Prévisions pour la semaine du 22 juin
Le rapport sur l’indice des prix à la consommation du Canada pour le mois de mai, qui paraîtra lundi, fera le point sur les tendances de l’inflation à la suite de la décision de la Banque du Canada de laisser les taux d’intérêt inchangés plus tôt ce mois-ci.
Nous nous attendons à ce que l’inflation globale monte à 3 % par rapport à l’année précédente en mai, comparativement à 2,8 % en avril. Les prix de l’énergie devraient demeurer le facteur le plus important de la croissance des prix, le gain annuel devant probablement grimper après avoir bondi à 19 % en avril. Mais l’inflation des prix des aliments a probablement aussi augmenté. Nous prévoyons un taux de 3,8 % après avoir ralenti à 3,5 % en avril, comparativement à 4 % en mars.
Les prix de l’énergie ont continué de faire grimper l’inflation globale, mais la Banque du Canada ne peut rien faire au sujet des prix mondiaux du pétrole.
La banque centrale serait bien plus préoccupée par une propagation des pressions sur les prix au-delà des prix de l’énergie, qui sont directement touchés. Toutefois, des rapports récents ont généralement montré que la hausse de l’IPC global s’est concentrée dans un nombre limité de catégories, les mesures sous-jacentes restant plus proches de la cible d’inflation de 2 % fixée par la BdC.
Nous prévoyons que les mesures de l’inflation de base resteront globalement maîtrisées en mai, malgré la hausse de l’inflation globale. La hausse de l’IPC, hors alimentation et énergie, devrait s’être maintenue à 1,5 % sur un an, tandis que l’IPC-méd et l’IPC-tronq, mesures privilégiées par la BdC, sont restés proches de la cible de 2 %.
Le rapport de mai tiendra également compte des pondérations actualisées du panier de l’IPC, fondées sur les habitudes de dépenses des consommateurs en 2025. Parmi les changements les plus importants, on note une augmentation des pondérations attribuées aux dépenses liées au transport, à la santé et aux soins personnels, partiellement contrebalancée par une diminution de la pondération du logement. Bien que la révision du panier puisse entraîner de légères variations dans la contribution de certaines composantes, nous prévoyons que cela aura peu d’incidence sur les mesures globales de l’inflation.
La Fed de Kevin Warsh s’éloigne davantage des baisses du taux directeur
Nous avons mis en évidence des tendances macroéconomiques divergentes entre le Canada et les États-Unis où l’économie américaine, plus forte, obligeait la Réserve fédérale américaine à maintenir des taux d’intérêt plus élevés qu’au Canada.
Toutefois, notre scénario de base prévoit toujours que la BdC et la Fed demeureront sur la touche cette année. Nous nous attendons à ce que le FOMC maintienne le taux des fonds fédéraux au même niveau mercredi, mais s’éloigne encore plus d’une préférence pour les réductions vers une position plus neutre compte tenu des données récentes.
Les données du marché du travail aux États-Unis ont été meilleures que prévu plusieurs fois de suite, ce qui a atténué les préoccupations à l’égard des effets du double mandat de la Fed sur l’emploi. Entre-temps, l’inflation globale aux États-Unis a augmenté en raison de la flambée des prix de l’essence et de l’inflation de base persistante. La semaine prochaine, l’attention se portera également sur le nouveau gouverneur de la Fed, Kevin Warsh, qui présidera sa première réunion du FOMC après son entrée en fonction en mai.
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L’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) d’avril au Canada sera suivie de près, après la reprise plus forte que prévu du marché de l’emploi constatée en mai dans l’Enquête sur la population active (EPA), qui fournit des données plus récentes. Néanmoins, les données sur les postes vacants dans l’EERH (qui ne sont pas disponibles dans l’EPA) joueront un rôle clé; elles affichent une légère hausse, ce qui indique que la demande de main-d’œuvre se stabilise. Nous nous attendons à ce que la croissance des salaires selon l’EERH continue de tirer de l’arrière par rapport aux données étonnamment solides de l’EPA en avril. Toutefois, les données de mai ont montré que la croissance des salaires selon l’Enquête sur la population active (EPA) avait ralenti pour s’établir à 3 % sur 12 mois, ce qui correspond davantage à un taux de chômage en légère baisse, mais toujours élevé.
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Nous prévoyons que le revenu des particuliers aux États-Unis augmentera de 0,4 % d’un mois à l’autre en mai, un rythme inférieur à la hausse de 0,6 % d’un mois à l’autre que nous anticipons pour les dépenses de consommation, ce qui indique que les consommateurs continuent de dépenser au-delà de la croissance de leur revenu. Ces dépenses sont financées par le prélèvement sur l’épargne plutôt que par une hausse des revenus, le taux d’épargne des particuliers devant potentiellement continuer de baisser par rapport aux 2,6 % enregistrés en avril. Les données devraient confirmer que les consommateurs américains maintiennent leur rythme de dépenses au détriment de leur coussin d’épargne.
À propos des auteurs :
Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.
Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.
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