Également dans ce numéro : Les échanges du Canada avec les marchés non américains atteignent des sommets historiques, et les États-Unis envisagent la création d’un bloc commercial de minéraux critiques pour rivaliser avec la Chine
Le grand virage automobile d’Ottawa
Comme anticipé, dans le cadre de sa nouvelle stratégie automobile, le gouvernement libéral relance les incitatifs à l’achat de véhicules électriques (VÉ), abolit les mandats de vente de VE, investit dans l’expansion du réseau de recharge de VÉ et propose des incitatifs et des allégements fiscaux pour attirer les constructeurs automobiles internationaux qui souhaitent s’implanter au Canada.
Ces mesures sont une réponse aux droits de douane américains et visent à contrer la menace croissante d’un démantèlement de l’ACEUM par l’administration Trump.
Le premier ministre Mark Carney souhaite naturellement maintenir l’ACEUM et miser sur les avantages de la chaîne d’approvisionnement nord-américaine pour attirer de nouveaux investisseurs. Toutefois, même dans un contexte où l’accès au marché américain serait moins ouvert, le Canada dispose de plusieurs atouts susceptibles d’attirer des pays européens et asiatiques dans le secteur automobile.
Même si l’accès du Canada au marché américain se resserre, Ottawa peut faire valoir plusieurs raisons pour lesquelles les pays européens et asiatiques pourraient vouloir installer leurs usines automobiles au pays :
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Les Canadiens achètent beaucoup de voitures et de VUS coûteux : neuvième marché automobile mondial, le Canada vend environ 1,9 million de véhicules par an, principalement des VUS et des camions de grande valeur. Le marché de l’entretien et des pièces y est également très développé, notamment en raison de ses hivers rigoureux. De plus, les fabricants d’équipement d’origine se font concurrence et visent désormais les clients à forte marge plutôt que le volume. Bref, les Canadiens achètent beaucoup de voitures, et souvent les plus rentables.
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Les constructeurs automobiles asiatiques cherchent une plaque tournante en Amérique du Nord : avec 7,2 millions de ventes mondiales en 2024, la puissance combinée de Hyundai-Kia a dépassé GM et Stellantis pour se hisser au troisième rang mondial. Mais la forte concentration asiatique des capacités de production et des parts de marché des constructeurs automobiles asiatiques renforce l’intérêt d’une diversification géographique vers l’Amérique du Nord. Dans ce contexte, le Canada est bien placé pour devenir une deuxième plateforme de production nord-américaine, contribuant à l’atténuation des risques géopolitiques, climatiques et liés au travail.
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Le Canada est un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement mondiales grâce à ses minéraux critiques, à son secteur des batteries, à son écosystème de pièces détachées et à une énergie propre et fiable, garantissant des chaînes d’approvisionnement sûres et compétitives. Volkswagen en sait quelque chose.
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Le corridor Ontario–Québec constitue une véritable Silicon Valley de la technologie automobile : les atouts du Canada en matière d’IA, en systèmes autonomes et en développement logiciel (les domaines clés de la création de valeur future dans l’industrie automobile), renforcent davantage son attrait.
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Le Canada bénéficie d’un vaste réseau d’accords de libre-échange : même si l’accès au marché américain évolue, il restera suffisant pour soutenir le commerce automobile. Il ne faut pas non plus oublier que le pays a signé 14 autres accords de libre-échange couvrant plus de 50 pays, 1,5 milliard de consommateurs et 60 % du PIB mondial.
— Jordan Brennan
Les tendances
Selon Claire Fan, économiste à RBC :
« Même si la balance commerciale se détériore, les exportateurs canadiens continuent de se tourner vers les marchés non américains. En novembre, les exportations de biens vers ces marchés dépassaient de 29 % leur niveau d’il y a un an, tandis que les importations en provenance de ces marchés grimpaient de 18 % — des niveaux qui frôlent des records historiques. »
Commerce international
Les États-Unis veulent créer un bloc commercial dédié aux minerais critiques pour contrer la Chine
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Lors d’un sommet à Washington réunissant des représentants de plus de 50 pays, les États-Unis ont exposé un projet de zone commerciale des terres rares, fondé sur l’utilisation des droits de douane pour fixer des prix planchers des minéraux et sur la mobilisation des forces respectives des pays partenaires tout au long de la chaîne de valeur pour contrer la domination chinoise.
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« Plusieurs accords bilatéraux ont été conclus, dont des « plans d’action » américains avec le Mexique, l’UE et le Japon pour coordonner les politiques commerciales.
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La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a souligné qu’un examen plus approfondi était requis avant toute adhésion à un tel cadre, qui pourrait néanmoins offrir au Canada un levier stratégique dans les futures négociations de l’ACEUM.
Trump et Modi concluent une trêve commerciale
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Washington s’est engagé à réduire de 50 % à 18 % les droits de douane sur les produits indiens, en échange de l’arrêt par New Delhi de ses achats de pétrole russe.
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Même si les détails relatifs au calendrier des modifications aux droits de douane et aux autres assouplissements commerciaux restent vagues, la baisse de certains des droits de douane les plus sévères imposés par Trump a stimulé les actions de sociétés indiennes cotées aux États-Unis.
La réouverture de la mer Rouge accentue les pressions de surcapacité du transport maritime
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Avec l’apaisement des attaques houthis et la remontée du trafic dans le canal de Suez, les transporteurs de conteneurs redoutent une pression accrue sur leurs bénéfices si les tarifs de fret baissent et que la surcapacité s’aggrave.
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Le groupe Danois AP Møller-Maersk, deuxième plus grande compagnie mondiale de transport de conteneurs, a annoncé sa première perte d’exploitation depuis plusieurs années et prévoit des suppressions d’emplois pour en atténuer les conséquences.
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Les escortes navales sont désormais nécessaires pour les porte‑conteneurs traversant la mer Rouge, et les tensions entre l’Iran, les États‑Unis et Israël constituent une menace pour la stabilité de cette route maritime.
Ottawa prévoit lier davantage l’aide internationale à ses objectifs commerciaux
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Randeep Sarai, secrétaire d’État au Développement international, a indiqué que les dépenses canadiennes en développement et en aide humanitaire seront de plus en plus orientées vers des initiatives qui favorisent la « prospérité mutuelle. »
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En diminuant le budget consacré à l’aide internationale, le gouvernement entend se servir de la répartition de ces fonds comme outil stratégique auprès des pays avec lesquels il souhaite renforcer ses relations commerciales.
— Thomas Ashcroft





