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Au Canada, l’inflation bondit en avril en raison des prix de l’énergie qui poussent les gains globaux

Au Canada, l’inflation a bondi en avril (quoique moins haut que prévu), principalement en raison de la hausse des prix de l’essence et de l’atténuation des effets de base favorables sur l’énergie. Avril a été le premier mois de l’année où la croissance annuelle des prix de l’énergie n’a plus été artificiellement freinée par l’élimination de la taxe carbone pour les consommateurs en avril 2025, ce qui a accentué les pressions à la hausse sur les données globales.

L’augmentation de l’inflation globale continue toutefois d’exagérer les pressions sous-jacentes sur les prix. La vigueur observée en avril s’explique en grande partie par les effets liés à l’énergie, plutôt que par une reprise généralisée de l’inflation sur l’ensemble du panier. Hors aliments et énergie, la croissance des prix est demeurée beaucoup plus contenue, tandis que les mesures de l’inflation de base ont été globalement stables et ont continué de laisser entrevoir un ralentissement du momentum sous-jacent de l’inflation.

Les mesures de l’inflation de base, notamment l’IPC tronqué et l’IPC médian, se sont établies en moyenne à 2,1 % sur 12 mois en avril, comparativement aux 2,3 % de mars. L’inflation de base est donc nettement inférieure aux niveaux observés pendant la majeure partie de l’année dernière et reste globalement cohérente avec le ralentissement graduel des conditions de la demande intérieure.

Le rapport concorde avec notre point de vue général qui indique qu’une hausse des prix du pétrole fera grimper l’inflation globale et réduira le pouvoir d’achat des ménages, mais il est peu probable qu’elle ravive les pressions inflationnistes systémiques. Même si certaines catégories, en particulier l’alimentation et le logement, continuent de contribuer de façon disproportionnée à l’inflation, les pressions générales sur les prix s’atténuent parallèlement à un marché de l’emploi morose.

Les risques de hausse de l’inflation pourraient s’accentuer si les prix de l’énergie demeurent à des niveaux élevés plus longtemps, mais dans l’ensemble, les données d’avril soutiennent notre scénario de base selon lequel la Banque du Canada ne bougera pas pour le reste de 2026.



  • L’IPC global a augmenté de 0,3 % sur un mois (données désaisonnalisées) en avril, faisant passer le taux annuel de 2,4 % en mars à 2,8 %, ce qui est inférieur à nos attentes et à celles du marché.

  • L’énergie a été le principal facteur, l’essence ayant progressé de 28,6 % sur 12 mois et contribué de façon importante aux données globales dans un contexte de hausse des prix mondiaux du pétrole liée au conflit en cours au Moyen-Orient.

  • Les mesures de base continuent de diminuer. L’IPC tronqué et l’IPC médian ont ralenti sur 12 mois (à 2,0 % et à 2,1 %, respectivement) en affichant une légère hausse de 0,1 % sur un mois (données désaisonnalisées) pour l’IPC tronqué et de 0,2 % pour l’IPC médian.

  • La « super mesure de base » (services tronqués hors logement) s’est établie à 1,7 % en moyenne mobile sur trois mois, tandis que les données sur 12 mois se sont établies à 2,4 %, contre 2,7 % en mars, le taux le plus bas depuis mars 2021.

  • L’ampleur des pressions inflationnistes est restée limitée. La part des composantes du panier de l’IPC qui se sont hissées au-delà de 3 % était de 34 % en avril, ce qui est très semblable à mars, tandis que la part qui a augmenté de plus de 5 % était de 20 %. L’indice de diffusion continue de signaler un ralentissement du momentum sous-jacent.

  • La croissance des prix des aliments a reculé, mais est demeurée élevée à 3,5 % sur 12 mois, ce qui continue de contribuer de façon disproportionnée à la croissance globale. Les produits alimentaires se sont établis à 3,8 %, contre 4,4 % en mars, tandis que les sorties au restaurant ont peu varié, à 3,1 %.

  • Les coûts du logement ont légèrement augmenté à 1,8 %, mais les loyers et les intérêts hypothécaires ont continué de ralentir sur 12 mois.

  • Le secteur des services a ralenti en avril et a montré d’autres signes de baisse, tandis que les prix des biens sont demeurés relativement volatils à l’extérieur des catégories liées à l’énergie et à l’alimentation.


À propos de l’auteur :

Abbey Xu est économiste à RBC. En tant que membre du groupe d’analyse macroéconomique, elle se spécialise dans les modèles de prévisions macroéconomiques, et présente des analyses et des mises à jour opportunes sur les tendances économiques.


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