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Dans le numéro de cette semaine : Le Premier ministre,Mark Carney, a entouré sa propre date en rouge dans le calendrier : le 21 juillet.

Après le Jour de l’Indépendance, voici le Jour de la libération 2.0

L’Amérique a 249 ans : joyeux anniversaire ! Vous vous réjouissez de voir les feux d’artifice pendant la fin de semaine prolongée ? Le spectacle auquel se préparent les marchés aura toutefois des conséquences plus lourdes : le 9 juillet clôture le sursis de 90 jours des droits de douane dudit Jour de la libération. L’heure sera-t-elle alors à un autre bouquet final ou à un fiasco général ?

L’ambition de la Maison-Blanche des « 90 opérations en 90 jours », une sorte de « Folies de graduation » à l’américaine, a donné lieu à deux versions édulcorées de la série, à savoir des accords partiels avec le Royaume-Uni et la Chine, ainsi qu’un autre avec le Vietnam cette semaine.
Le président Donald Trump prolongera-t-il le cessez-le-feu ou déploiera-t-il un nouvel arsenal de droits de douane contre ses alliés, p. ex., le Japon, l’UE et le Canada ?

« De l’ordre de dix à douze pays sont très près d’arriver à une entente, a déclaré Joseph Lavorgna, un conseiller du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, et une vingtaine d’autres pays mènent des négociations de bonne foi. Par ailleurs, la secrétaire, Mme Bassett, a souligné que de nombreux accords pourraient être atteints d’ici la fête du Travail. » Doit-on comprendre que l’administration cherche à repousser la date butoir du 9 juillet ? Qui sait ?

Alors que le Canada tient cette date à l’œil, le Premier ministre, M. Carney, a entouré sa propre date en rouge dans le calendrier : la date butoir du 21 juillet pour conclure un accord sur la sécurité et l’économie avec les États-Unis. Pour faciliter les négociations, Ottawa a renoncé à sa taxe sur les services numériques visant les géants technologiques, qui irritait le président Donald Trump. Pour sa part, Pete Hoekstra, ambassadeur des États-Unis au Canada, a assuré que le Canada s’est désormais retrouvé en première ligne dans les négociations commerciales.

Sur le plan stratégique, il reste à savoir si le pays a tout intérêt à négocier à la hâte un accord bilatéral avec les États-Unis ou à attendre l’automne. D’une part, les pionniers donnent souvent le ton dans de telles négociations en série. Il pourrait donc être avantageux de conclure un accord illico presto avec M. Trump. D’autre part, le président s’acharne pour que la Réserve fédérale réduise les taux d’intérêt. Les versements d’intérêts sur la dette publique astronomique des États-Unis seraient ainsi réduits, le service de la dette, allégé et l’activité économique, stimulée. Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, n’est pas prêt à desserrer la vis tant que les turbulences commerciales ne s’apaisent pas. À l’automne, le compte à rebours jusqu’aux élections de mi-mandat se déclenchera. M. Trump sera alors mis sous pression pour faire passer le moteur économique de l’Amérique à la vitesse supérieure. Le Canada aurait-il tout intérêt à attendre que l’opinion publique accentue sa pression sur M. Trump ? Cela, dans l’hypothèse où ses propres statistiques commerciales et économiques tiendraient le coup évidemment.

Même si M. Trump vient d’affirmer que son administration avait toutes les cartes en main dans ses négociations avec Ottawa, M. Carney conserve lui aussi quelques atouts.

  • L’énergie. Le Canada regorge de pétrole, de gaz naturel, d’électricité, etc. Toutes ces ressources dont ont besoin les États-Unis pour alimenter leurs centres de données et, vraisemblablement, relancer leur industrie.

  • L’uranium. Le Canada, deuxième producteur mondiald’uranium,devrait occuper une place importante dans le projet de Donald Trump de construire dix grands réacteurs nucléaires d’ici 2030 et de faire passer la capacité d’énergie nucléaire actuelle des États-Unis de 100 GW à 400 GW d’ici 2050.

  • Les géants technologiques. Ottawa vient de supprimer sa taxe sur les services numériques de 3 % (disant ainsi adieu à trois milliards de dollars de revenus). Ce faisant, elle peut redorer son image dans les négociations tout en gardant ouverte la possibilité de réinstaurer cette taxe en cas d’impasse.

  • Les minéraux critiques. Le Canada produit ou raffine 21 des 50 minéraux répertoriés comme minéraux critiques aux États-Unis. Le développement de la capacité de la nouvelle usine de métaux des terres rares de la Saskatchewan et du Cercle de feu de l’Ontario est en voie de renforcer le leadership canadien dans la production responsable des minéraux critiques.

  • La contrattaque. En dernier recours, au vu des coûts potentiels pour les entreprises canadiennes, le ministère des Finances Canada peut faire écho aux décisions américaines en imposant des droits de douane sur des marchandises américaines d’un montant pouvant atteindre 155 milliards de dollars. Cette liste avait déjà été élaborée en février.

  • L’argumentaire concernant la délocalisation dans un pays allié. Un plan sur les chaînes logistiques bilatérales élaboré au cours des administrations précédentes plaide en faveur d’un renforcement de l’intégration nord-américaine – batteries pour véhicules électriques, semiconducteurs, acier vert. Il s’agirait d’une protection de premier plan contre la domination chinoise et le chaos lié aux droits de douane.

  • La gestion de l’offre. Des concessions pourraient être négociées dans le secteur de l’agriculture et des produits laitiers, à mesure qu’Ottawa parvient à trouver l’équilibre pour apaiser Washington sans contrarier les Canadiens.

La semaine écoulée

  • Dans la foulée du grand boycott canadien sur les importations de l’alcool américain, celles-ci sont passées d’un taux record de 94 % d’une année sur l’autre, à seulement 3 millions de dollars en avril. Certains responsables américains considèrent la suppression du boycott comme un élément de l’accord commercial.

  • Ottawa a annulé les 53 exemptions fédérales de l’Accord de libre-échange canadien qui entravaient le commerce interprovincial, juste à temps pour la fête du Canada. Voilà une bonne chose. L’heure est maintenant au démantèlement de la mosaïque d’obstacles provinciaux, selon la recommandation de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

  • Les républicains ont balayé la « revanche fiscale » du projet de loi budgétaire intitulé « Big Beautiful Bill » adopté hier. Celle-ci a été supprimée après l’accord des pays du G7 d’exempter les États-Unis d’un impôt minimum mondial proposé par l’OCDE. Voilà de quoi remettre en cause le caractère mondial de l’accord.

  • Sur le plan des autres laissez-passer gratuits, l’UE propose d’affranchir son acier et d’autres industries lourdes d’une taxe carbone à l’exportation aux frontières face à la concurrence de ses rivaux étrangers.

  • Les livraisons de navires-citernes de gaz naturel liquéfié (GNL) mondial ont augmenté de 60 %, soit 67 navires-citernes de plus l’an dernier, portant la flotte mondiale à 831 navires-citernes, avec l’explosion du commerce de GNL. Cette année, 103 navires supplémentaires devraient être livrés.

Le chiffre à retenir

En mai, le taux de chômage de Windsor, principal carrefour d’assemblage de véhicules automobiles de l’Ontario, accuse durement le coup des droits de douane américains. Le taux de chômage global de la province s’établit à 7,9 %.

Tendance actuelle sur le plan commercial :  une diversification mêlée à la crainte

Selon les nouvelles données de Statistique Canada, le Canada rajuste ses échanges commerciaux internationaux en réponse aux droits de douane américains. Après avoir fortement chuté en avril, les exportations semblent prendre une autre tournure, bien que les perspectives des industries canadiennes restent incertaines. La plupart des secteurs stratégiques, à savoir le fer, l’aluminium, le bois d’œuvre et les produits pharmaceutiques – des secteurs qualifiés de stratégiques pour l’économie américaine par M. Trump – ont reculé.

  • Une bonne nouvelle toutefois : les exportations ont légèrement progressé. Le déficit commercial du Canada, d’un montant record de 7,6 milliards de dollars en avril, a chuté pour atteindre 5,9 milliards de dollars en mai. Les exportations globales, propulsées par l’or, ont augmenté de 1,1 %. Les importations ont diminué de 1,6 %.

  • En revanche, les échanges commerciaux avec les États-Unis ont continué de se contracter. À la suite des droits de douane, les exportations canadiennes ont continué de diminuer pour le quatrième mois d’affiliée, avec une baisse de 0,9 % en mai.

  • Lancement de la campagne de diversification. Le Canada commence à accroître ses exportations vers d’autres pays que les États-Unis ; celles-ci ont augmenté de 5,7 % en mai, ce qui constitue un record.

  • Les secteurs touchés par les droits de douane ont payé le plus lourd tribut. En mai, les secteurs clés n’ont eu guère de répit à la suite des importantes diminutions des exportations en avril. Depuis lors, les exportations d’alliages et de produits de fer, d’acier et d’aluminium à l’état brut ont chuté de 4,9 %. Les exportations de bois d’œuvre et de sciages ont aussi reculé de 2,2 % et celles de produits pharmaceutiques, de 0,5 %. En revanche, les exportations de véhicules et pièces automobiles ont augmenté de 0,9 %.

  • Un avenir peu réjouissant pour le bois d’œuvre en perspective de l’augmentation des droits de douane. À moins d’une entente, les droits de douane sur les exportations canadiennes de bois de sciage résineux aux États-Unis pourraient passer de 14,5 % à 34,45 % en juillet.

    Cette semaine, les chefs de la direction de constructeurs automobiles ont discuté avec M. Carney des moyens de protéger les chaînes logistiques du secteur automobile de la guerre commerciale et de diversifier les relations commerciales. L’imposition par le Canada de contingents tarifaires provisoires sur les produits fabriqués en aciérie pourrait offrir un répit à court terme aux producteurs canadiens, bien que plusieurs secteurs d’activité attendent des éclaircissements sur leurs échanges commerciaux.

    Lecture supplémentaire : Cinq secteurs stratégiques dans la mire de Donald Trump : 125 milliards de dollars à risque pour le Canada

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Ô Canada, nous avons réussi à nous entendre

  • Enfin, et tout juste avant la fête du Canada, le gouvernement fédéral passe à l’action pour démanteler les barrières commerciales entre les provinces.

  • Le projet de loi C-5, appelé Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada, est entré en vigueur. Même si l’élimination des barrières fédérales aux échanges interprovinciaux est un pas vers l’avant, l’histoire enseigne que des obstacles persisteront.

  • Des groupes d’intérêts particuliers se mobiliseront en coulisse pour que des secteurs soient exemptés de la loi, ce qui pourrait nuire à son efficacité.

  • La situation commerciale réelle pose un défi encore plus grand. L’expérience du Canada en matière de libre-échange révèle que le simple fait d’abaisser les barrières douanières ne stimule pas automatiquement les échanges commerciaux. Par exemple, le Canada a libéralisé le commerce avec l’Europe et l’Asie, mais ses exportations vers ces régions n’ont pas beaucoup augmenté.

  • Pouvons-nous nous attendre à voir davantage de rieslings de l’Okanagan sur les rayons à l’est des Rocheuses ? Le moment de sabler le champagne pour célébrer cette victoire n’est probablement pas arrivé.

  • Selon les données en pourcentage de Statistique Canada, les Canadiens commercent moins entre eux qu’avec le reste du monde. Dans les années 1980, le commerce interprovincial représentait environ la moitié des échanges commerciaux du Canada. À la suite de la conclusion d’une série d’accords de libre-échange, cette proportion a diminué pour s’établir à près du tiers.

  • Les barrières internes peuvent contribuer à expliquer pourquoi le commerce entre les provinces est moins important que les échanges commerciaux avec le reste du monde. Le groupe Services économiques RBC a conclu en début d’année que les estimations peuvent différer en ce qui concerne les gains économiques associés à la réduction des barrières au commerce intérieur. Cependant, il semble certain que le libre-échange entre les provinces est une politique favorable à la croissance, en particulier pour les petites provinces.

La semaine écoulée

  • En plus d’apprendre que son mandat d’ambassadrice du Canada aux États-Unis avait été prolongé, Kirsten Hillman a été nommée négociatrice en chef pour les discussions sur les échanges commerciaux avec les États-Unis

  • En réaction aux plaintes de fabricants américains selon lesquelles la Chine limitait l’expédition de métaux des terres rares malgré la trêve commerciale conclue avec Washington, Beijing a promis vendredi d’approuver les demandes des États-Unis. La veille, M. Trump avait annoncé que les États-Unis et la Chine venaient de signer un accord.

  • Le Royaume-Uni a dévoilé une stratégie commerciale générale axée sur ses exportations de services, d’une valeur de 500 milliards de livres sterling par an, et sur le désir de s’entendre avec une série de partenaires, dont les six membres du Conseil de coopération du Golfe.

  • M. Trump a menacé l’Espagne d’augmenter les droits de douane après l’annonce, par le premier ministre espagnol Pedro Sánchez, du rejet de la nouvelle cible de l’OTAN visant à consacrer 5 % du PIB à la défense.

  • Sous la pression des dirigeants des sociétés pétrolières, Donald Trump s’efforce de faire reculer la réglementation liée au climat dans le cadre des négociations commerciales entre les États-Unis et l’UE.

Le chiffre à retenir

Valeur totale des exportations américaines en mai, en baisse de 5,2 % depuis avril. Il s’agit de la plus forte baisse d’un mois sur l’autre depuis 2000.

Le commerce mondial de pétrole et de gaz redevient périlleux

Alors que l’Iran et Israël s’attaquent à coups de missiles et que les États-Unis ont bombardé trois installations nucléaires à Téhéran, les coûts additionnels des navires pétroliers ont bondi de 83 %. De plus, le fait que le Qatar, un grand exportateur de GNL, ait brièvement été entraîné dans la crise a compliqué la donne pour le commerce mondial de pétrole et de gaz.

Les tarifs pour les navires pétroliers ont baissé quelques jours après le cessez-le-feu, mais leur volatilité pourrait rester un problème permanent qui pèsera sur la production et les prix des marchandises à l’échelle mondiale. Par ailleurs, les tarifs des transporteurs de gaz naturel liquéfié demeurent élevés en raison des changements d’itinéraires et de la demande estivale. Selon les données de Rystad, près de 25 % de l’approvisionnement mondial en GNL passera par le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole et le gaz au Moyen-Orient, d’ici 2030.

Le Canada a l’occasion de contribuer à l’atténuation du risque lié à l’approvisionnement mondial, tant sur le plan géopolitique que du point de vue de la concentration de l’offre. Cette possibilité est vue d’un bon œil par les acheteurs européens et asiatiques, comme nous l’avons souligné dans notre récent rapport intitulé Stratégie du G7+ en matière de gaz naturel : quatre scénarios pour la sécurité énergétique dans les années 2040.

Le Canada deviendrait bientôt un membre à part entière du club des exportateurs de gaz naturel liquéfié.Cette fin de semaine, LNG Canada attend l’arrivée de deux transporteurs de gaz naturel liquéfié, dont Puteri Sejinjang, un nouveau navire de 174 000 mètres cubes, qui prendra en charge la toute première livraison de gaz provenant de l’installation sur la côte ouest.

Le mot de la fin

« Notre réponse stratégique à cette nouvelle réalité ne peut être fondée sur la nostalgie ou une illusion post-impériale, et encore moins sur un attachement idéologique ou dogmatique à un bloc commercial ou à un autre. »
Douglas Alexander, ministre du Commerce du Royaume-Uni

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Dans le numéro de cette semaine : Un plan d’action pour les minéraux critiques ; la diversification des échanges commerciaux n’est peut-être pas une panacée ; les droits de douane exacerbent l’insécurité alimentaire

À noter

Par John Stackhouse

Mark Carney a survécu au G7. Le sommet de Kannaski aurait pu être un désastre commercial, mais Donald Trump avait manifestement d’autres chats à fouetter. Le Canada, ou les autres pays participants de la rencontre ne peuvent, pour autant, pas crier victoire. En voici les raisons, et ce qu’on entend : 

  • Il n’était pas prévu que le Canada et les États-Unis signent une entente au sommet du G7 puisque DJT n’allait tout de même pas annoncer un élément aussi important de son programme national en sol étranger (à moins, bien sûr, d’y avoir planté le drapeau étoilé.)

  • L’on a ensuite estimé que les deux pays pourraient conclure une entente dans un délai de 30 jours, ce qui est un objectif fort ambitieux. Tous ceux qui ont eu affaire à Trump savent que le président fait fi des délais et se sert du temps comme un outil de négociation. On ne signe pas si on n’y est pas obligé. L’équipe Carney voit maintenant sa plus grande préoccupation se concrétiser, avec le président des États-Unis qui se laisse distraire par les événements. L’on parle par exemple d’une guerre au Moyen-Orient.

  • Certains intervenants du côté canadien ne s’en inquiètent pas, estimant que cette stratégie qui consiste à « faire traîner le jeu » permettra au Canada d’entamer des discussions plus approfondies sur l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) à l’automne.

  • D’autres Canadiens craignent toutefois que cela accentue l’impact des droits réciproques. Il est beau de « jouer du coude » jusqu’à ce qu’on bouscule un membre de sa propre équipe. En clair, le Canada souffre plus de la guerre des droits de douane que les États-Unis à l’heure actuelle.

  • Et plus l’incertitude se prolonge, plus il sera difficile pour le Canada d’attirer des investissements.

  • À plus long terme, le Canada reste dans la mire des études sectorielles de M. Trump, et cela ne fera que compliquer les choses pour nos exportations dans les cinq catégories de base : automobiles, acier/aluminium, bois d’œuvre, produits pharmaceutiques et semi-conducteurs.

  • Comme l’a dit quelqu’un dans Zone commerciale : « On est mal parti pour négocier lorsque le partenaire de négociation se montre impitoyable. »

La semaine écoulée

  • Les États-Unis et le Canada souhaiteraient conclure une entente dans les 30 jours. M. Carney a laissé entendre que le Canada imposerait des droits de douane réciproques si les deux pays ne parviennent à aucun accord.

  • Le Canada prend des mesures sévères pour contrer l’importation d’acier étranger bon marché afin de soutenir ses producteurs d’acier, frappés par les droits de douane de 50 % imposés par M. Trump.

  • Le volume de camions commerciaux entrant aux États-Unis en provenance du Canada a baissé de plus de 10 % au cours des deux derniers mois par rapport à 2024. Par contre, le nombre des camions en provenance du Mexique et à destination des États-Unis n’a baissé que de 2,8 % en mai (et de 6,4 % en avril).

  • Le secrétaire d’État britannique au Commerce a déclaré que les efforts visant à obtenir un allègement pour les exportations d’acier vers les États-Unis seraient intégrés dans des négociations plus larges, laissant ainsi entendre qu’il y avait encore beaucoup à faire en ce qui concerne l’accord commercial récemment annoncé entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

  • La Réserve fédérale américaine a maintenu les taux inchangés et déclaré qu’elle suivrait de près l’impact des droits de douane cet été.

  • Les mises en chantier aux États-Unis ont atteint un creux en cinq ans en mai, en raison de l’imposition des droits de douane sur les matériaux de construction importés.

  • La Chine a retiré les États-Unis des pays vers lesquels elle exporte ses marchandises, mais a réussi à porter son excédent commercial global à 500 milliards de dollars américains depuis le début de l’année, affichant ainsi une hausse de 40 % par rapport à l’an dernier.

Les minéraux à l’ordre du jour du G7

Cette semaine, les dirigeants du G7 ont dévoilé un plan d’action pour les minéraux critiques afin de contrer les distorsions de marché, d’accroître la transparence des chaînes logistiques et de réduire la dépendance stratégique à l’égard de Pékin. Nous avons peu de détails à ce sujet, mais certains éléments clés correspondent aux renseignements fournis dans notre rapport Le nouveau grand jeu :

  • Restreindre les distorsions de prix : Les membres du G7 se sont engagés à coordonner leurs interventions face aux perturbations de l’approvisionnement et à améliorer la transparence et la traçabilité des marchés. Aucune mention explicite d’une « prime à la Chine » ou d’un prix plancher n’est faite, mais il y a tout de même une évolution positive.

  • Débloquer des financements : Encourager les banques de développement, les agences de crédit à l’exportation et les sociétés de capitaux privés à accélérer les investissements en amont dans les pays du G7 et les marchés émergents alliés.

  • Traçabilité de la chaîne logistique, établissement de normes et durabilité : Une feuille de route du G7, prévue pour la fin de l’année, vise à créer des critères de référence pour garantir une exploitation minière responsable, des mesures de protection de l’environnement et des normes du travail.

Le Canada reste un acteur central dans le secteur des ressources minières, capable de répondre aux besoins croissants de l’Europe et des États-Unis en matière de défense et de nouvelles énergies, ce qui constitue un avantage naturel dans les négociations commerciales avec les États-Unis et ses partenaires. D’autres efforts, comme la hausse de la capacité de raffinage, visant à renforcer le reste de la chaîne de valeur, viendront renforcer l’avantage du Canada en matière de ressources.

Pourquoi la diversification des échanges commerciaux n’est peut-être pas une panacée

Au vu du conflit avec les États-Unis, la diversification des partenaires commerciaux est devenue un sujet d’actualité. L’abaissement des barrières que constituent les droits de douane est une mesure économiquement rationnelle qui ne suffit pas, à elle seule, d’augmenter les volumes d’exportations.

Les conservateurs de M. Harper ont conclu des accords commerciaux bilatéraux avec toute une série de pays et de blocs économiques, notamment avec l’Europe (AECG), l’Asie-Pacifique (PTPGP) et un grand nombre de pays d’Amérique latine. Pourtant, seulement 4 % des exportations canadiennes sont destinées à l’UE et 6 % aux pays du PTPGP, des ratios qui n’ont pas évolué depuis plus de deux décennies.

Parallèlement, près de 80 % des exportations canadiennes sont destinés aux États-Unis. La dépendance du Canada à l’égard de quelques grands secteurs comme l’énergie, l’automobile et les métaux ne fait qu’accentuer cette dépendance. Le Canada a besoin d’une stratégie commerciale intégrée qui diversifie les partenaires commerciaux tout en renforçant la compétitivité des exportations. Le délai de 30 jours entre Carney et Trump pour conclure un accord est donc encore plus important.

Guerre commerciale et sécurité alimentaire

Un Canadien sur quatre est confronté à l’insécurité alimentaire ; un taux jamais vu au pays. C’est un problème d’accessibilité que les droits de douane et l’incertitude commerciale persistante risquent d’aggraver.

  • Les pertes d’emploi et l’insécurité obligent de nombreuses personnes à faire des choix difficiles : Entre janvier et mai, le secteur manufacturier canadien a perdu 54 000 emplois et le taux de chômage du pays s’est hissé à 7 %, ce qui représente son sommet depuis 2016, exception faite de la pandémie.

  • La hausse du coût de la vie menace d’aggraver la crise de l’insécurité alimentaire. Cela dit, il ne s’agit pas seulement d’emplois : plus de 60 % des ménages en situation d’insécurité alimentaire dépendent d’un salaire ou d’un revenu d’un travail indépendant pour subvenir à leurs besoins.

    Augmentation de l'écart entre le coût des aliments et les salaires
  • Les perturbations de la chaîne logistique ont un impact sur la cohérence et les coûts des produits alimentaires : Aux États-Unis, on estime que les droits de douane augmenteront les prix des denrées alimentaires de 2,6 % à court terme, les prix des fruits et légumes devant grimper de 5,4 %.

Dans notre dernier rapport, Alimenter la crise : l’incidence des droits de douane sur l’insécurité alimentaire – Nous présentons trois solutions potentielles, toutes liées aux ambitions de croissance du Canada.

Conclusion

« Si les droits de douane et droits de douane réciproques actuels sont maintenus, l’expérience passée porte à croire qu’environ 75 % des coûts des droits de douane auront des répercussions pendant environ un an et demi. »
Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, lors d’un discours prononcé cette semaine à St. John’s, Terre-Neuve.

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Dans le numéro de cette semaine : Signaux commerciaux au sommet du G7, pour quelles raisons il est si difficile pour les producteurs d’acier et d’aluminium de diversifier leurs activités hors du marché américain et le temps généralement nécessaire pour conclure un accord commercial important.

La semaine écoulée

  • Des rapports révèlent (ici et ici) que le Canada et les États-Unis disposent d’un document de travail sur le commerce, y compris des précisions sur un possible accord. Aucun échéancier n’a encore été fixé.

  • Avec la présence de Claudia Sheinbaum, du Mexique, et de Narendra Modi, de l’Inde, à Kananaskis pour le sommet du G7, est-ce que davantage de discussions sur le commerce avec le Canada seront à l’ordre du jour ?

  • Selon la Banque mondiale, nous sommes sur le point de connaître la plus faible décennie de croissance depuis les années 1960… en raison de l’incertitude levée par les droits de douane.

  • Même si le président Trump se réjouit d’avoir conclu une entente avec la Chine après deux jours de négociations, les nouvelles émanant de la Chine sont moins expansives – l’agence de presse officielle de Beijing l’a simplement appelée une « entente de principe ». La Chine lèverait les restrictions sur les exportations de terres rares pendant seulement six mois, laissant la porte ouverte à une escalade ultérieure.

  • Dans les deux prochaines semaines, Donald Trump prévoit envoyer des lettres décrivant les droits de douane unilatéraux à de nombreux pays.

  • Les droits de douane n’ont pas encore entraîné le bond de l’inflation aux États-Unis auxquels plusieurs s’attendaient. Prenez votre mal en patience, disent les économistes.

  • La République dominicaine a gagné en popularité auprès des sociétés américaines à la recherche de centres manufacturiers de remplacement. Les 92 zones franches du pays et la proximité des États-Unis sont deux facteurs clés.

Signaux commerciaux au sommet du G7

Même si le sommet du G7 ne débouchera probablement sur aucune avancée majeure avec les États-Unis en regard des droits de douane et du commerce, il y a certainement quelques éléments à surveiller :

Minéraux critiques : La guerre commerciale des États-Unis avec la Chine a souligné d’importantes dépendances à l’égard des chaînes d’approvisionnement en terres rares et minéraux critiques, dominées par Beijing. L’administration Trump a besoin d’un approvisionnement fiable pour soutenir ses grandes ambitions énergétiques et technologiques. Collectivement, les pays du G7 possèdent des ressources inexploitées considérables et le capital nécessaire pour financer les projets.

AEUMC : La présence de Claudia Sheinbaum marquera la première fois depuis l’investiture du président Trump que les trois dirigeants nord-américains participent à la même rencontre multilatérale. Cela ouvre la voie à une réunion parallèle pour planifier l’examen de l’AEUMC en 2026 et discuter des efforts continus de lutte contre le fentanyl, qui demeure la principale justification des droits de douane imposés par les États-Unis au Canada et au Mexique au titre de l’International Economic Emergency Powers Act (IEEPA).

À souligner

Par Jordan Brennan

J’étais à Ottawa cette semaine pour participer à l’événement Canada 2020, où les participants étaient généralement optimistes, mais prudents. L’accent était mis sur la relance de la croissance par des projets de construction nationale. Les occasions ne manquent pas dans les secteurs de l’énergie, des mines, du logement, des infrastructures et de l’intelligence artificielle ; par contre, la refonte de notre modèle d’exploitation est nécessaire. Voici quelques thèmes qui se sont démarqués :

  • À l’échelle internationale, le Canada est considéré comme un territoire à risque élevé en raison des retards dans l’approbation réglementaire (p. ex., les évaluations d’impact qui peuvent s’étendre sur plus d’une décennie) et de l’instabilité politique (pensons à la montée du séparatisme en Alberta). Les investisseurs internationaux ajoutent régulièrement une prime de risque de 20 % aux décisions d’affectation du capital concernant le Canada. Puis, le cabinet a un pouvoir politique discrétionnaire étendu sur des projets majeurs. Pour libérer des capitaux au pays et à l’étranger, nous aurons besoin d’une plus grande certitude réglementaire et politique. Une stratégie de corridor commercial national pourrait-elle contribuer à réduire le profil de risque perçu du Canada ?

  • La construction d’infrastructures destinées aux exportations suppose la création de ressources permettant de les exploiter, mais de nombreux projets sont au point mort ou annulés. Alors, comment transférer de façon responsable les ressources du sol canadien vers les marchés mondiaux ? C’est ici que les droits issus des traités et l’obligation de consulter les Premières Nations sont mis de l’avant, non pas comme un obstacle, mais bien comme un avantage concurrentiel. Les sociétés qui réussissent établissent des partenariats économiques rigoureux avec les Premières Nations dès le début du processus, sur tous les plans, allant des évaluations d’impact aux conventions d’emploi et d’approvisionnement, en passant par les participations financières. Pour qu’un plus grand nombre de projets soient approuvés plus rapidement, ce genre de partenariat est essentiel.

  • Il en va de même pour la sécurité dans l’Arctique. Avec le recul de la glace côtière, le passage du Nord-Ouest fait l’objet de contestations par des puissances étrangères, en partie parce qu’il réduit considérablement le temps de transport entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Comme l’a dit un participant, il n’y a pas de meilleure façon d’affirmer la souveraineté du Canada dans le Nord que de développer la région. Cela signifie des infrastructures – numériques et physiques – ainsi que des emplois et des compétences liés au développement minier.

  • L’autre problème est celui du moment choisi. Les prix des ressources sont fixés en fonction de la volatilité sur les marchés mondiaux au comptant, mais le cycle de vie des projets comme les terminaux de GNL ou des grands projets miniers s’échelonne sur plusieurs décennies. Les activités d’aménagement doivent s’aligner sur les tendances de la demande future, mais nous devons aussi accorder beaucoup d’importance à la compétitivité des coûts. Prévoir les besoins d’énergie et de minéraux en 2050 est certes difficile, mais essentiel pour attirer les capitaux patients nécessaires aux projets de grande envergure.

Trois questions…

Puisque les États-Unis doublent les droits de douane imposés sur l’acier et l’aluminium, Jake Silverhorn de l’équipe Secteurs diversifiés RBC Marchés des Capitaux, nous aide à comprendre le contexte actuel.

Q : Pourquoi les droits de douane pénalisent-ils davantage les producteurs canadiens d’acier et d’aluminium que les producteurs américains ?
R : Il y a une différence structurelle entre les marchés américains et canadiens. Les producteurs canadiens exercent principalement leurs activités au comptant, tandis que les producteurs américains ont recours à des contrats, de sorte qu’il est difficile pour les sociétés canadiennes de répercuter efficacement les coûts des droits de douane. De plus, les droits de douane ont créé un déséquilibre sur le plan de la demande et des prix entre les marchés américains et canadiens.

Q : Pour quelles raisons est-il difficile pour les producteurs canadiens de diversifier leurs activités hors du marché américain ?
R : Compte tenu du coût élevé du transport, les États-Unis étaient la destination la plus économique. Les producteurs canadiens ont stratégiquement implanté leurs activités à proximité des ports américains afin de faciliter le transport.

Q : Que peuvent faire les producteurs canadiens pour conserver leur part du marché américain ?
R : Pour demeurer concurrentiels par rapport aux producteurs américains et maintenir leurs activités, les producteurs canadiens doivent absorber une partie des coûts des droits de douane, ce qui aura une incidence sur leurs marges et leurs flux de trésorerie.

Conclusion

917

Le nombre de jours requis pour conclure un accord commercial type du début à la fin (l’AEUMC a demandé 896 jours). En avril, Donald Trump avait promis de conclure 90 ententes en 90 jours. À quelques semaines de l’échéance qu’ils se sont imposée, les États-Unis ont signé un accord (avec le Royaume-Uni) et une trêve sur les droits de douane avec la Chine.

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Dans le numéro de cette semaine : Les négociations en deux volets entre le Canada et les États-Unis, les trois thèmes récurrents de Donald Trump en matière de commerce et la façon dont les entreprises composent avec l’incertitude

Faits saillants

Cette semaine, Ottawa a accueilli des invités de marque, allant d’une brochette de sénateurs américains au roi Charles, sans compter la première session du Parlement depuis 161 jours.

  • Cinq sénateurs américains, dont un républicain, ont rencontré de hauts fonctionnaires canadiens pour renforcer les relations entre le Canada et les États-Unis. Un accord en deux volets est envisagé.

    • Premier volet : Retrait de l’article 232 (droits de douane sur l’acier, l’aluminium et l’automobile pour des raisons de sécurité nationale) en contrepartie d’une hausse des dépenses du Canada en matière de défense, d’où les pourparlers concernant le système de protection antimissile appelé « Dôme d’or ». Il existe un espoir que cela puisse se faire avant ou pendant le sommet du G7, mais le temps presse, car le sommet commencera dans deux semaines.

    • Deuxième volet : La renégociation générale de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) dans son ensemble. Nous nous attendons à ce qu’elle s’amorce cet été et se termine juste avant la date limite de l’examen de l’accord, soit le 1er juillet 2026.

  • L’accord en matière d’économie et de sécurité a été salué lors du discours du Trône, prononcé par le roi, tout comme les priorités de Mark Carney au chapitre de la diversification commerciale. Le programme législatif et les travaux qui se dérouleront durant la session d’été de la Chambre des communes seront probablement davantage axés sur le marché intérieur, notamment sur l’accélération de projets d’intérêt national et l’élimination des barrières fédérales au commerce intérieur. Les négociations entre le Canada et les États-Unis devraient se dérouler en arrière-plan, comme ce fut le cas lors de la rencontre du ministre Dominic LeBlanc avec Howard Lutnick, secrétaire américain au commerce, et Jamieson Greer, représentant américain au Commerce.

La semaine écoulée

  • Vingt-quatre heures après que le Tribunal de commerce international des États-Unis eut jugé que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs au titre de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) en imposant des droits de douane, une cour d’appel fédérale les a rétablis, du moins temporairement.

  • L’atonie du marché de l’emploi en Chine pourrait s’aggraver sensiblement : ce pays pourrait perdre neuf millions d’emplois dans le secteur manufacturier en raison de la guerre commerciale.

  • Clear Seas estime que d’ici 2040, si tous les projets prévus se concrétisent, le trafic maritime sur la côte pacifique du Canada devrait augmenter de 60 %, grâce principalement aux projets de gaz naturel liquéfié (GNL).

  • Les plus grandes entreprises du Japon sont mises à mal, ce qui incite le gouvernement à mettre en œuvre un programme de 6,3 milliards de dollars américains pour protéger son économie.

  • La criminalité liée au commerce grimpe en flèche aux États-Unis, et il est difficile pour le gouvernement d’y mettre un frein.

  • L’Inde se montre intransigeante envers les États-Unis en ce qui concerne les principales marchandises (riz, blé, maïs) et les produits laitiers.

  • Une agence onusienne prévoit que l’instabilité causée par la guerre commerciale entraînera une baisse de sept millions d’emplois en 2025 par rapport aux prévisions initiales. De plus, la demande des consommateurs américains est liée à 84 millions d’emplois supplémentaires. Le Canada et le Mexique, avec 17,1 % des postes liés aux États-Unis, sont les pays les plus exposés.

Point de vue de Washington

À Washington, quelle est l’expression à la mode sur Wall Street cette semaine ? Il s’agit de TACO, l’acronyme de « Trump Always Chickens Out » (« Trump se dégonfle toujours »). Cette phrase témoigne du scepticisme grandissant quant à la détermination de la Maison-Blanche à maintenir les droits de douane face aux pressions du marché et aux mesures de représailles des partenaires commerciaux. En fait, la réalité est plus complexe. Pour justifier sa politique commerciale, l’administration s’appuie sur l’un ou l’autre des thèmes suivants :

  • Une tactique de négociation pour atteindre d’autres objectifs en matière de politique étrangère. La Maison-Blanche a recours à ce raisonnement lorsqu’elle met en place des droits de douane liés au fentanyl à l’égard du Canada et du Mexique, et l’utilise souvent comme prétexte pour justifier l’annulation ou le report de droits de douane : elle prétend alors avoir accompli sa mission, elle crie victoire et poursuit ses activités. Dans cette optique, les droits de douane sont de courte durée et souvent éliminés ou réduits à la suite de concessions mineures de la part du pays ciblé.

  • Un levier de sa politique industrielle. Les droits de douane visent à encourager les entreprises à rapatrier les chaînes logistiques et les chaînes de production, conformément à la promesse de M. Trump de redonner au secteur manufacturier américain son lustre d’antan au moyen de droits de douane sectoriels sur les automobiles, l’acier et l’aluminium. Selon ce raisonnement, les droits de douane visent avant tout à annoncer de nouvelles usines de production et d’autres investissements importants.

  • Un outil de production de recettes publiques. Même si le battage médiatique autour du service fiscal externe de M. Trump s’est apaisé (pour l’instant), ce thème a dominé la stratégie de politique commerciale de l’administration dans les semaines qui ont suivi son arrivée au pouvoir. Dans ce contexte, les pays étrangers ont peu d’arguments à proposer qui pourraient inciter le président à changer d’avis.

La difficulté consiste à discerner le thème sur lequel Trump s’appuie un jour donné. Interrogé cette semaine à propos de l’acronyme TACO, le président a parlé de « tactique de négociation ». Ce thème pourrait changer la semaine prochaine, alors que l’administration poursuivra sa bataille juridique concernant les droits imposés en vertu de l’IEEPA.

Trois questions

Par Andrew Skinner, vice-président, Financement du commerce international, RBC.

Q. : Comment les entreprises parviennent-elles à se diversifier, tant sur le plan de l’approvisionnement que des ventes ?
R. : Deux observations importantes : En avril, nous avons enregistré un nombre record de clients et de nouveaux utilisateurs potentiels de notre outil RBC Connexion Globale, qui fournit des ressources telles que les meilleurs pays où acheter et vendre, ainsi que d’autres renseignements sur le commerce. Ensuite, certains clients ont trouvé en Europe de meilleures occasions d’expansion des marges pour des produits qui étaient traditionnellement expédiés aux États-Unis. Par ailleurs, les importateurs assurent la résilience de l’offre en dénichant de nouveaux fournisseurs.

Q. : Qu’est-ce qui a changé ces derniers mois pour les entreprises qui ont poursuivi leurs activités auprès de leur clientèle aux États-Unis ?
R. : Le taux de conformité à l’ACEUM est passé de 33 % en février à 50 % en mars. D’après nos discussions avec les clients, nous nous attendons à ce que ce taux soit désormais beaucoup plus élevé, compte tenu de l’estimation selon laquelle 94 % des exportations canadiennes vers les États-Unis devraient être conformes. Les clients ont maximisé leur mode d’entreposage et leurs canaux de distribution aux États-Unis pour répondre à la demande à court terme et atténuer les répercussions des droits de douane. Ils revoient aussi régulièrement les délais d’expédition et les lieux de livraison afin de composer avec les droits de douane américains. Certains clients ont été en mesure de répercuter la hausse des droits de douane en l’absence d’autres sources d’approvisionnement et en cas de demande soutenue. D’autres interrompent les transactions le temps d’obtenir des précisions concernant les prix et la demande, surtout si elles ne sont pas en mesure de régler les droits de douane.

Q. : Que conseillez-vous aux entreprises qui doivent composer avec l’incertitude ?
R. : Nous encourageons les clients à passer en revue le cycle commercial de leurs principaux acheteurs et vendeurs – de la commande au paiement, les modalités du contrat et les documents disponibles – et à repérer les occasions de renégocier les modalités. L’objectif est de conserver des relations à long terme et d’éviter les perturbations au cours des périodes de pointe des ventes liées à la rentrée scolaire, au Vendredi fou et à Noël. Il existe toute une série de solutions visant à réduire le risque de non-paiement, à améliorer les flux de trésorerie et à assurer l’efficacité en termes de coûts et de rendement, alors que de nouveaux marchés, fournisseurs et acheteurs sont envisagés.

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Dans le numéro de cette semaine : M. Carney choisit les membres de sa principale équipe chargée du commerce et de la sécurité ; les signaux commerciaux du voyage de Trump au Moyen-Orient ; et ce à quoi il faut s’attendre dans le cadre des négociations entre les États-Unis et la Chine

À NOTER

Par John Stackhous

J’étais à Ottawa cette semaine pour un événement appelé le B7, un rassemblement de chefs d’entreprise des pays membres du G7, dont les gouvernements se réuniront en Alberta dans quelques semaines. 

Quelle était la question qui divisait le plus ? Le commerce

  • L’ambiance était très pessimiste. Malgré la hausse des marchés en mai, on a l’impression que le monde démocratique, c’est-à-dire le monde du libre-échange, est de plus en plus divisé. Comme l’a déclaré un conférencier, « le commerce suit la géopolitique ».

  • L’Europe se replie sur elle-même et se concentre sur sa propre sécurité économique. Préparez-vous à davantage de politiques industrielles et d’investissements publics, ce qui ne favorisera pas le commerce.

  • Le Canada se trouve à la croisée des chemins : il doit réduire ses échanges commerciaux avec les États-Unis et accroître ses échanges avec d’autres marchés, alors même qu’il devient plus difficile de faire affaire avec ces derniers. 

  • Une nouvelle ère de « multilatéralisme » prend forme, au cours de laquelle les négociations constantes et soutenues seront la norme.

  • Certains conférenciers américains ont exhorté les Canadiens à regarder au-delà des attaques de M. Trump, affirmant que le pays était en train de changer d’état d’esprit. 

  • Mais pour l’instant, du moins, les États-Unis cherchent à jouer du coude, à l’américaine. 

  • Le nouvel ambassadeur Pete Hoekstra présentera la semaine prochaine son premier rapport d’importance au président des États-Unis et soulignera les mesures « scandaleuses » prises par le Canada, comme le retrait des marques d’alcool américaines et l’interdiction de s’approvisionner auprès d’entreprises américaines. 

  • On peut s’attendre à des échanges médiatiques entre M. Hoekstra, un ancien membre du Congrès du Michigan au franc-parler, et Doug Ford, le premier ministre de l’Ontario, qui n’a pas non plus la langue dans sa poche. 

  • La nouvelle ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, pourrait être amenée à compléter le groupe, alors que ces trois personnes s’efforceront d’éviter que le secteur automobile canado-américain ne subisse d’autres dommages. 

  • Une suggestion : qu’ils se rencontrent sur le pont Gordie-Howe, en hommage à ce hockeyeur qui se servait de ses coudes comme personne pour parvenir à ses fins.

Comment les choses se présentent-elles en ce qui concerne le dossier Canada-États-Unis, qui est d’une importance capitale ?

M. Carney a clairement indiqué qu’il était le patron et qu’il dirigerait les relations entre le Canada et les États-Unis. Cela dit, son équipe jouera un rôle majeur dans la conclusion d’un nouvel accord économique et de sécurité.

Cinq principaux négociateurs : En choisissant les membres de sa principale équipe de négociation, composée de Dominic LeBlanc, Anita Anand, David McGuinty, François Philippe-Champagne et Gary Anandasangaree, M. Carney a opté pour des ministres chevronnés qui, collectivement, possèdent une influence et des relations considérables à Washington. On peut s’attendre à ce que Mélanie Joly, ministre de l’Industrie, se joigne à ce groupe, en raison de sa vaste expérience dans ce dossier, et du fait qu’elle mènera les négociations nationales avec des secteurs critiques, comme l’acier, l’aluminium et l’automobile. Plus discrètement, Lisa Jorgenson, récemment nommée par M. Carney au poste de conseillère principale pour les relations canado-américaines, apportera son expérience acquise dans les domaines de la sécurité publique et de la justice et fournira des conseils ainsi qu’une coordination en coulisses entre les différents niveaux politiques et bureaucratiques.  

Remaniement du comité : Le comité Canada-États-Unis de M. Trudeau n’existe plus. Le groupe de travail « Un Canada sûr et souverain » est entré en fonction. Présidé par M. McGuinty et Mme Anand, ce nouveau groupe comprend quelques éléments remarquables. Maninder Sidhu, ministre du Commerce international, est chargé de diversifier les échanges commerciaux du Canada en diminuant la part des États-Unis, une promesse clé de M. Carney. Et Rebecca Chartrand, ministre des Affaires du Nord et de l’Arctique, représente un clin d’œil à l’importance de la sécurité dans l’Arctique, l’un des trois volets du pacte économique et de sécurité.

Remaniement diplomatique et bureaucratique : Les mandats de quelques ambassadeurs de premier plan (Kirsten Hillman à Washington, Ralph Goodale à Londres et Stéphane Dion à Paris) devraient bientôt prendre fin. M. Carney privilégiera probablement un mélange d’expérience, de relations et de poids politique, en particulier pour pourvoir le poste à Washington, car il ne sera pas facile de remplacer Mme Hillman, très respectée à Ottawa et à Washington. En ce qui concerne le secteur public, les bras droits de M. Carney au Bureau du Conseil privé seront le greffier John Hannaford et la sous-greffière Christiane Fox, qui possèdent tous deux une grande expérience des dossiers relatifs à la sécurité nationale, à l’énergie et au commerce. Un remaniement en profondeur de la fonction publique pourrait être envisagé, le premier ministre cherchant à obtenir des résultats à court terme.

La semaine en chiffres

7

Nombre de poursuites intentées contre Trump et son administration pour contester l’état d’« urgence » invoqué pour imposer des droits de douane en vertu de l‘International Economic Emergency Powers Act. Le Tribunal de commerce international des États-Unis (U.S. Court of International Trade) a tenu une première audience en début de semaine.

150

Nombre de pays qui, selon Trump, souhaitent négocier une entente. Faute de temps pour les rencontrer tous, son administration enverra dans les prochaines semaines des lettres à une liste de dirigeants pour leur dire simplement « ce qu’ils devront payer pour faire des affaires aux États-Unis ».

1 000

Produits marqués comme étant touchés par les droits de douane chez Loblaw. La chaîne d’épiceries prévoit que ce nombre atteindra 6 000 dans deux mois. Par ailleurs, Walmart, dont les bénéfices ont reculé au premier trimestre, a annoncé qu’il allait hausser ses prix aux États-Unis à cause des droits de douane.

60 millions

Nombre d’iPhones qu’Apple prévoit produire en Inde pour le marché américain. Lors de son voyage au Moyen-Orient, Donald Trump a critiqué le chef de la direction d’Apple (« J’ai eu un petit problème avec Tim Cook ») concernant la fabrication d’iPhones en Inde alors qu’il s’est engagé à investir 500 G$ US aux États-Unis.

Perspectives de Washington

Les détails du voyage de Donald Trump au Moyen-Orient donnent un aperçu de la manière dont les négociations commerciales en cours et à venir, y compris avec le Canada, pourraient se dérouler.

  • D’importantes dépenses pour les produits de défense américains : L’Arabie saoudite (142 G$ US) et le Qatar (3 G$ US) ont signé des contrats d’achat et d’approvisionnement de matériel de défense qui vont de la modernisation générale des systèmes d’information aux nouvelles capacités de défense aérienne et antimissile. Cette question revêt une importance particulière pour le Canada, étant donné que la Maison-Blanche a souvent critiqué les dépenses de défense du Canada. M. Trump pourrait utiliser l’accord entre les États-Unis et le Canada pour inciter ce dernier à atteindre plus rapidement la cible de 2 % des dépenses de défense au moyen d’accords avec des entreprises de défense américaines. 

  • N’oublions pas les grandes sociétés technologies : M. Trump a annoncé un investissement de 20 milliards de dollars d’une entreprise saoudienne dans des centres de données d’IA et des infrastructures énergétiques connexes aux États-Unis. Pour sa part, le Qatar a promis 1 milliard de dollars pour une coentreprise de technologie quantique entre la société américaine Quantinuum et la société qatarie Al Rabban Capital. Les centres de données sont intéressants dans le contexte américano-canadien en raison du potentiel du Canada à devenir un partenaire solide (terrains disponibles, capacités en matière d’énergie renouvelable, températures plus fraîches).

3 questions… sur les négociations entre les États-Unis et la Chine

Avec Jasmine Duan, première stratégiste, Placements, RBC Gestion de patrimoine, à Hong Kong

Q. : Comment pensez-vous que les marchés et les économies asiatiques réagiront et se comporteront au cours de la fenêtre de négociation de 90 jours ?
R. :
Nous observerons probablement un mélange d’optimisme et de volatilité. Les marchés pourraient chercher à obtenir des précisions sur l’accord, ce qui pourrait entraîner de la volatilité à court terme.

Q. : Quels sont les signaux que les investisseurs rechercheront ?
R. :
Les investisseurs seront attentifs aux conditions finalisées entre les deux parties ainsi qu’aux concessions ou incitatifs offerts par chacune d’entre elles. Il serait bon que les négociations se concentrent sur des questions liées au commerce, telles que l’accès aux marchés et l’achat de marchandises, et non sur des sujets nationaux tels que le fentanyl ou la politique.

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Dans l’édition de cette semaine : Comment les États-Unis-Royaume-Uni. l’accord prépare le terrain pour le reste du monde ; lire les signaux des négociations commerciales de Washington avec la Chine ; ce que Trump recherche lorsqu’il conclut un accord.

À noter

Par John Stackhouse

La semaine a été bonne pour le Canada et bien meilleure pour la Grande-Bretagne. La donne pourrait toutefois changer la semaine prochaine.

  • Mark Carney s’est entretenu avec Donald Trump et a réussi à repositionner les négociations autant au niveau du commerce que dans d’autres secteurs. Nous nous attendons à l’établissement d’un nouveau Partenariat nord-américain pour la sécurité.

  • Aucun des dirigeants n’a tourné le dos à la Mexicaine Claudia Sheinbaum, mais de nombreux chefs d’entreprise mexicains déplorent la stagnation des négociations entreprises avec le président Trump.

  • La Grande-Bretagne et les États-Unis ont conclu un accord qui n’était ni grand ni beau, mais qui est soudain devenu le modèle de référence pour les États-Unis et d’autres pays. Cela nous fait penser aux négociations types entreprises dans le secteur de l’automobile. 

  • L’accord que les États-Unis ont conclu avec le Royaume-Uni se concentre essentiellement sur des secteurs spécifiques. Plus d’automobiles de marque Land Rovers pour plus de hamburgers au fromage américains. (Autrement dit, des voitures contre du bœuf américain) La fin du commencement, comme dirait probablement M. Carney. La Grande-Bretagne estime que cet accord, qui s’ajoute à une autre entente bien plus large, lui confère un avantage concurrentiel par rapport à l’UE.

  • Le premier ministre britannique Keir Starmer espère faire un arrêt à Ottawa à la mi-juin avant de se rendre en Alberta pour la rencontre du G7. C’est là qu’il se rendra compte de la réalité. Le Canada et le Royaume-Uni ont eu de la difficulté à conclure des accords commerciaux au cours des dernières années, en raison particulièrement des activités de lobbyisme agricole qui sont menées dans les deux pays. Peut-on toutefois parier sur le fait que M. Carney finira par servir du fromage britannique, et M Starmer, par boire du lait canadien ?

  • Les deux alliés pourront ensuite se concentrer sur leurs approvisionnements en défense. M. Carney a fait part de son intérêt pour l’achat de plus de fournitures de BAE, mais doit également rester ouvert aux options de M. Trump qui souhaite que le Canada (et la Grande-Bretagne) achète plus d’avions et de systèmes d’armement américains. 

  • La rencontre du G7 qui aura lieu les 16 et 17 juin retiendra autant l’attention que les montagnes à Kananaskis. Les dirigeants devraient surtout parler de sécurité (un sommet de l’OTAN suivra à la fin juin), débattre des piliers de la démocratie après-guerre et décider des ententes commerciales en procédant à la remilitarisation de leurs pays ou en concluant des accords spécifiques. Que le Canada et la Grande-Bretagne restent unis, ou qu’ils soient coincés par les États-Unis constituera un signal.   

Ce que vous devez savoir

18 : Nombre des pays que les États-Unis privilégieraient pour les négociations commerciales.

79 : Pourcentage des Américains qui pensent que l’AEUMC avantagerait l’économie américaine, selon les résultats du dernier sondage réalisé par The Chicago Council on Global Affairs. Ce chiffre tient compte des réponses des 90 % des démocrates et des 72 % des républicains qui ont été interrogés.

2 500 : Produits américains, notamment l’huile d’olive et le vin qui bénéficieront d’une réduction des droits de douane dans le cadre du U.S.-U.K. Economic Prosperity Deal (accord de prospérité économique conclu entre les États-Unis et le Royaume-Uni).

100 000 : Véhicules britanniques pour lesquels les droits de douane américains sont ramenés à 10 % dans le cadre de l’accord conclu avec les É.-U. Les moteurs Rolls-Royce pourront bénéficier d’une exonération des droits de douane à l’entrée.

Point de vue de Washington

L’identité des dirigeants qui seront présents cette fin de semaine à Genève donnera une idée de la façon dont les États-Unis envisagent de négocier leurs ententes commerciales avec la Chine.

Mis en avant : Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, et le représentant américain au commerce, Jamieson Greer

Mis en retrait : Howard Lutnick, secrétaire américain au commerce, et Peter Navarro, conseiller au commerce et de la politique manufacturière de la Maison-Blanche

L’envoi de Bessent et Greer, perçus comme des représentants plus modérés, laisse penser que l’aspect pratique et le progrès l’emporteront sur l’idéologie politique maximaliste. À noter : M. Bessent a joué un rôle principal dans la conclusion de l’accord signé par les États-Unis et l’Ukraine sur l’exploitation des ressources naturelles dans le sol ukrainien, tant souhaité par la Maison-Blanche.

Quelques points à l’ordre du jour pour cette fin de semaine, et prochaines réunions :

  • Défense : L’utilisation par Pékin des contrôles à l’exportation de terres rares et de minéraux essentiels cible les vulnérabilités des chaînes logistiques américaines de semi-conducteurs, d’avions de chasse, de sous-marins, et d’autres produits essentiels à la base industrielle de défense des États-Unis.

  • Technologies de pointe : Les pratiques et les politiques commerciales chinoises, en particulier les exigences applicables aux coentreprises qui obligent les entreprises américaines à établir des partenariats avec des entreprises chinoises pour opérer en Chine et les obligations d’information pour l’obtention des licences, obligent les entreprises étrangères à transférer des droits de propriété intellectuelle sensibles pour accéder au marché chinois.

  • Transport/Expédition : Les constructeurs de navires et les travailleurs maritimes américains se sont plaints des pratiques chinoises qui font baisser les coûts de la construction navale, en particulier les bas salaires ou le travail forcé et l’offre excédentaire d’intrants pour la construction navale stimulés par les subventions gouvernementales.

Que veut vraiment M. Trump ?

Certains thèmes seront repris à mesure que M. Trump s’efforcera de conclure 90 ententes en 90 jours :

  • Baisse des droits de douane et retrait des obstacles au commerce intérieur : Trump considère injuste la position commerciale de nombreux pays par rapport à celle des États-Unis, et il cherche à réduire les obstacles liés aux droits de douane et autres dans la mesure du possible.

  • Accords d’achat : Comme les pays veulent réduire leur déficit commercial, les accords comprendront probablement des ententes d’achat. Prenons l’exemple de la chine qui a pris l’engagement d’acheter des marchandises pour un total de 200 milliards de dollars (un engagement qu’elle n’a finalement pas respecté).

  • Exemptions : M. Trump et son équipe subissent de fortes pressions pour exonérer les biens considérés comme stratégiques, nécessaires ou pour lesquels les États-Unis sont fortement tributaires des importations, qu’il s’agisse de poudre ou de sièges de voiture de bébé. La mise en place de nouvelles exemptions devrait permettre d’atténuer les répercussions des mesures commerciales.

  • Engagements pris sur le plan des investissements : Les investissements étrangers réduiront probablement la position qu’occupent les États-Unis en matière d’investissements internationaux, mais M. Trump souhaite voir d’autres pays et des entreprises étrangers investir aux États-Unis, à l’instar de l’usine de fabrication de semi-conducteurs de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company située en Arizona.

  • Corrections des taux de change : Les observateurs du marché doutent qu’un « accord de Mar-a-Lago » visant à corriger le déficit commercial entraîne une dépréciation coordonnée du dollar américain. Une telle coordination transfrontalière serait improbable, et il est très peu probable que la Chine, principale cible des manipulations monétaires, accepte une appréciation du renminbi.

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Bienvenue à la Zone commerciale. Semaine 2. (Toujours en version bêta, alors faites-nous savoir ce que vous en pensez.)

Cahier

Par John Stackhouse

Les équipes se préparent à affronter une grosse semaine de changements, tant au sein du gouvernement que du secteur privé. Mark Carney se rendra à la Maison-Blanche mardi pour rétablir les relations entre les deux pays. Les discussions devraient être cordiales et porter sur les dépenses militaires et la façon dont le Canada pourrait investir davantage dans la sécurité de l’Amérique du Nord. Plus de drones. Une cybersécurité renforcée. Pouvons-nous aussi prétendre à ces futures exportations ?

J’ai passé une partie de la semaine à Vancouver, habituellement considéré comme la porte d’entrée du Canada vers l’Asie-Pacifique. Le port semblait prospérer en raison des grosses transformations actuellement en cours dans les chaînes d’approvisionnement :

  • Les producteurs chinois et vietnamiens ont commencé à déplacer des marchandises et des intrants vers le Canada pour contourner les droits de douane américains.

  • Un grand producteur agroalimentaire de la Colombie-Britannique a révélé que son acheteur américain avait réorienté la production de son entreprise vers Singapour et a demandé à un fournisseur néo-zélandais d’approvisionner les États-Unis.

  • Un autre grand fabricant de vêtements explique comment il a dû intégrer cette semaine les droits de douane aux prix des produits qui seront offerts en août dans les magasins nord-américains pour la rentrée scolaire.

  • Une autre entreprise internationale a dit avoir légèrement réduit sa production chinoise (qui n’est plus que de 20 %) pour garder une longueur d’avance sur des négociations de Trump avec d’autres marchés comme l’Inde.

Nous devrions nous attendre à d’autres changements de ce genre.

La semaine en chiffres

Apple, le géant de la technologie, a chiffré à 900 millions de dollars l’impact des droits américains pour le trimestre en cours. Le PDG, Tim Cook, a déclaré que la majorité des iPhone vendus aux États-Unis devraient provenir de l’Inde plutôt que de la Chine pour limiter l’impact des droits de douane.

Les expéditions de marchandises entre la Chine et les États-Unis ont chuté de 60 % en avril, selon des estimations. Le ralentissement de la demande a incité certaines entreprises à utiliser des navires plus petits.

750 pertes d’emplois à l’usine de General Motors à Oshawa, en Ontario. Le constructeur automobile a réagi au contexte des droits de douane en passant de trois à deux quarts de travail.

Ce que vous devez savoir

  • Nous avons, bien avant la visite de M. Carney à Washington, réfléchi aux éléments qui pourraient être évoqués dans le cadre d’un éventuel accord économique et de sécurité avec les États-Unis :

    • Sécurité énergétique et économique : Les négociateurs voudront s’attaquer à des irritants de longue date (la taxe sur les services numériques, le conflit du bois d’œuvre résineux entre le Canada et les États-Unis, le renforcement des règles d’établissement de la provenance des produits). Il faut s’attendre à des prises de position et à des stratégies sur le gaz, le nucléaire et les minéraux critiques.

    • Défense et sécurité dans l’Arctique : Tout, du plan visant à atteindre la cible de 2 % du PIB pour les dépenses militaires à la modernisation de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), en passant par la comptabilité à double usage, les investissements dans les infrastructures sociales et économiques dans le Nord, y compris un port en Arctique, et l’expansion des engagements en matière de construction navale et de brise-glace.

    • Sécurité des frontières : Le Canada a investi dans la sécurité des frontières, mais les sujets qui seront soulevés au cours des négociations dans la poursuite de la collaboration porteront probablement sur le blanchiment d’argent, l’immigration et le trafic de drogues et des armes, entre autres.

La grande question

Cette semaine, nous posons notre question à Sue Noble, vice-présidente, Financement automobile, Bureau national, RBC.

Q : Que pensez-vous des allègements des droits de douane pour le secteur automobile décrétés par Trump cette semaine ?
SN: Ces allègements peuvent être considérés comme positifs, mais l’incertitude reste élevée et rend la situation difficile pour les fabricants et l’industrie. La production nord-américaine varie en fonction des fabricants et même des marques. Les constructeurs automobiles devraient, compte tenu du manque de certitude d’une stratégie à long terme connexe aux droits de douane, faire preuve de prudence.

Le mot de la fin

« Les Américains, en parlant du peuple, des entreprises et des consommateurs, ont tout à gagner à entretenir des relations plus stables avec leur principal client. Les Américains, et les personnes qui ont voté pour le président élu s’attendent à acheter des produits abordables, à faire affaire avec des entreprises qui investissent dans leurs collectivités. Les entreprises suspendent leurs investissements en période d’instabilité. »

Kirsten Hillman, ambassadrice du Canada aux États-Unis (événement The Atlantic on the Future tenu à Washington, 29 avril)

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Bienvenue dans le premier numéro de Zone commerciale. Il est en phase d’essai bêta, alors n’hésitez pas à nous faire savoir ce que vous en pensez. Chaque semaine, l’équipe Leadership avisé RBC vous fera part de ce qu’elle entend de la part des gouvernements, de ce qu’elle apprend des clients et de ce qu’elle observe dans ses recherches. Elle vous fournira également une feuille de route pour la semaine, afin de vous aider à suivre le rythme.

Cahier

John Stackhouse

  • Si les libéraux de Mark Carney sont réélus lundi, comme le laissent croire les sondages, il faut s’attendre à ce qu’ils portent leur attention vers le sud et l’ouest d’ici la fin de la semaine.

  • Au sud, il faut s’attendre à l’affectation d’une équipe de nouveaux venus dans la bureaucratie, ainsi que d’un membre du cabinet du premier ministre ayant de l’expérience aux États-Unis. Un appel avec Donald Trump sera une priorité absolue, le commerce n’étant pas le seul sujet de préoccupation. L’expression « partenariat global » est un terme que l’on entend souvent et qui couvre des enjeux de sécurité des frontières, d’immigration, de l’Arctique et de défense. Et oui, le commerce, même si l’AEUMC ne restera peut-être pas longtemps dans sa forme actuelle.

  • Il faut s’attendre à ce que l’approche canadienne, très structurée et stratégique, se heurte à l’approche américaine, très peu structurée. L’équipe Trump avait dit aux Canadiens d’éviter les groupes de travail ou les « experts » externes. Remarque : Les négociateurs américains rendent les Mexicains fous de rage en exigeant d’eux qu’ils contrôlent les expéditions de tomates avant qu’un accord ne soit conclu.

  • L’équipe Trump a perdu devant les tribunaux et sur les marchés. Si cette situation perdure, le Canada pourrait opter pour une stratégie à long terme, en suivant le conseil de Napoléon : « N’interrompez jamais un ennemi qui est en train de commettre une erreur ».

  • À l’ouest, il faut s’attendre à ce qu’Ottawa prenne contact avec l’Alberta et la Saskatchewan, en mettant l’accent sur la diversification des exportations. Pour cela, il faudra bien plus qu’un nouvel oléoduc (qui pourrait être dans les cartes), tandis que nos provinces axées sur les ressources envisagent de nouveaux marchés. La décision choquante prise cette semaine par Dow Chemical de retarder la construction de son usine en Alberta n’est que le dernier avertissement commercial en date. (J’ai écrit un article sur le grand virage sur L’Espace commercial en m’inspirant des conversations qui ont eu lieu cette semaine au Sommet sur la croissance annuel du Forum des politiques publiques, qui est en quelque sorte les Olympiques des mordus de politique).

  • L’Ontario est coincé entre le Potomac et les Prairies, mais pas pour longtemps. Doug Ford a volé la vedette au sommet du FPP en attaquant Donald Trump avec fougue (« Parfois, le fromage semble tomber du craquelin avec ce type ») et en lançant un appel passionné aux conservateurs progressistes. M. Ford semble prêt à jouer les mauvais flics face aux bons flics du prochain premier ministre. Il est peut-être aussi en train de s’échauffer pour un autre rôle.

  • Préparez-vous à entendre parler de l’Europe comme d’un nouveau (ancien) partenaire pour l’approvisionnement militaire, les normes en intelligence artificielle et, oui, le commerce. Ces conversations prendront de l’élan avant le sommet du G7 qui se tiendra en Alberta en juin et au cours duquel nous nous attendons à ce que le GNL et les centres de données soient au premier plan. Si l’équipe Trump se présente – il n’y a rien à parier – elle voudra s’assurer d’un certain alignement sur le financement du GNL, en particulier pour les marchés émergents, et de l’accès à l’électricité alimentée par le gaz pour ses sociétés à très grande échelle (le dernier euphémisme pour « géants technologiques »).

  • Le climat revient dans les conversations sur le commerce, mais pas en Amérique du Nord. L’Europe va de l’avant avec l’ajustement carbone aux frontières (qu’il ne faut pas appeler taxe sur le carbone). Le Japon propose également un système d’échange de droits d’émission comprenant des crédits carbone transfrontaliers et une surtaxe sur les combustibles fossiles. Il faut s’attendre à ce que le système fragmenté de tarification du carbone industriel du Canada fasse partie d’une discussion probable en marge du G7. (On vous a dit que la réunion se tiendra en Alberta ?)

  • La participation autochtone sera un aspect important de toute nouvelle relation commerciale, bien plus qu’il y a cinq ans. Nous participerons à la grande conférence de la First Nations Major Projects Coalition qui se tiendra à Toronto la semaine prochaine et nous nous attendons à ce que M. Ford et peut-être un nouveau premier ministre en profitent pour faire avancer leurs stratégies d’investissement. (Pas d’investissement, pas de commerce). Des chefs autochtones de l’Alaska et de l’Utah – bonjour, les républicains –, qui pourraient proposer un autre type de relations transfrontalières, figureront aussi parmi les invités de marque.

Ce que vous devez savoir

➔ Nous estimons que 125 milliards de dollars sont à risque pour le Canada, car le président américain Donald Trump lorgne cinq secteurs stratégiques.

Le Canada exporte pour 125 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis dans des secteurs clés

➔ Pour tenter d’échapper aux droits de douane et en attendant la fin de la guerre commerciale, les vendeurs tiers d’Amazon et de Walmart déplacent leurs stocks de la Chine vers des entrepôts exempts de droits de douane au Canada.

➔ Pas une seule nouvelle introduction n’a été réalisée à la Bourse de Toronto ou à la Bourse de croissance au cours du premier trimestre. La guerre commerciale inquiète aussi les entreprises au sud de la frontière.

➔ Coke et Pepsi : qui est le vainqueur de l’ultime test de goût, euh, des droits de douane ?

➔ Où voyons-nous le ratio de la dette du Canada au cours des trois prochaines années dans le pire des scénarios sur les droits de douane :

Le ratio d'endettement du Canada pourrait atteindre un niveay élevé en cas de pandémie dans un scénario tarifaire sévère

Pour conclure

« Tous les regards sont actuellement tournés vers l’Arctique. Nous sommes la porte d’entrée du passage vers le Nord-Ouest et au premier plan des discussions sur la sécurité et la souveraineté. »
– P. J. Akeeagok, premier ministre du Nunavut

« Personne ne va se ruer pour construire des usines en Amérique. La volatilité des politiques nuit en fait à l’objectif même que l’on tente d’atteindre. »
– Ken Griffin, chef de la direction de Citadel

« La renégociation de l’AEUMC comprenait un accord sur le commerce numérique très avant-gardiste. Je pense qu’il y a là une excellente occasion, et cela contraste avec ce que l’on a observé dans certains pays, où la souveraineté des données a été plus restrictive. »
– David Schwimmer, chef de la direction de la Bourse de Londres

« L’UE travaille à une réponse ciblée et mesurée au cas où nous ne parviendrions pas à un accord [avec les États-Unis] rapidement. »
– Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté l’industrielle et numérique de la France