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Également dans ce numéro : Les procédures judiciaires liées aux droits de douane s’intensifient, les relations entre le Canada et l’Inde reprennent de plus belle et deux géants économiques concluent « l’accord commercial ultime »

Le même jour où le Fonds monétaire international publiait un rapport selon lequel la suppression des barrières commerciales interieures au Canada pourrait entraîner une hausse de 7 % du PIB réel, une discussion s’est tenue au Canadian Club of Toronto.

Parmi les participants figuraient deux grands dirigeants d’entreprise canadienne, Tracy Robinson (CN) et Max Koeune (McCain Foods), qui se sont joints à Sean Strickland (Canada’s Building Trades Unions) et à Goldy Hyder (Conseil des entreprises du Canada) pour s’entretenir sur les changements majeurs que le Canada doit apporter en matière de développement des infrastructures, de réglementation des entreprises et d’immigration.

Voici quelques goulots d’étranglement qu’il faut régler rapidement :

  • Le Canada figure parmi les pires pays de l’OCDE pour le nombre de journées de travail perdues en raison d’interruptions de travail. Autrement dit, nos infrastructures de transport (ports, réseaux ferroviaires et voies maritimes ferrées), qui nous relient au reste du monde, se retrouvent paralysées, alors que l’on attend du Canada qu’il soit ponctuel.

  • L’obtention des permis nécessaires à l’extension de l’oléoduc TMX a pris plus de temps que la construction elle-même. Ce n’est là qu’un exemple parmi bien d’autres des difficultés causées par la lenteur des processus de délivrance des permis et des autres approbations.

  • Malgré une grave pénurie de main-d’œuvre qualifiée, nos provinces n’accueillent qu’un nombre dérisoire d’immigrants. Qui d’autre bâtira tous ces grands projets ?

  • Sur le plan réglementaire, il est plus facile d’exporter des aliments aux États-Unis que d’en expédier d’une province à l’autre. Quand le concept d’« économie unique » deviendra-t-il réalité ?

Que faut-il faire ?

Mme Robinson a souligné le besoin de revoir notre approche des négociations collectives afin d’éviter que l’économie ne soit aussi souvent paralysée, en particulier dans un contexte mondial où d’autres pays se réjouissent de cette situation.

M. Strickland a réclamé une meilleure planification de la main-d’œuvre pour recruter les bonnes personnes, en nombre suffisant, et répondre ainsi aux besoins de notre économie. On en parle depuis des années. C’est un problème qui peut se régler.

M. Koeune a appelé à des réformes en matière d’immigration qui permettraient aux demandeurs de résidence permanente d’avoir une idée plus claire des délais de traitement et de l’état d’avancement de leur dossier. Il a décrit le système comme une « boîte noire », une expression que j’ai entendue chez bien d’autres employeurs au cours des derniers mois.

Nous ne pouvons pas conquérir le monde sans commencer par régler nos propres difficultés.

Se défendre, d’accord. Avancer la tête haute, c’est encore mieux.

– John Stackhouse

Entreprises poursuivant les États-Unis Gouvernement à la suite d'une audience devant la Cour suprême

Depuis l’audience du 5 novembre devant la Cour suprême sur la légalité des droits de douane américains, plus de 1 000 entreprises, dont Costco, Revlon et Ray-Ban, ont intenté une poursuite contre l’administration Donald Trump, Pourquoi ? Si la plus haute cour du pays invalide ces droits de douane (verdict à une date encore inconnue), les plaignants espèrent obtenir un remboursement partiel des pertes qu’ils disent avoir subi en raison de ces mesures.

Production record : le pétrole canadien se tourne vers de nouveaux marchés

  • Même avec des prix mondiaux en berne, le Canada produit des volumes records de pétrole et augmente ses exportations vers l’Asie, en particulier vers la Chine où les ventes ont plus que quadruplé l’an dernier, mais aussi vers l’Inde et la Corée du Sud.  

  • Si les États-Unis restent la principale destination d’exportation du pétrole canadien, la hausse de capacité des pipelines et l’essor des marchés asiatiques soutiennent la valeur des actions des grandes sociétés pétrolières et favorisent la diversification économique. On peut s’attendre à une multiplication des demandes visant à accroître la capacité des pipelines.

Le Canada et l’Inde misent sur un commerce énergétique apolitique et fiable

  • Alors que les relations diplomatiques continuent de s’améliorer, les responsables se sont engagés à accroître les livraisons canadiennes de pétrole brut, de gaz naturel liquéfié et de gaz de pétrole liquéfié à l’Inde, tandis que davantage de produits pétroliers raffinés devraient être exportés en sens inverse.

  • Le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, a souligné que l’Inde constitue le marché où la demande d’énergie connaît la croissance la plus rapide, tout en assurant à ses homologues que le Canada n’utiliserait jamais l’énergie comme instrument de coercition. Un dialogue énergétique relancé entre les ministres canadien et indien pourrait aussi favoriser des investissements réciproques et une collaboration accrue dans d’autres domaines, notamment l’hydrogène, l’uranium, les biocarburants, le stockage des batteries, les minéraux essentiels, l’électricité et l’IA.   

  • Le haut-commissaire de l’Inde au Canada a déclaré que le premier ministre Carney se rendra probablement en Inde en mars et que, sous son gouvernement, le Canada n’est plus perçu comme le « petit frère » des États-Unis.

L’Inde et l’UE s’entendent sur l’accord commercial ultime

  • Alors que Washington s’apprête à imposer d’importants droits de douane, deux des plus grands marchés du monde ont conclu un accord commercial qui, une fois entré en vigueur, supprimera les droits de douane sur plus de 90 % des produits, ouvrant une nouvelle ère dans leurs relations économiques.

  • Les deux parties n’ont pas caché que cette avancée s’inscrivait en réaction à la politique commerciale américaine, afin d’atténuer l’impact des droits de douane et de renforcer leur autonomie économique. L’accord devrait stimuler les exportations de produits manufacturés indiens et offrir à l’UE un accès privilégié à ce vaste marché en forte croissance.

  • L’UE figure déjà parmi les principaux partenaires commerciaux de l’Inde. Si l’Inde n’est encore que le neuvième partenaire commercial de l’UE, cette dernière prévoit que ses échanges avec l’Inde doubleront d’ici 2032. Les négociations sur un accord de protection des investissements se poursuivent.

– Thomas Ashcroft

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À en juger par l’artère principale de Davos, la mondialisation est bien vivante. Oui, les États-Unis se sont servis d’une église et d’un magasin pour mettre les États-Unis de l’avant (« America First »). Mais beaucoup plus de vitrines faisant la promotion du Brésil, de l’Indonésie, des Philippines et du Nigeria. L’Inde a réservé tout un hôtel sur la promenade, d’où des milliers de personnes partaient chaque jour pour se rendre au Centre des congrès, puis revenaient le soir après un repas ou un dernier verre.

S’agit-il d’un faux printemps, à l’image de la semaine clémente à Davos ? Ou du début de ce que Christine Lagarde a appelé le « plan B » et d’une économie mondiale plus diversifiée ?

Lors de la clôture du Forum économique mondial, la présidente de la Banque centrale européenne a déclaré qu’elle « n’était pas d’accord » avec le point de vue de Mark Carney sur une rupture mondiale, mais qu’elle voyait une diversification importante du commerce.

Selon les recherches du Forum économique mondial, près de la moitié de la croissance mondiale au cours des cinq prochaines années (de 2025 à 2030) provenait d’Asie, la Chine représentant 23 % et l’Inde 15 %, alors que les États-Unis 11 %. Au total, le G7 ne représentera que 18,5 % de la croissance. 

Même si on a l’impression d’entrer dans une nouvelle ère de diversification, il ne faut pas oublier l’attraction gravitationnelle des deux superpuissances économiques, qui, au cours de la dernière décennie (et même avant), ont absorbé une grande partie des capitaux et des échanges commerciaux mondiaux. Par exemple, environ 40 % des études publiées sur la recherche pharmaceutique proviennent aujourd’hui de la Chine, tandis que la part de l’Europe est passée de 20 % à 12 %. Devinez d’où proviendront la plupart des médicaments du monde dans les années 2030 ?

Avec autant de changements, qui dominera les futures zones commerciales mondiales ? Je suis revenu de Davos en me disant que trois forces contribueront à façonner la réponse :

1. Solidité du bilan. Nous sommes peut-être à la veille d’importants emprunts publics (et peut-être privés) destinés à financer tout ce qui est nécessaire à la diversification, des nouvelles chaînes d’approvisionnement aux infrastructures. Les États-Unis ont l’avantage de détenir la monnaie de réserve mondiale, mais plusieurs puissances moyennes, dont l’Allemagne et le Canada, peuvent emprunter beaucoup par elles-mêmes.

2. Intelligence artificielle. Elle est en train d’absorber une grande partie des capitaux privés du monde, et elle déterminera une bonne partie des résultats commerciaux puisqu’elle transforme la production (avec la robotique). Oui, les États-Unis et la Chine dominent, mais si l’IA devient accessible à tous, comme Internet, l’avantage ira à ceux qui auront le dynamisme d’alimenter les algorithmes d’apprentissage et l’esprit d’entreprise pour mettre les résultats en pratique. Les huit plus grandes sociétés technologiques des États-Unis disposent d’une valeur nette de 18 billions de dollars à exploiter, et d’une énergie nationale bien supérieure à celle de la Chine ou de l’Europe.

3. Situation démographique. C’est la tendance cachée, alors que l’Ouest (et l’Extrême-Orient) sont confrontés à des bouleversements démographiques. Même à l’ère de l’IA, le commerce repose encore sur les humains, qui fabriquent des choses, les expédient et les achètent. La population africaine devrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050, date à laquelle elle représentera 25 % de la population mondiale en âge de travailler. 

Un conseil judicieux que j’ai entendu était que les entreprises devaient penser au pays, au fournisseur et à la devise, et avoir une option pour chacun. Une matrice ou des solutions de rechange si l’on veut. Ou ce que M. Carney a appelé « géométrie variable ». 

Ce sont les nouvelles règles.

– John Stackhouse

Le Sondage du T4 de la Banque du Canada montre que les entreprises canadiennes continuent d’être touchées négativement par les tensions commerciales, mais que certaines augmentent les exportations hors États-Unis.

  • Les résultats indiquent que 33 % des entreprises canadiennes sont fortement touchées par les politiques commerciales américaines. Une proportion faible mais croissante d’entreprises ont déclaré avoir enregistré une hausse de leurs ventes sur les marchés non américains. Malgré un ralentissement des ventes aux États-Unis, la plupart des exportateurs vers ce pays ne se sont pas tournés vers d’autres marchés, invoquant des obstacles tels que l’investissement dans de l’équipement spécialisé, le respect des exigences réglementaires et les coûts de transport.

  • Cela montre, bien que modestement, que les entreprises canadiennes sont prêtes à pénétrer d’autres marchés. Cependant, les pressions économiques immédiates freinent considérablement les efforts en matière d’embauche, d’investissement et de diversification.

Le Canada établit un nouveau partenariat avec le Qatar pour coopérer dans les secteurs du commerce, des investissements et de la défense

  • Le Canada et le Qatar ont convenu de conclure les négociations de l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) et ont signé un protocole d’entente en vue de mettre en place un comité économique mixte, d’élargir les services aériens et d’accroître leur collaboration dans le domaine de la défense (incluant davantage d’exportations du secteur de la défense du Canada).  

  • Il s’agit de la dernière victoire en date dans les efforts de diversification déployés par le gouvernement canadien, après l’accord conclu la semaine dernière avec la Chine. La valeur du commerce des marchandises entre le Canada et le Qatar était de 325 millions de dollars en 2024; une forte croissance est donc possible.

Les législateurs européens reportent l’accord commercial avec le Mercosur à cause de préoccupations juridiques

  • La ratification par l’UE de cet accord, fruit de plusieurs décennies de négociations avec les économies sud-américaines, a été reportée par les législateurs, qui ont demandé l’avis de la Cour de justice européenne.

  • Il s’agit du dernier obstacle dans un processus qui s’éternise, à la suite de pressions exercées par les agriculteurs européens, et qui pourrait retarder l’accord commercial de deux années supplémentaires. Compte tenu de la « situation géopolitique » actuelle, le chancelier allemand Frédéric Merz a cependant invité la Commission européenne à appliquer provisoirement l’accord, qui créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange du monde, touchant plus de 700 millions de personnes et représentant environ 20 % du PIB mondial.

 La première commande de canola canadien par la Chine depuis des mois fait suite à une mission commerciale

  • La visite du premier ministre Mark Carney à Pékin a conduit un importateur chinois à acheter 60 000 tonnes métriques de canola canadien, la première commande de ce type depuis que la Chine a suspendu ses importations en octobre. Cette décision intervient alors que la Chine devrait réduire les droits de douane sur le canola canadien à 15 %. Le ministre canadien de l’Agriculture, Heath MacDonald, a encouragé cette semaine les investissements chinois dans le secteur agroalimentaire canadien, soulignant le potentiel de collaboration dans le domaine de la transformation et de la recherche à valeur ajoutée au niveau national.

  • La Saskatchewan, province canadienne qui produit le plus de canola et qui affiche la plus forte croissance annuelle du commerce de gros, est particulièrement bien placée pour tirer profit de cette situation. Le premier ministre Scott Moe (qui participait au voyage) a souligné les bienfaits de cette avancée pour sa province et pour le secteur agricole canadien en général.   

Thomas Ashcroft

Le Canada prévoit d’autoriser l’entrée de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine à des droits de douane bien inférieurs en échange d’un assouplissement des redevances sur les produits agricoles canadiens. Voici ce que vous devez savoir à propos de l’entente et de ses conséquences :

  • Environ la moitié des véhicules importés de Chine coûteront moins de 35 000 $ d’ici 2030. Le prix d’achat moyen d’un véhicule électrique au Canada en 2024-2025 était d’environ 67 000 $.

  • Les ventes de véhicules électriques au Canada devraient rester globalement stables en 2026, après avoir chuté de 30 % l’année dernière. Pour évaluer les importations chinoises, 49 000 unités représenteraient un quart du marché annuel des véhicules électriques au Canada. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, craint que cela n’ait un impact sur les ventes et les emplois des fabricants existants.

  • La stratégie européenne pourrait servir de feuille de route alternative pour le Canada dans le secteur automobile : le continent a collaboré avec les constructeurs automobiles chinois afin d’uniformiser les règles du jeu et a fixé des droits de douane ciblés visant à compenser l’impact des subventions. Malgré cela, les marques chinoises ont conquis 10 à 15 % du segment des véhicules électriques en Europe.

  • Le dégel entre le Canada et la Chine devance l’importante renégociation de l’ACEUM, qui pourrait perturber les 80 % d’exportations canadiennes qui entrent sur le marché américain sans droits de douane. Cette situation pourrait-elle compliquer davantage les négociations entre le Canada et les États-Unis ?

Farhad Panahov

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Par John Stackhouse

Les droits de douane ne prennent pas de pause, et nous pouvons présumer que le président Donald Trump ne prendra pas non plus de vacances.

Cette semaine, Trump a diffusé son message des Fêtes pour se présenter comme un Père Noël du commerce, car, selon lui :

  • Les droits de douane sont l’une de ses grandes réalisations et ils suscitent plus d’investissements aux États-Unis.

  • Les droits de douane aideront à payer les « dividendes de guerre » à 1,45 million de membres du personnel militaire aux États-Unis.

  • Les droits de douane entraînent une baisse des prix.

Nous verrons plus tard en 2026 (en mi-mandat) si les Américains sont d’accord avec ces affirmations. Mais attendez-vous à ce qu’en 2026, le président fasse payer des droits de douane élevés, même si, comme on s’y attendait, la Cour suprême juge qu’il a outrepassé ses pouvoirs. Comment ? La Maison-Blanche pourrait rapidement rétablir le mur tarifaire, en s’appuyant sur les pouvoirs prévus aux articles 122 et 301 pour maintenir les droits de douane en place, quoique le taux prévu pourrait passer de la moyenne actuelle de 16 % à quelque 10 %.

Voici trois questions à se poser pour l’année à venir :

  • Les pays adopteront-ils des mesures de représailles, même en mettant en place des barrières autres que tarifaires ?

  • Le Congrès peut-il se permettre de réduire les impôts et les droits de douane ?

  • Le Canada pourra-t-il se permettre de gagner du temps ?

Mark Carney semble s’être résigné à subir un scénario d’« absence d’accord » et à affronter un long parcours en vue de la renégociation de l’AECUM. À court terme, les plus grands défis porteront sur les services numériques, le bois d’œuvre et les règles d’origine pour les fabricants automobiles, qui ont chacun leur propre calcul économique et politique :

  • on peut s’attendre à ce que les États-Unis continuent de faire pression pour obtenir plus de concessions pour les médias en ligne, en particulier pour Meta, qui pourrait faire face à des contrecoups au Québec, où les protections culturelles (y compris les subventions aux médias locaux) seraient une ligne de parti si le Parti québécois prenait le pouvoir en 2026 ;

  • on peut s’attendre à ce que les États-Unis, compte tenu de la morosité du marché immobilier, continuent de malmener la Colombie-Britannique (et le Nouveau-Brunswick) sur la question du bois d’œuvre ;

  • on peut s’attendre à ce que Doug Ford fasse encore plus d’efforts pour obtenir un accès favorable au marché automobile américain pour les usines d’assemblage de l’Ontario. 

Toutefois, il est peu probable que le Canada obtienne des résultats favorables sur ces trois volets. M. Carney pourrait passer les Fêtes à penser à ce que le Père Noël lui réserve pour 2026. 

14257 : Le Décret, signé le 2 avril par le président américain Donald Trump, qui a imposé des droits de douane de base de 10 % sur les importations de tous les partenaires commerciaux des États-Unis.

90 : Le nombre de pays qui se sont vus imposer des droits de douane supérieurs au taux de référence de 10 % le « Jour de la Libération ».

2 : Le nombre de visites effectuées par le premier ministre Mark Carney à la Maison-Blanche. Lors de la plus récente, au début du mois d’octobre, M. Trump a qualifié Carney de « bonhomme » qui faisait « un excellent travail ».

75 millions : Le montant consacré par le gouvernement de l’Ontario de Doug Ford à la campagne publicitaire anti-tarifaire avec Ronald Reagan, qui a incité Trump à interrompre les négociations avec le Canada. Selon M. Ford, la publicité a été visionnée 12,4 milliards de fois.

35 T$ US : La valeur estimative du commerce des biens à l’échelle mondiale en 2025. Le volume commercial atteint des niveaux records malgré le fait que les risques géopolitiques ont fracturé les chaînes d’approvisionnement – preuve que la mondialisation est en restructuration plutôt qu’en régression.

50 000 : Nombre d’emplois perdus dans le secteur manufacturier aux États-Unis depuis le début de l’année.

1 T$ US : L’excédent commercial record de la Chine, malgré les tensions avec les États-Unis. Beijing a exporté 3,4 T$ US de biens au cours des onze premiers mois de l’année, notamment en dénichant de nouveaux marchés, y compris en Afrique (+26 %), en Asie du Sud-Est (+14 %) et en Amérique latine (+7,1 %).

5 : Le nombre de secteurs comptant pour 80 %des droits de douane perçus par les États-Unis auprès du Canada, notamment le secteur automobile (28,8 %), l’aluminium (23,3 %), le fer et l’acier (12,7 %), la machinerie (8,8 %) et les marchandises en fer et en acier (8,3 %).

70 G$ : Les engagements d’investissements des Émirats arabes unis au Canada, axés sur le développement de minéraux essentiels, de l’énergie, de ports et de l’intelligence artificielle.

226,4 G$ US : Les exportations des États-Unis vers le Mexique entre janvier et août – qui excèdent les 225,6 G$ US de biens expédiés vers le Canada. C’est la première fois en 30 ans que le Mexique surpasse le Canada comme destination principale des exportations.

200 G$ : La valeur estimative de l’Accord canadien de reconnaissance mutuelle, qui élimine tous les obstacles au commerce des produits (sauf les aliments) entre les provinces et territoires du Canada.

3 fois : La hausse des mesures restrictives au commerce mondial depuis 2019. Les droits de douane, les contrôles à l’exportation et les subventions sont maintenant des caractéristiques structurelles des politiques commerciales – et non des perturbations temporaires.

10 % : Le pourcentage des exportations de bois d’œuvre (suffisant pour construire 75 000 maisons) que l’industrie forestière canadienne prévoit réacheminer vers le Royaume-Uni et l’Europe plutôt que d’exporter aux États-Unis.

100 % : Dépendance des États-Unis à l’égard des importations de 16 minéraux essentiels (y compris le graphite) et dépendance de 50 % à l’égard des importations de 29 minéraux essentiels, y compris le zinc, le titane et le nickel.

600 G$ : L’objectif des exportations canadiennes ailleurs qu’aux États-Unis d’ici 2035, qui est prévu au budget fédéral 2025, c’est-à-dire le double du montant actuel.

50 G$ : La valeur potentielle d’un partenariat commercial entre le Canada et l’Inde, qui ont renoué leurs relations cette année.

100 G$ : La valeur annuelle des exportations de produits agroalimentaires du Canada. Environ 60 % de ces marchandises étaient destinées au marché américain.

994,63 $ : Le montant qu’une famille moyenne du Canada peut s’attendre à payer de plus pour leur panier d’épicerie en 2026 par rapport à 2025. Les droits de douane ont une incidence sur la sécurité alimentaire au pays, où un Canadien sur quatre est touché par l’insécurité alimentaire.

86 : Le pourcentage de biens que les États-Unis ont importés du Canada en septembre qui étaient exempts de droits de douane.

51 : Nombre de jours où le cours de l’or a été supérieur aux sommets précédents en raison de l’incertitude géoéconomique accrue.

28 % : Le pourcentage d’augmentation du prix du café d’une année sur l’autre.

19 % : Le pourcentage de diminution des exportations chinoises vers les États-Unis cette année.

244 G$ US : Les revenus totaux tirés des droits de douane générés par les États-Unis (de janvier à novembre 2025).

1 million de barils par jour : La capacité potentielle d’un oléoduc d’exportation de pétrole sur la côte Ouest qui est à l’origine d’un protocole d’entente entre le gouvernement fédéral et l’Alberta et augmenterait les exportations de pétrole de l’Alberta vers l’Asie.

7 G$ US : Le grand coup que les trois grands constructeurs automobiles du Michigan, soit General Motors, Ford et Stellantis, s’attendent à ce que leurs bénéfices subissent en raison des droits de douane américains en 2025.

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Par Lisa Ashton, directrice générale, Politique agricole

Le programme d’aide de 12 milliards de dollars américains du président américain Donald Trump en faveur des agriculteurs américains aux prises avec une hausse du coût des intrants, comme les engrais et les graines, n’est pas sans conséquences pour le Canada. M. Trump envisage d’imposer des droits de douane « très sévères » sur les engrais canadiens pour « soutenir » la production américaine d’engrais. 

Cela pourrait toutefois se retourner contre Washington. Une augmentation des droits de douane sur les engrais canadiens risque fort de se traduire par une hausse des prix à court terme pour les agriculteurs américains et de créer de la volatilité au chapitre de l’approvisionnement à long terme. Cette proposition arrive alors que les États-Unis disposent de peu de solutions de rechange aux engrais canadiens, les agriculteurs américains ayant une influence limitée sur le marché et ne pouvant que subir les prix. Les secteurs agricoles canadien et américain font face aux risques suivants :

  • Le Canada compte pour 81 % des importations d’engrais chimiques à base de potassium aux États-Unis, et les droits de douane feraient augmenter les coûts pour l’ensemble de la chaîne logistique agroalimentaire interconnectée nord-américaine.1

  • Les États-Unis ont déjà fait une première tentative plus tôt cette année, en imposant des droits de douane étendus (25 %) sur de nombreux produits importés du Canada, notamment la potasse et d’autres engrais. L’opposition des agriculteurs et des groupes sectoriels américains a poussé le gouvernement à réduire à 10 % les droits de douane sur les engrais.

  • Ces décisions se sont avérées désastreuses, car l’indice des prix à l’importation aux États-Unis pour les engrais chimiques est passé de 164,5 à 186,5 entre décembre 2024 et septembre 2025.2

    • L’indice des prix payés aux États-Unis qui suit les coûts payés par les agriculteurs américains a atteint 149,9 en juin 2025, comparativement à 139,9 un an auparavant. Sur la même période, les coûts des engrais ont été le principal facteur de hausse des coûts pour les cultivateurs, avec une croissance de 11 % dans l’indice3

  • Les réserves de potasse canadiennes, les plus importantes du monde, sont évaluées à 1,1 milliard de tonnes, soit cinq fois plus que celles des États-Unis4. La taille de l’industrie minière de la potasse du Canada, selon les volumes de production, était 36 fois plus élevée que celle des États-Unis en 20245

  • Les engrais représentent environ 30 % à 45 % des coûts d’exploitation annuels des agriculteurs américains, selon le type de culture6. Les agriculteurs étant vulnérables à la volatilité des prix des intrants, ils ne peuvent souvent pas en répercuter les hausses aux consommateurs, car beaucoup vendent leurs produits sur les marchés des marchandises (maïs, blé, soja, etc.). Cela pourrait compromettre les efforts de l’administration américaine pour réduire les coûts des agriculteurs d’ici aux élections de mi-mandat de 2026 par l’imposition active de droits de douane sur leurs intrants et la menace de les accroître encore.

  • Les États-Unis pourraient conclure des accords distincts avec le Canada et le Mexique, a indiqué le représentant américain au commerce, Jamieson Greer. Il a déclaré que l’administration Trump laissait toutes les options ouvertes quant à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Mark Carney a rapidement écarté la possibilité de conclure des ententes distinctes, en affirmant que « ce n’est pas ce qu’ils disent ».

  • Kirsten Hillman, ambassadrice du Canada aux États-Unis ayant joué un rôle clé dans les négociations sur l’ACEUM, a annoncé qu’elle démissionnerait au début de l’an prochain. Le nom de la personne appelée à la remplacer n’a pas encore été annoncé, mais, selon certaines sources, Mark Wiseman, ancien chef de la direction de l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada, serait le mieux placé pour lui succéder.

  • L’excédent commercial de 153 millions de dollars enregistré par le Canada en septembre a dépassé les prévisions des analystes, qui tablaient sur un déficit de 4,5 milliards de dollars. Les exportations vers les É.-U. ont augmenté de 4,6 %, tandis que les importations ont diminué de 1,7 %. Les exportations vers les autres régions du monde ont quant à elles bondi de 18,6 %.

  • In the U.S. exports surged in September, resulting in the smallest trade deficit in 5 years.

  • Les États-Unis ont enregistré en septembre leur déficit commercial le plus faible en 5 ans, après une brusque hausse de leurs exportations.

Par Jordan Brennan, premier directeur général, Leadership avisé RBC

Le président Trump a fait valoir que les droits de douane sont un mal à court terme pour un bien à long terme. Les données confirment que la première partie de son affirmation est juste.

Inflation : depuis ce que M. Trump a nommé le « jour de la libération » en avril, les prix à la production aux États-Unis ont nettement augmenté. Par effet d’entraînement, l’inflation des prix à la consommation a augmenté durant cinq mois consécutifs et s’établit à présent à 3 %, chiffre que l’on n’avait plus enregistré depuis le début de 2024.

Confiance des consommateurs : le sondage de longue date de l’Université du Michigan auprès des consommateurs montre que leur confiance est au plus bas depuis un demi-siècle. Quatre des dix plus mauvais chiffres mensuels ont été enregistrés depuis le « jour de la Libération ».

Fabrication : loin de rebondir, l’emploi s’est détérioré dans le secteur manufacturier – notamment le secteur politiquement sensible de l’automobile – depuis janvier. Les États-Unis ont détruit près de 50 000 emplois dans ce secteur cette année.

La Maison-Blanche répond invariablement que la politique des droits de douane demande du temps et que les difficultés sont transitoires. Cependant, les électeurs récompensent rarement les promesses lointaines quand ils en arrachent dans l’immédiat. De fait, M. Trump a récemment commencé à lâcher du lest, en réduisant les droits de douane sur le bœuf, le café et divers autres articles d’épicerie. On peut s’attendre à voir certains droits de douane, ciblés par régions et par produits, baisser, à mesure qu’approcheront les élections de mi-mandat.

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Également dans le numéro de cette semaine : Comment les cinq industries canadiennes assujetties aux droits de douane parviennent à se tirer d’affaire

Auteur : Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

Alors que le président des États-Unis, Donald Trump, a accueilli le premier ministre Mark Carney et la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, les questions liées à l’énergie se sont prolongées sur fond des inquiétudes des États-Unis à propos des déficits structurels dans le secteur du brut lourd. Historiquement, le baril canadien a su rivaliser avec le baril de brut lourd vénézuélien dans les principaux marchés américains du raffinage, en premier lieu dans le Midwest et sur la côte du golfe du Mexique. Même si les volumes au Venezuela ont été largement absents au cours de la dernière décennie, l’évolution des signaux relatifs à la politique étrangère des États-Unis suggère un retour à la concurrence.

Pourquoi c’est important – Trump ne peut délaisser deux dépendances fondamentales aux États-Unis

Malgré les efforts déployés pour transformer les chaînes d’approvisionnement américaines, Washington continue de dépendre structurellement de deux choses qu’elle ne peut pas facilement remplacer : le pétrole brut lourd canadien et les terres rares chinoises. Le pétrole brut lourd est essentiel à la capacité de raffinage des États-Unis et, dans l’état actuel des choses, les États-Unis ne peuvent pas facilement remplacer l’approvisionnement canadien : la production nationale est exceptionnellement basse, et les alternatives au pétrole brut lourd provenant du Mexique et du Venezuela ont connu un déclin structurel.

Ces deux contraintes limitent l’influence des États-Unis et renforcent l’importance d’avoir des partenaires d’approvisionnement stables et à long terme. Le protocole d’entente (PE) de l’Alberta arrive à un moment où les décideurs politiques américains doivent trouver un équilibre entre leurs objectifs géopolitiques, tels que le regain d’attention porté au Venezuela, et la réalité selon laquelle le pétrole canadien demeure irremplaçable dans le système de raffinage.

En chiffres – le déficit des barils de pétrole lourd

  • Mexique : les exportations de pétrole brut lourd vers les États-Unis sont passées d’un pic d’environ 1,7 Mb/j en 2005-2006 à environ 0,40 Mb/j aujourd’hui.

  • Venezuela : les exportations de pétrole brut lourd vers les États-Unis ont dépassé 1,5 Mb/j au début des années 2000 ; aujourd’hui, les exportations à destination des É.-U. sont d’environ 0,1 Mb/j.

  • Canada : il s’agit du principal exportateur vers les États-Unis, avec environ quatre millions de barils de pétrole brut expédiés chaque jour au sud de la frontière. Le PE entre le Canada et l’Alberta proposait un pipeline d’une capacité d’un million de barils par jour, auquel s’ajoutaient 300 000 à 400 000 barils par jour provenant de Trans Mountain, ce qui, ensemble, représentait une augmentation considérable de la capacité d’exportation, principalement orientée vers l’Asie.

La situation dans son ensemble – si le Venezuela revient , le Canada perdra-t-il son influence ?

Un « retour » du Venezuela serait probablement lent, coûteux et politiquement fragile. Les contrats de raffinerie, les engagements au titre du service de la dette et les infrastructures en amont doivent tous être rétablis. Même en cas de changement de régime, les investisseurs exigeront une stabilité pendant dix ans avant d’engager des capitaux.

Le Mexique est confronté à des limites similaires : Sheinbaum hérite de la production en baisse de la société d’État Pancex et de sa dette croissante, ce qui signifie qu’un rétablissement rapide des exportations de brut lourd est peu probable.

Le Canada demeure donc la seule source crédible et évolutive d’approvisionnement en lourd. Les délais accélérés du PE – équivalence des prix du carbone, règles relatives au méthane et projet Pathways de captage, d’utilisation et de stockage du carbone – indiquent qu’Ottawa et Edmonton se préparent à une croissance soutenue de la production.

En résumé – Le PE prépare le Canada à un contexte plus concurrentiel dans le secteur du pétrole lourd.

Alors que le Canada renforce ses capacités vers l’ouest grâce à TMX et au projet de pipeline d’un million de barils par jour, davantage de barils sont destinés à l’Asie plutôt qu’aux États-Unis. Cette évolution oblige inévitablement les décideurs politiques américains à réfléchir à la manière dont ils vont garantir leur approvisionnement en pétrole brut lourd au cours de la prochaine décennie, notamment en envisageant de renouer des relations plus significatives avec le Venezuela.

Pour le Canada, la question est aujourd’hui moins cruciale. Le PE garantit que, quelle que soit l’évolution de la politique américaine, les producteurs bénéficieront d’un accès diversifié aux marchés et d’une plus grande résilience. Si les volumes vénézuéliens augmentent, le Canada aura le choix; s’ils n’augmentent pas, le Canada restera le principal fournisseur des raffineries américaines.

Quoi qu’il en soit, le milieu de la prochaine décennie s’annonce comme une période beaucoup plus dynamique pour le secteur du pétrole lourd, et le PE place le Canada en position de force pour y faire face.

  • Le Canada est entré dans la guerre commerciale dans une meilleure posture qu’on ne le pensait auparavant. Statistique Canada a révisé à la hausse le PIB de chacune des trois dernières années d’environ un demi-point.

  • Le gouvernement canadien a signifié au constructeur automobile Stellantis un avis de défaut pour avoir transféré la production du Jeep Compass de Brampton, en Ontario, vers l’Illinois, malgré les centaines de millions de dollars d’incitations financières dont il a bénéficié ces dernières années. « Stellantis est dans le pétrin », a déclaré la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly. « Défendre ces emplois, c’est défendre le fondement économique du Canada. »

  • Lors d’un discours devant des chefs d’entreprise à Ottawa, l’ambassadeur du Japon au Canada, Kanji Yamanouchi, a souligné le rôle que pourrait jouer l’énergie dans les relations futures entre le Canada et le Japon. « Si nous avons besoin d’énergie provenant d’un pays auquel il est difficile de faire confiance ou d’un pays auquel nous pouvons faire confiance, a-t-il déclaré, il est préférable pour nous de commercer avec le pays digne de confiance. »

  • Malgré des prêts gouvernementaux de 500 millions de dollars, Algoma Steel met à pied 1 050 travailleurs de son usine de Sault Ste. Marie, en Ontario, en raison de « forces du marché extraordinaires et externes ».

L’équipe économique de RBC a mené une analyse approfondie cette semaine : « Suivi de l’impact des droits de douane américains sur cinq industries canadiennes ciblées. »

Dans l’ensemble, nous observons une baisse modérée de la production manufacturière et de l’emploi dans la plupart des secteurs fortement tarifés au Canada. Ces tendances ont également été beaucoup moins volatiles que les flux des échanges commerciaux internationaux, qui ont été fortement perturbés au moment de la mise en place des droits de douane (les importateurs américains ayant anticipé leurs achats afin de constituer des stocks avant l’entrée en vigueur des droits douaniers au premier trimestre).

Les prix de vente des fabricants canadiens se sont généralement maintenus, les acheteurs étrangers assumant la majeure partie des coûts tarifaires initiaux, mais cela a entraîné une baisse des bénéfices des entreprises américaines cette année. Nous n’avons pas constaté d’augmentation systématique des prix à la consommation aux États-Unis, mais nous nous attendons tout de même à ce qu’ils augmentent de manière plus significative en 2026.

Voici un aperçu des résultats obtenus par cinq industries canadiennes clés en matière de production, d’emploi et de prix de vente, dans un contexte de hausse des droits de douane américains.

Le rapport complet se trouve ici.

Dans un épisode récent de Les innovateurs, John Stackhouse emmène les auditeurs au Québec à la rencontre de l’ancien premier ministre Jean Charest et d’Éric Desaulniers, fondateur et PDG de Nouveau Monde Graphite. Ensemble, ils explorent comment une nouvelle mine de graphite à Matawinie et une usine de raffinage intégrée à Bécancour visent à relier l’ensemble de la chaîne, de la roche au matériau d’anode, dans une seule province, et ce que cela pourrait signifier pour le rôle du Canada en tant que fournisseur fiable de minéraux essentiels à ses alliés du G7.

De la domination chinoise dans le raffinage du graphite à la volonté du Québec de mettre en place des flottes minières entièrement électriques alimentées par l’hydroélectricité, cet épisode examine comment le Canada peut passer du statut de « carrière » à celui de partenaire stratégique dans une économie mondiale en pleine mutation.

(Ce contenu est disponible en anglais seulement)

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Par John Stackhouse

Cette fin de semaine marque le septième anniversaire de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui a suscité de nombreuses critiques depuis sa signature le 30 novembre 2018. Un an plus tard, il a été modifié afin d’apporter des précisions concernant les règles d’origine pour le secteur de l’automobile, le commerce numérique, la propriété intellectuelle, les produits laitiers et, bien sûr, l’imposition d’une disposition de temporisation. 

Nous pouvons tous faire le calcul. Les modifications du 10 décembre 2019 ont établi que l’accord prendrait fin 16 ans après la date de son entrée en vigueur et qu’un examen devait obligatoirement être réalisé tous les six ans. On s’attend donc plus à un requiem qu’à une fête d’anniversaire la semaine prochaine lorsque Mark Carney sera à Washington pour donner le coup d’envoi à la Coupe du Monde de la FIFA 2026. 

Mais ne jetez pas tout de suite l’ACEUM aux oubliettes.

Malgré le gel des négociations avec le président des États-Unis, les représentants des deux pays se parlent tous les jours et préparent le terrain pour une année 2026 qui s’annonce intense. Peu d’initiés s’attendent sérieusement à ce que l’ACEUM disparaisse ; on prévoit d’y apporter des changements – des modifications, des améliorations ou des rectifications, selon votre point de vue – qui continueront de façonner le commerce continental.

Voici ce qu’il convient de retenir au sujet de l’ACEUM et de ses cinq premières années (puisqu’il n’est entré en vigueur qu’en 2020) :

  • Le commerce de marchandises entre le Canada et les États-Unis a augmenté d’environ 23 %.

  • Le Canada demeure le principal client des États-Unis, important 440 milliards de dollars américains de biens et services en 2024, ce qui représente 14 % des exportations américaines.

  • Les investissements directs des États-Unis au Canada ont atteint 684 milliards de dollars l’an dernier, comparativement à environ 400 milliards de dollars l’année précédente. 

  • Les investissements directs du Canada aux États-Unis ont doublé pour s’établir à 1,3 billion de dollars.

  • Entre 2020 et 2024, les constructeurs automobiles ont annoncé de nouveaux investissements dans la production nord-américaine totalisant près de 175 milliards de dollars américains, alors qu’ils réorganisaient leurs chaînes d’approvisionnement pour respecter ces règles d’origine.

  • Le commerce entre le Canada et les États-Unis dans les secteurs de l’énergie et de l’agroalimentaire a aussi connu une forte hausse dans les années 2020, en partie grâce à la confiance générée par l’ACEUM. Le secteur de l’énergie, qui représente de loin notre plus grande part d’exportation vers les États-Unis, s’est chiffré à 170 milliards de dollars en 2024, en hausse de 50 % par rapport à 2018.  

Cette augmentation risque d’être le message le plus important que M. Carney transmettra à Washington. Ce n’est pas par hasard si, cette semaine, il a rencontré la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, pour affirmer haut et fort aux Canadiens et au monde entier que son pays exportera beaucoup plus de pétrole vers l’Asie. Le gouvernement des États-Unis et de nombreux expéditeurs des États-Unis préféreraient que le transport du pétrole brut soit acheminé vers le sud. Mais avec l’aide de Mme Smith, M. Carney peut dorénavant exercer plus de pression lors de ses négociations commerciales avec Washington.

Le Canada a toujours tenté de maintenir l’énergie (et l’eau) à l’écart de la table des négociations, qui met davantage l’accent sur le secteur manufacturier. Or, en cette nouvelle ère de sécurité énergétique, cela pourrait être ce dont le Canada a le plus besoin pour maîtriser la situation, comme Beckham maîtrise le ballon.

  • Le Canada appliquera des droits de douane de 25 % à environ 10 milliards de dollars d’importations de produits dérivés de l’acier à partir du 26 décembre, afin de soutenir une industrie nationale malmenée par les droits de douane américains et l’acier chinois bon marché.

  • Canada Inc. fait fi des droits de douane. Selon Statistique Canada, les bénéfices d’exploitation des sociétés canadiennes ont augmenté de 3,8 % (le taux de croissance le plus rapide en deux ans) pour atteindre 200 milliards de dollars au troisième trimestre.

  • Les États-Unis exporteront un nombre record de 10,7 millions de tonnes (+40 % d’une année sur l’autre) de gaz naturel liquéfié en novembre, ce qui devrait faire baisser le prix du gaz en Asie et en Europe au cours de l’hiver.

  • Bien que les relations demeurent plutôt froides, Mark Carney a confirmé qu’il a parlé à Donald Trump cette semaine, mais il n’a pas voulu dire s’ils ont abordé la question du commerce. « Je ne veux pas trop en dire… [les négociations] n’ont pas encore repris », a déclaré le premier ministre canadien, qui sera à Washington la semaine prochaine pour participer à un événement de la Coupe du Monde, aux côtés du président américain.

  • L’Inde cherche à la fois à affermir les liens établis en matière de commerce avec le Mexique et à éviter les droits de douane que la présidente Claudia Sheinbaum prévoit d’imposer à plusieurs pays asiatiques.

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Dans le numéro de cette semaine : Période décisive pour les minéraux critiques et rôle stratégique du Canada

Par John Stackhouse

Il y a quelques années, le dialogue entre l’Arabie saoudite et le Canada était quasi inexistant. Aujourd’hui, ils discutent d’accords commerciaux, d’occasions d’investissement et, si tout se déroule comme prévu, d’une visite du premier ministre Mark Carney au Royaume l’an prochain.

À l’ère de Trump, l’Arabie saoudite et le Canada s’inscrivent parmi ces puissances moyennes qui cherchent à tracer une nouvelle voie sur les plans économique et géopolitique.

Plusieurs secteurs pourraient transformer les relations saoudo-canadiennes : l’énergie sous toutes ses formes (renouvelable, nucléaire, véhicules électriques), la fabrication avancée, notamment dans les drones et les satellites, l’intelligence artificielle et l’analyse quantitative, l’exploitation minière et les minéraux critiques, ainsi que l’enseignement supérieur et les soins de santé. Les deux pays disposent d’importants capitaux à investir, mais aussi d’importants besoins de financement.

Le rapprochement s’est accéléré plus tôt ce mois-ci, lorsque le ministre saoudien de l’Investissement, Khalid Al-Falih, a passé une journée à Ottawa, avec M. Carney et plusieurs ministres de haut rang, suivie d’une journée à Bay Street. Moins remarquée mais tout aussi importante, la visite de la première ministre de l’Alberta a joué un rôle important. Danielle Smith s’est rendue dans la région, notamment en Arabie Saoudite, afin de promouvoir les technologies et les investissements dans le secteur de l’énergie.

Voici quelques éléments à surveiller au cours des prochains mois :

  • L’appel de M. Carney à mobiliser plus de 1 000 milliards de dollars de nouveaux investissements, majoritairement privés, nécessitera la participation de fonds d’investissement et d’entreprises saoudiennes.

  • À la lumière de ses ambitions en matière de diversification énergétique, notamment l’hydrogène vert et bleu, l’ammoniac vert et les véhicules électriques, cités par M. Al-Falih, l’Arabie saoudite pourrait recourir davantage aux technologies, aux talents et aux investissements canadiens. Les représentants saoudiens en visite ont rencontré des fabricants ontariens de pièces automobiles, dans l’espoir qu’ils s’intéressent à leur objectif de produire 600 000 VE par an.

  • Les fabricants et producteurs canadiens, en particulier dans le domaine de l’agroalimentaire, peuvent jouer un rôle de premier plan dans le projet de l’Arabie saoudite de devenir une plaque tournante de l’alimentation pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

  • Ottawa espère relancer les pourparlers commerciaux avec l’Inde dans le cadre d’un « nouveau processus », a déclaré le ministre canadien du Commerce, Maninder Sidhu. Lors d’une visite de trois jours en Inde, le ministre a discuté des minéraux critiques, de l’énergie propre, de l’agriculture et de l’intelligence artificielle.

  • Pour tenter d’alléger les coûts à l’épicerie, le président américain Donald Trump cherche à abaisser les droits de douane sur des produits tels que le café et les bananes dans le cadre d’accords conclus avec quelques pays d’Amérique latine. 

  • En revanche, le prix des pâtes italiennes pourrait grimper en flèche dès janvier pour les Américains, en raison de droits de douane proposés de 107 % sur les produits de 13 sociétés italiennes.

  • L’industrie forestière canadienne prévoit de rediriger vers le Royaume-Uni et l’Europe environ 10 % du bois normalement exporté aux États-Unis, soit l’équivalent de matériaux suffisants pour construire 75 000 maisons.

  • Amazon et Microsoft ont exprimé leur soutien au Gain AI Act, une loi qui obligerait les fabricants de puces à répondre d’abord à la demande américaine avant d’exporter vers d’autres pays, y compris la Chine. Nvidia, soucieuse de préserver sa présence sur la deuxième économie mondiale, considère cette initiative comme une mesure interventionniste inutile.

Par Shaz Merwat, directeur général, Politique énergétique

La Coalition for North American Trade (CNAT), coprésidée par l’ancien président du U.S. House Ways and Means Committee, Kevin Brady, l’ex-négociateur en chef de l’ALENA au Canada, Steve Verheul et le mexicain Ken Ramos, a récemment remis au représentant américain du commerce, Jamieson Greer, un document qui présente la CNAT comme l’un des outils les plus puissants du continent pour rétablir la sécurité des minerais critiques.

Principaux éléments du dossier :

  • Les États-Unis dépendent encore entièrement des importations pour 16 minéraux critiques (dont le graphite) et à plus de 50 % pour 29 autres, notamment les terres rares, le zinc, le cobalt et le nickel.

  • Le Canada est la principale source d’approvisionnement des États-Unis pour l’indium, le nickel, la potasse, le tellure, l’uranium, le vanadium et le zinc, et leur deuxième source pour le cuivre, le graphite, le niobium et le tungstène.

Selon le dossier soumis par la CNAT, la structure sans droits de douane et le modèle de coproduction de la CNAT en font la plateforme idéale pour accélérer la relocalisation ou la quasi-relocalisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, de l’exploration aux processus d’autorisation jusqu’au traitement, au raffinage et aux matériaux de qualité pour batteries. L’intégration des ressources canadiennes à la force du secteur manufacturier américain et aux capacités de traitement du Mexique permet de combler une lacune dans la collaboration actuelle en matière de minéraux critiques, qui repose surtout sur les alliés du G7+.

Pour le Canada, l’ouverture stratégique passe par l’approfondissement de l’intégration trilatérale : tirer parti de la CNAT pour attirer des investissements, accroître le traitement à valeur ajoutée et mieux arrimer les ressources en amont au système de production nord-américain élargi, afin de créer une plateforme entièrement régionale pour les minéraux critiques.

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Par Shaz Merwat, directeur général, Politique énergétique

L’accélération de la diversification commerciale par Ottawa, présentée en partie dans le budget fédéral cette semaine, pourrait redéfinir la carte énergétique de l’Amérique du Nord et mettre à l’épreuve sa plus importante relation économique.

Pourquoi c’est important

  • Le budget fédéral de 2025 prévoit un objectif explicite : doubler les exportations de biens du Canada hors États-Unis à environ 600 milliards de dollars d’ici 2035.

  • La visite de Mark Carney la semaine dernière au sommet de l’ANASE a renforcé cette ambition, car il y a courtisé des partenaires asiatiques et a positionné la croissance du Canada en plein cœur de l’Orient.

  • Ensemble, ces initiatives transforment les exportations de pétrole et de GNL en croissance en instruments de diversification économique et renforcent le multilatéralisme au sein du commerce international.

  • La suppression du plafonnement des émissions de pétrole et de gaz ouvre la porte à l’augmentation des exportations de pétrole vers l’Asie.

En chiffres

  • Environ 75 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis.

  • En 2024, les exportations canadiennes d’énergie ont totalisé 197 milliards de dollars, le pétrole brut représentant à lui seul 147 milliards de dollars.

  • Environ 91 % des exportations de pétrole brut par le Canada sont restés à destination des États-Unis au cours des sept premiers mois de 2025. Le reste des exportations de pétrole brut du Canada, soit environ 490 000 barils par jour ou 1 % de la demande asiatique, est destiné à l’Asie.

  • La demande d’importation de pétrole de l’Asie, c’est-à-dire de l’Inde, de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud, a augmenté de plus de 25 % depuis 2015, à environ 22 millions de barils par jour, surtout en raison de la croissance rapide du secteur industriel de la Chine et de l’Inde.

Plus globalement

  • La capacité énergétique persistante du brut lourd : L’électrification remplace largement l’essence – un baril de brut léger –, mais pas le diesel, le carburéacteur ou les matières premières pétrochimiques. Cette longévité octroie aux barils de lourd une valeur stratégique.

  • La plaque tournante du pétrole lourd en Asie : La Chine se tourne vers les produits pétrochimiques, et vise à gagner des parts de marché du Japon et de la Corée. On s’attend aussi à ce que les importations de pétrole augmentent de 1,5 million de barils par jour d’ici 2025 en Inde, alors que les deux pays tenteront de se constituer des stocks stables de brut lourd et sulfureux. Aujourd’hui, cet approvisionnement provient du Moyen-Orient, de la Russie et du Vénézuéla, ce qui crée une ouverture pour un acteur occidental stable.

  • Enjeux d’investissement et de soutirage : L’expansion du secteur pétrolier canadien proviendra de la croissance des sables bitumineux. Des engagements à long terme (investissements et soutirage) seront essentiels pour implanter toute capacité future sur la côte ouest. CNOOC, Sinopec et Petro China étant déjà présentes au Canada, sans compter de meilleures relations possibles avec l’Inde, comment le renouvellement du capital asiatique sera-t-il accueilli à Ottawa… et à Washington ?

  • Contraintes d’émissions de carbone et d’expédition : La tarification du carbone industriel, les attentes de progression du projet de capture et de stockage du carbone de Nouvelles voies, une interdiction fédérale des pétroliers et le resserrement des règles d’expédition par l’Organisation maritime internationale (OMI) sont tous dans la balance, en attente de réponse.

Conclusion

L’ambition du Canada d’accroître ses exportations par l’intermédiaire d’un régime commercial multilatéral pourrait difficilement cadrer avec la propension plus bilatérale de Washington. Pendant des décennies, la politique américaine a traité l’énergie canadienne comme le prolongement sûr de sa propre chaîne logistique. Alors qu’Ottawa établit des liens avec l’Est et cherche à occuper une place plus importante sur les marchés mondiaux du pétrole, elle ne se contente pas de mettre à l’épreuve la souplesse du partenariat nord-américain – elle souhaite aussi savoir si les États-Unis permettront à cette indépendance de prendre forme.

  • Le budget fédéral du gouvernement libéral prévoit des milliards de dollars en réponse aux droits de douane imposés par l’administration Trump.

    • Dans le cadre du passage de la « dépendance à la résilience », le budget prévoit 5 milliards de dollars sur sept ans pour créer le Fonds pour la diversification des corridors commerciaux.

    • Un milliard de plus pour le Fonds d’infrastructure pour l’Arctique dans le but, en partie, de relier le Nord canadien aux marchés mondiaux.

    • Un fonds souverain de minéraux critiques de 2 milliards de dollars, qui effectuerait des placements en actions, octroierait des garanties sur prêts et conclurait des conventions de vente et d’achat avec les minières sera créé.

  • La Cour suprême a commencé son examen du recours par le président Trump à l’International Emergency Economic Powers Act pour imposer des droits de douane, dont ceux imposés au Canada sur le fentanyl. Même les juges appartenant à la majorité conservatrice ont exprimé des doutes quant au pouvoir du président américain d’imposer unilatéralement des droits de douane sur les importations. Il leur faudra probablement quelques mois avant de statuer.

  • En approuvant les mesures visant à protéger les agriculteurs, l’Union européenne s’est rapprochée d’un accord commercial avec le Mercosur, une entente d’envergure avec des pays sud-américains qui se trouve sur la table de négociation depuis un quart de siècle.

  • Malgré les pressions exercées par les droits de douane américains, l’Ontario prévoit un déficit moins élevé que prévu dans sa mise à jour budgétaire.L’Énoncé économique promet également un équilibre comptable en 2027-2028.

  • Le Department of the Interior des États-Unis a ajouté l’argent et le cuivre à sa liste de minéraux critiques, pavant ainsi la voie à leur inclusion dans les politiques de droits de douane futures.

« Le poids des États-Unis sera moins important dans le commerce international. Le monde doit s’adapter à cette situation. L’adaptation sera plus importante pour nous. »

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, qui s’est exprimé cette semaine lors du sommet de The Logic.

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Dans le numéro de cette semaine : Stellantis est-il le premier domino à tomber ? Et comment le Canada peut-il renforcer son rôle dans un monde divisé pour ce qui est des éléments des terres rares.

Est-ce la fin du Pacte de l’automobile ?

Par Jordan Brennan, chef, Leadership avisé RBC

La frustration grandit dans le secteur canadien de l’automobile. De même que l’incertitude.

Moins d’une semaine après que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, eut déclaré devant un auditoire canadien que l’assemblage automobile se ferait aux États-Unis et que le Canada ne pouvait rien y faire, Stellantis a annoncé que la production de la Jeep Compass, qui était attendue à Brampton, serait transférée à Belvidere dans l’Illinois.

C’est sans doute le fruit de la stratégie commerciale des États-Unis visant à réindustrialiser le pays au moyen du rapatriement de capacités manufacturières.

La crainte est que Stellantis soit le premier domino d’une série destinée à tomber. 

Les échanges dirigés du Canada ont commencé dans le secteur automobile avec la signature du Pacte de l’automobile en 1965, qui a établi au Canada un accès à la production en franchise d’impôt et des engagements de valeur ajoutée afin d’accélérer l’intégration de la chaîne logistique continentale et la transition du Canada de modèles nationaux nombreux, mais d’un faible volume, vers des modèles nord-américains moins nombreux, mais d’un volume plus important.

À l’heure actuelle, le Canada exporte neuf véhicules canadiens sur dix vers les États-Unis. Dans toute entreprise ordinaire, il serait fortement déconseillé de compter sur un seul client, mais ce modèle d’affaires semblait raisonnable dans le contexte du Pacte de l’automobile et de l’ALENA. Aujourd’hui, la volonté de rapatrier les emplois canadiens de l’automobile rompt avec la logique de 1965. Et cela nous rappelle que nous sommes exposés à un dangereux risque de concentration.

Face à la tourmente commerciale, le Premier ministre Carney a opté pour une stratégie de diplomatie patiente. Quelles seraient les options du Canada si le plan ne fonctionne pas ?

Chaque année, les États-Unis assemblent de 10 à 11 millions de véhicules, dont la plupart sont vendus sur le marché intérieur. Environ 15 % des véhicules fabriqués aux États-Unis sont exportés. Et chaque année, le tiers de ces exportations sont destinées au Canada, ce qui fait du Canada le plus grand marché d’exportation des États-Unis. Le fait de fermer la porte aux importations américaines impacterait de 7 % à 10 % de la production annuelle des États-Unis.

Il y a ensuite l’angle de la Chine. En août, Beijing a infligé des droits de douane provisoires de 75 % sur le canola canadien. Depuis, l’ambassadeur de la Chine a proposé la réciprocité, c’est-à-dire que la Chine accepterait de lever ses droits de douane sur le canola et le porc du Canada à condition qu’Ottawa supprime ses droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois. Les Premiers ministres Scott Moe et Wab Kinew ont exhorté Ottawa à examiner la proposition, qui se traduirait par une intensification de la concurrence avec Tesla, entre autres.

D’autres options sont possibles, parmi lesquelles des ententes sectorielles avec l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud. Nous pourrions aussi imaginer des conventions de vente et d’achat pour l’approvisionnement en GNL du secteur de la défense, en plaçant les mandats d’assemblage automobile sur la table des négociations.

Bien qu’aucune de ces options ne soit idéale, le Canada dispose d’un important pouvoir de négociation en tant que premier marché d’exportation d’automobiles des États-Unis et base d’approvisionnement profondément intégrée. Ces leviers ne fonctionneront que s’ils sont utilisés avec parcimonie. La véritable concurrence économique et principale menace stratégique pour les États-Unis est la Chine, et non le Canada. Une large négociation mettant dans la balance la capacité nord-américaine et l’accès au marché demeure le scénario le plus judicieux. 

  • Le projet de pipeline Keystone XL est de retour dans les conversations. Cette fois-ci, à la table de négociation durant les pourparlers commerciaux en cours à Washington entre les États-Unis et le Canada.

  • Établissement d’une « nouvelle feuille de route » pour les relations entre le Canada et l’Inde. La ministre des Affaires étrangères Anita Anand a rencontré le Premier ministre indien Narendra Modi après deux années de crise diplomatique.

  • Les ventes du secteur manufacturier canadien ont reculé de 1 % en août, tandis que les recettes des ventes en gros ont cédé 1,2 %, ce qui souligne l’impact des droits de douane américains sur les principaux secteurs sensibles aux échanges internationaux.

  • Le Canada a créé 28 000 nouveaux emplois dans le secteur manufacturier en septembre – l’augmentation, concentrée en Ontario et en Alberta, a partiellement contrebalancé la perte de 58 000 emplois subie par le secteur manufacturier entre janvier et août.

  • Ikea a réagi aux nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump sur les meubles en envisageant une augmentation de sa production aux États-Unis. À l’heure actuelle, à peine 15 % des produits que le géant suédois de l’ameublement vend aux États-Unis sont fabriqués dans ce pays.

Par Vivan Sorab, premier directeur, Énergie propre, Leadership avisé RBC

Alors que la Chine exploite son avantage sur les États-Unis dans le domaine des éléments des terres rares en renforçant le contrôle des exportations, ce qui pourrait avoir de vastes répercussions sur les chaînes logistiques critiques pour la défense et les semi-conducteurs, le Canada doit renforcer son rôle dans cette chaîne logistique.

Le défi Le Canada possède les ressources, le capital et la propriété intellectuelle nécessaires pour bâtir une chaîne logistique, mais il doit se mobiliser au plus vite.

Financement : des outils existent pour bâtir une chaîne logistique dans le secteur des éléments des terres rares. Le Canada classifie les éléments des terres rares parmi ses six minéraux critiques prioritaires (avec le lithium, le graphite, le nickel, le cobalt et le cuivre) aux fins d’un financement de 1,5 milliard de dollars puisé dans le Fonds de réponse stratégique. Bien que les fonds aient afflué dans le secteur de l’extraction minière d’éléments des terres rares (avec notamment des engagements en faveur de projets d’éléments des terres rares au Labrador), le Canada doit accélérer sa transition vers la transformation et la fabrication de produits à base d’éléments des terres rares comme les aimants.

Exigence de garantie : les prix planchers garantis par le gouvernement américain et les conventions de vente et d’achat portant sur les éléments des terres rares rendent les projets plus attrayants pour le secteur privé. L’adoption d’approches similaires au Canada pourrait renforcer la chaîne logistique nationale.

Renforcement des capacités nationales de transformation : le territoire canadien dispose d’une capacité de propriété intellectuelle dans le domaine des éléments des terres rares. La société Cyclic Materials de Kingston, qui recycle des aimants à base d’éléments des terres rares, est en train de construire un centre d’excellence de 25 millions de dollars, en partenariat avec la société française Solvay, pour fournir des oxydes d’éléments des terres rares recyclés aux fins de transformation. En accroissant ses capacités de transformation au pays, le Canada a les moyens de renforcer son positionnement.

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Auteur : Jordan Brennan, chef, Leadership avisé RBC

À l’occasion de leur rencontre en début de semaine, nous avons assisté à un échange d’éloges, de sourires et d’accolades entre Donald Trump et Mark Carney, et le président des États-Unis a même assuré aux journalistes que le Canada ressortirait « très content » de cette réunion. Malheureusement, l’optimisme s’est effondré dès le lendemain, lorsque le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a déclaré publiquement à Toronto que l’assemblage d’automobiles se ferait aux États-Unis et que le Canada ne pouvait rien y faire.

L’opinion de la Maison-Blanche est que les Américains n’ont pas besoin du Canada pour assembler leurs voitures. Il est difficile de savoir que penser des propos du secrétaire Lutnick. S’agit-il d’une véritable menace, ou de la technique de négociation habituelle de Donald Trump consistant à réclamer le soleil, la lune et les étoiles pour finalement obtenir la lune ? Selon les rumeurs, le président Trump n’apprécie pas s’entendre dire que les États-Unis ont besoin du pétrole, de l’acier et du bois d’œuvre du Canada.

Une équipe de spécialistes du commerce est restée à Washington pour chercher à conclure des accords sectoriels sur l’acier, l’aluminium, l’énergie et l’automobile – bastions de ce que Washington appelle désormais les « échanges dirigés ». Étant donné que les pourparlers ont peu avancé à ce jour et que l’équipe de négociation américaine est enlisée dans des discussions bilatérales avec de nombreux pays, il reste à savoir si le Canada parviendra à conclure des ententes sectorielles significatives avant la révision officielle de l’AEUMC en juillet prochain.

Cette nouvelle ère des « échanges dirigés » semble bien partie pour durer. Que faut-il en déduire ?

En juin, M. Trump a doublé les droits de douane sur l’acier et l’aluminium canadiens, les portant à 50 % contre 25 % en février. L’impact a été immédiat. Le Canada produit environ 13 millions de tonnes d’acier primaire chaque année, dont la moitié est destinée à l’exportation et neuf tonnes sur dix sont envoyées aux États-Unis. Aujourd’hui, ces échanges se tarissent.

Les prix de l’acier sont parlants. Le graphique ci-dessous illustre la valeur des exportations canadiennes d’acier vers les États-Unis et les prix de l’acier américain, les deux mesures étant indexées à 100 en janvier 2025 pour faciliter la comparaison. Au cours des 12 mois qui ont précédé l’imposition des droits de douane par M. Trump, les exportations d’acier du Canada vers les États-Unis comme les prix de l’acier américain s’inscrivaient dans une tendance à la baisse. Puis la guerre commerciale a éclaté et les deux séries de données ont divergé : les exportations canadiennes d’acier se sont effondrées, tandis que les prix de l’acier américain se sont envolés.

Les nouveaux droits de douane ont ravivé l’inflation des prix de l’acier. Avec la limitation des importations canadiennes, les producteurs américains ont moins de concurrence et en profitent pour hausser tranquillement les prix. Les importations américaines d’acier canadien ont chuté de 49 % et les prix de l’acier américain ont augmenté de 17 % depuis janvier.

C’est la face visible des échanges dirigés. La question n’est pas d’ouvrir les marchés, mais de les organiser. Dans le cadre des politiques de libre-échange des quarante dernières années, les gouvernements ont décidé d’abaisser les barrières et de laisser les préférences de consommation, la technologie et la concurrence départager les gagnants et les perdants. Le concept des échanges dirigés renverse cette logique. Les gouvernements sélectionnent des secteurs stratégiques pour les mettre à l’abri de la concurrence mondiale et influencent les investissements à l’aide de droits de douane, de quotas et de subventions.

Pour le Canada, la question n’est pas de savoir si nous aimons cette politique, mais de trouver une façon de nous y adapter. Ottawa semble prête à changer de cap, après avoir annoncé des mesures de soutien aux secteurs en septembre. Nous devons apprendre à composer avec les nouvelles règles : déterminer les priorités nationales, déployer les capitaux de manière stratégique et faire en sorte que la réciprocité fonctionne en notre faveur.

Les échanges dirigés peuvent être cahoteux. Toutefois, dans cette nouvelle ère, nous n’avons pas d’autre choix.

  • Donald Trump souhaite que son équipe conclue rapidement des ententes avec le Canada. C’est ce qu’a déclaré le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, après la rencontre du président américain avec le Premier ministre Mark Carney à Washington. M. LeBlanc reste à Washington afin de poursuivre les pourparlers sur les échanges commerciaux.

  • La Chine a dévoilé de strictes mesures de contrôle sur les exportations de terres rares. Trump a menacé Beijing de droits de douane « massifs » en représailles.

  • La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a dévoilé un plan en trois points dont l’objectif est de contrer les droits de douane américains. Le plan met l’accent sur la protection de l’emploi, la création de nouveaux emplois et un effort pour attirer les investissements et les talents.

  • Les États-Unis ont perçu 195 milliards de dollars US de recettes au titre des droits de douane au cours de l’exercice 2025. Ce chiffre était de 77 milliards de dollars américains en 2024.

  • Les puces et autres produits liés à l’IA ont représenté près de la moitié de la croissance du commerce mondial au premier semestre de 2025, selon l’Organisation mondiale du commerce. Compte tenu de l’impact des droits de douane qui devrait se faire sentir l’année prochaine seulement, l’OMC s’attend à ce que les échanges commerciaux progressent d’un maigre 0,5 % en 2026.

Notez le 5 novembre dans vos agendas. C’est à cette date que la Cour suprême des États-Unis examinera le dossier des droits de douane d’urgence imposés par le président Donald Trump en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (loi IEEPA). Le département de la Justice espère invalider une décision prise en mai par le Tribunal du commerce international, selon laquelle M. Trump a outrepassé la loi IEEPA en l’utilisant à l’encontre du Canada et d’autres partenaires commerciaux des États-Unis.

Le dossier contient trois affaires distinctes alléguant que les droits de douane imposés par M. Trump sur le Canada, la Chine, le Mexique et d’autres partenaires commerciaux sont illégaux. L’un des dossiers a été ouvert par les procureurs généraux démocrates de plusieurs États, et les deux autres proviennent de coalitions de petites entreprises.

Voici ce que vous devez savoir :

  • Illégalité : le principal argument des plaignants est que les droits de douane n’ont jamais été conçus pour répondre aux griefs des États-Unis envers le Canada, le Mexique et la Chine dans le contexte du trafic de stupéfiants.

  • Jusque là, M. Trump est en désavantage, car un panel du Tribunal du commerce international composé de trois juges, plus un juge de district fédéral de Washington, D.C. et les 11 juges en fonction à la Cour d’appel du circuit fédéral des États-Unis soutiennent les plaignants à une majorité de 7 contre 4. Le département de la Justice espère que la Cour suprême invalidera cette décision qu’il considère comme « incohérente ».

  • La Cour suprême pourrait aller dans un sens comme dans l’autre, dans la mesure où les victoires dans les tribunaux de niveau inférieur peuvent encore se renverser. Selon Scott Lincicom, expert en commerce au Cato Institute, c’est à pile ou face.

  • La Maison-Blanche a de nombreux outils à sa disposition. Certains analystes sont d’avis que la Cour suprême pourrait donner raison aux tribunaux inférieurs, car l’administration américaine peut emprunter différentes voies pour remplacer les droits de douane au titre de la loi IEEPA, notamment l’article 232 du Trade Expansion Act de 1962.

  • Remboursement : si les adversaires du gouvernement obtiennent gain de cause, une vague de batailles juridiques pourrait s’ensuivre concernant des remboursements pour plus de 80 milliards de dollars américains.

La Cour suprême pourrait rendre sa décision d’ici la fin de l’année.