation, comme la loi intitulée Buy Clean California Act ou la dispense qui lui permet de promouvoir les véhicules à émission zéro. Les autorités créent ainsi un environnement attrayant pour les technologies de pointe, comme le système de capture de carbone mis au point par la société Svante (établie en Colombie-Britannique), dont l’utilisation est envisagée dans des installations industrielles de la Californie.

« En ce moment, tous les travaux sont menés aux États-Unis, et ce serait évidemment merveilleux si une partie d’entre eux était effectuée ici au Canada », précise M. Reed.

Calgary fait partie des 15 principaux pôles mondiaux des technologies propres et ne manque pas d’idées. La ville n’a toutefois pas encore réussi à progresser à l’échelle mondiale. L’an dernier, Calgary a compté à peu près le même nombre d’opérations dans le secteur de la technologie que la région de Kitchener-Waterloo, mais leur montant a été plus de trois fois inférieur.

Comment l’Alberta, et le Canada, doivent donc s’y prendre pour faire avancer les choses ?

Un : Investir considérablement dans l’enseignement supérieur de calibre mondial

« Les grandes villes rayonnent autour des grands centres de recherche universitaire, affirme Mme Reimer. Il ne suffit pas d’avoir une université qui figure parmi les meilleures au Canada,. Il faut que nos universités se distinguent dans le monde et se mesurent aux autres établissements qui y sont implantés. »

M. Reed est d’accord : « Je ne pense pas avoir déjà entendu des dirigeants dire qu’ils auraient dû consacrer moins d’argent à l’enseignement. »

Deux : Choisir quelques avantages concurrentiels et redoubler d’efforts pour les valoriser

Nous avons une longueur d’avance dans le domaine de la capture de carbone (pensez à Svante) et des réserves abondantes de gaz naturel, que nous pourrions décarboniser pour produire de l’énergie d’hydrogène, sans oublier notre dynamisme dans le domaine de l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique. Que devons-nous faire pour nous imposer mondialement dans ces domaines ?

Trois : Attirer les meilleurs cerveaux du monde grâce à une politique ambitieuse d’immigration.

La quête ne se limite pas aux scientifiques et aux chercheurs. L’Alberta devra compter davantage d’entrepreneurs et d’investisseurs des quatre coins du monde et, qui plus est, de tout le pays.

Quatre : Attirer le capital-risque pour financer les récentes innovations et les entreprises montantes, ainsi que le capital de sociétés pour leur donner une envergure mondiale.

« Une énorme richesse a été créée dans le secteur du pétrole et du gaz au cours des décennies, fait valoir Mme Reimer. Bon nombre de ceux qui ont engendré cette richesse se disent intéressés à participer à la constitution de sociétés et investir dans des sociétés naissantes qui favoriseront la diversification.

L’Alberta devra réunir un capital beaucoup plus important pour concrétiser cette ambition : il faudra du capital-risque pour prendre les gros risques que chérissent les entrepreneurs, des fonds publics pour établir les infrastructures nécessaires et du capital d’institutions et de sociétés pour faire essaimer les idées dans le monde.

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Du jour au lendemain, des milliers de fonctionnaires se sont retrouvés en télétravail à traiter des millions de demandes de soutien financier. Ils distribuent des milliards de dollars aux Canadiens touchés par la pandémie de COVID-19, et cette distribution s’effectue presque entièrement par voie numérique, une première pour le gouvernement.

Hillary Hartley, directrice du numérique de l’Ontario, et son équipe décentralisée étaient particulièrement aptes à se mettre immédiatement et facilement au travail de la maison sans perdre pied. Quand l’Alberta a lancé le premier outil d’auto-évaluation des symptômes COVID-19 du Canada, l’équipe de Mme Hartley a obtenu le code et mis la version ontarienne en ligne en trois jours.

Bien que la priorité soit actuellement aux interventions d’urgence, les gouvernements évaluent comment tirer parti à plus long terme de la crise pour opérer une révolution numérique afin de mieux servir les Canadiens. Dans le dernier balado Les innovateurs RBC, Mme Hartley et M. Alex Benay, ancien dirigeant principal de l’information (DPI) du Canada et associé, Solutions numériques pour le secteur public, à KPMG, parlent de la façon dont la pandémie a favorisé une numérisation accrue des services gouvernementaux.

Selon M. Benay, il est intéressant de voir balayés les prétextes jusqu’ici invoqués pour expliquer l’inertie des gouvernements en matière de numérique. De nouveaux programmes comme la Prestation canadienne d’urgence (PCU) sont mis en ligne plus rapidement, en partie grâce à des règles sous-jacentes plus simples.

« L’assurance emploi est assujettie à des dizaines de milliers de règles, tandis que la PCU n’en a qu’une poignée, souligne-t-il. Les gouvernements voient bien que le numérique est la voie de l’avenir, qu’il s’agisse de conception de programmes ou de mise en place de technologies. »

Bien entendu, cela suppose que l’on arrive à se défaire des modèles opérationnels dépassés.

M. Benay soutient que la conception que se fait le gouvernement d’Internet n’a pas évolué depuis 20 ans. Les fonctionnaires sont axés, pour la prestation des services, sur le personnel plutôt que sur l’exploitation des données. De plus, les renseignements recueillis par les divers groupes et ministères ne sont pas mis en commun.

Cette situation est, en partie, le fait des restrictions touchant la protection des renseignements personnels. En Ontario, par exemple, les données recueillies dans le cadre d’un programme gouvernemental doivent uniquement être utilisées pour ce programme. Même au sein d’un même ministère, les différentes équipes doivent convenir d’une entente afin de pouvoir partager les données. Mme Hartley estime que l’Ontario est peut-être allé trop loin en matière de protection des renseignements au détriment de l’interopérabilité et du partage de renseignements.

« Les attitudes changent, dit-elle. La situation actuelle nous oblige à examiner nos façons de faire et à demander au public ce qu’il en pense. »

En fait, cela se résume à deux grands piliers.

L’un consiste à adapter rapidement les politiques et les règlements afin de permettre le partage de renseignements.

L’autre vise l’établissement de l’infrastructure numérique appropriée pour soutenir un nouveau modèle de prestation de services. Il s’agit ensuite de trouver l’équilibre entre le numérique en priorité et la protection des renseignements personnels.

L’Estonie constitue un excellent exemple de gouvernement axé sur le numérique en priorité. Et Mme Hartley comme M. Benay mentionnent deux innovations dont pourrait profiter le Canada.

Il y a tout d’abord, X-Road, que M. Benay décrit comme l’« autoroute de l’ère numérique » de l’Estonie. Il s’agit d’un serveur décentralisé permettant à des milliers d’entreprises, de gouvernements et d’individus d’échanger des données. Il y a aussi le système d’identification électronique des citoyens, qui assure probablement une meilleure protection de la confidentialité que la solution utilisée au Canada à l’heure actuelle.

Alors, comment le Canada peut-il bâtir le gouvernement numérique de demain ? Voici quelques réponses :

  • Des équipes décentralisées. Elles sont la clé des solutions novatrices. Afin de résoudre des problèmes complexes, les gouvernements devront collaborer avec des personnes et des réseaux des quatre coins du monde.
  • Une culture numérique. Les transformations numériques exigent une nouvelle mentalité axée sur la rapidité et sur l’utilisateur. Et l’établissement de cette nouvelle mentalité incombe aux dirigeants, qui doivent promouvoir le numérique avant tout et rechercher la diversité des points de vue.
  • Les données sont la clé. Pour être en mesure de relever les défis et de profiter des occasions qui se présentent, les gouvernements doivent adopter une nouvelle approche relativement aux données et à la confidentialité. Pour résoudre une crise comme celle de la COVID, les citoyens doivent être plus souples quant à la confidentialité de leurs données et les gouvernements doivent faire preuve de plus de transparence quant à leur utilisation.
  • Une approche utilisateur. Les gouvernements fonctionnent de moins en moins en monopoles et de plus en plus comme des entreprises en démarrage qui ne craignent pas de procéder par essais et erreurs avec leurs clients. C’est le fondement d’une organisation axée sur le numérique.
  • L’audace n’est pas une affaire d’échelle. Prenons par exemple la mise en œuvre de la PCU, dont le succès repose sur des règles simples. Ce genre de mise en œuvre à grande échelle n’exige pas la réalisation de gigantesques projets. Un gouvernement peut financer de plus petits projets, se concentrant sur la demi-douzaine d’éléments qui peuvent fournir des résultats percutants et veillant à ce que ces résultats ne soient pas entravés par la complexité.

Le gouvernement continuera de jouer un rôle de premier plan pour soutenir l’économie canadienne pendant cette crise à l’aide de modes de prestation numériques. L’élan ne devra toutefois pas s’essouffler une fois le danger écarté. La maîtrise des défis à venir exigera de la part des gouvernements plus d’agilité et de vision à long terme. Si la crise de la COVID-19 peut les pousser à adopter des outils et des plateformes numériques, nous pourrons envisager un avenir où chaque citoyen disposera des moyens numériques de recevoir les services dont il a besoin dès qu’il en a besoin.

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Au cours des prochaines semaines, nous allons commencer à constater l’ampleur des répercussions économiques de la pandémie et du confinement qu’il a fallu observer. Le premier trimestre de l’année aura été marqué par un recul économique sans précédent en raison des pertes d’emplois et des fermetures d’entreprises inévitables, dont le pays tout entier risque de ressentir les répercussions longtemps après que la pandémie aura été maîtrisée.

En de pareilles circonstances, il est naturel de se concentrer sur les problèmes immédiats, mais nous devons aussi réfléchir à la reprise qui suivra la crise, afin d’être prêts à passer à l’action le temps venu.

Depuis le début de la crise actuelle, j’ai parlé à des dizaines de clients – des plus grandes entreprises du pays à de simples emprunteurs hypothécaires – et j’ai travaillé étroitement avec mes pairs d’ailleurs dans le monde ainsi qu’avec nos gouvernements afin de comprendre la situation et les risques complexes auxquels nous faisons face. Beaucoup d’entre nous reconnaissent maintenant qu’il est peu probable que nous assistions à une reprise économique en V, contrairement à ce qu’on espérait encore il y a quelques semaines ; il nous faudra sans doute travailler très fort au cours des prochains mois pour opérer plutôt un redressement en U.

Et nous n’atteindrons pas cet objectif sans mal. Même si les mesures de confinement sont abrogées à l’été, il faudra du temps pour effacer les cicatrices économiques laissées par la COVID-19. Heureusement, le gouvernement fédéral a mis sur pied d’importants programmes d’aide, qui totalisent actuellement plus de 100 milliards de dollars, mais il faudra qu’Ottawa et les provinces en face encore davantage.

À l’heure actuelle, il faut agir sans perdre un instant. Au cours des jours qui viennent, Équipe Canada doit réunir ses forces pour que les engagements historiques des gouvernements parviennent aux propriétaires d’entreprise, aux innovateurs, aux entrepreneurs sociaux et aux familles des quatre coins du pays. De nombreuses entreprises ne disposent que de quelques jours pour préserver leur effectif. Au cours des mois qui viennent, bien des familles auront du mal à joindre les deux bouts.

Malgré tout, les investissements historiques des autorités doivent non seulement nous permettre de survivre aujourd’hui, mais aussi servir à réformer l’économie pour demain. Et cela implique de passer de la défensive à l’offensive, comme sait le faire Équipe Canada.

Pour opérer cette transition, nous devons imaginer une nouvelle normalité, car nous ne pourrons pas revenir à nos anciennes façons de faire. Le commerce mondial ne pourra sans doute pas reprendre son cours traditionnel. Il y a peu de chances que les échanges internationaux restent inchangés. Les consommateurs, les gourmets et les touristes pourraient décider de garder leurs distances pendant un certain temps. Même le partage des technologies et des innovations pourrait ne pas revenir de sitôt à son rythme d’il y a quelques mois.

Pour un pays relativement petit comme le Canada, qui a profité sur bien des plans de l’économie mondiale ouverte, ces défis sont considérables. Cela n’implique pas nécessairement de renoncer à la mondialisation. Il nous faut toutefois, pour la première fois depuis des décennies, réfléchir aux façons d’être plus autosuffisants dans les secteurs qui comptent le plus pour notre compétitivité et notre prospérité.

Voici quelques exemples d’outils dont nous disposons :

Capital

Le Canada affiche un excellent bilan, parmi les meilleurs au monde. Le gouvernement fédéral commence à exploiter de façon plus ambitieuse sa situation financière, et il devra continuer à le faire ; par conséquent, les Canadiens doivent s’habituer à ce que leur dette collective soit plus élevée. Par ailleurs, nos banques, nos compagnies d’assurances et nos régimes de pension se classent parmi les plus solides au monde, et leur bilan enviable peut être exploité pour rétablir notre économie. Depuis la crise financière mondiale de 2008-2009, les Canadiens ont travaillé fort à consolider ces fondations et à protéger leur capital ; il est maintenant temps de mettre ce capital à l’œuvre en investissant dans les entrepreneurs et les innovateurs qui peuvent bâtir les marchés et les chaînes logistiques de demain.

Commerce

Nous avons longtemps tenu pour acquise la libre circulation des fournitures essentielles comme l’équipement médical, les médicaments, les aliments et les produits agricoles. Tout cela ne sera peut-être plus possible dans la prochaine normalité. Nos gouvernements, nos entreprises de pointe et nos universités doivent déterminer comment assurer la résilience des chaînes logistiques canadiennes. Évidemment, l’autosuffisance du pays pourrait coûter plus cher aux Canadiens, car notre marché intérieur est limité. Nous aurons besoin de nos meilleurs innovateurs pour concevoir et mettre en œuvre des technologies qui nous permettront de réaliser des gains de productivité et d’assurer ainsi la compétitivité du Canada.

Technologie

La crise a donné la possibilité à de nombreuses entreprises d’explorer d’autres manières de travailler et de garder le contact avec leurs clients. Si nous tirons parti des nouvelles technologies dans l’ensemble des secteurs, y compris au sein de la fonction publique, nous pouvons accélérer notre transition vers une économie plus concurrentielle et inclusive. De plus, nous pouvons nous assurer que ces technologies nous aident à mieux nous préparer à de futurs défis touchant la santé publique. Cela étant dit, les entreprises ne sont pas les seules à devoir évoluer. En s’appuyant sur son bilan, le Canada a l’occasion d’investir dans la prochaine génération d’infrastructures – comme les réseaux large bande par satellite en milieu rural et les villes intelligentes – en vue d’accroître notre ingéniosité, de créer des collectivités plus résilientes et de garantir des moyens de subsistance. La reprise à venir doit être axée sur les technologies numériques, optimisée par les données et assurée par des Canadiens dotés des compétences nécessaires pour affronter la prochaine décennie.

Aptitudes

Pour mener à bien cette transition, nous devons transformer nos modes d’apprentissage et de formation, afin que les entreprises et les collectivités soient mieux outillées pour faire face à un nouveau modèle de perturbation. Grâce au programme Objectif avenir, un engagement de 500 millions de dollars, et à sa série d’études Humains recherchés, la Banque Royale du Canada a encouragé au cours des dernières années les employeurs, les enseignants et les étudiants à se concentrer sur les emplois de demain. Nos écoles, collèges et universités ont répondu à l’appel en réalisant d’importants progrès qui font du système d’éducation canadien l’un des meilleurs au monde. Toutefois, si, au sortir de cette crise, nous continuons d’enseigner et d’apprendre comme nous le faisions auparavant, nous aurons échoué.

Jeunes

Malheureusement, la nouvelle génération de Canadiens portera pendant de nombreuses années les stigmates économiques de la présente crise. Si nous leur prêtons main-forte dès maintenant, ils pourront contribuer à la reprise et à la reconstruction de notre économie. Maîtrisant bien les technologies numériques, les jeunes n’ont pas tardé à s’adapter à cette nouvelle réalité. C’est pourquoi RBC s’est engagée à maintenir en poste les quelque 1 400 étudiants auxquels elle avait offert un emploi d’été, même si certains n’auront pas de lieu de travail à leur première journée. Pas d’inquiétude, cependant : la plupart d’entre eux travailleront de la maison et pourront nous aider à envisager autrement tout ce que nous pouvons bâtir ensemble. Ils représentent l’avenir et nous aideront à nous y préparer.

Au cours des mois d’épreuves et de tumultes que nous a apportés cette crise, j’ai été encouragé par la capacité des 85 000 employés de RBC à passer à un système d’exploitation mondial sans pratiquement aucune perturbation. À mes yeux, nous faisons les choses différemment, et aussi avec plus d’efficacité. Cette amélioration de nos façons de faire sera essentielle au succès de notre reprise dans un monde qui ressortira transformé de la période que nous traversons. C’est pourquoi j’ai demandé à tous nos gestionnaires de noter ce qu’ils apprennent et ce qui, selon eux, pourrait constituer la nouvelle normalité.

J’ai mis l’accent sur deux mots en particulier : « vitesse » et « envergure ». Nous avons besoin de ces deux forces pour assurer la croissance de nos activités. Les politiques publiques doivent également en tenir compte, pour que nous puissions élaborer des solutions au rythme où apparaissent nos problèmes communs, et pour que ces solutions aient une envergure à la hauteur de ce que nous observons ailleurs dans le monde.

Dans les prochaines semaines, il nous faudra avancer à une vitesse plus élevée qu’à l’habitude et viser une envergure à la fois audacieuse et ambitieuse. Nous devrons aussi maintenir la cadence, même si nous serons confrontés à des questions qui nous feront douter des moyens à employer pour nous rétablir collectivement de cette crise.

Nous devrons mettre sur pied des plans de reprise, pour déterminer quels secteurs de la société pourront reprendre leurs activités en premier et évaluer la meilleure façon de procéder pour éviter une cohue.

Par ailleurs, nous devrons investir massivement dans le dépistage à grande échelle de la COVID-19 et adopter de nouvelles approches de surveillance, afin de mieux situer le virus et d’en limiter la propagation le plus efficacement et humainement possible.

Nous devrons veiller à protéger l’ensemble des Canadiens tout en acceptant l’éventualité de coexister avec le virus, au pays et à l’étranger, avant qu’un vaccin ou un traitement efficace ne soit mis au point et produit à grande échelle.

La façon dont nous répondrons à ces questions et travaillerons ensemble dans les prochaines semaines restera ancrée dans les mémoires pendant de nombreuses années. La façon dont nous rebâtirons notre économie par la suite laissera un souvenir durable aux générations à venir.

Nous savons que cette crise est différente et plus grave que toutes celles que nous avons traversées par le passé. Nous savons aussi qu’elle peut annoncer le début d’un nouveau chapitre pour l’économie canadienne, un chapitre qui nous permettra de prospérer à l’ère numérique.

Il nous faudra unir nos forces – ce dans quoi les Canadiens excellent, même en des temps difficiles. Nous devrons adopter une approche à la fois offensive et défensive. Enfin, nous devrons comprendre que cette épreuve représente pour le Canada un défi à surmonter, mais aussi une occasion de briller.

Cela pourra être notre nouvelle normalité.

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Selon Statistique Canada, la valeur économique des données dépassait 200 milliards de dollars au début de 2020. Leur valeur est donc pratiquement aussi importante que celle des réserves établies de pétrole brut au Canada, qui avoisine les 300 milliards de dollars.

La réglementation entourant cette nouvelle ressource virtuelle promet de soulever autant de controverse au sein de la population que pour les ressources du sol, comme le constatera sans doute sous peu le gouvernement fédéral.

Sam Sebastian, qui est à la tête d’une des plus grandes entreprises de données au pays, craint que les gouvernements interviennent trop rapidement au nom de la protection des renseignements personnels. Un tel empressement pourrait empêcher le Canada de profiter de cette nouvelle ère de croissance au sein de l’économie des actifs soi-disant intangibles, dans laquelle prospèrent les sociétés qui n’hésitent pas à se servir des données pour croître.

L’entreprise de M. Sebastian, Pelmorex Corp., possède The Weather Network au Canada et El Tiempo en Espagne. Elle est de ce fait la troisième plus importante plateforme d’information météo au monde, 60 millions de personnes utilisant chaque mois ses systèmes d’information météorologique.

M. Sebastian, qui a prononcé une allocution dans le cadre la série de conférences Les innovateurs RBC, craint qu’une règlementation excessive freine la prochaine vague d’innovation liée à Internet, notamment en ce qui a trait à l’accès universel et gratuit à l’information, comme les prévisions météorologiques. Environ 70 % du modèle de revenus de Pelmorex reposent sur la publicité, laquelle se fonde sur les données des utilisateurs.

Pour préserver cette circulation des données, M. Sebastian affirme que nous devons adopter une démarche axée sur des principes comme la transparence et la protection des utilisateurs, en faisant attention de ne pas nuire à la compétitivité des petites entreprises.

Il souligne à cet effet l’adoption en Europe du règlement général sur la protection des données (RGPD), qui, selon lui, a eu une incidence non voulue. Ce règlement a été conçu pour protéger les gens, mais il avantage les grandes sociétés, comme Google et Facebook, parce qu’elles disposent des ressources nécessaires pour se conformer à un ensemble de règles complexes. Les petites et moyennes entreprises sont quant à elles plus susceptibles de se voir imposer des amendes et des pénalités.

M. Sebastian ne croit pas que la meilleure solution soit toujours de s’en remettre aux gouvernements.

Le gouvernement Trudeau envisage la plus importante refonte des lois sur la protection des renseignements personnels des vingt dernières années. Alors que de nombreux entrepreneurs et chefs d’entreprise, comme Sam Sebastian, militent en faveur d’une démarche axée sur des principes, les défenseurs de la protection de la vie privée veulent des règles claires et des restrictions, surtout dans les domaines en émergence comme l’intelligence artificielle.

M. Sebastian précise que pour amener The Weather Network au quatrième rang des applications les plus utilisées au pays, Pelmorex a déployé une stratégie de gestion de données axée sur la simplicité et la transparence. Par exemple, la page des conditions d’utilisation de son site Web ne contient que 1 972 mots. La page des conditions d’utilisation d’AccuWeather en compte 4 000, et celle de Facebook, 12 000.

Voici ce qu’il faut faire pour tirer parti de cette nouvelle richesse :

  • trouver des moyens d’utiliser les données afin qu’elles deviennent plus pertinentes pour les consommateurs ;
  • utiliser les données de manière à renforcer la confiance du public ;
  • utiliser les données de manière à accroître l’efficacité du point de vue des actionnaires ;
  • améliorer les données de manière à augmenter leur incidence au sein des collectivités et dans le monde.

Expliquez à vos utilisateurs la nature et les raisons de vos activités, et mentionnez à l’avance ce que vous voulez faire, a conseillé M. Sebastian aux personnes qui assistaient à la conférence. Il a aussi insisté sur l’importance de communiquer d’une façon qui soit simple et directe.

Il est essentiel que les sociétés abordent les données d’un point de vue entrepreneurial, et non légaliste. Dotée de 400 employés seulement, Pelmorex est arrivée à franchir le cap des 60 millions d’utilisateurs par mois.

Afin de favoriser la création d’une culture entrepreneuriale concernant la gestion des données, la société a mis sur pied une division distincte des « solutions de données », laquelle a sa propre culture, son propre rythme et ne s’impose pas de cibles de revenus. L’entreprise peut aussi réaliser des acquisitions. Elle a notamment acquis en 2017 Addictive Mobility, la plus importante plateforme de gestion des données et d’achat média mobile au Canada.

Cette acquisition rappelle à M. Sebastian ce qu’il a appris au sujet de la culture de la croissance lors de ses années passées chez Google ; il ne s’agit pas d’offrir des repas gratuits ou de créer une ambiance de travail conviviale, mais plutôt de donner l’impression aux employés, à tous les échelons de l’entreprise, qu’ils sont en mesure de changer le monde grâce leur contribution.

Il sait que la croissance de Pelmorex n’est pas seulement attribuable à la gestion de données. Cinquante météorologistes travaillent chez Pelmorex, qui parvient donc à garder une longueur d’avance par rapport aux analyses météorologiques en surface de Google, fusionnant ainsi l’art et la science de la prévision.

Les conditions météorologiques constituent une variable importante non seulement pour les déplacements quotidiens, mais aussi pour de nombreuses sociétés partout dans le monde. Pelmorex crée de la valeur pour ces autres sociétés en faisant des rapprochements entre leurs résultats de vente et les données météorologiques historiques, les aidant ainsi à mieux se préparer en vue des 14 jours suivants et à prendre des décisions éclairées.

Malgré toute l’attention accordée à la protection des renseignements personnels, M. Sebastian craint que nous ne soyons pas suffisamment centrés sur la question de la sécurité. L’an dernier, les données à caractère personnel de trois Canadiens sur quatre ont été compromises. Nous sommes nombreux à ne pas comprendre comment sont utilisés nos renseignements personnels ou à quel point nous sommes vulnérables à des attaques.

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Les employés de première ligne, comme les vendeurs en magasin et les téléphonistes, sont les plus lourdement touchés par cette réalité, et la majorité de ces travailleurs sont des femmes. Selon un sondage mondial réalisé par Ipsos, 54 % des employés de première ligne devront, d’une façon ou d’une autre, se soumettre à une rééducation professionnelle intensive d’ici 2022.

Malgré les défis, il existe une occasion à saisir. Grâce aux bonnes formations et à la mise à niveau adéquate de leurs aptitudes, des millions de Canadiens pourront occuper de nouveaux et de meilleurs emplois, tandis que les machines se chargeront de tâches plus élémentaires et répétitives.

Lors de notre dernière séance Les innovateurs RBC, nous nous sommes entretenus avec Carol Leaman, chef de la direction d’Axonify, une entreprise de microapprentissage basée à Waterloo dont la mission est de révolutionner la façon dont les entreprises recyclent leurs employés de première ligne. Avec Mme Leaman, nous avons discuté des manières dont le changement radical de l’apprentissage peut transformer l’ère de l’automatisation en force positive, ainsi que de la réussite que connaîtront les femmes dans le monde automatisé de demain.

Tirer parti des aptitudes que les femmes possèdent déjà

Lorsqu’il est question de l’avenir du monde du travail, deux mots reviennent souvent : persévérance et résilience. Ces qualités, Mme Leaman les a apprises sur le tas : alors qu’elle n’était qu’une jeune comptable de 26 ans, son patron lui a un jour demandé de se débrouiller pour trouver 40 millions de dollars ! Bien que terrifiée, elle s’est retroussé les manches et elle l’a fait. « Mon patron m’a appris qu’avec de la volonté, on peut tout accomplir. »

Si Mme Leaman reconnaît que les femmes ont tendance à occuper des postes plus vulnérables à l’automatisation, elles possèdent, selon elle, une persévérance et une résilience ainsi que d’autres qualités qui leur permettront de s’orienter vers des emplois de plus en plus demandés. Une étude de RBC a dévoilé que 54 % des postes les plus susceptibles d’être touchés par l’automatisation sont occupés par des femmes, mais que celles-ci se distinguent par des aptitudes générales, numériques et sociales qui seront particulièrement recherchées pour les emplois de demain.

« Les femmes ont généralement les aptitudes de base nécessaires pour effectuer une transition vers de nouveaux emplois et de nouveaux secteurs. Nos postes sont plus menacés qu’avant, mais nous sommes mieux outillées pour faire face aux mutations », soutient Mme Leaman.

Preuve à l’appui, les femmes fondent aujourd’hui des entreprises à un rythme sans précédent. « Les femmes sont extrêmement débrouillardes. À mesure qu’évolueront les milieux de travail, les organisations déploieront de plus en plus d’efforts pour soutenir les femmes dans différents profils de carrière. »

Acquérir de nouvelles aptitudes de façons novatrices

Les conséquences de l’automatisation se feront le plus sentir chez les travailleurs de première ligne, comme les serveurs, les vendeurs en magasin et les représentants du service à la clientèle, des femmes pour la plupart. Pour survivre à leur remplacement, qui surviendra tôt ou tard alors que l’automatisation s’impose dans le secteur des services, ces travailleurs auront besoin d’une mise à niveau profonde de leurs aptitudes.

Or, Mme Leaman croit que le microapprentissage constitue la voie de l’avenir en matière de recyclage professionnel. Des plateformes comme Axonify offrent des moments d’apprentissage en petits segments aux employés de première ligne, de sorte qu’ils puissent apprendre et acquérir de nouvelles aptitudes tout en s’acquittant efficacement de leurs tâches.

Axonify a poussé cette approche encore plus loin en travaillant de concert avec un neuroscientifique pour mettre au point un algorithme adaptatif fondé sur la science cognitive. « Grâce au volume de données que nous recueillons actuellement, soit environ 50 millions de points de données par mois dans le monde entier, nous pouvons appliquer l’apprentissage machine à ces données et en tirer des corrélations vérifiables, notamment sur la façon dont certaines formations offrent des possibilités de croissance et de revenus », explique Mme Leaman.

Changer l’image du leadership

Alors, comment préparer son effectif au changement ? Encourager le leadership des femmes est un excellent point de départ. Les dirigeantes, qui incarnent et comprennent les aptitudes nécessaires pour réussir dans le monde du travail de demain, sont bien en selle pour faire face à cette évolution.

Pourtant, selon une nouvelle étude de Plan International, lorsqu’il est question de se représenter un chef de la direction, seulement 10 % des Canadiens âgés de 14 à 24 ans s’imaginent une femme.

« D’après moi, c’est parce qu’il n’y a pas suffisamment de modèles de réussite qui atteignent les plus hauts échelons du monde des affaires et qui bénéficient d’une grande visibilité », d’affirmer Mme Leaman.

Une plus importante présence de femmes à des postes de direction en attirera d’autres et servira d’inspiration pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail.

Dirigeante et innovatrice d’expérience dans le domaine des technologies, Carol Leaman l’a bien compris. Nommée l’un des meilleurs lieux de travail pour les femmes au Canada, Axonify compte sur une forte présence féminine au sein de sa direction, et son effectif est composé à 45 % de femmes, parmi lesquelles se trouvent des responsables de produits, des professionnelles de la vente et des développeuses de logiciels – des équipes à prédominance masculine dans la plupart des sociétés technologiques.

« Les femmes sont attirées par les milieux de travail qui emploient beaucoup de leurs semblables, car elles voient les possibilités qui s’offrent à elles. »
Pour en savoir plus sur la préparation des femmes au monde automatisé de demain, téléchargez notre rapport.

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L’une des plus grandes possibilités de l’innovation numérique se trouve tout près de chez vous : votre hôpital local.

Le système canadien de soins de santé a tout pour inspirer un entrepreneur de la Silicon Valley : de l’ampleur, des données, de l’argent… et un gros problème à résoudre. Il s’affaisse sous son propre poids.

Cette année, le nombre de personnes atteignant 83 ans commence à augmenter ; ce moment est crucial puisqu’il s’agit de l’âge moyen auquel les gens commencent à emménager dans des maisons de soins de longue durée. Dans quatre ans environ, cette vague de personnes de 83 ans frappera le Canada comme un tsunami.

Au terme des années 2020, nous consacrerons environ 200 milliards de dollars aux soins de santé, dont la moitié aux soins aux aînés. Malgré cela, il nous manquera encore près de 200 000 lits de soins de longue durée et le personnel sera insuffisant. Les nombres ne concordent pas.

À notre dernière conférence Les innovateurs RBC, nous avons discuté avec deux chefs de file des soins de santé pour nous demander si la technologie numérique est le remède à nos maux.

  • Mike Wessinger est fondateur et directeur général de PointClickCare, l’une des meilleures entreprises canadiennes de génie logiciel qui transforment les soins aux aînés en Amérique du Nord.
  • Michelle DiEmanuele est présidente et directrice générale de Trillium Health Partners, un grand hôpital qui compte trois établissements en Ontario et qui a traité 1,7 million de patients l’année dernière.

 

Les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle et l’Internet des objets, profiteront aux soins de santé de deux manières. Ces innovations résoudront surtout certains problèmes relatifs à la sécurité et à la qualité des soins prodigués aux patients.

La technologie pourrait réduire la pénurie de travailleurs, qui constitue un problème tout aussi urgent, et stimuler la demande de personnel qualifié. La transition permettra idéalement de libérer les travailleurs de la santé pour qu’ils se consacrent davantage à l’aspect « humain » de leur emploi, et aussi d’attirer et de conserver une nouvelle génération qui s’attend à voir et à utiliser les nouvelles technologies et approches novatrices.

« Il s’agit d’une chose très positive, mais elle se concrétisera plus lentement que nous le voudrions », a déclaré Mme DiEmanuele.

Il en est ainsi parce que les soins de santé avant-gardistes nécessiteront des investissements initiaux importants ; dans le domaine des soins de longue durée, là où sont prodigués la plupart des soins aux aînés, les marges sont si minces que le secteur éprouve des difficultés à attirer de nouveaux capitaux. De plus, la plupart des hôpitaux au Canada ne peuvent pas recourir au capital d’actionnaires pour utiliser de nouvelles technologies. Il leur faut donc empiéter sur d’autres priorités budgétaires.

Même lorsque les fonds sont disponibles, la technologie n’est pas le remède à tous les maux. Soulignons par exemple que les aînés mettent du temps à adopter les nouveaux appareils pouvant simplifier les soins qu’ils reçoivent. Selon Michelle DiEmanuele, le taux de « non-adoption » chez les aînés de nouvelles technologies favorisant les soins autonomes ou dirigés est supérieur à 50 %.

Une autre pièce du casse-tête consiste à rendre l’emploi plus attrayant, dans un pays où le chômage est faible et où le salaire de départ des préposés aux soins personnels est proche du salaire minimum.

M. Wessinger essaie de se mettre dans la peau d’un préposé au soutien arrivant au travail après avoir parcouru un long trajet – « Et la première chose que vous devez faire à votre arrivée est de changer les produits pour incontinence d’un adulte. Si quelqu’un vous offrait 25 cents de plus de l’heure pour travailler dans un Walmart, que feriez-vous alors? »

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Notre existence est de plus en plus dématérialisée, mais nous sommes toujours avides d’expériences concrètes. Rappelons-nous toutes les fêtes de visionnement des matchs des Raptors de Toronto qui ont eu lieu au printemps dernier, et le défilé qui a clos la saison, à laquelle ont pris part plus d’un million de partisans. Et le mois dernier, un demi-million de mordus de cinéma se sont rendus au Festival international du film de Toronto.

L’évolution de la technologie a changé bien des choses, mais pas le besoin profond qu’ont les êtres humains de tisser des liens. L’économie expérientielle est florissante, ce qui envoie un signal auquel les innovateurs doivent réfléchir : les consommateurs d’aujourd’hui veulent sentir qu’ils font partie d’un tout. Dans un sondage mondial mené par Live Nation, 66 % des répondants ont indiqué qu’ils étaient « avides d’expériences qui les mettent en contact avec de véritables personnes et des émotions brutes ».

Pour en savoir plus sur la façon d’attirer les foules à l’ère numérique et sur la force impressionnante du nombre, nous nous sommes entretenus, dans le cadre de la série Les innovateurs RBC, avec les coresponsables du Festival international du film de Toronto :

  • Cameron Bailey, directeur artistique et coresponsable, TIFF
  • Joana Vicente, directrice générale et coresponsable, TIFF

 

Le nombre de ménages abonnés à plusieurs services de diffusion en continu augmente rapidement, mais Mme Vicente, qui pense à l’apparition de la télévision et du magnétoscope, est optimiste quant à l’avenir des salles de cinéma.

« Il y a toujours eu des bouleversements de ce genre, dit-elle, et le cinéma a toujours tiré son épingle du jeu. »
En cette époque de distractions omniprésentes, le cinéma est le seul lieu où l’on nous demande d’éteindre notre téléphone. Nous nous laissons emporter par le fil de l’histoire, et nous rions ou pleurons avec le reste de l’assistance. Et soyons honnêtes : rien ne peut surpasser la qualité de l’image projetée.

« Vous avez beau avoir un excellent cinéma maison, affirme M. Bailey, nous pouvons faire mieux. Désolé ! »

Or, l’évolution des habitudes de visionnement n’est pas la seule chose à retenir de la généralisation de la diffusion en continu. Il convient de s’intéresser à l’incidence potentielle des données sur l’art cinématographique. Les réalisateurs pourraient avoir du mal à choisir entre leur vision artistique et les facteurs, tirés des données, qui favoriseront leur présence sur la liste des recommandations de Netflix.