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Rebond cyclique au Canada et vigueur structurelle aux États-Unis

L’économie canadienne est en voie de rebondir au deuxième trimestre, en raison des dépenses des ménages qui demeurent solides, de la reprise des investissements des entreprises et de l’accroissement du commerce net. La croissance devrait se poursuivre au deuxième semestre de 2026, les exemptions prévues par l’ACEUM protégeant toujours la plupart des exportations canadiennes des droits de douane américains.

La Banque du Canada devrait maintenir le statu quo pour le reste de 2026. Les incertitudes entourant les échanges commerciaux et les prix de l’énergie persistent, mais les événements récents, qui ont globalement freiné la croissance des prix de l’énergie et raffermi la croissance économique, ont évolué comme prévu, ce qui confirme la position neutre de la BdC.

La croissance de la productivité aux États-Unis a continué de créer de bonnes surprises. Nous avons revu à la hausse nos hypothèses de croissance du PIB pour la période de prévisions allant jusqu’en 2027, en raison d’une croissance tendancielle plus forte de la productivité plutôt que d’une croissance de l’emploi conforme aux prévisions. Nous nous attendons maintenant à ce que l’économie progresse de 2,2 % en 2026 et 2027.

La Réserve fédérale américaine devrait maintenir son taux inchangé jusqu’en 2027. L’amélioration récente du marché de l’emploi et les données sur l’inflation plus élevées que prévu font pencher la balance en faveur d’un plus grand nombre de hausses du taux directeur par la Fed, mais pas suffisamment pour modifier notre scénario de base, soit un maintien.

L’ACEUM demeure en vigueur malgré l’absence de prolongation officielle le 1er juillet. L’entente n’expirera techniquement que dans dix ans, et les négociations pour prolonger cette date limite ont commencé.

Bien qu’il soit possible que l’entente expire plus rapidement, ce n’est pas notre hypothèse de base, et l’incidence économique d’une telle éventualité s’est atténuée à mesure que les droits de douane américains ont continué de diminuer de façon générale. Les négociations futures pourraient porter sur les exigences des règles d’origine de l’ACEUM ou sur l’harmonisation de la politique commerciale des États-Unis, même si nous nous attendons à peu de changements tangibles à court terme.


L’économie canadienne a probablement rebondi au deuxième trimestre, après deux trimestres de stagnation. Les dépenses des consommateurs  se sont révélées résilientes pendant une période où les prix élevés de l’essence réduisaient le pouvoir d’achat des ménages. Les investissements des entreprises se sont raffermis et le commerce net devrait contribuer considérablement à la croissance.



Nous prévoyons maintenant une croissance du PIB plus forte au deuxième trimestre, à 2,2 %, comparativement à 1,7 % précédemment. Les incertitudes entourant l’examen conjoint de l’ACEUM (voir ci-dessous) et le conflit au Moyen-Orient demeurent élevées. Toutefois, nos hypothèses de longue date quant au maintien de l’ACEUM et de ses exemptions connexes, et au repli partiel de la flambée printanière des prix mondiaux du pétrole ont bien résisté.

Dans l’ensemble, nous entrevoyons un risque moindre de hausse ou de baisse des taux d’intérêt à court terme, car la croissance se redresse et les préoccupations à l’égard de l’inflation liée au pétrole s’apaisent. Le taux de chômage au Canada demeure élevé malgré les récentes améliorations, ce qui donne à penser que les taux d’intérêt se situant dans la partie inférieure de la fourchette « neutre » estimée sont toujours appropriés.

La vigueur persistante des gains de productivité de la main-d’œuvre aux États-Unis – qui se situent en moyenne au-dessus d’un taux annualisé de 2,5 % depuis le début de 2024 – nous a incités à réviser nos estimations du PIB et de la croissance potentielle du PIB légèrement à la hausse au cours de la période de prévision allant jusqu’en 2027. Cela devrait avoir une incidence neutre sur nos perspectives d’inflation.

Toutefois, comme point de départ, l’inflation aux États-Unis continue de dépasser la cible de 2 % de la Fed, même sans l’incidence des prix de l’énergie, et le taux de chômage est demeuré historiquement bas. Cette combinaison donne à penser que la Fed devra au minimum maintenir les taux d’intérêt à leurs niveaux actuels avant que des progrès plus importants sur le plan de l’inflation ne se concrétisent et qu’il soit nécessaire de relancer les discussions sur l’assouplissement.

Nos prévisions supposent toujours une stabilité de la Fed jusqu’à la fin de 2027. Le risque réside toutefois dans le fait que de nouvelles poussées d’inflation se manifestent (non liées à l’énergie), alors que le taux de chômage reste faible, ce qui pourrait indiquer que la politique monétaire n’est pas suffisamment restrictive pour ramener l’inflation vers l’objectif de 2 %, et entraîner de nouvelles hausses des taux d’intérêt.

  • Nous avons révisé à la hausse les estimations de croissance du PIB du Canada pour le deuxième trimestre de 2026, les faisant passer d’une croissance annualisée de 1,7 % à 2,2 %. Par conséquent, nos prévisions de croissance annuelle pour 2026 sont passées de 0,6 % à 0,7 %.

  • D’autres prévisions demeurent inchangées pour le Canada. Nous nous attendons toujours à ce que la BdC maintienne ses taux en 2026 avant de les relever légèrement en 2027, à condition que l’économie et les marchés du travail s’améliorent entre-temps sans alimenter l’inflation.

  • Les estimations du PIB des États-Unis et de la croissance potentielle du PIB ont été revues à la hausse jusqu’en 2027, en raison de l’augmentation présumée des gains de productivité. Les estimations de l’écart de production ont également été révisées pour être légèrement plus positives, mais elles demeurent dans la fourchette de 0 % à 0,5 % en 2026 et 2027.

  • La Réserve fédérale américaine devrait maintenir ses taux inchangés. Nous prévoyons que la fourchette du taux des fonds fédéraux demeurera entre 3,5 % et 3,75 % jusqu’en 2027, les risques penchant vers une politique monétaire plus restrictive de la part de la Fed.

2.25 %

0 pb en juin 26

0 bps

août 26

La BdC a maintenu son taux du financement à un jour à 2,25 % en juin, et le gouverneur Tiff Macklem a réitéré que la politique monétaire actuelle demeure appropriée pour trouver un équilibre entre la croissance et l’inflation. Les événements récents (croissance plus forte, baisse des prix du pétrole) auraient dû apaiser les inquiétudes dans les deux cas. Nous ne prévoyons aucun changement au taux du financement à un jour en 2026 avant des hausses modérées en 2027.

3.5-3.75 %

0 pb en juin 26

0 bps

août 26

La Fed a maintenu ses taux d’intérêt inchangés en juin et a adopté un ton résolument ferme. Le diagramme de dispersion mis à jour (soumis avant la récente baisse des prix du pétrole) montre que l’on s’attend à un resserrement de la politique monétaire en 2026 par rapport à avril. L’énoncé a été bref, mais brutal, et a mis l’accent sur l’inflation, tandis que les inquiétudes à l’égard du marché de l’emploi ont été apaisées. Nous nous attendons à ce que le taux des fonds fédéraux soit maintenu à des niveaux modérément restrictifs jusqu’en 2027.

3.75 %

0 pb en juin 26

0 bps

août 26

Le Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a voté à 7 contre 2 en faveur du maintien du taux directeur à 3,75 % en juin, mais a maintenu un biais de resserrement modéré. Néanmoins, la publication de données nationales plus faibles (IPC, indices des directeurs d’achats, salaires) et la baisse des prix du pétrole nous ont incités à revoir nos prévisions. De plus, nous nous attendons maintenant à ce qu’il n’y ait pas d’autres hausses de la part du Comité de la politique monétaire. Nous nous attendons plutôt à ce que le taux directeur soit maintenu à 3,75 % dans un avenir prévisible.

2.25 %

+25 pb en juin 26

0 bps

août 26

Comme prévu, la Banque centrale européenne a relevé le taux de dépôt de 25 points de base en juin. Depuis, la baisse des prix du pétrole a réduit le risque d’effets indirects/secondaires sur l’inflation, bien que la position de la BCE ait toujours été ferme, malgré l’évolution des cours du pétrole. Nous nous attendons à ce qu’elle privilégie la prudence et qu’elle relève de nouveau son taux en septembre, portant le taux des dépôts à 2,5 %.

4.35 %

0 pb en juin 26

 0 bps

août 26

La Banque de réserve d’Australie a laissé le taux à un jour inchangé lors d’un vote unanime en juin, continuant de mettre fortement l’accent sur une inflation supérieure à la cible, mais reconnaissant également la faiblesse des données et le resserrement des conditions financières. Compte tenu de la tendance à la baisse des prix du pétrole, nous ne prévoyons pas suffisamment de pressions inflationnistes pour contraindre la BRA à intervenir à nouveau. Nous nous attendons maintenant à ce qu’elle maintienne son taux à un jour à 4,35 % pendant la période de prévision.

L’ACEUM a servi de filet de sécurité essentiel pour les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis dans le contexte des droits de douane américains. Bien qu’aucune entente ne soit survenue le 1er juillet pour prolonger l’accord de libre-échange, il n’expirera pas avant 2036.

Dans l’ensemble, nous supposons que ni les détails de l’ACEUM ni l’efficacité des exemptions connexes ne changeront considérablement cette année à la suite de l’examen. Les entreprises qui cherchent à obtenir une résolution immédiate seront déçues, mais l’incidence d’une résiliation (peu probable) de l’ACEUM a également diminué.

Au cours des derniers mois, non seulement le taux tarifaire qui remplacerait l’ACEUM a diminué, mais la part des échanges commerciaux protégés par l’ACEUM a également diminué à mesure que les autres exemptions tarifaires se sont élargies. Selon les listes tarifaires actuelles des États-Unis, nous estimons qu’environ le tiers des exportations canadiennes vers les États-Unis pourraient faire l’objet de droits de douane de 10 % si l’ACEUM expire – et non la totalité des quelque 90 % qui sont exemptés de tarifs. Lire la suite.




À propos de l’auteur :

Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.


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