En résumé :
Le produit intérieur brut (PIB) canadien a été nettement inférieur aux attentes au premier trimestre, reculant de 0,1 % (taux annualisé), soit une deuxième baisse trimestrielle consécutive, après un recul de 1 % (auparavant présenté comme -0,6 %) au quatrième trimestre. Ce résultat se situe bien en deçà des estimations préliminaires de la production mensuelle jusqu’à la fin mars publiées il y a un mois, qui laissaient entendre un taux de croissance plus près de 2 % au premier trimestre.
Même si la baisse du PIB au premier trimestre a été très faible, deux trimestres consécutifs de baisse du PIB sont inhabituels sur le plan historique. Toutefois, pour un deuxième trimestre consécutif, les indicateurs sous-jacents demeurent plus solides que ce à quoi l’on s’attendrait généralement, par exemple au début d’une récession.
Comme prévu, la demande de consommation est demeurée généralement résiliente au premier trimestre, progressant de 1,5 %, la baisse inattendue de la croissance globale du PIB au premier trimestre étant en grande partie attribuable au fort recul des achats d’armes par le gouvernement fédéral après les fortes hausses enregistrées aux trimestres précédents.
Les échanges commerciaux nets ont retranché 4 % à la croissance du PIB, principalement en raison d’une hausse des importations (plutôt qu’une baisse des exportations) qui a été compensée par un bond dans l’accumulation des stocks.
L’agrégat du PIB mensuel lié à la production publié séparément a enregistré une hausse de 0,5 % au premier trimestre, et les premières estimations tablent sur un rebond (non annualisé) de 0,4 % de la production mensuelle en avril, après un repli de 0,1 % en mars. (Encore une fois, ces estimations préliminaires se sont révélées très peu fiables dans le cadre de la publication aujourd’hui des données du premier trimestre et de mars.)
De plus, un ralentissement sans précédent de la croissance démographique à la suite des gains inédits enregistrés après la pandémie fausse considérablement l’interprétation habituelle de la croissance globale du PIB. Statistique Canada a annoncé que le PIB par habitant a augmenté de 0,9 % (taux annualisé) au premier trimestre, la taille de la population canadienne ayant diminué pour un deuxième trimestre consécutif. Ce résultat est plus favorable pour la façon dont les ménages vivent le contexte économique par rapport à, par exemple, les augmentations du PIB en apparence respectables en 2023/2024 qui représentaient en fait des baisses persistantes par habitant.
On continuera probablement de mettre davantage l’accent sur les données de mai sur le marché de l’emploi au cours de la semaine à venir, car les données sur l’emploi ont également ralenti au cours des derniers mois, tandis que le taux de chômage a augmenté en avril.
Toutefois, nous continuons de croire que les indicateurs sous-jacents concernant le marché de l’emploi et le PIB sont meilleurs que ne le laissent entrevoir les données sur la croissance globale.
Les perspectives économiques du Canada demeurent tributaires de la stabilité (généralisée) de la politique commerciale internationale des États-Unis et du choc des prix du pétrole, qui continue de réduire le pouvoir d’achat des ménages. Toutefois, nous nous attendons à ce que le taux de chômage diminue progressivement cette année et à ce que la croissance du PIB par habitant continue de s’améliorer globalement.
En détail :
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Le PIB a reculé de 0,1 % (taux annualisé) au premier trimestre, ce qui marque une deuxième baisse consécutive après un recul de 1,0 % au quatrième trimestre. Ce chiffre est nettement inférieur aux premières estimations de Statistique Canada il y a un mois, qui indiquaient une croissance de près de 2 % au cours du trimestre.
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Pour un deuxième trimestre consécutif, les indicateurs sous-jacents n’ont pas été aussi mauvais que le laissent entrevoir les données sur la croissance globale.
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La demande intérieure finale (la somme des dépenses publiques, de consommation et des entreprises) a légèrement diminué (-0,4 %), mais cette baisse a peu nui au bond de 2,7 % enregistré au quatrième trimestre, et elle a progressé de 1,3 % par rapport à l’an dernier.
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Les dépenses de consommation ont augmenté de 1,5 %, ce qui est largement conforme à notre propre suivi des opérations par carte, qui a indiqué une résilience soutenue des dépenses au premier trimestre.
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Les investissements résidentiels ont encore reculé, tandis que les reventes de logements et les investissements des entreprises dans la construction ont encore fortement reculé (-10,2 %). Toutefois, les achats de biens d’équipement par les entreprises ont bondi de 10,2 %, et les investissements dans la propriété intellectuelle, de 13,8 %.
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Les échanges commerciaux nets ont enlevé (comme prévu) près de 4 points de pourcentage de la croissance du PIB au premier trimestre, mais cette baisse a été largement compensée par l’accumulation importante des stocks.
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Plus important encore, les chiffres semblent mieux tenir compte d’un ralentissement sans précédent de la croissance démographique. Le PIB par habitant a augmenté de 0,9 % (selon les calculs de Statistique Canada) au premier trimestre, la population ayant reculé pour un deuxième trimestre consécutif.
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L’agrégat du PIB mensuel lié à la production publié séparément semble légèrement meilleur, inscrivant une hausse de 0,5 % au premier trimestre pour compenser le recul de 0,5 % enregistré au quatrième trimestre, malgré un ralentissement de 21 % de la fabrication de véhicules automobiles, qui est attribuable aux paralysies d’usines aux fins de rééquipement largement médiatisées en raison de leur durée.
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L’estimation préliminaire du PIB pour avril montre une hausse de 0,4 %. Nous continuons de faire preuve d’une grande prudence à l’égard de ces estimations préliminaires, car elles ont été très sujettes aux révisions.
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Le PIB nominal a fortement augmenté (4,6 %) au premier trimestre, car la hausse des prix du pétrole a fait grimper les recettes d’exportation vers les régions productrices de pétrole du Canada.
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La hausse des prix du pétrole réduit également le pouvoir d’achat des ménages pour les produits autres que l’essence, mais le taux d’épargne des ménages a peu varié au premier trimestre (3,5 %) par rapport au quatrième trimestre (3,7 %), malgré la résilience relative des dépenses de consommation.

À propos de l’auteur :
Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.
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