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Leadership avisé RBC Géopolitique, commerce et économie Zone commerciale : la priorité du nouveau gouvernement
Géopolitique, commerce et économie

Zone commerciale : la priorité du nouveau gouvernement

Ce que nous entendons des gouvernements, ce que nous apprenons des clients et ce que nous voyons dans nos recherches.

Bienvenue dans le premier numéro de Zone commerciale. Il est en phase d’essai bêta, alors n’hésitez pas à nous faire savoir ce que vous en pensez. Chaque semaine, l’équipe Leadership avisé RBC vous fera part de ce qu’elle entend de la part des gouvernements, de ce qu’elle apprend des clients et de ce qu’elle observe dans ses recherches. Elle vous fournira également une feuille de route pour la semaine, afin de vous aider à suivre le rythme.

Cahier

John Stackhouse

  • Si les libéraux de Mark Carney sont réélus lundi, comme le laissent croire les sondages, il faut s’attendre à ce qu’ils portent leur attention vers le sud et l’ouest d’ici la fin de la semaine.

  • Au sud, il faut s’attendre à l’affectation d’une équipe de nouveaux venus dans la bureaucratie, ainsi que d’un membre du cabinet du premier ministre ayant de l’expérience aux États-Unis. Un appel avec Donald Trump sera une priorité absolue, le commerce n’étant pas le seul sujet de préoccupation. L’expression « partenariat global » est un terme que l’on entend souvent et qui couvre des enjeux de sécurité des frontières, d’immigration, de l’Arctique et de défense. Et oui, le commerce, même si l’AEUMC ne restera peut-être pas longtemps dans sa forme actuelle.

  • Il faut s’attendre à ce que l’approche canadienne, très structurée et stratégique, se heurte à l’approche américaine, très peu structurée. L’équipe Trump avait dit aux Canadiens d’éviter les groupes de travail ou les « experts » externes. Remarque : Les négociateurs américains rendent les Mexicains fous de rage en exigeant d’eux qu’ils contrôlent les expéditions de tomates avant qu’un accord ne soit conclu.

  • L’équipe Trump a perdu devant les tribunaux et sur les marchés. Si cette situation perdure, le Canada pourrait opter pour une stratégie à long terme, en suivant le conseil de Napoléon : « N’interrompez jamais un ennemi qui est en train de commettre une erreur ».

  • À l’ouest, il faut s’attendre à ce qu’Ottawa prenne contact avec l’Alberta et la Saskatchewan, en mettant l’accent sur la diversification des exportations. Pour cela, il faudra bien plus qu’un nouvel oléoduc (qui pourrait être dans les cartes), tandis que nos provinces axées sur les ressources envisagent de nouveaux marchés. La décision choquante prise cette semaine par Dow Chemical de retarder la construction de son usine en Alberta n’est que le dernier avertissement commercial en date. (J’ai écrit un article sur le grand virage sur L’Espace commercial en m’inspirant des conversations qui ont eu lieu cette semaine au Sommet sur la croissance annuel du Forum des politiques publiques, qui est en quelque sorte les Olympiques des mordus de politique).

  • L’Ontario est coincé entre le Potomac et les Prairies, mais pas pour longtemps. Doug Ford a volé la vedette au sommet du FPP en attaquant Donald Trump avec fougue (« Parfois, le fromage semble tomber du craquelin avec ce type ») et en lançant un appel passionné aux conservateurs progressistes. M. Ford semble prêt à jouer les mauvais flics face aux bons flics du prochain premier ministre. Il est peut-être aussi en train de s’échauffer pour un autre rôle.

  • Préparez-vous à entendre parler de l’Europe comme d’un nouveau (ancien) partenaire pour l’approvisionnement militaire, les normes en intelligence artificielle et, oui, le commerce. Ces conversations prendront de l’élan avant le sommet du G7 qui se tiendra en Alberta en juin et au cours duquel nous nous attendons à ce que le GNL et les centres de données soient au premier plan. Si l’équipe Trump se présente – il n’y a rien à parier – elle voudra s’assurer d’un certain alignement sur le financement du GNL, en particulier pour les marchés émergents, et de l’accès à l’électricité alimentée par le gaz pour ses sociétés à très grande échelle (le dernier euphémisme pour « géants technologiques »).

  • Le climat revient dans les conversations sur le commerce, mais pas en Amérique du Nord. L’Europe va de l’avant avec l’ajustement carbone aux frontières (qu’il ne faut pas appeler taxe sur le carbone). Le Japon propose également un système d’échange de droits d’émission comprenant des crédits carbone transfrontaliers et une surtaxe sur les combustibles fossiles. Il faut s’attendre à ce que le système fragmenté de tarification du carbone industriel du Canada fasse partie d’une discussion probable en marge du G7. (On vous a dit que la réunion se tiendra en Alberta ?)

  • La participation autochtone sera un aspect important de toute nouvelle relation commerciale, bien plus qu’il y a cinq ans. Nous participerons à la grande conférence de la First Nations Major Projects Coalition qui se tiendra à Toronto la semaine prochaine et nous nous attendons à ce que M. Ford et peut-être un nouveau premier ministre en profitent pour faire avancer leurs stratégies d’investissement. (Pas d’investissement, pas de commerce). Des chefs autochtones de l’Alaska et de l’Utah – bonjour, les républicains –, qui pourraient proposer un autre type de relations transfrontalières, figureront aussi parmi les invités de marque.

Ce que vous devez savoir

➔ Nous estimons que 125 milliards de dollars sont à risque pour le Canada, car le président américain Donald Trump lorgne cinq secteurs stratégiques.

Le Canada exporte pour 125 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis dans des secteurs clés

➔ Pour tenter d’échapper aux droits de douane et en attendant la fin de la guerre commerciale, les vendeurs tiers d’Amazon et de Walmart déplacent leurs stocks de la Chine vers des entrepôts exempts de droits de douane au Canada.

➔ Pas une seule nouvelle introduction n’a été réalisée à la Bourse de Toronto ou à la Bourse de croissance au cours du premier trimestre. La guerre commerciale inquiète aussi les entreprises au sud de la frontière.

➔ Coke et Pepsi : qui est le vainqueur de l’ultime test de goût, euh, des droits de douane ?

➔ Où voyons-nous le ratio de la dette du Canada au cours des trois prochaines années dans le pire des scénarios sur les droits de douane :

Le ratio d'endettement du Canada pourrait atteindre un niveay élevé en cas de pandémie dans un scénario tarifaire sévère

Pour conclure

« Tous les regards sont actuellement tournés vers l’Arctique. Nous sommes la porte d’entrée du passage vers le Nord-Ouest et au premier plan des discussions sur la sécurité et la souveraineté. »
– P. J. Akeeagok, premier ministre du Nunavut

« Personne ne va se ruer pour construire des usines en Amérique. La volatilité des politiques nuit en fait à l’objectif même que l’on tente d’atteindre. »
– Ken Griffin, chef de la direction de Citadel

« La renégociation de l’AEUMC comprenait un accord sur le commerce numérique très avant-gardiste. Je pense qu’il y a là une excellente occasion, et cela contraste avec ce que l’on a observé dans certains pays, où la souveraineté des données a été plus restrictive. »
– David Schwimmer, chef de la direction de la Bourse de Londres

« L’UE travaille à une réponse ciblée et mesurée au cas où nous ne parviendrions pas à un accord [avec les États-Unis] rapidement. »
– Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté l’industrielle et numérique de la France

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