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➔ La forte demande énergétique est le fait non seulement de l’intelligence artificielle, mais aussi de la climatisation des immeubles

➔ Les émissions invisibles du Canada

➔ Les visions du monde radicalement différentes de David Suzuki et de Chris Wright

Sujets chauds

Les émissions invisibles : des facteurs de changement climatique avec lesquels il faut compter. À l’échelle mondiale, les émissions liées à l’affectation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie (ATCATF) font l’objet d’un suivi, mais ne sont pas incluses dans le calcul des émissions des pays. Les émissions provenant des terres gérées sont incluses, mais non celles provenant des terres non gérées, car elles découlent de phénomènes qui échappent au contrôle humain, comme les incendies de forêt. Elles sont toutefois formidables : les émissions produites en 2023 par les feux de forêt sur des terres gérées ont surpassé de beaucoup les émissions comptabilisées du Canada. Les émissions liées à l’ATCATF pourraient s’avérer très importantes cette année aussi. Au 2 juin, les émissions totales estimatives découlant des feux de forêt au Canada n’avaient été surpassées que par celles de 2023 : environ 56 mégatonnes de carbone (ou 8 % des émissions de GES du Canada en 2023), selon le Système mondial d’assimilation des incendies du CAMS, exploité par le CEPMMT pour le compte de l’Union européenne. Ont donc été anéantis en quelques semaines les résultats d’années d’action climatique. Axée principalement sur l’atténuation des émissions au détriment de l’adaptation au climat, la politique climatique du Canada est clairement mal fondée. Et nous en payons tous le prix.

Le moment est-il venu de mettre en place un programme de pipeline de 100 milliards de dollars ? L’Alberta et Ottawa font avancer un important programme énergétique qui pourrait allier un pipeline pétrolier sur la côte ouest, le projet de captage et stockage du carbone de l’Alliance nouvelles voies, et un potentiel de production accrue de pétrole, selon John Stackhouse. Pour le faire aboutir, toutefois, il faudra trouver des façons de contourner le plafond imposé par l’ancien gouvernement libéral en matière d’émissions découlant du pétrole et du gaz naturel. Cela pourrait se faire au moyen d’une nouvelle cible, d’un report d’échéance, ou d’un raffinement de la méthode de calcul des émissions évitées. Les coûts associés au programme pourraient toutefois atteindre les 100 milliards de dollars.

La tragédie au Texas met en évidence la fréquence et l’intensité des inondations. Plus de 80 % des Canadiens vivent dans des zones urbaines et environ huit grandes villes canadiennes sur dix sont situées à proximité de zones inondables, selon le gouvernement fédéral. Au Canada, les inondations représentent déjà le sinistre naturel le plus coûteux en termes de dommages matériels –  2 milliards de dollars chaque année –, alors que les changements climatiques accroissent la violence des phénomènes météorologiques. Dans le cadre de sa Stratégie nationale d’adaptation, Ottawa affecte 164,2 millions de dollars à la mise à jour de la cartographie des inondations au pays d’ici 2028. Sera-ce suffisant ?

Les récents commentaires de David Suzuki et de Chris Wright mettent en évidence les tensions entre les écologistes et certains promoteurs du secteur de l’énergie. Le plus célèbre écologiste du Canada a affirmé récemment à iPolicy qu’il est « trop tard » pour inverser les changements climatiques, les décideurs étant axés sur la croissance économique et plutôt que sur la préservation de la nature. Pour sa part, le secrétaire à l’Énergie des États-Unis Christ Wright considère la crise climatique comme un effet secondaire du progrès, et non comme une menace existentielle. « Je suis prêt à accepter ce modeste effet négatif en contrepartie du progrès humain », écrit-il dans The Economist. Les politiques sont souvent dictées par les administrations en place, et les promoteurs du secteur de l’énergie sont gagnants cette fois. Il pourrait en être autrement d’ici quelques années.

On parle beaucoup de la demande énergétique liée aux centres de données, mais le fait est que la climatisation n’est pas en reste. Alors que la chaleur et l’humidité estivales deviennent de plus en plus accablantes au Canada et ailleurs dans le monde, l’Agence internationale de l’énergie prévoit que la climatisation comptera bientôt pour une part accrue de la demande énergétique mondiale, cette part devant vraisemblablement passer de 37 % à 45 % d’ici 2030.

Voici pourquoi la climatisation est en voie de devenir un enjeu climatique de premier plan :

➔ La climatisation a généré un peu plus d’une gigatonne d’émissions de carbone à l’échelle mondiale en 2022 (1,9 % des émissions totales). Outre ces émissions, elle présente un risque de fuites de fluides réfrigérants, qui ont un potentiel de réchauffement mondial environ 1 000 fois plus élevé que le CO2.

➔ La demande énergétique liée à la climatisation à l’échelle mondiale croît de 4 % par année, soit deux fois plus vite que celle liée au chauffage de l’eau. Cette situation exerce des pressions sur la capacité énergétique, d’autant plus que des pays comme le Canada s’efforcent de maintenir la propreté de leurs réseaux.

➔ Au Canada, le pourcentage de ménages qui climatisaient leur résidence était de 64 % en 2021, comparativement à 55 % en 2013. C’est encore plus impressionnant compte tenu de la hausse du nombre de ménages au cours de la dernière décennie.

➔ Les bâtiments représentent 18 % des émissions du Canada. Or, le chauffage et la climatisation comptent pour plus de 67 % de la consommation d’énergie des bâtiments.

➔ En 2021, une résidence canadienne sur dix était dotée d’une thermopompe (qui peut servir de système de climatisation) alors que cette proportion était presque nulle à peine quelques années auparavant. Les thermopompes sont 4,5 fois plus efficaces que les appareils de climatisation conventionnels, ce qui en fait un pilier clé de l’action climatique.

➔ Les importations de thermopompes résidentielles ont bondi de 71 % au Canada au premier trimestre comparativement à la même période l’an dernier, selon les données de l’ Institut canadien du chauffage, de la climatisation et de la réfrigération (ICCCR).

➔ Les décideurs fédéraux et provinciaux envisagent l’adoption d’un code du bâtiment stipulant qu’au moins une pièce d’une habitation doive être dotée d’un système de climatisation.

➔ L’accès à la climatisation est en passe de devenir une question de droits de la personne, en particulier depuis le décès de près de 600 personnes par suite d’un dôme de chaleur à Vancouver en 2021.

➔ « Les efforts d’atténuation des changements climatiques, principalement sous forme de politiques, de programmes de remises et de mesures incitatives, constituent une importante source d’affaires », explique Martin Luymes, vice-président, Relations avec les gouvernements et les parties prenantes, ICCCR. Par exemple, les remises fédérales ont suscité un nombre record de ventes de thermopompes, qui ont ensuite baissé lorsque les programmes ont pris fin.Plusieurs provinces, dont l’Ontario, la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse, continuer d’offrir des remises afin de soutenir l’intérêt à l’égard des thermopompes.

➔ Le secteur CVC canadien considère l’abolition envisagée du programme Energy Star  aux États-Unis comme une « erreur majeure », selon M. Luymes, qui fait remarquer que le programme, qui fait la promotion des produits écoénergétiques, dont les appareils de climatisation, constitue une précieuse et abordable source de conseils à l’intention des consommateurs. Des experts disent que l’élimination ou l’affaiblissement d’Energy Star pourrait nuire aux progrès climatiques.

C’est maintenant chose faite. La « grande et magnifique loi » de Donald Trump modifie plusieurs incitatifs fiscaux dans le domaine des énergies propres qui étaient régis par la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act). De plus, elle renforce les exigences en matière de contenu national, impose de nouvelles échéances de qualification, et met fin à d’autres crédits d’impôt qui pourraient avoir une incidence sur les entreprises canadiennes de technologies propres à la recherche d’occasions au sud de la frontière.

Voici quelques éléments positifs et négatifs de la nouvelle loi :

Captage du carbone : La loi maintient les crédits pour le captage du carbone et offre des incitatifs à l’utilisation du CO2 pour la récupération assistée des hydrocarbures, soulignant ainsi l’engagement de l’administration à l’égard de l’industrie des combustibles fossiles.

Énergie nucléaire : La loi maintient les crédits pour les installations nucléaires actuelles et pour les nouvelles technologies énergétiques de pointe. Les nouvelles dispositions relatives aux entités étrangères pourraient toutefois compromettre la croissance du secteur. Cette section de la loi est appuyée par un décret antérieur visant à quadrupler la capacité nucléaire des États-Unis, la faisant passer de 100 GW à 400 GW d’ici 2050.

VE : La fabrication des véhicules électriques et leur caractère concurrentiel seront « durement touchés », selon le Center on Global Energy Policy de l’Université Columbia, qui note que la loi pourrait provoquer une baisse de la demande de VE au pays, compromettre les investissements dans les piles pour VE, et permettre à la Chine et à d’autres concurrents étrangers de gagner des parts de marché plus importantes.

Réseau propre : Les énergies solaires et éoliennes ont été particulièrement touchées par l’élimination des crédits d’impôt à l’investissement et à la production plus tôt que prévu. Il s’ensuivra une réduction de 53 % à 59 % de la capacité de production d’énergie propre d’ici 2035, selon le Groupe Rhodium. Faisant suite à l’adoption de la « grande et magnifique loi », un décret présidentiel exige l’élimination des subventions des « sources vertes peu fiables, comme l’énergie éolienne et l’énergie solaire », qui mettraient en péril la sécurité nationale. Un autre décret présidentiel exige l’élimination des « subventions des sources d’énergie peu fiables et contrôlées par l’étranger, qui entravent le bon fonctionnement des marchés ».

Minéraux essentiels : Le charbon métallurgique est maintenantconsidéré comme un « minerai essentiel » donnant droit à un crédit d’impôt à la production. La loi a également fixé à 2033 l’échéance du crédit d’impôt pour la production 45X des minéraux essentiels (auparavant sans échéance), ce qui posera problème puisque la plupart des projets miniers essentiels nécessitent de longs échéanciers. Le Center for Strategic and International Studies explique que l’imposition de cette échéance découragera les investissements dans les nouveaux projets dont la mise en production exige plus de temps et favorisera les anciennes carrières prêtes à produire, mais dont les réserves sont de moindre qualité.

La Chine est en première place au chapitre de la transition énergétique. C’est la Chine qui compte pour environ 74 % (1,3 térawatt) des nouvelles installations éoliennes et solaires mondiales en construction, suivie par les États-Unis (5,9 %) et l’Inde (5,1 %), selon le Global Energy Monitor. Les 590 gigawatt de nouvelle énergie éolienne proposés ou en construction en Chine suffiraient à alimenter en énergie la quasi-totalité des ménages américains. Cette dominance annoncée de la Chine dans le secteur des technologies propres pose une problématique pour l’Occident, comme l’a souligné la présidente de l’UE Ursula von der Leyen plus tôt ce mois-ci : « Beijing est à la fois un concurrent déterminé dans la course aux technologies propres et un acteur essentiel de la décarbonation mondiale. » Ce dilemme au sein du G7 ne suffira certainement pas à ralentir cette tendance.

Le pont entre les technologies propres et l’intelligence artificielle. CleanAI, fondé par Nicholas Parker, un investisseur chevronné du secteur des technologies, a récemment lancé à l’intention des entrepreneurs et des entreprises un écosystème de réseautage et de financement alliant intelligence artificielle et technologies propres. Les études menées par CleanAI démontrent que le développement de solutions de technologies propres alimentées par l’intelligence artificielle exigera 138 milliards de dollars américains de capital-risque au cours des cinq prochaines années, mais que de telles solutions pourraient pallier jusqu’à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

  • La semaine dernière, John Stackhouse s’est rendu à Limberlost Place, le premier bâtiment en bois massif zéro émission nette de l’Ontario, pour participer à un documentaire sur le projet. L’immeuble du Collège George Brown à Toronto sera ouvert cet automne.

  • Le 15 juillet, Nathan Janzen et Lisa Ashton ont prononcé une allocution à l’assemblée générale annuelle des Producteurs laitiers du Canada à Toronto.

Les lectures de l’équipe :

  • Genesis, de Henry Ksinger, Craig Mundie et Eric Schmidt, sur le pouvoir transformateur de l’IA en politique, en sécurité, en prospérité et en science. Lisez le compte-rendu de John ici.

  • The Explorer’s Gene: Why We Seek Big Challenges, New Flavors, and the Blank Spots on the Map, de Alex Hutchinson.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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L’Alberta s’apprête à devenir la Silicon Valley de la capture directe du dioxyde de carbone

Abondance mondiale : à l’aube de l’ère des nouvelles énergies

Le Brésil développe une variété de fèves de soja durables pour la Chine

Une Silicon Valley de la capture directe du dioxyde de carbone est en train de prendre forme dans le centre de l’Alberta. Grâce à une subvention de 40 millions de dollars américains de l’organisation Breakthrough Energy fondée par Bill Gates, la société québécoise Deep Sky inaugurera cet été son centre d’innovation et de commercialisation de la capture directe du dioxyde de carbone à Innisfail, dans le centre de l’Alberta. Considérée comme un pôle d’activité en matière de capture directe du dioxyde de carbone, l’installation servira de banc d’essai aux entreprises pour tester leurs technologies de capture directe du dioxyde de carbone avant d’étendre leurs activités à l’échelle commerciale. Huit entreprises provenant du Canada, des États-Unis, de l’Allemagne et d’autres pays se sont déjà inscrites. Misant sur le potentiel de Deep Sky, le gouvernement de l’Alberta a également investi récemment cinq millions de dollars grâce au fonds provincial Technology Innovation and Emissions Reduction (TIER).

L’Ontario élabore une nouvelle stratégie de construction en bois. Récemment annoncé, le Plan d’action pour les techniques avancées de construction en bois vise à promouvoir l’utilisation du bois dans des structures plus grandes et plus hautes afin d’achever les projets plus rapidement et de réduire les coûts jusqu’à 20 %. Remplacer le ciment et l’acier par du bois contribuerait également à réduire les émissions dans un secteur qui représente 18 % des émissions totales au Canada. Selon notre rapport sur le bois massif, l’adoption généralisée du bois, notamment du bois massif, en guise de substitut ou de complément au béton et à l’acier pourrait réduire les émissions intrinsèques des bâtiments jusqu’à 25 %. Ce programme sur cinq ans est lancé au moment où le secteur provincial, d’une valeur de 20 milliards de dollars, fait face à des droits de douane punitifs américains.

Les analystes s’empressent d’évaluer la demande des centres de données aux États-Unis. Selon un nouveau rapport de la société de services-conseils ICF, la demande d’électricité devrait croître de 25 % d’ici 2030 et de 78 % d’ici 2050 par rapport à la demande de 2023. Cela représente un taux de croissance annuel de 3,2 % d’ici 2030 (contre 1,4 % précédemment) et de 2,2 % d’ici 2050 (contre 1,1 % précédemment), ce qui tranche avec les deux dernières décennies durant lesquelles la demande en électricité aux États-Unis est restée essentiellement stable. Cette pression sur la capacité pourrait faire doubler le prix de l’électricité d’ici 2050, avertit ICF. La plus forte croissance de la demande est attendue au Texas, en Californie et dans la région de la Pennsylvanie, du New Jersey et du Maryland (qui couvre 13 États de la région du littoral médio-atlantique et du Midwest), c’est-à-dire dans des marchés qui importent déjà de l’électricité du Canada.

Le Brésil développe une variété de fèves de soja durables adaptée pour la Chine. Inspiré par le succès de son modèle Boi China beef, ce pays latino-américain compte développer une variété de fèves de soja destinée à la Chine, grâce à une chaîne d’approvisionnement qui respecte les normes environnementales chinoises et est alimentée par des énergies renouvelables. Cette initiative est également perçue comme un moyen pour la Chine de contrer le règlement européen sur la déforestation, dont les règles sont beaucoup plus strictes. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE, de nombreux pays ont exprimé leurs inquiétudes concernant ce règlement en raison de ses exigences strictes en matière de traçabilité, jugées inadaptées aux chaînes d’approvisionnement conventionnelles du soja. L’initiative du Brésil et de la Chine représente une voie alternative pour l’acheminement des fèves de soja. Le département de l’Agriculture des États-Unis a récemment averti que les fèves de soja durables constitueraient une menace directe pour la part de marché des exportateurs américains et canadiens en Chine.

Par Lisa Ashton

Des Hautes Terres d’Écosse aux milieux humides du Somerset, les changements climatiques bouleversent les paysages du Royaume-Uni et creusent un déficit de 97 milliards de livres sterling (181 milliards de dollars) en actifs naturels. Selon le Green Finance Institute (GFI), les dépenses publiques prévues par le gouvernement pour la conservation et la restauration sont très insuffisantes pour permettre au pays d’honorer ses engagements contraignants, notamment son plan environnemental sur 25 ans et ses objectifs 30 x 30 dans le cadre des cibles de l’ONU en matière de biodiversité. L’institut alerte également sur des risques et pertes économiques réels, estimés entre 150 et 300 milliards de livres sterling du PIB britannique d’ici 2030. Le gouvernement britannique est actuellement à la recherche de propositions d’entreprises, d’investisseurs et d’innovateurs pour protéger les fondements naturels de son économie et stimuler la croissance du secteur en plein essor des services liés à la nature.

Le Canada peut tirer des leçons de l’expérience du Royaume-Uni. Il accueille des investissements majeurs dans le cadre de plusieurs initiatives, notamment du financement de projets pour la permanence du projet de la mer de Great Bear et des engagements politiques en matière de gestion des bassins versants visant à protéger et conserver 30 % des terres et des eaux du Canada d’ici 2030.

Le Canada est une véritable puissance mondiale en matière de ressources naturelles avec des richesses incomparables :

➔ il fait partie des cinq pays qui abritent collectivement plus de 70 % des écosystèmes encore intacts dans le monde ;

➔ il abrite 20 % des ressources en eau douce mondiales ;

➔ il abrite 25 % des milieux humides mondiaux ;

➔ il abrite 24 % des forêts boréales mondiales ;

➔ il a le plus long littoral au monde ;

➔ il a le plus long littoral au monde ;

➔ les écosystèmes du Canada constituent un habitat essentiel pour environ 80 000 espèces.

Comme bien d’autres pays, le Canada n’a malheureusement pas réussi à mobiliser un financement à grande échelle dédié à la nature afin de contrer la baisse de la part du PIB du capital naturel (d’environ 70 % en 1995 à environ 40 % aujourd’hui), et d’atténuer les risques liés à un environnement naturel qui se dégrade plus rapidement qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni. Selon les estimations de Statistiques Canada, à eux seuls, les incendies de forêt survenus depuis le début de l’année pourraient coûter 0,4 % du PIB de la Saskatchewan et 0,2 % de celui de l’Alberta.

Le financement dédié à la nature en est à ses balbutiements, mais une voie commence peu à peu à se dessiner pour renforcer le capital naturel et encourager les investissements au Canada. En 2022, le gouvernement du Canada a émis sa première obligation verte, d’une valeur de 5 milliards de dollars. Une partie des fonds est destinée à des projets axés sur la nature, notamment au financement de l’adoption de pratiques agricoles adaptées au climat.

L’exploration du financement dédié à la nature constitue une occasion de renforcer la résilience de l’économie canadienne qui dépend des ressources naturelles telles que la production de carburants, d’aliments, d’engrais et de produits forestiers.

Tendances, technologie et science

Le torchage du gaz en Alberta inquiète les professionnels de la santé. La division albertaine de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) cite une étude qui démontre qu’une augmentation de 1 % de l’exposition au torchage du gaz a entraîné une hausse de 0,73 % des visites à l’hôpital pour des problèmes respiratoires. Cet avertissement fait suite à un article de Reuters rapportant que, pour la deuxième année consécutive, le torchage du gaz avait dépassé la limite que la province s’était imposée en 2024. En juin, l’Alberta Energy Regulatory a annoncé mettre fin aux limites sur le torchage du gaz.

La surcapacité renforce la réputation de l’acier comme secteur difficile à décarboner. Environ 30 % de la capacité mondiale de production d’acier demeure inutilisée, un excédent qui a fait plonger les prix à leur plus bas niveau depuis quatre ans. Les sidérurgistes ne sont pas enclins à décarboner leurs activités, compte tenu des pressions exercées sur leurs marges. Selon un rapport de l’OCDE, le problème risque donc de s’aggraver puisque plus de 40 % des nouvelles capacités de production d’acier, principalement issues d’acteurs non marchands comme la Chine, devraient arriver sur le marché d’ici 2027 et rester très émettrices. L’OCDE recommande donc de renforcer la coopération internationale pour lutter contre la surcapacité et les distorsions du marché, afin d’améliorer les perspectives des entreprises sidérurgiques dans les économies de marché. Les sidérurgistes devraient alors être en mesure de poursuivre leurs efforts de décarbonation. Les nouveaux droits de douane antidumping au Canada et aux États-Unis, qui visent principalement la Chine, représentent également une occasion de créer un marché de l’acier vert.

L’interdiction des sacs en plastique et la mise en place de frais associés commencent à porter leurs fruits. Plusieurs autorités américaines qui ont mis en œuvre ces politiques ont constaté une baisse de 25 % à 47 % de la proportion de sacs plastiques parmi les déchets ramassés lors des opérations de nettoyage des rivages, selon une étude approfondie de l’Université du Delaware et de l’Université Columbia. L’interdiction a également permis de réduire le nombre d’animaux pris au piège dans des sacs plastiques le long du littoral. La pollution par les plastiques demeure néanmoins un problème croissant. La dernière ronde de négociations d’un traité mondial sur les plastiques est prévue en août à Genève.

Par John Stackhouse

Plus, plus, plus d’énergie.

Voilà le principal message du 10e rapport annuel sur les investissements de l’Agence internationale de l’énergie (AEI).

L’AIE suit les flux d’investissements dans toutes les formes d’énergie et cette année, son rapport est plus pertinent que jamais compte tenu de la volatilité des prix de l’énergie observée depuis le début de la décennie. Si le ralentissement de l’économie mondiale peut freiner certaines tendances d’investissement, ce qui est bâti aujourd’hui façonnera les dynamiques énergétiques des années à venir.

Les investissements dans les énergies propres ont bondi à l'échelle mondiale

Quelques faits saillants :

  • Les flux de capitaux vers le secteur de l’énergie devraient atteindre 3,3 billions de dollars américains cette année.

  • La Chine est en tête de la forte croissance des investissements dans le secteur de l’énergie. Elle représente près du tiers des investissements mondiaux, répartis presque également entre les réseaux et le stockage, la production d’énergie renouvelable et les combustibles fossiles.

  • En 2024, l’Amérique du Nord a enregistré un montant record de 700 milliards de dollars américains en investissements en 2024, mais ce montant devrait baisser à 690 milliards cette année. Les investissements dans les énergies propres n’ont jamais été aussi élevés.

  • Le nouveau projet de loi américain qui supprime plusieurs incitatifs en faveur des énergies propres, ainsi que le projet de loi C-5 du Canada qui soutient des projets d’énergies propres et conventionnelles, pourraient-ils influencer les investissements énergétiques ?

  • L’électrification est le principal secteur d’investissement à l’échelle mondiale, représentant près de la moitié (1,5 billion de dollars) de tous les capitaux investis dans l’énergie.

  • Seulement un tiers des investissements sera destiné au pétrole, au gaz naturel et au charbon.

  • La baisse des prix du pétrole freinera probablement les investissements.

  • L’investissement dans le gaz naturel liquéfié (GNL) suit une « solide trajectoire à la hausse », portée notamment par les États-Unis, le Qatar et le Canada.

  • La résurgence de l’énergie nucléaire se poursuit, avec une croissance de 50 % au cours des cinq dernières années.

  • Dans les économies avancées, la production d’énergie au charbon est quasiment à l’arrêt, alors qu’elle connaît un regain en Chine et en Inde.

En résumé, le monde devra continuer à investir des billions de dollars chaque année dans le secteur de l’énergie, et ce, dans un vaste éventail de sources. Au fur et à mesure que la situation évolue, certaines tendances à long terme se dessinent clairement. En effet, une part croissante des investissements énergétiques sera dirigée vers l’Asie, en particulier vers la Chine, une part plus importante sera consacrée à l’électrification, et, comme le souligne notre rapport Stratégie du G7+ en matière de gaz naturel, davantage d’investissements seront alloués aux infrastructures gazières.

Countries that develop the right policies will generate and attract the bulk of that capital, in what’s shaping up to be a New Energy Age.

This massive new data centre is powered by used EV batteries (Fast Company, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Would you recycle more if every bottle gave you a chance to win $1,000? (CBC, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Net-zero push is still on at many companies: SBTi (WSJ, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

Why Canada’s orphan wells are a bigger methane menace than active wells (ACS Publication, ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement)

  • John Stackhouse et Lisa Ashton ont visité la ferme Kelburn au Manitoba à la fin de juin. La ferme de démonstration est implantée dans la vallée de la rivière Rouge, un foyer de l’innovation agroalimentaire en pleine expansion. La ferme Kelburn accueille des agriculteurs, des étudiants, des chercheurs et des entreprises de la chaîne agroalimentaire souhaitant mettre à l’essai de nouvelles idées qui font progresser le secteur de l’agriculture au Canada.

  • Shaz Merwat a assisté à la conférence sur la transition énergétique RBC qui a eu lieu à London la semaine dernière. Cette semaine, il a assisté à une conférence virtuelle de l’Agence internationale de l’énergie sur le gaz naturel certifié.

Liste de lecture de l’équipe :

  • Crisis: A Global Case Primer de Jason Miklian et John Katsos, sur le leadership en temps de crise (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement).

  • The Genius Myth de Helen Lewis, sur les raisons pour lesquelles nous ne devrions pas idéaliser des personnalités comme Elon Musk (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement).

  • How Countries Go Broke de Ray Dalio, sur les raisons pour lesquelles les États-Unis se trouvent dans les dernières phases d’un grand cycle d’endettement.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran et Joelle Schonberg.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).

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