En résumé :
La balance commerciale du Canada a enregistré un excédent pour un quatrième mois de suite en juin, la hausse des exportations d’or ayant compensé la baisse (liée aux prix) des exportations d’énergie.
Les données mensuelles sur le commerce sont notoirement volatiles, mais elles indiquent tout de même une augmentation nette importante de la croissance du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre, ce qui est largement conforme aux données mensuelles précédentes qui indiquaient déjà un risque de hausse d’environ un point de pourcentage par rapport à notre propre prévision d’un gain de 2,2 % du PIB au deuxième trimestre.
Fait important, cette contribution positive du commerce net à la croissance semble attribuable à la fois à une hausse de plus de 20 % des volumes d’exportation de marchandises (signe d’un raffermissement de la demande extérieure) et à une croissance toujours vigoureuse des importations. Cette dernière reflète notamment une forte augmentation des importations de matériel et d’équipement, ce qui constitue un signe encourageant pour les investissements des entreprises au Canada. Il convient également de noter que la forte progression observée en juin est d’ailleurs en grande partie liée à une hausse des importations d’unités de traitement, vraisemblablement destinées à des centres de données.
Les nouveaux droits de douane que l’administration américaine menace d’imposer plus tard ce mois-ci éroderaient considérablement le taux tarifaire relatif moyen du Canada par rapport à celui d’autres grands marchés d’importation américains. Néanmoins, plus de 80 % des exportations canadiennes à destination des États-Unis resteraient exonérées de droits de douane, en raison tant de l’exemption applicable aux échanges conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) que d’une liste plus vaste d’exemptions américaines propres à certains produits, laquelle s’est considérablement allongée au cours de la dernière année.
Notre hypothèse de base demeure celle d’un contexte tarifaire américain plus stable en 2026 (même si les taux tarifaires resteront nettement plus élevés pour certains produits) qui freinera moins la croissance qu’en 2025.
En détail :
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La balance commerciale du Canada a enregistré un excédent pour un quatrième mois consécutif en juin, passant d’un niveau révisé à la baisse de 3,7 G$ (auparavant 4,2 G$) en mai à un niveau de 3,9 G$.
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Le léger élargissement de l’excédent commercial de juin est principalement attribuable à la hausse des exportations d’or (28 %), qui a compensé la baisse de 10 % des exportations d’énergie attribuable aux prix.
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Les catégories de l’or et de produits énergétiques ont été exceptionnellement volatiles, mais si l’on exclut ces deux composantes, les flux commerciaux ont montré de nouveaux signes de stabilisation en juin.
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Si l’on exclut l’incidence des prix, les volumes d’exportations ont atteint un sommet record au deuxième trimestre, enregistrant une hausse de 23 % en données annualisées par rapport au premier trimestre et de 9,5 % par rapport à l’an dernier, lorsque les flux commerciaux ont été fortement réduits par les nouveaux droits de douane américains imposés au printemps 2025.
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Environ 40 % de l’augmentation globale des volumes d’exportations au deuxième trimestre est attribuable à un rebond des exportations dans le secteur de l’automobile après les perturbations de la production au cours de l’hiver. Les volumes d’exportations d’acier sont demeurés sous pression (-12 % par rapport à l’an dernier).
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En termes nominaux (sans exclusion de l’incidence des prix), les exportations vers les États-Unis ont augmenté de 24 % sur 12 mois en juin et de 28 % vers des destinations non américaines.
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Les volumes des importations ont reculé de 1,8 % en juin, s’ajoutant à la baisse de 0,5 % enregistrée en mai, mais demeuraient en hausse de 5,8 % en données annualisées pour l’ensemble du deuxième trimestre.
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Les données sur les importations laissent entrevoir un bond potentiellement important des investissements des entreprises canadiennes au deuxième trimestre, en raison à la fois d’une hausse des importations d’équipement industriel (10,6 % en données annualisées) et d’une envolée de 42,8 % des achats d’équipement électronique qui auraient été soutenus par l’achat d’unités de traitement pour les centres de données.
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Dans l’ensemble, abstraction faite des variations de prix et des expéditions d’or volatiles, les données pointent vers une contribution d’environ 4 points de pourcentage du commerce net à la croissance annualisée du PIB au deuxième trimestre. Ce résultat corrobore les données mensuelles publiées précédemment sur le PIB, lesquelles laissaient déjà entrevoir un rebond substantiel de la croissance au deuxième trimestre après deux trimestres de quasi-stagnation.

À propos de l’auteur :
Nathan Janzen est économiste à RBC. Il se concentre sur les questions macroéconomiques émergentes, allant des tendances du marché du travail aux changements dans la croissance structurelle à long terme du Canada et d’autres économies mondiales
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