Pour la semaine du 1er juin
L’économie canadienne a mal commencé en 2026. La croissance du PIB réel a été décevante par rapport aux prévisions consensuelles et est demeurée globalement inchangée au premier trimestre, et le taux de chômage a légèrement augmenté.
Néanmoins, nous nous attendons à ce que les signes de stabilisation de la demande de main-d’œuvre au cours de l’été et l’embauche pour le recensement du gouvernement fédéral (habituellement 15 000 emplois) aient entraîné une croissance modérée d’environ 25 000 emplois en mai, tandis que le taux de chômage a probablement fléchi à 6,8 %.
Cette amélioration fait suite à d’importantes pertes d’emplois en début d’année, mais aussi à des signes de résilience camouflée du marché de l’emploi. Fait crucial, les licenciements se sont limités aux secteurs fortement exposés aux échanges commerciaux et diminuent dans l’ensemble depuis octobre 2025. La hausse du chômage en 2026 s’explique en grande partie par la prolongation des recherches d’emploi pour les nouveaux venus sur le marché, en raison de la faiblesse persistante des embauches.
C’est peu rassurant pour ceux qui cherchent du travail, mais ce n’est pas le genre de ralentissement du marché de l’emploi que l’on observe habituellement, par exemple, au début d’une récession.
Dans un récent discours, le sous-gouverneur de la Banque du Canada, Nicolas Vincent, a parlé d’un marché de l’emploi « à faible roulement », et a souligné qu’un pourcentage élevé de personnes sont sans emploi depuis longtemps et que le taux de chômage est particulièrement élevé chez les jeunes chercheurs d’emploi.
Dans l’ensemble, les intentions d’embauche ont pris du recul après que le conflit au Moyen-Orient a accru l’incertitude dans le contexte d’exploitation des entreprises. Le total des offres d’emploi sur Indeed.com a toutefois montré des signes de résilience, les offres d’emploi ayant commencé à rebondir en mai, après avoir reculé en mars et en avril.
Les prix élevés du pétrole demeurent un risque important pour l’économie canadienne et le marché de l’emploi. La forte hausse des prix du pétrole génère des revenus pour les régions productrices de pétrole, mais pourrait également détourner les priorités des entreprises de l’embauche vers la préservation des marges, à mesure que les coûts du carburant augmentent.
Par ailleurs, les préoccupations à l’égard de la demande des consommateurs (la hausse des prix de l’essence réduisant le pouvoir d’achat des ménages) pourraient également limiter la capacité des entreprises à répercuter ces hausses de coûts tout en demeurant concurrentielles. Toutefois, les premières données sur les dépenses de consommation montrent des signes limités de destruction de la demande jusqu’à présent.
Nous continuerons de surveiller la situation, puisque les prix du pétrole demeurent élevés. Toutefois, comme la demande des ménages dans son ensemble tient le coup en ce moment, notre scénario de base demeure prudemment optimiste quant à une plus grande stabilisation de l’embauche cet été et à une baisse graduelle du taux de chômage vers la fin de l’année.
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Nous nous attendons à ce que le resserrement structurel du marché américain de l’emploi ait persisté en mai, le taux de chômage étant demeuré stable à son plus bas niveau depuis dix ans, à 4,3 %, tandis que le nombre d’emplois a augmenté de 99 000 pour égaler globalement le rythme de 115 000 en avril. La rémunération horaire moyenne devrait s’être accélérée, progressant de 0,3 % en mai. Le nombre de demandes initiales de prestations d’assurance-chômage est probablement demeuré faible, à 208 000, comparativement aux 215 000 cette semaine.
À propos des auteurs :
Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.
Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.
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