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Le ralentissement de la croissance de l’emploi freine les craintes d’inflation par la demande

Après la révision à 129 000 du mois dernier, les chiffres d’emploi de juin ont été inférieurs aux attentes, à 57 000. Pour la Fed, le rapport tombe dans le mille : la création d’emplois ralentit suffisamment pour apaiser les inquiétudes au sujet de l’inflation par la demande sans indiquer une véritable détérioration

Un repli du taux de chômage (qui a chuté à 4,2 %) était le résultat d’une baisse de la participation au marché du travail et, par conséquent, d’une baisse du chômage enregistré.

Bien que nous continuions de voir des signes d’expansion de la croissance de la masse salariale, le ralentissement de la création d’emplois contribue à apaiser les inquiétudes au sujet de la trajectoire de l’inflation (par la demande).

Nous savons que la rémunération horaire moyenne a gagné en importance dans un contexte où l’inflation est la préoccupation la plus pressante. En juin, le salaire horaire moyen a augmenté de +0,3 % d’un mois à l’autre, ce qui a amené le rythme d’une année à l’autre à 3,5 %, une variation qui reste importante, mais toujours inférieure au rythme de l’inflation pour mai.

Voici les quatre thèmes qui se sont démarqués dans le rapport de ce matin :

  • Malgré des chiffres d’emploi peu reluisants, nous voyons encore des signes d’élargissement en juin. Les soins de santé et l’aide sociale ne représentaient qu’un tiers de la création d’emplois, tandis qu’en 2025, ce secteur représentait la grande majorité des embauches.

  • Étonnamment, les loisirs et l’hébergement (-61 000) ont plus qu’inversé leur croissance d’emplois en mai (+40 000). Au sein du secteur, le déclin était généralisé dans l’hébergement, les services de restauration et les arts de la scène et les sports commerciaux.

  • Les services professionnels et aux entreprises ont continué de créer des emplois (+36 000) et les services professionnels, scientifiques et techniques ont représenté les deux tiers des gains.

  • Les secteurs tributaires des échanges commerciaux ne perdent désormais plus d’emplois. Jusqu’à maintenant, en 2026, environ 200 000 des quelque 400 000 emplois perdus dans les secteurs tributaires des échanges commerciaux en 2025 ont été retrouvés. En juin, les emplois ont continué d’augmenter dans les secteurs de la fabrication (+3 000) et du transport et de l’entreposage (+2 000), mais à un rythme plus modéré qu’au cours des mois précédents.

  • Une thématique qui ne disparaîtra probablement pas de sitôt, c’est le fait que l’IA soutient le secteur de la construction. La construction non résidentielle a ajouté 17 000 emplois en juin et 71 000 depuis janvier, tandis que le secteur résidentiel, qui demeure étouffé par une demande de logements extrêmement limitée, a perdu 21 000 emplois depuis janvier.

  • Juin est habituellement un mois où nous observons un afflux de nouveaux diplômés universitaires à la recherche d’un emploi. Mais le mois dernier, l’enquête auprès des ménages a signalé que la taille de la population active s’était contractée de 720 000, marquant un exode massif.

  • Le taux de chômage est tombé à 4,2 %, le nombre de chômeurs et la taille de la population active ayant tous deux reculé. C’est peut-être une question de départs à la retraite, mais il pourrait aussi s’agir d’anciens chercheurs d’emploi qui ont quitté la population active.

  • Le taux de chômage U6 a également chuté à 7,9 %, avec une diminution des travailleurs à temps partiel et des chômeurs.  

  • À ce jour, 27 % des chercheurs d’emploi au chômage sont considérés comme des chômeurs de longue durée, ce qui correspond au mois dernier, mais demeure élevé.

  • Les départs volontaires et les mises à pied ont diminué chez les chômeurs. Il est important de noter que ces départs ne comptent que les chercheurs d’emploi sans emploi, de sorte que les départs à la retraite ne sont pas inclus dans ce total.

  • La création d’emplois demeure forte malgré le ralentissement des nouvelles embauches.

  • La bonne nouvelle, c’est que le marché du travail ne semble pas surchauffer en juin.

  • Ce qui a eu encore plus de conséquences, c’est que le revenu horaire moyen a augmenté de 0,3 %, comme prévu. Cela est toujours considéré comme une croissance ferme des salaires, mais avant la correction du prix de l’essence (en date de mai), les salaires réels ont été touchés par les pressions des prix. La croissance continue des salaires aide les consommateurs à se remettre de ce coup dur, mais la réduction progressive des remboursements d’impôt sera en même temps un obstacle.

  • Les données sur l’emploi de juin devraient encore permettre à la Fed de rester résolument axée sur l’inflation, mais elles aideront certainement à atténuer les préoccupations relatives aux pressions imminentes d’inflation par la demande.



À propos des auteurs :

Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.


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