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IPC d’août aux États-Unis : L’inflation évolue dans la mauvaise direction

Le rapport d’août sur l’indice des prix à la consommation (IPC) a révélé une inflation de base nettement supérieure aux attentes, à +0,3 % d’un mois sur l’autre. À notre avis, l’accélération de l’inflation de base pose problème à la Réserve fédérale, qui demeure fermement résolue à ramener l’inflation à sa cible de 2 %. Dans leur ensemble, les données sur l’inflation d’août n’apaisent guère les craintes, alors que l’idée d’une perte d’ancrage de l’inflation gagne du terrain. Les attentes d’inflation des consommateurs demeurent élevées en raison des coûts de l’énergie. Par ailleurs, les coûts des intrants des entreprises continuent d’augmenter et les composantes de l’indice des prix à la production (IPP) qui influent le plus sur l’évolution des prix des biens de consommation hors alimentation et énergie vont dans la mauvaise direction. La hausse de l’IPC des biens hors alimentation et énergie n’a pas été particulièrement préoccupante en août (+0,1 % sur un mois), mais toutes les tendances laissent entrevoir un risque croissant, tandis que les perspectives de déflation dans les services hors énergie demeurent extrêmement limitées.

Ce sont surtout les pressions en amont qui posent problème, car elles devraient maintenir l’inflation à un niveau élevé au cours des prochains mois. Bien que la croissance globale des prix (+0,4 % sur un mois) ait été en grande partie attribuable à l’énergie, les données de l’ISM sur les prix payés, tant dans les services que dans le secteur manufacturier, ainsi que les données d’août sur l’IPP montrent que l’inflation énergétique se répercute sur d’autres secteurs. En termes simples, les coûts des intrants des entreprises augmentent plus vite que les prix à la consommation. Les entreprises devront répercuter ces hausses sur les consommateurs, sans quoi elles risquent de voir leurs marges se réduire.

Il suffit de regarder l’écart entre l’évolution des prix des aliments consommés à domicile (+0,0 % sur un mois) et celle des prix des aliments consommés hors domicile (+0,3 % sur un mois). Cet écart montre que les restaurants font face à une hausse du coût de leurs intrants autres qu’alimentaires. Les salaires, les factures de services publics et les coûts de transport et de livraison contribuent tous à cette hausse.

Les données détaillées du rapport sur l’IPC d’août sont contrastées, mais les prix n’ont véritablement diminué que dans peu de secteurs. Si l’évolution des prix de nombreuses catégories de biens exposés aux droits de douane était peu préoccupante (ameublement et articles pour la maison, vêtements), d’autres catégories (véhicules automobiles neufs et d’occasion) ont montré des signes évidents d’accélération de la hausse des prix. Les premiers effets de la hausse des prix du pétrole se sont également manifestés par des tarifs aériens plus élevés.

Les services hors énergie ont été à l’origine de la majeure partie des pressions sur les prix. Une partie de ces pressions est probablement ponctuelle. Les tarifs des services de téléphonie sans fil ont bondi de 5,9 % sur un mois, ce qui reflète probablement la hausse des prix des forfaits des sociétés de télécommunications. Par exemple, un grand fournisseur a annoncé la suppression de ses forfaits illimités à compter d’août 2026. Dans la composante du logement, c’est l’hébergement hors du domicile (c’est-à-dire les hôtels et les dortoirs) qui a enregistré une hausse importante (+2,4 % sur un mois). Néanmoins, nous sommes d’avis que la désinflation sera limitée pour les loyers équivalents des propriétaires et les loyers des résidences principales.

Nous nous attendons toujours à une inflation persistante dans les services hors énergie et considérons les biens hors alimentation et énergie comme le principal risque de réaccélération par rapport à nos prévisions relatives à l’inflation, surtout à mesure que la hausse des prix de l’énergie et les droits de douane se répercutent sur d’autres secteurs. Les tendances récentes sont préoccupantes : les prix des véhicules automobiles d’occasion ont augmenté de 0,4 % sur un mois pendant deux mois consécutifs et ceux des véhicules automobiles neufs (+0,3 % sur un mois) semblent suivre. Les prix des vêtements et des biens liés aux loisirs ont tous deux progressé de plus de 2 % depuis janvier. La hausse des prix de l’entretien et de la réparation des véhicules automobiles a continué de s’accélérer, et nous nous attendons à ce que cette tendance alourdisse les coûts de l’assurance automobile à l’avenir. L’inflation connaîtra des soubresauts, mais tout indique qu’elle évolue dans la mauvaise direction.




À propos des auteurs :

Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias. 

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.


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